
6 janvier 2003 : Le procès, à Paris, des "cols blancs"
12 octobre 2002 : Le Congrès américain s'attaque au Crédit Lyonnais
27 mars 2001 : Michel Sapin visé par une instruction dans l'affaire du Crédit Lyonnais.
La Commission d'instruction de la Cour de Justice de la République lance une procédure d'instruction contre Michel Sapin, ministre de l'Economie d'avril 92 à mars 93.
La Cour de justice de la République Française (CJR) a émis un avis favorable à l'ouverture d'une instruction visant l'ex-ministre de l'Economie et des Finances, actuel ministre de la Fonction publique, Michel Sapin, dans l'affaire du Crédit Lyonnais. Dans un communiqué, la CJR indique que "la commission des requêtes de la CJR a considéré que les dividendes distribués aux actionnaires du Crédit Lyonnais au titre de l'exercice 1992, dont le montant a été fixé par le cabinet du ministre, pourraient présenter un caractère fictif". Pour cette raison, la CJR "a émis un avis favorable à la saisine de la Commission d'instruction (...) aux fins d'instruire contre Michel Sapin, ministre des Finances du 2 avril 1992 au 29 mars 1993, du chef de complicité de répartition de dividendes fictifs".
A la fin de cette instruction, la Commission d'instruction aura deux possibilités : soit prononcer un non-lieu, soit décider d'un renvoi devant la Cour de Justice en formation de jugement. Dans ce dernier cas, quinze juges dont douze parlementaires élus et trois magistrats de la Cour de cassation seront chargés de juger cette affaire.
En revanche, Edmond Alphandéry, qui a succédé à Michel Sapin à la tête du ministère des Finances en mars 1993, n'est pas concerné par cette instruction, la Cour de Justice de la République n'ayant noté "aucun indice de culpabilité" à son encontre.
Fin septembre, les juges Jean-Pierre Zanoto et Philippe Courroye, qui ont instruit ce dossier, avaient demandé la saisine de la CJR, afin de déterminer l'"éventuelle implication" des deux ministres dans ce naufrage financier qui aura coûté 100 milliards de francs aux contribuables. En 1992, le Crédit Lyonnais avait annoncé un déficit de 1,8 milliard de francs. L'exercice suivant se soldait par des pertes colossales de 6,7 milliards de francs. La question posée est donc de savoir si les comptes de 1992 reflétaient véritablement la santé de l'entreprise.
En mai dernier (2000), Michel Sapin s'était défendu devant l'Assemblée nationale, protestant de son innocence et déclarant qu' "aucun fait contraire à l'honneur ou à la probité" n'a été commis par les responsables politiques et administratifs dans l'établissement des comptes du Crédit Lyonnais en 1992 et 1993.
A la faveur de cette affaire, sont éclairées d'un jour nouveau les relations qu'entretenaient autorités de tutelle et banque publique. Au cours de ses investigations, le juge Zanotto
a mis en examen les anciens dirigeants du Crédit Lyonnais, dont Jean-Yves Haberer, ancien président et François Gille, ex-directeur général.
Le magistrat s'est aussi intéressé aux autorités de tutelle. Jacques de Larosière et Jean-Claude Trichet, respectivement à l'époque des faits gouverneur de la Banque de France et directeur du Trésor, ont été mis en examen pour "diffusion de fausses informations au marché, présentation et publication de comptes sociaux inexacts".
La Tribune, 27 mars 2001.
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Le Congrès américain s'attaque au Crédit Lyonnais
Le Crédit Lyonnais n’est pas près de solder l’affaire « Executive Life ».
Jeudi soir (10 octobre 2002), à l’issue d’une audition très attendue de sa commission des réformes gouvernementales, le Congrès américain a en effet exhorté officiellement le ministère de la Justice (DoJ) à porter plainte au plus vite contre la banque française pour le rachat litigieux de l’assureur californien au début des années quatre-vingt dix. Le lobbying des élus américains se fait donc de plus en plus pressant. Cela alors que le DoJ a ouvert son enquête à l’encontre du Lyonnais depuis cinq ans.
Sur le fond, que reproche-t-on à la banque du boulevard des Italiens ? Selon la justice californienne, le Lyonnais, via sa filiale Altus Finance, se serait emparé de la compagnie Executive Life à la faveur d’un portage illégal, le tout à un prix réduit. Alors même que la législation de l’époque interdisait à une banque de contrôler plus du quart du capital d’un assureur.
Pour ajouter à la confusion, le Crédit Lyonnais se serait ensuite délesté de son acquisition auprès d’Artemis, la holding de François Pinault, en engrangeant au passage une confortable plus-value de quelque 2 milliards de dollars.
Aussi, l’Etat de Californie réclame-t-il 6 milliards de dollars de dommages et intérêts pour fraude et infraction à la loi sur la concurrence.
