Avril 2012 : L'affaire Kadhafi pour le 2ème tour de la présidentielle

Juin 2010 : affaires Bettencourt-Woerth, c'est Sarkozy la cible


Octobre 2006 : Libé "à gauche toute", contre Nicolas Sarkozy, dit le professeur Plenel
Juin 2006 : Affaire Clearstream, il met en cause Denis Robert
Septembre 2005 : L'ancien LCR prend la défense de l'ancien FASP
Hervé Edwy Plenel

Journaliste politique. Ancien membre de la Ligue communiste révolutionnaire trotskiste, socialiste idéaliste, mitterrandiste déçu, anti-sarkoziste fondamental.
Intellectuel "parisien", généreusement écouté par les "grandes oreilles" du président François Mitterrand.
Directeur de la rédaction du quotidien Le Monde, jusqu'en novembre 2004, après 8 ans de dictature. Il sort "du Monde" en septembre 2005.
Professeur associé à l'Université Montpellier-I "dans les disciplines juridiques, politiques, économiques et de gestion", selon un décret publié au Journal Officiel le jeudi 12 octobre 2006.
Fondateur et patron de Mediapart sur le web.

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Quand Charles Péguy - un auteur qu'on fréquenté aussi bien de Gaulle que Mitterrand - se lance dans ses diatribes contre ce nouvel "Antéchrist", il ne bataille pas contre une abstraction sans chair et sans histoire (Charles Péguy, L'Argent, suivi de L'Argent suite, Gallimard, 1932).
Il ne vise pas l'argent, mais le règne de l'argent, dont le monde moderne marque l'avènement. Il ne dénonce pas une essence malfaisante de toute éternité, mais la forme moderne qu'a prise l'argent, devenu valeur universelle et équivalent général, emblème d'un univers où tout désormais s'échange et se vaut, se neutralise et s'uniformise.
L'argent devient ici le symbole non d'un mal séculaire ou d'une fatalité perpétuelle, mais l'incarnation d'une histoire précise et concrète : le règne de la marchandise et l'avènement de la bourgeoisie. L'argent n'est pas corrupteur en soi, c'est sa promotion univoque dans ce mouvement historique qui en fait l'agent d'une universelle corruption.
La Part d'ombre, 456p., Stock, Paris, 1992, p. 344/345.

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Novembre 2004. Edwy Plenel n'est plus le centre du «Monde»
Le directeur de la rédaction du quotidien, en poste depuis janvier 1996, a donné sa démission hier matin.

La première lettre est arrivée par e-mail sur les écrans des journalistes du Monde hier matin à 11 heures. Elle est signée Edwy Plenel, directeur de la rédaction. «J'ai confirmé, ce lundi matin, à Jean-Marie Colombani ma décision de ne plus assumer la responsabilité de directeur de la rédaction du Monde». Même si les tensions entre les deux hommes n'étaient plus un secret, une onde de choc secoue le siège du quotidien, rue Claude-Bernard, à Paris. Plenel précise, histoire de bien faire comprendre que ce choix est le sien : «Quand je leur ai annoncé, fin octobre, ma décision, Jean-Marie et Alain [Minc, ndlr] se sont efforcés de me retenir, en raison des difficultés économiques qui sont aujourd'hui les nôtres. Leurs propositions n'ont pas su vaincre mes réticences.»

La réponse de Jean-Marie Colombani, président du directoire, est arrivée par le même canal : «C'est un moment bouleversant pour moi parce que c'est la fin d'une période de dix ans pendant laquelle Edwy et moi avons été indissociables», écrit-il, avant de rendre hommage à son ex-directeur de la rédaction, à son «extraordinaire dévouement au journal», à son «énergie de tous les instants mise au service d'une rédaction». «Ce changement, conclut-il, sera, pour toute notre maison, un traumatisme.»

Pas un mot des raisons pour lesquelles le directeur de la rédaction du Monde a rendu son tablier. Elles tiennent à des questions de pouvoir, à des divergences de plus en plus nettes sur la stratégie à mettre en oeuvre pour sortir le quotidien de ses difficultés (lire ci-contre), mais aussi à une approche différente du journalisme. Dans une lettre récente aux salariés, Colombani demande «rigueur, expertise, vigueur éditoriale», aux rédacteurs. Il n'évoque pas le journalisme d'investigation cher à Edwy Plenel. Et critique même la ligne éditoriale actuelle : «Nos lecteurs ont raison d'exprimer une exigence plus grande à notre égard. Leur insatisfaction est l'expression d'une attente que nous devons considérer légitime.»

Edwy Plenel devrait se voir confier une «mission à la rédaction en chef». Et on devrait connaître son successeur d'ici à vendredi : le nom d'Alain Frachon, directeur adjoint de la rédaction, est le plus souvent cité. «Je n'ai pas été sollicité, et je ne suis pas candidat», nous a-t-il indiqué hier.
Par Olivier COSTEMALLE et Catherine MALLAVAL, mardi 30 novembre 2004 (Liberation - 06:00), p. 23

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La face cachée d'un divorce
Des divergences sur l'avenir du journal ont précipité la rupture avec Jean-Marie Colombani.

