Décès du journaliste communiste Albert Lévy, fondateur du MRAP
Pierre Mairat, avocat du MRAP

Novembre 2013 : Le MRAP attaque le "républicain" Valls

Août 2012 : Décès d'un militant communiste musulman , hommages des gauches, du recteur de l'institut musulman de la Mosquée de Paris Dalil Boubakeur, et du Président Hollande Mouloud Aounit

Janvier 2009 : Le MRAP condamné pour action abusive dans l'affaire "Y'a bon Banania" ; condamne Jean-Claude Narcy, et Rama Yade, sur le chant des noirs dans les champs de coton
Mai 2008 : Jean-Pierre Elkabbach sanctionné pour la fausse mort de Pascal Sevran ; 13 mai : hommage de l'Eglise catholique, du maire de Paris Bertrand Delanoë, et de Michou notamment, Alain Delon accuse
Septembre 2007 : Le Mrap attaque Tintin
Décembre 2006 : Le Mrap dénonce les propos de Pascal Sevran, qui aurait dit que :"La bite des Noirs est responsable de la famine en Afrique" ...
Février 2006 : Le Mrap prend la défense de Mahomet
Juillet 2005 : Le MRAP, et la LDH, contre la mémoire des rapatriés de l'Algérie française
Avril 2005 : Timothy Koogle relaxé. Le MRAP proteste.
Mai 2004 : SOS-Racisme contre le Mrap et la LDH
Octobre 2003 : Le Mrap et la LDH prennent la défense de la Vérité théologique
Février 2002 : Yahoo poursuivi pour racisme
09 juillet 2001 : Le Mrap antisémite ?
23 février 2001 : Le MRAP exige le retrait d'un dictionnaire raciste sur le site de Lyon-I.

Dans un communiqué publié le 22 février, le MRAP indique avoir « avec consternation et révolte, pris connaissance du dictionnaire des synonymes mis en ligne sur le site de l'Institut des sciences cognitives (CNRS, Université Claude-Bernard Lyon I) », dont il exige le retrait et contre lequel il a porté plainte auprès du parquet de Lyon.

A la requête « nord-africain », le dictionnaire sélectionne, comme « composantes connexes », les mots « bicot, bougnoul, raton ». Il donne au mot « juif » les synonymes « hébraïque, hébreu, israëlite, judaïque, judéen, usurier » et au mot « chrétien » ceux de « bon, catholique, fidèle, généreux ». Selon le MRAP, ce dictionnaire « banalise des stéréotypes racistes et antisémites ». Le mouvement organise un colloque « Internet et droits de l'homme » le 31 mars (2001) au Sénat au cours duquel il compte aborder la question des dérives négationistes sur ce nouveau média.
lemonde.fr, 23 février 2001

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Une banalisation de l'antisémitisme ?
Par Mouloud Aounit et Pierre Mairat (*)

Le MRAP, issu du Mouvement national contre le racisme (MNCR), créé dans la Résistance, a été fondé par plus de cinquante organisations juives, dont certaines ont participé à la création de l'Etat d'Israël. En quelques rares occasions, au cours de son histoire, le MRAP a eu à subir des menaces ou des attaques contre ses locaux,: ainsi en fut-il à l'époque " héroïque " où son siège se trouvait encore rue du Faubourg-Saint-Denis; et aussi lors du tir contre la vitre du 89, rue Oberkampf. Les auteurs de telles attaques appartenaient alors à des forces de haine qui s'en prenaient à la lutte du MRAP contre tous les racismes. Les subir fut une épreuve, mais aussi un motif d'engagement redoublé contre la haine. Une manifestation pour la paix au Moyen-Orient et pour les droits des peuples palestinien et israélien a eu lieu le 7 octobre 2000, initiée par un collectif de soixante organisations, comprenant notamment la Ligue des droits de l'homme, les Verts, le Parti communiste, dans laquelle - à l'insu de ses organisateurs - des slogans antisémites ont été proférées. La nuit suivante, le MRAP a vu ses vitres éclater et, plus tard, ce message signé d'une étoile de David : " MRAP = Nazi ", souillant les murs de son siège national.

Malgré une condamnation sans réserve et des poursuites engagées contre leurs auteurs, certains compagnons de route de l'antiracisme n'hésitèrent pas à reprendre sciemment, sur certains médias, tels que Radio-Shalom ou Radio-J, l'insinuation selon laquelle le MRAP aurait été le commanditaire de ces injures. Ces agressions, qui ne se sont pas taries depuis neuf mois, doivent malheureusement être reliées aux injures quotidiennes, charriées sur le forum Internet du MRAP, ou encore reçues par courrier ou par téléphone. Et sans doute n'est-il pas inutile de signaler que d'autres injures racistes du même ordre, tout aussi graves, ont été adressées à des organisations dont le MRAP partage bien des combats contre toutes les formes d'exclusions, en particulier la Confédération paysanne, Droit au logement, le Mouvement de l'immigration et des banlieues, Droit devant!!, le Collectif judéo-arabe et le Syndicat de la magistrature.

Injures et attaques physiques s'inscrivent dans la continuité d'une campagne diffamatoire dans laquelle certains n'hésitent pas à affirmer que le MRAP est une " organisation antisémite ". Dans le même temps, aucune des réunions publiques en faveur d'une paix juste et durable au Proche-Orient n'a été épargnée par ceux toujours prêts à déformer notre expression, quand elles ne furent pas purement et simplement interdites, comme à Garges-lès-Gonesse. Ces allégations blessantes constituent également un réel danger de banalisation de l'antisémitisme. En effet, accuser le MRAP d'antisémitisme, c'est vouloir faire un trait sur sa raison d'être, sur ses cinquante années d'un combat acharné " contre le racisme sous toutes ses formes ", au premier rang desquels la lutte contre le négationnisme, forme accomplie de l'antisémitisme. C'est aussi oublier que le MRAP est à l'origine de l'adoption de la loi française contre le racisme de 1972, et de ses améliorations ultérieures, comme la loi Gayssot de 1990, qui vise entre autres à lutter contre les délits de négationnisme. Banaliser le terme " antisémite ", l'utiliser sans discernement, c'est concourir dangereusement à lui faire perdre de sa force infamante; c'est atténuer cette tragédie de l'histoire qu'est la Shoah; c'est également servir l'action des négationnistes.

