Histoire de la gauche caviar, Laurent Joffrin, Robert Laffont, Paris, 2006
Dominique Strauss-Kahn

03 avril 2008 : Népotisme ? Frère et belle-soeur à Washington ?
20 janvier 2008 : Paris mutualité. Forum socialiste "de la rénovation" : Ségolène, coucou me revoilà !
28 septembre 2007 : Directeur général du FMI, un siège "doré" pour l'ancien étudiant communiste (comme Bernard Kouchner) aujourd'hui riche membre de la "gauche" caviar internationale
10 juillet 2007 : Proposé par Nicolas Sarkozy pour le FMI et accepté par l'Union Européenne ; Poutine présente un candidat Tchèque ...
30 juin 2007 : Ukraine, au congrès du Yalta European Strategy, avec le sarkoziste Pierre Lellouche (Challenges, 5 juillet 2007, P. 19)
17 juin 2007 : Législatives, 2ème tour, élu avec 55,47 % des exprimés
06 mai 2007 : La défaite de Ségolène (47% des exprimés, malgré les traîtres et les ralliés à Sarkozy, mitterrandiens, jospinistes ...), est une "défaite très grave", dit DSK, prêt à la remplacer ? ...
09 février 2007 : Un nouvel impôt pour son "ancienne" adversaire (chausse-trappe, piège ?)
16 novembre 2006 : Echec : 20, 69% des militants socialistes choisissent DSK, qui sonne la "mobilisation totale contre la droite"
10 novembre 2006 : Un "coup de Jarnac" ? DSK essaie de mobiliser les profs contre Ségolène ?
19 octobre 2006 : Légère remonté du social-démocrate dans les sondages
15 octobre 2006 : Préféré de la gauche caviar
29 septembre 2006 : Candidat à Sarcelles, porté par la communauté
30 juillet 2006 : DSK fraternise avec les "sans-papiers" ; muet sur la guerre d'Israël au Liban, contrairement à Ségolène Royal ?
13/14 juillet 2006 : DSK critique François Hollande et attaque violemment Jacques Chirac, qui condamne l'intervention israélienne au Liban ...
04 Juillet 2006 : Des blogs, avant les vacances, dans son palais de Marrakech avec Anne Sinclair
Juin 2006 : Il attaque Lionel
Mai 2006 : 365 jours pour convaincre
Mars 2006 : DSK, s'appuyant sur les manifestations de rue anti-CPE (entre 500 000 et 1 500 000 manifestants de gauche) lance un appel à Jacques Chirac (élu en 2002 par 25,5 millions de français, de droite et de gauche, et disposant d'une majorité parlementaire démocratiquement élue).
17 février 2005 : DSK, oubliant ses propres affaires, attaque Hervé Gaymard sur son appartement de 600 m2
12 Février 2005 : DSK l'atlantiste chante l'international pour doubler Hollande
Novembre 2004 : Haro sur Fabius
Octobre 2004 : DSK tapi sous le "oui"
Mai 2004 : DSK pour les gays sans restrictions
Décembre 2003 : DSK pour davantage d'immigrés en politique
Novembre 2003 : Avec Laurent Fabius, vers la présidentielle de 2007, le beau show
Décembre 2002 : Me Strauss-Kahn pour ou contre Attac ?
Encore la cassette Mery

Juin 2002 : Me Strauss-Kahn réélu député socialiste avec 55, 01% des voix
Paris, 21 avril 2002, 21 heures : Me Strauss-Kahn votera pour Jacques Chirac
Paris, 19 avril 2002 : Cassette Méry, non-lieu pour DSK
Paris, 10 avril 2002 : Chirac est un menteur
Libération, 15 novembre 2001 : Ce n'est pas parce que l'ancien ministre a été relaxé que les faits révélés par notre enquêtrice sont faux.
Paris, 07 novembre 2001 : Me Strauss-Kahn relaxé
: Les leçons de l'affaire
Affaire Mnef, Me Strauss-Kahn plaide la bonne foi
Paris, 02 octobre 2001 : Non-lieu pour Strauss-Kahn dans l'affaire Elf
Paris, 28 juin 2001 : DSK échappe à la Cour de justice de la République
Paris, 31 mai 2001 : Le parquet requiert la saisine de la Cour de justice contre Me Strauss-Kahn sur le dossier Lagerfeld
Sarcelles, 1er avril 2001 : Me Strauss-Kahn est élu député

Paris, 11 février 2001 (AFP) : Retour programmé de Dominique Strauss-Kahn en politique, par Pierre FAVIER
- Annoncé depuis plusieurs semaines par ses amis et par diverses interventions publiques, le retour en politique de Dominique Strauss-Kahn est désormais programmé pour le printemps.

L'ancien ministre des Finances sera en effet candidat à une législative partielle dans le Val d'Oise, vraisemblablement à la fin mars, une fois que sa suppléante aura officiellement démissionné lundi de son siège de député, ainsi qu'elle l'a indiqué au Parisien-Dimanche.

Dans cette circonscription acquise à la gauche, M. Strauss-Kahn devrait aisément retrouver son mandat parlementaire et par là même une tribune politique, lui dont le brio des interventions au Palais Bourbon impressionnait ses amis comme ses adversaires politiques.

Démissionnaire du gouvernement en novembre 1999, avant sa mise en examen dans l'affaire de la MNEF, mis en examen dans le dossier Elf et visé par une information judiciaire concernant la cassette-vidéo de Jean-Claude Méry impliquant Jacques Chirac dans le financement présumé occulte du RPR, M. Strauss-Kahn, a donc décidé revenir sur le devant de la scène publique.

A un an d'échéances politiques décisives, il apparaît que sa décision n'a pu être prise qu'avec l'aval de Lionel Jospin dont il est un fidèle et un proche, écouté depuis plus de vingt ans.

De fait, DSK pourrait être l'une des pièces maîtresses dans le dispositif politique du chef du gouvernement à l'approche de l'élection présidentielle.

Reconnu pour sa compétence en matière économique et financière, pour son habileté politique et ses liens tissés à Bercy avec les grands argentiers de la planète, M. Strauss-Kahn peut être d'une grande utilité, en matière programmatique mais aussi dans le débat électoral, pour le candidat Jospin.

Signal
Au Parti socialiste, DSK est de surcroît un élément de poids dans la "galaxie jospino-rocardienne" face à un Laurent Fabius, fort de son autorité sur l'empire de Bercy.

Le signal de son retour envisagé avait été perçu dans les propos tenus, en octobre 2000 à la télévision, par le chef du gouvernement lui-même. Ce jour-là, et tandis que cette perspective n'était pas encore à l'ordre du jour, le chef du gouvernement lui avait rendu un hommage appuyé, en le plaçant parmi les socialistes "susceptibles de devenir Premier ministre" et même "présidentiables".

Dès lors, les signes allaient se multiplier. Début novembre, DSK disait dans une tribune publiée dans Le Monde son espoir de revenir "un jour" à la politique. Au mois de janvier il se faisait plus précis : "2001 est une année politiquement importante. Je souhaite pouvoir, à ma modeste place, y reprendre un peu mon rôle".

Engagé dans la campagne municipale à Sarcelles, M. Strauss-Kahn est désormais bel et bien présent dans le débat politique. Il s'est exprimé la semaine dernière à Paris dans un colloque sur l'Europe avant d'être l'invité d'un banquet républicain au côté du candidat socialiste à la mairie de Paris, Bertrand Delanoë.

Là, comme dans plusieurs autres réunions électorales, il a eu droit de la part de ses camarades militants, élus ou ministres en exercice, à des brassées de compliments sur son action passée et d'encouragements pour son rôle futur.

Ainsi, celui dont l'avenir politique paraissait compromis il y a moins de deux ans et que certains de ses amis avaient un temps effacé de leur mémoire, semble sur le point de revenir au coeur du dispositif socialiste.

Le retour de ce poids lourd de la "jospinie" s'accomplit alors que la concurrence de Martine Aubry et Elisabeth Guigou -elles aussi proches de Lionel Jospin- focalise déjà l'attention des observateurs.

Pourtant une inconnue et un risque demeurent : quel sort la justice réservera-t-elle à DSK?

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Le 25 mars 2001 DSK obtient 43,75% des voix au premier tour de la législative partielle de Sarcelles. Mais les abstentions sont de 66,47%.
Le 1er avril (et oui !), les abstentions étant de 66,44%, DSK est élu avec 53,89% des exprimés (soit 18,08% des inscrits).

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Le parquet requiert la saisine de la Cour de justice contre M. Strauss-Kahn sur le dossier Lagerfeld "arrangement". Le Monde, 31 mai 2001, p. 11

La section financière du parquet de Paris a requis, mercredi 23 mai, la saisine de la Cour de justice de la République pour instruire d'éventuelles infractions de "corruption passive" et de "concussion", "susceptibles d'être reprochées à Dominique Strauss-Kahn", à propos du dossier fiscal du couturier Karl Lagerfeld. L'enquête du juge Brisset-Foucault paraissait pourtant avoir repoussé le soupçon d'un

Le calvaire judiciaire de Dominique Strauss-Kahn continue. Déjà poursuivi dans l'enquête sur l'ancienne Mutuelle des étudiants de France (MNEF) et dans l'un des volets de l'affaire Elf, l'ancien ministre de l'économie et des finances (1997-1999), actuel député (PS) du Val-d'Oise, pourrait avoir à s'expliquer devant la Cour de justice de la République (CJR) à propos de son intervention sur le dossier fiscal du couturier Karl Lagerfeld. La section financière du parquet de Paris a requis, le 23 mai, la saisine de la haute juridiction pour instruire sur d'éventuelles infractions de "corruption passive" et de "concussion" -le fait pour un responsable public d'accorder des exonérations indues-, "susceptibles d'être reprochées à M. Strauss-Kahn en tant que ministre d'Etat, pour avoir été accomplies dans l'exercice de ses fonctions ministérielles".

Les services du procureur avaient été sollicités, le 21 mai, par le juge d'instruction Marc Brisset-Foucault, chargé de l'enquête sur les conditions d'enregistrement et de divulgation de la cassette de Jean-Claude Méry, l'ex-financier occulte du RPR décédé en 1999. Dans une ordonnance de vingt-deux pages, le juge énumérait les "faits nouveaux"qu'il dit avoir rassemblés et qui pourraient, selon lui, motiver "des investigations supplémentaires"de la commission d'instruction de la CJR.

Après la publication du témoignage de M. Méry, dans Le Monde des 22 et 23 septembre 2000, son avocat fiscaliste, Alain Belot, avait avoué avoir remis à M. Strauss-Kahn - dont il avait été le collaborateur à l'Assemblée nationale - l'original de l'enregistrement, le 6 avril 1999, lors d'un entretien consacré à un autre de ses clients : Karl Lagerfeld. De cette concomitance est né le soupçon d'un "arrangement", publiquement évoqué d'emblée par l'hebdomadaire L'Express (Le Monde du 26 septembre 2000), mais que l'enquête du juge Brisset-Foucault, ouverte pour "soustraction de documents" et "trafic d'influence", paraissait avoir nettement relativisé.

Dénonçant un "acharnement judiciaire", M. Strauss-Kahn a déclaré au Monde avoir "demandé à -ses- services de traiter ce dossier en suspens depuis de longues années" et s'être "conformé mot à mot à la solution recommandée par l'administration". Plusieurs documents ont, de fait, attesté l'intervention personnelle du ministre sur le feuilleton qui opposait le couturier au fisc depuis 1982. Au terme d'une transaction conclue au mois d'août 1999, M. Lagerfeld avait vu le montant de ses redressements réduit de 93,5 à 43,3 millions de francs.

Interrogé le 4 avril en qualité de témoin assisté, M. Strauss-Kahn s'était " insurgé contre l'idée selon laquelle le dossier de M. Lagerfeld aurait bénéficié d'un traitement particulier, aussi bien lié à -ses- liens antérieurs avec M. Belot qu'à l'existence de -la- cassette". Mais hormis cette dénégation, l'ordonnance de M. Brisset-Foucault se borne à recenser les pièces fiscales et notes internes saisies, sans mentionner aucune des explications fournies aux enquêteurs par les hauts fonctionnaires des finances interrogés, qui ont tous écarté la responsabilité du ministre dans le règlement du dossier Lagerfeld.

"GARANTIR LES INTÉRÊTS DE L'ÉTAT"
L'ancien chef de la "cellule fiscale" de Bercy a ainsi affirmé avoir lui-même "fait passer au ministre une note proposant le principe d'une transaction" qui fut "approuvée"par M. Strauss-Kahn. L'ancien chef du service chargé du dossier Lagerfeld à la direction générale des impôts (DGI) a, pour sa part, évoqué les divergences d'appréciation entre les services fiscaux et le cabinet du ministre, apparues sous le ministère d'Alain Lamassoure (UDF), prédécesseur de M. Strauss-Kahn (1995-1997). Evoquant les "risques juridiques"des procédures contentieuses entreprises contre M. Lagerfeld, ce fonctionnaire a assuré avoir "considéré que seul un règlement transactionnel -...- était susceptible de garantir les intérêts de l'Etat", certifiant que l'accord final, contraire aux propositions initiales de la DGI, avait été "rigoureusement conforme" à l'avis finalement exprimé par lui devant les conseillers du ministre.

Archives et témoignages attestent par ailleurs que M. Lamassoure était intervenu, dès 1995 et "à la demande de la présidence de la République", pour diminuer les montants réclamés au couturier de 60,2 à 10 millions de francs. Dans son ordonnance, le juge Brisset-Foucault évoque d'ailleurs des "décisions ministérielles" susceptibles d'avoir été entachées de "concussion", sans plus de précision. Le réquisitoire du parquet, lui, ne mentionne que le nom de M. Strauss-Kahn. "Je constate qu'à chaque fois que la pression des "affaires" monte sur M. Chirac, on me fait revenir en première ligne, nous a déclaré l'ancien ministre. Je commence à en avoir ras le bol." Si le procureur général entérine l'avis du parquet, la première victime judiciaire des accusations posthumes de Jean-Claude Méry sera socialiste.

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DSK échappe à la Cour de justice
La Cour de cassation estime que son dossier ne justifie pas la saisine de la CJR

La Cour de justice de la République (CJR) ne sera pas saisie du dossier de Dominique Strauss-Kahn. Le procureur général de la Cour de cassation, Jean-François Burgelin, a estimé qu’en l’état du dossier de Dominique Strauss-Kahn, « manquaient les indices pour justifier une saisine de la CJR du chef de concussion ».
La justice soupçonnait DSK d’avoir accordé une remise fiscale exorbitante – on parle de 160 MF (24,39 Md’E) – au couturier Karl Lagerfeld.
L’ancien ministre de l’Economie et des Finances était par ailleurs soupçonné par le procureur de la République de Paris, Jean-Pierre Dintilhac, d’avoir concédé cette exonération pour qu’Alain Belot, l’avocat de M. Lagerfeld et ancien conseiller de DSK, lui remette en contrepartie la cassette Méry.
Une analyse qu’avait réfutée le procureur général de la cour d’appel de Paris, Jean-Louis Nadal, qui a conclu le 12 juin à « l’absence d’un pacte préalable » entre MM. Strauss-Kahn et Belot.
De ce fait, il excluait toute poursuite pour « corruption passive » à l’encontre de l’ancien ministre. Un avis partagé par le procureur général de la Cour de cassation, Jean-François Burgelin.
Poursuivi par ailleurs dans l’un des volets de la Mutuelle nationale des étudiants de France (MNEF), DSK sera jugé, début octobre, par le tribunal de Paris.
Il est aussi mis en examen dans le volet des emplois fictifs du dossier Elf pour « l’emploi » dont aurait bénéficié l’une de ses secrétaires.

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Non-lieu pour Strauss-Kahn dans l'affaire Elf

PARIS (Reuters) [2001-10-02 20:39] - La juge d'instruction Eva Joly a prononcé un non-lieu en faveur de Dominique Strauss-Kahn dans l'enquête sur la société Elf, où l'ancien ministre de l'Economie était mis en examen pour "complicité et recel d'abus de biens sociaux" , tandis que se tient à Paris son procès dans une autre affaire, celle de la Mnef.

