Avril 2011 : Re-manifeste des 343 salopes, qui veulent disposer de leur corps, y compris pour "éliminer" leur foetus ...
Avril 1971 : Le manifeste des 343 salopes

Novembre 2014 : Condamnation confirmée de l'avortement par le Pape François ; confirmation quasi-consensuelle de la légalisation libérale par le Parlement Français, l'exception Bompard
Février 2014 : Décès de Antoinette Fouque (1936-2014) fondatrice, avec la "gouine rouge" Monique Wittig (1935-2003), du Mouvement de Libération des Femmes (MLF)
Janvier 2014 : Le pape François et les cathos pratiquants français favorables à la réaction espagnole ; 13 femmes politiques, dont des cathos, hostiles au Pape François et à la réaction espagnole

Décembre 2013 : La ministre ultra libérée "choquée" par l'Espagne, qui limite ferme l'avortement légal, afin d'essayer de réduire les avortements "conforts"
Novembre 2013 : Antoine, et plus de "70 stars", manifestent pour le libre travail du sexe
Octobre 2013 : Le manifeste des 343 salauds, qui veulent disposer du corps de celles ou ceux qui le veulent ... ; Le texte ; Les signataires au 7 novembre 2013

Décembre 2012. Dély et les valeurs du Nouvel-Obs versus le professeur Lejeune
Mars 2012. Journée de la femme libérée, et présidentielle, François Hollande est pour faciliter, et donc augmenter (?), les avortements

Mars 2011. 227.000 IVG, dont 13.500 chez les mineures (plus 22 %).

Mars 2010. Journée internationale de la femme occidentale libérée, 450 euros au lieu de 300 pour "éliminer" un enfant
Février 2010. Echec de la loi Veil (1975) sur l'avortement légalisé, toujours plus de 200.000 IVG par an (200.000 x 35 = 7.000.000) malgré un accès compliqué. Education Nationale Française : la ministre de la santé Roselyne Bachelot veut améliorer l'information sexuelle des mineures en milieu scolaire

Octobre 2009. Espagne : un million de manifestants contre l'accroissement des IVG (117 000 en 2008) ; France : Gisèle Halimi veut relancer les IVG (200 000 par an), soutenue par Martine Aubry et le MLF
Janvier 2009. Gràce à l'immigration et à ses descendants, et malgré 200 000 IVG par an, la France a gagné 3 millions d'habitants en sept ans

Novembre 2008. Simone Veil à l'Académie Française : Les "Pro-Vie" protestent
Septembre 2008. Augmentation des IVG, toujours plus de 200 000 par an, chez les mineures (46% par voie médicamenteuse).
Le Planning familial français veut lutter contre le recul de l'IVG, en Europe.
Février 2008. France, Cour de cassation : Un foetus né sans vie est déclarable à l'Etat civil
Janvier 2008. France, officiellement plus de 63 millions d'habitants ... L'Ile-de-France publicite l'avortement

Février 2007. Contre la majorité des portugais le Premier ministre socialiste José Socrates succombe aux pressions libérales "européennes"

Décembre 2006. Le paradis catalan
Mars 2006. Un point de vue musulman sur l'avortement

Juin 2005. Un sujet du bac qui fait scandale. Gilles de Robien approuve ?
Mai 2005. Des peuples en voie de disparition
Janvier 2005. Droit à la vie. 4000 manifestants à Paris

Décembre 2004. Toujours 200 000 IVG par an en France ; pourquoi ce fait, non prévu en 1975 ...
Une victoire féministe
23 juillet 2004 : Le ministre, professeur-docteur en médecine, ancien maire de Lourdes, Philippe Douste-Blazy autorise l'avortement légal à domicile

20 mars 2004. IVG : face-à-face de manifestants anti et pro-avortement à Paris
Des militants pro-avortement de la CNT (anarcho-syndicaliste) ont manifesté samedi 20 mars 2004) à Paris, alors que se tenait parallèlement un rassemblement de militants anti-IVG, a constaté une journaliste de l'AFP.
Les manifestants qui se faisaient face, séparés par la police, de part et d'autre de la rue du 4 septembre (IIème arrondissement), se sont dispersés peu après 16H30 sans incident.Ce rassemblement s'est tenu non loin du siège du Mouvement français du planning familial (MFPF), rue Vivienne, où l'association "SOS Tout-Petits" a l'habitude d'organiser ses manifestations.

Les militants de cette association anti-IVG, porteurs d'une banderole avec ces mots: "Planning familial, le bras armé de la culture de mort" et parmi lesquels son Président Xavier Dor, ont entonné des cantiques religieux et des "Je vous salue Marie".

Les manifestants de la CNT (Confédération nationale du travail), de la FA (Fédération anarchiste) et du Scalp (section carrément anti-Le Pen) qui leur faisaient face, porteurs de banderoles avec les inscriptions "mon corps m'appartient" et "sabrez le goupillon", chantaient l'Internationale.
"Le droit à l'avortement est menacé" mais "l'IVG est un droit acquis, nous ne laisserons pas remettre en cause tous ces acquis par ces +fous de dieu+", a écrit la CNT dans un tract distribué aux passants.
lefigaro.fr, 20.03.04 | 17h10

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L'avortement à domicile désormais autorisé
(Des pratiques eugénistes seront ainsi facilités : choix du sexe, de l'origine ethnique, élimination plus facile des handicapés ...)

L'autorisation officielle a été donnée hier par le ministre de la Santé : les femmes souhaitant avorter à domicile et qui n'ont pas dépassé cinq semaines de grossesse vont pouvoir directement se faire prescrire la pilule abortive auprès de leur médecin.

L'IVG MÉDICAMENTEUSE arrive à la maison. La pilule abortive (RU 486), réservée jusqu'ici à l'hôpital, sera désormais prescrite par les gynécologues et généralistes de ville.
L'ultime feu vert nécessaire, donné hier par Philippe Douste-Blazy, a été accueilli avec soulagement par les médecins, qui, trois ans après la promulgation de la loi sur l'interruption de grossesse, commençaient à perdre espoir de voir un jour ce dossier aboutir.

Dans quelques semaines, après la parution de l'arrêté au « Journal officiel » et la publication de circulaires d'application - vraisemblablement dès la rentrée -, les femmes voulant avorter à domicile et qui n'ont pas dépassé cinq semaines de grossesse vont pouvoir sauter la case hôpital et s'adresser directement à leur médecin traitant. Car les médecins de ville pourront passer une convention avec l'hôpital du secteur.

« La plupart de nos patientes ne comprennent pas pourquoi elles sont hospitalisées »

Pour un forfait de 100 € remboursé à 70 %, les patientes recevront un comprimé, à avaler sur place, pour stopper la grossesse, puis, deux jours plus tard, toujours devant leur médecin, elles prendront deux autres comprimés pour expulser l'oeuf, avant de retourner chez elles. Une dernière consultation, comprise dans le forfait, permettra au praticien de vérifier que l'expulsion, qui se produit généralement entre quatre et soixante-douze heures après la prise du médicament, s'est déroulée correctement.
Actuellement, les IVG médicamenteuses, qui représentent un tiers des 220 000 IVG pratiquées dans l'année, se passent uniquement - à part quelques centres francs-tireurs, comme à Paris, qui ont devancé les arrêts ministériels et bricolé leur propre système - à l'hôpital ou dans les centres habilités.
Or l'hospitalisation ne se justifie pas toujours. « La plupart de nos patientes ne comprennent pas pourquoi elles sont hospitalisées, rapporte le docteur Philippe Lefèbvre, patron du centre IVG à l'hôpital de Roubaix. Elles veulent rentrer chez elles. D'autant qu'elles y sont souvent finalement renvoyées avant même l'expulsion de l'oeuf, car nous n'avons pas toujours les moyens de les garder plus de quelques heures. Ce nouveau dispositif va enfin répondre à leur demande. »
De son point de vue, l'avortement chez soi est une possibilité supplémentaire proposée aux femmes. « Nous allons leur faciliter le choix et l'accès à cette méthode qui a fait la preuve de son efficacité. Les femmes aujourd'hui sont capables de diagnostiquer leur grossesse de façon très précoce, or la méthode classique, par aspiration, n'est justement pas la plus conseillée pour ces grossesses débutantes. »
C'est aussi une voie de détournement bienvenue pour des centres IVG saturés dans les grandes villes, à Paris en particulier (lire en encadré).
Une façon de contribuer à raccourcir les files d'attente, et d'éviter à certaines femmes de se retrouver hors délais.
Laure Pelé, Le Parisien, samedi 24 juillet 2004, p. 8

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Trente ans après, toujours autant d'avortements
Santé. Il y a toujours 200 000 IVG par an en France, malgré la contraception.

Les sociologues estiment que «près de 40 % des femmes y auront recours dans leur vie» et que «toutes les catégories sociales sont concernées». Depuis trente ans, le nombre d'«interruptions volontaires de grossesse (IVG) est resté étonnamment stable», affirment les chercheurs de l'Institut national d'études démographiques (Ined). On compte 200 000 IVG annuelles environ, alors que les moyens de contraception se sont diversifiés et largement répandus. «La légalisation de l'avortement n'a pas eu d'impact démographique, précisent les chercheurs, depuis trente ans, le nombre d'enfants souhaité est resté inchangé et les femmes ont toujours autant d'enfants.» Et sont moins victimes de complications graves et de décès. «On compte moins d'un décès par an lié à la pratique d'un avortement en France (0,3 décès pour 100 000 IVG).» Dans la dernière livraison de sa publication Population et société, l'Ined explique «pourquoi le nombre d'avortement n'a pas baissé en France depuis trente ans» et décortique le phénomène.

Celles qui étaient sous contraceptif
Aujourd'hui, 82 % des femmes utilisent une méthode médicale de contraception (pilule ou stérilet). Conséquence directe : les grossesses accidentelles sont moins nombreuses. Vers 1975, 46 % des grossesses étaient «non prévues», elles sont 33 % aujourd'hui. Mais, «alors que quatre grossesses non prévues sur dix se terminaient par une IVG en 1975, c'est le cas de six sur dix aujourd'hui». En cas d'«accident», les femmes recourent donc plus à l'IVG qu'autrefois. Dans 23 % des cas, les femmes prenaient pourtant la pilule, «l'échec étant attribué six fois sur dix à un oubli de comprimé». Pour Nathalie Bajos, de l'Ined, «il y a un problème d'information, de méconnaissance des méthodes contraceptives et du cycle féminin». Les femmes ignorent encore souvent que faire en cas d'oubli. Apparemment, la contraception d'urgence ou «pilule du lendemain» est loin d'être systématique. L'Ined souligne également qu'«une femme sur deux avait changé de situation contraceptive dans les six mois précédant le rapport ayant conduit à l'IVG, ce qui invite à porter une attention particulière aux phases de transition contraceptive : début, arrêt, suspension». Nathalie Bajos propose qu'il y ait «plus de souplesse dans les normes de prescription». Pourquoi, par exemple, ne pas proposer un stérilet à des femmes sans enfant ? Car les oublis de pilule ne renvoient pas toujours à «une ambivalence de certaines femmes et hommes par rapport au désir de grossesse et de parentalité».

Celles qui sont trop jeunes
Les moins de 25 ans sont moins nombreuses mais ont davantage recours à l'IVG qu'il y a une dizaine d'années. «Le taux d'IVG augmente d'abord avec l'âge de la femme pour atteindre un maximum à 20-24 ans et il décroît ensuite», notent Nathalie Bajos et ses collègues de l'Ined. Pour les moins de 25 ans, «l'engagement scolaire» est prioritaire par rapport à une maternité. Pour la tranche d'âge suivante, les 25-34 ans, c'est le contexte affectif qui va dicter l'envie d'enfant. Au-delà de 35 ans, «la trajectoire professionnelle semble aussi déterminante que le contexte affectif».

Celles qui en parlent à leur partenaire
Dans 97 % des cas, «dans le contexte d'une relation affective stable», les hommes sont informés et huit fois sur dix ils sont d'accord. Si la relation est instable ou terminée, 17 % des partenaires ne sont pas informés ; «quand ils le sont, il y a accord dans 56 % des cas».

Celles qui multiplient les IVG
Elles ont subi plus de trois IVG ou bien deux très rapprochées, elles sont «assez peu nombreuses» d'après les sociologues . Le plus souvent, «elles semblent confrontées à des difficultés affectives, économiques et sociales particulières».

Celles qui n'ont pas de vie affective assez stable
L'âge entre le premier rapport sexuel et la première maternité a augmenté de plus de quatre ans en vingt-cinq ans. D'après les chercheurs, «celle-ci survient 9,5 ans en moyenne après les premiers rapports sexuels». «Les trajectoires affectives et sexuelles des femmes sont plus diversifiées», observe Nathalie Bajos. Souvent, leurs relations ne se «prêtent pas à la parentalité». Finalement, l'IVG, «loin de correspondre à un comportement égoïste traduit l'attention portée aux conditions d'accueil de l'enfant». Ce qui va expliquer «la propension à avorter en cas de grossesse non prévue».
Par Julie LASTERADE, mercredi 08 décembre 2004 (Liberation - 06:00)

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Il y a trente ans, la loi Veil légalisait l'avortement

Cette loi permit de mettre fin à la pratique répandue d'avortements clandestins - estimées à 300 000 par an à l'époque - dont l'issue s'avérait souvent dramatique pour les mères. Elle marqua aussi une grande victoire du mouvement féministe, particulièrement mobilisé sur cette question.
Il y a trente ans, Simone Veil faisait voter, au terme de débats d'une rare violence, une loi historique dépénalisant l'interruption volontaire de grossesse, un droit réclamé alors avec force par les mouvements féministes et qui a progressé au fil des ans.
Le 29 novembre 1974, au cœur de la nuit, l'Assemblée nationale adopte le projet de loi porté par Mme Veil, alors ministre de la santé. Les deux tiers des députés de la majorité votent contre et le texte ne doit finalement son salut qu'aux voix de la gauche.
Après quelque 25 heures de débats qui ont vu 74 orateurs s'exprimer, la loi Veil légalisant l'IVG dans les dix premières semaines de grossesse met fin à des pratiques clandestines - estimées à 300 000 par an - dont l'issue s'avérait souvent dramatique pour les mères.
Dans une Assemblée qui compte alors 9 femmes sur 490, Mme Veil, rescapée d'Auschwitz, première femme secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature (1970), est livrée aux assauts de députés de la majorité qui ne reculent devant aucun amalgame ni insulte.
Outre les battements d'un cœur de foetus diffusés à deux reprises dans l'Hémicycle grâce à un magnétophone, Mme Veil, qui fait face avec courage et droiture, entend résonner les mots "avortoirs", "abattoirs", "dégénérescence", "meurtre". Le pire est atteint lorsque le député UDR Hector Rolland évoque "le choix d'un génocide".

Mme Veil, officiellement soutenue par son premier ministre, Jacques Chirac, mais souvent livrée à elle-même lors des débats, parvient finalement à faire entrer l'IVG dans le droit.
Le président Valéry Giscard d'Estaing, élu quelques mois auparavant grâce, notamment, à l'électorat féminin, peut brandir, avec cette loi et la création d'un secrétariat d'Etat à la condition féminine, confié à Françoise Giroud, l'étendard d'une modernité qui rompt avec les années pompidoliennes.

VICTOIRE DU MOUVEMENT FÉMINISTE

Mais l'adoption de la loi Veil vient surtout consacrer une grande victoire du mouvement féministe, dont la voix se fait de plus en plus entendre depuis la loi Neuwirth qui, en 1967, autorise la vente des contraceptifs, et Mai 68, qui a symbolisé la libéralisation des mœurs.
La bataille pour la libéralisation de l'avortement va ainsi connaître une étape importante avec l'appel lancé, le 5 avril 1971 dans Le Nouvel Observateur, par 343 femmes, célèbres ou anonymes, s'accusant solidairement du délit d'avortement afin de "démasquer l'hypocrisie sociale".
Surnommées les "343 salopes" par Charlie-Hebdo, les signataires, dont Simone de Beauvoir et Françoise Sagan, l'avocate Gisèle Halimi, les comédiennes Catherine Deneuve, Jeanne Moreau et Stéphane Audran, atteignent leur but : porter sur la place publique un sujet encore tabou.
Mais si la loi Veil, promulguée le 17 janvier 1975, a permis de légaliser une pratique répandue et déjà acceptée par une partie de la société française, il faudra attendre 1982 pour qu'une nouvelle étape cruciale permette à toutes les catégories sociales d'avoir un accès libre et égal à l'IVG.
C'est en effet en décembre 1982 que la loi Roudy instaure le remboursement de l'avortement par la Sécurité sociale, scellant ainsi l'entrée de cette pratique dans le champ de la solidarité sociale.
En 2001, Martine Aubry allonge le délai légal de dix à douze semaines et supprime l'autorisation obligatoire des parents pour les mineures.
Le feu vert donné en 2004 par un arrêté de Philippe Douste-Blazy à l'IVG médicamenteuse pour les grossesses inférieures à cinq semaines constitue un nouvel acquis du droit des femmes à maîtriser leur fécondité.

VIGILANCE NÉCESSAIRE

Commentant récemment l'impact de la loi, Mme Veil remarque : "J'observe aujourd'hui qu'on ne meurt plus d'avortement en France, alors qu'il y avait environ trois cents décès par an. En outre, beaucoup de femmes restaient stériles ou atteintes de graves séquelles résultant des conditions horribles de la plupart des avortements. Par ailleurs, s'il y a encore des femmes amenées à se rendre à l'étranger lorsque les délais prévus par la loi sont expirés, le nombre en a été très réduit. Le vote de la loi a mis fin à ces situations très angoissantes vécues par beaucoup de femmes lorsqu'elles étaient enceintes et dans l'impossibilité - pour des raisons diverses - d'assumer une grossesse."

Elle souligne qu'il reste encore des difficultés. Trente ans après la loi, "on constate d'abord que le nombre d'IVG reste élevé (plus de 205 000 en 2002), alors que la loi Neuwirth de 1967 laissait espérer une diminution très sensible des avortements. En juillet 1974, j'ai fait voter une nouvelle loi qui devait rendre plus accessible le recours à la contraception. Pourtant, même si beaucoup de femmes prennent la pilule, il semble qu'elles la prennent de façon très intermittente, ce qui peut expliquer, au moins pour partie, cette forte demande d'IVG. En outre, il faut être réaliste, le désir ne se commande pas : c'est à l'occasion d'une rencontre que des relations sexuelles se nouent alors que l'intéressée n'était pas sous contraception. Il est vrai que certains services ne peuvent répondre à la demande et que les délais se trouvent dépassés, obligeant les intéressées à se rendre à l'étranger. Davantage d'information serait donc nécessaire, notamment à l'intention des jeunes femmes qui ont des difficultés à consulter un médecin."

Cependant, elle remarque que la loi est soutenue par l'opinion publique, même si la vigilance est nécessaire : "La commémoration de la loi et sa présentation très positive par la plupart des médias traduisent le soutien d'une grande partie de l'opinion. Je le constate personnellement par les manifestations de reconnaissance qui me sont manifestées. Cela dit, les mentalités changent vite, et les femmes ont raison de rester vigilantes."
LEMONDE.FR : ARTICLE PUBLIÉ LE 30.11.04

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Pourquoi le nombre d'IVG ne baisse toujours pas
40 % des femmes âgées de 15 à 49 ans auront recours à l'avortement dans leur vie. Tandis qu'une manifestation marque, aujourd'hui, les trente ans de la loi Veil, on constate que la contraception bute encore sur les insuffisances de l'information.

