Marine Le Pen
25 avril 2008 : Le Pen récidive, sa fille désavoue, ainsi que le FN
16 mars 2008 : Marine Le Pen battue à Hénin-Beaumont
08 février 2008 : Jean-Marie Le Pen condamné pour ses propos sur l’Occupation
04 février 2008 : Municipales : Face à Marine Le Pen, difficile union de la gauche à Hénin-Beaumont
29 octobre 2007 : Contre Marine Le Pen
22 octobre 2007 : La Cour Européenne des Droits de l'Homme (Grande Chambre) donne raison à Jean-Marie Le Pen
11 septembre 2007 : "Sarkozy s'est aligné sur Rama Yade"
07 août 2007 : Compliments au Président Sarkozy ... ???
17 juin 2007 : Législatives, 2ème tour : 41,7¨% pour Marine Le Pen
10 juin 2007 : Législatives, 1er tour : effondrement (1.116.005 voix, 4,29% des suffrages exprimés) sauf pour Marine Le Pen dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais (24,47%).
03 juin 2007 : L'imposture de Sarkozy
27 mai 2007 : Sarkozy charmeur
1er mai 2007 : Appel à l'abstention massive
22 avril 2007 : Présidentielle, 1er tour, résultats : 3 834 530 voix (10,44% des suffrages exprimés, 8,8% des inscrits). Jacques Toubon (UMP) :"Sarkozy a tué Le Pen"
10 avril 2007 : Contre Nicolas et Cécilia
04 mars 2007 : Le Grand Orient pour Bayrou contre le Pen
22 février 2007 : Un programme chiffré pour « Un capitalisme éclairé, sans ses dérives ultramondialiste et financière »
20 février 2007 : Jean-Marie Le Pen et le 11 septembre 2001 à New-York
31 janvier 2007 : Marine Le Pen incontournable dans les émissions politiques
14 décembre 2006 : 26% d'accord
12 décembre 2006 : Une affiche effrayante ...
27 octobre 2006 : Marine Le Pen interdite de séjour en Israël
20 septembre 2006 : Jean-Marie Le Pen à Valmy
17 septembre 2006 : Marine Le Pen : "Nous sommes à 20 ou 22 %"
14 septembre 2006 : Jugement de Jean-Marie Le Pen après la présidentielle : dénonciation de Me Arno Klarsfeld
12 juillet 2006 : Jean-Marie Le Pen, qui veut lançer sa campagne présidentielle, est renvoyé en correctionnelle, pour des propos de janvier 2005
23 avril 2006 : Marine attaque Philippe de Villiers
19 avril 2006 : Marine et son autobio
10 avril 2003 : Jean-Marie Le Pen déchu de son mandat européen
25 février 2003 : Problèmes pour Marine (comme pour Toubon ?)
Les lepénistes des beaux quartiers
La vigilance de Ras l'front
Le Pen vomit les Lumières
Par Zeev STERNHELL.
Zeev Sternhell est un politologue israélien, auteur de la trilogie «La France entre nationalisme et fascisme» , republiée chez Fayard en 2000.
Aucune société, aucun peuple, aucune couche sociale n'a été immunisée contre ce «mal du siècle» que fut le fascisme . a tentation est grande, à chaque succès d'un mouvement de l'extrême droite en Europe, de se voiler la face et de n'y voir rien d'autre qu'un accident de parcours de plus. La tentation est plus grande encore de parler, comme on le fait dans certains milieux, de l'imperméabilité de la France, par sa «tradition républicaine», à ce phénomène de rupture que représente depuis plus d'un siècle la droite révolutionnaire. La réalité est beaucoup moins brillante : le protofascisme, le fascisme mûr ou le postfascisme sous des formes diverses, produits d'une véritable crise de civilisation qui ébranle l'Europe du tournant du siècle précédent, font partie intégrante de notre culture politique. Aucune société, aucun peuple, aucune couche sociale n'a été immunisée contre ce «mal du siècle» que fut le fascisme : certes, on ne peut plus appeler aujourd'hui à la mise à mort pure et simple de la démocratie, et c'est un grand progrès incontestable, mais un progrès relatif. Car il convient de ne pas oublier que nous vivons non pas dans un monde frappé par quatre années de guerre mondiale, par la révolution en Russie, par l'inflation et le chômage, mais en période de prospérité, de paix et de bien-être que les neuf dixièmes de la population de la planète envient à l'Europe occidentale.
A l'origine du mal se situe le refus de la vision de la nation élaborée par les Lumières françaises. Les auteurs de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert pensaient que la nation constituait un ensemble de gens habitant un certain territoire délimité par certaines frontières et obéissant au même gouvernement. Cette vision éclairée de la collectivité exprime bien l'effort héroïque engagé par les hommes du XVIIIe siècle pour dépasser les résistances de l'histoire et de la culture et pour affirmer, une fois de plus, l'autonomie de l'individu. Elle sera balayée par la révolte contre les Lumières, qui, au tournant des XIXe et XXe siècles, devient un phénomène de masse et s'exprime en France de la manière la plus éclatante dans le nationalisme tribal de la terre et des morts.
Le Front national s'inscrit dans la continuité de cette tradition politique qui, depuis la fin du XIXe siècle, opère une claire distinction entre la qualité de Français et celle de citoyen français. N'importe qui, pense-t-on à l'extrême droite, peut profiter de cette fiction légale qui permet de devenir citoyen français, mais la carte nationale d'identité n'est pas dotée d'un quelconque don magique qui puisse faire du coeur et de l'esprit d'un Arabe d'Algérie ou d'un juif de Pologne, qu'ils soient nés en France ou ailleurs, le coeur et l'esprit d'un Français de souche. L'appartenance à une communauté nationale ne peut être affaire de choix individuel. Par ailleurs, chaque individu incarne le produit d'un environnement historique et culturel unique en son genre, il ne peut s'intégrer en un autre environnement qui, lui aussi, comme toute réalité, est sans égal. Ce qui fait qu'une communauté de citoyens, fondée sur l'idée de contrat social ou de quelque principe utilitaire, est par son essence même une communauté artificielle. Elle est le contraire même d'une communauté fondée sur ces bases qui donnent un sens à la vie : des liens quasiment charnels qui unissent les membres d'une même famille, l'histoire, la culture et la religion. Pour les militants du Front national et ses électeurs, une conception individualiste de la nation, constitue à long terme un danger de mort pour la France.
C'est bien la révolte contre les Lumières françaises, avec sa théorie de la nation conçue comme individualité close, pourvue d'un esprit particulier, avec son refus de normes universelles qui avait produit Vichy. La défaite en elle-même ne rendait pas nécessaire une dictature brutale, présentant toutes les caractéristiques essentielles du fascisme dur, y compris les lois raciales. Le lepénisme s'inscrit dans cette lignée. Cependant, continuité n'est pas synonyme de déterminisme, et il n'y a pas de continuité sans changement. Les changements intervenus sont énormes, notamment en ce qui concerne la vie culturelle : les grands intellectuels de droite d'antan n'ont pas d'héritiers, mais la capacité de l'extrême droite à devenir un mouvement de masse reste entière et, avec elle, la grande vulnérabilité de la démocratie.
On oublie trop souvent que ce ne sont pas seulement les classes moyennes, voire la bourgeoisie, qui fournissaient jadis leurs troupes et leurs compagnons de route aux divers mouvements fascistes ou semi-fascistes en France comme ailleurs : les ouvriers et autres petits salariés restaient de tout temps, eux aussi, ouverts à l'appel d'un mouvement qui se voulait à la fois national et social. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que des villes communistes comme Calais et Martigues aient voté Le Pen au premier tour. La victoire brutale, même si elle n'est que momentanée, de l'économie de marché, les privatisations et le danger qui guette les acquis sociaux, le sentiment de devoir affronter l'avenir seuls et sans soutien, engendrent chez un nombre grandissant de Français, comme chez d'autres Européens, la rancoeur et le ressentiment : ce n'est pas là un terrain favorable pour la démocratie.
Assurément, ici encore, on est loin d'assister à l'éclosion d'un phénomène nouveau : au tournant du XXe siècle, ce furent l'industrialisation et la modernisation rapides qui avaient créé ce sentiment que le monde chavirait. D'autre part, il est permis de penser qu'avec la disparition du marxisme de la vie intellectuelle et culturelle, avec l'affaiblissement du Parti communiste et le virage vers le centre des socialistes, le glissement vers l'extrême droite des couches sociales touchées par les effets pervers du libéralisme économique se poursuivra. La révolte contre les puissants, les possédants et les hommes d'argent, contre le capital anonyme, contre «les élites» en place, n'a jamais manqué en France de troupes. Toute la question est de savoir par qui et dans quel sens ces sentiments diffus sont-ils canalisés.
Le Front national constitue aujourd'hui la dernière édition d'un effort continu de combiner le social et le national, de prendre la défense du peuple non pas au nom de la justice et de l'égalité conçues comme des valeurs universelles, mais comme des instruments de protection de la nation. «Il n'y a de justice qu'à l'intérieur d'une même espèce», disait déjà Barrès, car selon lui comme selon Drumont, «les étrangers n'ont pas le cerveau fait de la même façon que le nôtre». Il en concluait qu'«en France, le Français doit marcher au premier rang, l'étranger au second». Voilà des formules qui, surtout en temps de crise (la preuve de laboratoire ne reste plus à faire), frappent l'imagination avec autrement plus de force que les principes de 1789. D'autant plus que quand on s'applique à noircir au-delà du vraisemblable la Révolution française, à vomir les Lumières et leur héritage, c'est-à-dire les droits de l'homme, on sème le vent et l'on récolte la tempête.
Libération, Le jeudi 02 mai 2002, p. 21
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Une permanence comme il doit en exister des dizaines dans le pays, quelque part dans Paris ou dans la région parisienne. Un sol jonché de cartons, quelques bureaux, une odeur de tabac froid, des affiches, un téléphone jamais tranquille, des jeunes, des vieux concentrés sur leur tâche, des rires qui fusent et beaucoup de nervosité. Ici, on milite comme on respire, comme une évidence, par nécessité. Dimanche 28 avril, dans les locaux de Ras l'front, c'est l'effervescence. Aurélie, René ou Jean-Pierre font des paquets qu'ils remplissent d'autocollants, de pin's. Partout, il y a le triangle rouge, le sigle de l'association, le signe qui distinguait les prisonniers politiques dans les camps nazis ; partout, il y a ce slogan tout simple : "Contre le fascisme." Il faut partir "tracter" devant le Zénith, où se tient le rassemblement des professionnels de la culture. Jacques Testart, biologiste, les rejoindra. Il va parler au nom de cette association qui milite depuis douze ans contre le Front national et l'extrême droite.
Ras l'front est né en mai 1990, le Front national existait depuis longtemps et commençait à collectionner les victoires électorales. Hasard ou suite logique, les événements se précipitent en ce mois de mai. Un appel signé par 250 personnalités conseille la vigilance contre le FN, qu'il faut considérer comme un parti néofasciste. Il faut tout faire pour ne pas le banaliser, le considérer comme un parti comme un autre dans la vie politique française. Dans le même temps, l'émotion est immense en France après la profanation du cimetière de Carpentras. Dans la nuit du 9 au 10 mai, trente-quatre sépultures juives ont été ouvertes et le corps d'un homme récemment inhumé a été déterré et empalé.
Le gouvernement du premier ministre, Michel Rocard, travaille sur l'immigration depuis quelques mois. A la fin mai, une table ronde va rassembler la majorité et l'opposition : la tendance est à la sévérité et aux mesures restrictives. Les associations demandent au gouvernement de tenir ses engagements sur le droit de vote des étrangers dans les élections locales. Quelques semaines plus tard, au petit matin du 21 juin, à la hussarde, la majorité sénatoriale adopte une proposition de loi tendant à réformer le droit de la nationalité présentée par les quatre présidents de groupe de la droite sénatoriale, dont Charles Pasqua.
L'instant est propice : des milliers de personnes répondent à l'appel des 250 en signant une pétition centralisée par le journal Politis, qui reçoit plus de 6 000 signatures. Une assemblée générale est organisée : "Il y avait beaucoup de monde, nous avons décidé de faire des collectifs là où se trouvaient les gens, explique Anne Tristan. Pour faire circuler les informations, nous avons créé un journal." C'est Ras l'front, dont le no 87 est sorti en avril, à la veille de l'élection présidentielle. Si la ligne éditoriale est édictée par l'association, le journal est aujourd'hui indépendant du réseau : "Pour éviter que l'un ne tue l'autre", explique Jean-Pierre. En cas de procès et de condamnation, l'un ne peut pas "plomber"l'autre : "On essaie de ne pas se faire ramasser bêtement."
