Alain Zanini dit Marc-Edouard Nabe

Fils de Marcel Zanini, musicien de jazz gréco-turco-italien. Ecrivain, anarchiste iconoclaste, raciste, célinien, ostracisé.
Auteur d'une trentaine d'ouvrages ayant eu plus ou moins de lecteurs, dont le sulfureux Au régal des vermines, Barrault Bernard, Paris, 1985, Le dilettante, Paris, 2005.

1
Qui ne rêve pas d'être jeté en prison pour ce qu'il a écrit? C'est le désir intime de bien des graphologues, je suis certain! Tout Balzac pour un poème d'Ezra Pound!
Il est interdit de donner de la poésie aux animaux. Le monde est un zoo que Pound voit de sa cage. On aime venir arracher des griffes du vieux tigre quelques feuillets épars.

Céline, bien sûr, qui savait que la noblesse passait par les menottes. C'est la Classe suprême! Enfermé n'est rien, c'est condamné à mort qu'il faut: c'est la seule fierté, l'unique but de l'homme de lettres. Condamné à mort pour ce qu'on a écrit! Voilà la seule carte de visite qu'on s'arrache tous.
C'est là qu'on voit l'indicible complicité de la Subversion et de l'Inquisition. Les Lois n'ont qu'une justification: faire payer le prix fort aux débiteurs. Estampiller la vérité d'un danger qu'aucun buvard ne pourra sécher. Le calbuth d'acier pour les couilles au cul. Le visa du « quelque chose à dire ». Les Russes, les Argentins, tous les dissidents ne suffisent plus: on n'emprisonnera bientôt plus les idées mais la musique. Le jour où un musicien sera condamné à mort grâce à sa musique, parce qu'elle sera trop insupportablement dangereuse le monde ira mieux.

Les Baumettes, voilà l'ambition suprême. Le centre de la Poésie. Le Panthéon des Crapules!... Je rajouterai que Sade, coupable de trois fois rien, est celui qu'on a mis le plus longtemps en Prison pour lui permettre d'écrire les crimes qui justifieraient sa détention. Le type même de l'écrivain criminel par excellence est celui qui est allé payer sa sentence à l'intérieur de sa punition: il a comme amorti par l'écriture des plus inimaginables méfaits de l'humanité son incarcération injuste.
L'Erreur judiciaire était presque parfaite. Les vingt-sept années de Sodome, Justice ou les Prospérités du Cabanon, l'Innocence dans le Mouroir, le Crime Écrit de l'Infortune, ce que vous voudrez... La quête du pilori macère chez tous les poètes. Ce sont tous des hagards du boisseau. Sous le désir du couperet: voilà l'histoire.
Au régal des vermines, 2005, pp. 43-44

2
Je suis très raciste. J'espère que les Noirs vont finir par enculer tous les Blancs et les assombrir pour toujours.
Le métissage n'est pas une solution pour empêcher le racisme mais pour l'accroître. C'est sa seule vertu...

Tout est race dans la vie. Je prétends qu'il existe des différences essentielles entre la race noire, blanche, jaune.
Les généticiens, biologistes de merde peuvent toujours noyer tous les poissons dans des histoires de sang, de rhésus coreligionnaires, de globules collègues, on ne me fera pas croire qu'on est assez scientifiquement borné pour saisir tout ce qui sépare un Russe d'un Congolais sans admettre que les races elles-mêmes n'existent pas!
Ils soutiennent ça, très pontes graves! Pour moi, les races existent et elles ne sont pas ce que nous avons de pire en nous. Du moins quand on est dans la bonne race!...

La plus belle race du monde, ce sont les nègres! Sans discussion possible! Race de splendeurs, d'élégance, de magie. Race des rites et de possessions. Les Noirs sont la race la plus noble, celle qui se fait le moins chier, celle qui contient les plus beaux spécimens de merveilles physiques, la race esthète par excellence, celle qui pue la force et la santé, la gaieté et la sagesse, la grâce et le bonheur. Je suis tellement fanatique de pannégrisme que j'ai tendance à mettre tous les nègres dans le même sac.