Accuser d'antisémitisme une organisation qui, avec d'autres, a permis de contenir, par une action tenace, l'antisémitisme de l'extrême droite en France, n'est-ce pas fragiliser son propre camp ? Cette attitude est contre-productive; elle obstrue tout dialogue en faveur d'une compréhension mutuelle. Ce qui se joue derrière ces injures répétées, c'est le refus de comprendre et d'admettre la double motivation de l'action du MRAP comme les deux faces d'une même pièce : la lutte contre le racisme sous toutes ses formes et pour l'amitié entre les peuples. Ce qui signifie l'instauration de la paix, subordonnée au respect indéfectible de droits réciproques, comme le droit des peuples palestinien et israélien à disposer d'une terre, d'un Etat, et à vivre en toute sécurité. C'est du reste la position défendue par de prestigieux responsables de l'armée israélienne ou de l'Autorité palestinienne qui, prenant le parti de la paix, déclarent qu'il est " nécessaire de combler peu à peu le fossé qui sépare les parties et de reconstruire la confiance ", ou que " la seule issue est une paix négociée ". Que dit d'autre le MRAP ? Mais sa double et intangible exigence dérange : pour certains, le MRAP, n'étant pas " pro-israélien ", serait donc antisémite ; pour d'autres, le MRAP, en défendant le droit de vivre en sécurité, serait " pro-israélien " et donc contre la Palestine. Le combat que mène le MRAP pour la paix lui vaut dès lors les foudres des extrémistes de tous bords, dont l'objectif est de rendre précisément la paix impossible. Leurs armes : la violence, la haine et le racisme. La convergence des attaques de ceux qui nous accusent d'antisémitisme et de ceux qui nous taxent de " marionnette juive " n'est-elle pas le signe que les extrêmes se rejoignent ?

En la circonstance, il y a urgence, ici, en France, à appréhender l'avenir d'une question aussi inextricablement complexe avec discernement et nuances et à avancer non pas les yeux bandés, mais le regard fixé sur les seules valeurs communes qui puissent fonder la paix : l'universalité et l'indivisibilité des droits de l'homme. Il est indispensable de s'éloigner des chemins de l'enfermement communautaire, groupes hermétiques incompatibles avec les valeurs de notre République, d'accepter le pluralisme, y compris sur le terrain des droits de l'homme, et de respecter des différences d'analyse et d'approche qui font la richesse et la force de notre combat. Il est de notre devoir de promouvoir un dialogue authentique en faveur de la paix, de se mobiliser sur les conditions de sa réalisation, de dénoncer sans retenue tous les oppresseurs quels qu'ils soient, d'isoler les fanatiques de tous bords et de rejeter la violence d'où qu'elle vienne. C'est à ce prix-là que nous pourrons continuer à servir demain la lutte contre le racisme sous toutes ses formes et pour l'amitié entre les peuples.
09 Juillet 2001 - L'HUMANITE, TRIBUNE LIBRE
(*) Respectivement, secrétaire général et président délégué du MRAP.

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Yahoo : la justice enfonce le clou
Décidément, la justice française ne lâche pas prise ! Le tribunal correctionnel de Paris vient de se déclarer compétent pour juger l'Américain Tim Koogle, ex-PDG de la société Yahoo, pour vente aux enchères d'objets nazis sur Internet. Prochaine étape : le 7 mai (2002) au tribunal, à moins qu'une décision en appel vienne en décider autrement.

Yahoo, et par là-même celui qui fut son PDG jusqu'en mai 2001, est accusé d'avoir fourni des moyens techniques au internautes à travers sa plate-forme de petites annonces. En novembre 2000, une décision du juge Gomez a demandé à Yahoo de mettre en place un filtre pour empêcher les internautes français de se connecter. Mais les objets incriminés sont restés accessibles.

La décision rendue hier est dans le droit fil des précédents jugements. Pour les magistrats Français, Yahoo a beau être une société américaine, elle a des comptes à rendre à la justice française puisque son service est consultable depuis la France.

En novembre dernier, un juge américain n'a pas vu les choses de la même manière et a donné raison à Yahoo, estimant que la France n'avait pas à s'exprimer au delà de ses frontières. "Le Premier Amendement est plus important que le principe de courtoisie", avait dit le tribunal américain.

Aujourd'hui, la justice française lui répond en prétendant dire le droit sans frontières. Les exceptions d'incompétence territoriale et de prescription ont été rejetées.

Selon l'avocat de l'Amicale des déportés d'Auschwitz, à l'origine de cette action, "voilà une décision ouvre la voie à des poursuites futures contre les hébergeurs de tout poil".

Une fois encore, c'est la dimension mondiale d'Internet qui pose problème.
L'avocat de Yahoo interroge : "doit-on voiler toutes les femmes sur Internet sous prétexte que l'on peut se connecter en Afghanistan ?"
France-info, Chronique du 27 Février 2002, Jérôme Colombain

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A Courbevoie, Mahomet malmené

En cours, un professeur d'histoire l'avait qualifié de «voleur» et d'«assassin». Tollé des parents.

«En 622, Mahomet émigre. Il va se transformer en voleur et en assassin. Il va piller les caravanes de La Mecque pour se faire de l'argent (...). Il va imposer sa religion par la terreur. Il fait exécuter 600 à 900 juifs en une journée.» Il y a trois mois, le 29 septembre, des parents d'élèves du collège Georges-Pompidou de Courbevoie (Hauts-de-Seine) découvrent, «stupéfaits», ces lignes dans les cahiers d'histoire de leurs enfants. Le cours, intitulé «Le monde musulman», est au programme des classes de cinquième.

Mission d'enquête.
«Ces propos sont d'un racisme antimusulman manifeste» et «bafouent la tradition laïque et républicaine de l'école publique», s'indignent-ils, refusant de croire à un «simple dérapage» de la part du professeur. «Cela faisait un mois qu'il enseignait à Georges-Pompidou. Dans les deux autres classes de cinquième dont il avait la charge, il a tenu le même discours, affirme Kamel, père d'une des élèves. Ça a créé la zizanie dans les familles, chez les profs. Même ma fille, qui n'est pas éduquée dans la religion, a été choquée.»