Rappelons qu’outre la procédure civile, deux autres sont également en cours : l’une au pénal et l’autre auprès de la FED, la Réserve fédérale, l’autorité de tutelle du réseau bancaire.
lexpansion.com 11/10/2002
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Crédit lyonnais : le procès des cols blancs
DANS LA GRANDE SAGA des affaires du Crédit lyonnais, et ses 17 milliards d'euros de perte, c'est le procès des « cerveaux » qui démarre aujourd'hui devant le tribunal correctionnel de Paris. Neuf « cols blancs », avec en tête l'ancien PDG de la banque, Jean-Yves Haberer, et à ses côtés Jean-Claude Trichet, ancien directeur du Trésor, et Jacques de Larosière, ancien gouverneur de la Banque de France, sont soupçonnés d'avoir participé au maquillage des comptes de la banque, entre 1991 et 1993, dans le but de dissimuler au public l'ampleur du désastre financier.
Par des jeux d'écritures comptables, le Crédit lyonnais a ainsi pu afficher des bilans en bénéfice en 1991 et 1992 alors que ses dirigeants, selon l'enquête judiciaire, avaient parfaitement connaissance du naufrage réel.
« C'était le Titanic, résume un enquêteur, avec au poste de commandement des responsables qui continuaient d'avancer les moteurs à fond. »
Hollywood et le gouffre du cinéma.
Tout démarre avec le rachat de la Métro Goldwyn Mayer, la MGM, par Giancarlo Parretti, « financier italien à la réputation douteuse », écrit le juge Courroye dans son ordonnance de renvoi de 119 pages. Le Crédit lyonnais, la banque de l'Italien depuis 1987 via sa filiale hollandaise, héritera outre-Atlantique du surnom de Crazy Lyonnais et y laissera ses premières plumes.
Dès décembre 1990, la direction générale à Paris prend conscience du désastre. « Jean-Yves Haberer a estimé nécessaire d'envoyer à Los Angeles une équipe dirigée par deux directeurs centraux », raconte le juge. Sur place, François Gille, directeur général adjoint, tire la sonnette d'alarme et chiffre le risque à 200 millions de dollars (cela coûtera à l'arrivée 10,5 milliards de francs).
Mais « Jean-Yves Haberer décide de ne pas passer de provision dans les comptes du Crédit lyonnais, ni de faire mention dans le rapport de gestion annuel des difficultés que rencontrait la MGM », note Courroye.
Un an plus tard, fin 1991, la déconfiture de la MGM n'apparaît toujours pas dans les comptes de la banque. La banque de l'immobilier. Même analyse des enquêteurs dans les relations du Lyonnais avec la Sasea, l'empire immobilier, entre autres, d'un second Italien sulfureux, Florio Fiorni, ancien financier du Vatican et rescapé du scandale de la loge P 2. « La gestion du groupe Sasea a été particulièrement opaque », analyse le magistrat. La banque est soupçonnée, là aussi, d'avoir dissimulé les pertes dans ses comptes de 1991 et 1992.
Autre grosse zone de déconfiture, l'immobilier parisien. « La banque était l'établissement le plus engagé », rappelle le juge Courroye. 41,3 milliards de francs d'encours dans ce secteur, contre 26 à la BNP et 17 à la Société générale. Le Lyonnais financera largement le groupe immobilier de Michel Pelège et, selon l'enquête judiciaire, dissimulera ses pertes de 1991 et 1992.
Au total, pour les comptes de fin 1991, Philippe Courroye estime que les 2,9 milliards de francs de provisions ont été « oubliés », permettant ainsi au Crédit lyonnais d'afficher un bilan en « bénéfice » alors, qu'en réel, la banque était dans le rouge. Fin 1992, même analyse, avec cette fois-ci un « oubli » total de 3,7 milliards de francs.
Le rôle de Bercy. Dans quel but avoir ainsi camouflé ces pertes ? Simple « mégalomanie » des dirigeants du Lyonnais ou calcul politique décidé à Bercy ? Le procès devrait permettre de mieux comprendre. Aux côtés des trois dirigeants du Crédit lyonnais et des trois commissaires aux comptes renvoyés devant le tribunal, Philippe Courroye a aussi épinglé trois hauts fonctionnaires chargés du contrôle de la banque publique.
En renvoyant devant le tribunal l'ancien directeur du Trésor, Jean-Claude Trichet, pour « complicité de présentation de comptes inexacts et diffusion d'informations fausses ou trompeuses », le juge estime que les torts doivent être partagés. Pour sa défense, Jean-Claude Trichet soutient qu'il disposait en 1992 « d'informations éparses » et que, par la suite, sa direction a été « à l'origine » des enquêtes sur le Lyonnais.