Eva Joly a ainsi suivi les réquisitions du parquet.

Il était reproché à Dominique Strauss-Kahn, mis en examen dans ce dossier en janvier 2000, d'avoir fait salarier en 1993 sa secrétaire, Evelyne Duval, par une filiale suisse de la société pétrolière, Elf Aquitaine International, pour un montant total de 192.000 francs.

Le non-lieu étant confirmé, l'ancien ministre n'est plus concerné que par un dossier judiciaire: il est poursuivi pour "faux et usage de faux" dans un des volets de l'enquête sur la Mutuelle nationale des étudiants de France (Mnef). Le procès s'est ouvert lundi à Paris.

Dans l'affaire Elf, Evelyne Duval, secrétaire de "DSK" au ministère du Commerce de 1991 à 1993, avait travaillé ensuite avec l'argent d'Elf pour le "Cercle de l'industrie", une association rassemblant des grands noms du patronat et animée par Dominique Strauss-Kahn.

La secrétaire aurait aussi effectué quelques tâches mineures pour le compte de son ancien patron.

Le parquet de Paris estimait que le versement de cet argent ne constituait pas un "abus des biens sociaux" d'Elf car il était assimilable, selon lui, à une avance de cotisation de la société pétrolière au Cercle de l'industrie. Elf est devenu membre de l'association en 1994.

Par conséquent, selon le parquet, Evelyne Duval devait bénéficier d'un non-lieu et Dominique Strauss-Kahn ne pouvait être poursuivi pour complicité ou recel d'un délit qui n'existerait pas.

Le parquet soulignait que, par ailleurs, rien dans l'enquête ne permet de prouver que Dominique Strauss-Kahn ait donné des instructions pour qu'Evelyne Duval soit embauchée par Elf.

En juin dernier, le procureur général de la Cour de cassation avait décidé de classer le troisième dossier où "DSK" était inquiété.

Il était soupçonné, là, d'avoir accordé un dégrèvement fiscal indu en 1999 au couturier Karl Lagerfeld, en échange de la remise par l'avocat de ce dernier de la cassette vidéo de la "confession" posthume de Jean-Claude Méry.

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02 octobre 2001, Mnef : Me Strauss-Kahn plaide la bonne foi

Alors que le dossier Elf s'éloigne, DSK, poursuivi pour "faux et usage de faux" dans le dossier de la Mnef, plaide sa cause devant le tribunal correctionnel de Paris. Fait exceptionnel, la présidente du tribunal a exprimé ouvertement ses réserves sur la solidité de l'accusation.
Alors même que Dominique Strauss-Kahn s’efforce de démontrer sa bonne foi dans l’affaire MNEF, le dossier Elf s’éloigne. La juge d'instruction Eva Joly a rendu mardi, sans surprise, une ordonnance de non-lieu pour l'ancien ministre de l'Economie dans l'affaire Elf, suivant les réquisitions du parquet.

Dominique Strauss-Khan. Agé de 52 ans, cet avocat, ex-ministre de l'Economie, est poursuivi pour faux et usage de faux pour avoir antidaté des documents justifiants son rôle dans les négociations entre la Mnef et la Générale des eaux
Olivier Spithakis, L'ancien directeur général de la Mnef (45 ans) comparaît dans les deux volets. Il est poursuivi pour faux et usage de faux pour dissimuler l'intervention de DSK. Il est aussi mis en cause dans la vente de l'immeuble rue Tiphaine.
Philippe Plantagenest, L'ancien directeur de cabinet d'Olivier Spithakis (49 ans) aurait mis en doute la réalité du travail de DSK et fait état de lettres antidatées, dont une qu'il aurait rédigée lui-même.

Le même jour DSK a reconnu devant le tribunal correctionnel de Paris avoir commis une "erreur" de date dans les documents qu'il a fournis à la justice dans le cadre de l'affaire MNEF, tout en niant toute volonté de mentir. Il lui est reproché d'avoir fourni à la justice quatre documents - dont trois de sa main - pour justifier son rôle dans les négociations entre la MNEF et la CGE entre 1994 et 1996. L'un des documents est une facture datée de 1994, alors qu'elle a été rédigée en 1995. L'ancien ministre, poursuivi pour "faux et usage de faux", a expliqué avoir en réalité modifié une facture de 1994, en omettant de remettre la date exacte.

"Des erreurs dans la date, c'est exact. Ce n'est pas très malin et je ne sais pas quoi en dire, mais je ne vois pas le problème que cela pose. Certes, ce n'est pas glorieux sur le caractère artisanal de ma production de factures, mais la seule explication, c'est l'erreur", a-t-il déclaré. Fait exceptionnel, la présidente du tribunal a exprimé pour sa part ses réserves sur la solidité du dossier de l'accusation. "On est quand même un peu dans le flou, je vous le dis comme je le pense, M. le procureur", a-t-elle lancé au chef du parquet financier, David Peyron, auquel elle a demandé à plusieurs reprises de préciser ses questions à l'ancien ministre de l'Economie.

Une erreur dans la date
Lors de cette seconde journée d'audience, l'ancien locataire de Bercy, qui s'exprimait pour la première fois depuis le début du procès, a donné sa version sur son travail pour le compte de la MNEF. "Mon rôle était de montrer à la Compagnie générale des eaux (rebaptisée depuis Vivendi) qu'elle avait besoin d'un partenaire pour intégrer le marché des mutuelles. J'ai essayé de faire en sorte que l'affaire puisse se faire" alors que la MNEF était considérée par la CGE comme un "drôle d'animal", a expliqué l'ancien ministre.

La présidente Sophie Portier a interrogé par ailleurs l'ancien directeur de la MNEF Olivier Spithakis, et son directeur de cabinet Philippe Plantagenest, eux aussi poursuivis dans ce dossier. La justice soupçonne en particulier Olivier Spithakis d'avoir voulu cacher l'intervention de DSK aux organes de contrôle de la MNEF, et d'avoir fait produire ces papiers lorsque des enquêtes ont été ouvertes. "Jamais l'IGAS (Inspection générale des affaires sociales) ni la cour des comptes n'ont souhaité entendre Dominique Strauss-Kahn sur cette affaire. On nous reproche d'avoir fourni ces pièces pour les donner à l'IGAS, et on nous dit que l'IGAS ne les a jamais eu. On ne comprend plus rien", ont ironisé Lef Forster et Jean Weil, avocats de Dominique Strauss-Kahn.
Tf1.news, Mis en ligne le 03 octobre 2001.

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Le cas Strauss-Kahn divise les juges

UN LÉGER SOURIRE, un petit hochement de tête. Hier, à 13 h 30, Dominique Strauss-Kahn peut définitivement souffler. La 11ème chambre du tribunal correctionnel de Paris vient de le relaxer des délits de « faux et usage de faux » pour lesquels il était poursuivi dans l'affaire de la Mnef. A l'énoncé du jugement, lu par la présidente du tribunal, Sophie Portier, la salle ne peut réprimer un murmure pesant.

L'ensemble des prévenus de cette affaire, qui portait également sur les conditions « douteuses » de rachat d'un immeuble par la Mnef, situé rue Tiphaine (Paris XV e ), sont également « blanchis ». Parmi eux, Olivier Spitakhis, ancien directeur général de la mutuelle, poursuivi dans d'autres volets de l'affaire Mnef, qui a effectué cinq mois de détention provisoire.
Comment expliquer un tel « camouflet » judiciaire ? La réponse tient en 37 pages, celles qui constituent le jugement du tribunal. Les termes sont sévères. En conclusion, les magistrats écrivent : « Il aurait été préférable, avant que d'engager le débat judiciaire public, de s'interroger sur les limites de l'application de la règle de droit. » En clair, cela signifie que tant les juges d'instruction que le parquet auraient dû davantage réfléchir avant de renvoyer cette affaire devant le tribunal ! Quelques lignes explicitent ce fiasco judiciaire. Le tribunal a tenu ainsi à souligner que « le procureur de la République, bien que les débats n'aient apporté aucun élément nouveau par rapport à ceux qui avaient été recueillis au cours de la procédure de l'instruction, a estimé, s'agissant des poursuites exercées des chefs de faux et d'usage de faux, devoir s'en remettre à l'appréciation du tribunal, après avoir précisément détaillé les motifs juridiques faisant, selon lui, obstacle à toute déclaration de culpabilité ».

Là aussi, le constat est sévère. Cela signifie que le parquet, qui avait décidé d'engager les poursuites « personnellement » contre DSK, puis de le renvoyer devant le tribunal, a fait une analyse totalement erronée par rapport à celle du représentant du parquet au moment de l'audience, alors que le dossier est rigoureusement identique ! Une simple question d'« appréciation » personnelle, avait expliqué à l'audience le premier substitut, David Peyron, chef de la section économique et financière, qui était pourtant déjà en poste à la galerie financière au moment du renvoi de DSK en correctionnelle.... « Cheminement laborieux »
Dans leur jugement, les magistrats ne manquent pas non plus d'égratigner les juges d'instruction du pôle économique et financier. A la page 26, ils qualifient le travail de leurs collègues de « cheminement laborieux (...) pour suivre les méandres de la prévention » avant de demander la relaxe d'Olivier Spithakis. Quelques pages plus loin, l'un des passages de l'ordonnance de renvoi des juges, concernant la prestation de DSK pour le compte de la Mnef, est considéré comme un « motif (...) qui confine à l'absurde puisqu'il n'est pas démontré, ni même suggéré, que Dominique Strauss-Kahn aurait pu percevoir d'autres honoraires ».

Avant même la lecture de ce jugement, l'avocat de DSK, Jean Veil, s'est empressé de constater les dégâts : « Ce jugement nous interpelle sur l'efficacité du Code de procédure pénale et de l'instruction à la française ». Sur France 2, l'ex-ministre de l'Economie n'a pas caché hier soir son amertume : « Deux ans, c'est long. J'ai trouvé ça injuste (...). Dès que la justice s'intéresse à vous, on est coupable. » Cependant, il sort la tête haute et « endurci ».
De son côté, Olivier Spitakhis n'a pas caché non plus sa satisfaction : « C'est la preuve que la justice existe (...). Il faut que cela serve de réflexion sur les pratiques judiciaires. Je suis persuadé que des gens ont voulu faire tomber DSK et j'ai été emmené avec lui. » ASSEMBLEE NATIONALE, HIER. Dominique Strauss-Kahn sourit. Il a été relaxé un peu plus tôt des délits de « faux et usage de faux » pour lesquels il était poursuivi dans l'affaire de la Mnef.
Christophe Dubois, Le parisien, 8 novembre 2001

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Les leçons de l'affaire *

A l'origine, l'affiche était alléchante: la Mnef, de sulfureuse réputation, et Dominique Strauss-Kahn, étoile du PS. L'enquête avait démarré tambour battant, en 1999, sur une rémunération de 603-000 francs perçue en février 1997 par DSK. La somme, versée par la Mnef, correspondrait à la prestation de l'ancien ministre, alors avocat, décisive pour parachever un accord entre la Mutuelle et la CGE.
Or les documents attestant de cette intervention sont manifestement antidatés. La police soupçonne une affaire de fausses factures destinées à «couvrir» un emploi fictif dont aurait bénéficié l'homme politique pendant sa traversée du désert (1993-1997).

L'ordonnance de renvoi, signée par le juge Riberolles, semble, dans un premier temps, accréditer cette hypothèse séduisante. Un peu plus loin dans le même document, virage à 180°: «L'information a ainsi pu démontrer l'existence d'une prestation de Dominique Strauss-Kahn en contrepartie des honoraires à lui versés par la Mnef en février 1997.» Le magistrat semble se rattraper avec des poursuites pour «faux et usage de faux», dont on sait désormais quel sort elles ont connu devant le tribunal. Le procureur de la République de Paris, Jean-Pierre Dintilhac, qui dépend hiérarchiquement de la Chancellerie alors dirigée par Elisabeth Guigou, avait pourtant signé un réquisitoire visant nominativement DSK...

En relaxant Dominique Strauss-Kahn et les autres protagonistes du dossier, le tribunal semble donc d'abord avoir jugé les magistrats instructeurs et le procureur de la République de Paris. Et ce jugement résonne comme un redoutable désaveu de l'institution. Désaveu que ne manqueront pas d'utiliser devant l'opinion d'autres personnalités poursuivies dans d'autres procédures.

Chacun savait que les charges qui valaient à DSK d'être renvoyé devant le tribunal correctionnel étaient minces. Pour les observateurs, la relaxe dont bénéficie aujourd'hui l'ancien ministre des Finances semblait de longue date inéluctable.

Si pour beaucoup DSK, après le dossier Elf (il a bénéficié d'un non-lieu pour l'emploi fictif de sa secrétaire) et l'affaire Lagerfeld (il a échappé à un renvoi devant la Cour de justice de la République), apparaît comme un miraculé, la XIe chambre correctionnelle a tourné hier une page capitale dans un feuilleton des affaires vieux d'une douzaine d'années.

En désavouant les juges d'instruction et en réhabilitant de façon spectaculaire un homme politique de premier plan, les magistrats ont renversé une tendance. A l'évidence, leur jugement, qui risque de semer un peu plus la confusion dans une opinion déjà désorientée par la multiplication des procédures, ne manquera pas d'être très exploité.

Au sein de l'institution judiciaire, tout d'abord, où l'on saura désormais rappeler les magistrats instructeurs à plus de rigueur dans leur démarche juridique. Par les hommes politiques, ensuite, dont certains se réjouiront - bien à tort - de la défaite essuyée par ces «petits juges» qui leur ont causé tant de soucis. Par les contempteurs de la presse, enfin: la responsabilité des médias a été dénoncée par le tribunal et les avocats de DSK; ils répondront qu'ils étaient tout autant dans leur rôle en rapportant, hier, les soupçons qui pesaient contre DSK qu'en relatant, aujourd'hui, sa relaxe.
* Eric Decouty et Stéphane Durand-Souffland, lefigaro.fr, Publié le 7 novembre 2001

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Ce n'est pas parce que l'ancien ministre a été relaxé que les faits révélés par notre enquêtrice sont faux.

Dominique Strauss-Kahn, «Libération» et la justice

A quoi rêvent ceux qui se scandalisent qu'un mis en examen puisse être déclaré non coupable? A une justice parfaite qui ne connaîtrait que des coupables?

Il est devenu de bon ton, depuis que Dominique Strauss-Kahn et les cinq autres prévenus du premier procès de la Mutuelle nationale des étudiants de France (Mnef) ont bénéficié le 7 novembre dernier (2001) d'une relaxe, de stigmatiser le comportement de la presse. Utilisée sinon manipulée par certains juges d'instruction peu scrupuleux et partisans, elle entraverait les voies d'une justice sereine en «mettant en examen médiatiquement» tel ou tel bien avant qu'il n'ait officiellement à répondre de ses actes. Bref, à entendre certains commentateurs, pas mal d'avocats et surtout beaucoup d'hommes politiques de tous bords mais tous bons apôtres, la presse serait complice de juges enivrés de leurs nouveaux pouvoirs, en faisant battage des seuls éléments à charge d'un dossier à l'instruction pour persuader l'opinion publique, avant même une mise en examen, de la culpabilité d'un éventuel prévenu.

L'expression «mise en examen médiatique» résume bien ce procès qui nous est fait. Elle est de Marylise Lebranchu. La ministre de la Justice l'a utilisée au lendemain de la relaxe de Dominique Strauss-Kahn ajoutant même que dans cette affaire la «mise en examen médiatique» avait eu lieu «un an avant» la mise en examen judiciaire. Ce dernier détail a son importance, en tout cas pour nous. Il signifie en effet que la ministre de la Justice visait Libération. C'est en effet Libération, grâce au travail de son enquêtrice Armelle Thoraval, qui a, dès juillet 1998, «sorti», comme on dit dans notre jargon, l'affaire des 600 000 francs touchés par Dominique Strauss-Kahn en 1997, alors qu'il était avocat-conseil, pour avoir facilité l'entrée de la CGE (aujourd'hui Vivendi) dans un des holdings de la Mnef. Dominique Strauss-Kahn, qui a eu tout loisir de s'expliquer dans nos colonnes, ne sera mis en examen pour faux et usage de faux que le 15 décembre 1999, après avoir démissionné de son poste de ministre de l'Economie le 2 novembre de la même année.

