Claude Allegre (1937-)
Scientifique, dit "de haut niveau", bien qu'éventuellement contesté (par exemple par le célèbre vulcanologue, il est vrai également secrétaire d'Etat socialiste dans le gouvernement Fabius de 1984 à 1986, Haroun Tazieff (1914-1918), lors de l'éruption de la Soufrière à la Guadeloupe en 1976 qui vit le déplacement forcée, et inutile, de 75 000 personnes)
et ancien ministre socialiste de l'Education nationale, "Education nationale" alors qualifiée de "mammouh", dans le gouvernement de son "ami de toujours", l'ancien trotskiste Lionel Jospin.
Un ministre évidemment contesté, notamment par les enseignants du "mammouh".
Convaincu d'être génial c'est avec une grande douleur qu'il doit abandonner en mars 2000 son ministère.
Il publie alors un ouvrage qui a un certain succès Toute vérité est bonne à dire, Robert Laffont, Paris 2000, suivi d'un deuxième ouvrage confirmatif Les audaces de la vérité, Robert Laffont, Paris 2001, ouvrages dans lesquels, horriblement choqué d'avoir été sacrifié par son "ami de toujours", Lionel, il crache "allègrement" dans la soupe socialiste de ce dernier, et cela à la veille encore de la présidentielle de 2002 ... avec le résultat que l'on sait : Lionel Jospin est battu en suffrages par Jean-Marie Le Pen ....
Mais en 2006 il soutient une éventuelle candidature présidentielle du même Jospin, pour faire obstacle à Ségolène Royal, qui fut sa ministre déléguée, une femme "difficile". Et ne cesse de dire urbi et orbi le mal qu'il pense d'elle (portrait : 12 avril 2007), tout en publiant des ouvrages, qui se vendent très bien ...
En mai 2007, Ségolène Royal obtenant, malgré toutes les trahisons, 47% des suffrages exprimés, il propose ses services au nouveau président de la République, Nicolas Sarkozy ... qui aurait souhaité le nommer dans le Gouvernement Fillon 1 ...
En août 2007, pour le lancement très médiatisé d'un nouvel ouvrage, qui devrait avoir autant de succès que les précédents, il attaque François Hollande, dit "le magouilleur", et vante les mérites d'un nouvel "ami", le maire de Paris, Bertrand Delanoë.
Mais "il admire Sarkozy" ... à suivre.
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Pour un homme de gauche, l'État est à la fois le représentant et le garant de l'intérêt général, il doit guider, accompagner mais aussi influer sur l'évolution de la société pour que celle-ci se fasse de manière harmonieuse. Pour cela, il doit veiller à ce que les inégalités entre les citoyens ne soient pas trop importantes.
L'insécurité croissante, qui doit être combattue directement, montre aussi que les inégalités deviennent insupportables à certains. C'est à ce titre que l'État doit jouer un rôle essentiel dans la garantie de l'égalité des chances, donc de l'éducation et de la formation, donc de la Sécurité sociale et de la santé,
et qu'il doit y intervenir directement au niveau de la gestion. Garant de la justice, l'État est là pour élaborer les règles de vie en société (les lois) et pour les faire respecter, d'où son rôle fondamental dans la justiœ et la police. Mais dans le domaine économique, il doit accepter une réduction drastique de son rôle direct.
Il ne peut être, désormais, qu'un facteur parmi beaucoup d'autres, avec comme leviers essentiels la dépense publique et la fiscalité. Pour le reste, monnaie, défense, affaires étrangères, commerce, recherche scientifique, demain son rôle ne sera pas aboli, mais il s'exprimera à l'échelle européenne.
L'État français devra être en mesure de peser à ce niveau, conscient de la nécessité constante de compromis ou d'accords avec les autres partenaires de l'Europe.
Les audaces de la vérité, p. 108
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Dans le socialisme, il y a deux choses : l'idée et les modalités.
L'idée socialiste, c'est l'équilibre de la société. Cet équilibre ne peut exister que si les inégalités de situation, de fortune et d'espoir ne sont pas trop fortes.