Le 17 janvier 1975, la loi Veil légalisant l'interruption volontaire de grossesse en France paraissait au « Journal officiel ». Cet après-midi (15 janvier 2005) à Paris, plusieurs milliers de femmes, mais aussi des hommes, des militants politiques ou des syndicats, descendront dans la rue pour défendre « ce droit au choix ». Les hémorragies silencieuses provoquées par des aiguilles à tricoter font partie du passé.
« Plus aucune femme aujourd'hui ne décède d'un avortement », se félicite haut et fort Maïté Albagly, présidente du Mouvement français pour le planning familial.

200 000 par an

Pour autant, le bilan de ces trente ans n'a pas forcément un goût de victoire. Délais d'attente très longs, réticences médicales, absence de suivi psychologique... Avorter aujourd'hui relève souvent, encore, du parcours du combattant. Mais surtout, en dépit de la diffusion massive de la contraception, le nombre d'IVG n'a pas baissé depuis trente ans. Selon la dernière étude, livrée en décembre dernier par l'Institut national des études démographiques, il stagne autour de 200 000 par an.

Le constat est là : si l'on considère l'ensemble des femmes de 15 à 49 ans aujourd'hui, « on estime que 40 % des femmes y auront recours dans leur vie », relèvent les chercheurs de l'Ined.
Il augmente même chez les jeunes filles de moins de 18 ans : elles étaient 8 100 concernées en 1995, et 10 700 en 2002. « Les grossesses non désirées n'augmentent pas, mais une femme qui ne désire pas d'enfant ne prend plus le risque de mener à terme une grossesse », explique Maïté Albagly.
Ainsi, 4 grossesses non désirées sur 10 s'achevaient par une IVG en 1975, 6 sur 10 aujourd'hui. « Le risque zéro n'existe pas. Il faudrait des campagnes de prévention tous les ans ! Et tant que les médecins seront formés deux heures sur l'IVG et la contraception au cours de leurs sept ans d'études, il ne faut pas s'étonner que les femmes soient mal informées sur tous les choix qui s'offrent à elles. »

De fait, les politiques de santé publique insistent davantage sur le curatif et l'urgence aux dépens de la prévention et de l'éducation à la sexualité, au point qu'aujourd'hui, il est plus facile - pour une adolescente en particulier - de se procurer une pilule du lendemain en pharmacie, gratuitement et sans prescription, qu'une pilule de seconde génération (quelques-unes seulement sont remboursées) ou de troisième génération (non remboursées).
Une forme d'incitation publique à se tourner vers les solutions d'urgence. « Tous les récents discours de prévention ont été axés sur le sida et la nécessité d'utiliser des préservatifs, en oubliant totalement de parler de prévention des grossesses », se désole Brigitte Le Chevert, à la tête du syndicat des infirmières scolaires. C'est l'éducation à la sexualité qui manque cruellement à l'école. « Les ados sont assez responsables, mais ce sont des ados. Ils sont gavés de messages injonctifs, mais ils ont besoin d'être accompagnés individuellement sur ces questions intimes. Or ce n'est pas aux parents d'assurer cela... »
Florence Deguen, Le Parisien, samedi 15 janvier 2005, p.

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(Janvier 2005) Cortège très masculin pour conspuer le droit d'avorter
Ils étaient quelques milliers à défiler à Paris contre les 30 ans de la loi Veil.

Manif, contre-manif. En riposte à la forte mobilisation du 17 janvier pour la défense de l'IVG, les associations pro-vie ont à leur tour tenté hier une démonstration de force. A l'appel du collectif «30 ans ça suffit», plusieurs milliers de personnes (3 400 selon la police, 5 000 selon les organisateurs) se sont rassemblées place de l'Opéra à Paris pour «commémorer ce jour funeste où la loi Veil a dépénalisé l'avortement». Des délégations venues de Suisse, des Pays-Bas et de Pologne sont venues gonfler les rangs de cette manifestation «pour le droit à la vie».

Entre ballons colorés, hymne à «l'amour» et abondance de bébés parfois déguisés en slogans «merci maman de ne pas avoir avorté», le cortège qui s'est ébranlé en contrebas de la basilique du Sacré-Coeur avait l'allure bon enfant d'une sortie de messe. Avec en guest stars des familles cathos traditionalistes et leur nombreuse progéniture. «S'il y a des femmes qui ne veulent pas de leur enfant, moi je le prends», propose une petite rousse diaphane, mère au foyer pratiquante. Plus loin, une autre glisse : «J'ai des amis qui ont adopté deux enfants trisomiques, c'est ça l'amour.»

Venus par petits groupes parfois de province, les adolescents ne sont pas en reste. Membres d'associations catholiques (Jeunes témoins de la vie humaine, Alliance des droits de la vie, Renaissance catholique), ils stigmatisent tantôt «l'avortement-traumatisme», tantôt «l'avortement-eugénisme». A la différence de leurs aînés ouvertement hostiles à la contraception «chimique ou mécanique», eux ne crachent pas sur la pilule, et moins encore sur la capote. Discrets, plusieurs militants antiavortement «actifs» étaient disséminés dans la queue du cortège. Ainsi du fondateur de SOS Tout-Petits, Xavier Dor, qui s'est illustré avec ses «opérations de sauvetage» dans les cliniques pratiquant l'IVG. Condamné à plusieurs reprises, Xavier Dor a aujourd'hui renoncé à l'intervention commando, mais pas à la prière démonstrative. Hier, il entendait poursuivre son oraison intérieure en marchant.

La singularité de cette contre-manif était ailleurs. Alors que le cortège des pro-IVG était en majorité féminin, c'étaient les hommes qui tenaient le haut du pavé. Ce hiatus a frappé jusqu'aux organisateurs : «On ne peut que s'en féliciter», justifie le vice-président de l'AOCPA-Choisir la vie, association pro-vie fondée en 1982 pour «faire obstacle à la culture de la mort». «Combien de femmes avortent simplement parce qu'elles ne trouvent pas de soutien auprès de leur compagnon ? Nous sommes tous concernés : il faut plus de crédits pour la politique familiale et pour les femmes en détresse, il faut revaloriser la grossesse et briser le silence.» Un peu en retrait, Tomasz, jeune touriste polonais de passage, avoue sa perplexité devant le rassemblement : «En Pologne, les femmes manifestent pour obtenir le droit d'avorter ; ici, les hommes manifestent pour qu'il soit supprimé !»
Par Nathalie RAULIN, lundi 24 janvier 2005 (Liberation - 06:00), p. 16

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(Mai 2005) ALLEMAGNE Avec l'un des plus bas taux de fécondité Les Allemands désirent de moins en moins d'enfants

Fonder une famille est un idéal qui se perd en Allemagne. Selon un rapport publié par l'Institut fédéral pour la recherche démographique, les Allemands ne souhaitent aujourd'hui plus que 1,7 enfant en moyenne. En 1992, ils désiraient encore deux enfants. Ces résultats renforcent la position singulière de l'Allemagne, qui affiche déjà l'un des taux de fécondité les plus bas du monde, avec 1,4 enfant par femme. Avec l'Autriche, elle constitue désormais une exception en Europe, les autres pays européens affichant un nombre idéal d'enfant égal ou supérieur à 2 par famille. «La famille semble être devenue dans notre société une valeur abstraite», notent les auteurs de l'étude. En effet, si d'un côté les Allemands continuent de considérer la famille et les enfants comme une valeur fondamentale, de l'autre côté, le désir d'enfant diminue.

Plus grave encore, «l'idéal de l'absence d'enfants (Kinderlosigkeit) s'est développé». Parmi les personnes âgées de 20 à 39 ans qui n'ont pas d'enfants, 36% d'entre elles affirment ne pas vouloir de descendance. Cette culture du refus d'enfant est particulièrement répandue chez les hommes puisqu'un sur quatre (26%) déclare ne pas vouloir d'enfant. Treize ans plus tôt, cette catégorie ne représentait que 12%. Chez les jeunes femmes, l'absence de désir d'enfant est également en progression : elles sont aujourd'hui 15% contre 10% en 1992 à renoncer à la maternité.

Parmi les principales raisons invoquées par les femmes viennent en premier lieu l'absence de partenaire et la volonté de maintenir leur niveau de vie actuel (voir tableau ci-contre). Pour la plupart des experts, le faible taux de natalité et la baisse du désir d'enfant s'expliquent avant tout par l'absence de climat favorable à la famille. Il est notamment encore très difficile pour de nombreuses femmes de concilier travail et enfants.

La ministre de la Famille, Renate Schmidt (SPD), a certes fait adopter une nouvelle législation et s'efforce de sensibiliser le monde du travail. Une loi entrée en vigueur le 1er janvier dernier doit améliorer la prise en charge des enfants de moins de 3 ans. D'ici à 2010, 230 000 enfants doivent pouvoir être confiés à des crèches ou des nourrices. Les auteurs de l'étude se montrent néanmoins sceptiques quant à l'efficacité de ces mesures. Elles ne feraient que conforter le désir d'enfant, sans l'augmenter.

Aussi, le ministre de l'Intérieur, Otto Schily (SPD), exige un débat de fond sur le sujet : «Un non aux enfants, c'est un non à la vie. Nous devons renforcer en Allemagne la valeur de la famille.» Tout aussi soucieuse, l'experte de la famille auprès de la fraction parlementaire CDU-CSU, Maria Böhmer, dénonce l'absence de modèles qui présentent la famille avec des enfants comme un idéal. Seule Renate Schmidt, la ministre de la Famille, pourtant concernée au premier plan, semble avoir accueilli les résultats de l'étude avec optimisme : «La famille reste pour la plupart des personnes un point fondamental» , déclarait-elle au quotidien Die Welt.
lefigaro.fr, Berlin : Cécile Calla [04 mai 2005]

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(Juin 2005) Un sujet sur l'IVG au bac fait scandale
ÉDUCATION Trois associations demandent au ministre que l'épreuve ne soit pas notée, l'enseignement catholique s'insurge. L'entourage de Gilles de Robien justifie le sujet

La direction diocésaine de l'enseignement catholique de Paris a vivement réagi hier soir en manifestant sa «désapprobation» au sujet d'une épreuve du bac portant sur l'avortement (lire ci-dessous). La semaine dernière, trois associations, la Fondation Jérôme Lejeune, l'Association pour la Fondation de service politique et l'Alliance pour les droits de la vie avaient envoyé une lettre au ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, pour lui demander de ne pas noter ce sujet.

Les questions, notées sur quatre et présentées dans le cadre d'une épreuve scientifique anticipée pour le bac littéraire en première, demandaient aux candidats de «dégager des arguments en faveur de l'autorisation de l'IVG en France» et «d'argumenter l'idée selon laquelle l'avortement n'est pas considéré comme un moyen de contraception». Le tout avec comme support de réflexion un article du Monde écrit à l'occasion de l'anniversaire de la loi Veil.

Cet article affirme notamment que «la contraception et, en cas d'échec, le recours à l'IVG ont permis le passage d'un modèle de maternité sous contrainte à celui de maternité choisie» ou encore que «la légalisation de l'IVG n'a pas eu d'impact démographique».

Les associations estiment que le sujet n'a pas été présenté de façon «neutre» et présente des «contrevérités». La justification de l'avortement «est un sujet irrecevable, impossible à soutenir pour beaucoup, croyants ou non», dénonce Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme-Lejeune dans un communiqué.

Aude Dugast, responsable de la communication pour cette fondation, se dit choquée que l'on demande aux élèves un avis sur un débat de société alors qu'il s'agit d'une épreuve scientifique. La jeune femme dénonce le «terrorisme intellectuel» de l'épreuve qui «prend les candidats en otage». Plusieurs centaines de parents, de professeurs et d'élèves auraient contacté la Fondation pour protester.

Les associations ont demandé au ministre que les questions ne soient pas notées, faute de quoi elles entameront un recours en annulation de l'épreuve. Un avocat contacté par des parents aurait déjà entrepris des démarches.

Dans l'entourage de Gilles de Robien, on répond que cette épreuve d'enseignement scientifique «n'interroge pas les élèves sur leurs opinions personnelles». L'IVG est abordée dans les programmes, ce n'est donc pas une question philosophique, assure-t-on. «Nous n'estimons pas que la formulation de la question soit antidéontologique, explique un conseiller du ministre. On demandait aux élèves de restituer le cours sur l'IVG en se souvenant qu'elle est légale. Ils pouvaient expliquer, par exemple, qu'elle pouvait être une solution à certains problèmes médicaux. Il n'y a rien de choquant à en parler. Ce débat a été tranché par les représentants de la nation il y a trente ans.»

Ce conseiller balaie également d'un revers de main une nouvelle polémique apparue à propos d'un «sujet d'invention» du bac de français en série technique. Les élèves avaient à rédiger une lettre à partir d'une chanson de Pierre Perret. Le thème de la lettre : un an après son installation à Paris, une jeune fille, Lily, écrit à sa famille restée en Somalie et dénonce l'intolérance et le racisme dont elle est la victime. Dans l'entourage de Gilles de Robien, on considère qu'il s'agit d'un «simple exercice d'écriture dans le registre polémique». «Cela ne signifie pas que tous les immigrés en France sont victimes de racisme», ajoute-t-on.

Ce sujet a cependant suscité l'indignation de certains professeurs de français qui considèrent, comme Guy Morel, enseignant au Mans, qu'il est «pernicieux» d'inviter des élèves à décrire la France comme un pays raciste. Agnès Joste, professeur de français au Havre et membre du collectif Sauvez les lettres, rappelle que cet examen est censé être une épreuve de français «et non pas de morale ou d'éducation civique». «De plus, le texte en lui-même n'est pas du tout littéraire. Et il est précisé qu'il a obtenu le prix de la Licra, ce qui amène une sorte de «bien-pensance» sur le sujet», note-t-elle. L'élève ne peut aller que dans le sens qui lui est imposé, déplore Agnès Joste qui ajoute : «On prend les élèves de terminale technique pour des imbéciles.»

Mais Viviane Youx, présidente de l'Association des professeurs de français, n'a pas été choquée. «On ne peut nier qu'en France certains étrangers sont victimes de racisme. C'est une réalité, assure-t-elle. Le fait que des jeunes réfléchissent à ce sujet ne me paraît pas inconcevable.»
Marie-Estelle Pech, lefigaro.fr, [22 juin 2005]

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Le manifeste des 343 salopes

Vingt ans après la parution du "Deuxième sexe" de Simone de Beauvoir, et dans le sillage des événements de Mai 68 - ce que l’on a appelé la " Révolution sexuelle " - les femmes françaises se sont mobilisées pour la défense de leurs droits et pour "la liberté de disposer de son corps". Le "Manifeste des 343" appartient à la longue série des pétitions qui sont un mode d’expression classique des intellectuels depuis l’Affaire Dreyfus. Mais les combats des intellectuels ont été le plus souvent des combats masculins jusqu’à cette année 1971.

Aussi le Manifeste des 343, parfois nommé " Manifeste des 343 salopes " est-il un texte unique en son genre et dont le retentissement fut immédiat.

"Un million de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples. On fait le silence sur ces millions de femmes. Je déclare que je suis l'une d'elles. Je déclare avoir avorté. De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l'avortement libre."

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Signataires:
J. Abba-Sidick, J. Abdalleh, Monique Anfredon, Catherine Arditi, Maryse Arditi, Hélène Argellies, Françoise Arnoul, Florence Asie, Isabelle Atlan, Brigitte Auber, Stéphane Audran, Colette Aubry, Tina Aumont, L. Azan, Jacqueline Azim, Micheline Baby, Geneviève Bachelier, Cécile Ballif, Néna Baratier, D. Bard, E. Bardis, Anne de Bascher, C. Batini, Chantal Baulier, Hélène de Beauvoir, Simone de Beauvoir, Colette Biec, M. Bediou, Michèle Bedos, Anne Bellec, Loleh Bellon, Edith Benoist, Anita Benoit, Aude Bergier, Dominique Bernabe, Jocelyne Bernard, Catherine Bernheim, Nicole Bernheim, Tania Bescomd, Jeannine Beylot, Monique Bigot, Fabienne Biguet, Nicole Bize, Nicole de Boisanger, Valérie Boisgel, Y. Boissaire, Séverine Boissonnade, Martine Bonzon, Françoise Borel, Ginette Bossavit, Olga Bost, Anne-Marie Bouge, Pierrette Bourdin, Monique Bourroux, Bénédicte Boysson-Bardies, M. Braconnier-Leclerc, M. Braun, Andrée Brumeaux, Dominique Brumeaux, Marie-François Brumeaux, Jacqueline Busset, Françoise de Camas, Anne Camus, Ginette Cano, Betty Cenel, Jacqueline Chambord, Josiane Chanel, Danièle Chinsky, Claudine Chonez, Martine Chosson, Catherine Claude, M.-Louise Clave, Françoise Clavel, Iris Clert, Geneviève Cluny, Annie Cohen, Florence Collin, Anne Cordonnier, Anne Cornaly, Chantal Cornier, J. Corvisier, Michèle Cristorari, Lydia Cruse, Christiane Dancourt, Hélène Darakis, Françoise Dardy, Anne-Marie Daumont, Anne Dauzon, Martine Dayen, Catherine Dechezelle, Marie Dedieu, Lise Deharme, Claire Delpech, Christine Delphy, Catherine Deneuve, Dominique Desanti, Geneviève Deschamps, Claire Deshayes, Nicole Despiney, Catherine Deudon, Sylvie Diarte, Christine Diaz, Arlette Donati, Gilberte Doppler, Danièle Drevet, Evelyne Droux, Dominique Dubois, Muguette Durois, Dolorès Dubrana, C. Dufour, Elyane Dugny, Simone Dumont, Christiane Duparc, Pierrette Duperrey, Annie Dupuis, Marguerite Duras, Françoise Duras, Françoise d'Eaubonne, Nicole Echard, Isabelle Ehni, Myrtho Elfort, Danièle El-Gharbaoui, Françoise Elie, Arlette Elkaïm, Barbara Enu, Jacqueline d'Estrée, Françoise Fabian, Anne Fabre-Luce, Annie Fargue, J. Foliot, Brigitte Fontaine, Antoinette Fouque-Grugnardi, Eléonore Friedmann, Françoise Fromentin, J. Fruhling, Danièle Fulgent, Madeleine Gabula, Yamina Gacon, Luce Garcia-Ville, Monique Garnier, Micha Garrigue, Geneviève Gasseau, Geneviève Gaubert, Claude Genia, Elyane Germain-Horelle, Dora Gerschenfeld, Michèle Girard, F. Gogan, Hélène Gonin, Claude Gorodesky, Marie-Luce Gorse, Deborah Gorvier, Martine Gottlib, Rosine Grange, Rosemonde Gros, Valérie Groussard, Lise Grundman, A. Guerrand-Hermes, Françoise de Gruson, Catherine Guyot, Gisèle Halimi, Herta Hansmann, Noëlle Henry, M. Hery, Nicole Higelin, Dorinne Horst, Raymonde Hubschmid, Y. Imbert, L. Jalin, Catherine Joly, Colette Joly, Yvette Joly, Hermine Karagheuz, Ugne Karvelis, Katia Kaupp, Nanda Kerien, F. Korn, Hélène Kostoff, Marie-Claire Labie, Myriam Laborde, Anne-Marie Lafaurie, Bernadette Lafont, Michèle Lambert, Monique Lange, Maryse Lapergue, Catherine Larnicol, Sophie Larnicol, Monique Lascaux, M.-T. Latreille, Christiane Laurent, Françoise Lavallard, G. Le Bonniec, Danièle Lebrun, Annie Leclerc, M.-France Le Dantec, Colette Le Digol, Violette Leduc, Martine Leduc-Amel, Françoise Le Forestier, Michèle Leglise-Vian, M.-Claude Lejaille, Mireille Lelièvre, Michèle Lemonnier, Françoise Lentin, Joëlle Lequeux, Emmanuelle de Lesseps, Anne Levaillant, Dona Levy, Irène Lhomme, Christine Llinas, Sabine Lods, Marceline Loridan, Edith Loser, Françoise Lusagne, M. Lyleire, Judith Magre, C. Maillard, Michèle Manceaux, Bona de Mandiargues, Michèle Marquais, Anne Martelle, Monique Martens, Jacqueline Martin, Milka Martin, Renée Marzuk, Colette Masbou, Celia Maulin, Liliane Maury, Edith Mayeur, Jeanne Maynial, Odile du Mazaubrun, Marie-Thérèse Mazel, Gaby Memmi, Michèle Meritz, Marie-Claude Mestral, Maryvonne Meuraud, Jolaine Meyer, Pascale Meynier, Charlotte Millau, M. de Miroschodji, Geneviève Mnich, Ariane Mnouchkine, Colette Moreau, Jeanne Moreau, Nelly Moreno, Michèle Moretti, Lydia Morin, Mariane Moulergues, Liane Mozere, Nicole Muchnik, C. Muffong, Véronique Nahoum, Eliane Navarro, Henriette Nizan, Lila de Nobili, Bulle Ogier, J. Olena, Janine Olivier, Wanda Olivier, Yvette Orengo, Iro Oshier, Gege Pardo, Elisabeth Pargny, Jeanne Pasquier, M. Pelletier, Jacqueline Perez, M. Perez, Nicole Perrottet, Sophie Pianko, Odette Picquet, Marie Pillet, Elisabeth Pimar, Marie-France Pisier, Olga Poliakoff, Danièle Poux, Micheline Presle, Anne-Marie Quazza, Marie-Christine Questerbert, Susy Rambaud, Gisèle Rebillion, Gisèle Riboul, Arlette Reinert, Arlette Repart, Christiane Rebeiro, M. Ribeyrol, Delye Ribes, Marie-Françoise Richard, Suzanne Rigail Blaise, Marcelle Rigaud, Laurence Rigault, Danièle Rigaut, Danièle Riva, M. Riva, Claude Rivière, Marthe Robert, Christiane Rochefort, J. Rogaldi, Chantal Rogeon, Francine Rolland, Christiane Rorato, Germaine Rossignol, Hélène Rostoff, G. Roth-Bernstein, C. Rousseau, Françoise Routhier, Danièle Roy, Yvette Rudy, Françoise Sagan, Rachel Salik, Renée Saurel, Marie-Ange Schiltz, Lucie Schmidt, Scania de Schonen, Monique Selim, Liliane Sendyke, Claudine Serre, Colette Sert, Jeanine Sert, Catherine de Seyne, Delphine Seyrig, Sylvie Sfez, Liliane Siegel, Annie Sinturel, Michèle Sirot, Michèle Stemer, Cécile Stern, Alexandra Stewart, Gaby Sylvia, Francine Tabet, Danièle Tardrew, Anana Terramorsi, Arlette Tethany, Joëlle Thevenet, Marie-Christine Theurkauff, Constance Thibaud, Josy Thibaut, Rose Thierry, Suzanne Thivier, Sophie Thomas, Nadine Trintignant, Irène Tunc, Tyc Dumont, Marie-Pia Vallet, Agnès Van-Parys, Agnès Varda, Catherine Varlin, Patricia Varod, Cleuza Vernier, Ursula Vian-Kubler, Louise Villareal, Marina Vlady, A. Wajntal, Jeannine Weil, Anne Wiazemsky, Monique Wittig, Josée Yanne, Catherine Yovanovitch, Annie Zelensky.

