Janvier 2008 : Le "zozo" de Mitterrand, l'homme qui vit avec 14 chats et 6 chiens, n'aime pas Royal
Sylvie Santini. Journaliste à Paris Match. Auteure de Michel Rocard, un certain regret, Stock, Paris, 2005. Ouvrage dans lequel Sylvie Santini essaye de faire la biographie "objective" de Michel Rocard, protestant "gauchiste" reconverti en social-libéral soft, un "zozo" selon le président François Mitterrand.

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(Un "petit capitaliste")
Héritier, celui-ci le fut d'ailleurs au sens financier du terme. Car son faux Nimbus de père, versé à la fin de sa vie dans l'étude du magnétisme, sut organiser son «papillonnage» de manière à assurer le bien-être matériel de sa nichée. Coutumier des «tapirs» - les petits cours donnés à des néophytes - lorsqu'il était étudiant, il se ménagea, à partir des années cinquante, des contrats d'« ingénieur-conseil pour toutes sortes de petites compagnies ».

Un certain pactole lui vint avec la maîtrise d'œuvre du pont de Tancarville - en tant que spécialiste de la dynamique générale des vibrations. Devenu alors, selon ses propres termes, «un petit capitaliste» - bien loin des modestes rémunérations de professeur d'université invoquées par Michel pour accréditer la «modestie» de ses origines -, il se lança dans des aventures foncières, justifiées par l'intérêt supérieur de ses recherches sur la bombe.

Il s'agissait de mailler la France d'observatoires susceptibles d'accueillir des détecteurs sismiques de son invention, capables de repérer toute explosion nucléaire survenant dans le monde. Rien de tel pour cela que de vraies maisons, où loger un technicien et faire étape au cours des innombrables déplacements du professeur.
«Acquises avec mes propres deniers, puisés dans mes ressources du pont de Tancarville, ces masures en ruine étaient ensuite revendues au CEA », explique-t-il benoîtement dans Mémoires sans concessions. Certaines ont été cédées, d'autres non. Séné, en Bretagne, impropre à l'étude sismique, a ainsi été conservée dans le patrimoine familial.
«Le professeur a bien dû acheter une vingtaine de propriétés, souvent des bicoques, mais parfois des châteaux », explique, amusé, son disciple Peter Mechler. A son décès, le 16 mars 1992, Michel Rocard, ex-Premier ministre d'une gauche qui avait inventé l'ISF, s'est retrouvé avec ce qu'il qualifie lui-même de «petite fortune» de dix millions de francs. Seul héritier, sa malheureuse sœur ayant disparu en 1987, à cinquante-cinq ans, victime d'un arrêt cardiaque. «De cette année-là date ma relative aisance. Avant, j'avais régulièrement complété mes revenus - d'environ 15 % - par des conférences ».
Les «rocards» sont d'incorrigibles cumulards.
Michel Rocard, un certain regard, p. 27-28

2
(Un petit scout protestant "de gauche")
Que n'a-t-on brocardé en effet le côté Bibi Fricotin du scout Rocard? «C'était même ce qui horripilait le plus Mitterrand », supposait Michel Castagnet. Jacques Attali confirme: «Il n'y a rien tant qui énervait davantage le Président que les chrétiens de gauche.» Et Stéphane Denis, dans Paris Match en juin 1994 : «Mitterrand ne lui pardonnera jamais d'avoir été le héros de la deuxième gauche, celle des cathos et des cagots, des vertueux et des verbeux.»
Or le scoutisme unioniste assumé et revendiqué par l'éclaireur Rocard est bien l'un des facteurs, selon Patrick Peugeot, de la jonction de la «deuxième gauche» avec la JEC, la Jeunesse étudiante chrétienne. Pour le vétéran marxiste Gilles Martinet, cofondateur du PSU, c'est le phénomène «majeur» : «Rocard était protestant, mais le visage moral qu'il a donné à la gauche lui a rallié les catholiques de base et les militants CFDT, hostiles à la politicaillerie socialiste traditionnelle. Cette mouvance-là formait même, avant 1968, la majorité au parti.»
Rocard lui-même: «Mon histoire? Elle s'inscrit dans celle du catholicisme de gauche...» Et le fidèle Gérard Lindeperg en veut pour preuve le succès non démenti des rocardiens Bernard Poignant ou Louis Le Pensec en Bretagne, terre de foi.

