Pierre-Henri Bunel, Mes services secrets, Flammarion, Paris, 2001 ; Crimes de guerre à l'Otan, Carnot, Paris, 2001 ; Ces terroristes qui dévoilent l'Islam, Carnot, Paris, 2001.

12 décembre 2001 : Un commandant français accusé de trahison pour avoir donné des informations à la Serbie pendant la guerre du Kosovo
(12 décembre 2001 : La ministre française de la justice prend la défense du terroriste islamiste Massaoui)
La procureure Stern demande cinq ans, il est condamné à cinq ans
Je suis un patriote
J'ai agi sur ordre
Une nouvelle "affaire Dreyfus" ?

Des généraux témoignent en faveur du Cdt Bunel, accusé de trahison *

Plusieurs généraux français ont dressé, dans la matinée (11 décembre 2001), un portrait élogieux et univoque du commandant Pierre-Henri Bunel, jugé devant le tribunal aux armées de Paris pour "trahison" au profit des Serbes de Yougoslavie, en 1998.
Cet officier de 49 ans est soupçonné d'avoir, entre juillet et octobre 1998, remis au colonel Jovan Milanovic, un agent serbe basé à Bruxelles, des informations relatives aux cibles des frappes aériennes prévues mi-octobre 1998 par l'OTAN en Yougoslavie, en cas de non-retrait des troupes serbes du Kosovo.
Le petit homme au visage rond qui rentre en costume cravate en début de matinée colle mal avec l'image d'un agent double. Fils de militaire, il a intégré l'armée "par peur de la routine", explique-t-il au tribunal, composé de magistrats professionnels.
La lecture de ses notations est dure : en début de carrière, "il perd son aplomb, a du mal à assumer son autorité, est impulsif". Puis il se révèle dans le renseignement, les relations internationales et les langues étrangères.
Bunel n'est pas charismatique. Sa carrière a été lente : entré dans l'armée en 1973, il n'est que commandant en 1993. Mais Bunel, ce sont les autres qui en parlent le mieux. Et d'abord le général Michel Roquejeoffre, qui l'a pris comme aide de camp pendant l'opération Daguet en Arabie saoudite, en 1990. "C'était quelqu'un de fidèle, proche de ses chefs, courageux", affirme-t-il à la barre.
Le général Tanneguy Le Pichon l'a connu lui aussi au Moyen-Orient. "C'était un officier intelligent et vif d'esprit", dit-il. "Il n'a certainement pas eu dans son esprit l'idée de trahir ou un quelconque profit personnel".
"C'était un officier de renseignement de très grande qualité", renchérit enfin le général Robert Rideau. Il rappelle comment Bunel, anglophone et arabophone, a découvert un chalet de formation de terroristes islamistes, près de Sarajevo. Sa femme viendra confirmer qu'il faisait du renseignement et qu'elle et ses deux enfants n'ont "jamais rien su". "Quand il est rentré de Yougoslavie, se souvient-elle, il n'était plus tout à fait le même".
L'officier a reconnu les faits à l'instruction mais affirme avoir agi dans un but humanitaire.
* AFP | 11.12.01 | 13h39

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« Je suis un patriote » Pierre Henri Bunel, 49 ans poursuivi pour intelligence avec l'ennemi

Pierre-Henri Bunel considère qu'il était en mission pour le compte d'un service de renseignement français.

Pierre-Henri Bunel :"A Bruxelles, j'étais à la fois chef de cabinet du général représentant la France auprès de l'Otan, et j'étais aussi officier de sécurité. Cela ne veut pas forcément dire officier de renseignement, mais j'ai été amené à remplir des missions en marge de mes fonctions et à la limite de la légalité. J'ai reçu en septembre 1998 un coup de téléphone d'un service français me demandant de convaincre un officier de renseignement serbe présent à Bruxelles que la seule solution pour Milosevic d'éviter des bombardements massifs, c'était qu'il retire ses troupes du Kosovo, que ces menaces de l'Otan étaient sérieuses et que la France participerait à ces bombardements. Milosevic ne croyait pas à ces menaces. Pour cela, il a fallu monter une intoxication, à laquelle d'autres pays participaient et qui consistait à lui démontrer que l'accord politique entre les alliés existait, ce qui était faux. C'est là que j'ai agi, en donnant quelques informations vraies, afin de rendre crédible le reste du discours que je tenais."

