Histoire de la gauche caviar, Laurent Joffrin, Robert Laffont, Paris, 2006

Bernard Tapie

20 décembre 2015 : Bernard Tapie annonce revenir en politique pour lutter contre les Le Pen
18 décembre 2015 : Affaire Tapie, l’horizon politique de Christine Lagarde s’assombrit
17 décembre 2015 : Christine Lagarde renvoyée devant la Cour de justice de la République
04 décembre 2015 : Ruiné de chez Ruiné

Avril 2013 : Le grand comédien et homme d'"affaires" veut donner des conseils au Président socialiste, normal et exemplaire
Janvier 2013 : Affaire "Lagarde", perquisitions

Décembre 2012 : Tapie fustige Montebourg, après sa "non-reprise" du groupe Hersant dans le Grand Sud ; le coup de nanard : l'homme d"affaires" se paye La Provence pour se payer Marseille
Mars 2012 : L'affairiste ami de Borloo soutient la candidature de NS, son généreux donateur

Août 2011 : Enquête contre l'émissaire Lagarde
Mars 2011 : Place "mon argent" où je veux ; obtenu "sur intervention" ?
Décembre 2010 : Revanche politique "Je soutiens mon ami d'affaires Borloo, je vote pour Strauss-Khan, et je vais donner des conseils à Fillon"
Janvier 2008 : "Je suis un fanatique d'Obama"

Novembre 2010 : 500.000 euros d'argenterie lui aurait été volés dans son Hotel particulier parisien
Septembre 2010 : 210 millions seulement (?) par les amis avocats d'affaires Sarkozy et Borloo
Avril 2010 : Relaxé. Vers de nouvelles aventures ?
Février 2010 : L'Elysée requiert la relaxe ?
Décembre 2009 : 108 millions net pour l'ami de Borloo
Juin 2009 : A l'assaut du Club Med, avec l'argent des contribuables
Mars 2009 : C'est la crise, gràce aux contribuables l'ami de Jean-Louis Borloo et ancien ministre de François Mitterrand se refait lourd (70 millions net ?)
Décembre 2008 : Noël, le Service Public rend hommage au remarquable comédien ; Qui se régale , à 20.50 sur France 2 ; résultats "moyens"
Novembre 2008 : L'ami de Nicolas Sarkozy, et remarquable comédien, contre Royal et pour Aubry à la future présidentielle
Octobre 2008 : Bernard Tapie négocie un "forfait fiscal" en Suisse (Challenges, 23 octobre 2008)
Juillet 2008 : Affaire Addidas : heureuse "justice politique" après la mise sur la touche d'un judiciaire défavorable ? : le remarquable homme d'affaires "de gauche", et remarquable comédien, et vieil ami du ministre d'Etat "de droite" Jean-Louis Borloo, obtient, enfin, 285 millions d'euros (réellement 400 millions ?) du défunt Lyonnais (c'est-à-dire de l'Etat, des contribuables); le parti socialiste demande une nouvelle décision de justice ...
Janvier 2008 : Le fanatique d'Obama attend sa mission
Novembre 2007 : Problèmes de logement ?
Avril 2007 : A près mon ami Borloo je soutiens Nicolas ; et j'accable la Ségo ... ;
Février 2007 : Bernard soutiendra bientôt (???) Nicolas ; en attendant il attaque Ségolène
Octobre 2006 : Débouté, hélas, pour l'excellent homme d'"affaires", et remarquable comédien, affaire à suivre ; IL LUI demande de surseoir ;
Septembre 2006 : Sur scène avec Adriana Karembeu
Juin 2006 : "Bug" informatique à la cour de cassation : report à octobre 2006
Février 2006 : Bernard Tapie attaque le livre-confession d'Eydelie
Janvier 2006 : Le remarquable homme d'"affaires", et comédien, réclame entre 300 et 400 millions d'euros de "dédommagement", pour "préjudice subi" par les époux Tapie ; et retour de l'affaire VA-OM de 1993
Décembre 2005 : Indulgence judiciaire pour le "commissaire" Valence, condamné symboliquement pour fraude fiscale (sept millions d'euros, seulement)
Octobre 2005 : Les radicaux de gauche se réjouissent du retour de l'homme d''affaires", et riche "comédien" ; contre lequel le procureur demande 2 ans, pour fraude fiscale ...
Septembre 2005 : Le bien-heureux, bien-reconverti, bien "indemnisé" ? ...
Erreur, c'est 145 millions ; l'escroc escroqué ?
Juin 2005 : Le comédien et homme d'affaires, ancien ministre du président François Mitterrand, réclame 990 millions d'euros au Crédit Lyonnais
Avril 2005 : Tapie attaque l'Etat français
Mars 2004 : Nouvelles anciennes "affaires"
Janvier 2004 : "Un beau salaud" au Théâtre de Paris
Juillet 2003 : Tapie marchande
Avril 2003 : Tapie remarquable comédien commissaire de police ... et entendu par la justice usaméricaine
Mars 2003 : Toujours la justice ...
Septembre 2002 : Tapie, le retour toujours ...
Avril 2001 : Bernard Tapie, le retour.
Tapie revient à l'OM en sauveur. Les supporters le réclamaient depuis longtemps, voilà qui est fait : Bernard Tapie sera l'associé de Robert Louis-Dreyfus à la tête du club de foot marseillais.
Sa condamnation dans l'affaire des comptes de l'OM est oubliée. Par Michel HENRY pour Liberation.fr, Le 3 avril 2001.

Les Marseillais ont eu deux bonnes nouvelles, mardi 3 avril (2001): d'abord, les éboueurs, en grève, ont recommencé à ramasser les ordures, et, ensuite, Bernard Tapie revient à l'OM. Aucun lien entre les deux. Robert Louis-Dreyfus, actionnaire principal du club, installe ainsi à ses côtés, en tant qu'«associé» et nouveau partenaire au capital, un repris de justice. Tapie a en effet été condamné en appel, le 4 juin 1998, dans l'affaire des comptes de l'OM, à trois ans de prison avec sursis et 300.000 francs d'amende. Cela dit, par un joli tour de passe-passe, Tapie n'a pas été condamné, à l'inverse de ses coprévenus, à payer solidairement les 88 millions de francs de dommages et intérêts au club : l'administrateur de l'OM a bizarrement oublié de se déclarer créancier de Tapie dans les délais impartis par la loi. Tapie ne doit donc rien à l'OM et revient sourire aux lèvres.

Le sourire est aussi sur les visages des supporters, qui réclamaient le retour de Tapie depuis belle lurette, vu que le garçon a apporté de bien belles choses à l'OM (quatre titres consécutifs de champion de France, une coupe d'Europe des clubs champions en 1993) jusqu'à sa chute consécutive à l'affaire du match truqué OM-Valenciennes. Son successeur et désormais grand copain, Robert Louis-Dreyfus, fait bien pâle figure à côté. Il faut dire qu'il n'y connaît rien au foot, et qu'il a accumulé les bourdes tout en injectant, à ses dires, plus de 800 millions de francs dans le club. L'OM est actuellement quatorzième au championnat. Tapie le sauveur devrait arriver lundi.

Le communiqué de Bernard Tapie
«J'accepte avec beaucoup d'émotion. Je suis conscient de l'attente de tous ceux qui aiment l'OM et j'essaierai de m'en montrer digne.
Je ferai le nécessaire afin d'être disponible, dès lundi prochain, et je suis certain que toutes les énergies convergeront vers un seul objectif : que l'OM retrouve son rang au plus vite.»

Le communiqué de Robert Louis-Dreyfus, le président de l'OM
«L'OM, depuis deux saisons, connaît des déconvenues qui mettent le club dans une situation indigne de son rang et que mes très importants efforts financiers personnels n'ont pas réussi à infléchir.

Malgré ces difficultés, ma volonté de voir grandir l'OM et de pérenniser le club parmi les grands d'Europe est toujours aussi affirmée. C'est d'ailleurs dans ce contexte que j'avais annoncé mon désir d'ouvrir le capital à de nouveaux partenaires. Le premier que j'ai choisi est Bernard Tapie. Nous nous connaissons bien et nous apprécions suffisamment pour relever ensemble ce défi.

Bernard, compte tenu de ses engagements en cours, ne sera présent au Club que lundi prochain. Outre sa qualité d'associé, il prendra en charge toute la partie sportive du Club. Quant à moi, qui reste actionnaire majoritaire, je continuerai à assumer les responsabilités de stratégie générale et de gestion.

L'OM doit désormais rentrer dans une nouvelle dynamique. Pour cela ma motivation reste intacte.

Les Marseillais auront une équipe à la hauteur de leurs espérances. C'est ce à quoi je me suis engagé depuis le premier jour.»

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Un Bernard Tapie polémique revient sur TF1

L'émission s'intitule "A tort ou à raison", mais elle pourrait tout aussi bien s'appeler "Seul contre tous". Bernard Tapie a animé, lundi 9 septembre, la première de sa nouvelle émission sur TF1. Pour son retour sur la Une, seize ans après l'émission "Ambition", l'ancien ministre de la ville et ancien président de l'Olympique de Marseille a frappé fort. Le thème choisi, "vrai et pas racoleur" dixit l'intéressé : "faut-il réglementer ou interdire la prostitution ?".

Pendant le générique de début, un sous-titre "Accord parental souhaitable" vient s'incruster sur l'écran. Debout face à ses invités assis en demi-cercle, dans un décor sombre et moderne qui n'est pas sans rappeler celui du "Maillon faible" (autre émission de TF1), le maître de cérémonie entre immédiatement dans le vif du sujet. "Je suis pour l'interdiction", affirme sans ambages l'animateur qui, un peu plus tôt dans la soirée déclarait dans le journal télévisé de Patrick Poivre d'Arvor, "je suis partie, pas juge. J'affirmerai mon point de vue, et les autres aussi."

Face à lui, sur le plateau, une demi-douzaine d'invités. Parmi eux, l'écrivain Philippe Sollers, l'ancienne porte-parole des prostituées lyonnaises dans les années 1970, Ulla, la présidente d'une association de parents d'élèves, un universitaire "auteur d'un livre sur le pacs, la gauche et les homosexuels". Relégué dans le public, un responsable de la Brigade de répression du proxénétisme peine à faire entendre sa voix.

Le choix des invités n'a pas été évident. Selon Stéphane Tapie, fils de l'animateur et coproducteur de l'émission avec Glem (la société de Gérard Louvin), la sélection des invités a été tardive. "On ne s'est décidé que dans la nuit de samedi à dimanche, indique-t-il. Mais ce n'est pas faute d'avoir des participants, bien au contraire, on devait faire un choix judicieux entre plusieurs personnalités susceptibles d'apporter un plus au débat."

PRENDRE POSITION

Bernard Tapie a à cœur de montrer qu'il a bien préparé le dossier. Il évoque "l'interdiction totale de la prostitution en Suède", les "éro-centers en Allemagne" , et tente d'étayer son propos par des statistiques. Rapidement, le débat se résume à un duel entre l'une des invitées, Claire Carthonnet, érigée nouvelle porte-voix de la cause des "travailleuses du sexe", et Bernard Tapie. L'animateur ne supporte guère la contradiction. Un peu crispé au début, il donne de la voix et du geste pour convaincre.

Régulièrement, une jeune femme intervient depuis la régie pour "donner la tendance" des votes des téléspectateurs. L'émission est en direct – un choix de Bernard Tapie, qui souhaitait travailler sans filet –, et les téléspectateurs sont invités à prendre position, par téléphone (0,56 euro l'appel).

Pour les aider à "se faire une idée", une poignée de reportages vient s'intercaler dans le débat. Des riverains disent leur ras-le-bol face aux "nuisances" provoquées par la prostitution de rue ; des prostituées témoignent de leur misère, la famille d'une jeune Bulgare venue en France à 19 ans et assassinée en 1999 rapporte les tristes conditions dans laquelle elle vivait ; des élus, Françoise de Panafieu, députée UMP de Paris, ouvertement en faveur de la réouverture des Maisons closes, ou Bernard Kouchner, ancien ministre délégué à la santé du gouvernement Jospin, soulignent l'urgence de réagir "devant le fléau du sida".

Lors de la présentation de la nouvelle grille de TF1, le 28 août au château de "Star Academy", Bernard Tapie était apparu sur l'air de "J'aurais voulu être un artiste" – chanson de Starmania qu'il avait interprété à la télévision en 1985 –, affirmant que "l'objectif [de son émission] n'est pas de faire consensus mais de livrer suffisamment d'arguments". Il avait ajouté : "Tous les sujets sont des sujets qui fâchent". A son tour, Etienne Mougeotte, vice-PDG de l'antenne de la Une (ancien président de l'Unef socialiste dans sa belle jeunesse, notedt), avait présenté Bernard Tapie comme un "agitateur d'idées".

Adepte de la formule rapide et du contre-pieds, l'homme rebondit sans cesse : "80 % à 90 % de la prostitution est le fait de gens qui sont sans papiers, de nationalité étrangère", affirme-t-il, aussitôt contredit par un policier qui précise que "sur Paris, la majorité des prostituées sont en situation régulière". Et M. Tapie de s'en sortir par une pirouette : "Elles sont en position régulière, donc la police est désarmée."
José Barroso et Olivia Delaittre, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 11.09.02, LE MONDE | 10.09.02 | 12h58

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(20 mars 2003) Affaire du Lyonnais Bernard Tapie rattrapé par la justice

BERNARD TAPIE, rattrapé par le dernier dossier pénal le concernant, va devoir répondre devant le tribunal correctionnel de Paris de banqueroute dans un dossier ouvert en marge de l'affaire du Crédit lyonnais.
La juge d'instruction du pôle financier du palais de justice de Paris Françoise Desset a ordonné, le 20 mars, le renvoi devant le tribunal de M. Tapie, 60 ans, pour « banqueroute par augmentation frauduleuse de passif ».
Ce dossier ouvert en 1995, en marge de l'affaire du Crédit lyonnais et instruit en grande partie par la juge Eva Joly, porte sur la faillite de deux sociétés en nom collectif : Groupe Bernard Tapie (GBT) et Financière immobilière Bernard Tapie (FIBT).
Elie Fellous, son ex-bras droit et ancien gérant de FIBT et de GBT, est lui aussi poursuivi pour banqueroute. « Ça fait huit ans que j'attends ce moment. On va pouvoir tout mettre sur la table et on va enfin voir qui a volé qui », a déclaré hier Bernard Tapie.
Le Parisien, samedi 29 mars 2003, p. 16

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(17 avril 2003) La Une croit à Bernard Tapie

Bernard Tapie incarne le commissaire Valence , « un flic des beaux quartiers, insomniaque, solitaire et humaniste ».

IL ROULE en bagnole de fortune, enjambe les balcons pour voler au secours de sa voisine, adore les échecs et ne dort jamais. Voici le commissaire Valence, ou plutôt le commissaire Tapie, à qui TF 1 confie le rôle-titre d'une nouvelle série policière, après l'avoir transformé en animateur de talk-show pendant huit mois dans « A tort ou à raison ». Le plus célèbre caméléon de la vie publique française - chanteur, homme d'affaires, ministre, animateur... - refait l'acteur et se réincarne sans complexes en flic de choc.

« Nous avions envie de le voir en héros récurrent »

La Une avait déjà tenté l'expérience il y a deux ans en faisant de Bernard Tapie un médecin militaire dans « Cazas », un téléfilm unitaire qui ne restera pas dans les annales mais qui avait cartonné en audience. « Nous avions envie de le voir en héros récurrent », explique Takis Candilis, le patron de la fiction de la chaîne, qui avait dans ses tiroirs un projet de série tout indiqué. « Un flic des beaux quartiers, insomniaque, solitaire et humaniste », résume le producteur Marc Chayette (Adelaïde Productions). Le scénario était prêt. « Nanar » a très vite donné son accord. « Son arrivée n'a rien changé à l'histoire ou au personnage, assure l'un des scénaristes, auteur de plusieurs épisodes de Julie Lescaut. Il nous a fait quelques remarques, mais je n'ai pas du tout tenu compte de l'homme public pour écrire les dialogues. J'imagine toutefois que son parcours lui a permis de mieux comprendre le fonctionnement d'un polar... »

« Il en impose. Je me suis régalé à jouer avec lui »

De l'avis de tous, Bernard Tapie s'est senti comme un poisson dans l'eau sur le tournage. « Il a été hyperpro, toujours disponible, il s'est parfaitement bien intégré à l'équipe, raconte Marc Chayette. C'est un véritable acteur. Je l'avais d'ailleurs trouvé très bon dans Hommes, femmes, mode d'emploi de Claude Lelouch. » Sentiment partagé par son partenaire Christian Charmetant, qui interprète son beau-frère : « Il en impose. Je me suis régalé à jouer avec lui. » Les ennuis judiciaires de l'ex-patron de l'OM - il a passé six mois en prison, en 1997 - n'ont visiblement pas provoqué d'états d'âme du côté de la Une, ni du producteur. « J'ai peu suivi ses histoires passées, et je n'en ai jamais parlé avec lui », affirme Marc Chayette. L'intéressé, lui, semble s'amuser de l'ironie de la situation (voir interview ci-contre). On saura bien vite si les téléspectateurs jugent Tapie crédible dans ce rôle. TF 1 lui fait déjà confiance, puisque le tournage du deuxième épisode est prévu pour le mois de juin.
Thierry Dague, Le Parisien, jeudi 17 avril 2003, p. 32

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WASHINGTON, 16 avril 2003 (AFP) - Executive Life: Bernard Tapie va comparaître devant la justice américaine

Bernard Tapie, l'ancien ministre français et actuel animateur de télévision, va comparaître la semaine prochaine devant un jury de mise en accusation de Los Angeles dans le cadre de l'affaire du rachat litigieux d'Executive Life par le Crédit Lyonnais en 1991, a indiqué mercredi un avocat proche du dossier.

M. Tapie sera surtout interrogé, le 23 avril, sur le rôle d'Artemis, la holding de François Pinault, repreneur de la compagnie d'assurance-vie californienne Executive Life au Crédit Lyonnais en 1992, ainsi que sur City Star, une société écran du Lyonnais dont le siège est dans les Caraïbes, a précisé cet avocat sous le couvert de l'anonymat.

City Star avait été utilisée pour effectuer le portage "illégal" des actions d'Executive Life en 1991 ainsi que pour racheter, aussi "illégalement", les action d'Adidas, qui appartenait alors à M. Tapie, et qu'il a dû céder quand il est entré au gouvernement français, a dit l'avocat.

Le Crédit Lyonnais était l'agent de M. Tapie pour vendre les actions Adidas que la banque rachetait ensuite secrètement par le biais de City Star, des transactions illégales pour lesquelles le Lyonnais avait été traduit en justice par M. Tapie, a rappelé l'avocat californien.

Le Crédit Lyonnais et sa structure de défaisance, le Consortium de réalisation (CDR), sont soupçonnés d'avoir organisé par portage illégal la reprise d'Executive Life à une époque où la loi américaine n'autorisait pas une banque à détenir plus de 25% du capital d'une compagnie d'assurances.

Artemis fait également l'objet des poursuites du procureur fédéral de Californie, Jeffrey Isaacs. François Pinault avait témoigné à la fin février pendant six heures devant le jury de mise en accusation à Los Angeles.

La Commission des assurances californienne, le principal plaignant dans cette affaire, réclame jusqu'à 3,5 milliards de dollars de dommage au Crédit Lyonnais et à Artemis.

Par ailleurs l'Etat français et le Crédit Lyonnais ont repris des discussions ces dernières semaines avec la Justice et la Réserve fédérale (Fed) américaines pour tenter de négocier un nouvel accord arrêtant les poursuites, avaient indiqué des avocats proches du dossier.

Ces démarches visent à conclure au plus vite un règlement à l'amiable avec le département fédéral de la Justice avant que le jury de mise en accusation de Los Angeles formé en novembre dernier n'aboutisse à une possible inculpation de la banque française, avait-on expliqué de mêmes sources.

La Fed, principale instance de réglementation du secteur bancaire, pourrait décider de suspendre la licence d'exploitation de la banque française aux Etats-Unis si elle était reconnue coupable de malversation.

En 1991, l'Etat français contrôlait le capital du Crédit Lyonnais. La banque a été ensuite privatisée.
laviefinanciere.com, 16/04/2003 22:54

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(Juillet 2003) Le marchandage de Tapie se poursuit
Dans l'affaire du Lyonnais, absence de sanctions au civil mais retour prochain au pénal.

Quelques nouvelles fraîches de Bernard Tapie. Mardi, la Cour de cassation a confirmé l'absence de sanctions commerciales contre l'ex-homme d'affaires en faillite. Tapie n'est donc pas interdit de gérer et en plus il est de nouveau éligible. Il s'agit là d'un épilogue partiel de l'interminable procédure de liquidation judiciaire de ses différents holdings (GBT, FIBT, ACT...), entamée en 1994.

La procédure est toujours en cours mais le tribunal de commerce avait décidé, entretemps, de ne pas le sanctionner à titre personnel : certes, à entendre ses liquidateurs judiciaires, Tapie a un tantinet abusé en matière de «dépenses personnelles» et de «train de vie excessif» : au mieux de sa forme, le flambeur avait besoin de plus de 40 millions de francs par an d'argent de poche. Les juges consulaires ont donc décidé de l'absoudre, à titre «très exceptionnel», puisque le statut de ses holdings faisait que Tapie ne pouvait léser que lui-même. C'est ce que vient de confirmer la Cour de cassation, pour des motifs de forme.