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Ce texte, dont une grande partie des signataires sont inconnues du public, a été publié dans "le Nouvel Observateur", le 5 avril 1971, un an avant le fameux procès de Bobigny, au cours duquel Gisèle Halimi défendait une mineure qui s’était faite avorter à la suite d’un viol. En 1973, c’est la fondation du MLAC (Mouvement pour la libération de l’avortement et de la contraception) qui va devenir l’une des principales organisations à lutter pour la légalisation de l’IVG. L’aboutissement de ce combat a lieu en 1975, lorsque la loi sur l’interruption volontaire de grossesse est finalement votée. Depuis 1982, l’IVG est remboursé par la sécurité sociale et en 1993 une loi est venue renforcer le dispositif en créant le délit d’entrave à l’IVG.

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Source : http://1libertaire.free.fr/femmes343.html

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Un point de vue musulman sur l'avortement (La Maison de l'Islam)

Transmis par: Anas

Question :
Ma femme enceinte s'est vue proposer une amniocentèse suite à une échographie suspectant une trisomie 21. Si suite à cet examen, cela s'avère réel (que Dieu nous en préserve), est-ce que l'avortement thérapeutique est alors licite par rapport à l'islam, compte tenu d'un avenir incertain sans autonomie aucune, d'une fragilité de la santé et de la lourde charge que constitue une telle personne ?

Réponse :
Si l'islam enseigne que la vie des humains déjà nés est sacrée, il enseigne également le caractère sacré de la vie humaine au stade fœtal. A l'époque du Prophète (sur lui la paix), une musulmane avait, lors d'une dispute, donné un coup à une autre femme enceinte, et le coup avait entraîné la perte du bébé de celle-ci. Le Prophète avait alors rendu obligatoire sur l'auteur de ce coup volontaire ayant entraîné involontairement l'avortement de s'acquitter d'un dédommagement (ghurra) (rapporté par Al-Bukhârî, Muslim, et autres). Ceci se fait vis-à-vis de la mère lésée. Vis-à-vis de Dieu, disent les savants, l'auteur d'un pareil coup doit également jeûner deux mois consécutifs de jeûne comme demande de pardon (kaffâra), conformément au verset coranique 4/92. Or, il ne s'agit pas de préserver seulement le droit de la mère à garder le bébé qu'elle portait, mais également le droit de ce fœtus à naître et à vivre. C'est pourquoi les savants musulmans ont, par analogie sur la base de ce Hadîth, émis l'avis disant que le père du fœtus doit lui aussi donner ce type de dédommagement (ghurra) à la mère et aux autres membres de la famille, de même qu'il doit demander pardon à Dieu par ces deux mois de jeûne, si c'est lui qui a été la cause de la perte du fœtus par un acte délibéré. Même si c'est la mère qui en a été la cause, elle doit s'acquitter de ce dédommagement et de cette demande de pardon (cf. Al-Mughnî, Ibn Qudâma).

Comme l'a mis en évidence le savant musulman Al-Khudhrî Bek, à considérer le fœtus qui se trouve dans le sein de sa mère, on s'aperçoit que si, d'une part, il ne possède pas entièrement encore une existence indépendante de sa mère (ce qu'il n'acquerra qu'avec sa venue au monde, au moment de la naissance), en revanche et d'autre part, il ne constitue pas non plus un organe de sa mère mais possède une existence propre (cf. Islâm aur jadîd medical massâ'ïl, p. 133). Le fœtus existe donc déjà, mais pas de la même façon que l'être humain qui est déjà né. Le savant Al-Ghazâlî, mettant justement en exergue l'existence que le fœtus possède et expliquant la différence entre la contraception et l'avortement, écrit en substance : "Le premier niveau de l'existence humaine est la rencontre des semences masculine et féminine, d'où il s'ensuit la préparation à la vie [apparemment il décrit là la fécondation d'un ovule par un spermatozoïde] : se débarrasser de cette existence humaine est mauvais. Le deuxième niveau de cette existence est le développement de l'embryon : supprimer cette existence est plus grave encore. Le troisième niveau apparaît au moment où l'âme [ar-rûh al-insânî] est insufflée dans l'embryon : tuer cet embryon devient alors plus grave encore. Enfin, le quatrième niveau de l'existence humaine commence avec la naissance [et dure donc toute la vie] : attenter alors à la vie est très grave" (Al-Ih'yâ, tome 2 p. 82). L'âme humaine est insufflée dans l'embryon, d'après les dires du Prophète, au 120ème jour de la vie fœtale (rapporté par Muslim, d'autres versions existent aussi). Il ne s'agit pas de l'âme "biologique" (ar-rûh al-hayawânî, qui existe depuis bien avant ce moment), mais de l'âme "spirituelle" (ar-rûh al-insânî ou ar-rûh ar-rabbânî), qui, d'après l'islam, fait la différence entre l'homme et l'animal (Fatâwâ mu'âsira, tome 2 p. 543).

Cette double caractéristique du fœtus explique la position de l'islam au sujet de l'avortement :

Parce qu'il possède une existence qui lui est propre, le fœtus ne doit pas être supprimé : l'avortement ne peut constituer une forme de limitations des naissances, et la règle générale à son sujet est l'interdiction.

Mais parce que l'existence du fœtus n'est pas encore complète comme l'est celle de l'être déjà né, l'avortement devient autorisé en cas de nécessité valable. Quels sont ces cas de nécessité valable, les savants musulmans font à ce sujet une distinction entre le moment de la vie fœtale qui suit le troisième niveau évoqué par Al-Ghazâlî et le moment qui le précède. Ce moment marque une étape dans l'existence humaine, qui passe alors à un niveau supérieur, comme nous l'avons vu : il devient alors plus grave de mettre fin à cette vie, et les cas de nécessité valable diminuent.

En vertu de ces principes, des savants musulmans ont émis l'avis suivant, qui fait la distinction entre deux cas de figure :

En ce qui concerne le fœtus qui a atteint le troisième niveau d'existence – et qui a donc 120 jours ou plus –, il n'est permis d'avoir recours à l'avortement que dans un cas extrême : celui où il est établi médicalement que la mère va mourir si elle reste enceinte de ce fœtus. Il est vrai que certains savants sont d'avis que le recours à l'avortement est interdit même dans ce cas, car mère et fœtus sont tous deux des êtres vivants, et l'on ne peut, pour sauver la vie d'un être humain, en tuer un autre. Néanmoins, l'avis autorisant l'avortement dans ce cas est dû à la considération suivante : certes, l'existence de l'embryon a alors atteint son troisième niveau ; cependant elle n'est pas encore au même niveau – le quatrième – que celui de sa mère, et ce cas de nécessité absolue autorise que l'on préserve la vie de la mère en mettant fin à celle du fœtus (Halâl wa harâm, Khâlid Saïfullâh, pp. 308-309, Fatâwâ mu'âsira, Al-Qardhâwî, tome 2 p. 547).

Et en ce qui concerne le fœtus qui n'a atteint que le premier ou le second niveau d'existence – et qui n'a donc pas encore 120 jours –, il est permis d'avoir recours à l'avortement :
– dans le cas où il est établi médicalement que la mère risque une très grave maladie ou la mort si elle reste enceinte de ce fœtus,
– et dans le cas où il est établi médicalement que le fœtus est atteint d'une malformation grave ou qu'il souffre d'une très grave maladie.

Vous avez noté que, pour les deux cas, j'ai bien dit : "dans le cas où il est établi médicalement" : il s'agit en effet d'avoir un avis médical sûr et non de se baser sur ses pensées personnelles.

Mes sources pour cet article :
Al-Ih'yâ, Al-Ghazâlî, tome 2 pp. 79-84 – Halâl wa harâm, Khâlid Saïfullâh, pp. 308-311 – Fatâwâ mu'âsira, Al-Qardhâwî, tome 2 pp. 541-549 – Islâm aur jadîd medical massâ'ïl, Khâlid Saïfullâh, pp. 130-136.
Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).
Que Dieu vous aide, vous et votre épouse, mon frère.

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2 décembre 2006 Espagne, «le paradis de l'avortement sans règles»

La clinique MC est nichée sur les hauteurs chics de Barcelone. L'accès n'est pas autorisé et son directeur, le Dr Carlos Morín, «ne fait pas de déclaration à la presse pour des raisons légales», fait-on savoir. Cette clinique spécialisée dans les avortements est dans l'oeil du cyclone depuis la diffusion, sur la chaîne publique danoise, d'un reportage choc filmé en caméra cachée. La journaliste, enceinte de près de huit mois, dit vouloir avorter et s'informe du tarif : 4 000 euros, répond Morín. «Et le rapport psychiatrique ?» Une routine administrative, lui répond le médecin. A l'image, ce dernier se targue d'exercer son «excellent équipement» sur des clientes venues d'Angleterre, d'Allemagne, voire d'Australie. Avant de conclure, sourire aux lèvres : «Personne n'aime faire ce travail, mais le monde est comme ça !» Après le tollé suscité au Danemark, Carlos Morín s'est défendu : il aurait vu que la journaliste «mentait sur sa situation» et lui aurait conseillé «de ne pas avorter et d'offrir son enfant à l'adoption».

Enquête.

Qui faut-il croire ? Le docteur Morín, qui dirige cinq cliniques de «santé sexuelle» en Catalogne ? Ou la reporter danoise, pour qui on y pratique des avortements frauduleux et tardifs sur des foetus en bonne santé ? Avec le Collège des médecins de Barcelone, l'exécutif autonome de Catalogne a ouvert une enquête administrative sur la clinique suspecte. «Pour l'instant, il n'y a pas d'élément permettant de l'incriminer», affirme Rafael Manzanera, du ministère régional de la Santé. Les milieux catholiques conservateurs, eux, sont convaincus des «activités criminelles» du Dr Morín. D'après leurs sites web, ce dernier aurait déjà un lourd passé d' «avorteur sans scrupule», jusqu'à faire un court séjour en prison après la fermeture d'une de ses cliniques à Alicante, il y a quelques années. En 2004, le Sunday Telegraph dénonce en une les avortements tardifs de Morín. Et affirme que des milliers d'Anglaises enceintes de plus de 24 semaines se rendent dans ses cliniques. Pour le président de l'Institut de politique familiale (IPF, conservateur), Eduardo Hertfelder, l'Espagne est devenue «le paradis de l'avortement sans règles».

Un «tourisme de l'avortement» ?

Au regard des statistiques, ce serait exagéré. Depuis dix ans, le nombre d'IVG a certes doublé en Espagne (95 000 en 2005) et beaucoup augmenté en Catalogne (18 434, soit + 60 %). D'après les autorités sanitaires catalanes, en 2005, un tiers des patientes (34,5 %) sont des immigrées latino-américaines. Seules 1 045 «étrangères occidentales», soit 5,7 %, ont avorté dans des cliniques catalanes. A la différence des autres pays, la loi espagnole ne fixe pas de limites de temps lorsque le motif invoqué est le «risque pour la santé physique et psychique de la mère» (lire encadré). Et, dans la pratique, toutes les raisons ou presque sont recevables : séparation, mort du conjoint, difficultés financières... «Ce sont les cliniques qui décident, sans contrôle extérieur. Dans mon établissement, le taux de refus n'est que de 3 %», dit Santiago Barambio. Les tarifs y varient de 330 euros (avant la 12e semaine de grossesse) à 3 300 euros (en 25e semaine).

«Code déontologique».

Loin de souscrire à la croisade de ses collègues catholiques, ce gynécologue juge aussi la loi espagnole trop ambiguë. Cela explique, selon lui, que des centaines d'étrangères viennent avorter outre-Pyrénées. C'est ce qui a poussé Santiago Barambio à créer l'Association des cliniques accréditées pour l'IVG (Acai), qui fédère une bonne moitié des cliniques espagnoles. Face au flou juridique, cette association a établi un «code déontologique» : «Entre la 25e et la 26e semaine, on estime que le foetus acquiert sa pleine autonomie et peut vivre hors du ventre maternel. Au-delà, il ne s'agit plus d'un avortement. Les cas sont rarissimes [moins de 1 %] où l'IVG se justifie, comme lorsque la mort du foetus est inévitable.» Quid des centres du docteur Morín ­ ou d'autres, comme la clinique Dator à Madrid, aussi pointée par la presse ­ qui refusent d'adhérer à l'Acai ? «Je les considère comme suspects, dit Barambio. Ces gens-là pratiquent l'avortement sans code éthique, comme on vend un produit banal.» Pour Joan Vanrell, gynécologue en chef de l'hôpital Clinic de Barcelone, «aussi bien pour l'IVG que la reproduction assistée, il faudrait harmoniser les critères en Europe pour éviter que les femmes ne se déplacent d'un pays à l'autre».
Libération, 2/3 décembre 2006, p. 10, Un médecin catalan, qui dirige cinq cliniques, pratiquerait des IVG tardifs. Par François MUSSEAU QUOTIDIEN : samedi 2 décembre 2006

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lundi 12 février 2007, 7h29 Portugal : le Premier ministre veut légiférer sur l'avortement malgré la forte abstention au référendum Par EuroNews

Banderoles vertes et cris de joies ont accueilli l'annonce de la victoire du oui au référendum au Portugal

Les électeurs se sont prononcés ce dimanche en faveur de la dépénalisation de l'avortement jusqu'à dix semaines de grossesse.

Reste que l'abstention a comme en 1998, joué les trouble-fêtes. La participation n'a pas atteint les 50% requis pour que le résultat soit contraignant.

Pas de quoi effrayer le Premier ministre José Socrates qui a décidé de légiférer sur la question : "L'interruption volontaire de grossesse jusqu'à dix semaines pratiquée sur demande d'une femme dans un établissement de santé légal cessera d'être un crime dans notre pays".

Selon les résultats officiels publiés après dépouillement de l'ensemble des 4.260 circonscriptions électorales, le taux d'abstention est de 56,39%. Seul 3,8 millions d'électeurs sur les quelque 8,7 millions inscrits se sont rendus aux urnes. Le oui qui flirte avec les 60% l'a plutôt emporté dans les zones urbaines, dans le centre et le sud du pays, tandis que le non semble avoir été majoritaire dans le nord.

Dans le camp du non, on se démonte pas non plus ; le chef du centre démocratique social - parti populaire José Ribeiro e Castro, a réagi : "On a voté non. On continue et on continuera du côté de la vie. Je réaffirme, en ce jour, à cette heure, l'engagement de notre parti du côté du droit à la vie et à la santé et de la dignité de la femme. On ne se résignera pas. " En revanche, le leader du Parti Social Démocrate Luis Marques Mendes qui a voté non a pour sa part indiqué qu'il fallait respecter la victoire du oui.
EuroNews, lundi 12 février 2007, 7h29

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15/01/2008 09:24 la-Croix.com PARIS (AFP) - La France comptait 63,753 millions d'habitants au 1er janvier 2008

La population est estimée à 63,753 millions d'habitants (+ 361.000 en un an) au 1er janvier 2008 en France, où les naissances hors mariage sont devenues pour la première fois majoritaires en 2007, selon l'enquête Insee de recensement 2007 présentée mardi.

L'année dernière, les naissances hors mariage ont ainsi représentées 50,5% des naissances contre 48,4% en 2006, selon l'Institut de statistique.

L'âge moyen de la maternité continue de s'élever et se rapproche année après année des 30 ans: il est établi à 29,8 ans en 2007.

En 2007, le nombre de naissances a atteint globalement 816.500 (dont 33.000 dans les départements d'outre-mer), un nombre en baisse de 1,7% par rapport à 2006 (830.900), mais qui demeure à un niveau nettement supérieur à celui enregistré depuis les 25 dernières années.

La stabilité du nombre des décès (526.500), associé au nombre, qui reste très élevé, de naissances permet un excédent naturel de 361.000 habitants, qui reste le plus fort depuis 30 ans, après celui de 2006.

Conformément aux prévisions, la part des personnes âgées de 65 ans et plus augmente et atteint 16,3% de la population (10,3 millions), contre 15% en 1994.

