Bio express officielle

Jane Fonda
Vers portrait

Belle bourge américaine, "libérée", "idiote utile", ancienne matérialiste gauchiste partouzarde reconvertie en "spiritualiste" vendeuse d'une auto-bio pleurnicharde : Ma vie, Plon, Paris, 2005.
Un merveilleux exemple pour les femmes du monde entier ?

1
(Ma mère, Frances Seymour)
Un mois plus tard, le jour de son quarante-deuxième anniversaire, Maman a écrit six lettres. Une à chacun de ses enfants, Pan, moi et Peter, une à sa mère, une à son infirmière, lui disant de ne pas aller dans la salle de bains mais d'appeler le médecin, et la dernière à son psychiatre: « Vous avez fait tout ce que vous pouviez, docteur Bennett. Je suis désolée, mais c'est la meilleure solution. »
Puis elle est allée dans sa salle de bains de la clinique Craig House, elle a pris le rasoir qu'elle avait réussi à cacher et s'est tranché la gorge. Elle vivait encore quand le Dr Bennett est arrivé, mais elle est morte quelques minutes plus tard.

... M'étant toujours demandé si Maman avait eu du mal à s'habituer, après New York, à la vie beaucoup moins mondaine qu'elle menait en Californie avec mon père, j'ai interrogé Laura à ce sujet.
« Oui, ils étaient très différents, et c'était dur pour elle. » Puis Laura a continué, évoquant le Los Angeles des années 40, et soudain elle m'a dit: «Vous savez, Jane, votre mère était une femme très attirante, et très moderne.
- Ce qui signifie? » Je me suis redressée dans mon fauteuil, attentive.
« Votre père est parti dans la marine, pendant la guerre. Frances s'est retrouvée toute seule et elle est tombée amoureuse folle d'un jeune homme qui s'appelait Joe Wade. Un vrai don Juan, divine- ment séduisant! Elle était dingue de lui. Toutes les femmes l'étaient. »
.... J'ai senti au fond de moi un glissement tectonique, la reconnaissance de ma mère. Pour la première fois je ne la voyais pas comme une victime, mais comme une femme qui avait défendu son droit au plaisir. J'ai raccroché et sangloté longuement.
Paul Peralta-Ramos, fils de l'artiste mondain Milicent Rogers et cousin de Maman, m'a dit:
« Frances était celle à qui nous nous adressions en cas de problème. Rien ne la choquait. Si on mettait une fille enceinte, c'était ta mère qu'on allait voir. On savait qu'elle trouverait un médecin. Elle était un roc, aucune difficulté ne l'arrêtait. »

... La vie n'était pas facile pour les Seymour. Maman a écrit que son père les «fessait» si souvent et si fort que Grand-Mère le suppliait de s'arrêter. Aujourd'hui, on parlerait d'enfants battus. Il fermait les portes avec des barres de fer pour s'assurer que personne ne viendrait voir Grand-Mère, accrochait des serviettes aux fenêtres, se cloîtrait dans sa chambre. Le seul étranger qui fût autorisé à entrer était l'accordeur de piano. Qui abusa de ma mère quand elle avait huit ans, je le lus sur les feuilles qu'elle" avait écrites de sa main.
Ce traumatisme transforma très probablement sa vie, et la mienne - j'y reviendrai par la suite.
Ma vie, Le papillon, p.27, Gènes bleus, p. 34, 35, 36, 38

2
(Mon père, Henri Fonda)
Au début des années vingt, comme son père l'y avait autorisé, Papa est parti avec un ami de la famille à Cape Cod, où il s'est bientôt lié aux membres de l'University Players, une compagnie de répertoire estival de Falmouth, Massachusetts. Joshua Logan, un de mes futurs parrains, en faisait partie. Papa était le seul d'entre eux à ne pas sortir d'une des prestigieuses universités de l'Ivy League.
Quand Margaret Sullavan, jeune beauté du Sud genre Scarlet O'Hara, petite et mince, douée, aguicheuse et pleine de caractère rejoignit la troupe l'été suivant, elle séduisit le jeune homme timide du Nebraska. Ils s'aimaient, mais Sullavan s'en alla jouer les têtes d'affiche à Broadway.
Leur histoire, apparemment enflammée et tempétueuse, continua néanmoins. Au bout d'un an et demi Papa fit sa demande~ elle accepta, ils se marièrent et s'installèrent dans un appartement de Greenwich Village. Moins de quatre mois plus tard tout était fini. Papa est allé vivre dans un hôtel de la 42e Rue infesté de cafards, tandis que Sullavan avait une liaison avec le producteur Jed Harris. Papa restait des heures le soir en face de chez elle, les yeux levés vers ses fenêtres, sachant que Harris était là avec elle. «J'étais démoli, a-t-il avoué des décennies plus tard à Harold Teichmann. De toute ma vie, je ne me suis jamais senti aussi trahi, rejeté, et seul. »

... Deux ans plus tard, en 1936, ma mère s'embarquait pour l'Europe avec sa dame de compagnie et sa Buick. C'est ainsi qu'elle rencontra mon père à Londres, en allant voir une amie sur le tournage de La Baie du destin, où il jouait aux côtés de l'actrice française Annabella. Avec six films derrière lui et un premier rôle qui l'attendait dans une pièce de Broadway, Papa était déjà devenu une star, ou presque.
« J'ai toujours eu tous les hommes que je voulais », a dit un jour Maman à une de ses amies. Mon père était divinement beau, délicieusement timide, et elle le voulait. Il reconnaissait que, bien que trop inhibé pour faire le premier pas, il se laissait facilement séduire. Et selon Laura Clark, si quelqu'un aimait séduire, c'était ma mère.