Janvier 1996. Edwy Plenel prend les commandes de la rédaction du Monde. Investigation, révélations, mise en scène de l'information : voilà ce que le nouveau directeur de la rédaction demande à ses 330 journalistes, plus portés jusqu'ici sur l'expertise des dossiers, l'exhaustivité de l'information, la subtilité de l'analyse. «Il faut porter la plume dans la plaie», rappelle-t-il souvent, citant Albert Londres. Lui-même a beaucoup donné dans les années 80, sur l'affaire des Irlandais de Vincennes ou le naufrage du Rainbow Warrior. Quitte à déraper parfois, comme en 1991, lorsqu'il croit débusquer au Panama un scandale de financement politique parfaitement imaginaire.

Rentre-dedans. La recette fonctionne. Manchettes rentre-dedans, traque des affaires politico-financières, nouvelle formule moins austère : les ventes grimpent. Le Monde devient le premier quotidien français, devant le Figaro. Tout semble réussir à ce duo improbable, qui a pris d'assaut le Monde en 1994 : le démocrate-chrétien Jean-Marie Colombani allié au «trotskiste culturel» Edwy Plenel. «Le couple le plus énigmatique du paysage médiatique français», selon un journaliste du quotidien.

A chacun ses rêves de grandeur. Colombani s'acharne à constituer un groupe autour du Monde, rachetant à tour de bras : Midi libre, Courrier international, les Cahiers du cinéma, avant d'engloutir les Publications de la Vie catholique (PVC, Télérama, la Vie, etc.). Plenel, «aux cuisines», comme il dit, construit le journal tous les jours, avec une énergie qui impressionne tous ceux qui l'approchent. Mais il place aussi des hommes à lui aux postes stratégiques, bouleverse l'organisation du quotidien, placardise les récalcitrants. «L'Imperator», comme le surnomment ses ennemis, se montre aussi de plus en plus à la télé, où, étincelle dans l'oeil et sourire charmeur, il relaie les choix idéologiques du quotidien, au point de se poser parfois en régent des débats politiques et intellectuels de la société française.

Les exclus se réveillent. Mais le système commence à se fissurer. Trop d'ambition, trop d'arrogance, et pas mal de jalousie. La publication de la Face cachée du Monde, le livre de Pierre Péan et Philippe Cohen, va servir de détonateur. L'image du quotidien est écornée. Celle de ses dirigeants, dont la défense est pour le moins maladroite, aussi. Au sein de la rédaction, les exclus du système Plenel se réveillent. Et puis les temps sont durs pour la presse écrite. Chute des ressources publicitaires, baisse des ventes, envolée des pertes. Le Monde, qui n'a pas encore digéré ses acquisitions récentes, n'y échappe pas. Une claque, au plus mauvais moment.

D'abord uni dans l'adversité, le couple Colombani-Plenel va se lézarder. A la rentrée, Edwy Plenel, agacé qu'on mette sur le compte du Monde les difficultés du groupe, propose un plan de relance pour le quotidien. Il défend avec opiniâtreté l'idée d'un passage au matin. Insiste, plaide. Colombani, conscient des graves difficultés financières qui se profilent, freine des quatre fers. Les premières tensions se font jour entre les deux hommes. Retoqué sur son projet de relance, Plenel demande à être nommé directeur du quotidien lorsque celui-ci, comme c'est prévu, deviendra une filiale du groupe. Sur ce dernier point, il croit l'emporter. Colombani lui dit oui. Il s'apprête même à l'annoncer aux salariés. Avant de changer d'avis, devant l'opposition résolue de certains gestionnaires et actionnaires de la maison.

Méthodes trotskistes. Plenel est furieux. Lors de l'assemblée générale de mercredi dernier, où la Société des rédacteurs expose les projets de recapitalisation aux salariés, il fait monter au créneau sa garde rapprochée. Quatre membres de la rédaction en chef, «judicieusement répartis dans la salle, selon les bonnes vieilles méthodes trotskistes», comme le soulignent des journalistes présents, se livrent à une attaque en règle de la gestion de Jean-Marie Colombani et de l'action de la Société des rédacteurs. «Comment en est-on arrivé là ? Vous allez nous vendre à Lagardère, ce marchand d'armes ? Vous voulez revenir à un journalisme pépère ?» L'offensive est si violente que plusieurs participants en restent bouche bée. Le divorce est consommé. Edwy Plenel se pose désormais en recours contre la gestion de Colombani. Au grand jour. Une position incompatible avec son poste de directeur de la rédaction. Qu'il quitte après huit ans de pouvoir absolu. «Mais il reste au journal, souligne un rédacteur. C'est un peu comme si César gardait Brutus à ses côtés.»
Par Olivier COSTEMALLE et Catherine MALLAVAL, mardi 30 novembre 2004 (Liberation - 06:00), p. 23

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(septembre 2005) Au «Monde», Plenel sort de son placard et prend la porte
L'ex-directeur de la rédaction quitte ses dernières fonctions dans le groupe.