Il ne faut pas m'en vouloir: je suis un peu comme ces "filles à Zan" qui ne jetteraient pas un regard à Delon ou Belmondo torse nu devant elles, mais courraient après la dernière des larves chocolatées de Barbès-Rochechouart!
Ils sont tous très différents et il est difficile de comparer un Éthiopien aux joues en lames de couteaux avec un bassiste funk de Chicago! Pourtant, ça me fait bander pareillement moi! Il me tarde, puceau, de connaître les délices épineuses d'un vagin obscur et rose large, bien fromageux au clitoris en gousse de banane fumante! Je connais des musicos blancs qui ne peuvent plus sentir une "faïence" après avoir goûté aux sucs éminemment suaves d'un corps de Noire énorme, aux hanches à vapeur, au cuir d'or, dur de muscles déroulés dans le sang brun, la chevelure en fumée, les seins comme des gants de boxe et la toison en fer barbelé! . . .
Ibidem, pp. 88-89

3
Le Blanc, voilà la sous-race ignoble, celle que je méprise le plus.
Celle qui n'a rien pour elle, que du mauvais, tout mauvais. Ridicule et puis c'est tout. Le Blanc ne transporte rien. Si par malheur il n'est pas juif, je ne donne pas cher de sa peau. Tellement nul que les Noirs n'en feront qu'une bouchée. Nous ne sommes que d'anachroniques sursitaires bien fragiles: peu à peu les goyes disparaîtront.
Si le métissage est provisoire, une technique pour supprimer l'homme blanc de la terre, alors je suis d'accord. Que trois ou quatre nègres bien membrés viennent nous bouffer ces millions d'Américains, de Russes, d'Allemands, de Français, d'Italiens, d'Espagnols, d'Anglais, de Roumains, de Suisses, d'Australiens et d'Ardennais!
Tout pour les Noirs! Si vous avez besoin de renfort, les Arabes et les Jaunes viendront vous donner un coup de main, mais je vous en prie: faites nous crever!

Depuis toujours, je suis raciste, mais j'aime les nègres farouches des bananeraies inabordables, les dangereux pygmoïdes guerriers qui se foutent pas mal du cancer, de la littérature et des grèves du zèle. Turkanas, Pokots, Maliens, Ghanéens, Griots, Balobwilos, Papous, Tutsis, Bantous qui se décontractent majestueusement dans l'espace.
Regardez l'air fascinant qu'ils ont: pendant des heures sans s'énerver ils perdent leur temps à se parer de décombres de bijoux, à se râper la gueule ou à s'orner minutieusement de maquillages: ils passent leurs journées en d'inutiles sacrements pour la chasse, pour les « mystères » du soir, les rites et les lentes processions en pirogues à travers des rideaux de poissons volants!...

Rien ne me transporte plus qu'un nègre en rite un rien en rage! J'aime les voir mousser d'écume dans le coperswinguant déhanchement de leurs trognons noirs en quelques danses affolantes ou splendides théâtres magiques, bouquets de battements de mains, nuits d'afriques hululées du gros volume des tambours ou du son gras de gris balafons graves.
Ibidem, pp. 92-93

4
Les Juifs avec leurs infiltrations dans les milieux financiers, sociaux, scientifiques, philosophiques et esthétiques du monde entier, et l'élaboration de la Jérusalem Terrestre, ou bien les Arabes avec leur pétrole pourri sont bien gentils près de cette violence-là qui fait du Noir le seul créateur de beauté possible au xxe siècle et pour tous les autres à venir, mettant plus bas que terre n'importe quel Blanc raffiné et bien-pensant, se servant de lui comme un larbin, sur son propre terrain, dans son point faible le plus vulnérable à mort: l'Art! Son Cher Art niqué pour toujours... .

Que les Noirs laissent aux sales Blancs les soucis glorieux de la Science et des sinistres formalités techniciennes. Qu'ils s'occupent des domaines géniaux de leur force, dans leur régal, maîtres absolus des larbineux blanchâtres! Boxe, musique, sport, religion, amour, sculpture... Ce sont les plus forts! Les corvées, c'est pour les autres! Quelle est la place d'un splendide nègre bien baraqué, chargé des prières millénaires de sa tribu et qui vient dans un bureau s'occuper de statistiques, d'informatique, de médecine?.. Ils me font trop penser aux femmes qui veulent absolument s'occuper des sordides soucis masculins, pour prouver quoi? Le Noir est la femme du Blanc! C'est-à-dire faite pour jouir et napper le monde de magie et de santé! Le Mari: un blancot au bureau bossant pour la nourrir et la gâter! Voilà comment je vois les choses! Mais il ne faut pas que les nègres se laissent baiser comme les femmes aujourd'hui qui, en renversant les fonctions, se chargent peu à peu de tout le chiant, laissant aux hommes les délices de l'existence!
J'espère du reste que ce seront les Noirs qui remettront les femmes dans le bon chemin, c'est-à-dire le mauvais, en les enculant aux Blancs!