Papa et Maman se sont mariés peu après leur retour à New York. Un an plus atrd , née de cet amalgame génétique aussi inquiétant qu'intéressant, j'arrivais sur cette terre.

... Au bout de quelques années, mon père eut des aventures. Maman semble n'en avoir rien su jusqu'à ce qu'une de ces femmes entame une action de reconnaissance en paternité contre Papa. Maman puisa dans son argent personnel pour acheter son silence. J'en ai parlé avec Pan. «Je me souviens comme si c'était hier, m'a-t-elle dit, de l'atmosphère pesante et angoissée qui régnait dans la chambre de Maman, des longues conversations qu'elle avait alors avec Grand-Mère. »
Cette crise ne fut, à mon avis, que l'épisode le plus dramatique d'une série de problèmes. Toujours distant, Papa faisait preuve d'une froideur contre laquelle Maman ne savait pas lutter. Grand-Mère Seymour raconte qu'elle le suppliait: «Je t'en prie, Henry, dis-moi ce que j'ai fait de mal. Dis-moi quelque chose, n'importe quoi. » Il ne lui répondait jamais. Pas un mot, ajoute Grand-Mère. Je ne pense pas qu'il voulait se montrer cruel. Peut-être était-il déjà atteint de la dépression chronique des Fonda.

.... Alors que je n'étais pas plus haute que l'ourlet des robes à la mode de chez Valentina que portait Maman, ce qui se passait entre mes parents m'avait déjà mis dans la tête l'idée qu'une femme doit répondre aux besoins affectifs et physiques de son mari. Qu'elle doit se tordre comme un bretzel, ne jamais lui faire voir qui elle est réellement. Qu'elle ne doit laisser sa personnalité s'exprimer qu'en dehors de leur relation - à la maison, dans son travail, avec ses amis ou ses amants, mais n'importe où ailleurs. Comme tant d'autres, c'est ce que Maman faisait. Et non, je crois, parce que Papa le lui demandait, mais parce que c'est ce que font toutes les femmes «désincarnées» quand elles veulent être de «bonnes» épouses. Une chose est certaine, cela ne rend pas la vie à deux très enviable.
Ibidem, Gènes bleus, p. 45-46, 47, Tigertail, p. 58-59

3
(Mes "études")
Régulièrement, à Emma Willard (collège privé fréquenté par les enfants de la Haute société), l'une d'entre nous faisait circuler la liste de tout ce que nous pouvions imaginer en matière de sexe, et nous devions mettre une croix en face de ce que nous avions fait. Carol Bentley remplissait pratiquement chaque ligne: embrasser avec la langue, rapports, fellation et des tas d'autres choses dont la simple évocation accélérait ma respiration. Je révérais Carol. Mes exploits se limitaient à des baisers bouche fermée et quelques caresses, mais je prétendais avoir déjà embrassé un garçon avec la langue et eu des rapports sexuels.

Au cours des deux années qui ont suivi, j'ai eu deux petits amis (l'un après l'autre), et j'ai essayé de faire l'amour avec eux. Mais malgré nos efforts haletants et les irritations dues au tapis sur lequel cela se passait, ça n'a jamais marché. Mon corps semblait refuser de les laisser entrer. Malgré les affirmations rassurantes du médecin, j'avais de nouvelles raisons de penser que j'étais anormale.
Ibidem, La faim, p. 104

4
(Mes "Etudes", bis)
En dehors de mon histoire avec Goey, il ne me reste pas grand-chose des deux années que j'ai passées à Vassar (Founded in 1861, Vassar College is a highly selective, residential, coeducational liberal arts college). Je buvais trop, ne travaillais pas assez en dépit de mes bonnes intentions, passais d'une passion à l'autre, devins accro aux amphétamines, obtins de meilleures notes que je n'en méritais et ne m'enthousiasmais pour aucun cours.

J'ai appris avec les années qu'il m'est impossible d'étudier comme on doit le faire pendant ces années de formation générale. Je dois absolument comprendre pourquoi j'apprends, à quoi cela va me servir, sentir que j'en ai besoin parce que cela correspond de façon palpable à ma vie, à ce que je fais.
Depuis une douzaine d'années, il m'a fallu, pour le travail bénévole que j'effectue auprès des jeunes, savoir pourquoi les gens se comportent comme ils le font et ce qui leur permet de changer. Je me suis donc plongée dans les livres de psychologie, de théorie relationnelle, de science comportementale, de développement international, et les biographies de femmes. Mais à Vassar, je ne savais pas pourquoi j'apprenais.
Ibidem, L'attente, p. 112-113

5
(Sur la Côte d'Azur avec Papa)
En 1957, Papa loua pour les vacances une villa sur la Côte d'Azur, à Villefranche, qui avait encore le charme d'un village de pêcheurs. La maison était grande, avec un assez beau jardin, une piscine et une pelouse qui s'étendait jusqu'au bord de la falaise rocheuse, à plus de trente mètres au-dessus de la mer. Les Fonda reçurent beaucoup cet été-là - ou plus exactement, Afdera, dernière épouse de Papa, reçut beaucoup. Mon père n'avait jamais était un mondain. Et il y avait quelque chose d'attendrissant dans les efforts qu'il faisait pour s'adapter, paraître à l'aise, souvent derrière son appareil photo. Quelque chose que j'aimais tendrement.