Pourquoi les services secrets ne vous ont pas soutenu après votre arrestation ?
"Vraisemblablement, les Américains ont su que j'étais en contact avec ce Serbe et ont informé les autorités françaises. Là, il y a eu un dysfonctionnement. J'en veux pour preuve deux faits : la déclaration du ministre de la Défense, Alain Richard, en novembre 1998 disant que, « en d'autres circonstances, nous aurions réglé cette affaire en famille ». Et la totale réorganisation de la DPSD (Direction de la protection et de la sécurité de la défense) après cette affaire. Mais moi aussi, j'ai dysfonctionné : j'ai eu trop confiance en moi et en d'autres. Les quinze premiers jours après mon arrestation, alors que j'étais mis au secret au Mont-Valérien, je n'étais pas inquiet. J'ai été interrogé par la DST, mais pour moi, c'était la maison. Mais quand je me suis retrouvé chez le juge d'instruction, je me suis dit : Ils poussent le bouchon un peu loin ! La justice saisie du dossier, on ne pouvait plus rien pour moi. Je n'ai pu commencer à réunir des éléments sur ce qui s'était passé qu'après ma sortie de prison, lorsque l'instruction était finie. Je savais bien que je n'étais pas un traître !
«Il m'arrive, en version renseignement, ce qui peut arriver à un démineur
»

Avez-vous l'impression d'être une victime ?
"Non. Il m'arrive, en version renseignement, ce qui peut arriver à un démineur qui saute sur une mine en service commandé. Je suis un patriote. Pendant vingt-six ans, j'ai servi comme militaire, aujourd'hui je continue à servir la France, comme civil."
Propos recueillis par Nelly Terrier, Le Parisien , mardi 11 décembre 2001, p. 15

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Espionnage. Le commandant Bunel affirme avoir « trahi » sur ordre

L'OFFICIER de renseignements Pierre-Henri Bunel a-t-il trahi la France en livrant des informations aux Serbes afin d'éviter des bombardements qu'il jugeait inhumains ? Ou a-t-il échoué dans une mission secrète confiée par les services spéciaux français ?
Au premier jour de son procès pour « trahison », qui s'est ouvert hier matin devant le tribunal aux armées de Paris, cet homme de 49 ans est apparu comme un militaire atypique. Ainsi il a attendu le milieu de l'après midi pour dévoiler aux sept magistrats civils chargés de le juger une information qu'il avait gardée secrète pendant les deux années d'instruction !
« J'ai reçu un coup de téléphone, sur une ligne cryptée qui ne peut qu'appartenir à un service militaire français, me demandant de convaincre Milanovic(NDLR : l'espion serbe avec qui il était en contact à Bruxelles et devenu depuis le n° 2 des services secrets serbes) que la France participerait à des bombardements s'il ne retirait pas ses troupes du Kosovo. »

« On a changé cette ligne pour effacer les traces »
En clair, il n'a pas trahi, puisqu'il a agi sur ordre. Et s'il a donné des informations confidentielles, c'était pour mieux convaincre son interlocuteur de la véracité de son discours.
Une pratique qu'Yves Bonnet, ex-directeur de la DST, reconnaîtra hier à l'audience comme faisant partie de l'arsenal des espions.
Aussitôt, la procureur, Jeanine Stern, magistrate assimilée au grade de colonel dont elle porte l'uniforme, se lève : « Pourquoi avoir attendu si longtemps pour dire cela ? Quelles preuves apportez-vous ? »
« Je croyais après mon arrestation qu'on allait me sortir du bain, réplique Bunel. Quant aux preuves, il n'y en a guère, mais j'ai su en menant l'enquête après ma sortie de prison qu'après ce coup de téléphone et mon arrestation, on a changé cette ligne pour effacer les traces. »