Il est 7 h 30 vendredi (2 septembre 2005) lorsqu'un mail laconique tombe sur les ordinateurs des journalistes du Monde. «Faisant le constat de leurs divergences, la direction et Edwy Plenel sont convenus qu'il quittait "le Monde" à compter du 1er septembre.» Vingt-cinq ans après avoir fait son entrée au Monde, comme journaliste au service «Education», Plenel, à 53 ans, tire sa révérence.

A vrai dire, la page est déjà tournée depuis plusieurs mois. En novembre 2004, Edwy Plenel a démissionné de son poste de directeur de la rédaction, qu'il occupait depuis janvier 1996. «Je souhaitais revenir aux joies simples du journalisme et de l'écriture», déclare-t-il à l'époque. Depuis, affublé du titre ronflant de «directeur des relations éditoriales extérieures», il rédigeait les éditoriaux du Monde 2 et continuait d'animer sur LCI l'émission le Monde des idées. Une position intenable pour ce boulimique de travail.

«Aux cuisines».
D'autant que le divorce était largement consommé depuis plusieurs mois avec le patron du journal, Jean-Marie Colombani. Les deux hommes se sont appuyés l'un sur l'autre pour prendre les commandes du Monde en 1994. Les rôles étaient bien répartis : à Colombani, la gestion et le développement du journal. A Plenel, la fabrication, «aux cuisines» selon son expression, du quotidien. Cette alliance surprenante entre un démocrate-chrétien policé et un «trotskiste culturel» hyperactif aura fonctionné plus longtemps que ne l'imaginaient leurs adversaires.

Adversaires ?
Le couple Colombani-Plenel n'en manque pas. A commencer par ceux qui, à l'intérieur du journal, déplorent l'inflexion de la ligne éditoriale. Plenel s'est fait un nom grâce à ses révélations sur l'affaire des Irlandais de Vincennes et sur le Rainbow Warrior. Il va très vite transformer le quotidien français de référence, célébré jusque-là pour sa rigueur et son côté un brin ennuyeux. A la rédaction, où il fait embaucher beaucoup de jeunes journalistes, il demande des scoops, des «coups», de la mise en scène de l'information. C'est aussi l'époque où le Monde commet un titre de Une sur Loft Story qui lui sera beaucoup reproché, à la fois par une partie de la rédaction et par de nombreux lecteurs.

Régent des débats.
Mais ça marche. Les ventes grimpent régulièrement. Infatigable, Plenel «fait» le journal au jour le jour, écrit des livres, commente l'actualité à la radio et à la télé. Au point d'apparaître, aux yeux de certains, comme une sorte de régent des débats politiques et intellectuels de l'Hexagone. Qu'importe. A l'intérieur du journal, les «plénéliens» prennent du galon, les mécontents ­ dont plusieurs journalistes réputés pour leur expertise ou pour leur bonne plume ­ sont écartés.

Pendant ce temps, Jean-Marie Colombani se lance dans la constitution d'un groupe de presse. Le Midi libre, les Cahiers du Cinéma et, surtout, le groupe des Publications de la Vie catholique, propriétaire, entre autres, de Télérama, sont tour à tour rachetés.

Lorsque paraît la Face cachée du Monde, une enquête à charge de Pierre Péan et Philippe Cohen, le trio Colombani-Plenel-Minc (ce dernier est président du conseil de surveillance) fait bloc. En même temps surgissent de grosses difficultés financières. La dette pèse trop lourd, tandis que le Monde, comme du reste l'ensemble de la presse quotidienne, commence à perdre des lecteurs.

C'est le moment où le couple Colombani-Plenel se fissure. Plenel plaide pour transformer le Monde en quotidien du matin. Il réclame d'en devenir le directeur, tandis que Colombani s'occuperait seulement de la gestion du groupe. Selon son entourage, il est inquiet et souhaite «sanctuariser» le quotidien, afin de lui éviter de couler si le groupe devait s'effondrer.

Colombani est sur le point de céder. Puis il change d'avis, sur l'insistance de certains de ses proches, et retoque les demandes de Plenel. Désavoué, se sentant trahi, celui-ci démissionne brusquement le 29 novembre 2004. Il tente, avec ses fidèles, de se poser en recours contre la gestion de Colombani, et notamment contre l'entrée en force de Lagardère dans le capital. En vain : il n'est pas suivi par une majorité de la rédaction. La procédure de divorce est entamée. Elle s'est achevée hier par une séparation à l'amiable.
Par Olivier COSTEMALLE, samedi 03 septembre 2005 (Liberation - 06:00)

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L'ex-syndicaliste policier soupçonné d'emploi fictif

EDWY PLENEL a trouvé un nouveau créneau : avocat.
L'ancien directeur de la rédaction du « Monde » a longuement défendu hier (7 septembre 2005) à la barre du tribunal correctionnel de Paris son « ami » Bernard Deleplace. « J'ai une grande fierté d'être l'ami de cet homme », a conclu Plenel à l'issue de son hommage appuyé pour l'ancien syndicaliste policier : « Je le crois incapable de commettre une infraction pénale. »

Bernard Deleplace, ancien patron de la FASP (devenu le Syndicat national des policiers en tenue, SNPT), est soupçonné par le parquet de Paris d'avoir occupé un emploi fictif au sein de la Sofremi, l'organisme dépendant du ministère de l'Intérieur pour la vente à l'étranger du matériel de police.