Gianni et Marelle Agnelli, Jacqueline de Ribes, la princesse Marina Ciccona et son frère Bino, le comte, la comtesse Volpi et leur fils Giovanni, le sénateur Kennedy et Jackie, la haute société défilait à la maison et nous étions constamment invités chez les uns, chez les autres. Elsa Maxwell, surnommée « la plus parfaite des hôtesses », avait loué une villa à côté de la nôtre. Sur le Christina, l'énorme yacht de l'armateur grec Aristote Onassis, il y avait un Picasso accroché dans le salon, des robinets en or, une piscine en mosaïque et des tas de jolies filles aux yeux pleins de secrets toujours prêtes à faire connaissance avec des hommes possédant de telles merveilles.
Picasso avait d'ailleurs un atelier dans la région, où nous lui avons rendu visite. Je me retrouvais face à face avec Jean Cocteau, Ernest Hemingway, Charlie Chaplin. J'étais sans voix.

.... Villefranche se trouve juste à l'ouest de Monaco, petit royaume dirigé alors par le prince Rainier et sa femme Grace Kelly. Les gens riches et célèbres allaient dépenser leur argent dans les boutiques et le casino du port de Monte-Carlo. L'été, il y avait tous les samedis un bal de gala où l'on dînait, buvait du champagne, dansait sous les étoiles, admirait le feu d'artifice. Afdera me trouvait des cavaliers, fils d'industriels ou bien d'aristocrates. Elle devait me chercher un mari - probablement parce qu'elle avait envie de vivre seule avec mon père, mais aussi pour ce que cela ajouterait à sa gloire personnelle.
Je n'ai jamais envisagé la moindre histoire sérieuse avec les hommes que j'ai rencontrés alors -le gratin riche et oisif -, pas plus qu'avec les étudiants des grandes universités américaines. J'avais besoin que l'on m'entraîne dans d'autres mondes - non celui de l'argent mais de la passion et de l'intensité. Je voulais un rebelle, un aventurier, quelqu'un de différent.

Goey et un de ses an1is de Yale, José de Vicuna, vinrent passer une semaine avec nous. José, un Espagnol branché qui connaissait la région, avait des amis chez qui il dormait, mais Goey s'était installé dans l'une des nombreuses chambres de notre villa. Nous nous retrouvions dans la mienne à l'heure de la sieste. J'aimais faire l'amour l'après-midi, rester allongée languide sous le ventilateur. Les stores de toile baissés au-dessus des larges baies vitrées jetaient des ombres sur le carrelage frais, et le bruit des pales qui tournaient doucement au-dessus de nous devint synonyme de plaisir.

Un après-midi, je suis partie avec Goey et José pour Saint-Tropez, vieux village de pêcheurs aux maisons couleur sépia. Nous sommes arrivés au coucher du soleil, et j'ai été émerveillée par la beauté de ce lieu que les touristes découvraient alors grâce au film Et Dieu créa la femme, premier long métrage du jeune réalisateur Roger Vadim, qui rendit célèbre sa femme d'alors, Bri- gitte Bardot.
Ibidem, p.113-114, 115-116

6
(Simone Signoret m'apprend le communisme)
On était en 1963, je tournais Un dimanche à New York, mon sixième film, quand mon agent m'a appelée à Hollywood pour me demander si je voulais aller en France faire avec Vadim une nouvelle version de La Ronde, classique des années cinquante. Je lui ai immédiatement fait envoyer un télégramme disant que jamais je ne travaillerais avec Vadim ! J'avais vu Et Dieu créa la femme, et bien qu'ayant admiré en Brigitte Bardot une merveilleuse force de la nature et reconnu dans ce film quelque chose de nouveau et d'impertinent, je ne l'avais pas trouvé si bien que ça. Et je me souvenais du sentiment de danger que la présence de Vadim m'avait fait ressentir des années plus tôt chez Maxim's à Paris.

Pourtant, la France semblait être inscrite dans mon destin. Quelque temps plus tard, le réalisateur René Clément est venu à Los Angeles me parler d'un projet avec Alain Delon. J'ai accepté. J'étais contente de mettre un océan entre moi, Hollywood et l'ombre écrasante de mon père. Et puis la France était le berceau de la nouvelle vague qui réunissait de jeunes cinéastes tels que Truffaut, Godard, Chabrol, Malle ou Vadim. Clément, qui appartenait à la génération précédente, n'en faisait pas partie, mais il était l'auteur du merveilleux Jeux interdits.