Le 1er octobre, Kamel crée, avec une dizaine d'autres parents, le Collectif des parents d'élèves de Courbevoie (CPEC). Courriers au principal du collège, au rectorat ou à l'inspection académique. Ils n'ont pas de réponse officielle. Dès le 2 octobre, pourtant, le rectorat lance une mission d'enquête dans l'établissement. L'enseignant mis en cause, lui, disparaît au même moment. Il «a quitté l'Education nationale de son propre chef», précise le rectorat qui affirme ne pas savoir ce qu'il est devenu.

Difficile dès lors de connaître les véritables intentions de l'intéressé. Contacté par Libération, un professeur d'histoire, spécialiste du sujet, analyse les pages incriminées : «Au mieux, ce cours est réducteur et très maladroit : même si on sait que toutes les religions ont eu leur lot de violences, on ne peut décemment pas présenter les choses ainsi à des mômes de cinquième. Au pire, il est méprisant et présente l'islam comme une religion mauvaise à la base. En gros, le prophète et Ben Laden : même combat !»

«Black-out».
Les parents, eux, voient le pire. Le 18 octobre, ils alertent la Ligue des droits de l'homme (LDH) et le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) qui saisissent le procureur du tribunal de grande instance de Nanterre pour «injure raciste», «provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale» et «diffamation raciale».

Depuis, «c'est le black-out total, regrette Kamel. Aucune autorité n'a jugé utile de nous contacter. Le parquet n'a pas répondu. On n'a aucune nouvelle de l'enseignant.» Seule concession accordée par le ministère, le 5 novembre dernier : il a ordonné aux parents de supprimer le cours contesté dans les cahiers de leurs enfants...
Libération, Par Guillaume ROLLIN, mercredi 17 décembre 2003, p. 4

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L'antiracisme, un combat qui divise
Alors que SOS-Racisme (notedt, créé réellement, avec l'accord du président François Mitterrand, par le député socialiste juif Julien Dray, avec la collaboration très active de l'Union des étudiants juifs de France, Harlem Desir étant choisi comme leader "pour l'image") fête ses 20 ans, de sourdes querelles l'opposent aux autres associations. Au cœur de ces divergences, la lutte contre l'antisémitisme (notedt, la judéophobie)

Le 15 juin 1985, place de la Concorde: une foule de plusieurs centaines de milliers de personnes se rassemble pour assister au premier grand concert de SOS-Racisme. C'est le véritable acte de naissance du mouvement «Touche pas à mon pote», lancé en octobre 1984 par Harlem Désir et Julien Dray.

5 juin 2004: l'association fête - un peu en avance - ses 20 ans. Quelques semaines plus tôt, le 16 mai, de 15 000 à 20 000 personnes ont répondu à l'appel de SOS-Racisme, rejoint par un grand nombre d'associations et de partis politiques, pour défiler contre l'antisémitisme.
Derrière, bien séparé, un second cortège marche sous les bannières du Mrap, de la Ligue des droits de l'homme, de la LCR et des Verts. Leurs responsables avaient prévenu qu'ils refuseraient de se joindre à la manifestation lancée par SOS-Racisme «contre l'antisémitisme» si on ne changeait pas le mot d'ordre en «contre tous les racismes et pour l'égalité des droits». Une querelle de mots qui masque mal de profondes dissensions. Rarement les tensions au sein du camp antiraciste ont été si exacerbées.

1985-2004: qu'est-il advenu entre ces dates? Comment est-on passé d'un front uni contre l'extrême droite, malgré les querelles et les rivalités, à ce qui ressemble à une déchirure?
1985: Jean-Marie Le Pen vient de remporter deux grands succès électoraux, aux municipales de 1983 et aux européennes de 1984. Le politologue Philippe Juhem, auteur d'une thèse sur SOS-Racisme, explique la réussite du mouvement, lors de son lancement, par la conjonction de deux facteurs: «La montée du Front national, qui incite un certain nombre d'acteurs à réagir, et le caractère apolitique du discours initial des dirigeants de l'association, qui neutralise les adversaires politiques classiques.»

Dès le début, les fondateurs sont convaincus que SOS-Racisme sera médiatique ou ne sera pas. On leur reprochera par la suite d'avoir privilégié l'image au détriment du travail de terrain. Or l'intuition maligne des fondateurs de SOS-Racisme, c'est d'avoir compris qu'il fallait toucher les jeunes par la culture et la télévision.

La cassette de l'Elysée

«Débarrassons-nous de ce complexe, insiste Dominique Sopo, actuel président de l'association. Harlem et ses «potes» ont inventé une nouvelle forme de mobilisation qui a servi de modèle à d'autres, comme Act up ou les mouvements de l'altermondialisation.»
La conjoncture politique sert le mouvement antiraciste. Les journaux de gauche, inquiets de la montée du FN, relaient le discours de SOS-Racisme. Braquer les projecteurs sur lui leur permet d'envoyer un message au public, sans sortir de leur neutralité.
Vingt ans après, Harlem Désir regarde avec fierté son «enfant»: «Loin d'être un feu de paille médiatique, SOS a su assurer sa propre relève pendant deux décennies.» Même si elle est moins forte qu'au beau temps des grands concerts, l'association fonctionne, avec 80 antennes à travers la France et quelques milliers de militants - au mieux.
Christian Delorme, le curé des Minguettes, initiateur de la marche des beurs en 1983 et souvent critique à l'égard d'un mouvement trop éloigné, selon lui, des jeunes Maghrébins, fait un bilan plutôt positif de l'action de SOS: «Il y a eu un vrai travail pédagogique.» La «petite main jaune», trouvée par hasard pendant que Dray et ses amis roulaient en voiture pour se rendre chez le père Delorme, justement, a marqué des générations de lycéens. «L'antiracisme, reprend le prêtre, a pénétré la culture politique de la plupart des élus.»
Pierre-André Taguieff, qui sera l'un des premiers à dénoncer l'inféodation de SOS au Parti socialiste, reconnaît pourtant que «ce mouvement a eu le mérite de politiser une partie de la jeunesse française et a ainsi réalisé un travail d'éducation civique».