Train de vie.
Sa décision tombe à un très étrange moment. Au pénal, Tapie vient tout juste d'être renvoyé en correctionnelle pour banqueroute (Libération du 1er avril), s'agissant de quasiment les mêmes faits. Certes, les voies civile, commerciale et pénale ne sont pas interpénétrables. Mais il est d'usage, quand la troisième est en cours, que les deux premières sursoient à statuer. Sauf que là, le tribunal de commerce n'a pas pu résister à statuer sur son cas. Il admet le «grief du train de vie excessif», mais renonce aux sanctions (la faillite personnelle et l'interdiction de gérer), au motif que son banquier préféré de l'époque, le Crédit Lyonnais, ne lui avait pas encore mis le couteau sur la gorge : sa créance n'était donc pas «exigible et a fortiori exigée». Au pénal, la juge d'instruction Françoise Desset, prenant la suite d'Eva Joly, a contourné l'obstacle en inventant pour l'occasion la notion de «passif qui aurait dû être exigé».

Devant le tribunal correctionnel, Bernard Tapie va-t-il exciper de cet arrêt de la Cour de cassation ? Trop simple. Il est en effet poursuivi pour banqueroute en compagnie de deux anciens dirigeants du Crédit Lyonnais, Michel Gallot et Pierre Despessailles. Financièrement, Tapie a plutôt intérêt à plonger pénalement avec eux, afin que les créances de la banque, jugée complice, soient ensuite annulées.

Car il y a un précédent : suite à l'affaire du bateau le Phocéa, jugée au pénal en 1997, le Lyonnais avait vu effacée ­ au civil ­ sa créance de 80 millions de francs sur le yacht. En outre, il avait dû payer 40 millions de dommages et intérêts. Si les mêmes causes devaient produire les mêmes effets ­ et s'agissant désormais de la faillite de l'ensemble du groupe Tapie ­, la banque en serait pour un milliard... Une tuile pour le Consortium de réalisation (CDR, l'organisme public qui a hérité de tous les anciens litiges du Lyonnais, aujourd'hui privatisé). «Pile je gagne, face tu perds», se réjouit par avance Bernard Tapie.

Plus-value.
Ne manque plus que la troisième bande du billard procédural. Il s'agit du litige sur la revente d'Adidas : Tapie en a retiré une plus-value de 200 millions de francs en 1993 ; son repreneur Robert Louis-Dreyfus a encaissé un bénéfice de 2,5 milliards en 1995 après l'introduction en Bourse d'Adidas : dans cette transaction, le Lyonnais était au-delà de son rôle d'entremetteur entre les deux hommes d'affaires. La banque a encaissé près de 2 milliards de francs grâce à des structures off-shore destinées à opacifier l'actionnariat de transition. Tapie ­ du moins ses liquidateurs judiciaires ­ en réclame le remboursement au motif que le Lyonnais se serait enrichi clandestinement. En ce cas, les holdings de Tapie redeviendraient miraculeusement bénéficiaires...

Montage.
Jean Peyrelevade, ancien président du Lyonnais, avait un temps admis que sa banque avait fait du «portage» sur Adidas, avant de se rétracter. Divers documents confidentiels, dont Libération possède une copie, laissent plutôt penser que sa première version est la bonne. L'un d'eux, rédigé par Henri Filho, ancien directeur du Lyonnais, à destination de Citistar, une coquille off-shore que l'on retrouve dans plusieurs montages de la banque, recommande que «tous les documents préparatoires soient détruits et les originaux conservés confidentiellement». Manifestement, son instruction n'a pas entièrement été suivie d'effet.
Libération, Par Renaud LECADRE, samedi 12 juillet 2003, p. 13

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Tapie fait le pitre
Cinq ans après ses débuts sur les planches, l'ex-ministre revient dès ce soir au Théâtre de Paris dans « Un beau salaud », une comédie où il incarne un séducteur mythomane. Comblé par ce rôle comique, il se dit excité comme avant un match.

BERNARD TAPIE change encore de costume. De retour sur scène à partir de ce soir au Théâtre de Paris, où il avait connu son premier succès il y a cinq ans avec « Vol au-dessus d'un nid de coucou », il aborde cette fois un rôle de pure comédie à la mesure de son image de séducteur-baratineur.
Dans « Un beau salaud », une pièce de Pierre Chesnot mise en scène par Jean-Luc Moreau, Tapie, qui a lui-même mis sa griffe sur le texte, incarne François, dragueur impénitent, mythomane et tchatcheur, aux prises avec les femmes de sa vie : une épouse qu'il s'apprête à quitter (Agnès Soral), une maîtresse dépressive (Natacha Amal), une ex trop maternelle (Pascale Roberts) et une future conquête (Mathilde Penin).

« Lorsque je lui ai apporté cette pièce, je savais que Bernard serait excellent dans le comique », confie son producteur Philippe Hersen. A 61 ans, l'ancien ministre et homme d'affaires dit prendre un réel plaisir avec ce rôle. Plébiscité sur TF 1 en commissaire Valence (9,2 millions de téléspectateurs le 8 janvier (2004) dernier), dont il tournera quatre autres épisodes cette année, Bernard Tapie parie sur un nouveau succès.

Alors cette fois, Bernard Tapie va nous faire rire au théâtre ?
Bernard Tapie. J'en suis persuadé. En tout cas, tout est réuni dans cette pièce pour faire rire le public : une distribution de folie, avec quatre comédiennes superbes et séduisantes, une mécanique comique implacable et des situations auxquelles chacun pourra s'identifier un peu. Et j'éprouve un plaisir incroyable à faire le clown.

Vous incarnez un séducteur pris dans ses propres contradictions. Ce « beau salaud », c'est un peu vous ?
C'est moi, peut-être l'espace de trois minutes... Mais tous les hommes vont se reconnaître à un moment ou à un autre dans le comportement du type que j'interprète. Au départ, le personnage était un « coureur » classique, menteur, sans plus. Je l'ai chargé au maximum, en y mettant une bonne dose d'autodérision, pour aller dans le sens de l'image de moi que les médias véhiculent. Il est tour à tour mytho, crapuleux, dégueulasse, il s'apitoie sur son sort alors que les femmes lui font sa fête. Mais il est aussi tendre, affectueux, amoureux...

Après flic à la télévision et fou révolté dans « Vol au-dessus d'un nid de coucou », vous voici dans un rôle comique. Vous pensez être crédible comme comédien ?
Les succès des séries télé et de ma précédente pièce m'ont conforté dans cette idée. Maintenant, je me sens plus tranquille. J'étais crédible auprès du public, je pense l'être devenu auprès des gens du métier. Je le vois aux réactions de mes partenaires durant les répétitions. Et puis, après la première diffusion du « commissaire Valence », des grands comme Delon m'ont appelé pour me féliciter.

Etes-vous angoissé à l'approche de la première ?
Jamais, c'est pas dans ma nature. Les seules vraies angoisses que je connaisse, c'est devant un médecin, car il peut vous annoncer n'importe quoi, et devant un juge d'instruction, car là tout est possible, c'est la roulette russe ! Et puis, j'ai vécu des choses autrement stressantes... Je ressens au contraire une excitation, comme à chaque fois que je me suis trouvé à la veille d'une épreuve importante, qu'il s'agisse d'un grand match de foot ou d'une émission de télé en direct. Le théâtre, c'est pareil : c'est un exercice où il faut mettre tous les atouts de son côté, donner le meilleur de soi-même et faire donner le meilleur aux autres.
« Un beau salaud », à partir d'aujourd'hui pour 100 représentations, au Théâtre de Paris, 15, rue Blanche, Paris IX e . Prix des places : 12 €, 20 €, 32 € et 40 €. Locations au 01.48.74.25.37.
Bernard Tapie (avec ses partenaires, Pascale Roberts, Mathilde Penin, Natacha Amal et Agnès Soral) : « J'étais crédible auprès du public, je pense l'être devenu auprès des gens du métier ».
Le Parisien, 30 janvier 2004, Propos recueillis par Hubert Lizé

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(Mars 2004) Nouveau marathon judiciaire pour Tapie

BERNARD TAPIE était chez le coiffeur hier après-midi (09 mars 2004) et fait ce matin son grand retour devant le tribunal correctionnel.
Brushing et sourire intacts, l'ancien ministre reconverti comédien amorce un nouveau marathon judiciaire.
Durant deux jours, il est poursuivi pour fraude fiscale dans l'affaire de son bateau, le « Phocéa ». Puis à partir de la semaine prochaine, il sera jugé pour banqueroute, aux côtés de deux ex-dirigeants de son ancienne banque, le Crédit lyonnais. Deux simples « mises en bouche »...

Pour Bernard Tapie et ses avocats, la date clé est fixée au 18 novembre. Ce jour-là, le tribunal de commerce doit rendre une décision dans l'affaire Adidas, une troisième affaire qui oppose Tapie à sa banque. L'ancien élu estime que, lors de la revente d'Adidas, le Crédit lyonnais a réalisé dans son dos et en secret une plus-value de l'ordre de 6 milliards de francs.
Depuis des années, l'ancien patron de l'OM et son avocat Me Maurice Lantourne ferraillent devant les tribunaux pour que cette plus-value colossale soit reconnue et restituée. Si elle l'était, au lieu de devoir 1 milliard de francs de dettes diverses, ce qui justifie les poursuites pour banqueroute, les anciennes sociétés de Tapie auraient au contraire dégagé une petite fortune. « Cela changerait tout », résume Me Lantourne. Dans ces deux procès , la défense Tapie va donc tenter, logiquement, de repousser les échéances au 18 novembre.

Un trou dans l'enquête

Pour l'heure, dans le procès qui démarre ce matin, les avocats du fisc réclament à l'ancien ministre de la Ville 15 millions de francs correspondant à des redressements sur le « Phocéa ». Ce superbe voilier est aujourd'hui entre les mains d'une milliardaire libanaise. « Elle a installé des robinets en or et, au lieu de peser 300 t, il en pèse le double. C'était un bateau de course, c'est devenu un traîne-couillons », se désole son ancien propriétaire.
Déjà jugé et condamné à dix-huit mois de prison dont six ferme pour fraude fiscale commise en 1989 et 1990, Tapie a toujours été soupçonné par le Trésor d'avoir utilisé ce bateau comme une martingale fiscale. Le fisc estime qu'il aurait dû déclarer à l'époque des sommes correspondant au « Phocéa ».
Le procès d'aujourd'hui vise les mêmes faits mais cette fois-ci pour 1992 et 1993. Les redressements réclamés sont de 8,8 millions de francs pour 1992 et de 7,5 millions de francs pour 1993. « Un saucissonnage incompréhensible », soupire l'entourage de l'ancien patron de l'OM. Sur ce terrain, la défense de l'ancien ministre semble avoir le sourire.
« Cette affaire est prescrite », affirment ses avocats. Selon eux, pendant plus de trois ans, il y aurait eu un trou dans l'enquête, ce qui suffirait à annuler tout le dossier. A l'inverse, le parquet estime qu'il n'y a aucun « trou » et qu'au lieu d'être prescrit ce dossier serait au contraire « connexe » au dossier de banqueroute. Cela signifie que l'affaire du « Phocéa » devrait être annexée au procès pour banqueroute qui doit s'ouvrir dans une semaine. « Le tribunal va décider aujourd'hui, mais c'est vraisemblablement l'option qui se dessine », confie un magistrat.

Tapie a donc rendez-vous dans une semaine avec ces mêmes juges pour banqueroute. Soupçonné d'avoir fait perdre à ses créanciers 1 milliard de francs, il entend démontrer qu'au contraire il a fait gagner six fois la mise au Crédit lyonnais. « Pour Tapie, c'est le match de sa vie qui commence », confie un proche. S'il gagne, il sera de nouveau riche. Très riche. Et le Crédit lyonnais aura une nouvelle ardoise.
Laurent Valdiguié, Le Parisien, mercredi 10 mars 2004, p. 18

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La médiation entre Bernard Tapie et l'Etat français aurait échoué

La médiation entre Bernard Tapie et l'Etat français pour un accord amiable dans l'affaire de la cession par le Crédit lyonnais du groupe Adidas au début des années 1990 a échoué. "Le médiateur Jean-François Burgelin, ancien procureur général près la Cour de cassation, a constaté lundi soir qu'aucun accord n'avait été trouvé. Il doit en informer aujourd'hui la cour d'appel de Paris", a indiqué une source proche du dossier.
Le 12 novembre 2004, la cour d'appel avait initialement alloué un délai de trois mois aux parties pour trouver un accord, mais cette période avait été prolongée au courant du mois de février, et la date limite portée au 12 avril. Après l'échec de la démarche à l'amiable, un procès devrait s'ouvrir le 8 juin.
L'affaire oppose le CDR, organisme public chargé d'assumer la gestion passée du Crédit lyonnais en lieu et place de la banque, aux actionnaires minoritaires de Bernard Tapie Finance (BTF). Ceux-ci estiment avoir été illégalement privés d'une plus-value importante réalisée lors de la cession du groupe Adidas à Robert Louis-Dreyfus en 1993-1994 et en demandent réparation.

"BERNARD TAPIE RÉCLAMAIT BEAUCOUP PLUS"

"Les termes de la médiation proposaient que le CDR abandonne les 100 millions d'euros de créances dues par Bernard Tapie, mais pas sa dette fiscale de 40 millions. Or l'ancien homme d'affaires, en situation de faillite personnelle, réclamait beaucoup plus", indique une autre source proche du dossier.
La médiation entre les deux parties a été décidée par Nicolas Sarkozy, à l'époque ou celui-ci dirigeait Bercy. Deux rapports confidentiels mettant en avant le "risque financier" d'un procès et le "manque de transparence" des opérations de la banque auraient convaincu le ministre de demander une telle médiation que tous ses prédécesseurs avaient refusée.
Bernard Tapie fondait beaucoup d'espoirs dans cette médiation, qui aurait pu lui permettre de sortir de la situation de faillite personnelle dans laquelle il se trouve, et de bénéficier des éventuelles retombées financières résultant de l'accord.
Avec AFP, LEMONDE.FR | 12.04.05 | 11h48 • Mis à jour le 12.04.05 | 11h52

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(Juin 2005) Procès Adidas : Bernard Tapie absent
"Fiévreux", l'homme d'affaires ne s'est pas présenté ce matin devant la cour d'appel de Paris qui examine le conflit l'opposant à l'Etat sur les conditions de cession par le Crédit Lyonnais du groupe à Robert-Louis Dreyfus.

La cour d'appel de Paris a commencé mercredi 8 juin matin l'examen du conflit opposant Bernard Tapie à l'Etat sur les conditions de cession par le Crédit Lyonnais du groupe Adidas à Robert-Louis Dreyfus. Bernard Tapie était absent mercredi matin: interrogé sur France Inter, il a indiqué qu'il avait de la fièvre et ne pourrait assister à cette audience devant la 3e cour d'appel de Paris. Les débats de la matinée doivent être consacrés à des questions de procédure avant que ne soit examiné le fond du dossier mercredi après-midi.
L'affaire oppose depuis 1996 le Consortium de réalisation (CDR), l'organisme public chargé d'assumer la gestion passée du Crédit Lyonnais, aux actionnaires minoritaires de Bernard Tapie Finances (BTF), c'est-à-dire essentiellement Bernard Tapie lui-même.

Dette fiscale

L'ancien homme d'affaires devenu ministre en 1992 estime avoir été illégalement privé d'une plus-value importante réalisée lors de la cession du groupe Adidas à Robert-Louis Dreyfus en 1993-1994 et en demande réparation à hauteur de 990 millions d'euros. Publicité

Lors d'une récente médiation dans ce dossier, dont l'échec a été constaté en avril, le CDR, donc l'Etat, proposait de son côté d'abandonner "les 100 millions d'euros de créances dues par Bernard Tapie, mais pas sa dette fiscale de 40 millions d'euros", selon une source proche du dossier. En première instance, en novembre 1996, le tribunal de commerce de Paris avait donné raison à Bernard Tapie sur le fond en condamnant le Crédit Lyonnais à verser une provision de 600 millions de francs (90 millions d'euros).
L'audience doit durer toute la journée de mercredi et la décision de la cour d'appel devrait être mise en délibéré à une date ultérieure.
NOUVELOBS.COM | 08.06.05 | 13:58

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(Septembre 2005) Tapie, à l’aise dans ses baskets

Le 30 septembre (2005), l’ex-propriétaire d’Adidas, en faillite personnelle, saura si ses dettes sont effacées. En attendant, s’appuyant sur un réseau de fidèles, il mène grand train.

Ce lundi 19 septembre (2005), sur le plateau d’On refait le match, la très tonique émission-débat sur le football diffusée sur RTL et LCI, Bernard Tapie tient la dragée haute aux journalistes professionnels du ballon rond réunis autour d’Eugène Saccomano.
Pourtant, s’il commente avec sa gouaille habituelle la dernière journée du championnat de France de football, le businessman déchu, et ancien président de l’Olympique de Marseille, est préoccupé par une autre partie qui, elle, se joue au Palais de justice de Paris.

En faillite personnelle depuis plus de onze ans, Bernard Tapie attend avec impatience le 30 septembre, date du jugement de la cour d’appel sur le dossier Adidas qui l’oppose à son ancienne banque, le Crédit lyonnais.
Si la justice reconnaît que le Lyonnais l’a floué en 1993 au moment de la cession de la marque à trois bandes, Bernard Tapie pourrait obtenir l’effacement de ses dettes, soit 140 millions d’euros. Et même un dédommagement financier complémentaire. Il réclame 990 millions de dommages-intérêts.

Fins de mois confortables

Berline de luxe, week-end dans une superbe propriété en Seine-et-Marne, vacances en Corse ou séjour sur l’Adriatique à l’invitation d’anciens intermédiaires du ballon rond qui lui doivent beaucoup…
Malgré sa banqueroute, Bernard Tapie continue de vivre sur un grand pied. S’appuyant sur un réseau de fidèles, parmi lesquels figurent l’ex-industriel de la ferraille Michel Coencas, l’écrivain André Bercoff et Patrick Le Lay, patron de TF 1, Bernard Tapie a su transformer son bagou ravageur en fins de mois confortables.
Commissaire Valence sur TF 1, animateur sur RTL, comédien au théâtre, la PME Tapie gagne autour de 250 000 euros par an. Salarié de la société Demain-L’événement, une SARL gérée par son fils Laurent, Bernard Tapie doit reverser un tiers de ses cachets aux liquidateurs, en vertu d’un accord signé en 1998. Une fois tous les impôts déduits, il lui reste autour de 100 000 euros net par an. Sans oublier les frais de représentation (restaurants, billets d’avion et locations de voiture) couverts – en toute légalité – par Demain-L’événement.

En dépit des différentes décisions de justice, les époux Tapie demeurent toujours dans l’hôtel particulier de la rue des Saints-Pères. Comme tous les chefs d’entreprise en banqueroute personnelle, Tapie ne peut en être expulsé tant que l’immeuble, estimé à 30 millions d’euros aujourd’hui, n’est pas vendu.
« Ce n’est pas la faute de Tapie si cela traîne en longueur » , insiste son avocat, maître Lantourne. L’homme d’affaires a profité non seulement de l’entêtement des avocats du CDR, longtemps opposés à la vente de gré à gré souhaitée par le liquidateur, mais également de la vétusté des lieux. Les travaux de réhabilitation n’ont été achevés que l’an dernier.

250 000 euros d’arriérés

Pour se détendre le week-end, Bernard Tapie dispose d’une somptueuse propriété (quatre bâtiments, tennis, piscine, sur 4 hectares) louée par Demain-L’événement à Themeparks Properties, filiale d’un fonds de pension britannique.

Themeparks n’est en fait qu’une coquille domiciliée à la même adresse que des sociétés contrôlées par André Guelfi – une amitié carcérale de Tapie – condamné dans l’affaire Elf.
Le loyer mensuel de 5 000 euros n’étant plus payé depuis près de quatre ans, Demain-L’événement – donc Tapie – est sous la menace d’une expulsion depuis octobre 2004 et d’une condamnation à régler plus de 250 000 euros d’arriérés.
Pas de quoi affoler Tapie, qui ne compte pas s’éterniser sur les lieux s’il gagne son match retour contre le Crédit lyonnais.
Vendredi 30 septembre 2005 - 16h20 ; septembre 2005 - N° 0005 - Stratégies ; Jean-Pierre de la Roque

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Une reconversion très éclectique

1996 - L’ex-homme d’affaires décroche son premier rôle dans Hommes, Femmes mode d’emploi, de Claude Lelouch.
1997 - Bernard Tapie est incarcéré, puis en semi-liberté, avant d’être totalement libéré quelques mois plus tard.
1999 - Il monte sur les planches pour la première fois dans la pièce Vol au-dessus d’un nid de coucou.
2000 - Il anime sur RMC l’émission Allô Bernard !
2001 - Il revient à l’Olympique de Marseille.
2002 - Il repart de l’OM.
2003 - Il tourne une série pour TF 1, Le Commissaire Valence.
2004 - Il incarne un mythomane séducteur dans Un beau salaud.
2005 - Il participe à l’émission On refait le match, diffusée sur RTL et LCI.