Ce bref rappel suffit à prouver qu'il n'y a eu aucune collusion entre Libération et Armelle Thoraval d'un côté et quelque juge d'instruction que ce soit de l'autre. Le nom de Dominique Strauss-Kahn a été cité dans l'affaire de la Mnef à la suite d'une enquête longue et sérieuse d'Armelle Thoraval, dont le premier volet a été publié très exactement le 7 avril 1998, sous le titre «L'obscure gestion à tiroirs de la Mnef», le parquet de Paris n'ouvrant une information judiciaire dans l'affaire de la Mnef que six mois plus tard.

Précisons à l'usage de nos détracteurs qui feignent de nous prendre pour des agents occultes de la justice, que ledit parquet n'a pas été saisi par Libération, mais par la Cour des comptes qui enquêtait sur les dysfonctionnements de la Mnef; ils ont aussi travaillé à partir des rapports de l'Inspection des affaires sociales et de la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales d'Ile-de-France, qui mettaient également en cause le fonctionnement de la Mnef.

Ajoutons à destination de ceux qui voudraient utiliser la relaxe de Dominique Strauss-Kahn à des fins d'intimidation de la presse et de la justice que Libération ne s'est jamais comporté en procureur dans cette affaire mais en journal d'information animé par son seul sens critique et civique. Et c'est bien parce que notre enquête sur la Mnef menaçait dès le début de mettre au jour des pratiques peu conformes à l'éthique que l'appartement de notre collaboratrice Armelle Thoraval a fait l'objet à l'automne 1998 d'une visite, et elle-même et ses proches de filatures prolongées. Plainte a d'ailleurs été déposée conjointement par Armelle Thoraval et Serge July, directeur de la publication de Libération, contre les auteurs de ces faits, dont un détective privé. Ce dernier a affirmé avoir agi sur instruction d'Olivier Spithakis, l'ancien directeur de la mutuelle étudiante, qui nie avoir passé une telle commande.

Autre sujet d'étonnement, l'antienne de ceux qui se scandalisent qu'un mis en examen puisse être déclaré non coupable. A quoi rêvent-ils? A une justice parfaite qui ne connaîtrait que des coupables? Un tel système a existé, la justice soviétique pour laquelle tout prévenu ne pouvait être que coupable.

Ce n'est cependant pas parce que la justice a jugé non condamnables les faits rapportés et avérés en ce qui concerne Dominique Strauss-Kahn qu'ils deviendront, comme d'un coup de baguette magique, moralement et politiquement acceptables. Les critères de la justice ne peuvent pas être et ne seront jamais ceux de la morale et du politique, mais les critères de la morale et du politique resteront les nôtres. A chacun sa mission. C'est bien pourquoi, sans contester les conclusions de la justice, nous persistons à penser que Dominique Strauss-Kahn s'est laissé aller, dans son comportement, à un mélange des genres extrêmement regrettable pour l'ancien ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur puis des Finances qu'il fut.
Par JACQUES AMALRIC, Jacques Amalric est directeur de la rédaction de «Libération», Le jeudi 15 novembre 2001, p. 12.

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Cassette Méry : pourquoi DSK a été blanchi

AFFAIRES. L'ordonnance de non-lieu met fin à un scénario rocambolesque impliquant ministre et faux facturier.

L'avocat Alain Belot avait remis l'enregistrement des confidences de Jean-Claude Méry à Dominique Strauss-Kahn. Il est le seul a être renvoyé devant le tribunal correctionnel pour violation du secret professionnel.

Si les déclarations posthumes de Jean-Claude Méry, le faux facturier présumé du RPR, font toujours l'objet d'investigations (désormais conduites par le juge Armand Riberolles), l'enquête visant l'enregistrement et la révélation de la fameuse cassette est désormais définitivement close. Vendredi, le juge Marc Brisset-Foucault a prononcé un non-lieu en faveur du journaliste Arnaud Hamelin, de l'avocat Allain Guilloux, ainsi que de Dominique Strauss-Kahn, dernier détenteur connu de la cassette. Seul l'avocat fiscaliste Alain Belot, qui avait remis l'enregistrement à DSK, est renvoyé devant le tribunal correctionnel pour violation du secret professionnel.
Mais au-delà de cette décision, le juge, dans une ordonnance de douze pages, recense les différents aspects de l'affaire que son instruction n'a pas permis d'élucider, concernant notamment le rôle réel ou supposé de l'ancien ministre de l'Economie.

« La poursuite visait le fait, par Dominique Strauss-Kahn, de n'avoir pas remis à l'autorité judiciaire la cassette portant sur l'enregistrement réalisé par Jean-Claude Méry, rappelle ainsi le magistrat. Il n'est pas contesté que Dominique Strauss-Kahn ait, pendant un temps non déterminé, détenu matériellement ladite cassette. (...)

Dominique Strauss-Kahn a toujours affirmé qu'il n'avait pas visionné la cassette que lui avait remise Alain Belot, et qu'il l'avait égarée dans des circonstances sur lesquelles il est resté évasif. (...) Aucun élément concret » ne permet d'affirmer que DSK « ne dit pas la vérité », écrit-il. Et à la question de savoir s'il a vu ou fait visionner la cassette, « il n'y a qu'Alain Belot pour le dire ».

Pour autant, le juge d'instruction insiste sur certaines déclarations de DSK, notamment lorsqu'il a reconnu au fil de l'enquête avoir effectivement dit à Alain Belot qu'il avait « fait analyser la cassette ». Mais il lui aurait alors menti, et, d'après DSK, ce faux aveu n'aurait été qu'« un stratagème, d'après lui fréquent chez les hommes politiques, pour se débarrasser » des importuns.

Et le juge d'instruction de conclure sur ce chapitre dans les mêmes termes que le procureur de la République de Paris : « Si la destruction revendiquée par Dominique Strauss-Kahn ne laisse pas de surprendre, force est de constater que la procédure ne réunit pas les charges suffisantes à son encontre, permettant d'affirmer que sciemment il aurait fait disparaître une pièce à conviction. »

Beaucoup plus claire est en revanche la conclusion de l'ordonnance sur un éventuel trafic d'influence qui aurait vu la remise de la cassette à DSK contre un arrangement fiscal favorable au couturier Karl Lagerfeld. « L'information n'a pas permis de réunir contre quiconque d'éléments à charge suffisants », écrit le juge. Quant à savoir si Me Alain Belot a tenté de corrompre Dominique Strauss-Kahn en lui donnant l'enregistrement de Méry le 6 avril 1999, après avoir discuté des difficultés fiscales de Karl Lagerfeld, Marc Brisset-Foucault conclut là encore par un non lieu.

Mais au passage, il reprend dans son ordonnance les termes du procureur de la République, qui écrivait dans son réquisitoire : « La quasi-concomitance, le 6 avril 1999, de la discussion sur le cas fiscal de Karl Lagerfeld depuis la remise de la cassette, si elle permet une nouvelle fois de s'étonner, pour l'un des participants de l'imprudence d'avoir associé ces deux éléments, pour l'autre de la légèreté de l'avoir accepté, n'autorise pas (...) d'affirmer la volonté de conclure un pacte corruptif. »

Reste la violation du secret professionnel, en l'occurrence la divulgation de la cassette de Jean-Claude Méry. Outre Dominique Strauss-Kahn, le journaliste Arnaud Hamelin, qui avait recueilli le témoignage de Méry, et l'avocat fiscaliste Allain Guilloux sont là encore totalement blanchis.

Alain Belot est en revanche renvoyé devant le tribunal pour avoir, selon le juge, « trahi le pacte de confiance qui unit l'avocat à son client » en remettant la cassette Méry à DSK. Le magistrat souligne à ce sujet que l'avocat a confié l'enregistrement « à un ministre qui est une personnalité d'un parti politique adverse de celui de Jean-Claude Méry (...).

» MaîtreBelot remet donc la cassette à un adversaire de son client. (...) Il sait donc que cette cassette, dont il connaît le contenu, peut être exploitée politiquement par celui auquel il la remet, et il le fait avec l'intention que cette cassette soit regardée et exploitée ». Autant d'éléments sur lesquels Alain Belot devra donc s'expliquer à la barre du tribunal.
lefigaro.fr, Eric Decouty, [19 avril 2002]

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Pour Dominique Strauss-Kahn, « tout ce que dit Jacques Chirac est faux »

Extrait : « L'HOMME de la vérité doit gagner les prochaines élections », estimait Laurent Fabius dans un texte, « Les atouts de la vérité », publié par la fondation Jean-Jaurès fin février.
Il faut croire que le conseiller spécial de Lionel Jospin dans la campagne à l'élection présidentielle a été entendu.
Le mot d'ordre aujourd'hui dans les rangs socialistes est univoque : « Tout ce que dit Jacques Chirac est faux », n'hésitait pas à dire Dominique Strauss-Kahn, lundi 8 avril au cours d'une conférence de presse ...
VIRGINIE MALINGRE, Le Monde, 10 avril 2002.

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Strauss-Khan "partage" l'analyse des mouvements antimondialisation

L'ancien ministre de l'économie Dominique Strauss-Kahn a déclaré samedi "partager" l'analyse des mouvements antimondialisation sans en tirer pour autant les mêmes conclusions qu'eux.

"La différence avec Attac et les mouvement antimondialisation est moins sur l'analyse que sur les conséquences à en tirer et les mesures à prendre", a dit M. Strauss-Kahn à la presse à l'issue d'une rencontre nationale du PS sur le thème: "Quelle régulation pour l'économie en France, en Europe et dans le monde".

Cette réunion se tenait au moment où les militants d'Attac étaient réunis pour les assises de leur mouvement à La Rochelle.

"La contestation de ce qui se passe, ce qui s'est passé à Florence par exemple, je la partage sur beaucoup de points. La question sur laquelle il peut y avoir divergence est : que faut-il faire après, quelles sont les mesures à prendre ?", a-t-il expliqué.

Qualifiant d'"irréalistes" ceux qui "disent il faut tout refuser" et de "non efficaces" certaines propositions formulées par ces mouvements, il a jugé que d'autres pouvaient en revanche être "efficaces".

"Nous portons aujourd'hui l'idée d'une taxation au niveau mondial" pour l'aide au développement, a précisé Bernard Soulage. Jugeant que "la taxe Tobin pose un gros problème de faisabilité", il a évoqué d'autres pistes comme une taxation des émissions de CO2 ou des mouvements maritimes, avancée par les Verts.

"Six mois après le 21 avril, la gauche dans son ensemble et le PS se remettent du coup qu'ils ont pris sur la tête", a par ailleurs estimé M. Strauss Kahn.

Jugeant que "la période de deuil" est "derrière nous", il a mis en avant "une volonté de relever la tête, de faire des propositions".

Un document sur le bilan Jospin a été remis aux participants, 150 selon les organisateurs. Après validation, il devrait être rendu public prochainement, a indiqué M. Soulage.
PARIS (AFP), 30 Novembre 2002 19h12

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Cassette Méry : Belot, seul prévenu
L'avocat comparaît pour avoir remis la bande à DSK. Retour sur les faits.

C'est une affaire de cassette «abracadabrantesque» qui ne fait plus trembler qu'un homme. Un avocat fiscaliste qui avait pour client un certain Jean-Claude Méry, promoteur immobilier, mais surtout collecteur de fonds pour le RPR. Me Alain Belot, poursuivi pour «violation du secret professionnel», comparaissait hier devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour avoir remis la cassette originale des confessions posthumes de Jean-Claude Méry à Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de l'Economie, en avril 1999. Et ce, sans en avoir reçu l'instruction, deux mois avant la mort de Méry. DSK a égaré la cassette, sans même la visionner. Me Belot est seul sur le banc des prévenus. Deux acteurs essentiels sont dans le public. Son ancien associé et ennemi, Allain Guilloux, qui l'a désigné comme le détenteur de l'original de l'enregistrement. Et le journaliste Arnaud Hamelin, venu filmer Méry, qui a donné, le premier, l'adresse du cabinet d'avocats.

La présidente Viviane Bourgeois reprend les faits. En 1994, à l'incarcération de Méry dans l'affaire des HLM, Me Belot n'a fait que gérer des dossiers fiscaux pour le promoteur, qu'il connaît peu. «En prison, des personnes lui avaient dit qu'il fallait qu'il se taise, raconte Belot, et qu'à sa sortie on lui déroulerait quasiment le tapis rouge. Mais non seulement les promesses n'étaient pas tenues, mais il faisait l'objet de menaces.» En décembre 1995, Méry est décidé à enregistrer une confession et demande à Belot s'il connaît «quelqu'un». Belot se tourne vers son associé Guilloux qui lui trouve Hamelin. On enregistre «un monologue» plus qu'une interview, rappelle la présidente. «Hamelin a remis la cassette à Méry qui me l'a donnée, en me disant : "Si un jour j'en ai besoin, je vous la demanderai."» Belot la met dans un coffre. Il soutient qu'il a agi en qualité d'«ami» plus que d'avocat. Un «ami» qu'il ne revoit plus guère jusqu'en 1998.

Entre deux matchs.

Cette année-là, c'est la Coupe du monde de football. Au cabinet Guilloux-Belot, on amène une télé. Entre deux matchs, on visionne la cassette Méry. «Guilloux m'avait dit que ça serait bien, en mesure de sûreté, qu'on en fasse deux copies, une pour lui et une pour moi.» «C'est l'erreur fatale, dit Belot, puisque au bout du compte c'est lui qui l'a remise au journal le Monde.» Le tribunal ne s'intéresse pourtant pas à cette divulgation au Monde, mais à la remise de la cassette à Strauss-Kahn. C'est le 6 avril 1999. Belot a rendez-vous avec le ministre ­ il a travaillé trois ans sous ses ordres ­ pour évoquer le dossier fiscal de Karl Lagerfeld, l'un de ses clients. «J'ai profité de ce rendez-vous officiel pour le voir dix minutes, explique l'avocat. J'ai sorti la cassette de ma poche : "Je te donne ça. Tu peux en faire ce que tu veux. Ça pourra t'intéresser."» Pour quelle raison ?, interroge la présidente. «Parce qu'elle me brûle les doigts, répond Belot. Je subis des pressions pour qu'elle soit vendue soit à un organe de presse, soit à un parti politique.» Il désigne son ex-associé. Plus tard, DSK dira à Belot qu'il «fait regarder», qu'il n'y a «rien de marquant». «C'était mon ancien patron, je suis allé vers lui ­ grosse erreur ­ pour qu'elle soit entre les mains de quelqu'un en qui j'avais confiance.»

«Foutue cassette».

Une juge assesseure reprend l'interrogatoire : «Dans quel but l'avoir donnée au ministre ?» «Ça pourrait lui être utile pour la Mairie de Paris, murmure Belot, dans le cadre d'une éventuelle campagne électorale.» L'avocat affirme que Méry, quelques mois avant, lui a annoncé sa maladie. «Il m'a dit que je pouvais en faire ce que je voulais.» Le procureur objecte : «La veille de son décès, Méry a précisé à sa femme que la cassette était en possession de Belot.» Trois mois après la mort de son mari, lorsqu'elle va voir l'avocat, Belot lui affirme que la cassette était «inexploitable» et qu'il l'a «détruite».

«Le 6 avril, reprend le procureur, non seulement vous avez remis la cassette, mais au même moment vous avez négocié l'imposition de votre client Karl Lagerfeld avec le ministre de l'Economie. Des questions se posent : Quel est le mobile ? Qu'est devenue cette foutue cassette ?» Questions sans réponse. D'autant que la Cour de cassation s'est refusée à transmettre le dossier DSK-Lagerfeld à la cour de justice. A l'encontre de Belot, donc, David Peyron requiert une peine de dix mois de prison avec sursis, une amende de 10 000 euros et deux ans d'interdiction d'exercer. Décision le 15 janvier.
Libération, Par Karl LASKE, jeudi 05 décembre 2002, p. 20

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Le show très réussi de DSK

Banquet, discours, orchestre et danse : DSK a proposé hier (21 novembre 2003) à ses amis du PS un show à l'américaine.