Faux, l'ancien patron du Trésor « avait connaissance du caractère inexact des comptes de 1992 », conclut pourtant Philippe Courroye. Pour Trichet, qui espère une relaxe qui lui permettrait de prendre la présidence de la Banque centrale européenne cet été, s'ouvre donc aujourd'hui le procès de tous les dangers.
Laurent Valdiguié, Le Parisien , lundi 06 janvier 2003, p. 17
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Les protagonistes d'une affaire vieille de douze ans: le rachat de la compagnie d'assurances californienne Executive Life et son portefeuille de «junk bonds» (obligations pourries) entre 1991 et 1993. La justice américaine mène l'enquête depuis 1999.
Jean-François Hénin, ancien dirigeant d'Altus, filiale du Crédit Lyonnais, qui a conduit le rachat d'Executive Life. Il était surnommé le «Mozart de la finance». Hénin fait aujourd'hui l'objet d'une procédure d'extradition.
Jean-Yves Haberer, ex-PDG du Lyonnais, avait confié à Hénin le soin de faire «tout ce que la banque ne sait pas faire, ne peut pas faire, ne veut pas faire». Déjà condamné pour d'autres affaires, il fait aussi l'objet d'une demande d'extradition.
Jean Peyrelevade vient de démissionner de la présidence du Lyonnais pour se défendre plus efficacement. Arrivé après l'opération, il est accusé d'avoir connu l'existence du montage frauduleux sans l'avoir dénoncé.
François Pinault a racheté la compagnie Executive Life, rebaptisée Aurora, et la détient toujours. Il aurait connu l'existence du montage. Ce milliardaire proche de Chirac pourrait être condamné à une très lourde amende.
Jeffrey Isaacs, procureur adjoint de l'Etat de Californie, a une dent contre le Lyonnais depuis qu'il a conduit l'enquête sur le rachat de la MGM par la banque. Implacable, il n'hésite pas à utiliser l'intimidation pour parvenir à ses fins.
Libération, vendredi 17 octobre 2003, p. 2-3
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Retour sur un fiasco
La bonne affaire a tourné au cauchemar pour le Lyonnais.
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Executive Life: Bercy veut un accord protégeant ses intérêts
Le gouvernement français a confirmé vendredi (18 octobre 2003) son rejet d'un accord avec les autorités américaines sur l'affaire Executive Life dans un souci de protection des intérêts financiers de l'Etat.-------
Citistar, la boîte noire du Lyonnais
La justice californienne a réuni les preuves de plusieurs montages illégaux de la banque française, comparables à celui d'Executive Life.
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Executive life.
L'Elysée aux commandes
Chirac pilote en sous-main la défense de son ami de vingt ans.
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Executive life.
Une affaire tout en relations incestueuses
Depuis douze ans, le dossier Executive Life illustre l'imbrication des milieux économiques avec le pouvoir politique.
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Executive Life : l'accord amiable n'a pas tout réglé
François-Henri Pinault, héritier du groupe, a décidé de signer avec les Américains auxquels il doit verser 185 millions de dollars.
LE CAMP FRANÇAIS a perdu la première manche. Va-t-il remporter la seconde ?
C'est la question à 3,4 milliards de dollars du feuilleton Executive Life, qui se poursuit devant les instances civiles aux Etats-Unis. Un procès pénal à grand spectacle vient d'être évité de justesse, contre un chèque global de 770 millions de dollars.
Mais la procédure civile se profile déjà. Et les sommes en jeu sont tout aussi gigantesques. Une première réunion de conciliation est prévue dès le mois de février prochain avec Gary Fontana, l'avocat de San Francisco qui poursuit les Français au nom des 330 000 assurés d'Executive Life.
Me Fontana, qui récupérera à titre personnel 13 % des sommes qui seront obtenues au civil, travaille à temps plein depuis plusieurs années sur le dossier. Il affirme qu'en 1991 et 1993 le Crédit lyonnais et le groupe Pinault ont acheté illégalement la compagnie d'assurances californienne Executive Life et veut récupérer « leurs profits ».
« Fontana réclame à Pinault 1 milliard de dollars et 2,4 milliards à l'Etat », reconnaît un avocat de l'affaire. La facture Executive Life va-t-elle gonfler encore ? Et pour qui ? Une chose est sûre : le camp français, tant à cause des erreurs commises lors du rachat d'Executive Life que des monstrueuses erreurs de défense commises depuis 1999, a perdu la première manche.
Dos au mur, le gouvernement a accepté lundi de faire un chèque de 475 millions de dollars.
« 287 millions de dollars seront de toute façon perdus pour le contribuable »
Sur le papier, tout n'est pas encore perdu, puisque l'essentiel de cette somme reste officiellement « bloqué » au titre de « provision » pour le procès civil. Dans les faits, l'Etat ne reverra jamais les 100 millions versés au titre d'une amende, et la moitié des 375 millions restants, soit 187 millions de dollars, qui selon une clause de l'accord signé lundi ne sont pas restituables. « Si la France gagne le procès civil sur toute la ligne, 287 millions seront de toute façon perdus pour le contribuable », confirme un avocat.