Gilles Perrault ou Didier Daeninckx - qui depuis ont quitté l'association - sont parmi les signataires et les fondateurs de Ras l'front. A leurs côtés, Anne Tristan. La jeune femme est connue dans les milieux antifascistes pour avoir publié un livre essentiel pour mieux comprendre le Front national : Au Front (Gallimard), en 1987. Anne Tristan a passé six mois dans la peau d'une dactylo au chômage et a milité au sein du FN. Son expérience montre que le parti s'installe partout et tente de renouer des liens là où ceux-ci - qu'ils soient syndicaux, associatifs, politiques ou religieux - ont disparu : "J'ai toujours entendu dire que le FN n'a pas de militants, mais le FN fait un travail de fourmi sur le terrain, dit-elle. Il fallait faire la même chose, avec d'autres idées."
La politique de Ras l'front est donc simple : il faut, face au Front national, tisser un réseau d'initiatives politiques et culturelles, qui permet de réagir dans tous les milieux, du quartier aux lieux de travail : "Nous avons commencé sur les marchés de l'Est parisien, se souvient-elle. Nous étions à côté des militants du FN, qui étaient les seuls à occuper le terrain en dehors des élections."
Pour créer cette capillarité, les collectifs s'installent peu à peu : "Chacun d'eux avait son propre visage." L'association, en effet, fédère, mais n'a pas de structures. Chaque collectif est indépendant et mène à sa guise ses activités. Un pic à 180 est atteint en 1995, année de la mort de Brahim Bouraam, jeté à la Seine par quatre skinheads, en marge d'une manifestation du Front national, le 1 er mai à Paris. Il y en a aujourd'hui une centaine. Ras l'front s'est lié avec le mouvement social et, en particulier, avec des associations comme le Droit au logement (DAL) ou les antimondialistes d'Attac.
De nombreux militants sont venus de l'extrême gauche, mais Ras l'front semble avoir échappé à une éventuelle protection d'un parti ou d'un autre : "Ce n'est pas le catéchisme, comme il peut y avoir dans ce genre d'organisation, assure Jacques, qui soutient l'association et écrit dans les colonnes de son journal. Nous savons qu'il y a beaucoup de militants venus de la Ligue communiste révolutionnaire, mais ils n'y sont pas soumis. Militer contre le FN, ça n'empêche pas d'aller militer ailleurs."
Dès les premiers mois de sa fondation, Ras l'front frappe les esprits en prenant à rebrousse-poil le débat sur le Front national. Contrairement à ceux qui préfèrent ignorer le FN en lui refusant la médiatisation. Faut-il en parler ou non, faire de la publicité ? Ras l'front préfère appeler un chat un chat : "Nous voulions être tranchés : le Front national, c'est du fascisme, point, dit Anne Tristan.Les avancées de l'extrême droite sont faites de nos reculs, toute politique qui courtise avec ces idées-là ne peut que nourrir ce vote-là."
A la présence sur le terrain du Front national, que les militants de Ras l'front appellent ironiquement les réunions Tupperware, les collectifs opposent leurs fêtes, leurs débats ou leurs services. Il y a aussi les opérations de visibilité. En 1993, un premier Salon du livre antifasciste est organisé dans la capitale. Plus de cent écrivains, historiens, sociologues et dessinateurs, une quarantaine d'éditeurs, des librairies, des revues et des professionnels de l'imprimerie participent à ce rassemblement. En 1996, Ras l'front organise une nuit du cinéma antifasciste à l'Entrepôt.
Autour du journal, qui paraît dix fois par an, des brochures d'information sont publiées afin d'expliquer le contenu du programme de Jean-Marie Le Pen ou d'identifier les réseaux. Les rédacteurs n'hésitent pas à reproduire des tracts du FN, pour informer. Au fil des ans, Ras l'front s'est intéressé notamment au "FN contre les jeunes" ou a enquêté sur le "rock identitaire français": "Le FN s'est lancé sur les terrains de la musique, de la BD, de la peinture, lit-on dans l'introduction de l'opuscule, autant de domaines qui permettent d'attirer plus largement les jeunes qui n'auraient pas adhéré au FN, MNR... par une démarche purement politique." Et il y a toujours les marchés, où les militants essaient d'être là, au quotidien. Aurélie, une jeune militante, explique : "Nous rencontrons des gens qui ont besoin de discuter, qui cherchent des réponses que les partis ne leur donnent plus."Et avec les militants du Front national ? "Il y a un pacte de non-agression. Le fait que nous soyons là les empêche de se disséminer sur le marché, ils restent autour de leur stand, ce sont les gens qui viennent les voir. Récemment, nous avons plutôt vu des militants du MNR."
Dans quel état dimanche 21 avril les a trouvés ? "Sonnés mais pas longtemps", dit Jean-Pierre. Avec le secrétariat général, il avait écrit un communiqué samedi soir, "parce que les sondages dont nous prenions connaissance montraient que Jean-Marie Le Pen remontait très fort et que son score, le lendemain, serait trop important. C'était pire que nous ne le pensions". Depuis, le local ne désemplit pas. Cinq bénévoles assurent la permanence et huit autres se relaient pour actualiser le site Internet raslfront .org. L'association reçoit 200 mails par heure, il faut envoyer du matériel aux collectifs, "dis- séminer l'énergie", poursuit Jean-Pierre.
Ils souquent, oublient d'être amers, du moins en apparence. Ils tâchent d'oublier toutes ces fois où la communauté n'a pas voulu les croire, et surtout en 1998, l'année de la scission entre Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret : "Mes copains me disaient : "Arrête avec tes conneries de pin's"", explique Jacques, qui porte en permanence le petit triangle rouge sur ses vêtements. "On nous disait que c'était fini, poursuit Jean-Pierre. Maintenant qu'ils étaient divisés, ils allaient disparaître. Ça a été vrai pendant quelques mois, mais nous avons très vite vu que le FN et le MNR étaient encore là. Cela a été flagrant aux élections municipales de mars 2001. Nous savions qu'en cas de nécessité les frères ennemis pouvaient tout à fait s'unir à nouveau. Nous avons perdu trois ans." Aurélie est arrivée à Ras l'front un peu avant la scission du Front national. Le groupe au sein duquel elle militait a continué : "Je suis en Seine-Saint-Denis, dans une commune où il y a une église intégriste, cela nous a encouragés à rester vigilants, dit-elle. Nous nous sommes dit que cela faisait deux ennemis au lieu d'un. Nous savions bien qu'ils n'allaient pas passer de 15 % à 0 % comme ça." Les militants de Ras l'front avaient toujours entendu ce discours : "Tous ces coups encaissés, raconte Anne Tristan. On nous disait, mais non ! C'est protestataire, c'est volatil."
Alors il faut recommencer. Etre là, partout où les manifestations contre l'extrême droite se for-ment, mais Jean-Pierre assure : "La manifestation est une prise de conscience, pas une solution." Malgré l'électrochoc qui vient de secouer le pays, le temps presse : "Il faut travailler et reconstruire, nous avons un mois et demi avant le deuxième tour des élections législatives pour expliquer à nouveau, avant que le soufflé ne retombe."
Que faire ? "Nous n'avons pas de certitudes, pas la vérité. Nous disons quelque chose de simple : il n'y a pas de forces que l'on ne peut combattre", poursuit Anne Tristan. "Notre réponse, c'est d'être là partout où sévissent l'exclusion, l'insécurité, ce n'est pas la bagnole qui crame au coin d'un carrefour, l'insécurité, c'est le chômage, la précarité, répète Jean-Pierre. Quand le Front national débarque dans une soupe populaire à Saint-Lazare, nous essayons d'être là ; quand un groupe de rock identitaire français arrive en quart de finale d'un concours de chant, nous alertons le directeur de la salle et, s'il n'entend pas, nous manifestons. Nous n'allons pas nous grossir la tête et les bras, il nous faut susciter la vigilance, partout."
De quoi rêvent-ils ? La question provoque à chaque fois un sourire pointé d'amertume. Qu'un jour l'extrême droite retombe à 1 %, et Ras l'front pourra disparaître : "Si nous réussissons, nous partons." Pour l'heure, une illusion. Alors ils restent, existent encore, et sans doute pour longtemps.
Bénédicte Mathieu, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 03.05.02, LE MONDE | 02.05.02 | 09h19,MIS A JOUR LE 02.05.02 | 09h59
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Les lepénistes des beaux quartiers
Ils ont de l'argent ou ils en ont eu. En tout cas, il leur en reste suffisamment pour habiter des appartements cossus, généralement dans les beaux quartiers de Paris, mais aussi en province, où ils entretiennent des résidences secondaires, souvent la propriété familiale. Ils sont médecins, magistrats, chefs d'entreprise. Aristocrates ou grands bourgeois, ces gens-là n'ont pas découvert Jean-Marie Le Pen le 21 avril. Ils lui sont fidèles depuis des années, parce que ses idées sont les leurs. Une surtout, par dessus toutes les autres, qu'ils résument en deux mots : "La France !"
"Quand on a compris ce qu'est le Front national, on y entre comme en croisade, comme en religion, pour le salut de la France", explique Jeanne de Chabot, princesse Armand-Louis de Polignac. La vieille dame reçoit sans façon dans son appartement du 9e arrondissement ("Nous vivons bourgeoisement et simplement"), mais elle ne craint pas la grandiloquence pour rappeler son engagement au FN "depuis qu'il existe". Elle n'a plus la mémoire des dates, se souvient seulement avoir voté pour Tixier-Vignancour en 1965 : "C'est dire si je suis irrécupérable", rit-elle. "Et au deuxième tour, précise-t-elle, j'avais voté Mitterrand pour faire échec à de Gaulle."
Le colonel Eric du Réau, 57 ans, n'a adhéré au parti lepéniste qu'il y a trois ans, après avoir quitté "cette pauvre armée que Chirac venait de brader". Toutefois, reconnaît-il, "je suivais le FN depuis une vingtaine d'années". L'ex-saint-cyrien assistait aux meetings "en civil" pour respecter son devoir de réserve, mais il ne s'abstenait pas devant l'urne : "J'ai voté pour la fausse droite jusqu'à Giscard. Une erreur que j'ai vite regrettée : VGE, c'était le socialisme rampant. La France aurait été moins socialisée avec Mitterrand." Alors, en 1981, il a voté utile : "Mitterrand contre Giscard." Depuis, il n'hésite plus : "Le Pen est le seul capable de mettre fin à la décadence morale et civique de notre pays."
C'est aussi après avoir pris sa retraite professionnelle qu'André Giresse a affiché sa sympathie pour le Front national. Il n'a pas sa carte, mais accepte depuis 1995 de figurer au comité de soutien de Jean-Marie Le Pen. Un président de cour d'assises - celle de Paris de surcroît -, quel renfort de prestige ! Aujourd'hui âgé de 79 ans, l'ancien magistrat a trouvé dans cette famille politique un cadre idéal pour son "esprit rebelle". "J'ai une fascination pour les exclus, les persécutés", raconte-t-il, expliquant que le combat politique frontiste, c'est "ceux d'en bas contre le château".
Dans les années 1950, le jeune Giresse, magistrat outre-mer, avait adhéré à l'Union démocratique et sociale de la Résistance (UDSR) de François Mitterrand - "un très grand ministre de l'outre-mer qui a préparé la décolonisation de main de maître". "Je suis resté longtemps proche de lui", dit-il. Mais ce sont les questions de justice qui ont précipité son divorce d'avec les socialistes, alors qu'il participait à des commissions d'études du PS : "Je me suis vite aperçu qu'ils avaient une vision de la justice pénale aux antipodes de la mienne : laxiste, rousseauiste, utopique et angélique."
La rupture a été consommée avec le procès de Philippe Maurice et l'abolition de la peine de mort, "cette clé de voûte de notre système pénal". Mais il reproche aussi à Mitterrand d'avoir "méprisé la magistrature" et "bafoué l'indépendance de la justice". Il porte comme une blessure l'affaire de Broglie, "que le pouvoir, droite et gauche réunies, a tout fait pour étouffer". Ce dossier inabouti était au cœur d'un livre brûlot qu'il écrivit en 1987 "sur les coulisses de la justice" (Seule la vérité blesse). Le scandale fut énorme : deux ans après avoir été mis en congé spécial - "on m'avait fait passer pour répressif" -, il se voyait refuser l'honorariat. Pourtant, promis-juré, son ralliement aux thèses du FN n'est pas une réaction d'homme amer et blessé : "Il y a d'autres raisons, comme la souveraineté nationale ou les valeurs spirituelles et morales." "J'ai toujours été de la gauche patriotique, celle de Bourgès-Maunoury, Max Lejeune ou Lacoste, et qui n'existe plus." Chez les partisans du FN, il a retrouvé "l'amour de la France, de l'Etat-nation".