La belle unanimité qui s'était faite autour de SOS-Racisme, grâce à sa réputation d'apolitisme, ne dure pas. Premier coup de canif en 1988: le mouvement s'engage pour François Mitterrand. En retour, la cassette de l'Elysée soutiendra généreusement les «potes».
Mais le début de la deuxième Intifada, en 2000, fait exploser la belle unité du front antiraciste. Le conflit au Moyen-Orient s'exporte dans les banlieues hexagonales, et soudain le nombre d'actes antisémites explose. En 2003, ces derniers constituent 72% des agressions à caractère raciste, selon la Commission nationale consultative des droits de l'homme, alors que les juifs représentent seulement 1% de la population.
Pour un certain nombre d'associations antiracistes, prendre en compte cette nouvelle réalité à des révisions douloureuses. Phénomène inédit, ces actes émanent en majorité, en effet, de jeunes issus de l'immigration, eux-mêmes souvent victimes de discrimination. Non seulement cet antisémitisme new-look n'entre pas dans les catégories classiques d'analyse de l'antiracisme - pour qui antisémitisme égale extrême droite - mais s'ajoute la crainte, chez certains, de voir toute une population stigmatisée.
Dès 2002, Malek Boutih, successeur d'Harlem Désir à la tête de SOS-Racisme, s'inscrit en faux contre cette attitude. Il publie conjointement avec l'Union des étudiants juifs de France une liste des agressions antisémites.
Dominique Sopo, l'actuel président, est aujourd'hui encore sur la même ligne: «Une partie du monde intellectuel et des organisations antiracistes n'a pas joué son rôle face aux nouvelles formes d'antisémitisme, déplore-t-il. Il faut combattre le racisme là où il se trouve et sortir de la logique binaire qui assimile le racisme à Le Pen et l'antiracisme à la gauche.» L'approche victimaire, insiste-t-il, interdit à ces jeunes de se vivre comme citoyens à part entière.

Un antiracisme corporatiste?

La marche du 16 mai (2004), première grande manifestation de SOS-Racisme depuis 1992, voulait contraindre les associations à clarifier leur position, à défiler sur l'antisémitisme et cesser de le noyer dans «toutes les formes de racisme».
Pour le Mrap, compagnon de route du Parti communiste, en première ligne dans toutes les manifestations propalestiniennes de ces dernières années, ce discours ne passe pas. Dénoncer l'antisémitisme revient encore une fois, selon lui, à stigmatiser les jeunes des cités. D'autant que Mouloud Aounit, président du Mrap, ne craint pas de soutenir les jeunes filles voilées qui essaient de forcer les portes des lycées, d'invoquer l'islamophobie pour neutraliser les accusations d'antisémitisme ou encore de s'afficher avec le sulfureux Tariq Ramadan, le 5 juin, lors d'un colloque à Jussieu pour protester contre la venue de George W. Bush.
«Ne défiler que contre l'antisémitisme est antipédagogique, renchérit Pierre Mairat, président délégué du Mrap. Les jeunes issus de l'immigration ne peuvent se sentir concernés que si les mots d'ordre visent aussi les discriminations dont ils sont victimes au quotidien. Sinon, ils ont le sentiment que la lutte antiraciste est toujours pour les autres.»
Selon Patrick Klugman, porte-parole de SOS-Racisme, cette attitude remet en question le fondement de toute la philosophie antiraciste qui consiste à mobiliser au-delà des victimes directes du racisme. «Sinon, on tombe dans une vision corporatiste de l'antiracisme, souligne-t-il. Se découvrir antiraciste pour les autres, cela fait partie de la richesse de la citoyenneté.» Le conseil national du Mrap vient de s'interdire solennellement l'usage du terme «islamophobie». Un tournant?

En réalité, la ligne de fracture, un temps masquée par l'antilepénisme, épouse aujourd'hui les contours du conflit israélo-arabe. «Si certains jeunes Français s'identifient à des jeunes Palestiniens, regrette Dominique Sopo, c'est qu'il y a une régression citoyenne terrible. Faire de ce conflit une autorisation de se tabasser et de s'invectiver ici n'est pas acceptable. Que des organisations antiracistes, censées être des garde-fous, emboîtent le pas à cet amalgame n'est pas admissible.» Il n'est pas le seul à penser qu'il est temps de sortir de cette «concurrence des souffrances».

Sortir du discours victimaire

D'autant que, au lieu d'avoir les yeux fixés sur la ligne grise du mur entre Palestiniens et Israéliens, le vrai travail est à faire ici. «Dénoncer l'antisémitisme, ce n'est pas oublier la nécessité impérieuse de lutter contre les discriminations économiques et sociales dont sont victimes les Noirs et les Arabes en France», affirme le philosophe Alain Finkielkraut, qui défilait à la manifestation de SOS-Racisme. Trop d'effets de manches, pas assez de concret.

Une attitude à laquelle les militantes de Ni putes ni soumises, né dans le giron de SOS, tournent le dos. «Il s'agit d'un mouvement adapté à un contexte défini, explique Pierre-André Taguieff. Pas de grande organisation, pas d'apparatchiks, juste un groupe de jeunes femmes refusant une situation. Le message de dignité est positif et compréhensible. Il n'est pas abstrait.»
Le syndicaliste Toufik Allal essaie, lui aussi, de dépasser les querelles idéologiques. Il tente de lancer un mouvement autour du «manifeste des femmes et hommes de culture musulmane», afin de sortir du discours victimaire: «Si les jeunes sont agressés en tant qu'arabes, ils savent riposter. Ils n'ont plus besoin du Mrap pour cela. En revanche, ils sont beaucoup plus désarmés face aux pressions exercées par l'islamisme radical.» Les organisation antiracistes sont peut-être sur le point de redécouvrir le terrain.
lexpress.fr, par Ilana Cicurel, 31 mai 2004, p. 84-87

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(Avril 2005) Objets nazis en ligne: le Mrap dénonce la relaxe de Yahoo

Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) a déploré hier (07 avril 2005) la décision de la cour d'appel de Paris, mercredi (08 avril 2005), de relaxer l'Américain Timothy Koogle, ancien président de Yahoo, pour la mise en ligne d'objets à caractère nazi.
La cour a estimé qu'en tant que créateur du site, Timothy Koogle ne pouvait être tenu pour responsable de ce délit. Le Mrap juge au contraire que Yahoo, ayant créé une arborescence sur ses serveurs intitulée «White Pride», a une responsabilité particulière dans cette affaire.
Par Catherine COROLLER, vendredi 08 avril 2005 (Liberation - 06:00), p. 14

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(Juillet 2005) La stèle pour l'OAS squatteuse de cimetière
L'attribution d'une parcelle par la mairie de Marignane aurait été faite illégalement.

