Dossier Grande Presse
Bio wikipedia

Le cardinal Josef Ratzinger, élu pape le 19 avril 2005, prend le nom de Benoît XVI

Février 2013 : IL démissionne ; rumeurs à propos d'un lobby gay ; démission de l'archevêque d'Edimbourg O'Brien

Décembre 2012 : Le pape catholique tweete sur l'IPad des esclavagistes
Septembre 2012 : Ambassadeur américain assassiné, manifestations islamistes anti-occidentales, le Pape veut dialoguer
Mai 2012 : Crise, attaque des libéraux ?

Août 2011 : Madrid, JMJ, culpabilité, confession, repentance
Mars 2011 : Approuvé par Israël

Décembre 2010 : Carla Bruni "reconnaissante"
Novembre 2010 : Le Pape autorise l'usage du préservatif dans certains cas
Septembre 2010 : Succès du voyage chez les anglicans
Août 2010 : Le Pape attaque son chanoine honoraire ; Rome est pour l'accueil des Roms, chez les autres
Juin 2010 : Sous les pressions cathophobes une demande de pardon
Avril 2010 : Benoît XVI "démissionne" un évêque belge pédophile
Mars 2010 : Pédophilie : les cathophobes attaquent le Pape ; "honte" et "remords" de Benoît XVI pour les prêtres pédophiles ; le Pape accusé par le New York Times (judaïsme libéral) de complicité avec les pédophiles américains lorsqu'il était préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi au Vatican.

Décembre 2009 : Pie XII et Jean-Paul II sanctifiés ? Critiques des Juifs italiens, allemands, français ... qui accusent Pie XII de s'être plus préoccupé des catholiques que des juifs pendant la Deuxième Guerre Mondiale ... ; Noël : le Pape agressé par, officiellement, une "déséquilibrée"
Mai 2009 : Proche-Orient. "La religion peut être corrompue" ; soutien aux chrétiens de Terre sainte et hommage aux femmes ; ferme à Yad Vashem mais incompris des sionistes ultras qui l'attaquent sur sa "jeunesse hitlérienne" dementie par le Vatican (ou bien inscrit obligatoirement à 12 ans puis intégré comme auxiliaire dans la défense anti-aérienne) ; Benoît XVI plaide pour l'Etat Palestinien devant Abbas ; condamne la haine, le fanatisme et la violence ; déception des medias Israelophiles ; acharnement pro-Palestinien ? ; une analyse intéressante sur l'universalité du crime
Mars 2009 : L'affaire Franzina, la déconne au Vatican ?, du cardinal Giovanni Battista Re ? La lettre du Pape qui rassure les évêques modernistes Français ; toujours hostile au préservatif "qui aggrave le sida" ; consternation de Daniel Cohn-Bendit ("presque un meurtre prémédité"), de la musulmane Rama Yade, du gay Pierre Bergé, notamment (Roselyne Bachelot, la catho "libérée", "absolument catastrophée") ; le Pape appelle à la paix avec les musulmans ; des "milliers" de croyants pour la messe de Yaoundé (au moins 70 000, notedt) du Pape qui critique la mondialisation et la finance internationale ; un million de fidèles à Luanda, contre la corruption des dirigeants ; 27 mars, l'évêque d'Orléans relance la polémique sur le préservatif, c'est Fort imbécile
Février 2009 : Violemment contestée par les Juifs, Protestants et Catholiques progressistes, notamment Allemands, à propos de la réintégration des Catholiques traditionnalistes, et suite aux déclarations négationnistes de Mgr Williamson, l'Eglise catholique Romaine fait marche arrière ; Shoah, repentance confirmée du Vatican ; repentance insuffisante de Williamson
Janvier 2009 : Gaza: le pape Benoit XVI dénonce "l'option militaire" ; Fondamentalisme, négationnisme, le pape, attaqué notamment par Elie Wiesel, dit sa solidarité "incontestable" avec les juifs ; représailles ? : En France, en Israël et en Allemagne

Octobre 2008 : Pie XII béatifié ?
Septembre 2008 : Visite en France, un succès qui surprend les "autorités" laïques
Juin 2008 : Le Vatican va rendre hommage à Pie XII pour le 50e anniversaire de sa mort ; Benoît XVI tend la main aux 600 000 traditionnalistes du monde entier
Avril 2008 : Voyage officiel aux Etats-Unis : pédophilie et ordre moral, droits de l'Homme, judaïsme

Juin 2007 : Pour la messe en latin, afin de remplir les églises ...; nouvelles règles pour l'élection du Pape ; Benoît XVI appelle les communistes chinois au respect d'une "authentique" liberté religieuse

Décembre 2006 : La Turquie en Europe, contre la liberté religieuse, des chrétien d'Orient (??) ; l'avortement ou l'euthanasie constituent une menace pour la paix du monde ; contre le "mariage gay" ;
Novembre 2006 : Le retour de la messe en latin selon un rite "extraordinaire", de plein droit et universel ; l'Eglise de France, libérale et social-démocrate, résiste ... ; Voyage en Turquie : selon le premier ministre islamiste "modéré" le pape allemand aurait accepté d'enturquer l'Europe ... ; Benoît XVI prie tourné vers La Mecque ;
Septembre 2006 : Benoît XVI condamne la "folie" du mariage homosexuel ; "explications" françaises ; sa maison natale attaquée à la peinture ; il dénonce la violence religieuse, les islamistes protestent ; la preuve ? : une religieuse catholique italienne assassinée en Somalie ;
Mai 2006 : Immense succés à Cracovie ; le "fils du peuple allemand" à Auschwitz-Birkenau ; critique du Grand Rabbin de France Joseph Haïm Sitruk ;
Novembre 2005 : Pour les homosexuels pas de prêtrise. Protestations.
Août 2005 : JMJ à Cologne ; visite historique à la synagogue
Juillet 2005 : obsession germanophobe ou vaticanophobe ?

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Cardinal allemand, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi (ancien Saint-Office) de l'Eglise catholique romaine.

1
L'enfer, c'est vivre dans l'absence de Dieu. Là où Dieu n'existe pas, voilà l'enfer. ...
Je suis d'accord avec Nietzsche pour prévoir que "lorsque la nouvelle de la mort de Dieu sera partout connue, que sa lumière sera définitivement éteinte, ce moment-là ne pourra qu'être effroyable".
Conférence de carême du 8 avril 2001 à la cathédrale Notre-Dame de Paris, cité dans Le Monde, 10 avril 2001 p. 36.

2
Quand on fait du commerce avec les organes humains, quand on fabrique des foetus pour avoir des organes en réserve ou avancer dans la recherche médicale et préventive, bon nombre considèrent comme allant de soi le contenu humain de ces pratiques.
Mais le mépris de l'homme qui est sous-jacent ramène, qu'on le veuille ou non, à la descente aux enfers.
Ibidem.

3
L'Eglise est là pour conjurer la progression de l'enfer sur terre.
Ibidem.

4
La foi n'est pas l'ennemie de la raison, mais elle défend sa grandeur ...
Lutter pour la nouvelle présence de l'intelligence de la foi, c'est la mission urgente que je vois pour l'Eglise.
Quand la foi et la raison se divisent, les deux en pâtissent : la raison devient froide et perd ses critères. Elle devient cruelle parce qu'elle n'a plus rien au-dessus d'elle. ...
Mais la foi tombe malade sans le vaste espace de la raison.
Ibidem.

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(19 avril 2005) Les réactions à l'élection du nouveau pape

Réactions internationales : les politiques

Kofi Annan : "une très grande expérience à cette fonction élevée" "Le secrétaire général félicite Sa Sainteté le pape Benoît XVI pour son élection à la Papauté. Sa Sainteté apporte une très grande expérience à cette fonction élevée", a déclaré le porte-parole du secrétaire général de l'Onu. "Les Nations unies et le Saint Siège ont en commun un engagement fort pour la paix, la justice sociale, la dignité humaine, la liberté religieuse et le respect mutuel parmi les religions du monde".

Lech Walesa : "un bon choix" L'élection du cardinal Joseph Ratzinger à la tête de l'Eglise catholique est "un bon choix", a affirmé le chef historique du syndicat polonais Solidarité, un proche du pape Jean Paul II. "Il poursuivra la mission de notre cher pape", a commenté Lech Walesa.

Gerhard Schröder : un "digne successeur de Jean Paul II" "C'est un grand honneur pour l'Allemagne", a déclaré le chancelier allemand lors d'une très brève conférence de presse, en qualifiant Joseph Ratzinger de "digne successeur de Jean Paul II". "Je le félicite au nom du gouvernement et de tous les citoyens allemands. Je me réjouis déjà de pouvoir le saluer lors des Journées Mondiales de la Jeunesse à Cologne", a-t-il ajouté.

"Meilleurs voeux" de la reine d'Angleterre La reine Elizabeth II, chef temporel de l'Eglise anglicane d'Angleterre, et son époux le duc d'Edimbourg ont adressé au nouveau pape un "message personnel avec leurs meilleurs voeux", a annoncé mardi Buckingham Palace.

Silvio Berlusconi salue "avec dévotion" le pape Benoît XVI "Saint Père (...), je désire vous faire parvenir les voeux les plus fervents du gouvernement italien ainsi que les miens. En ce moment aussi important pour le Christianisme et pour le monde entier, j'exprime à Votre Sainteté le voeu d'un Apostolat fécond et sage pour le bien de l'humanité toute entière", écrit le chef du gouvernement italien dans un message au nouveau souverain pontife.

George W. Bush : "un homme d'une grande sagesse" Le président américain George W. Bush a affirmé mardi que le cardinal Joseph Ratzinger, était un homme d'une "grande sagesse et d'une grande culture".

Israël espère que Benoît XVI continuera à lutter contre l'antisémitisme "A la lumière de son histoire personnelle, nous espérons que le nouveau pape sera fidèle à l'engagement pris par l'Eglise catholique de ferme lutte contre l'antisémitisme", a affirmé le ministre israélien des Affaires étrangères Sylvan Shalom dans un communiqué, faisant notamment allusion à nationalité allemande de Benoît XVI. "Nous espérons également que le nouveau pape continuera à oeuvrer en faveur du rapprochement entre l'Etat d'Israël et le Vatican ainsi qu'entre l'église catholique et le peuple juif".

Vladimir Poutine : poursuite du dialogue "La Russie souhaite la poursuite d'un dialogue politique constructif et d'une action commune avec le Saint-Siège, afin d'aider à résoudre les problèmes mondiaux et à renforcer bonté, justice et humanisme", assure le président dans son message.

Réactions internationales : les associations et représentants religieux

Des victimes d'actes pédophiles appellent le pape à une "tolérance zéro" Une organisation représentant les victimes d'actes pédophiles commis par des prêtres aux Etats-Unis a appelé le nouveau pape à sanctionner les évêques qui les ont protégés en ignorant les enfants persécutés. Benoît XVI doit "adopter et faire respecter dans le monde une politique de tolérance zéro", a souligné dans un communiqué Mary Grant, directrice de l'association The Survivors Network of those Abused by Priests (SNAP). Selon l'association, le cardinal Joseph Ratzinger a "étouffé" dans le passé une enquête du Vatican dans une affaire d'abus sexuels sur au moins neuf garçons.

Une élection importante pour tous les chrétiens, selon le chef des anglicans "Il est un théologien de grande stature, qui a écrit des réflexions profondes sur la nature de Dieu et de l'Eglise", a déclaré l'archevêque de Canterbury, Rowan Williams, chef spirituel de l'Eglise d'Angleterre et des Eglises anglicanes dans le monde, et lui-même de la tendance "libérale" de l'Eglise anglicane. "Son élection est d'une grande importance pour les Chrétiens partout. Nous souhaitons la bénédiction du pape Benoît XVI dans les immenses responsabilités qu'il est sur le point d'assumer au nom des catholiques romains dans le monde".

Réactions en France : les politiques

Jacques Chirac félicite "chaleureusement" le nouveau pape "J'adresse au pape Benoît XVI mes félicitations les plus chaleureuses et mes voeux très sincères pour la haute mission qui vient de lui être confiée à la tête de l'Eglise catholique", écrit le chef de l'Etat dans un communiqué.

Jean-Marc Ayrault (PS) : "manifestement pas de signe d'ouverture" Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale estime que l'élection du cardinal Joseph Ratzinger à la tête de l'église catholique n'était "manifestement pas un signe d'ouverture". Le président du groupe PS a souligné qu'"au-delà des convictions religieuses, la parole d'un pape compte sur la scène internationale".

Jean-Marie Le Pen : "sincères et filiales félicitations" Le président du Front national souhaite "longue vie" au pape et "longue vie à la chrétienté". Dans un communiqué, il "se fait l'interprète de l'ensemble du mouvement du Front national pour apporter ses sincères et filiales félicitations au Saint-Père Benoît XVI".

Réactions en France : les représentants religieux

Mgr Vingt-Trois : "des qualités éminentes" L'archevêque de Paris Mgr André Vingt-Trois s'est déclaré "très heureux" que le cardinal allemand ait été élu pape car "il a des qualités éminentes qui vont se développer dans sa nouvelle mission pontificale". Mgr Vingt-Trois s'est également dit "très heureux de la rapidité avec laquelle le conclave a abouti".

Mgr Jacques Gaillot : des catholiques vont "prendre leurs distances" "Ratzinger a fermé la porte à Vatican II, il a en gardé la lettre et pas la vie. C'est un théologien sérieux et carré mais je crains qu'il ne fasse passer les principes avant la vie, la loi avant l'amour. Mais je ne pense pas qu'il y aura rupture. Il y aura déception et des catholiques, tout en restant catholiques, prendront leurs distances avec l'Institution. Sur la pointe des pieds".

L'abbé Pierre : "les hommes changent avec les fonctions qu'ils occupent" "On voit souvent les hommes changer avec les fonctions qu'ils occupent et donc on ne peut pas prévoir ce que sera ce pape", a dit l'abbé Pierre d'après son secrétaire particulier. L'abbé a également affirmer vouloir "se documenter sur la personnalité de Benoît XV car, si le cardinal Ratzinger a pris le nom de Benoît XVI, c'est qu'il veut s'inspirer de son prédécesseur".

L'Opus Dei en France : "une bénédiction" "L'élection de Joseph Ratzinger est une bénédiction pour l'Eglise (...) Le nouveau pape connaît bien les problèmes de l'Eglise universelle", a estimé le vicaire de l'Opus Dei en France, l'abbé Antoine de Rochebrune. "Durant son pontificat, Jean Paul II avait évoqué à plusieurs occasions les signes d'un nouveau printemps de l'Eglise. Avec Benoît XVI, la 'nouvelle Evangélisation' poursuivra son chemin dans le coeur des hommes de bonne volonté".

Fédération protestante de France : "il peut nous surprendre" "On accuse le coup, le cardinal Ratzinger était l'homme qui refusait de reconnaître les autres Eglises", a expliqué le pasteur Daudé, responsable des relations oecuméniques à la Fédération protestante de France. "Il peut nous surprendre, c'est le regard positif que je peux porter", a-t-il affirmé, tout en rappelant que les protestants "feront avec le pape qui leur est donné".

Dalil Boubakeur : "oublier le conservatisme du cardinal Ratzinger" Le recteur de la mosquée de Paris Dalil Boubakeur a souhaité mardi que Ratzinger, devenu le pape Benoît XVI, oublie "le conservatisme du cardinal Ratzinger au profit d'une vision hautement spiritualisée, hautement ouverte, dépassant le cadre des dogmes et de la doctrine".

Le Crif : "garder l'héritage positif de Jean-Paul II" Le directeur général du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Haïm Musicant, a souhaité mardi que le nouveau pape "garde l'héritage positif de Jean Paul II", en conservant "un dialogue fort et un respect mutuel" avec la communauté juive.
tf1.fr, news, Mercredi 20 avril - Mise à jour : 15h37

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Une jeunesse du IIIe Reich
Joseph Ratzinger avait 12 ans en 1939. Comme ceux de sa génération, le futur pape, inscrit au séminaire à Traunstein, en Bavière, fut membre des Jeunesses hitlériennes. Nulle trace de révolte, ni à l'époque, ni après, lorsqu'il évoquera ces années sombres. Enquête.

Les rues de Traunstein sont étonnamment dépouillées. Aucun signe papal à l'horizon. Pas de poster géant, ni de tee-shirt à l'effigie de Benoît XVI, alias cardinal Joseph Ratzinger, comme on en trouve dans les villes de pèlerinage. Pas de «gelée papale» ou de « bière Ratzinger» comme à Marktl am Inn, la ville natale du souverain pontife. Pourtant, de toutes les communes bavaroises où Ratzinger a passé son enfance, Traunstein est la plus emblématique. C'est dans cette petite ville de Haute-Bavière, située à trente kilomètres de Salzbourg (Autriche), qu'il a fait ses débuts au séminaire. C'est là qu'il a vécu la guerre. Et c'est là aussi qu'il est entré aux Jeunesses hitlériennes.

Soixante ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Vatican a élu un pape allemand. La presse britannique l'a aussitôt qualifié de «Panzer Papa», «Gottes Rottweiler» (le rottweiler de Dieu), et de «Kraut», c'est-à-dire «chou», légume que les Anglais associent à Hitler. Benoît XVI, un nazi ? De fait, comme tous les enfants de sa génération, le futur pape a été enrôlé dans le mouvement de jeunesse fondé par Hitler en 1922. Dans deux de ses ouvrages, le Sel de la terre et Ma Vie : souvenirs, celui qui n'était alors que le cardinal Ratzinger a évoqué son appartenance aux «HJ» (Hitler Jugend). Mais l'engagement ne fut pas volontaire, et à Traunstein, historiens, archivistes, prêtres, amis d'enfance, jugent l'accusation «absurde».

Un père très catholique et antinazi

Né le 16 avril 1927 par un samedi saint glacial, Joseph Ratzinger junior est le troisième et dernier enfant de Maria et Joseph Ratzinger. Quand Adolf Hitler, originaire du village autrichien tout proche de Braunau am Inn, arrive au pouvoir en 1933, les frères Ratzinger ­ Georg, également prêtre, qui dirigera pendant trente ans les choeurs de la cathédrale de Ratisbonne, et Joseph ­ ont 8 et 5 ans. Dans cette famille très religieuse, la politique païenne du Führer passe mal. Le père lit Der gerade Weg, un journal antinazi, rempli de caricatures de Hitler, écrit le cardinal Ratzinger dans le Sel de la terre. Quasiment en fin de carrière ­ il est gendarme ­, Joseph Ratzinger senior aurait, selon ses fils, très mal vécu la montée en puissance du NSDAP (le parti nazi), et se serait mis en congé maladie pour éviter de mettre sa famille en danger. A l'abri de sa maison au crépi rose, au pied de la cathédrale de Ratisbonne, Georg Ratzinger, 81 ans, se rappelle aujourd'hui que leur père «avait réussi à acheter une petite radio pour écouter les informations libres diffusées depuis Katowice et Londres».

«Le nazisme allait contre les convictions de catholique très pratiquant de Joseph Ratzinger, confirme Fritz Haselbeck, archiviste de la commune de Traunstein. Non seulement il allait à la messe en semaine mais il y allait aussi trois fois le dimanche. Ce qui même dans la très catholique Bavière était un régime sévère.» Du côté maternel, pas de prêtres. Mais le grand-père a oeuvré à la construction d'une église à Rimsting, sur le lac bavarois de Chiemsee. Du côté paternel, la généalogie regorge d'ecclésiastiques. Le plus célèbre étant Georg Ratzinger, grand-oncle du pape, député du Parlement régional de Bavière et du Reichstag qui, au XIXe siècle, a défendu les droits des paysans bavarois et s'est battu contre le travail des enfants. Chez les Ratzinger, on ne compte ni communiste, ni résistant, ni prêtres réfractaires à l'ordre nazi au point d'être expédié à Dachau.

Deux hauts faits à Traunstein

Dans son dernier film, le Neuvième Jour, Volker Schlöndorff a montré ce que certains de ces prêtres allemands avaient enduré. Traunstein a vécu l'un de ces épisodes traumatiques. En 1934, Josef Stelzle, le curé de la paroisse, fut arrêté pour avoir refusé de faire le salut hitlérien et avoir osé contrer les idées nazies en prêchant l'égalité des hommes devant le Christ. En signe de protestation, les habitants décrochèrent le battant de l'église Saint-Oswald pour empêcher les cloches de sonner. Le curé put revenir, mais pas officier. L'autre épisode glorieux de la ville se situe en 1941, quand les femmes de Traunstein manifestèrent parce que le NSDAP voulait retirer toutes les croix des écoles.

Car, si dans les grandes villes de Bavière, comme Munich, le mouvement national-socialiste a séduit d'emblée une partie du prolétariat touché par le chômage, les paysans et propriétaires terriens de la Haute-Bavière ont eu une attitude plus mitigée, alors même que Hitler avait installé son nid d'aigle à Berchtesgaden, à 60 km au sud de Traunstein. «Au début des années 20, ils ont vu en Hitler un conservateur nationaliste anti-SPD, anti-KPD (communistes, ndlr) et antiprussien, explique l'historien local Gerd Evers. Mais ensuite ils ont été rebutés par ses valeurs antichrétiennes, de sorte qu'aux élections législatives du 5 mars 1933, le NSDAP n'a pas obtenu la majorité absolue à Traunstein.» Le parti de Hitler a recueilli 31,3 % des voix contre 46 % au niveau national, devancé par le Parti populaire bavarois (BVP), ancêtre de la CSU.

«Jeunesse hitlérienne obligatoire»

En 1939, Joseph Ratzinger a 12 ans. Il est décidé qu'il ira au séminaire, avec son frère aîné. Levés à 5 heures, les séminaristes vont à la messe, puis à l'étude, avant de petit-déjeuner et d'entamer leur journée à l'école communale avec les autres enfants de Traunstein. Le 25 mars de cette même année, l'Etat nazi promulgue une loi obligeant tous les enfants de 10 à 18 ans à rentrer dans les Jeunesses hitlériennes sous peine d'emprisonnement pour les parents récalcitrants. Le séminaire de Traunstein, qui jusque-là avait refusé d'envoyer ses ouailles servir le régime, obtempère. Les élèves qui se destinent à passer le baccalauréat sont très surveillés. «Les HJ étaient l'une des six branches du NSDAP», explique l'historien Michael Buddrus, qui a consacré une volumineuse étude au sujet (1). «L'objectif était de former les esprits dès l'enfance pour construire un Etat totalement SS, car les nazis savaient qu'ils ne pouvaient pas emporter l'adhésion totale chez les plus âgés.»

La première génération de HJ, celle qui s'était engagée volontairement à partir de 1933 et formait des cadres pour les SA et les SS, était qualifiée de Stamm HJ, c'est-à-dire les «Jeunesses hitlériennes de souche». Tandis que la Pflicht HJ, la Jeunesse hitlérienne obligatoire ­ celle de Joseph Ratzinger ­ comprenait tous ceux qui ne s'étaient pas encore inscrits. Ces derniers n'étaient pas obligés de se faire confectionner un uniforme car leur «service» était beaucoup plus limité que celui des «vraies» Jeunesses hitlériennes. «On leur demandait juste d'aider à ramasser du bois dans la forêt, ou autre tâche subalterne», raconte Herbert Kaiser, 76 ans, qui a connu le pape dans la cour de récréation. «Ils ne participaient pas aux parades, aux marches hebdomadaires, ils n'avaient pas de cours de formation dans les secteurs de la marine, de l'aviation ou de l'information.» Il ne s'agissait pas de se mettre à dos la population, mais au contraire de la convaincre des bienfaits de l'idéologie nazie. «D'abord il y avait un appel interminable, se souvient Georg Ratzinger. Puis nous marchions pendant des heures dans la forêt, par rangées de trois, en chantant des chansons nazies. Ensuite nous revenions en ville, et c'était fini.»

Pas de traces de révolte enfantine

Dans ses écrits, le pape dit être entré dans les HJ en 1941, à l'âge de 14 ans. Au terme de la loi, il aurait déjà dû être membre des Jungvolk. Mais le groupe des «10-14 ans» n'avait pas d'appel, de sorte que les contrôles étaient plus lâches. A partir de 14 ans, en revanche, la formation, qui comprenait aussi des cours sur les races, devenait plus intensive. Selon le dernier chiffre disponible, les HJ comprenaient en mai 1939 8,7 millions de jeunes Allemands, soit 85,1 % de la population de 10 à 18 ans. Parmi les 15% restants se trouvaient les non-inscrits, les apprentis dispensés en raison de leurs horaires de travail, ceux qui se faisaient porter malade, et ceux que le Reich n'estimait pas assez forts. «Dans les grandes villes, on pouvait peut-être passer entre les gouttes, estime Alfred Staller, 75 ans. Mais à Traunstein, tout le monde se connaissait. Et l'organisation était assez souple.» Le cardinal Ratzinger raconte que son professeur de maths, qui était pourtant nazi, lui a conseillé d'y aller une fois ou deux, pour être tranquille. En 1943, le séminaire a été transformé en hôpital militaire, et le futur pape n'a plus remis un pied aux HJ.

Sur ses sentiments, sur ses pensées, Joseph Ratzinger n'a pas écrit grand-chose. Aucune mention du sort fait aux Juifs. Pas de trace de révolte enfantine ou de nausée comme celle décrite par l'écrivain autrichien Thomas Bernhard (qui a passé lui aussi son enfance à Traunstein) dans son roman autobiographique Un enfant. Le garçon de 9 ans poussé par sa famille à entrer en 1939 dans les Jungvolk marquait son opposition en n'exécutant pas correctement le salut nazi, ce qui lui valait des châtiments corporels. Considérés comme très réservés et très fermés sur leur famille, les frères Ratzinger, d'après leurs camarades de l'époque, avaient adopté une attitude en public «neutre». De sorte que ni eux, ni leur famille n'ont jamais été inquiétés.

En 1943, comme tous les élèves de sa classe, Joseph Ratzinger a été incorporé d'office comme auxiliaire de la DCA (défense antiaérienne) à Munich. En septembre 1944, il entre dans la Wehrmacht sous les ordres de la légion autrichienne qu'il qualifie dans ses écrits de «vieux nazis» et d'«idéologues fanatiques qui [les] tyrannisaient fortement». Un jour, ils le sortirent de son lit pour lui demander de se porter volontaire pour entrer dans les SS. Après avoir expliqué qu'il voulait devenir prêtre, il dit avoir été «congédié à coups d'insultes et de moqueries (...) mais ces insultes avaient bon goût, car elles nous libéraient de la menace de nous porter soi-disant volontaires et de toutes les conséquences que cela impliquait.» Ce sont ses seuls commentaires critiques sur la période nazie.

Profitant du chaos qui règne dans les troupes à l'approche des Alliés, Joseph Ratzinger, 18 ans, quitte l'armée et rentre chez lui début mai 1945. Identifié comme soldat, les Américains l'internent dans un camp avant de le libérer le 19 juin 1945. Egalement fait prisonnier, son frère Georg revient un mois plus tard. Les frères Ratzinger n'étaient certainement pas des nazis. Mais, comme les millions d'Allemands nés avant 1930, ils ont servi le IIIe Reich.
(1) Michael Buddrus, Totale Erziehung für den Krieg. Hitlerjugend und nationalsozialistische Jugendpolitik, Munich, K.G. Saur Verlag, 2003.
Par Odile BENYAHIA-KOUIDER, mercredi 29 juin 2005 (Liberation - 06:00), p. 34-35

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JMJ. Benoît XVI a prié pour les victimes de la Shoah

Cela restera l'un des moments forts de la visite papale. Hier, dans la synagogue de Cologne, Benoît XVI a dénoncé « le crime inouï » des nazis contre les Juifs. Un symbole puissant pour cet Allemand, ancien membre des Jeunesses hitlériennes.

DANS L'HISTOIRE des relations compliquées entre juifs et catholiques, ce vendredi 19 août (2005) est à marquer d'une pierre blanche. Dix-neuf ans après Jean-Paul II, qui fut le premier pape à se recueillir dans une synagogue à Rome, Benoît XVI, élu au trône de Pierre il y a quatre mois jour pour jour, a accompli un geste historique en se rendant hier à midi à la synagogue de Cologne, la plus ancienne d'Allemagne, détruite par les nazis en 1938 lors de la Nuit de cristal et reconstruite en 1959.
La portée de cette visite effectuée par un pape allemand, qui fut lui-même enrôlé dans les Jeunesses hitlériennes, est d'autant plus importante qu'elle a lieu dans le pays où fut perpétré le génocide des Juifs par le totalitarisme nazi.

« Une folle idéologie raciste »

Arrivé jeudi dans la cité rhénane pour les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), le Saint-Père a condamné le « crime inouï et jusque-là inimaginable » de la Shoah, dénonçant « une folle idéologie raciste de conception néopaïenne ». Tout en appelant juifs et chrétiens à se rapprocher pour combattre « les forces du mal », il a invité chacun à la vigilance face à l'émergence « de nouveaux signes d'antisémitisme et de diverses formes d'hostilité généralisée envers les étrangers ».

Accueilli sur le seuil de la synagogue par le rabbin Netanel Teitelbaum, Benoît XVI a prié en silence devant le mémorial érigé en mémoire des six millions de Juifs victimes du nazisme, dont 11 000 habitaient Cologne.
Dans la salle principale de la synagogue où 500 personnes avaient pris place, parmi lesquels l'ambassadeur d'Israël en Allemagne et le ministre allemand de l'Intérieur, Otto Schily, le souverain pontife s'est installé dans un grand fauteuil en bois pour écouter les discours du rabbin et d'Abraham Lehrer, l'un des quatre présidents de la communauté juive de Cologne qui compte environ 5 000 personnes.
Avant de prendre lui-même la parole pour appeler juifs et chrétiens à « un dialogue sincère et confiant » et leur demander de témoigner ensemble de leurs valeurs communes, notamment la défense des droits de l'homme et le « caractère sacré de la vie humaine ». Très applaudi par l'assistance debout, le pape a salué plusieurs rabbins d'Allemagne et d'Europe de l'Est et échangé quelques mots avec l'ancien archevêque de Paris, le cardinal Jean-Marie Lustiger, lui-même juif converti.

Président du consistoire central des juifs d'Allemagne, Paul Spiegel s'est dit « extrêmement heureux et impressionné » par cette condamnation « sans restriction aucune » des crimes nazis. De son côté, Abraham Lehrer a demandé au chef de l'Eglise catholique, qu'il a salué comme un « constructeur de ponts entre les religions », d'ouvrir complètement les archives du Saint-Siège concernant la Shoah. Non sans rappeler que Josef Ratzinger, alors le préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, avait contribué à l'ouverture partielle de ces archives il y a sept ans.

Placées sous le signe du dialogue entre les religions, ces JMJ ont aussi permis à Benoît XVI, qui a déjeuné hier avec quelques jeunes, de présider en fin d'après-midi une rencontre oecuménique. Demain, il a rendez-vous avec la communauté musulmane puis se rendra à Marienfield, ancien site minier, situé à une trentaine de kilomètres de Cologne où il participera à la veillée avec les jeunes. Avant la messe finale dimanche matin, à 10 heures, au terme de laquelle il doit annoncer le lieu où se dérouleront les prochaines JMJ. A Cologne, la rumeur dit que ce sera à Sydney, en Australie...
leparisien.com, Philippe Baverel, Paru le : 20/08/2005

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(02 décembre 2005) Pour le meilleur et pour le pire. Benoît XVI, pape du meilleur et surtout du pire
Les « vaticanistes » le trouvaient trop discret, à la limite de l’effacement. En quelques jours, Benoît XVI a montré qu’il avait gardé intacte la volonté de son prédécesseur Jean-Paul II de faire peser l’Église dans les affaires du monde et particulièrement celles du Vieux Continent.

Le meilleur, c’est cette déclaration faite mercredi, pendant ses audiences hebdomadaires, sur le génocide des juifs par le régime nazi. L’ancien leader spirituel de l’Église allemande y a vu un « projet de mort infamant qui restera comme une tache indélébile dans l’histoire de l’humanité ». Jamais Benoît XVI n’avait aussi virulent contre l’Holocauste. Sa discrétion sur le sujet avait même été pointée du doigt lors de son élection alors que les médias révélaient sa courte appartenance, adolescent, aux Jeunesses hitlériennes.

Le pire, cela a été cette semaine cette directive lancée par le Vatican contre l’ordination de prêtres homosexuels dans ce qui ressemble à une véritable chasse aux sorcières.
Le texte soumis par le Vatican affirme que « l’homosexualité apparaît comme un inachèvement et une immaturité foncière de la sexualité humaine ».
Le Vatican, qui reprend ici les thèses d’un prêtre français, Tony Anatrella, relève les conduites « douteuses » et « narcissiques » des gays.
Il appelle non seulement à ne pas ordonner les prêtres homosexuels, mais aussi ceux qui présentent des « tendances » et ceux qui soutiennent la « culture gay ». Une mesure qui devrait toucher avant tout les pays européens et les États-Unis.

Benoît XVI confirme par cette directive d’une rare violence qu’il reste le garant, au sein de l’Église, de la ligne dure en matière de moeurs. L’ancien maître de la Congrégation pour la doctrine de la foi, héritière au Vatican de l’Inquisition, avait déjà signé en 2004 un texte condamnant le féminisme et l’homosexualité.

Cette semaine, il a aussi confirmé, à l’occasion de la Journée mondiale sur le sida, qu’il restait hostile à toute autre forme de protection que l’abstinence et la fidélité pour éviter la propagation de la maladie.
Son texte, lu devant plus de 20 000 pèlerins rassemblés place Saint-Pierre, ne comprend pas une seule fois le mot de « préservatif ».
P. F., L'humanité, Article paru dans l'édition du 2 décembre 2005

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dimanche 28 mai 2006, 12h16 Immense succès populaire à Cracovie et prière à Auschwitz pour Benoît XVI

CRACOVIE (AFP) - Après un immense succès populaire avec une grande messe célébrée devant 900.000 fidèles dimanche matin à Cracovie, Benoît XVI termine son voyage réussi en Pologne par la visite très symbolique d'un pape allemand à l'ancien camp nazi d'Auschwitz-Birkenau.