Quand je suis arrivée à Paris à l'automne 1963, j'en suis immédiatement retombée amoureuse. Cette fois, pourtant, la ville me semblait plus une amie qui allait m'enseigner l'art de vivre qu'une grande fête dont je me croyais exclue. La presse était si chaleureuse que me sentais comme une enfant longtemps disparue quand elle revient chez elle. Il faut dire que Simone Signoret m'avait prise sous son aile. Avec son léger et charmant défaut de prononciation, ses lèvres sensuelles et pleines, ses yeux bleus aux paupières lourdes, Simone était une femme solide, aux opinions bien définies, et qui tenait à être plus humaine qu'actrice. Elle vivait avec Yves Montand au-dessus du restaurant Paul sur l'île de la Cité, en face de mon hôtel. Ils étaient amis avec le réalisateur Costa-Gavras, qui, pure coïncidence, devait travailler comme assistant de René Clément sur Les Félins, le film que j'étais venue tourner. Futur auteur de thrillers politiques comme Z, Etat de siège et Missing, il était souvent chez Simone et Yves, où nous mangions entre amis les repas qu'ils faisaient monter de chez Paul, et discutions tard dans la nuit.

.... C'est en France que j'ai rencontré le communisme avec un petit « c », et comme j'ai souvent été accusée d'être communiste par ceux qui voulaient me discréditer, je tiens à en parler ici. A force de fréquenter Simone et Yves, j'ai appris qu'ils étaient ce qu'on appelait des intellectuels de gauche, comme par exemple l'autre Simone (de Beauvoir), son compagnon Jean-Paul Sartre et, bien sûr, Albert Camus, mort en 1960. C'étaient des militants, des gens engagés (en Français dans le texte) et sympathisants du PC, dont certains faisaient partie, puis qu'ils quittaient, et où d'autres, tels que Simone et Yves, n'étaient jamais entrés. Comme beaucoup, ils détestaient tous deux la politique culturelle doctrinaire du Parti pour qui la liberté artistique était un crime bourgeois. Les intellectuels avaient pourtant avec le communisme une longue histoire commune.
Ibidem, Vadim, p. 146-149

7
(Mon mari Vadim, sa "générosité" et ses partouzes)
Il s'appelait Roger Vadim Plemiannikov et, pendant des années, mon passeport a indiqué « Jane Fonda Plemiannikov ». Plemiannikov signifie «neveu », sa famille, paraît-il, descendait d'un neveu de Gengis Khan. Ce qui expliquerait les yeux bridés dont ma fille et mon petit-fils ont hérité. Il y avait en France une liste de prénoms en dehors de laquelle vous ne pouvez pas choisir celui de votre enfant. D'où le « Roger ». Mais tous ceux qui le connaissaient l'appelaient Vadim.

Il a été adolescent pendant l'occupation nazie, et cela a probablement eu un impact important sur ce qu'il est devenu. Il évoque dans D'une étoile à l'autre l'hypocrisie qui régnait alors ainsi que la collaboration de l'Eglise avec l'ennemi, mais aussi les actes d'héroïsme dont il fut le témoin.
«Dès l'âge de seize ans, je m'étais imposé une règle: pour éviter de tomber dans le cynisme et, pire, l'amertume, j'allais profiter de tout ce que la vie m'offrait de mieux. La mer, la nature, le sport, les Ferrari, les amis et les copains, l'art, les nuits d'ivresse, la beauté des femmes, l'irrévérence et les pieds de nez à la société. Je conservais mes idées politiques (je suis un libéral allergique aux mots "fanatisme" et "intolérance"), mais je refusais l'engagement sous toutes ses formes. Je croyais aux qualités de l'individu, mais j'avais perdu tout respect pour la race humaine. »

Une fois adulte, il travailla de temps en temps comme assistant du réalisateur Marc Allégret, écrivit des scénarios, mais chercha surtout à éviter tout emploi fixe. Dans Mémoires du diable, il écrit: «Nous refusions toute forme de travail qui aurait aliéné notre liberté... »

Etre libre, c'était faire l'amour quand il voulait, traîner à Saint-Germain-des-Prés, où il côtoyait André Gide, Jean Genet, Salvador Dali, Edith Piaf, Jean Cocteau, Albert Camus, Henry Miller. Pendant un temps, il partagea une maîtresse avec Hemingway. Et il fit aussi la lecture à Colette, dans son appartement de la rue de Beaujolais.

Vadim s'est toujours montré loyal et généreux envers ses amis.
Il partageait tout l'argent qu'il avait, même quand il en avait peu. S'il était avec une femme qui était d'accord, elle aussi, il la partageait.

..... J'avais hérité de ma mère 150 000 dollars. C'était à l'époque une jolie somme, qui assurerait mes arrières si je ne la jetais pas par les fenêtres. Quand j'ai hésité à y puiser pour l'aider à payer un ami qui venait en vacances avec nous travailler sur un de ses scénarios, Vadim n'a pas compris. J'étais furieuse et je le lui ai dit. Puis, je me suis sentie radine, minable. Et j'ai accepté.
J'ai appris des années plus tard qu'il jouait, que les lieux de tournage ou les maisons de vacances devaient généralement se trouver près d'un champ de courses ou d'un casino. Je ne savais pas que le jeu est une dépendance dont on se sort aussi difficilement que de l'alcoolisme, l'anorexie ou la boulimie. Une grande partie de l'argent de ma mère s'est envolée dans des paris.

