Bernard Kouchner

Dieu et les hommes, avec l'abbé Pierre, un dialogue judéo-chrétien


Juillet 2008. Sauvé de l'étouffement sarkoziste par une Ingrid Betancourt en pleine forme ... ?
Février 2008. Contre le secrétaire général de la Présidence, le préfet Claude Guéant
Décembre 2007. Libye : Séjour du colonel Kadhafi à Paris. "Propos assez déplorables". Persona non grata.
Novembre 2007. Darfour. Arche de Zoé. Mise en cause du "French doctor"
Septembre 2007. L'atlantiste "socialiste", ministre des Affaires Etrangères de Nicolas Sarkozy, veut faire la guerre à l'Iran ; le Premier ministre François Fillon confirme ; Nicolas Sarkozy, à l'ONU, infirme ... dans le flou
Août 2007. Après la rencontre "familiale" Bush-Sarkozy visite "surprise" de Bernard Kouchner à Bagdad ... ; pas de guerre religieuse en Irak, selon le président Talabani ; G.W. Bush pourrait "lâcher" le premier Ministre Nouri Al-Maliki
Juillet 2007. Les millions d'euros "évaporés" du Darfour
Juin 2007. Sur le Darfour et bises à Rice
Mai 2007. Ministre des Affaires Etrangères et des Affaires Européennes, ingérent, atlantiste, russophobe et turcophile, de Nicolas Sarkozy ; les électeurs approuvent à 66% ; un point de vue "critique" ?
Avril 2007. Le Pélerin croisé du Darfour : "Nous sommes attendus ..." ; comme Rocard pour une social-démocratie-sociale ... ;
Mars 2007. Pour une intervention ferme au Soudan, à propos du Darfour, avec BHL, Monseigneur Gaillot, le "tout Paris", et les politiques
Janvier 2007. Il "titille" Ségolène ...
Septembre 2006. Bernard Kouchner pourrait être candidat
Juillet 2005. Bernard Kouchner se souvient de Saddam ; la famine au Niger
Avril 2004. Bernard Kouchner, un héros selon Time
Décembre 2003. Bernard Kouchner, défense totale

Né à Avignon en novembre 1939, d'un père médecin, Bernard Kouchner se fait connaître pendant la guerre du Biafra (mai 1967-janvier 1970), une guerre horrible qui aurait fait entre un et deux millions de morts, et qui opposait les anglo-saxons aux français pour le contrôle des ressources pétrolières de cette province du Nigéria.

Bernard Kouchner est l'un des six médecins de la première équipe médicale constituée sur place en septembre 1968 pour être mise à la disposition de la Croix-Rouge internationale (CICR).

Ces médecins se sont engagés auprès du CICR à ne rien dire de ce qu'ils voient, à savoir que l'armée nigériane massacre totalement les populations, y compris les malades dans leur lit d'hôpital.

Mais ils ne peuvent s'empêcher de révèler au monde, par les medias, les réalités et ils s'ingèrent donc dans les affaires des Etats pour des raisons humanitaires.

C'est l'essayiste Jean-François Revel qui, en 1979, invente la formule "le droit d'ingérence", qui sous la plume de Bernard Kouchner et du professeur de droit international Mario Bettati devient en 1987 "le devoir d'ingérence".

Au Biafra Bernard Kouchner crée le Comité international contre le génocide puis le Comité médico-chirurgical d'intervention d'urgence, qui sera le noyau fondateur de Médecins sans frontières (MSF) en 1971 (qui obtient le prix Nobel de la Paix 1999). Ainsi l'ancien étudiant communiste de l'UEC (Union des Etudiants Communistes) fait de la politique réelle, la politique des "french doctors".

En 1979 il quitte son organisation pour fonder en 1980 Médecins du monde. Les missions se multiplient, en Ouganda, au Liban, au Tchad, en Erythrée, au Soudan, en Afghanistan, au Salvador, au Bangladesh ...

Tenté par la politique politicienne, parce que si l'action humanitaire oblige à réagir elle ne peut répondre à tout et ne peut donc remplacer la politique des politiques, il devient en 1988 Secrétaire d'Etat chargé de l'insertion sociale, puis Secrétaire d'Etat à l'action humanitaire (1988-1992), puis Ministre de la santé (1992-1993).

Homme politique très médiatisé, sa femme est la journaliste hight tech Christine Ockrent, il agace nombre de ses "amis", qui se gaussent lorsqu'il s'exhibe avec un sac de riz sur le dos, en Somalie, en décembre 1992.