Marie-Christine Bignon est d'une autre génération, et d'un autre milieu. Cette femme élégante de 54 ans dirige une petite entreprise textile, spécialisée dans la lingerie haut de gamme, à Chauffailles (Saône-et-Loire). A son retour au pays, après plusieurs années passées au Québec puis en Normandie, elle a repris une société en faillite et adhéré au Front national. C'était à la fin des années 1980. "Je votais pour lui depuis longtemps ; j'ai toujours voté à droite, et je continue de le faire, car je ne me sens en aucun cas extrémiste." Son père, petit concessionnaire automobile, était "socialiste bon teint", sa mère "très à droite", de même que sa belle-famille, "dont le vote fluctue entre Le Pen, Madelin ou Bayrou en fonction du climat politique créé par les médias".
Depuis un an, elle est sortie de l'anonymat en devenant maire de sa commune, élue à la surprise générale dès le premier tour avec 60 % des voix. Son engagement politique à l'extrême droite n'effraie pas ses clients :"Ils le savent, et j'en informe moi-même les nouveaux pour qu'ils ne l'apprennent pas par la bande. Nous avons parfois des discussions politiques, mais de bonnes relations." Dans cette région rurale où la petite industrie textile a été sinistrée, c'est un combat quotidien pour maintenir son entreprise à flot. "Les PME meurent du fiscalisme, des 35 heures et du manque de liberté pour licencier, dit-elle. Le Pen est le seul qui a vécu l'entreprise, il est le seul à même de nous comprendre."L'industrielle fait partie du club d'entreprises de son canton, mais, reconnaît-elle, "ce n'est pas dans ce milieu que je rencontre le plus d'idées correspondant aux miennes, c'est surtout chez les artisans et commerçants" (représentés en force à son conseil municipal).
L'adhésion de Marie-Christine Bignon ne s'arrête pas au programme économique du leader du FN : "Je partage la plupart de ses idées." Comme son mari, également industriel du textile, et ses trois enfants, âgés de 22 à 35 ans : "Ce sont de vrais patriotes, ils en feraient une maladie s'ils ne votaient pas."
La fibre lepéniste est souvent familiale : "Mes quatre enfants sont très indépendants, mais nous avons beaucoup parlé avec eux", explique le colonel du Réau. "C'est un choix raisonné", assure la benjamine. Dans la famille de Mme de Polignac, Jeanne est longtemps restée un cas, mais il y a du mieux ces derniers temps : "Deux de mes trois filles ont voté Le Pen cette fois-ci ; auparavant, l'une votait Jospin et l'autre pour la droite molle." La vieille princesse a reporté tous ses espoirs sur ses huit petits-enfants : "L'électorat de Le Pen, ce sont les grands-parents et les très jeunes, la génération intermédiaire est frileuse."
Vivant dans des milieux favorisés, ces lepénistes convaincus n'ont aucune tendresse pour leur voisinage : "Je déteste la bourgeoisie, dont je fais pourtant partie, assure André Giresse. Ces gens dédaignent le peuple, vivent en vase clos, ne voient plus la réalité, c'est l'esprit de la Croix-Catelan." Allusion aux installations du Racing, club huppé dont ce notable amateur de sport fut un temps membre. Jeanne de Chabot moque "la gauche caviar et la droite saumonée", alors que "la bonne aristocratie est très proche du petit peuple". Le peuple, les petites gens, telle semble être leur obsession. De passage ces jours-ci dans sa "campagne", en Vendée - son père a longtemps été député de la circonscription aujourd'hui détenue par Philippe de Villiers -, Mme de Polignac en a rencontré à la pelle, de ces gens ordinaires - "des fermiers, le menuisier, le peintre" -, qui ont voté Le Pen le 21 avril "et qui continueront".
"Ça me plaît de voir que le Front national a remplacé le Parti communiste chez les ouvriers,se réjouit M. Giresse. Avant ils votaient pour Moscou, au moins maintenant ils votent pour la nation." En discutant avec ses employés et ses administrés, Marie-Christine Bignon s'est forgé une certitude : "Je m'attends à un score surprenant au second tour. Que voulez-vous, les gens sont essoufflés, écœurés." Tous en conviennent, le succès de Jean-Marie Le Pen se bâtit sur les thèmes de l'insécurité et de l'immigration, souvent entremêlés. Même à Chauffailles, 5 000 habitants, où la délinquance est quasi inexistante : le deuxième policier municipal recruté par Mme la maire ("mieux vaut prévenir que guérir") vient de lui avouer qu'il s'ennuyait.
Sur l'immigration, ils sont intarissables, mais se dédouanent avec force : racistes, nous, jamais ! Aux murs de son salon, André Giresse montre les aquarelles de Madagascar, son île natale, et les objets décoratifs rapportés de sa carrière en Afrique. "Sans l'intervention de Mitterrand en 1958, j'aurais été exclu du ministère de l'outre-mer, car on me reprochait de prétendues idées marxistes, on m'appelait l'ami des nègres."
Marie-Christine Bignon vient de recruter deux assistantes maternelles pour une école de sa commune : "Les deux candidates que j'ai retenues sont algériennes, elles correspondaient aux critères professionnels que j'avais définis, et en plus elles étaient de Chauffailles." La préférence locale plutôt que nationale ! Dans son entreprise, l'une de ses meilleures collaboratrices est maghrébine : "Si je dois licencier un jour, je ne commencerai pas par Aïcha, c'est sûr."
"Je n'ai jamais été raciste,martèle aussi la princesse de Polignac. Pendant la guerre, nous avons caché des juifs, comme tous les Français." Mais ce n'est pas une raison pour "devenir une république islamiste", puisque "ces gens se reproduisent comme des lapins".La France de ses ancêtres "doit conserver sa culture judéo-chrétienne". Pour la vieille dame, le regroupement familial a été "une folie". Elle souhaite qu'on demande davantage l'avis du peuple sur les grands sujets comme celui-ci : "Je suis sûre qu'un référendum sur l'immigration aurait un grand succès. Vous ne trouvez pas ? En tout cas plus que le quinquennat."
Ils ont beau chercher, ils ne voient personne d'autre que Jean-Marie Le Pen pour incarner leur idéal, cette France sauvée de la dissolution dans "l'euromondialisation", guérie de "l'affairisme", bref rendue au peuple de France. Pour André Giresse, les autres hommes politiques "n'ont que des plans de carrière". Chevènement ? Il l'a trouvé ridicule "à vouloir se prendre pour de Gaulle". Le député de Belfort est pourtant le seul à trouver grâce aux yeux des lepénistes. "C'est vrai, Chevènement est sympathique, admet Eric du Réau. Mais il s'est trop compromis avec tous les gouvernements de gauche." Tandis que Le Pen, lui, "n'a jamais varié", se félicite Mme Bignon. Et il ne s'est jamais trompé, renchérit le colonel du Réau : "Pour gouverner la France, il faut un visionnaire. Depuis vingt ans, il a toujours fait un bon diagnostic de la situation et il propose des remèdes simples."
Jean-Jacques Bozonnet, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 02.05.02, LE MONDE | 30.04.02 | 12h13
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(26 février 2003) Marine Le Pen se prend des policiers dans le nez
Elle est poursuivie pour outrage à agents lors d'une fête.
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(10 avril 2003) Jean-Marie Le Pen déchu de son mandat d'eurodéputé
Le président du Front National Jean-Marie Le Pen a été déchu de son mandat de député européen, après le rejet du recours qu'il avait introduit devant le tribunal de première instance de la Cour de justice des Communautés européennes.
"M. Le Pen n'est donc plus député européen à dater de ce 10 avril 2003", ajoute le communiqué, qui indique que Marie-France Stirbois, qui l'avait remplacé durant trois mois, avant que la justice européenne n'ordonne le sursis à exécution, devrait lui succéder de nouveau.
Charles Platiau REUTERS, Libération, 10 avril 15:43:38, 11 avril p. 18
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mercredi 19 avril 2006, 11h21 Marine Le Pen répond aux "caricatures" du FN dans une autobiographie
PARIS (AFP) - Marine Le Pen répond, dans une autobiographie intitulée "A contre flots" à paraître le 25 avril, à ce qu'elle considère comme des "caricatures" du Front National, ou d'elle-même.
"Face à un certain nombre de caricatures, qu'elles soient externes ou internes, il était nécessaire d'apporter une réponse", a expliqué la fille du président du FN, Jean-Marie Le Pen.
"Je voulais qu'au début de ma carrière politique (...) il y ait un acte de sincérité et de vérité", a ajouté la vice-présidente du FN, qui n'exclut pas d'être candidate à la succession de son père à la tête du parti, le moment venu.
"Faire de la politique ne passe pas obligatoirement par la présidence du FN. Mais pourquoi pas?", répond-elle. Pour l'instant, ce qui m'importe c'est 2007, et le candidat à la présidentielle, c'est Jean-Marie Le Pen. Je considère qu'il est le meilleur candidat, et qu'il est, et restera, le meilleur président du Front National. Mais après, on verra. Je n'exclus rien a priori".
Dans ce livre qu'elle a décidé d'écrire "il y a un an", en pleine polémique sur les déclarations de Jean-Marie Le Pen à Rivarol (sur l'occupation allemande en France, "pas particulièrement inhumaine"), la conseillère régionale d'Ile-de-France rejette les accusations de racisme et d'antisémitisme portées contre son père.
Elle attribue ses déclarations de 1987, où il avait décrit les chambres à gaz comme "un point de détail de l'histoire de la seconde guerre mondiale", à "sa stupéfiante capacité à tout relativiser".
Poursuivant ses efforts de dédiabolisation du FN, elle donne sa grille de lecture des positions du parti sur le rôle de la femme ou l'avortement, contre lequel elle estime qu'il faut lutter par "des mesures incitatives" plutôt que par "la suppression autoritaire de la loi Veil". Elle rappelle aussi sa volonté d'"acquérir une culture de gouvernement".
Mais elle qualifie d'"incompréhension" et de "malentendu" les craintes de ceux qui, au sein du FN, disent qu'elle veut "abandonner les +fondamentaux+ du Front National pour, comme Gianfranco Fini en Italie, aller vendre (son) parti à +la droite+ contre un maroquin ministériel".
("A contre flots", Marine Le Pen - Editions Grancher, 322 pages, 20 euros)
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(Avril 2006) Chaque dimanche, une personnalité commente en toute liberté l'actualité de la semaine.
Aujourd'hui: Marine Le Pen, vice-présidente du Front national, parlementaire européenne et conseillère régionale d'lle-de-France.
A un an de la présidentielle, Jean-Marie Le Pen se dit convaincu de se retrouver en 2007 au deuxième tour. Partagez-vous son optimisme?
. Marine Le Pen. Bien sûr. Et je ne suis pas la seule à le partager. Les études d'opinion montrent qu'un Français sur trois est de cet avis. Jean-Marie Le Pen. c'est évident, est la seule alternative possible. Depuis trente ans, la droite et la gauche montrent leur incapacité à apporter la moindre réponse aux maux qui frappent la France.
La crise provoquée par 1e CPE en est l'illustration?
Cest une démonstration supplémentaire de l'incapacité des politiques à s'attaquer aux causes des ,problèmes. Nos compatriotes sont de plus en plus désespérés. Chômage, sécurité, il n'y a pas un seul domaine où il y ait une amélioration.
Cette crise, qui affaiblit la majorité, profite-t-elle au Front national?
L'affaiblissement de l'exécutif insécurise beaucoup les Français. Doivent-ils se tourner vers l'autorité de l'Etat, quasi inexistante, ou vers celIe de la rue qui semble décisive? Nos compatriotes sont déboussolés. Ils veulent quelqu'un qui soit capable d'incarner l'autorité de l'Etat. Jean-Marie Le Pen est cet homme.
" La nation est à la mode"
Jean-Marie Le Pen est-il vraiment un homme d'avenir? Le rassemblement populaire, national et patriote qu'il souhaite paraît désuet?
la nation est un conœpt extrêmement moderne. Un certain nombre de forces politiques à gauche ont tenté de la ringardiser, d'autres à droite l'ont totalement abandonnée.Or, il s'avère que justement face au mondialisme, la nation est plus que jamais à la mode. La seule structure susceptible d'apporter la sécurité et la prospérité aux Français.