Pour le camp Pinault, même calcul. Le groupe doit verser dans un délai de quatre-vingt-dix jours 185 millions de dollars. « Ce n'est pas une amende, puisque nous n'avons reconnu aucune culpabilité, ce sont des provisions pour le futur procès civil », indique le groupe.
Sauf que selon l'accord signé lundi, encore secret, 135 millions ne seront jamais restitués. « Nous avons un prêt bancaire qui nous permettra de payer cette somme », indique-t-on chez Artemis, le navire amiral de François-Henri Pinault.
Le groupe dément les rumeurs « malveillantes » sur des ventes de ses actions Bouygues ou de Château Latour pour payer l'ardoise américaine. « Nous avons un très bon dossier pour nous défendre au civil », assure le camp Pinault, persuadé « qu'aucun dommage n'a été subi par personne ».
« Amer », persuadé d'avoir été piégé par le parquet de Californie, le groupe attend donc la prochaine échéance avec une série d'atouts dans son jeu. « Nous allons les jouer », promet-on rue François-Ier.
Autre conséquence de la crise, le groupe Pinault, dans la tempête, a pu jauger son nouveau capitaine. François-Henri Pinault a géré le dossier de bout en bout. C'est lui, sans son père François, qui a pris la décision de signer avec les Américains. Ces quinze derniers jours, l'héritier de la famille Pinault a passé plusieurs nuits sur le pont, pendu au téléphone avec Los Angeles. Seul. Comme tous les capitaines.
Laurent Valdiguié, Le Parisien, mercredi 17 décembre 2003, p. 13
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(Décembre 2003 mise en examen) Executive Life. Six anciens cadres du Lyonnais mis en examen
Six ex-dirigeants du Crédit lyonnais ont été inculpés par la justice américaine, dont l'ancien président de la banque Jean Peyrelevade et son ex-bras droit Dominique Bazy. Les Etats-Unis ont fixé à 771,75 millions de dollars l'amende pénale.
Jean Peyrelevade a refusé de signer un accord amiable en échange de sa part d'une reconnaissance de culpabilité , car il « estime n'avoir commis absolument aucune infraction ».
Les Américains dégainent dans l'affaire Executive Life. Le procureur de Californie et le FBI ont rendu public, hier (18 décembre 2003), l'accord amiable conclu entre le camp français et la justice américaine ; 771,75 millions de dollars d'amendes et de provisions vont être versés par ceux qui « plaident coupables », a annoncé Debra Yang,
responsable du parquet de Californie.
« Le plus grand accord du genre de l'histoire des Etats-Unis », selon elle. Dans le même temps, les autorités américaines ont également rendu publiques les mises en examen de six anciens dirigeants du Crédit lyonnais, écartés de l'accord amiable, et qui, eux, vont donc faire l'objet de poursuites pénales aux Etats-Unis.
Jean-Yves Haberer, ancien président du Crédit lyonnais, et son successeur Jean Peyrelevade, Jean-François Hénin, François Gille, Dominique Bazy et Eric Berloty se retrouvent poursuivis pour « conspiration », « violation de la loi bancaire » et « faux ».
Ils risquent en cas de condamnation des peines de prison ferme. « Une des raisons pour lesquelles le FBI traque la délinquance en col blanc, c'est de veiller à la stabilité de l'économie », a également précisé le chef d'enquête du FBI, dans un style très « cow-boy ».
Les Américains affirment détenir des « preuves » que les Français ont réalisé une fraude lors du rachat en 1991 de la compagnie d'assurances californienne Executive Life. Ils prétendent qu'un « portage secret » a été réalisé par le Lyonnais pour contourner l'interdiction faite à une banque de détenir plus de 25 % d'une société d'assurances.
Au passage, les 350 000 assurés de la compagnie auraient été « lésés », selon les Américains, et vont récupérer une partie des amendes, dont les 475 millions de dollars versés par le contribuable français. « Aux Etats-Unis, où les procureurs sont élus, cette opération est un coup de maître », reconnaît un avocat.
Que va-t-il se passer à présent ? Un grand jury de citoyens californiens va se réunir pour juger les six mis en examen. S'ils décident de ne pas se rendre à Los Angeles, où ils risquent une arrestation, ces six Français vont être la cible d'un mandat d'arrêt international. « La France ne les livrera pas aux Américains, explique un juriste, mais ils ne pourront pas quitter le territoire national. »
Autre étape, le procès civil, où l'avocat des 350 000 assurés réclame encore 3,4 milliards de dollars. « Les amendes payées aujourd'hui pour stopper les poursuites pénales ne valent aucun crédit dans le dossier civil », a prévenu hier la procureur Debra Yang. Le Crédit lyonnais, l'Etat français et le groupe Pinault ne sont pas sortis des ennuis.