Devant la foule massée à perte de vue sur la gigantesque esplanade de Blonia, près du centre de Cracovie (Sud), le souverain pontife a appelé les Polonais à défendre la place de la religion chrétienne en Europe et dans le monde.
"Je vous demande de partager avec les autres peuples d'Europe et du monde le trésor de la foi", a-t-il dit en conclusion de son homélie.

La Pologne, qui est entrée il y a deux ans dans l'Union européenne progressivement élargie à tous les pays du vieux continent, compte plus de 90% de catholiques. L'Eglise y pèse encore de tout son poids dans la vie publique, à la différence de nombreux autres pays européens.
Benoît XVI a souligné qu'avec le pontificat du pape polonais Jean Paul II, la Pologne était "devenue une terre de témoignage particulier de la foi en Jésus Christ".
Il a demandé aux Polonais de rester fidèles à la mémoire de son prédécesseur, "votre compatriote" qui, a-t-il dit, a défendu la foi "avec une force et une efficacité extraordinaires".
Benoît XVI leur a rappelé l'appel à "rester forts, de la force que donne la foi" que leur avait lancé Jean Paul II lors de son premier voyage en tant que chef de l'Eglise catholique en Pologne en 1979.

Ce premier voyage du pape polonais dans son pays natal avait accéléré le processus d'affaiblisssment du régime communiste. Les Polonais qui vénèrent Karol Wojtyla à l'égal d'un saint lui attribuent un rôle essentiel dans l'effondrement du système soviétique qui a commencé par leur pays.
Jean Paul II a par la suite bataillé ferme, mais sans succès, pour que l'Union européenne intègre à sa Constitution une référence à ses racines chrétiennes.
"Cracovie de Jean Paul II est aussi ma Cracovie", s'est exclamé dimanche Benoît XVI devant la foule enthousiaste, la plus importante depuis le début de son pèlerinage entamé jeudi à Varsovie, la capitale, où la grand-messe de vendredi n'avait rassemblé que 270.000 personnes.

Samedi soir à Cracovie, sur cette même esplanade de 48 hectares, Benoît XVI avait déjà rencontré plus de 600.000 jeunes fidèles qui lui avaient fait un triomphe. Beaucoup ont dormi sur place malgré la pluie et le froid. Dimanche matin, d'autres fidèles sont arrivés de toute la Pologne.
Zofia Jaskolska, 25 ans, a ainsi fait sept heures de route à partir de Poznan, dans l'Ouest du pays.
"Nous sommes reconnaissants envers Benoît de tous ses efforts afin de se rapprocher de nous. J'avais peur qu'après la mort de Jean Paul II, les choses ne soient différentes mais je vois que rien n'a changé. Jean Paul II était très proche des jeunes. Benoît est pareil", confie-t-elle.

Après la messe, Benoît XVI, dont c'était le deuxième voyage à l'étranger (le premier avait eu lieu en Allemagne) depuis le début de son pontificat il y a treize mois, se rend en fin d'après-midi, avant de repartir en avion pour Rome, sur le site d'Auschwitz-Birkenau. Environ 1,1 million de personnes ont péri dans ce camp d'extermination entre 1940 et 1945, dont un million de juifs, pour la plupart gazés dès leur arrivée.

Le pape allemand achève ainsi son voyage en Pologne par un geste très attendu qu'il veut accomplir "avant tout comme catholique" pour prier à cet endroit, symbole de l'Holocauste des juifs, à la mémoire de toutes les victimes de la barbarie nazie.

La nationalité et le passé du pape Joseph Ratzinger, qui fut enrôlé pendant la guerre dans les jeunesses hitlériennes comme tous les adolescents allemands, donnent cependant à cette démarche une signification particulière.

Le porte-parole du Vatican Joaquin Navarro-Valls l'a admis samedi soir et déclaré que Benoît XVI allait à Auschwitz "en tant que fils du peuple allemand", de même que Jean Paul II s'y était rendu en 1979 "en tant que fils du peuple polonais".
Yahoo.fr, actualités, Par Martine NOUAILLE

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dimanche 28 mai 2006, 23h55 Visite historique de Benoît XVI à Auschwitz après un triomphe à Cracovie

OSWIECIM (Pologne) (AFP) - Benoît XVI a clos dimanche un voyage réussi en Pologne par une visite chargée d'émotion à l'ancien camp nazi d'Auschwitz-Birkenau, après avoir remporté un immense succès populaire avec une messe célébrée à Cracovie devant 900.000 fidèles.
Le pape a quitté la Pologne dimanche soir pour Rome, à l'issue d'une cérémonie d'adieux à l'aéroport Cracovie-Balice, lors de laquelle il a une dernière fois demandé aux Polonais de "sauvegarder l'héritage chrétien".

L'étape majeure d'Auschwitz était d'autant plus difficile pour Benoît XVI qu'il vient d'Allemagne et qu'il est assez vieux pour avoir été enrôlé à l'adolescence dans les Jeunesses hitlériennes.

Le souverain pontife a franchi seul la porte du camp, surmontée de l'inscription "Arbeit macht frei" (Le travail rend libre). Il a avancé à pied en soutane blanche vers le Mur des fusillés.
Le visage grave, légèrement décoiffé par le vent, il a prié seul à l'endroit où ont été exécutés des milliers de prisonniers, avant d'y allumer une simple bougie.
Puis il a salué un à un 32 rescapés, représentant les différents groupes, déportés et massacrés dans le camp. Parmi eux figurait Henryk Mandelbaum, juif polonais de 83 ans, un des six rescapés du Sonderkommando chargé de vider les chambres à gaz et de brûler les cadavres.

Benoît XVI s'est recueilli dans l'étroite cellule noire de Maksymilian Kolbe, un prêtre polonais mort à Auschwitz le 14 août 1941 après avoir obtenu des nazis de remplacer un père de famille condamné à mort. Ce religieux a été canonisé par Jean Paul II en 1982.

Le pape s'est ensuite rendu dans l'usine de la mort de Birkenau. Construit à partir de 1941 par des prisonniers soviétiques réduits en esclavage, le camp de Birkenau est situé à 3 kilomètres du premier camp d'Auschwitz.
Sous un ciel noir zébré d'un arc-en-ciel, il s'est longuement recueilli en silence devant un monument massif à Birkenau, commémorant en différentes langues les victimes des différentes nations.
Après un kaddish, la prière juive des morts, le pape a récité en allemand une brève prière qui commençait par les mots: "Seigneur, tu es le Dieu de la paix, tu es la paix elle-même".

Le pape a ensuite tenu un discours, en langue italienne cette fois, pour dire la difficulté "pour un chrétien et pour un pape allemand" de parler des crimes "sans équivalent dans l'histoire" qui y ont été commis par le régime nazi.

Après Jean Paul II, venu à Auschwitz en 1979 "comme fils du peuple polonais", Benoît XVI a précisé qu'il accomplissait ce pèlerinage "comme fils du peuple allemand".

Contrairement à son prédécesseur, il a employé le mot de Shoah, sur ce lieu du génocide des juifs d'Europe. Plus de 1,1 million de personnes sont mortes là entre 1940 et 1945 dont un million de juifs.

Mais il a provoqué une certaine gêne (??, notedt : le peuple juif est-il responsable de la mort du juif Yeshoua ben Yoseph dit Jesus de Nazareth ??) quand il a semblé dédouaner le peuple allemand de toute responsabilité dans les crimes nazis. Il les a attribués à "un groupe de criminels" qui par la démagogie et la terreur ont "abusé" du peuple allemand pour s'en servir "comme instrument de leur soif de destruction et de domination".

La visite à Auschwitz a été l'accent final du pèlerinage de Benoît XVI sur les traces de son prédécesseur polonais, dont il a vu tous les lieux-clés de la vie.
Au fil des étapes de ce voyage de quatre jours, qui était son deuxième à l'étranger depuis le début de son pontificat il y a treize mois, la ferveur des foules venues à sa rencontre n'a cessé de grandir, pour culminer dimanche à la grande messe de Cracovie.

Quatorze mois après la disparition de Jean Paul II, ses compatriotes semblent avoir enfin adopté Benoît XVI comme leur nouveau pape. "Il a conquis nos coeurs", résumait samedi en gros titre le quotidien populaire Fakt. Et d'ajouter: "C'est déjà clair: c'est notre pape. Nous nous sommes mis à l'aimer de tout notre coeur".
Yahoo.fr, actualités, dimanche 28 mai 2006, 23h55, Par Martine NOUAILLE

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Le grand rabbin de France Joseph Haïm Sitruk, Le Parisen, 12 juin 2006, p. 9

Comment avez-vous ressenti le discours du pape à Auschwitz le 28 mai ?

Je suis un petit peu déçu parce que je croyais que les relations judéo-chrétiennes avaient franchi des pas décisifs.
A Auschwitz, où plus d'un million de Juifs ont été exterminés, j'aurais préféré que le pape se taise. Une visite silencieuse aurait-été plus parlante qu'un discours.
L'Eglise officielle ne se sent pas à l'aise sur cette période. Il y a eu un silence coupable ; il ne faudrait pas qu'il y ait des paroles accablantes.
Ce qui m'a le plus choqué dans le discours de Benoît XVI, c'est qu'il évoque les six millions de Polonais morts, de 1940 à 1945, sans préciser que trois milions étaient juifs.
Un pape allemand doit avoir le courage de reconnaître que la communauté juive de Pologne a été exterminée à 98 %.
Même si j'ai été le premier à saluer et admirer la démarche de pardon de l'Eglise catholique auprès des juifs, on a l'impression que c'est la valse-hésitation, qu'on ne veut pas aller trop loin. En compliquant le discours on le rend incompréhensible.
Extraits des propos recueillis par Philippe Baverel, Le Parisen, 12 juin 2006, p. 9

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Vendredi 8 septembre 2006 - 17:12 Le pape Benoît XVI condamne la "folie" du mariage homosexuel

CITE DU VATICAN (Reuters) - Le pape Benoît XVI a déclaré que les hommes politiques catholiques ne devaient pas se laisser influencer par les sondages d'opinion et les tendances sociales concernant l'avortement et la "folie" du mariage homosexuel.

Devant des évêques canadiens, le pape a rappelé avec vigueur la position de l'Eglise sur ses sujets.
"Au nom de la 'tolérance', votre pays a dû supporter la folle redéfinition des conjoints et au nom de 'la liberté de choix', il est confronté à la destruction quotidienne d'enfants qui ne sont pas nés", a-t-il déclaré. "Quand le plan divin du Créateur est ignoré, la vérité de la nature humaine est perdue."

Le Canada a légalisé le mariage gay l'année dernière mais le parlement doit organiser un vote à la fin de l'année pour décider, éventuellement, de renoncer à cette loi qui rencontre l'opposition des Conservateurs.

Le souverain pontife, qui a déjà manifesté plusieurs fois son opposition aux unions homosexuelles, a condamné le comportement des hommes politiques catholiques qui choisissaient de soutenir de telles législations malgré leurs convictions.
"Ceci est particulièrement dommageable quand des dirigeants chrétiens sacrifient l'unité de la foi et entérinent la désagrégation de la raison et des principes de la morale naturelle en cédant à d'éphémères tendances sociales et aux réclamations spécieuses des sondages d'opinion."
Yahoo.fr, actualités, REUTERS : Vendredi 8 septembre 2006 - 17:12

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(09 seprembre 2006) Joseph Ratzinger en Bavière : retour sur son passé controversé

Les souvenirs, comme autant de vieux démons - la guerre, son passage aux Jeunesses hitlériennes, ses années chahutées d'enseignement -, accompagneront le pape, de Munich à Ratisbonne sur les routes de sa Bavière natale, du samedi 9 au jeudi 14 septembre.

Joseph Ratzinger est né le 17 avril 1927 à Marktl-am-Inn, la même année que l'écrivain Günter Grass qui vient de révéler à une Allemagne sous le choc son passé dans les Waffen SS. Les deux ont dû se plier au décret de 1939 enrôlant tous les jeunes de douze ans dans les Jeunesses hitlériennes. Leurs voies ont ensuite divergé.

Le futur Prix Nobel (1999), né à Dantzig (Gdansk, désormais), explique s'être porté volontaire, à 15 ans, non par amour des Waffen SS, mais pour servir dans un sous-marin et échapper à l'étouffant cocon familial.
Quant au futur pape, en juillet 1943, il est mobilisé et affecté à la défense antiaérienne de Munich. Libéré un an plus tard, il est versé dans le Service du travail obligatoire dans le Burgenland à la frontière austro-hongroise.
Dans Ma vie (1927-1977), Joseph Ratzinger raconte qu'il était terrorisé à l'idée d'être recruté par les agents de la Waffen SS. Séminariste et de santé fragile, le jeune Ratzinger aura beau jeu d'expliquer aux agents recruteurs de la Waffen SS que sa vocation n'est pas celle de l'uniforme militaire.

La différence avec le cas de Günter Grass réside surtout dans l'enracinement bavarois du futur pape. Un peu de connaissance de son passé familial et de la spécificité politique et religieuse de la Bavière auraient d'ailleurs suffi à éviter les commentaires entendus après son élection sur le présumé passé pronazi de Benoît XVI.
Günter Grass est issu de la Pologne orientale sous la menace de l'Armée rouge.
Joseph Ratzinger vient de la Bavière et, plus exactement, de ce courant austro-bavarois, francophile et catholique, qui alors damait le pion dans cette région à l'autre courant nationaliste et allemand.

A Traunstein - où le futur pape, fils d'un commandant de gendarmerie, a aussi vécu -, le parti nazi aux élections de mars 1933 ne rassemble que 31 % des voix (contre 46 % au niveau national), battu par le Parti populaire bavarois (BVP).
Ce patriotisme bavarois ne fraie pas avec le nationalisme populiste, antisémite et antichrétien de Hitler.

Le jeune Ratzinger gardera le souvenir des attaques du régime contre l'école confessionnelle, les couvents, l'enseignement de la religion. Et c'est cet enracinement catholique bavarois qui lui vaudra d'être identifié à la Resistenz, cette forme de refus de la dictature nazie qui ne comprend toutefois aucune résistance active.
Bien plus tard, en 1977, Mgr Ratzinger sera promu archevêque de Munich, successeur du cardinal Faulhaber, l'une des voix catholiques contre le régime nazi.

Auparavant, il avait subi une autre épreuve du feu. Après mai 1968, effaré par les sit-in contestataires à l'université de Tübingen (Bade-Wurtemberg) où il enseigne, le professeur Ratzinger bat en retraite à Ratisbonne.
A cette époque, le Suisse Hans Küng, son collège, est très populaire. Ratzinger, lui, est chahuté. Dans ses mémoires, Küng, devenu le chef de file de l'opposition catholique à Rome, décrit le "choc durable" que fut 68 pour Ratzinger et le "refus viscéral de tout ce qui vient de la base" qu'il manifestera ensuite au Vatican.

Théologien progressiste à Vatican II, Ratzinger deviendra l'ennemi d'une interprétation progressiste des textes conciliaires. Et c'est en accord avec cette ligne que Jean Paul II, en 1981, viendra l'arracher à Munich et à la Bavière pour le nommer préfet de la doctrine de la foi. Avant qu'il ne lui succède il y a dix-huit mois.
Henri Tincq, Le Monde, Article paru dans l'édition du 10.09.06, LE MONDE | 09.09.06 | 13h46 • Mis à jour le 09.09.06 | 14h47

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dimanche 10 septembre 2006, 13h12 La maison natale du pape en Bavière "attaquée" à coups de peinture

BERLIN (AFP) - Deux pots de peinture bleue ont été lancés contre la facade de la maison natale du pape Benoît XVI à Marktl-am-Inn en Bavière où il doit se rendre lundi, au troisième jour de sa visite dans sa région natale, a annoncé la police.

Selon les premiers éléments de l'enquête, la maison située sur la place principale du petit village a été "attaquée" à coups de peinture entre 4H30 (2H30 GMT) et 5H00 (3H00 GMT) locales.

Le pape Benoît XVI, arrivé samedi à Munich (sud), doit se rendre lundi après-midi durant une heure dans son village de 2.700 âmes où il vit le jour le 16 avril 1927. Joseph Ratzinger a vécu ses deux premières années à Marktl.
Yahoo.fr, actualités, dimanche 10 septembre 2006, 13h12

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vendredi 15 septembre 2006, 11h30 Le monde musulman continue de dénoncer les propos du pape Benoît XVI

CITE DU VATICAN (AFP) - Les réflexions du pape Benoît XVI sur l'islam pendant son voyage en Allemagne suscitent des remous dans le monde musulman, contraignant le Vatican à faire une mise au point sur le sens des propos du chef de l'Eglise catholique.

Le pape, théologien réputé, qui s'était exprimé mardi devant un parterre d'universitaires et de chercheurs à l'université de Ratisbonne, avait cité pour illustrer son propos un empereur byzantin du 14ème siècle interrogeant un savant musulman sur la guerre sainte (jihad) et la violence dans sa religion.

Benoît XVI a fait une distinction claire entre le christianisme et l'islam dans leur rapport entre la foi et la raison. Il a cité un universitaire selon lequel "pour la doctrine musulmane, Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n'est liée à aucune de nos catégories, pas même à celle de la raison".

Le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, a déclaré jeudi soir dans un communiqué que Benoît XVI n'avait "pas eu l'intention de se livrer à une étude approfondie du jihad et de la pensée musulmane sur la question, et encore moins d'offenser la sensibilité des croyants musulmans".

Le Vatican a ainsi cherché à calmer le jeu alors que des représentants musulmans de plusieurs pays avaient interprété les propos du pape comme un jugement négatif porté sur l'islam.

Le parlement pakistanais a adopté vendredi une résolution demandant à Benoit XVI de "retirer ses propos" liant l'islam à la violence, tandis que le ministère pakistanais des Affaires étrangères a dénoncé "l'ignorance" du souverain pontife sur la religion musulmane.

La commission nationale pour les minorités en Inde a jugé que les propos du pape Benoît XVI sur l'islam sonnaient comme un appel aux "Croisades du Moyen Âge". "Les mots utilisés par le pape résonnent comme ceux de ses prédécesseurs du Moyen Âge qui ont lancé les Croisades," a estimé Hamid Ansari, président de cette commission.

Le guide spirituel des Frères musulmans, le principal groupe de l'opposition en Egypte, Mohammad Mehdi Akef, a lui appelé jeudi le pape Benoît XVI à s'excuser, estimant que ses propos sur l'islam jetaient de "l'huile sur le feu".

L'Organisation de la conférence islamique (OCI) a demandé au Vatican que le Vatican exprime sa véritable position à l'égard de l'islam et de ses préceptes".

Au Koweït, le secrétaire général du parti islamiste Oumma (Nation islamique), Hakem al-Mutairi, a appelé tous les pays musulmans à rappeler leurs ambassadeurs auprès du Vatican "jusqu'à ce que le pape présente des excuses pour le tort porté au prophète et à l'islam". Le chef du Rassemblement des oulémas chiites au Koweït, Sayed Mohammad Baqer al-Mohri, a également réclamé des excuses de la part du chef de l'Eglise catholique.

En Turquie, le directeur du département des affaires religieuses auprès du gouvernement, Ali Bardakoglu, a déclaré ne voir "aucun intérêt pour le monde musulman à la visite en Turquie d'une personne ayant de telles convictions pour l'islam et son prophète".

Benoît XVI est attendu en Turquie du 28 au 30 novembre à l'invitation des autorités politiques et du patriarcat orthodoxe.

Plusieurs représentants des partis islamistes pakistanais ont jugé les propos du pape "malheureux", "regrettables", voire "irresponsables".

"Dans le climat politique actuel, de telles réflexions peuvent être exploitées par ceux qui s'efforcent de nuire aux musulmans et à l'islam", a relevé Khurshid Ahmed, chef d'un institut affilié au parti islamiste Jamaat Islami.

Le secrétaire général du Conseil central des musulmans d'Allemagne, Aiman Mazyek, a estimé pour sa part que l'Eglise catholique était mal placée pour critiquer les dérives extrémistes de l'islam en raison de son histoire.

Quant au président du Conseil français du culte musulman (CFCM), la plus haute instance de l'islam en France, Dalil Boubakeur, réputé pour sa modération, il a réclamé jeudi "une clarification" des propos du souverain pontife.

Au Vatican, le cardinal Paul Poupard, président du conseil pontifical pour la Culture, a mis en garde contre une "instrumentalisation" du discours du pape.

"Le grand professeur Joseph Ratzinger a fait une leçon doctorale sur les rapport entre raison et foi", a déclaré le prélat français à l'AFP, ajoutant: "ne réduisons pas son discours à des stéréotypes".

Le prêtre missionnaire Justo Balda Lacunza, recteur de l'Institut pontifical d'études arabes et islamiques, a souligné que le pape avait "exprimé la vision catholique de la foi et posé des questions à l'islam".

"Le problème", a estimé le père Lacunza, "c'est que la foi musulmane est aujourd'hui prise en otage par les politiques".

"Il faut avoir le courage d'affronter la réalité. Il y a actuellement dans le monde musulman un problème de la violence au nom de la religion", a relevé le religieux, soulignant que "ce sont des musulmans eux-mêmes qui le disent".
Yahoo.fr, actualités, vendredi 15 septembre 2006, 11h30

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17/09/2006 22:36 MOGADISCIO, 17 sept 2006 (AFP) - Une religieuse italienne tuée par balle à Mogadiscio

Une religieuse catholique italienne a été tuée dimanche par des hommes armés non identifiés dans un hôpital de la capitale somalienne Mogadiscio, où un responsable religieux avait appelé la veille les musulmans à "se venger" du pape pour ses propos sur l'Islam.

Deux assaillants ont pénétré discrètement dans l'hôpital pour enfants SOS (financé par l'Autriche), dans le district de Huriwa (sud de Mogadiscio).

Se fondant dans la foule des patients en attente d'une consultation, ils ont ouvert le feu sur la religieuse et le garde-du-corps qui l'accompagnait alors qu'elle se rendait à pied d'un immeuble à un autre de l'hôpital, après un cours à des étudiantes en médecine, selon des témoins.

Elle est morte peu après des suites de ses blessures, au cours d'une opération chirurgicale tentée pour la sauver.
Depuis Rome, le ministère des Affaires étrangères italien a confirmé son décès.
Le garde somalien est quant à lui mort sur le coup.

Très connue au sein de la population locale, la soeur catholique, âgée de près de 70 ans, appartenait à l'ordre des missionnaires de la Consolation. Elle vivait et travaillait en Somalie depuis de nombreuses années.

Dans un communiqué, plusieurs associations de défense des droits de l'Homme somaliennes ont précisé que la religieuse s'appelait "soeur Leonella". Elle a été atteinte de trois balles au dos, à la poitrine et à l'estomac.

Le Vatican a immédiatement dénoncé cet "acte horrible", espérant que cela resterait un "acte isolé".
"Nous suivons avec préoccupation les conséquences de la vague de haine" provoquée par les propos controversés du pape Benoît XVI sur l'islam, "en espérant qu'elles n'auront pas de conséquences graves pour l'Eglise dans le monde", a commenté le directeur de la salle de presse du Vatican, le Père Federico Lombardi.

Les déclarations du pape mardi dernier lors de son déplacement en Allemagne, posant la question du rapport entre religion et violence, ont provoqué une vague d'indignation dans le monde musulman.

Samedi, le nouveau secrétaire d'Etat du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, avait exprimé les sentiments "attristés" du pape et affirmé que Benoît XVI avait été mal compris. Dimanche, Benoît XVI s'est déclaré lui-même "vivement attristé" par la vague d'indignation soulevée par ses propos.

Un chef religieux de la capitale somalienne lié au puissant mouvement des tribunaux islamiques qui contrôlent la ville depuis juin dernier avait appelé samedi les musulmans à "se venger" du pape.

"Quiconque offense notre prophète Mahomet devrait être tué par le musulman se trouvant (physiquement) le plus proche de lui", avait lancé ce religieux dans une mosquée du sud de Mogadiscio, secteur où la soeur a été tuée, appelant "toutes les communautés islamiques du monde entier à se venger".

Les tribunaux islamiques, réunis au sein du Conseil suprême islamique de Somalie (SICS), ont condamné le "meurtre barbare" de la religieuse.

"C'est un acte barbare et contraire aux enseignements de l'Islam", a déclaré à l'AFP Cheikh Muktar Robow, vice-responsable de la sécurité du SICS.

"Nous sommes désolés de ce qui vient d'arriver", a ajouté ce responsable, précisant que l'un des deux assaillants avait été arrêté et était actuellement interrogé par les services de sécurité.

"L'un des deux tueurs est en prison (...). Nous espérons la capture prochaine du deuxième homme", a-t-il affirmé.

Des miliciens en charge de la sécurité de l'hôpital ont riposté et poursuivi les deux assaillants, capturant l'un d'entre eux pour le remettre ensuite aux hommes du SICS, ont confirmé des sources médicales.

Les islamistes, qui souhaitent rétablir l'ordre en Somalie en imposant la charia (loi islamique) dans les territoires sous leur influence, contrôlent Mogadiscio, plusieurs régions du Sud et une partie du centre de la Somalie, près de la frontière éthiopienne.

Les institutions de transition somaliennes, mises en place en 2004, se sont jusqu'ici avérées impuissantes à rétablir l'ordre dans ce pays, livré au chaos depuis le début d'une guerre civile en 1991.
la-Croix.com, 17/09/2006 22:36

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06.11.06 | 14h21 • Mis à jour le 06.11.06 | 14h21 Les évêques de France résistent au Vatican sur la messe en latin

Une mini-crise a éclaté entre l'épiscopat français et le Vatican à propos de la réintégration de prêtres schismatiques et d'un projet prêté à Benoît XVI de "libéraliser" la messe en latin pour apaiser les catholiques traditionalistes.
Réunis en assemblée à Lourdes (Hautes-Pyrénées) jusqu'au 9 novembre, les évêques ont exprimé leur crainte que, par ces concessions à l'aile intégriste de l'Eglise, le Vatican ne revienne sur les acquis du concile Vatican II (1962-1965).

Dès l'ouverture des débats, samedi 4 novembre, le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et président de la Conférence des évêques de France - qui a rendu visite au pape le 26 octobre -, a affirmé que la décision de Benoît XVI d'étendre le droit pour les prêtres de célébrer la messe en latin n'a pas encore été arrêtée : "Le motu proprio (décision personnelle, sans consultation) du pape, qui a été annoncé, n'a pas été signé. Son projet va faire l'objet de consultations diverses. Nous pouvons donc faire part, dès maintenant, de nos craintes et de nos souhaits."

Pour Mgr Ricard, il n'y aura donc pas de libéralisation immédiate, ni arbitraire, de l'ancien rite de la messe en latin. A l'entendre, le projet du pape ne s'inscrit pas dans une volonté de remettre en cause la réforme liturgique du concile Vatican II (1962-1965) qui avait introduit la messe "moderne" (en langue locale) et qui, en France, avait été un champ de bataille entre traditionalistes et modernistes.

ÉMOTION DU CLERGÉ FRANÇAIS

"Les livres liturgiques, rédigés et promulgués à la suite du concile Vatican II, sont la forme ordinaire du rite romain", souligne Mgr Ricard. Le scénario envisagé au Vatican consiste à faire de la messe en latin - aujourd'hui soumise à l'autorisation de l'évêque diocésain - un rite "extraordinaire", de plein droit et universel. D'où l'émotion du clergé français : le droit élargi à la messe en latin va devenir une source de confusion pour les fidèles et de pression pour les intégristes.

Le pape cherche une solution au schisme ouvert par la consécration illégale, en 1988 à Ecône (Suisse), de quatre évêques par Mgr Lefebvre, évêque rebelle du concile, excommuniés depuis. "Le pape sait que plus les années passent, plus les relations se distendent et les positions se durcissent, explique Mgr Ricard. Benoît XVI souhaite faire son possible pour que la main soit tendue et qu'un accueil soit manifesté, au moins à ceux qui sont de bonne volonté et qui manifestent un profond désir de communion."

L'inquiétude des évêques français a été aggravée par la création, à Bordeaux, d'un Institut autonome, accueillant une dizaine de prêtres intégristes. Cette fondation a été approuvée par le pape, sans consultation de l'épiscopat français qui, depuis longtemps, est victime de campagnes agressives menées par ces prêtres, notamment l'abbé Laguérie, ancien curé de Saint-Nicolas du Chardonnet, à Paris.

Sur ce point aussi, Mgr Ricard, à Lourdes, s'est fait rassurant. "Non, l'Eglise ne change pas de cap. Contrairement aux intentions que certains lui prêtent, le pape n'entend pas revenir sur le cap que le concile Vatican II a donné à l'Eglise", a-t-il dit, avant de rappeler que Benoît XVI s'était engagé, dès son élection, à faire de Vatican II la "boussole" du catholicisme.
Henri Tincq, lemonde.fr, Article paru dans l'édition du 07.11.06. LE MONDE | 06.11.06 | 14h21 • Mis à jour le 06.11.06 | 14h21

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28 novembre 2006. Erdogan affirme avoir reçu le soutien du pape pour l'entrée de la Turquie dans l'UE

Le pape Benoît XVI est arrivé, mardi 28 novembre, à Ankara où il a débuté une visite de quatre jours en Turquie. Selon le protocole, il aurait dû être accueilli au pied de l'avion par un ministre d'Etat, Besir Atalay, avant de rejoindre le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, dans un salon de l'aéroport. Mais M. Erdogan est venu le chercher lui-même. Un geste diplomatique important de sa part, alors qu'il avait été soupçonné de vouloir éviter de rencontrer le souverain pontife après la violente polémique déclenchée par ses propos sur l'islam. Cet entretien avait été programmé in extremis, M. Erdogan devant se rendre dans la foulée au sommet de l'OTAN à Riga.

A l'issue de son échange avec Benoît XVI, le premier ministre turc a affirmé avoir obtenu son soutien sur l'entrée de son pays dans l'Union européenne. "Je lui ai demandé son soutien sur notre chemin vers l'Union européenne. Il a dit 'nous voulons que la Turquie fasse partie de l'Union européenne' (...). C'est une recommandation honorable", a-t-il expliqué.

Un porte-parole du Vatican avait en effet déclaré, à la veille de cette visite papale, que la Turquie devrait être autorisée à entrer dans l'Union européenne si elle remplit tous les critères fixés par les Vingt-Cinq. Mais, en 2004, sous le pontificat de Jean Paul II et alors qu'il était l'un des principaux personnages du Vatican, le cardinal Joseph Ratzinger avait publiquement déclaré que l'admission de la Turquie dans l'UE serait "une grande erreur", une opinion personnelle qui ne reflétait pas la position officielle du Vatican.

RENCONTRE DÉLICATE AVEC LE DIRECTEUR DES AFFAIRES RELIGIEUSES DU GOUVERNEMENT

A bord de l'avion qui le menait à Ankara, le pape a insisté sur l'importance, pour l'Europe comme pour la Turquie, de la laïcité, qu'il a opposée au laïcisme, c'est-à-dire "une séparation totale" entre la vie publique et les valeurs "qui ont fondamentalement comme origine la religion". Il a affirmé aborder ce voyage avec "une grande confiance et espoir", qualifiant la Turquie de "pont entre les cultures" occidentale et musulmane.

Les principales artères de la capitale ont été pavoisées avec les drapeaux jaune et blanc du Vatican et rouge et blanc de la Turquie dans une relative indifférence de la population, avant tout irritée par les mesures draconiennes de sécurité. Après les violentes réactions suscitées dans le monde musulman par le discours du pape à Ratisbonne, quand il avait semblé assimiler islam et violence, Ankara veut éviter tout incident, afin de donner une bonne image du pays au moment où il négocie difficilement son entrée dans l'Union européenne.

Après sa rencontre avec M. Erdogan, le pape s'est rendu au mausolée d'Atatürk, le fondateur de la Turquie moderne. Il a ensuite été reçu, en tant que chef de l'Etat du Vatican, par le président de la République, Ahmet Necdet Sezer. Le moment le plus délicat de cette première journée devrait être sa rencontre avec Ali Bardakoglu, directeur des affaires religieuses au sein du gouvernement. Ce dernier avait tenu des propos très durs contre le pape après son discours à Ratisbonne, estimant que de tels propos reflétaient "la haine que [le pape] a dans son cœur" contre l'islam.
LEMONDE.FR avec AFP | 28.11.06 | 15h19 • Mis à jour le 28.11.06 | 16h11

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01/12/2006 10:00 ISTANBUL, 1 déc 2006 (AFP) - Benoît XVI à la mosquée d'Istanbul: "moment fort" du voyage (Etchegaray)
La visite de Benoît XVI jeudi à la Mosquée bleue d'Istanbul, où il s'est recueilli pour une prière intime à côté d'un religieux musulman, a été "le moment fort" du voyage du pape en Turquie, a estimé vendredi le cardinal français Roger Etcheragay.
"Je comparerai cette visite au geste de Jean Paul II au Mur des Lamentations de Jérusalem" en 2000, a déclaré le cardinal à des journalistes avant la messe célébrée vendredi matin par le pape dans la cathédrale catholique du Saint-Esprit à Istanbul.
"Ce sont deux moments symboliques très importants et dans les deux cas, on ne les attendait pas", a souligné le prélat, témoin de ces deux événements.

Le 26 mars 2000, lors de son pèlerinage en "Terre Sainte", le pape Jean Paul II s'était rendu au Mur des Lamentations, vestige du grand temple de Jérusalem et lieu sacré pour les juifs.
Il avait prié à voix basse face au mur et glissé entre les pierres le texte d'une demande de pardon pour les souffrances infligées aux juifs au cours de l'histoire. Il avait posé la main sur le mur puis fait un signe de croix en signe de bénédiction dans sa direction.