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Tapie: le CDR condamné à verser 135 millions d'euros

PARIS (AP) -- La cour d'appel de Paris a condamné vendredi (30 septembre 2005) le Consortium de réalisation (CDR) et le Crédit Lyonnais à verser 135 millions d'euros aux liquidateurs judiciaires de Bernard Tapie Finances (BTF) dans le cadre du litige portant sur la vente d'Adidas par la banque à Robert-Louis Dreyfus en 1994.
Les représentants de Bernard Tapie réclamaient 990 millions d'euros.

C'est une filiale du Crédit Lyonnais, banque publique, qui avait été mandatée en 1992 par Bernard Tapie, alors ministre, afin de trouver un acquéreur pour la société d'articles de sports, qu'il n'avait achetée qu'en 1990. Elle sera cédée début 1993 pour 2,085 milliards de FF (300 millions d'euros) à un groupement d'entreprises.

Fin 1994, Adidas sera revendu pour 4,65 milliards de FF (670 millions d'euros) à l'homme d'affaires Robert Louis-Dreyfus qui l'introduira en bourse fin 1995 à hauteur de plus de 11 milliards de FF.

L'ancien homme d'affaires et ex-patron de l'OM, reconverti dans le théâtre et le cinéma, estimait son préjudice à près de 990 millions d'euros. AP
AP | 30.09.05 | 14:27

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Le triomphe de l'escroc escroqué
Depuis 1993, Tapie a peu à peu remonté la pente judiciaire.

Bernard Tapie fait voeu d'abstinence médiatique. Triomphe modeste. Enfin, pas pour longtemps, d'ici à un entretien à paraître lundi dans le Figaro. Le naturel revenant au galop, il lâche quand même : «Je pense à tous ceux qui, depuis une dizaine d'années, assument dans les dîners en ville que je ne suis pas un escroc.» Il pense aussi à lui, car le combat n'était pas gagné : entre un grenouilleur des faillites, voyou plus ou moins assumé, et une banque bien sous tous rapports, fondée par des catholiques et contrôlée par l'Etat. La pente était rude, il l'a remontée avec constance. Il en fallait pour faire triompher, au final, l'idée de l'escroc escroqué.

Bonne foi.
Tapie a d'abord été traité d'ordure, au propre dans une publicité du Lyonnais publiée en 1993 dans la presse où il figurait dans une poubelle récurée sous la houlette de Jean Peyrelevade (président de la banque jusqu'à son rachat par le Crédit Agricole). Il a marqué un premier point en dénichant la preuve des montages off-shore de son banquier, puis en prenant Peyrelevade en flagrant délit de contradiction ­ admettant puis réfutant tout portage sous les tropiques. Autre indice déniché par l'actuel commissaire Valance sur TF1 : une note interne d'un directeur du Lyonnais sur l'affaire Adidas ordonnant que «tous les documents préparatoires soient détruits et les originaux conservés confidentiellement». Poussant son avantage, Tapie ose traiter le Lyonnais d'escroc dans un livre. La banque le poursuit, un tribunal le relaxe au bénéfice de la bonne foi. L'appréciation convient peu à Bernard Tapie, mais c'est un premier tournant.

Billard.
«Cette fois, ils l'ont dans le cul et bien profond», se félicite alors, dans un langage qui n'appartient qu'à lui, l'apprenti comte de Monte-Cristo. Variante : «Pile je gagne, face ils perdent.» Car il s'est entre-temps lancé dans une vaste partie de billard procédural. Mobilisant des petits porteurs, frappant à la porte de tous les locataires successifs de Bercy. Seul Sarkozy acceptera, l'automne dernier, d'entamer un processus amiable en pleine procédure judiciaire. Tapie refusera le résultat de la médiation, car elle ne faisait que le remettre à zéro. Il veut plus.

L'ancien homme d'affaires n'oublie pas qu'il fut un politique. Dans l'arrêt de la cour d'appel, un attendu le rend particulièrement joyeux : il est dit que le Lyonnais ne lui rétrocédera qu'un tiers de sa plus-value sur Adidas. Ce milliard (de francs) rendu signifie donc que la banque en conserve deux. Et donc, CQFD, que Tapie aura quand même enrichi le contribuable électeur. Estomaqué par tant d'aplomb, le CDR en est réduit à pester contre son maintien dans son hôtel particulier, en vente depuis dix ans, dont les factures d'électricité, elles, seraient payées par le contribuable.
liberation.fr, Par Renaud LECADRE, samedi 01 octobre 2005 (Liberation - 06:00)

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Bernard Tapie va demander plus d'indemnités après une "erreur de calcul"

Selon l'hebdomadaire le Canard enchaîné paru mercredi 5 octobre, la troisième chambre de la cour d'appel de Paris s'est trompée dans le calcul du préjudice du groupe Bernard Tapie dans la cession du groupe Adidas à Robert Louis-Dreyfus en 1993-1994. "Je découvre en lisant la dépêche qu'il y a pu avoir une erreur [dans l'arrêt de la cour d'appel], je vais vérifier avec mes conseils, nous allons nous consulter et je prendrai une décision après", a indiqué mardi soir par téléphone M. Tapie.

L'ancien patron d'Adidas envisage donc de demander une révision à la hausse des 135 millions d'euros d'indemnités qu'il a obtenus dans le dossier Adidas.

En début de soirée mardi, l'un de ses avocats, Me Maurice Lantourne, avait confirmé l'information de l'hebdomadaire satirique évaluant à 145 millions d'euros le montant des dommages-intérêts dus à Bernard Tapie sans cette erreur de calcul, et envisagé de déposer "dans quelques jours" une "requête en rectification d'erreur matérielle".

145,61 MILLIONS D'EUROS DE DOMMAGES-INTÉRÊTS

"La perte de chance de réaliser le gain dont a été privé le groupe Tapie est constituée par la différence entre le prix de vente des 78 % du capital d'Adidas en décembre 1994 (3,498 milliards) et le prix perçu en janvier 1993 (2,085 milliard), soit 1,313 milliard de francs, dont le tiers (438 millions) serait revenu au groupe Tapie, les deux tiers (875 millions) au Crédit lyonnais", écrit la cour à la page 19 de son arrêt.

Or l'opération consistant à soustraire 2,085 milliards de 3,498 milliards de francs aboutit à un résultat de 1,413 milliard de francs, et non 1,313 milliard, comme l'a indiqué par erreur la cour. Sur les 100 millions de francs "oubliés" par la cour, un tiers revient à Bernard Tapie, soit 33,3 millions de francs (5,08 millions d'euros).

Si l'on suit le mode de calcul de la cour pour réévaluer ce montant (en fonction de l'évolution du coût de la vie et du cours de l'action Adidas), on aboutit à une somme de 10,61 millions d'euros. Le montant des dommages-intérêts de Bernard Tapie serait ainsi de 145,61 millions d'euros.

Vendredi 30 septembre, la cour a condamné l'Etat, par le biais du consortium de réalisation (CDR), organisme public chargé d'assumer la gestion passée du Crédit lyonnais, à indemniser M. Tapie, estimant qu'il avait été floué dans la vente du groupe Adidas en 1993-1994.

Par ailleurs, Me Lantourne a confirmé l'intention de son client d'engager une action en dommages-intérêts pour sa mise en liquidation abusive. "Nous sommes en train de préparer une demande d'indemnisation des conséquences de la mise en liquidation de Bernard Tapie Finance (BTF) pendant onze ans", a-t-il indiqué. "Nous sommes en train de chiffrer le montant global que nous allons demander, qui comprendra le préjudice patrimonial et personnel de Bernard Tapie ainsi que les frais de procédure", a-t-il ajouté.
Avec AFP, LEMONDE.FR | 05.10.05 | 08h31, Mis à jour le 05.10.05 | 10h07

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Jean-Michel Baylet (PRG) souhaite la bienvenue à Bernard Tapie

PARIS (AFP) - Jean-Michel Baylet, président du PRG, s'est réjoui lundi (03 octobre 2005) de voir Bernard Tapie "rétabli dans sa dignité", soulignant que l'ex-ministre est le "bienvenu" chez les Radicaux de gauche.

Interrogé après les déclarations de Bernard Tapie au Figaro annonçant son retour "dans le débat politique", M. Baylet a marqué sa satisfaction "de voir son innocence reconnue". "Cela en dit long sur le fonctionnement de la justice. Il aura fallu des années de combat et son énergie incroyable pour que la vérité éclate au grand jour".

"Après tant de souffrances et de calomnies, je me réjouis de voir un homme rétabli dans sa dignité et j'ai lu avec plaisir ses déclarations sur la politique", a ajouté M. Baylet.

"Il a toujours été des nôtres, même dans les moments les plus difficiles, le lien ne s'est jamais rompu", selon lui.
"Je constate avec plaisir que la politique est restée sa passion, qu'il a envie d'y revenir. Il est le bienvenu chez nous. A quelle place et pour quoi faire ? Il est trop tôt pour le dire", a dit le responsable radical.
Mais "le fait qu'il s'intéresse de nouveau à la politique, dans une période pré-présidentielle où la gauche est en grande difficulté, n'est pas neutre pour la gauche", a insisté M. Baylet. Pour lui, l'image de Bernard Tapie est désormais "meilleure que jamais".

Bernard Tapie a déclaré, dans une interview lundi au Figaro, s'intéresser toujours au Parti radical de gauche (PRG), qu'il n'exclut pas de réintégrer, "mais pas pour le diriger".
"J'entends participer au débat politique. Je veux être utile comme je l'ai toujours été. Si je réintègre un parti politique, ce sera le Parti radical, mais pas pour le diriger", a expliqué M. Tapie, figure de proue de ce mouvement dans les années 1990.
Interrogé sur ses contacts politiques, il explique que depuis vendredi, date de l'arrêt de la cour d'appel, "presque toute la gauche" l'a appelé pour le féliciter, "sauf Emmanuelli, Buffet et Besancenot".
"A droite, personne ne m'a téléphoné, sauf Jean-Louis Borloo, et je suis certain que lui était sincère", a-t-il ajouté.
yahoo.fr, actualités, lundi 3 octobre 2005, 12h47

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(21 octobre 2005) Tapie: le parquet requiert deux ans d'emprisonnement dont un avec sursis

PARIS (AP) - Le procureur de la République de Paris a requis jeudi au moins deux ans d'emprisonnement dont un avec sursis contre Bernard Tapie poursuivi devant le tribunal correctionnel pour fraude fiscale.
L'administration fiscale reprochait à l'homme d'affaires de ne pas s'être acquitté de 7,1 millions d'euros d'impôt sur les exercices 1992 et 1993 pour des revenus évalués à 14,6 millions d'euros sur ces deux années.
Le parquet a estimé que l'infraction reprochée à M. Tapie était caractérisée mais n'a pas requis d'amende à son encontre.

Le 30 septembre, la cour d'appel de Paris a accordé à l'ancien patron de l'Olympique de Marseille 135 millions d'euros de dommages et intérêts, estimant qu'il avait été lésé lors de la revente en 1993 d'Adidas à Robert-Louis Dreyfus par le Crédit Lyonnais.
Le tribunal a fixé au 19 octobre 2006 le procès pour banqueroute de Bernard Tapie. L'arrêt de la cour d'appel pourrait toutefois modifier la donne pour l'ancien ministre qui n'a rien perdu de sa gouaille comme il l'a montré jeudi devant le tribunal en se moquant à plusieurs reprises de l'avocat du fisc.
En effet, Bernard Tapie considère que ses sociétés n'auraient pas été mises en faillite -donc qu'il ne serait pas poursuivi pour banqueroute- s'il n'avait pas été floué par le Crédit Lyonnais à l'occasion de cette vente. AP
yahoo.fr, actualites, vendredi 21 octobre 2005, 17h47

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jeudi 8 décembre 2005, 15h27 Condamnation ferme mais symbolique pour Bernard Tapie

PARIS (Reuters) - Bernard Tapie a été condamné pour "fraude fiscale" à une peine de trois ans de prison, dont huit mois fermes, qui restera symbolique.
Le tribunal correctionnel de Paris a ordonné dans son jugement que la peine infligée à l'ancien ministre de la Ville soit confondue avec deux sanctions de prison ferme prononcées en 1995 pour le match truqué OM-Valenciennes et en 1997, déjà pour fraude fiscale, mais sur une autre période.

Bernard Tapie, 62 ans, ne retournera donc pas en détention, a dit son avocat, Maurice Lantourne. "Le tribunal a considéré que la peine avait déjà été purgée et qu'il n'y avait pas lieu d'exécuter la sanction", a-t-il dit à la presse.
L'ancien homme d'affaires en vue des années 1980 et 1990 pourrait ne pas faire appel de cette sanction. "Il veut redevenir un citoyen normal", a dit l'avocat.

Dans ce dossier, le fisc lui reprochait d'avoir omis de payer l'équivalent de plus de sept millions d'euros au titre de ses revenus de 1992 et 1993.

Le tribunal a retenu l'essentiel des griefs en estimant qu'il avait imputé frauduleusement sur ses sociétés la charge de biens personnels, comme sa résidence parisienne et son yacht, le "Phocéa", ainsi que les salaires d'employés de maison.
Les juges ont en revanche écarté une poursuite engagée par le fisc à propos des bénéfices qu'il aurait retirés du règlement d'un litige avec l'ex-élu RPR Georges Tranchant, à propos d'un rachat de société.

En juin 1997, Bernard Tapie avait déjà été condamné pour fraude fiscale pour les mêmes faits à 18 mois, dont six fermes, mais au titre des années fiscales 1989, 1990 et 1991.
C'est avec cette peine que la dernière sanction est déclarée confondue par le tribunal et également avec celle de deux ans de prison, dont huit mois fermes, prononcée en 1995 pour "corruption" dans le dossier du match truqué OM-Valenciennes.

Seule cette dernière peine a été exécutée par l'ancien ministre, emprisonné en 1997.

Bernard Tapie en a quasiment fini avec la justice pénale. Il doit encore comparaître le 19 octobre 2006 devant le tribunal correctionnel de Paris pour la "banqueroute" de ses anciens groupes BTF (Bernard Tapie Finances) et FIBT (Financière et immobilière Bernard Tapie), au début des années 1990.

La cour d'appel de Paris a reconnu le 30 septembre dernier qu'il avait été floué par le Crédit Lyonnais lors de la revente d'Adidas en 1993 et a condamné l'Etat à lui verser une somme record de 135 millions d'euros de dommages et intérêts.
Ses avocats ont demandé au tribunal de commerce de Paris d'annuler la mise en liquidation de ses anciennes sociétés, qui n'aurait selon eux jamais pu arriver sans l'imbroglio Adidas. S'ils sont suivis, la décision amènerait l'annulation des charges de "banqueroute".

Depuis son passage en prison, Bernard Tapie a entamé une carrière d'acteur de télévision et de théâtre et d'animateur de radio et est revenu brièvement à l'OM en 2002.
yahoo.fr, actualités, jeudi 8 décembre 2005, 15h27

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AFP le 14/01/2006 11h10 Tapie/Adidas: Tapie va réclamer 300 à 400 M EUR de dédommagements (presse)

Bernard Tapie va réclamer à la justice 300 à 400 millions d'euros de dommages et intérêts après que l'Etat a autorisé le Consortium de réalisation (CDR), chargé de gérer les dettes du Crédit Lyonnais, à se pourvoir en cassation dans l'affaire Adidas, selon Le Parisien samedi (14 janvier 2006).

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(Janvier 2006) Eydelie fait rebondir l'affaire VA-OM
L'ex-milieu de terrain marseillais dénonce la corruption, le dopage, et les empoisonnements en vigueur, selon lui, à l'époque de Tapie.

Quel sens donner aux révélations de Jean-Jacques Eydelie, publiées dans l'Equipe Magazine samedi ? L'ancien milieu de terrain marseillais, âgé de 40 ans, revient abondamment sur l'affaire de corruption du match Valenciennes-Marseille en mai 1993, dans laquelle il fut un intermédiaire actif. Lors de l'enquête qui suivit les révélations du Valenciennois Jacques Glasmann, Eydelie avait fait figure de «dur», prenant tout sur lui, sans jamais rejeter la responsabilité des faits sur d'autres. Et en particulier sur Bernard Tapie, alors président de l'OM. Cela lui valut une condamnation à un an de prison avec sursis et une amende. La peine la plus lourde, après celles qui frappèrent les dirigeants de l'OM: deux ans de prison (dont huit mois ferme) pour Tapie ; deux ans avec sursis pour Jean-Pierre Bernès, le directeur général.

Promotion.
Désir de se réhabiliter aux yeux de ses cinq enfants comme il l'affirme ? Secret devenu trop lourd à porter ? Promotion d'un livre dont la sortie est annoncée pour début mars ? Cette fois, Eydelie (que Libération n'a pu joindre) ouvre les vannes et dénonce Bernard Tapie comme responsable de toutes les perversions phocéennes. Pas seulement en matière de triche, à coups de matchs arrangés ou intoxication d'adversaires comme le CSKA Moscou.

Dans l'hebdomadaire, Eydelie raconte qu'avant la finale de la Coupe d'Europe 1993, que l'OM remporta (1-0) face au Milan AC, les joueurs furent alignés «pour recevoir une piqûre dans le cul». Seul l'attaquant allemand Rudi Völler l'aurait refusée: «Il a engueulé tout le monde. Et là, j'ai pensé : "Lui au moins c'est un mec." [...]Le dopage, je l'ai vu dans tous les clubs où je suis passé, sauf à Bastia.» Vu son CV, ces pratiques auraient donc été en vigueur à Angoulême, Nantes, Laval et Tours.

Hier, Tapie a annoncé son intention de porter plainte, contre Eydelie et l'hebdomadaire. Dans les colonnes de l'Equipe, les démentis ont fusé. Völler (directeur sportif du Bayer Leverkusen) dit ne pas se souvenir de la séance de piqûres. Jean-Claude Suaudeau, ex-entraîneur de Nantes, est lui aussi frappé d'amnésie. Jean-Pierre Escalettes, président de la Fédération française de football (FFF), à l'époque responsable du foot amateur et grand pourfendeur des méthodes Tapie, botte en touche : «C'est une déstabilisation de notre football dont j'ignore à qui elle peut profiter. Tout cela est assez désespérant quand on essaie de donner une image propre...»

Court.
Réduire les propos d'Eydelie à une chronique du temps jadis est un peu court. En novembre dernier, l'ancien juge Halphen, membre bénévole de la commission juridique de la Ligue professionnelle (LFP) déclarait : «Je suis persuadé que de nombreuses rencontres sont arrangées, même au plus haut niveau.»
liberation.fr, par Michel CHEMIN, QUOTIDIEN : lundi 23 janvier 2006, p. 4

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08/02/2006 Bernard Tapie attaque le livre-confession d'Eydelie
Bernard Tapie a pris connaissance du livre de l'ancien joueur de l'OM.
L'ancien ministre attaque en diffamation.
Il se défend d'avoir dopé les joueurs et truqué des matchs.
Et il dément toute intervention de Mitterrand dans l'affaire VA - OM.

LE BRAS DE FER se tend entre les deux hommes. Jean-Jacques Eydelie, l'ancien joueur de l'OM, publie la semaine prochaine un livre-choc sur ses années marseillaises. Dopage, affaire VA - OM, pressions... le livre promet des révélations. Par avance, Bernard Tapie, rencontré hier matin, démine le terrain. Sa défense ? L'attaque.

Le tribunal des référés ne vous a pas autorisé à obtenir le manuscrit du livre de Jean-Jacques Eydelie avant sa parution. Est-ce que vous allez faire appel ?

Bernard Tapie.
Non. J'ai pris connaissance, avec une grande gourmandise, des meilleurs passages du livre qui va sortir la semaine prochaine. Je vais demander à mes avocats de déposer de nouvelles plaintes en diffamation dès la sortie. Nous allons reprendre à M. Eydelie ce qu'il espère gagner en publiant ce livre. Eydelie nous fait du chantage depuis cinq ans pour nous dire « Retenez-moi ou je fais un malheur ». On n'a jamais cédé. Voilà le résultat.

« Le jeu n'en valait pas la chandelle »

Jean-Jacques Eydelie fait référence à des « piqûres » de joueurs de l'OM...

Il n'est pas le premier. Eydelie fait simplement allusion à une technique qu'on a utilisée en précurseur, la mésothérapie. C'est l'opposé du dopage. Il s'agit de micropiqûres, d'un millimètre et demi de longueur, qui injectent des produits de type oligo-éléments ou d'homéopathie. Cette technique consiste à stimuler les points d'acupuncture. Tous les joueurs savent ce dont il s'agissait, sauf Eydelie et un autre (NDLR : Cascarino) qui continuent de parler de piqûres dopantes. Et puis il faut aller jusqu'au bout : si les joueurs de l'OM étaient dopés, tous ceux de l'équipe de France qui sont passés par l'OM l'étaient aussi ! Deschamps, Desailly, Amoros, Di Meco, Papin...

Le jour de la finale de la Coupe d'Europe, il y aurait donc eu une simple séance de mésothérapie...

Il peut y avoir eu une séance sur quelques joueurs, mais cela n'a rien à voir avec du dopage. J'ai été le premier à mettre cela en place, tout comme les régimes alimentaires. Les joueurs râlaient au début... Papin se faisait monter en douce des sandwichs dans sa chambre. Tout cela était aussi banal que les séances de massage ! Ce régime a été mis au point au centre Merano (Italie). Toutes les stars y vont aujourd'hui. Thierry Breton s'y trouvait il y a quinze jours. Berlusconi y va ! Si ça aussi c'est du dopage...

