Professeur de droit et homme politique. Radical de gauche. Ministre de la recherche dans le gouvernement Jospin (1997-2002).
Député-maire de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), c'est sous sa magistrature que la ville est devenue parfaitement représentative de la nouvelle France tiers-mondiste, la rue principale de la ville, la rue de Paris, se transformant spectaculairement pour devenir la rue de l'Afrique-Asie, avec toutes ses caractéristiques.
Roger-Gérard Schwartzenberg est le cousin du professeur de médecine et ancien ministre (huit jours) Léon Schwartzenberg, médiatique défenseur des sans-papiers, notamment.

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Trois questions à M. Schwartzenberg

1. Maire de Villeveuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), vous vous étiez opposé à la règle de non-cumul des fonctions de maire et de ministre lorsque vous étiez ministre de Lionel Jospin. Pourquoi ?

En cinq ans, ce fut mon seul désaccord avec Lionel Jospin. Je crois que les Français veulent des ministres qui soient aussi des élus locaux, des élus de proximité, ancrés dans la réalité. La preuve : treize des dix-huit ministres du gouvernement de Lionel Jospin ont été élus ou réélus lors des élections municipales de mars 2001.
Le vrai critère concerne la faisabilité matérielle. On ne peut pas, en effet, être ministre, voire premier ministre, et maire d'une très grande ville, comme l'a été Alain Juppé à Bordeaux. Surtout si cette ville est éloignée de Paris. Il faut prendre en considération deux critères : la taille de la commune et sa proximité avec Paris.

2. Quel seuil démographique choisir ?

Le seuil démographique peut être celui des villes moyennes, c'est-à-dire 30 000 habitants. Quant à la distance géographique, si elle peut être franchie rapidement, la faisabilité matérielle du cumul existe. Ce sera aux électeurs de juger si la distance géographique est trop forte ou non.

3. N'y a-t-il pas une certaine hypocrisie à interdire le cumul, dès lors que les ministres concernés passent la main à leur premier adjoint tout en restant souvent maîtres à bord ?

Je pense qu'il faut être clair par rapport au suffrage universel. Cela n'a pas été le cas lors des municipales de 2001. Le 19 octobre 2000, soit cinq mois avant ces élections, Lionel Jospin avait laissé entendre sur TF1 qu'il accepterait le cumul maire-ministre, en déclarant : "J'apprécierai pragmatiquement. Les doctrines sont faites pour ne pas être dogmatiquement appliquées." C'est seulement après les élections municipales qu'il est revenu à la règle qu'il avait édictée en 1997.
De même, MM. Chirac et Raffarin n'ont strictement rien dit sur ce sujet pendant la campagne présidentielle. M. Raffarin avait juste déclaré que la règle de non-cumul était "hypocrite". Il est donc indispensable de fixer désormais une règle claire, en révisant l'article 23 de la Constitution qui fixe les incompatibilités relatives aux membres du gouvernement. S'il est généralisé de manière absolue, le principe de l'interdiction de ce cumul se traduira par un enfermement sous les lambris dorés de la République.
Propos recueillis par Béatrice Gurrey, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 21.06.02, LE MONDE | 20.06.02 | 15h16, MIS A JOUR LE 20.06.02 | 16h45

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