.... Puis, un soir, il a amené à la maison et mis dans notre lit une magnifique jeune femme aux cheveux roux. C'était une call-girl qui travaillait pour Madame Claude. Je n'ai pas pensé un instant à refuser. J'ai donné la réplique à Vadim et je me suis jetée dans cette partouze avec l'habileté et l'enthousiasme de l'actrice que j'étais. Puisque c'était ce qu'il voulait, je le lui donnerais - en abondance. Comme l'a écrit la poétesse féministe Robin Morgan dans Saturday's Chill: « S'il était question de ne pas me laisser distancer, eh bien, ils allaient voir de quoi j'étais capable... »
Nous étions quelquefois trois, quelquefois plus. Quelquefois, c'était même moi qui lançais l'idée. Je savais tellement bien enterrer mes sentiments réels et me couper en deux que j'avais fini par me convaincre que j'aimais ça.
Ibidem, Vadim, p. 152-153, L'assistante du magicien, p. 161-163

8
(Je soutiens les communistes vietnamiens)
L'aube pointe à peine lorsque nous traversons la ville en direction de l'hôpital de l'Amitié soviético-vietnamienne, où mon pied va être examiné. Des véhicules camouflés vont et viennent, tous phares éteints. A l'hôpital, deux médecins ont été prévenus de mon arrivée, mais au moment où ils m'installent sur la table pour la radio, les sirènes se remettent à hurler et je suis une fois de plus emmenée dans un abri, à peu près identique à celui de l'hôtel, quoique un peu plus grand, où affluent le personnel soignant et ceux des malades que l'on peut déplacer.

Il n'y a pas de panique: ces gens paraissent habitués à ces interruptions régulières de leur vie quotidienne. C'est la première fois que je me retrouve dans un abri avec des Vietnamiens, l'expérience semble irréelle. Je me sens silencieusement coupable de prendre de la place à cet endroit et d'occuper deux médecins alors que mon pays est en train d'attaquer le leur. Mon interprète du jour, Mme Chi, annonce que je suis américaine, et cela suscite une certaine agitation. Je cherche dans les regards des signes d'hostilité. Rien. Ces yeux dénués de haine m'accompagneront longtemps après la fin de la guerre.

L'alerte se termine et nous retournons dans la salle de radio - où nous sommes à nouveau interrompus par les sirènes. Une heure doit s'écouler avant que les médecins arrivent enfin à diriger sur mon pied les rayons X. Ils voient une légère fracture transversale. En enlevant le plâtre que m'ont posé les Soviétiques, ils se mettent à rire. Mme Chi traduit ce qu'ils disent. Apparemment les Russes ont oublié de poser de la gaze entre ma peau et le plâtre, qui, parce qu'il n'a pas été correctement préparé, ne s'est pas durci à l'intérieur... Dieu merci! Sinon, ma peau serait partie avec lui.

Les médecins m'expliquent qu'ils vont me poser un cataplasme à base de racines de chrysanthème autour du pied et de la cheville. Une préparation qui a un effet réparateur et revigorant. Les Vietnamiennes enceintes boivent ces racines en infusion. « A cause de la guerre, me dit l'un des deux hommes, nous devons utiliser ce que nous avons pour soigner les gens, c'est-à-dire des choses simples. » (Je me demande si Adelle Davis le sait.)

Ça sent vraiment mauvais, mais le médecin m'assure que dans quelques jours mon pied sera désenflé et l'os ressoudé. Un truc qui pue autant est forcément efficace! L'ironie de cette histoire ne m'échappe pas. Dans ce pays de paysans assiégés que les Etats- Unis accusent d'être à la solde de l'URSS, les gens me semblent, tout au moins en ce qui concerne la médecine, avoir gardé un remarquable esprit d'indépendance et très bien se débrouiller.

Nous retraversons Hanoi. Les rues sont impeccables. Pas de papiers qui traînent, aucun signe de pauvreté, pas de mendiants, pas de sans-abris, et peu d'enfants. Mme Chi me dit que ces derniers ont été pour la plupart depuis longtemps évacués à la campagne, où la vie continue. «Nous avons déplacé nos écoles, l'université, des hôpitaux et des usines et les avons reconstruits, quelquefois sous terre ou dans des grottes », m'explique-t-elle. Les Vietnamiens ont dû exercer leur flexibilité et leur faculté d'adaptation pendant la guerre contre les Français - ou peut-être contre les Japonais, ou les Chinois, ou les Mongols.

Notre voiture attire l'attention. Je présume que c'est parce qu'il n'y en a pas beaucoup d'autres à regarder, et que celle-ci porte une plaque VIP. Les gens nous font des signes de la main, des adolescents courent à côté de nous, cherchent du regard qui se trouve à l'intérieur. Quand ils me voient, ils crient quelque chose au chauffeur. Mme Chi me dit qu'ils demandent d'où je viens - de Russie? Le chauffeur leur crie: «C'est une Américaine! » et ils applaudissent!
Incrédule, je demande à Mme Chi: «Comment se fait-il qu'ils soient contents de savoir que je suis américaine?