Il n'y aurait jamais eu de dopage dans le football français...

Le dopage dans le foot, cela ne peut se faire autrement qu'en dehors des périodes de matchs et à titre individuel. Pendant la saison, cela se révélerait contre-productif. Le joueur qui se dope, il ne peut pas jouer puisque les contrôles sont instantanés ! Les derniers cas en France l'ont été aux amphétamines. Après, il y a eu un peu de cortisone, jusqu'en 1985-1986. Puis dès que les contrôles sont intervenus, il n'y a plus eu de dopage avec ces produits. A l'OM, nous avons été le club le plus surveillé de France. En 1991, en plein mois d'août, on a eu une perquisition et ils ont fouillé la pharmacie. Franchement, le jeu n'en valait pas la chandelle. Les bénéfices que peut tirer un footballeur du dopage ont toujours été absolument nuls par rapport aux inconvénients.

Pensez-vous que des équipes françaises se dopent aujourd'hui ?

Si vous voulez savoir quelles sont les équipes qui sont soupçonnées de se doper, il faut regarder l'irrégularité de leurs performances. Si vous voyez une équipe qui casse tout pendant un mois et demi et qui ne fait plus un match pendant deux mois... Alors, là il y a gros soupçon.

Autre sujet, celui de la corruption et des matchs « arrangés ». Eydelie dit que c'était de notoriété publique...

L'affaire VA - OM a été jugée, je ne veux pas revenir là-dessus. Eydelie dit aujourd'hui dans son livre qu'il ne sait pas si « Tapie était au courant ». On est bien avancé ! Pour les autres dossiers présumés de corruption, comme l'histoire du jus d'orange à Nantes ou l'affaire de Moscou, toutes les enquêtes ont montré que l'OM n'était pas concerné. C'est toujours l'histoire de l'homme qui a vu l'homme qui a vu la table bouger !

En tant que dirigeant de l'OM, vous n'avez jamais « arrangé » de match ?

Cela n'a eu lieu qu'une fois, je vous l'avoue aujourd'hui. Pour une raison simple, le président du club adverse était un de mes copains. J'étais assuré du titre. Lui avait besoin d'un résultat. J'ai demandé à mes joueurs d'y aller mollo en prétextant un futur match de Coupe d'Europe. Basile Boli m'a dit : « Président, si c'est ca, je ne joue pas... » A l'arrivée, l'OM a gagné ce match 1 à 0. Il faut arrêter avec ces histoires ! Je résume tout cela par la phrase de Goethals (ancien entraîneur de l'OM) : « Vous autres les Français, vous mettez quarante ans pour gagner une Coupe d'Europe. Et quand vous la gagnez, vous la remplissez de merde. »

« Le pape aurait été mis en cause lui aussi »

Au sujet du match VA - OM, Eydelie vide son sac...

Il dit qu'il s'est tu jusqu'à présent soi-disant, d'après ce qu'on m'a dit, parce qu'il aurait compris « le message de Mitterrand ». C'est faux. Il ne s'est jamais tu puisque, lors de l'instruction, il avait déjà accusé mon épouse de lui avoir proposé de l'argent ! Ma femme avait été convoquée et blanchie. La seule chose qu'Eydelie n'avait jamais raconté à ce jour, c'est ce contact avec Mitterrand qui lui aurait demandé, le 3 juin à l'Elysée, « de se montrer intelligent »... Il sous-entend que le président aurait fait pression pour qu'il se taise dans l'affaire VA - OM. Mais j'ai vérifié les dates. L'affaire n'est pas connue ce jour-là ! Le match avait eu lieu le 23 mai. Le 3 juin, Mitterrand, il sait à peine qui est Eydelie ! Dommage que le pape soit mort, il aurait été mis en cause lui aussi.

Reste-t-il des zones d'ombre dans l'affaire VA - OM ?

La tentative de corruption est démontrée, je ne reviens pas là-dessus. Mais l'histoire du fric retrouvé dans le jardin, aujourd'hui encore, je n'y crois pas. On n'a retrouvé aucune empreinte de gens de l'OM sur l'enveloppe. Aujourd'hui, avec la technique de l'ADN, je dis chiche au procureur de Montgolfier de trouver une trace de quelqu'un de chez nous sur cette enveloppe, qui est supposée avoir transité entre plusieurs mains au sein de l'OM. D'après moi, c'est évident, cette enveloppe, on l'a mise après coup dans le jardin.

Cette affaire tombe mal pour vous...

Si on n'a rien d'autre à me sortir que l'affaire « VA - OM », qui a 14 ans, cela veut dire qu'aujourd'hui je suis irréprochable. Concluons que je n'étais pas un type très bien il y a quinze ans, mais que je me suis beaucoup amélioré.
Le Parisien, 8 février 2006, p. 13, Propos recueillis par Jean-Louis Pacull et Laurent Valdiguié

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29.06.06 | 13h16 Un incident informatique à la Cour de cassation provoque le report de l'examen du dossier Tapie

Même les magistrats de la Cour de cassation doivent désormais en convenir : un dossier dans lequel apparaît Bernard Tapie n'est jamais tout à fait comme les autres.

Depuis le début de la semaine, la très austère et policée juridiction du quai de l'Horloge, censée arbitrer en dernier ressort le conflit qui oppose l'ancien ministre à ses banquiers, s'est subitement peuplée de rumeurs et de soupçons ; au point que son premier président, Guy Canivet, a ordonné le report de l'audience, initialement fixée au 4 juillet, et commandé une enquête administrative sur le fonctionnement du système informatique de la Cour.

L'origine de cette agitation tient apparemment à une erreur technique. Durant quelques heures, le matin du 19 juin, les conclusions confidentielles du conseiller-rapporteur de la chambre commerciale, chargée d'examiner le dossier Adidas, ont été accessibles sur le site intranet de la haute juridiction.

Encore cette diffusion impropre était-elle extrêmement limitée : seuls les avocats habilités devant la Cour de cassation peuvent accéder à son système informatique interne, au moyen d'un code personnel. Mais elle constituait une irrégularité susceptible d'affecter la décision attendue, dans le contexte très conflictuel du litige qui met aux prises, depuis quinze ans, M. Tapie, le Crédit lyonnais et le Consortium de réalisation (CDR) chargé d'apurer les passifs de l'ancienne banque publique.

Temple du formalisme, la Cour n'autorise, en effet, que la diffusion aux parties du "rapport" lui-même, document dans lequel le magistrat désigné présente la décision attaquée, les principaux arguments échangés, la jurisprudence afférente et les enjeux juridiques du pourvoi.

A cette synthèse, le rapporteur ajoute toujours un "avis", qui exprime sa position sur la décision à rendre et sa motivation, mais qui n'est pas, lui, communiqué aux avocats.

C'est cet "avis", rédigé par la conseillère Evelyne Collomp, rapporteur du dossier Adidas, qui semble avoir été momentanément publié sur le site intranet de la Cour - "sans doute à la suite d'une erreur de manipulation du greffe", a déclaré au Monde M. Canivet, assurant n'éprouver "aucune suspicion de malveillance".

Les conditions de la découverte de cet incident accréditent ce sentiment : c'est l'avocat du Crédit lyonnais qui, l'ayant constaté, aurait alerté la juridiction. Celle-ci a alors prévenu les avocats des autres parties - le CDR, les liquidateurs de M. Tapie, et l'ancien homme d'affaires lui-même - qui tous ont alors pris connaissance de l'"avis".

"CASSATION TOTALE"

Dans un souci de clarté, le président de la chambre commerciale leur a proposé de désigner un corapporteur, qui défendrait à l'audience les conclusions de Mme Collomp. M. Canivet a jugé cette solution insuffisante : "pour éviter tout grief de partialité", il a demandé, lundi 26 juin, qu'un nouveau rapport soit rédigé ; cette tâche a été confiée au conseiller Bruno Petit.

Renvoyée au 6 octobre, l'affaire sera, en outre, examinée en assemblée plénière. Selon le premier président, l'enquête interne devra, par ailleurs, "vérifier la sécurité du nouveau système informatique de la Cour". Celui-ci ne met que depuis trois mois à disposition des avocats les rapports établis dans les dossiers qui les concernent.

Pour M. Tapie, ce report est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Il emporte, de fait, l'annulation des conclusions de l'avocat général, Maurice Lafortune, qui prônaient la confirmation de l'arrêt rendu le 30 septembre 2005 par la cour d'appel de Paris - décision qui condamnait le CDR à verser 135 millions d'euros aux liquidateurs de M. Tapie, considérant que ce dernier avait été floué par sa banque lors de la revente d'Adidas, en 1992 (Le Monde du 3 octobre 2005).

Mais il entraîne, du même coup, l'invalidation du rapport de Mme Collomp, dont la position était exactement inverse. Concluant son analyse, celle-ci préconisait en effet - dans la partie du document qui ne devait pas être rendue publique - une "cassation totale" de l'arrêt de la cour d'appel, ajoutant que celle-ci "laissera peu de chances aux mandataires liquidateurs (de M. Tapie) d'obtenir gain de cause devant la cour de renvoi".

Estimant "caractérisée" la faute du Crédit lyonnais consistant à n'avoir pas informé l'ancien ministre des contacts engagés avec Robert Louis-Dreyfus en vue du rachat d'Adidas par ce dernier, la magistrate considérait toutefois que l'indemnisation accordée à M. Tapie en raison d'une prétendue "perte de chance" était "contraire aux principes évoqués (...) et constamment appliqués (par la jurisprudence)". Elle en déduisait que, sur la question du préjudice causé à l'ancien ministre, "la cassation ne fait guère de doute". Mais il faudra attendre trois mois de plus pour vérifier cette prédiction.
LE MONDE | 29.06.06 | 13h16 • Mis à jour le 29.06.06 | 13h42, Hervé Gattegno et Nathalie Guibert, Article paru dans l'édition du 30.06.06

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vendredi 29 septembre 2006, 16h58 Bernard Tapie sur scène avec Adriana Karembeu !

Bernard Tapie a exercé toute sorte de métiers (chanteur, businessman, ministre) mais c'est dans la peau de comédien qu'il semble se sentir le plus à l'aise...
Après avoir joué sur scène dans Vol au-dessus d'un nid de coucou puis Un beau salaud - avec un certain succès -, il s'apprête à remettre ça.

Selon Le Parisien, Nanard foulera à nouveau les planches en septembre 2007 dans Sept ans de réflexion, d'après George Axelrod. Une pièce créée en 1955 et passée à la postérité grâce au film de Billy Wilder avec une certaine Marilyn Monroe en tête d'affiche.

Et qui succèdera à la plus mythique blonde hollywoodienne ? Adriana Karembeu! Un lourd héritage pour la sculpturale Slovaque qui n'a, pour le moment, qu'un petit rôle au cinéma à son actif (3 petites filles, de Jean-Loup Hubert).

C'est le producteur Philippe Hersen (Orange mécanique), qui a eu cette idée un peu folle de réunir le Commissaire Valence et l'ambassadrice de la Croix-Rouge dans cette comédie à découvrir au Théâtre du Gymnase. (Jordane Guignon)
Canalstars.com, vendredi 29 septembre 2006, 16h58

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lundi 9 octobre 2006, 14h42 Revers judiciaire inattendu pour Bernard Tapie

PARIS (Reuters) - Bernard Tapie, qui attendait une éclatante victoire judiciaire dans un litige concernant la vente du groupe Adidas en 1993, a été débouté par la Cour de cassation.

Contre l'avis du parquet général, la plus haute juridiction du pays a en effet cassé un arrêt rendu le 30 septembre 2005 par la cour d'appel de Paris qui lui accordait 135 millions d'euros d'indemnisation.

Cette même cour d'appel de Paris devra rejuger l'affaire dans une autre composition, dans un délai qui n'a pas été fixé. Il pourrait être d'environ un an.

La cour d'appel avait estimé en 2005 que le Crédit lyonnais et sa filiale, la SDBO, l'avaient floué en lui cachant qu'il pouvait revendre Adidas au prix fort à l'homme d'affaires Robert-Louis Dreyfus.

La Cour de cassation annule cette décision en estimant au contraire "qu'aucune faute n'est caractérisée en l'état à l'encontre de la SDBO et du Crédit lyonnais".
"Il appartiendra à la cour d'appel de Paris de rejuger intégralement l'affaire, en droit et en fait", dit la Cour de cassation dans un communiqué.

C'est la Consortium de réalisation (CDR), structure chargée de gérer le passif du Crédit lyonnais après sa quasi-faillite en 1993, qui avait déposé un pourvoi en cassation et ses arguments ont été entendus.

En cas de confirmation, c'est lui qui aurait dû payer la facture. Bernard Tapie, ancien ministre de la Ville de François Mitterrand devenu à 63 ans comédien et animateur de télévision et de radio, demande 990 millions d'euros, dans cette procédure engagée il y a dix ans.

PASSIF GIGANTESQUE

Il espérait se "remettre à flot" et commencer à solder un passif bancaire et fiscal qu'il évalue à 160 millions d'euros.

Emprisonné en 1997 à la suite d'un match de football truqué entre Valenciennes et l'Olympique de Marseille, qu'il présidait, Bernard Tapie a été condamné plusieurs fois à des peines de prison avec sursis pour des malversations financières.

Il avait pris le contrôle majoritaire d'Adidas en 1990, mais son entrée au gouvernement l'avait amené à céder ses parts pour l'équivalent de 318 millions d'euros en 1993, grâce à un mandat de vente confié à la Société de banque occidentale (SBDO), filiale du Crédit lyonnais.

Or, on sait aujourd'hui que l'acheteur d'Adidas, un groupe d'entrepreneurs, était contrôlé en sous-main par le Lyonnais, grâce à un montage financier clandestin passant par des sociétés "offshore".

Le Crédit lyonnais a revendu ensuite ces parts d'Adidas en décembre 1994 à Robert-Louis Dreyfus pour l'équivalent de 708 millions d'euros.

Ce dernier a ensuite valorisé le groupe Adidas en Bourse en novembre 1995 pour 1,676 milliard d'euros (1,067 pour ses parts majoritaires). La procédure a établi que la banque et Robert-Louis Dreyfus s'étaient entendus au préalable pour l'ensemble de l'opération.

La cour d'appel de Paris avait jugé la manoeuvre illicite, estimant que le Lyonnais avait violé ses "obligations de mandataire" et "manqué à son devoir de loyauté".

La Cour de cassation juge que la cour d'appel "n'a pas caractérisé les éléments" de cette supposée faute.

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dimanche 22 octobre 2006, 10h03 Présidentielle: le PRG envisage de se ranger derrière le PS

PARIS (AFP) - Le Parti Radical de gauche semblait s'orienter samedi lors de son Congrès extraordinaire vers un renoncement à la candidature de Christiane Taubira en 2007, pour se ranger derrière le PS dès le premier tour, même si le parti est très divisé sur le sujet.

D'emblée, le président du parti Jean-Michel Baylet a lancé aux quelque 400 congressistes un vibrant appel à "l'unité" pour faire gagner la gauche, rappelant le "triste souvenir" du 21 avril 2002.

M. Baylet a fait aussi valoir l'accord électoral arraché au PS, qui en échange de l'absence de candidature PRG à la présidentielle, est prêt à concéder "36 circonscriptions" aux radicaux, lui laissant espérer "à très peu de chose près" un groupe à l'Assemblée nationale (20 députés). Il a aussi fait miroiter des "ministres radicaux" si la gauche gagne, en reconnaissant que rien n'est négocié à ce stade. Petite concession aux partisans d'une candidature Taubira, M. Baylet a proposé de rassembler, après que le PS aura choisi son candidat, un "comité directeur élargi" pour vérifier que le candidat PS est "en conformité avec la ligne du PRG".

Cette position, soutenue par des ténors du parti, comme le député du Val-de-Marne Roger-Gérard Schwartzenberg, a été aussi défendue par le simple militant Bernard Tapie(c'est nous qui soulignons, notedt).
La suggestion du président Baylet ne compromet aucune hypothèse, car elle laisse l'opportunité de "changer de comportement, si le candidat PS ne convient pas", a argué l'ancien ministre.

Le débat s'est déroulé dans une ambiance souvent agressive. Les opposants à Mme Taubira l'ont accusée d'instrumentaliser le PRG pour "asseoir sa carrière politique", d'avoir pour seul projet d'"être une nuisance" pour le PS. Ses partisans ont accusé les notables du parti de se laisser bercer par "la douce musique alléchante des sièges ou des portefeuilles ministériels".

Avec son habituel talent oratoire, la députée de Guyane a défendu passionnément sa candidature, regrettant que "le vote utile soit devenu le seul projet politique de leaders raisonnables". "Nous devons être présents dans cette élection" car "nous avons la responsabilité que cette société retrouve ses élans", a-t-elle affirmé, chaudement applaudie.
"Si vous ne voulez pas exister, je ne vois pas pourquoi les autres vous feraient exister", a-t-elle lancé.

Aux opposants à sa candidature qui lui rappellent sans cesse l'échec du 21 avril 2002, elle a reproché d'exonérer "le principal responsable", le PS, "de toute évaluation critique de sa campagne".
Elle a affirmé que "80%" de son électorat n'aurait "de toute façon pas voté pour Lionel Jospin"
Ses partisans, parmi lesquels de nombreux jeunes, sont montés au créneau: "notre attachement à la République n'est pas celui de Mme Royal et de sa solution militaire", a affirmé l'un d'eux, Jean Thoret, refusant aussi les propositions "populistes de Fabius".

"On préfère que les électorats populaires viennent voter Taubira plutôt que de brûler leurs abribus", a lancé le secrétaire général adjoint du Parti, Eric Montes.
L'ancien président de SOS-racisme et adhérent de fraîche date au PRG, Fode Sylla, a fait valoir lui aussi que la candidature de Christiane Taubira attirait des gens, notamment dans les banlieues, qui "depuis des années ne font plus confiance à l'action politique".
Et il s'est étonné que M. Baylet ait signé un accord avec le PS, au demeurant incomplet, "à la veille d'un congrès".
Yahoo.fr, actualités, Par Elahe MEREL et Christine COURCOL

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Bernard Tapie va se rallier à Sarkozy, selon le Canard Enchaîné [07/02/2007 - 10:04]

PARIS (Reuters) - L'homme d'affaires et ancien ministre de gauche Bernard Tapie s'apprête à officialiser son soutien à Nicolas Sarkozy, révèle le Canard Enchaîné mercredi.

"L'ancien patron de l'OM devrait annoncer, officiellement et avec grand tapage, son ralliement à Sarko dans trois semaines", écrit l'hebdomadaire satirique.

Selon le journal, "les soutiens au candidat de l'UMP sont révélés selon un calendrier précis et étalé dans le temps".

Plusieurs personnalités du monde de la culture et du spectacle ont déjà annoncé leur soutien au ministre de l'Intérieur : l'écrivain Max Gallo et le journaliste George-Marc Benamou, biographe de François Mitterrand, les chanteurs Johnny Hallyday, Doc Gynéco et Enrico Macias, le philosophe André Glucksmann et les animateurs Arthur et Pascal Sevran.
Bernard Tapie a été homme d'affaires, chanteur, acteur et président du club de football l'Olympique de Marseille (OM).
Yahoo.fr, actualités, [07/02/2007 - 10:04]

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mercredi 14 février 2007, 12h34 Tapie pointe ''l'inexpérience'' de Ségolène Royal

PARIS (AFP) - Bernard Tapie indique mercredi qu'il "se prononcera à la mi-mars" sur l'élection présidentielle, mais évoque l'"inexpérience personnelle" de Ségolène Royal et ironise sur les débats "participatifs" du PS.

Dans un entretien diffusé sur le site internet du quotidien Le Monde, l'ancien ministre (PRG) a estimé qu'"il y a des responsabilités qui ne s'improvisent pas". "Pour être le premier des Français, il faut avoir accompli un autre parcours", dit-il. Pour lui, les militants socialistes ont désigné Ségolène Royal "exclusivement sur la foi des sondages".

"Quant aux intentions que l'on me prête de soutenir Nicolas Sarkozy, je dois vous dire que je me prononcerai à la mi-mars", ajoute celui qui fut ministre sous François Mitterrand. "Et si je devais voter Nicolas Sarkozy, je le ferais sans états d'âme", affirme-t-il.

Il explique attendre "des réponses" sur le programme de Mme Royal et "la prise de position" du ministre de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo (par ailleurs son ami), qui est "populaire et compétent".

Selon Bernard Tapie, "en bordurant les DSK, Fabius, Jospin et autres Kouchner, elle rend son inexpérience personnelle encore plus flagrante et dangereuse". "Tu ne gagnes pas la Champion's league avec une équipe de deuxième division", lance l'ancien dirigeant de l'Olympique de Marseille.

Il critique aussi les débats participatifs, qui ont été menés par le PS, et sont "le contraire de ce que réclament les gens en souffrance". "On ne construit pas la France de l'avenir (...) en réunissant deux cents à trois cents pékins dans un préau", ironise l'ancien homme d'affaires.
Yahoo.fr, actualités, mercredi 14 février 2007, 12h34

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mardi 10 avril 2007, 7h47 Bernard Tapie: le choix de Ségolène Royal est "une énorme connerie"

PARIS (AFP) - Bernard Tapie a estimé que le choix de Ségolène Royal comme candidate socialiste à la présidence de la République était "une énorme connerie", dans une interview au quotidien Aujourd'hui en France/le Parisien paru mardi.