Lors de sa première visite dans une mosquée (la seconde d'un pape dans un lieu de culte musulman après celle de Jean Paul II à Damas en 2001), Benoît XVI s'est arrêté sur l'invitation du mufti d'Istanbul Mustafa Cagrici devant le kiblah, la niche indiquant la direction de La Mecque.

Debout, les bras croisés, il s'est livré à une méditation, qualifiée de "prière intime" par le porte-parole du Vatican, à côté du mufti, avant de s'incliner légèrement en direction de La Mecque.

Benoît XVI a fait avec les musulmans ce que Jean Paul II a fait avec les juifs, a estimé le cardinal Etchegaray.
la-Croix.com, 01/12/2006 10:00

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01.12.2006 09:51 Turquie: le pape termine sa visite après un geste de paix important

ISTANBUL - Le pape a quitté la Turquie après un geste exceptionnel de "paix" à l'intention des musulmans. Mais Benoît XVI est resté ferme sur les conditions d'une entrée d'Ankara dans l'UE en appelant au respect de la liberté religieuse.

Moins de trois mois après la violente polémique générée par son discours de Ratisbonne, Benoît XVI a su faire le geste susceptible d'apaiser les tensions avec le monde musulman.
Sa photo se recueillant en direction de La Mecque, à la mosquée bleue, était à la Une de toute la presse turque. Prompte à condamner le pape en septembre, elle louait vendredi un geste "historique et de paix".

La prière de Benoît XVI "est encore plus significative qu'une excuse", a estimé le mufti d'Istanbul Mustafa Cagrici. "Il a bien compris qu'il avait blessé les musulmans. Il a tenté de réparer", a commenté le professeur Beyza Bilgin de la faculté de théologie d'Ankara.

"Je comparerais la visite du pape à la mosquée bleue aux gestes de Jean Paul II devant le Mur des Lamentations", a commenté le cardinal Roger Etchegaray, vice-doyen du Collège cardinalice, en faisant allusion au déplacement à Jérusalem du précédent pape.

Tout en cherchant à mettre un point final à la polémique, le pape n'en a pas moins rappelé les conditions d'un dialogue avec l'islam à l'occasion de son premier voyage dans un pays musulman. "Le meilleur moyen d'aller de l'avant est un dialogue authentique entre chrétiens et musulmans, basé sur la vérité et inspiré du désir sincère de se connaître mieux l'un l'autre", a-t-il souligné mardi.

Sur l'autre dossier de l'intégration de la Turquie dans l'Union européenne, le pape a apparemment fait montre d'ouverture, tout en posant des conditions. Alors qu'il était encore cardinal, Joseph Ratzinger s'était prononcé en 2004 contre une entrée de la Turquie dans l'UE, un pays qui a selon lui, "historiquement et culturellement", "peu à partager avec l'Europe".

Mardi, au premier jour de sa visite, il a donné son appui à un rapprochement lors d'un entretien avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan. "Le Saint Siège regarde positivement et encourage le chemin de dialogue, de rapprochement et d'intégration en Europe" de la Turquie, "sur la base de valeurs et de principes communs", a indiqué le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi. (ATS)
tsr.info.ch,

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12/12/2006 13:37 CITE DU VATICAN, 12 déc 2006 (AFP) - Benoît XVI: la course aux énergies et l'euthanasie "menacent la paix"

Les tensions et injustices provoquées par la course aux sources d'énergie ainsi que les "attentats à la vie" comme l'avortement ou l'euthanasie constituent une menace pour la paix du monde, estime le pape Benoît XVI dans son message annuel pour la paix publié mardi.

Dans ce message diffusé en prévision de la journée mondiale de la paix le 1er janvier, le pape insiste sur le caractère potentiellement dramatique des questions écologiques, en soulignant que "toute attitude irrespectueuse envers l'environnement porte préjudice à la convivialité humaine".

Il relève également "que l'on ne peut pas disposer de la personne selon son bon plaisir", prenant partie dans le débat qui agite l'Italie et plusieurs autres pays occidentaux sur la possibilité de légiférer sur l'euthanasie.

Outre "les victimes des conflits armés, du terrorisme et des multiples formes de violence", il dénonce "les morts silencieuses provoquées par la faim, l'avortement, l'expérimentation sur les embryons et l'euthanasie".

Le souverain pontife a intitulé son message: "la personne humaine, coeur de la paix".

"Je suis en effet convaincu qu'en respectant la personne on promeut le paix et qu'en bâtissant la paix on jette les bases d'un authentique humanisme intégral", explique-t-il.

Pour la première fois aussi clairement, Benoît XVI dénonce "la destruction de l'environnement, son usage impropre ou égoïste et la mainmise violente sur les ressources de la terre", et notamment "la course aux ressources disponibles sans précédent" provoquée par "la raréfaction des approvisionnement énergétiques".

"Que deviendront les populations de ces régions", demande le chef de l'Eglise catholique. "Quelles injustices et quelles oppositions provoquera la course aux ressources d'énergie ? Et comment réagiront les exclus de cette course ?".

Le pape insiste aussi sur l'importance de la liberté religieuse comme facteur de paix et ajoute que "dans certains Etats" les chrétiens sont même "persécutés".

Il dénonce par ailleurs "une certaine conception de Dieu (...) à l'origine de pratiques criminelles", quand la religion "s'est transformée en idéologie".

"C'est un point qu'il faut rappeler avec clarté: une guerre au nom de Dieu n'est jamais acceptable", souligne Benoît XVI.

Face aux "formes inédites de violence" comme le terrorisme, il demande aux Etats de préserver les populations civiles du conflit, dans une référence au récent conflit au Liban.
la-Croix.com, 12/12/2006 13:37

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vendredi 22 décembre 2006 Le Pape dénonce les «théories funestes» des partisans du mariage gay

Au cours d'un discours de vœux de Noël, Benoit XVI a une nouvelle fois violemment critiqué le principe du mariage homosexuel • La question fait l'objet d'un vif débat en Italie depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir
Par D.Dq (avec agences) LIBERATION.FR : vendredi 22 décembre 2006

Benoit XVI n’apprécie pas le mariage gay, c’est une évidence. Mais il est monté d’un cran vendredi au Vatican, en dénonçant les «théories funestes» sur le mariage homosexuel dans son discours de vœux de Noël devant la Curie romaine. Une manière d’imposer la voix de l’église catholique dans une Italie divisée devant la volonté des partis de gauche de la coalition de Romano Prodi de légaliser le mariage homosexuel.

Pour le pape, accorder une reconnaissance juridique aux couples non mariés représente une menace pour le mariage traditionnel qui requiert un niveau supérieur d’engagement. Mais il a réservé ses mots le plus durs pour ceux qui pensent que les couples homosexuels peuvent être mis sur le même plan que les couples hétérosexuels. «Cela accrédite tacitement ces théories funestes qui refusent toute pertinence à la masculinité et à la féminité de la personne humaine, comme s’il s’agissait d’un fait purement biologique». Benoit XVI a ajouté que les théories «selon lesquelles l’homme serait capable de décider de façon autonome ce qu’il est et ce qu’il n’est pas» finissent par l’amener à détruire sa propre identité.

Deux élus du petit parti «Rose au poing», membre de la coalition de centre gauche au pouvoir, avaient scandalisé leurs collègues mercredi en plaçant quatre poupées représentant des couples homosexuels enlacés, près de l’enfant Jésus dans la crèche du parlement à Rome. Au-delà des cris des élus de la droite italienne, même le parti communiste, membre dans la coalition Prodi, a pris ses distances avec l’initiative, la qualifiant de «grave erreur politique» qui n’aiderait en rien les homosexuels.

Début décembre, le Parlement canadien avait rejeté une résolution du gouvernement conservateur visant à interdire le mariage homosexuel dans le pays, légal depuis juin 2005. L’union gay est également autorisée en Espagne, aux Pays-Bas et en Belgique.
Par D.Dq (avec agences), LIBERATION.FR : vendredi 22 décembre 2006

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Benoît XVI veut libéraliser la messe en latin
lacadienouvelle.com Mise à jour le vendredi 29 juin 2007 Par: AP

CITÉ DU VATICAN - Le texte du pape Benoît XVI, visant à libéraliser la célébration de la messe en latin selon l'ancien rite, a été présenté à des évêques mercredi et sera diffusé dans quelques jours, a annoncé le Vatican, hier, dans un communiqué.

Ce décret papal vise essentiellement à mettre fin au schisme et ramener au bercail les fidèles traditionalistes notamment en France.

Selon ce document, un prêtre devra, avant de célébrer la messe en latin, en faire la demande auprès de son évêque.
La publication de ce décret survient après des mois de discussions, certains cardinaux et évêques ainsi que les juifs ayant manifesté leur opposition à ce qu'ils considèrent comme un retour en arrière.

L'abandon de la messe en latin selon le rite de Saint Pie V, dit "tridentin" et remontant au XVIe siècle, avait été entériné après le concile Vatican II (1965).
lacadienouvelle.com, Mise à jour le vendredi 29 juin 2007

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la-Croix.com, 26/06/2007 14:44 CITÉ DU VATICAN, 26 juin 2007 (AFP) - Election du futur pape: majorité des 2/3 même après 33 tours (Benoît XVI)

Benoît XVI a introduit mardi une légère modification dans le texte régissant l'élection d'un nouveau pape, en supprimant la possibilité de recourir à la majorité simple au lieu de la majorité des deux tiers après le 33ème tour sans résultat.

Benoît XVI a édicté un "motu proprio" (décret) qui annule une disposition introduite par Jean Paul II en 1996: dans sa Constitution apostolique Universi Dominici Gregis, celui-ci prévoyait que les cardinaux puissent en cas d'impasse élire le pape à la majorité simple au lieu de la majorité des deux-tiers requise.

Dans son "motu proprio" en latin, Benoît XVI restitue donc le caractère obligatoire de la majorité des deux-tiers.
la-Croix.com,26/06/2007 14:44

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samedi 30 juin 2007, 12h58 Yahoo.fr, actualités Benoît XVI appelle Pékin au respect d'une "authentique" liberté religieuse

CITE DU VATICAN (AFP) - Benoît XVI demande à Pékin "le respect d'une authentique liberté religieuse" et rejette l'idée d'une Eglise soumise aux autorités chinoises et indépendante du Vatican, dans une lettre au clergé et aux catholiques de Chine publiée samedi.

Le pape se déclare "ouvert aux négociations" avec le gouvernement chinois mais souligne qu'il faudra "du temps et de la bonne volonté des deux parties" pour parvenir à "la normalisation des relations avec la République populaire de Chine".

Le Saint-Siège et la Chine n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1951 et la reconnaissance de Taïwan par le Vatican.

Dans sa lettre très attendue, Benoît XVI assure que l'Eglise "invite les fidèles à être de bons citoyens, des collaborateurs respectueux et actifs en faveur du bien commun de leur pays".

Mais, "il est également clair" que l'Eglise "demande à l'Etat de garantir à ces mêmes citoyens catholiques le plein exercice de leur foi, dans le respect d'une authentique liberté religieuse".

Benoît XVI demande ainsi à Pékin la liberté de nommer les évêques et souligne que l'idée "d'une Eglise indépendante" du Vatican "est incompatible avec la doctrine catholique".

Il souhaite cependant "que l'on trouve un accord avec le gouvernement pour résoudre certaines questions concernant soit le choix des candidats à l'épiscopat", soit la façon de rendre publique "la nomination des évêques, soit la reconnaissance du nouvel évêque de la part des autorités civiles".

Il assure tous les catholiques chinois, divisés entre une Eglise clandestine fidèle au Vatican et une Eglise officielle, de sa "proximité fraternelle" et les appelle à "l'unité" et à la "réconciliation" sous son autorité.

Dans un souci d'unité, le souverain pontife assure que tous les évêques, même ceux qui n'ont pas demandé leur reconnaissance par le Vatican, "exercent valablement leur ministère".

Mais il ne reconnaît aucune légitimité au collège des évêques catholiques de Chine constitué sous l'autorité du pouvoir politique, ni à "l'association patriotique" qui contrôle l'Eglise officielle.

"La prétention de certains organismes, voulus par l'Etat et étrangers à la structure de l'Eglise, de se placer au-dessus des évêques et de guider la vie de la communauté, ne correspond pas à la doctrine de l'Eglise", répète-t-il.

Cette lettre du pape "aux évêques, aux prêtres, aux personnes consacrées et aux fidèles laïques de l'Eglise catholique en République populaire de Chine", était attendue depuis le 20 janvier, quand s'était tenue au Vatican une réunion sur la situation de l'Eglise en Chine, où vivent huit à 12 millions de catholiques.

Elle a été préalablement envoyée aux autorités chinoises, a récemment fait savoir le Vatican.
Yahoo.fr, actualités, samedi 30 juin 2007, 12h58

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A Washington, Benoît XVI a reçu des victimes de prêtres pédophiles
LE MONDE | 18.04.08 | 15h05 • Mis à jour le 18.04.08 | 15h05 WASHINGTON ENVOYÉE SPÉCIALE

Le pape en a fait le thème récurrent du début de son voyage aux Etats-Unis. Le scandale des prêtres pédophiles a ponctué chacune de ses apparitions dans la capitale fédérale, qu'il devait quitter vendredi 18 avril, pour se rendre à New York. Il a même créé la surprise en rencontrant, la veille, un groupe de victimes, aujourd'hui adultes, originaires de Boston, le diocèse le plus touché par ces affaires. Cette rencontre n'était pas inscrite au programme, mais s'est imposée, tant le traumatisme perdure dans l'Eglise où certains estiment que tous les responsables n'ont pas été sanctionnés.

Dans la matinée, lors de la première messe en public célébrée au stade National Park de Washington, devant plus de 45 000 personnes, Benoît XVI avait déjà évoqué ce scandale. "Je n'ai pas de mots pour décrire la souffrance et le mal causés par de tels abus", avait-t-il reconnu, d'un ton visiblement affecté, demandant aux fidèles d'"aimer leurs prêtres" et de "prier pour le pardon des péchés". "Nous avions besoin qu'une autorité forte parle de ces problèmes", s'est félicité, en marge de la célébration, James Shea, un prêtre de Washington.

"ORDRE MORAL"

La veille, sur le même sujet, le pape avait tenu un langage ferme aux 300 évêques américains, coupables, selon lui, d'avoir "mal géré la situation". Plusieurs milliers de prêtres ont été, au total, mis en cause. Bien qu'informés, certains évêques s'étaient contentés de les muter. Benoît XVI leur a rappelé que "les prêtres avaient besoin de leurs conseils dans ces temps difficiles". L'isolement des prêtres a été l'un des motifs évoqués pour expliquer l'ampleur du scandale. Benoît XVI en a ajouté un autre, mettant en cause la "pornographie" ambiante.

Il a aussi profité de ses premiers jours aux Etats-Unis pour décliner ses thèmes de prédilection. Il a pu développer sa conception de la place de l'Eglise et de la religion dans la société. En le recevant à la Maison Blanche, mercredi 16 avril, George Bush avait donné le ton. "Vous allez à la rencontre d'une nation qui accepte le rôle de la foi dans la sphère publique", avait-il affirmé, dans une allusion au principe de la "religion civile" à l'américaine.

Benoît XVI ne s'est donc pas privé de faire l'éloge d'un pays "guidé par la conviction que les principes gouvernant la vie sociale et politique sont intimement liées à un ordre moral basé sur l'autorité souveraine de Dieu". Reprenant à son compte les convictions du premier président George Washington (1732-1799) pour qui "religion et moralité (étaient) les soutiens indispensables à une prospérité politique", il a insisté : "Il faut combattre toute tendance visant à traiter la religion comme sujet relevant de la sphère privée."

Hanté par la disparition de la "culture religieuse" et les effets de la "dictature du relativisme moral", le pape a enfin dénoncé "l'augmentation de la violence, l'affaiblissement du sens moral et un oubli grandissant de Dieu". Il a mis en avant, une nouvelle fois, "l'harmonie entre raison et foi".

Benoît XVI était attendu, vendredi, à la tribune de l'Organisation des Nations unies, à New York. Il devait y plaider pour la défense des "droits inaliénables" de l'homme. Stéphanie Le Bars

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Benoît XVI se rend dans une synagogue américaine
NOUVELOBS.COM | 19.04.2008 | 08:02

Il est ainsi devenu le premier souverain pontife de l'histoire à entrer dans un lieu de culte judaïque outre-Atlantique, profitant de l'occasion pour adresser ses vœux à la communauté juive, à la veille de Pessah.

Benoît XVI est devenu, vendredi 18 avril, le premier pape de l'histoire à se rendre dans une synagogue américaine, à New York, profitant de cette occasion pour adresser ses voeux à la communauté juive qui célébrera à partir de samedi la fête de Pâques, Pessah. Avant de pénétrer dans le lieu de culte judaïque de Park East, le souverain pontife s'est arrêté devant l'édifice religieux pour rappeler les premières heures de la vie du Christ, élevé dans les prêches de l'Ancien Testament. "Je trouve cela émouvant de penser que Jésus, dans sa plus tendre enfance, a entendu les Ecritures saintes dans un tel lieu", a-t-il confié. Quelques minutes plus tard, le chef de l'Eglise chrétienne a été accueilli dans la synagogue par un chant de "Shalom", symbole de paix, avant de rejoindre le rabbin Schneier sur l'estrade, un survivant de la Shoah d'origine autrichienne âgé aujourd'hui de 78 ans.

Les rouleaux de la Torah

Fondateur d'une ONG engagée dans le dialogue entre juifs, musulmans et chrétiens, le rabbin Schneier a présenté à Benoît XVI les rouleaux de la Torah conservés dans la synagogue, ainsi que le veut la tradition.
"Au cours de notre vie, nous avons fait l'expérience des ravages de la guerre, de l'Holocauste, de l'inhumanité de l'homme mais aussi des joies de la liberté", a rappelé le rabbin devant son homologue chrétien.
Pour son premier discours délivré dans une synagogue américaine, le pape a indiqué qu'il se sentait "proche" des fidèles réunis vendredi soir à la veille de la Pâque juive, temps fort du calendrier judaïque pour les Juifs du monde entier.

Construire des ponts d'amitié entre les religions

Après avoir reçu des offrandes et lui-même fait le don à la synagogue de New York d'un manuscrit de l'Ancien Testament, Benoît XVI a encouragé le dialogue interreligieux, invitant les fidèles "à construire des ponts d'amitié entre les différents groupes ethniques et religieux".
Arrivé mardi soir aux Etats-Unis pour une visite officielle de six jours, le souverain pontife s'était rendu plus tôt dans la journée à l'Assemblée générale de l'ONU où il a délivré un message de paix et d'espérance, appelant notamment à un plus grand respect des Droits de l'homme à travers le monde. (Avec AP)

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Le Vatican va rendre hommage à Pie XII pour le 50e anniversaire de sa mort
17 juin 2008 La Presse Canadienne

CITE DU VATICAN- Le Vatican s'apprête à rendre hommage à Pie XII à l'occasion du cinquantenaire de la mort de ce pape controversé pour son attitude devant la Seconde guerre mondiale.

Les responsables du Saint-Siège ont présenté mardi un programme de manifestations et commémoration destinées à saluer ce "grand pape".

Une réunion sur les enseignements de Pie XII et son influence sur l'Eglise aura lieu en novembre à Rome. Le Vatican prévoit aussi à l'automne, sur la colonnade de la place Saint-Pierre de Rome, une exposition de photos retraçant les grands moments des 19 années de pontificat de Pie XII.

Elu pape en 1939, Pie XII est mort en 1958. Le Vatican a régulièrement pris la défense de ce pape souvent accusé d'être resté largement silencieux face à l'Holocauste.

"Nous espérons que cette commémoration solennelle d'un tel grand pape pourra susciter de nouvelles recherches approfondies, libérées des préjugés sur son action", a expliqué Mgr Walter Brandmuller, président du comité pontifical pour les sciences historiques.

Ses détracteurs, dont des organisations juives, reprochent à Pie XII de ne pas avoir agi suffisamment pour sauver les juifs européens des persécutions et de l'extermination conduite par les nazis. Ses défenseurs estiment que toute intervention publique plus forte n'aurait fait que provoquer la colère des puissances de l'Axe et accélérer l'extermination des juifs tout en mettant en danger le Vatican.

L'archevêque Rino Fisichella a assuré que Pie XII n'avait "jamais manqué de faire entendre sa voix d'une façon claire et explicite, en diverses circonstances quand le besoin s'en faisait sentir, et lorsque l'on disposait d'informations exactes sur les faits et qu'on pouvait en voir les conséquences".

En mai 2007, le Vatican avait reconnu les "vertus héroïques" de Pie XII, une étape possible vers la béatification. Mais le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi a précisé qu'une éventuelle béatification appartenait au futur.

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Benoît XVI tend la main aux traditionnalistes
Europe 1.fr Créé le 27/06/08 à 11h02 Fannie Rascle

Le Vatican a annoncé mercredi qu’il renonçait à exiger de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, le mouvement catholique intégriste fondé par Mgr Lefebvre, la reconnaissance du concile Vatican II.
Cette reconnaissance était jusqu’à présent exigée pour mettre fin à un schisme qui remonte à vingt ans.

Pour Benoît XVI, c’est une main tendue aux 600.000 catholiques traditionnalistes à travers le monde. Qui risque de le couper un peu plus des catholiques modérés ou progressistes.

Selon un vaticaniste, pour mettre fin à un schisme qui remonte à vingt ans avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, le mouvement catholique intégriste fondé par Mgr Lefebvre, le Vatican aurait fixé cinq conditions dont la reconnaissance de l'autorité du pape et l'engagement à ne rien dire contre l'Eglise.
La reconnaissance du concile Vatican II ne figurerait pas dans la liste. Ce qui constituerait une main tendue très importante de Benoît XVI envers les 600.000 catholiques traditionnalistes à travers le monde.

Jusqu'à présent, le Vatican exigeait la reconnaissance des enseignements du concile Vatican II, telles que la liberté religieuse et l’œcuménisme, et de la réforme liturgique qui a suivi, pour lever l'excommunication qui a frappé en 1988 les adeptes de Mgr Marcel Lefebvre.

Le pape Benoît XVI avait repris le dialogue avec les intégristes quelques mois à peine après le début de son pontificat. Mais en se rapprochant ainsi des catholiques les plus traditionnalistes, il risque aussi de se couper des modérés ou progressistes, qui avaient déjà accueilli son élection avec beaucoup de circonspection.

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Le pape Benoît XVI achève sa visite en France
France-Soir source REUTERS, le lundi 15 septembre 2008 à 14:19 Avec Nicolas Fichot à Toulouse, édité par Henri-Pierre André

BENOÎT XVI A ACHEVÉ SA VISITE EN FRANCE par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - Le pape a quitté la France lundi après quatre jours d'une visite marquée par un succès auprès des fidèles, un strict rappel du dogme de l'Eglise sur le divorce et une controverse sur la laïcité.

Juste avant qu'il ne s'envole vers Rome, le Premier ministre François Fillon lui a rendu un hommage appuyé.
"Très Saint-Père, c'est la République, celle des croyants de toute confession mais aussi celle de ceux qui doutent, qui cherchent ou qui ne croient pas, qui a été invitée à une méditation collective", a dit le Premier ministre dans une allocution à l'aéroport de Tarbes-Lourdes.
"Cette méditation est à l'image d'une laïcité ouverte et réfléchie", a-t-il ajouté. Ce concept ou celui de "laïcité positive" défendu par Nicolas Sarkozy a suscité durant tout le week-end des protestations des partis de gauche et des militants de la laïcité.
Ils considèrent que cette démarche est de nature à remettre en cause le principe qui régit la vie publique française depuis 1905, et selon lequel l'Etat organise la liberté religieuse, mais ne reconnaît aucun culte.
"La laïcité est un fondement de la République et à ce titre doit être défendue par Nicolas Sarkozy dans sa fonction. Or, celui-ci prône, à travers le concept de laïcité positive ouverte, un retour de la religion dans la sphère publique. Nous dénonçons donc la position de Nicolas Sarkozy", a dit Stéphane Le Foll lors du point de presse hebdomadaire du PS.

Dans son discours d'adieu à l'aéroport, le chef de l'Eglise catholique a remercié Nicolas Sarkozy et les autorités françaises qui, a-t-il dit, "n'ont pas ménagé leurs efforts pour contribuer au bon déroulement de ces journées de grâce".

APPEL AUX TRADITIONALISTES

Avant son départ, Benoît XVI s'est rendu à l'oratoire de l'hôpital de Lourdes, avant de célébrer une dernière messe sur le parvis de la basilique de Lourdes devant près de 30.000 personnes, puis de donner l'onction à dix personnes malades.

La visite du pape aura été marquée par l'affluence des fidèles, entre 220.000 et 250.000 aux Invalides à Paris samedi, 120.000 à 150.000 à Lourdes dimanche, une ferveur proche de celle suscitée par la venue de Jean Paul II en 2004.

Les responsables français de l'Eglise catholique se sont félicités de ce succès tout le week-end, estimant qu'il montrait que le nouveau souverain pontife, présenté comme un intellectuel conservateur, pouvait aussi faire preuve de charisme.

Le chef de l'Eglise catholique a placé sa visite sous le thème d'un appel aux jeunes à devenir prêtres, sur fond de chute drastique des vocations. Benoît XVI a repris à plusieurs reprises le fameux appel de son prédécesseur "n'ayez pas peur".

Devant les évêques de France dimanche, il s'est par ailleurs livré à une mise au point sur les dogmes du catholicisme, attirant particulièrement l'attention sur le refus de la bénédiction pour les remariages de personnes divorcées.

"On ne peut admettre des initiatives qui visent à bénir des unions illégitimes", a-t-il dit, une phrase relevée et critiquée dans la quasi-totalité des médias d'un pays où un mariage sur trois (un sur deux à Paris) finit par un divorce.

De nombreux prêtres français ont adopté la pratique d'accorder des remariages religieux, sous diverses formes, à des divorcés. Un éditorial du journal Le Monde de mardi fustige "un immobilisme doctrinal, liturgique, oecuménique qui rappelle les dernières années du pontificat de Pie XII".

Donnant l'exemple par une liturgie conservatrice lors des messes - communion dans la bouche reçue à genoux -, le pape a par ailleurs appelé les évêques à favoriser le retour dans le giron de l'Eglise des traditionalistes, excommuniés en 1988, par le biais de la messe en latin, leur revendication-symbole.

"Nul n'est de trop dans l'Eglise. Chacun, sans exception, doit pouvoir s'y sentir chez lui et jamais rejeté", a-t-il dit. Ce point du message papal est aussi de nature à semer le trouble, beaucoup de traditionalistes s'étant engagés politiquement depuis vingt ans à l'extrême-droite, aux côtés du Front national.

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Le pape prend la défense de Pie XII et espère sa béatification
Par Philip Pullella Reuters - 9 octobre 2008 15.30 Version française Eric Faye et Guy Kerivel

CITE DU VATICAN (Reuters) - Benoît XVI a souhaité jeudi qu'aboutisse le procès en béatification de Pie XII et a défendu l'attitude de son prédécesseur face aux persécutions dont ont été victimes les juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Lors d'une messe en mémoire de ce pape mort il y a tout juste cinquante ans, Benoît XVI a affirmé dans son homélie que Pie XII avait oeuvré "secrètement et en silence" pendant tout le conflit pour "éviter le pire et sauver le plus grand nombre possible de juifs".

Il a également prié pour qu'aboutisse le procès en béatification de Pie XII, dernière étape avant sa canonisation.

"Il a souvent agi en secret et en silence, justement parce que dans les circonstances réelles de cette période complexe de l'Histoire, il a compris que c'est seulement comme cela qu'on pouvait éviter le pire et sauver le plus grand nombre de juifs", a dit le souverain pontife.

Il a une nouvelle fois rappelé l'hommage rendu au pape par Golda Meïr, ministre des Affaires étrangères de l'Etat d'Israël au moment de la mort de Pie XII. "Lorsque notre peuple a traversé un épouvantable calvaire, pendant la décennie de la terreur nazie, la voix du pape s'est élevée en faveur des victimes", avait alors déclaré Golda Meïr.

Après la messe, le pape a prié sur la tombe de Pie XII, dans les "Grottes vaticanes", sous la basilique Saint-Pierre.

Lundi, invité par le Saint-Siège à participer au concile en cours à Rome sur "la parole de Dieu", le grand rabbin de Haïfa, Shear-Yashuv Cohen, avait déclaré que les juifs "ne pouvaient ni pardonner ni oublier" que de hauts responsables religieux ne s'étaient pas ouvertement élevés durant la Seconde Guerre mondiale contre l'Holocauste.

"Nous ne pouvons pas oublier le fait douloureux que de nombreuses personnes, y compris des grands dirigeants religieux, ne se soient pas élevés pour sauver nos frères et qu'ils aient choisi de garder le silence (...) Nous ne pouvons pas pardonner et oublier cela et j'espère que vous le comprenez", avait-il lancé en présence de Benoît XVI.

Le Vatican assure que le pape Pie XII a beaucoup oeuvré en coulisses pour aider les juifs et qu'une intervention plus directe n'aurait fait qu'aggraver la situation.

"VERTUS HEROIQUES"

Les défenseurs de Pie XII rappellent que l'Eglise catholique a caché de nombreux juifs et leur a fourni des faux papiers pendant la guerre.

L'an dernier, dans le cadre du procès en béatification ouvert en 1967, la congrégation pour la cause des saints a reconnu les "vertus héroïques" de Pie XII, pape entre 1939 et 1958. Cette décision doit encore être approuvée par Benoît XVI qui s'est accordé "une période de réflexion".

Le 18 septembre dernier, le pape avait déjà vigoureusement défendu l'action de Pie XII en faveur des juifs, en s'appuyant sur une compilation de documents réalisée par une organisation oecuménique judéo-catholique, dans le cadre d'un symposium tenu à Rome.

Le souverain pontife s'exprimait devant des membres de la fondation "Pave the Way", dont le siège se trouve à Washington.

La compilation rassemble 200 pages de documents, de câbles diplomatiques et de coupures de journaux de l'époque, qui n'avaient pas été pour partie publiés jusqu'à présent.

Ils montrent que Pie XII, qui a été fréquemment accusé de ne pas en avoir fait assez pour défendre les juifs, avait au contraire déployé beaucoup d'efforts en leur faveur, et avait été remercié pour cela par les dirigeants juifs.

"Grâce à la grande quantité de documents que vous avez réunis, étayés par de nombreux témoignages faisant autorité, votre symposium offre à l'opinion publique la possibilité de savoir de façon plus exhaustive ce que Pie XII avait fait pour les juifs persécutés par les régimes nazi et fasciste", avait déclaré Benoît XVI.

"On comprend, dès lors, qu'il n'a pas ménagé ses efforts, chaque fois que c'était possible, pour intervenir en leur faveur, soit directement, soit par des consignes données à d'autres personnes ou à des institutions de l'Eglise catholique", avait ajouté le pape.

Benoît XVI avait aussi fait remarquer qu'en novembre 1945, soit six mois après la fin du conflit en Europe, 80 délégués issus de camps de concentration nazis s'étaient rendus au Vatican pour remercier Pie XII.

La question du pontificat de Pie XII est l'une des plus épineuses pour les relations entre catholiques et juifs. Benoît XVI a estimé que près d'un demi-siècle après la mort de ce pape, toutes les facettes authentiques de son activité pastorale n'avaient pas encore été appréciées à leur juste valeur.

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PROCHE-ORIENT Gaza: le pape Benoit XVI dénonce "l'option militaire" Le parisien 08.01.2009, 11h38 | Mise à jour : 17h56

Le pape Benoît XVI a affirmé jeudi que «l'option militaire n'est pas une solution» pour résoudre le conflit qui oppose Israëliens et Palestiniens, dans son discours annuel au corps diplomatique accrédité auprès du Vatican. «La violence, d'où qu'elle provienne et quelque forme qu'elle prenne, doit être condamnée fermement», a ajouté Benoît XVI.

Faisant appel à «la communauté internationale», dont l'engagement peut être «déterminant», le pape a plaidé pour que «la trêve dans la bande de Gaza soit remise en vigueur, (afin de) redonner des conditions de vie acceptables à la population».

Un cardinal compare Gaza à "un camp de concentration"

Ce nouvel appel du pape en faveur de la paix intervient alors que les propos d'un responsable du Vatican, qui a comparé les conditions de vie dans la bande de Gaza à celles d'un «camp de concentration», ont provoqué mercredi l'indignation d'Israël. Un porte-parole israélien avait vivement dénoncé ces déclarations mercredi soir, accusant le cardinal Renato Martino d'employer des termes «tirés de la propagande du Hamas».

Evoquant les prochaines élections en Israël, qui auront lieu le 10 février, le pape estime «très important» que puissent «émerger des dirigeants capables de faire progresser avec détermination le processus (de paix, ndlr) et de guider leurs peuples vers la difficile mais indispensable réconciliation».

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Le pape dit sa solidarité "incontestable" avec les juifs Par Reuters, publié le 28/01/2009 à 17:27 l'express.fr

CITE DU VATICAN - Critiqué par des organisations juives pour avoir réhabilité un évêque traditionaliste qui nie l'Holocauste, le pape Benoît XVI réaffirme sa "solidarité totale et incontestable" avec les juifs.

S'exprimant lors de son audience hebdomadaire, le pape a déclaré que la tentative par les Nazis d'exterminer les juifs devait continuer à servir d'avertissement pour tous.

Le Britannique Richard Williamson, l'un des quatre évêques traditionalistes réhabilités la semaine dernière, a nié l'ampleur de l'Holocauste et l'existence des chambres à gaz. Ses propos ont provoqué de vives protestations de la part des organisations juives mondiales et des catholiques progressistes.

Rappelant sa visite au camp d'extermination d'Auschwitz en 2006, Benoît XVI a condamné "le massacre impitoyable de millions de juifs, victimes innocentes de la haine raciale et religieuse aveugle".

"Alors que je renouvelle avec affection l'expression de ma solidarité totale et incontestable avec nos frères (juifs), j'espère que le souvenir de la Shoah incitera l'humanité à réfléchir au pouvoir imprévisible de la haine quand elle conquiert le coeur de l'homme", a-t-il ajouté.