Les Français ont gagné trois mois d'espérance de vie. Un garçon né en 2007 devrait vivre 77,5 ans et une fille 84,4 ans, les Françaises battant le record européen de longévité.

L'élévation de l'âge de la maternité est une tendance que partagent la plupart des pays européens à fort taux de fécondité comme le Danemark, la Suède, la Norvège ou la Finlande.

Les Françaises avec enfants continuent aussi de se distinguer par un fort taux d'emploi. La présence d'un enfant ne change pas le taux d'activité des femmes (9 sur 10 travaillent), c'est après que cela change, montrent les enquêtes de recensement annuelles de l'Insee.

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Florence Deguen Le Parisien, mercredi 16 janvier 2008 SEXUALITE. Le droit à l'avortement s'affiche en Ile-de-France

« Contraception, avortement. Un droit, mon choix, notre liberté. » Dès vendredi, une campagne d'information inédite démarrera en Ile-de-France. C'est dans cette région où les IVG, difficiles d'accès, sont les plus nombreuses.

C'EST la première fois que le mot va s'étaler en toutes lettres sur les panneaux des gares et des stations de métro, aux côtés des mots sexualité et contraception : « Avortement ». Un mot dont il était encore interdit de faire la « publicité » il y a six ans, et personne ne s'est bousculé pour l'afficher depuis. A travers cette campagne d'information qui démarre vendredi et qui se poursuit dix jours, le conseil régional d'Ile-de-France est le premier à briser le tabou, avec l'appui des associations militantes*. Ce n'est pas un hasard : la région compte le nombre le plus élevé d'interruptions volontaires de grossesse dans l'Hexagone, et c'est aussi en région parisienne qu'il est le plus difficile d'y avoir accès. Baisse des lieux où l'IVG se pratique, délai de trois semaines pour obtenir un rendez-vous, réticences médicales, et surtout, manque d'informations... « La possibilité de vivre sa sexualité en sécurité, en évitant les risques, y compris d'une grossesse non désirée, c'est un droit » rappelle Francine Bavay, vice-présidente du conseil régional (Verts), en charge de la santé. « Mais il est tellement peu mis en avant que les femmes en oublient aujourd'hui qu'elles ont le choix. »

Un numéro d'information : 01.47.00.18.66. Cette plate-forme téléphonique fonctionne déjà depuis sept ans sur l'Ile-de-France (coût d'un appel local) et reçoit quelque 5 000 coups de fil par an. Pendant la durée de la campagne d'affichage, ses horaires seront élargis et toutes les militantes du Mouvement français pour le planning familial (MFPF) seront sur le pied de guerre. « Pas pour jouer les annuaires, mais vraiment pour écouter, répondre aux questions, informer, expliquer », insiste Fatima Lalem, coordinatrice régionale du MFPF. « Il ne s'agit pas de culpabiliser, ni d'opposer contraception et avortement. On peut renseigner sur l'une comme sur l'autre. Mais on veut vraiment de délivrer un message de liberté : on est là pour vous aider à vous approprier ces droits. »

La pilule abortive désormais délivrée dans les centres de planification et de santé. C'est la grande nouveauté de ce début 2008 et la plupart des femmes l'ignorent encore. Cette campagne est donc aussi l'occasion de leur faire passer le message : après les médecins de ville (peu nombreux, il est vrai, à s'y mettre), c'est désormais au tour des centres de planification et d'éducation familiale (souvent surnommés « plannings ») et les centres de santé (les « dispensaires ») d'être autorisés à délivrer la pilule abortive (RU 486), qui déclenche une fausse couche précoce et permet d'éviter une intervention chirurgicale quand on est enceinte de moins de cinq semaines. « Il n'y a aucun relais national de cette information pourtant majeure, déplore Françoise Laurent, présidente du MFPF. Même si tous ces centres ne sont pas répartis de façon homogène sur le territoire, cela offre une possibilité d'accès supplémentaire à l'IVG dont il faut absolument s'emparer. »

* Le Mouvement français pour le planning familial, l'Association nationale des centres d'interruption de grossesse et de contraception (Ancic) et la Coordination des associations pour le droit à l'avortement et à la contraception (Cadac).

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Les enfants morts-nés pourront être déclarés à l'Etat civil
Les parents pourront donner un nom à leur enfant né sans vie même avant 22 semaines de grossesse.

En donnant raison à des familles endeuillées à la suite d'un décès in utero, la Cour de cassation comble un vide juridique. Mais certaines associations y voient un danger pour le droit des femmes à l'IVG.
liberation.fr avec source AFP LIBERATION.FR : jeudi 7 février 2008

«Tout fœtus né sans vie à la suite d'un accouchement (peut) être inscrit sur les registres de décès de l'état-civil, quel que soit son niveau de développement», a jugé mercredi la Cour de cassation, dans trois arrêts concernant des parents endeuillés suite à un décès durant la grossesse.

Depuis plusieurs années, des associations demandent que soit comblé le vide juridique qui existe en France pour les foetus de 16 à 22 semaines nés sans vie après une mort in utero ou une interruption médicale de grossesse.
Les arrêts de principe rendus par la première chambre civile de la Cour de cassation revêtent donc une grande importance.

En obtenant le droit d'inscrire leur bébé sur les registres de l'état-civil, les parents obtiennent du même coup la possibilité de donner un prénom à leur enfant, de bénéficier de certains droits sociaux comme le droit au congé maternité, ou encore celui de récupérer son corps afin d'organiser ses obsèques et de faire leur deuil.
Actuellement, dans la plupart des hôpitaux, les foetus de moins de 22 semaines sont encore incinérés avec les déchets du bloc opératoire.

«Déclaration d'enfant sans vie»

L'affaire jugée mercredi concerne trois familles. Les parents de trois enfants morts-nés entre 1996 et 2001 avaient porté l'affaire en justice après s'être vus refuser la possibilité d'enregistrer leur enfant à l'état-civil.

Jusqu'à présent, les enfants dont un médecin pouvait attester qu'ils avaient vécu au moins quelques instants se voyaient dresser un acte de naissance, ainsi qu'un acte de décès.

Les autres, morts-nés, ne pouvaient bénéficier, depuis 1993, que d'une «déclaration d'enfant sans vie» et ce seulement s'ils répondaient à la définition d'enfant viable donnée en 1977 par l'Organisation mondiale de la Santé, soit un poids de plus de 500 grammes ou une grossesse de plus de 22 semaines.
Or les trois foetus concernés avaient entre 18 et 21 semaines et pesaient entre 155 et 400 grammes.

Saisi des trois dossiers, un tribunal de grande instance avait donc débouté les familles. En mai 2005, la cour d'appel de Nîmes avait confirmé les jugements. Mercredi, la Cour de cassation a jugé, dans trois arrêts identiques, que la cour d'appel avait violé l'article 79-1 du code civil, car il «ne subordonne pas l'établissement d'un acte d'enfant sans vie ni au poids du foetus, ni à la durée de la grossesse». Selon elle, la cour d'appel a tout bonnement «ajouté au texte des conditions qu'il ne prévoit pas».

«Risque d'anarchie»

Avec sa décision, la Cour de cassation décide de bousculer le législateur (députés et sénateurs). Dans ses conclusions, l'avocat général Alain Legoux avait d'ailleurs rappelé que «ce n'est pas à (la jurisprudence) de fixer la norme mais à la loi». Or, avait-il suggéré à la Cour, «quelle meilleure façon d'y inciter le législateur» que de casser les trois arrêts, cela «permettra au législateur de faire œuvre d'harmonisation».

D'un grand réconfort pour les familles, ces arrêts «risquent de provoquer une grande anarchie», souligne toutefois une source judiciaire. On peut en effet imaginer que des mères qui décident d'interrompre volontairement leur grossesse après quatre semaines profitent de la nouvelle donne pour déclarer leur enfant et ainsi bénéficier des avantages sociaux qui y sont liés.

L'Association nationale des centres d'interruption de grossesse et de contraception (ANCIC) a qualifié jeudi de «dérapage juridique» cette décision qui «va donner un argument» aux opposants à l'avortement. «Je respecte la détresse des parents, je les accompagne tous les jours», a déclaré Chantal Birman, vice-présidente de l'ANCIC. «Je ne peux qu'adhérer à leur demande de respect du deuil, d'avoir le droit d'enterrer l'enfant, la société ne fait pas ce qu'il faut, mais l'inscription sur le livret de famille est un scandale», notamment, dit-elle, parce qu'un foetus «n'est pas viable avant 26 semaines». «On ne reconnaît pas les temps de la grossesse, c'est du négationnisme, ajoute-t-elle, et c'est lourd de conséquences pour les femmes».

En revanche, il ne devrait pas avoir d'impact sur le volet pénal, la Cour de cassation ayant déjà écarté dans d'autres arrêts l'incrimination d'homicide dans le cas de décès in utero du fait d'un accident de circulation ou d'un accident médical.

Médiateur de la République

Le début de polémique suscité par cette décision a poussé le médiateur de la République à se saisir question en appelant le Parlement à «définir très clairement» la notion de viabilité, pour la fixer clairement à 22 semaines de grossesse.

«Aujourd'hui, la notion de viabilité dépend de l'appréciation du médecin. Il faut que le politique définisse très clairement, à partir des critères de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), ce qu'est la notion de viabilité», a expliqué le Médiateur, Jean-Paul Delevoye.
Les principaux critères retenus par l'OMS sont que le fœtus ait 22 semaines et qu'il pèse au moins 500 grammes.
Ces critères ont été retenus en France par une circulaire de 2001, mais celle-ci n'a pas de force juridique, ce que la Cour de cassation a fait valoir dans son arrêt. «Je demande simplement à ce qu'on prenne cette circulaire et qu'on lui donne une force juridique», a ajouté le Médiateur.

Le dossier juridique est cependant complexe puisqu'il a des incidences sur d'autres législations, comme celles de la retraite (une femme peut partir plus tôt lorsqu'elle a eu des enfants) ou des allocations familiales.
Selon la loi, un enfant en gestation est qualifié d'embryon durant les trois premiers mois de grossesse, puis de foetus.

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19.09.2008 Le Figaro Madame IVG globalement stable, plus de 200 000 par an, mais augmentation de l'avortement chez les mineures, notamment dans le sud et outre-mer

Le nombre d’interruptions volontaires de grossesse en France varie peu depuis 2002 ; il reste aux alentours de 210 000 par an. Une étude de la Drees (ministères de la Santé et des Affaires Sociales) a recensé 209 700 I.V.G. en 2006.

Si les jeunes filles de 20 à 24 ans restent celles qui ont le plus recours à l’avortement (27 pour 1000 en moyenne en 2006), la part des 15-17 ans est en légère hausse. Elles étaient 13 230 en 2006 contre 11 500 en 2004.

Le vrai changement probant réside dans le fait que près de la moitié des I.V.G. (46 %) s’effectue désormais par voie médicamenteuse. Elles ne représentaient que 18 % en 1994. Si depuis 2004, l’I.V.G. médicamenteuse peut être pratiquée par les médecins de ville, ils n’étaient pourtant que 7 % en 2006 à avoir effectué ce type d’intervention, la grande majorité se pratiquant dans les hôpitaux publics.

Ce sont la Corse, le Languedoc-Roussillon, l’Île-de-France et la région Paca qui recensent la plus grande fréquence d’interruptions volontaires de grossesse, avec 18 pour 1 000 femmes. Dans les D.O.M., ce nombre grimpe à 28 pour 1 000 et concerne près de deux fois plus de mineures. (Avec AFP.)

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AFP 17 septembre 2008 12.00 Un Colloque européen du Planning familial : pour lutter contre le recul de l'IVG

Les 19 et 20 septembre prochains le Mouvement français pour le Planning familial organise un congrès pour "infléchir le mouvement de recul" de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) en Europe.
Le taux d'IVG en France est de 14.6 pour 1000 femmes en âge de procréer, et de 20 à 22 en Ile de France.
La moyenne européenne est de 11.2/1000.

Mais le Planning familial s'alarme de ce qu'il appelle la mise en danger de l'IVG : l'Irlande, Malte et Monaco ont des Constitutions qui interdisent de fait l'avortement, en Italie le Planning familial a du déposer son bilan il y a quelques mois, et 70 % des gynécologues font jouer la clause de conscience, en Lituanie l'avortement dépénalisé pour motifs psychosociaux sera peut-être bientôt "réduit" aux seuls cas de viol, et puis surtout ce qui inquiète le Planning familial ce sont les mentalités françaises et européennes qui évoluent :
- Le fait qu'"une femme enceinte découvre à l'échographie, dès la 12ème semaine d'aménorrhée, un être humain en miniature",
- L'autorisation d'inscription à l'Etat civil d'un fœtus né sans vie,
- Le désir de maternité tardive qui conduit les femmes à valoriser leur grossesse et à reconnaître l'embryon qu'elles portent comme une personne,
- La dimension éthique et religieuse notamment en Pologne et en Irlande dont le "non" à la Constitution européenne le 12 juin 2008 a été motivé en grande partie pour l'avortement,
Autant de réalités qui rendent de plus en plus difficile la reconnaissance d'un "droit à l'IVG, cette dernière renvoyant dans les esprits à un crime."

Le Mouvement du Planning familial invite à la mobilisation pour "inverser ce mouvement de recul" qui "plombe" l'avortement. Déjà en 2002, note le Quotidien du Médecin, une député européenne recommandait une uniformisation des législations. Le 16 avril 2008 les parlementaires européens ont voté un texte prônant la dépénalisation pour les pays où l'avortement n'est pas autorisé. Et en juillet 2008, le comité des Droits de l'Homme des Nations unies demande à l'Irlande de dépénaliser l'avortement.

Roselyne Bachelot, conclura ce congrès le 19 septembre.

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20 nov. 17h01 (mise à jour à 17h20) Gérard Bon, édité par Gilles Trequesser liberation.fr Simone Veil élue à 81 ans parmi les "immortels"
L'élection de Simone Veil, qui a légalisé l'avortement en France en 1975, a scandalisé l'association pro-vie, "Laissez les Vivre".

PARIS (Reuters) - Simone Veil, 81 ans, a été élue à l'Académie française à la place de Pierre Messmer, mort en août 2007.

L'ancienne ministre a été élue au premier tour de scrutin avec 22 voix sur 29 votants, dit l'institution dans un communiqué. Il y a eu cinq bulletins blancs et deux blancs marqués d'une croix.

L'élection de Simone Veil, qui a légalisé l'avortement en France en 1975, a scandalisé l'association pro-vie, "Laissez les Vivre", dont plusieurs dizaines de membres ont manifesté dans l'après-midi à quelques centaines de mètres du quai Conti.

Face à trois candidats relativement peu connus, Simone Veil a été facilement élue à l'un des sièges dits "politiques", car elle a peu publié. L'Académie française compte des écrivains, mais aussi des scientifiques et des hommes d'Etat.

Son autobiographie, "Une Vie", publiée l'année dernière et dans laquelle elle raconte sa jeunesse marquée par la déportation, a été cependant un succès de librairie.

Elle reste l'une des personnalités les plus aimées des Français. Dans le Top 50 de l'Ifop de juillet dernier, elle occupe la première place des politiques, devant Nicolas Sarkozy et Olivier Besancenot.

Son élection parmi les "immortels" marque la reconnaissance d'un long parcours militant puisé dans les souffrances d'une enfant juive de 16 ans déportée à Auschwitz.

Entrée en politique en 1974 comme ministre de la Santé, elle s'est surtout engagée au centre aux côtés de l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing, qui lui a permis de faire voter un an plus tard la loi dépénalisant l'avortement.

Première présidente du Parlement européen, de 1979 à 1982, Simone Veil a été ministre des Affaires sociales dans le gouvernement d'Edouard Balladur de 1993 à 1995. Elle a ensuite intégré le Conseil constitutionnel de 1998 à 2007.

Pour "Laissez-les-Vivre", l'Académie française "se déshonore" en acceptant Simone Veil sous la Coupole. "Il nous paraît impossible de ne pas crier publiquement notre indignation face au symbole inégalable de la culture de mort depuis 34 ans", a déclaré un porte-parole de l'association.

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La France a gagné 3 millions d'habitants en sept ans Charlotte Menegaux (lefigaro.fr) 02/01/2009 | Mise à jour : 12:35

Selon le tout dernier recensement, l'Hexagone compte plus de 63 millions d'habitants. Toutes les régions en ont gagné, sauf la Champagne-Ardenne. Ces chiffres vont servir au redécoupage électoral.

63.185.925 en 2006, contre 60.185.831 en 1999. La France continue de gagner de la population. Les chiffres du recensement publiés mercredi au Journal Officiel et paru dans Les Echos vendredi font état d'une hausse de plus de 5%, soit 3 millions d'habitants, en 7 ans.

Les régions gagnantes sont les littoraux atlantique et méditerranéen, tels que la Corse (+13%), le Languedoc-Roussillon (+10,4%), Midi-Pyrénées (+8,8%) et l'Aquitaine (+7,3%). Les moins bien loties sont le Nord-Pas-de-Calais (+0,5%), la Lorraine (+1,1%) et la Picardie (+1,9%). Une seule a vu sa population baisser : la Champagne-Ardenne (-0,3%).

Les grandes villes continuent également de tirer leur épingle du jeu, puisque leur population est en constante évolution. Paris passe notamment de 2.122.848 à 2.181.371 habitants. Le regain de la natalité, la construction de logements et le départ de personnes âgées vers la province pour leur retraite ce qui diminue la moyenne d'âge, et donc la mortalité, dans les grands villes- expliquent ce phénomène.

La raison de cette augmentation ? «Au niveau national, c'est l'accroissement naturel (ndlr : la différence entre le nombre de naissances et de décès) qui explique la hausse de la population» affirme Olivier Lefebvre, chef du département de la démographie de l'Insee. Avec un taux de natalité de 12,8% et une mortalité de 8,3%, la France fait en effet figure de bonne élève. «Au niveau régional, les composantes migratoires, c'est-à-dire les mouvements de population, sont à l'origine de ce phénomène» précise-t-il également. Une analyse plus complète des chiffres parus au Journal Officiel est prévue pour le 13 janvier par l'Insee.

Des chiffres clés.

Ils sont très attendus par les maires surtout, qui peuvent voir leur dotation globale de fonctionnement fluctuer en fonction de ces résultats. Ces derniers ont des conséquences budgétaires importantes. En tout, près de 350 articles de loi ou de codes se réfèrent à une barrière démographique, comme par exemple pour la création d'aires d'accueil des gens du voyage, des 20% de logements sociaux imposés par la loi SRU, ou encore pour les modalités des élections municipales.

Ces chiffres serviront surtout au redécoupage électoral, promis par Nicolas Sarkozy. Les Echos rappellent que les départements auront un député par tranche de 125.000 habitants, avec un minimum de deux députés par départements, comme le veut la tradition républicaine.

C'est pourquoi la nouvelle méthode de calcul annualisée inquiète certains édiles. Avant 2004, le recensement se faisait tous les huit ou neuf ans. Désormais, il a lieu tous les ans afin de produire des chiffres sur la situation démographique française de façon régulière. Ainsi, dès le 15 janvier débutera l'enquête de recensement 2009, durant laquelle 18.000 agents recenseurs interrogeront 9 millions d'habitants de 7.000 communes de moins de 10.000 habitants et 8% des habitants des 892 communes de 10.000 habitants et plus. En clair, les enquêtes annuelles fonctionnent par roulement : par exemple, les communes de moins de 10.000 habitants sont réparties en cinq groupes, qui sont recensés une fois tous les cinq ans.