L'OPA sur le FN lancée par Philippe de Villiers vous inquiète-t-elle ?
Non Villiers a un comportement commercial. Il adapté son discours aux résultats d'une étude de marché. Mais pour être porteur de convictions, encore faut-il les avoir chevillées au cœur. Ce n'est pas son cas. Il a été ministre et depuis vingt ans, sans aucune exception, il a soutenu le RPR puis l'UMP. Pour être un tant soit peu crédible avant de partir en chasse, il aurait dû présenter des excuses pour s'être, et surtout avoir, trompé les Francais. Ne pas l'avoir fait le discrédite totalement On ne s'improvise pas chevalier blanc.
Quand il parle de l'islamisation de la France, pour vous c'est de la surenchère à destination de votre électorat?
Il est surtout ridicule. Cela fait plus de vingt ans que nous dénonçons les dangers de l'immigration, ses conséquences sur l'identité française et l'affaiblissement du modèle républicain Je n'ai pas souvenir, pendant toutes ces années, avoir entendu une fois Villiers sur ces thèmes. Sauf pour nous insulter. J'ajoute que dans sa toute nouvelle croisade, il a une notion religieuse qui n'est pas la nôtre, ni celle de nos militants.
Il pourrait empêcher votre candidat de décrocher les 500 signatures nécessaires...
Il n'en a pas les moyens. Mais je le mets en garde : s'il se présente, il prend le risque de disqualifier le candidat national pour le second tour. Il paierait alors très cher cette forfaiture. Qu'il se débarrasse de ses problèmes d'ego et rallie Jean-Marie Le Pen dans une candidature unique et nationale.
Il vous prend militants et cadres, notamment le maire d'Orange Jacques Bompard...
Cest faux, nos militants ne désertent pas. Quant à Bompard, à part vomir sur le FN, je ne l'ai pas entendu faire la moindre proposition depuis qu'il a rallié Villiers.
A 78 ans, Jean-Marie Le Pen ne devrait-il pas passer la main? A vous, par exemple?
Non. Pour 2007. il est l'homme de la situation. Il est le meilleur candidat pour le combat national.
L'exemple de Ségolène Royal au PS ne vous donne-t-il pas des idées?
Non. Ségolène Royal a du succès car personne dans son camp ne s'impose. Mais où est son programmef? Mystère! Ce n'est pas le cas au FN.
Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, favoris dans les sondages, n'incarnent pas à vos yeux un renouveau?
Pas vraiment Ce sont des jeunes qui ont denière eux une longue carrière politique! Chacun, ils représentent l'impuissance de la classe politique et sont responsables du marasme actuel. Ceci dit, je me méfie des sondages. Douze mois avant le 21 avril 2002, aucun d'entre eux ne donnait le Pen au second tour.
Approuvez-vous le projet de loi sur l'immigration que Nicolas Sarkozy présente la semaine prochaine?
Il est à l'exact inverse du programme du FN. La discrimination positive qu'il préconise est en violation totale des principes républicains.
A 37 ans, vous publiez la semaine prochaine un livre largement autobiographique (« A contre flots », Ed. Granchier). Pourquoi?
Parce que l'image que l'on donne de moi est à sens unique, caricaturée.J'ai voulu rétablir la vérité. Après qu'on m'aime ou non, peu importe.
On vous dit candidate à la succession de votre père...
J'entends garder mon père, c'est la fille et la militante qui parlent, aussi longtemps que possible dans les responsabilités qui sont les siennes. Cela dit, le jour venu, je n'exclus pas de présenter mes idées aux adhérents du FN.
Le parti peut donc survivre à Jean-Marie Le Pen?
C'est en tout cas la volonté de mon père. Et si les militants le veulent, je m'emploierai à donner du FN l'image d'un grand parti populaire aux idées généreuses. Qu'on arrête de nous caricaturer!
PROPOS RECUEILLIS PAR BERNARD MAZIÈRES
Le Parisien, dimanche 23 avril 2006, p. 6
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mercredi 12 juillet 2006, 20h16 Le Pen renvoyé en correctionnelle pour ses propos sur l'occupation
PARIS (AFP) - Le président du Front national Jean-Marie Le Pen est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris pour ses propos dans l'hebdomadaire Rivarol en janvier 2005 sur l'occupation allemande en France (1940-1944), qu'il a jugée "pas particulièrement inhumaine".
Deux informations judiciaires avaient été ouvertes en mars 2005 respectivement pour "apologie de crimes de guerre" et "contestation de crime contre l'humanité". M. Le Pen avait été mis en examen dans les deux procédures.
La juge parisienne Michèle Ganascia a signé deux ordonnances de renvoi de M. Le Pen mardi.
Ce dernier devra donc répondre devant le tribunal correctionnel des délits de "complicité d'apologie de crime de guerre" et de "complicité de contestation de crime contre l'humanité".
La première instruction ouverte par le parquet de Paris pour "apologie de crime de guerre" visait une présentation jugée "favorable" par M. Le Pen de la Gestapo, organisation jugée criminelle par le tribunal de Nuremberg pour son rôle dans les crimes contre l'humanité perpétrés par les nazis.
Le deuxième enquête pour "contestation de crime contre l'humanité" avait été ouverte à la suite d'une plainte avec constitution de partie civile déposée par l'association des fils et filles de déportés juifs de France (FFDJF).
Elle visait un passage dans lequel M. Le Pen a notamment déclaré à Rivarol: "en France du moins, l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés".
"Du point de vue de la morale politique, c'est inacceptable et j'espère que le tribunal prononcera l'inéligibilité de Jean-Marie Le Pen", a déclaré Me Arno Klarsfeld, l'avocat de la FFDJF.
"Si l'occupation allemande n'avait pas été particulièrement inhumaine, celle-ci n'aurait pas, en conséquence, commis +particulièrement+ de crimes contre l'humanité. Or il a été établi que 76.000 juifs de France ont été déportés de France par les forces d'occupation allemande et que chacune de ces déportations constitue en elle-même un crime contre l'humanité", avait expliqué dans sa plainte le président de l'association FFDJF Serge Klarsfeld.
L'avocat de M. Le Pen, Me Wallerand de Saint-Just a indiqué qu'il n'avait pas encore eu connaissance des ordonnances de renvoi mercredi soir.
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mercredi 12 juillet 2006, 13h30 Rentrée politique de Jean-Marie Le Pen: des Bouches-du Rhône à Valmy
PARIS (AFP) - Le Front national fera sa rentrée politique les 1er et 2 septembre lors de son université d'été à Arles (Bouches-du-Rhône), avant le coup d'envoi de la campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen le 20 septembre à Valmy (Marne). L'université d'été d'Arles, ouverte à la presse pendant les deux jours, sera consacrée aux institutions. Elle sera suivie le 3 septembre d'une "fête des Tricolores" organisée par le FN local dans les environs de Marseille, et au cours de laquelle M. Le Pen prononcera son discours de rentrée. M. Le Pen donnera ensuite un coup d'envoi symbolique de sa campagne présidentielle à Valmy (Marne) le 20 septembre, jour anniversaire de la célèbre bataille qui vit en 1791 l'armée révolutionnaire française stopper la progression de l'armée prussienne. Le choix de Valmy a été proposé par Marine Le Pen pour manifester l'ancrage populaire et républicain de M. Le Pen, malgré des grincements de dents à l'intérieur du FN, plus habitué à célébrer Jeanne d'Arc que les hauts faits de la Révolution. L'équipe de campagne de M. Le Pen a ensuite prévu une dizaine de "banquets patriotiques" à travers la France jusqu'à la fin novembre. Cette série de déplacements en province sera entrecoupée par une convention "Le Pen Président" au Bourget (Seine-Saint-Denis) les 10-11-12 novembre, qui remplacera la traditionnelle fête Bleu-Blanc-Rouge qui n'aura pas lieu cette année. Le Front national de la Jeunesse tiendra de son côté son université d'été du 28 au 31 août dans les Bouches-du-Rhône.
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(17 septembre 2006) Marine Le Pen assure dans Le Parisien, que son père pourrait réaliser un score de "20 à 22%".
Marine Le Pen, directrice stratégique de la campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen, assure "ne pas être inquiète" pour les parrainages nécessaires pour être candidat à l'élection et évalue entre "20 et 22%" le score actuel que pourrait réaliser son père.
"Il avait dit qu'il serait au second tour en 2002, il l'a été", a-t-elle rappelé.
Dans un entretien au Parisien Dimanche, Marine Le Pen a indiqué "ne pas bien voir la différence entre Nicolas Sarkzoy et Ségolène Royal". "Ce match, c'est une primaire au centre", a-t-elle estimé en ajoutant qu'il y aura en 2007 "Jean-Marie Le Pen d'un côté, face à tous les autres".
Pas inquiète pour les signatures
Interrogée sur les 500 signatures requises pour être candidat, Marine Le Pen indique "ne pas être inquiète".
"Si un candidat susceptible d'arriver une nouvelle fois au second tour de la présidentielle était interdit de se présenter, ce serait l'effondrement du système démocratique français. Je n'ose pas y penser", a-t-elle dit.
Marine Le Pen a toutefois estimé que les signatures devraient être "anonymes, pour empêcher les pressions".
NOUVELOBS.COM | 18.09.06 | 08:50
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mercredi 20 septembre 2006, 17h16 Le Pen pose en défenseur des valeurs républicaines
VALMY, Marne (AP) - Jean-Marie Le Pen récupère un symbole de la République. Le président du Front national, candidat à la présidentielle de 2007, a placé mercredi sa campagne sous le signe de la défense des valeurs républicaines lors d'un déplacement sur le site de la bataille de Valmy (Marne).
"Je suis venu vous annoncer qu'un nouveau Valmy nous attend", a lancé M. Le Pen devant une centaine de partisans réunis au pied du moulin de Valmy en cet anniversaire de la bataille du 20 septembre 1792. L'armée révolutionnaire conduite par Kellermann et Dumouriez avait repoussé les Prussiens aux cris de "Vive la Nation", entraînant la proclamation de la République le lendemain.
Deux siècles plus tard, Jean-Marie Le Pen s'est rendu sur ce lieu symbolique pour dédiaboliser son image. Le président du FN n'a pas hésité à comparer la situation de 1792 à celle de la France d'aujourd'hui, livrée aux "pouvoirs étrangers de l'immigration sauvage et de la mondialisation" par la faute des "élites" qui ont "trahi" la Nation.
"Face à la vaste coalition des forces qui travaillent toutes pour le système, moi et moi seul, Jean-Marie Le Pen, j'incarne la démocratie", a osé le président du FN.
Le leader frontiste a mis dans le même sac Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, "Sargolène et Ségozy au service d'une même politique". "Ces deux-là s'enlacent dans une sorte de tango, un dernier tango à Paris, numéro bien huilé du 'à toi à moi' où, tour à tour, chacun incarne le guignol et le gendarme", a-t-il raillé.
M. Le Pen a brocardé la favorite des sondages au PS, "Madone des magazines people et des bobos", "vide maquillé par un sourire d'hôtesse" qui "cache la vieille gauche" à coups "d'habiles plans media".
Le président du FN a également tiré à boulets rouges sur Nicolas Sarkozy. Il a dépeint le président de l'UMP, qui chasse ouvertement son électorat, en "Sarkozy l'Américain qui déclare sitôt à l'étranger combien il ne se sent pas Français", "champion du 'oui' à la Constitution euro-mondialiste", "communautaire et clientéliste", "valet de l'atlantisme et de l'empire".
Il n'a pas oublié Philippe de Villiers, qui "tente de rabattre les voix des nationaux trahis à Sarkozy", et François Bayrou, "préposé au report de voix centristes".
Face à ces différents "agents du système", "nous sommes les véritables, les seuls défenseurs de la République", a lancé Jean-Marie Le Pen un peu plus tard lors d'une conférence de presse à Reims, au cours de laquelle il a tenté de démontrer que la République n'était "plus ni indivisible, ni laïque, ni démocratique, ni sociale".
Et celui qui se voit au second tour comme en 2002 d'appeler "Gaulois, Céfrans (NDLR: Français en verlan), ouvriers, entrepreneurs, paysans, pêcheurs et poètes" à le suivre dans la "pacifique et décisive bataille" de 2007.
Petite nouveauté, le leader frontiste s'est aussi adressé aux "Français d'origine étrangère" en les invitant à rejoindre cette "armée hétéroclite des soldats de Valmy".