Payé 24 000 F (3 660 euros) mensuels de 1991 à 1995, Bernard Deleplace n'aurait exercé « aucune fonction réelle » au sein de cet organisme, selon la magistrate du parquet Marie-Christine Daubigney . « Ce dossier est caractéristique d'un total dévoiement des pratiques de service public, de comportements inacceptables », conclut la magistrate, réclamant contre l'ancien policier une peine de dix-huit mois de prison avec sursis et 150 000 d'amende, correspondant au montant des salaires perçus.

Un ordre de l'Elysée

Poursuivis également, deux anciens patrons de la Sofremi, Philippe Melchior et Bernard Dubois, écopent de réquisitions de douze et dix-huit mois de prison avec sursis, assortis d'amendes de 100 000 et 50 000 euros.

A la barre pourtant, les trois hommes poursuivis ont tenté durant toute la matinée d'hier de défendre la réalité du travail effectué. Philippe Melchior a bien admis que l'ordre d'embaucher le syndicaliste était venu « de l'Elysée », via Michel Charasse et Philippe Roussely, alors patron de la police. « Je ne pouvais pas m'y opposer », assure Melchior, tout en expliquant au tribunal que les interventions de Bernard Deleplace lui avaient ensuite été utiles. Il cite l'affaire du déminage du Koweït, un dossier dans lequel l'ancien syndicaliste avait selon lui « joué un grand rôle ».

Bernard Dubois, nommé en 1993 par Charles Pasqua à la tête de la Sofremi, admet avoir « demandé au cabinet du ministre » s'il fallait poursuivre la collaboration avec Deleplace. « On m'a demandé de le conserver. » Bernard Dubois lui aussi assure que les conseils du syndicaliste lui avaient été précieux.

Pourtant, lors de l'enquête de police, les deux anciens patrons de la Sofremi avaient reconnu que cet emploi était fictif. « Comment expliquez-vous ce décalage dans vos déclarations ? » questionne le président du tribunal. « Au bout de deux jours de garde à vue, les enquêteurs voulaient que le terme fictif apparaisse, j'ai fini par céder », lâche Dubois. La magistrate du parquet grimace.

Une « véritable boîte à idées »

« Je ne rendais compte qu'au président et je travaillais de chez moi », déclare Deleplace à la barre, expliquant ainsi que six employés de la Sofremi, entendus par la police, ont déclaré qu'ils ignoraient presque tout de ses prestations.

Edwy Plenel, cité comme témoin par l'ancien policier, tente de « situer l'affaire dans son contexte ». Il témoigne de « l'intégrité du syndicaliste » et « de la réalité de son travail », « véritable boîte à idées », au sein de la Sofremi. Ses arguments convaincront-ils ? L'avocat professionnel du syndicaliste, Me Emmanuel Tordjman, a plus sobrement plaidé la prescription et la relaxe.
Laurent Valdiguié, leparisien.com, 8 septembre 2005, p. 15

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NOUVELOBS.COM | 22.06.06 | 12:20 Exclusif : ce qu'Edwy Plenel a dit aux juges

Partie civile dans l'affaire, entendu le 13 juin dernier par les juges Jean-Marie d’Huy et Henri Pons, l'ancien, directeur de la rédaction du Monde "n’accuse personne" mais met en cause Denis Robert.

AUTEUR de plusieurs livres et documentaires sur l’affaire Clearstream, ami du juge Renaud Van Rumbeke, fournisseur des listings de comptes réputés secrets à Imad Lahoud, proche du corbeau Jean-Louis Gergorin, le journaliste-écrivain Denis Robert a été entendu mercredi 21 juin et devaitt l’être à nouveau jeudi 22 juin, à titre de témoin, par les juges Jean-Marie d’Huy et Henri Pons. Auparavant, ceux-ci avaient recueilli, le 13 juin dernier, les déclarations d’Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du Monde, qui s’est constitué partie civile parce que son nom figure, aux coté de 56 autres, dans les listings trafiqués de personnalités supposées détenir des comptes à l’étranger sous couvert de la chambre de compensation luxembourgeoise.

Mise en cause

Edwy Plenel s’insurge, à bon droit, que sa "mise en cause par des faussaires et des calomniateurs" ne lui aient "pas été communiquée".

Plenel rappelle que cette mise en cause est intervenue en 2003, "année où j’ai fait l’objet d’attaques virulentes en tant que directeur de la rédaction du Monde". Il affirme n’avoir de contentieux avec aucun des protagonistes de l’affaire Clearstream, à l’exception de Denis Robert. S’il se contente de "faire des hypothèses", s’il assure "ne vouloir accuser personne", Plenel met clairement en cause les méthodes de cet enquêteur, que l’on retrouve à tous les stades de l’affaire, dont il est plus acteur que simple spectateur. A le lire entre les lignes, on voit que l’ancien directeur de la rédaction du Monde, dont le nom est cité pour prendre la place de Serge July à la tête de Libération, n’exclut pas l’hypothèse que Denis Robert se soit vengé du peu de cas fait à son enquête, en 2001, par Le Monde en inscrivant ou en faisant inscrire le nom de son ancien directeur de la rédaction parmi les personnalités détenant des comptes chez Clearstream.