Alors, qui croire ? L'accusation qui soutient la trahison, malgré des mobiles assez flous, appuyant ses dires sur la dépression nerveuse de Bunel, l'absence d'encadrement autour de lui... Ou bien Bunel qui, avec sa personnalité un brin mégalo, donne une version à la James Bond. Chacun hésite : un sous-directeur de la DST balaie cette version d'un seul adjectif : « invraisemblable ».
Le général Roquejeoffre, lui, annonce à sa sortie du prétoire : « Il n'a pas le profil du traître, il a voulu bien faire, avec ou sans ordre. »
Nelly Terrier, Le Parisien , mercredi 12 décembre 2001

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Le commandant Bunel a été condamné à deux ans de prison ferme pour trahison

L'ancien directeur de cabinet du représentant français à l'OTAN a été jugé coupable de trahison au profit de la Yougoslavie en 1998. La cour d'assises spéciale a suivi les réquisitions de la procureur, et l'a condamné à cinq ans de prison, dont deux fermes.

Le commandant Pierre Bunel a eu beau avancer, mardi à l'audience, qu'il avait agi après un appel anonyme émanant des seervices secrets français, il été condamné à cinq ans de prison, dont deux ans fermes, pour trahison au profit de la Yougoslavie. La cour d'assises spéciale du tribunal aux armées l'a jugé coupable d'avoir, entre juillet et octobre 1998, remis au colonel Jovan Milanovic, agent serbe basé à Bruxelles, des informations relatives aux cibles des frappes aériennes prévues par l'OTAN en Yougoslavie, en cas de non-retrait des troupes serbes du Kosovo.

"J'ai commis une faute sérieuse mais je n'avais pas le sentiment que c'était une trahison", a commenté l'officier avant d'être emmené à la maison d'arrêt de la Santé, à Paris. Il n'a pas précisé s'il entendait faire appel de cette condamnation.

Le procureur, Janine Stern, avait requis dans la matinée une peine de cinq ans de prison, sans exclure qu'elle soit totalement assortie du sursis. Défense et accusation sont tombées d'accord à la fin de l'audience pour estimer que le militaire avait agi de sa propre initiative et non sur ordre d'un service français, comme Pierre Bunel l'avait affirmé mardi.

FRAGILITÉ PSYCHOLOGIQUE
Tous ont insisté sur le peu de crédibilité de sa thèse, une "explication tardive et rocambolesque qui manque pour le moins d'un commencement de preuve", selon le parquet. Bunel est un homme d'une "grande immaturité", prenant fréquemment "appui sur son interlocuteur pour se livrer à lui tout entier", ont estimé les psychiatres dans la matinée. En allant voir Milanovic, alors que son supérieur avait décliné l'invitation du Serbe, "Bunel a voulu le protéger, mais il s'est aussi pris pour le général. Il s'est taillé un costume trop grand pour lui et a atteint son seuil d'incompétence", a estimé le Dr Michel Dubec. "La vanité de l'homme a fait taire l'expérience de l'agent de renseignement et de l'officier de sécurité, pour lui faire endosser les étoiles de son chef", a acquiescé Janine Stern, qui a rappelé que la trahison était passible de la peine de mort en France avant 1981.

"Vous avez voulu être un héros mais vous n'avez été qu'un traître. Vous devez en assumer les conséquences", a résumé la procureur. Vous avez trahi vos camarades, vous avez trahi vos alliés, vous avez trahi la France".