Laurent Valdiguié, Le Parisien, vendredi 19 décembre 2003
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L'homme d'affaires François Marland
affirme être le délateur de l'affaire Executive Life
PARIS (AP) - L'homme d'affaires français François Marland affirme être celui qui a dénoncé le Crédit lyonnais auprès de la justice américaine dans l'affaire Executive Life, dans un entretien publié jeudi dans "Paris-Match".
"Oui, je suis celui qu'on a appelé monsieur X, celui qui, en 1998, a pris la décision de contacter la justice américaine pour l'informer d'une fraude commise contre ses lois par certains dirigeants du Crédit lyonnais et d'Altus, la filiale de la banque", explique-t-il.
L'homme d'affaires affirme que "prendre la parole est pour (lui) un acte de clarification". "Mes motivations sont celles qui m'animent depuis toujours: ne pas accepter l'injustice et ne pas hésiter à dire des vérités (...) Depuis quelques mois, je dois, avec ma famille, affronter un climat de menaces, d'agressions", poursuit-il pour justifier cette décision.
François Marland aurait servi d'intermédiaire entre le Crédit lyonnais et la mutuelle d'assurance Maaf lors du rachat d'Executive Life en 1991-1992. La justice américaine accuse la banque, à l'époque publique, d'avoir racheté illégalement la compagnie d'assurance californienne.
Il explique avoir révélé les faits à la justice pour "dénoncer une opération illégale et imaginée" par "certains dirigeants du Crédit lyonnais", dont il souhaitait se "venger". Mais "lorsque je constate aujourd'hui les dégâts provoqués par la gestion cataclysmique de ce dossier par des irresponsables ou des incapables, je me dis que je ne le referais sûrement pas".
"J'ai voulu punir des hommes, et c'est tout un système qui est ébranlé. Je n'ai bien évidemment jamais voulu que l'Etat ni les contribuables soient en situation de payer", assure-t-il.
Un accord a été signé en décembre dernier entre la justice américaine et les parties françaises pour mettre fin à cette affaire. L'accord prévoit le paiement d'une amende de 770 millions de dollars par les parties françaises (Etat, Crédit Lyonnais, MAAF, François Pinault).
yahoo.fr, actualités, mercredi 16 juin 2004, 18h44
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(Juin 2004) Executive Life : le corbeau sort de l'ombre
François Marland est le «Monsieur X» qui, pour se venger, a dénoncé les fraudes commises par le Lyonnais.
C'était l'un des plus gros mystères de l'affaire Executive Life. Qui était le Monsieur X qui avait révélé à la justice américaine les fraudes commises par le Crédit Lyonnais au début des années 90 quand la banque avait racheté la compagnie d'assurance américaine ? Une dénonciation qui a coûté des centaines de millions d'euros à l'Etat, au Lyonnais et au milliardaire François Pinault. Depuis le début de l'affaire, son identité était restée secrète, causant de nombreuses spéculations. Selon la loi américaine, le corbeau peut toucher 10 % des dédommagements versés par le camp français au terme du procès civil. Le mystère n'est plus. L'intéressé a choisi de se dévoiler dans une longue interview publiée aujourd'hui par Paris-Match. Monsieur X s'appelle François Marland. Résidant actuellement en Suisse, cet avocat s'était mis en affaires avec le Crédit Lyonnais au début des années 90. Et avait ensuite eu des ennuis avec la justice à la suite de plaintes déposées par le CDR, la structure chargée de liquider les actifs du Lyonnais.
Effraction.
C'est pour cela que Marland se serait transformé en dénonciateur : «J'ai pris cette décision lorsqu'en 1998, j'ai été poursuivi, d'une façon que j'estime non fondée, par les responsables du CDR, ex-salariés du Crédit Lyonnais», explique-t-il. Et il nie être intéressé : «Les profits réalisés seront intégralement réinvestis dans des fondations ou des oeuvres caritatives ou humanitaires.» Quant à sa sortie du bois, elle s'expliquerait par des «raisons de sécurité» : «Depuis plusieurs mois, je dois affronter un climat de menaces, d'agressions qui visent aussi mes avocats. L'un d'eux a été victime le même soir d'une effraction sur sa voiture et d'un cambriolage à son cabinet.» Depuis 1998, son anonymat était assuré par la justice américaine, qui le décrivait uniquement comme «un homme d'affaires proche de la transaction», représenté par une société intitulée RoNo et enregistrée dans le Delaware, Etat américain permettant l'opacité. Mais l'étau se resserrait depuis mars. L'identité de son avocat François Chateau, un avocat franco-américain installé à New York avait été révélée dans le cadre de la procédure civile concernant Executive Life.