Traitement partial

Après L'Est républicain qui a publié jeudi matin un article sur cette audition, nous avons décidé de reproduire ci-dessous l’intégralité de sa déclaration (à quelques incises près) qui est à la fois une charge contre Denis Robert et un plaidoyer pro domo pour lui-même et sa pratique du journalisme.

A la décharge de Denis Robert, on notera cependant qu’Edwy Plenel occulte, dans sa déposition, le grave contentieux qui est intervenu, en 1996, entre Jean-Luc Lagardère et Le Monde, à partir d’un traitement que le patron décédé jugeait partial lors de sa bataille avec Alcatel pour la reprise de Thomson. Contentieux exacerbé, un peu plus tard, après une manchette du Monde qui affirmait que Jean-Luc Lagardère avait été mis en examen pour "escroquerie", alors qu’il l’avait été pour "abus de biens sociaux". Il s’agissait d’une erreur, due à une mauvaise information donnée par le parquet, dont Le Monde s’était excusé. Lagardère avait alors passé l’ép
onge. Mais qu’en a-t-il été de Jean-Louis Gergorin, son lieutenant, qui se vivait comme un gardien du temple ? Airy Routier
(Airy Routier, journaliste au Nouvel Observateur, est l'auteur du "Complot des paranos", juin 2006, Albin Michel, consacré à l'affaire Clearstream).

LA DÉPOSITION D’EDWY PLENEL

Question des juges d’Huy et Pons : "D’après vous, pourquoi votre nom figure-t-il dans les listings Clearstream ?"

Réponse d’Edwy Plenel : "Je ne peux faire que des hypothèses. Je n’ai aucun contentieux, à ma connaissance, avec les divers protagonistes de votre instruction. Je ne connais pas personnellement le général Rondot, je connais encore moins Imad Lahoud et Florian Bourges dont j’ai appris l’existence par votre information judiciaire. Je connais Jean-Louis Gergorin que j’ai rencontré à sa demande trois ou quatre fois entre 2001 et 2004 (…). Aucun de ces rendez-vous n’a eu pour moi de sens particulier sauf après le décès brusque de Jean-Luc Lagardère, début 2003. A l’automne 2003, M. Gergorin, qui donc me rencontrait en tant que directeur de la rédaction du journal Le Monde, m’a expliqué, comme il semble l’avoir fait à beaucoup d’autres, ses certitudes sur le décès de Jean-Luc Lagardère.

En l’occurrence, le scénario était le suivant : Jean-Luc Lagardère aurait été assassiné par la mafia ukrainienne et biélorusse issue du KGB sur ordre d’Alain Gomez, le PDG de (…) Thomson. A l’appui de ses dires, M. Gergorin me remit la photocopie d’un ouvrage où étaient décrites les armes secrètes du KGB, notamment une arme indécelable ayant un effet désastreux et foudroyant sur le cerveau. Après l’avoir écouté, j’ai, comme je l’ai toujours fait, respecté les procédures de ma profession et de ma fonction. La profession, cela signifie vérifier, et la fonction, cela signifiait transmettre ces allégations à un journaliste de la rédaction du Monde, Fabrice Lhomme, en toute loyauté. Après avoir enquêté, Fabrice Lhomme est rapidement revenu vers moi en me disant, comme je m’y attendais, que tout cela ne tenait pas debout. J’ai le souvenir d’avoir revu ou eu M. Gergorin au téléphone et nous en sommes restés là (…).

La seule personne dont le nom apparaisse comme l’un des acteurs de cette histoire, qui a toujours revendiqué un contentieux à mon endroit, est l’écrivain Denis Robert.

En février 2001, qui est la vraie date où démarre, selon moi, l’histoire que vous êtes chargé de tirer au clair, Denis Robert et son éditeur, Laurent Beccaria aux éditions Les Arènes, s’apprêtent à lancer "Révélations", le livre censé lancer l’affaire Clearstream. La réputation d’indépendance qui je crois est la mienne et qui était aussi celle du journal que je dirigeais, fait que, dans la plus grande confidentialité, il m’a été proposé de publier les bonnes feuilles de ce livre. J’ai donné mon accord de principe sous réserve d’une lecture de l’ouvrage avant toute décision. J’ai lu moi-même le livre, cosigné avec Ernest Backes, et je suis sorti de cette lecture avec trois impressions.

Premièrement, le sentiment d’avoir affaire à un genre littéraire assez éloigné d’une enquête rigoureuse où l’auteur devenait en quelque sorte le héros de son histoire.

Deuxièmement, la conviction qu’aucune des principales accusations contre Clearstream n’était démontrée (…).