"Le candidat de mon choix était Dominique Strauss-Kahn. C'était le plus expérimenté, le plus compétent, le plus proche de mes idées. Les militants socialistes ont choisi Ségolène Royal", a affirmé l'ancien ministre de François Mitterrand.

"A l'époque, j'ai pensé qu'ils faisaient une connerie. Mais je n'ai rien dit. J'ai attendu de voir comment la campagne allait se dérouler. Eh bien, après trois mois de débats, d'émissions télé, d'échanges d'arguments, je suis encore plus sûr aujourd'hui. Je ne dis plus: c'est une connerie. Je dis: c'est une énorme connerie".

M. Tapie, qui a apporté son soutien au candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy, souligne qu'il "préfère toujours la gauche à la droite" mais que "l'avenir de la France (l)'intéresse plus que celui du PS". "Or qu'on l'aime ou pas Sarkozy est - de très loin - le plus compétent pour diriger le pays".

"Ségolène Royal n'a pas l'expérience. Tout le monde le sent bien. Et en privé, la plupart des responsables socialistes ou radicaux le reconnaissent".

M. Tapie estime par ailleurs que la candidature de François Bayrou (UDF) "c'est pire". "Officiellement, il nous propose ni droite ni gauche. En réalité, c'est juste faites-moi confiance. Ca ne va pas loin".

A la question "auriez-vous passé un deal avec Nicolas Sarkozy?" Bernard Tapie rétorque: "rien du tout, pour moi la politique c'est fini. Je ne me présenterai plus jamais à une élection. Je n'ai donc rien à espérer, ni à craindre. Je me sens libre".

A propos de la polémique sur les déclarations de Nicolas Sarkozy attribuant aux gènes la responsabilité de la pédophilie, M. Tapie estime que "dire que l'on +naît pédophile+ ou que les suicides sont dus à un facteur génétique, ce n'est pas très adroit."

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A Neuilly, on n’expulse pas un Tapie
Logement. L’Elysée est intervenu dans le dossier d’endettement du foyer de Stéphane Tapie.
RENAUD LECADRE, Libération, QUOTIDIEN : jeudi 15 novembre 2007

Problème de fils de.
Claude François Junior, fils d’un papa chanteur, et Stéphane Tapie, fils de Bernard (qu’on ne présente plus) n’ont aucun conflit personnel, bien qu’ayant successivement épousé la même femme. Mais ils sont au centre d’un imbroglio immobilier qui relèverait de la sphère privée si, comme l’a révélé hier le Canard enchaîné, Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, n’avait cru bon d’intervenir, le drame se déroulant en la bonne ville de Neuilly-sur-Seine dont Nicolas Sarkozy fut longtemps le maire.

Claude François junior (dit Coco dans le magazine Podium) et Marie-Laure louent depuis 1999 un appartement de 220 mètres carrés. Le bail est au nom de madame, mais monsieur est caution. En 2001, ils divorcent. Claude François junior doit verser une pension alimentaire de 6 000 euros par mois à la mère de ses enfants, qui conserve l’usage de l’appartement neuilléen. Au printemps 2005, il cesse de verser la pension; elle cesse de payer le loyer de 4 123 euros. «Elle ne pouvait plus, n’ayant pour seul revenu que la pension versée par son ex-mari, interrompue unilatéralement sous prétexte de difficultés financières» , plaide son avocat de l’époque, Me Jérôme Boursican.

Arriérés.
Entre-temps, Marie-Laure s’est mise en ménage avec Stéphane Tapie et a déniché un travail – vendeuse de vêtements chez Zadig & Voltaire. En avril 2007, leur remariage est célébré en mairie de Neuilly par Sarkozy en personne. A partir de là, Tapie junior règle lui-même les loyers, mais reste la question des arriérés qui s’élèvent à 66 000 euros. A la même époque, Claude François Junior est condamné à trois mois de prison avec sursis pour abandon de famille, mais ne règle que 10 000 euros de ses arriérés de pension.

Trouvant le temps long, la Caisse des dépôts et consignations (CDC), propriétaire de l’appartement, saisit à son tour les tribunaux. En octobre dernier, la cour d’appel de Versailles lui donne raison : elle condamne Marie-Laure à payer sa dette locative, proclame la résolution du bail, mais laisse le soin à la CDC d’enclencher le processus d’expulsion. «Nous avions le choix d’expulser, au risque de rendre difficile le paiement des arriérés, ou de signer un accord, permettant de récupérer nos fonds , souligne un porte-parole de la Caisse.

«Lézard».
A la veille de la trêve hivernale des expulsions (le 1er novembre), un protocole est mis en place. Tapie senior met la main au portefeuille: il règle tout de suite 15 000 euros puis se porte caution de son fils jusqu’à 100 000 euros. Tout le monde assure que l’Elysée n’y est pour rien. La direction de la CDC : «Nous n’avons reçu aucune instruction de l’extérieur.» Bernard Tapie: «Vous m’imaginez vraiment appeler Nicolas à propos de mon fils ? Tout s’est passé entre avocats, il n’y a aucun lézard.» Me Olivier Pardo, avocat de Stéphane: «J’ai dû me battre pour éviter l’expulsion d’une famille de six enfants [trois de chaque côté, ndlr]. Franchement, Sarkozy est plus efficace au Tchad...» Le Canard maintient: Guéant a décroché son téléphone pour appeler la Caisse des dépôts, quand bien même Bernard Tapie avait accepté six mois plus tôt (donc avant la présidentielle) d’assumer l’ardoise de son fils. Excès de zèle ?

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L'INVITE DU DIMANCHE : BERNARD TAPIE « Je suis fanatique d'Obama»
Le parisien Dimanche, 6 janvier 2008, p. 5, PROPOS RECUEILLIS PAR DOMINIQUE DE MONTVALON

BERNARD TAPIE - ancien-ministre de la Ville de François Mitterrand, devenu supporter de Nicolas Sarkozy - s'apprête à tourner pour TF 1 la pièce dont il a assuré le triomphe sur les planches la saison demière : « Un beau salaud », de Pierre Chesnot.

Le désormais célèbre commissaire Valence - héros de la série policière de TF 1 - espère, par ailleurs, que le conflit qui l'oppose depuis douze ans au Crédit lyonnais connaîtra cette année son épilogue.

L'arbitrage final sera rendu par trois personnalités choisies par les liquidateurs et les responsables du Comsortium de réalisation (CDR) : l'ex-président du Conseil constitutionnel, Pierre Mazeaud, l'avocat et académicien Jean-Denis Bredin et le premier président honoraire de la cour d'appel de Versailles, Pierre Estoup.

Ségolène Royal vous a-t-elle surpris en officialisant sur France 2 son ambition de diriger demain le PS ?

Bernard Tapie. Non. A sa place, , j'aurais fait la même chose. Car, pour elle, c'est maintenant ou jamais. Mais les mêmes causes produisant les mêmes effets, au PS, c'est le retour de la guerre des chefs. Ségolène va créer un bazar sans nom

La voyez-vous un jour à la tête du PS ?

Les médias s'excitent sur le duel Royal-Delanoë. A l'arrivée, je pense que cela se jouera entre Strauss­Kahn et Hollande.
Strauss-Kahn, chacun connait sa valeur. Quant à Hollande, il a beaucoup plus de talents qu'on ne lui en prête.
Ils ont tous les deux des qualités d'hommes d'Etat

Arnaud Montebourg juge que Bernard Kouchner a échoué sur toute la ligne au Quai diOrsay et le presse de démissionner ...

Montebourg, ce n'est pas un homme politique, c'est un acteur. Il a un physique de jeune premier. Il dit souvent des conneries grosses comme lui. Comme il est beau gosse et qu'il parle bien, on l'invite un peu partout.
En fait, Montebourg, c'est le rémora de la politique, ce petit poisson-ventouse qui se colle aux gros pour se convaincre qu'il est lui-même un gros poisson.

Avant de tenter de corriger le tir, Fadela Amara a confié au "Point" qu'en 2012 elle ne votera sûrement pas Sarkozy ...

Elle gâche avec des déclamtions à remporte-pièce comme celle-là, aussi inutiles que stupides, un parcours brillant, intéressant, significatif.
Comme si elle éprouvait le besoin de se dédouaner vis-à-vis d'une frange marginale qu'elle a connue. Qu'elle garde son énergie pour les vrais combats qu'elle mène !

"Halte à la glandouille" : sa formule aurait pu être signée de vous, non?

Oui, parce que c'est la vérité. Tous ces jeunes des cités, on reconnaît leurs talents quand il s'agît de musique, de danse, de sport, mais ils sont aussi bons lorsqu'ils sont pilotes, avocats ou médecins. Ces mômes, ils ont faim, ils ont les « crocs ». Si tu leur fais confiance, tu n'es jamais déçu.

L'idée de noter les ministres, c'est sérieux?

Bof ! Vouloir noter les ministres pour éviter de s'en tenir à leur cote médiatique, pourquoi pas ? De toute façon, ça ne servira pas à grand-chose. Cest le président qui décide: s'il veut en virer un, il le virera, et quelle que soit sa cote.

"Celui que je prendrais à coup sûr, c'est Lang"

Quelle note globale donneriez-vous à Nicolas Sarkozy ?

IL aurait la note que l'on donne aux gens qui tiennent leurs engagements, ce qui est plutôt rare en politique.
IL dit vouloir rendre la France plus moderne, plus ambitieuse, et faire sauter les conservatismes. S'il y parvient, tous les Français reconnaîtront qu'il est un grand président Y compris ceux qui dénaturent son action en prétendant, par exemple, qu'il a fait un cadeau fiscal de 15 milliards d'euros aux riches, ce qui est complètement faux, ou bien qui mettent en avant davantage les péripéties de sa vie privée plutôt que les réformes qu'il conduit avec François Fillon.
Par contre, si Sarkozy échoue, tout ce qu'il aura dit ou fait apparaîtra aux Français comme critiquable.

Vous connaissez Carla Bruni?

Des copains proches la connaissent et ne tarissent pas d'éloges, depuis toujours, sur son compte. Une fille, disent-ils, d'une grande intelligence, très sensible, évidemment splendide.
Et il faudrait que Sarkozy s'excuse d'avoir eu pour elle un coup de foudre ? Qu'aurait-il dû faire, aux yeux de certains, pour que ce soit convenable? Se cacher? Ou peut­être alors tomber amoureux de Mme de Fontenay?

L'ouverture reste-t-elle à l'ordre du jour?

La première ouverture, c'était l'ouverture aux compétences. Sarkozy voulait l'équipe de France.
La prochaine ouverture, ce sera - ou cela n'aurait pas de sens - une ouverture d'esprit pour élargir en direction de gens qui ont d'autres réflexes, d'autres valeurs, d'autres repères ...

Qui?

Celui que je prendrais à coup sûr, c'est Jack Lang. Cest le meilleur.
Mais il Y en a d'autres. Il n'est pas impossible, par exemple, qu'il y ait au moins, au côté de Borloo, un grand écolo.

Que pensez-vous de Barack Obama ?

J'ai eu la chance de le rencontrer à Paris. Je suis un fanatique de ce type. Il s'est fait tout seul. C'est un grand avocat. IL a fait Harvard. Il connaît le monde. IL a un charisme formidable. Cest un vrai candidat de rupture ...

Encore un peu, et vous allez le comparer à Nicolas Sarkozy !

Quand Sarkozy a parlé de « rupture », on a dit : la « rupture », ça veut dire quoi ? Eh bien. on voit qu'un peu partout, en France et dans le monde les verrous sautent.
On assiste à un renouvellement des cadres, et pas seulement en politique. Qui sont, en football, nos trois plus grands espoirs ? Nasri, Ben Arfa, Benzema. Et ceux-là, ils sont vachement heureux d'être français.

Vous excluez donc un retour de Hillary Clinton ?

On a eu Bush père et fils. Maintenant, ce sont les Clinton. Et en Russie Poutine, pour rester en place, devient Premier ministre et choisit « son » président
Assez des dynasties. Y en a marre ! Et puis la vraie faiblesse de Hillary, c'est d'être démocrate et d'avoir été pour la guerre en Irak.

"Une mission pour les banlieues, pourquoi pas ?"

La politique, pour vous, c'est fini ?

Je ne sais pas. Moi,je n'ai jamais fait que les choses qu'on m'a proposées. L'OM, ç'a été Gaston Defferre. Le vélo, Bernard Hinault. La politique, Mitterrand ...

Qu'est-ce qui vous passionnerait?

Peut-être refaire du football, peut­être refaire de la politique. Du football, où ? A Marseille ou alors carrément ailleurs. En Italie, par exemple.

Vous aimeriez redevenir ministre?

Non. Et, de toute façon, on ne me le proposera pas. Mais une mission, pourquoi pas ?
On me demanderait de monter quelque chose pour les banlieues, je le ferais volontiers.

Aujourd'hui, vous vous considérez comme de gauche ou de droite?

Qu'on arrête de se gargariser avec ces clichés ! Ni Besancenot ni Le Pen ne seront jamais président.
Et, pour le reste, les différences entre gauche et droite sur la manière de conduire la France sont tellement marginales ! Ce qui compte et ce qui m'intéresse, c'est le choix de la personne.
J'ai toujours dit que, s'il y avait eu en 2007 un match entre Sarkozy et Strauss-Kahn, je n'aurais pas choisi car tous les deux sont à la hauteur. Je vais plus loin: si Sarkozy avait été en 2007 le candidat de la gauche, la gauche aurait gagné la présidentielle. PROPOS RECUEILLIS PAR DOMINIQUE DE MONTVALON

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Quinze ans après, Tapie emporte 285 millions contre le Lyonnais

Le tribunal arbitral a condamné hier le Consortium de réalisation, qui gère le passif du Crédit Lyonnais, mettant fin au litige qui l'oppose depuis 13 ans à l'ancien homme d'affaires.

GRÉGOIRE BISEAU Libération QUOTIDIEN : samedi 12 juillet 2008 16 réactions

Et le vainqueur est… Bernard Tapie. Après quinze ans de guérilla judiciaire, trois tentatives d’accord à l’amiable et des kilomètres de décisions de justice, le combat entre Tapie et le Crédit lyonnais a, depuis vendredi soir, un vainqueur définitif : l’ex-ministre de la ville de Michel Rocard. Le Consortium de réalisation (CDR), qui gère le passif du Crédit lyonnais, a donc été condamné à verser 285 millions d’euros (dont 45 millions d’euros au titre du préjudice moral) à l’ex-homme d’affaires. Vendredi soir, le camp de Tapie avait du mal à ne pas jubiler. «On est très content», nous lâchait son avocat, Maurice Lantourne. Interdit de parole pendant encore quarante-huit heures, Tapie comptait les minutes. «Il a la langue qui a triplé de volume tellement il veut parler», rigolait un proche.

Pour comprendre l’imbroglio, il faut remonter en 1992, l’année où Bernard Tapie décide de revendre pour 2,8 milliards de francs (427 millions d’euros) Adidas à Robert Louis-Dreyfus. Tapie est alors conseillé par la banque d’affaires SDBO, une filiale du Crédit lyonnais. Rien que de très classique.

Iles Caïmans.
Ce qui l’est beaucoup moins, c’est qu’une autre filiale du Crédit lyonnais (Clinvest) a racheté pour elle une partie du capital d’Adidas, et surtout que la banque a financé «des actionnaires de transition» basés aux îles Caïmans, le temps que Robert Louis Dreyfus devienne propriétaire de l’intégralité du capital de l’équipementier sportif pour 4,5 milliards de francs (686 millions d’euros). Pour résumer : le bras droit du Crédit lyonnais (la SDBO) conseillait Tapie à la vente, tandis que le bras gauche montait un mécano pour empocher à terme une plus-value de 2 milliards de francs (305 millions d’euros). Le tout, dans le dos de Tapie.

En 2005, l’homme d’affaires marque un premier point : la cour d’appel condamne le CDR à lui verser 135 millions d’euros. Mais un an plus tard, la Cour de cassation annule l’arrêt «affirmant qu’aucune faute n’est caractérisée en l’état». La base du raisonnement est que la banque d’affaires SDBO, étant «une personne morale distincte» des autres activités du Crédit lyonnais, elle n’était pas censée être au courant, et donc complice de tout le montage concocté par sa maison-mère.

Vendredi, le tribunal arbitral a tranché en retenant deux fautes : la violation de l’obligation de loyauté de la SBDO vis-à-vis de son client, et l’interdiction pour la banque de prendre un intérêt avec l’acheteur.

Passif.
Pour autant les 285 millions d’euros ne vont pas aller dans la poche de Tapie. La plus grande partie de ses indemnités (au moins 220 millions) vont repartir dans les caisses publiques pour épancher le passif de l’ex-homme d’affaires. Quel sera le solde définitif ? «Encore trop tôt pour le dire», dit-on dans le camp de Bernard Tapie. Une chose était quasi certaine : l’hôtel particulier parisien de la rue des Saint-Pères devrait être sauvé.

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Affaire Tapie/Adidas : Ayrault demande à Lagarde de saisir à nouveau la justice NOUVELOBS.COM | 23.07.2008 | 17:47

Le président du groupe PS demande à la ministre de l'Economie que l'autorité judiciaire soit de nouveau saisie pour statuer sur l'affaire Adidas, alors qu'un tribunal arbitral, saisi à la demande de Bercy, a condamné l'Etat à verser 285 millions d'euros à l'homme d'affaires.

Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée, a demandé mercredi 23 juillet à la ministre de l'Economie Christine Lagarde de saisir à nouveau l'autorité judiciaire, dans le contentieux opposant l'Etat à Bernard Tapie.
Il estime par ailleurs qu'"il y a urgence". Rappelant, dans cette lettre qu'il a rendue publique, la polémique suscitée par la décision du tribunal arbitral dans l'affaire Tapie, le député-maire de Nantes écrit: "il semblerait que cette sentence puisse être utilement frappée d'appel en nullité, avec des chances réelles de succès".

"Il y a urgence"

En conséquence, poursuit Jean-Marc Ayrault, "il nous paraîtrait opportun et hautement souhaitable que vous donniez les instructions nécessaires à ce que l'autorité judiciaire soit à nouveau saisie, afin que nul ne puisse plus nourrir la moindre suspicion à l'égard des décisions qui seraient rendues".

"Comme il est probable, compte tenu des délais que les conseils d'administration concernés se réunissent dans les heures ou les jours qui viennent, nous pensons qu'il y a urgence", estime le patron des députés socialistes.

Un tribunal arbitral, formé de trois personnalités, a condamné le 11 juillet le CDR, structure publique qui gère le passif du Crédit Lyonnais, à verser 285 millions d'euros aux liquidateurs du groupe Bernard Tapie qui s'estimait floué d'une plus-value importante réalisée par la banque lors de la vente d'Adidas.

La décision a suscité l'indignation de la gauche et de François Bayrou (MoDem), qui a dénoncé "les protections au plus haut niveau" dont aurait, selon lui, bénéficié l'ancien homme d'affaires.

Le ministère de l'Economie a confirmé mardi avoir donné des instructions pour qu'un tribunal arbitral règle le litige, après une décision de la Cour de cassation en octobre 2006, favorable à l'Etat.

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Affaire Tapie : un scandale d'Etat «On a dessaisi la justice de la République au profit d'une justice privee»
Thierry Philippon Le Nouvel Observateur Nº2280 SEMAINE DU JEUDI 17 Juillet 2008

Cadeau inespéré pour Tapie : un tribunal privé adoubé par Christine Lagarde, la titulaire de Bercy, a décidé de lui accorder 400 millions d'euros au titre de l'affaire Adidas. Bien plus que le chiffre officiel de 285 millions ! Voici comment on en est arrivé là

Qui a sauvé Bernard Tapie d'une faillite inévitable ? Nicolas Sarkozy, qui le faisait recevoir par son ami Brice Hortefeux lorsqu'il était ministre de l'Economie ? Jean-Louis Borloo, qui fut son avocat des premiers jours et n'a jamais rompu les ponts ? Ou encore Christine Lagarde, la titulaire de Bercy, qui a permis à Tapie de bénéficier d'un sauvetage inespéré ? Un «tribunal arbitral» a en effet tranché la semaine dernière la querelle financière entre le Crédit lyonnais et l'homme d'affaires qui accuse la banque de l'avoir roulé lors de la vente d'Adidas, en 1993.

Ce «tribunal» a décidé d'octroyer 285 millions d'euros à Tapie : 240 millions d'indemnité, plus 45 millions de dommages et intérêts. Voilà pour le montant officiel.
En réalité, l'ex-patron de l'OM devrait recevoir une somme de 400 millions. Le «tribunal» a ajouté les intérêts qu'aurait rapportés l'indemnité si elle avait été placée depuis le début des hostilités judiciaires, en 1994, soit 111 millions d'euros, selon Bercy.

Au final, cela fait 400 millions. Tapie assure : «Il me restera entre 20 et 22 millions d'euros» seulement, après impôts et remboursement des dettes. Impossible de vérifier aujourd'hui. Mais «la sévérité de la sentence nous stupéfie», explique un représentant de l'Etat.

Première surprise : c'est une indemnité énorme, qu'aucune décision de justice ne lui avait jamais donnée. C'est même le triple de la somme la plus favorable accordée par un jugement en cour d'appel il y a trois ans.

