Claude Allegre (1937-)
Scientifique, dit de haut niveau, bien qu'éventuellement contesté (par exemple par le célèbre vulcanologue, il est vrai également secrétaire d'Etat socialiste dans le gouvernement Fabius de 1984 à 1986, Haroun Tazieff (1914-1918), lors de l'éruption de la Soufrière à la Guadeloupe en 1976 qui vit le déplacement forcée, et inutile, de 75 000 personnes)
et ancien ministre socialiste de l'Education nationale, qualifiée de "mammouh", dans le gouvernement de son ami de toujours, l'ancien trotskiste Lionel Jospin.
Un ministre également contesté, notamment par les enseignants du "mammouh".
Convaincu d'être génial c'est avec une grande douleur qu'il doit abandonner en mars 2000 son ministère.
Il publie alors un ouvrage qui a un certain succès Toute vérité est bonne à dire, Robert Laffont, Paris 2000, suivi d'un deuxième ouvrage confirmatif Les audaces de la vérité, Robert Laffont, Paris 2001, ouvrages dans lesquels, horriblement choqué d'avoir été sacrifié par son "ami de toujours", Lionel, il crache "allègrement" dans la soupe socialiste de ce dernier, et cela à la veille encore de la présidentielle de 2002 ... avec le résultat que l'on sait.
Septembre 2002 : Encore une critique socialiste : Fabrice Nicolino, Le crétinisme scientifique
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Pour un homme de gauche, l'État est à la fois le représentant et le garant de l'intérêt général, il doit guider, accompagner mais aussi influer sur l'évolution de la société pour que celle-ci se fasse de manière harmonieuse. Pour cela, il doit veiller à ce que les inégalités entre les citoyens ne soient pas trop importantes.
L'insécurité croissante, qui doit être combattue directement, montre aussi que les inégalités deviennent insupportables à certains. C'est à ce titre que l'État doit jouer un rôle essentiel dans la garantie de l'égalité des chances, donc de l'éducation et de la formation, donc de la Sécurité sociale et de la santé,
et qu'il doit y intervenir directement au niveau de la gestion. Garant de la justice, l'État est là pour élaborer les règles de vie en société (les lois) et pour les faire respecter, d'où son rôle fondamental dans la justiœ et la police. Mais dans le domaine économique, il doit accepter une réduction drastique de son rôle direct.
Il ne peut être, désormais, qu'un facteur parmi beaucoup d'autres, avec comme leviers essentiels la dépense publique et la fiscalité. Pour le reste, monnaie, défense, affaires étrangères, commerce, recherche scientifique, demain son rôle ne sera pas aboli, mais il s'exprimera à l'échelle européenne.
L'État français devra être en mesure de peser à ce niveau, conscient de la nécessité constante de compromis ou d'accords avec les autres partenaires de l'Europe.
Les audaces de la vérité, p. 108
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Dans le socialisme, il y a deux choses : l'idée et les modalités.
L'idée socialiste, c'est l'équilibre de la société. Cet équilibre ne peut exister que si les inégalités de situation, de fortune et d'espoir ne sont pas trop fortes.
Il suppose aussi que l'individu, ses droits, sa liberté n'empêchent pas que la collectivité soit organisée en vue de l'intérêt général.
L'action d'un individu ne doit pas contrecarrer l'intérêt général. A l'inverse, l'organisation collective, l'État ou la commune ne peuvent, même au nom de l'intérêt général,
porter atteinte aux droits de l'homme.
La mise en pratique de ces principes se fait en fonction de l'environnement historique, social, humain, et selon l'expérience acquise.
On a pu croire un moment que la planification et la réglementation étaient seules à même d'assurer l'égalité des chances.
On sait aujourd'hui que ces idées constituaient des mirages. Remercions Mikhaïl Gorbatchev pour l'avoir reconnu et avoir libéré quatre cents millions d'hommes et de femmes sans que le sang soit versé !
Mais le triomphe de l'économie de marché n'altère pas les principes du socialisme. Il en renouvelle seulement les modalités. Ce renouvellement ne peut consister à reculer sans cesse, à se convertir
au libéralisme au nom du principe de réalité. Je pense l'avoir montré en matière de politique économique : oui à l'investissement public ; non à la baisse générale d'impôt !
Ma position sur l'évolution du système de santé et de retraite est un autre exemple. Il faut évoluer vers un système mixte et adopter l'idée de fonds de pension.
Mais je ne crois pas qu'il faille le faire sous une forme libérale et confier ces fonctions essentielles aux assurances privées.
Ma volonté de réformer et de moderniser les services publics pour les rendre plus solides renvoie à la même vision.