Sans citer le nom de Williamson, le souverain pontife a estimé que l'Holocauste devait continuer à être pour tous "un avertissement face au déni et au réductionnisme".

Le supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X a présenté mardi des excuses au pape pour les propos tenus par l'une de ses figures de proue.

L'évêque Bernard Fellay a dit avoir sanctionné le prélat négationniste et lui avoir ordonné de ne plus s'exprimer à nouveau en public sur des questions politiques ou historiques.

"L'ASPECT LE PLUS GROSSIER DE L'ANTISÉMITISME"

Plusieurs organisations juives ont estimé que les déclarations de l'évêque, dont les plus récentes ont été faites la semaine dernière à la télévision suédoise, avaient mis à mal près d'un demi-siècle de dialogue avec les catholiques.

Samedi dernier, le pape a promulgué un décret levant l'excommunication de Fellay, Williamson et de deux autres évêques de la fraternité fondée par le défunt évêque schismatique français Marcel Lefebvre.

Mercredi, Benoît XVI a toutefois souligné que le mouvement traditionaliste devra faire la preuve de sa loyauté à l'égard de la papauté et respecter les enseignements du concile Vatican II, pour lesquels la Fraternité a exprimé de profondes réserves.

Dans une interview à Reuters, l'écrivain Elie Wiesel, prix Nobel de la paix et survivant de l'Holocauste, estime qu'en réhabilitant Williamson, le pape a accrédité "l'aspect le plus grossier de l'antisémitisme".

"Quand il fait une telle chose, que pense le pape de ce que nous pouvons ressentir? Voilà un évêque qui nie l'Holocauste - et aujourd'hui bien sûr nier l'Holocauste est la forme la plus vulgaire de l'antisémitisme - et le pape qui va si loin et fait ce qu'il a fait, sachant ce qu'il sait, tout cela est perturbant", dit-il.

"C'est dommage, parce que les relations entre les juifs et les catholiques, grâce à Jean XXIII et Jean Paul II, n'avaient jamais été aussi bonnes", ajoute Elie Wiesel.

Ce dernier ne croit pas à la thèse avancée par certains observateurs selon laquelle le Vatican ignorait les déclarations de Williamson.

"Oh non! L'Eglise sait ce qu'elle fait, en particulier à ce niveau, quand le pape réintègre cet homme. Ils savent ce qu'ils font et ils le font intentionnellement. Quel est le but poursuivi, ça je l'ignore", dit Elie Wiesel.

Depuis la réhabilitation des quatre prélats, le Vatican a jugé les propos de Williamson "graves, inquiétants et inacceptables".

Dans une lettre au Vatican rendue publique mercredi, le Grand rabbinat d'Israël écrit que le dialogue avec les catholiques ne pourra se poursuivre "sans des excuses publiques et une rétractation de l'évêque Williamson".

L'instance religieuse israélienne ajoute qu'elle ne participerait pas à une réunion interreligieuse prévue en mars "si cette question n'est pas résolue".

Le pape doit se rendre en Terre sainte en mai prochain. Le gouvernement israélien a indiqué lundi que l'affaire Williamson ne remettait pas en cause cette visite. Version française Pascal Liétout

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Le grand rabbin de France critique Benoît XVI LE MONDE | 31.01.09 | 14h28 • Mis à jour le 31.01.09 | 18h13

Le grand rabbin de France, Gilles Bernheim, devait être officiellement investi dans ses fonctions lors d'une cérémonie à la grande synagogue de la Victoire, dimanche 1er février.

Placée sous la présidence du président du Consistoire central, Joël Mergui, elle se déroulera en présence de nombreuse personnalités politiques, religieuses et intellectuelles.

Agé de 56 ans, M. Bernheim a été élu en juin 2008, en remplacement du grand rabbin Joseph Sitruk. Il est également vice-président de l'Amitié judéo-chrétienne de France.

Comment réagissez-vous à l'annonce par le pape Benoît XVI de la levée de l'excommunication de quatre évêques intégristes, dont l'un, Mgr Williamson, a tenu des propos explicitement négationnistes ?

Cette annonce m'a fait très mal en tant que juif et en tant que militant du dialogue entre les religions. Nier la Shoah, c'est insulter la mémoire des six millions de juifs morts dans les camps. Les propos de Mgr Williamson sont abjects. En France et en Allemagne, ils sont punis par la loi. Une fois passé le choc, j'ai entendu les condamnations de mes amis chrétiens. Oui, " ces propos ne sont pas ceux d'un chrétien", comme l'a dit Mgr Barbarin, l'archevêque de Lyon.

Néanmoins, j'ai aujourd'hui plusieurs questions sans réponse. Comment le pape pouvait-il ignorer le négationnisme de Mgr Williamson ? Si la levée de l'excommunication est une invitation à la réconciliation, comment se réconcilier avec celui qui s'est exclu de la chrétienté par ses propos ? Comment dialoguer avec cet autre qui voit dans la négation de la Shoah une opinion personnelle ? Et que se passera-t-il si les quatre évêques qui ne sont plus excommuniés continuent de refuser Vatican II et Nostra Ætate (la déclaration adoptée en 1965 par le concile Vatican II affirmant le lien historique entre les judaïsme et le christianisme) ?

Ces questions m'inquiètent. Comme beaucoup de chrétiens et de juifs, j'attends des réponses claires.

Comment jugez vous la part prise par les institutions juives dans la gestion des tensions liées à l'offensive israélienne de ces dernières semaines dans la bande de Gaza ?

Avant de parler des institutions, je voudrais évoquer les Français juifs qui, dans leur immense majorité, ont marqué leur attachement indéfectible à Israël avec beaucoup de dignité face aux diverses formes de violences dont cet Etat est victime. Les institutions , Conseil représentatif des institutions juives de France, Consistoire central..., ont rappelé qu'il ne s'agissait pas d'un conflit contre un autre peuple ou une autre religion, mais d'un conflit entre Israël et le Hamas, et qu'il ne fallait pas le transférer en France. J'ai dit ma compassion pour les victimes civiles israéliennes et celles, palestiniennes, prises en otage par le Hamas dans la bande de Gaza.

Un rabbin est d'abord une autorité religieuse et morale. Et mon souhait le plus cher est que se lèvent dans toute cette région du monde des artisans de paix et de justice. Que le nom de Dieu n'y soit plus invoqué pour la violence et que s'ouvrent des chemins de pardon et de réconciliation. Je veux témoigner ici de mon affection profonde pour les responsables musulmans qui affichent cette même volonté.

Avez-vous entendu les critiques sur une possible contradiction entre le "soutien indéfectible à Israël" et les appels à s'abstenir de toute analyse sur le conflit pour ne pas l'importer en France ?

Il y a un fossé entre exprimer une opinion, sa solidarité ou sa compassion et importer un conflit, c'est-à-dire avoir un comportement violent. Quand on parle de soutien indéfectible, on ne peut oublier que la très grande majorité des Israéliens accepte l'idée qu'il puisse y avoir un Etat palestinien aux côtés d'Israël. Le Hamas a, quant à lui, la volonté de faire disparaître Israël de la carte. Dans l'absolu, comment réagir face à celui qui veut vous anéantir ? De façon modérée ? C'est à cette question qu'il faut répondre. Les Français juifs sont souvent interpellés sur la disproportion de la réaction d'Israël. Les missiles du Hamas auraient pu tuer des centaines de personnes si Israël n'avait pas tout fait pour protéger sa population civile. Parce que c'est un principe biblique que de privilégier la vie. Le Hamas, lui, se livre à l'exaltation du martyre et de la mort. Quand les guerriers du Hamas s'infiltrent dans les écoles, les mosquées ou les hôpitaux, ils savent qu'ils seront, par la suite, la cause de nombreuses victimes civiles.

Quels seront les effets de ce conflit sur les relations judéo-musulmanes en France ? L'Association judéo-musulmane (AJM), créée en 2004, n'y a pas survécu, et les responsables religieux ne sont pas parvenus à produire un texte commun...

L'AJM est une association encore très jeune, peu préparée à surmonter les difficultés posées par ce conflit. Quant au texte commun que les autorités religieuses françaises n'ont pas su produire, il aurait dû marquer une volonté sans faille de condamner les actes racistes, antisémites et antimusulmans qui ont été commis dans notre pays. Et appeler les personnes qui se sentent solidaires des populations d'Israël et de Palestine à s'opposer ensemble au mépris, à la haine et à la violence. Mais le consensus ne s'est pas encore fait.

Dans quel état d'esprit se trouvent aujourd'hui les communautés juives ?

Face aux actes violents et antijuifs qui se multiplient et se banalisent, et qui portent atteinte aux valeurs essentielles de la République, la communauté juive reste calme et confiante dans les pouvoirs publics. Lors de la deuxième Intifada, au début des années 2000, elle avait éprouvé un sentiment prolongé d'insécurité. Je suis sûr que tout est fait aujourd'hui pour empêcher que cela se reproduise.

Dans ce contexte, quels seront vos chantiers à la tête du grand rabbinat ?

Je constate une très grande attente des petites et moyennes communautés qui manquent d'enseignants et de rabbins. Joël Mergui, le président du Consistoire central, et moi-même avons une conscience aiguë des efforts à effectuer pour répondre à leurs problèmes. Ensemble, nous cherchons chaque jour des solutions. Et nous réussirons avec l'aide de nos rabbins, formés à l'école rabbinique de Paris, munis à la fois d'une profonde érudition dans la loi juive et du large savoir culturel qui est aujourd'hui indispensable en France pour rendre accessible à tous, croyants ou non, l'apport de notre sagesse.
Propos recueillis par Stéphanie Le Bars Article paru dans l'édition du 01.02.09.

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La communauté juive allemande gèle ses relations avec les Catholiques 30/01/09 sepharade2.superforum.fr/votre-1er-forum-f1/la-communaute-juive-allemande-t28173.htm

La décision du pape de réintégrer dans l'Eglise un évêque négationniste a encore provoqué de nombreuses réactions jeudi 29 janvier. Les autorités juives, en Israël et en Allemagne, suspendent leurs contacts avec des représentants catholiques.

En Allemagne, le Conseil central des juifs (l’équivalent du CRIF en République fédérale), principale organisation juive du pays, a réagi à la décision du pape en suspendant « pour le moment » tout dialogue avec l'Eglise catholique, a indiqué la présidente du conseil, Charlotte Knobloch.

« J'aimerais qu'il y ait un mouvement de protestation au sein de l'Eglise contre de tels comportements de la part du pape », a-t-elle déclaré. Elle a estimé elle aussi que la condamnation pontificale du négationnisme était insuffisante. « Il faudrait à tout le moins que l'on envisage des conséquences à l'égard » de l'évêque négationniste Richard Williamson, selon elle.

Le président de la Conférence épiscopale allemande, l'archevêque de Fribourg Robert Zollitsch, a répondu en disant « s'efforcer d'avoir rapidement une discussion avec des représentants » du conseil. Le dialogue entre les deux confessions « ne doit pas souffrir de changement », a-t-il dit.

« Les cinq représentants du Grand Rabbinat qui devaient rencontrer en mars à Rome cinq représentants du Vatican ne pourront pas participer à cette réunion dans l'état actuel des choses », a affirmé jeudi 29 janvier à Jérusalem le directeur général du Grand Rabbinat, Oded Wiener.

« Ce dialogue (...) ne peut se dérouler comme si de rien n'était après une telle décision annoncée pratiquement le jour où la communauté internationale commémorait le jour de la Shoah », selon lui. « J'ai envoyé une lettre au cardinal Walter Casper, président de la Commission du Vatican chargé des relations avec les juifs, pour expliquer notre attitude en soulignant qu'il aurait au moins fallu exiger des excuses publiques de cet évêque négationniste avant de le réintégrer », a poursuivi Oded Wiener.

Ce dernier a toutefois jugé « très importants, mais insuffisants », les propos de solidarité avec les juifs tenus par le pape. « Nous attendons désormais la réponse du Vatican à la lettre que j'ai envoyée au cardinal Casper ». Oded Wiener n'a pas exclu que le Grand Rabbinat accepte en fin de compte de participer à la réunion à Rome si la réponse du Vatican est jugée « satisfaisante ».

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Dix jours de crise pour benoît XVI 20 minutes.fr Créé le 06.02.09 à 06h59 | Mis à jour le 06.02.09 à 06h59 |

Dix jours de crise qui ont compromis les relations du Vatican avec le judaïsme et brouillé l'image du pape...

La vague d'émotion provoquée par la levée de l'excommunication d'un évêque négationniste a contraint le Vatican à clarifier les conditions d'une pleine réintégration dans l'Eglise catholique des quatre prélats intégristes, au grand soulagement du « peuple catholique ».

La chancelière allemande, Angela Merkel, a qualifié hier de « positif » le fait que le Vatican a demandé à Richard Williamson de renier « publiquement » ses propos sur la Shoah. La secrétairerie d'Etat, la plus haute instance de gouvernement du Vatican, avait en effet déclaré la veille que l'évêque « devra prendre ses distances d'une manière absolument sans équivoque et publique ».

Mais il n'empêche que cet épisode, par l'ampleur de ses répercussions, rappelle la crise avec le monde musulman qui avait suivi les déclarations de Benoît XVI sur l'islam, en septembre 2006 à Ratisbonne (Allemagne) (notedt, discours dans lequel il condamne la violence religieuse ..., ce qui déplaît aux islamistes, notamment ...).

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Benoît XVI réitère les excuses de l’Eglise pour l’Holocauste France Info - 12 février 2009, 15:24

A quelques semaines d’un voyage confirmé en Terre sainte, le souverain pontife juge "intolérable" tout déni de l’Holocauste, en particulier lorsqu’il émane d’un ecclésiastique…

C’était la première fois depuis le tollé soulevé par les propos de Mgr Williamson, que le pape recevait des dirigeants de la communauté juive. Dans un souci d’apaisement, Benoît XVI a souligné que "la haine et le mépris des hommes, des femmes et des enfants qui s’est manifesté par la shoah est un crime contre l’humanité. Cela doit être clair pour tous, notamment pour ceux qui perpétuent la tradition des Ecritures", a précisé le souverain pontife.

Rarement le chef de l’Eglise catholique, né en Allemagne, n’avait employé de termes aussi forts sur la shoah et les relations avec les juifs.

Devant ses interlocuteurs de la Conférence des présidents des grandes organisations juives américaines, Benoît XVI a repris les mots prononcés par son prédécesseur lors de sa visite à Jérusalem en 2000 : Jean-Paul II avait alors imploré le pardon des juifs pour les persécutions chrétiennes. "Je fais désormais mienne sa prière", a déclaré Benoît XVI.

Les relations entre ces deux religions monothéistes se sont passablement tendues depuis que le pape a levé, le 24 janvier, l’excommunication qui frappait quatre évêques traditionalistes de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, parmi lesquels Richard Williamson.

L’évêque Williamson, membre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, avait déclaré quelques jours avant la levée de son excommunication, qu’il n’y avait pas eu de chambres à gaz dans les camps de concentration nazis et que "seuls" 200 à 300.000 juifs avaient péri dans ces camps. Il a réitéré ses affirmations ces derniers jours. Gilles Halais avec agences

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RELIGION Le Vatican juge insuffisants les regrets de Williamson NOUVELOBS.COM | 27.02.2009 | 15:26

La lettre de regret, exigée par l'Eglise, demandait à l'évêque de "prendre de façon absolument sans équivoque et publique ses distances avec ses positions concernant la Shoah". Ce qui n'a pas été le cas.

Les regrets formulés jeudi par l'évêque intégriste Richard Williamson pour ses propos négationnistes "ne semble pas respecter les conditions" formulées le Vatican, a déclaré vendredi 27 février, Federico Lombardi, le porte-parole du Vatican. La lettre de regret, exigée le 4 février, demandait à l'évêque de "prendre de façon absolument sans équivoque et publique ses distances avec ses positions concernant la Shoah".

De plus, cette lettre, diffusée jeudi par l'agence de presse catholique Zenit, "n'est pas adressée au Saint Père ni à la commission Ecclesia Dei", chargée par le Vatican de négocier avec les intégristes, a relevé le père Lombardi. De son côté, l'agence Zenit a affirmé jeudi avoir reçu cette lettre de la commission Ecclesia Dei.

Mis en garde par l'Europe

Le commissaire européen à la Justice, Jacques Barrot, a également mis en garde l'évêque sur son éventuelle apologie du négationnisme au sein de l'Union européenne. "Je signale que dans la plupart des Etats, le négationnisme peut être poursuivi. Les juridictions nationales sont compétentes pour condamner le négationnisme", a-t-il souligné lors d'un point presse à l'issue d'une réunion des ministres de la Justice européens.

Il a toutefois précisé que la loi européenne qui punit pénalement, sous certaines conditions, l'apologie du négationnisme comme incitation à la haine raciale avait été approuvée le 28 novembre 2008 mais ne pouvait pas encore être appliquée car elle doit encore être transposée dans les législations nationales. L'évêque intégriste pourra circuler librement dans l'UE, a reconnu Jacques Barrot, "mais il revient aux Etats de veiller à l'ordre public".

"Pardon devant Dieu"

L'évêque Williamson, arrivé mercredi à Londres en provenance d'Argentine où il a été déclaré persona non grata, y demande "pardon devant Dieu" à tous ceux qu'il a blessés pour ses déclarations mais n'y parle pas de la Shoah et ne cite pas les juifs. Il a dit regretter "la douleur (causée) avant tout à l'Eglise, mais aussi aux survivants et aux parents des victimes qui ont subi des injustices sous le IIIe Reich" et ajoute qu'il a tenu des propos de "non historien".

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Fillette avortée au Brésil: le Vatican soutient l'excommunication leparisien.fr 07.03.2009, 14h07 | Mise à jour : 14h37

Le Vatican s'est emparé samedi de la querelle qui déchire le Brésil autour du drame de Franzina, volant ainsi au secours de l'Eglise catholique brésilienne. Depuis plusieurs jours, l'histoire de cette fillette de neuf ans oppose l'archevêché de Recife à une partie du gouvernement, dont le ministre de la santé et le président brésilien, Luiz Lula da Silva.

Âgée de neuf ans, violée par son beau-père, l'enfant a subi un avortement alors qu'elle était enceinte de jumeaux. Pour avoir autorisé cette intervention et pour l'avoir pratiquée, la mère de l'enfant, d'une part, et les membres de l'équipe médicale, d'autre part, ont été excommuniés jeudi par Dom José Cardoso Sobrinho, l'archevêque de Recife, au nord-est du Brésil.

Vendredi, le président brésilien s'est indigné de cette décision, "déplorant profondément en tant que chrétien et catholique qu'un évêque de l'Eglise catholique ait un comportement aussi conservateur". Réponse du Vatican, par la voix du cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la congrégation des évêques: l'excommunication de la mère de Franzina est justifiée, car les jumeaux qu'elle portait "avaient le droit de vivre". Dans un entretien accordé au quotidien italien La Stampa, le cardinal estime qu'il "faut toujours protéger la vie, l'attaque contre l'Eglise brésilienne est injustifiée".

L'avortement est interdit au Brésil, sauf en cas de viol ou si la grossesse met en danger la vie de la mère. Sergio Cabral, le directeur de la maternité publique où a été pratiquée l'interruption volontaire de grossesse, avait insisté sur les dangers encourus par une très jeune fille pesant à peine 33 kilos et mesurant 1mètre 35. Risques accrus pour une pré-adolescente n'étant pas encore tout à fait pubère.

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Ouest-France.fr samedi 14 mars 2009 Intégristes : la lettre du pape rassure les évêques

Le porte-parole des évêques de France, Bernard Podvin : « Vatican II ne sera pas bradé ».

Les explications de Benoît XVI sur la crise intégriste sont plutôt bien accueillies par la hiérarchie de l'Église catholique française. Mais les blessures demeurent dans les communautés.

On revient de loin. Et il semble qu'aujourd'hui l'affaire s'amortisse en douceur, du moins au niveau de l'épiscopat français.

En s'expliquant sur la crise intégriste dans une lettre adressée aux évêques du monde entier (voir Ouest-France du 12 mars) et en rappelant qu'il exigeait de la fraternité Saint-Pie-X la reconnaissance pleine et entière du dernier Concile, le pape semble avoir calmé certaines inquiétudes. Même si Benoît XVI ne manque pas de rappeler, avec insistance, qu'on ne peut laisser sur le bord de la route une Église schismatique forte de ses « 491 prêtres, 215 séminaristes, 117 religieux, 164 religieuses et de milliers de fidèles ».

Pour que les choses bougent, il a fallu les vrais « coups de gueule » de certains évêques, dont Mgr Hippolyte Simon, archevêque de Clermont-Ferrand, stigmatisant, au moment de la levée d'excommunication des intégristes, les pratiques de la curie romaine. Sans parler des critiques acerbes, formulées ici et là, sur le cas (toujours non résolu) de l'évêque négationniste Williamson et les levées de bouclier chez les « chrétiens de base » comme dans le monde juif.

Aujourd'hui, le porte-parole des évêques de France, Bernard Podvin, note le bon accueil réservé à la lettre du pape par l'épiscopat et se dit rassuré. « Il y a, dans cette lettre, des repères qui nous plaisent bien. Vatican II ne sera pas bradé ». Même s'il convient que cette lettre « ne va pas tout régler », car « l'incertitude demeure quant aux intentions de la Fraternité Saint-Pie-X », Bernard Podvin, estime qu'il y a « un dialogue à poursuivre »

Quoi qu'il en soit, la crise intégriste n'a pas fini de laisser des traces. « Il y a des blessures profondes dans nos communautés, avoue le porte-parole des évêques. Tout cela va prendre du temps. Mais nous sommes à un carrefour important ». Pierre TANGUY.

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Sida : le pape déclenche la polémique leparisien.fr 18.03.2009, 07h59 | Mise à jour : 08h01

Benoît XVI, qui a entamé mardi au Cameroun le premier voyage en Afrique de son pontificat, a abordé d'emblée le sida, fléau qui frappe durement ce continent, en campant sur la position de l'Eglise catholique contre l'usage du préservatif. Dans l'avion qui le menait à Yaoundé, la capitale camerounaise, le pape a estimé que l'on ne pouvait «pas régler le problème du sida», pandémie dévastatrice en Afrique, «avec la distribution de préservatifs».

«Au contraire, (leur) utilisation aggrave le problème», a-t-il affirmé. Il a ajouté que la solution passait par «un réveil spirituel et humain» et l'«amitié pour les souffrants».

Le Vatican est opposé à toute forme de contraception autre que l'abstinence et réprouve l'usage du préservatif, même pour des motifs prophylactiques (prévention de maladies). En 1993, devant des dizaines de milliers de jeunes réunis dans un stade de la capitale ougandaise Kampala, Jean-Paul II avait assuré que «l’abstinence sexuelle est le seul moyen sûr et vertueux de mettre un terme à la tragique épidémie de sida ».

Les déclarations de Benoît XVI ont déclenché un vent d'indignation en Europe, y compris au sein du monde catholique. Elles interviennent alors que la levée de l'excommunication d'un évêque négationniste, Richard Williamson, en janvier, avait déjà provoqué un profond malaise au Vatican. Sur ce sujet, le pape a assuré mardi qu'il ne se sentait «pas seul», mais «entouré d'amis».

A son arrivée à Yaoundé, première étape d'un voyage d'une semaine qui le mènera aussi en Angola, Benoît XVI, accueilli par le président camerounais Paul Biya, a souligné les maux dont souffre l'Afrique, «la violence, la pauvreté, la faim, la corruption, l'abus de pouvoir» et espérant apporter de «l'espoir». «Votre seule présence est porteuse d'espoir et de confiance en l'avenir», a répondu le président Biya.

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Préservatif: Rama Yade "ahurie" par les propos "régressifs" du pape 18 mars 2009 17.00

PARIS (AFP) — La secrétaire d'Etat française chargée des droits de l'Homme, Rama Yade, s'est dite mercredi "ahurie" par les propos "régressifs" tenus par le pape Benoît XVI selon lesquels l'usage du préservatif "aggravait" le problème du sida.

"Je suis personnellement ahurie par ces propos (...) qui remettent en cause l'esprit et la pratique d'un combat de plusieurs décennies", a déclaré Mme Yade sur la radio Europe 1.
"Ces propos semblent régressifs (...) C'est un coup porté à tous ceux et celles qui se battent au quotidien pour faire reculer la maladie", a-t-elle ajouté.

"Le vrai débat, c'est un débat de santé publique sur le sida, ce n'est pas un point de doctrine théologique", a-t-elle dit.
"Quand on voit les ravages de la maladie, en Afrique notamment, on doit traiter le problème (...) : oui naturellement, oui absolument au préservatif, car il préserve la vie", a encore déclaré la secrétaire d'Etat, d'origine sénégalaise.
"Je pense aux victimes, aux médecins, aux chercheurs, aux ONG, à tous ceux qui sont certainement blessés. Je voudrais leur dire ma solidarité et mon admiration", a-elle poursuivi.

Mme Yade a été enfin interrogée sur les propos d'un autre membre du gouvernement, la ministre du Logement Christine Boutin, catholique pratiquante, qui a déclaré qu'il n'était "pas drôle de mettre le préservatif" et a souligné qu'il ne fallait pas attendre du pape "qu'il dise qu'il faut mettre le préservatif".
"Je ne sais pas ce qu'elle a voulu dire, c'est son point de vue personnel. Ce que je sais, c'est que le préservatif est là pour préserver la vie", a-t-elle dit.

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Politique Préservatif: Roselyne Bachelot "absolument catastrophée" AP | 18.03.2009 | 19:09

La ministre de la Santé Roselyne Bachelot s'est déclarée "absolument catastrophée" par les propos "totalement irresponsables" du pape Benoît XVI, selon lequel l'utilisation du préservatif pourrait aggraver le problème du SIDA, mais aussi de sa collègue du Logement Christine Boutin.

"Je suis absolument catastrophée devant des propos totalement irresponsables. Il n'y a qu'une seule prévention, c'est le préservatif", a-t-elle protesté au micro de RTL. Le pape a, selon elle, "proféré une monstrueuse contre-vérité scientifique en disant que l'usage du préservatif était à l'origine de la propagation de l'épidémie de SIDA".

"C'est évidemment un mauvais coup en terme de santé publique mais aussi pour la santé des femmes parce qu'en Afrique, les femmes ont beaucoup de mal à faire accepter le préservatif qui pourrait les protéger", a-t-elle ajouté.

Dans l'avion qui le conduisait mardi au Cameroun pour sa première visite pontificale en Afrique, Benoît XVI a déclaré que les préservatifs n'étaient pas la solution pour lutter contre la pandémie de SIDA qui ravage le continent. "Vous ne pouvez pas" combattre cette maladie "avec la distribution de préservatifs", a-t-il déclaré à des journalistes. "Au contraire, cela aggrave le problème." Roselyne Bachelot a également dénoncé la prise de position de Christine Boutin, qui, minimisant les propos du pape, a estimé sur les mêmes ondes que "ce n'est pas drôle de mettre le préservatif quand on fait l'amour".

"Je pense que cette réflexion est elle aussi irresponsable", a-t-elle lancé à l'adresse de sa collègue du Logement. "Je ne sais pas si c'est 'pas drôle de mettre un préservatif quand on fait l'amour' mais je sais que c'est absolument dramatique d'être contaminé par le virus du SIDA." AP

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Le pape appelle musulmans et chrétiens à la paix en Afrique Par Reuters, publié le 19/03/2009 à 13:42 l'express.fr

YAOUNDÉ - Le pape Benoît XVI, poursuivant sa visite au Cameroun, appelle chrétiens et musulmans d'Afrique à en finir avec les violences interreligieuses.

Parallèlement, la polémique suscitée par ses propos sur le préservatif et le sida lors du même voyage, son premier déplacement en Afrique, ne faiblit pas.

Le souverain pontife a entamé sa troisième journée au Cameroun par une rencontre avec 22 dirigeants de la communauté musulmane, avant de célébrer une messe en plein air au stade de Yaoundé, devant une foule de plusieurs dizaines de milliers de fidèles.

Dans son intervention devant les musulmans, à la nonciature apostolique (ambassade) du Vatican à Yaoundé, le pape a souligné que les deux grandes religions monothéistes devaient "rejeter toutes les formes de violence et de totalitarisme".

"Puisse la coopération enthousiaste des musulmans, des catholiques et des autres chrétiens au Cameroun devenir l'exemple, pour les autres pays d'Afrique, de l'énorme potentiel d'engagement interreligieux en faveur de la paix, de la justice et du bien commun", a-t-il dit.

Des affrontements entre bandes de musulmans et de chrétiens, provoqués par une controverse électorale, ont fait des centaines de morts en novembre dernier dans la ville de Jos au Nigeria, pays voisin du Cameroun.

En janvier, les autorités soudanaises ont expulsé du Darfour, dans l'ouest du Soudan, une organisation humanitaire basée aux Etats-Unis, parce que des bibles en arabe avaient été découvertes dans ses locaux.

POSITION DE SES PRÉDÉCESSEURS

Le pape s'emploie, lors de ses rencontres avec les musulmans, à activer la réconciliation avec cette communauté religieuse. Les relations entre chrétiens et musulmans se sont détériorées fortement en 2006 après le discours qu'avait prononcé Benoît XVI à Ratisbonne, dans lequel il avait sous-entendu que l'islam était un culte violent et irrationnel. Dans le monde entier, les musulmans avaient alors manifesté leur colère contre ce discours.

Dans son intervention de jeudi devant les dignitaires musulmans, il a estimé que "la religion et la raison se renforcent mutuellement", autre tentative, semble-t-il, pour montrer qu'il ne pense pas que l'islam soit irrationnel, comme on avait pu le déduire du discours de Ratisbonne.

La visite papale en Afrique reste assombrie par les propos qu'a tenus Benoît XVI sur les préservatifs, lesquels ne feront, selon lui, qu'"aggraver le problème" du sida.

Le porte-parole du Vatican a défendu la position du pape, en faisant valoir qu'il se bornait à réaffirmer la position de ses prédécesseurs, selon lesquels la fidélité dans le mariage et l'abstinence sont les meilleurs moyens d'arrêter le sida.

Les critiques contre les déclarations de Benoît XVI sont venues de plusieurs gouvernements, dont l'Allemagne, et en France de plusieurs dirigeants politiques ou ministres.

Pour l'ancien Premier ministre Alain Juppé, ainsi, "ce pape (...) vit dans une situation d'autisme total". Pour le député européen Daniel Cohn-Bendit, les propos du pape constituent "presque un meurtre prémédité".

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europe1.fr Créé le 19/03/09 - Dernière mise à jour le 20/03/09 à 9h25 Cameroun : Benoît XVI déclenche la ferveur au-delà des polémiques

Au-delà des polémiques sur les propos du pape sur les préservatifs, la visite de Benoît XVI en Afrique se poursuit en Angola ce vendredi. A Yaoundé au Cameroun jeudi, plus de 60.000 personnes se sont rassemblées pour suivre la messe papale dont l’homélie était consacrée, de façon plus consensuelle, aux pauvres et aux victimes de violences.

Les gradins, les tribunes et la pelouse du stade Amadou Ahidjo de Yaoundé, la capitale du Cameroun, étaient pleins jeudi et des milliers de personnes ont dû rester à l'extérieur pour assister à la première messe en terre africaine de Benoît XVI.

Au-delà de la polémique sur ses déclarations sur le préservatif et le sida, le pape a été ovationné par les fidèles lors de ses deux tours du stade en papamobile. La ferveur devrait elle la même ce vendredi en Angola, deuxième et dernière étape de la visite du pape.

Dans son homélie jeudi, Benoît XVI a déploré "le bouleversement de la vie traditionnelle" africaine et "la tyrannie du matérialisme" sous l'effet de la mondialisation. "Aux enfants qui n'ont plus de père ou qui vivent dans la misère de la rue, à ceux qui sont séparés violemment de leurs parents, maltraités et abusés, ou incorporés de force dans des groupes paramilitaires sévissant dans certains pays, je voudrais dire : Dieu vous aime".

Le pape a aussi remis aux évêques un texte aux accents très économiques en plein crise mondiale. Il y accuse les "puissances militaires et économiques" d'imposer leur loi, fomentant trafics d'armes générateurs de guerres et exploitant les richesses minières du continent. Les institutions financières internationales sont aussi mises en cause pour les effets "funestes" des programmes imposés de restructuration.

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Le pape déplore l'effet de la globalisation en Afrique devant la foule à Yaoundé 20 mars 2009 11.00

YAOUNDE (AFP) — Après la polémique sur le préservatif, le premier voyage du pape Benoît XVI en Afrique a pris jeudi une tournure plus consensuelle, avec une messe devant plus de 60.000 personnes à Yaoundé et une homélie où il a déploré l'effet de la mondialisation sur le continent noir.

Surveillé par un impressionnant service d'ordre, le stade Ahmadou Ahidjo était plein et des milliers de personnes ont dû rester à l'extérieur pour assister à la première messe en terre africaine de Benoît XVI, ovationné lors de ses deux tours de piste en papamobile.

Dans son homélie, le pape a déploré "le bouleversement de la vie traditionnelle" africaine et "la tyrannie du matérialisme" sous l'effet de la mondialisation.

"L'Afrique en général et le Cameroun en particulier encourent le risque de ne pas reconnaître" Dieu, "le véritable auteur de la vie", a-t-il averti, évoquant le "déracinement" tragique de nombreux Africains, particulièrement les jeunes privés de ressources et attirés "par les paradis éphémères".

A l'issue de la messe, le pape a remis aux évêques le document préparatoire du prochain synode catholique sur l'Afrique qui évoque les mêmes thèmes et dénonce "un processus organisé de destruction de l'identité africaine (...) sous prétexte de modernité".

Le texte accuse les "puissances militaires et économiques" d'imposer leur loi, fomentant trafics d'armes générateurs de guerres et exploitant les richesses minières du continent. Les institutions financières internationales sont aussi mises en cause pour les effets "funestes" des programmes imposés de restructuration.