L'érection d'une stèle à la gloire de l'OAS à Marignane (Bouches-du-Rhône) sur un terrain communal est moralement condamnable. Mais, selon la Ligue des droits de l'homme (LDH), elle pourrait être de surcroît illégale. Même si Daniel Simonpieri, maire (ex-FN, ex-MNR) de la commune, a tenté, a posteriori, de se mettre en conformité avec la loi.
En septembre 2004, la mairie autorise l'Amicale pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus et exilés politiques de l'Algérie française (Adimad) «à ériger une stèle dans le cimetière Saint-Laurent-Imbert». Daniel Simonpieri a mis une parcelle de six mètres carrés à la disposition de l'Adimad. Mais a-t-il soumis cette décision au conseil municipal ? La LDH n'en a trouvé aucune trace, malgré un examen attentif des délibérations de l'année 2004. S'il y a eu vote, les comptes rendus ont été obligatoirement transmis au préfet afin que celui-ci procède à un contrôle de légalité.

L'administration a-t-elle donné son feu vert ? Pas sûr. «Le fait qu'une commune se dépossède d'une partie de son patrimoine inaliénable pour un objectif qui n'entre pas dans sa mission de service public n'aurait pas dû passer le contrôle», observe Germain Latour, avocat au barreau de Paris. A moins que Daniel Simonpieri ait agi sans l'aval de son conseil municipal.

Autre question : le maire de Marignane a-t-il mis gracieusement la parcelle à la disposition de l'Adimad ? «L'emplacement offert pour ce monument est magnifique : sur une pelouse, dans le nouveau cimetière de Marignane», se réjouit l'association sur son site Internet.

A l'approche de la date d'inauguration de la stèle, fixée par l'Adimad au 6 juillet, les associations, dont la LDH et le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), font monter la pression. Demandent au préfet d'interdire la manifestation pour éviter des troubles à l'ordre public. Et commencent à examiner la légalité de l'opération.

Coïncidence ? Le 23 juin, Daniel Simonpieri prend un arrêté dans lequel il autorise «temporairement» l'Adimad à «occuper le domaine public communal». Temporairement ? Le mot fait sourire Germain Latour : «Cette stèle étant érigée demeurera», pronostique-t-il. Le même arrêté prévoit «le paiement [par l'Adimad] d'une redevance de 169 euros». Ce qui ne change rien à l'irrégularité de l'affaire. Ce même 23 juin, Daniel Simonpieri contacte les nostalgiques de l'OAS afin qu'ils diffèrent «la date de l'inauguration, le temps que les passions s'apaisent». Les responsables de l'Adimad écoutent leur ami le maire. Le 6 juillet, la stèle est érigée en douce. Sans cérémonie.

Depuis, le bras de fer avec les associations antiracistes se poursuit.
Le 12 juillet, Mouloud Aounit, président du Mrap, dénonçant une «apologie du colonialisme» ayant «un lien direct sur le devenir du vivre ensemble en France et sur les relations d'amitié entre les peuples français et algérien», a écrit à Dominique de Villepin. Il lui demande deux choses : d'une part, la destruction de toutes les stèles à la gloire de l'OAS. Selon l'historien Claude Liauzu, il en existe à Toulon, à Nice, à Théoule-sur-Mer, à Perpignan...
Le militant antiraciste demande d'autre part que soient rebaptisées les rues «portant le nom des tueurs de l'OAS». Il existe à Marignane une avenue du Général-Raoul-Salan.
Par Catherine COROLLER, lundi 18 juillet 2005 (Liberation - 06:00)

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(1er février 2006) Caricatures de Mahomet: le MRAP dénonce "une piteuse provocation"

Le Mrap a exprimé mercredi sa "consternation" devant une "inquiétante et piteuse provocation", après la publication de caricatures du prophète Mahomet dans le journal danois Jyllands-Posten et leur reprise mercredi par France Soir.

"Après la parution des caricatures de Mahomet publiées ce jour dans France-Soir, le Mrap, profondément attaché à la liberté d'expression, ciment de toute démocratie, exprime néanmoins sa consternation devant une inquiétante et piteuse provocation", écrit le président du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (mrap), Mouloud Aounit, dans un communiqué."Tout comme dans les années 30 les caricatures antisémites ont participé à l'excitation et à la banalisation de l'antisémitisme, ces caricatures, dans un contexte marqué par une islamophobie rampante, au-delà de l'offense aux musulmans, ne peut en la circonstance que servir à déculpabiliser et légitimer les tenants et partisans de la caricaturale équation: arabes=musulmans=islam-intégrisme", poursuit le communiqué.

Pour le Mrap, "si la liberté d'expression légitime, à juste titre, la critique de toutes les religions, y compris l'islam, il est des moments et des contextes où la prudence et la vigilance s'imposent pour l'utilisation de certains mots --exemple: Kärcher et racaille-- et de certaines images --exemple: celles publiées ce jour sur Mahomet-- qui doivent être utilisées avec un sens particulier de la responsabilité."
yahoo.fr, actualités, AFP 01.02.06 | 17h06

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samedi 9 décembre 2006 Le MRAP dénonce les «propos révulsants» de Pascal Sevran

Dans un livre à paraître et dans un entretien à Var Matin, l'animateur télé évoque la «stérilisation» pour remédier à la pauvreté africaine.

C'est une polémique qui ne va pas s'éteindre comme ça. Dans un livre à paraitre en janvier puis dans un entretien à Var Matin le 2 décembre dernier Pascal Sevran livre, brut de décoffrage, son analyse sur la démographie africaine.
Dans l'ouvrage tout d'abord, l'animateur de France 2 fait référence au «sexe des Noirs» pour «expliquer» la pauvreté du continent.

Lors de son interview encore, commentant son livre à venir, il en remet une couche : «L'Afrique crève de tous les enfants qui y naissent sans que leurs parents aient les moyens de les nourrir. Je ne suis pas le seul à le dire. Il faudrait stériliser la moitié de la planète». Dans le livre, «le Privilège des jonquilles» l'animateur écrit : «Le Niger. Safari-photo insoutenable. Des enfants on en ramasse à la pelle dans ce pays (est-ce un pays ou un cimetière ?) où le taux de fécondité des femmes est le plus élevé au monde. Neuf enfants en moyenne par couple. Un carnage. Les coupables sont facilement identifiables, ils signent leurs crimes en copulant à tout-va. La mort est au bout de leur bite. Ils peuvent continuer puisque ça les amuse...»