Deuxième surprise : ce verdict prend le contre-pied de la décision d'octobre 2006 de la Cour de Cassation. Celle-ci avait en effet conclu, en assemblée plénière, que Tapie n'avait droit à aucun dédommagement !

Comment est-il possible que la plus haute juridiction du pays soit ainsi déjugée ? Tout simplement parce que cet arbitrage doit peu au droit et beaucoup à la politique. Ce «tribunal arbitral» n'est pas un vrai tribunal. Ce n'est pas une juridiction officielle, mais une instance privée, choisie par le gouvernement et Tapie à l'automne dernier.

Une commission composée de trois papys qui cumulent deux cent quarante printemps à eux trois : Pierre Mazeaud (78 ans), ancien président du Conseil constitutionnel; l'avocat Jean-Denis Bredin (79 ans), ancien, comme Tapie, des radicaux de gauche; et enfin, un ancien président de cour d'appel, Pierre Estoup (81 ans), la véritable cheville ouvrière.

Pour ce travail, ces ex- vedettes du barreau et de la politique ont d'ailleurs été rémunérées plus d'un million d'euros.
Et elles ont pris le contrepied de la Cour de Cassation, offrant la délivrance à Tapie. «On a dessaisi la justice de la République au profit d'une justice privée», fulmine un haut fonctionnaire. Cette sentence ne doit, en théorie, pas être rendue publique. Et en plus elle n'est pas susceptible d'appel, sauf si on peut démontrer que les arbitres du «tribunal» n'ont pas respecté leur mandat !

Pour l'instant, Christine Lagarde semble s'en satisfaire. François Bayrou, le leader du MoDem, crie au scandale : «A l'encontre de toutes les règles qui veulent que l'Etat ne puisse s'en remettre qu'à des décisions de justice, on a mis en place un dispositif qui va permettre à Tapie de toucher des centaines de millions d'euros sur le dos des contribuables.»
Exact. Mais ce n'est que le dernier acte d'une série de coups de pouce de l'Etat en faveur de Tapie au détriment de finances publiques pourtant exsangues.

L'affaire Adidas débute fin 1992. Tapie, alors ministre du gouvernement de Pierre Bérégovoy, désire céder son groupe pour se lancer totalement dans la politique. Il veut vendre sa participation dans Adidas, très mal en point. Il a lui-même fixé le prix à 320 millions d'euros et chargé le Crédit lyonnais de l'opération. Le britannique Pentland, un moment intéressé, se récuse. Personne n'en veut. C'est l'hallali. Les banques allemandes menacent de couper les crédits. «Nous ne trouvions pas d'acheteurs, se souvient un des responsables de la banque de l'époque. Tapie, inquiet, m'appelait régulièrement. Il m'avait même dit plusieurs fois : Mais pourquoi le Lyonnais ne me rachète pas Adidas ? [alors qu'il va ensuite attaquer la banque, NDLR ]»

Un acquéreur finit par se présenter : l'homme d'affaires Robert Louis-Dreyfus. Mais celui-ci refuse de discuter avec Tapie en direct. Les négociations se terminent en février 1993, après une nuit blanche, dans des locaux des AGE Robert Louis-Dreyfus ne veut courir aucun risque. Il acquiert 15% d'Adidas seulement. Le reste est repris par le Lyonnais, les AGF, des fonds d'investissement et Gilberte Beaux, le bras droit de Tapie. Le montage est compliqué. Primo : les acheteurs sont financés par un prêt du Lyonnais à... 0,5%. Secundo : si Adidas ne se redresse pas, la banque publique assume les risques. Tertio : si Adidas se rétablit, Robert Louis-Dreyfus a la possibilité de racheter les parts des autres actionnaires.
En contrepartie, le Lyonnais récupérera une part des gains éventuels. Tapie, satisfait, déclare à l'époque : «Le prix est bon.»
A l'Assemblée nationale, la droite se déchaîne et dénonce le soutien financier de deux sociétés publiques (le Lyonnais et les AGF) à Bernard Tapie, ministre de la Ville de Pierre Bérégovoy. Une commission d'enquête parlementaire est créée.

Mais Robert Louis-Dreyfus redresse vite Adidas. Il finira par revendre l'entreprise avec un gain énorme, partagé avec le Lyonnais. Du coup, Tapie se réveille. Il assure qu'on l'a floué et qu'il ignorait les détails du schéma financier. «Une banque ne peut pas être chargée de vendre une société, financer l'acquéreur et partager la plus-value», accuse Me Lantourne, son avocat. Le Lyonnais, chargé de la vente, a en effet masqué une partie des opérations au travers d'un montage financier opaque faisant intervenir des sociétés offshore.

Durant une douzaine d'années, les jugements se succèdent, souvent favorables à Tapie. Puis, en octobre 2006, la Cour de Cassation tranche. La gestion de l'opération Adidas par le Lyonnais n'est pas sans zones d'ombre, mais rien ne justifie de la condamner lourdement.

C'est la catastrophe pour Tapie. «Notre jugement lui laissait peu de marge», se souvient un magistrat de la Cour. Selon la procédure légale, il faut alors saisir un autre tribunal, la cour de renvoi, qui ne peut s'écarter de la décision de la Cour de Cassation.

Tapie dans les cordes ? Non. C'est alors que les locataires de Bercy, Thierry Breton puis Christine Lagarde, vont intervenir. En premier lieu, le combatif Jean-Pierre Aubert, le patron du CDR, l'organisme chargé de gérer les actifs douteux du Crédit lyonnais doit quitter ses fonctions. Or c'est le CDR qui mène la bataille contre Tapie. Au dernier moment, Thierry Breton désigne Jean-François Rocchi, un fonctionnaire politique «proche de Sarkozy», selon un des membres du conseil du CDR. Puis Rocchi prend un nouveau cabinet d'avocats, August et Debouzy (1), en plus de Me Martel, qui suivait l'affaire Adidas depuis des années et en connaissait tous les méandres. Un autre patron du CDR, un autre avocat...

Malgré les avis négatifs de certains conseils, Rocchi et le cabinet August et Debouzy décident de ne pas attendre la dernière décision de justice, celle de la cour de renvoi, qui aurait été forcément en leur faveur. Rocchi, avec la bénédiction de Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, pourtant elle-même avocate, décide de confier le dossier à un «tribunal arbitral», c'est-à-dire une instance composée de trois arbitres.
«Je ne comprends pas que le CDR abandonne une position qui lui était favorable», s'étonne alors un magistrat de la Cour de Cassation.

Le résultat, assorti d'une sanction historique, annoncé discrètement juste avant le long week-end du 14 juillet, est dramatique pour le CDR, donc pour le contribuable. Combien touchera réellement Tapie ? «Il est trop tôt pour donner un chiffre précis», déclare son avocat, Me Lantourne. Selon Bercy, Tapie doit rembourser 163 millions au CDR, auxquels il faut ajouter «130 millions d'euros de dettes fiscales et sociales», selon les calculs d'un proche de Lagarde. Mais le montant total ne sera connu que le 24 juillet. Au total, cela ferait donc 290 millions qui reviendront dans les caisses de l'Etat. Il y a d'autres frais, dont le montant n'est pas divulgué.

Outre son hôtel particulier avec parc, au centre de Paris, près de Saint-Germain des Prés, qu'il n'a pas cessé d'habiter, l'ancien ministre devrait conserver une somme énorme. Pas mal pour la revente d'une société qu'il avait laissée en perte. Tapie sort blanchi par ces trois vieux messieurs. Pas eux.
(1) L'ancien député socialiste Christian Pierret, qui est plusieurs fois intervenu en faveur de Tapie, est associé de ce cabinet

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Bernard Tapie négocie un «forfait fiscal» en Suisse Challenges, 23 octobre 2008, p. 5

BERNARD TAPIE A VISITE CES DERNIERES SEMAINES PLUSIEURS MAISONS EN SUISSE aux alentours de Nyon et Genève.
Il serait en train de négocier avec l'administration helvétique un «forfait fiscal» pour sa famille, lui-même restant domicilié rue des Saint-Pères dans le VIIe arrondissement de Paris.

Le 7 juillet, un tribunal arbitral a condamné le Consortium de réalisation (CDR) à verser 285 millions d'euros (hors intérêts) à Bernard Tapie dans le cadre de l'affaire Adidas.
Plusieurs recours ont été déposés contre cette sentence.

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Martine Aubry, "pour la gauche, la candidate idéale", d'après Tapie AFP 29 novembre 2008 01.00

PARIS (AFP) — L'ex-homme d'affaires Bernard Tapie estime que "Martine Aubry, est, pour la gauche, la candidate idéale", dans un entretien à paraître dans Le Parisien Dimanche-Aujourd'hui en France Dimanche.

Interrogé à quelques jours de sa rentrée sur les planches d'un théâtre parisien dans une nouvelle version de "Oscar", l'ancien ministre déclare notamment : "Ségolène Royal a la conviction qu'il n'y a qu'un seul rendez-vous qui vaille -la présidentielle- et que les atouts qui vont lui permettre d'y arriver se trouvent dans la relation qu'elle sait installer entre elle et les sondés".

"Ce sont les sondages qui, à un moment donné, feront, croit-elle, que sa candidature s'imposera. Je pense qu'elle se trompe complètement", ajoute-t-il.

"Martine Aubry, c'est, pour la gauche, la candidate idéale", déclare encore Bernard Tapie. "On a tenté de la présenter comme la candidate d'un front anti-Royal. Faux. S'il y a un front, c'est un front contre quelqu'un proposant une stratégie perdante. Or les socialistes veulent gagner", affirme Bernard Tapie.

L'ancien homme d'affaires épingle François Bayrou "dont le seul programme est de dire +je veux être président+ et qui pour cela utilise le registre populiste qui était hier celui de Le Pen". "Envisager une alliance avec lui est une erreur de stratégie totale", estime-t-il.

"Je ne serai pas candidat aux élections européennes, qui que ce soit me le propose et où que ce soit", affirme enfin M. Tapie, écarté du Parti radical de gauche (PRG) après avoir apporté son soutien à Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle.

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Tapie fait grincer des dents Le Parisien 17 décembre 2008 p. 31

Bernard Tapie à la télé, ça agace. En une semaine, son nom est revenu deux fois à France Télévisions.

La première juste avant « A vous de juger », l'émission d'Arlette Chabot L'invité de jeudi dernier, François Bayrou, s'est plaint en coulisses que France 2 diffuse la pièce « Oscar» le 25 décembre. Motif: Bernard Tapie y tient le rôle principal.

Rebelote lundi, à l'occasion de l'enregistrement de « Stars et Comédie », l'émission de Laurent Ruquier qui sera diffusée le 27 décembre. Appelé à y faire un petit numéro de stand-up, Domnique Besnehard, proche de Ségolène Royal, s'est fendu d'une blague sur l'ex-ministre pendant les répétitions: « Lui, je le déteste ! »

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VU EN DIRECT SUR FRANCE 2 Tapie s'est régalé dans «Oscar» leparisien.fr R.B | 25.12.2008, 23h07 | Mise à jour : 23h35

Bernard Tapie s'est beaucoup amusé, jeudi soir, au théâtre de Paris. «Un bonheur complet», a-t-il lancé à la fin de la représentation d'Oscar, retransmise en direct sur France 2. Une pièce dont il a tenu à «moderniser» le texte, écrit en 1967 par Claude Magnier et repris au cinéma par Edouard Molinaro.

L'ancien patron de l'OM, ancien ministre de la Ville de François Mitterrand, a ainsi repris la main sur les «affaires» dont il avait récolté des démêlés judiciaires et qui avaient fait la Une durant les années 1990. Dans la peau de M. Barnier, Tapie, jouant avec sa propre fille Sophie, se montre très attaché à une «valise». Il s'en prend à son futur gendre, un escroc nommé Christian Martin. Barnier s'étouffe quand il trouve le string de la bonne dans la valise. "Il m'a volé les 500 000 euros de la valise" s'écrit-il.

C'est au tour de ses partenaires de lancer quelques allusions à sa vie publique. «Le commissaire, c'était pas un mec qui s'occupait d'un club de foot», commence l'un. Puis, sa fille (à la ville et dans la pièce) s'amuse à son tour avec les bruits qui court en ville... L'allusion à Nicolas Sarkoy est claire. «Papa est copain ou non avec le président ?» demande t-elle. «Y en a qui disent oui et d'autres non, réplique du tac au tac la mère (jouée par Chantal Ladesous). Quand on lui demande, il se marre..»

Après le traditionnel salut au final, le comédien Tapie et ses camarades en ajoutent encore. Et l'ancien homme d'affaires, conscient qu'il est un bon client pour l'audimat, espère publiquement que les téléspectateurs de France 2 ont été ravis de sa prestation. Et le public du théâtre de Paris aussi. En tous cas, lui donne l'impression de s'être régalé. Après ses démêlés judiciaires, Tapie, dans la peau d'un certain Barnier, a retrouvé le sourire dans «sa maison sans histoires». leparisien.fr

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V.S. - vendredi 26 décembre 2008 à 14h21 Audiences : score moyen pour Bernard Tapie

Le défi était difficile : faire autant, voire mieux, que Les Fugueuses avec Line Renaud et Muriel Robin, diffusé l'année dernière à la même époque.

Bernard Tapie n'a pas été à la hauteur. Hier soir, sa pièce de théâtre Oscar, diffusée en direct sur France 2, réunissant entre autres sa fille Sophie et Chantal Ladesou, n'a pas passionné les foules.

3,4 millions de téléspectateurs se sont branchés sur la Deux (soir 16,1%) hier soir. Soit la troisième place de la soirée pour Oscar, derrière TF1 et son Robin de Bois (5,8 millions de défenseurs des opprimés, soit 29,3%) et M6 et son Astérix chez les Vikings (3,8 millions de gaulois, soit 17,7%).

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Publié le 17/03/2009 à 18:14 Le Point.fr EXCLUSIF Le dernier chèque de Bercy à Tapie : 101 millions d'euros Par Hervé Gattegno

Bercy se prépare à solder les comptes de l'affaire Tapie : d'ici à la fin du mois de mars, le CDR (Consortium de réalisation), l'organisme étatique chargé d'apurer les contentieux de l'ex-Crédit lyonnais, va établir un troisième et dernier chèque aux liquidateurs de l'homme d'affaires, d'un montant de 101 millions d'euros. Au total, l'ancien ministre aura refait fortune : plus qu'il ne l'avait annoncé, mais moins que ne l'avaient affirmé ses détracteurs.

Le tribunal arbitral ayant tranché en sa faveur, le 7 juillet 2008, le vieux contentieux qui l'opposait à ses banquiers sur la revente d'Adidas, l'État a été condamné à verser à Tapie 240 millions d'euros au titre du manque à gagner, et 45 millions en réparation de son préjudice moral. Le montant à venir représente, lui, les intérêts cumulés sur les sommes dont l'ancien ministre a été privé, selon les arbitres - moins des frais de liquidation estimés à 12 millions d'euros. Au total, Bernard Tapie aura ainsi reçu 333 millions d'euros d'indemnités.

Savant calcul

Mais la totalité de cette somme n'ira pas dans sa poche : au moins 204 millions serviront à rembourser ses dettes, ainsi réparties (sous réserve des contestations en cours) : 162 millions d'euros pour l'ex-SDBO, filiale du Crédit lyonnais ; 31 millions pour le fisc ; 11 millions pour des tiers.

Une fois ces opérations effectuées, le solde - autour de 129 millions d'euros - sera taxé d'un tiers au titre de l'impôt sur les sociétés. Resteront alors 86 millions, sur lesquels l'ancien président de l'OM et son épouse devront encore acquitter l'impôt sur le revenu, dans des proportions qui feront sans doute l'objet de discussions avec l'administration fiscale.

Si Tapie parvient à conserver 50 millions, cette somme s'ajoutera, in fine, aux 45 millions déjà reçus en guise de dommages et intérêts - et qui, à ce titre, ne sont pas imposables.

Résultat de ce savant calcul : l'ancien ministre conservera 95 millions d'euros. Pour lui seul ? Non, car il consacrera, de son propre aveu, 23 millions d'euros à régler les frais de procédures et d'avocats que représentent ses quinze années de bataille, finalement victorieuse, contre ses banquiers.

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19/06/2009 à 06h52 liberation.fr Tapie devient «gentil membre» du Club Med Entreprise. L’homme d’affaires prend 1 % du capital du vacancier. CHRISTOPHE ALIX

Il y va. Après avoir fait planer le doute depuis près de deux mois sur son entrée au capital du célèbre club de vacances, Bernard Tapie s’est jeté dans l’arène. L’homme d’affaires a annoncé hier au Monde qu’il avait acquis 260 000 actions pour 2,5 millions d’euros, soit un peu plus de 1 % du capital du groupe de loisirs. Et ce n’est qu’un début selon son conseiller Marc Fiorentino pour qui «Bernard pourrait annoncer très vite de nouveaux achats d’action».

Cette annonce a fait flamber le titre qui a clôturé la journée sur un gain de 6,93 % à 10,26 euros à la Bourse de Paris. Le titre monte car «le marché table sur le fait qu’Henri Giscard d’Estaing pourrait monter un front pour contrer une OPA de Tapie en allant chercher un investisseur externe, a expliqué un gérant d’actions. On n’achète pas 1 % du capital comme ça, il souhaite certainement en acquérir davantage».

«Prédateur».

Dans l’entretien qu’il a accordé au Monde, Tapie affine une stratégie dont les zones d’ombre restent cependant nombreuses. «Je ne cherche pas de boulot et je ne veux pas la place de Giscard», assure-t-il en indiquant qu’il n’est «pas un prédateur». Mais il semble lui aussi à la recherche d’alliés parmi les actionnaires mécontents du Club.

Si la majorité d’entre eux, «qui ont perdu 80 % de leur actif en trois ans», disent «ça suffit», «on obligera Giscard à changer de stratégie», prévient-il. Un avis partagé par Gérard Augustin-Normand, actionnaire à titre individuel pour 2 % qui fédère autour de 12 % du capital. Ce dernier ne cache pas qu’il voit plutôt d’un bon œil l’arrivée de Tapie qui pourra «faire bouger les choses».

Pour Tapie, le Club doit rompre avec la stratégie haut de gamme de HGE pour renouer avec un concept qui «s’adresse à tous en fonction de leurs moyens».

«Bizarre».

Et en attentant, il souhaite des éclaircissements. Sur la valorisation de chacun des 80 villages et les opérations de cessions d’actifs immobiliers qui sont ensuite reloués par le Club. «On cherche à déterminer ce que vaut réellement le Club, ce que personne ne sait aujourd’hui, explique Marc Fiorentino. Ce qui est bizarre, c’est que les actionnaires qui ont beaucoup perdu ne gueulent jamais.»

Aucun commentaire du côté de la direction, partie inaugurer le navire Club Med 2 en Méditerranée. Mais des sources proches du dossier soulignent «l’obsession» du camp Tapie à se focaliser «non pas sur l’activité mais sur la seule valorisation de l’entreprise. Comme s’ils ne cherchaient qu’à faire un bon coup». La bataille pour le contrôle du Club Med ne fait que commencer.

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RENAUD LECADRE, Libération, 7 décembre 2009, p. XI Tapie règle l'ardoise et repart avec le magot
Calculette Une fois ses dettes payés, l'homme d'affaires devrait empocher 108 millions d'euros

Encore un ultime effort et Tapie ne sera plus en faillite.
Mercredi (2 décembre 2009), le tribunal de commerce a ordonné la «révision» -l'annulation - de la liquidation judiciaire de son holding FIET (Financière et immobilière Bernard Tapie), intervenue quinze ans plus tôt.

En mai, le tribunal redonnait vie à un autre de ses holdings, le Groupe Bernard Tapie (GBT). Seuls les époux Tapie restent encore sous le régime de la faillite personnelle, mais pour quelques semaines seulement, le temps d'effectuer d'ultimes additions et sous­tractions pour évaluer ce qui leur reviendra finalement en net.

C'est-à-dire, selon nos calculs, la coquette somme de 108 millions d'euros. C'est la conséquence logique de la sentence arbitrale de juillet 2008 condamnant lourdement le CDR (Consortium de réalisation), héritier des casseroles du Crédit lyonnais" au motif que «la banque avait exécuté brutalement son client» en 1993: 45 millions d'euros de préjudice moral, 240 millions de préjudice matériel (augmentés de 92 millions d'intérêts de retard), plus la prise en charge des nombreux frais de liquidation engendrés par la procédure (13 millions). Soit un total brut de 390 millions à la charge du CDR.

«Les sommes disponibles excèdent notablement la totalité du passif» du groupe Tapie, relèvent benoîtement les juges consulaires. Tapie insiste là-dessus: «C'est une chose de dire que je ne suis plus en faillite parce que je peux désormais payer mes dettes, C'en est une autre de dire que je n'aurais jamais dû être mis en faillite. »

Reste la question du solde final. «Je n'en sais rien et je ne le dirai pas», réplique l'intéressé, soulignant simplement que l'Etat récupère d'une main ce qu'il donne de l'autre - près de 160 millions d'euros (85 pour le CDR qui se remboursera lui­même, 42 d'arriérés fiscaux ,enfin soldés et une trentaine au titre de la fiscalité nouvelle).