Cette révélation n'est cependant pas une totale surprise pour les acteurs du dossier. Le nom de Marland circulait avec insistance, comme celui d'autres hommes d'affaires ayant eu des conflits avec le CDR (Libération du 27 octobre 2003). Cet avocat a laissé de très mauvais souvenirs à ses partenaires en affaires. Au début des années 90, Marland avait réussi à gagner la confiance de Jean-François Hénin, le dirigeant d'Altus, une filiale du Crédit Lyonnais, pour monter un groupe de distribution présent dans le sud de la France, composé des entreprises Disco et Escoulan. L'affaire périclite très vite, mais Marland s'en sort très bien. En novembre 1992, il vend son groupe à Altus pour 140 millions de francs. Il attendrit Hénin en lui faisant croire qu'il est très gravement malade. Disco et Escoulan sont ensuite déclarés en faillite, et la justice inculpe Marland. L'homme passe alors une dizaine de jours en prison, un «châtiment injustifié», se plaint-il aujourd'hui. L'affaire se termine par un non-lieu. Mais en 1998, le CDR le poursuit pour d'autres faits : des opérations commises dans la gestion de son groupe et dénoncées comme de l'abus de biens sociaux. Un dossier toujours pas jugé.
Intermédiaire.
C'est à ce moment-là que Marland décide de se venger en allant voir Gary Fontana, l'avocat représentant le commissaire californien aux Assurances . Marland est au courant des montages litigieux dans Executive Life, car il est proche de Jean-Claude Seys, le PDG de la Maaf, la mutuelle qui a servi de faux nez pour le Crédit Lyonnais. C'est même lui qui a fait l'intermédiaire entre Seys et Hénin. Un point qui était déjà connu, mais qui à cause des liens avec Seys, excluait Marland de la liste des corbeaux potentiels. Le patron de la Maaf a dû plaider coupable devant le parquet californien et la mutuelle condamnée à payer 10 millions de dollars. «Je suis estomaqué, réagissait hier soir Jean-François Hénin. Il a trahi son ami le plus cher.» Et on attend d'autres réactions de la part de ceux qui ont dû payer des centaines de millions de dollars pour échapper à la justice américaine : l'Etat, le Lyonnais ou Pinault. Mais Marland est prêt à se protéger des attaques. «Je prépare un livre qui révélera tout», menace-t-il.
Libération, 17 juin 2004, p. 20; jeudi 17 juin 2004 (Liberation - 06:00)
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(Février 2005) Executive Life : La France va verser 150 millions de dollars aux Américains
LE CONTRIBUABLE français va devoir verser encore 150 millions de dollars (116 millions d'euros) à des petits porteurs américains.
Un accord « amiable » est intervenu hier à Los Angeles, au début du procès civil
qui oppose le Crédit lyonnais aux autorités américaines au sujet du rachat de la compagnie d'assurances
Executive Life.
Cette désastreuse affaire remonte à 1991 lorsque la banque publique française,
alliée à l'homme d'affaires François Pinault, a racheté une petite compagnie d'assurances californienne,
Executive Life. A l'époque, la législation américaine interdisait à une banque de contrôler
une compagnie d'assurances.
Pendant sept ans, l'opération d'achat d'Executive Life est apparue
comme une opération juteuse et a fait la fortune de l'homme d'affaires François Pinault.
Mais
en 1998, un homme d'affaires français, François Marland, en désaccord avec le Crédit lyonnais
et dans l'espoir, quoi qu'il en dise, de toucher une récompense des Américains, est venu dénoncer
l'opération.
Une opération juteuse
Suite aux révélations de Marland, la justice
outre-Atlantique s'est mise en route et a estimé que les banquiers français avaient effectivement
contourné les législations américaines. « Cette affaire a été mal gérée de bout en bout, le
camp français a fourni à la justice outre-Atlantique tous les éléments pour se faire battre
», confie un avocat parisien.
Pour mettre fin à la procédure pénale, fin 2003, Paris a décidé
de payer. Bercy, à l'époque dirigé par Francis Mer, a plaidé coupable. Le gouvernement de Jean-Pierre
Raffarin, pour éviter un procès pénal, a accepté de verser 771,5 millions de dollars au Trésor
américain, en décembre 2003. Sur cette somme record, 200 millions de dollars sont aussitôt partis
en amende et 375 millions autres dollars étaient destinés à dédommager les anciens petits porteurs
américains de la compagnie d'assurances dans le cadre du futur procès civil.