..... Retour à Hanoi. Le jour où je dois rencontrer des prisonniers de guerre, comme l'ont fait beaucoup d'Américains venus ici avant moi. Ils sont sept, transportés dans un bus aux vitres obstruées de leur camp, le Zoo, au quartier général des studios cinématographiques de l'armée où je les attends, à la périphérie de la ville. L'équipe de cinéma française est là, mais bientôt on lui demande de sortir. (Je montrerais ce qu'ils ont filmé lors de ma conférence de presse à Paris.) Il y a dans la pièce quelques Vietnamiens, des gardiens, sans aucun doute. Les prisonniers sont assis en ligne, habillés d'uniformes rayés, je leur fais face. Ils ont l'air en bonne santé, et en bonne forme. L'un d'eux a été pris en 1967, lm second en 1971, et les autres cette année (1972). Ils ont tous 3.ppelé à la fin des hostilités et signé une formidable déclaration ~ontre la guerre qu'ils ont confiée à la dernière délégation amériaine venue ici.

Je leur explique que je milite contre la guerre, comme ils peuvent s'en douter, et que c'est à cause des digues que j'ai voulu venir. Ils le savent déjà, ils ont entendu ce que j'ai dit à la radio grâce aux récepteurs installés dans les murs de leurs cellules. Certains me répondent qu'ils sont eux aussi contre la guerre et espèrent que Nixon perdra les prochaines élections. Au cas où il serait réélu, disent-ils, les combats pourraient continuer indéfiniment (ils ont raison, c'est exactement ce qui va arriver), et une bombe tomber sur leur prison, une crainte que j'ai déjà entendue formulée par George Smith (qui a été libéré) et par des parents de prisonniers. Ils espèrent que leurs familles voteront pour George McGovern et comptent sur moi pour le leur dire.

Je leur demande s'ils ont été torturés ou s'ils ont subi un lavage de cerveau. Ils rient. Non. Ils n'ont rien vécu de tel. Je ne peux pas dire que l'atmosphère soit détendue. Elle ne l'est pas. Pour des raisons évidentes, nous restons tous sur nos gardes, gênés. Il y a toujours au moins un gardien avec nous. Certains prisonniers m'expliquent combien ils ont changé depuis qu'ils ont été pris. L'un d'eux me dit avoir lu un livre publié par l'American Friend Service Committe qui l'a aidé à comprendre combien, en seize années d'armée, il s'était déshumanisé. Un autre, le lieutenant colonel des marines Edison Miller, me raconte qu'il lit beaucoup et écrit un livre sur l'histoire du Viêtnam.

Le grand costaud qui est sur la chaise du milieu, le capitaine Davy Hoffman, lève et baisse le bras d'un mouvement fier en me demandant de dire à sa femme qu'il est rétabli. Il a été éjecté de son avion et s'est cassé le bras. Je lui promets de le faire. (Mission accomplie dès mon retour.)

Au bout d'environ vingt minutes, les gardiens emmènent les sept hommes. Ils m'ont semblé sincères, mais peuvent très bien avoir menti pour se protéger. Quoi qu'il en soit, je n'ai vu sur eux aucun signe de torture, tout au moins récente.

C'est la dernière journée que je passe au Viêtnam. Bien qu'ayant clairement expliqué à mes hôtes que visiter une installation militaire ne m'intéressait pas, je vais le faire, et c'est maintenant.
Cela n'a rien d'exceptionnel. D'autres Américains l'ont fait avant moi et on leur a toujours demandé de porter un casque comme celui qu'on m'a donné lors des raids. On me conduit sur le site de défense antiaérienne quelque part aux abords de la ville.

Une dizaine de jeunes soldats m'accueillent. Ainsi qu'une horde de photographes et de journalistes - bien plus que je n'en ai jamais vu rassemblés au même endroit depuis que je suis à Hanoi. (J'apprendrais plus tard que certains d'entre eux étaient japonais.)
J'aurais dû me méfier.
Quoc n'est pas avec moi, mais un autre interprète me dit que les soldats veulent me chanter une chanson. Il reste près de moi et traduit les paroles. Cela parle du jour où « Oncle Ho » a déclaré l'indépendance, place Ba Dinh, à Hanoi. «Tous les hommes sont égaux. Ils disposent de certains droits, le droit à la vie, le droit à la liberté et le droit au bonheur. » Les larmes aux yeux, j'applaudis. Ces jeunes ne devraient pas êtres nos ennemis. Ils célèbrent dans leurs chansons les mêmes valeurs que nous. Ils s'arrêtent sur un refrain souhaitant garder « le ciel bleu au-dessus de Ba Dinh », sans bombardiers.