Troisièmement, mon trouble devant ce qui m’a tout de suite semblé une invraisemblance, l’affirmation (…) que la DGSE, les services secrets français, détenaient sous le code 39093, un compte non publié à Clearstream.

Mon réflexe prosaïque d’enquêteur étant que si la DGSE masquait des opérations opaques sous couvert de la Banque de France chez Clearstream, elle aurait appelé son compte d’un quelconque pseudonyme. Le lendemain, j’ai demandé à une excellente journaliste (…) Sophie Fay, à la fois de lire le livre dans l’hypothèse où elle serait au contraire convaincue du sérieux de cette enquête et d’autre part de vérifier ce point précis du compte DGSE sous couvert de la banque de France. Une heure après, elle revenait vers moi ayant procédé à cette vérification élémentaire et m’expliquait avoir eu au téléphone le responsable de ce compte qui n’était autre que le chargé de la direction générale des services étrangers de la Banque de France. Dès lors, j’ai décidé de ne pas publier les bonnes feuilles de ce livre (…). Ma position est qu’il ne suffit pas d’avoir politiquement raison pour avoir journalistiquement raison. La dénonciation de la corruption de flux financiers opaques ou des paradis fiscaux ne peut s’appuyer sur des enquêtes fantaisistes. Bref, depuis 2001, j’ai toujours dit, mais sans doute n’ai-je pas été assez entendu, qu’il n’y avait pas d’affaire Clearstream. Ce que nous ne pouvons ni prouver ni recouper ni sourcer de façon honnête, loyale et transparente, n’existe pas dans notre métier. Il y a peut-être eu des choses répréhensibles dans l’histoire de cette chambre de compensation, mais ce peut-être suffit à dire que nous ne pouvons en faire une information.

Depuis cette date, Denis Robert considère que par mon intermédiaire, Le Monde a étouffé l’affaire des affaires, le scandale des scandales. L’ensemble de la presse internationale de qualité et de référence, notamment la presse spécialisée sur les questions financières, est arrivée à la même conclusion que moi (…). En revanche, une bonne partie des médias français ont accordé du crédit, de bonne foi, tout comme probablement Denis Robert et son éditeur lui-même à cette histoire. L’affaire Clearstream a pris consistance dans les colonnes des quotidiens, sauf Le Mond, des hebdomadaires, de la télévision, notamment Canal Plus à travers deux documentaires, le deuxième –et ce n’est pas indifférent à la chronologie de votre dossier– en février 2003, ainsi qu’à l’Assemblée nationale dans le cadre de la mission contre le blanchiment animée par Vincent Peillon et Arnaud Montebourg (…). Pour que des personnes censées respectables, responsables, accordent du crédit à ces listings incohérents, à des scénarios impossibles, il fallait qu’ils soient convaincus de la solidité des soupçons sur Clearstream. C’est d’ailleurs ce qui explique à mes yeux l’attitude du juge Van Ruymbeke. Ces listings pouvaient sembler bizarres mais à partir du moment où l’on épousait la thèse de Denis Robert sur Clearstream, on tombait dans leur piège.

Le point de départ de cette affaire est hélas pour moi, une erreur journalistique. La finance mondiale ne fonctionne pas comme une théorie du complot avec un lieu unique de blanchiment où l’ensemble de l’argent douteux transiterait. Or c’est bien ce que ce listing et les CD Rom ont tenté d’établir en mêlant tous les univers supposés de la corruption et de la puissance.

Je ne sais pas qui a mis mon nom et je n’accuse personne. Je rappelle simplement ce contentieux avec Denis Robert, qui me semble lui aussi être passé du réel à la fiction. A chaque étape du scénario du corbeau, l’enquête initiale sur Clearstream est présente. Imad Lahoud rentre en contact avec Denis Robert, Denis Robert met en contact Florian Bourges avec Imad Lahoud et le juge Van Rumbeke tente de comprendre Clearstream en s’adressant à Denis Robert (…). Il ne faudrait pas oublier que ma profession, le journalisme, a sa part de responsabilité. Quand, le 8 juillet 2004, Le Point accorde crédit, au point de faire sa une, aux dénonciations du corbeau, cette mise en scène est accompagnée d’un article de Denis Robert, qui affirme : "même si la méthode, un corbeau dans la finance, est limite, je crois qu’il n’y en avait pas d’autres pour qu’éclate enfin ce qui, à mes yeux, est la plus grande arnaque financière jamais racontée (…).

