Secrétaire d'Etat d'Obama
Portrait et Bio (Janvier 2008, Le Parisien)

Hillary Rodham, future épouse Bill Clinton, brillante diplômée de la Faculté de droit de l'Université Yale, est en 1974, à 26 ans, la plus jeune participante de l'équipe de 39 avocats démocrates qui prépare la procédure de destitution du républicain Richard Nixon ...

En juin 2008 : Eliminée par Barack Obama
En janvier 2008 : Le clan Kennedy soutient le métis Obama
En avril 2004 : Pour l'avortement et le candidat Kerry
En novembre 2000 : Brillamment élue sénateur de New-York.

Hugh Rodham le gracié
Roger Clinton le gracié
10 millions de dollars pour des mémoires en or ...

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Clinton, nouveau coup de grâce. Le frère d'Hillary a avoué avoir été payé pour inciter Bill à la clémence envers deux délinquants fortunés.*

Dans la famille Clinton, voici maintenant le beau-frère. Avocat à Miami, Hugh Rodham, frère d'Hillary Clinton, a reconnu avoir touché 400 000 dollars (340 000 euros) pour faire du lobbying auprès de Bill Clinton et obtenir sa clémence pour deux délinquants fortunés: la grâce pour Almon Glenn Braswell, homme d'affaires condamné en 1983 pour fraude et parjure, et la sortie de prison de Carlos Vignali, trafiquant de cocaïne. Cette nouvelle affaire complique sérieusement les affaires de l'ex-président. Il a déjà toutes les peines du monde à répondre aux soupçons d'avoir gracié, le dernier jour de son mandat, le milliardaire en fuite Marc Rich.

«Ni Hillary ni moi n'étions au courant de tels versements. Nous sommes profondément troublés par ces informations et nous avons demandé à Hugh de rendre l'argent reçu», a déclaré l'ancien président. «Je suis très troublée d'apprendre que mon frère a reçu des commissions en relation avec deux demande de grâce. Hugh ne m'a jamais parlé de ces demandes», a renchéri la nouvelle sénatrice de New York.

Ces communiqués sont de piètres pare-feu. Une commission d'enquête de la chambre des représentants a demandé toutes les explications sur cette nouvelle affaire.

Le cas Braswell avait déjà fait couler de l'encre car, au moment de sa grâce, le 20 janvier, l'homme d'affaires faisait l'objet d'une enquête portant sur de nouvelles fraudes (évasion fiscale et blanchiment d'argent...).

Vignali, quant à lui, a pu retrouver la liberté le 20 janvier, après avoir purgé six ans de prison. Il avait été condamné à quinze ans ferme. Le frère de Carlos Vignali, Horacio, est l'un des importants donateurs du Parti démocrate en Californie....
* Par PASCAL RICHÉ, Libération, 23 février 2001, p. 10.

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Hillary sénatrice salie par les largesses de Bill président. Quatre des ultimes grâces ont servi de contrepartie électorale.*

Combien de disgrâces se cachent encore derrière les 140 grâces présidentielles accordées par Bill Clinton le jour de son départ? L'enquête de l'Attorney de New York, Mary-Jo White, s'oriente maintenant vers des mesures de clémence accordées par Clinton à quatre hommes - Kalmen Stern, David Goldstein, Benjamin Berger et Jacob Elbaum -, qui ont détourné 40 millions de dollars d'argent public. Les enquêteurs soupçonnent Bill Clinton d'avoir commué la sentence de ces quatre hommes pour rétribuer les voix apportées par la communauté hassidique de New Square à sa femme Hillary, qui se présentait à l'automne dernier aux sénatoriales.

Vote en bloc.
La communauté juive a, en effet, voté en bloc pour la sénatrice. Hillary Clinton a participé, après les élections, à une réunion en présence d'amis des quatre hommes: le 22 décembre, elle a rencontré à la Maison Blanche, pendant quarante-cinq minutes, deux leaders de la communauté hassidique de New Square. Ils ont pris la défense de Stern, de Goldstein, de Berger et d'Elbaum, alors accusés d'avoir créé une école religieuse fictive en vue d'obtenir des subventions du gouvernement.

Leurs défenseurs n'ont pas nié leur culpabilité, tout en insistant sur le fait qu'ils n'avaient pas gardé l'argent pour eux, mais qu'ils l'avaient redistribué à des écoles et à des habitants du quartier. Hillary Clinton a, par la suite, démenti avoir pris part à la décision de commuer leur sentence et a juré ne jamais avoir discuté du sujet avant le scrutin du 20 novembre 2000.