Les soldats me disent que c'est mon tour. Je m'y étais préparée. Avant de quitter les Etats-Unis, j'ai appris une chanson intitulée « Day Ma Di » écrite par des étudiants sud-vietnamiens qui sont contre la guerre. Je me lance, enthousiaste. Je me sens ridicule, mais ça m'est égal. Le vietnamien est une langue difficile à parler pour un étranger, et je sais que je massacre leurs mots, pourtant ils semblent ravis de me voir essayer. Tout le monde rit et applaudit, y compris moi. L'émotion m'emporte, c'est mon dernier jour.

J'ai tourné et retourné dans ma tête un nombre incalculable de fois ce qui s'est passé ensuite. Voici ce dont je me souviens, le plus précisément, le plus honnêtement possible.
Quelqu'un (je ne me rappelle pas qui) me conduit près d'un canon et je m'assieds, sans m'arrêter de rire ni d'applaudir. Cela n'a rien à voir avec l'endroit où je suis assise. Je n'y pense même pas. Les flashes crépitent.
Je me lève et tout en me dirigeant vers la voiture avec l'interprète, je commence à comprendre la portée de ce que je viens de faire. Oh, mon Dieu. Je vais avoir l'air de tirer sur les avions américains! Je le supplie: «Ne laissez pas ces photos être publiées. Je vous en prie, il ne faut pas qu'elles soient publiées. » Il m'assure qu'il s'en occupera. Je ne sais pas ce que je peux faire de plus.
Peut-être les Vietnamiens avaient-ils tout prévu.
Ibidem, Hanoi, p. 303-304, Bambou, p. 310-311, 318-320

9
(J'épouse un milliardaire, républicain, et multigame)
Ted (Ted Turner, fondateur de CNN), accepte les différences. Il sait tendre la main, y compris à ceux avec qui il est en désaccord. « On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre », me disait-il toujours. Je l'ai regardé vivre ce qu'il prêchait et j'ai vu les transformations que son attitude provoquait chez ses interlocuteurs. Je me suis liée d'amitié avec des républicains conservateurs et des chrétiens que je n'aurais autrement jamais pris le temps de connaître. Ce qui m'aurait empêchée de découvrir 1'humanité que nous partageons tous malgré les apparences.

J'aime apprendre et relever des défis, et la nouvelle vie que j'avais choisie m'en offrait de nombreuses occasions. Merveilleux amant, intelligent et plein d'humour, Ted m'offrait une vie paradisiaque.
Lorsque nous étions ensemble, surtout au début, nous passions notre temps à monter à cheval, à pêcher, et à marcher dans la nature.

Il avait alors cinq propriétés en dehors d'Atlanta. On aurait pu croire qu'il remplissait un puzzle. D'abord le haut et les coins: de son île en face de la Caroline du Sud à Big Sur en passant par le Montana, au nord. Trois ans plus tard, il commença à remplir la partie centrale - deux autres ranches dans le Montana, trois dans les Dans Hills du Nebraska, deux dans le Dakota du Sud, et trois au Nouveau-Mexique, dont un s'étendait sur une chaîne entière de montagnes, le Fra Cristobal, juste à l'est de l'Elephant Butte Reservoir.
Avec ses deux cent quarante mille hectares, Vermejo Park Ranch, qui allait de la frontière nord du Nouveau-Mexique près de Raton au Colorado, était la plus grande propriété privée des Etats-Unis, presque aussi vaste que Rhode Island (qui s'étend des montagnes rocheuses aux grandes plaines).
Il a aussi deux fabuleuses propriétés en Patagonie et une en Terre de Feu, qui font en tout presque six cent quatre-vingt-dix mille hectares.

..... Il est pratiquement impossible pour Ted de garder un secret. Pourtant, s'il avait cherché à piquer ma curiosité en me disant qu'il m'offrirait un « cadeau pour donner », il avait réussi à ne pas en dévoiler la nature. A un moment de la soirée, il a pris la parole et raconté que je lui avais souvent dit trouver excellente l'idée qu'il avait eue de créer la Fondation Turner, car elle lui permettait de voir ses enfants au moins tous les trimestres.
«Aussi, pour tes soixante ans, Jane, je t'offre ta propre fondation, dotée de dix millions de dollars. »

J'ai cru avoir mal entendu. Il m'a demandé de venir sur l' estrade et quand je me suis levée, mes genoux m'ont lâchée. Si je n'avais pas pu me rattraper au fauteuil roulant de Max Clecland, vétéran du Viêtnam qui avait subi une triple amputation et était maintenant sénateur de Georgie, je serais sûrement tombée. J'ai réussi à monter jusqu'à Ted, je l'ai pris dans mes bras, je l'ai embrassé et j'ai dit: «Il m'avait bien parlé d'un "cadeau pour donner"... mais Seigneur, jamais je n'aurais imaginé ca. »

.... J'ai découvert ensuite qu'au moment même où il me disait qu'il allait essayer de vivre différemment, Ted en est revenu à son vieil adage: « Espère que tout ira bien et prépare-toi au pire. »
Pendant la dernière année que nous avons passée ensemble, il s'est cherché une autre femme. C'est pour cela qu'il allait si mal: il souffrait de ses mensonges. Lorsque nous nous sommes quittés, trois jours après être entrés dans le troisième millénaire, il m'a déposée en avion à Atlanta. Tandis que je repartais en voiture chez Vanessa, une autre femme, sous le hangar, montait dans son jet privé. La place était toute chaude.
Ibidem, Ted, p. 504-505, Soixante ans, p. 544, 554

10
(Féministe ?)
Les fans de Ailleurs et demain, le chef-d'œuvre de science-fiction qu'a écrit Robert Heinlein, savent ce que signifie le mot grok: c'est une compréhension si complète d'un phénomène, et à tous les niveaux - spirituel, intellectuel, corporel, psychique - que l'on finit pas ne faire qu'un avec ce phénomène, et par se fondre en lui.

