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Sujet : Un juge français veut se rendre au Rwanda pour enquêter...
Date : 20/09/00 13:03:57é)
De : RevuePress

Un juge français veut se rendre au Rwanda pour enquêter sur le père Wenceslas

PARIS, 20 sept. 2000 (AFP) - Six ans après le génocide rwandais, qui a fait entre 500.000 et un million de morts entre avril et juillet 1994, un juge français a sollicité l'autorisation de se rendre au Rwanda afin de poursuivre son enquête sur le prêtre rwandais Wenceslas Munyeshyaka, soupçonné d'y avoir participé.

Le juge d'instruction parisien Roger Le Loire a demandé, dans une commission rogatoire datée de jeudi dernier, aux autorités rwandaises de procéder à l'audition d'une cinquantaine de témoins et l'autorisation de se rendre lui-même au Rwanda afin d'assister à ces auditions, a-t-on appris mercredi de source proche de l'enquête.

Le magistrat parisien a hérité de ce dossier initialement instruit à Privas (Ardèche), où le père Wenceslas résidait et où il a été mis en examen et brièvement écroué en juillet 1995 pour "génocide". Il entend notamment vérifier les témoignages, souvent contradictoires, concernant l'attitude du prêtre lors du génocide au cours duquel des centaines de milliers de Tutsis et Hutus modérés ont été massacrés en l'espace de quatre mois.

A cette période, le père Wenceslas était le vicaire de l'église de la Sainte-Famille au centre de Kigali. Des familles de victimes et des rescapés ont porté plainte contre lui, l'accusant notamment d'avoir participé à l'élimination des Tutsis, réfugiés dans sa paroisse, en les livrant à la milice hutue.

L'abbé, qui s'est enfui au Zaïre lorsque le Front patriotique rwandais (FPR, rébellion tutsie) a pris Kigali, affirme qu'il est innocent.

Le juge d'instruction a par ailleurs adressé une commission rogatoire internationale au tribunal pénal international pour le Rwanda, afin d'obtenir une copie de l'enquête qui a été réalisée concernant le père Wenceslas.

"atermoiements"

Le lancement de cette commission rogatoire marque incontestablement une étape dans ce dossier qui a connu de nombreux "atermoiements", selon les termes de l'avocat d'une des familles de victimes.

Après la mise en examen du prêtre rwandais, en juillet 1995, la cour d'appel de Nîmes s'est prononcée, en mars 1996, pour l'abandon des poursuites, estimant que la justice française était incompétente pour juger des faits commis à l'étranger, sur des étrangers et imputés à un étranger.

En janvier 1998, la cour de cassation avait cassé cet arrêt et renvoyé le dossier à la cour d'appel de Paris. Elle avait en effet estimé que la loi française permettait de juger en France, en application des lois françaises, les auteurs de génocide s'ils sont arrêtés en France.

Dix-huit mois plus tard, la chambre d'accusation de la cour d'appel de Paris avait suivi la cour de cassation, estimant que les juridictions françaises étaient compétentes pour instruire l'ensemble des faits reprochés au père Wenceslas.

Interrogé par l'AFP, Me Michel Tubiana, avocat d'une des parties civiles, s'est déclaré mercredi "satisfait que le juge d'instruction ait entamé ces démarches" tout en regrettant le "parcours" suivi par cette affaire qui dénote, selon lui, "une volonté politique de freiner son développement."

Me William Bourdon, également conseil d'un des plaignants, a pour sa part estimé que "s'agissant de la première personne arrêtée en France sur le fondement de la compétence universelle, l'éventualité d'un procès paraissait désormais vraisemblable".

"Tout cela pourrait dissiper les impressions fâcheuses qui avaient été données dans les premières années de l'enquête quant à la capacité et la volonté de la France de respecter ses obligations internationales", a-t-il ajouté.

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