En outre, la "globalisation" menace "les valeurs africaines authentiques" comme le "respect des Anciens", "le respect de la vie" ou la culture de l'entraide, accuse le document.

Cette messe était la première véritable rencontre avec la foule du pape, arrivé mardi à Yaoundé pour son premier voyage en Afrique, qui le mènera en Angola vendredi.

Son arrivée à Yaoundé mardi avait été marquée par une très vive polémique autour de ses propos sur le préservatif, qui selon lui "aggrave le problème" du sida.

Lors d'une visite en fin de journée à un Centre national de réhabilitation des handicapés (CNRH), le pape a notamment affirmé penser aux "malades victimes de maladies comme le sida, le paludisme et la tuberculose".

Selon le Vatican, le pape "a été informé dans les grandes lignes" des réactions mondiales à ses propos sur le préservatif. Benoît XVI "a parlé de bien d'autres sujets", a déclaré Federico Lombardi, porte-parole du Vatican regrettant "une dichotomie entre ce qui est vécu au Cameroun" depuis le début de ce voyage "et ce dont on parle à l'étranger".

Parmi ces autres sujets figure la question des relations entre islam et chrétienté, dossier lui aussi sensible depuis l'arrivée de Benoît XVI à la tête de l'Eglise.

Le Cameroun "abrite des milliers de chrétiens et de musulmans qui, souvent, vivent, travaillent et accomplissent leurs pratiques religieuses dans un même voisinage", a indiqué le pape à une délégation de responsables musulmans.

"Tous croient au Dieu unique" et partagent "des valeurs fondamentales" telles que "la famille, la responsabilité sociale, l'obéissance à Dieu, la sollicitude envers les faibles".

Une "religion authentique (...) rejette toute forme de violence et de totalitarisme" car elle est fondée "pas seulement sur la foi, mais aussi sur une juste raison", a encore ajouté Benoît XVI, selon le texte distribué à la presse.

Le thème du mariage nécessaire entre foi religieuse et raison avait été développé par Benoît XVI dans son discours de Ratisbonne en 2006. Ce discours avait soulevé l'indignation dans le monde musulman car il semblait dénier à l'islam toute dimension rationnelle et l'assimiler avec la violence.

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Préservatif La contre-attaque en ligne des supporters du pape l'express.fr Par Marie Amélie Putallaz, publié le 20/03/2009 16:05 - mis à jour le 20/03/2009 17:01

La polémique autour des propos de Benoît XVI sur le préservatif agite la toile. Si les voix étaient d'abord unanimes pour condamner le pape, des opinions contraires se sont soudainement fait entendre...

"Les journalistes se trompent. Voici ce qu'a réellement dit Benoît XVI..." Ce commentaire - et ses jumeaux - a été posté à plusieurs dizaines d'exemplaires sur les sites d'actualité français ces deux derniers jours, de LEXPRESS.fr en passant par Liberation.fr, LePost.fr ou LeFigaro.fr.

Ses auteurs entendent défendre la position du pape: en expliquant que le préservatif "aggrave le problème" du sida, Benoît XVI a soulevé l'indignation. Politiques, médias et ONG ont dénoncé cette phrase, jugée "inacceptable" (Alain Juppé) ou "gravissime" (Médecins du monde).

Dans un premier temps, la plupart des commentaires des articles étaient sur la même longueur d'onde. Mais depuis jeudi dernier, le courant s'est soudainement inversé. Des internautes, souvent très récemments inscrits - parfois uniquement pour rédiger le commentaire en question - ou pas inscrits du tout viennent expliquer aux journalistes qu'il convient de citer Benoît XVI dans son intégralité.

Ils insistent particulièrement sur l'importance de l'"âme des Africains": "Je dirais qu'on ne peut pas vaincre ce problème du sida uniquement avec de l'argent, qui est nécessaire. S'il n'y a pas l'âme, si les Africains ne s'aident pas, on ne peut le résoudre en distribuant des préservatifs. Au contraire, ils aggravent (ou, selon les traduction, "accroissent" ou "augmentent") le problème. "

L'argument est avancé sur plusieurs blogs et portails catholiques, qui y ajoutent trois autres éléments fréquemment repris. Tout d'abord un tableau des chiffre de l'OMS datant de 2001 et qui prouverait que les pays catholiques d'Afrique seraient moins infectés que les autres. En oubliant de préciser que les chiffres de l'OMS pour 2007 sont tout autres: le Gabon, majoritairement chrétien, a par exemple rejoint les pays à plus forte prévalence.

Ensuite, un entretien non sourcé avec le président du Burkina Faso Blaise Compaoré qui, s'il salue le rôle de l'Eglise dans son pays et remarque le rôle de la fidélité et de l'abstinence pour enrayer la maladie, ne parle pas, en fait, du préservatif: "Si l'abstinence est un moyen de prévention, nous n'allons pas nous en priver! [...] L'Eglise n'a pas le monopole de l'abstinence!"

Egalement mis à contribution, Patrice de Plunkett, journaliste proche de la Nouvelle droite et catholique militant, et... le fameux Maître Eolas, qu'on a connu mieux inspiré et qui, sur son blog, pointe assez approximativement les approximations des journalistes dans leur traitement des dérapages papaux. Les deux accusent les médias d'avoir tronqué les propos du souverain pontife, en citant le même extrait que, par exemple, LEXPRESS.fr: "On ne peut pas résoudre le problème du SIDA avec la distribution de préservatifs ; au contraire elle aggrave le problème". Comme le dit Maître Eolas, cette phrase signifie que, selon Benoît XVI, "la distribution de préservatif n'est pas la solution au problème du SIDA en Afrique". Précisément ce que dénoncent les associations humanitaires, les soignants, les chercheurs, les politiques et... nombre de journalistes.

Enfin, ces commentaires citent une étude sur le HIV publiée dans la revue britannique The Lancet par James Shalton, intitulée "Dix mythes et une vérité à propos du VIH". Le scientifique n'est pourtant pas, et de loin, aussi catégorique que veulent bien le dire les défenseurs de Benoît XVI. Notamment, il se garde bien de prôner la seule abstinence: "Le préservatif seul n'a qu'un impact limité dans les épidémies généralisées. Beaucoup de gens n'aiment pas l'utiliser (particulièrement dans le cas de relations de longue durée), sa protection n'est pas parfaite, son utilisation souvent incorrecte. De plus, le préservatif seul peut favoriser une désinhibition, des relations risquées sur le plan sexuel avec un préservatif, ou avec l'intention d'utiliser un préservatif". Cet extrait de texte provient d'ailleurs d'un autre article de James Shelton, intitulé ... "Confessions d'un amoureux du préservatif".

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Le pape invite les leaders africains à penser à leurs peuples Par Reuters, publié le 23/03/2009 à 13:10 - mis à jour le 24/03/2009 à 10:18

LUANDA - Au dernier jour de sa visite en Afrique, Benoît XVI a invité les dirigeants de ce continent à penser avant tout aux intérêts de leurs peuples en luttant contre la pauvreté et la corruption.

"Nos coeurs ne peuvent trouver la paix tant qu'il y a encore des frères et des soeurs qui n'ont pas de quoi manger, qui n'ont pas de travail, pas d'abri et qui manquent des choses les plus élémentaires", a déclaré le pape.

"Nos coeurs ne peuvent trouver la paix tant qu'il y a encore des frères et des soeurs qui n'ont pas de quoi manger, qui n'ont pas de travail, pas d'abri et qui manquent des choses les plus élémentaires", a déclaré le pape à Luanda, aux côtés du président angolais Jose Eduardo dos Santos, avant de reprendre l'avion pour Rome.

"Si je peux me permettre de lancer un dernier appel, je dirais que la principale préoccupation de ceux qui détiennent le pouvoir doit être la juste réalisation des aspirations fondamentales de ceux qui sont le plus dans le besoin."

A propos des responsables politiques, il s'est dit "sûr qu'ils veulent remplir la mission qu'ils ont reçue, non pour eux-mêmes mais pour le bien commun".

La nécessité de lutter contre la corruption et de partager équitablement les richesses ont été des thèmes récurrents du voyage du pape au Cameroun et en Angola, sa première visite en Afrique depuis son élection il y a près de quatre ans.

Benoît XVI a souligné que l'argent tiré des ressources naturelles des pays africains devaient être utilisé à améliorer la vie quotidienne de la population.

"Le premier défi à relever, c'est de bâtir la solidarité entre les générations (...) par un partage plus équitable des richesses", a-t-il dit.

Il a également évoqué le sort des réfugiés forcés de quitter leurs maisons par les nombreux conflits sur le continent.

"Je demande à Dieu d'accorder protection et assistance aux innombrables réfugiés qui ont fui leur pays et attendent toujours de pouvoir y retourner", a-t-il dit.

La veille, prononçant le dernier grand discours de son périple, le pape avait mis au défi les Africains d'oublier les guerres civiles, la corruption et les conflits tribaux du passé pour se projeter dans un avenir de paix et de prospérité.

Il avait célébré à Luanda une messe en plein air devant une marée humaine estimée par la police et les organisateurs à un million de fidèles. Il a tenu à prier pour les deux adolescentes tuées samedi dans une bousculade, lors d'un rassemblement de jeunes dans un stade de la capitale angolaise.

Le pape avait aussi lancé un appel à la paix particulièrement destiné à la RDC voisine, l'ex-Congo belge déchiré par d'interminables conflits armés.

Son voyage a été obscurci par une polémique sur le sida, qui touche surtout ce continent. Dans l'avion l'emmenant au Cameroun, le pape avait déclaré aux journalistes que l'utilisation du préservatif "aggravait" le problème du sida.

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Un évêque français doute de l'efficacité du préservatif lefigaro.fr 27/03/2009 | Mise à jour : 16:36 |

Mgr André Fort, évêque d'Orléans, a expliqué que ce moyen de protection n'est pas sûr à 100% car «le virus passe à travers». Totalement faux, répondent médecins et organisations de santé. L'évêque a publié un rectificatif.

Après la polémique née des déclarations du pape Benoît XVI, qui estimait qu'on ne pouvait «pas régler le problème du sida» en Afrique «avec la distribution de préservatifs» et que, «au contraire, (leur) utilisation aggrave le problème», c'est autour d'un évêque français de déraper.

Mgr André Fort, évêque d'Orléans, a lancé jeudi au micro de France Bleu : «Vous le savez très bien, tous les scientifiques le savent: la taille du virus du sida est infiniment plus fine que celle d'un spermatozoïde. La preuve est faite que le préservatif n'est pas une garantie à 100% contre le sida». Et d'ajouter : «Il y a écrit sur les boîtes de cigarettes: 'danger'. On devrait mettre sur les boîtes de préservatifs: fiabilité incomplète».

Une contre-vérité, de l'avis de la communauté scientifique. Le docteur Philippe Arsac, membre du réseau Sida du Loiret, rappelle ainsi que «le virus ne passe pas à travers la paroi du préservatif». «Les préservatifs vendus en France doivent avoir la norme NF. Leur qualité à été contrôlée», insiste-t-il, avant de noter que les propos de l'évêque relèvent d'»un discours qu'on entend depuis longtemps mais qui ne s'appuie sur aucun raisonnement scientifique valable».

Une théorie fausse, mais largement répandue

Effectivement, l'argument invoqué par l'évêque de la taille du VIH par rapport à celle d'un spermatozoïde fait partie d'un ensemble de théories négationnistes du virus. Souvent nées dans les milieux ultraconservateurs américains, ces théories expliquent notamment que la taille du virus du sida, l'une des plus petites connues (90 à 120 nanomètres) serait suffisante pour lui permettre de s'infliltrer au travers de la membrane de latex.

On trouve sur Internet des sites entiers consacrés à cette prétendue inefficacité, propagée notamment par les milieux catholiques les plus conservateurs. Lors de la récente polémique déclenchée par les propos du pape, de nombreux commentaires sur les sites d'information ou de blogs reprenaient également cette théorie.

Or, ces arguments sont faux : une molécule d'eau, qui ne fait que 20 à 60 nanomètres, donc moins que le VIH, ne passe pas la barrière du préservatif. Ensuite, un virus ne se déplace pas seul dans le vide mais a besoin d'un milieu dans lequel se propager, en l'occurence le sperme ou le liquide vaginal, que le latex arrête également.

Le site du Vatican met en doute le préservatif

La corrélation entre usage du préservatif et diminution de la fréquence des contaminations au VIH est également un fait constaté dans le monde entier, comme le rappelait le journal du Vatican, L'Osservatore Romano, la semaine dernière. La plupart des études concluent que les cas de préservatifs inefficaces sont le fait de leur mauvaise utilisation. Le préservatif n'est donc pas efficace à 100%, mais reste le moyen le plus sûr de se protéger contre le Sida, de l'avis de toutes les organisations de santé dans le monde.

L'avis de Mgr Fort ne choquera cependant pas le Vatican . Sur son site, le Saint-Siège propose un document datant de 2003 et émanant du Cardinal Alfonso Lopez Trujillo, président du Conseil pontifical pour la Famille, qui remet en question l'efficacité du préservatif en employant ces mêmes arguments.

Vendredi, la revue scientifique britannique The Lancet, une référence mondiale, a publié un article fustigeant les propos du Pape sur le préservatif. «Quand une personne d'influence, responsable politique ou religieux, affirme publiquement quelque chose de scientifiquement faux, qui pourrait avoir un effet dévastateur sur la santé de millions de personnes, elle doit retirer ou rectifier cette déclaration», explique The Lancet.

Selon la revue, «en disant que les préservatifs aggravent le problème du sida, le pape a publiquement déformé la preuve scientifique pour promouvoir la doctrine catholique sur cette question». Et d'ajouter : «que l'erreur du pape ait été due à l'ignorance, ou ait été une tentative délibérée de manipuler la science pour soutenir l'idéologie catholique est peu clair».

L'évêque revient sur sa déclaration

Dans un communiqué envoyé vendredi midi, notamment au parisien.fr, Mgr Fort est revenu sur ses déclarations, expliquant : «au cours de l'interview radiodiffusé, l'évêque d'Orléans a déclaré que le préservatif n'était pas absolument fiable. Il prenait alors en compte l'article publiée le 22 mars par un quotidien national qui informait d'une étude précisant que le préservatif n'était fiable qu'à 97% dans les meilleures conditions d'utilisation et à 87 % dans les conditions telles qu'elles se présentent en Afrique (...). André Fort admet avoir commis l'erreur de parler de questions posées dans des études antérieures, sur la perméabilité du préservatif. Il prend acte des déclarations expertes des spécialistes, qui eux, attribuent ces échecs à d'autres causes».

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Publié le 09/05/2009 à 10:42 - Modifié le 09/05/2009 à 12:10 Le Point.fr BENOIT XVI EN JORDANIE - "La religion peut être corrompue"

Le pape est arrivé samedi au mont Nebo, à 40 km au sud-ouest d'Amman, au deuxième jour de son voyage en Terre sainte. De cette montagne qui culmine à 840 mètres, Benoît XVI a contemplé pendant quelques instants Jérusalem à l'horizon, à l'image de Moïse, selon le récit biblique. C'est du mont Nebo, selon les écritures, que Dieu a montré à Moïse la Terre promise. "Al salam Alaykoum" (Paix soit sur vous), a-t-il ensuite lancé en arabe à la cinquantaine de prêtres présents sur ce site où les premiers chrétiens ont érigé une petite église au IVe siècle et où les vestiges d'une basilique et d'un monastère ont été découverts.

L'importance de l'éducation

Le souverain pontife a ensuite quitté le mont Nebo pour se rendre aux alentours de la ville de Madaba, à 12 km, où il a bénit la première pierre d'une université catholique. "La religion, comme la science et la technologie, comme la philosophie (...) peut être corrompue", a souligné le pape, pour qui "la religion est défigurée quand elle est mise au service de l'ignorance et du préjugé, du mépris, de la violence et des abus". "Dans ce cas, nous ne constatons pas seulement une perversion de la religion mais aussi une corruption de la liberté humaine, une étroitesse et un aveuglement de l'esprit", a-t-il ajouté. Ces paroles prennent une résonance particulière alors que des islamistes radicaux jordaniens, reprenant la polémique surgie après les propos du pape à Ratisbonne, en Allemagne, en 2006, semblant assimiler islam et violence, ont déclaré qu'il n'était pas le bienvenu dans le pays à moins qu'il ne présente des excuses.

Cette perversion de la religion n'est toutefois pas "inévitable", a relevé le pape, pour qui promouvoir l'éducation est exprimer sa "confiance dans le don de la liberté". "Le coeur humain peut être endurci par les conditionnements du milieu environnant, par les intérêts et les passions. Mais toute personne est aussi appelée à la sagesse et à l'intégrité, au choix décisif et fondamental du bien sur le mal, de la vérité sur la malhonnêteté et elle peut être aidée dans cette tâche", notamment par l'éducation, a-t-il plaidé.

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Benoît XVI apporte son soutien aux chrétiens de Terre sainte LEMONDE.FR avec AFP | 10.05.09 | 10h41

Le Pape Benoît XVI salue le "courage singulier" des chrétiens de Terre sainte lors d'une grande messe au stade d'Amman, dimanche 10 mai. Au troisième jour de son pèlerinage sur les lieux sacrés de la foi chrétienne en Jordanie, Israël et dans des territoires palestiniens, il a déclaré lors de son homélie prononcée devant 50 000 personnes :"la fidélité à vos racines chrétiennes, la fidélité à la mission de l'Eglise en Terre sainte réclament à chacun de vous un courage singulier".

Il a cité "le courage de la conviction", celui "de dialoguer et de travailler" à la "solidarité avec les pauvres, les personnes déplacées et les victimes des grandes tragédies humaines" et celui "de construire de nouveaux ponts pour rendre possible la rencontre fructueuse des personnes de religions et de cultures différentes".

Benoît XVI a affirmé qu'il attendait depuis longtemps ce voyage et l'occasion d'"encourager" les catholiques "à persévérer dans la foi" alors qu'ils sont "profondément" touchés "par les difficultés et les incertitudes qui affectent tous les peuples du Proche et Moyen-Orient", une région de conflits politques et religieux où les chrétiens forment une minorité. Il les a assurés de "la solidarité affectueuse" de l'Eglise et il s'est félicité de "la riche diversité de l'Eglise catholique en Terre sainte", où il existe six rites différents.

Le pape a aussi rendu un hommage appuyé aux femmes de ces régions. "Qui peut dire ce que l'Eglise ici présente doit au patient, aimant et fidèle témoignage d'innombrables mères chrétiennes, religieuses, enseignantes, médecins ou infirmières !", a-t-il lancé. "Qui peut dire ce que votre société doit à toutes ces femmes qui, de différentes et parfois très courageuses manières, ont consacré leurs vies à construire la paix et à promouvoir l'amour !", a-t-il ajouté.

Et il a regretté que "ce rôle des femmes (n'a) pas toujours été suffisamment compris et estimé", même si l'Eglise et la société ont commencé à saisir le "besoin urgent" des "femmes comme porteuses d'amour (...) artisans de paix, apportant chaleur et humanité à un monde qui trop souvent juge la valeur des personnes d'après les froids critères de l'utilité et du profit".

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Le discours du pape à Yad Vashem divise les Israéliens Par Olivier Tesquet, publié le 12/05/2009 11:59 - mis à jour le 12/05/2009 17:47 lexpress.fr

En s'exprimant au mémorial pour la Shoah, lundi à Jérusalem, Benoît XVI a polarisé l'opinion publique israélienne. Revue de presse.

Dans la foulée du discours de Benoît XVI au mémorial pour la Shoah de Yad Vashem, lundi, les voix se sont levés en Israël pour dénoncer la frilosité du souverain pontife. Dès hier, le directeur du mémorial, le grand rabbin de Tel-Aviv Yisrael Meir Lau, avait exprimé sa déception, en notant que le pape avait parlé de juifs "tués, et non assassinés".

Dans une interview à Israel Radio, ce mardi, Reuven Rivlin, porte-parole de la Knesset et troisième homme de l'Etat, a stigmatisé le comportement du pape: "Je suis venu au mémorial pour entendre des descriptions historiques sur la réalité de l'Holocauste, a-t-il déclaré. Mais je suis aussi venu en tant que juif, espérant entendre des excuses et des remords de la part de ceux qui nous ont causé cette tragédie, notamment les Allemands et l'Eglise catholique. Mais à mon grand désarroi, je n'ai rien entendu de tout ça".

Un discours trop "professionnel"

Interrogé par le Jerusalem Post, le président du directoire de Yad Vashem, Avner Shalev, affirme "[qu'il] n'attendait pas des excuses, mais [qu'il] attendait plus", avant d'ajouter qu'il ne s'agit "sûrement pas d'un tournant historique".

Son prédécesseur, le professeur Shevah Weissn, survivant de l'Holocauste, abonde en ce sens: "J'attendais un discours historique de la part d'un pape allemand, sur un site dédié aux victimes de l'Allemagne nazi. Et même s'il était émouvant, il n'a pas répondu à mes attentes".

Dans les colonnes du quotidien travailliste Haaretz, l'intellectuel Tom Segev déplore la vacuité et le "profesionnalisme" du discours de Benoît XVI. "Nous aurions pu espérer que les cardinaux du Vatican préparent un texte plus intelligent à leur patron, écrit-il. Un jour, dans 500 ans peut-être, quand les archives du Vatican seront ouvertes aux chercheurs examinant les préparatifs de cette visite, nous apprendrons des brouillons les raisons d'un discours si forcé".

L'historien analyse ensuite les termes employés par le souverain pontife. Il regrette sa "compassion, une prescription qui est aux ecclésiastiques ce que l'aspirine est aux médecins généralistes".

"Bienvenue, pape Benoît"

Pour Aviad Kleinberg, éditorialiste au Yediot Aharonot, plus ancré à droite, "il y a quelque chose d'ingrat dans l'accueil [d'Israël]". Dans sa tribune au titre bienveillant ("Bienvenue, pape Benoît"), l'universitaire suggère notamment "de laisser de côté le passé 'nazi'" d'un pape qui figure "parmi les plus féroces contempteurs de l'antisémitisme".

Spécialiste de la théologie chrétienne, Kleinberg insiste sur les efforts de réconciliation entrepris sous le ministère de Benoît XVI. "Le pape actuel a conscience de la dette religieuse que doit la chrétienté au peuple juif", écrit-il.

Président d'un consortium d'associations de survivants de l'Holocauste, Noah Frug choisit d'aller encore plus loin: il rappelle que "Benoît XVI n'est pas le président d'une organisation sioniste".

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RTL info 12 mai 2009 18h45

... mais les médias israéliens taclent le Pape sur son passé aux "Jeunesses Hitlériennes".

C'est une phrase qui ne va pas manquer de faire réagir. Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a démenti mardi des informations de presse selon lesquelles l'actuel Pape Benoît XVI aurait fait partie des Jeunesses Hitlériennes.

Les critiques se sont en effet multipliées contre Benoît XVI au deuxième jour de sa visite en Israël. Son allocution au mémorial de Yad Vashem sur la Shoah n'avait pas convaincu certaines personnes, dont le président de la Knesset, Reuven Rivlin, qui a regretté que le pape ait parlé "comme un historien".

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Le Vatican dément que Benoît XVI ait fait partie des Jeunesses hitlériennes LEMONDE.FR avec AFP et AP | 12.05.09 | 15h08 • Mis à jour le 12.05.09 | 16h44

La visite du pape Benoît au mémorial Yad Vashem, lundi 11 mai, avait suscité de vives réactions, notamment au sein de la presse et des responsables religieux israéliens, qui lui reprochaient de ne pas avoir mentionné "les Allemands ou les nazis" responsables du massacre des juifs lors de la seconde guerre mondiale, selon le rabbin Méir Lau, président du mémorial. Reuven Rivlin, président du Parlement israélien, avait même refusé de se rendre à l'aéroport pour accueillir un ex-membre des Jeunesses hitlériennes et de la Wehrmacht.

Des propos qui ont provoqué la réaction du Vatican, qui a affirmé, mardi, que Benoît XVI n'a jamais fait partie des Jeunesses hitlériennes. "Il n'a jamais été dans ce mouvement de jeunesse idéologiquement lié au nazisme", a déclaré le Père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican. Selon lui, le pape, durant sa jeunesse, "a été enrôlé contre sa volonté dans une unité de défense anti-aérienne chargée de la protection des villes" avant d'être brièvement détenu par les Américains puis de redevenir séminariste.

"ON NE PEUT PAS IGNORER LES CASSEROLES QU'IL TRAÎNE DERRIÈRE LUI"

Les déclarations du Vatican diffèrent des informations largement relayées par la presse après l'accession de Joseph Ratzinger au poste de pape, en 2005. Des médias allemands affirmaient par exemple que Benoît XVI avait bien été enrôlé dans les Jeunesses hitlériennes en 1941, mais contre sa volonté. En 1943, il aurait ensuite intégré la défense anti-aérienne comme auxiliaire dans le cadre de son service militaire. Le pape lui-même a confié qu'il n'a "pas été directement dans les Jeunesses hitlériennes".

Dans Le Sel de la terre, ouvrage autobiographique paru en 1996 reposant sur des entretiens avec le journaliste allemand Peter Seewald, celui qui n'était encore que le cardinal Joseph Ratzinger déclarait avoir été enrôlé automatiquement. "Quand les Jeunesses hitlériennes sont devenues obligatoires en 1941, mon frère a été obligé de les rejoindre. J'étais encore trop jeune, mais plus tard, lorsque j'étais séminariste, j'ai été enrôlé dans les Jeunesses. Dès que je suis sorti du séminaire, j'ai complètement tourné la page", déclarait-il.

Lundi, Benoît XVI a rendu un hommage appuyé aux "millions de personnes tuées dans l'horrible tragédie de la Shoah". Un hommage qui n'a pas été du goût des responsables du mémorial Yad Vashem et de plusieurs hommes politiques israéliens. "Le pape a parlé comme un historien (...) de choses qui ne devraient jamais arriver, a estimé Reuven Rivlin. Mais que peut-on faire ? Il en faisait partie. Avec tout le respect que je dois au Saint-Siège, on ne peut pas ignorer les casseroles qu'il traîne derrière lui".

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Le pape plaide devant Mahmoud Abbas pour un Etat palestinien 13.05.09 | 17h31 Reuters Par Philip Pullella et Mohammad Assadi Version française Pascal Liétout et Guy Kerivel

BETHLEEM, Cisjordanie (Reuters) - Le pape Benoît XVI a appelé mercredi à la création d'un Etat palestinien lors d'une visite à Bethléem, en Cisjordanie, ville de la naissance du Christ.

Au cinquième jour de son voyage en Terre Sainte, après la Jordanie et Israël, Benoît XVI a dû passer le mur de sécurité, construit par les Israéliens afin de prévenir les attentats, pour gagner le territoire palestinien où il a été accueilli par le président Mahmoud Abbas.

Alors que son convoi franchissait à faible allure trois barrières successives pour pénétrer en Cisjordanie, le pape a pu voir les tours de guet et le mur qui sépare Bethléem de Jérusalem. "Un mur d'apartheid", comme l'a appelé le président de l'Autorité palestinienne.

Quelques heures plus tard, prenant la parole au camp de réfugiés palestiniens d'Aida, près de Bethléem, tout près du mur, Benoît XVI a estimé que cette clôture symbolisait "l'impasse" dans les relations entre l'Etat juif et les Palestiniens.

"Ce qui nous domine, alors que nous sommes réunis ici cet après-midi, nous rappelle brutalement l'impasse que les relations israélo-palestiniennes semblent avoir atteint - je veux dire le mur", a-t-il dit.

"Nous prions sincèrement pour que cessent les hostilités à l'origine de la construction de ce mur (...) Dans un monde où les frontières s'ouvrent aux voyages, au commerce et à la culture, il est tragique de voir s'ériger des murs."

Dans les rues en pente de la ville natale du Christ, le souverain pontife avait été accueilli dans la matinée par une foule en liesse aux cris de "Vive le pape, vive la Palestine".

"UNE PATRIE PALESTINIENNE SOUVERAINE"

"Je sais combien vous avez souffert et combien vous continuez à souffrir en raison des bouleversements qu'a connus cette terre depuis des décennies", a déclaré le pape.

"Mon coeur se tourne vers toutes ces familles qui ont tant perdu", a-t-il ajouté, en soulignant qu'il se rendrait dans un camp de réfugiés.

Le pape a eu des mots particuliers à l'adresse des habitants de Gaza, victimes de l'offensive israélienne de janvier dernier. Le souverain pontife ne se rendra pas dans ce territoire au cours de son voyage.

S'adressant à Mahmoud Abbas, il a déclaré : "M. le président, le Saint-Siège soutient le droit de votre peuple à une patrie palestinienne souveraine sur la terre de vos ancêtres, sûre et en paix avec ses voisins, à l'intérieur de frontières internationalement reconnues".

Il a rappelé les paroles prononcées par son prédécesseur Jean Paul II lors de la visite de ce dernier en Terre sainte en 2000 : "Il ne peut y avoir de paix sans justice, et de justice sans pardon".

De son côté, le président de l'Autorité palestinienne a rappelé les difficultés que connaît son peuple, composé majoritairement de musulmans mais qui comprend aussi des dizaines de milliers de chrétiens.

"Sur cette terre sainte, il y a ceux qui continuent à bâtir des murs de séparation plutôt que des ponts, et qui tentent avec leurs forces d'occupation d'obliger chrétiens et musulmans à quitter le pays, afin que les lieux saints deviennent de simples sites archéologiques plutôt que des lieux vivants de prière", a-t-il déclaré.

MESSE DEVANT LA BASILIQUE DE LA NATIVITE

"On exerce contre tous les citoyens arabes, qu'ils soient chrétiens ou musulmans, toutes les formes possibles d'oppression, de tyrannie et d'expropriation de terres", a ajouté Mahmoud Abbas, qui a souhaité un avenir "sans occupation, sans barrages, sans murs, sans prisonniers, sans réfugiés".

"Jérusalem (...) est entourée d'un mur d'apartheid qui empêche notre peuple de Cisjordanie de se rendre à l'église du Saint-Sépulcre et à la mosquée Al Aksa", a-t-il déploré.

Benoît XVI lui a indirectement répondu en faisant allusion aux impératifs sécuritaires d'Israël. "Mon espoir le plus sincère est que les graves préoccupations concernant la sécurité en Israël et dans les territoires palestiniens soient rapidement et suffisamment dissipées pour permettre une plus grande liberté de mouvement".

A cet égard, le pape a exhorté les populations de la région à ne pas "recourir (...) au terrorisme".

Benoît XVI a visité dans la matinée la basilique de la Nativité, où Jésus est né, selon la tradition chrétienne, avant de célébrer la messe sur la place de la Crèche, devant 5.000 fidèles. Un énorme drapeau palestinien décorait la place.

Des applaudissements ont éclaté quand le pape est revenu dans son homélie sur le sort de la population gazaouie. Il a souhaité la levée rapide du blocus imposé par Israël au petit territoire côtier palestinien, contrôlé depuis juin 2007 par les islamistes du Hamas.

"Soyez assurés de ma solidarité dans le travail immense de reconstruction qui est devant vous, et de mes prières pour une levée prochaine de l'embargo", a-t-il dit.

"Il y a de moins en moins de chrétiens palestiniens, mais nous sommes forts. Nous sommes fiers d'accueillir le pape car nous pensons qu'il peut faire beaucoup pour nous. Moi, je crois aux miracles", déclarait dans la foule Kandra Zreineh, une mère de famille de 45 ans venue d'un village voisin.

Jeudi, Benoît XVI dira à nouveau la messe dans la ville où Jésus a grandi, Nazareth, en Galilée, dans le nord d'Israël, région où vivent la plupart des 154.000 chrétiens du pays. Benoît XVI doit y rencontrer le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Son retour à Rome est prévu vendredi.

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Publié le 14/05/2009 à 07:49 - Modifié le 14/05/2009 à 14:39 Le Point.fr TERRE SAINTE - À Nazareth, Benoît XVI appelle au rejet du "pouvoir destructeur de la haine" Près de 30.000 personnes se sont rassemblées jeudi matin à Nazareth pour assister à la messe en plein air célébrée par le pape Benoît XVI

Quelque 40.000 fidèles, d'après une estimation de la police israélienne, sont rassemblés jeudi matin à Nazareth pour assister à une messe en plein air célébrée par Benoît XVI. Les fidèles, réunis dans cette localité de Galilée dans le nord d'Israël, ont accueilli l'arrivée du pape dans sa voiture blindée en agitant des drapeaux aux couleurs du Vatican.

"Que chacun rejette le pouvoir destructeur de la haine et des préjugés, qui porte la mort dans l'âme des personnes avant de tuer les corps !", a lancé Benoît XVI lors de son homélie dans un vaste amphithéâtre construit au Mont du Précipice où, selon les Évangiles, une foule mécontente des prêches du Christ tenta de le jeter dans le vide.

Tensions

"Ces dernières années, Nazareth a malheureusement connu des tensions, dont le monde entier a eu l'écho, et qui ont nui aux relations entre les communautés chrétienne et musulmane", a relevé le souverain pontife dans la plus grande ville arabe d'Israël, qui compte 60.000 habitants, dont 30 % de chrétiens. Il a invité "les personnes de bonne volonté des deux communautés" à "remédier aux dommages qui ont été causés, et, dans la fidélité à notre foi commune au Dieu unique" a demandé "de travailler à construire des ponts et de trouver les moyens de vivre paisiblement ensemble".

La cohabitation entre les communautés chrétienne et musulmane est marquée par des tensions depuis quelques années. Le projet d'édifier une mosquée en contrebas du parvis de la basilique de l'Annonciation, haut lieu de la chrétienté à Nazareth, a notamment mis en émoi le monde chrétien et le Vatican en 1999. Le gouvernement israélien a décidé d'arrêter la construction de cette mosquée en 2002, après avoir dans un premier temps donné son feu vert au projet. Et les fondations de la mosquée ont été détruites en 2003 sur ordre d'un tribunal israélien.