Ce que j'ai vécu quand j'ai vu Les Monologues du vagin ne peut se décrire qu'en terme de féminisme «grokant ». J'ai aimé Eve Ensler dès le premier soir et elle compte toujours beaucoup pour moi. Battue et violée par son père pendant des années, elle est une force de la nature, quelqu'un qui, grâce à un travail acharné, s'est élevée, lumineuse et pure, au-dessus des flammes de l'injustice et de la douleur, et son désir de voir cesser un jour les violences contre les femmes est contagieux.

Elle s'est servie de sa pièce pour lancer une campagne mondiale et son organisation V-Day : Until the Violence Stops a réuni plus de vingt-six millions de dollars, plus que la totalité de ce que le gouvernement américain a dépensé pour enrayer cette pandémie. Je fais partie du Conseil de l'association et je suis souvent allée à l'étranger avec Eve pour l'aider à mettre en place un mouvement de lutte international contre les violences faites aux femmes.

En dehors de la présentation des oscars et de la soirée de révélation que fut pour moi le spectacle des Monologues du vagin, ma vie débrayait, trouvait la vitesse de l'âme, exactement comme je l'avais rêvé. La maison de ma fille était le ventre où j'étais enceinte de moi-même, où j'entrais dans ce que le docteur Susan Blumenthal m'a décrit comme «l'enfance d'un second âge adulte ».
Ibidem, Avancer, p. 560-561

11
(Et "chrétienne" ?)
Quant à moi, je me sens tirée en avant sur un chemin dessiné par ce que mon féminisme et ma foi m'ont appris. Je ne sais pas où mène ce chemin, mais je sais que je consacrerai désormais mon énergie à faire tout ce que je peux pour rendre le monde meilleur.

Nous sommes sur une planète qui rétrécit, se congestionne, a de moins en moins de ressources et plus aucune vaste étendue à conquérir. La globalisation crée peut-être un monde unifié, mais si nous voulons que ce monde soit juste, acceptable et pacifique, nous devons prendre conscience de ce que cela exige.

Seuls l'internationalisme, le multilatéralisme, 1 'humilité et la compassion peuvent répondre aux réalités de notre époque. Mais de telles approches sont considérées comme « efféminées » par les hommes qui dirigent actuellement notre pays. Si le Christ revenait aujourd'hui, serait-il considéré par ces gens comme « efféminé » ?
- Ah ces disciples qui accordent tant d'importance au pardon et cette douteuse identification aux femmes et aux pauvres !

Il y a beaucoup de travail à faire. Mais la nuit la plus longue et la plus sombre - celle du solstice d'hiver, de mon anniversaire - est, dans l'hémisphère Sud, le solstice d'été, le jour le plus long, 1e plus lumineux de l'année. Tout dépend de là où l'on se place.
Ibidem, Epilogue, p. 574

-----

Bio-express officielle
À PROPOS DE L'AUTEUR
Jane Fonda est née à New York en 1937.
Elève de l'Emma Willard School de Troy, dans l'Etat de New York et de l'Université Vassar College, elle a étudié ensuite l'art dramatique avec le célèbre Lee Strasberg de l'Actors Studio, dont elle devenu membre.

Ses prestations théâtrales et cinématographiques lui ont valu de nombreuses récompenses, dont deux oscars de la meilleur actrice - pour Klute (1971) et Coming Home (Retour, 1978)- et un Emmy Award - pour The Dollmaker (1984).
Elle a également obtenu de nombreux succès en tant que productrice, dont Le Syndrome chinois (productrice exécutive), Comment se débarrasser de son patron, La Maison du lac et Le Lendemain du crime.

Avec sa vidéo Jane Fonda's Workout, qui reste la vidéo la mieux vendue de tous les temps, Jane Fonda a révolutionné en 1982 l'industrie du fitness. Elle a continué dans cette voie et produit vingt-trois autres vidéos, treize cassettes audio et cinq best-sellers consacrés aux exercices physiques.

Elle se consacre maintenant à ses activités de militante philanthrope dans des domaines tels que la prévention des grossesses d'adolescentes, les problèmes de santé liés à la sexualité des jeunes et la dénonciation des stéréotypes de genre (ou d'identité sexuelle) qui empêchent la résilience et détruisent les individus.
Elle a fondé en 1995 la Georgia Campaign for Adolescent Pregnancy Prevention (G-CAPP ,), qu'elle préside. Elle a ouvert en 2002, au sein de médecine de l'université d'Emory, le Jane Fonda Center for Adolescent Reproductive Health. Elle vit à Atlanta.
Ibidem, p.577

------

Vers Première Page