11 mai 2012 : Hommage de François2 à François1 en présence de sa fille de gauche
Enorme fête pour son papa le 11 mai 2011 à La Bastille
Les Français et François Mitterrand 10 ans après : février 2005
Janvier 2011. Le PS devrait s'inspirer de mon papa
Mars 2010. Après l'infanticide l'inceste entre frère et soeur (???)
Octobre 2009. Maman de nouveau ?
Août 2007. People-isation ferme. Grosse pub sur Paris-Match, avec photos-chocs de Mazarine enceinte, pour un ouvrage sur l'infanticide, un thème qui touche l’écrivain, et l'inspire particulièrement ; une polémique opportune
Juillet 2007. Un roman de 150 pages sur l'infanticide, dont le lancement fait scandale
Mars 2007. Cambriolage ; Je soutiens Ségolène, une femme courageuse
Septembre 2006. Affaire Elkabbach-Sosnowski : Condamnation pour contrefaçon confirmée en appel
Juillet 2005. Mazarine maman d'un garçon.
Mars 2005. Mazarine Pingeot : « C'était un père génial »
Alors que le film « le Promeneur du Champ-de-Mars » rencontre un succès inattendu, Mazarine Pingeot, fille (longtemps cachée) de François Mitterrand, publie « Bouche cousue ».
A 30 ans, la jeune femme, enceinte, raconte son passé. Et son père.
Un peu moins de dix ans après la mort de votre père, vous racontez votre enfance. Pourquoi maintenant ?
Mazarine Pingeot.
L'élément déclencheur, c'est que j'attends un enfant pour le mois de juin.
Je voulais quelque chose de concret à lui raconter plus tard lorsqu'il me posera des questions.
J'avais donc envie de remettre à jour ma filiation, de retrouver ma mémoire, les moments forts
de ma jeunesse. Et puis sans doute suis-je plus mûre aujourd'hui. Avant, je n'étais pas prête...
Quels souvenirs gardez-vous de votre père ?
Il y a un décalage entre l'image que j'en ai et l'image que les gens s'en faisaient, ou s'en font encore.
En politique, il y a forcément une part de représentation : c'est un univers rude, où l'on est souvent dans le combat. Moi, je me souviens de quelqu'un de très cultivé, qui ne la ramenait jamais. Il n'était ni mégalo ni égoïste. Il écoutait beaucoup les autres. Il avait une immense maîtrise de soi. Je ne l'ai jamais vu, par exemple, se mettre en colère. Et puis il était profondément doux avec les gens qui l'aimaient.
Bref, c'était un père génial.
Qu'avez-vous pensé du film « le Promeneur du Champ-de-Mars » ?
Je ne veux pas dire du mal de son réalisateur Robert Guédiguian, que j'aime bien. Je trouve sa démarche intéressante et estimable. Audacieuse aussi.
Mais je n'ai pas du tout retrouvé le François Mitterrand que je connaissais. Dans le film, il est grincheux et ne parle que de lui. Il est un peu cuistre et ne s'exprime que par citations. Or, ce n'était jamais le cas. En plus, on le voit toujours malade, alors que, dans les trois dernières années de sa vie, il y a eu des moments où il allait bien. Non, l'ensemble n'est pas crédible, mais je suis forcément subjective.
« Oui, enfant, j'ai souffert »
Vous évoquez la haine que François Mitterrand inspirait parfois, une haine qui vous suivrait encore aujourd'hui...
Oui. Mon père a alimenté une série de pseudo-écrivains qui ont écrit des saloperies sur lui pour se faire de l'argent. Il n'a pas eu des relations très simples avec la presse en général. Il y a des gens qui lui vouent une rancune sans limite.
Lorsque je lis ou entends encore aujourd'hui qu'il était antisémite, je deviens folle. Quel contresens !
Et cette haine, j'en ai un peu hérité. Je reçois des lettres anonymes. Dans la rue, parfois, on m'apostrophe, on m'insulte. Heureusement, il y a aussi des gens très sympas. Mais ce n'est pas simple à vivre tous les jours.
On devine que vous avez beaucoup souffert du secret et de la solitude...
J'ai souffert, oui. Enfant, je ne pouvais pas facilement me lier. J'avais du mal à faire confiance. Les émotions ont été un peu gâchées. Lors des victoires électorales de mon père par exemple, ma mère et moi, nous ne pouvions pas manifester notre joie. Ça marque. Alors, on apprend à vivre différemment des autres.
Vous évoquez longuement Gordes, la maison du Vaucluse dans laquelle vous avec vécu avec vos parents...
Ce sera aussi la maison de mon enfant.
Gordes, ce sont des souvenirs du quotidien. Les oeufs au petit-déjeuner. Les côtes d'agneau et les pommes de terre en robe de chambre. Ma mère et ses balades à pied au village avec les chiens. Mon père et son amour des arbres. Il aimait cet endroit. C'était son repaire.
Comment avez-vous réagi lorsque « Paris Match », en 1994, a révélé votre existence en publiant votre photo ?
Ce fut un choc terrible. Je suis passée de l'anonymat à l'exposition totale. Avant, j'avais tendance à ne pas trop me montrer, à rester discrète. J'étais invisible et, d'une certaine façon, j'avais appris à aimer ça. Tout à coup, les gens se sont mis à me dévisager, à me déshabiller du regard. J'ai vécu ça comme une sorte de viol.
On a pourtant imaginé que cela pouvait être une forme de libération...
Non. Mais c'était sûrement inévitable. La seule chose un peu positive, c'est que mon père était encore en vie. Je n'aurais pas aimé que cela arrive après sa mort.
Avait-il donné son accord ?
Non. Il était furieux. J'étais encore jeune. Il avait peur pour moi, et pour ma mère. Après, il a peut-être changé d'avis. Il était content qu'on puisse se promener librement, même si nous n'en avons pas assez profité.
« J'aime bien Hollande et Fabius »
On dit qu'il y aurait aujourd'hui une nostalgie Mitterrand...
Le vent tourne. En France, on manque de personnage emblématique, de leader ayant sa stature. François Mitterrand entrera dans l'histoire comme De Gaulle, même si les deux hommes ont bien évidemment un parcours différent.
Vous lancerez-vous un jour en politique ?
On ne peut jamais dire jamais, mais je ne suis pas sûre d'être faite pour ça. La politique est un univers trop brutal. Pour l'instant, je suis chroniqueuse dans l'émission de Michel Field sur Paris Première.
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