Benoît XVI plaide pour un État palestinien

Le Saint Père a par ailleurs une nouvelle fois plaidé pour l'unité de l'Église, dans cette région où il n'y a pas moins de six rites catholiques : "Nous sommes appelés à vivre en harmonie et en paix les uns avec les autres, à nous supporter les uns les autres et, par-dessus tout, à pardonner, ayant l'amour qui fait l'unité dans la perfection", a-t-il souligné.

Benoît XVI doit aussi rencontrer dans la journée le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Depuis son arrivée au Proche-Orient vendredi dernier, le souverain pontife a appelé à la création d'un État palestinien indépendant d'Israël, dans la lignée de ce que souhaitent les États arabes et occidentaux.
Le pape a invité à entretenir "l'espérance que l'on peut trouver une voie pour venir à la rencontre des aspirations à la paix et à la stabilité à la fois des Israéliens et des Palestiniens". Mais selon lui, il y a des conditions indispensables à la réalisation de cette espérance. "Il ne peut y avoir de paix sans justice, de justice sans pardon", a-t-il lancé en reprenant les paroles de son prédécesseur Jean-Paul II.
La volonté de créer un État palestinien n'a en revanche pas été affichée du côté de Benyamin Netanyahu depuis son investiture fin mars.

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Benoît XVI: "protéger les enfants" AFP 14/05/2009 | Mise à jour : 15:01 |

Le pape Benoît XVI a appelé toutes les religions à "protéger les enfants contre le fanatisme", lors d'une rencontre aujourd'hui à Nazareth avec les chefs religieux de Galilée.

"Les chrétiens s'unissent volontiers aux juifs, aux musulmans, aux druzes et aux membres d'autres religions dans le désir de protéger les enfants contre le fanatisme et la violence, tout en les préparant à être les bâtisseurs d'un monde meilleur", a déclaré Benoît XVI au sanctuaire de l'Annonciation, dans cette ville où, selon la tradition chrétienne, la Vierge Marie a accepté de donner vie au fils de Dieu et où Jésus a passé sa jeunesse.

"La Galilée est une terre connue pour sa diversité religieuse et ethnique, c'est la terre d'un peuple qui connaît bien les efforts requis pour vivre dans une harmonieuse coexistence", a relevé le pape, estimant que "nos différentes traditions religieuses ont chacune un puissant potentiel pour promouvoir une culture de paix".

"La paix elle-même est un don de Dieu, même si elle ne peut pas être atteinte sans les efforts de l'homme", a affirmé Benoît XVI.

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L'occasion manquée du Pape en Israël 15/05/2009 | Mise à jour : 08:42 | lefigaro.fr L'analyse d'Adrien Jaulmes, correspondant du Figaro à Jérusalem.

Benoît XVI n'a pas fait de réel faux pas pendant son voyage en Israël. Mais éviter les impairs ne revient pas à convaincre, et le Pape a suscité plus de déception que d'enthousiasme au cours de sa visite.

D'origine allemande, lui-même enrôlé adolescent dans les Jeunesses hitlériennes et dans la Wehrmacht, Benoît XVI avait suscité de vives réactions en Israël et à travers le monde en instruisant le procès en béatification de Pie XII, dont l'attitude pendant la Seconde Guerre mondiale reste controversée, puis en levant l'excommunication de l'évêque négationniste Williamson.

Ces dossiers n'ont guère été rouverts pendant la visite, et le Pape a été accueilli sans a priori en Israël. Mais Benoît XVI n'a pas réussi à donner à son voyage le même souffle que son prédécesseur en 2000. La prière de Jean-Paul II devant le mur des Lamentations, son discours à l'adresse des Juifs et son formidable charisme avaient marqué un tournant dans la longue et dramatique histoire des relations entre l'Église catholique et le judaïsme.

Benoît XVI a été égal à lui-même : théologien impeccable mais personnalité en retrait, manquant singulièrement de charisme et d'empathie. À une époque où un pape est devenu un personnage médiatique planétaire, il n'a pas répondu aux attentes israéliennes.

Son discours au Mémorial de la Shoah a particulièrement déçu. Formellement irréprochable, il lui manquait, prononcé par un pape allemand contemporain de l'Holocauste, une touche personnelle et émotionnelle qui aurait marqué les esprits.

Même si la page des malentendus et de la méfiance réciproque entre les Juifs et le Vatican a été tournée, la visite d'un pape à Yad Vashem n'est pas une formalité protocolaire pouvant être expédiée comme un simple dépôt de gerbe devant un monument aux morts.

La Shoah n'est pas un lointain événement historique, en Israël. Plus de 200 000 survivants de la tragédie vivent dans le pays. Le mémorial est l'un des lieux les plus visités, notamment par tous les jeunes soldats, et le souvenir de cette tentative d'extermination de leur peuple est l'un des fondements de l'identité israélienne.

Devant des rescapés des camps de concentration, la mention des auteurs de l'Holocauste et une manifestation plus personnelle de compassion de la part de Benoît XVI auraient touché plus sûrement son auditoire.

La déception israélienne n'aura pas de conséquences fondamentales sur les relations entre Israël et le Saint-Siège. Les négociations sur le statut des biens et des représentants de l'Église en Israël et dans les Territoires occupés finiront par aboutir, et le dialogue avec le Judaïsme auquel Jean-Paul II avait donné une impulsion nouvelle continuera.

Mais la visite de Benoît XVI restera comme une occasion manquée. Celle de resserrer encore un peu plus les liens entre l'Église catholique et l'État d'Israël. Celle aussi de faire passer avec plus de force l'autre message du Pape pendant sa visite, celui délivré aux Palestiniens.

La sympathie exprimée par le Pape pour les Palestiniens, et notamment pour les réfugiés vivant dans des camps depuis plus de soixante ans, aurait eu plus de retentissement en Israël si Benoît XVI avait su convaincre ses interlocuteurs juifs de sa compassion pour leur propre tragédie.

Ses appels à la création d'un État palestinien et au rapprochement de toutes les religions auraient aussi été mieux entendus s'il avait montré aux Israéliens une véritable empathie, au lieu de donner l'impression de se livrer à un exercice diplomatique.

Le voyage de Benoît XVI en Terre sainte n'est pas un échec, loin de là. Les messes célébrées à Jérusalem, Bethléem et Nazareth ont connu une forte affluence. Mais il n'a pas non plus eu le retentissement qu'avait su donner à l'époque Jean-Paul II à sa visite.

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Europe Quittant Israël, le pape prône encore une solution à deux Etats REUTERS | 15.05.2009 | 14:55 Philip Pullella, version française Marc Delteil

AEROPORT BEN-GOURION, Israël (Reuters) - En quittant Israël au terme d'une tournée de huit jours au Proche-Orient, le pape Benoît XVI a réaffirmé son attachement à la création d'un Etat palestinien.

"Permettez-moi de lancer un appel à tous les peuples de ces territoires : plus d'effusion de sang; plus de combats; plus de terrorisme; plus de guerre. Au lieu de cela, brisons le cercle vicieux de la violence", a-t-il déclaré sur le tarmac de l'aéroport Ben-Gourion de Tel Aviv.

Après avoir rappelé qu'Israël devait pouvoir vivre en paix et dans la sécurité, le pape a déclaré que le "mur" de sécurité construit par l'Etat juif pour se prémunir des attentats avait été "une des visions les plus tristes" qu'il retenait de son séjour.

"Les Palestiniens ont le droit à une patrie souveraine et indépendante, à vivre dignement et à se déplacer librement", a-t-il dit. "Faisons en sorte que la solution à deux Etats devienne une réalité et ne reste pas qu'un rêve."

Le pape a été salué à son départ par Benjamin Netanyahu, qui s'est gardé de se prononcer clairement pour l'établissement d'un Etat palestinien indépendant, contrairement au président américain Barack Obama, que le nouveau Premier ministre israélien rencontrera lundi à Washington.

Benoît XVI a par ailleurs réaffirmé que l'Holocauste ne devait "jamais être nié" et a présenté sa visite au mémorial de Yad Vashem comme l'un des "moments les plus solennels" de sa visite en Israël".

L'octogénaire pape allemand a "déçu" une partie des responsables israéliens par la froideur supposée de son discours au mémorial, où il n'a fait aucune allusion à la responsabilité de son pays d'origine et du régime nazi dans l'extermination des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale.

A son départ d'Israël, le souverain pontife a déclaré que, à Yad Vashem, il avait fait des "rencontres profondément émouvantes" qui lui avaient rappelé sa visite au camp d'Auschwitz, trois ans plus tôt, où "tant de Juifs ont été brutalement exterminés sous un régime impie qui propageait une idéologie d'antisémitisme et de haine".

"Ce chapitre infect de l'Histoire ne doit jamais être oublié ni nié", a ajouté le pape, auquel Israël reproche d'avoir réintégré cette année dans l'Eglise quatre évêques intégristes, dont un prélat britannique négationniste, Mgr Richard Williamson.

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Dialogue interreligieux Ce que le Pape n'a pas dit à Yad Vashem Par Claire Chartier, publié le 15/05/2009 18:39 - mis à jour le 15/05/2009 19:05 lexpress.fr

Lors de son discours le 11 mai au mémorial de la Shoah, à Jérusalem, le Pape Benoît XVI a blessé ses hôtes israéliens en élargissant la tragédie de l'Holocauste à sa dimension universelle.
Il a aussi marqué la fin de la repentance catholique.

Il s'en serait fallu de trois fois rien. Quelques mots pour dire son émotion de pape, né et grandi au pays de la barbarie nazie, l'Allemagne. Quelques mots venus du coeur devant ce mémorial de Yad Vashem, emblème de l'insondable, de l'innommable tragédie de la Shoah.
Benoît XVI ne les a pas prononcés.

Le Saint Père a parlé "d'atrocité" déshonorant "l'humanité".
Il a prié pour que "toutes les personnes de bonne volonté" demeurent "vigilantes à déraciner du coeur de l'homme tout ce qui peut conduire à des tragédies comme celle-ci".
Il a évoqué le "cri" des victimes, "reproche perpétuel contre le sang versé innocent".
Mais il ne s'est pas impliqué intimement dans cette oraison funèbre et conjuratoire comme l'avait fait Jean-Paul II, en 2000, en évoquant le souvenir "de ses voisins et amis juifs" morts durant l'Holocauste.

Pourquoi Benoît XVI a-t-il choisi de rester en retrait, sachant qu'il fournirait là matière à polémique et décevrait sans coup férir ses hôtes israéliens, déjà hérissés par l'affaire Williamson?
Parce qu'il avait "déjà dit" tout cela lors de sa visite à Auschwitz, en mai 2006, a répondu le porte-parole du Saint-Siège, Fédérico Lombardi.

C'est un premier élément d'explication. Mais ce n'est évidemment pas le seul. Benoît XVI a-t-il dramatiquement sous-estimé le ciment symbolique que constitue Yad Vashem dans la société israélienne? Sans doute, mais pas seulement.
Dans son discours, qu'il est intéressant d'analyser de près, le pape élargit, bien évidemment en parfaite connaissance de cause, la tragédie de la Shoah à sa dimension universelle, et non plus simplement raciale (c'est nous qui soulignons : notedt).
"L'humanité", "l'homme", "l'histoire humaine" traversent son propos, comme un fil ténu retenant les âmes au-dessus du précipice.

L'holocauste, dit-il en substance, n'est pas seulement l'oeuvre criminelle d'un peuple envers un autre, le peuple juif, mais une effroyable question posée à l'espèce humaine dans son entier: jusqu'où l'homme peut-il aller dans l'avilissement et le renoncement de ce qui fait, précisément, son humanité? D'où sa mention à tous ceux qui "sont l'objet de persécutions pour des raisons de race, de couleur, de condition de vie ou de religion". (notedt : c'est nous qui soulignons)

Cette vision, dont on peut critiquer le caractère trop abstrait, a pour conséquence de dépasser la singularité de la Shoah (Notedt : c'est nous qui soulignons, c'est le contraire de ce dit le Cardinal Aaron Lustiger, juif converti)- génocide nazi perpétré à l'encontre du peuple juif. Ce que les Israéliens sont parfaitement fondés à juger insupportable.

Troisième élément d'explication: Benoît XVI veut tourner la page de la repentance, la demande de pardon de l'Eglise à la communauté juive pour près de deux mille ans d'antijudaïsme.
Jean-Paul II est allé très loin sur ce chemin capital et nécessaire. Une partie du monde catholique -dont les traditionnalistes- partagent aujourd'hui ce désir "d'en finir" avec ce qu'ils considèrent comme des mortifications excessives et, à terme, nuisibles pour l'image de leur religion. "L'Eglise catholique [...] éprouve une profonde compassion pour les victimes dont il est fait mémoire ici", souligne plus loin le pape dans son discours, sous le regard de papier des portraits de disparus.

Loin de demander pardon, l'Eglise, dans la bouche de Benoît XVI, reprend en quelque sorte du galon.
Elle renoue avec ce qui la fait naître: le message de l'Evangile.
Et c'est bien là, sûrement, où ce pape du "ressourcement" et de l'affirmation chrétienne voulait en venir.
Que cela plaise ou pas.

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Pie XII et Jean Paul II sur la voie de la sainteté dimanche 20 décembre 2009 ouest-france.fr

Jean Paul II et Pie XII ont été proclamés vénérables par Benoît XVI. Archive Ouest-France Archives AFP
Benoît XVI a proclamé vénérables deux de ses prédécesseurs et reconnu le martyre du père Popieluszko, assassiné en 1984. Rome,de notre correspondante Mathilde AUVILLAIN.
« Santo Subito ».

Le monde entier se rappelle des banderoles et des clameurs place Saint-Pierre, le jour des funérailles de Jean Paul II. Les fidèles voulaient Jean Paul II « saint tout de suite », un voeu presque exaucé.

Au regard des temps de l'Église, le rythme de l'avancée du procès en béatification du pape polonais est exceptionnellement rapide. Benoît XVI a reconnu hier les vertus héroïques de son prédécesseur direct, il ne manque maintenant plus que la reconnaissance du miracle pour procéder à la béatification.

« Santo, ma non subito » murmurait-on en revanche dans certains milieux, en voyant avancer le procès en béatification de Pie XII. Saint, mais pas tout de suite, pas avant que les historiens n'aient balayé tous les doutes sur le rôle joué par le pape, pendant la Seconde Guerre Mondiale et sur son attitude face à la Shoah encore objet de nombreuses controverses.

Mais après avoir d'abord « pris le temps de la réflexion », Benoît XVI a finalement décidé de signer le décret proclamant vénérable Pie XII.

Deux papes sont donc désormais bien engagés sur la voie de la béatification, deux hommes qui ont marqué l'histoire récente de l'Église et de l'Europe.

La proclamation du martyre de l'aumônier de Solidarnosc, le père Jerzy Popieluszko, assassiné en 1984 par la police politique polonaise constitue enfin, une reconnaissance supplémentaire, très symbolique, des souffrances endurées tout au long du XXe siècle par la Pologne, un des pays européens les plus catholiques.

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Pie XII: la communauté juive critique AFP 19/12/2009 | Mise à jour : 21:42 |

La communauté juive d'Italie "reste critique" sur la décision du pape Benoît XVI de signer le décret proclamant les "vertus héroïques" du pape Pie XII, ont annoncé des responsables de la communauté.

"Nous ne pouvons en aucune manière nous mêler des décisions internes de l'Eglise, celles-ci concernant sa liberté d'expression religieuse", ont déclaré conjointement Riccardo Di Segni, grand rabbin de Rome, Renzo Gattegna, président de l'Union des communautés juives italiennes, et Riccardo Pacifici, président de la communauté juive de Rome.

"Si cette décision devait en revanche impliquer un jugement définitif et unilatéral sur l'oeuvre historique de Pie XII, nous répétons que notre évaluation reste critique", ont-ils ajouté. "La commission qui réunit des historiens du monde juif et du Vatican attend toujours d'accéder aux archives (du Vatican) de cette période.

Nous n'oublions pas les déportations de Juifs d'Italie et en particulier le train qui a déporté 1.021 personnes le 16 octobre 1943, qui est parti de la station de Rome Tiburtina pour se rendre à Auschwitz dans le silence de Pie XII", ont ajouté les responsables.

A la surprise générale samedi, le pape Benoît XVI a proclamé "vénérable" le pape Pie XII, critiqué pour son silence pendant la Shoah.

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Sévères critiques après la décision du pape de déclarer Pie XII “vénérable”20/12 08:43 CET Religion monde euronews.net 20/12 08:43 CET

Cette proclamation, inattendue, s’est faite en même temps que celle de Jean-Paul II, qui, elle, était déjà programmée.

Les décrets signés hier par Benoît XVI constituent la dernière étape avant la béatification de ses deux prédécesseurs.

Concernant Jean-Paul II, décédé en 2005, le chemin vers la sainteté est donc très rapide, ce qui n’est pas pour déplaire à beaucoup de catholiques, notamment en Pologne où il était extrêmement populaire.

“Nous sommes très heureux du fait que Jean-Paul II, notre grand prêtre, devienne un saint l’année prochaine, comme l’a promis le pape Benoît XVII”, déclare cet habitant de Cracovie.

“Nous pensons tous les deux que ce décret est important dans le cas de Jean-Paul II car nous pensons que cet homme a fait quelque chose qui a changé le monde”, estime ce jeune couple.

Sentiment plus mitigé en revanche au sujet de Pie XII, qui était pape pendant la seconde guerre mondiale et la Shoah.

Le secrétaire général du Conseil central des juifs d’Allemagne s’est dit furieux et triste. Stephan Kramer a estimé que cette proclamation était prématurée, et qu’il devrait d’abord y avoir une discussion scientifique sérieuse sur l’attitude de Pie XII face au nazisme.

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Béatification de Pie XII : Benoît XVI accusé de «forcer l'Histoire» leparisien.fr 19.12.2009, 22h56 | Mise à jour : 20.12.2009, 10h00

La décision prise samedi par Benoît XVI d'ouvrir la voie à la béatification du pape Pie XII, controversé pour son silence pendant la Shoah, est très sévèrement critiquée depuis par les communautés juives dans toute l'Europe.

«Toutes les indications que nous avons montrent que Pie XII s'est comporté sans élever la voix. A force d'être dans le compromis, il s'est compromis lui-même», a expliqué ce matin Richard Prasquier sur RTL.

Le président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) réclame à ce sujet l'ouverture des archives du Vatican. «Celles-ci sont ouvertes jusqu'en 1939. Nommer Pie XII "vénérable", avant d'ouvrir les archives, c'est véritablement forcer l'Histoire.»

Visite tendue à la synagogue de Rome le 17 janvier

Dans trois semaines, le Pape est attendu à la synagogue de Rome le 17 janvier. Une venue qui s'annonce tendue tant l'émotion suscitée par la décision de Benoît XVI de proclamer vénérable son prédécesseur Pie XII suscite l'incompréhension.

Le secrétaire général du Conseil central des juifs d'Allemagne, Stephan Kramer, s'est dit «furieux» et «triste». «L'Eglise catholique essaie là de réécrire l'Histoire», a t-il estimé.

Alors que l'actuel pape dit fonder sa décision sur des archives vaticanes, la communauté juive d'Italie a, elle aussi, rappelé qu'elle attendait toujours d'accéder à ces archives encore fermées et en cours de classement.

«Nous n'oublions pas les déportations de Juifs d'Italie et en particulier le train qui a déporté 1.021 personnes le 16 octobre 1943, qui est parti de la station de Rome Tiburtina pour se rendre à Auschwitz dans le silence de Pie XII», ont souligné conjointement Riccardo Di Segni, grand rabbin de Rome, Renzo Gattegna, président de l'Union des communautés juives italiennes, et Riccardo Pacifici, président de la communauté juive de Rome.

Klarsfled : «Une décision qui ne me choque pas »

Dans ce concert de protestations, l'avocat Serge Klarsfled a défendu un point de vue qui contraste avec celui du Crif. «Cette décision ne me choque pas», explique au JDD le fondateur de l'association des fils et filles de déportés juifs de France. «Pie XII a défendu l'Eglise contre le nazisme, a effectué quelques interventions discrète pour sauver des gens. Et puis des gens comme Roosevelt qui ne se sont guère préoccupés du sort des juifs, sont considérés comme des grands hommes, alors...»

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Agression du Pape La jeune femme qui s’est jetée sur Benoît XVI a habité Lausanne pour apprendre le français Jean François Tanda, «SonntagsZeitung» Adaptation: Laurent Duvanel - le 26 décembre 2009, 22h59 Le Matin Dimanche CH

C'était son deuxième essai

Agée de 25 ans, la déséquilibrée qui a voulu toucher le pape Benoît XVI lors de la messe du 24 décembre vit à Frauenfeld (TG). Elle avait fait un passage à Lausanne, où elle a laissé un souvenir sympathique

Deux jours après avoir agressé le pape Benoît XVI, Susanna M., habitante de Frauenfeld (Thurgovie), se trouve toujours en observation à l’hôpital Santo Spirito de Rome. Un porte-parole du Vatican a confirmé les faits hier. A en croire cet officiel, le pape se porte bien, malgré ses 82 ans.

Bref rappel: à la veille de Noël, la ressortissante italo-suisse, âgée de 25 ans, a précipité le pape à terre peu après son entrée dans la cathédrale Saint-Pierre. Le pape a perdu sa mitre et sa crosse épiscopale. Il a néanmoins continué à dire la messe comme si de rien n’était. Dans la confusion qui a suivi l’attaque, le cardinal français Roger Etchegaray est tombé et s’est cassé le col du fémur (il devrait être opéré de la hanche aujourd’hui). La femme a été décrite comme étant «mentalement dérangée». Selon le Vatican, la femme aurait seulement voulu embrasser le pape Benoît XVI.

Une fille bien sous tous rapports

Susanne M. (
Maiolo, notedt) habite seule dans un petit appartement situé dans un immeuble de six logements. Elle a vécu auparavant au sein d’une communauté disposant d’un suivi thérapeutique. Des membres de sa parenté, qui habitent également Frauenfeld, n’ont pas pu être contactés hier.

Mais une ancienne logeuse de la jeune femme, qui lui avait loué un deux-pièces lorsqu’elle habitait Lausanne, est surprise par cette agression. Lors d’un bref entretien, elle a expliqué que «Susanna a toujours été gentille et sympathique». La Thurgovienne était venue à Lausanne pour apprendre le français.

Il y a un an, Susanna M. avait déjà tenté sans succès de s’approcher du pape le soir du 24 décembre. Mais les forces de sécurité avaient pu intervenir à temps pour l’en empêcher.

Suite à cette attaque, les responsables de la sécurité du Vatican songent à prendre de nouvelles mesures. Mais, selon le porte-parole du Saint-Siège, il n’est cependant pas réaliste de tenir le Saint-Père complètement à l’écart du public. 

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Benoît XVI aurait hébergé en 1980 un prêtre pédophile présumé France Info - 12 mars 2010, 21:38

Le pape Benoît XVI aurait fait accueillir, dans son archevêché de Munich, en 1980, un prêtre pédophile présumé, pour qu’il y suive une thérapie, selon un communiqué de l’archevêché en question.

Une information embarrassante qui tombe, alors que Benoît XVI recevait aujourd’hui le président de la conférence épiscopale allemande, monseigneur Robert Zollitsch, venu au Vatican réitérer les excuses de l’Église allemande pour les sévices et abus sexuels perpétrés dans des établissements catholiques pour enfants.

Cela fait un mois et demi que l’Église catholique allemande est secouée par des scandales retentissants de pédophilie. Scandales qui ont même touché le chœur des petits chanteurs de Ratisbonne, dirigé pendant 30 ans par le frère du pape Mgr Georg Ratzinger. Cette affaire, révélée par le quotidien munichois Süddeutsche Zeitung, et confirmée ce soir par l’archevêché, va donc sans doute alimenter un peu plus la polémique.

Selon le communiqué de l’archevêché de Munich, l’abbé H., soupçonné d’abus sexuels sur mineurs, avait été affecté en tant qu’assistant-aumônier dans une paroisse du diocèse de Munich, alors même que Josef Ratzinger, devenu pape en 2005, était archevêque. Il aurait d’ailleurs participé à cette décision. Le but officiel de la manœuvre était de permettre à l’abbé H. de suivre une thérapie.

Résultat : en juin 1986, l’abbé était condamné à une peine de 18 mois de prison avec sursis, à une amende de 4.000 marks (2.045 euros), par le tribunal d’Ebersberg. "L’affectation à plusieurs reprises de (l’abbé) H. dans des fonctions spirituelles était une grave erreur", explique le vicaire général de l’époque, qui dit en assumer l’entière responsabilité.

L’affaire, cependant, est bien embarrassante, alors que des révélations entachent l’Église allemande depuis fin janvier : 19 des 27 diocèses catholiques seraient concernés. L’épiscopat a donc promis de faire la lumière sur toutes les accusations, "y compris celles pour lesquelles les faits sont désormais prescrits". Alors qu’il rencontrait aujourd’hui son chef, l’archevêque Robert Zollitsch, Benoît XVI a apporté son "soutien" à l’Église allemande pour sa façon de gérer la crise en son sein.

Parmi les mesures prises par l’épiscopat ces dernières semaines : la nomination d’un évêque référent spécial sur les abus sexuels perpétrés sur des mineurs la création d’un centre de coordination des enquêtes sur les cas d’abus sexuels une mise à jour des règles de l’Église contre la pédophilie, notamment un recours précoce à la justice ordinaire en cas de soupçons la mise en place d’un numéro vert pour les victimes une nouvelle formation des prêtres insistant sur la valeur du célibat.

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20/03/2010 12:20 Frédéric MOUNIER, à Rome la-croix.com Le pape exprime sa « honte » et son « remords » pour les prêtres pédophiles

Une Lettre pastorale de Benoît XVI adressée aux fidèles irlandais après les affaires d'abus sexuels dans ce pays a été publiée samedi 20 mars par le Saint-Siège

« Que de souillures dans l’Église, et particulièrement parmi ceux qui, dans le sacerdoce, devraient lui appartenir totalement ! » C’était au Colisée, à Rome, le 25 mars 2005. Devant Jean-Paul II agonisant, face à la neuvième station du chemin de croix, le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi depuis vingt-trois ans, clamait son dégoût. Il savait l’ampleur de la crise pédophile.

Cinq ans, plus tard, presque jour pour jour, Benoît XVI persiste, et signe sa Lettre pastorale aux catholiques d’Irlande, tellement attendue. Une lettre personnelle et sans concessions lue, dimanche 21 mars, dans toutes les paroisses irlandaises.

Il s’agit donc d’une admonestation générale, signée du pape « en tant que pasteur de l’Eglise universelle ». C’est donc toute l’Eglise qui est concernée, bien au-delà de l’Irlande. Les évêques allemands, suisses, autrichiens, tous pris récemment dans la tourmente pédophile, sauront être attentifs aux paroles du pape. Car désormais, bien au-delà des rivages celtiques, chacun saura qu’en matière d’abus sexuels, la loi du silence n’est plus de mise. Le secret, loin de protéger l’institution, la gangrène. La collaboration avec les autorités judiciaires s’impose.

Le constat est sans concession. Les mots pèsent leur poids : « scandaleux », « crimes », « erreurs », « graves péchés », « douleur », « réponses inadéquates », « honte », « remords », « confiance trahie, dignité violée »… A noter l’expression « problème déconcertant », qui en dit long sur la tétanie qui a empêché, pendant des années, les autorités ecclésiastiques, en Irlande et ailleurs, de prendre la véritable mesure du problème. La loi du silence ne pourra plus s’appliquer

A la question : le pape présente-t-il ses excuses au nom de l’Eglise ? La réponse restera, comme elle l’a été lors de ses voyages en Australie puis aux Etats-Unis, incertaine : « Je suis vraiment désolé » Et Benoît XVI fait part de sa « honte » et de son « remords ». Mais le pape se dit prêt et disponible à rencontrer les victimes, comme il l’avait fait aux Etats-Unis et en Australie.

Et, toujours, dans une tonalité profondément et délibérément pastorale, les remèdes envisagés sont évoqués sur le mode de la « guérison », du « renouveau », de la « réparation », de la « persévérance », de la « prière », du « renouveau ecclésial ». toujours en relation avec le Christ « le seul qui ne trahit jamais».

Répondant fermement aux accusations de silence et de non-coopération avec les autorités judiciaires civiles, Benoît XVI fustige sans ménagements les « réponses inadéquates » des évêques qui « n’ont pas affronté de manière juste et responsable les accusations d’abus ». Il met en cause « la tendance à éviter les approches pénales à l’égard des situations canoniques irrégulières. » Il reproche aux évêques d’avoir « manqué, parfois gravement, à l’application des normes du droit canonique codifiées depuis longtemps ». L’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi sermonne ainsi les évêques qui n’ont pas appliqué le droit de l’Eglise. Désormais, la loi du silence ne pourra plus s’appliquer, la collaboration avec les autorités judiciaires s’impose dans tous les cas. Les évêques ne sont pas ménagés

L’analyse faite du contexte proprement irlandais vaut largement au-delà de l’Irlande : la transformation et sécularisation rapides de la société ont entraîné des « effets contraires à l’adhésion traditionnelle des personnes à l’égard de l’enseignement et des valeurs catholiques. » « Le concile Vatican II fut parfois mal interprété », écrit le pape, renouant avec l’un de ses thèmes favoris.

Il diagnostique longuement les sources de la crise pédophile : procédures inadéquates de sélection des futurs prêtres, formation insuffisante en de nombreux domaines, « une tendance dans la société à favoriser le clergé et d’autres figures d’autorité », « une préoccupation déplacée pour la réputation de l’Eglise et pour éviter les scandales. »

Les évêques ne sont pas ménagés : leur « crédibilité » et leur « efficacité » sont « minées », parce qu’ils ont commis « de graves erreurs de jugement ». Aujourd’hui, « la population irlandaise attend à juste titre que vous soyez des hommes de Dieu, que vous soyez saints, que vous viviez avec simplicité, que vous recherchiez chaque jour la conversion personnelle. » Un programme probablement exigeant pour une Eglise au seuil d’une reconversion globale. «Un premier pas sur un chemin qui sera long»

Après cette analyse, personnelle et sans concession, s’en prenant personnellement aux prêtres coupables (« Vous avez trahi, soumettez-vous aux exigences de la justice !.. »), le pape en vient aux propositions concrètes. Elles sont essentiellement d’ordre spirituel et pastoral. Pour cette raison, elles risquent de ne pas être comprises à leur juste mesure : consacrer à cette cause de prière toutes les pénitences du vendredi jusqu’à Pâques 2011, attention particulière à l’adoration eucharistique.

Plus structurellement, une visite apostolique sera mise en œuvre. La prochaine refondation canonique attendue des Légionnaires du Christ, elle-même consécutive à une telle visite apostolique, permet d’envisager la restructuration territoriale et organisationnelle prévisible pour l’Eglise d’Irlande. Mais à quel horizon ?

Enfin, La « Mission nationale » imposée par le pape à « tous les évêques, les prêtres et religieux » sera une mesure essentielle, même si elle risque fort de paraître inadéquate aux yeux des observateurs extérieurs à l’Eglise. C’est en effet toute l’Eglise d’Irlande qui devra accomplire ainsi une démarche profonde de renouvellement spirituel, de révision de vie. Selon toute probabilité, une telle démarche n’a pas d’équivalent dans l’histoire moderne de l’Eglise

Reste que, légitimement, les associations et familles de victimes resteront en attente d’excuses formelles. Et que le temps de l’Eglise se déroule fort loin du temps des médias. Le P. Lombardi le dit lui-même : « Cette lettre n’est qu’un premier pas sur un chemin qui sera long. » Peut-être trop long pour les victimes ?

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Pédophilie: le pape à son tour éclaboussé par les scandales AFP 25.03.2010, 04h58

Le pape Benoît XVI a été à son tour éclaboussé jeudi par la cascade de scandales pédophiles au sein de l'Eglise catholique, accusé par le New York Times d'avoir couvert dans le passé un prêtre américain soupçonné d'avoir violenté quelque 200 enfants sourds.

Selon le quotidien américain, qui s'appuie sur des documents fournis par les avocats de victimes, le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, n'a pris aucune sanction contre le père Lawrence C. Murphy pourtant accusé d'abus sexuels répétés sur des enfants sourds de l'Etat du Wisconsin (nord des Etats-Unis) de 1950 à 1974.

Sans démentir les faits, le Vatican a pris jeudi la défense du pape en soulignant qu'il n'avait été saisi de cette question "pour la première fois" qu'"à la fin des années 90, soit plus de deux décennies" après les faits.

Tout en reconnaissant le caractère "tragique" de l'affaire concernant des enfants "particulièrement vulnérables", le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi, a souligné que les autorités civiles américaines avaient elles-mêmes abandonné une enquête menée sur le père Murphy dans les années 1970.

Lorsqu'enfin Rome a été informé, "le père Murphy était vieux, en mauvaise santé, vivait en réclusion et il n'y avait eu aucune information sur d'éventuels abus au cours des 20 dernières années", selon le père Lombardi.

La Congrégation pour la doctrine de la foi s'est donc contentée de "suggérer" à l'archevêque de Milwaukee "d'envisager de restreindre les activités religieuses de père Murphy et de lui demander d'accepter la pleine responsabilité pour la gravité de ses actes", a-t-il ajouté. Le père Murphy est mort quatre mois plus tard sans avoir jamais été ni jugé ni sanctionné par l'Eglise.

Ces révélations interviennent alors que l'Eglise catholique est secouée par une accumulation de scandales concernant des abus sur des mineurs commis par des religieux et couverts par leur hiérarchie en Irlande, aux Pays-Bas, en Suisse, Espagne, Italie, Autriche et Allemagne. Joseph Ratzinger a déjà été mis en cause par la presse allemande pour avoir accepté d'accueillir dans son archevêché en 1980, lorsqu'il était archevêque de Munich, un prêtre pédophile présumé pour qu'il y suive une thérapie.