Il suppose aussi que l'individu, ses droits, sa liberté n'empêchent pas que la collectivité soit organisée en vue de l'intérêt général.
L'action d'un individu ne doit pas contrecarrer l'intérêt général. A l'inverse, l'organisation collective, l'État ou la commune ne peuvent, même au nom de l'intérêt général,
porter atteinte aux droits de l'homme.
La mise en pratique de ces principes se fait en fonction de l'environnement historique, social, humain, et selon l'expérience acquise.
On a pu croire un moment que la planification et la réglementation étaient seules à même d'assurer l'égalité des chances.
On sait aujourd'hui que ces idées constituaient des mirages. Remercions Mikhaïl Gorbatchev pour l'avoir reconnu et avoir libéré quatre cents millions d'hommes et de femmes sans que le sang soit versé !
Mais le triomphe de l'économie de marché n'altère pas les principes du socialisme. Il en renouvelle seulement les modalités. Ce renouvellement ne peut consister à reculer sans cesse, à se convertir
au libéralisme au nom du principe de réalité. Je pense l'avoir montré en matière de politique économique : oui à l'investissement public ; non à la baisse générale d'impôt !
Ma position sur l'évolution du système de santé et de retraite est un autre exemple. Il faut évoluer vers un système mixte et adopter l'idée de fonds de pension.
Mais je ne crois pas qu'il faille le faire sous une forme libérale et confier ces fonctions essentielles aux assurances privées.
Ma volonté de réformer et de moderniser les services publics pour les rendre plus solides renvoie à la même vision.
Ibidem, p. 330-331
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Septembre 2002 : Le crétinisme scientifique
On pourrait et il serait fort agréable de se foutre purement et simplement de Caude Allègre. Mais l'homme est socialiste, scientifique, et les médias lui déroulent constamment sous les pieds un tapis rouge. On l'entendait l'autre matin, sur France Inter, ridiculiser ceux qui tentent d'alerter le monde sur la crise écologique. Et peu avant dans sa chronique hebdomadaire de l'Express, l'ancien ministre y allait plus fort encore, si c'est possible. En résumé, notait-il, "la situation écologique du globe ne cesse de s'améliorer ".
Nous vous parlions, au début de l'été (2002), d'un livre de désinformation écrit par le Danois Bjorn Lomborg, The Skeptical Environmentalist. Eh bien Allègre le reprend à son compte, intégralement! Il va même plus loin, en suggérant de se débarrasser purement et simplement du protocole de Kyoto, dont l'application coûterait selon lui bien trop cher. Quant au dérèglement climatique, dont Allègre niait l'existence dans une chronique de 1995 (dans le Point à l'époque), attribuant toute l'affaire à une mystérieuse conspiration, il est bien obligé d'aujourd'hui reconnaître ses effets. " Le
climat change, sans doute, concède le grand esprit, mais comment et à qu'elle vitesse ?"
Pourquoi un homme dont la réputation scientifique n'est nullement usurpée en arrive-t-il à de tels propos? La question dépasse le cadre de ces lignes, et n'est bien entendu pas nouvelle. Sans en avoir apparemment conscience, Allègre nous rejoue, mais en farce cette fois, l'épisode atroce de ces chercheurs indiscutables versant dans les pires inepties staliniennes.
Il ne faut pas prendre la chose à la légère. Le désastre de Johannesburg, où rien n'aura été obtenu, est en bonne part dû à un sabotage organisé par les lobbies industriels, maîtres à l'OMC comme au Sommet de la Terre. Ces réseaux ne se contentent pas de commander à la politique américaine: omniprésents à Bruxelles, dans les couloirs de la Commission européenne, ils dirigent en fait le Nord, au moins le Nord. Et ils ont parfaitement compris qu'il fallait réagir, par tous les moyens disponibles.
Ce que ces gens préparent, c'est la réédition à une échelle incomparable de ce qu'a réussi pendant des décennies le lobby du tabac: gagner du temps, grâce à des auteurs complaisants, à des études tronquées ou truquées, grâce à la publicité et à la propagande.
