Pierre-André Taguieff

Ancien gauchiste situationniste reconverti en républicain chevènementiste. Directeur de recherche au CNRS. Conseiller du Crif.
Auteur d'ouvrages sur le judaïsme et l'antisémitisme, notamment de Les protocoles des sages de Sion, faux et usage d'un faux, 2 vol., Berg international, Paris 1992 ; Le racisme, Flammarion, Paris 1997 ; Les populismes, Galilée, Paris 1998 ; La couleur et le sang : doctrines racistes à la française, Mille et une nuit, Paris 1998 ; La nouvelle judéophobie, Fayard, Paris, janvier 2002 ; L'illusion populiste, Berg International, Paris, 2002 ; Le retour du populisme - Un défi pour les démocraties européennes, Universalis, Paris, 2004.

Dans son ouvrage La nouvelle judéophobie, Fayard, Paris, janvier 2002, Pierre-André Taguieff, qui affirme ne pas être juif lui-même, prend fermement position en faveur des Israéliens dans la guerre territoriale qui les oppose aux Palestiniens, et semble confondre anti-sionnisme et judéophobie.

1
Certains historiens ont mis en évidence la surprenante stabilité du discours antisémite, l'invariabilité de la plupart de ses représentations et de ses argumentations : les professionnels de l'antisémitisme de plume, auxquels l'on est en droit d'attribuer une forte conviction idéologique, se contentent de reprendre indéfiniment les mêmes accusations et dénonciations, incluant les mêmes stéréotypes. Tout se passe comme si l'antisémitisme idéologique s'était constitué en un genre politico-littéraire, en une tradition discursive autonomisée, avec son code culturel et sa langue de métier (le sociolecte antijuif à la française).
Pierre-André Taguieff, Grégoire Kauffmann, Michaël Lenoire, L'antisémitisme de plume, 1940-1944, études et documents, Berg international, Paris 1999, Introduction p.14.

2
La société palestinienne a des illusions pour toute perspective. S'il n'avait été aveuglé par des idées prédigérées, José Bové aurait pu voir et faire savoir que le peuple palestinien n'a comme issue politique que :
- une Autorité politique qui fait régner une terreur policière ;
- une "opposition" représentée par des composantes religieuses fanatiques et extrémistes ;
- un camp progressiste et laïque palestinien quasiment inexistant, dont les quelques représentants sont muselés, attentistes ou impuissants.

La société palestinienne dans son ensemble est au bord de la guerre civile fraticide et ne maintient sa cohésion que par le développement incontrôlé d'une stratégie de la tension avec Israël. Les derniers attentats barbares, le blocage actuel, les pressions occidentales montrent que cette stratégie ne mène le peuple palestinien nulle part. Sa si courte visite a seulement permis à José Bové de conforter ses préjugés. Qu'il ne soit pas le seul à s'adonner à un tel exercice rituel ne l'excuse en rien.
José Bové en territoires piégés, Les malheurs des Palestiniens viennent de leur direction politique corrompue et non des colons israéliens, comme l'affirme le leader syndical, avec Marc Lefevre et Philippe Gumplowicz, Libération, 10 juillet 2001.

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