Une certitude, les 45 millions de dommages moraux sont du «net in the pocket». Quand aux dommages matériels, il faut déduire, outre la dette publique, le remboursement des créanciers privés (15 millions), dont le Crédit municipal de Marseille (pour une vieille ardoise de l'OM), les innombrables frais d'avocats accumulés depuis quinze ans (10 millions), le renoncement de Tapie à faire cracher directement le Crédit lyonnais depuis avalé par le Crédit agricole (12 millions) ... On arriverait alors à un solde net de 63 millions d'euros, qui, ajoutés a 45, donne­raient 108 millions d'euros.

Etait - ce l'intention des arbitres de laisser une telle somme à Bernard Tapie? On peut en douter. Certes, ils ont chargé la barque sur les dommages moraux (45 accordés pour 50 réclamés), au motif que le Lyonnais avait «multiplié les actes d'exécution publique, se livrant à des actions spectaculaires qui pouvaient même nuire à ses propres intérêts».

Comme cette journée portes ouvertes à son hôtel particulier de la rue des Saints-Pères, faisant fuir les professionnels de l'immobilier qui préfèrent la discrétion au battage médiatique. Mais la calculette des arbitres a l'air d'avoir buggé sur la question des dommages matériels. Leur intention sur ce point semblait être de remet tre Tapie tout juste à flot. Si c'était l'objectif, il paraît loupé.

Les arbitres semblent en effet n'avoir pas tenu compte d'un épisode précédent: en 1995, le Lyonnais récupérait le pôle industriel du groupe Tapie (Testut, Trayvou ... ) contre réduction de sa créance pour 75 millions d'euros. Or le passif bancaire déclaré aux arbitres ne l'a pas pris en compte. Si c'est une boulette, elle pèse 75 millions d'euros. Pour le plus grand bonheur de Tapie. RENAUD LECADRE

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12/02/2010 à 00h00 Par RENAUD LECADRE liberation.fr Banqueroute : vers un Tapie end justice . Le parquet a requis la relaxe. In fine, l’ancien ministre devrait conserver 150 millions d’euros.

Suite et presque fin du marathon judiciaire de Bernard Tapie, quinze ans après les faits. Hier, le tribunal correctionnel examinait la dernière charge pesant sur lui : la banqueroute. Un délit quasi impossible, puisque Tapie n’est plus en faillite. C’est l’un des rares domaines où le civil tient le pénal. On ne peut condamner pour banqueroute que si, au préalable, un tribunal de commerce a lancé une procédure de liquidation.

Depuis la fameuse sentence arbitrale prononcée en juillet 2008, accablant le Crédit lyonnais pour avoir sciemment «assassiné» son ancien client préféré, Bernard Tapie est largement remis à flots : le Consortium de réalisation (CDR, organisme public ayant hérité des poubelles financières et judiciaires de la banque) a dû verser 400 millions de dommages et intérêts. Soit le double de l’ardoise initiale du groupe Tapie. Le tribunal de commerce en a pris acte. En mai et décembre, deux jugements, dits «de révision», ont annulé la liquidation de ses différents holdings. «Nanard» redevient in bonis comme si de rien n’était.

Hier, ses avocats, Maurice Lantourne et Hervé Temime, ont joué sur du velours. Il leur suffit de brandir un arrêt de la Cour de cassation, selon lequel l’ouverture d’une procédure collective (de faillite) est une condition préalable aux poursuites pénales pour banqueroute. Le parquet n’a pas dit le contraire et requis à son tour la relaxe de Tapie. Tentant de ménager un semblant de suspens, le tribunal a reporté la décision au 7 avril. Son président, Noël Miconini, avait déjà accepté, à plusieurs reprises, de reporter le procès pénal, pour permettre au tribunal de commerce de régler le litige à sa propre sauce. C’est fait, et il serait temps d’en finir avec ces procédures à rallonge : deux des coprévenus - Elie Fellous, ancien bras droit de Tapie, et Pierre Despessailles, ancien directeur général d’une filiale du Lyonnais - sont décédés entre-temps.

«C’est une chose de dire que je ne suis plus en faillite parce que je peux désormais payer mes dettes, c’en est une autre de dire que je n’aurai jamais dû être mis en faillite», aime à résumer Tapie. Le tribunal correctionnel n’est pas prisonnier du raisonnement et a laissé entendre que, si le cœur lui en dit, il pourrait changer de cheval et requalifier la banqueroute en abus de confiance, qui ne nécessiterait plus une faillite préalable. Mais on le voit mal s’acharner de la sorte.

Reste une question : combien, en net de chez net, restera dans la poche de Tapie ? Des 400 millions versés par le CDR, la moitié restera au contribuable en compensation de vieilles dettes fiscales et bancaires. Après indemnisation de tiers privés, il pourrait en conserver 150.

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Bernard Tapie relaxé après dix-sept ans de procédure liberation.fr 3 avril 2010 00h00

Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé hier Bernard Tapie, poursuivi pour banqueroute.
Sa décision était prévisible : le tribunal de commerce ayant annulé l’an dernier la mise en faillite de l’homme d’affaires, la justice pénale pouvait difficilement le poursuivre pour les mêmes faits.

Point final à la saga judiciaire de Bernard Tapie, ouverte en… 1993. «Il n’aurait jamais dû être mis en liquidation pendant plus de quinze ans», résume l’un de ses avocats, Me Maurice Lantourne. «C’est la démonstration a posteriori que Bernard Tapie a fait l’objet d’un règlement de compte politique», renchérit Me Hervé Témime.

La liquidation du groupe Tapie avait été ouverte à l’initiative du Crédit lyonnais, sur fond d’affaire Adidas.
Entretemps, un tribunal arbitral a donné tort à la banque et accordé plus de 100 millions d’euros de dommages et intérêts à Tapie. De quoi rebondir en affaires…

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Lagarde confirme le chèque à Bernard Tapie Par lefigaro.fr 09/09/2010 | Mise à jour : 12:32

Invitée de Radio Classique, la ministre de l'Economie a assuré que l'homme d'affaires avait fait l'objet d'un traitement fiscal de droit commun, sans privilège.

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a implicitement confirmé jeudi que l'Etat s'apprêtait à verser 210 millions d'euros à Bernard Tapie, ancien ministre et ex-homme d'affaires plusieurs fois condamné.

Christine Lagarde a cependant nié que le versement de cette somme, révélé par le Canard enchaîné mercredi, résulte d'une faveur politique de l'Elysée. Selon elle, il résulte d'un choix technique légitime qu'elle a fait personnellement. «J'ai examiné tous les aspects juridiques du dossier et en conscience, je l'assume parfaitement, je pense que c'était la bonne décision dans l'interêt de l'Etat», a-t-elle dit sur Radio classique.

Le montant viendra solder un litige concernant la revente en 1993 d'Adidas, que détenait alors Bernard Tapie, par le Crédit Lyonnais, alors banque publique. La facture résulte d'un arbitrage privé rendu en 2008 avec l'accord de l'Etat, qui s'y était soumis alors qu'il avait gagné auparavant sur le terrain judiciaire, en cassation.

Christine Lagarde a expliqué que le total de 210 millions provenait du solde des indemnités apportées par cet arbitrage, auxquelles s'ajoute la vente des biens saisis lors de la faillite des sociétés Tapie, aujourd'hui annulée. «On mélange des carottes et des choux», a dit la ministre. Bernard Tapie «continuera à faire l'objet d'un traitement fiscal de droit commun, sans exception, sans privilège», a-t-elle précisé. En revanche, comme tout Français, il a le droit aussi au secret fiscal», a-t-elle ajouté, refusant de commenter les chiffres évoqués dans la presse.

Le dossier pourrait avoir des suites politiques, le président socialiste de la commission des Finances de l'Assemblée, Jérôme Cahuzac, ayant annoncé qu'il souhaitait des explications. Le président du Modem, François Bayrou, demande que ces explications se fassent publiquement. Quand à Benoit Hamon, porte parole du PS, il dénonce un «mensonge» de plus du gouvernement.

Tapie assume

De son côté, Bernard Tapie a justifié jeudi la remise de ce chèque et a rejeté la polémique, qu'il a qualifié de «politique et inutile». «Je n'ai pas à m'excuser de l'argent qui m'est rendu. Il ne manquerait plus que ça», a-t-il dit sur Europe 1. «Ce que je trouve absolument incroyable, c'est de faire croire aux gens que cette somme est le fait du prince, que c'est un cadeau. La réalité, c'est un jugement qui me rend à peu près 10% de ce que le Crédit Lyonnais a gagné sur mon dos de manière indue», a-t-il estimé.

Le litige venait du fait que le Crédit Lyonnais était accusé d'avoir remis à Bernard Tapie un produit de vente inférieur à ce qui avait été effectivement réalisé pour Adidas, un montage complexe via des filiales ayant amené un meilleur prix.

Le Crédit Lyonnais a toujours contesté toute fraude et la Cour de cassation avait débouté Bernard Tapie. Le dossier devait être rejugé en appel, dans une position favorable pour l'Etat, mais après la présidentielle de 2007 où Bernard Tapie a apporté son soutien à Nicolas Sarkozy, un arbitrage a été accepté.

La décision accordait la somme record de 285 millions d'euros à Bernard Tapie, augmentée à environ 400 millions d'euros avec les intérêts.

Elle devait être diminuée du passif fiscal et social de l'homme d'affaires et la ministre de l'Economie Christine Lagarde avait estimé en 2008 et 2009 qu'il resterait à Bernard Tapie 30 millions ou 50 millions d'euros.

Le Parti socialiste reste prudent pour l'instant. Interrogé sur RTL, Laurent Fabius a seulement déclaré jeudi: «210 millions, c'est beaucoup d'argent».

Président de l'OM de 1987 à 1993 et ministre de la Ville de François Mitterrand en 1992-1993, Bernard Tapie a purgé en 1997 une peine de huit mois de prison ferme pour corruption dans l'affaire du match truqué Valenciennes-OM de 1993, juste après une victoire en Ligue des champions. Il a par ailleurs été condamné plusieurs fois pour des malversations concernant ses anciennes sociétés. Agé aujourd'hui de 67 ans, il pourrait, selon ses amis radicaux de gauche, se présenter à la présidentielle de 2012. (avec Reuters)

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500.000 euros d'argenterie dérobés chez Bernard Tapie Mots clés : cambriolage, PARIS, Bernard Tapie lefigaro.fr Par Angélique Négroni 04/11/2010 | Mise à jour : 19:43

Le vol se serait produit le week-end dernier en l'absence de l'homme d'affaires et de sa famille.

Le célèbre hôtel particulier de Bernard Tapie, situé au 52, rue des Saints-Pères à Paris, en plein cœur du VIIe arrondissement, fait à nouveau parler de lui. Datant du XVIIe siècle, cette superbe bâtisse de plusieurs centaines de mètres carrés habitables, et que l'ancien ministre de François Mitterrand redoutait de perdre lors de ses démêlés judiciaires, a été cambriolée.

D'après Le Parisien, qui a révélé l'affaire, le vol serait survenu au cours du week-end dernier en l'absence de Bernard Tapie et de sa famille. Un cambriolage qui aurait d'ailleurs permis à son ou ses auteurs de rafler un joli magot puisque, selon les déclarations des victimes, le montant du préjudice s'élèverait à 500 000 euros environ. De l'argenterie, des pièces de bronze et en argent auraient ainsi été dérobées.

Regagnant, selon lui, son domicile vers minuit mardi dernier, l'homme d'affaires s'est rendu compte quelques heures plus tard que l'on avait visité sa propriété. Décidant vers 4 h 30 de sortir son chien dans la cour pavée de l'hôtel particulier, il a alors remarqué qu'une fenêtre était anormalement ouverte du côté de salles qu'il n'occupe que très rarement.

Arrivé sur place, il a alors constaté que plusieurs pièces étaient sens dessus dessous et que les tiroirs ainsi que les placards avaient été vidés.

D'après les premiers éléments de l'enquête, confiée par le parquet de Paris au troisième district de police judiciaire (DPJ), il n'y aurait pas eu d'effraction. Le ou les malfrats auraient-ils minutieusement préparé le vol en s'emparant quelques jours plus tôt des télécommandes de la porte cochère ? Une hypothèse qui n'est pas exclue. Mercredi, en déposant plainte au commissariat du VIIe arrondissement, l'épouse de l'ancien ministre aurait indiqué que ces fameuses télécommandes avaient disparu quelques jours plus tôt.

Arrivée sur place peu après le dépôt de plainte, l'identité judiciaire a procédé au travail habituel en relevant diverses traces qui pourraient faire progresser l'enquête. Ont ainsi été passées en revue toutes les nombreuses pièces de cette magnifique demeure, que Bernard Tapie avait rachetée en 1986 au couturier Hubert de Givenchy. La cour, de 370 mètres carrés, mais aussi le jardin, de 885 mètres carrés, ont également été passés au peigne fin.

C'est finalement dans l'une des pièces de l'hôtel particulier que les fonctionnaires de la police technique et scientifique (PTS) ont trouvé des éléments intéressants. Ils ont isolé trois empreintes repérées sur des meubles. Elles seront soumises à divers fichiers de la police afin de vérifier si elles correspondent à des individus déjà connus pour diverses infractions. «Mais il peut aussi s'agir d'empreintes appartenant à des proches de la famille qui ont l'habitude de circuler dans ces pièces et qui sont totalement étrangers à ce vol», met en garde un proche de l'enquête.

L'exploitation des enregistrements des caméras de vidéosurveillance situées aux abords de la propriété pourrait aussi fournir aux enquêteurs de précieuses informations.

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Jeudi 31 Mars 2011 Emmanuel Lévy - Marianne Source : http://www.marianne2.fr Exclusif: affaire Tapie. Des fonctionnaires soupçonnés de falsification!

Le rapport de la cour des comptes sur l'affaire Tapie que Marianne a pu consulter est accablant. La Commission des Finances de l'Assemblée s'appréte à le rendre public. Pour toucher ses millions Tapie aurait profité d'un faux en écriture de la part de hauts fonctionnaires. Une falsification qui pourrait être télécommandée depuis Bercy.

Nouveaux rebondissements dans l’affaire Adidas qui oppose Bernard Tapie au Crédit Lyonnais. Suite à la décision rocambolesque d’un tribunal d’arbitrage l’homme d’affaire est reparti avec un chèque de 260 millions d’euros. Marianne a pu consulter un rapport explosif de la première chambre de la Cour des comptes. Nos confrères du Nouvel Obs en ont déjà fait mention. Ils ont révélé, dans leur édition du 24 mars, que deux hauts fonctionnaires Jean-François Rocchi, le président du CDR, l’établissement public en charge des dettes du Crédit Lyonnais, et Bernard Scemama, le président de l'EPFR, qui chapote le CDR, étaient renvoyés devant la cour de discipline budgétaire. L’affaire devait donc être grave. Elle l’est bien puisque Marianne peut aujourd’hui donner le motif de l’accusation: falsification.

Si le mot n’est pas inscrit en toute lettre dans le document, les magistrats ne disent rien d’autres avec leurs pincettes légendaires. « Le compromis est signé le 16 novembre 2007. Sa version diffère de celle approuvée par le Conseil d’administration (NDLR : du CDR) du 2 octobre sur un point important tenant à la qualification de la demande d’indemnisation des époux Tapie. »

Kesako ? L’explication vient plus loin. Le compromis est la base sur laquelle le CDR, était prêt à passer un deal avec les époux Tapie. Ce texte a été voté lors d’un conseil d’administration du 2 octobre. Dans sa version initiale, note la cour, il est ainsi rédigé :
«Les parties b (NDLR : CDR et EPFR) limitent le montant de l’ensemble leurs (NDLR : des époux Tapie) demandes d’indemnisation à 50 millions d’euros. »
Mais, comme « la rédaction (…) a été remplacée » ce qui donne dans sa version modifiée :
« Les parties b limitent le montant de l’ensemble leurs demandes d’indemnisation, d’un préjudice moral, à 50 millions d’euros. »

Autrement dit, quelqu’un aurait ajouté les mots « d’un préjudice moral ». Ce qui n’est plus du tout la même chose….puisque l’on passe d’un plafond sur le montant global engageant l’Etat, à une limite sur le seul préjudice moral, une des nombreuses demandes des époux Tapie…. La Cour des comptes rappelle la volonté de limiter les traces. En effet, après avoir distribué aux cinq autres administrateurs du CDR un projet de compromis, François Rocchi, le président du CDR, a ramassé les copies, comme le note malicieusement les magistrats : « un projet de délibération est remis aux administrateurs, il est restitué en fin de réunion »

C’est le principal des multiples « cafouillages » que note la cour, et qui constitue, sans doute, le chapitre le plus important du rapport qui en compte 5. Il s’intitule d’ailleurs : « De nombreux dysfonctionnements affectent les processus décisionnels impliquant le CDR et l’EPFR. » Pudique, les autres chapitres évoquent des points déjà abordés par Marianne de l’affaire : « III./Le compromis d’arbitrage présente des risques », « IV./ La validité juridique du recours a l’arbitrage est incertaine », « V./ Un recours en annulation de la sentence arbitrale n’était pas à exclure. »

Marianne avait déjà évoqué les doutes de la cours des comptes sur la procédure choisie par le CDR. En lieu et place de la justice ordinaire, l’organe en charge des dettes du Crédit Lyonnais avait préféré se placer dans les mains d’un tribunal arbitral. Mais après enquête des magistrats de la rue Cambon, le scandale est bien plus important. Non seulement, les administrateurs de cet établissement public n’avaient pas le droit d’aller à l’arbitrage sans un vote de l’Assemblée nationale, mais ceux-ci semblent avoir de plus avoir été manipulés.

Décidemment, Bernard Tapie, pour obtenir ses 260 millions d’euros, aura bénéficié d’un incroyable enchainement de maladresses, de cafouillages, et autres dysfonctionnements, dont chacun pris individuellement étonne mais qui pris ensemble font finalement système.

La balle est à présent dans le camp de Jean-François Bénard. C’est à lui, le procureur général qui excerce le ministère public près de la cour des comptes, qu’on été déféré les deux fonctionnaires. Ils sont lestés d’un épais dossier, mais ont pour eux les ordres de missions de Christine Lagarde, la ministre de l’économie. Bonne nouvelle : Jean-François Bénard est totalement indépendant. Mauvaise nouvelle, il ne rend de compte à personne et peut très bien classer l’affaire, sans pour cela avoir à se justifier auprès de qui que se soit.

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RFI.fr Article publié le jeudi 04 août 2011 - Dernière modification le : jeudi 04 août 2011 04/08/2011 par Alain Renon Affaire Lagarde-Tapie : la patronne du FMI fera l’objet d’une enquête

Le président de la CJR, Gérard Palisse, annonce à la presse l'avis favorable de la cour pour l'ouverture d'une enquête concernant Christine Lagarde, à Paris, le 4 août 2011.

En France, la justice a donc décidé jeudi 4 août 2011 d’ouvrir une enquête visant Christine Lagarde pour son rôle supposé dans l’affaire Bernard Tapie. La toute nouvelle patronne du Fonds monétaire international (FMI) est soupçonnée de s’être rendue coupable de « complicité de faux » et de « complicité de détournement de biens publics » alors qu’elle était ministre de l’Economie et des Finances.

C’est l’affaire Tapie-Crédit lyonnais-Adidas devenue pour beaucoup le scandale des quelque 400 millions d’euros obtenus par l’homme d’affaires au titre de dommages et intérêts pour préjudice moral, en règlement de son conflit avec la banque publique dans la vente en 1993 de l’équipementier sportif Adidas.

Une cour d’arbitrage privée avait donné raison à Bernard Tapie contre l’Etat il y a tout juste trois ans. C’est Christine Lagarde, alors ministre de l’Economie et des Finances, qui avait opté pour cet arbitrage alors que la voie judiciaire s’annonçait plutôt favorable au gouvernement ; Christine Lagarde qui avait également refusé de contester le jugement malgré les avis favorables de ces services.

Ce sont ces décisions qui vont faire l’objet d’une enquête de la commission d’instruction de la CJR (la Cour de justice de la République), seule juridiction habilitée à se saisir de faits présumés délictueux commis par des ministres dans l’exercice de leur fonction. En l’occurrence pour Christine Lagarde, il s’agit de « complicité de détournement de biens publics » et « complicité de faux » passibles de dix ans de prison et 150 000 euros d'amende.

L’instruction est confiée à trois magistrats de la Cour de cassation et elle s’ouvrira dans les tous prochains jours.

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Bernard Tapie appelle à voter pour Nicolas Sarkozy leperisien.fr Am.Br. | Publié le 18.03.2012, 22h30 | Mise à jour : 23h17

Bernard Tapie a appelé dimanche à voter pour Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle, parce qu'«il a sauvé le système bancaire en Europe et dans tous les pays occidentaux».

«Ça c'est sûr !», s'est-il exclamé au JT de France2 alors qu'on lui demandait s'il allait appeler à voter pour le président-candidat. Tapie est resté fidèle à ses positions de 2007, où il avait déjà soutenu Nicolas Sarkozy à la présidentielle.

Sarkozy «a sauvé le système bancaire»

«Sarkozy a fait plein de choses qui m'ont pas plu et je suis pas UMP. Je ne partage pas leur point de vue sur tout ce qui touche à l'immigration», a souligné l'ancien ministre de François Mitterrand. Mais quand la banque américaine Lehman Brothers «a explosé» en 2008, «Nicolas Sarkozy prend la responsabilité tout seul de dire : je garantis l'épargne des Français», a expliqué cet homme d'affaires : «S'il le fait pas, les banques explosent». «Il a sauvé le système bancaire en Europe et dans tous les pays occidentaux», a poursuivi Bernard Tapie.