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18/10/2009 16:24 la-Croix.com Valérie DEMON, à Madrid
Succès de la mobilisation espagnole contre la libéralisation du droit à l’avortement

La manifestation de Madrid, samedi 17 octobre, contre le projet de loi autorisant plus largement l’avortement en Espagne a réuni une foule imposante

Deux millions selon les organisateurs, 1,2 million selon la région de Madrid, 250 000 participants selon la gauche : quelle que soit l’estimation, chacun s’accordait dimanche 18 octobre en Espagne pour dire que le rassemblement contre le projet de loi sur l’avortement, samedi à Madrid, avait été une des plus importantes manifestations sous le mandat de José Luis Rodriguez Zapatero.

Les socialistes au pouvoir veulent en effet réformer la loi de 1985 sur l’IVG pour instaurer une liberté totale d’avorter dans un délai de 14 semaines. Au delà, l’IVG serait permis en cas de risque pour la mère, ou de malformation du fœtus (jusqu’à 22 semaines), ou sans limite de temps en cas de maladie incurable du fœtus. Les mineures de plus de 16 ans pourraient y avoir recours sans autorisation parentale.

Le Forum de la famille qui a organisé la manifestation, emmenant une quarantaine d’associations, peut donc s’estimer satisfait. L’ambiance était festive samedi, dans le rassemblement de la capitale, essentiellement populaire. On remarquait surtout les enfants, les poussettes et leurs parents, des religieuses et des prêtres défilant sous des banderoles où était écrit « Droit à la vie ». Des personnalités politiques comme José Maria Aznar, ancien premier ministre, ou la secrétaire générale du Parti populaire (PP, droite) Maria Dolores de Cospedal étaient présentes.

Le gouvernement a accusé l’opposition d’hypocrisie et d’opportunisme

Du coup, le gouvernement, tout en déclarant son « respect » pour les manifestants, n’a pas manqué d’attaquer la droite. La ministre de l’égalité Bibiana Aido, à l’origine du projet de loi, a affirmé que «personne n’(avait) le monopole de la morale ». Et d’ajouter que « le PP n’avait jamais rien fait lorsqu’il était au pouvoir » pour réduire le nombre d’avortements, qui reste élevé : 122.000 en 2008 en Espagne, dont 90 % procurés en faisant valoir les « risques physiques ou psychiques » pour la mère (sans limitation de temps), et à 98 % dans des cliniques privées. Des femmes étrangères viennent même en Espagne pour avorter. C’est sur ce point que plusieurs membres du gouvernement ont accusé à demi-mot l’opposition d’hypocrisie et d’opportunisme.

Reste à savoir si cette manifestation – la seconde du Forum de la famille en 2009 – fera changer d’avis le gouvernement Zapatero. Rien n’est moins sûr. Le même Forum de la famille avait fait défiler des milliers de personnes en 2005 contre le projet de loi sur le mariage homosexuel, ensuite adopté par le Parlement. Mais la question de l’IVG est beaucoup plus sensible et touche davantage de personnes. 46 % des Espagnols se prononcent contre la réforme

Selon le dernier sondage paru, le soutien populaire au projet faiblit depuis un an. Environ 46 % des Espagnols se prononcent contre la réforme, et 44 % pour. La disposition prévoyant que les mineures pourraient avorter librement, sans consentement ni information préalable de leurs parents, est celle qui choque le plus.

Les socialistes ont déjà le soutien des indépendantistes catalans, des Verts et des communistes, mais devront négocier avec les nationalistes basques et catalans. Ces partis, marqués par leurs racines chrétiennes, ne refuseront peut-être pas la loi tout entière, mais la mesure portant sur les mineures. Le PP fera tout pour bloquer le projet qui sera débattu à partir de novembre par les députés. Hier, il a fait savoir qu’il demanderait dès cette semaine le retrait du texte.

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Droit à l'avortement : Gisèle Halimi s'inquiète d'«une période sombre» Leparisien.fr 18.10.2009, 15h03 | Mise à jour : 15h08

Alors que plusieurs milliers de sympathisants de la cause féministes se sont rassemblés samedi à Paris, Gisèle Halimi estime que le droit à l'avortement «traverse une période sombre». «Bien entendu, il n'y a pas de menace d'abolition frontale du droit à l'avortement», a déclaré sur RTL l'avocate et militante de la cause des femmes, «mais on supprime les moyens qui permettent de bénéficier de cette liberté».

«Or, une liberté sans les moyens d'en jouir, ce n'est qu'une liberté abstraite», a-t-elle ajouté avant d'évoquer la fermeture de plusieurs centres d'interruption volontaire de grossesse (IVG) en région parisienne. «D'après notre commission IVG de (l'association) Choisir la cause des femmes, on a fermé le centre de l'hopital Broussais (Paris, 14e), on a fermé le centre de l'hopital Tenon (Paris, 20e) on a fermé le centre Jean Rostand à Ivry-sur-Seine, et demain c'est imminent on va fermer Bobigny», a affirmé Gisèle Halimi.

«Tout cela s'est passé très vite, depuis mai-juin 2009», a ajouté la présidente de l'association Choisir la cause des femmes, créée en 1971, trois ans avant la loi sur le droit à l'avortement. «Il y a 12.000 avortements en moyenne en Ile-de-France (par an) et là on est en train d'en empêcher le quart, soit 3.000 avortements», a précisé Gisèle Halimi.

Avant la manifestation de samedi, le mouvement du Planning familial avait dénoncé jeudi «la logique de rentabilité» conduisant au «démantèlement des centres d'IVG autonomes», notamment en région parisienne, en citant les mêmes établissements que Mme Halimi. Mise en cause, l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) avait assuré que les «regroupements» actuellement en cours donnaient lieu à des «transferts d'activités» sans «diminuer le volume d'activités». Les activités IVG de Broussais ont ainsi été transférées à Cochin (Paris, 14e) ou celles de Tenon à Saint-Antoine (Paris, 12e), a indiqué l'AP-HP.

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leparisien.fr Frédéric Mouchon | 18.10.2009, 07h00

Les femmes se remobilisent pour le droit à l'avortement

Trente-quatre ans après la légalisation de l'IVG, les Françaises repartent au combat pour défendre ce droit que beaucoup jugent menacé. Hier, elles étaient des milliers à défiler dans Paris.

Comme aux grandes heures des manifestations post-soixante-huitardes réclamant le droit d’avoir « un enfant si je veux, quand je veux », plusieurs milliers de personnes, majoritairement des femmes, n’ont pas reculé devant les trombes d’eau pour réclamer, hier à Paris, une meilleure égalité « femmes-hommes », notamment sur les salaires, et surtout dénoncer les atteintes au droit à l’avortement.

Trente-quatre ans après la légalisation de l’IVG, les féministes s’inquiètent de voir des centres d’interruption volontaire de grossesse démantelés et des jeunes femmes parfois contraintes d’aller avorter à l’étranger.

« Notre combat n’a pas cessé »

Alors que le gouvernement irlandais a tenté en mars dernier de durcir une loi anti-avortement déjà considérée comme l’une des plus restrictives d’Europe, plus d’un million de militants « pro vida » ont défilé en force hier à Madrid pour dénoncer le projet de libéralisation de l’IVG du gouvernement espagnol.

« Il y a encore des forces qui essaient de revenir sur ce qui, pour nous, est acquis, même dans un pays progressiste comme l’Espagne », s’inquiète l’adjointe PS du maire de Paris, Anne Hidalgo, qui défilait hier dans le cortège parisien. « Chaque fois que l’on voit les partis traditionalistes battre le pavé, c’est contre nos libertés et nos droits citoyens, confie la cofondatrice du Mouvement de libération des femmes (MLF), Antoinette Fouque.
Entre le droit à l’IVG attaqué, le port de la burqa, la sous-représentation en politique et les violences faites aux femmes, la période actuelle est très dure. Depuis quarante ans, notre combat n’a pas cessé et rien n’est jamais acquis. »

Présente aux côtés des 103 associations féministes organisatrices du rassemblement, la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, estime que, « dans une société de crise comme la nôtre, ce sont souvent les femmes qui sont les premières licenciées et les premières précarisées ».

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Société Contraception: Bachelot veut améliorer l'information des mineurs AP | 02.02.2010 | 09:34

La ministre de la Santé Roselyne Bachelot veut "mettre le paquet" en milieu scolaire sur l'information, sur les moyens de contraception et la sexualité, et en général "améliorer l'accès" à l'interruption volontaire de grossesse (IVG).

"Il y a un réel manque d'information et d'éducation à la sexualité des plus jeunes", constate mardi Roselyne Bachelot dans "Le Parisien/Aujourd'hui en France", alors que lui est remis dans la matinée un rapport dressant le bilan de la contraception et l'avortement en France.

"On apprend dans ce rapport que deux tiers des filles de (classe de NDLR) 3eme pensent encore qu'on ne peut pas tomber enceinte lors du premier rapport sexuel", s'étonne Mme Bachelot, estimant qu'"il faut mieux informer" les mineurs.

"Avec Luc Chatel, ministre de l'Education, nous allons mettre le paquet sur l'information en milieu scolaire", promet-elle. Avec l'application prochaine des décrets de la loi Hôpital, patients, santé, territoires, "les services scolaires des universités et les sages-femmes" pourront "délivrer des contraceptifs oraux", tandis que dans "quelques semaines", infirmières scolaires et pharmaciens "pourront renouveler une ordonnance de pilule sans que les jeunes femmes ne soient obligées d'aller chez le médecin", précise-t-elle.

Face aux "50% des IVG pratiquées chez des femmes qui sont sous contraception, pilule ou stérilet", Roselyne Bachelot reconnaît qu'"il faut améliorer l'accès et l'information à la contraception" en général, et "faire en sorte que l'accès à l'IVG à l'hôpital soit mieux organisé". AP

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L'accès à l'avortement reste compliqué mardi 02 FÉVRIER 2010, 08:05 SFR news France

L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit, mais dans la pratique son accès reste compliqué malgré quelques progrès, selon un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales qui doit être remis mardi à la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.

Garantir un meilleur accès et renforcer la prévention, en particulier en direction des plus jeunes. Ce sont les principaux enseignements de ce rapport, qui note que si "la prise en charge de l'IVG a marqué des progrès réels", ces avancées "demeurent fragiles", 35 ans après la loi Veil légalisant l'avortement.

Si la France compte un taux de diffusion de la contraception "parmi les plus élevés au monde", elle enregistre "un taux d'IVG qui ne diminue pas et reste à un niveau relativement important". L'inspection générale des affaires sociales note un "niveau préoccupant" d'échecs de la contraception classique et rappelle que 72% des IVG sont réalisées sur des femmes qui étaient sous contraception.

L'Education nationale es aussi pointée du doigt pour ses lacunes. Elle ne joue pas suffisamment son rôle en matière d'éducation sexuelle, ce qui constitue pourtant une obligation légale depuis 2001. Améliorer l’information doit permettre une contraception plus efficace, et donc une baisse des avortements.

Outre le défaut d’information sur l’IVG, les femmes sont confrontées à un autre problème : le manque de praticiens spécialisés dans l’avortement. Activité peu rentable, l’avortement est délaissé par les établissements de santé. La ministre de la Santé a donc promis une hausse de 10% de la rémunération pour les établissements pratiquant l'IVG. Roselyne Bachelot a également annoncé sa volonté de garantir un égal accès à l'avortement sur le territoire et promis une consultation médicale gratuite et anonyme pour les mineurs.

La France compte plus de 200.000 IVG par an. Depuis une loi de 2001, le délai légal pour avorter est passé de dix à douze semaines pour faciliter d’avantage l'accès à l'avortement et à la contraception. (Source Europe1)

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Avril 2011 : Re-manifeste des 343 salopes.

L’ E G A L I T E MAINTENANT !

Le 5 avril 1971, 343 femmes bravaient la loi, signant un manifeste pour dire haut et fort qu’elles aussi, parmi des milliers d’autres, avaient avorté.

Elles r e v e n d i q u a i e n t u n d r o i t fondamental : celui des femmes à disposer de leur corps. Parmi elles, quelques-unes d’entre nous et d’autres qui auraient pu être nos soeurs, nos mères ou nos grandsmères.

Ce texte éclata comme un coup de tonnerre dans le ciel déjà troublé de la domination masculine. Trop longtemps ignorées, méprisées, écrasées, les femmes s’organisaient, se révoltaient, revendiquaient.

Aux c ô t é s d e s mi l i t a n t e s d u mouvement de libération des femmes, les 343 ont forcé la porte de l'émancipation qui tardait trop à s’ouvrir. Elles ont contribué à ce que les générations suivantes puissent décider de leur vie.

S’inscrivant dans un mouvement pour l’émancipation, elles ont, avec les féministes de nombreux autres pays, soulevé une onde de choc.

C e mo u v eme n t p o u r s e débarrasser de toute forme d’oppression est vivant aujourd’hui dans l’engagement des femmes aux avant-postes des révoltes qui font souffler un vent de liberté en Tunisie, en Egypte, ou dans d’autres pays.

Nous sommes le 5 avril 2011. Des progrès importants ont été réalisés depuis 40 ans. Les femmes travai l lent , endossent des responsabilités, s’engagent, prennent la parole dans l’espace public, choisissent leur vie, et leurs sexualités. Et pourtant, comme en 1971, parce que nous sommes nées femmes, nous demeurons assignées à notre sexe, maintenues en position subalterne, pendant toute notre vie.

Nous a v ons pa r f o i s l a sensation cruelle de nous réveiller avec la gueule de bois. Nous touchons des salaires ou des retraites largement inférieurs à c eu x d e s h omme s . No u s assumons l’immense majorité des tâches ménagères. Nous sommes continuellement renvoyées à la sphère privée : notre corps, notre apparence, notre fonct ion éventuelle de mère.

Beaucoup d'entre nous, parce qu'elles vivent en milieu rural, dans des quartiers défavorisés ou parce que les hôpitaux ferment, n'ont toujours pas accès à la contraception ou à l'avortement, libres et gratuits.

Les portes des responsabilités politiques, économiques ou culturelles nous sont pour la plupart fermées. 75 000 d’entre nous sont violées chaque année en France et une d’entre nous meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son compagnon ou ex-compagnon.

Une société ne peut avancer lorsque plus de la moitié de celles et ceux qui la composent est victime au quotidien de violences et de discr iminat ions.

Nous sommes devenues femmes sous le joug du patriarcat. Nous en avons assez. Nous avons des droits. Nous nous sommes battues, à toutes les époques, pour les faire inscrire dans les lois et les faire avancer. Ces droits ne sont pas respectés. Les inégalités femmes - hommes persistent, moins visibles peut-être et plus insidieuses, mais tout aussi prégnantes et injustifiées.

Nous voulons at teindre l'égalité femmes - hommes dans les têtes et dans les faits. Nous exigeons aujourd’hui que nos droi t s fondamentaux deviennent réalité. Des mesures doivent être prises rapidement pour garantir l’égalité dans l’emploi, en faisant reculer la précarité du travail des femmes et en imposant l’égalité salariale.

Il est temps de prévoir une éducation dès le plus jeune âge pour comprendre et remettre en cause les mécanismes de domination. Nous demandons que chaque femme puisse accéder à une contraception libre et gratuite, puisse avorter dans de bonnes conditions, être mère si elle en fait le choix. Il faut en finir avec les violences sexistes qui pèsent sur chacune d’entre nous.

Parmi les 343 signataires du manifeste

Florence Foresti, Carole Bouquet, Catherine Frot, Annie Ernaux, Anne Sylvestre, Isabelle Giordano, Brigitte Fontaine, Christine Ockrent, Caroline Fourest, Fiammetta Venner, Rayhana, Claire Simon, Sophia Aram, Liliane Kandel, Michelle Perrot, Françoise Héritier, Rokhaya Diallo, Geneviève Fraisse, Joy Sorman, Yvette Roudy, Annick Coupé, Bernadette Groison, Caroline De Haas, Monique Dental, Françoise Picq, Martine Storti, Cathy Bernheim, Josiane Szymanski, Michèle Revel, Christine Bard, Anna Mélin, Sabine Salmon, Isabelle Aubret, Monique Antoine...

Il est plus que temps de faire sauter le verrou ouvert par le manifeste des 343.
Nous ne demandons pas la lune
Nous exigeons juste l’égalité