UN PORTRAIT dans chaque assiette montre un Strauss-Kahn souriant. L'invité vedette de la soirée a écrit de sa main, à l'encre rouge : « Merci de votre présence. C'est tous ensemble que nous construirons l'aternative ».
Hier soir, le Palais des sports d'Alfortville affiche complet lorsque DSK fait son entrée sous les projecteurs des télévisions avec une grosse heure de retard. Une panne du RER a compliqué, en effet, la venue des supporters parisiens ou du Val-d'Oise de l'ancien ministre des Finances de Jospin. Ambiance presque boîte de nuit. Le parquet du gymnase doit servir, après les discours, de piste de danse et, sur scène, le groupe les Enfants de la nuit entonne déjà un vieux tube de Hair : « Laissons, laissons entrer le soleil ».

Enfin Strauss-Kahn surgit, au côté de son épouse Anne Sinclair et de Jean-Paul Huchon, le président de la région Ile-de-France. DSK, qui a maigri de près de huit kilos, a retrouvé son punch. René Rouquet, le député et maire d'Alfortville, rappelle « l'enracinement du combat » dans une ville qui fêtera l'an prochain le centenaire de l'élection de son premier maire socialiste.
Après Huchon, alors que les convives se jettent sur saumon et crevettes, DSK attaque un discours qui se veut implacable pour le gouvernement. « Notre démocratie est fragilisée, lance-t-il. Le gouvernement ou, pour être plus précis, le gouvernement et le président de la République sont au coeur de cette dégradation ».
Comme pour ajuster le tir, l'élu de Sarcelles, qui n'oublie pas de faire référence à deux reprises à Jospin, ajoute : « J'avais choisi de laisser du temps avant de juger. Or, aujourd'hui, la France va mal, la France s'abîme, la France est en crise ». Il détaille ensuite ce qu'il considère comme « une accumulation de mesures de régression ». « Injuste », scande avec lui la salle alors que sont égrenées les critiques contre le bilan « édifiant, terrifiant accablant » du gouvernement.

« La France gronde »

Le moment fort : lorsque Strauss-Kahn s'adresse longuement et avec gravité au chef de l'Etat « au nom de cette partie de la France qui, pour refuser que le score de Jean-Marie Le Pen ne souille le visage de Marianne, a consenti à voter pour Jacques Chirac le 5 mai 2002 ».
« Ne voyez-vous pas qu'un nouveau 21 avril menace ? Ne voyez-vous pas, dans ses profondeurs, la France qui gronde ? Ne voyez-vous pas que la cohésion sociale se délite chaque jour davantage ? Ne voyez-vous pas, jusque dans votre camp, ceux qui renâclent et ceux qui refusent » ? Alors, d'une voix forte, DSK (qui ne prononcera jamais une fois le nom de Sarkozy) appuie ses mots : « Monsieur le président, il faut changer de gouvernement, et il faut surtout changer de politique avant qu'il ne soit trop tard. Prenez vos responsabilités ».
Sous les sunlights, le palais des sports acclame alors son champion. Il demande à tous d'être « fiers d'être socialistes ». Et la foule reprend : « Fiers d'être socialiste, fiers d'être socialistes... » Hier soir, à Alfortville, le PS a retrouvé des couleurs.
Philippe Martinat, Le Parisien, samedi 22 novembre 2003, p. 5

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DSK a faim d'Elysée
Meeting, colloque, Michel Drucker, etc.
Objectif: contrer Fabius pour l'investiture socialiste de la présidentielle 2007 (et devenir le premier président non catholique de la Vème République)

Il hausse le rythme sans enfourcher de moto, s'astreint à un régime mais n'apprécie pas les carottes râpées et préfère le plateau de Michel Drucker à celui de la Star Ac' : Dominique Strauss-Kahn, le candidat anti-Fabius, se jette dans le tour de chauffe élyséen. Deux éléments ont achevé de convaincre DSK de se lancer : le surplace de Hollande, incapable, à ses yeux, de redonner du souffle au PS, et l'accélération de Laurent Fabius, tout occupé à se relooker en vue de 2007. «Fabius s'est échappé du peloton, reconnaît un proche de Strauss-Kahn. Tout le monde s'est regardé et personne, à part Dominique, n'ose prendre sa roue.» Au vu du grand vide dont souffrent les socialistes depuis le retrait de Lionel Jospin, DSK s'est dit qu'après tout, lui aussi avait le droit de tenter sa chance : «Aujourd'hui, pour faire passer mes idées, je ne peux plus me reposer sur quelqu'un d'autre, comme au temps de Jospin, explique-t-il. Je dois donc les porter moi-même.» Convaincu que son ex-mentor, avec lequel il déjeune régulièrement, ne reviendra pas en piste, il attend que se dissipent les nuages de popularité qui portent les électrons libres Jack Lang, Bertrand Delanoë, voire Bernard Kouchner, à mesure qu'approchera l'échéance présidentielle. Dès lors, DSK est sûr que la compétition ne se jouera qu'entre les deux seuls postulants socialistes jugés, dans les sondages, crédibles pour la fonction : Fabius et lui-même.

Leitmotiv.
Dans ce but, cette fois, c'est sûr, DSK veut rompre avec l'image de dilettante qui lui colle à la peau et passer à plein temps. Et se débarrasser de ce statut d'intermittent de la politique toujours tenté d'aller voir ailleurs. Rien ne l'agace davantage que d'entendre seriner le leitmotiv selon lequel Fabius, lui, rêverait de devenir Président «depuis tout-petit». Strauss-Kahn veut le faire savoir : lui aussi a une grosse envie d'Elysée.

Pour le prouver, il va s'astreindre d'ici à Noël à «un petit mois de bataille pour préparer la grande», selon l'expression du député de Paris Jean-Christophe Cambadélis. Après un banquet pompeusement baptisé «de l'alternative» vendredi soir à Alfortville (lire ci-contre), Strauss-Kahn anime samedi un colloque de son club, A gauche en Europe, consacré aux «nouvelles inégalités», avant de participer le lendemain à un débat du Cercle Léon-Blum sur l'antisémitisme. Le dimanche suivant, 30 novembre, il sera l'invité de Michel Drucker à Vivement dimanche. «Une émission qui ne dévalorise pas la politique», confie DSK. Rien à voir, selon lui, avec celles de Thierry Ardisson ou de Marc-Olivier Fogiel où le passage de Fabius, qu'il a jugé raté, l'a conforté dans son refus de s'y produire.

Siamois.
Après les fêtes de fin d'année, le «DSK Tour» plongera dans la campagne des régionales. Pour aider ses camarades à affronter un «test national décisif», l'ancien locataire de Bercy est déjà invité dans une trentaine de villes. A ces virées provinciales il continuera d'adjoindre des escapades à l'étranger. Pour cultiver son appétence à jouer les têtes chercheuses cogitant sur l'avenir de la social-démocratie, mais aussi pour entretenir l'indispensable carnet d'adresses du présidentiable.

Si ce déploiement d'énergie lui permet de rattraper la foulée de Fabius, il restera alors à Strauss-Kahn à tenter de s'en démarquer. Jusqu'ici, les deux ex-ministres de l'Economie apparaissent surtout comme des frères siamois en «social-libéralisme». Les partisans de DSK insistent donc sur les nuances censées distinguer leurs passages respectifs à Bercy. A les écouter, leur champion se serait beaucoup plus soucié des catégories populaires. Son «volontarisme» pour soutenir la croissance, ses baisses d'impôts indirects (comme la TVA sur les travaux) ou sa croisade (avortée) pour supprimer la taxe d'habitation seraient autant de gages «de gauche» sans rapport avec la baisse de la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu fomentée par Fabius. Côté avenir, le dessein strauss-kahnien a pour nom... «réformisme de rupture», selon l'expression de l'ex-ministre Pierre Moscovici. «Le PS doit être un parti qui veut changer radicalement les choses dans la société, mais par des méthodes réformistes», explique Strauss-Kahn. Pour alimenter ce «nouveau cycle» de «l'identité socialiste», il aspire à jouer sur deux fronts : puiser dans tout ce que la gauche compte d'associations, de clubs ou de syndicats et apporter sa pierre à la lente édification d'un «parti de toute la gauche». Loin de la tactique d'un Fabius obnubilé par la mutation écologiste du PS, l'alliance avec les Verts et l'entretien d'un réseau d'affidés au sein du parti. Comme le reconnaît un proche de DSK : «Là-dessus, nous ne sommes pas compétitifs. Mais pour la présidentielle, ce n'est pas pertinent. Jospin en a fait la démonstration en 1995. La démarche de créer une machine de guerre serait sanctionnée par les militants.»

Réflexe.
Telle est, au final, l'intime conviction de DSK. S'il se pense bien placé pour décrocher la casaque socialiste en vue du Grand Prix du président de la République, c'est qu'il est sûr que Fabius ne sera jamais désigné par les militants. Restera à transformer le réflexe «TSF» (Tout sauf Fabius), en vogue chez les adhérents du PS, en «PPDSK» : Pourquoi pas DSK...
Libération, Par Renaud DELY et Didier HASSOUX samedi 22 novembre 2003, p. 13

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DSK veut plus de Français immigrés en politique
Dominique Strauss-Kahn veut reconquérir les quartiers populaires . (LP/MATTHIEU DE MARTIGNAC.)

«LES ELUS sont aujourd'hui désignés par une partie limitée de la population. » C'est sur ce constat que Dominique Strauss-Kahn a refermé, hier à Sarcelles, les premières rencontres nationales des quartiers populaires. Organisée par son club Socialisme et démocratie, cette réunion à laquelle participaient élus, universitaires et associatifs comme Fadela Amara, présidente de Ni putes ni soumises, avait pour objectif avoué : la reconquête des quartiers populaires.

« Laisser s'éloigner de la vie collective les habitants de ces quartiers, c'est prendre le risque de voir la République se désagréger demain », a-t-il ainsi lancé. Et pour éviter une telle dérive, celui qui ne cache pas son intérêt pour l'Elysée en 2007 privilégie une solution : faire davantage de place au moment des élections pour les Français immigrés.

« Faire preuve de volontarisme »

A quatre mois des régionales, le député du Val-d'Oise parle même de discrimination positive. Pour DSK, ce qui vaut pour l'école (donner plus de moyens aux zones d'éducation prioritaire) peut s'appliquer à la composition des listes.
« Je ne suis pas favorable aux méthodes de discrimination américaines fondées sur une base ethnique. Mais s'il faut donner plus de moyens aux défavorisés, pourquoi pas », lâche-t-il. Avant d'ajouter : « Ce n'est pas sûr qu'on le fasse, mais le PS devrait faire preuve de plus de volontarisme et arrêter de nommer des personnes qui, soi-disant, ont été très utiles au parti. »

Quelques minutes plus tôt, au cours d'une table ronde, Julien Dray, porte-parole du PS et député de l'Essonne, avouait les difficultés actuelles du parti à reconnaître « cette nouvelle génération de Français » : « On va devoir passer à l'acte. »
De son côté, l'un des intervenants, Julian Mischi, chercheur au CNRS, rappelait que, si la gauche dans les années 1970 avait été pour certains un moyen de promotion sociale, l'aventure s'était soldée par un échec, en dépit des efforts faits lors des municipales de 1995 : « Ce n'était qu'une promotion de façade, beaucoup de jeunes issus de l'immigration ont démissionné », regrette-t-il.
Depuis, le gouffre entre les électeurs des quartiers et les partis politiques, la gauche en particulier, n'a cessé de se creuser. Le résultat des dernières élections n'en est qu'une illustration.
Emeline Cazi, Le Parisien, lundi 08 décembre 2003

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(Mai 2004) Dominique Strauss-Kahn, PS, est favorable à l'ouverture du mariage aux gays: «Pour moi, l'adoption par un couple homo, c'est oui»

Il a fallu dix ans au Parti socialiste pour accoucher douloureusement du Pacs. Combien de temps pour le mariage gay et l'adoption par les couples homosexuels ? Déclenché à la mi-mars (2004) par une pétition réclamant l'égalité des droits civils reprise à son compte par le député vert Noël Mamère, qui a décidé de marier deux hommes dans sa mairie de Bègles le 5 juin, le débat sur la revendication de l'accès au mariage et à l'adoption a suscité des réactions inattendues: le ministre de la Justice, puis le Premier ministre et enfin le président de la République ont dans la même journée du 29 avril promis qu'ils allaient «améliorer» le Pacs.

Curieusement, ce «tout sauf le mariage gay» n'a pas provoqué de réactions dans les rangs du PS. La question gêne : inscrite à l'ordre du jour du bureau national le 4 mai, elle a été repoussée à deux reprises. Hier soir encore, la direction tergiversait. Laurent Fabius, numéro 2, se dit «pas choqué par l'idée».
Jack Lang, Bertrand Delanoë, Patrick Bloche, patron de la fédération de Paris, et Malek Boutih, secrétaire national aux questions de société, se sont publiquement prononcés pour. Silence radio en revanche du côté du numéro 1, François Hollande. Pour plusieurs députés PS, la «frilosité jospinienne» du premier secrétaire tient de la faute politique.

Dominique Strauss-Kahn, l'un des présidentiables, a décidé, il y a plusieurs semaines, de se démarquer. Lundi (10 mai 2004), un sondage publié par Elle lui donne raison : 64 % des Français sont favorables au mariage des gays, 49 % à l'adoption par un couple homosexuel (58 % chez les sympathisants de gauche).

Etes-vous favorable au mariage et à l'adoption pour des couples de même sexe ?

Oui. Ma conception du socialisme est que chacun doit pouvoir maîtriser son destin et qu'il faut lutter contre toutes les formes de discrimination. Les droits des homosexuels doivent être les mêmes que ceux des hétérosexuels. Le seul argument de la droite pour s'opposer au mariage des personnes de même sexe, c'est de dire que le mariage doit servir à la procréation.
Cela ne résiste pas aux faits : près de 50 % des enfants naissent hors mariage aujourd'hui et il y a, à l'inverse, énormément de couples mariés qui n'ont pas d'enfants. Le lien entre la procréation et le mariage a été rompu. Par conséquent, qu'est devenu le mariage ? Une déclaration d'amour solennelle entre deux êtres qui s'aiment et un contrat afin de protéger les intérêts et le patrimoine des conjoints.
Pour ma part, je ne vois aucune raison de l'interdire à deux personnes du même sexe. Quant à l'adoption, le problème est plus compliqué, car les résistances dans l'opinion seront plus fortes. C'est pourtant la question essentielle et il ne faudrait pas, au prétexte qu'on ouvre le mariage, fermer l'adoption.

L'adoption doit être regardée du point de vue de l'enfant plus que du point de vue des parents. Certains pensent que, par nature, il est dommageable pour un enfant d'être élevé par un couple homosexuel. Je considère que c'est une faute morale, et, sauf à ce qu'on me démontre le contraire, un non-sens scientifique.

L'orientation sexuelle ne détermine pas l'aptitude à élever un enfant. La réalité de l'homoparentalité aujourd'hui en est une illustration qui tord le cou aux idées reçues. Ce qui compte c'est le bonheur de l'enfant et son avenir, avec un couple hétérosexuel ou homosexuel. Sans compter que la réalité est encore plus brutale : pour l'enfant, la question c'est être adopté ou rester abandonné.

Sur l'adoption par un couple homosexuel, c'est oui ou peut-être ?

Posé comme cela, pour moi c'est oui. C'est oui, car il faut aller au bout de la lutte contre les discriminations. Néanmoins, il est indispensable de préparer la société par le débat. Cela ne veut pas dire qu'il faille obligatoirement suivre la société et attendre qu'il y ait une majorité. On n'aurait jamais aboli la peine de mort dans ces conditions.