C'est la seconde fois que l'intervention d'une communauté juive de New York est mentionnée dans le scandale. Une autre communauté hassidique a également plaidé, à la Maison Blanche, la cause de Marc Rich, le milliardaire en fuite pour fraude fiscale, ainsi que celle de son complice, Pincus Green. Ces communautés sont généralement influentes, car elles votent souvent d'un seul bloc. Ainsi, dans le bureau de vote de la communauté de New Square, 1 400 voix sont allées à Hillary Clinton contre seulement 12 au républicain Rick Lazio.

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Roger Clinton le gracié.
L'affaire des grâces s'est également enrichie d'un nouveau scandale familial. Après l'«affaire du beau frère» - Hugh Rodham, frère d'Hillary, a intercédé avec succès en faveur d'un trafiquant de cocaïne et d'un escroc au fisc, moyennant 400 000 dollars (voir Libération d'hier) -, c'est au tour du frère de Bill, l'acteur-musicien-bon à rien Roger Clinton, de faire couler l'encre. Selon le New York Times, Roger a usé de son influence sur son «Big Brother», comme il l'appelle, pour qu'il accorde également sa grâce présidentielle à dix de ses bons copains. Le Président a gracié son frère pour une peccadille passée (détention de cocaïne), mais il a refusé d'aider ses amis. Un malheur n'arrivant jamais seul, Roger a été arrêté mercredi, à Los Angeles, pour conduite en état d'ivresse et tapage nocturne.
* Par PASCAL RICHÉ, Libération, 24/25 fevrier 2001.

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Des "mémoires" en or.
La maison d'édition américaine Alfred A. Knop, filiale de l'allemand Bertelsmann, versera la modeste somme de 10 millions de dollars à "Bill" Clinton pour ses "mémoires", à paraître en 2003, qui seront "corrigés" par Mr Robert Gottlieb, ancien collaborateur de la présidente du Washington Post, et Mr Toni Morrison, prix Nobel de littérature. L'ouvrage devrait être "bien écrit". L'excellente "affaire" est une parfaite illustration du haut niveau de la "morale" libérale.
La "malheureuse" Hillary ne "valait", elle, que 8 millions de dollars pour son ouvrage publié en 2001 chez Simon & Schuster, An Invitation To The White House (At Home With History), (sur Hillary une "adaptation" de Christine Ockrent, La double vie de Hillary Clinton, Laffont, Paris 2001).
D'après Bill Clinton, Des mémoires en or, Libération, 8 août 2001, p. 8.

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(avril 2004) ETATS-UNIS Manifestation massive pour l'avortement à Washington
Mobilisation après le soutien renouvelé par Bush et Cheney aux mouvements «pro-life»

L'image avait des airs de déjà-vu. Plus de trente ans après la décision de la Cour suprême légalisant le droit à l'avortement à travers les Etats-Unis, des centaines de milliers de femmes venues de tout le pays défilaient à Washington en faveur du droit à l'interruption volontaire de grossesse. En marge du cortège, quelques poignées de défenseurs du «droit à la vie» tentaient de contre-manifester.

Aux Etats-Unis, le débat sur l'avortement semble ne pas avoir évolué. Selon le Pew Research Center, avec 58% d'opposés aux restrictions du droit à l'avortement, et 41% en faveur, la population américaine est autant divisée sur le sujet qu'elle ne l'était il y a vingt ans. Pourtant, à côté de quelques enragés, les approches des deux groupes ont pris des apparences moins antagonistes que par le passé. Le grand défilé d'hier, par exemple, d'abord appelé «marche du choix pour la liberté» a été rebaptisé «marche du choix» pour devenir enfin «la marche pour les vies des femmes».

George W. Bush, le principal destinataire de leurs attaques, prend lui aussi soin de ne jamais se dire «opposé à l'avortement» et préfère disserter sur la «culture de la vie». Mais, selon les manifestants de dimanche, son administration avance à petits pas mais dangereusement.
Eux citent en rafale la nomination au ministère de la Justice de John Ashcroft, farouche adversaire de l'avortement, la nouvelle interdiction aux ONG couvrant des programmes de planification des naissances de recevoir des financements du gouvernement américain, la nomination de juges fédéraux opposés à l'avortement, la loi signée ce mois-ci accordant au foetus une personnalité juridique en cas d'agression contre une femme enceinte, et les nouvelles restrictions sur les procédures d'avortements tardifs.