343 femmes s’engagent 1 Catherine Achin 2 Frédérique Aït-Touati 3 Zineb Akharraz 4 Yasmina Ali Oulhadj 5 Samia Allalou 6 Armelle Andro 7 Marie-Pierre Anglade 8 Monique Antoine 9 Corinne App 10 Sophia Aram 11 Stéphanie Arc 12 Clémence Armand 13 Elodie Arroyo 14 Hélène Assekour 15 Isabelle Aubret 16 Isabelle Aubry 17 Colette Auger 18 Marie-Anne Bachelerie 19 Nathalie Bajos 20 Gaëlle Bantegnie 21 Christine Bard 22 Brigitte Bardet-Allal 23 Françoise Basch 24 Claudie Baudino 25 Simone Bauer 26 Michèle Bedos 27 Fatima Benomar 28 Alix Beranger 29 Emmanuelle Bercot 30 Cathy Bernheim 31 Amandine Berton-Schmitt 32 Karine Bertrand 33 Lucille Besombes 34 Sophie Bessis 35 Agnès Bihl 36 Sophie Binet 37 Chris Blache 38 Viriginie Boff 39 Armelle Boivin 40 Oristelle Bonis 41 Marie-Josèphe Bonnet 42 Brigitte Boucheron 43 Valérie Bouillon 44 Carole Bouquet 45 Danièle Bousquet 46 Pascale Bousquet Pitt 47 Claudy Bouyon 48 Nataly Breda 49 Thalia Breton 50 Genevieve Brisac 51 Marie-Laure Brival 52 Bénédicte Brocard 53 Charlotte Brun 54 Marielle Burkhalter 55 Alice Butaud 56 Isabelle Cabat-Houssais 57 Marlaine Cacouault 58 Ariane Calvo 59 Stéphanie Caradec 60 Pascale Carayon 61 Martine Cerf 62 Florence Cestac 63 Chahla Chafiq 64 Liliane Chalon 65 Anne Chantran 66 Sylvie Chaperon 67 Naïma Charaï 68 Véronique Chassatte 69 Sophie Chauveau 70 Natacha Chetcuti 71 Alice Chocheyras 72 Martine Chosson 73 Carole Chotil Rosa 74 Murièle Cidalise-Montaise 75 Monique Cintract 76 Alice Coffin 77 Annie Cohen 78 Isabelle Colet 79 Françoise Collin 80 Marie-Françoise Colombani 81 Josée Contreras 82 Monique Coornaert 83 Irène Corradin 84 Danièle Cotterau 85 Annick Coupé 86 Geneviève Couraud 87 Josée Couvelaere 88 Teresa Cremisi 89 Nicole Crépeau 90 Marine Creuzet 91 Eva Darlan 92 Ingrid Darroman 93 Laure Daussy 94 Kéthévane Davrichewy 95 Anne-Sophie de Faucigny 96 Caroline De Haas 97 Magali De Haas 98 Cécile de Kervasdoué 99 Marie-Pierre de la Gontrie 100 Alice Debauche 101 Catherine Decastel 102 Mélanie Decourt 103 Hélène Delebecque Benquet 104 Christine Delphy 105 Sylvette Denèfle 106 Monique Dental 107 Catherine Deudon 108 Stéphanie Deville 109 Marie-Jo Dhavernas 110 Régine Dhoquois-Cohen 111 Rokhaya Diallo 112 Nathalie Donnini 113 Geneviève Doulsan 114 Bernice Dubois 115 Typhaine Duch 116 Tanja Duhamel 117 Paula Dumont 118 Patricia Duthion 119 Sylvie Duverger 120 Lydia Elhadad 121 Marie Enclos 122 Annie Ernaux 123 Mercedes Erra 124 Basma Fadhloun 125 Laurence Faron 126 Nicole Fauchart 127 Christine Fauré 128 Jeanne Favret-Saada 129 Jacqueline Feldman 130 Nicole Fernandez Ferrer 131 Michèle Ferrand 132 Ana Ferreira Adão 133 Léa Filoche 134 Liliane Fiori-Astier 135 Marianne Fischman 136 Erika Flahault 137 Françoise Flamant 138 Helène Fleckinger 139 Caroline Flepp 140 Giulia Foïs 141 Brigitte Fontaine 142 Florence Foresti 143 Esther Fouchier 144 Caroline Fourest 145 Geneviève Fraisse 146 Françoise Francioli 147 Michèle Frangeul 148 Catherine Frot 149 Béatrice Gamba 150 Valérie Ganne 151 Laurence Garcia 152 Françoise Gaspard 153 Juliet Gavison 154 Violaine Gelly 155 Elsa Genève 156 Isabelle Giordano 157 Catherine Glasman 158 Valentine Goby 159 Michèle Gonin 160 Catherine Gonnard 161 Céline Grisoni 162 Bernadette Groison 163 Claude Groussin 164 Lucie Groussin 165 Jacqueline Guénin 166 Cécile Gueret 167 Marie-Caroline Guérin 168 Agnès Guérin-Battisti 169 Sarah Guettaï 170 Laure Guggenheim 171 Yvonne Guichard-Claudic 172 Elisabeth Guigou 173 Rachel Guimbaud 174 Christine Guionnet 175 Françoise Guyot 176 Ouerdia Hamiche 177 Jacqueline Heinen 178 Françoise Héritier 179 Alice Heyligers 180 Gabrielle Houbre 181 Annik Houel 182 Sarah Jane Sauvegrain 183 Maryse Jaspard 184 Juliette Jourdan 185 Laure Jouteau 186 Cy Jung 187 Marie-Anne Juricic 188 Juliette Kahane 189 Liliane Kandel 190 Annie Kensey 191 Danièle Kergoat 192 Cherifa Kheddar 193 Stéphanie Kucharski 194 Laurence Laborde 195 Rose-Marie Lagrave 196 Sophie Lalanne 197 Fatima Lalem 198 Aurore Lambert 199 Bernadette Laurent 200 Marie-Ange Le Boulaire 201 Jocelyne Le Boulicaut 202 Clémence Le Coeur 203 Michèle Le Doeuff 204 Evelyne Le Garrec 205 Marie-Hélène Le Ny 206 Armelle Lebras-Chopard 207 Brigitte Lech 208 Rafaele Leger 209 Audrey Lehont 210 Gaëlle Lenfant 211 Claudie Lesselier 212 Brigitte Lhomond 213 Marie-Noëlle Lienemann 214 Anne-Marie Lizin 215 Alice Loffredo 216 Margot Loizillon 217 Michèle Loup 218 Johanna Macin 219 Sheila Malovany-Chevallier 220 Hélène Marquié 221 Christiane Marty 222 Margaret Maruani 223 Michela Marzano 224 Nicole-Claude Mathieu 225 Delphine Mayrargue 226 Maïa Mazaurette 227 Sandrine Mazetier 228 Dominique Méda 229 Loubna Méliane 230 Anna Melin 231 Mar Merita Blat 232 Blandine Métayer 233 Danielle Michel-Chich 234 Caroline Mignot 235 Françoise Milewski 236 Laurence Milon 237 Juliette Minces 238 Janine Mossuz-Lavau 239 Liane Mozère 240 Julie Muret 241 Véronique Nahoum-Grappe 242 Iris Naud 243 Rayhana Obermeyer 244 Christine Ockrent 245 Véronique Olmi 246 Orlan 247 Noémie Oswalt 248 Samira Ouardi 249 Christine Passevant 250 Sonia Pavlik 251 Marie-Josée Pépin 252 Patricia Perennes 253 Hélène Périvier 254 Michelle Perrot 255 Françoise Picq 256 Sophie Pierre 257 Emmanuelle Piet 258 Maudy Piot 259 Maria Poblete 260 Frédérique Pollet Rouyer 261 Chloé Ponce Voiron 262 Sophie Pons 263 Bérengère Portalier 264 Danièle Prévôt 265 Laetitia Puertas 266 Léna Quer-Riclet 267 Anne Querrien 268 Soudeh Rad 269 Linda Ramoul 270 Danièle Restoin 271 Michèle Revel 272 Michèle Richer 273 Nadja Ringart 274 Michèle Riot-Sarcey 275 Yannick Ripa 276 Evelyne Rochedereux 277 Justine Rochederieux 278 Florence Rochefort 279 Marie-Sabine Roger 280 Frédérique Rolet 281 Roseline Rollier 282 Laurence Rossignol 283 Yvette Roudy 284 Perrine Rouillon 285 Constance Ryder 286 Lucie Sabau 287 Mélodie Saillard 288 Marie-Josée Salmon 289 Sabine Salmon 290 Muriel Salmona 291 Christine Salomon 292 Michele Sarde 293 Marion Sarraut 294 Marie-Laure Sauty de Chalon 295 Nicole Savey 296 Marlene Schiappa Bruguiere 297 Marie-Ange Schiltz 298 Lise Schmitt 299 Colombe Schneck 300 Geneviève Sellier 301 Macha Sery 302 Agnès Setton 303 Laura Silimbani 304 Charlotte Silvera 305 Catherine Simon 306 Claire Simon 307 Isaline Sivret 308 Elsa Solal 309 Joy Sorman 310 Charlotte Soulary 311 Hannah Stein 312 Martine Storti 313 Frédérique Strzalka 314 Anne Sylvestre 315 Murielle Szac 316 Josiane Szymanski 317 Fany Taccoen 318 Wassyla Tamzali 319 Emilie Teyssedre 320 Josy Thibaut 321 Elise Thiebaut 322 Alexandra Tkaczynski 323 Elisabeth Trétiack Franck 324 Sarah Trichet-Allaire 325 Olga Trostiansky 326 Nelly Trumel 327 Adela Turin 328 Fiammetta Venner 329 Eliane Viennot 330 Claude Viguié 331 Hélène Vincent 332 Anne-Marie Viossat 333 Laurence Volbart 334 Corinne Welger-Barboza 335 Iona Wieder 336 Joëlle Wiels 337 Annette Wieviorka 338 Barbara Wolman 339 Mercedes Yusta 340 Chantal Zabus 341 Soumia Zahir 342 Valérie Zenatti 343 Arlette Zilberg

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IVG : hausse de 22% chez les mineures Par Europe1.fr avec Frédéric Nicolas Publié le 7 mars 2011 à 11h16Mis à jour le 9 mars 2011 à 07h56

Quelque 13.500 filles de moins de 18 ans ont eu recours à l’IVG en 2009 contre 11.000 en 2002.

Trente-cinq ans après la loi Veil, l’interruption volontaire de grossesse a encore touché 227.000 femmes en 2009. Parmi elles, figurent de plus en plus de mineures. Quelque 13.500 jeunes filles de moins de 18 ans ont en effet recours à un avortement chaque année, en France, contre 11.000 en 2002. Une hausse de plus de 22%.

Alors que se tient lundi à Paris un colloque sur le thème "comment protéger le droit à l’avortement en France en 2011", se pose aujourd’hui la question de savoir pourquoi les adolescentes se retrouvent de plus en plus souvent confrontées à une grossesse non désirée. "Nous n’avons pas fait ce qu’il fallait en terme de prévention face aux adolescentes", tranche le professeur Israël Nisand, gynécologue obstétricien au CHU de Strasbourg, au micro d’Europe 1.

"La loi n’est appliquée nul part"

Aussi, les écoles semblent avoir fait l’impasse sur la loi de 2001, qui prévoit une information sur la sexualité à raison de deux heures par an dès la classe de 6e. "Elle n’est appliquée nulle part en France", regrette le docteur Nisand. "Ne pas donner d’informations aux jeunes adolescents, leur laisser avoir toutes les informations sur Internet et se contenter de cela, ce n’est pas normal", déplore-t-il.

"Ça n’est pas une fatalité"

Les principaux intéressés se retrouvent donc seuls face à ce problème. "Énormément d’adolescents, au début de leur vie sexuelle, ne souhaitent pas en informer les parents ou ne le peuvent pas. Et ils essayent de se débrouiller de manière secrète", explique Israël Nisand. Si la nouvelle génération apparaît de plus en plus libérée, elle a encore beaucoup de choses à apprendre en matière d'éducation sexuelle.

Quoi qu’il en soit, le docteur Nisand veut rester optimiste : "ça n’est pas une fatalité. On devrait pouvoir diminuer le nombre d’IVG, rien qu’en faisant de l’information et en donnant un accès gratuit et confidentiel à la contraception". D'autant que l'exemple de l'Alsace, où le nombre d'IVG chez les mineurs a considérablement baissé ces dernières années grâce à une campagne d'informations et de prévention, laisse encore espoir.

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François Hollande raille Nicolas Sarkozy sur l'IVG RTL.fr Créé le 09/03/2012 à 07h59

François Hollande a célébré jeudi la journée internationale des Droits des femmes et l'unité retrouvée du PS à Reims, théâtre du congrès fratricide ayant abouti en 2008 à l'élection de Martine Aubry à la tête du parti.
A cette occasion, le candidat socialiste à l'Elysée a souhaité que tous les établissements hospitaliers soient dotés d'un centre d'interruption de grossesse. L'occasion pour lui de tacler Nicolas Sarkozy. "Le candidat sortant ne savait même pas que la contraception pour les mineurs est déjà gratuite. Pourtant, c'est la loi", a lancé le député de Corrèze.

"L'IVG est un acte lourd (...) je souhaite que tous les établissements hospitaliers (publics, ndlr) de notre pays puissent être dotés d'un centre IVG", a déclaré François Hollande, rappelant qu'il voulait que "l'IVG soit remboursé à 100%".

Les propositions du candidat socialiste "témoignent avant tout d'une méconnaissance du sujet", a affirmé vendredi matin la porte-parole de Nicolas Sarkozy. Soulignant que "la moitié des mineures" ayant subi une IVG prenaient un moyen de contraception, Nathalie Kosciusko-Morizet a estimé que l'"urgence" résidait plutôt dans l'"information", de sorte que ces jeunes filles n'aient pas à recourir à une interruption volontaire de grossesse.
"Est-ce que ce n'est pas cela, l'urgence, plutôt que des fausses déclarations un peu démagogiques? Allez, c'est à 80%, je vous rembourse à 100%", a-t-elle conclu.

Le candidat socialiste a également annoncé jeudi à Reims que s'il était élu il "allongerait le congé de paternité qui avait été créé par Lionel Jospin et Ségolène Royal", a-t-il encore affirmé, sous les applaudissements, sans préciser de combien de temps il comptait l'allonger.

"J'équilibrerai le congé parental pour qu'il y ait une responsabilité commune", a encore proposé le candidat devant quelque 4000 personnes enthousiastes au complexe sportif René Tys.

Pour la garde de jeunes enfants, il a rappelé qu'il souhaitait "un contrat entre Etat et collectivités locales pour créer davantage de crèches, de réseaux d'accueil", tout en plaisant pour qu'il y ait "davantage d'enfants en école maternelle".

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Choix publicitaire "pas normal" dans le Nouvel Observateur : Renaud Dely, directeur de la rédaction s’excuse Anne Kerjean , le 9 décembre 2012 à 23:59 http://www.chretiente.info/201212095921/choix-publicitaire-pas-normal-dans-le-nouvel-observateur-renaud-dely-directeur-de-la-redaction-sexcuse/

Les lecteurs assidus du Nouvel Obs (voir l’annonce de N&N), qui publia en 1971 le «manifeste des 343 salopes», ont dû tomber de l’armoire en voyant dans la dernière édition de l’hebdomadaire une pub…anti-IVG.

Renaud Dely, directeur de la rédaction, leur a en tout cas présenté ses excuses dimanche soir, dénonçant une «erreur déplorable». «La pub de ce lobby aux engagements contraires à nos valeurs n’aurait pas dû être publiée. Toutes nos excuses à nos lecteurs. Nous reviendrons sur ce dysfonctionnement dans le journal de la semaine prochaine», a écrit en fin de journée Renaud Dely sur Twitter.

La publicité de la Fondation Jérôme Lejeune met en parallèle la photo d’une baleine et celle d’un foetus. «Vous trouvez ça normal ? On arme des bateaux pour défendre les baleines alors qu’on laisse l’embryon sans défense». De nombreux utilisateurs du réseau social se sont émus de la publication de cette publicité qui figure à la fin du supplément télévision et cinéma du Nouvel Observateur. Une contributrice de Plus, le site participatif du Nouvel Obs, a même publié une lettre ouverte pour dénoncer ce choix publicitaire. sourceBravo !!

Formidable impact médiatique de la Fondation Jérôme Lejeune !

Toutefois, un point est à préciser : ce n’est pas une « pub anti avortement » mais une campagne contre l’autorisation de la recherche sur l’embryon humain dans le cadre du projet de loi qui a été présenté au sénat le 4 décembre dernier et adopté à la majorité des sénateurs socialistes.

Ce projet de loi passera à l’Assemblée Nationale très bientôt. Alors, cherchez à comprendre le réel enjeu de cet appel à mobilisation au lieu de voir rouge comme un troupeau de taureaux devant un chiffon rouge ! Signez la pétition : http://www.vous-trouvez-ca-normal.com/je-signe-la-petition a.k

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«343 salauds» clament leur droit à «leur pute» Alice GÉRAUD 29 octobre 2013 à 21:51 (Mis à jour : 30 octobre 2013 à 09:22)

L’idée de pénalisation des clients fait réagir.
Quel est le lien entre Frédéric Beigbeder, Eric Zemmour, Nicolas Bedos et Ivan Rioufol ? Ils vont «aux putes», comme ils disent. Ou ils y sont allés. Ou peut-être pas, mais en tout cas, ils ne dénonceront pas leurs copains qui ont recours au sexe tarifé. Ces éminents représentants du sexe fort - «Homos ou hétéros, libertins ou monogames, fidèles ou volages, nous sommes des hommes» - viennent de signer une pétition à paraître la semaine prochaine dans le mensuel Causeur, intitulée «Touche pas à ma pute !

Le manifeste des 343 salauds», qui proteste contre la proposition de loi pour la pénalisation des clients de la prostitution, déposée le 14 octobre par la députée socialiste Maud Olivier. Selon Elisabeth Lévy, la directrice de la rédaction du magazine, la référence au «Manifeste des 343 salopes» répond surtout «à l’envie d’emmerder les féministes d’aujourd’hui». Dont celles d’Osez le féminisme ! qu’elle appelle «les brigades des plumeaux» parce qu’elles «ne s’intéressent qu’au partage des tâches ménagères».
Or, Elisabeth Lévy entend défendre «le droit à la différence», «le droit de jouir» et… «la cause des hommes».

Droite néoréac. L’éditorialiste s’est fait glisser l’idée de ce «Manifeste des 343 salauds» par Frédéric Beigbeder (désormais à la tête du magazine Lui) alors que l’idée de pénalisation du client commençait à prendre chair. Quelques semaines plus tard, elle lui trouvait son titre, «Touche pas à ma pute !» (sans commentaire). On notera, outre les signataires nommés plus haut, un mélange à forte dominante droite néoréac, mais pas seulement. Ainsi, au côté des très féministes Ivan Rioufol et Eric Zemmour, on retrouve l’avocat Richard Malka (avocat de DSK), l’écrivain Philippe Caubère (auteur d’un texte publié en 2011 dans Libération où il racontait être client de prostituées), l’écrivain et journaliste Benoît Duteurtre ou le mari de Frigide Barjot, Basile de Koch. Dans leur texte, ils se défendent d’être «les frustrés, pervers ou psychopathes décrits par les partisans d’une répression déguisée en combat féministe». Ils refusent «que des députés édictent des normes sur [leurs] désirs et [leurs] plaisirs». Et s’inquiètent : «Aujourd’hui la prostitution, demain la pornographie, qu’interdira-t-on après-demain ?» Entre-temps, ils rappellent quand même qu’ils condamnent le sexe «sans consentement»,«la violence» et «le trafic des êtres humains».

Outre le fait qu’ils sont de sexe masculin, on ajoutera une autre différence notable entre ces 343 salauds de 2013 et les 343 salopes de 1971. Dans le texte écrit par Simone de Beauvoir et publié dans le Nouvel Observateur pour défendre le droit à l’avortement, les signataires écrivaient : «Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir avorté.» A l’époque, pour mémoire, l’avortement était un crime. Aujourd’hui, le recours à une prostituée n’est pas interdit et la proposition de loi socialiste prévoit d’en faire une infraction [et non un «délit» comme indiqué précédemment par erreur, ndlr] sanctionnée d’une contravention.

Confiture. Les salauds de 2013 sont définitivement plus prudents que les salopes de 1971. Dans leur texte, ils ont préféré préciser que tous n’avaient pas mis le doigt dans le pot de confiture. Elisabeth Lévy était au départ pour un texte plus radical et plus assumé, mais certains auraient alors renoncé à signer. «Peut-être ont-ils eu peur de se faire engueuler chez eux ?» avance l’éditorialiste.

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Le manifeste des 343 salauds

En matière de prostitution, nous sommes croyants, pratiquants ou agnostiques.

Certains d’entre nous sont allés, vont, ou iront aux « putes » – et n’en ont même pas honte.
D’autres, sans avoir été personnellement clients (pour des raisons qui ne regardent qu’eux), n’ont jamais eu et n’auront jamais le réflexe citoyen de dénoncer ceux de leurs proches qui ont recours à l’amour tarifé.
Homos ou hétéros, libertins ou monogames, fidèles ou volages, nous sommes des hommes. Cela ne fait pas de nous les frustrés, pervers ou psychopathes décrits par les partisans d’une répression déguisée en combat féministe. Qu’il nous arrive ou pas de payer pour des relations charnelles, nous ne saurions sous aucun prétexte nous passer du consentement de nos partenaires. Mais nous considérons que chacun a le droit de vendre librement ses charmes – et même d’aimer ça. Et nous refusons que des députés édictent des normes sur nos désirs et nos plaisirs.
Nous n’aimons ni la violence, ni l’exploitation, ni le trafic des êtres humains. Et nous attendons de la puissance publique qu’elle mette tout en œuvre pour lutter contre les réseaux et sanctionner les maquereaux.
Nous aimons la liberté, la littérature et l’intimité. Et quand l’Etat s’occupe de nos fesses, elles sont toutes les trois en danger.
Aujourd’hui la prostitution, demain la pornographie : qu’interdira-t-on après-demain ?
Nous ne céderons pas aux ligues de vertu qui en veulent aux dames (et aux hommes) de petite vertu. Contre le sexuellement correct, nous entendons vivre en adultes.
Tous ensemble, nous proclamons : Touche pas à ma pute !

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Les 343 au 7 novembre 2013

Premiers signataires : Frédéric Beigbeder, Rodolphe Bosselut, Pascal Bruckner, Renaud Camus, Philippe Caubère, Jacques de Guillebon, Basile de Koch, Jean-Michel Delacomptée, David di Nota, Claude Durand, Benoît Duteurtre, Roland Jaccard, Guy Konopnicki, Philippe Karsenty, Alain Paucard, Périco Légasse, Jérôme Leroy, Richard Malka, Marc Cohen, Gil Mihaely, Christian Millau, Dominique Noguez, Ivan Rioufol, Luc Rosenzweig, Stéphane Simon, François Taillandier, Marc Weitzmann, Eric Zemmour.