Faire de la politique ce n'est pas suivre ce que veut l'opinion et en faire son programme ; c'est au contraire identifier l'intérêt général et travailler à le faire partager par l'opinion. C'est pour cela que je souhaite que le PS et la gauche prennent rapidement position.
En attendant, j'ai créé sur ces questions au sein de mon club «A gauche en Europe» un groupe de travail, présidé par Christophe Girard (adjoint vert à la mairie de Paris) qui comprend des pédopsychiatres, des juristes, des sociologues, des représentants des parents d'élèves... Ces travaux seront présentés dans le cadre d'un colloque, le 24 juin (2004).

Etes-vous prêt à célébrer un mariage homosexuel en mairie?

Noël Mamère et moi partageons le même objectif : l'égalité de tous les citoyens de la République. Simplement, pour changer la loi, je préfère la confrontation démocratique à la provocation juridique. Un grand débat sera plus utile qu'un coup d'éclat.

La question des droits des homosexuels est-elle une question à part pour vous ?

Non, elle est indissociable de l'avancée des libertés dans notre société. Les pays du Nord sont en avance. L'exemple espagnol, avec l'annonce de Zapatero sur le mariage des couples homosexuels, apporte la preuve que mêmes dans les pays du Sud plus traditionalistes, quand la gauche est au pouvoir, elle peut faire avancer les choses.

Selon vous, la différence entre droite et gauche ne se joue donc plus sur le terrain économique et social...

Aujourd'hui, tout le monde voit bien qu'il y a une différence entre la droite et la gauche dans le domaine social. La droite veut libérer le marché, alors que nous, nous voulons libérer l'homme et la femme, les mettre au coeur des préoccupations politiques. Ce clivage est tout aussi pertinent sur les questions de société. Nul n'oublie que la majorité de la droite se prononça contre l'avortement, le Pacs ou la pénalisation des propos homophobes. La droite se prononce aujourd'hui contre le mariage des couples homosexuels.

Il y a au PS un courant de pensée hostile au mariage en général, hétéro et homo...

Faire en sorte que les homosexuels puissent se marier, c'est aussi leur donner le droit de ne pas se marier.
Libération, Par Charlotte ROTMAN et Blandine GROSJEAN, mardi 11 mai 2004, p. 14

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Strauss-Kahn, l'outsider tapi sous le oui
L'ancien ministre mise sur l'usure de Hollande et Fabius dans leur duel au PS sur la Constitution européenne.

Dans son costume gris, ce mardi 19 octobre (2004) à l'Assemblée nationale, Dominique Strauss-Kahn ressemble à un matou tapi au bout de la table. A ses côtés, quatre de ses collègues députés rivalisent en longueur pour torpiller le budget de Nicolas Sarkozy. Quand arrive son tour, l'ancien ministre des Finances de Lionel Jospin se contente de quelques phrases assassines. Il se réserve pour la motion de renvoi du budget en commission qu'il doit défendre, deux jours plus tard, pendant une heure et demie dans l'hémicycle. Le dos rond le mardi, le torse bombé le jeudi : tout le DSK, version automne 2004, est là. Entre patience et impatience. Entre frein qu'il faut ronger et volonté d'en découdre.

Dominique Strauss-Kahn sait que la bagarre en cours entre partisans du oui et du non au traité constitutionnel européen lui impose une cure d'ombre. Depuis qu'ils ont pris chacun la tête d'un camp, François Hollande et Laurent Fabius en sont les héros. Résultat, avant l'été, DSK était déjà dans la position de l'outsider dans la course présidentielle interne au PS. Derrière Fabius et Hollande. Il l'est toujours. Mais il veut profiter du combat sans merci que se livrent les numéros 1 et 2 du PS pour se retrouver en position de challenger. Son pari est le suivant : il pense que ses deux rivaux laisseront nécessairement des plumes dans la bagarre. Si le non l'emporte, Fabius sera affaibli. Si le oui gagne, Hollande, certes renforcé, aura écorné son image de leader consensuel. Et le premier secrétaire devra dès lors assumer davantage la ligne «réformiste» définie au congrès de Dijon en mai 2003.

«Grande famille».
La semaine dernière à Lyon, lors d'un meeting, Strauss-Kahn a donc insisté sur le vrai «débat» qui sous-tend la campagne référendaire : «La question est de savoir si nous serons définitivement un parti réformiste. (...) Le PS est resté le seul grand parti torturé par ses démons du passé. Si le oui l'emporte, il rejoindra la grande famille sociale-démocrate.» Juste avant le meeting, le député du Val-d'Oise avait été encore plus clair : la consultation sur le traité constitutionnel est l'occasion de «refermer la fameuse parenthèse» gestionnaire ouverte en 1983 par la gauche au pouvoir. «Si le oui l'emporte, les choses seront claires. Nous ne serons plus obligés de nous cacher quand un communiste ou un gauchiste nous traitera de sociaux-traîtres.» Pour formaliser cette «étape décisive» qui fixera les lignes «pour des décennies», l'ancien ministre des Finances est d'ailleurs le seul à réclamer l'organisation d'un congrès après le référendum interne. «Le oui n'est pas anecdotique. On ne recommencera pas après comme avant», explique Bernard Soulage, vice-président de la région Rhône-Alpes.

Le projet 2007.
Si DSK solennise cet enjeu, c'est qu'il estime, une fois Fabius marginalisé, être le mieux placé pour incarner ce «réformisme de gauche». Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris, se rassure : DSK «mise sur son point fort, son image de producteur d'idées. On se retrouvera après la victoire du oui sur nos bases, pas sur celle des autres». DSK et ses amis soulignent, au passage, qu'ils squattent les équipes chargées d'animer le débat sur le projet pour 2007 (lire ci-contre). Et après avoir rédigé le rapport Prodi dans lequel il formule 50 propositions pour l'Europe, puis explicité sept exigences pour le projet socialiste, DSK publiera un plaidoyer pour le oui sous forme de «Lettre aux enfants d'Europe», au cours de la première quinzaine de novembre.

Cette stratégie n'empêche pas les atermoiements. Dans un premier temps, le député du Val-d'Oise a voulu obliger Hollande à «mutualiser le oui». Pour mieux partager les dividendes d'un succès après le 1er décembre. Depuis, DSK s'est fait une raison : la personnalisation étant inévitable, il fait contre mauvaise fortune bon coeur. Sa nouvelle ligne de conduite : jouer au bon élève du oui, en multipliant les déplacements de campagne. Quitte à supporter qu'Hollande tire la couverture à lui. Ce qui ne va pas sans accroc : DSK n'a pas apprécié que le premier secrétaire, qui avait promis de ne pas en être, ait pointé son nez à un meeting organisé à Paris, le 13 octobre, en présence de Poul Rasmussen, patron du Parti socialiste européen (PSE). Comme des prémices de la bagarre Hollande-DSK qui suivrait une victoire du oui.

C'est là qu'intervient la stratégie vis-à-vis de Fabius. Pendant cette campagne, DSK ne ménage pas son successeur à Bercy. A Lyon, il a ironisé sur «la sincérité» de certains partisans du non. Il a parlé de leurs arguments «infantiles de séances» : «C'est bon de dire non. Mon fils disait non. Ça lui a passé quand il a grandi.» Plus sérieusement mais tout aussi vachard, son entourage explique en petit comité que les tenants du non sont «fondamentalement opposés à la construction européenne».

Union et division.
Pourtant, après le 1er décembre, les amis de DSK assurent vouloir «tendre la main» à tous ceux qui se reconnaîtront dans la ligne réformiste qui se dégagera en cas de victoire du oui. Et donc à des fabiusiens libérés du corset de la posture tactique de leur mentor. Dans le Rhône, l'ancien ministre a évoqué le «talisman de l'union». «Attention à la division durable», prévient Cambadélis. Si «le oui change l'eau du bain», les trois mêmes bébés s'y retrouveront. Mais Hollande et Fabius auront davantage de savon sous les pieds pour en sortir les premiers.
Par Paul QUINIO, lundi 25 octobre 2004 (Liberation - 06:00), Libération, 25 octobre 2004, p.14

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(Novembre 2004) Le combat DSK-Fabius

Le 1er décembre (2004), les militants PS vont-ils dire oui ou non à la Constitution européenne ? Le suspense reste entier et la bataille fait rage.
La preuve : la publication de deux livres coups de poing. Les auteurs ne se font aucun cadeau.

AVOCAT DU NON, Laurent Fabius, après avoir hésité, avait décidé de reporter au printemps 2005 la parution du livre auquel il avait commencé de travailler en réunissant un certain nombre de ses discours. Un de ses thèmes-clés : évidemment l'Europe.
Et puis, il y a peu, l'ancien Premier ministre apprend, semble-t-il par une indiscrétion, que son rival Dominique Strauss-Kahn, avocat du oui, s'apprête à publier un essai pugnace, passionné et pédagogique pour plaider sa cause auprès d'une gauche rétive.

Le choc de deux livres

Aussitôt, Fabius décrète le branle-bas de combat, change son fusil d'épaule et, avec l'aide de quelques proches, entreprend de « boucler » au sprint un bouquin aussi enlevé et fiévreux que celui de DSK. Et, cette fois-ci, totalement centré sur l'Europe.

A l'arrivée, le résultat est, d'abord, amusant. Sous le titre « Oui. Lettre ouverte aux enfants d'Europe », Strauss-Kahn publie chez Grasset, sur 174 pages et pour 9 euros, un livre qui dit « oui au oui » et, pour qu'on le comprenne bien, « non au non ».
Il est dédié, notamment, à Léon Blum, « le socialiste qui, face à la pression communiste, exhortait les siens à être eux-mêmes ».
François Mitterrand y est présenté (page 163), comme un « homme d'exception ». Et, tandis qu'il est dit pis que pendre du discours gauchiste et des pratiques droitières de Guy Mollet (qui est visé ?), le bouquin démarre sur une formule digne de Pierre Mendès France : « Puisque nous voulons gouverner, il faut choisir. »
Les socialistes qui hésitent aujourd'hui sont priés de rester fidèles à eux-mêmes, donc à l'Europe.

Au même moment, sous un titre un tantinet gaullien (« Une certaine idée de l'Europe »), Fabius propose chez Plon, sur 125 pages (mais c'est en plus petits caractères) et pour 8 euros seulement, une philippique pas moins passionnée contre une Europe qui, « à force d'être molle », tourne le dos, nous dit-on, au projet des « pères fondateurs » (page 15), et où il n'est plus question (ou presque) que de « marché » et de « concurrence ».
Bref, on glisserait tout droit, si le oui devait l'emporter, vers une « Europe diluée, libérale et atlantique ». Ce faisant, Fabius affirme obéir à ses convictions (qui « ne datent pas d'hier ») et rester fidèle à la « grande figure de François Mitterrand » (page 65). Comme DSK, il invoque, après Hugo et Jaurès, l'héritage de... Blum.

Le choc des deux livres - Fabius répliquant à Strauss-Kahn - est passionnant et instructif.

1.
Plus la campagne avance, plus les positions, ce qui est logique, se radicalisent. DSK est désormais pour le oui à... 120 %. Et Fabius a oublié qu'il avait dit un moment « non, sauf si... ».
2.
La preuve est faite qu'un même texte peut nourrir deux analyses strictement contradictoires. Car, au-delà du « traité Giscard », c'est une vision globale de l'Europe que Fabius invite à sanctionner « la dilution, la division et la démission » tandis que DSK parie, lui, sur les dynamiques de l'Europe.
3.
Au terme du combat et quel qu'en soit le résultat, les deux protagonistes parviendront-ils à se retrouver, puis à se rassembler ? Les coups, aujourd'hui, pleuvent si dru qu'on peut - au moins - s'interroger. Même si les deux hommes, récusant le souverainisme, entendent tous les deux être classés dans la catégorie des européens... authentiques.
Dominique de Montvalon, Le Parisien, 5 novembre 2004, p. 6

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(12 février 2005) DSK chante l'international pour diriger le choeur du PS
Strauss-Kahn veut préempter la bataille du oui et attaque Chirac sur sa vision du monde.

Doubler Hollande, égaler Chirac.
Dans une mise en scène parfaitement orchestrée, Dominique Strauss-Kahn a tenté d'apparaître, samedi (12 février 2005), à la fois comme le dirigeant socialiste le plus en pointe pour prôner le oui à la Constitution européenne, et comme le prétendant le plus sérieux pour la présidentielle de 2007.

A l'occasion d'un colloque de son club «A gauche, en Europe» consacré aux «relations transatlantiques», il a réuni à Paris le gratin de la gauche internationale. Pour échanger des points de vue. Mais aussi pour une «photo de famille», devant une enfilade de drapeaux, aux côtés des Italiens Romano Prodi et Massimo D'Alema, du Grec Georges Papandréou, du Portugais Antonio Guterres, du Polonais Bronislaw Geremek et de l'Américain John Nye, ex-conseiller de Clinton.
Le tout au lendemain du meeting commun de Chirac et Zapatero, vendredi à Barcelone, en faveur du oui au traité européen (Libération des 12 et 13 février). Et, juste avant le lancement officiel de la campagne du PS en faveur du même traité, programmé par François Hollande pour aujourd'hui. Le premier secrétaire doit présenter le slogan ­ «Franchement oui !» ­ et les visuels qui l'accompagneront jusqu'au référendum de juin. Comme pour chercher à étouffer le non de gauche audible jusque dans les rangs du PS.

Samedi, DSK a voulu brûler la politesse au patron du PS en lançant un «appel aux Français de gauche». Selon lui, si le non devait l'emporter dans le pays «l'existence même de l'Europe» serait en jeu. Son entourage récuse toute «intention maligne» mais reconnaît une «volonté de montrer qu'on peut compter sur Dominique. Plus que jamais». Sa participation, jeudi, à son second Cent minutes pour convaincre, sur France 2, en deux ans, sera une autre occasion de le prouver. Comme de démontrer que son «oui de gauche n'est pas le même que le oui de Jacques Chirac».

«Avatar».
Plus atlantiste que la moyenne des dirigeants PS, DSK s'est aussi efforcé, samedi, d'aller chercher le président de la République sur son «domaine réservé» : les relations internationales. «Isolée sur la scène européenne, la France de Jacques Chirac est aussi un obstacle dans la réinvention du partenariat transatlantique», a affirmé l'ex-ministre de l'Economie. Il a ensuite moqué «la perpétuation illusoire d'une attitude gaullienne» sur la scène internationale, puis dénoncé «le monde multipolaire» version Chirac. Selon lui, un «avatar contemporain de l'équilibre des puissances», une «approche gravement erronée».

Silence.
En attaquant Chirac sur sa vision du monde, DSK mouche évidemment Hollande et tous les prétendants socialistes à l'Elysée. Car le silence collectif du PS sur les questions internationales est éloquent. La semaine dernière, aucun éléphant n'a daigné commenter l'amorce de rapprochement franco-américain. Ni l'opération séduction conduite à Paris par Condoleezza Rice.
Par Didier HASSOUX, lundi 14 février 2005 (Liberation - 06:00), p. 12

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(17 février 2005) Le face-à-face DSK - Gaymard

L'AMBIANCE se tend soudainement. Il est 22 heures hier soir (17 février 2005) sur France 2. Hervé Gaymard vient de s'installer face à Dominique Strauss-Kahn sur le plateau de « 100 minutes pour convaincre ».
Le ministre de l'Economie est aussitôt interrogé sur son fameux appartement. Après les explications embarrassées de Gaymard, DSK lui lance : « Comment se fait-il que vous ayez accepté d'entrer dans cet appartement, qu'il ne vous soit pas apparu que c'était un scandale, alors que le loyer mensuel est de 14 000 € ? »

« Moi j'habitais chez moi »

« Avec d'autres ministres, nous louons des logements de fonction dans Paris et c'était aussi le cas dans le gouvernement Jospin », tente de se défendre Gaymard. « Moi j'habitais chez moi », rétorque l'ex-ministre des Finances socialiste, qui revient à la charge : « Comment ne vous êtes-vous pas rendu compte que prendre un appartement dont le loyer équivaut à dix fois le Smic était inacceptable ? » « Je vais vous dire une chose, je ne savais pas le prix quand j'y suis entré, reconnaît alors Gaymard. Dès que je l'ai su, je me suis dit que je n'allais pas y rester. »
Puis les deux hommes s'affrontent sur l'économie, la croissance, le pouvoir d'achat. Gaymard plaide pour une « relance de l'intéressement ». Strauss-Kahn veut un « Grenelle des revenus ». Face à un DSK pugnace, Gaymard, toujours tendu, peine à argumenter.