Surtout, ils s'alarment de voir le gouvernement Bush fricoter ouvertement avec les opposants à l'avortement. Mardi dernier, le vice-président Dick Cheney assistait à un dîner du Comité national pour le droit à la vie, une organisation qu'il a saluée parce qu'elle «mène un grand mouvement de conscience». Pour Kate Michelman, présidente de l'association Naral pour l'avortement : «Les Américains ont le droit de savoir ce que M. Cheney a en tête lorsqu'il dit devant des opposants à l'avortement que «l'Amérique a encore du chemin à parcourir» dans ce domaine.»

La marche d'hier était officiellement indépendante politiquement. Même si la Maison-Blanche en était la cible déclarée.
Même si le sénateur Hillary Clinton était chargé d'ouvrir la journée avec un petit déjeuner.
John Kerry, le prétendant démocrate à la Maison-Blanche soutient le droit à l'avortement mais, sur un sujet sensible qui ne respecte pas exactement les lignes de fracture politique, pas de là à se joindre au cortège de manifestants.
La veille, la déclaration d'un cardinal du Vatican opposé à ce que les hommes politiques soutenant le droit à l'avortement puissent communier était venue l'embarrasser. Ses quartiers de campagne ont laissé entendre que sa fille et ses soeurs participeraient à la manifestation.
Alors que Sandra O'Connor et John Paul Stevens, deux juges de la Cour suprême, arrivent à un âge où il est décent de quitter ses fonctions et pourraient être remplacés par des juges déterminés à revenir sur la décision d'il y a trente ans, John Kerry préfère rallier ses électeurs indirectement sur le sujet : «Si vous avez besoin de motivation, je vous donne trois petits mots : la Cour suprême.»
lefigaro.fr, 26 avril 2004]

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La First Lady qui veut être présidente
Le Parisien Dimanche, 13 janvier 2008, p. 6

LES CLINTON sont des culbutos. Projetez-les à terre, ils se relèvent immédiatement
Les prouesses de Bill sont réputées dans ce domaine : de sa première élection perdue dans l'Arkansas à l'affaire Monica Lewinsky, le Come­back Kid est toujours revenu sur le devant de la scène après moult humiliations.

Les talents d'Hillaly, son épouse depuis trente-deux ans, sont moins connus mais tout aussi formidables.
Elle l'a démontré cette semaine, grâce à sa victoire inattendue lors des primaires du New Hampshire, en revenant dans la course à la nomination démocrate après avoir été enterrée par les sondages et les médias.
Début janvier, en effet, elle était passée du statut de grande favorite à celui de « has been » après son échec face à Barack ObalDa dans les caucus de l'Iowa. Elle s'est remise en selle, plus vaillante que jamais.

Selon la chroniqueuse du « New York Times » à la langue de vipère Maureen Dowd, le jeu préféré de l'ex-président Clinton consiste « à se jeter dans l'abîme pour se rattraper au demier moment ». Pour la majorité des Américains, Bill est un personnage tragicomique à la Falstaff, brillant mais totalement indiscipliné.

Hillary, à ses côtés, a toujours paru comme la moitié raisonnée du couple. Pourtant, elle aussi est très douée pour balancer par la fenêtre, à intervalles réguliers, tout le travail patiemment effectué afin de se hisser au sommet de la politique américaine.

" Elle aime Bill et elle refuse de le quitter malgré ses travers "

Après des études brillantes, elle débarque à Washington au début des années 1970. En tant que juriste et militante démocrate, elle fait son trou et est très vite perçue comme une étoile montante.

Mais, en 1975, elle décide d'épouser Bill, qu'elle a rencontré à l'université de Yale, et de le rejoindre dans son Etat natal de l'Arkansas, au fin fond de l'Amérique.
Comme l'a expliqué récemment l'amie qui l'a accompagnée en voiture pour ce déménagement : « Pendant tout le trajet,j'ai essayé de la dissuader d'aller s'enterrer là-bas alors qu'elle était promise à une carrière brillante à Washington!»
Une fois sur place, elle intègre la Rose Law Firm, le cabinet d'avocats le plus réputé de l'Etat.

Mais elle doit tout laisser tomber une douzaine d'années plus tard quand Bill se lance à l'assaut de la Maison-Blanche.
Durant la campagne, elle subit de plein fouet les premières révélations sur l'infidélité de son mari, qui s'étalent en une des journaux dans tout le pays.