"Du point de vue canonique, il a respecté les procédures. Mais cette défense à la Nuremberg (application stricte des ordres, ndlr) est complètement inadaptée et ne peut satisfaire l'opinion", commente, sous le sceau de l'anonymat, un observateur attentif du Vatican.

Benoît XVI est d'autant plus attaqué sur ce thème que la Congrégation qu'il a présidée de 1981 à 2005, ex-Tribunal suprême du Saint Office, est précisément chargée d'instruire ce type d'affaires. Or, les cas dénoncés aujourd'hui remontent souvent à plusieurs décennies.

"C'est un effet boule de neige: les victimes n'ont plus honte de parler des abus et l'Eglise va devoir changer profondément son attitude qui consistait avant tout à éviter le scandale", commente le vaticaniste Bruno Bartoloni.

Benoît XVI, qui a à maintes reprises condamné ces "actes abominables", a lui-même oeuvré pour briser le mur du silence. En 2001, il a été l'initiateur d'un décret du Vatican enjoignant aux évêques de l'informer des cas de prêtres pédophiles qui devaient être privés immédiatement de tout contact avec les jeunes.

Le week-end dernier, dans une lettre aux catholiques irlandais, il a exprimé "la honte" de l'Eglise sur les abus commis pendant des décennies par des religieux sur des centaines d'enfants de la région de Dublin et, mercredi, il a accepté la démission d'un évêque impliqué dans un autre scandale de pédophilie en Irlande.

Mais ces réactions sont loin de satisfaire les victimes qui attendent notamment des "excuses formelles" sur le rôle du Vatican.

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Le pape accepte la démission d'un évêque belge Par Reuters, publié le 23/04/2010 à 15:29

Le pape Benoît XVI a accepté vendredi la démission d'un évêque belge, qui a reconnu avoir abusé d'un jeune homme lorsqu'il dirigeait le diocèse de Bruges.

Le pape Benoît XVI a accepté vendredi la démission d'un évêque belge, qui a reconnu avoir abusé d'un jeune homme lorsqu'il dirigeait le diocèse de Bruges. (Reuters/Alessia Pierdomenico)

"Lorsque je n'étais encore qu'un simple prêtre et lorsque j'ai débuté comme archevêque, j'ai sexuellement abusé d'un jeune homme de mon entourage proche", a déclaré l'évêque Roger Vangheluwe lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

"Je regrette profondément ce que j'ai fait et je présente mes excuses sincères à la victime, à sa famille, à la communauté catholique et à la société en général", a-t-il ajouté.

L'évêque a été poussé à la démission après la plainte déposée par une personne proche de la victime.

La démission de Roger Vangheluwe, âgé de 73 ans, est la première en Belgique depuis que l'Eglise catholique est touchée par une vague de scandales sexuels.

Une commission religieuse dirigée par Peter Adriaenssens enquête sur une vingtaine d'autres cas présumés d'abus dans le pays après avoir reçu des plaintes.

Cette démission est le dernier épisode d'une série de scandales qui secouent l'Eglise catholique en Europe. Jeudi, un évêque allemand a offert sa démission et le Vatican a accepté celle d'un prélat irlandais qui a reconnu avoir couvert des prêtres pédophiles.

Lors d'une visite à Malte le week-end dernier, Benoît XVI a promis que l'Eglise catholique ferait "tout ce qui est en son pouvoir" pour traduire en justice les responsables d'abus sexuels et protéger les jeunes.

Les reproches de mauvaise gestion ou de tentative de camouflage des cas de pédophilie dans les églises américaine, allemande, irlandaise ou italienne, notamment, éclaboussent le pape parce qu'il avait été sous son prédécesseur, Jean Paul II, chargé de la discipline du clergé déviant.

Le Vatican a argué avec constance que la culpabilité des prêtres qui ont commis des crimes, même odieux, ne saurait rejaillir sur l'ensemble de l'Eglise et son chef.

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Scandales pédophiles : Benoît XVI demande "pardon" LEMONDE.FR avec AFP | 11.06.10 | 11h45 • Mis à jour le 11.06.10 | 11h55

Le pape Benoît XVI a demandé pour la première fois explicitement "pardon" pour les scandales de pédophilie au sein de l'Eglise catholique en citant nommément "l'abus à l'égard des petits", vendredi 11 juin lors d'une messe place Saint-Pierre devant quelque 15 000 prêtres.
Il a aussi "promis" que l'Eglise allait "faire tout ce qui est possible" pour que les "abus" sexuels sur des mineurs de la part d'hommes d'Eglise "ne puissent jamais plus survenir".

Il célébrait la clôture de l'année sacerdotale, entachée par les révélations en cascade sur des scandales de pédophilie au sein du clergé en Europe et en Amérique. "Il est arrivé que, précisément au cours de cette année de joie pour le sacrement du sacerdoce, sont venus à la lumière les péchés des prêtres – en particulier l'abus à l'égard des petits, où le sacerdoce chargé de témoigner de la prévenance de Dieu à l'égard de l'homme se trouve retourné en son contraire", a déclaré le pape.

"Nous demandons avec insistance pardon à Dieu et aux personnes impliquées, alors que nous entendons promettre de faire tout ce qui est possible pour que de tels abus ne puissent jamais plus survenir", a ajouté Benoît XVI.
Il a "promis" que l'Eglise ferait "tout ce qui est possible pour examiner attentivement l'authenticité de la vocation" des futurs prêtres, et "mieux encore accompagner les prêtres sur leur chemin, afin que le Seigneur les protège et les garde dans les situations difficiles et face aux dangers de la vie". Ces scandales entraînent "un devoir de purification", a-t-il affirmé.

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Publié le 22/08/2010 à 14:33 - Modifié le 22/08/2010 à 15:03 Le Point.fr 159 ROME Le pape exhorte des pèlerins français à accueillir les hommes de toutes les origines Source AFP

Le pape Benoît XVI a exhorté, dimanche, des pèlerins français à accueillir les hommes de toutes origines, quelques jours après le rapatriement par le gouvernement français de plus de 200 Roms vers la Roumanie et la Bulgarie.

"Les textes liturgiques de ce jour nous redisent que tous les hommes sont appelés au salut. C'est aussi une invitation à savoir accueillir les légitimes diversités humaines, à la suite de Jésus venu rassembler les hommes de toute nation et de toute langue", a déclaré le pape lors de la prière de l'Angelus, en s'adressant en particulier à des pèlerins francophones et à des étudiants venus d'une paroisse de Paris.

Benoît XVI, qui s'exprimait depuis sa résidence d'été de Castel Gandolfo, près de Rome, a exhorté les parents à élever leurs enfants dans la tolérance. "Chers parents, puissiez-vous éduquer vos enfants à la fraternité universelle", a-t-il dit.

La France a renvoyé en fin de semaine des Roms vers Bucarest et Sofia, en motivant cette action par la lutte contre l'insécurité. Ces expulsions ont été critiquées notamment par le Conseil de l'Europe, qui a dénoncé une action "risquant d'attiser la xénophobie

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23 août 2010 07h37 sud-ouest.fr Le pape critique les expulsion des Roms en France Une partie du clergé français fait écho à la désapprobation exprimée par Benoît XVI.

Le pape Benoît XVI a exprimé hier sa désapprobation après les expulsions de Roms par les autorités françaises, dans le cadre de la politique sécuritaire renforcée de Nicolas Sarkozy.

Devant des pèlerins français, à sa résidence d'été de Castel Gandolfo, le pape a appelé à l'accueil des hommes de toutes origines. « Les textes nous redisent que tous les hommes sont appelés au salut. C'est aussi une invitation à savoir accueillir les légitimes diversités humaines, à la suite de Jésus venu rassembler les hommes de toute nation et de toute langue », a déclaré Benoît XVI lors de la prière de l'Angélus, ajoutant : « Chers parents, puissiez-vous éduquer vos enfants à la fraternité universelle. »

Le pape n'avait pas encore pris position sur les renvois de Roms en Roumanie et en Bulgarie, leurs pays d'origine. Mais les mesures françaises avaient été critiquées vendredi par le secrétaire du Conseil pontifical pour les migrants et les gens du voyage. Agostino Marchetto avait déclaré que « les expulsions en masse de Roms vont à l'encontre des normes européennes »

Émotion et colère

La réaction du Vatican au démantèlement des camps illégaux de Roms et à l'annonce que certains criminels d'origine étrangère puissent être déchus de leur nationalité française intervient alors que ces mesures, qui établissent un lien entre immigration et insécurité, ont commencé d'être mises en application avec l'expulsion vers la Roumanie et la Bulgarie de plus de 200 Roms.

Hier, en écho aux propos de Benoît XVI, deux hommes d'Église français ont confié leur émotion et même leur colère.

Le père Arthur, un prêtre de Lille, a fait savoir qu'en signe de protestation contre le sort réservé aux Roms, il avait écrit au ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux pour refuser la médaille de l'ordre national du Mérite, l'une des plus hautes distinctions, qui lui a été attribuée.

« Je prie, je vous demande pardon, pour que M. Sarkozy ait une crise cardiaque », a-t-il même déclaré dans un premier temps. « Depuis trois mois, c'est une guerre que cette communauté subit », a ajouté le père Arthur, très engagé dans la défense des Roms, avant d'assurer un peu plus tard dans la journée qu'il regrettait ces propos. « Mon désir, c'est que Dieu parle à son cœur. Je ne veux pas sa mort », avait-il corrigé. « Nous n'approuvons pas ces propos et nous ne pouvons pas les cautionner », a réagi le diocèse de Lille, tout en déplorant la situation des Roms qui « provoque la conscience de nombreux chrétiens et d'hommes de bonne volonté ».

De son côté, l'archevêque d'Aix-en-Provence et d'Arles, Mgr Christophe Dufour, a raconté avoir été témoin du démantèlement d'un camp de Roms, jeudi dernier. « Des caravanes ont été détruites. Je ne mets pas en cause les forces de police qui obéissent aux ordres. Mais je demande le respect des personnes et de leur dignité », a-t-il déclaré hier dans un communiqué, ajoutant : « Les discours sécuritaires qui peuvent laisser entendre qu'il y a des populations inférieures sont inacceptables. Ces personnes, citoyens européens, vivent pour la plupart paisiblement ici. »

La position de fermeté du gouvernement français a été rappelée au cours du week-end par Brice Hortefeux, pour qui elle « rassemble les Français ». Les critiques, assure-t-il, émanent essentiellement du « petit milieu politico-médiatique parisien » et de la « gauche milliardaire ».

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Le pape au Royaume-Uni : fin d'une visite historique (AFP) – 20 septembre 2010

LONDRES — Indubitablement historique, cinq siècles après le schisme anglican, la visite de Benoît XVI au Royaume-Uni représente un succès de relations publiques, selon les réactions initiales de ses hôtes, religieux ou pas, tandis que le Vatican célébrait "un succès spirituel".

- L'apaisement entre les deux Eglises : Le pape et le prélat anglican Rowan Williams ont exprimé dans un communiqué commun leur "accord sur l'importance d'améliorer les relations oecuméniques et de continuer le dialogue", confirmant qu'il s'agissait d'un processus et non d'un aboutissement. La visite d'Etat de quatre jours est "un succès spirituel", a commenté le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi. Mais les sujets de discorde ont été laissés de côté, à commencer par les défections ultra sensibles d'anglicans traditionalistes au profit de l'Eglise catholique.

- Le caractère historique : Trois images hautement symboliques ont retenu l'attention: le pape reçu par la reine Elizabeth II, chef de l'Eglise anglicane; le pape "en visite fraternelle" à la résidence londonienne de Mgr Williams et le pape en l'abbaye de Westminster, où se font couronner les souverains britanniques qui constitutionnellement ne peuvent pas être catholiques. Ces "premières" constituent à elles seules "un succès", selon Andrea Tornielli, vaticaniste du quotidien italien Il Giornale.

- Le débat sur le "sécularisme" : "Le pape a fait preuve d'un grand courage" notamment dans ses encouragements aux chrétiens "à exprimer fièrement leur foi dans une société séculariste," a relevé le Sunday Telegraph. "Vous avez d'évidence mis tout le pays au défi de s'arrêter et de prendre le temps de la réflexion, et ça ne peut être que bénéfique", a confirmé le Premier ministre David Cameron dans son discours d'adieu.

- L'accueil médiatique : Le changement de ton était patent à l'heure du bilan de la visite précédée d'un flot de critiques sur les abus sexuels et positions "rétrogrades" du Vatican. "Un rottweiller? Non c'est un saint papy" titrait dimanche le Sunday Times. Les deux chaînes d'information en continu --BBC et Sky News-- ont consacré des dizaines d'heures de direct à l'événement. "Qui d'autre aurait pu susciter une telle attention?" a relevé le commentateur religieux de la BBC. "Toutes les prévisions catastrophistes se sont révélées parfaitement infondées", a relevé Andrea Tornielli, du quotidien italien Il Giornale.

- Le scandale des prêtres pédophiles : Le pape a multiplié les déclarations et gestes: il a dénoncé "les crimes innommables", admis un manque de "vigilance" de la hiérarchie catholique, et reçu cinq victimes. Mais "le discours du pape est inchangé, il ne me semble pas plus fort", analyse Andrea Tornielli, vaticaniste d'Il Giornale. Selon lui, "la vraie nouveauté réside dans la rencontre avec des membres de l'organisation catholique qui travaille pour la sauvegarde des enfants". L'entrevue sans précédent fait partie des évolutions "plus qu'encourageantes", confirme Bill Kilgallon, président de la National Catholic Safeguarding Commission. Mais la plupart des autres associations de victimes continuent de réclamer "des actes, pas des mots".

- Les opposants : des milliers de personnes ont dénoncé samedi à Hyde Park les abus sexuels et l'ultra-conservatisme du Vatican en matière d'homosexualité, de contraception, et d'ordination des femmes notamment.

- La bataille des chiffres : Les observateurs entendaient jauger la popularité de Benoît XVI à l'aune de l'accueil réservé à son charismatique prédécesseur, venu 28 ans auparavant en visite "pastorale", protocolairement moins importante. Benoît XVI a rassemblé quelque 400.000 fidèles, contre un million pour Jean-Paul II.

- Le couac : L'annonce par Scotland Yard d'un complot "terroriste" contre le pape s'est avérée une fausse-alerte embarassante. Le pape a continué impertubablement son voyage, mais n'a guère apprécié la diversion, croient savoir divers médias citant son entourage.

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20/11/2010 17:35 la-croix.com BERLIN, 20 nov 2010 (AFP) - Sida: le pape autorise le préservatif "dans certains cas"

Pour la première fois un pape, Benoît XVI, admet l'utilisation du préservatif "dans certains cas", "pour réduire les risques de contamination" du virus VIH du sida, dans un livre d'entretiens à paraître mardi.

A la question: "l'Eglise catholique n'est pas fondamentalement contre l'utilisation de préservatifs ?", le souverain pontife répond: "dans certains cas, quand l'intention est de réduire le risque de contamination, cela peut quand même être un premier pas pour ouvrir la voie à une sexualité plus humaine, vécue autrement".

Dans cet ouvrage réalisé avec un journaliste allemand, intitulé "Lumière du monde", et qui aborde une multitude de sujets (pédophilie, célibat des prêtres, ordination des femmes, relation à l'Islam...) Benoît XVI cite un seul exemple pour illustrer son propos, celui d'un "homme prostitué".

"Il peut y avoir des cas individuels, comme quand un homme prostitué utilise un préservatif, où cela peut être un premier pas vers une moralisation, un début de responsabilité permettant de prendre à nouveau conscience que tout n'est pas permis et que l'on ne peut pas faire tout ce que l'on veut", dit-il.

"Mais ce n'est pas la façon à proprement parler de venir à bout du mal de l'infection du VIH. Cela doit réellement se produire dans l'humanisation de la sexualité", ajoute-t-il.

"Se polariser sur le préservatif signifie une banalisation du sexe et c'est exactement le danger que beaucoup de gens considèrent le sexe non plus comme une expression de leur amour, mais comme une sorte de drogue, qu'ils se fournissent eux-mêmes", dit-il.

Jusqu'ici, le Vatican, opposé à toute forme de contraception autre que l'abstinence, réprouvait l'usage du préservatif, même pour prévenir la transmission de maladies sexuellement transmissibles ou du sida.

En mars 2009, le pape Benoît XVI avait soulevé une immense polémique lorsque, dans l'avion qui l'amenait au Cameroun et en Angola, il avait déclaré que l'utilisation du préservatifs "aggravait" le problème du Sida, pandémie dévastatrice en Afrique.

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Préservatif: Carla Bruni-Sarkozy "reconnaissante" envers le pape (AFP) – 1er décmbre 2010

PARIS — Carla Bruni-Sarkozy s'est déclarée "étonnée, surprise et reconnaissante", après les propos du pape Benoît XVI admettant l'utilisation du préservatif pour réduire les risques de contamination avec le virus VIH du sida.

"J?ai été touchée par la très récente déclaration de Benoît XVI, et reconnaissante. Un certain nombre de pays africains sont chrétiens et écoutent beaucoup la parole du pape", a dit à la radio RTL l'épouse du chef de l'Etat français, interrogée à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida.

"Je pense que c?est un pas assez énorme vers quelque chose de très nouveau. J?ai été étonnée, surprise, et reconnaissante", a-t-elle insisté.

La première dame a également tenu à "dire aux jeunes d?être attentifs" car le sida "est une maladie très lourde, il ne faut pas l'oublier".

"Même lorsqu?on ne la développe pas de manière trop virulente, les traitements sont très lourds. C?est très grave d?attraper le VIH de nos jours (...) C?est une tragédie dans la vie d?un être humain et c?est un protocole médical extrêmement lourd. Je voudrais le dire aux jeunes qu?ils ne croient pas que c?est une aspirine que l?on prend tous les jours", a-t-elle expliqué.

Mme Bruni-Sarkozy a également affirmé que son frère, mort du sida, avait "eu la chance, malgré son décès, d?être soigné ici en France, d?être merveilleusement soigné comme on est soigné en France, d?avoir accès à tous les médicaments et à du soutien".

"Beaucoup de gens n?ont pas accès à tout cela. C'est peut-être en ce sens-là que ça me touche, mais que ça a un peu élargi mon champ de vision. Ce n?est pas parce que mon frère a malheureusement capitulé devant cette maladie, qu?il faut cesser ce combat et ne pas essayer d?offrir ce qu?il a eu, lui, à tous les humains de ce monde si possible", a-t-elle dit.

Opposé à toute forme de contraception autre que l'abstinence, le pape Benoît XVI a admis l'utilisation du préservatif "dans certains cas", "pour réduire les risques de contamination" avec le VIH, dans un récent livre d'entretiens.

L'épouse du président de la République, qui est également ambassadrice du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour la protection des femmes et des enfants contre le sida, devait s'entretenir mercredi avec des représentants de six associations de lutte contre le sida.

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10/03/2011 00:03 la-Croix.com
PARIS, 10 mars 2011 (AFP) - "Jésus de Nazareth" de Benoît XVI : à la recherche du "Jésus réel"

Le livre de Benoît XVI, "Jésus de Nazareth" (tome 2), qui paraît jeudi, exonère le "peuple" juif de toute responsabilité dans la mort du Christ, et pourrait s'intituler "à la recherche du Jésus réel".

La version française de cet ouvrage de réflexion du pape théologien portant sur la passion du Christ, depuis son entrée à Jérusalem jusqu'à sa résurrection, a été présentée mercredi au siège de la Conférence des Evêques de France à Paris, à l'occasion de l'ouverture du Carême.

D'ores et déjà, des extraits du livre, publiés la semaine dernière, ont été salués comme "un geste positif" par Israël et les organisations juives.

"Le pape fait le pari que des évangiles sort un Jésus réel, un Jésus qui fait éclater les cadres", a déclaré Mgr Eric de Moulins-Beaufort, évêque auxiliaire de Paris et membre de la Commission doctrinale de la Conférence des évêques de France.

"Il ne s'agit pas de congédier l'énorme exégèse historico-critique des écrits bibliques, mais de l'intégrer dans une démarche plus ample, celle de la recherche d'un +Jésus réel+, et non pas d'un Jésus mesuré de façon scientifique, ou d'un maître de morale".

"Il fait craquer les cadres de tout ce qui concerne les grands actes religieux : la purification, le sacrifice, l'expiation. Il fait craquer les cadres du rapport à l'universel, à la violence, au rôle de l'Etat et à la vérité. Ce qui ressort de ce livre, c'est la cohérence de Jésus. Jésus qui a vraiment l'air d'exister, en chair en os. Un Jésus que chacun peut rencontrer".

"Ainsi, a souligné l'évêque auxiliaire de Paris, une des grandes clés de cet ouvrage repose sur l'unité entre l'Ancien et le Nouveau Testament. Lorsque Benoît XVI commente les paroles et gestes de Jésus, c'est toujours en se référant à l'Ancien Testament, à ses figures historiques".

"L'élément le plus certain est qu'on ne peut comprendre le Nouveau Testament qu'à partir de l'Ancien Testament".

"Jésus a vécu vraiment comme un Juif, et lorsqu'il sort de ce cadre, lorsqu'il dépasse le Judaïsme, c'est toujours dans le sens vers lequel le Judaïsme pointait lui-même. Il se situe, pour Joseph Ratzinger, dans cette continuité d'un dépassement d'Israël, mais attendu par Israël lui-même".

Où l'on rappelle, au fil du livre, que l'entrée triomphale de Jésus, juché sur un âne, à Jérusalem se réfère à la tradition du roi David; que la purification du Temple de ses marchands et changeurs de monnaies romaines à effigie idolâtres est une stricte observance de la Loi de Moïse.

Mgr de Moulins-Beaufort note que le pape théologien évoque également la figure d'Isaïe, le serviteur souffrant, ou le grand Psaume de l'Israël souffrant ("Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné").

"Au passage, le pape accroche des réflexions, soit parce qu'il discute de points historiques, soit parce qu'il profite de telle ou telle phrase de Jésus pour faire un développement de nature plus théologique".

Enfin, Mgr de Moulins Beaufort estime que "Jésus de Nazareth n'est ni un livre pieux ni un livre moralisant".

"Jésus de Nazareth, Tome 2", (350 pages, 22 euros) est publié en France aux éditions du Rocher (groupe Parole et Silence). Il paraît jeudi en sept langues : allemand, italien, anglais, espagnol, français, portugais et polonais.

L'ouvrage est co-signé Joseph Ratzinger-Benoît XVI et fait suite au premier volume, paru en 2007, portant sur la période allant du baptême de Jésus dans le Jourdain à la transfiguration. Un troisième volume devrait être consacré aux évangiles de l'enfance du Christ.

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Benoît XVI met l'accent sur la confession, sacrement délaissé et suspecté De Jean-Louis DE LA VAISSIERE (AFP) – 20 août 2011

MADRID — En confessant samedi quatre jeunes pèlerins des JMJ, le pape Benoît XVI met l'accent sur le sacrement catholique de pénitence, ignoré par de nombreux fidèles et perçu avec suspicion par la société civile car maintenant le secret sur l'aveu de crimes comme la pédophilie.

C'est la première fois dans le cadre de ce rassemblement de la jeunesse catholique mondiale qu'un pape administre lui-même ce sacrement, mais durant toute la durée des JMJ, 200 confessionnaux en toile blanche dans le parc du Retiro n'ont pas désempli.

Pour Benoît XVI, ce sacrement par lequel Dieu, par l'intermédiaire du prêtre, donne son pardon au pécheur pour les fautes qu'il vient confesser, est central dans la vie chrétienne, et correspond à une démarche de vrai repentir et de réconciliation décrite dans l'Evangile. Comme Jean Paul II avant lui, il a insisté pour qu'il soit fait sérieusement.

En annonçant la semaine dernière l'octroi d'une indulgence plénière (pardon des fautes) pour les pèlerins, traditionnellement accordée à chaque JMJ, le Vatican a précisé que ce pardon accordé par l'Eglise ne serait valide que si le pèlerin faisait la démarche de se confesser sincèrement avant d'aller communier.

La confession a mal résisté au séisme de l'ouverture de l'Eglise, lors du Concile Vatican II (1962-65). Auparavant, elle était synonyme de liste de péchés qu'on égrène à un prêtre invisible derrière les grilles d'un sombre confessionnal. Démarche souvent traumatisante, automatique, répétitive, obligée.

L'Eglise de l'après-concile a insisté sur le caractère volontaire de la démarche, l'a renommée "sacrement de réconciliation". Elle a même procédé à ses absolutions collectives. Un excès en sens contraire pour Jean Paul II et Benoît XVI, dénoncé comme rendant la confession trop facile.

A l'heure où les cabinets de psys ne désemplissent pas, l'Eglise remet au goût du jour l'entretien avec le prêtre au moment de la confession, y voyant une démarche essentielle vis-à-vis de Dieu, de l'autre offensé, de soi.

Les jeunes découvrent souvent la confession pour la première fois aux JMJ.

Or, ce "sacrement de pénitence" est par ailleurs vu avec un oeil critique par la société laïque, à cause de son passé chargé.

Il a permis à certains prêtres de contrôler leurs ouailles, d'exercer la manipulation mentale, d'instaurer l'angoisse chez des jeunes fragiles. Surtout, c'est souvent à l'occasion des confessions, dans les collèges, qu'ils commettaient des actes pédophiles, de l'Irlande aux Etats-Unis ou en Allemagne.

Aujourd'hui la question du secret de la confession est une bombe à retardement: certaines propositions législatives sont envisagées, en Irlande et en Australie notamment, prévoyant des poursuites contre les prêtres qui, entendant en confession un autre prêtre confesser un péché pédophile, ne le dénonceraient pas à la police.

Or, le tabou du secret de la confession, stipulé par l'article 983 du Code de droit canon, est total: ce secret est inviolable, le prêtre n'étant dans cette dimension religieuse que l'intermédiaire entre le pécheur et Dieu.

Tout ce que peut faire le confesseur, c'est de refuser l'absolution des péchés à l'auteur du crime tant qu'il n'est pas allé se dénoncer, et de l'encourager fortement à le faire. Les nouvelles directives anti-pédophilie de l'Eglise vont dans ce sens.

Par contre, un prêtre enfreignant le secret de la confession encourt l'excommunication. Certains évêques traduits devant des tribunaux sous l'accusation d'avoir couvert des pédophiles se sont d'ailleurs défendus en affirmant qu'ils étaient tenus par le secret de la confession.

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Benoît XVI et le Vatican nagent en pleine crise Bruno Bartoloni - publié le 29/05/2012 http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/benoit-xvi-et-le-vatican-nagent-en-pleine-crise-29-05-2012-2527_118.php

Une semaine difficile s'est achevée pour le Vatican, révélatrice de tensions qui travaillent le plus petit État du monde. "En possession illégale de documents confidentiels", l'ancien majordome de Benoît XVI a été arrêté par la gendarmerie vaticane, et un vote de défiance du Conseil d'administration de l'Institut pour les oeuvres de religion (IOR) a, par ailleurs, eu lieu à l'encontre d'Ettore Gotti Tedeschi, expert de "l'éthique de la finance". De plus, depuis le 26 mai, est sorti en Italie un livre, "Sua Santita" ("Sa Sainteté"), qui reproduit des dizaines de fax et de lettres secrètes dont le pape est le destinataire ou a eu connaissance, et qui ont ensuite été livrés à l'auteur, le journaliste Gianluigi Nuzzi. A cette occasion, Le Monde des Religions vous propose de relire ici sur son site, son enquête intitulée "Les secrets du Vatican", parue en mars 2011.

Les secrets du Vatican

Berger d’1,2 milliard de fidèles dans le monde, le pape est aussi, depuis les accords du Latran entre Pie XI et Mussolini, le souverain absolu de ce minuscule territoire. Justice, gestion commerciale et financière : un vrai casse-tête quotidien, parfois à l’origine de scandales.

Le Vatican est à lui seul un paradoxe. Fort d’une densité démographique insignifiante - 492 habitants, des citoyens presque tous immigrés, y compris son souverain -, il est aussi l’un des états le plus militarisé du monde. La population compte pour moitié des gendarmes et des gardes suisses, la dernière armée officielle de mercenaires. Les femmes ne dépassent pas la douzaine et, évidemment, la natalité y est presque nulle. Le pape, souverain absolu de ce minuscule territoire (44 hectares), plus petit même que sa propriété à la campagne, est aussi le chef incontesté d’1,2 milliard de fidèles dans le monde (1).

La colline sacrée de Jupiter

Si le Vatican n’a qu’un demi-siècle de vie (né en 1929 des accords du Latran entre Pie XI et Mussolini), il est pourtant l’héritier d’un royaume de 1 800 km2, qui regroupa 3,5 millions d’habitants et coupa l’Italie en deux jusqu’en 1870. Personne n’oserait l’avouer, mais au fond, il est probable qu’un jour, le Vatican n’existe plus. Et que son chef actuel et ses collaborateurs travaillent à sa fin. Car le jour (lointain) où les 2,3 milliards de chrétiens d’Occident et d’Orient actuellement divisés retrouveront leur unité autour d’un pape doté d’une primauté d’honneur, soit simplement symbolique, l’état pontifical n’aura plus aucune raison d’exister. Si ce n’est au même titre que Westminster à Londres, le Phanar à Istanbul ou encore l’église des Douze Apôtres à Moscou.

Bien avant les papes, le Vatican était déjà un lieu sacré : il tire son nom de « vaticinations », qui désignait, il y a 3 000 ans, une vaste zone marécageuse dominée par deux collines, l’une consacrée au dieu Janus, le Gianicule, et l’autre consacrée à Jupiter vatican, chargé des vaticinations et des horoscopes. Romulus y fut enterré en 716 avant notre ère, probablement à quelques centaines de mètres de saint Pierre. Le tombeau de ce dernier aurait été retrouvé il y a à peine soixante-dix ans - du moins officiellement reconnu comme tel par le pape Paul VI en 1964. à la Renaissance, le Vatican devint un lieu de débauche, selon Gaetano Moroni, le coiffeur du pape Grégoire XVI (1831-1846), auteur d’un gigantesque dictionnaire d’érudition ecclésiastique en 103 tomes. C’était un endroit à éviter, où le vin extrait de ses vignes était considéré comme un poison - « Vaticana bibis, bibis venenum », écrivait déjà au Ier siècle le poète Martiale. Deux mille ans plus tard, le seul qui l’apprécia fut le pape Léon XIII. Mais il en buvait tout seul, car même son vigneron s’y refusait !

Curie et « gouvernement central »

Depuis 1929, l’Italie reconnaît la pleine propriété du territoire du Vatican et sa juridiction souveraine au Saint-Siège, un terme qui englobe non seulement le souverain pontife mais aussi l’organisme central de la curie romaine. Le Vatican, en tant que municipalité, entretient uniquement des rapports avec des institutions techniques internationales, telles Interpol ou l’Association médicale mondiale. Et c’est bien auprès du Saint-Siège que les ambassadeurs du monde entier (près de 200) sont accrédités, dans la mesure où il constitue « l’autorité suprême de l’église catholique », son « gouvernement central ».

Le pape est secondé par un cardinal secrétaire d’état (Tarcisio Bertone), lui-même assisté par un « substitut au secrétariat d’état » (Mgr Fernando Filoni), qui est un peu le « pivot » du système, et par un « secrétaire aux rapports avec les états » (le Corse Mgr Dominique Mamberti), l’équivalent d’un ministre des Affaires étrangères. Le secrétariat d’état compte un personnel de quelque 150 prélats et laïques. Les neuf ministères (ou congrégations) du gouvernement central sont chargés du contrôle de la doctrine, des églises d’Orient, du culte et des sacrements, des nouveaux saints, des évêques, des missions, du clergé, des religieux, de l’éducation catholique. Les questions concernant les laïques, l’unité des chrétiens et les rapports avec les Juifs, la famille, la justice et la paix, les initiatives charitables, les émigrés et les gitans, le monde de la santé, la législation, le dialogue interreligieux et l’islam, la culture et enfin les médias, sont confiés à onze conseils pontificaux.

Des « tribunaux des âmes »

La justice vaticane est constituée de deux ordres : d’un côté, les « tribunaux des âmes », aptes à juger les fidèles du monde entier ; de l’autre, les « tribunaux des hommes » destinés aux citoyens du petit état et aux visiteurs plus ou moins pieux qui y pénètrent. En réalité, mis à part de petits larcins ou les quelques joints qui franchissent la frontière, les cas sensationnels sont rares mais mémorables. Le dernier a eu comme protagoniste le caporal de la garde suisse, Cédric Tornay, 23 ans, qui aurait tué, le 4 mai 1998, son commandant Alois Estermann et son épouse Gladys Romero, avant de se donner la mort d’une balle dans la bouche. L’affaire reste mystérieuse, car les avocats de la famille de Cédric Tornay, qui n’ont jamais pu mettre leur nez dans le dossier, ont toujours contesté les conclusions du tribunal du Vatican. La « folie soudaine » du caporal a été justifiée par le refus de son commandant de lui accorder la médaille « Benemerenti ». Un refus peu banal, puisqu’il s’agit d’un certificat de bons services très important en Suisse (tous les gardes ont cette nationalité) pour trouver un travail. La réaction du caporal semble tout de même disproportionnée.

L’ombre des services secrets français et de l’Opus Dei plane sur cette affaire. Le soi-disant assistant spirituel du caporal, un certain Yvon Bertorello, est le dernier à lui avoir parlé au téléphone. Cet homme, qui a crié à pleine voix aux obsèques de Cédric Tornay : « Ils l’ont tué ! », est un personnage douteux, selon le juge et le procureur du tribunal du Vatican. Ce supposé ecclésiastique, apparemment bien connu des services français, n’est même pas un prêtre. Et en dépit du supplément d’enquête souhaité par le tribunal, on l’a vu réapparaître à bord de l’avion de Benoît XVI, lors de sa visite en France, comme correspondant d’une agence de presse recommandé par le diocèse de Paris.