Évidemment, Allègre n'est pas acheté. Évidemment, il est sincère. Appartenant à cette race d'hommes qui se croient originaux et rebelles quand ils ne sont qu'arrogants et balourds, il ne manquera pas d'être utilisé.
A l'insu de son plein gré ou presque.
Politis, par Fabrice Nicolino, 12 septembre 2002, p. 25.
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30.09.06 | 07:44 Gilles Savary dénonce des "bouffées de haine".
L'ancien ministre Allègre avait affirmé qu'elle n'était "capable ni de gagner, ni de présider".
L e porte-parole de Ségolène Royal, Gilles Savary, a dénoncé, vendredi 29 septembre, dans un communiqué les "bouffées de haine publique de Claude Allègre" contre la candidate socialiste à la candidature.
Elles "sont minables et dégradantes pour lui", lâche-t-il, en lui conseillant "de délivrer ses oracles empoisonnés à l'intérieur du Parti socialiste, à moins qu'il n'ait décidé de faire le jeu de la défaite de son propre camp".
"Dans ce cas, Claude Allègre ajouterait à l'offense à Ségolène Royal, une offense aux militants de son propre parti politique", conclut vertement Gilles Savary.
Une position partagée par Pierre Schapira, adjoint PS de Bertrand Delanoë, proche de Lionel Jospin, qui a qualifié vendredi de "déplacée" la déclaration de Claude Allègre.
"Capable ni de gagner, ni de présider"
Ségolène Royal "appartient à la troisième gauche, celle qu'on situe mal sur l'échiquier politique", affirme notamment l'ancien ministre (jospiniste) de l'Education Claude Allègre dans l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur paru jeudi 21 septembre.
Claude Allègre, ancien ministre de l'Education nationale proche de Lionel Jospin, a, par ailleurs affirmé vendredi 29 septembre sur France Info qu'il pensait que Ségolène Royal n'était "capable ni de gagner, ni d'être président de la République".
Concernant la décision de Lionel Jospin de ne pas briguer l'investiture socialiste pour la présidentielle, Claude Allègre a souligné qu'on était allé cherché l'ex-Premier ministre "à commencer par le premier secrétaire du PS (François Hollande) en son temps". "Il l'a encouragé il y a un an et demi à être présent dans cette opération", a-t-il dit.
Sondages "manipulés"
"Des tas de personnes" ont "encouragé" Lionel Jospin, a poursuivi Claude Allègre citant Daniel Vaillant, Bertrand Delanoë, Martine Aubry et lui-même. Il a regretté que Dominique Strauss-Kahn "ait décidé de se maintenir" alors qu'"on aurait pu penser qu'il se rallie" à une candidature Jospin.
L'ancien ministre de l'Education a indiqué qu'il ne se rangerait pas derrière Ségolène Royal, favorite des sondages, dans la primaire socialiste.
"Je ne pense pas qu'elle soit capable ni de gagner, ni d'être président de la République", a-t-il jugé.
Il a exprimé la crainte de voir les sondages, dont certains sont "manipulés", décider des candidats.
NOUVELOBS.COM | 30.09.06 | 07:44
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samedi 12 mai 2007, 21h23 Le socialiste Claude Allègre se dit "prêt à aider Nicolas Sarkozy"
PARIS (AFP) - L'ancien ministre de l'Education de Lionel Jospin, Claude Allègre (PS), se dit "prêt à aider Nicolas Sarkozy", dans un entretien à paraître dimanche dans Le Parisien-Aujourd'hui en France.