Si on laisse les juges faire leur travail, et si le corbeau reste vivant et actif, les révélations vont pleuvoir et le scandale irrémédiablement enfler. Car si Clearstream est la banque des banques, l’affaire Clearstream est bien l’affaire des affaires…" Le même jour, sur le site nouvelobs.com, l’écrivain déclarait : "Oui, je pense que ces lettres viennent du même auteur et à mon sens elles ne contiennent pas d’erreurs. Je crois que les dénonciations du corbeau tiennent la route mais l’affaire est tellement touffue que ça va être un vrai marathon pour tout démêler. Les réactions que les lettres provoquent chez les personnes citées ne font que renforcer ma conviction. Je pense d’ailleurs que le corbeau continuera à alimenter le juge". Ce qu’à ce stade j’ai compris de ce dossier, c’est qu’il y a probablement un faussaire qui, par un simple 'couper-coller', introduit des comptes fantaisistes dans les listings existants. Et ce faussaire rassemble les obsessions de tous ceux avec qui il est en relation. La guerre entre les patrons de l’aéronautique, la théorie Clearstream, les règlements de comptes internes à la DGSE et les ennemis supposés des uns et des autres (…)."
Yahoo.fr, actualités, NOUVELOBS.COM | 22.06.06 | 12:20

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(13 octobre 2006) Pour Edwy Plenel, ""Libération" doit assumer son identité de quotidien de gauche"

Invité par la Société civile des personnels de Libération (SCPL, actionnaire à 18,4 %) à dévoiler son projet aux salariés du quotidien, réunis en assemblée générale, vendredi 13 octobre, Edwy Plenel a présenté ce qu'il souhaitait être non pas "un plan de relance" mais "une méthode", selon des sources concordantes.

"Libération doit assumer son identité de quotidien de gauche. Sans être un journal d'opinion, on peut être un quotidien de combat contre Nicolas Sarkozy", a-t-il indiqué, d'après plusieurs sources. S'opposant au modèle du "quotidien-magazine", il a estimé qu'un journal tel que Libération devait être centré sur l'actualité. Citant comme référence Le Parisien et la presse anglo-saxonne, il a proposé de créer un quotidien "très resserré, mobile", cultivant sa différence et imposant son propre calendrier. Les grands reportages pourraient être regroupés dans un magazine vendu à part, a-t-il estimé, ajoutant qu'il lui semblait utile de renforcer le site Internet du quotidien, jugeant aberrant qu'il soit actuellement entièrement gratuit. Le projet de l'ancien directeur de la rédaction du Monde – fonction qu'il a occupée de 1996 à novembre 2004 – semble avoir retenu l'attention d'une large majorité des quelque 120 salariés (sur un effectif total de 280 personnes), venus assister à l'assemblée générale."Les gens l'ont unanimement trouvé brillant. Il avait visiblement beaucoup bossé son dossier, ce qui a été très apprécié", a témoigné un journaliste. BRAS DE FER ENTRE LES DIFFÉRENTS ACTIONNAIRES Il s'exprimait après la direction de la rédaction du journal, qui a exposé mardi son propre projet de relance aux salariés, dans l'espoir de trouver une issue à la crise financière qui agite le quotidien depuis plusieurs mois.

Libération, qui devrait accuser une perte d'exploitation de 13 millions d'euros en 2006, a été placé le 4 octobre en procédure de sauvegarde par le tribunal de commerce de Paris. L'actionnaire de référence, Edouard de Rothschild (38,8 % du capital), avait réclamé en septembre une "refondation" en profondeur du journal et des économies drastiques. Lors d'un conseil d'administration fin septembre, les actionnaires de Libération, divisés sur les moyens de relancer le journal, avaient décidé de se donner jusqu'au 18 octobre avant de trancher, ce délai devant permettre d'élaborer des projets éditoriaux.

Un bras de fer s'annonce entre la Société civile des personnels de Libération (SCPL) et le principal actionnaire, Edouard de Rothschild, qui disposent tous deux d'un droit de veto au conseil d'administration : les actionnaires salariés refusent le projet Rothschild, tandis que ce dernier serait catégoriquement opposé à M. Plenel.
LEMONDE.FR avec AFP | 13.10.06 | 16h25 • Mis à jour le 13.10.06 | 20h14

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11/10 17:30 Edwy Plenel nommé professeur associé à l'université Montpellier-I

Le journaliste Edwy Plenel a été nommé professeur associé à l'université Montpellier-I "dans les disciplines juridiques, politiques, économiques et de gestion", selon un décret publié au Journal Officiel de jeudi.

M. Plenel est "nommé en qualité de professeur des universités associé à temps plein (disciplines juridiques, politiques, économiques et de gestion) pour une période d'un an à compter de la date de son installation à l'université Montpellier-I au cours de l'année universitaire 2006-2007", indique le décret.

Ancien directeur de la rédaction du Monde, il a récemment fait part de son intention de proposer un projet de relance du quotidien Libération, qui traverse une grave crise financière.
Voila.fr, 11/10/2006 17:30

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RTL info 09 juil. 2010 Màj 10h03

Le combat Plenel-Sarkozy, l'affaire dans l'affaire Bettencourt

Le site d'information Médiapart, à l'origine des accusations les plus rudes pour Nicolas Sarkozy et son ministre du Travail dans l'affaire Bettencourt/Woerth est la cible de toutes les attaques de la Droite qui dénonce des méthodes "anti-démocratiques" voire "fascistes".

Son fondateur a déclaré jeudi n'avoir "jamais vu d'attaques aussi violentes et aussi basses".

Le combat entre Edwy Plenel et l'Elysée, c'est l'affaire dans l'affaire...