Un autre cas extraordinaire qui donna lieu à un véritable procès dans la petite salle des audiences du tribunal, au cœur des jardins du Vatican, concerna des techniciens du standard téléphonique du petit état, accusés en 1969 d’un vol dans l’appartement du pape Paul VI. Rien de moins. Relativement modeste, le butin était constitué d’un « grisbi » de quelques médailles d’or et d’autres objets précieux. L’indignation suscitée par cette impudence tint surtout au fait qu’elle révélait l’inquiétante vulnérabilité de la maison du chef de l’église. Enfermés pendant quelques semaines dans une chambre de sécurité, les auteurs du larcin furent condamnés à une peine légère, qu’ils ne purgèrent jamais… faute de véritable geôle. La seule prison du Vatican avait déjà été recyclée en atelier pour un tailleur. Le Saint-Siège se débarrasse ainsi volontiers des criminels pour les confier à la justice italienne, en vertu des accords du Latran.

Du port officiel au supermarché

Pour le reste, cet état miniature possède tout ce qu’il faut pour préserver son autonomie, si ce n’est une décharge à ordures, de l’eau (en dépit de ses cent fontaines crachant parfois des anguilles venant du lac de Bracciano) et de l’énergie. Il doit pour cela compter sur l’Italie, même si, depuis quelque temps, les toits du Vatican se couvrent de piles solaires. Derrière la basilique Saint-Pierre, il y a même un port officiel, tristement vide et sans marées depuis soixante ans. Il se trouve… sur le papier, dans un tiroir du palais du gouverneur, sous le registre naval également vide. Au même titre que les pays qui n’avaient pas de débouchés sur la mer mais qui ont quand même été autorisés par une convention internationale à se doter d’une marine nationale, celle du Vatican est née en 1951. La demande du premier et unique candidat à battre le pavillon de la flotte pontificale fut rejetée la même année. Il s’agissait d’un missionnaire franciscain dans la baie d’Hong-Kong. L’amiral du Vatican s’en était méfié.

Avant cela, dans les années 1940, la création d’une marine du Saint-Siège avait été envisagée lorsque le maréchal Philippe Pétain l’avait suggéré à Pie XII, afin d’assurer le transport des denrées aux victimes de la guerre. Il ne fut pas pris au sérieux. Néanmoins, la loi du Vatican est très détaillée sur le drapeau, sur les devoirs du commandant ou du mousse, ainsi que sur les amendes à infliger aux bateaux pirates qui oseraient hisser le pavillon jaune et blanc du pape.

Pas d’aviation pour les papes itinérants. Ils en auraient le droit mais elle coûterait trop chère. Un simple héliport fut créé au sommet de la colline par Jean Paul II. Une gare - et ses 300 m de voie ferrée - existe à la frontière nord-ouest de l’état : un véritable chef-d’œuvre de marbre offert en 1931 par Mussolini. Le trafic de passagers y est pratiquement nul, même si les rares fois où Jean XXIII, Paul VI et Jean Paul II en profitèrent restèrent historiques. Ayant peu d’intérêt, le trafic commercial y est plus que modeste. Ainsi, la moitié de la gare fut transformée en une galerie marchande de produits de luxe, essentiellement fréquentée par les ambassadeurs auprès du Saint-Siège et leur personnel.

Le supermarché du Vatican, l’Annona, est plus populaire. Les quelque 5 000 employés et retraités (le personnel du Saint-Siège et celui de la cité du Vatican) y ont accès - et parfois même les amis de leurs amis. Les produits y sont exempts de TVA et autres impôts. Derrière la pharmacie, ouverte à tous, la Poste centrale est toujours vide. Pèlerins et collectionneurs lui préfèrent les postes de la place Saint-Pierre. Depuis quelques années, la librairie du Vatican a ouvert, à côté de la basilique, un magasin qui s’est transformé en une maison d’édition responsable du copyright des best-sellers des derniers papes. Les Salésiens l’administrent. Ce sont eux aussi qui gèrent l’Osservatore romano, le journal officiel du Vatican, toujours en déficit, car ses pages sont interdites à toute publicité non-religieuse, également proscrite à Radio Vatican et au sein de la plus récente télévision. Elles tentent de combler le manque en vendant aux fidèles cds et vidéos sur l’activité du pape.

Les trésors de la bibliothèque

Avec 7 km d’expositions et de nombreux chefs-d’œuvre, les musées s’en tirent bien grâce aux 4 millions de visiteurs annuels. Par contre, la bibliothèque du Vatican et ses trésors engendrent des frais exorbitants, notamment dus à une gigantesque opération d’informatisation de ses ressources - elle vient de rouvrir après trois ans de travaux. Elle abrite près de 70 000 manuscrits, un million de livres, des centaines de milliers de gravures, de pages enluminées, de miniatures. On y trouve une Divine Comédie de Dante Alighieri illustrée par Sandro Botticelli, le sublime Traité de fauconnerie signé par Frédéric II, des textes manuscrits de Luther, Galilée, Léonard de Vinci, Michel-Ange, Mozart et Catherine de Médicis. S’y cache aussi la demande d’autorisation de divorce qu’Henri VIII fit au pape en 1527, ainsi que l’acte d’abdication de Christine de Suède de 1654, authentifié par 306 sceaux en or des députés du Parlement, que deux personnes ont du mal à soulever.

Au-delà des paradoxes, voilà le vrai problème du Vatican : le coût de l’entretien de ces trésors. Si cet état possède d’énormes richesses artistiques, il ne produit rien, et ses revenus ordinaires restent faibles. Notamment pour faire tourner l’appareil bureaucratique. Le budget du Saint-Siège ressemble davantage à celui d’une tout petite entreprise qu’à celui d’un état. En 2009, les 250 millions d’euros de recettes ne parvenaient pas à couvrir les 254 millions d’euros de dépenses dues aux frais de gestion - ordinaires et extraordinaires - et aux salaires des 2 762 employés (766 ecclésiastiques, 344 religieux et 1 652 laïques). En tant que municipalité, la cité du Vatican accuse, elle, une dette d’à peu près 8 millions d’euros. En cause, les frais de gestion et les salaires de ses 1 891 employés (38 religieux, 27 religieuses, 1 543 laïques et 283 femmes laïques), mais aussi les dépenses extraordinaires telles que celles qu’ont engendrées la restauration de la bibliothèque du Vatican ou l’installation d’un système de sécurité très perfectionné.

Depuis sa fondation en 1929, cinq décisions importantes ont marqué l’histoire des finances du Saint-Siège. La première, prise par Mussolini la même année, fut de dédommager le Vatican pour l’annexion des états pontificaux à hauteur de 1,5 milliard d’euros en liquide et en titres d’état, de lui accorder toute une série d’exemptions d’impôts sur ses propriétés et de garantir le salaire des évêques et des prêtres de la péninsule. Pie XI confia la gestion de ces capitaux à l’Administration du patrimoine du siège apostolique (l’Apsa), qui existe toujours.

Des placements parfois douteux

Deuxième décision : conseillé par Francis Spellman, le très pragmatique futur cardinal de New York, Pie XII investit ces fonds en or aux États-Unis. Une idée géniale au moment où la Deuxième Guerre mondiale éclatait… à l’issue du conflit, le Saint-Siège récupéra son or et investit dans des sociétés « fiables », d’après les conseils du cardinal Spellman et en accord avec des financiers et des hommes politiques de la démocratie chrétienne. Le Vatican devint propriétaire de sociétés telles que Ceramiche Pozzi, Condotte, Pantanella et Immobiliare - cette dernière est tenue pour responsable du « deuxième sac de Rome », provoqué par une spéculation immobilière féroce dont la capitale italienne subit aujourd’hui encore les retombées.

Troisième décision : Exténué par les attaques constantes du Parti communiste, qui accusait le Vatican d’être un mauvais employeur, et conscient des lourdes conséquences électorales que cela pourrait faire peser sur la démocratie chrétienne, Paul VI, le « pape de gauche », estima vers la fin des années 1960 que le Saint-Siège devait renoncer à toute participation majoritaire dans des sociétés et diversifier au maximum son portefeuille d’actions. Cette décision engendra une réduction importante des recettes, augmenta le déficit et eut même des retombées gênantes, quand le Vatican se livra à des participations hasardeuses dans le capital du casino de Monaco, de sociétés pharmaceutiques produisant des contraceptifs ou encore de fabricants d’armes.

Au même moment, Paul VI créa une préfecture pour les affaires économiques du Saint-Siège, une sorte de ministère du Budget. Il souhaitait contrôler de plus près non seulement l’Apsa, mais aussi la banque, c’est-à-dire l’Institut pour les œuvres de religion (IOR) qu’il confia à Mgr Paul Marcinkus. Ce prêtre athlétique d’1,91 m, au swing redoutable sur les terrains de golf, ami du cardinal de Boston, Richard Cushing, et de la famille Kennedy, avait été envoyé à Rome pour des études diplomatiques. Entré dans l’entourage de Paul VI pour un stage, il y resta à plein-temps. Très sympathique, il organisait des barbecues à Castel Gandolfo et accompagnait à l’étranger le secrétaire du pape qui ne connaissait pas un mot d’anglais. C’est malgré lui qu’il sera catapulté à la tête de la banque vaticane (après avoir suivi une formation en urgence aux États-Unis), Paul VI ayant besoin d’un homme de confiance absolue.

La tentation mafieuse

Pour redresser les finances de la banque et équilibrer le budget du Saint-Siège, ce prélat américain très pragmatique estima que toute initiative était bienvenue - la fin justifiant les moyens. Au cours des vingt ans de « gestion Marcinkus », l’IOR perdit ainsi, dans la jungle financière italienne, la bagatelle de 300 millions de dollars. Et les coups de théâtre ne manquèrent pas. Paul Marcinkus fit notamment affaire avec le financier Michele Sindona, proche de la mafia. Incarcéré aux États-Unis puis transféré dans une prison italienne, ce Sicilien mourut, en 1986, après avoir avalé un café… au cyanure. Marcinkus entretint également des liens très étroits avec le catholique milanais Roberto Calvi, un banquier responsable de sa propre faillite, qui fut retrouvé pendu, en 1982, sous un pont de Londres. Mgr Marcinkus eu plus de chance : de retour aux États-Unis, il mourut en simple prêtre le 28 février 2006, dans un village perdu du désert de l’Arizona.

Blanchiment et « nettoyage »

Malgré ces liens troubles, le 9 mai 1993, Jean Paul II lança depuis la Sicile un message très dur aux mafiosi, en les invitant à se repentir. Réponse de la mafia : le 28 juillet, deux bombes explosent devant Saint-Jean du Latran, la cathédrale du pape à Rome, et devant l’église historique de Saint-George du Vélabre. Une manière de rappeler au pape que ses prédécesseurs avaient su y trouver leur compte… Ce message, limpide, vient d’être confirmé par le livre Vaticano Spa du journaliste Gianluigi Nuzzi, qui hérita, tout à fait par hasard, des archives d’un prélat contrôleur des finances vaticanes aujourd’hui décédé : des capitaux importants appartenant à la mafia sont passés par la banque du Vatican pour y être blanchis. Aujourd’hui encore, cette banque toute particulière - qui n’a pas toujours respecté les normes internationales, avec ses investissements louches et ses clients mystérieux - fait face à de nombreux problèmes. Il y a quelques semaines encore, le tribunal de Rome annulait une transaction de l’IOR à destination de banques italiennes. Montant : 23 millions d’euros. Motif : la violation des normes sur le blanchiment d’argent…

Quatrième décision : c’est grâce à une idée inattendue que Jean Paul II parvint à résoudre la « quadrature du cercle ». En 1982, lors de son deuxième consistoire extraordinaire consacré aux finances, le pape tint, en substance, un discours de patron que l’on peut résumer ainsi : « Depuis la crise due à la réforme de Vatican II (1962-1965), en tant que chef de la multinationale église, je me promène dans le monde pour relancer les filiales en perte d’enthousiasme. Maintenant, c’est au tour des églises locales de participer. Car le gouvernement central, ce n’est pas “mon” affaire, mais c’est “notre” affaire. Autrement dit, on ne peut pas s’en tirer seuls à Rome. » Jean Paul II estime que les églises nationales du monde entier doivent payer des impôts. Ils seront bien sûr proportionnels à leurs moyens et les diocèses pauvres en seront dispensés - voire, ils pourront éventuellement être aidés. Les ordres et les communautés religieuses devront contribuer selon les mêmes critères. Malgré une première résistance de la part des religieux, en particulier des religieuses, cette réforme historique devint progressivement réalité et le Saint-Siège ne connut plus de déficit dans son budget. En 2009, le montant des impôts collectés s’élevait à 25 millions d’euros (États-Unis et Allemagne en tête).

La dernière décision importante est celle, récente, de Benoît XVI, qui souhaite réformer la banque, pour en faire une institution transparente acceptable au sein de la « White List » des banques mondiales. Bien évidemment, le « nettoyage » des comptes et des finances prendra beaucoup de temps, trop de « zones grises » s’étant accumulées. à cette occasion, le pape a créé une autorité d’information financière, afin de contrôler la banque (dirigée par Ettore Gotti Tedeschi, un catholique proche de l’Opus Dei, auteur de l’essai Argent et paradis), l’Apsa, l’administration de la cité du Vatican et même la « congrégation de l’évangélisation ». Il s’agit de l’« empire missionnaire » dont le cardinal préfet Crescenzio Sepe fut considéré comme le « pape rouge » en raison de son autonomie, et qu’un récent scandale vient d’ébranler. Alors à la tête de la congrégation, Crescenzio Sepe avait « bradé » une des propriétés de l’institution à un ministre italien. Ce dernier, quand Sepe était devenu archevêque de Naples, lui avait accordé en retour une subvention de 5 millions d’euros pour restaurer l’immeuble de son dicastère…

Un sacrifice bénéfique

Le 20 janvier dernier, Benoît XVI a nommé à la tête de cette autorité financière le cardinal milanais Attilio Nicora, un prélat très avisé qui avait négocié avec Bettino Craxi, le président du Conseil des ministres italien, la révision du Concordat, en 1984. Nicora, surjouant le sacrifice, avait alors renoncé aux salaires que versait aux prêtres l’état italien, mais avait obtenu, comme « modeste compensation », un pourcentage (8 pour 1 000) sur les impôts de la population (lire encadré en p. 38). Cette année encore, sans compter d’autres avantages, cette « compensation » a rapporté plus d’un milliard d’euros dans les caisses de l’église catholique. « L’argent n’est que l’excrément du diable », avait souligné un jour Romano Prodi, le Premier ministre italien, lors d’un congrès en présence de nombreux ecclésiastiques. « Bien sûr, mais les excréments de Satan peuvent servir à engraisser les champs du Seigneur », lui avait répondu un prélat. Aucun doute, les champs du Seigneur fleurissent bien sur la colline du Vatican.

(1) Jusqu’en 1969 (date de l’abolition de la peine capitale), le pape avait droit de vie et de mort sur ses sujets.

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http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/manifestations-antiamericaines-les-islamistes-ont-pour-ennemis-des-islamistes_1163192.html

Manifestations antiaméricaines: les islamistes ont pour ennemis des islamistes Par Christian Makarian, publié le 19/09/2012 à 13:05, mis à jour à 16:02

Pour qu'une oeuvre si misérable sur le plan cinématographique ait provoqué un tel incendie, il a fallu qu'un réseau planétaire de "chauffeurs de foule" donne toute la mesure de son savoir-faire. De fait, le vrai film -L'Innocence des musulmans- s'est joué sur la scène de l'actualité mondiale ; et le public ciblé représentait potentiellement plus de 1 milliard de musulmans. Non seulement cet embrasement prémédité a provoqué la mort de quatre diplomates américains, dont l'ambassadeur en Libye, mais il s'est ensuivi une flambée de violence qui a gagné bon nombre de capitales, de Jakarta à Tunis, en passant par Dacca, Bagdad ou Le Caire. Derrière cette éruption antioccidentale apparaissent les menées extrémistes et une nouvelle menace -paradoxale- qui pèse désormais sur les régimes issus du printemps arabe.

Appuyer sur le bouton "blasphème" est redoutablement efficace

Par son caractère affreusement mauvais, L'Innocence des musulmans n'est pas digne du moindre intérêt; on a connu, du reste, plusieurs tentatives comparables, telle la vidéo Fitna, diffusée sur Internet, en 2008, par le leader populiste néerlandais Geert Wilders. Cette fois, on voit des fanatiques attaquer et tuer des chrétiens coptes, grâce à la passivité affichée de la police égyptienne. Jusque-là, rien que de très véridique. Où le propos se radicalise et se veut profondément offensant pour tout l'islam, c'est quand le si piètre cinéaste établit un lien direct entre les exactions commises de nos jours et le message, comme la personne, de Mahomet. Le Prophète est représenté à visage découvert sous des traits injurieux, destinés à choquer ses fidèles de la manière la plus agressive qui soit. Cela n'a rien, hélas, de franchement nouveau; quelques minutes à peine suffisent à trouver sur Internet une infinité de montages qui insultent tout autant le Coran que la religion juive ou la figure de Jésus.

On peut certes s'indigner du contenu de ce court-métrage (comme l'a fait Hillary Clinton); c'est beaucoup d'honneur pour une telle pitrerie et, de toute façon, un piège pour l'équipe de Barack Obama. La bouillie cinématographique est protégée par le premier amendement de la Constitution américaine portant sur la liberté de religion et d'expression: Mitt Romney s'est engouffré dans la brèche et Obama a enjambé la chausse-trape. Mais c'est, de loin, l'exploitation politique qui soulève le plus d'interrogations. Il est évident que l'auteur de cette fiction (qui s'est d'abord proclamé israélien avant de se dire copte égyptien) inspire la plus forte suspicion. Or, qu'on le veuille ou non, il y aura encore d'autres provocations de ce type... Le plus effarant est l'effet automatique provoqué par ces pamphlets digitalisés et le passage instantané du navet au carnage, du niveau le plus dérisoire au pire stade dramatique. Malheureusement, appuyer sur le bouton "blasphème" est redoutablement efficace. Le court-métrage caricature sauvagement des fondamentalistes prêts à tuer; moyennant quoi, la réalité dépasse la fiction. C'est, pour tout musulman empreint des principes de paix, un lien de causalité aussi offensant que le film lui-même.

S'il se confirme que cette furie est manipulée par différents groupes intégristes ayant pignon sur rue (dont les salafistes), déterminés à déstabiliser par la violence les gouvernements en place, il faut s'attendre à ce que les islamistes nouvellement installés au pouvoir -en Egypte, en Libye, en Tunisie...- trouvent en ces agitateurs leurs nouveaux et leurs pires adversaires. En quelque sorte, il reviendrait alors aux islamistes responsables, ceux qui ont tout intérêt à réussir et à ne pas défier le monde entier, d'arrêter et de châtier les islamistes irresponsables. Ce qui annonce une autre sacrée secousse.

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http://www.la-croix.com/Religion/Urbi-Orbi/Rome/Benoit-XVI-renouvelle-son-appel-au-dialogue-entre-chretiens-et-musulmans-_NG_-2012-09-19-855089 Benoît XVI renouvelle son appel au dialogue entre chrétiens et musulmans

Devant 7000 pèlerins réunis mercredi 19 septembre salle Paul VI, au Vatican, pour l’audience générale hebdomadaire, Benoît XVI a évoqué longuement son voyage au Liban.

Benoît XVI a souligné à nouveau qu’il avait « fortement voulu » ce voyage, parce qu’« un père doit toujours être aux côtés de ses enfants lorsqu’ils affrontent des problèmes graves » . Ces « extraordinaires journées » , cet « événement ecclésial émouvant » , « cette étonnante manifestation de foi, ce signe prophétique de paix », ont été pour le pape « une occasion providentielle de dialogue vécu dans un pays complexe mais emblématique de toute la région, en raison de sa tradition de vivre ensemble et de collaboration efficace entre les diverses composantes religieuses et sociales. »

« Un signe d’espérance fort »

Faisant référence « au conflit terrible qui tourmente la Syrie, causant, outre des milliers de morts, un flot de réfugiés qui se répandent dans la région en recherche désespérée d’un avenir et de la sécurité » , et aussi à « la situation difficile en Irak » , le pape s’est réjoui d’avoir vu durant son voyage, « les habitants du Liban et du Moyen-Orient - catholiques, représentants des autres Églises, des communautés ecclésiales et des diverses communautés musulmanes - vivre avec enthousiasme et dans un climat détendu et constructif, une importante expérience de respect mutuel, de compréhension et de fraternité, qui constitue un signe d’espérance fort pour toute l’humanité. »

Benoît XVI a de nouveau particulièrement insisté sur l’accueil que lui ont réservé les musulmans « avec un grand respect et une considération sincère. Leur présence constante et participative m’a permis de lancer un message de dialogue et de collaboration entre le christianisme et l’islam. » « Il me semble, a ajouté le pape, qu’est venu le moment de donner ensemble un témoignage sincère et décisif contre les divisions et contre les guerres. »

Sa rencontre, au palais présidentiel de Baabda, avec les chefs des communautés religieuses musulmanes « s’est déroulée dans un esprit de dialogue et de bienveillance mutuels » . Et le pape a constaté : « Le monde a besoin aujourd’hui de signes clairs et forts de dialogue et de collaboration. Sur ce plan, le Liban a été et doit continuer à être un exemple pour les pays arabes et pour le reste du monde. »

Touché par l’affluence du dimanche matin

Revenant sur la difficile situation des chrétiens orientaux, Benoît XVI a lancé : « Le pape ne les oublie pas ! » Touché de la forte affluence (350 000 personnes) à la messe qu’il a célébrée dimanche 16 septembre sur le front de mer de Beyrouth, le pape a rappelé : « Dans un contexte marqué par des conflits très durs, j’ai attiré l’attention sur la nécessité de servir la paix et la justice, en devenant des instruments de réconciliation et des constructeurs de communion. »

Pour sa part, revenant dans L’Osservatore Romano du 19 septembre sur ce voyage, le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Églises orientales, estime que la disparition des chrétiens d’Orient est « un risque réel » . « Et, a-t-il ajouté, il ne concerne pas seulement les catholiques, mais également les orthodoxes. Ils doivent se confronter avec la force écrasante de la majorité musulmane. » Mais il s’est dit « confiant », car « l’islam, le vrai, s’est toujours distingué par le respect et la tolérance à l’égard des autres » .

Enfin, samedi 22 septembre à Castel Gandolfo, Benoît XVI recevra en audience George Sabra, porte-parole du Conseil national syrien, qui fédère les opposants au régime de Bachar-Al-Assad. Celui-ci devrait également rencontrer, à Rome, divers responsables de l’Église. Néanmoins, selon l’agence de presse italienne Adnkronos, en raison de risques possibles d’instrumentalisation, le Saint-Siège a souhaité que George Sabra soit reçu par le pape au sein d’une délégation de l’Internationale démocrate-chrétienne menée par le député italien Pier Ferdinando Casini. F. M. (à Rome)

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Le Pape se dit «heureux d'être sur Twitter» Par Jean-Marie Guénois Mis à jour le 12/12/2012 à 15:39 | publié le 12/12/2012 à 12:54 http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/12/12/01016-20121212ARTFIG00543-le-pape-se-dit-heureux-d-etre-sur-twitter.php

Dans son premier tweet, le Pape s'est dit heureux d'entrer en contact avec les utilisateurs de Twitter. Il «donne sa bénédiction à tous». Le Vatican espère qu'il aura un million d'abonnés d'ici à Noël.

«Chers amis, c'est avec joie que je m'unis à vous par Twitter», a écrit le Pape sur le compte @pontifex. «Merci pour votre réponse généreuse. Je vous bénis tous de grand cœur.» Dix jours après la création d'un compte sur le réseau social Twitter, le Pape a publié son premier tweet. Il accorde la bénédiction à ses abonnés. Puis, en réponse à la question «Comment peut-on mieux célébrer l'Année de la foi dans notre vie quotidienne?»: «En parlant avec Jésus par la prière, en écoutant ce qu'il nous dit dans l'Évangile, et en le cherchant dans ceux qui sont dans le besoin.»

Ses «followers» devraient être un million pour Noël. Tel est le «cadeau» que les services de communication du Vatican voudraient offrir à Benoît XVI. Un pari réaliste: au moment du lancement de son premier tweet, ce mercredi, le nombre de ses abonnés frôle déjà les 700.000, 659.971 exactement.

Six fois moins que le dalaï-lama

Un million d'abonnés, ce sera encore six fois moins que le compte du dalaï-lama, ouvert dès le début de l'aventure Twitter, ce réseau social sur Internet où les abonnés communiquent par des micromessages de 140 caractères maximum. Mais avec plus d'un milliard de catholiques dans le monde, il est prévisible que le compte @pontifex rattrape assez vite celui du bouddhiste le plus connu de la terre.

Curieux nom de compte d'ailleurs que «pontifex», mais, pour le Vatican, il a fallu imaginer un nom lisible dans toutes les langues. Ni «Pape», ni «Benoît XVI», dont les déclinaisons linguistiques sont loin d'être identiques, ne pouvaient convenir. Il a donc fallu recourir au… latin! Et c'est le mot «pontife» qui a été retenu. D'autant qu'il désigne «celui qui établit des ponts».

Rejoindre la sphère immatérielle à 86 ans

Le premier pont - et défi pour Benoît XVI, qui va fêter ses 86 ans en avril prochain - va être de rejoindre la sphère immatérielle de la galaxie Internet et de ses courts messages. Mais ce standard pourrait finalement se révéler très bien adapté à un message de portée spirituelle. Le père Federico Lombardi, son porte-parole, fait remarquer qu'«une phrase de 140 caractères est plus longue que bien des versets de l'Évangile»!

Mais ce pont électronique ouvert par le Vatican va surtout connaître une circulation à double sens puisque les abonnés «Twitter» pourront poser des questions au Pape, qui devrait y répondre. Ce qui n'est pas le cas, par exemple, du compte du dalaï-lama, qui ne fait qu'émettre des messages sans répondre aux questions.

Cette ouverture a déjà provoqué au Saint-Siège un premier choc car beaucoup de messages ont afflué. Ils n'étaient ni dans la bienveillance ni dans la louange. Mais c'est une règle du jeu, acceptée et assumée par le Vatican.

Greg Burke, un journaliste américain recruté au début de l'année 2012 comme conseiller en communication pour la secrétairerie d'État, l'administration centrale du Vatican, observe: Twitter est «un libre marché des idées et c'est une bonne chose». Le Pape «enverra des perles de sagesse que lui inspirera son cœur».

Le premier tweet du Pape est libellé en anglais, mais ils seront tous traduits dans les grandes langues, dont l'arabe. Au premier pointage des abonnés du compte @pontifex, en fin de semaine dernière, il apparaissait que 60% étaient anglophones, 28% hispanophones, 10% italophones, et seulement 2% francophones…

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Le pape Benoît XVI va démissionner http://www.lefigaro.fr/international/2013/02/11/01003-20130211LIVWWW00393-le-pape-benoit-xvi-va-demissionner.php

«Mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer de façon adéquate le ministère» de pape, a dit Benoît XVI. Il renoncera le 28 février. Un nouveau pape devrait être désigné pour Pâques, le 31 mars.

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Vatican : un "lobby gay" a-t-il fait fuir Benoît XVI ? Le Point.fr - Publié le 22/02/2013 à 14:34 - Modifié le 22/02/2013 à 14:43

Alors que l'Église se prépare à élire un nouveau pape, des révélations sur un prétendu "lobby gay" pourraient expliquer la démission de Benoît XVI.

À la veille de la démission de Benoît XVI, des révélations font leur apparition, évoquant un prétendu "lobby gay" au sein même du Vatican. Alors que "Vatileaks" avait cessé depuis la grâce papale en décembre du "corbeau" Paolo Gabriele, ex-majordome du pape, de faire la une des médias, deux articles dans le quotidien La Repubblica et l'hebdomadaire Panorama l'ont remis sur le devant de l'actualité.

Selon La Repubblica, la décision de Benoît XVI de renoncer à sa charge pourrait avoir été renforcée par sa vive contrariété après avoir pris connaissance en octobre d'un volet - faisant référence à un "lobby gay" au Vatican -- de l'enquête ultra-secrète menée au sein de la Curie par une commission de trois cardinaux à la retraite. Dans cet article aux formules sensationnalistes intitulé "Sexe et carrière, les chantages au Vatican derrière la renonciation de Benoît XVI", le cardinal espagnol de l'Opus Dei, Julian Herranz, qui dirige cette commission, aurait évoqué le 9 octobre devant le pape le dossier "le plus scabreux" : à savoir "un réseau transversal uni par l'orientation sexuelle" et, "pour la première fois, le mot homosexualité était prononcé" dans l'appartement pontifical.

Le "lobby gay" du Vatican

Selon Panorama, le "lobby gay" du Vatican "serait, et de loin, le plus ramifié et influent de tous ceux existant au sein de la Curie" romaine. D'après La Repubblica, le rapport indiquerait que certains prélats auraient subi "l'influence extérieure" (autrement dit le chantage) de laïcs auxquels ils seraient liés par des liens de "nature mondaine". Le Vatican a pointé des erreurs grossières dans cet article, estimant qu'il ne doit pas être pris au sérieux. Il n'y aura "ni démentis, ni commentaires, ni confirmations" sur les "spéculations, fantaisies et opinions" diffusées par la presse en cette période, a ajouté le porte-parole, le père Federico Lombardi.

Selon un vaticaniste du quotidien La Stampa, le pape, avant sa démission, recevra les trois cardinaux et le contenu du volumineux rapport secret, rédigé sur la base d'auditions conduites à tous les niveaux du Saint-Siège, pourrait être discuté lors de la Congrégation générale, une réunion cardinalice qui prépare le Conclave. Ces trois cardinaux avaient été nommés au printemps dernier par Benoît XVI après les fuites de nombreux documents confidentiels, mais le rapport était censé rester secret. Selon le père Lombardi, la décision historique du pape de renoncer à sa charge n'était due à aucune "dépression", ni à des motifs psychologiques mais à l'affaiblissement de ses forces.

"Les mauvais poissons" du Vatican

En octobre dernier, deux jours après avoir reçu le cardinal Herranz, le pape, dans un discours au ton pessimiste à l'ouverture de l'Année de la foi, avait évoqué sous forme de métaphore "les mauvais poissons" qui sont pêchés dans le filet de l'Église. Selon les vaticanistes, la fuite de documents dans le scandale "Vatileaks" a pu être utilisée par l'un ou l'autre pour déconsidérer un rival au sein de la Curie. Un phénomène qui pourrait se répéter, alors que le conclave approche, dans le but de peser sur le choix du nouveau pape.

Le directeur de la chaîne catholique TV2000, Dino Boffo, lui-même éclaboussé par des rumeurs dans un des documents de "Vatileaks" sur des relations soi-disant homosexuelles - qu'il a démenties -, a appelé jeudi le Saint-Siège à se libérer "du vice infâme des lettres anonymes, sans signatures et sans destinataires". Il a souhaité que "tous les croyants, puisant dans le trésor du magistère et de la renonciation de Benoît XVI, concourent à mettre fin à une gestion du pouvoir qui peut scandaliser les plus humbles" des catholiques.

Des best-sellers sulfureux

Le thème de l'homosexualité au Vatican n'est pas nouveau dans les médias italiens. Il a fait l'objet de romans et de best-sellers sulfureux, parfois exagérés. C'est un fait connu depuis longtemps des vaticanistes que des religieux et des prêtres travaillant au Vatican ont des liens homosexuels à l'extérieur du petit État : un réseau de religieux, prêtres, voire prélats gays pourrait exister, conservant le silence. Ce groupe pourrait avoir été l'objet de chantages de la part de journalistes peu scrupuleux cherchant, dans "Vatileaks", à obtenir des documents secrets.

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Le cardinal Keith O'Brien démissionne Créé le 25-02-2013 à 12h53 - Mis à jour à 13h12 Par Le Nouvel Observateur avec AFP

Soupçonné de comportement indécent, le chef de l'Eglise catholique d'Ecosse, qui devait participer au conclave pour élire un nouveau pape, a quitté ses fonctions.

Le cardinal Keith O'Brien, chef de l'Eglise catholique d'Ecosse, qui est soupçonné de comportement indécent et devait participer au conclave chargé d'élire un nouveau pape, a démissionné, a annoncé lundi 25 février l'Eglise catholique d'Ecosse.

"Le Saint-Père le pape Benoît XVI a accepté le 18 février la démission de son éminence le cardinal O'Brien de la gouvernance de l'archidiocèse de Saint Andrews et Edimbourg (Ecosse)", a annoncé l'Eglise catholique d'Ecosse dans un communiqué, confirmant une information annoncée plus tôt par les chaînes de télévision britanniques BBC et Sky News.

Mgr Keith O'Brien est l'objet de plaintes auprès du Vatican pour des actes commis il y a 33 ans, rapportait dimanche "The Observer". Les quatre plaignants du diocèse de St Andrews et Edimbourg, en Ecosse, ont affirmé au nonce apostolique en Grande-Bretagne, l'archevêque Antonio Mennini, que le cardinal avait commis des "actes inappropriés", précisait le journal britannique.

Soirée très arrosée

L'un des prêtres se plaint d'avoir été la victime d'attentions non désirées de la part du cardinal à l'issue d'une soirée très arrosée. Un autre prétend que Mgr O'Brien profitait de prières nocturnes pour avoir des contacts inappropriés.

Les plaignants, qui réclamaient la démission du cardinal, craignaient que leur rapport ne soit pas examiné comme il faut si le prélat avait été autorisé à se rendre à Rome pour le conclave.

Le cardinal O'Brien, qui doit prendre sa retraite le mois prochain, a récemment déclaré que le mariage entre personnes du même sexe "serait nuisible au bien-être physique, mental et spirituel des contractants" et affirmé depuis longtemps son opposition à l'adoption par les couples gays.

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Vers Première Page

Marche pontificale de Charles Gounod (1818-1893)