Après l'effondrement électoral du PS en 1993 il devient député européen sur la liste PS de M. Michel Rocard (1994) puis adhère au Parti radical en 1996, dont il devient président délégué, mais échoue dès le premier tour à une élection législative partielle dans le sud-est (Gardanne).

Après la dissolution miraculeuse de 1997 il revient vers les socialistes, et c'est in extremis qu'il est nommé Secrétaire d'Etat à la santé dans le gouvernement Jospin, sous la férulle de la totale Martine Aubry ... Il étouffe.

Le 2 juillet 1999 le secrétaire général de l'ONU désigne enfin le haut commissaire chargé de l'administration civile au Kosovo. Non sans mal la France obtient le poste pour M. Bernard Kouchner, secrétaire d'Etat à la Santé, mais surtout "French Doctor", fondateur de Médecins sans frontières, promoteur du devoir d'ingérence humanitaire, personnage très médiatique et les medias nous disent qu'il fut un étudiant communiste ... La tâche sera rude.

C'est donc à soixante ans qu'il va pouvoir essayer de mettre en application ses principes dans un pays où l'épuration des "autres" est une constante historique ....

M. Bernard Kouchner quitte le Kosovo en janvier 2001, épuisé. La Grande Albanie est en construction.

Le 6 février 2001 il est nommé ministre délégué de la santé , sous l'"autorité" d'Elizabeth Guigou, ministre des affaires sociales ... un enfer.

En 2003 il est chargé par la compagnie pétrolière Total de faire un rapport sur le comportement de cette entreprise en Birmanie, rapport très critiqué.

En 2004 les américains lui décernent le titre de héros, pour avoir approuvé, comme de nombreux juifs en France, l'intervention américaine en Irak.

En 2005, à l'occasion de la famine au Niger, il souhaite que les riches occidentaux partagent davantage avec les pauvres du tiers-monde (comme lui ?)(Europe 1, 1er août 2005).

En 2007 il soutient modérément, à l'élection présidentielle, la candidature de la socialiste Ségolène Royal. Il voudrait une alliance avec le centriste François Bayrou. Il critique le candidat Nicolas Sarkozy, puis devient le ministre des Affaires Etrangères du président de la République Nicolas Sarkozy.

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Ses "souvenirs" partiels dans Dieu et les hommes, dialogues et propos (avec l'abbé Pierre [échanges critiques entre un catholique pro-palestiniens et des juifs pro-israëliens]), Avant-propos de Marek Halter, Robert Laffont, Paris 1993.

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Kouchner fait écran Total sur le travail forcé en Birmanie
Auteur d'un rapport payé par Total, l'ancien ministre blanchit le géant pétrolier.

Total, qui depuis août 2002, fait l'objet en France d'une plainte pour travail forcé en Birmanie, a appelé Bernard Kouchner, l'ex-ministre de la Santé du gouvernement socialiste et «French Doctor» fondateur de MSF, à la rescousse. En mars, le géant pétrolier a commandé un rapport à sa société, BK Conseil. «...Médecin humanitaire spécialiste des problèmes de santé publique et des situations d'urgence», écrit Total sur son site internet (http://birmanie.total.com/) où figure en bonne place ce rapport de 19 pages, «homme politique engagé connaissant personnellement Mme Aung San Suu Kyi (l'opposante birmane, prix Nobel de la paix en résidence surveillée, ndlr), Bernard Kouchner avait toute l'expérience requise pour être un observateur critique et impartial de l'action de Total en Birmanie».

Bernard Kouchner s'est donc rendu sur place pendant quelques jours, afin de voir le site du gazoduc construit par Total et achevé en 1998. Il a visité sept «villages modèles» du projet Yadana installés par le pétrolier dans cette zone dotée d'hôpitaux et d'orphelinats. Il n'en dit que du bien. «Ce programme socio-économique, note-t-il, est la meilleure publicité pour Total. Une sorte de bureau en ville, un show-room...»