Me Eric Najsztat, avocat de l'accusé, a lui aussi évoqué la fragilité psychologique de l'ex-officier et ses frustrations professionnelles, qui l'auraient poussé à outrepasser son rôle dans le but de lancer un avertissement au régime yougoslave. "Est-ce qu'un traître est quelqu'un qui n'a pas le sentiment de trahir?", s'est-t-il interrogé, avant de demander au tribunal de "laisser Bunel auprès de sa famille, la vraie". Une requête que n'ont pas entendue les jurés.
Avec AFP et Reuters, LEMONDE.FR | 12.12.01 | 16h55

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Bunel condamné à 2 ans ferme

Le commandant Pierre-Henri Bunel a été condamné à 5 ans de détention dont 3 avec sursis par le tribunal aux armées de Paris, après avoir été reconnu coupable de «trahison». Il avait communiqué des documents relatifs à des frappes aériennes de l'Otan aux Serbes de Yougoslavie en 1998.

Le commandant Pierre-Henri Bunel devait dormir mercredi soir à la maison d'arrêt de la Santé à Paris, après avoir été condamné à cinq ans de détention dont trois avec sursis par le tribunal aux armées de Paris, pour sa communication aux Serbes de Yougoslavie en 1998 de documents classifiés de l'OTAN.
L'officier français, âgé de 49 ans, qui a déjà effectué dix mois de détention provisoire, n'a quasiment montré aucune émotion. «J'ai commis une faute sérieuse mais je n'avais pas le sentiment que c'était une trahison», a-t-il commenté, sans préciser s'il allait faire appel de sa condamnation. «Le tribunal avait laissé l'exécution de la peine à la diligence du parquet, qui a décidé de le renvoyer en prison tout de suite. Je ne sais pas si c'était nécessaire», a regretté son avocat Me Eric Najsztat.

Les sept magistrats professionnels qui composaient ce tribunal aux armées dans sa formation criminelle, seule juridiction habilitée à juger des crimes d'un militaire français à l'étranger, ont donc suivi les réquisitions du parquet, qui avait réclamé cinq ans de détention éventuellement assortis du sursis. Bunel a toujours reconnu avoir, entre juillet et octobre 1998, remis au colonel Jovan Milanovic, agent serbe basé à Bruxelles, des informations sur les frappes aériennes prévues mi-octobre 1998 par l'OTAN en Yougoslavie, en cas de non-retrait des troupes serbes du Kosovo.

«Vous avez voulu être un héros mais vous n'avez été qu'un traitre. Vous devez en assumer les conséquences. Vous avez trahis vos camarades, vous avez trahi vos alliés, vous avez trahi la France», l'avait tancé Janine Stern, la procureure de la République. Mais le mobile du geste de Bunel reste très flou, produit hybride de la mégalomanie d'un officier dépressif et de ses intentions humanitaires. Terrorisé par l'hypothèse de frappes sur les populations civiles, piégé par sa faible marge de manoeuvre à l'OTAN, prisonnier de ses rêves de grandeur, l'officier a cru pouvoir changer seul le cours des choses, sans que ni l'argent, ni l'idéologie, n'interviennent dans son passage à l'acte.

L'accusé avait évoqué mardi un coup de fil anonyme d'une «ligne chiffrante», appartenant à un organisme militaire, lui demandant d'entreprendre une manoeuvre «d'intoxication» pour convaincre les Serbes du sérieux des menaces de l'Alliance. Mais il avait aussi admis sa «faute»: ce coup de fil «n'était pas une excuse exonératoire», a précisé son avocat mercredi. Mercredi matin, les experts psychiatres avaient dressé le portrait peu flatteur d'un homme d'une «grande immaturité».

En allant voir Milanovic alors que son supérieur avait décliné l'invitation du Serbe, «Bunel a voulu le protéger, mais il s'est aussi pris pour le général. Il s'est taillé un costume trop grand pour lui, et a atteint son seuil d'incompétence», avait notamment estimé l'un de ces experts, le Dr. Michel Dubec. L'avocat s'était appuyé sur ces conclusions pour défendre cet homme «atypique», d'autant moins crédible dans son habit de traître qu'il avait tout avoué aux enquêteurs.