Ibidem, p. 330-331
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Septembre 2002 : Le crétinisme scientifique
On pourrait et il serait fort agréable de se foutre purement et simplement de Caude Allègre. Mais l'homme est socialiste, scientifique, et les médias lui déroulent constamment sous les pieds un tapis rouge. On l'entendait l'autre matin, sur France Inter, ridiculiser ceux qui tentent d'alerter le monde sur la crise écologique. Et peu avant dans sa chronique hebdomadaire de l'Express, l'ancien ministre y allait plus fort encore, si c'est possible. En résumé, notait-il, "la situation écologique du globe ne cesse de s'améliorer ".
Nous vous parlions, au début de l'été (2002), d'un livre de désinformation écrit par le Danois Bjorn Lomborg, The Skeptical Environmentalist. Eh bien Allègre le reprend à son compte, intégralement! Il va même plus loin, en suggérant de se débarrasser purement et simplement du protocole de Kyoto, dont l'application coûterait selon lui bien trop cher. Quant au dérèglement climatique, dont Allègre niait l'existence dans une chronique de 1995 (dans le Point à l'époque), attribuant toute l'affaire à une mystérieuse conspiration, il est bien obligé d'aujourd'hui reconnaître ses effets. " Le
climat change, sans doute, concède le grand esprit, mais comment et à qu'elle vitesse ?"
Pourquoi un homme dont la réputation scientifique n'est nullement usurpée en arrive-t-il à de tels propos? La question dépasse le cadre de ces lignes, et n'est bien entendu pas nouvelle. Sans en avoir apparemment conscience, Allègre nous rejoue, mais en farce cette fois, l'épisode atroce de ces chercheurs indiscutables versant dans les pires inepties staliniennes.
Il ne faut pas prendre la chose à la légère. Le désastre de Johannesburg, où rien n'aura été obtenu, est en bonne part dû à un sabotage organisé par les lobbies industriels, maîtres à l'OMC comme au Sommet de la Terre. Ces réseaux ne se contentent pas de commander à la politique américaine: omniprésents à Bruxelles, dans les couloirs de la Commission européenne, ils dirigent en fait le Nord, au moins le Nord. Et ils ont parfaitement compris qu'il fallait réagir, par tous les moyens disponibles.
Ce que ces gens préparent, c'est la réédition à une échelle incomparable de ce qu'a réussi pendant des décennies le lobby du tabac: gagner du temps, grâce à des auteurs complaisants, à des études tronquées ou truquées, grâce à la publicité et à la propagande.
Évidemment, Allègre n'est pas acheté. Évidemment, il est sincère. Appartenant à cette race d'hommes qui se croient originaux et rebelles quand ils ne sont qu'arrogants et balourds, il ne manquera pas d'être utilisé.
A l'insu de son plein gré ou presque.
Politis, par Fabrice Nicolino, 12 septembre 2002, p. 25.
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30.09.06 | 07:44 Gilles Savary dénonce des "bouffées de haine".
L'ancien ministre Allègre avait affirmé qu'elle n'était "capable ni de gagner, ni de présider".
L e porte-parole de Ségolène Royal, Gilles Savary, a dénoncé, vendredi 29 septembre, dans un communiqué les "bouffées de haine publique de Claude Allègre" contre la candidate socialiste à la candidature.
Elles "sont minables et dégradantes pour lui", lâche-t-il, en lui conseillant "de délivrer ses oracles empoisonnés à l'intérieur du Parti socialiste, à moins qu'il n'ait décidé de faire le jeu de la défaite de son propre camp".
"Dans ce cas, Claude Allègre ajouterait à l'offense à Ségolène Royal, une offense aux militants de son propre parti politique", conclut vertement Gilles Savary.
Une position partagée par Pierre Schapira, adjoint PS de Bertrand Delanoë, proche de Lionel Jospin, qui a qualifié vendredi de "déplacée" la déclaration de Claude Allègre.
"Capable ni de gagner, ni de présider"
Ségolène Royal "appartient à la troisième gauche, celle qu'on situe mal sur l'échiquier politique", affirme notamment l'ancien ministre (jospiniste) de l'Education Claude Allègre dans l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur paru jeudi 21 septembre.
Claude Allègre, ancien ministre de l'Education nationale proche de Lionel Jospin, a, par ailleurs affirmé vendredi 29 septembre sur France Info qu'il pensait que Ségolène Royal n'était "capable ni de gagner, ni d'être président de la République".
Concernant la décision de Lionel Jospin de ne pas briguer l'investiture socialiste pour la présidentielle, Claude Allègre a souligné qu'on était allé cherché l'ex-Premier ministre "à commencer par le premier secrétaire du PS (François Hollande) en son temps". "Il l'a encouragé il y a un an et demi à être présent dans cette opération", a-t-il dit.