Cette captation des valeurs républicaines n'a pas été du goût de tout le monde. Une quarantaine de jeunes socialistes a manifesté sur place contre la venue du leader d'extrême droite en chantant "La Marseillaise" et "L'Internationale". La manifestation a croisé sans incident le cortège frontiste lorsqu'il est allé déposer une gerbe au pied de la statue de Kellermann.
Une autre manifestation à l'appel d'une vingtaine de partis, syndicats et associations a réuni en début d'après-midi une centaine de personnes.
"Nous ne voulons pas lui laisser un symbole fort de la République, universaliste et émancipatrice", a déclaré Gérard Berthiot, vice-président PS de la région Champagne-Ardennes et organisateur des manifestations. "Ce sont les Prussiens de l'intérieur", a plaisanté un Jean-Marie Le Pen "guilleret".
Ce pélerinage organisé par sa fille Marine a aussi fait grincer des dents parmi les caciques du FN, et notamment parmi les fidèles du délégué général Bruno Gollnisch. Dans l'histoire révolutionnaire, "il faut faire le tri", a estimé ce dernier.
"De Gergovie à la Résistance en passant par la monarchie capétienne et l'épopée napoléonienne, je prends tout", a répliqué Jean-Marie Le Pen à ses "vieux compagnons". AP
Yahoo.fr, actualités, mercredi 20 septembre 2006, 17h16
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vendredi 27 octobre 2006, 17h21 Marine Le Pen persona non grata en Israël
JERUSALEM (Reuters) - Israël refuse de recevoir une délégation du Parlement européen en raison de la présence en son sein de Marine Le Pen, fille du président du Front national, fait savoir le ministère des Affaires étrangères.
"L'un des membres de la délégation appartient à un parti politique qui, malheureusement, est à la fois raciste et négationniste", a déclaré un porte-parole. "C'est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas recevoir la délégation dans sa composition actuelle", a-t-il ajouté. A Bruxelles, un porte-parole du parlement européen a invoqué un "problème technique" susceptible de compromettre le succès du déplacement des eurodéputés. Mais une source parlementaire a confirmé que l'annulation de ce voyage venait du refus des autorités israéliennes. La vice-présidente du Front national devait faire partie d'une tournée d'un groupe d'eurodéputés au Liban, en Israël et dans les territoires palestiniens du 28 octobre au 4 novembre. La délégation conduite par le chrétien-démocrate allemand Elmar Brok devait notamment être reçue par le Premier ministre israélien Ehoud Olmert. "Marine Le Pen a reçu une lettre" du Parlement européen expliquant le refus des autorités israéliennes, a précisé un porte-parole du Front national. Le 20 octobre, Marine Le Pen, membre du Parlement européen depuis 2004, avait déclaré à Reuters que ce voyage devait être l'occasion de "lever un certain nombre de malentendus". Elle avait ajouté ne pas avoir d'hostilité particulière envers l'Etat hébreu. Jean-Marie Le Pen a été condamné par la justice française pour avoir qualifié les chambres à gaz de "point de détail" de l'histoire de la Seconde guerre mondiale.-------
Une affiche effrayante
Cette affiche du Front national en a désorienté plus d'un, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur du FN.
Quoi? Une jeune femme d'origine nord africaine faisant de la publicité pour Le Pen?
Comment? Elle montre son ventre? Et même sa culotte Rose? Oui, Rose!
Pardon? Elle porte un piercing au menton????
Hein? Le mot "laïcité" est mis à l'honneur?
Mais que font les intégristes cathos du parti?
Mais que se passe-t-il au FN?
L'affiche (une parmi six autres) est passionnante à décrypter, mais aussi assez effrayante.
Elle revendique, avec provocation, un changement de stratégie décidé par le Front National. Cette fois, dit cette affiche, Jean-Marie Le Pen vise,très sérieusement, le second tour.
Comme sa fille Marine le lui a conseillé, il repeint son parti aux couleurs de la République (du discours à Valmy à l'éloge de la laïcité); il courtise le vote des femmes (une belle réserve de voix, car jusque là, celles-ci étaient peu séduites par le FN); et il gomme autant qu'il peut l'image raciste de son parti (cf Dieudonné à la fête Bleu Blanc Rouge)...
La jeune femme a l'air doux. Mais dans son attitude, il reste toutefois un détail pour rappeller qu'on n'est pas en présence d'un parti comme un autre : le pouce. Ce pouce ne dit pas "non", il ne dit pas "je suis en colère", il dit : "à mort!"
PS: Bon, cela dit, pas d'alarmisme prématuré. Le Pen aura en 2007 bien du mal à se qualifier au premier tour. Parce que Sarkozy domine largement la droite classique, sans véritable concurrent; parce que Ségolène s'est imposée haut la main au sein du PS, et qu'elle a réussi à rallier Taubira et Chevènement; parce que la gauche antilibérale patauge dans ses querelles de personnes.
Pascal Riché, Libération.fr, Un blog, Rédigé le 12/12/2006 à 20:08 | Lien permanent | Commentaires (6) | TrackBack (0)
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jeudi 14 décembre 2006, 12h50 L'adhésion aux idées du FN progresse, selon un sondage
PARIS (Reuters) - Plus du quart des Français se disent d'accord avec les idées du Front national, à en croire un sondage qui semble confirmer la progression de l'adhésion aux thèses du mouvement de Jean-Marie Le Pen.
Au total, 26% des sondés se disent "tout à fait ou plutôt d'accord" avec les idées de Jean-Marie Le Pen, soit le niveau le plus élevé depuis dix ans, à l'exception de mai 2002 (28%), selon l'étude réalisée par TNS-Sofres pour Le Monde et RTL. Ils sont 70% à se dire "plutôt ou tout à fait en désaccord" avec les idées du dirigeant du FN, contre 86% en mai 1999. Cette enquête signale selon Le Monde une "banalisation" des idées du Front national et prouve le succès de la stratégie de "dédiabolisation" engagée par Marine Le Pen. Quelque 29% des personnes interrogées considèrent que Jean-Marie Le Pen ne représente pas un danger pour la démocratie, contre 19% en mars 1997. A l'inverse, 65% des sondés jugent qu'il constitue un danger, contre 75% dix ans plus tôt. Les Français sont de moins en moins nombreux à considérer "inacceptables" les idées du FN (34%, contre 48% en mars 1997). Cette étude a été menée les 6 et 7 décembre auprès d'un échantillon de 1.000 personnes. Ce baromètre sur l'image du FN est réalisé depuis 1984 par la Sofres. Un sondage CSA pour Le Monde et iTélé créditait le 25 novembre Jean-Marie Le Pen de 17% des intentions de vote au premier tour de la présidentielle de 2007. En 2002, il avait obtenu 16,86% et avait accédé au second tour.----------
31 janvier 2007. La fille du chef du FN s'est rendue incontournable dans les émissions politiques. Avec Marine Le Pen, le FN invente le parti à visage unique Par Christophe FORCARI, Libération, QUOTIDIEN : mercredi 31 janvier 2007
Jeudi 25 janvier. 17 h 50. Marine Le Pen pénètre au pas de course dans cet espace culturel du XIe arrondissement de Paris pour enregistrer Etats généraux, l'émission de Paul Amar sur France 5 . «C'est une semaine de folie et la prochaine s'annonce pire», soupire-t-elle. La directrice stratégique de la campagne de Jean-Marie Le Pen joue les porte-parole sans en avoir le titre officiel. Après avoir écarté la vieille garde frontiste.
Depuis le 21 janvier, elle enquille enregistrements et invitations en direct sur les plateaux de télé et de radio. Ce dimanche-là, elle participait à l'émission Ripostes de Serge Moati sur France 5. Mardi, elle répondait aux questions de Dominique Souchier sur Direct 8. Mercredi matin, elle était sur RTL. L'après-midi, elle enregistrait l'émission de Franz-Olivier Giesbert sur France 5. Relâche le vendredi avant d'embrayer, lundi dernier, sur la nouvelle émission politique de France 3. Sa gloire médiatique est née lors de la campagne présidentielle de 2002 : elle éclipse toutes les autres personnalités frontistes. Y compris Bruno Gollnisch, le successeur désigné de Le Pen. «Il ne serait pas indigne que je sois invité, se désole le numéro 2 du FN, mais je ne vis pas cette présence médiatique dans un contexte de rivalité avec Marine Le Pen.» «Squatter».Sur la touche depuis octobre 2005, l'ancien secrétaire général Carl Lang n'est pas plus présent sur les écrans et se contente de «laisser les gens qui sont à la barre faire ce qu'ils ont à faire». Quitte à exercer un droit d'inventaire après la bataille. «Elle a du talent. Elle passe la rampe. Les médias la veulent, elle, et pas les autres. C'est comme cela», résume un des responsables du FN. Le parti d'extrême droite s'incarne soit dans le père, soit dans la fille. Et personne d'autre.
Jean-Marie Le Pen, lui, distille ses apparitions médiatiques. Il se ménage et se réserve pour des confrontations avec les autres présidentiables. Pas question pour le président du FN d'être confronté aux seconds couteaux des différents partis. «Nous manquons cruellement de cadres d'envergure, se lamente un proche de Marine Le Pen. A part elle, il n'y a pas grand monde pour squatter les plateaux télés avec talent.»
Critiqué pour la manière dont il avait géré la campagne de 2002 et surtout pour l'impréparation du second tour, Gollnisch a décliné la direction de cette campagne laissant du coup le champ libre à la députée européenne. Marine Le Pen a désormais la haute main sur les thématiques de campagne et nourrit le recentrage de son candidat de père sur de nombreux points, comme, par exemple, l'avortement. «Je ne sais pas si elle contribue à dédiaboliser Le Pen même si son discours passe bien. En tout cas, elle dénature le FN en le vidant de ses fondements idéologiques», critique un historique du parti.Non seulement, elle dispose de la reconnaissance médiatique mais ses alliés occupent désormais les postes clés du mouvement. Ainsi, Louis Aliot, un de ses proches, tient-il le secrétariat général du FN et donc le contrôle des fédérations. Une fonction stratégique pour le prochain congrès qui devra valider la succession de Le Pen.
Détracteurs.Jeudi 25 janvier. 20 h 30. Les talkies-walkies de la sécurité de France Télévisions grésillent. «Marine Le Pen arrive par la rue intérieure.» Elle descend de sa voiture aux vitres fumées. Elle participe à l'émission A vous de Juger sur France 2 qui oppose en première partie le premier secrétaire du PS, François Hollande à François Fillon, le conseiller politique du candidat UMP. Louis Aliot ferme la marche. La vice-présidente du FN s'installe dans un petit salon en attendant l'antenne. «J'ai bien proposé à Arlette Chabot d'inviter quelqu'un d'autre du FN. Elle n'a pas voulu. Ce sont les médias qui me réclament. Ils ne veulent pas prendre de risque avec des gens moins connus, jure Marine Le Pen. J'ai conscience du poids de ce type d'émission où il faut être le plus performant possible.»
Mais à force de multiplier les interventions médiatiques, elle risque de commettre un faux pas que ses détracteurs, au sein du FN espèrent avec gourmandise.--------
mardi 20 février 2007, 21h43 Jean-Marie Le Pen minimise les attentats du 11 septembre
PARIS (Reuters) - Jean-Marie Le Pen estime que l'événement "pour ne pas dire l'incident" des attentats du 11 septembre 2001 à New-York a fait moins de morts qu'en un mois en Irak ou lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale.