M. Allègre qui a été reçu à plusieurs reprises par le nouveau président de la République précise qu'il est "prêt à accepter une mission limitée dans le temps pour aider l'université française à s'adapter au XXIe siècle et pour faire en sorte que la recherche redevienne une des priorités nationales". L'ancien ministre y met toutefois une condition: que "des moyens financiers importants" soient débloqués pour réformer l'université et la recherche, comme, selon lui, Nicolas Sarkozy le lui a "laissé entendre". Il indique qu'il n'a pas voulu devenir ministre car "il est temps qu'une nouvelle génération soit aux commandes". M. Allègre affirme que le président élu "l'impressionne", qu'il "a du charisme et, en plus, il est très sympathique". Il réitère ses attaques contre le programme de Ségolène Royal qui "n'était pas socialiste, mais de centre-droit avec quelques adjuvants archaïques". "En revanche", dit-il, "chacun restant ce qu'il est, j'approuve totalement la politique d'ouverture du président de la République car, de toute ma vie, jamais je n'ai considéré la politique comme une guerre civile". Interrogé samedi sur l'attitude du PS à l'égard de ceux de ses membres qui rejoindraient M. Sarkozy, le premier secrétaire François Hollande a affirmé: "Comment voulez-vous que des membres d'un parti qui a contesté tous les choix de Nicolas Sarkozy depuis 2002 et dans cette campagne présidentielle, qui serviraient celui qui a été leur adversaire, puissent rester membres du parti socialiste ?".-------
Allègre: «Le PS a fait de l'incompétence le gage de la démocratie»
REUTERS
Claude Allègre, fidèle de Jospin (notedt, ???), critique François Hollande et Ségolène Royal.
Par Alain AUFFRAY, Libération,
QUOTIDIEN : samedi 26 mai 2007, p. 9
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Claude Allègre qualifie François Hollande de "magouilleur" lemonde.com, 30.08.07 | 09h28
PARIS (Reuters) - L'ancien ministre socialiste de l'Education Claude Allègre considère que le premier secrétaire du PS François Hollande, qu'il qualifie de "magouilleur", est le principal responsable des défaites électorales et du désarroi dans son parti. Pour lui, le premier secrétaire a joué un jeu funeste en laissant se multiplier les candidatures à l'Elysée au PS dans l'espoir qu'on vienne finalement le chercher pour être le champion du parti. "Il est le responsable principal de toute cette pagaille. Il a joué au plus fin avec tout le monde et il a perdu (...) Il pensait que plus le marigot était rempli de crocodiles, plus il avait de chances. Il a foutu un bordel noir", dit-il dans un entretien à Libération, après la sortie de son livre intitulé "La défaite en chantant". Sur RTL, il a utilisé le terme de "magouilleur" et comparé François Hollande à Guy Mollet, dirigeant socialiste des années 50 champion des luttes d'appareil et honni à gauche pour avoir le premier envoyé des appelés du contingent en Algérie. "Il a mis ce parti par terre, donc je pense qu'il a une responsabilité énorme", a-t-il dit. Le parti a eu le tort de se priver des experts et de ne pas suffisamment travailler sur les dossiers, juge-t-il. Claude Allègre brocarde aussi, comme il l'a fait depuis le début de la campagne présidentielle, Ségolène Royal, qui, selon lui, est dynamique mais n'a pas d'idées: "elle ne s'intéresse pas aux dossiers, uniquement à son promotion." Il fustige par ailleurs les quadragénaires du PS, rassemblés autour d'Arnaud Montebourg et Manuel Valls, qu'il nomme dans son livre les "jeunes chacals et les jeunes hyènes". "Ils n'ont pas la moindre idée, il n'y a rien, le vide. La rénovation du PS, ce n'est pas eux", dit-il à Libération. Pour Claude Allègre, le PS est dans la situation du parti conservateur anglais quand les travaillistes ont pris le pouvoir en 1997: "la rénovation prendra 10 ou 15 ans". L'ancien ministre annonce qu'il ne reprendra pas sa carte du PS en janvier, après 34 ans de militantisme. Dans Libération, il dit être "séduit" par Nicolas Sarkozy et n'exclut pas de profiter de l'ouverture: "l'avenir n'est écrit nulle part".------
JDD
Politique 31/08/2007 - 07:49
Allègre "admire" Sarkozy
Claude Allègre, qui fait l'actualité avec son livre coup de poing, La défaite en chantant, a reconnu vendredi matin une certaine admiration pour Nicolas Sarkozy dont il dit qu'il aurait pu être un ministre.