Ce procès civil
a démarré hier devant le tribunal de Californie. La loi américaine autorise les parties en présence
à se mettre d'accord à tout moment pour stopper le procès en cours. Dans ce cadre, in extremis,
un accord « de principe » est donc intervenu hier entre les autorités de Californie et le Crédit
lyonnais représenté aujourd'hui par le CDR (Consortium de réalisation), la structure publique
chargée de payer les dettes de la banque. Selon cet accord, le CDR, autrement dit le contribuable
français, devrait dédommager les parties américaines à hauteur de 525 millions de dollars. «
375 ont déjà été versés au titre de provision, il va falloir encore rajouter 150 millions de
dollars », confie un avocat de la partie française. L'homme d'affaires François Pinault a déjà
versé de son côté la somme de 80 millions de dollars... Tout cet argent devrait aller, déduction
faite des honoraires d'avocats, aux 350 000 petits porteurs américains de la compagnie d'assurances
Executive Life. Ils devraient se partager un total de l'ordre de 600 millions de dollars. En
1991, la compagnie était en faillite. Aujourd'hui, ces petits porteurs ont gagné au Loto.
Une
juteuse opération qu'ils doivent à l'obstination de leur avocat : Me Gary Fontana,
de San Francisco. Lui aussi, depuis hier, et grâce à Paris, est devenu un homme riche. Très
riche.
leparisien.fr, Paru le : 16/02/2005
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(Janvier 2006) Peyrelevade, coupable heureux en Californie
Mis en cause dans l'affaire Executive Life, l'ex-patron du Lyonnais a négocié un arrangement judiciaire.
Jean Peyrelevade est coupable mais innocent. Selon que l'on se place du point de vue de la justice américaine ou de celui du condamné. C'est le résultat d'un des miracles de la justice d'outre-Atlantique, féconde en procédés étonnants. Jeudi (dans la nuit de vendredi à Paris), à Los Angeles, l'ex-président du Crédit lyonnais a passé une transaction exceptionnelle avec le tribunal de Californie. Il a accepté de plaider coupable des faits qu'on lui reproche et le tribunal lui a accordé le droit de proclamer qu'il se considère comme innocent (1).
«Légère».
Il est condamné lourdement : 500 000 dollars d'amende (soit environ 412 000 euros), trois ans d'interdiction de séjour sur le territoire américain, cinq années de mise à l'épreuve. Et la Réserve fédérale lui a infligé l'interdiction de facto de travailler pour une banque américaine ou une de ses filiales. Joint par Libération, Jean Peyrelevade indique que c'est l'accusation qui lui a proposé de transiger. Il trouve la peine «légère» et se réjouit : «J'ai récupéré ma liberté de mouvement.» Le mandat d'arrêt international qui le frappait, lui interdisant jusqu'à présent de quitter le territoire français, a en effet été levé.
Dans l'affaire Executive Life, Jean Peyrelevade était poursuivi pour fausse déclaration aux autorités, violation de la loi bancaire et même «conspiration». Selon ses dires, il aurait «mal rempli deux questionnaires de la SEC (autorité américaine de régulation des marchés, ndlr)». C'est un peu vite résumer l'affaire. En fait, il avait «oublié» d'indiquer que le Crédit lyonnais possédait 5 % des sociétés qui avaient racheté Executive Life. Le procureur américain Jeffrey Isaacs avait retrouvé un fax adressé à Peyrelevade en 1993, quelques semaines après son arrivée au Lyonnais, qui lui exposait comment le Crédit lyonnais avait agi contre la loi américaine dans cette affaire. Le piège s'est ensuite refermé sur le président du Lyonnais, qui a nié sa culpabilité avec constance et ombrage. Jusqu'à attaquer en justice, et gagner contre The Economist et Libération, dont les affirmations se trouvent aujourd'hui en grande partie confirmées. «Je ne retire rien, y compris contre votre journal», affirme-t-il, bien qu'il ait accepté d'être condamné.
«Sacrifié».
Tranchant et à l'occasion colérique, il avait accusé en 2003 les pouvoirs publics de le «lâcher» et de le «sacrifier à la raison d'Etat» lorsque le gouvernement et le CDR (qui a repris les actifs pourris du Lyonnais) avaient transigé avec la justice américaine sans l'inclure dans l'accord. Il avait alors démissionné de la présidence du Crédit lyonnais (racheté par le Crédit agricole) pour se défendre. Depuis il est devenu associé-gérant de la petite banque d'affaires Toulouse et Associés. Il est aussi essayiste à succès, son livre le Capitalisme total s'est vendu à plus de 25 000 exemplaires. Et l'ancien conseiller de Pierre Mauroy à Matignon oeuvre pour le social avec l'association Dialogues (lire en pages Week-End), à l'occasion avec... Libération.
(1) La procédure dite «Alford Plea», rarissime, permet à un accusé de négocier sa condamnation pour mettre fin aux poursuites sans admettre sa culpabilité.
par Hervé NATHAN, QUOTIDIEN : samedi 21 janvier 2006, p. 21
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mardi 25 juillet 2006, 10h59 Affaire Executive Life: l'ancien patron d'une filiale du Crédit Lyonnais condamné à une amende d'un million de dollars
LOS ANGELES (AP) - L'ancien patron d'une filiale du Crédit Lyonnais, Jean-François Hénin, a été condamné par la justice californienne à une amende d'un million de dollars (790.400 euros) et cinq ans de mise à l'épreuve après avoir plaidé sa culpabilité dans l'acquisition illégale de la compagnie d'assurance américaine Executive Life au tout début des années 1990.