Strauss-Kahn, qui a également ferraillé avec Jean-Pierre Chevènement sur l'Europe, aura cherché hier soir à affirmer son image de présidentiable. D'emblée, Olivier Mazerolle cite d'ailleurs un de ses proches, Jean-Christophe Cambadélis, qui affirme : « Non seulement Dominique sera candidat en 2007, mais il sera élu. »
« Jean-Christophe est un bon analyste de la vie politique, mais il aime un peu trop les paris, sourit l'intéressé. La question, c'est que faut-il faire pour que la gauche gagne dans deux ans ? »
Dans le public, au côté d'Anne Sinclair et de Pierre Mauroy, Jack Lang est attentif. « L'important aujourd'hui, poursuit Strauss-Kahn, c'est de savoir ce que nous voulons dire aux Français. C'est le projet. Si le jour venu il apparaît que je suis le mieux placé, je n'hésiterais pas à y aller. Si c'est un autre, je n'hésiterais pas à le soutenir... »
Didier Micoine, Le Parisien, vendredi 18 février 2005, p. 4

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vendredi 17 mars 2006, 16h55 Dominique Strauss-Kahn appelle Jacques Chirac à suspendre le CPE

PARIS (AFP) - L'ancien ministre socialiste Dominique Strauss-Kahn a lancé vendredi un appel au président Jacques Chirac, lui demandant de mettre "fin aux violences en suspendant le CPE et en ramenant les différentes parties à la table de négociations".

Dans une lettre ouverte au président de la République, le candidat à l'investiture présidentielle de son parti (en concurrence avec Laurent Fabius, et notamment Ségolène Royal) estime que "la crise créée par le CPE doit maintenant connaître son dénouement".

"Attendre le pourrissement de la situation est une tentation indigne de notre pays", écrit M. Strauss-Kahn, en soulignant que "déjà des policiers ont été blessés, des commerces saccagés, les facultés sont occupées ou libérées par la force" et que "la situation est lourde de menaces".

"Aucune loi ne mérite de mettre la France dans cet état, ni de faire prendre à notre pays de tels risques", écrit encore le député du Val d'Oise.

Pour lui, "un nouveau texte, négocié avec les partenaires sociaux, pourrait se substituer au CPE et la France sortirait de l'impasse dans laquelle cette loi contestée l'a plongée".

"Vous connaissez le risque de l'entêtement et le danger de la rue", écrit encore l'ancien ministre, qui demande au président de la République de prendre "la mesure de la gravité de la situation".
Yahoo.fr, actualités, vendredi 17 mars 2006, 16h55

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(23 mai 2006) DSK a moins de 365 jours pour convaincre

L'ancien ministre de l'Economie, candidat à la candidature socialiste pour la présidentielle, publie un livre, chronique de l'année écoulée, pour se mettre «en situation».

LE COMPTE à rebours de Dominique Strauss-Kahn a commencé. A un peu moins d'un an de l'élection présidentielle, celui qui se verrait bien candidat du PS, publie aujourd'hui 365 jours (éditions Grasset). Ni «essai» ni «programme», ce journal de l'année écoulée se présente comme une «mise en situation». «Gouverner c'est aussi cela : être capable d'avoir un avis sur les affaires du monde sans pouvoir attendre la rédaction d'une note, l'avis d'un expert ou la création d'une commission», écrit-il, décidé à prouver qu'il a le bon profil pour le rôle.

Le candidat Jack Lang «devenu improbable»

DSK commente donc l'actualité, petite ou grande, et livre ses «solutions» : le référendum sur la Constitution européenne, le congrès du PS, l'embrasement des banlieues, la délocalisation de l'entreprise HP de Grenoble, la crise nucléaire en Iran, l'essor des nouvelles technologies, les élections en Allemagne ou en Italie, etc. Qu'aurait-il fait à la place des gouvernants ? Les réponses se trouvent dans autant de notes plus ou moins longues. Celles-ci ont-elles été rédigées à chaud ou avec recul ? Impossible de le savoir.

Dans la course à l'investiture, DSK fait figure d'éternel outsider. Depuis qu'il a fait part de ses ambitions, l'ancien ministre de l'Economie n'a jamais fait la course en tête : Fabius était toujours «plus haut gradé», Royal «plus populaire»... Longtemps, il a été victime de sa réputation de «dilettante» ou d'un soupçon : il préparerait le retour de son mentor, Lionel Jospin. Au congrès du Mans, l'année dernière, il choisit de soutenir François Hollande à la tête du parti. Aujourd'hui, Strauss-Kahn se dit déterminé à être candidat. Mais le doute est toujours présent : aurait-il laissé passer sa chance ? Avec son livre, prévu de longue date, il espère relancer sa campagne.

En filigrane, le livre dresse le portrait du président idéal selon Strauss-Kahn. «Le président ne saurait varier au gré des ressacs de l'opinion publique, écrit-il. Il ne pourrait être un président-ectoplasme qui ne s'enquerrait des sondages que pour s'y conformer. Il lui faut savoir ce qu'il veut pour la France.» Il prône la «compétence» pour exercer des responsabilités, car elle est «la condition de l'indépendance».

Contre le «renoncement», Dominique Strauss-Kahn veut proposer un «projet» aux Français, qui concilie «justice» et «efficacité» économique. «Seul l'avènement d'une gauche débarrassée tant de ses oripeaux révolutionnaires que des scories du XXe siècle peut permettre de sauver le modèle de société que nous offrons au monde», estime-t-il. La menace, pour DSK, c'est Nicolas Sarkozy, qui veut «incarner la rupture libérale».

La chronique de l'actualité politique lui permet aussi de régler des comptes avec ses camarades socialistes. Tout d'abord, le premier secrétaire François Hollande, épinglé plusieurs fois. Ainsi, lorsqu'il raconte son entretien en vue du congrès du Mans : «Dans ces moments, François Hollande est toujours sincère et agréable, astucieux, caustique avec les autres. Malheureusement, je sais d'expérience qu'ils ne durent guère.» Le plus populaire des candidats, Ségolène Royal, n'est pas épargné : «Les circonstances des sondages ne sont pas celles des élections.»

Quant aux autres ? Laurent Fabius est présenté comme un candidat possible «devenu improbable». Jack Lang n'est pas cité sur la ligne de départ. Enfin, si Lionel Jospin est souvent évoqué en exemple politique, Dominique Strauss-Kahn se permet néanmoins de corriger son analyse «trop classique» de la mondialisation.
Nicolas Barotte, lefigaro.fr, 23 mai 2006, (Rubrique France)

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(28 juin 2006) Strauss-Kahn attaque à tout-va
Tenant meeting, DSK a critiqué le bilan de la gauche au pouvoir.

DSK a frappé hier soir là où cela fait mal. Mal à Lionel Jospin.
Au moment où l'ancien Premier ministre entrouvrait la porte de sa candidature à la présidentielle, Dominique Strauss-Kahn rappelait l'échec de 2002 : «Après cinq ans au pouvoir, nos électeurs nous ont rejetés. Nous avons été élus en 1981, battus en 1986. Elus en 1988, battus en 1993. Elus en 1997, battus en 2002. Par ceux-là mêmes pour lesquels la gauche pensait avoir travaillé. Trois fois de suite, c'est inacceptable !»
«Si on nous rejette au bout de cinq ans, c'est qu'on n'a pas rempli le contrat. Ceux qui ne sont pas capables de garder le pouvoir ne sont pas la vraie gauche !» a tonné l'ancien proche de Jospin sous les applaudissements des militants parisiens.

Dans la salle, le député Jean-Christophe Cambadélis, proche de DSK, minimisait les propos de Lionel Jospin, sur le thème : il n'a pas dit qu'il était candidat mais il a seulement parlé des conditions politiques d'un éventuel retour.

Dominique Strauss-Kahn tenait hier soir son premier meeting de campagne. Marchant sur une estrade au milieu de plusieurs centaines de ses supporteurs, au gymnase Japy (Paris XIe), l'ancien ministre s'est exclamé : «2007 n'est pas 1997 ! J'entends dire qu'en 2007, on pourra faire comme en 1997. Mais la situation n'est plus la même. Des économistes en culottes courtes, il y en a partout, même au sein du parti socialiste...»

«Nous ne construirons rien sur le mensonge», a affirmé DSK, pronostiquant que «le débat de la présidentielle tournera autour de l'exigence de vérité». «Ils nous mentent, ceux qui accumulent les promesses les plus inimaginables.»

A l'exigence de vérité, DSK ajoute la «générosité». «La France, ma France est généreuse», dit-il. Et d'évoquer le cas de «ces deux petits prématurés dans leur couveuse. Il y a quelques années ou dans d'autres pays, on ne les aurait sans doute pas sauvés. Mais en les voyant, j'étais fier. Fier de mon pays et fier parce que ce sont mes petits-enfants».

Mais DSK n'a pas fait que dans le sentimental, surtout avec la droite. S'en prenant «aux patrons qui partent les poches pleines quand les caisses de l'entreprise sont vides», l'ancien ministre des Finances tonne : «Le modèle est donné au sommet de l'Etat : on peut faire n'importe quoi et ne jamais être puni de rien !»
Libération, par Jean-Dominique MERCHET, QUOTIDIEN : jeudi 29 juin 2006, p. 8

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Paru le : 04/07/2006 DSK invente un nouveau meeting

INNOVER à tout prix pour sortir la tête de l'eau.

Malmené dans les sondages, irrité par l'offensive de Lionel Jospin (qui le prive de certains soutiens dans la bataille des présidentiables PS), Dominique Strauss-Kahn a inauguré, hier au Théâtre Dejazet (Paris IIIe), une nouvelle forme de meeting politique : le meet-up.
Traduction : la rencontre en chair et en os entre un candidat et ceux qui lui écrivent régulièrement sur le Net.
Une idée lancée par le candidat démocrate John Kerry lors de la dernière présidentielle aux Etats-Unis.

Mais, hier, les blogueurs n'étaient pas très nombreux au rendez-vous : deux cents personnes tout au plus. « Ce sont les plus motivés qui comptent, argumente-t-on dans l'entourage de DSK. On souhaite qu'ils deviennent nos sergents recruteurs sur la Toile. Négliger cette forme de communication serait une grave erreur : le Web touchera entre trois et cinq millions de personnes lors de la prochaine présidentielle. »

« Plusieurs névroses dans ma vie »

Pendant près de deux heures, DSK s'est livré au jeu des questions-réponses. En répondant même aux plus indiscrètes.
Ainsi Bubu 74 lui demande où « il partira en vacances » avec Anne Sinclair, présente hier soir à ses côtés.
Réponse de l'intéressé : « J'ai plusieurs névroses dans la vie. Il y a les gadgets électroniques qu'on me reproche souvent de tripoter. Le jeu d'échecs. Et aussi le Maroc. J'ai besoin d'y aller régulièrement, de m'y retrouver.
On partira donc avec Anne dans notre maison de Marrakech. Mais quand ? Ça, ce n'est pas encore très net. »

Plus sérieusement, DSK est longuement revenu sur le débat européen et la campagne référendaire. Un tournant, selon lui, dans l'utilisation des nouvelles technologies : « On s'est aperçu que la campagne officielle pour le oui s'était déroulée dans les médias traditionnels.
Et la campagne populaire, celle plutôt en faveur du non, sur les blogs. Il y a de quoi faire réfléchir. J'ai la conviction absolue qu'une partie de la bataille s'est jouée là. »
Frédéric Gerschel, Le Parisien, 4 juillet 2006, p. 10

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Vendredi 14 juillet 2006 - 14:55 Jacques Chirac condamne l'intervention israélienne au Liban

PARIS (Reuters) - Jacques Chirac a vivement condamné vendredi l'intervention armée israélienne au Liban et proposé l'envoi dans la région d'une mission de l'Onu pour favoriser un règlement du conflit entre les parties.

"Je suis tout à fait consterné par ce qui se passe actuellement au Proche-Orient", a déclaré le président français lors de son traditionnel entretien télévisé du 14-Juillet.

"Dans une affaire de cette nature, tout le monde est responsable", a-t-il dit.

Toutefois, "on peut se demander s'il n'y a pas aujourd'hui une certaine volonté de détruire le Liban, ses équipements, ses routes, ses communications, son énergie, son aérodrome", a estimé Jacques Chirac, qui a jugé "tout à fait disproportionnées" les réactions d'Israël aux attaques du Hezbollah libanais.

L'Etat juif a déclenché des raids aériens au Liban et a renforcé son blocus aérien, maritime et terrestre après l'enlèvement de deux soldats israéliens par des membres de l'organisation chiite pro-iranienne qui ont aussi tué huit autres militaires.

Le Hezbollah a riposté en tirant des dizaines de roquettes sur le nord d'Israël. Les affrontements ont causé la mort de plus de 60 civils côté libanais et de deux personnes en Israël.

ENVOI D'UNE MISSION DE L'ONU

A la question de savoir si le Hamas et le Hezbollah avaient agi avec l'assentiment de la Syrie et de l'Iran, Jacques Chirac a estimé qu'ils ne pouvaient pas, selon lui, "avoir pris ces initiatives seuls".

Face à cette escalade sans précédent depuis dix ans au Proche-Orient, le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir d'urgence vendredi à la demande du Liban.

Face à ce qu'il présente comme "une vraie situation dangereuse", Jacques Chirac prône l'envoi "de toute urgence" d'une mission de l'Onu dans la région, qui pourrait notamment se rendre en Israël, dans les territoires palestiniens et en Syrie.

Selon le chef de l'Etat français, les priorités sont aujourd'hui d'obtenir la libération des prisonniers israéliens, puis un cessez-le-feu. Il suggère en outre d'étudier les modalités de l'envoi d'une force internationale à la frontière entre Israël et le Liban.

Sur un autre sujet de tension de l'actualité internationale, Jacques Chirac s'est également dit très préoccupé par le dossier du nucléaire iranien.

"Je souhaite que l'on arrive à un accord mais je suis, là aussi, extrêmement inquiet", a-t-il dit.

"La main tendue du groupe des Six", qui ont fait des propositions à l'Iran pour l'inciter à abandonner son programme d'enrichissement de l'uranium, "n'a pas été rejetée par l'Iran. Elle a fait l'objet d'un peut-être", a fait remarquer le président français. Mais cette "main ne sera pas indéfiniment tendue", a-t-il ajouté.

A la demande du groupe des Six (Etats-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France et Allemagne), le Conseil de sécurité de l'Onu doit examiner une résolution rendant obligatoire la suspension des activités nucléaires sensibles de l'Iran, soupçonné de dissimuler un programme militaire.

Si Téhéran ne respecte pas la volonté du Conseil, celui-ci pourrait alors envisager des sanctions.

Les dossiers libanais et iranien seront au menu des discussions du sommet du G8 ce week-end à Saint-Pétersbourg, en Russie, où Jacques Chirac retrouvera, pour la dernière fois de son mandat, les dirigeants des autres plus grands pays industrialisés.
liberation.fr, REUTERS : Vendredi 14 juillet 2006 - 14:55

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13/07/2006 12:39 Jacques Chirac «n'a pas été à la hauteur de sa fonction», pour Dominique Strauss-Kahn

PARIS (AP) -- Le président Jacques Chirac «n'a été à la hauteur ni de sa fonction ni des défis immenses que notre pays doit relever», assène jeudi le candidat socialiste à la candidature Dominique Strauss-Kahn dans «Le Parisien-Aujourd'hui en France».

«Le bilan» de Jacques Chirac, «c'est celui d'une République défaite par le marché et l'argent sur le plan social, par la démission de la volonté sur le plan politique, par le cynisme et le clanisme sur le plan moral», estime «DSK» à la veille des festivités du 14 juillet.