"J'admire son dynamisme. J'admire sa clarté de pensée et d'expression", a indiqué sur i-Télé l'ancien ministre de l'Education pour qui, depuis l'accession de Sarkozy au pouvoir, "la France est de retour sur la scène internationale".
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laTribune.fr,
The Associated Press - 31/08/07 à 17:33:56 -
PS: Bertrand Delanoë prêt à donner un "coup de main" à la "rénovation"
Bertrand Delanoë s'est dit prêt vendredi à "donner un coup de main" au PS dans le "boulot titanesque" qui l'attend pour mener sa "rénovation", éludant les questions sur les ambitions nationales qui lui sont prêtées.
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Elysée
Claude Allègre: « J’ai décidé d’aider mon pays » Le Parisien
Propos recueillis par Dominique de Montvalon | 30.08.2008, 07h00
ANCIEN MINISTRE PS de l’Education nationale et de la Recherche, longtemps proche de Lionel Jospin, Claude Allègre devenu un familier de l’Elysée vient d’être nommé par Nicolas Sarkozy à la tête d’une mission officielle.
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TopNews Reuters
Claude Allègre se voit au gouvernement, les ministres tempèrent
REUTERS | 19.05.2009 | 16:37
Par Laure Bretton Avec Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse
PARIS (Reuters) - Ni confirmée, ni démentie, l'éventuelle entrée de l'ex-socialiste Claude Allègre au gouvernement agite la majorité, à l'approche d'un remaniement ministériel rendu nécessaire par les européennes de juin.
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Son mandat : organiser, avant la fin de l’année, des Assises européennes de l’innovation. Dans la lettre de mission qu’il lui a adressé, Nicolas Sarkozy lui demande des « propositions concrètes ».
Avez-vous hésité avant d’accepter la proposition de Nicolas Sarkozy ?
Claude Allègre. Non. D’abord, parce que c’est un sujet que je connais bien : quand j’étais ministre de Lionel Jospin, j’avais déjà organisé les Assises de l’innovation et j’avais fait passer ensuite au Parlement une loi en ce sens. Ensuite, parce que ce thème est vital pour l’Europe. Enfin, parce que les conversations que j’ai eues avec Nicolas Sarkozy m’ont convaincu de son extrême détermination.
« Sarkozy est capable de faire exploser les obstacles »
Qui allez-vous réunir ?
Des spécialistes français et européens de l’innovation : des scientifiques, des techniciens, des industriels, des entrepreneurs, des banquiers. Et j’associerai de très près à toutes nos discussions les parlementaires français et européens. Après quoi, clôturant nos travaux, Sarkozy annoncera ce qui lui aura paru pertinent.
Etes-vous devenu officiellement sarkozyste ?
J’ai décidé d’aider mon pays. Je suis catastrophé par la situation économique de l’Europe. Donc, je me sens un devoir, d’autant que je suis extrêmement impressionné par le dynamisme du président. D’ailleurs, à l’échelle européenne, tous ceux qui m’ont déjà donné leur accord me disent, eux aussi, qu’avec Sarkozy, on va peut-être réussir à relancer cet « agenda de Lisbonne » qui est resté lettre morte. Car Sarkozy est capable de faire exploser un certain nombre de freins, d’obstacles ou d’oppositions qui bloquent la stratégie d’innovation nécessaire à l’Europe. Oui, c’est un président réformateur, et même le seul leader européen réformateur d’envergure.
Vos anciens camarades du PS sont réunis pendant ce temps à La Rochelle… Ils font l’apprentissage en interne pour la première fois de la démocratie.
Jusqu’ici, les chefs désignaient les chefs qui désignaient les chefs, et tout le monde approuvait. Maintenant, ils sont engagés dans un processus démocratique et ils n’y sont pas habitués.
Entre les postulants à la succession de François Hollande…
… Ma préférence va à une association Bertrand Delanoë-Martine Aubry : elle serait, pour le PS et pour la France, porteuse d’avenir. Mais je n’ai pas de pronostic…
Et pas non plus de bulletin de vote !