Devenue First Lady, le président lui octroie un bureau dans l'aile ouest ­ au cœur du pouvoir - et lui confie la mission de réformer l'assurance santé.

Trop intransigeante, et confrontée à une opposition décidée à ne pas faire de quartier, Hillary échoue en beauté.
Plus question de se présenter comme la co-titulaire du bureau ovale. La voilà reléguée au rôle traditionnel d'épouse présidentielle qui s'oc­cupe des plans de table et des cartes de vœux de fin d'année ...

Puis, lorsque le monde entier découvre une jeune stagiaire pulpeuse en robe bleue nommée Monica Lewinsky, ayant un faible pour les apartés coquins dans le bureau présidentiel, Hillary est humiliée.
Bill est exilé sur le canapé de la Maison­Blanche. Tout le monde s'attend à ce que la First lady claque la porte, mais elle reste avec son mari, suscitant un débat qui dure encore : les féministes sont outrées, la droite l'accuse d'être accro au pouvoir et des millions d'Américains jugent la situation malsaine.

« L'explication est pourtant élémentaire, tranche Katherine Connor, qui connaît la famille d'Hillary depuis quarante ans et travaille comme volontaire pour sa campagne présidentielle : Elle aime Bill et elle refuse de le quitter malgré ses travers. »

Alors que Bill se prépare à son retour à la vie civile en 2000, elle se lance, seule, à l'assaut d'un siège de sénateur de l'Etat de New YorK, alors qu'elle n'a jamais habité la région Elle le remporte haut la main et, avec Bill en sermi-retraite - ou « occupé à sauver la planète » comme ironisent certains -, elle re­devient maîtresse de sa propre carrière.

HillaIy la sénatrice est un modèle d'expertise et d'efficacité. Même son style - cheveux courts et tailleurs-pantalons élégants - se fige alors qu'il ne cessait de fluctuer depuis quinze ans.

En 2004, elle laisse filer la course à la présidence, la jugeant perdue d'avance. Mais l'an dernier, elle décide de se jeter dans l'arène et devient immédiatement la favorite démocrate pour la présidentielle de novembre 2008.
Elle a l'expérience des campagnes électorales (celles de Bill ... ), les réseaux, l'argent et le soutien des hiérarques du parti. Elle possède même un atout de poids: la possibilité d'écrire l'Histoire en devenant la première femme « commander in chief».

Confiante, elle « bétonne » sa campagne : pas une idée plus haute que l'autre, pas une parole déplacée, pas une intervention qui ne soit contrôlée sous toutes les coutures. Celle qui fait l'admiration de ses collègues, et qui est fort drôle en privé assure-t-on, devient « Clinton la candidate ennuyeuse qui se croit déjà investie ».

Car en face a surgi Barack Obama, brillant et éloquent, qui lui aussi veut entrer dans l'Histoire en devenant le premier Noir à la Maison-Blanche. Il mène campagne sur le thème du changement, quand Hillaty s'obstine à jouer sur la nostalgie des années Œnton.
Il y a une semaine, donnée perdante dans le New Hampshire, elle réagit enfin. Devient plus accessible, répond longuement aux questions des électeurs lors de ses meetings, essuie une larme devant les caméras. « Les Clinton, Hillaty comme Bill, ne sont jamais meilleurs que lorsqu'ils sont acculés », assure leur biographe Sally Bedell Smith.
THOMAS CANTALOUBE

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BIO EXPRESS

• 26 octobre 1947. Naissance d'Hillary Diane Rodham, à Chicago.
• 1969. Première étudiante de l'histoire de son université, Wellesley College, à prononcer le discours inaugural annuel.
• 1974. Première femme à devenir associé du cabinet d'avocats Rose Law Firm,où elle gagne, de 1978 à 1992, un salaire supérieur à celui de son époux.
• 1975. Epouse Bill Clinton.
• 27 février 1980. Naissance de sa fille unique, Chelsea.
• 1992. Lors d'une émission de TV aux côtés de sa femme, Bill promet que, s'il est élu, les Américains auront deux présidents pour le prix d'un.
• 1998. Affaire Monica Lewinsky.
• 2001. Elle entre au Sénat des Etats-Unis, représentant l'Etat de New York

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lundi 28 janvier 2008 Publié par Regard sur les Etats-Unis Edward Kennedy soutient Barack Obama

Suite à l’annonce de Caroline Kennedy d’apporter officiellement son soutien à Barack Obama, c’est tout le clan Kennedy qui abat ses cartes de soutien.