Abram Alain, Affre Jean-François, Araujo Nuno, Arnaudies Jacques, Assali Jean, Aymard Christophe, Azuelos Daniel, Bada Moustapha, Bakowski Adam, Audouard Thomas, Baré Christian, Baré Sébastien, Bargoin Robert, Barret Philippe, Beaudoin Yves, Behar Joseph, Bejbaum Armand, Benchemoul Benjamin, Bensimon Denis, Bensoussan Gérard, Berthet Samuel, Beysson Pierre, Billard Jacques, Blanc Christian, Blas Alexis, Bouchaert Jean-Charles, Boughezala Daoud, Bourron Paul, Boutaric Michel, Bouyssou Antoine, Boyer Serge, Brasseur Claude, Bréquigny Philippe, Brodier Jacques, Brouillet Yvon, Cahuet Patrick, Calatayud Joël, Camus Robert, Casanova Gilles, Cassard Alain, Cavanna Robert, Celle Simon, Chambon Alain, Charles Nabet, Charpentier Christian, Charrier Patrick, Charron Christian, Chevreau Grégoire, Chollet Claude, Colnot Guillaume, Colombani Jacques, Colombot Claude, Colson Johnny, Combes Michel, Compte Patrick, Coradin Pierre, Corre Bernard, Courtinel Charles, Crivat Bogdan, Csaba Morocz, d’Assignies Raphaël, Delannoy Alain, Deniel-Laurent Bruno, Deprez Jean-Philippe, Deransart Thierry, Descamps Antoine, Deschamps Jean-Guy, Desgouilles David, Devals Alain, Diaine Alain, Doche Philippe, Dory Alexandre, Dubois Claude, Dunoyer Laurent, Dupont Pierre, Dupré La Tour David, Durieux Julien, Ehret Thomas, Ejchler Jean, Escande Renaud, Esnis Jean-Pierre, Espinasse Patrice, Falchi Marc, Falcone Matthieu, Fauchet Frédéric-Louis, Fauxpoint Bernard, Fichant Michel, Filleau Jérôme, Fioretto Pascal, Fombonne Jean-Marc, Fouquier Pierre, Francillon Gérard, François Edmond, François Olivier, Gaffet Michel, Gana Jérôme, Garde Roland, Gardet-Fabien Louis, Gareau Pascal, Gasnière Thierry, Gauthier Marcel, Gélinet Jean-Maurice, Gény-Santoni Philippe, Gerentes Bruno, Gicquel Cédric, Girard Jean-Luc, Gireau Louis, Glangetas Frédéric, Gmeline Stanislas de, Goering Michel, Goux Didier, Gressard Yves, Grolleron Jean, Gros Denis, Gueniffey Patrice, Guénoun Guy, Guez Christian, Guilleminet Christian, Guillermet Olivier, Gumplowicz Philippe, Haenggli Claude, Haguet Hubert, Halfon Lionel, Hausslein Christian, Héraud Patrice, Hervis Yann, Hess André, Heurtebise Samuel, Housse Guillaume, Hudelist Marc, Huet Vincent, Husser Laurent, Huyghe François-Bernard, Jeanney Michel, Jourdain Eric, Julliard Erwin, Julou Philippe, Kalle Roger, Kaminski Philippe, Kieffer Thiébault, Klotz Emmanuel, Kober Manuel, Koster Serge, Krasnopolski Philippe, Krauze Witold, Kremeur Alain, Krivitzky Alexandre, Kuhr Laurent, La Malène Olivier de, Laarman Jan, Lacoche Philippe, Lacoste Bruno, Lahanque Reynald, Lamalattie Pierre, Lamy Bernard, Lamy Christophe, Lamy Philippe, Landreau Michel, Lapoudge Bernard, Large Alain, Larroux Romuald, Launay Hubert de, Laurent Dimitri, Le Bihan Alain, Le Guern Arnaud, Le Merrer Bernard, Lebon Pierre, Leborgne Daniel, Lécuyer Michel, Legris Frédéric, Lemane Thierry, Lesieur Jérôme, Letellier Jean-Pierre, Lévy Vincent, Lindeperg François, Long Xavier, Malarewicz Jacques-Antoine, Mamou David, Marck Jean-Alain, Marquet Jean-François, Massot Georges, Maulin Olivier, Maurage Emmanuel, Maxence Isidore, Meilleur Jacques, Mérelle Jean-Marc, Merian Cyprien, Meynaud Michel, Michel Jean-François, Miller Renaud, Millet Nicolas, Mirguet Jean, Mizrahi Arié, Moglia Mickaël, Mondoloni Jean-Michel, Monniet Abel, Montel François, Montfort Fred, Morin Pierre-Yves, Mourton Gérard, Nacht Marc, Nahmias David, Nataf Jean-Marcel, Neveu Daniel, Noël Pierre, Oerthel Robin, Oudin Bernard, Ouvrard Jean-Pierre, Pagura Emilio, Passot Henri, Paterne Daniel, Patrick Maury, Perrin Alphonse, Perrin Jean, Piat Hubert, Piccarreta Paul, Porin Dany, Potier Benjamin, Pussey Gérard, Quatrepoint Jean-Michel, Rabette Louis-Joseph, Rachet Guy, Rancinan Gérard, Ranval Claude, Rappeneau Gilles, Rassat Jacques, Ravoire Christian, Reboul Olivier, Reynaud Jean-Claude, Reynaud Patrice, Richard Luc, Ringelheim Foulek, Riste Yvan, Rival Jean-Louis, Robert Claude, Rojzman Charles, Roller Olivier, Roquefort Georges, Rostaing Didier, Rouault Yvon, Rougier Bernard, Rouquet Claude, Roussel Philippe, Roussillon-Poulon Eric, Rouvillois Frédéric, Roy Yannick, Ruby Monsieur, Rullière Alain, Runavot Gilbert, Saal Yvan, Sabatié Jean-Pierre, Sampson Steven, Sangars Romaric, Sapina Laurent, Satrustegui Inigo de, Saussol Daniel, Sautier Paul, Seghers Philippe, Sénik Albert, Sergent Alain, Sergent Yann, Seydoux Arnaud, Sibleyras Gérald, Simon Hervé, Taguieff Pierre-André, Taillefer Aymeric, Tavoillot Pierre-Henri, Teillet Philippe, Terrasse Jacques, Teymouri Ali, Thévenet Daniel, Thiant Frédéric, Thouvenin Henri, Tobolski Francis, Tofreder Frederic, Tolédano Baruk, Tourel Alain, Tournesac Laurent, Tranin Luc, Vadet Edouard, Valicourt Henri de, Vary Francis, Veissière Pierre, Vérité Philippe, Vernhet Jean-Charles, Vial Bruno, Vieilleribière Alain, Villaret Jean-Claude, Wagner Geoffroy, Wallet Gilbert, Wolff Michel, Yégavian Tigrane, Zamoun Philippe, Zendali Michel, Zimmermann Michel, Trusson Olivier, Pignon Baptiste, Lemasson Jean-Paul, Platchkov Stéphane, Cormary Pierre, Fruchard Michel, Sibué Jean-Michel, De Rouville Pascal, Lamy Patrice, Coudry Guillaume, Agnellet Julien, Laloum Gilles, Favreau Claude, Teboulle Dan , Geremy Xavier, Salmon Michel, Chevalier Henri, Moureaux Patrick, Gérard Emmanuel, Genvresse Patrick, David Jean-Roger, Peyrondet Claude, Merceron Alain, Sanchez Alphonse, Lebrat Philippe, Teyssier Daniel, Greco Jean-Louis.

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Prostitution : le chanteur Antoine lance une pétition contre la pénalisation du client Le HuffPost | Par Stanislas Kraland Publication: 14/11/2013 19h35 CET | Mis à jour: 14/11/2013 19h35 CET http://www.huffingtonpost.fr/2013/11/14/prostitution-antoine-petition-penalisation-client_n_4275573.html

Après le fiasco médiatique du manifeste des 343 salauds, c'est au tour d'une pétition de rassembler plusieurs signatures, une soixantaine en tout, contre le projet de loi de pénalisation du client, nous informe Le Point.

À l'origine de cette initiative, le chanteur et navigateur Antoine, connu pour son engagement en faveur des droits des travailleurs du sexe. Et parmi les signataires, plusieurs célébrités bien connues du grand public à l'instar de Florence Arthaud, Alain Souchon, Mickey 3D, Mireille Darc, Chantal Goya, Raphael, Thomas Dutronc, Catherine Deneuve ou encore Line Renaud.

Lire aussi: » Le "manifeste des 343 salauds" pour le droit à la prostitution fait polémique
» "Et si 2013 devenait en France l'année du retour au bon sens?", par Antoine

"Nous demandons un vrai débat sans a priori idéologique"

Différence notable avec les "salauds" et leur slogan "touche pas à ma pute", la pétition d'Antoine rassemble également des femmes. Et si le chanteur Antoine figurait bien parmi les signataires du manifeste polémique, l'objectif de cette nouvelle pétition est de corriger le tir.

Objectif: proposer un débat apaisé sur le projet de loi des socialistes de pénalisation du client. Les signataires ne s'engagent que sur une phrase, indique le site internet du Point:

"Sans cautionner ni promouvoir la prostitution, nous refusons la pénalisation des gens qui se prostituent et de ceux qui ont recours à leurs services, et nous demandons l'ouverture d'un vrai débat sans a priori idéologique."

Le leitmotiv du chanteur? "Rendre aux personnes qui se prostituent les mêmes droits qu'aux autres travailleurs".

La prostitution forcée est-elle surévaluée?

Le chanteur s'insurge par ailleurs contre le chiffre avancé par la ministre du Droit des femmes Najat Valaud-Belkacem et la plupart des associations "abolitionnistes" de 90% de prostitution forcée.

D'après Antoine, ce chiffre serait largement surévalué et "oublie les autres formes de prostitution, comme celles qui existent par exemple sur Internet, et sur lesquelles il n'existe aucune statistique", autant d'affirmations appuyées par le rapport de l'Inspection générale des affaires sociales qui mettrait clairement en doute le chiffre de 90%.

"En France, dès qu'on parle des prostituées, on nous dit que l'immense majorité d'entre elles sont victimes des mafias. Mais aucun chiffre réel n'existe," affirme-t-il, toujours sur le site internet du Point.

Le chanteur estime surtout que le débat a été biaisé par la mission d'information parlementaire réalisée sous la houlette du député Guy Geoffroy et le groupe de travail de la députée Maud Olivier "qui partent du principe contesté que toute prostitution est une violence".

Antoine, qui revendique de nombreux amis prostitués, ne voit pas les choses de cette manière. Le chanteur estime que la prostitution doit être considérée comme un véritable métier. "Il y a des personnes qui exercent depuis trente ou quarante ans et qui ont des habiletés spéciales, une véritable expertise," affirme-t-il.

En 2012, le chanteur avait publié un livre sur la question. Son titre: Délivrez-nous des dogmes.

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Prostitution : quand les stars se mobilisent contre la pénalisation Home ACTUALITE Société Par Stéphane Kovacs Mis à jour le 16/11/2013 à 14:52 Publié le 15/11/2013 à 19:39 http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/11/15/01016-20131115ARTFIG00588-quand-les-stars-se-mobilisent-contre-la-penalisation.php?pagination=8

Le chanteur et navigateur Antoine a réuni plus de soixante-dix célébrités autour d'une «simple déclaration, au ton modéré».

Il n'attend pas «une lettre de la prési­dence» lui disant «Antoine, vous avez du bon sens». L'auteur des Élucubrations veut juste «faire comprendre à nos élus qu'ici, comme dans d'autres domaines, la pénalisation n'est pas la solution». À quelques jours de l'examen, par l'Assemblée nationale, de la proposition de loi socialiste sur la prostitution, qui prévoit de sanctionner le client, le chanteur et navigateur a réuni plus de 70 célébrités autour d'une «simple déclaration, au ton modéré» : «Sans cautionner ni promouvoir la prostitution, nous refusons la pénalisation des gens qui se prostituent et de ceux qui ont recours à leurs services, et nous demandons l'ouverture d'un vrai débat sans a priori idéologique.»

De la navigatrice Florence Arthaud à l'écrivain Bernard Werber en passant par Charles Aznavour, Catherine Deneuve, Jack Lang ou Claude Lelouch, ces personnalités, «dont les écrits, les chansons, les exploits inspirent nos réflexions», souligne Antoine - ont approuvé, «souvent enthousiastes», le texte. «Un de nos plus grands chanteurs», ajoute-t-il, n'a pas souhaité signer mais a proposé de lui écrire une chanson sur le sujet…

Pas question de critiquer «la lutte contre la traite des êtres humains»

«Nous ne sommes pas 343 !, précise d'emblée Antoine, dans une allusion au Manifeste des 343 salauds, qui proclamait “Touche pas à ma pute”. Cela n'a strictement aucun rapport.» «Je me suis appliqué à ce qu'il y ait autant d'hommes que de femmes, indique-t-il. Il y en a qui pensent que la prostitution devrait disparaître, d'autres non. Les signataires ne revendiquent pas de droit à quoi que ce soit mais disent juste que la pénalisation n'est pas la solution. Et réclament tous un vrai débat.»

Pas question de critiquer «la lutte contre la traite des êtres humains», qui «doit être le premier devoir de l'État», insiste Antoine. «Si l'État veut réprimer une sorte d'esclavagisme où les filles sont droguées et obligées par des mafias à faire des choses qu'elles n'ont pas choisies, vic­times atroces, on est d'accord, renchérit Alain Souchon, l'un des signataires. Mais celles qui ont choisi de se prostituer pour l'argent plus facile, je suis pour qu'on les laisse faire ce qu'elles veulent. Elles rendent des services tendres à tant de gars paumés . Laissez-leur leurs clients!»

Antoine s'agace aussi des «chiffres de convenance» mis en avant par le gouvernement. Quelque 90% des personnes prostituées seraient «contraintes», affirment les auteurs de la proposition de loi? «Un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) décrit un paysage beaucoup moins noir, réplique-t-il. Et selon l'ONU, il existerait en Europe 140.000 victimes de l'exploitation sexuelle ; c'est peu par rapport au nombre de prostituées, évalué à un million…» Quant au ministère des Droits des femmes, commanditaire d'un sondage sur la lutte contre la prostitution, il martèle que 73% de la population estiment que la lutte passe par «la responsabilisation des clients» - un terme flou, selon Antoine - mais «oublie de parler des 78 % qui refusent la pénalisation»…

«Pourquoi la commission spéciale, à l'Assemblée, comprend-elle tant d'abolitionnistes? Pourquoi n'a-t-elle pas entendu les premières concernées, les prostituées en exercice?, s'interroge encore le chanteur. J'en connais pour ma part un bon nombre. Elles le font de leur plein gré, sans jamais avoir été violentées. Il est temps de leur donner les mêmes droits qu'aux autres travailleurs.»

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Les signataires de la pétition d'Antoine

Florence ARTHAUD, Hugues AUFRAY, Charles AZNAVOUR, Agnès BIHL, Louis BERTIGNAC, Françoise CHABBERT, Hervé CRISTIANI, DANI, Géraldine DANON et son mari, Philippe POUPON, Madeleine DANIELSSON, Mireille DARC, Patrice DARD, Sophie DAVANT, Catherine DENEUVE, Julie DEPARDIEU, Catherine DESCHAMPS, Thomas DUTRONC, Virginie EFIRA, Danièle EVENOU, Maud FONTENOY, Agnès GIARD, Jeanne GOUPIL et son mari Joël SERIA, Chantal GOYA et son mari Jean-Jacques DEBOUT, Daniel GUICHARD, Françoise GUILLEMAUT, Fred HIDALGO et son épouse Mauricette HIDALGO, Jacques HIGELIN, Catherine JACOB, Véronique JANNOT, François JOUFFA et sa compagne Sylvie JOUFFA, Brigitte LAHAIE, Jack LANG, Jean-Pierre LANG et son épouse, Martine LANG, Claude LANZMANN, Philippe LAVIL, Claude LELOUCH, Gérard LENNE, Herbert LEONARD et son épouse CLEO, Nathalie LERMITTE, Mickey 3D, NICOLETTA, Jean-Marie PÉRIER, Jacques PESSIS, Loïck PEYRON, Philip PLISSON et son épouse, Marie PLISSON, Clotilde RAMONDOU, RAPHAËL, Line RENAUD, Nathalie RHEIMS, Josseline RIGOT, Jean-Marie ROUART, Peggy SASTRE, Léo SCHEER, Yves SIMON, SOLDAT LOUIS, Alain SOUCHON, Sylvie TESTUD, Maryse et Michel TRAMA, restaurateurs, et d'autres grands chefs étoilés, comme Georges BLANC ou la Famille HAEBERLIN, Bernard WERBER, ANTOINE et sa compagne Francette LE GUENNEC

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Droit à l'avortement restreint en Espagne : Vallaut-Belkacem «choquée» AFP Libération 22 décembre 2013 à 13:40

Le gouvernement a adopté un projet de loi qui sera soumis au parlement espagnol et qui annule les avancées récentes.

La ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem s’est dite choquée dimanche par l’adoption en Espagne d’un projet de loi supprimant quasiment le droit à l’avortement, évoquant «sa vive préoccupation».

«Ça m’émeut. Bien sûr que ça me choque», a déclaré la ministre, interrogée lors du Grand rendez-vous i-Télé/Europe 1/Le Monde.

«J’ai d’ailleurs fait part de ma vive préoccupation à mon homologue espagnol à qui j’ai écrit vendredi», a ajouté Vallaud-Belkacem. «C’est terrible de voir qu’un pays comme l’Espagne, qui ces dernières années était devenu un petit peu la référence en particulier pour ceux qui se battent contre les violences faites aux femmes (…), puisse s’apprêter peut-être à connaître un recul en matière du droit à disposer de son corps», a poursuivi la ministre.

«C’est assez inquiétant et ça vient illustrer ce que je dis régulièrement, c’est-à-dire que les droits des femmes ne sont jamais acquis», a dit la ministre.

Elle a par ailleurs estimé que le problème ne concernait pas uniquement l’Espagne «parce que par exemple, on a des inquiétudes aussi sur l’Irlande ou un certain nombre de pays en matière de droits des femmes, je pense pas exemple à la Pologne».

Le projet de loi espagnol adopté vendredi par le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy replace le pays parmi les plus restrictifs en ce qui concerne l’avortement en Europe. Il annule de fait la loi de 2010 qui autorise l’avortement jusqu’à 14 semaines et jusqu’à 22 semaines en cas de malformation du foetus. Cette loi était, avec le mariage homosexuel, l’une des réformes phare de l’ex-gouvernement socialiste. Le texte ne prévoit une autorisation d’avortement que dans deux cas très précis: que l’interruption de grossesse soit nécessaire en raison d’un grave danger pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la femme, et la deuxième, que la grossesse soit une conséquence d’un délit contre la liberté ou l’intégrité sexuelle de la femme.

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Ce que le pape François a dit de l’avortement La Croix 19/1/14 - 16 H 48 Alors que les catholiques se mobilisent contre la révision de la Loi Veil, au menu du parlement lundi 20 janvier, passage en revue de la position du pape sur le sujet.