Non. Et je n’en aurai plus jamais. Je n’adhérerai plus à aucun parti, quel qu’il soit.
Alors que l'ancien ministre de l'Education de Lionel Jospin affiche ouvertement ses ambitions, les ministres du gouvernement de François Fillon restent prudents tout en saluant la politique d'ouverture à gauche menée jusqu'ici par Nicolas Sarkozy.
"C'est le genre de chose qui m'intéresse et qui intéresse le président de la République", a-t-il déclaré au début du mois dans un entretien au Journal du Dimanche.
Selon Le Monde, Nicolas Sarkozy envisage cette hypothèse qui chamboulerait l'architecture du gouvernement et suscite des tirs de barrage de la part des ministres dont les attributions pourraient être modifiées.
En Alsace où il était en déplacement mardi pour parler de la filière bois, le chef de l'Etat a relancé les spéculations en semblant tracer les contours de ce futur grand ministère.
"L'innovation, c'est la rencontre de trois acteurs : les universités, les organismes publics de recherche et les entreprises et le rôle des pouvoirs publics, c'est de faciliter cette synergie", a fait valoir Nicolas Sarkozy.
Au sein du gouvernement, l'ouverture n'est plus contestée.
"Je suis convaincu que l'une des empreintes du sarkozysme c'est sa capacité à s'ouvrir. Cela signifie tout simplement qu'il n'y a aucune raison d'y renoncer et au contraire tous les motifs pour persévérer", a dit mardi Brice Hortefeux sur RTL.
Sans citer le nom de possibles nouvelles recrues, le ministre du Travail a invoqué Voltaire pour qui "le meilleur gouvernement est celui où il y a le moins d'hommes inutiles".
"CELA NOUS DÉBARRASSERAIT"
En 2007, Patrick Devedjian avait laissé percer son amertume à l'annonce de la composition du gouvernement, où siègent les socialistes Bernard Kouchner, Eric Besson ou Jean-Marie Bockel.
L'ouverture doit aller "jusqu'aux Sarkozystes", avait dit celui qui est devenu depuis ministre chargé de la Relance.
"On a besoin de tout le monde", a-t-il assuré mardi sur LCI. "Je ne vois pas d'ailleurs le gouvernement en forme de rivalité", a ajouté Patrick Devedjian, pour qui Claude Allègre est "un homme qui a du talent".
Mais la personnalité de Claude Allègre fait débat.
Fin février, dans un entretien au Parisien, Nicolas Sarkozy voyait en l'ancien ministre socialiste un "grand scientifique" et "un homme avec qui j'aimerais un jour travailler".
La communauté scientifique s'était émue de cet hommage présidentiel à un chercheur contestant, entre autres, les thèses actuelles sur les causes du réchauffement climatique.
"Sa nomination au gouvernement ferait pour nous figure de provocation", avait alors expliqué Bertrand Monthubert, ancien président du collectif "Sauvons la recherche".
Rapprocher Economie, Finances, Commerce extérieur voire Industrie a déjà été fait par le passé, dans le gouvernement d'Edith Cresson, rappelle l'ancien ministre de l'Economie socialiste Michel Sapin pour qui "la seule nouveauté (serait) d'y accrocher la Recherche".
"Par rapport à un Miti, la France a choisi un modèle un peu différent", commente-t-on dans l'entourage de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse.
Au Parti socialiste, l'idée de voir Claude Allègre rejoindre un gouvernement de droite ne suscite aucune émotion, contrairement au malaise provoqué, à l'été 2007, par la première vague de l'ouverture à gauche.
A 72 ans, l'auteur de "La défaite en chantant", un ouvrage au vitriol sur la campagne présidentielle de Ségolène Royal, n'est plus membre du PS depuis l'hiver 2008.
Entretenir la rumeur Allègre n'a qu'un but pour la majorité, selon Michel Sapin : "jeter le trouble" en pleine campagne pour les élections européennes. "Mais il n'y en a aucun. Au contraire, ce serait très bien, cela nous débarrasserait."