Réclamation du propriétaire après État des lieux de sortie signé : que faire ?

par Julien Morel
Réclamation du propriétaire après État des lieux de sortie signé : que faire ?-Denis Touret

En principe, un état des lieux de sortie qui est déjà signé devrait clore la location sans ambiguïté. Pourtant, certains propriétaires réclament des sommes après coup. Ce qui donne naissance à des tensions et des incertitudes. Or, la loi protège le locataire : une fois qu’il est signé, ce document a force probante, sauf exceptions strictes. Si vous vous retrouvez dans une situation pareille, voici comment vous devrez vous comporter.

L’état des lieux de sortie signé : un acte opposable

L’état des lieux de sortie d’un appartement, une fois signé par le bailleur et le locataire, fixe l’état de l’appartement ou de la maison à la date de restitution. Il engage le bailleur autant que le locataire, et seule la justice peut en remettre en cause la validité. Lorsque les deux parties signent, cela sous-entend clairement qu’il y a un accord sur ce qui a été constaté, usure normale ou dégradations mentionnées. Il n’est pas possible que le propriétaire puisse revenir sur cet accord parce qu’il a mal regardé ou changé d’avis. Seule la fraude avérée ou une erreur grave lors de la signature permettent une remise en cause, et encore faut-il apporter la preuve devant la justice.

Peut-on réclamer après la signature ?-Denis TouretPeut-on réclamer après la signature ?

Oui, un propriétaire peut envoyer une demande, mais elle n’est recevable que dans des cas très restreints. Les dégradations doivent être réellement cachées et non décelables à l’œil nu lors de la visite, comme une fuite interne sans trace visible. Ou alors, le locataire doit avoir conservé les lieux au-delà de la date de sortie prévue au bail, ce qui relève du respect du bail, pas de l’état des lieux. Un vice de forme (document non signé, non daté, rédigé unilatéralement) peut aussi invalider le constat, mais ce n’est pas au propriétaire d’en décider seul. Dans tous les autres cas, la réclamation est irrecevable.

Quelle attitude adopter en cas d’insistance du propriétaire ?

Face à une pression, le locataire doit agir vite, calmement et avec rigueur.

Exiger une copie du document signé

Il est en principe une exigence pour le bailleur est tenu de procurer au locataire une copie de l’état des lieux dans les délais légaux. Si le locataire ne l’a pas reçu, il doit en demander une copie par LRAR. Ce document est la seule base valable pour vérifier si la réclamation concerne des éléments déjà traités ou absents du constat. Sans lui, toute discussion est déséquilibrée et le locataire se trouve en position de faiblesse inutile.

Refuser tout prélèvement sur la garantie sans accord ou jugement

La garantie ne peut être retenue que pour des dégradations prouvées, non imputables à la vétusté et mentionnées ou décelables lors de la sortie. Le bailleur doit justifier chaque retrait par un devis ou une facture détaillée. Le locataire, quant à lui, dispose d’un mois pour contester. Passé ce délai sans réponse, le prélèvement peut être opéré, mais uniquement dans la limite du dépôt initial. Aucune somme supplémentaire ne peut être exigée sans passage par la justice.

Quelle attitude adopter en cas d’insistance du propriétaire ?-Denis TouretAvoir recours à la justice ou à la commission départementale de conciliation

Dans les situations où le litige dure, la conciliation est gratuite, rapide et souvent efficace. Elle permet de faire valoir ses droits sans avocat ni frais. Si le bailleur refuse ou persiste dans une réclamation abusive, le locataire peut se tourner vers le tribunal judiciaire. Dans la grande majorité des cas, la justice se fonde sur l’état des lieux signé, sauf preuve solide du contraire que le propriétaire fourni.

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