Le socialisme qui naît avec Rocard dans les années 50 est dépoussiéré des vieilles lunes anticléricales de la SFIO: viscéralement anticolonialiste, profondément humaniste, il est également résolument anticommuniste et se reconnaît dans ce jeune meneur au physique spartiate, au langage pragmatique, clopant comme Bogart et fonçant comme Fangio.
Ibidem, p. 49-50

3
(Un Premier ministre espionné ?)
Monsieur Fidel Castro, n'êtes-vous pas juif ?
Juin 2003. L'appartement d'Ilana la psy, rue d'Assas, est tout proche de celui où Rocard habitait enfant, dans ce périmètre du Luxembourg où il patrouillait en culotte courte, entre École alsacienne et temple de la rue Madame, avec ses copains Westphal et Caquet. Dans un coin du salon, la collection de jeux d'échecs de l'ancien Premier ministre.
Elle a vécu dix ans avec lui et vient seulement de réintégrer son propre domicile, ayant gardé longtemps après la rupture l'usage de la maison de la rue de Coulmiers, dans le XIVe arrondissement, achetée par lui en 1992. L'ex quitte les femmes sans préavis, mais il ne les laisse pas dans la gêne. Goujat, peut-être, mais toujours scrupuleux.
C'est un sexagénaire au faîte de sa carrière qui donnait à Ilana, bien avant de s'installer avec elle, des rendez-vous galants dans le «grand salon» de Matignon, son bureau au premier étage. Comment l'a-t-il rencontrée? «C'était une amie de mon ami Shimon Pérès. » Ilana Schimmel, Israélienne née à Haïfa, vivant en France depuis 1956 et notoirement proche de la gauche de son pays, ne cache pas avoir voulu tester l'antisémitisme supposé de ce Premier ministre que ses amis disaient trop proche des Palestiniens.
«Je savais qu'il connaissait Arafat. Cela pouvait aider à la paix que nous recherchions entre Israël et la Palestine.» Subjuguée par «son intelligence, sa curiosité, le plaisir des discussions en sa compagnie », auxquelles elle prête «une grande valeur érotique », cette mère de deux enfants, séparée mais non encore divorcée d'un compatriote chirurgien, devient sa maîtresse.
Il n'en fallait pas plus pour que nombre de proches du Premier ministre décident qu'elle est un agent du Mossad. Michel Levallois, notamment, en reste convaincu. «En tout cas, elle l'a coupé de son entourage habituel », assure Patrick Peugeot. ....

Un épisode. «Monsieur Castro, n'êtes-vous pas juif?» demande-t-elle le 23 décembre 1997 au Lider Maximo lors d'un dîner donné chez celui-ci à La Havane en l'honneur de l'ancien Premier ministre en vacances. Rocard et son Dubois, infatigable GO, à tu et à toi avec les plus improbables chefs d'État, piquent du nez dans leur assiette. Castro rigole. «Il l'a appelée ma cousine et a flirté avec elle pendant toute la soirée», se souvient l'Ex. «J'ai dû lui plaire», ...
Ibidem, p. 62-63

4
(Un haut fonctionnaire contestataire "démultiplié", et "gauchiste")
Malterre-Servet-Rocard ... trois en un
Non content de se démultiplier, il endosse des identités plurielles. «George Servet» signe les manifestes et conférences inconciliables avec sa qualité de fonctionnaire, «Jacques Malterre» sert à résoudre ses contradictions internes de socialiste: «Tout ce que je pensais d'affreux sur la SFIO, je l'écrivais sous [ce nom-là] », raconte-t-il dans son Rapport sur les camps de regroupement. Le même «Malterre » paraphe des articles dans France Observateur, où il masque plus souvent la plume de son factotum, Hubert Prévot, que la sienne. Pourquoi faire simple...