Le pape François s’est exprimé à plusieurs reprises sur la question de l’avortement, le plus souvent au sein d’une réflexion plus vaste sur la défense des plus faibles, aussi bien des personnes âgées que des victimes de la traite des êtres humains. « Cette défense de la vie à naître est intimement liée à la défense de tous les droits humains », qui regarde « la cohérence interne » du message de l’Église catholique, rappelle-t-il. Sans transiger ni laisser penser qu’elle pourrait un jour changer de position sur cette question, le pape met en avant la miséricorde, qui implique pour les chrétiens de ne pas en rester à une posture de condamnation, sans quoi « l’édifice moral » de son message risque non seulement d’être mal compris mais aussi de « s’écrouler comme un château de cartes ».

– Dans un message aux organisateurs de la Marche pour la vie, organisée le 19 janvier, le nonce apostolique en France, Mgr Luigi Ventura, écrit que « le pape François est informé de cette initiative en faveur du respect de la vie humaine. Il salue les participants à cette marche et les invite à maintenir vive leur attention pour ce sujet si important ».

– Devant les ambassadeurs accrédités près le Saint-Siège, le 13 janvier, évoquant « la culture du déchet » : « Malheureusement, ce ne sont pas seulement la nourriture ou les biens superflus qui sont objet de déchet, mais souvent les êtres humains eux-mêmes, qui sont “jetés” comme s’ils étaient des “choses non nécessaires”. Par exemple, la seule pensée que des enfants ne pourront jamais voir la lumière, victimes de l’avortement, nous fait horreur ; ou encore ceux qui sont utilisés comme soldats, violentés ou tués dans les conflits armés, ou ceux qui sont objets de marché dans cette terrible forme d’esclavage moderne qu’est la traite des êtres humains, qui est un crime contre l’humanité ».

– Dans son exhortation apostolique Evangelii Gaudium, le 24 novembre : « Parmi ces faibles, dont l’Église veut prendre soin avec prédilection, il y a aussi les enfants à naître (…). Fréquemment, pour ridiculiser allègrement la défense que l’Église fait des enfants à naître, on fait en sorte de présenter sa position comme quelque chose d’idéologique, d’obscurantiste et de conservateur. Et pourtant cette défense de la vie à naître est intimement liée à la défense de tous les droits humains. (…) Précisément parce qu’il s’agit d’une question qui regarde la cohérence interne de notre message sur la valeur de la personne humaine, on ne doit pas s’attendre à ce que l’Église change de position sur cette question ».

– Lors d’une rencontre avec des gynécologues catholiques, le 20 septembre : « La mentalité répandue de l’utile, la culture du rejet, qui aujourd’hui rend esclave les cœurs et l’intelligence de beaucoup, possède un coût très élevé : elle appelle à éliminer des êtres humains, surtout s’ils sont physiquement ou socialement plus faibles. Notre réponse à cette mentalité Oui résolu et sans hésitation à la vie. Il n’existe pas une vie humaine plus sacrée qu’une autre. (…) Chaque enfant non né, mais injustement condamné à être avorté possède le visage du Seigneur qui, avant même de naître puis à peine né, a fait l’expérience du refus du monde. Et chaque personne âgée, même si elle est malade ou en fin de vie, porte en elle le visage du Christ. (…) On ne peut les éliminer ! »

– Lors de la messe pour la Journée consacrée à l’encyclique de Jean-Paul II Evangelium Vitae, le 16 juin : sans jamais évoquer directement l’avortement, le pape François a scandé son propos d’insistances répétées sur le « Dieu vivant et miséricordieux », sur les Dix Commandements qui « ne sont pas un hymne au “non”, mais au “oui” à Dieu, à l’Amour, à la vie ! » S’appuyant sur le Christ, le pape n’a utilisé que des verbes positifs : « Il accueille, aime, soulage, encourage pardonne et donne d’une façon nouvelle la force de marcher, redonne vie. » C.H.

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Manif anti-IVG : « On souhaite que la France prenne exemple sur l'Espagne » Par Claire Gatinois Le Monde.fr | 19.01.2014 à 18h26 • Mis à jour le 20.01.2014 à 07h39

Et « viva España » ! Hissés sur le lion de Belfort de la place Denfert Rochereau, à Paris (14e arrondissement), dimanche 19 janvier, les manifestants de la « Marche pour la vie » opposés à l'avortement chantonnent à la gloire de Madrid en agitant les drapeaux rouge et or aux côtés d'emblèmes à fleurs de lys.

Le collectif qui mène depuis neuf ans un combat contre l'IVG qualifiée tantôt d'« attentat à la dignité humaine » tantôt de « génocide médical » sent l'« espoir » venu de Madrid : le 20 décembre 2013, le chef du gouvernement espagnol, le conservateur Mariano Rajoy, a présenté en conseil des ministres une loi restreignant l'avortement aux seuls cas de viols et de mise en danger de physique ou psychique de la femme.

« C'est formidable. C'est l'espérance pour nous », s'enflamme le père Argouarc'h, en tenue de messe, s'apprêtant à « dire le chapelet », en fin de cortège, avec le docteur Xavier Dor, féroce militant anti-IVG. Plus loin, des familles se pressent pour prendre le départ du cortège. Des jeunes en sweat shirts rouges imprimés « j'aime la vie », dansent sur l'air de « Vamos à la playa ». Deux garçons en caban bleu marine et raie sur le côté tiennent la main de leur mère.

Certains sont venus de Reims, d'autres de Bretagne. Jean-Luc, lui, arrive de Gif-sur-Yvette avec femme et enfants. Tous avaient déjà fait le déplacement pour la Manif pour tous. Aujourd'hui, pour être à l'heure, « on a été à la messe sur la route, et on a pris des sandwiches », explique-t-il. Cheveux rares, sourire apaisé, il tient lui aussi fièrement le drapeau espagnol en mains. « On souhaite que la France prenne exemple sur l'Espagne, dit-il, il y a des choses absurdes. Ici des bébés animaux sont mieux traités que des bébés humains ! ».

UNE DÉLÉGATION ESPAGNOLE DANS LES CORTÈGES

Marc, un jeune homme à la voix douce n'a pas de drapeau mais un crucifix géant dans les mains. Il n'en est pas moins admiratif de Madrid. A coté de lui, deux petites femmes âgées opinent. « Il y a un film qui circule sur Youtube sur l'avortement. C'est ça qui a ému les Espagnols ! », prétend l'une. « On y voit des enfants dé-chi-que-tés, dit sa copine aux cheveux gris recouverts d'un béret rose angora. « Non, non , pas déchiquetés », corrige l'autre, évoquant tout de même des fœtus traités comme « des déchets ».

Le collectif s'apprête à descendre jusqu'à la place Vauban. Tous enragent que le gouvernement soutienne l'amendement à la loi sur l'égalité entre les femmes et les hommes visant à supprimer l'idée de la nécessaire « situation de détresse » de la femme pour avoir recours à l'IVG. De quoi, disent-ils « banaliser » le procédé quand l'Espagne prend un chemin inverse.

Pour mobiliser les troupes, les organisateurs ont convié une délégation espagnole composée, entre autres, de Luis Péral, sénateur du parti populaire et secrétaire général de l'association Famille et dignité humaine. Le début d'une tournée européenne pour défendre la loi espagnole qui soulève le cœur des féministes et des sociaux démocrates à Bruxelles ? « Pas pour l'instant, mais il faut expliquer les choses », reconnaît M.Péral dans un français parfait.

Promesse électorale de M.Rajoy, la loi anti-IVG est contestée au sein même du PP mais M.Péral en est sûr ; même s'il est amendé, le texte sera maintenu, voire « perfectionné ». « Le PP ne doit pas gouverner en suivant follement les enquêtes d'opinion », dit-il. « Cette loi est progressiste. Elle défend le droit à vivre. Le droit d'avorter, lui, n'existe pas ». A côté de lui, Cécile Edel, porte-parole de la Marche pour la vie et Jean-Marie le Méné, président de la fondation Jérôme Lejeune, acquiescent sans réprimer un sourire.

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IVG : les femmes politiques françaises mobilisées contre le projet de loi espagnol Le Point.fr - Publié le 25/01/2014 à 15:13 - Modifié le 25/01/2014 à 15:24 http://www.lepoint.fr/societe/ivg-les-femmes-politiques-francaises-mobilisees-contre-le-projet-de-loi-espagnol-25-01-2014-1784275_23.php

Treize femmes politiques et militantes féministes françaises lancent un appel au gouvernement espagnol pour qu'il renonce à son projet de loi anti-IVG.

Treize femmes politiques et militantes féministes françaises, de gauche comme de droite, lancent un appel au gouvernement espagnol pour qu'il renonce à son projet de loi anti-IVG, un texte publié samedi sur les sites internet des quotidiens El País et Le Monde.

"Solidaires des femmes espagnoles, nous, femmes politiques françaises, appelons le gouvernement espagnol à retirer son projet de loi sur l'avortement", écrivent les signataires de ce texte, initié par Anne Hidalgo, candidate PS à la mairie de Paris et d'origine espagnole, demandant aux femmes de "se mobiliser pour ce combat fondamental".

"C'est l'Espagne qui a montré à l'Europe la voie en matière de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. C'est l'Espagne qui a inspiré la loi française de 2010 instaurant l'ordonnance de protection et créant le téléphone grand danger pour les femmes victimes de violences. L'Espagne ne peut être aujourd'hui le pays du grand retour en arrière", estiment les signataires. Manifestation prévue le 1er février

"Le droit des femmes à disposer de leur corps n'est pas un supplément d'âme dans une société qui se targue de construire l'égalité. Il s'agit d'un droit fondamental, c'est le socle de l'égalité. C'est le signe principal de l'émancipation des femmes dans la société", affirment-elles encore, rappelant que dans le monde "une femme meurt toutes les neuf minutes d'un avortement clandestin".

(Les 13 anti-Pape François)
Outre Anne Hidalgo, ont cosigné cet appel :
Clémentine Autain (féministe, directrice d'édition),
Roselyne Bachelot (ancienne ministre UMP de la Santé),
Michèle Barzach (ancienne ministre RPR de la Santé),
Martine Billard (ancienne députée, Parti de gauche),
Jeannette Bougrab (ex-secrétaire d'État à la Jeunesse, UMP),
Marie-George Buffet (députée de Seine-Saint-Denis, PCF),
Caroline de Haas (féministe),
Catherine Coutelle (députée PS, présidente de la délégation de l'Assemblée nationale des droits des femmes),
Michèle Sabban (vice-présidente PS de la région Ile-de-France),
Yvette Roudy (ex-ministre du Droit des femmes de François Mitterrand),
Dominique Voynet (maire EELV de Montreuil)
et Rama Yade (ancienne secrétaire UMP d'État chargée des Affaires étrangères et des Droits de l'homme).

En France, une manifestation est déjà prévue pour le 1er février en soutien aux féministes espagnoles qui défendent l'avortement à l'appel du mouvement "La marche mondiale des femmes", qui se rendra devant l'ambassade d'Espagne. Le gouvernement conservateur espagnol de Mariano Rajoy a approuvé un projet de loi qui supprime l'avortement en Espagne sauf en cas de danger prouvé pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la femme, ou après un viol ayant fait l'objet d'une plainte préalable. Il doit encore passer devant le Parlement où le Parti populaire détient la majorité absolue.

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Antoinette Fouque, «une grande et belle voix du féminisme s’est tue» AFP 21 février 2014 à 22:17 (Mis à jour : 21 février 2014 à 23:32)

Cofondatrice du Mouvement de libération des femmes (MLF), Antoinette Fouque est décédée à l'âge de 77 ans.

Najat Vallaud-Belkacem a rendu hommage, vendredi soir dans un communiqué, à l'«engagement intellectuel et militant» d’Antoinette Fouque, soulignant qu’avec la disparition de la co-fondatrice du Mouvement de libération des femmes (MLF), «une grande et belle voix du féminisme s’est tue».

Pour la ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement, «la disparition d’Antoinette Fouque est une immense perte : son engagement intellectuel et militant a marqué d’une empreinte profonde l’histoire du combat pour les droits des femmes.» «Sa contribution à l’émancipation d’une génération de Françaises est immense, et continuera d’inspirer longtemps celles et ceux qui s’engagent pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes», ajoute Najat Vallaud-Belkacem.

Antoinette Fouque, cofondatrice du Mouvement de libération des femmes (MLF) en 1968, est décédée dans la nuit de mercredi à jeudi à Paris à l’âge de 77 ans, ont annoncé vendredi soir «ses amies du MLF».

Figure historique du féminisme français des années 70, créatrice et directrice des éditions des Femmes (1973), elle fut l’animatrice du groupe «Psychanalyse et Politique», l’un des courants majeurs du féminisme en France. Elle avait été députée européenne (Radicale) de 1994 à 1999.

Née le 1er octobre 1936 à Marseille (Bouches-du-Rhône), Antoinette Fouque, diplômée d’études supérieures de lettres et docteur en sciences politiques, est d’abord enseignante (1961), et parallèlement, à partir de 1964, critique littéraire et traductrice, notamment aux Cahiers du Sud et à La Quinzaine littéraire. En 1968, elle participe à la fondation du MLF, au sein duquel elle fonde et anime le groupe «Psychanalyse et Politique».

Dans la foulée de la création des éditions des Femmes, elle ouvre trois librairies «Des Femmes» à Paris, Lyon et Marseille, dirige Le Quotidien des femmes (1974), puis Femmes en mouvement (1978-1982), et inaugure la Bibliothèque des voix, composée de livres-cassettes.

Devenue entre-temps psychanalyste, Antoinette Fouque préside l’Alliance française de San Diego aux Etats-Unis (1986-1988), avant de fonder en 1989 L’Alliance des femmes pour la démocratie, dont elle sera présidente. Dans les années 90, cette théoricienne du féminisme, aux positions souvent controversées, s’engage nettement sur le terrain politique.

Chargée de mission auprès de Michèle André, secrétaire d’Etat aux Droits des femmes en 1990, elle fonde deux ans plus tard le club Parité 2000, avant d’être élue au Parlement européen en 1994, sur la liste «Energie radicale» de son compatriote marseillais Bernard Tapie.

A Strasbourg, elle sera vice-présidente de la commission des Droits de la femme, et déléguée de l’UE à la conférence mondiale des femmes à Pékin (Chine) en 1995. Parallèlement, elle est chargée de séminaires en sciences politiques et directrice de recherches à l’université de Paris-VIII Saint-Denis. Commandeur de la Légion d’honneur, grand officier de l’ordre national du Mérite, commandeur des Arts et des Lettres, Antoinette Fouque, mère d’un fils, avait notamment publié «Il y a deux sexes» (1995, réédité en 2004). AFP

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Les trois messages du pape François à l'Europe Bernadette SAUVAGET 25 novembre 2014 à 15:13 http://www.liberation.fr/monde/2014/11/25/pour-le-pape-l-europe-est-blessee-fatiguee-assiegee_1150365

Dans ses deux discours à Strasbourg, mardi, Bergoglio a fustigé l’individualisme mais aussi l’avortement.

Sans surprise, les longs applaudissements ont été au rendez-vous. Et pourtant, Jorge Mario Bergoglio a été, à Strasbourg, un pape sans concessions, offensif même. En deux discours, prononcés en italien devant le Parlement européen puis au Conseil de l’Europe, le pape François, en visite éclair ce mardi matin, a donné une feuille de route spirituelle et politique à l’Europe. Ce qui pourrait, une fois passée l’euphorie du voyage, en mécontenter plus d’un, notamment dans sa condamnation forte de l’avortement et de l’euthanasie.

Retour sur trois déclarations forte du pape, prononcées ce mardi.

«Nous avons devant les yeux l’image d’une Europe blessée, fatiguée, pessimiste qui se sent assiégée»

Conforme à ce qu’il en évoquait déjà ces derniers mois, Bergoglio s’inquiète d’une Europe qui, de son point de vue, est à bout de souffle. En juin, il promettait de la réveiller. C’est donc bien ce qu’il est venu faire à Strasbourg, sur le même registre que le président du Parlement européen, Martin Schultz.

A partir de ce constat, Bergoglio a voulu proposer un diagnostic. Vue d’Amérique latine, son continent d’origine, l’Europe traverse une sorte de nuit, liée essentiellement à la montée de la sécularisation. Ce qui, pour le pape, correspond à l’abandon de ses racines, un thème qu’il a martelé dans ses deux discours ce mardi à Strasbourg, se livrant à une virulente critique de l’individualisme contraire au développement du bien commun.

«De l’individualisme indifférent naît la culture de l’opulence auquel correspond la culture du déchet»

Cette thématique de la «culture du déchet» est une constante dans la pensée bergoglienne; c’est un concept qu'il a forgé quand il était archevêque de Buenos Aires. Cassant son image de pape ouvert, il a clairement condamné le recours à l’euthanasie et à l’avortement qui appartiennent, selon lui, à cette «culture du déchet». Dans la vision de Bergoglio, il y a cette crainte très vive que, dans une société où l’économie et la technique sont reines, on se débarrasse de ceux devenus inutiles, notamment les personnes âgées qu’il a évoquées à plusieurs reprises à Strasbourg.

«Je vous exhorte à travailler pour que l’Europe retrouve sa bonne âme»

On attendait un message très social du pape devant les institutions européennes, comme une sorte de prolongement de sa visite à l’île de Lampedusa, quelque mois après son élection. Il a de fait condamné le sort des migrants. «On ne peut pas tolérer que la Méditerranée devienne un grand cimetière», s'est-il écrié. Mais Bergoglio a surtout délivré un message philosophique, destiné à redonner du souffle à l’Europe. «Je vous exhorte à travailler pour que l’Europe retrouve sa bonne âme», a-t-il lancé aux parlementaires européens. Même s’il a rendu hommage aux différentes cultures qui ont fait l’Europe, mentionnant même au passage les Celtes, Bergoglio pense, bien sûr, que cette âme-là est d’abord chrétienne. Ce qui pourrait aussi, dans les jours à venir, faire grincer bien des dents ! Bernadette SAUVAGET

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VIDEO. IVG: Le virulent discours anti-avortement du député d'extrême droite Jacques Bompard La vidéo à voir et entendre de Jacques Bompard

Une proposition presque consensuelle. Mercredi, l'Assemblée nationale a adopté par 143 voix contre 7 (note dt, sur 277 députés ...) une proposition de résolution cosignée par tous les présidents de groupes pour réaffirmer le droit fondamental à l'interruption volontaire de grossesse en France, en Europe et dans le monde.

Ce texte, non contraignant, a été adopté le jour anniversaire du démarrage des débats sur la loi de Simone Veil, le 26 novembre 1974. Des femmes politiques ou militantes ayant participé à ce combat ou l'ayant prolongé, comme l'ancienne ministre socialiste Yvette Roudy, étaient présentes dans les tribunes.

A l'inverse de la violence des échanges d'il y a 40 ans, l'apaisement a dominé pendant une heure et demie dans l'hémicycle lors des interventions, rompu seulement par un virulent discours anti-avortement du député d'extrême droite Jacques Bompard.

Dans une anaphore, il a demandé une dizaine de fois «pardon», notamment «devant l'ensemble des enfants (note dt, 200 000 x 40 = 8 000 000) qui ne naîtront pas», déclenchant protestations croissantes et des claquements de pupitres sur les bancs de la gauche.

Outre ce député du Vaucluse, cinq députés UMP, dont certains avaient été en pointe contre le mariage homosexuel, ont voté contre: Xavier Breton, Jean-Frédéric Poisson, Nicolas Dhuicq, Olivier Marleix, Yannick Moreau. S'y est ajouté l'UDI Jean-Christophe Fromantin.

Le seul à s'abstenir a été le député du FN Gilbert Collard

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