Sondages "manipulés"
"Des tas de personnes" ont "encouragé" Lionel Jospin, a poursuivi Claude Allègre citant Daniel Vaillant, Bertrand Delanoë, Martine Aubry et lui-même. Il a regretté que Dominique Strauss-Kahn "ait décidé de se maintenir" alors qu'"on aurait pu penser qu'il se rallie" à une candidature Jospin.
L'ancien ministre de l'Education a indiqué qu'il ne se rangerait pas derrière Ségolène Royal, favorite des sondages, dans la primaire socialiste.
"Je ne pense pas qu'elle soit capable ni de gagner, ni d'être président de la République", a-t-il jugé.
Il a exprimé la crainte de voir les sondages, dont certains sont "manipulés", décider des candidats.
NOUVELOBS.COM | 30.09.06 | 07:44
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(Septembre 2006) Climat. La bonne foi de l'ex-ministre mise en doute par les scientifiques.
Les propos de Claude Allègre, «violents, définitifs et faux»
Quelques mensonges de trop. C'est ce qui vaut à Claude Allègre de se trouver au centre d'une tempête médiatico-scientifique, dont la réputation de l'ancien ministre de la Recherche, géophysicien bardé de médailles par ses pairs, ne pourra sortir sans tâche.
Tout commence le 21 septembre (2006). Ce jour, il consacre sa chronique hebdomadaire dans l'Express au climat qui change. Un sujet sur lequel, depuis près de vingt ans, il n'a jamais produit de recherches, mais déjà dit tout et son contraire. Son humeur du jour est sceptique, il décide de mettre en cause la plupart des conclusions auxquelles sont parvenus ses collègues spécialistes du sujet . Il tire donc, mais à côté de la cible par défaut de rigueur, valeur prisée dans les labos.
«Mensonges».
Pan ! Il cite un article de Nature (en réalité paru dans Science ) au service d'une idée fumeuse sur le climat africain actuel. Manque de pot, l'article parle du climat africain, certes, mais... il y a plus de 2 millions d'années. Repan ! Il prétend que les glaciologues prévoient la diminution du volume de la calotte antarctique avec le réchauffement, et qu'un article de Science montre que c'est le contraire qui est observé. Tout faux : les glaciologues prévoient l'évolution inverse, en raison de chutes de neige plus importantes, réel sujet de l'article cité.
«J'ai pris connaissance du texte d'Allègre en recevant votre courriel qui dénonçait ses mensonges», nous a déclaré Jean Jouzel, glaciologue, médaille d'or du CNRS (comme Allègre) et membre du bureau du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC). Il fait suivre le courriel, qui se retrouve dans près de 2 000 boîtes aux lettres électroniques de scientifiques, puis est publié, le 28 septembre, sur le site web de l'association Sauvons la recherche. Puis sur d'autres sites de laboratoires. La machine s'emballe. Plusieurs scientifiques du laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement (Grenoble) envoient une lettre à l'Express, à la direction du CNRS, à l'Académie des sciences. L'Express reçoit des courriels de protestation. Enfin Stéphane Foucart, le 4 octobre, relate toute l'histoire dans le Monde.
«Outrancier».
Dans les labos de climatologie, les critiques de Claude Allègre laissent habituellement de marbre. «C'est tellement outrancier ; je ne sais pas quoi répondre à quelque chose d'aussi violent, définitif et faux», souffle Jean-Claude André, spécialiste ès simulations du climat sur ordinateur. Jean Jouzel, lui, réfute la pose avantageuse revendiquée par Claude Allègre : «Cela ne me gène pas qu'il y ait un débat sur nos travaux. La preuve, Claude Allègre, comme tous les membres de l'Académie des sciences, est consulté sur le futur rapport du GIEC, il peut donner son avis sur le texte qui va circuler dès la fin octobre et proposer des modifications. Ce débat peut avoir lieu également avec le public puisque toute la politique à mener repose sur les citoyens. Mais cela exige la bonne foi : comment le mener avec quelqu'un qui falsifie les articles scientifiques ? Comment accepter qu'il nous accuse de ne pas nous occuper des phénomènes météo extrêmes alors que cela fait dix ans que nous les avons mis au rang des priorités de la recherche.»
Les dernières réponses d'Allègre montrent qu'il n'est pas prêt à se plier à cette règle. Il ne reconnaît qu'un «lapsus» à propos de ses mensonges factuels du 21 septembre. Traite de «fanatiques» ses contradicteurs décrire ainsi le doux, prudent et mesuré Jean Jouzel fait plus que sourire. Et poursuit un discours confus : «il est impossible de prévoir à long terme l'évolution du climat, car il dépend de la logique des phénomènes chaotiques», avance-t-il aujourd'hui dans l'Express.
Libération, 5 octobre 2006, p. 12,
Par Sylvestre HUET
QUOTIDIEN : Jeudi 5 octobre 2006 - 06:00
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