Prié par La Croix, à paraître mercredi, de donner son sentiment sur l'initiative des responsables des grandes religions de dénoncer ces attentats, le président du Front national répond: "c'est une excellente chose. mais elle fait partie de ces pétitions de principe qui ont une influence éphémère." "Sur le moment, l'événement du 11 septembre, pour ne pas dire l'incident, a conduit un certain nombre de gens à prendre leurs distances pour ne pas tomber sous le coup des accusations qui étaient alors lancées", estime-t-il. Pour Jean-Marie Le Pen, "3.000 morts, c'est ce qu'il y a en un mois en Irak" et "c'est beaucoup moins que les bombardements de Marseille ou de Dresde à la fin de la Seconde guerre mondiale". Il estime que ces bombardements "étaient aussi des actes terroristes car ils visaient expressément des populations civiles pour faire capituler des militaires."--------
jeudi 22 février 2007, 19h41 Jean-Marie Le Pen présente un programme "chiffré"
PARIS (AP) - Le candidat du Front national Jean-Marie Le Pen présentera ce week-end à Lille, lors de la convention de son parti, un "programme de gouvernement", dûment "chiffré", rendu public jeudi par le FN. Le programme détaillé du candidat d'extrême droite est exposé dans un document de 72 pages. Les grandes lignes en sont "l'arrêt de l'immigration avec l'application du principe de préférence nationale et le codéveloppement", le "renforcement de la justice avec des moyens accrus (5.000 juges et 75.000 places de prison supplémentaires)", la "relance économique et le retour de la croissance par la suppression des contraintes qui pèsent sur les entreprises", "une grande politique de la famille", et "la mise en place du scrutin proportionnel à toutes les élections", résume M. Le Pen en introduction. Sur le volet immigration, le FN estime ainsi pouvoir économiser 18,5 milliards d'euros en réservant les aides sociales aux seuls Français. La mise en oeuvre d'une "politique du retour" rapporterait aussi 9 à 11 milliards d'euros. De même, la suppression du "principe de discrimination positive" devrait assez mystérieusement faire rentrer 3 milliards d'euros dans les caisses de l'Etat. Jean-Marie Le Pen entend en revanche mettre les moyens pour construire des prisons (3,45 milliards) et -nettement moins- pour renforcer le système judiciaire (0,36 milliard d'euros). En matière de santé, Jean-Marie Le Pen promet un "meilleur remboursement des soins indispensables", en particulier les soins dentaires et de lunettes. Plan "drastique anti-fraude" aidant, il espère s'en tirer avec... un "gain" pour l'Etat de 5 milliards d'euros. Pour la famille, le candidat FN propose la création d'un "revenu parental" équivalent au SMIC pendant 3 ans pour le premier enfant, renouvelé pour 3 ans pour le deuxième enfant et ... 10 ans pour le troisième enfant. Cette mesure ne doit coûter que 15 milliards d'euros, estime le FN, grâce à la "suppression conséquente de certains dispositifs actuels". Le Front national ne précise pas lesquels. Par ailleurs, les recettes fiscales induites et la baisse des dépenses ASSEDIC doivent rapporter 8 milliards d'euros. Evoquant la réforme des retraites, le FN propose une "harmonisation des régimes de retraite", le retour à 65 ans de l'âge légal de la retraite, la proportionnalité de la retraite par rapport à la période effective de cotisation et la prise en compte de la pénibilité du travail dans le calcul des annuités. Mais ce projet n'est pas chiffré. Le budget de la Défense augmentera quant à lui de façon considérable: "10,8 milliards d'euros" supplémentaires, dont "3,5 milliards d'euros" pur le recrutement de 70.000 soldats de plus et "6,5 milliards d'euros" pour l'équipement des armées. Mais Jean-Marie Le Pen table que cet effort d'équipement se traduira par "des recettes fiscales nouvelles et l'augmentation des emplois directs et indirects" pour un gain total pour l'Etat de 3,5 milliards d'euros. Sur le plan économique, la suppression de 50% des subventions d'Etat aux entreprises permettra d'économiser 6 milliards d'euros. Un plan drastique de baisse des impôts devrait coûter 29 milliards d'euros, mais, là aussi, "l'effet de relance sur la consommation et l'investissement générera" pour 9 milliards d'euros "de recettes fiscales". Par ailleurs, un plan de lutte accrue contre la fraude rapportera à l'Etat 4 milliards d'euros et "la rationalisation des moyens des services de l'Etat" 4,5 milliards. Le FN promet aussi la prise en charge par l'Etat, à hauteur de 200 euros par mois, de la part salariale des cotisations sociales pour les salaires allant jusqu'à 1,4 fois le SMIC. Là aussi, "il en résultera un coup de fouet à la consommation et donc un effet positif sur la croissance". Coût estimé: 11,9 milliards d'euros. AP-------
AVOCAT à Paris, Jean-Michel Quillardet est, depuis septembre 2005, le Grand Maître du Grand Orient de France (GODF). Avec 47.000 membres, c'est la première obédience maçonnique.
Quel jugement portez-vous, en l'état, sur la campagne présidentielle? Jean-Michel Quillardet. Elle n'est pas à la hauteur de ce que l'on est en droit d'attendre.Y a-t-il chez les « frères » une tentation Bayrou, malgré ses origines démocrates-chrétiennes?
Le GODF est à l'image de la société française. Il y a donc sans doute dans nos rangs un intérêt qui se développe pour ce candidat. Cest tout.Considérez-vous que le danger Le Pen est aujourd'hui sous-estimé?
Je ne pense pas que Le Pen soit cette fois présent au second tour.--------
Le Monde.fr 11.04.07 | 08h31 Marine Le Pen s'en prend à Cécilia Sarkozy
PARIS (Reuters) - Marine Le Pen a déclaré que Nicolas Sarkozy se vantait lui-même d'être un candidat issu de l'immigration et que son épouse, Cécilia, se disait fière de ne pas avoir une goutte de sang français. "Est-ce que vous êtes à l'aise quand Nicolas Sarkozy dit tout au long de la campagne qu'il est un candidat issu de l'immigration ?", a demandé la vice-présidente du Front national sur France 2. La veille, à Tours, Nicolas Sarkozy avait revendiqué ses origines immigrées mises en cause par le président du Front national Jean-Marie Le Pen et justifié par son "amour de la France" sa volonté d'accéder à la magistrature suprême. "Nicolas Sarkozy considère qu'être issu de l'immigration, c'est un avantage", a affirmé Marine Le Pen. "Question: qui a dit 'je suis fière de n'avoir aucune goutte de sang français dans les veines ? Cécilia Sarkozy et ça, ça me choque", a-t-elle ajouté, précisant qu'il s'agissait d'un entretien à Libération du 8 juillet 2004. "Ca voudrait donc dire que c'est honteux d'avoir une goutte de sang français dans les veines ? Elle est candidate à être la première dame de France", a insisté la directrice de campagne de Jean-Marie Le Pen. Néanmoins, Marine Le Pen a reconnu que Nicolas Sarkozy est "un Français à part entière". "Mais à partir du moment où il se sert comme argument de campagne du fait qu'il est d'origine étrangère, je ne vois pas ce qu'il y a de honteux de la part de Jean-Marie Le Pen d'avoir des racines profondément ancrées dans l'histoire de France." Le dirigeant d'extrême-droite a estimé dimanche qu'il était "un candidat du terroir" et affirmé que Nicolas Sarkozy était quant à lui "un candidat qui vient de l'immigration".--------
JDD. Présidentielle 22/04/2007 - 20:05 UMP-Toubon: "On a tué Le Pen"
Arrivé peu avant 20h00 au QG de l'UMP, le député européen Jacques Toubon a livré ses premières inmpressions sur la présence de Nicolas Sarkozy et le "faible" score du Front national."Nicolas Sarkozy a pris beaucoup de voix populaires, notamment dans les milieux ouvriers et le Nord de la France. Les électeurs du Front national sont démobilisés. "Sarkozy a tué Le Pen", a déclaré l'ancien ministre de la Culture. Il a prédit que la bataille du second tour entre le candidat UMP Nicolas Sarkozy et la socialiste Ségolène Royal serait très serrée.
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Catherine Nay, Un pouvoir nommé désir, Grasset, Paris, janvier 2007. CHAPITRE VIII, Cécilia, pp. 139-140
A l'origine, rien que de très classique. Puisque Nicolas Sarkozy se réserve de célébrer les mariages de ceux que l'on appellera plus tard les «people », pour rien au monde il n'aurait voulu manquer celui de Jacques Martin.--------
mardi 1 mai 2007, 15h07 Présidentielle: Le Pen appelle ses électeurs à "s'abstenir massivement"
PARIS (AP) - Jean-Marie Le Pen a appelé mardi les 3,8 millions d'électeurs qui ont voté pour lui à "s'abstenir massivement" au second tour de la présidentielle, tout en sonnant la mobilisation de ses troupes pour les législatives lors du traditionnel défilé frontiste du 1er mai.
Cette prise de position pourrait affaiblir le candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy en compliquant les reports de voix des électeurs du FN. Reste à savoir si ceux-ci suivront leur chef: selon un sondage d'Ipsos et Dell pour SFR et "Le Point" rendu public mardi, mais mené avant l'appel de M. Le Pen, 61% voteraient pour le candidat UMP, 15% pour Mme Royal, alors que 24% disent vouloir s'abstenir ou ne donnent pas d'intention de vote.
Devant environ 4.000 personnes réunies place de l'Opéra à Paris, le président du Front national a renvoyé dos à dos les deux finalistes. "J'invite les électeurs qui m'ont fait confiance à n'accorder leur suffrage ni à Mme Royal, ni à M. Sarkozy. Je les invite expressément à s'abstenir massivement, se réservant pour le premier tour des élections législatives les 10 et 17 juin prochains", a-t-il déclaré.
"Il serait illusoire et dangereux de voter pour la candidate socialiste pour se venger du hold up sur notre programme par Nicolas Sarkozy", a prévenu Jean-Marie Le Pen. Car Ségolène Royal "veut, entre autres, régulariser les clandestins".
"Mais il serait aussi insensé d'apporter nos suffrages à un candidat qui continue de nous considérer comme des extrémistes et de refuser de permettre par la proportionnelle à nos millions d'électeurs d'être représentés à l'Assemblée nationale", a-t-il ajouté, alors que le nom de Nicolas Sarkozy était sifflé par le public.
En 1995, le candidat d'extrême droite n'avait pas donné de consigne de vote explicite pour le second tour, lançant néanmoins: "Chirac, c'est Jospin en pire". En 1988, il avait laissé ses électeurs "choisir entre le pire et le mal", tout en excluant pour sa part de voter en faveur de François Mitterrand, confronté à Jacques Chirac au second tour.
Le défilé du Front national, après un dépôt de gerbe devant une statue de Jeanne d'Arc, avait vite donné le ton mardi. Encouragé par le délégué général du FN Bruno Gollsnich, les militants entourant Jean-Marie le Pen et sa fille Marine scandaient: "Ni Sarkozy, Ni Royal, préférence nationale" ou "Le Pen plutôt que Ségolène, Jean-Marie plutôt que Sarkozy".
Jean-Marie Le Pen s'est dit "déçu" et "peiné" des résultats du premier tour de la présidentielle, où il est arrivé en quatrième place avec 10,44% des suffrages. Mais "tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir!", a-t-il lancé, en appelant à une "légitime revanche" aux législatives. "Nous avons subi un revers de circonstance mais nous n'avons pas été battus", a-t-il assuré, évoquant un "insuccès arithmétique" mais "une victoire idéologique". Agé de 78 ans, M. Le Pen a perdu près d'un million de voix par rapport en 2002.
"Nombreux sont nos électeurs qui ont voté pour Sarkozy et qui, constatant déjà la duplicité de son propos, vont rentrer au bercail" lors des législatives, voulait-il croire mardi. Et "les candidats du (président de l'UDF François) Bayrou vont provoquer des triangulaires et des quadrangulaires dont nous pouvons être les arbitres".
M. Le Pen a d'ores et déjà annoncé qu'il ferait lui-même "cinq meeting régionaux". D'ici là, "l'heure n'est plus aux palabres ni aux divisions stériles", a-t-il prévenu, espérant ainsi mettre un couvercle sur les dissensions nées de l'échec du 22 avril. A l'intérieur du FN, des voix s'élèvent en effet pour mettre en cause la stratégie de la directrice de campagne, Marine Le Pen. AP
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Politique
Nicolas Sarkozy "a du charme" et "a su être un animateur" pendant la campagne, selon Jean-Marie Le Pen
AP | 27.05.2007 | 01:40
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Le Pen fustige "l'imposture Sarkozy" en matière d'immigration
04/06/2007 - 17h45
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L'UMP rassemble à elle seule 39,54% des voix
Selon les résultats nationaux définitifs du ministère de l'Intérieur, l'UMP devance le PS (24,73%) et le Mouvement démocrate-UDF (7,61%). Le Front national et le PCF font jeu égal avec 4,29% des voix, les Verts 3,25%.
La droite, qui a largement dominé dimanche le premier tour des législatives, marqué par une abstention record, est en passe d'obtenir une majorité écrasante à l'Assemblée nationale.
Selon les résultats nationaux définitifs communiqués lundi 11 juin par le ministère de l'Intérieur, l'UMP est arrivé nettement en tête du premier tour des élections législatives avec 39,54% des voix. Le Parti socialiste rassemble 24,73% des voix, devant le Mouvement démocrate-UDF, 7,61%. Le Front national passe sous la barre des 5%, avec 4,29% des voix, exactement le même score que le Parti communiste. Les Verts ont 3,25%.