«Michel Rocard ne voit aucune contradiction à combattre comme militant, sous pseudonyme, un gouvernement qu'il sert, sous son nom, comme fonctionnaire », explique son ami Pierre Encrevé qui a dirigé la publication de ces textes exhumés. ...

Mai 68 est passé par là : mois de toutes les tourmentes pour le raisonnable Rocard. Il relève à peine d'une jaunisse qui ne l'a pas empêché de phosphorer seize heures par jour dans les locaux du PSU, défile au coude à coude avec Krivine, accueille Mendès à Charléty, quitte sa première femme et succombe, par contagion, à la seule dérive gauchiste de son histoire.
«J'ai tenu des propos pas très malins », confesse-t-il, trente-cinq ans plus tard. En mai 1969, campagne présidentielle. Il fait la une aux côtés des autres candidats «révolutionnaires» - Alain Krivine et Jacques Duclos - et derrière des poids lourds socialistes qui ne feront pas tellement mieux que lui. Le tandem Gaston Defferre-Pierre Mendès France obtiendra 5,01 % des voix, lui 3,61 %.
Ibidem, p. 88-89-92

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(Un gloge-trotter anglophone)
Qui voulez-vous qui s'y colle? répond-il en substance quand on lui demande aujourd'hui pourquoi il rempile encore en vols long-courriers et présidences de comités Théodule interplanétaires. «Jamais la France n'a pris assez en considération les problèmes extérieurs. Les Français ne s'expatrient pas, ou trop peu, ils accordent une faible importance à la politique étrangère - on le sent à la lecture des journaux - et exportent trois fois moins de vin aux Etats-Unis que les Italiens. Résultat? Notre grande nation arrogante perd de son influence. Alors, quand on me demande de participer à une instance internationale, j'accepte. Pour mon pays.»
Va donc pour le think tank d'origine américaine Council for Foreign Relations, dont il est le seul membre français. Et banco pour le Collegium international éthique, scientifique et politique (ou Collège international d'éthique), coprésidé (et fondé) avec l'ancien président slovène Milan Kucan, animé par l'ex-ambassadeur Stéphane Hessel et destiné à rien de moins qu'à «formuler un "dit" éthique sur les problèmes graves de la planète auprès de l'ONU».
Sur la liste des membres, rien que des «copains» : Helmut Schmidt, Fernando Henrique Cardoso, Mary Robinson, Alpha Oumar Konaré, Jusuf Habibi... Anciens chefs d'État pour la plupart ou bien intellectuels de haute volée, Edgar Morin, Henri Atlan, et deux prix Nobel pour faire bon poids: les économistes Joseph Stiglitz et Amartya Sen. La dernière contribution en date s'est faite à Rome en septembre 2004. Le thème: «La reconstruction des nations en capilotade, dont les exemples ne manquent pas à travers le monde, de l'Afghanistan au Sierra Leone en passant par le Rwanda», énumère Stéphane Hessel, qui s'évertue à obtenir de son camarade Rocard un peu plus d'assiduité. «I1 fait toujours trente-six choses à la fois...» Air connu.

Selon cet aimable humaniste, Rocard se serait reconverti à l'international après avoir renoncé à toute ambition présidentielle. L'intéressé soutient que «cette dimension a toujours été intégrée à [ses] préoccupations, [sa vie] durant».
«11 aurait été un grand président à l'international », tranche un autre compagnon de route politico-syndical, l'ex-patron de la CFDT Edmond Maire.
Ibidem, p. 108-109