Ah! ce que je peux être négrophile! C'est à frissonner!
Si Fou panafricain que je me refuse à moi-même le métissage. Je veux dire que je n'irai pas me fondre chez les nègres, sous prétexte que je les adore et leur dois tout. Je les respecte trop pour ça et puis, surtout, j'ai trop conscience de l'impossibilité des fusions, des alliages de races et de cultures, je suis trop persuadé de l'authenticité de la race. On ne peut pas mélanger les races. Tout en étant très proche d'eux, je n'ai pas envie (car je n'ai pas le droit) de vivre avec des Noirs ou des Arabes. Toute tentative de transvasement est vaine. On peut se trouver des affinités à droite à gauche, mais on ne peut pas changer de race.
On reste tous dans nos compartiments et c'est normal, même si c'est dommage.

C'est de là qu'on peut bien parler. C'est la nature qui veut ça. La Nature, c'est l'apartheid suprême.
Heureusement que je suis blanc. Si j'avais été noir, je n'aurais pas pu cracher aussi facilement, on m'aurait accusé de racisme! C'est comme pour le catholicisme: étant baptisé, j'ai le droit de m'occuper de cette affaire-là.
Ibidem, pp. 98-99

5
Il y a un snobisme du pédé, une symbolique de la nouvelle tante: propreté, préciosité, argent, couleurs, bons repas, non-violence, désinvolture, meilleurs rapports avec les filles (asséchées de plus en plus et même plus assoiffées), rock, vêtements, cinéma, yankisme, charme rétro, sophistication, culture... Ah! quelle engeance ignoble!

Quel goût de ghetto! Ghetto arriviste, car les pédés veulent sortir de la marge, " à part entière" dans l'existence, il n'y a pas de raison, marginaux mais dedans quand même! Revendicatifs mais sans même la Classe de rester en dehors, impérieux et subversifs. Non, ils se tiennent bien la main avec les handicapés: ils font tout pour qu'on les trouve moins malades! Le plus grand vice maintenant, c'est de ne pas être pédé... C'est la maladie suprême, le cancer foudroyant écœurant! Tout ce qui n'est pas homosexuel est à jeter.
Ibidem, p. 152

6
Certains m'ont dit que j'étais allé si loin dans l'extrême gauche que je me retrouvais dans l'extrême droite!
C'est faux: je ne suis pas un gauchiste d'extrême droite comme le sont devenus les anciens soixante-huitistes déçus du maoïsme lorsqu'ils ont regagné une bourgeoisie de race.
Moi, je n'ai jamais été gauchiste, car je suis dans le communisme, et pas le communisme bourgeois, je vous prie de le croire! J'ai simplement suivi mon tempérament aristocratique, mon individualisme forcené, fascisant si vous y tenez, en lâchant derrière moi toute la naïveté sinistre de la gauche et l'esthétique retardataire de la vieille droite.
Ce qui amène la droite, c'est la peur du communisme, et je dois être un des rares à ne pas craindre le communisme.

Je ne suis entré dans aucune danse politique, même de loin, même par la voie sournoise du repentir, de 1'«erreur»... Je ne me suis pas donné l'occasion d'avoir un passé: je méprise tous ceux qui ont marché, à un moment ou à un autre, dans une idéologie. Je n'admire que les mystiques. Je suis d'extrême Sade, voilà ce que je suis. Le marquis est pour moi l'idéal politique. Celui qui a eu la vraie "vision". Moi, je ne suis qu'un affreux provocateur inadmissible, jouant sur la friction des degrés...

Je suis un homme d'affaires du lyrisme. Ni sceptique, ni partisan, ni porte-parole, ni hors-la-loi, mais sans loi, frondeur si vous voulez, tendancieux au-dessus de tout soupçon, récupérable par tous et par personne. J'essaie de me définir, au milieu de mes cent mille contradictions. C'est le plus difficile. J'ai été aidé par les jugements d'autrui. Politiquement, pour savoir ce qu'on est, il faut écouter ce qu'on dit de vous...

Ce qu'on dit de moi?

Que je suis un fasciste d'extrême gauche, un anarchiste d'extrême droite, un communiste nazi, un gauchiste monarchiste.. .
Ibidem, pp. 156-157

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