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10.06.07 | 21h34
Marine Le Pen, au second tour, minimise l'échec du FN
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Le Pen loue l'«efficacité» de Sarkozy
mardi 1 mai 2007, 15h07, Yahoo.fr, actualités
boursier.com, 04/06/2007 - 17h45
NOUVELOBS.COM | 11.06.2007 | 10:57
Communistes: 1.115.719 4,29%
Socialistes: 6.436.156 24,73%
Radicaux de gauche: 343.580 1,32%
Divers gauche: 513.457 1,97%
Verts: 845.884 3,25%
Ecologistes: 208.465 0,80%
Régionalistes: 131.585 0,51%
CPNT: 213.448 0,82%
Divers: 267.987 1,03%
UDF-MoDem: 1.981.121 7,61%
Majorité présidentielle: 616.443 2,37%
UMP: 10.289.028 39,54%
MPF 312.587 1,20%
Divers droite: 641.600 2,47%
Front national: 1.116.005 4,29%
Extrême-droite: 102.100 0,39%
10.06.07 | 21h34, Yahoo, fr, actualités
Le leader d'extrême droite juge positivement les premières semaines du Président et souhaite qu'un membre du FN siège à la commission de réforme des institutions.
Par Arnaud Vaulerin avec AFP et Reuters
LIBERATION.FR : mardi 7 août 2007
«Il fait une chose, qui est moralement positive, c’est qu’il tient, semble-t-il au moins, un certain nombre de ses promesses électorales, bien sûr pas toujours dans la dimension et la profondeur que pourraient attendre ceux qui ont voté pour lui, mais tout de même, il va dans cette direction-là», a-t-il dit.
«Et c’est pour l’instant assez payant, dans l’euphorie qui accompagne toujours les vacances, il n’y a pas de sujet de contestation grave, il a passé la première phase de sa lune de miel avec assez d’efficacité.»
Le président du Front national a précisé avoir été reçu deux fois par le nouveau président, notamment pour évoquer la réforme des institutions. «Il (sarkozy, ndlr) tient à donner l’image d’un rassembleur et d’un homme qui n’est pas tenu par des obligations, quelles qu’elles soient. Il reçoit qui il veut, quand il veut, où il veut», a-t-il dit.
«Il ne met pas les pieds dans les pas de Jacques Chirac qui procédait d’une détestation à l’égard du Front national, tout à fait injuste et injustifiée.»
Le Pen a d’ailleurs souhaité que le FN puisse être représenté dans le comité de réflexion sur la réforme des institutions confiée à Edouard Balladur. Il affirme qu’il va envoyer une lettre en ce sens à Nicolas Sarkozy «aujourd’hui ou demain».
«Cette commission représente tous les courants politiques et philosophiques de la Nation et je lui fais remarquer qu’il n’y a pas de représentant du Front national.»
Pourtant, à en croire le leader d’extrême droite, le FN «a des candidats d’une compétence au moins égale à celle des gens qui ont été désignés, comme (Jean-Claude) Martinez, major de l’agrégation de droit public, professeur à l’université de Paris II et Montpellier, ou Bruno Gollnisch, docteur en droit».
S’agissant de la polémique sur les vacances de Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis, il a déclaré que cela n’avait pas d’importance à ses yeux.
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LIBERATION.FR : mardi 11 septembre 2007 Aubervilliers: Sarkozy s'est aligné sur Rama Yade, selon Le Pen
Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine affirment que le président et le gouvernement ont cédé aux revendications des squatteurs d'Aubervilliers en acceptant d'en reloger certains.Le président du FN, Jean-Marie Le Pen, et sa fille Marine ont tous deux accusé le gouvernement mardi d’avoir finalement adopté la ligne de la secrétaire d’Etat Rama Yade dans l’affaire des squatteurs d’Aubervilliers, après l’avoir dans un premier temps désavouée.
Le dénouement de la crise «montre que la politique du président de la République en la matière est bien celle qui a été exprimée par Rama Yade, ministre des passe-droits de l’homme étranger et hors-la-loi», a déclaré Jean-Marie Le Pen dans un communiqué.
«M. Sarkozy a décidé d’aligner la politique de son gouvernement sur la désastreuse position de Rama Yade et le politiquement correct», a renchéri Marine Le Pen, vice-présidente du parti, dans un autre communiqué. «Les squatteurs immigrés pourront donc continuer de dicter leur loi en toute tranquillité. Mais où est donc la rupture tant annoncée?», a-t-elle ajouté. La secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, Rama Yade, avait rendu une visite controversée aux squatteurs jeudi, qualifiée ensuite de «gaffe» par le Premier ministre François Fillon. Les 71 familles africaines qui se relayaient jour et nuit sur un parvis d’Aubervilliers depuis le 11 juillet pour demander leur relogement ont levé le camp lundi soir, la préfecture ayant promis de reloger immédiatement cinq familles expulsées fin juin et début juillet et de lancer des enquêtes sociales pour étudier le relogement d’autres familles.------
L'extrême droite radicale cherche à se fédérer contre Marine Le Pen
LE MONDE | 29.10.07 | 14h49 • Mis à jour le 29.10.07 | 14h49
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COUR EUROPÉENNE DES DROITS DE L’HOMME 707 22.10.2007 Communiqué du Greffier ARRÊT DE GRANDE CHAMBRE LINDON, OTCHAKOVSKY-LAURENS ET JULY c. FRANCE
La Cour européenne des Droits de l’Homme a prononcé aujourd’hui en audience publique son arrêt de Grande Chambre1 dans l’affaire Lindon, Otchakovsky-Laurens et July c. France (requête nos 21279/02 et 36448/02). La Cour conclut, par treize voix contre quatre, à la non-violation de l’article 10 (liberté d’expression) de la Convention européenne des Droits de l’Homme : · concernant les condamnations de l’auteur et de l’éditeur d’un roman ayant pour objet des meurtres commis par des militants du Front national ; et · concernant la condamnation pour diffamation du directeur de la publication du quotidien Libération, qui publia une pétition signée par quatre-vingt-dix-sept écrivains contemporains apportant leur soutien à l’auteur du roman. En outre, la Cour conclut, à l’unanimité, à la non-violation de l’article 6 § 1 (droit à un procès équitable) de la Convention quant à l’équité de la procédure dirigée contre le journal. (L’arrêt existe en français et en anglais.) 1. Principaux faits Les requérants, Mathieu Lindon, Paul Otchakovsky-Laurens et Serge July, sont des ressortissants français nés respectivement en 1955, 1944 et 1949 ; ils résident tous trois à Paris. M. Lindon est écrivain, M. Otchakovsky-Laurens est président du conseil d’administration de la maison d’édition P.O.L, et M. July était directeur de la publication du quotidien Libération à l’époque des faits. En août 1998, la société P.O.L. publia le roman de M. Lindon intitulé « Le procès de Jean-Marie Le Pen ». Cet ouvrage relate le procès d’un militant du Front national qui, alors qu’il collait des affiches de son parti en compagnie d’autres militants, a tué de sang-froid un jeune Maghrébin et qui a ensuite revendiqué le caractère raciste de ce crime. Il s’inspire de faits réels et notamment des meurtres, en 1995, de Brahim Bouaram, jeune marocain jeté dans la Seine par des skinheads en marge d’un défilé du Front national, et d’Ibrahim Ali, jeune français d’origine comorienne tué à Marseille par des militants de ce même parti. L’ouvrage pose la question de la responsabilité de M. Le Pen, président du Front national, dans les meurtres commis par des militants, ainsi que de l’efficacité du combat contre l’extrême droite. Après la publication de l’ouvrage, le Front National et M. Le Pen engagèrent une action en diffamation contre MM. Lindon et Otchakovsky-Laurens. Le 11 octobre 1999, le tribunal correctionnel de Paris déclara M. Otchakovsky-Laurens coupable de diffamation et M. Lindon de complicité de diffamation et les condamna chacun au paiement d’une amende de l’équivalent de 2 286,74 euros (EUR) et solidairement à verser 3 811,23 EUR de dommages et intérêts à M. Le Pen ainsi qu’au Front National. Le tribunal estima que les quatre passages suivants de l’ouvrage litigieux avaient un caractère diffamatoire : 1. M. Le Pen est le chef d’une « bande de tueurs » et « Al Capone aurait eu aussi des électeurs » ; 2. le Front National use de violence contre ceux qui quittent le parti ; 3. derrière chacune des propositions de M. Le Pen, « on peut voir aussi le spectre des pires abominations de l’histoire humaine » ; et 4. M. Le Pen est un « vampire qui se nourrit de l’aigreur de ses électeurs, mais parfois aussi de leur sang, comme du sang de ses ennemis » et un menteur diffamant ses adversaires pour se protéger des accusations portées contre lui. Dans son édition du 16 novembre 1999, sous la rubrique « Rebonds », Libération publia un article prenant la forme d’une pétition signée par quatre-vingt-dix-sept écrivains contemporains dénonçant la condamnation de MM. Lindon et Otchakovsky-Laurens. La pétition contestait le caractère diffamatoire des passages en question et les reproduisait. Cité à comparaître par le Front National et M. Le Pen devant le tribunal correctionnel de Paris, M. July fut reconnu coupable de diffamation le 7 septembre 2000 et condamné à une amende de l’équivalent de 2 286,74 EUR et au paiement de 3 811,23 EUR de dommages et intérêts pour avoir reproduit les passages litigieux de l’ouvrage. Saisie par MM. Lindon et Otchakovsky-Laurens, la cour d’appel de Paris, par un arrêt du 13 septembre 2000, confirma le jugement entrepris en ce qui concerne trois des quatre passages incriminés (points 1., 3. et 4. ci-dessus). La cour estima que l’auteur n’avait pris suffisamment de distance que pour les vues exprimées dans le passage n° 2. ; les trois autres passages n’avaient pas fait l’objet des vérifications minimales et manquaient de mesure. Le 27 novembre 2001, la Cour de cassation rejeta le pourvoi formé par les intéressés. Le 21 mars 2001, la cour d’appel de Paris confirma la condamnation de M. July, estimant que les auteurs de la pétition n’avaient pour but que d’apporter leur soutien à M. Lindon « en reprenant à leur compte, par défi, l’ensemble des passages déclarés délictueux par le tribunal et sans même mettre réellement en doute la portée diffamatoire des propos ». Elle poursuivit ainsi : « l’argumentation est construite autour de la référence à des faits précis. Il convient alors de respecter l’obligation d’une enquête sérieuse préalable à des imputations particulièrement graves puisqu’il s’agit d’incitation au meurtre, et d’éviter des expressions outrageantes ». Par ailleurs, le 3 avril 2002, la Cour de cassation rejeta le pourvoi formé par M. July. 2. Procédure et composition de la Cour La requête Lindon & Otchakovsky-Laurens c. France a été introduite devant la Cour européenne des Droits de l’Homme le 23 mai 2002 et la requête July c. France le 27 septembre 2002. Une audience s’est déroulée en public au Palais des Droits de l’Homme, à Strasbourg, le 13 décembre 2006. Le 1er juin 2006, en application de l’article 302 de la Convention, la chambre à laquelle les affaires avaient été attribuées s’est dessaisie au profit de la Grande Chambre. L’arrêt a été rendu par une Grande Chambre de 17 juges, composée en l’occurrence de : Christos Rozakis (Grec), président, Luzius Wildhaber (Suisse), Jean-Paul Costa (Français), Nicolas Bratza (Britannique), Boštjan M. Zupančič (Slovène), Peer Lorenzen (Danois), Françoise Tulkens (Belge) Loukis Loucaides (Cypriote), Josep Casadevall (Andorran), Mindia Ugrekhelidze (Géorgien), Elisabeth Steiner (Autrichienne), Lech Garlicki (Polonais), Khanlar Hajiyev (Azerbaïdjanais), Renate Jaeger (Allemande), Sverre Erik Jebens (Norvégien), David Thór Björgvinsson (Islandais), Ján Šikuta (Slovaque), juges, ainsi que de Michael O’Boyle, greffier adjoint. 