«Hollande n'a pas compris la crise»

A propos du candidat socialiste, il a affirmé qu'il n'allait «certainement pas appeler à voter pour Hollande». «Je crois qu'il a pas bien compris la crise telle qu'elle se présente. Quand il dit, "mes adversaires c'est le monde de la finance", il oublie que des milliards nous sont versés par le monde de la finance tous les mois pour payer nos fonctionnaires», a poursuivi M. Tapie.

L'ancien ministre de François Mitterrand s'est néanmoins montré élogieux avec le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon. Il a dit avoir trouvé «fabuleux» le rassemblement des partisans de Mélenchon ce dimanche à la Bastille. LeParisien.fr

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http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/tapie-denonce-la-vision-nord-coreenne-d-arnaud-montebourg_364441.html Hersant: Pour Tapie, Montebourg a "une vision nord-coréenne de l'économie" L'Expansion.com - publié le 11/12/2012 à 10:08

Dans une interview au Parisien, l'homme d'affaires règle ses comptes avec le ministre du Redressement productif qu'il accuse d'avoir fait du "forcing" sur le dossier Hersant.

Bernard Tapie règle ses comptes avec Arnaud Montebourg. Dans une interview au Parisien, l'homme d'affaires, dénonce les méthodes du ministre du redressement productif sur le dossier Hersant.

Vendredi, quelques minutes avant que Tapie ne signe avec les banques et la famille Hersant la reprise du groupe éponyme, une offre du groupe belge Rossel a été mise sur la table pour reprendre le groupe de presse GHM (Groupe Hersant Medias). Une offre qui aurait reçu l'aval, voire les encouragements d'Arnaud Montebourg. En réaction, Bernard Tapie a retiré sa propre proposition et s'en explique ce mardi matin dans le Parisien.

Ce dernier affirme avoir été obligé de retirer son offre en raison du refus de deux banques sur dix-sept de la soutenir: Natixis et BNP Paribas, "dont l'attitude est incompréhensible". Or selon l'homme d'affaires, le directeur général de Rossel n'était même pas intéressé par le dossier. Lors d'une conversation téléphonique avec le directeur général d'Hersant, ce dernier aurait affirmé: "le cabinet de Montebourg m'a harcelé pour me convaincre. Quand je leur ai dit que je n'avais pas d'argent, ils m'ont dit que la BNP paierait 100%", raconte Bernard Tapie, qui dit avoir été le témoin de cette conversation diffusée sur haut-parleurs devant "une dizaine d'avocats et de banquiers".

Pour Bernard Tapie, il est "incompréhensible qu'un ministre fasse du forcing" dans ce type de dossiers, qui plus est purement privé. "Montebourg veut choisir les entreprises, les plans d'action, c'est une vision nord-coréenne de l'économie", tonne l'homme d'affaires aux multiples casquettes.

Malgré l'appel de la direction de GHM lui demandant de maintenir son offre, Bernard Tapie exclut désormais de revenir dans ce dossier. "Que les choses soient claires: je n'y suis plus et je ne veux plus y être! Je n'ai pas envie que tout ça tourne au débat: pour ou contre la prise de contrôle de Tapie dans l'affaire Hersant?"

Bernard Tapie dément également avoir l'intention de briguer la marie de Marseille en 2014, une ambition qui aurait été facilitée par le contrôle de plusieurs journaux de la région PACA.

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Marseille a besoin de tout..., sauf de Tapie ! LePoint.fr – 21 décembre 2012 8.00 http://fr.news.yahoo.com/marseille-besoin-sauf-tapie-072000246.html

Pour Hervé Gattegno, le rachat des journaux du groupe Hersant par l'homme d'affaires est le prélude à un come-back politique.

Bernard Tapie fait son retour à Marseille en prenant le contrôle des journaux du groupe Hersant, au premier rang desquels La Provence et Nice-Matin. À deux ans des municipales, ce come-back inquiète le monde politique local - et vous avec. Votre parti pris : Marseille a besoin de tout..., sauf de Tapie !

Voilà des mois qu'on ne parle, à propos de Marseille, que de faits divers sanglants, de policiers véreux, d'élus corrompus, de plans sociaux et de désastres économiques... C'est évidemment un terreau propice au populisme, donc un terrain favorable pour Bernard Tapie. Cela dit, on sait d'expérience qu'il n'est porteur d'aucune solution à ces problèmes. Tapie a toujours brandi les valeurs collectives pour servir ses intérêts particuliers. Alors, c'est vrai, il a des points communs avec cette ville : un charme assez fascinant, le sens du spectacle, de l'énergie, mais aussi la mauvaise réputation, le côté canaille. Précisément ce avec quoi Marseille doit absolument en finir.

Pour vous, il n'y a aucun doute ? C'est forcément le premier pas vers une candidature de Bernard Tapie à la mairie en 2014 ?

Il jure que non. Donc, il est certain qu'il ne pense qu'à ça ! Il avait dit aussi que son offre de reprise était retirée. On a vu ce qu'il en était... Tapie, on le connaît : il a toujours été un homme pressé, souvent un homme pressant, jamais un homme de presse. On ne l'imagine pas monter un coup pareil juste pour diriger des journaux, ni même pour gagner de l'argent. Surtout, la situation politique est idéale pour lui : la droite de Jean-Claude Gaudin est exsangue, le PS est discrédité par les affaires Guérini, aucun nouveau leader ne s'impose, et le FN est fort, mais il n'a pas de candidat crédible. Pour Tapie, la Canebière n'a jamais autant ressemblé à un (...) Lire la suite sur LePoint.fr

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Affaire Lagarde-Tapie : perquisitions aux domiciles de Bernard Tapie et de Stéphane Richard Le Monde.fr | 24.01.2013 à 08h56 • Mis à jour le 24.01.2013 à 10h18 Par Gérard Davet et Fabrice Lhomme

L'affaire Lagarde-Tapie a connu une brutale accélération, jeudi 24 janvier au matin. Les policiers de la brigade financière ont mené, à Paris, deux spectaculaires perquisitions, aux domiciles de Bernard Tapie et de l'actuel PDG de France Télécom, Stéphane Richard. Les enquêteurs ont agi sur commission rogatoire de trois juges du pôle financier parisien, Serge Tournaire, Guillaume Daïeff et Claire Thépaut, qui conduisent depuis septembre 2012 une information judiciaire ouverte initialement pour "usage abusif de pouvoirs sociaux et recel de ce délit" au préjudice du Consortium de réalisation (CDR), la structure créée en 1995 afin de gérer le passif du Crédit lyonnais après sa quasi-faillite.

Cette procédure vise les conditions dans lesquelles a été réglé l'arbitrage du conflit entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais, le CDR étant soupçonné d'avoir favorisé les intérêts de l'homme d'affaires dans le cadre de la procédure d'arbitrage mise en œuvre fin 2007 afin de mettre un terme au litige l'opposant à la banque publique dans le cadre de la cession d'Adidas. En juillet 2008, un tribunal arbitral avait accordé un total de 403 millions d'euros à M. Tapie.

La veille des deux perquisitions, mercredi, les juges de droit commun, qui travaillent en concertation avec les magistrats de la Cour de justice de la République (CJR), ont obtenu du parquet de Paris l'extension de leur saisine aux faits de "détournement de fonds publics" et de "faux".

M. TAPIE A ÉTÉ REÇU À DE NOMBREUSES REPRISES PAR M. SARKOZY

L'enquête pourrait aussi éclabousser Nicolas Sarkozy, président de la République au moment des faits. Selon nos informations, le juge Jean-Michel Gentil, chargé à Bordeaux de l'affaire Bettencourt, dans laquelle l'ex-chef de l'Etat est témoin assisté, a récemment transmis aux magistrats de la Cour de justice une copie de certains agendas de M. Sarkozy susceptible d'éclairer leur enquête.

Il apparaît que sur la période-clé 2007-2008, M. Tapie a été reçu à de nombreuses reprises par M. Sarkozy, d'abord au ministère de l'intérieur, puis à l'Elysée, une fois ce dernier élu président de la République, en mai 2007. L'homme d'affaires, proche de M. Sarkozy, a appelé à voter pour lui lors des élections présidentielles de 2007 et 2012. Les agendas transmis par M. Gentil attestent également de rencontres entre M. Sarkozy et Pierre Mazeaud, l'un des trois arbitres (avec Pierre Estoup et Jean-Denis Bredin) choisis pour trancher le litige.

Entendu par les enquêteurs, M. Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel, a assuré avoir cessé toute relation avec Nicolas Sarkozy lorsque ce dernier annonça en janvier 2009 son projet de suppression des juges d'instruction.

Par ailleurs, les enquêteurs ont désormais entre les mains une lettre anonyme, expédiée dans une enveloppe à entête du ministère des finances. Ils aimeraient bien en connaître l'auteur. Ce courrier a été adressé à François Bayrou. Dans cette missive, dont le président du Modem a confirmé au Monde l'existence, le "corbeau" assure que Mme Lagarde ne saurait être tenue responsable d'une procédure qui lui aurait été imposée par l'ex-avocat de M. Tapie, Jean-Louis Borloo (éphémère ministre des finances entre mai et juin 2007) et Nicolas Sarkozy. "C'était une 'note blanche' que j'ai immédiatement transmise à la justice", explique M. Bayrou.

L'enquête des trois juges est le pendant de l'instruction ouverte, en août 2011, par la CJR pour "complicité de détournement de biens publics" et "complicité de faux", procédure qui vise explicitement l'actuelle patronne du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, qui était à l'époque des faits ministre de l'économie et qui avait, via le directeur de son cabinet, Stéphane Richard, donné son feu vert à un arbitrage privé, puis refusé d'exercer un recours contre la sentence alors que plusieurs spécialistes l'y encourageaient.

CHRISTINE LAGARDE PROCHAINEMENT CONVOQUÉE

La pression devrait maintenant s'accroître sur les épaules de Mme Lagarde, qui sera prochainement convoquée par la CJR, sous un statut qui reste à déterminer (témoin assisté ou mise en examen). Dans son rapport de saisine de la CJR, en mai 2011, Jean-Louis Nadal, alors procureur général près la Cour de cassation, avait mis en avant "l'implication personnelle de la ministre" dans le dossier, l'accusant d'avoir "constamment exercé ses pouvoirs ministériels pour aboutir à la solution favorable à Bernard Tapie".

Dans la plus grande discrétion, l'homme d'affaires a fait parvenir le 28 juillet 2012 aux magistrats de la CJR, par l'entremise de son avocat Me Maurice Lantourne, un mémorandum destiné à démontrer que "la saisine de la Cour de justice est irrégulière". Selon le conseil de M. Tapie, les neuf parlementaires socialistes – parmi lesquels figurait Jean-Marc Ayrault –, plutôt que s'adresser à M. Nadal, auraient dû saisir, en avril 2011, "la commission des requêtes, qui était seule compétente pour recevoir leur plainte". Par ailleurs, selon Me Lantourne, "cette plainte était irrecevable puisque les plaignants n'ont subi aucun préjudice personnel". Enfin, l'avocat observait que, dès octobre 2009, M. Ayrault avait été débouté par le tribunal administratif de Paris de sa requête en contestation de la décision de Mme Lagarde. "En conséquence, M. Ayrault ne pouvait saisir une juridiction pénale des mêmes faits", selon Me Lantourne. Gérard Davet et Fabrice Lhomme

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Bernard Tapie se dit disponible pour aider Hollande Le Monde | 30.04.2013 à 07h28 • Mis à jour le 30.04.2013 à 09h56 http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/04/30/bernard-tapie-se-dit-disponible-pour-aider-hollande_3168535_823448.html

Au lendemain des annonces de François Hollande destinées à séduire les entrepreneurs, Bernard Tapie, l'ancien repreneur d'entreprises en difficulté, ancien ministre de François Mitterrand, soutien de Nicolas Sarkozy et désormais patron de presse sort du bois, dans le Parisien, pour proposer son aide à François Hollande. Pour lui, "le président de la République a compris que les chefs d'entreprise sont le vrai moteur de l'économie. Pour un chef d'entreprise, la confiance, c'est 50 % de son succès".

Il rappelle qu'en 1986, il a "à la demande de François Mitterrand, animé en 1986 une émission de télé pour insuffler l'esprit d'entreprendre aux jeunes". Selon Bernard Tapie, les patrons français "doivent retrouver [l'] ambition [de se battre sur les marchés à l'étranger] en améliorant leur compétitivité et en sortant des produits innovants."

"C'EST PAS LE PRÉSIDENT, C'EST LE PAYS QUI EST DANS LA MERDE"

Il se dit prêt à aider le président comme il l'a déjà fait sous François Mitterrand. "J'ai reproché à la gauche de se réjouir des échecs de Sarkozy et je suis épouvanté de voir que la droite c'est pareil. On annonce 500 000 chômeurs de plus et les mecs sablent le champagne. C'est pas le président, c'est le pays qui est dans la merde. Alors, je suis prêt à apporter ma contribution pour que le pays aille de mieux en mieux. A qui que ce soit, à Moscovici ou au ministre de la ville que j'aime beaucoup."

Une information judiciaire contre X a été ouverte à Paris en septembre 2012 sur la décision de Bercy de recourir à un arbitrage dans le contentieux entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais sur la vente litigieuse d'Adidas par la banque en 1993. L'arbitrage avait été rendu en faveur de M. Tapie.
Le tribunal arbitral, instance privée, avait condamné en juillet 2008 le Consortium de réalisation, gérant le passif du Crédit lyonnais, à verser à l'homme d'affaires 285 millions d'euros d'indemnités, dont 45 millions à titre de préjudice moral (400 millions d'euros avec les intérêts).

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Bernard Tapie : "Abattu" et "ruiné" Francetv info Mis à jour le 04/12/2015 | 23:14 , publié le 04/12/2015 | 23:14 http://www.francetvinfo.fr/politique/affaire/bernard-tapie/bernard-tapie-abattu-et-ruine_1206221.html
Bernard Tapie, dans les colonnes du journal Le Monde, se dit "abattu" et "ruiné", 24 heures après l'arrêt de la cour d'appel de Paris qui lui demande de rembourser 405 millions d'euros.

24 heures après l'arrêt de la cour d'appel de Paris, la première réaction de Bernard Tapie - contraint à rembourser 405 millions d'euros - a été publiée par le journal Le Monde. L'homme se dit "abattu" et "ruiné" tout en s'interrogeant sur "la haine" qu'il inspire, selon lui, aux magistrats. Il ajoute : "Je suis ruiné. RUI-NE. Ruiné de chez ruiné. Plus rien. Tout va y passer. Tout".

"Pourquoi tant de haine ?"

L'homme d'affaires affirme aujourd'hui ne pas être en possession de la totalité de l'argent que la justice lui demande : "Je n'ai pas touché ces 405 millions d'euros, clame-t-il. C'est ahurissant, la justice me demande de rembourser des sommes astronomiques que je n'ai même pas touchées. Pourquoi tant de haine ? Parce que vraiment, quand on lit le jugement, on sent que je leur ai inspiré de la haine aux magistrats".

Bernard Tapie a d'ores et déjà fait savoir qu'il comptait mener l'affaire devant la cour de cassation, ce qui ne le dispense toutefois pas de devoir rembourser la somme demandée.

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Vu des Etats-Unis. Affaire Tapie : l’horizon politique de Christine Lagarde s’assombrit Courrier international - Paris Publié le 18/12/2015 - 13:05

Christine Lagarde a été renvoyée le 3 décembre devant la Cour de justice de la République pour “négligence” dans l’affaire Tapie. Une nouvelle qui aura de lourdes conséquences pour la suite de la carrière de la directrice du FMI.

Quatre ans que Christine Lagarde a pris les rennes du FMI, à la suite de Dominique Strauss-Kahn, balayé par l’affaire du Sofitel. Quatre ans que “l’affaire Tapie pend au-dessus de sa tête comme une épée de Damoclès”, écrit USA Today, qui rappelle les contours du dossier : l’homme d’affaires Bernard Tapie, qui s’estimait lésé dans la vente d’Adidas au Crédit lyonnais en 1994, a introduit un recours et s’est vu attribuer en 2008 la somme de plus de 400 millions d’euros d’argent public, en dédommagement.

Un poste pratique et prestigieux

L’affaire a pris un tour moins favorable ces derniers mois, puisqu’elle s’est retrouvée au centre d’une enquête pour escroquerie en bande organisée. Bernard Tapie a été condamné le 3 décembre à rembourser la somme perçue et c’est le 17 décembre que Christine Lagarde, ancienne ministre française de l’Economie et actuelle directrice du FMI, s’est vu signifier son renvoi devant la Cour de justice de la République pour négligence.

USA Today estime que ce renvoi constitue aussi une certaine menace pour l’avenir de Lagarde à la tête de l’institution. Et ce alors que de sérieuses interrogations se posaient déjà sur sa direction, notamment à cause de l’octroi par le FMI de “prêts exceptionnels dans les plans d’aide à l’Ukraine et à la Grèce”, ce qui a “directement profité aux entreprises et banques européennes”.

En outre, “son mandat expire l’année prochaine et la question s’est posée de savoir si elle serait reconduite ou si le FMI abandonnerait finalement, face à la pression, la tradition d’être dirigé par un Européen” – tandis qu’habituellement la Banque mondiale est gérée par un Américain. En soixante-neuf ans d’existence du FMI, les Français ont occupé ce poste, à la fois prestigieux et utile, quarante ans durant, note le journal :
Dominique Strauss-Kahn considérait le poste au FMI comme un tremplin vers la candidature qu’il aurait dû présenter à la présidentielle française de 2012. Quant à Lagarde, elle aurait envisagé de se présenter en 2017.”

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Affaire Tapie : Christine Lagarde renvoyée devant la Cour de justice de la République Par Le Point.fr Publié le 17/12/2015 à 16:14 - Modifié le 17/12/2015 à 17:38 | Le Point.fr

L'ex-ministre des Finances et actuelle présidente du FMI va être jugée pour négligence pour son rôle joué dans l'arbitrage accordé à Bernard Tapie.

La patronne du FMI Christine Lagarde a été renvoyée en procès devant la Cour de justice de la République (CJR) pour son rôle, quand elle était ministre de l'Économie, dans l'arbitrage controversé à plus de 400 millions d'euros accordé à Bernard Tapie en 2008, a indiqué jeudi à l'Agence France-Presse une source judiciaire. Christine Lagarde avait été mise en examen pour négligence dans ce dossier. Le ministère public avait requis un non-lieu, mais la commission d'instruction n'a pas suivi ces réquisitions, selon cette source, confirmant une information d'i>Télé et de Mediapart. Christine Lagarde va contester devant la Cour de cassation cette "décision difficilement compréhensible" selon elle, alors que le ministère public avait requis un non-lieu.

Le FMI a confirmé jeudi continuer d'apporter "sa confiance" à sa directrice générale, malgré son renvoi devant le tribunal. Le conseil d'administration du FMI, qui représente ses 188 États membres, "continue d'avoir confiance dans les capacités de la directrice générale d'assumer efficacement ses fonctions", a déclaré le porte-parole de l'institution, Gerry Rice, dans un communiqué.

Présumée innocente

À la tête du FMI depuis juillet 2011, Christine Lagarde avait été mise en examen pour "négligence" dans ce dossier, qui porte sur la décision d'arbitrage qui avait accordé en 2008 404 millions d'euros à Bernard Tapie en réparation du préjudice subi lors de la revente d'Adidas. Depuis l'ouverture du volet ministériel de l'enquête en août 2011, le FMI a toujours réaffirmé sa confiance dans Christine Lagarde, dont le mandat arrive à échéance en juillet prochain et qui s'est récemment dite ouverte à l'idée d'en briguer un second. "Le conseil d'administration continuera d'être informé sur cette affaire", a ajouté Gerry Rice, dans un communiqué.

L'ancienne ministre de l'Économie a également reçu le soutien du ministre français des Finances, Michel Sapin, qui a rappelé qu'elle pouvait rester à son poste car "elle est présumée innocente", a-t-il affirmé à New York.

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Bernard Tapie annonce revenir en politique Home ACTUALITE Flash Actu Par Le Figaro.fr avec agences Mis à jour le 20/12/2015 à 07:02 Publié le 20/12/2015 à 06:55

Bernard Tapie annonce dans Le JDD qu'il a "décidé de revenir en politique", mettant en avant ses "succès passés face au FN" et un "plan" contre le chômage des jeunes.

"J'ai décidé de revenir en politique" vu le "signal d'alarme" du résultat des régionales, affirme l'ancien ministre de la ville sous François Mitterrand. Il estime que "le pire a été évité grâce au désistement des candidats socialistes, qu'il faut saluer". Mais il indique également que cela ne durera pas "éternellement". "Or, personne ne peut contester mes succès passés face au FN, notamment aux européennes de 1994".

Il dit vouloir "mettre sur pied, d'ici à fin janvier, un premier projet pour la remise en activité de tous les 18 à 25 ans" et remettre ce "plan aux chefs de groupe de l'Assemblée nationale, du Sénat, et aux ministères concernés". François Hollande et Manuel Valls pourraient-ils mettre en place un "plan Tapie"? "Bien sûr s'il est bon !", rétorque l'intéressé.

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