«La procédure a pu débuter parce que Bunel a reconnu les faits qu'on présupposait. Il n'a pas cherché à servir sa défense. Son honnêteté ne peut être remise en cause», avait ajouté Me Najsztat, paraphrasant plusieurs généraux venus plaider la cause de son client. Cette affaire «est une énorme bavure. C'est le petit Poucet qui sème des cailloux, ce n'est pas l'officier de renseignement dans une entreprise de trahison», avait-il insisté.
lefigaro.fr, Publié le 12 décembre 2001 à 20h02 Mis à jour le 12 décembre 2001 à 20h08 (Avec AFP)

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Archives de France, cote BB1975.

Rapport du Lieutenant-Colonel Guérin, authentifiant les aveux faits à Lebrun-Renault :
« Je garantis la rigoureuse exactitude des mots soulignés, et du sens strict de ces paroles ».
Feuille arrachée au carnet où le capitaine Lebrun-Renault notait les événements essentiels de sa vie militaire :
« Hier, dégradation du capitaine Dreyfus. Chargé de le conduire de la prison du Cherche-Midi à l'École Militaire, je suis resté avec lui de 8 à 9 heures. Il était très abattu, m'affirmait que dans trois ans son innocence serait reconnue. Vers 8 h. 1/2 sans que je l'interroge, il m'a dit : Le ministre sait bien que si je livrais des documents à l'Allemagne, ils étaient sans valeur, et que c'était pour m'en procurer de plus importants.

Autre témoignage :
« Le commandant de Mitry a l'honneur de rendre compte que, aussitôt après la dégradation de Dreyfus, le capitaine d'artillerie Anthoine lui répéta une conversation qu'il venait d'avoir avec le commandant d'Attel, de l'Etat-Major de la Place de Paris (depuis décédé), au sujet de révélations faites, en présence de ce dernier, par ledit Dreyfus. Le capitaine Anthoine lui dit en substance que Dreyfus avait tenu, en présence du commandant d'Attel, après sa dégradation, des propos desquels il résultait que s'il avait livré des documents, c'était dans le but d'en obtenir en échange de ceux qu'il donnait ».

Autre témoignage:
« Le capitaine Anthoine a l'honneur de rendre compte que le jour de la dégradation de Dreyfus, il s'est rencontré, à la sortie de la salle où Dreyfus avait été enfermé, avec le capitaine d'Attel, son ami, lequel avait été de service comme appartenant à l'État-Major de la Place.
D'Attel a dit au capitaine Anthoine que Dreyfus venait de dire devant lui : « Pour ce que j'ai livré, cela n'en valait pas la peine. Si on m'avait laissé faire, j'aurais eu davantage en échange
».

Autre témoignage :
« Contrôleur de 1" classe de l'administration de l'armée Peyrolle : La parade terminée, je traversais la cour de l'École Militaire, lorsque vint à passer près de nous M. le commandant Guérin, attaché à l'Etat-Major du Gouvernent militaire de Paris, aujourd'hui lieutenant-colonel. Je lui dis bonjour, et ajoutai : Comme vous avez l'air pressé, affairé ! que se passe-t-il donc ?
Il me répondit : Dreyfus vient d'avouer au capitaine de gendarmerie qu'il a bien livré des documents, mais que ces documents n'ont pas d'importance, et que c'était pour en obtenir d'autres en échange.
Ce ne sont peut-être pas là les paroles même de M. le commandant Guérin, mais c'est le sens exact, je l'affirme, de ce qu'il me dit, tout franchement, tout naturellement sans me demander le secret
".

Rapport du général Gonse en date du 6 Décembre 1897 :
« Le général Mercier, que j'ai vu ce matin, se souvient parfaitement, sans toutefois pouvoir indiquer exactement les termes employés, que les paroles prononcées par Dreyfus, et rapportées par le capitaine Lebrun-Renault, de la Garde Républicaine, le jour de sa dégradation, constituaient des aveux.
Ces paroles lui avaient paru assez importantes pour mériter d'être communiquées au chef de l'Etat et au chef du Cabinet. C'est pour ce motif qu'il a immédiatement prescrit au capitaine Lebrun-Renault de se rendre chez le président de la République, et chez M. Dupuis président du Conseil des ministres, pour rendre compte de sa conversation
."

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