Aussitôt, vendredi, dans un communiqué, le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) dénonçait des «propos révulsants» qui «révèlent l'analphabétisme qui caractérise Pascal Sevran en matière de connaissance des causes réelles de la pauvreté en Afrique». Il «véhicule les stéréotypes et clichés racistes les plus éculés à l'endroit des populations noires», ajoute le texte..

Le Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais et Mahorais a pour sa part annoncé le dépôt d'une plainte pour propos racistes et eugénistes, tandis que Faouzi Lamdaoui, secrétaire national chargé de l'égalité des chances au Parti socialiste, demande «l'"exclusion pure et simple du service public de l'audiovisuel» de cet «ami personnel» du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy.

En plene tempête, Sevran a tenté de s'expliquer sur les radios samedi, sans convaincre personne et sans faire la moindre excuse . «Rien en moi n'est raciste», affirme-t-il, refusant de tenir compte des plaintes déposées contre lui et des appels lancés pour qu'il soit privé d'antenne. «(L'animateur de M6 Marc-Olivier) Fogiel en a eu, tout le monde en a eu des plaintes», a réagi l'animateur sur RFO. «Quand les gens liront le livre, ils verront bien. Il suffit que les gens qui me connaissent ou qui m'aime parlent pour moi et puis voilà, je vais laisser passer ça.»

S'il ne revient pas sur ses dires, il maintient également ses écrits. «Le texte est très beau, je ne retire pas une ligne du texte que j'ai écrit», a-t-il souligné. «Je dis que les adultes sont irresponsables et pas seulement les Africains que j'embrasse, et je serre sur mon coeur les bébés maltraités.»
La direction de France Télévisions a néanmoins annoncé la convocation de Pascal Sevran «dans les plus brefs délais».
Par Liberation.fr, LIBERATION.FR : samedi 9 décembre 2006

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JDD.fr Culture 24/09/2007 - 14:46

Le Mrap s'attaque à Tintin pour racisme

Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) demande à ce que les éditions Casterman insert dans la bande-dessinée d'Hergé Tintin au Congo, un avertissement au lecteur vis à vis des "préjugés racistes", rapporte lundi le site internet du Nouvel Observateur.

L'association de lutte contre le racisme a adressé un courrier, lundi 24 septembre, aux éditions Casterman à ce sujet. Dans cette missive, le Mrap exprime son "attachement à la liberté d'expression" mais estime que bien qu'étant un "document historique", Tintin au Congo n'en véhicule pas moins des valeurs proches du racisme.

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17:46 | 06/05/2008 Le Point.fr Affaire Sevran : Europe 1 et Elkabbach écopent d'une "mise en demeure" Emmanuel Berretta

Suite et fin de la "fausse mort" de Pascal Sevran devant le Conseil supérieur de l'audiovisue l. Après avoir entendu, ce matin, Jean-Pierre Elkabbach , le président d'Europe 1, et Didier Quillot , son supérieur chez Lagardère, les Sages ont infligé une "mise en demeure" à la station, estimant qu'Europe 1 avait manqué à son devoir d'"honnêteté de l'information".

En langage CSA, une "mise en demeure" correspond à un avertissement juridique. Si Europe 1 commet la même infraction dans les trois ans à venir, le CSA devra alors prononcer des sanctions (amendes financières, communiqué lu à l'antenne...).

Autrement dit, sous la menace de cette "mise en demeure", Europe 1 va, à l'avenir, se montrer beaucoup plus prudent dans le maniement de certaines informations chaudes. Les "scoops" tirés par les cheveux, la course à l'info avec les concurrents privés (RTL, RMC) et publics (France Inter, France Info) vont connaître un sérieux coup de frein sur Europe 1.

Évidemment, Jean-Pierre Elkabbach, qui assume seul cette erreur , se trouve aujourd'hui dans une situation pénible. Il est à la fois le plus capé des journalistes d'Europe 1 et celui par lequel le scandale arrive. Curieusement, on notera que le CSA n'a pas jugé utile de convoquer ni Laurent Ruquier (pour France 3) ni Jean-Marc Morandini (pour Direct 8) pour avoir trop hâtivement relayé la bévue d'Europe 1.

De son côté, Lagardère Active "prend acte" de la décision du CSA et, "tient à rappeler, à cette occasion, son soutien à Jean-Pierre Elkabbach, à Europe 1 et à l'ensemble de ses équipes, dont la rigueur et le professionnalisme font la réputation de la station".

Retrouvez, ci-dessous, l'intégralité du communiqué du CSA (publié à 16 h 08)

"Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a auditionné, le mardi 6 mai 2008, Monsieur Didier Quillot, président du directoire de Lagardère Active Broadcast, société éditrice d'Europe 1, et Monsieur Jean-Pierre Elkabbach, président, directeur de la publication d'Europe 1, à la suite de l'annonce erronée, sur l'antenne le lundi 21 avril, du décès de M. Pascal Sevran.

L'audition a porté sur les conditions dans lesquelles cette annonce a été faite, ainsi que sur les dispositions prises par Europe 1 pour s'assurer de la véracité des informations diffusées à l'antenne.

À l'issue de cette audition, le Conseil a adressé à la société éditrice une mise en demeure de respecter l'obligation, qui s'impose à tous les services de radio et de télévision, d'assurer l'honnêteté de l'information conformément aux stipulations de la convention conclue avec le Conseil le 11 juillet 2005."

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13 mai 1958 AFP 12H00 Artistes, ministres et anonymes rendent un dernier hommage à Pascal Sevran

PARIS (AFP) — Alain Delon, Rika Zaraï, les ministres Christine Albanel et Xavier Bertrand, mais aussi plusieurs dizaines d'anonymes étaient rassemblés mardi matin à Paris pour un dernier hommage à l'animateur de télévision et parolier Pascal Sevran, décédé vendredi à 62 ans.

La rue menant à l'Eglise Saint-Louis-en-l'Ile était en partie fermée à la circulation pour canaliser la foule d'admirateurs venus assister à la messe à la mémoire de Pascal Sevran.

Outre les ministres de la Culture et du Travail, Christine Albanel et Xavier Bertrand, on reconnaissait dans l'assistance plusieurs personnalités proches de l'animateur disparu, dont le maire de Paris Bertrand Delanoë, Michou, le fondateur et meneur de revue du célèbre cabaret parisien éponyme, ou encore Bruno Gigliotti, le frère et producteur de Dalida, plus connu sous le nom d'Orlando.