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(Un égocentré ?)
«Il a toujours été incapable de gérer réseaux et carrières », confirme Bergougnioux. Carcassonne se souvient: «Rocard lui-même répétait sempiternellement à ses groupies cette phrase de L'Enfer de Dante: "Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance..." ». Et d'ajouter: «Il ne renvoie jamais l'ascenseur, ne recase personne et a découvert en 1991, alors qu'il me voyait quasiment tous les jours depuis sept ans, que j'étais agrégé de droit public.» L'ami Philippe Meyer: «Si j'étais malade, il ne viendrait jamais me voir à l'hôpital!»
L'une de ses secrétaires à Paris, Catherine Birnbaum, rémunérée sur ses émoluments de député européen, savait pertinemment que, si son patron ne rempilait pas pour un troisième mandat à Bruxelles, il se soucierait comme d'une guigne de son sort à elle... Marie Bertin, sa chargée de communication à Matignon, n'eut aucune offre de sa part après avoir perdu son job en même temps que lui... Si ce n'est celle de continuer à travailler gracieusement pour son compte! Et le Dr Caquet, son ami d'enfance, n'est-il pas un peu amer? «J'ai passé deux ans au ministère de la Santé, celui d'Edmond Hervé, de 1984 à 1986, mais ça n'a pas été grâce à lui! Et il ne lui serait pas venu à l'idée de me prendre à Matignon!» Principe d'éthique protestante? On ne profite pas de sa position pour procurer des avantages aux amis chers? «Foutaises! lâche Dubois. Il ne fait rien pour les autres, parce que ça l'embêterait!»

La règle, il est vrai, souffre quelques exceptions. Yves Colmou reconnaît que son ex-épouse a été nommée au Conseil d'État sur son intervention. Michel Dubois lui-même a bénéficié d'une nomination au Conseil économique et social. Michel Castagnet également. C'était son seul rêve et il l'avait fait savoir. «Mais c'est Michèl-eu, qui a dû s'en occuper!» souligne Dubois. Martine Frachon, suppléante du député des Yvelines et militante de longue date, avec son mari Daniel, de la cause Rocard, eut elle aussi droit à ce pantouflage de sage. Et André Larquié fut nommé à l'Opéra après avoir quitté le cabinet du Premier ministre. Il en est aussi pour rappeler que, sans son mentor, Jean-Paul Huchon n'aurait pas eu le même destin.
Ibidem, p. 145-146

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(Le "zozo" de Mitterrand)
L'histoire retient ensuite que PMF (Pierre Mendes-France), retranché dans son hautain refus des institutions de la Vème République, se condamne à n'être qu'une référence morale - ô combien respectée - tandis que le «Florentin» Mitterrand poursuit méthodiquement sa stratégie de conquête du pouvoir. Sans considération aucune pour le «zozo» déboulant à intervalles réguliers sur son chemin.
«C'est bien ainsi qu'il appelait Rocard», confirme Attali. Le parcours de Michel Rocard ne peut se lire dès lors que dans ce pas de deux désaccordé, réglé par un chorégraphe fou. Qu'il manifeste la moindre intention de se présenter à une élection présidentielle et le maître du jeu avance ses pions pour l'en dissuader... D'autant plus facilement que l'autre a la trop grande honnêteté de promettre à l'avance de lui laisser la préséance.
«Leur histoire est celle d'une insupportation réciproque et d'une déférence pas du tout partagée », résume Claude Évin, ninistre de la Santé sous le gouvernement Rocard. Malgré en effet une détestation précoce, le porte-drapeau de la deuxième gauche ne put se départir, selon les termes du publicitaire Claude Marti, «d'une étrange soumission, qui alimentait d'autant sa haine».
Il se rapetissait devant lui », confirme son ancien secrétaire d'État à l'Action humanitaire, Bermard Kouchner. Les thuriféraires de Rocard pourtant n'y vont pas par quatre chemins: le plus petit, à leurs yeux, n'est pas celui qu'on croit... «Michel est un homme de rigueur et de morale. Qu'il en ait exaspéré un autre qui ne croyait à rien est évident. Mitterrand était un homme de sac et de corde.» Verdict d'Antoine Veil (note, époux de Simone Veil, ministre de la santé dans le gouvernement Chirac sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing et auteure en 1975 de la loi Veil autorisant l'Interruption Volontaire de Grossesse qui légalise l'avortement sous certaines conditions).
Ibidem, p.189-190

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Rocard: Ségolène Royal, «une certitude de défaite» pour le PS
mardi 15 janvier 2008, 9h00 | leparisien.fr

L'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard, dans une tribune publiée aujourd'hui par le quotidien Libération, affirme que Ségolène Royal «représente une certitude de défaite» pour le PS.