3. Résumé de l’arrêt3 Griefs Les requérants soutenaient que leur condamnation pénale avait emporté violation de l’article 10 de la Convention. Par ailleurs, invoquant l’article 6 § 1, M. July alléguait que sa cause n’avait pas été entendue par un tribunal indépendant, deux des trois magistrats qui composaient la formation de la cour d’appel dans sa cause ayant déjà siégé dans la formation qui avait précédemment condamné MM. Lindon et Otchakovsky-Laurens. Décision de la Cour Article 10 La Cour estime que la condamnation des requérants trouve sa base légale dans des textes clairs (articles 29 et 32 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse). La jurisprudence des tribunaux français indique que l’article 29 de la loi couvre la fiction, dès lors qu’il s’agit de l’atteinte à l’honneur ou à la considération d’une personne désignée de manière claire. En outre, selon la Cour, l’ingérence poursuivait le but légitime de la protection de la réputation ou des droits d’autrui. Concernant l’auteur et l’éditeur Ceux qui créent ou diffusent une œuvre, littéraire par exemple, contribuent à l’échange d’idées et d’opinions indispensable à une société démocratique. Il en résulte l’obligation, pour l’Etat, de ne pas empiéter indûment sur leur liberté d’expression. La Cour constate toutefois que la sanction prononcée contre MM. Lindon et Otchakovsky-Laurens ne vise pas la thèse développée dans l’ouvrage litigieux mais uniquement le contenu de certains passages de celui-ci. Elle rappelle que le romancier, tout autre créateur et quiconque se prévaut de sa liberté d’expression assume des devoirs et responsabilités. Les conclusions des juridictions internes sur le caractère diffamatoire ou non des passages en question ne prêtent pas le flanc à la critique, eu égard au contenu virulent des écrits litigieux et au fait qu’ils visaient nommément le Front national et son président. En outre, il ressort que c’est à décharge que la cour d’appel a recherché les propos à l’égard desquels l’auteur exprimait une réelle distance dans son ouvrage. De fait, la mise en œuvre de ce critère l’a conduite à conclure que l’un des quatre passages n’était pas diffamatoire. La Cour juge également compatible avec sa jurisprudence la conclusion de la cour d’appel selon laquelle les trois passages n’avaient pas fait l’objet des vérifications minimales. Afin d’évaluer la justification d’une déclaration, il y a lieu de distinguer entre déclarations factuelles et jugements de valeur. Si la matérialité des faits peut se prouver, les seconds ne se prêtent pas à une démonstration de leur exactitude. Même lorsqu’une déclaration équivaut à un jugement de valeur, elle doit se fonder sur une base factuelle suffisante. En règle générale, cette distinction n’a pas lieu d’être s’agissant d’écrits figurant dans un roman. Elle retrouve néanmoins toute sa pertinence dès lors que, comme en l’espèce, l’œuvre litigieuse ne relève pas de la pure fiction mais intègre des personnages ou des faits réels. Il était d’autant plus acceptable d’exiger des requérants qu’ils démontrent que les allégations contenues dans les passages du roman jugés diffamatoires reposaient sur une « base factuelle suffisante » que, comme l’a souligné la cour d’appel, elles tenaient non seulement du jugement de valeur mais aussi de l’imputation de faits. Dans l’ensemble, la Cour estime que la cour d’appel a adopté une démarche mesurée et a procédé à une appréciation raisonnable des faits. Au regard du contenu des écrits litigieux, la Cour juge également compatible avec sa jurisprudence la conclusion de la cour d’appel selon laquelle ils manquaient de « mesure ». Il est vrai que si tout individu qui s’engage dans un débat public d’intérêt général est tenu de ne pas dépasser certaines limites quant, notamment, au respect de la réputation et des droits d’autrui, il lui est permis de recourir à une certaine dose d’exagération, voire de provocation, c’est-à-dire d’être quelque peu immodéré dans ses propos. Il est vrai également que les limites de la critique admissible sont plus larges à l’égard d’un homme ou d’un parti politique – tels que M. Le Pen et le Front national –, visé en cette qualité, que d’un simple particulier. Il en va d’autant plus ainsi en l’espèce que M. Le Pen, homme politique de premier plan, est connu pour la virulence de son discours et ses prises de positions extrêmes, lesquelles lui ont valu des condamnations pénales pour provocation à la haine raciale, banalisation de crimes contre l’humanité et consentement à l’horrible, apologie de crime de guerre, injures contre des personnes publiques et insultes. De ce fait, il s’expose lui-même à une critique sévère, et doit donc faire preuve d’une tolérance particulière à cet égard. La Cour estime néanmoins qu’en l’espèce la cour d’appel a procédé à une appréciation raisonnable des faits en retenant qu’assimiler un individu, fût-il un homme politique, à un « chef de bande de tueurs », affirmer que l’assassinat perpétré par un personnage même de fiction a été « recommandé » par lui et le qualifier de « vampire qui se nourrit de l’aigreur de ses électeurs mais aussi parfois de leur sang », « outrepasse (...) les limites admises en la matière ». Considérant que les acteurs de luttes politiques doivent conserver un minimum de modération et de bienséance, la Cour estime également que la teneur des passages était de nature à attiser la violence et la haine, excédant ainsi ce qui est tolérable dans le débat politique, même à l’égard d’une personnalité occupant sur l’échiquier une position extrémiste. La Cour parvient en conséquence à la conclusion que la « sanction » prononcée contre les requérants repose sur des motifs « pertinents et suffisants ». Le montant de l’amende prononcée contre les intéressés est mesuré. La Cour estime que les mesures prises contre les requérants n’étaient pas disproportionnées au but légitime poursuivi et que l’ingérence dans l’exercice par les requérants de leur droit à la liberté d’expression était nécessaire dans une société démocratique. Concernant le journal Il apparaît que M. July a été condamné parce que Libération avait diffusé une pétition retranscrivant des extraits du roman qui contenaient des « imputations particulièrement graves » et des termes outrageants, dont les signataires, qui reprenaient ceux-ci à leur compte, déniaient le caractère diffamatoire alors qu’ils avaient été jugés tels en la cause de MM. Lindon et Otchakovsky-Laurens. La Cour rappelle que le droit des journalistes de communiquer des informations sur des questions d’intérêt général est protégé à condition qu’ils agissent de bonne foi, sur la base de faits exacts, et fournissent des informations « fiables et précises » dans le respect de l’éthique journalistique. L’exercice de la liberté d’expression comporte des « devoirs et responsabilités », qui valent aussi pour les médias même s’agissant de questions d’un grand intérêt général. De plus, ces devoirs et responsabilités peuvent revêtir de l’importance lorsque l’on risque de porter atteinte à la réputation d’une personne nommément citée et de nuire aux « droits d’autrui ». Ainsi, il doit exister des motifs spécifiques pour pouvoir relever les médias de l’obligation qui leur incombe de vérifier des déclarations factuelles diffamatoires à l’encontre de particuliers. Eu égard au caractère mesuré de l’amende et des dommages et intérêts auxquels M. July a été condamné, à la teneur des écrits litigieux et à l’impact potentiel sur le public des propos jugés diffamatoires du fait de leur diffusion par un quotidien national largement distribué, la Cour juge l’ingérence litigieuse proportionnée au but poursuivi. La Cour conclut que le juge national pouvait raisonnablement tenir l’ingérence dans l’exercice par le requérant de son droit à la liberté d’expression pour nécessaire dans une société démocratique afin de protéger la réputation et les droits de M. Le Pen et du Front national. Partant, il n’y a eu violation de l’article 10 de la Convention dans le chef d’aucun des requérants. Article 6 § 1 Quant à M. July, sa crainte d’un manque d’impartialité tient au fait que deux des trois membres de la formation de jugement de la cour d’appel ayant condamné l’intéressé pour diffamation avaient auparavant statué sur le caractère diffamatoire de trois des passages litigieux du roman dont il est question dans la pétition. La Cour comprend que pareille situation puisse susciter des doutes chez M. July quant à l’impartialité du « tribunal » ayant jugé sa cause, mais estime que ces doutes ne sont pas objectivement justifiés. En outre, la Cour ne décèle aucun élément tendant à indiquer que lesdits juges se soient sentis personnellement visés par l’article incriminé. Rien ne permet donc de considérer que les deux magistrats dont il est question aient statué sous l’influence de préjugés personnels. La Cour constate que, bien que connexes, les faits des deux affaires ne sont pas identiques et que l’« accusé » n’est pas le même. Il est en outre patent que les décisions rendues en la cause de MM. Lindon et Otchakovsky-Laurens ne contiennent aucune anticipation quant à la culpabilité de M. July. Dans l’arrêt rendu le 21 mars 2001 en la cause de M. July, la cour d’appel de Paris renvoie, quant au caractère diffamatoire des passages litigieux, à l’arrêt qu’elle avait prononcé le 13 septembre 2000 en la cause de MM. Lindon et Otchakovsky-Laurens. La Cour n’y voit cependant pas une justification objective des craintes de M. July quant à un manque d’impartialité des juges. L’arrêt du 13 septembre 2000 avait retenu le caractère diffamatoire de certains passages de l’ouvrage. Cet aspect du jugement était définitif et avait acquis l’autorité de la chose jugée pour la cour d’appel et toute autre juridiction. Le problème de la bonne foi ou de la mauvaise foi de M. July restait, lui, entier et n’avait pas été préjugé par le premier arrêt. Rien ne permet d’indiquer que ces juges aient été liés de quelque manière que ce soit par leur appréciation dans la première affaire. Concluant que les appréhensions que M. July a pu nourrir quant à l’impartialité de la cour d’appel ne sauraient passer pour objectivement justifiées, la Cour dit, à l’unanimité, qu’il n’y a pas eu violation de l’article 6 § 1 de la Convention. Le juge Loucaides a exprimé une opinion concordante et les juges Rozakis, Bratza, Tulkens et Šikuta ont exprimé une opinion dissidente commune dont les textes se trouvent joints à l’arrêt.-------
Face à Marine Le Pen, difficile union de la gauche à Hénin-Beaumont
Par Martin de MONTVALON AFP - Lundi 4 février, 16h30HENIN-BEAUMONT (AFP) -
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Le Pen condamné pour ses propos sur l’Occupation
Christophe Forcari Libération
QUOTIDIEN : samedi 9 février 2008, p. 12
Jean-Marie Le Pen, grand falsificateur au regard des tribunaux.
Le leader du FN a été condamné, vendredi, par le tribunal correctionnel de Paris à trois mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende pour avoir affirmé en janvier 2005 à l’hebdomadaire révisionniste Rivarol que «l’Occupation allemande n’avait pas été particulièrement inhumaine».
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A Hénin-Beaumont, Marine Le Pen dit être allée "au casse-pipe"
LE MONDE | 17.03.08 | 14h33 • Mis à jour le 17.03.08 | 14h33
Raphaëlle Bacqué (Hénin-Beaumont, envoyée spéciale)
Article paru dans l'édition du 18.03.08.
Les militants du Front national (FN) ont ouvert les bouteilles de crémant et ils trinquent en se jetant des "Hein ! Biloute !", comme dans le film Bienvenue chez les Ch'tis, dont ils connaissent par coeur les scènes. Marine Le Pen, en jean et chemisier noir, rit elle aussi, trinque, fume. Et soupire comme les autres en voyant paraître sur l'écran de télévision Brice Hortefeux, le ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement, qui commente les premiers résultats.
Mais tout à l'heure, enfermée dans une des pièces de son local de campagne, elle a constaté qu'elle avait raté son pari. Les électeurs d'Hénin-Beaumont ont redonné à la liste de Steeve Briois, sur laquelle elle figurait en deuxième position, quasiment le même score qu'au premier tour : 28,83 % des voix. Vingt voix de moins que la semaine précédente. Quelques militants, qui ont regardé attentivement les listes d'émargement, constatent : "Certains des nôtres ne se sont même pas déplacés." Devant ceux qui l'embrassent, Marine Le Pen répète en souriant : "Nous avons un socle solide d'électeurs fidèles." Elle sait bien, pourtant, que son héritage politique est dévasté. Son parti se débat dans les difficultés financières, ne parvient plus à recruter des cadres et vient de voir s'évanouir, avec elle, son unique chance de diriger une municipalité. Jean-Marie Le Pen l'a appelée dans l'après-midi pour lui dire : "Tu n'auras rien à te reprocher." DÉDIABOLISÉS Mais maintenant que la soirée avance et que les militants quittent le local de campagne, elle constate : "Je suis allée au casse-pipe !" Dans cette petite ville ouvrière, les quartiers les plus populaires, ceux-là mêmes sur lesquels elle avait axé sa campagne sur le pouvoir d'achat et la sécurité, ont moins voté encore pour le FN qu'au premier tour. "On doit lutter contre le sentiment que le bulletin FN ne sert à rien", dit-elle. Celle qui a connu toute sa jeunesse l'opprobre attaché au nom de Le Pen jure cependant que la campagne s'est déroulée dans un climat "infiniment moins hostile" que lors des élections législatives. En juin 2007, alors qu'elle avait raflé 41,65 % des suffrages au second tour, des manifestant