Suren Erkman

Ecrivain scientifique. Enseignant. Suisse, de père arménien et de mère suisse.
Depuis 1994: Fondateur et Directeur de l’Institut pour la Communication et l’Analyse des Sciences et des Technologies (ICAST), Genève.

1
Les hebdomadaires scientifiques Science (Washington) et Nature (Londres) - auxquels s'ajoutent, dans le domaine médical, le New England Journal of Medecine (Boston) et The Lancet (Londres) - déterminent les thèmes qui atteignent le grand public à l'échelle mondiale.
Ils font parvenir aux rédactions un sommaire détaillé du numéro à paraître et assurent la promotion de certains articles.

Mais la grande majorité des médias généralistes se contentent de répercuter, souvent de manière lacunaire et inexacte, les sujets de Science et de Nature tels qu'ils ont été traités par les agences et par une poignée de publications américaines : The New York Times, The Washington Post, Time et Newsweek. Cette cascade reflète crûment la hiérarchie des flux d'informations planétaires.
Journalistes scientifiques sous influence, Le Monde diplomatique, octobre 1996, p. 32.

2
Le conditionnement va bien au-delà.
Les sujets scientifiques sont souvent traités sur le mode du récit des progrès de l'esprit humain vers la Raison, épopée de savants en quête de la Vérité.
Ou, sur un mode symétrique inversé, la science et, plus encore, la technologie sont diabolisés.
On incite les journalistes à s'engager en faveur de la juste cause du progrès technique (ou, à l'inverse, en faveur de celle de ses détracteurs).
Ibidem.

3
Les médias feraient oeuvre d'utilité publique en présentant les enjeux de l'évolution technoscientifique d'une manière qui, tout simplement, remette la science à sa juste place. ...
Remettre la science à sa place consisterait à rappeler , au cas par cas, qu'il n'appartient pas au système technoscientifique de déterminer lui-même ses limites...
Les élus, les associations, les juristes, les philosophes ont une part égale de responsabilité sur ce terrain.
Ibidem.

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