Le groupe France Télévisions -- Pascal Sevran avait animé pendant des années les émissions "La chance aux chansons" puis "Chanter la vie" sur France 2 -- était représenté par son PDG Patrick de Carolis et son directeur général Patrice Duhamel.

Les participants à la messe, qui était célébrée par le Père Gérard Pelletier, s'étaient vu remettre un oeillet à leur entrée dans l'église.

Les obsèques de Pascal Sevran devaient être célébrées pour leur part dans l'intimité familiale, dans un lieu et à une date non précisés.

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boursier.com 13 mai 2008 13.59 Décès de Pascal Sevran : Delon accuse France Télévision

En marge de l'hommage rendu ce matin à Pascal Sevran, Alain Delon est revenu sur les conditions de l'éviction de l'antenne de l'animateur de «La chanson aux chansons».
Ne mâchant pas ses mots, l'acteur s'est fait accusateur de France télévision, attribuant à la chaîne une certaine responsabilité dans le décès de l'animateur.

Alain Delon a déclaré «C'est quelqu'un que j'admirais beaucoup, qui me touchait beaucoup. J'aimais beaucoup sa façon d'être. C'est quelqu'un qui souffrait beaucoup aussi, et comme je ne mâche pas mes mots, il a beaucoup souffert aussi à cause de votre antenne, et il en est mort peut-être un peu aussi».

Il a poursuivi en ces termes : « J'ai une lettre bouleversante qu'il m'a écrite trois jours avant sa mort, tout est dedans».

L'émotion et les propos virulents d'Alain Delon ont aussitôt été atténués par Bertrand Delanoë : «Pour avoir parlé avec Pascal ces derniers mois, il a quand même sa famille de la télévision. Bien sûr il y a des gens qui n'ont pas été sympas avec lui, mais je crois que France Télévision, et notamment son président ont été proches et d'ailleurs le manifestent maintenant».

Alain Delon n'a pas manqué de rétorquer « c'est trop tard maintenant pour montrer sa sympathie».

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Décès d'Albert Lévy, fondateur du MRAP NOUVELOBS.COM | 10.09.2008 | 07:18

Journaliste à L'Humanité, Albert Lévy a été en 1949 parmi les fondateurs du MRAP, avant d'en être le président de 1989 à 1991.
Il a été l'un des artisans essentiels de la loi française contre le racisme adoptée à l'unanimité en 1972.

L'ancien résistant Albert Lévy est décédé lundi, à l'âge de 86 ans, a-t-on appris dans un communiqué du MRAP. Il avait été notamment l'un des fondateurs du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP).

Journaliste à L'Humanité, Albert Lévy fut en 1949 parmi les fondateurs du MRAP, avant d'en être le président de 1989 à 1991. Il a été l'un des artisans essentiels de la loi française contre le racisme adoptée à l'unanimité en 1972.

Instituteur en 1939, il a été interdit d'exercer par les lois antijuives de Vichy. Il entre alors dans la Résistance et milite à l'Union de la jeunesse juive (UJJ). Il prend part à la libération de Lyon. (avec AP)

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22 janv. 16h29 Libération.fr «Y'a bon Banania» encore en rayon

Le Mouvement contre le racisme (Mrap) protestait contre la présence sur certains produits de ce message publicitaire jugé dévalorisant pour les Noirs.

Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) a été débouté ce jeudi par le tribunal de Nanterre dans l'action engagée contre la société titulaire de la marque Banania.

L’association reprochait à la société Nutrimaine de ne pas respecter un protocole d’accord datant de 2006 qui consacrait l’abandon du slogan publicitaire «Y'a bon...» accolé à la marque et jugé dévalorisant pour les Noirs.

Par deux constats d'huissier, établis le 10 octobre 2006 et le 2 juin 2008 dans une boutique parisienne de La Vaissellerie, le Mrap avait constaté la présence de ce message publicitaire controversé sur des produits dérivés.

Ce jeudi, la 1re chambre civile du Tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre a estimé que ces constats avaient «été dressés auprès d’un magasin» à qui Nutrimaine «dénie la qualité de licencié».

Le tribunal ajoute que le protocole prévoyait «un délai d’écoulement des stocks de 8 mois au profit des licenciés de Nutrimaine», ce qui n’excluait «en rien la possibilité de cessions ultérieures des articles litigieux par des revendeurs indépendants, non liés» par le protocole.

Le Mrap, qui agissait dans ce dossier en tant que mandataire du Collectif Dom, demandait notamment la liquidation d’une astreinte d’au moins 20.000 euros par jour prévue par le protocole d’accord, à compter de la constatation de son non-respect.

L’association a également été déboutée de son action visant à interdire à La Vaissellerie de continuer à commercialiser les produits litigieux.

Selon le jugement, s’il apparaît que l’arsenal répressif contre le racisme a été renforcé, «il n’en demeure pas moins que la commercialisation par La Vaissellerie, en qualité de distributeur (…) ne peut être déclarée fautive», car la marque «n’avait pas été déclarée contraire à l’ordre public ou aux bonnes moeurs ou légalement interdite».

Le Mrap a été condamné à rembourser à chacune des deux sociétés, Nutrimaine et La Vaissellerie, 2.500 euros pour frais d’avocat. (Source AFP)

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Jean-Claude Narcy : la ténacité des préjugés racistes lors de l’investiture de Barack Obama vendredi 23 janvier 2009, par jesusparis MRAP

Le MRAP condamne avec force le commentaire raciste de Jean-Claude Narcy qui s’est autorisé à juger " qu’on devait chanter comme ça dans les champs de coton ", à propos de la prestation d’Aretha Franklin, célèbre interprète de musiques " soul " aux USA, lors de l’investiture de Barack Obama, le mardi 20 janvier 2009.

Pour le MRAP, ce message participe à la diffusion de clichés et de stéréotypes racistes. En outre, il trouve incompréhensible l’absence de réaction de Rama Yade, secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, présente sur le plateau, qui n’a pas daigné apporter le type de réaction attendu dans de telles circonstances.

Ce genre de message représente un affront à tous les tenants de ce combat pour l’égalité. Le MRAP demande des excuses publiques de M. Narcy à l’endroit de toutes les personnes qui se sont senties blessées par ces propos, et demande à la chaîne TF1 de les désavouer.