Jean-François Hénin, 62 ans, a plaidé coupable devant le juge fédéral Dickran Tevrizian qui l'a également condamné à cinq ans d'interdiction du territoire américain. Le 19 janvier dernier, l'ancien PDG du Crédit Lyonnais Jean Peyrelevade avait plaidé coupable jeudi dans l'acquisition illégale de la compagnie d'assurance américaine Executive Life au tout début des années 1990. M. Peyrelevade, 66 ans, a plaidé coupable devant un tribunal fédéral de deux chefs d'inculpation qui ont permis au Crédit Lyonnais de faire de fausses déclarations à la Réserve fédérale américaine. L'accord de culpabilité prévoit une peine de cinq ans de mise à l'épreuve, une amende de 500.000 dollars (412.371 euros) et une interdiction du territoire américain de trois ans pour Jean Peyrelevade. Les procureurs américains accusaient Jean Peyrelevade et d'autres personnes dont l'homme d'affaires François Pinault et sa société Artémis d'avoir couvert le rachat illégal d'Executive Life à la Réserve fédérale qui, plus tard, imposera des sanctions au Crédit Lyonnais qui écopera d'une amende de 100 millions de dollars (82,47 millions d'euros). Bien que Jean Peyrelevade n'ait été nommé à la tête du Crédit Lyonnais qu'en 1993, son nom figure sur la liste des autres dirigeants inculpés par la justice californienne. Peyrelevade a démissionné de son poste de président du Crédit Lyonnais en novembre 2003. Parmi ses co-inculpés figurent également Jean-Claude Seys qui dirigeait alors la compagnie d'assurance MAAF et l'ancien PDG d'Altus Dominique Bazy. Le 24 novembre dernier, le tribunal fédéral de Los Angeles avait condamné Artémis, la holding de l'homme d'affaires français François Pinault, à verser 189 millions de dollars (160 millions d'euros) plus intérêts au département des assurances de l'Etat de Californie dans le cadre du procès civil de l'affaire Executive Life. Ce jugement mettait un terme à la longue affaire juridico-financière Executive Life. La justice californienne accusait Artémis, et son président François Pinault, d'être au coeur d'un montage financier destiné à masquer l'achat en 1991-92 par le Crédit Lyonnais -à l'époque propriété de l'Etat français- de cette compagnie d'assurance en faillite, en violation de la loi américaine, qui interdisait alors aux banques de détenir plus de 25% du capital d'un assureur. En mai 2005, la justice californienne avait blanchi François Pinault de toute implication personnelle dans l'affaire. En juillet de la même année, Artémis avait été condamnée à verser 700 millions de dollars (592 millions d'euros), amende annulée en décembre par le juge Howard Matz. Plus tôt, en février, les autorités californiennes et le Consortium de réalisation (CDR) - qui représentait l'Etat français dans le volet civil de l'affaire - avaient déjà conclu un accord dans lequel le CDR s'engageait à verser 600 millions de dollars (470 millions d'euros). AP-----
25 octobre 2006.
Quand le Crédit lyonnais cajolait les faillites
Treize administrateurs et mandataires judiciaires viennent d'être renvoyés en correctionnelle pour «corruption passive» .
Epilogue provisoire de l'une des vieilles affaires du Crédit lyonnais : sa filiale SDBO, dirigée par un ancien président de chambre au tribunal de commerce de Paris, avait pour objet de cajoler les professionnels des faillites. Elle leur accordait des prêts personnels avec intérêt inférieur aux taux du marché; en retour, ces administrateurs confiaient à la SDBO la trésorerie des boîtes en faillite sans qu'elle soit correctement rémunérée.
Le donnant, donnant est explicite : «C'est avec plaisir que nous ramenons le taux de votre prêt à 4 % l'an; cet accord vous est donné considération prise de nos relations commerciales et y demeurera étroitement lié.» Cet échange de mauvais procédés baptisé «clause de fidélité» fut longtemps un secret de polichinelle avant que le fisc n'y mette le holà en 1996. Depuis, le Conseil national des administrateurs judiciaires, soucieux de se refaire une virginité, a enjoint ses troupes de placer la trésorerie des entreprises à la Caisse des dépôts. Dans le cadre de l'enquête pénale, un expert comptable a calculé le montant des ristournes consenti aux administrateurs mis en cause (différence entre le taux consenti à titre personnel et le taux de marché) : le total cumulé entre 1983 et 1996 dépasse 44 millions de francs. En tête du palmarès: Me Didier Segard (8,4 millions), Me Isabelle Didier (3,8 millions) et Me Dominique Schmitt (3,6 millions).------