Edward Kennedy, le frère du président JFK, a beaucoup attendu pour prendre part à la primaire démocrate. Sa décision est désormais prise : il soutiendra Barack Obama pour la course à l’investiture du parti.

Cette annonce arrive à point nommé pour appuyer le succès en Caroline du Sud de Barack Obama. Pour autant, cela ne constitue pas réellement une surprise pour Hillary Clinton car le clan Kennedy a depuis longtemps affiché sa préférence pour le candidat démocrate.

La guerre des soutiens se poursuit.

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Clinton dit oui à Obama Richard Hétu, Collaboration spéciale La Presse cyberpress.ca Publié le 22 novembre 2008 à 04h17 | Mis à jour à 08h08

(New York) Barack Obama et Hillary Clinton: ce pourrait être un tandem du tonnerre. Après avoir lutté farouchement pour obtenir l'investiture démocrate, ils travailleront de concert pour changer l'image et la politique étrangère des États-Unis, le premier comme président, l'autre comme chef de la diplomatie américaine.

La nomination de la sénatrice de New York au poste de secrétaire d'État n'a pas encore officialisée par le président élu. Mais elle ne semble plus faire de doute à la suite des confidences de deux proches de l'ex-First Lady au New York Times.

«Elle est prête», a déclaré l'un d'eux au quotidien, dont le reportage sur le sujet a été publié hier après-midi sur son site internet.

Selon le Times, Hillary Clinton a décidé de quitter son siège au Sénat et d'accepter l'offre de Barack Obama après s'être entretenue avec lui au téléphone. Les deux s'étaient rencontrés jeudi dernier à Chicago pour discuter du rôle possible de la sénatrice au sein du futur cabinet présidentiel.

Le quotidien new-yorkais précise que l'ex-rivale du président désigné n'a pas tenté de lui soutirer des concessions. Selon ses confidents, elle voulait seulement être «à l'aise» avec l'idée de travailler avec Barack Obama. La relation entre les deux stars démocrates ne manquera pas d'alimenter la chronique au cours des prochaines années.

La décision de la sénatrice de New York met fin à une semaine de conjectures fiévreuses et de négociations ardues portant notamment sur Bill Clinton, dont les activités philanthropiques et financières soulevaient dans l'entourage de Barack Obama des craintes au sujet de possibles conflits d'intérêt. L'ancien président a effacé ces craintes en acceptant de soumettre ses activités à un examen éthique et d'identifier les donateurs de sa fondation.

L'annonce officielle de la nomination de la sénatrice Clinton ne devrait pas avoir lieu avant le long congé de la fête de Thanksgiving, qui s'étendra du jeudi 27 novembre au dimanche suivant. D'ici là, les principaux intéressés se montreront circonspects.
«Nous sommes toujours en discussions, qui sont en bonne voie, mais toute autre information serait prématurée», a déclaré Philippe Reines, porte-parole de la sénatrice de New York, hier.
La nomination est «sur les rails», s'est contenté de dire un porte-parole du président désigné.

Geithner au Trésor

Il semble que Barack Obama veuille nommer d'abord les membres de son équipe économique, ce qui pourrait se produire dès lundi. La presse américaine a annoncé hier qu'il avait choisi Timothy Geithner, président de la Réserve fédérale de New York, pour occuper le poste de secrétaire au Trésor. Il songerait en outre à Bill Richardson, gouverneur du Nouveau-Mexique, pour le poste de secrétaire au Commerce.

La nomination d'Hillary Clinton au poste de secrétaire d'État sera «très bien reçue» à l'étranger, selon Javier Solana, chef de la diplomatie européenne, qui était à Washington hier.

«C'est une forte personnalité, a-t-il dit aux journalistes. C'est une personne adéquate pour ce rôle: elle est capable, elle a de l'expérience, elle est connue.»

Le choix de Barack Obama pourrait cependant décevoir certains de ses partisans plus progressistes.

«C'est une mauvaise nouvelle», a déclaré à La Presse Stephen Zunes, professeur de relations internationales à l'Université de San Francisco. «Obama a gagné l'investiture démocrate en grande partie parce qu'il a été capable de convaincre les gens que le jugement était plus important que l'expérience. Il trahirait ses supporteurs en choisissant Hillary Clinton, qui a défendu une approche militariste non seulement vis-à-vis de l'Irak, mais également de l'Iran, d'Israël et de la Palestine.»

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