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Sarkozy-Libye : Edwy Plenel, le patron de Mediapart, contre-attaque Créé le 29/04/2012 à 17h45 rtl.fr

"Nous nous attendions à ce démenti contraint de Bachir Saleh, un homme de tout premier cercle du dictateur Kadhafi, qui se trouve aujourd'hui à Paris sous la protection des autorités françaises malgré sa longue compromission auprès de M. Kadhafi".

Edwy Plenel, le fondateur du site d'information Mediapart, qui affirme que la Libye a accepté de financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, a appuyé les informations dévoilés par ses journalistes malgré le démenti de l'ancien ex-président du Fonds libyen des investissements africains et ex-directeur de cabinet de Kadhafi.

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Libye: Sarkozy annonce une plainte contre Mediapart, Hollande s'en remet à la justice publié le 30/04/2012 à 16:24, mis à jour à 16:24 lexpress.fr

PARIS - Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il allait porter plainte contre Mediapart pour la publication d'une note qu'il a qualifiée de "faux" sur un supposé financement libyen de sa campagne de 2007, son adversaire PS François Hollande s'en remettant à la justice pour dénouer cette affaire.

Ce dossier complexe, relancé à une semaine du second tour de l'élection présidentielle, se double d'un débat sur la situation de Bachir Saleh, ex-directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi, destinataire, selon Mediapart, du document incriminé. Ce dernier, recherché par Tripoli via Interpol et qui selon l'un de ses avocats se trouve en France, a démenti dimanche avoir reçu cette note.

Lundi, François Fillon a assuré qu'il n'y avait "aucune trace d'un mandat international" contre cet ex-dignitaire libyen visé par "une notice rouge" d'Interpol pour fraude.

C'est cependant sous un autre nom, Bashir Al-Shrkawi, qu'il apparaît sur la notice rouge consultable sur internet, photos à l'appui, authentifiées par l'AFP à Tripoli comme étant celles de Bachir Saleh. L'un de ses avocats, Me Marcel Ceccaldi, a également confirmé qu'il s'agissait du même homme.

Interrogé par l'AFP, Interpol a expliqué lundi que le nom de Bashir Al-Shrkawi a été fourni par la Libye qui le recherche.

Les notices rouges sont l'un des moyens par lesquels Interpol informe ses pays membres d'une demande d'arrestation et d'extradition, mais il ne s'agit pas de mandats d'arrêts internationaux, chaque Etat étant libre d'interpeller ou non la personne recherchée.
M. Fillon a également affirmé que l'ex-dignitaire libyen avait un "passeport diplomatique du Niger" et était à ce titre "protégé par l'immunité diplomatique". Le ministère nigérien des Affaires étrangères a ensuite précisé à l'AFP que Bachir Saleh n'a plus ce passeport, ayant décidé lui-même de le restituer.

La note controversée, publiée samedi par le site dirigé par Edwy Plenel est présentée comme signée par Moussa Koussa, ex-chef des services de renseignements extérieurs libyens vivant en exil à Doha, qui l'a qualifiée dimanche de "faux".

- "50 millions d'euros" -

Selon ce document, le régime Kadhafi aurait accepté en 2006 de financer pour "50 millions d'euros" la campagne de Sarkozy.

En mars 2011, le fils de Mouammar Kadhafi, Saïf al Islam, avait affirmé à Euronews que la Libye avait financé la campagne de M. Sarkozy en 2007.

"Nous déposerons plainte contre Mediapart", a déclaré Nicolas Sarkozy sur France 2. "Ce document est un faux grossier" et la plainte sera déposée "avant la fin" de la campagne, qui s'achève vendredi à minuit.

Mediapart "attend avec sérénité un éventuel procès", a répliqué son directeur Edwy Plenel, pour qui "il ne suffit pas de contester l'authenticité du document révélé pour mettre fin aux suspicions".

Le président-candidat a ajouté avoir "honte pour l'AFP d'avoir fait une alerte sur un document faux" et plus généralement pour tous ceux qui ont utilisé ce document.
"L'AFP a traité cette affaire avec la rigueur qui caractérise notre démarche d'agenciers, nous en tenant aux faits et recueillant le plus grand nombre possible d'informations et commentaires pour mettre en perspective la publication de cette note", a répondu le PDG de l'AFP, Emmanuel Hoog, dans un courrier à M. Sarkozy.

Interrogé sur cette affaire, M. Hollande a estimé que "c'est à la justice d'être saisie".

"Si c'est un faux, eh bien le site sera condamné, si ce n'était pas un faux, à ce moment-là il y aurait des explications à fournir", a dit le candidat PS à l'Elysée, niant tout lien entre lui et Mediapart.

Plus incisive, Ségolène Royal, qui affronta le président sortant en 2007, veut savoir "si l'élection de 2007 s'est déroulée dans des conditions légales". Sinon, a-t-elle affirmé, "le Conseil constitutionnel aurait inversé les résultats. Vous imaginez les conséquences' Ca voudrait dire que pendant cinq ans, Nicolas Sarkozy a exercé son mandat de façon illégitime".

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