Le chef de l'Etat «n'a jamais été capable de proposer des réponses» à la mondialisation, «se contentant d'épouser les angoisses du pays».
«Produit de l'ENA», «il n'a pas de conviction et moins encore d'imagination», affirme M. Strauss-Kahn.

Quant au président de l'UMP Nicolas Sarkozy, avec lui «c'est marche ou crève et c'est toujours moins: moins de social, moins de libertés, moins de droits».

Pour autant, «la gauche n'en profite pas», déplore «DSK», qui s'en prend au Premier secrétaire du PS François Hollande. «Depuis quatre ans, la direction du PS a failli. Elle n'a été capable ni de proposer une véritable alternative ni de dégager un leader».
«Le parti a été dirigé de manière telle que nous avons tardé à produire notre projet qui, en plus, ne provoque aucun enthousiasme», car «il s'agit plus d'un catalogue de mesures que d'un projet», déplore-t-il. AP
Yahoo.fr, actualités, 13/07/2006 12:39

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(30 juillet 2006) DSK avec sandwichs et sans-papiers
Le député socialiste a organisé à Sarcelles (Val-d'Oise) une «grande fête de la fraternité».

Massés sous les tentes pour échapper aux trombes d'eau, les participants de la «grande fête de la fraternité» organisée hier à Sarcelles (Val-d'Oise) avalent merguez, taboulé et poulet grillé en attendant la star de la journée. Ils en sont à la tarte aux pommes quand Dominique Strauss-Kahn, député (PS) de la circonscription et initiateur de cette fête, débarque au stade Léo-Lagrange.
Il évacue tout de suite la question de la récupération : «Je préfère être taxé de récupération politique que de chasseur d'enfants de la République.» Sur ce thème, Jean-Michel Delarbre, un responsable de Réseau éducation sans frontières (RESF, lire page 27), partenaire de la manifestation, est clair : «Nous ne sommes pas en campagne pour DSK. Pour les combats immédiats, nous acceptons tous les soutiens, sans regarder la couleur politique.»

Parrain d'une famille togolaise, Vincent, militant RESF dans le Val-d'Oise, approuve l'initiative de DSK : «C'est toujours positif qu'un élu se mobilise pour les sans-papiers, surtout en plein été. Si la gauche arrive au pouvoir, il faudra qu'elle soit cohérente avec ses prises de position actuelles.»

Une sandwich merguez à la main, Strauss-Kahn se faufile entre les tables et écoute les doléances de sans-papiers. A Mona, adolescente angolaise arrivée en 1999 avec un visa de tourisme, il promet : «Donnez-moi vos coordonnées, on va s'occuper de votre histoire !» A Sarcelles, 40 % des habitants sont étrangers ou viennent de recevoir la nationalité française, selon le maire (PS) François Pupponi.

DSK interpelle ensuite les participants, parrains et parrainés, regroupés devant lui sous la pluie : «Il reste treize jours avant la date butoir de dépôt des dossiers, c'est court mais on peut les utiliser pour inverser l'ordre des choses. Nous allons tout faire pour que ces familles restent sur le territoire.»
Avant de lancer un couplet anti-Sarkozy bien rodé : «Au lieu d'être ferme et juste, il est brutal et autoritaire. Il est fort avec les victimes et faible avec les passeurs et les logeurs.»

Jean-Michel Delarbre prend le micro à son tour : «Il faut changer le regard sur l'immigration : ceux qui émigrent de leur pays ne le font pas par plaisir mais par contrainte économique, sociale ou politique.» Le responsable RESF espère du prochain gouvernement qu'il prenne trois mesures : «Des décisions plus justes au niveau des préfectures», «l'abrogation des lois Sarkozy» et «le vote des étrangers aux élections locales».
Pour lui, le combat ne se limite pas aux parents d'enfants scolarisés. Il attire l'attention sur les jeunes mineurs. Surtout après l'expulsion, vendredi soir, d'Aminata Sambou, une Malienne de 20 ans, scolarisée en Seine-Saint-Denis (Libération de samedi-dimanche).

Point final de la fête : la cérémonie de parrainages. Tour à tour, les familles parrainées par des élus montent sur une estrade. DSK embrasse ses deux nouveaux filleuls algériens, un frère et une soeur de 6 et 3 ans. Leur famille s'est installée à Franconville (Val-d'Oise) en 2001. «Ma femme et moi n'avons pas de papiers, explique Kamel, le père. J'espère que ce parrainage va nous aider à débloquer la situation.»
A priori, les nouveaux protégés de DSK entrent dans les critères de la circulaire Sarkozy. Ils ont quand même peur d'un échec, de «faire partie de la statistique». Comprendre : des 70 % de dossiers recalés, annoncés d'office par Sarkozy la semaine dernière.
Libération, Par Guillemette ECHALIER, QUOTIDIEN : Lundi 31 juillet 2006 - 06:00

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dimanche 30 juillet 2006, 10h42 Liban: au moins 51 tués dans le bombardement israélien de Cana

CANA (AFP) - Au moins 51 civils, dont 22 enfants, ont été tués dimanche dans le pilonnage du village de Cana, au Liban sud, notamment dans un abri qui s'est effondré, a indiqué le responsable de la Défense civile pour la région, Salam Daher.

Dans le seul abri, 12 enfants, cinq femmes et quatre hommes ont été dégagés, a-t-il précisé. "Il reste encore entre 15 et vingt personnes bloquées dans les décombres. La majorité d'entre elles sont présumées mortes mais nous avons entendu quelques gémissements", a ajouté M. Daher.

Les opérations de secours se poursuivaient dans la matinée pour tenter de dégager d'autres victimes de ce qui est déjà la frappe la plus meurtrière depuis le début de l'offensive lancée le 12 juillet par Israël contre le Liban. Dans le même temps, l'aviation israélienne a continué à bombarder les abords de Cana, et un missile est tombé sur la route, à quelques centaines de mètres de ce village de l'est de la ville côtière de Tyr.

Le bilan devrait s'alourdir, 63 personnes se trouvant dans l'abri lors du bombardement selon un survivant, et des dizaines de bâtiments ayant été détruits lors du pilonnage opéré pendant deux heures dimanche avant l'aube. Les secouristes travaillaient à mains nues pour dégager les corps et des femmes ont été vues enlaçant leurs enfants en pyjamas quand ils ont été surpris par la mort.

Un porte-parole de l'armée israélienne a rejeté l'entière responsabilité des morts sur le Hezbollah chiite, qu'il accuse d'utiliser Cana comme base de tirs de roquettes contre Israël. "C'est lui qui est responsable si le secteur est devenu une zone de combats", a déclaré le capitaine Jacob Dalal. Depuis la capture le 12 juillet de deux soldats israéliens par le Hezbollah, l'armée tente sans succès de neutraliser les combattants intégristes.

Déjà, le 18 avril 1996, 105 civils avaient été tués dans le bombardement israélien d'une position du contingent fidjien des casques bleus de la Force intérimaire de l'Onu au Liban (Finul), où ils avaient trouvé refuge pour échapper aux violences de l'opération israélienne "les Raisins de la colère".

Cana a été totalement dévasté par les frappes israéliennes qui ont commencé avant l'aube dimanche, et le pilonnage, par air, mer et terre, a duré deux heures, a indiqué la police. Les bombes ont visé trois zones, à l'entrée, au centre et sur un flanc du village. Des dizaines de bâtiments sont effondrés, éventrés ou détruits. L'abri frappé se trouve sous un immeuble de trois étages, bâti sur un flanc de colline. "Il y a eu un premier bombardement à 01h00 du matin (samedi 22H00 GMT)", raconte Ghazi Aïdibi, un survivant.

"Quelques personnes sont sorties de l'abri et une dizaine de minutes plus tard, un deuxième bombardement l'a réduit en ruines", ajoute-t-il. "Après le bombardement, il y avait de la poussière partout", a déclaré un autre habitant, complètement hagard. "Nous ne voyions plus rien. J'ai réussi à sortir et tout s'est effondré. J'ai plusieurs membres de ma famille à l'intérieur, je pense qu'il n'y a plus aucun survivant".

"Le pilonnage était tellement intense que personne ne pouvait bouger. Les secours n'ont commencé que ce matin", ajoute-t-il. "J'ai sorti mon fils et mon mari, cheikh Mohammad, qui avait le genou cassé. Mais quand je suis venue pour sortir ma fille qui était restée dans l'abri, il était trop tard, l'immeuble s'est effondré", raconte, éplorée, Rabab. Naïm Rakka, chef de l'équipe de secours de la Défense civile sur les lieux, âgé d'une cinquantaine d'années, qui venait de retirer le corps de deux enfants morts dans ses bras, a laissé éclater sa colère:

"Je ne veux plus que vous me demandiez des chiffres. C'est bien connu, nous servons de cobayes à leurs armes, les bombes à implosion, on ne voit plus que ça", dit-il en pleurs. Le bombardement de Cana est intervenu alors qu'une dizaine de villages de la région de Tyr, essentiellement du sud de la ville portuaire, étaient soumis à un pilonnage de la marine, de l'aviation et de l'artillerie postée en territoire israélien, a indiqué la police.
Yahoo.fr, actualités, Par Béatrice KHADIGE

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Vendredi 29 septembre 2006 - 19:08 Dominique Strauss-Kahn lance les dés à Sarcelles

SARCELLES, Val-d'Oise (Reuters) - "Les dés sont jetés!", a résumé un proche de Dominique Strauss-Kahn après l'annonce par l'ancien ministre de sa candidature à l'investiture du Parti socialiste pour la présidentielle de 2007.

"DSK", 57 ans, avait choisi de confirmer la nouvelle dans son fief de Sarcelles, après l'avoir annoncée quelques heures auparavant dans les colonnes du journal Ouest France.
Journalistes, élus locaux et sympathisants se sont bousculés dans l'enceinte de l'hôtel de ville, un coquet manoir du XVIIIe siècle où Dominique Strauss-Kahn dispose depuis plusieurs années d'un quartier général.

Le député du Val-d'Oise avait choisi d'y sabler le champagne avec ses compagnons "de combat" et de mettre sous les projecteurs cette ville de banlieue de 60.000 habitants où se côtoient 83 nationalités et 300 ethnies et dont il fut maire.

Détendu, tout sourire, l'ancien ministre de l'Economie vêtu d'un costume bleu nuit, s'est présenté, micro en main, comme le rassembleur de la gauche, le meilleur rempart contre la droite ou encore le défenseur des couches défavorisées.

"C'est ici que j'ai appris à mener campagne", a dit le natif de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), s'adressant à ses collaborateurs, Gaston, Linda, Fernand ou encore Janine.

"J'ai acquis ici une expérience, et ailleurs une expérience (d'homme) d'Etat", a-t-il assuré. "C'est ici que ma politique s'est formée", a-t-il dit dans un bref discours où il a mis l'accent sur toutes les composantes de la gauche qui travaillent "à changer la vie des autres".

"Quel lien entre les grands problèmes de géopolitique et l'expérience à Sarcelles ?", a demandé Dominique Strauss-Kahn, présentant son fief comme "un laboratoire qui vaut pour le reste".

Il a insisté sur les "grands problèmes" qui préoccupent les Français, citant notamment l'éducation, la laïcité, la justice et la place des Français dans le monde.

"Les jeux ne sont pas faits", a-t-il répondu aux journalistes qui l'interrogeaient sur les sondages favorables à Ségolène Royal.

Rose rouge à la main, des militantes l'ont accompagné jusqu'à à sa voiture aux cris de "DSK président! DSK président!". "Je le vois président. Il a une stature d'homme d'Etat", a assuré Annick Morin, 3e maire adjointe.

Le maire de Sarcelles, François Pupponi, rêve lui aussi d'un président de "terrain" avec lequel il a eu "le bonheur d'avoir fait les cages d'escalier dans les HLM de Sarcelles".
Yahoo.fr, actualités, 29 septembre 2006 - 19:08

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15.10.06 | 21:46 Robert Badinter préfère Dominique Strauss-Kahn

PARIS (AP) -- Ami de longue date de Laurent Fabius, l'ancien président du Conseil constitutionnel Robert Badinter révèle dans un entretien au "Parisien/Aujourd'hui en France" de lundi sa préférence pour Dominique Strauss-Kahn dans la primaire qui se déroule actuellement entre candidats à l'investiture socialiste.

"Ma préférence va à Dominique Strauss-Kahn. D'abord parce qu'il a été un très bon ministre de l'Economie et des Finances pendant trois ans (...) ensuite parce que Strauss-Kahn a une grande expérience internationale", explique le sénateur PS des Hauts-de-Seine.

"DSK a d'autre part des convictions profondément européennes et est apprécié par tous les leaders socialistes européens", fait encore valoir le mitterrandiste Robert Badinter. "Enfin, Dominique Strauss-Kahn est un social-démocrate: ses vues sur la gestion de la société française (...) rejoignent les miennes."

M. Badinter, qui n'a pas souhaité parler de Ségolène Royal dans cet entretien, reconnaît à Laurent Fabius "un grand talent, le caractère et l'expérience requis pour assumer la fonction présidentielle", mais il "ne partage pas ses vues sur l'Union européenne et sa vision du socialisme à la française".

"Ces divergences d'opinions n'altèrent pas pour autant notre amitié", tient-il toutefois à préciser. AP
Yahoo.fr, actualités, AP | 15.10.06 | 21:46

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jeudi 19 octobre 2006, 9h17 Strauss-Kahn marque quelques points, selon un sondage

PARIS (AFP) - Dominique Strauss-Khan s'est montré le plus performant des trois candidats socialistes lors du débat télévisé mardi soir, même si les sympathisants socialistes lui préfère toujours nettement Ségolène Royal pour représenter le PS à la présidentielle, selon une enquête OpinionWay publiée par Le Figaro parue jeudi.

Créditée de 66% avant le débat, la présidente de la région Poitou-Charentes a perdu quelques points (63%) tandis que le député du Val d'Oise comblait quelque peu son handicap par rapport à sa rivale, grappillant 5 points (27% avant, et 32% après), selon les sympathisants socialistes interrogés.

Quant à Laurent Fabius, il perd 2 points, passant de 7% à 5%. Parmi les trois candidats à l'investiture, Ségolène Royal (53%) a été jugée la plus convaincante devançant Dominique Strauss Kahn (37%) et Laurent Fabius (10%). Une étude quantitative réalisée auprès d'un échantillon de 401 sympathisants socialistes à partir d'un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Les interviews ont été réalisées les 17 et 18 après le débat.

Pierre Moscovici, partisan de Dominique Strauss-Kahn, a estimé jeudi que Laurent Fabius semblait "exclu du jeu" de la primaire socialiste.

Selon le député européen, invité de Canal+, le premier débat télévisé entre les trois présidentiables socialistes, mardi soir, "a installé un nouveau paysage".

"Pour les Français, à l'évidence, c'est un duel entre Ségolène Royal, qui est en pole position, et Dominique Strauss-Kahn, qui est un challenger, plutôt à l'offensive et plutôt en train de monter", a-t-il jugé.

En revanche, "Laurent Fabius paraît exclu du jeu", a ajouté Pierre Moscovici. Il a expliqué que l'ancien Premier ministre "a une structure d'impopularité ancienne" et "donne l'impression d'être la gauche très classique, très traditionnelle, un peu étatiste".

Dominique Strauss-Kahn a estimé pour sa part mercredi à Villeurbanne (Rhône) que le premier débat télévisé qui l'a opposé la veille aux deux autres candidats à l'investiture PS pour la présidentielle de 2007 devait être "une source de fierté" pour le parti. "Le débat d'hier (mardi) était une bonne chose. Bien sûr, ça ne ressemblait pas vraiment à un débat, c'était tellement +corseté+ que c'était plus une suite de monologues. Mais que le PS ait été capable de l'organiser est pour le parti une source de fierté", a affirmé le député du Val d'Oise, devant près de 600 militants et élus PS de la région Rhône-Alpes.