«Choisir son prochain premier secrétaire en pensant choisir du même coup son candidat présidentiel, c'est offrir un surcroît de chances à Ségolène Royal. Or le problème est que cette candidate avenante et charismatique n'a à l'évidence pas les capacités nécessaires aux responsabilités qu'elle postule», écrit M.Rocard.

«Elle représente une certitude de défaite, au prix en plus d'une très grave crise dans le parti», assène le député européen qui avait soutenu
Dominique Strauss-Kahn dans la primaire socialiste pour la présidentielle de 2007.

Constatant que Bertrand Delanoë (candidat à sa réélection à Paris) et Dominique Strauss-Kahn (au FMI) ne sont pas disponibles avant «longtemps», M. Rocard estime que le prochain congrès du PS doit décider de fixer à «l'automne 2011 et en aucun cas avant» la désignation de son candidat pour la présidentielle de 2012.

Selon lui, le prochain premier secrétaire du PS devra avoir «comme mandat dominant, sinon exclusif, d'amener le parti à accoucher d'un projet».

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Michel Rocard vit avec quatorze chats et six chiens
Le Parisien, 14 janvier 2008, Essonne, p. V

L'EMISSION' historique de France 3 « Trente Millions d'amis » était samedi à Bougival (Yvelines), chez un éléphant du Parti socialiste : Michel Rocard. Le- ténor de la gauche, 77 ans, et sa femme Sylvie, 61 ans, partagent leur vie et leur magnifique propriété avec quatorze chats et six chiens.

Cette particularité insolite attire naturellement les caméras de l'émission animalière, emblématique du paysage audiovisuel français.
« L'information est venue à nos oreilles après un article dans Paris Match », révèle le réalisateur Benoît Poisson.

« C'est Sylvie qui gère tout»

les chats et chiens du couple Rocard ont intéressé la presse people après l'attaque dont a souffert l'ancien Premier ministre à Calcutta (Inde).
En effet, à son retour d'Asie, le couple a ramené un matou du pays de Gandhi « Bengali était à l'hôpital lorsque je venais voir Michel, raconte Sylvie. Nous avons finalement décidé de le ramener en France.»
Après plus de vingt-quatre heures de négociation avec l'administration aéronautique et une quarantaine, le chat a pu rejoindre l'Hexagone. Famélique et vagabond en Inde, aujourd'hui, le félin roux et blanc vit sur les coussins moelleux du salon et frise l'obésité.
Le réalisateur, un ca­meraman et un preneur de son ne ratent pas une seconde de l'intimité du grand homme de gauche.

La petite équipe filme le couple parmi sa ménagerie.
Ils descendent l'escalier. Ils prennent deux petits chiens roux, victimes d'un trafic d'animaux. La caméra les suit jusqu'à la véranda, où trônent une bonne dizairie de bêtes. •.

« C'est moi qui suis folle des animaux, raconte Sylvie. lorsque Michel a voulu vivre avec moi, il a dûles prendre aussi.»
C'est à l'âge de 70 ans que l'ex-Premier ministre est tombé amoureux de Sylvie et a décidé d'épouser aussi une ribambelle de quadrupèdes. «Quandj'ai vu les animaux chez Sylvie, il ne m'est jamais venu à l'idée de lui dire de s'en débarrasser. Ils sont tellement craquants et affectueux », confie Michel Rocard.

Si l'homme politique reconnaît vivre de bonne grâce avec une telle ménagerie, il avoue aussi ne pas s'en occuper. «Je suis devenu sensible aux caresses, mais je ne prends pas part au travail considérable que représente l'entretien: donner à manger, aller chez le vétérinaire ... » s'amuse-t-il encore.

Cest Sylvie qui gère tout. Elle participe aux activités de la Fondation Brigitte Bardot et à bien d'autres organisations caritatives. « Mais pas pour faire Gna-gna­gna les petits animaux, assure-t-elle. C'est aussi une association qui donne dans le social. Elle s'occupe par exemple de soigner les chiens des SDF.»
Le reportage sera diffusé sur France 3 au début de février. JULIEN CONSTANT

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