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Mouloud Aounit meurt, une page de la lutte antiraciste se tourne http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20120810.AFP5401/mouloud-aounit-meurt-une-page-de-la-lutte-antiraciste-se-tourne.html Créé le 10-08-2012 à 14h25 - Mis à jour à 22h06

Mouloud Aounit, ancien président du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), ex-participant de la Marche des Beurs, est mort vendredi à l'âge de 59 ans, le monde associatif saluant un "homme de conviction", "têtu", "souvent contesté mais libre".

Le militant associatif et politique, marié et père de deux enfants, a succombé aux suites d'une tumeur au cerveau à l'hôpital de la Salpêtrière à Paris.

Le président François Hollande a salué dans un communiqué la mémoire de l'ancien président du Mrap dont l'action "aura fortement contribué au dialogue entre les cultures, au sein de la communauté nationale".

La première secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry a exprimé sa "grande tristesse", saluant un militant parmi "les plus engagés en faveur de l'intégration".

"Le mouvement antiraciste perd un de ses combattants", a commenté à l'AFP Julien Dray, co-fondateur avec Harlem Désir de SOS Racisme en 1984 et vice-président de l'association jusqu'en 1988.

Dalil Boubakeur, recteur de l'institut musulman de la Mosquée de Paris a présenté dans un communiqué ses "plus vives condoléances et un soutien spirituel dans cette épreuve survenue le 22ème jour de jeûne du mois sacré de Ramadhan".

"Notre communauté nationale issue de l'immigration perd dans cet ardent militant un homme engagé qui combattit sans relâche le racisme, l'islamophobie et l'antisémitisme. Elle perd un de ses compatriotes les plus engagés dans le dialogue entre les cultures au sein de la communauté nationale".

Le cinéaste Jean-Michel Riera, qui avait commencé à réaliser un documentaire sur cette grande figure de l'anti-racisme, a dit à l'AFP que Mouloud Aounit "était malade depuis 18 mois et était dans le coma depuis plus d'une semaine".

Né le 23 février 1953 à Timezrit, à l'époque de l'Algérie française, Mouloud Aounit était arrivé très tôt à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), ville où il a fait toute sa carrière.

M. Aounit avait adhéré au MRAP en 1979, présidant le mouvement de 2004 à 2008 mais avait été contesté en raison de son engagement dans la campagne de la candidate communiste à l'élection présidentielle Marie-George Buffet, puis pour son engagement privilégiant la lutte contre l'islamophobie.

"Souvent contesté"

"Il aura marqué de manière profonde l'association antiraciste par son intense intérêt pour la vie et pour les gens, par sa curiosité intellectuelle, une vaste culture, une grande capacité de travail et un inlassable dévouement", a salué le MRAP dans un communiqué.

Mouloud Aounit avait participé à la Marche des beurs pour l'égalité contre le racisme en 1983 et avait été élu au conseil régional d'Ile-de-France de 2004 à 2010, à la tête de la liste présentée par le PCF en Seine-Saint-Denis. Pour Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, Mouloud Aounit "a été un des premiers à dénoncer, avec courage, l'islamophobie montante".

Le président socialiste du conseil régional d'Ile-de-France Jean-Paul Huchon a rendu hommage à un "homme de conviction" et un "homme de coeur".

"Souvent contesté mais libre de ses opinions, Mouloud Aounit a marqué par sa personnalité, et ses convictions, le combat inlassable qu'il faut mener contre le racisme", a commenté Sammy Ghozlan, président du Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme et son "ami personnel".

"Il était d'origine kabyle, comme moi, donc têtu avec beaucoup de caractère!", a dit à l'AFP Malek Boutih, vice-président de SOS Racisme de 1985 à 1992. Pour le député de l'Essonne, Mouloud Aounit "n'était pas très connu du grand public mais il a écrit une petite ligne (dans l'histoire du mouvement antiraciste)".

Avec Alain Jakubowicz, le président de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), Mouloud Aounit "s'est souvent opposé, de façon violente. Nous avons eu des points d'opposition extrêmement forts sur la question du port du voile, de la laïcité, du Proche-Orient", a rappelé M. Jakubowicz.

Mais pour le président de la Licra, M. Aounit était aussi "un homme particulièrement attachant". "Il a marqué le Mrap pendant de nombreuses années. Sa mort pose la question du renouvellement des cadres de cette association."

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Le MRAP porte plainte contre Manuel Valls pour ses propos sur les Roms Le Monde.fr avec AFP | 12.11.2013 à 11h59 • Mis à jour le 12.11.2013 à 14h24

Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) a officiellement déposé plainte, mardi 12 novembre, contre le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, pour provocation à la haine, la violence et la discrimination raciste.

En cause, des propos controversés sur les Roms, tenus au micro de France Inter, le 24 septembre. M. Valls avait déclaré que les Roms étaient des "populations qui ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation". Il avait ajouté qu'ils avaient vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie, précisant : "J'aide les Français contre ces populations, ces populations contre les Français."

Lire aussi : Roms : surenchère verbale et idées reçues avant les municipales

Le 10 octobre, le MRAP avait déjà fait part de son intention de déposer plainte. C'est désormais chose faite. Une quinzaine de militants s'étaient rassemblés pour le dépôt formel de la plainte devant la Cour de justice de la République, seule instance habilitée à juger un ministre pour son action dans le cadre de ses fonctions.

"IL EXHORTE À LA DISCRIMINATION RACISTE"

Dans un communiqué, le MRAP explique sa plainte, et attaque vertement le ministre de l'intérieur :
"Manuel Valls nie ainsi aux membres d'un groupe ethnique particulier parmi les ressortissants roumains et bulgares, la liberté de circulation dont ils disposent en tant que ressortissants de l'Union européenne (...). Ce faisant, Manuel Valls crée un sentiment de rejet à l'encontre des Roms. Il exhorte à la violence, à la haine et à la discrimination raciste."

Les propos de M. Valls à l'encontre des Roms avaient provoqué des remous au sein de la majorité, y compris au sein du gouverement. La ministre écologiste du logement, Cécile Duflot, avait durement critiqué M. Valls. Elle lui avait reproché de mettre en danger le pacte républicain, contraignant François Hollande à les rappeler à l'ordre.

Regarder notre reportage interactif : Le quotidien d'une ville du Nord et de ses camps de Roms

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