"Les jugements n'ont pas l'air négatifs et je m'en réjouis. Ces débats doivent être sereins et hier (mardi), on a tous joué le jeu", a-t-il ajouté.

Dominique Strauss-Kahn a toutefois regretté que la question agricole n'ait "pas du tout été évoquée": "nous étions dans le cadre d'un débat économique et social et nous n'avons pas du tout parlé d'une partie de la France. Il y a une frustration. Mais nous devrions avoir l'occasion d'en reparler". En outre, selon l'ancien ministre de l'Economie, les prochains débats TV "devraient être plus vivants". "La gêne à se frotter les uns aux autres devrait se dissiper", a-t-il pronostiqué.

Pour le reste, M. Strauss-Kahn a tenu à répliquer "à ceux qui ont déclaré n'avoir pas vu d'énormes différences" entre les trois candidats. "Quelque part, ce n'est pas anormal, nous sommes tous socialistes", a-t-il clamé. "Ce n'est pas comme dans un face-à-face avec Nicolas Sarkozy, par exemple, où on n'a qu'une envie c'est de lui faire poser les épaules à terre", a-t-il poursuivi.

Dominique Strauss-Kahn, interrogé sur la possibilité pour lui d'être Premier ministre en cas de succès de Mme Royal, a simplement rétorqué "qu'il ferait tout pour l'aider à gagner", si elle était la candidate PS et si elle le lui demandait, s'attirant une salve d'applaudissements Il a toutefois réaffirmé sa conviction d'avoir toutes ses chances de remporter la compétition interne du PS. "En politique, rien n'est jamais plié jusqu'au matin de l'élection", a-t-il souligné.

Interrogé au préalable par la presse sur sa légère remontée dans les sondages, il avait répondu s'y "intéresser assez peu". "Je m'y intéressais assez peu avant, je ne m'y intéresse pas plus maintenant".
Yahoo.fr, actualités, jeudi 19 octobre 2006, 9h17

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Dépêches de l'Education du Dimanche 12 novembre 2006 : Strauss-Kahn: "on ne peut rien faire à l'école contre les enseignants"

Dominique Strauss-Kahn, a déclaré vendredi soir (10 novembre 2006) qu'"on ne peut rien faire à l'école si c'est contre les enseignants" tout en affirmant n'avoir "pas vu" la vidéo où Ségolène Royal propose que les enseignants de collège associent cours et soutien scolaire.

"Ce qui est sûr c'est qu'il y a besoin de soutien scolaire à l'école, ça c'est vrai", mais "on ne peut rien faire à l'école si c'est contre les enseignants. Il faut faire avec les enseignants qui se consacrent déjà beaucoup à leur travail. Il faut les convaincre, les inciter, trouver les moyens de les rémunérer pour faire en sorte que si on veut améliorer le soutien scolaire ce soient les enseignants qui le pratiquent", a affirmé M. Strauss-Kahn, candidat à l'investiture socialiste pour la présidentielle sur I-télé.

"Je ne veux pas faire de commentaires sur cette vidéo parce que je ne l'ai pas vue", mais "la méthode ne me paraît pas obligatoirement la bonne" a-t-il poursuivi.

"Moi ce que je voudrais c'est qu'on trouve à l'intérieur de l'école tous les éléments qui permettent aux enfants de trouver le soutien dont ils ont besoin, sinon" et "cela suppose de mener une discussion avec l'ensemble" des parties prenantes, a-t-il expliqué.

Interrogé sur l'impact négatif éventuel de cette vidéo pour Mme Royal, M. Strauss-Kahn a répondu: "je pense que ce sont des pratiques qui sont condamnables". "Je ne pense pas que ce genre de manoeuvres puisse avoir beaucoup avoir beaucoup d'influence", a-t-il dit.
NousVousIls.fr, Dépêches de l'Education du Dimanche 12 novembre 2006

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vendredi 17 novembre 2006, 15h58 DSK sonne la "mobilisation totale contre la droite"

PARIS (Reuters) - Après la victoire de Ségolène Royal dans la primaire du Parti socialiste, Dominique Strauss-Kahn s'est dit vendredi "plus que jamais" disponible pour aider le PS à conquérir l'Elysée aux dépens de la droite.

"L'heure est à la mobilisation contre la droite. La mienne est totale", a assuré l'ancien ministre de l'Economie lors d'une brève déclaration à la presse dans les locaux de son QG de campagne, à Paris.

"Plus que jamais, je me sens à la disposition du Parti socialiste, de la gauche et de la France", a-t-il ajouté, lançant un appel indirect à la candidate fraîchement investie.

Les militants socialistes, jeudi, ont élu massivement Ségolène Royal pour les représenter lors de l'élection du printemps prochain. Avec près de 21% des voix, 40 points derrière la présidente de la région Poitou-Charentes, Dominique Strauss-Kahn est arrivé deuxième, devant Laurent Fabius.

Le député du Val-d'Oise a plaidé une fois encore pour la "social-démocratie", le projet politique qu'il a défendu pendant la campagne interne, en évoquant ses partisans.

"Leur engagement est à la fois une reconnaissance et un encouragement à continuer à faire valoir une orientation sociale-démocrate qui n'a jamais été portée dans le Parti socialiste avec autant de force et autant d'honnêteté", a-t-il déclaré.

"Je suis persuadé que ces idées - la priorité sociale, l'engagement européen, la recherche de la confiance, l'internationalisme - ont une audience encore plus grande encore et qu'elles sont nécessaires au succès de la gauche dans l'élection présidentielle", a-t-il ajouté.

"Le combat que j'ai mené, je le poursuivrai à l'avenir avec beaucoup d'autres qui participent du renouvellement du Parti socialiste que, visiblement, les militants appellent de leurs voeux", a promis Dominique Strauss-Kahn.
Yahoo.fr, actualités, vendredi 17 novembre 2006, 15h58

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-Kahn propose à Royal la création d'un "impôt citoyen" NOUVELOBS.COM | 09.02.2007 | 19:00

Afin d'éviter l'exil fiscal, Dominique Strauss-Kahn prône un impôt qui serait payé par "tous les Français", y compris ceux qui "délocalisent leur argent à l'extérieur".

Dans son "avis" sur la fiscalité remis officiellement jeudi 8 février à Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn prône la création d'un "impôt citoyen" que paieraient "tous les Français", y compris ceux qui "délocalisent tout leur argent à l'extérieur". Une idée qui intervient après l'exil fiscal de Johnny Hallyday, soutien de Nicolas Sarkozy.

Il faut "mettre en place un impôt citoyen pour ceux qui se disent Français mais finalement n'ont plus de Français que le nom parce qu'ils quittent le pays et qu'ils quittent l'ensemble de la vie collective", a expliqué l'ancien ministre de l'Economie après sa rencontre avec Mme Royal au siège de la garde rapprochée de la candidate du PS, à Paris.

Sous la forme d'une clé USB

L'idée est de "mettre en place un impôt citoyen que paieraient tous les Français même lorsqu'ils ont décidé de délocaliser tout leur argent à l'extérieur" et de "lutter contre cette manière de se désintéresser de ce qu'est la France quand on est Français", a-t-il ajouté.

Dans cet "avis" d'une quinzaine de pages remis à la candidate sous la forme d'une clé USB, DSK préconise aussi de revenir sur les baisses d'impôt dont ont bénéficié les 1% de contribuables "tout en haut de la hiérarchie". "Ça conduit à revenir sur le bouclier fiscal et ça conduit à revenir sur ce qui est prévu comme baisses pour 2007", a-t-il dit.

"Nous faisons un certain nombre de propositions assez précises", a ajouté l'ancien rival de Ségolène Royal dans la primaire interne au PS. "Je crois qu'elle en reprendra un certain nombre", a-t-il assuré. (AP)

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dimanche 6 mai 2007, 20h24 "Très grave défaite", selon DSK, "disponible" pour la suite

PARIS (Reuters) - Dominique Strauss-Kahn s'est déclaré "disponible" pour lancer la "rénovation social-démocrate" de la gauche française après la "très grave défaite" de Ségolène Royal. "Je pense que Ségolène Royal a mené un combat courageux mais je pense aussi à ces millions de Françaises et de Français qui dès le premier tour n'ont pas porté leurs suffrages sur la gauche parce qu'il n'ont pas vu dans la gauche la possibilité de porter leur espoir de changement", a déclaré l'ancien ministre de l'Economie sur France 2.

"Jamais la gauche n'a été aussi faible et pourquoi la gauche était aussi faible? Parce que la gauche française n'a toujours pas fait sa rénovation", a-t-il poursuivi. "Les Français ne veulent plus de solutions qui ont vingt ans".

"La rénovation social-démocrate que j'ai initiée ne l'a pas encore emporté dans le camp socialiste. Il faut maintenant mettre en oeuvre ce renouveau, c'est la condition de l'espoir et moi je suis disponible pour cela", a conclu "DSK", qui avait été battu par Ségolène Royal lors de la bataille pour l'investiture socialiste.
dimanche 6 mai 2007, 20h24, Yahoo.fr, actualités

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10 juillet 2007. L'Union européenne soutient DSK pour prendre la tête du FMI
Reuters - L'Union européenne apporte son soutien à la candidature de Dominique Strauss-Kahn au poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI), annonce la présidence portugaise de l'UE.

"Les ministres des Finances de l'UE soutiennent la candidature de Strauss-Kahn", a déclaré un porte-parole du ministre portugais des Finances, Fernando Teixeira dos Santos, en marge d'une réunion avec ses homologues des Vingt-Sept.

Le Portugal a pris acte de ce soutien à la candidature de l'ancien ministre français de l'Economie et des Finances à la succession de l'Espagnol Rodrigo Rato, qui cessera ses fonctions en octobre prochain après avoir démissionné.

La Pologne a défendu la candidature de son ancien Premier ministre Marek Belka, mais n'a pas obtenu de soutien.

Le poste revient traditionnellement à un Européen, la Banque mondiale étant selon un accord tacite une "chasse-gardée" américaine, mais les pays émergents veulent remettre en cause ce partage des plus hautes fonctions internationales.

A Washington, le conseil d'administration du FMI a indiqué lundi que n'importe quel pays pouvait présenter une candidature.

"Toute les candidatures peuvent être posées, sans conditions de nationalité" dit le FMI dans un communiqué de presse.

Au nom de sa politique d'ouverture, le président français, Nicolas Sarkozy, a proposé le nom de Dominique Strauss-Kahn mais les Français ont présidé aux destinées du FMI pendant 32 des 52 années d'existence de cette institution financière.

Le Français Michel Camdessus, qui a dirigé le FMI pendant 12 ans, avait clairement pris en compte ce nouveau rapport des forces dans son discours d'adieu en 2000.

"Une telle répartition se justifiait en 1950, quand le reste du monde n'était pas représenté ici (à Washington), à part quelques pays d'Amérique latine. Aujourd'hui, les pays émergents sont sur le devant de la scène, aujourd'hui les pays les plus pauvres doivent avoir leur mot à dire", déclarait-il.
Yahoo.fr, actualités, 10 juillet 2007

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Pourquoi la Russie lance une torpille contre DSK La Tribune de Genève, ÉLISABETH ECKERT | 24 Août 2007 | 00h05
FMI | 00h05 «Russia is back», constatent les médias américains. En proposant le Tchèque Josef Tosovsky à la présidence du Fonds monétaire international, Poutine a plusieurs idées en tête. Dont une qui concerne la Suisse.

En tant que telle, lacontre-torpille russe n’est pas vraiment une surprise. Certes, le socialiste français Dominique Strauss-Kahn a reçu le soutien des vingt-sept pays membres de l’Union européenne pour reprendre la présidence du FMI, historiquement dévolue à l’Europe. Et ce après avoir été adoubé par Nicolas Sarkozy.
Mais DSK, qui fit un bref passage à Moscou début août pour convaincre les élus russes, y a laissé tout sauf un souvenir impérissable.

Mais on aurait évidemment tort de penser que la présentation d’un deuxième candidat à la tête du FMI l’ex-président de la Banque centrale tchèque, Josef Tosovsky relève uniquementde cette insatisfaction russe.

Il y a tout d’abord la volonté de Vladimir Poutine de «faire respecter le principe de la concurrence», selon les termes de son ministre des Finances Alexis Koudrine.
Et pour cause: Moscou se faisant le porte-parole des nouvelles puissances émergentes (Inde, Brésil, Russie et Chine) a voulu clairement remettre en cause cette règle tacite d’une présidence de l’UE au FMI, alors que les Etats-Unis s’octroient celle de la Banque mondiale.
«Vu le manque de succès du FMI dans la résolution des crises affectant certains pays, assène ainsi Alexis Koudrine, le prestige de l’institution doit être rehaussé».

«Le FMI n’a pas besoin d’un gauchiste»

Evgueni Iassine, directeur scientifique du Haut Collège d’économie russe, va encore plus loin: «A mon avis, tout simplement, la Russie a décidé de proposer une alternative au Français désigné par les Européens qui est certes honorable, mais qui est aussi un socialiste de gauche.
L’objectif du FMI est d’assurer avant tout une nouvelle architecture financière internationale. Cet objectif doit être atteint, mais probablement pas par un homme de gauche»
Oubliant, par la même occasion que Josef Tosovsky fut en son temps un membre éminent du Parti communiste tchèque. (...)

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Le PS donne au monde un grand argentier
Dominique Strauss-Kahn, dont l'élection témoigne du chemin parcouru par les socialistes vers l'économie de marché, affiche sa volonté de réformer le Fonds monétaire international.
Par David Revault d’Allonnes, Libération, QUOTIDIEN : samedi 29 septembre 2007, pp.2-3

L’équation DSK résolue ? Adoubé vendredi par le conseil d’administration du FMI, le deuxième socialiste à régner sur une institution financière planétaire, après Pascal Lamy à l’OMC (lire page 3), a une occasion inespérée de traiter, par l’international, le problème qui a entravé sa carrière politique nationale: l’image de dilettantisme qui lui a toujours collé au costume.
Economiste brillant, mais politique nonchalant. Gestionnaire appliqué, mais épicurien assumé. Un socialiste résume: «Strauss-Kahn, c’est Julio Iglesias qui aurait le Nobel d’économie…»

A l’issue d’une campagne de 100 000 kilomètres dans plus de 20 pays, le nouveau directeur du FMI, 58 ans, devrait donc «tordre le cou à l’idée du brillant dilettante», selon un proche. Et porter, à l’échelle internationale cette fois, sa thématique du «réformisme par la preuve». Alors que les socialistes débattent encore de leur rapport au marché, voilà le héraut de la social-démocratie à la française chargé d’ «exercer une responsabilité au sein d’une instance de régulation du capitalisme, résume Laurent Baumel, proche de DSK. Certains, au PS, ont expliqué que la place d’un socialiste n’était pas au FMI. Mais c’est une occasion pratique d’illustrer un rapport positif à la mondialisation».

Le FMI et DSK, c’est simple comme un coup de fil. Celui, fin juin, de son ami Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois, qui évoque avec lui, alors qu’il marie sa fille, la succession de Rodrigo Rato. Sans tarder, DSK plonge. Alors en pleine opération de démolition du PS à coups d’ouverture, Nicolas Sarkozy ne lui ménage pas un soutien forcené. Le Président s’est d’ailleurs félicité de cette «grande victoire pour la diplomatie française». Mais peu importe : le job, au fond, lui va bien. «ça le passionne davantage de convaincre à Rio ou à Pékin que de faire le tour des fédérations du PS, résume un socialiste. DSK, c’est un économiste en politique…» Et même plus : «C’est un matheux, qui s’amuse à faire des équations sur un petit carnet», raconte son lieutenant, le député Jean-Christophe Cambadélis. Qui joue aussi volontiers aux échecs sur son ordinateur de poche. Même pendant les réunions du bureau national du PS, tout en commentant tout bas les interventions de Jean-Luc Mélenchon, un des «gauchistes» du parti : «Quelle connerie !»

Comme beaucoup au PS, DSK a démarré en politique sur l’aile gauche. Pas longtemps. Militant à l’UEC, entré au PS par le Ceres de Chevènement, l’agrégé d&rs