Sur l'essentiel, c'est-à-dire le travail forcé des populations locales dont Total est accusé d'avoir profité vers 1995, Kouchner reprend l'argumentaire bien rodé du pétrolier : «Le chantier a employé 2 500 personnes (...). Toutes bénéficièrent d'un contrat écrit, de salaires réguliers, d'une protection sociale et de normes reconnues.» Des travaux forcés ? Il ne s'agissait que d'une confusion avec le chantier voisin d'une voie ferrée où «il est probable que des travaux forcés aient malmené les populations». «N'oublions pas, ajoute Kouchner pour ponctuer son paragraphe, que pour détestable qu'il soit, le recours au travail forcé est une coutume ancienne, qui fut même légalisée par les Anglais en 1907.» «Plus tard, au début du chantier, concède l'ancien ministre en se contredisant quelque peu, des villageois avaient été raflés par l'armée pour défricher la forêt et se livrer à d'autres besognes aux services des militaires (...). Ayant été prévenue de cette violation des droits de l'homme, la compagnie Total exigea que ces exactions cessent. Elle s'en ouvrit à Rangoon, aux dirigeants qui promirent d'intervenir et le firent. Deux décrets abolissant le travail forcé furent publiés en mai 1999 et octobre 2000.» L'auteur du rapport explique donc que Total, contrairement à ce que certains esprits «mal informés» ont pu supputer, a en réalité lutté contre le travail forcé. «Il oublie de dire, commente Farid Ghehioueche du collectif Info Birmanie, que ces décrets n'ont jamais été appliqués.» «En fait, ajoute le militant, Total a su que du travail forcé avait lieu sur son chantier, et lorsque l'entreprise s'est aperçu du danger que cela comportait en terme d'image, elle a changé de politique.»

Nombreux sont les témoignages accréditant le recours au travail forcé au profit de Total. Il y a le rapport confidentiel «L'action de Total en Birmanie», commandité par Total en juin 1996, dont Libération s'est procuré une copie. L'ancien responsable des questions de sécurité du pipe-line relate que «les unités affectées à la protection du projet Yadana ont déjà utilisé les services des local helpers (recrues locales) réquisitionnés pour le chemin de fer, pour certaines tâches à leur profit direct ou pour du défrichage au profit de Total, alors que la société ne cesse de leur expliquer qu'elle dispose de ses propres moyens pour effectuer des travaux».

La compagnie française a opéré un certain nombre de glissements sémantiques. En novembre 2002, le PDG Thierry Desmarest, affirmait que Total n'avait «jamais recouru, directement ou indirectement, au travail forcé». Mais en novembre 2003, Jean du Rusquec, chargé de mission de Total en Birmanie, déclarait à l'AFP : «Il y a eu des problèmes au démarrage du chantier. Strictement du travail forcé, vers décembre 1995, pour la construction de baraquements et pour du portage (...). Nous avons indemnisé les villageois, 400 environ. Il a fallu se bagarrer.» Malgré ce demi-aveu, la ligne de défense de Total demeure la même, précise l'avocat des plaignants birmans, William Bourdon, à savoir qu'«il n'y a jamais eu de travail forcé sur le chantier».

Total, s'il n'a pas profité sciemment de ce travail forcé, pouvait-il penser qu'il échapperait à ces pratiques ? Une étude confidentielle, commandée dès 1992 par Unocal, le partenaire américain de Total, à Control Risks Information Services, dont Libération s'est procuré une copie, avertissait le pétrolier : «Dans toute la Birmanie, le gouvernement utilise habituellement des travailleurs forcés pour construire les routes (...). Dans de telles circonstances Unocal et ses partenaires n'auront qu'une marge de manoeuvre très réduite.»

Dans son rapport, payé selon lui 25 000 euros par Total, Kouchner se prononce pour l'engagement constructif avec la dictature : «Fallait-il répondre aux appels d'offre et installer ce gazoduc en Birmanie ? Je le crois.» Et de conclure : «L'époque n'est plus à l'embargo et au boycott.» Position en totale contradiction avec ses convictions d'antan. Dans la préface de Dossier noir Birmanie (Ed. Dagorno, 1994), où il qualifiait la junte de «narcodictature», il reprenait à son compte l'idée selon laquelle «il faut imposer à la junte birmane des sanctions économiques». Ajoutant que de telles sanctions «heurtent bien souvent l'intérêt des Etats, dont la France qui, comme beaucoup d'autres, commerce avec les généraux via ses industries pétrolières». Pour justifier son revirement, Kouchner explique qu'à l'époque : «Je n'avais pas fait d'enquête. Mais un certain nombre de prix Nobel, dont mon ami Elie Wiesel, prétendaient l'avoir menée pour moi.»
Libération, Par Philippe GRANGEREAU, mercredi 10 décembre 2003, p. 9-10

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Les explications de l'ex-ministre

«Total m'a demandé un rapport sur la situation sanitaire et la façon dont ils géraient la situation dans la zone du gazoduc. J'ai reçu 25 000 euros pour deux mois de travail... Comment croyez-vous que je gagne ma vie moi ? (...) Les Birmans que j'ai vus sont absolument heureux de la présence de Total, trop à mon avis par rapport au reste de la population. Personne ne connaît les "victimes de Total", à ma connaissance (...). Je ne crois pas qu'il ait été besoin pour les gens de Total, qui sont couverts d'or et qui gagnent bien leur vie, de recourir à des travailleurs forcés.»
Libération, mercredi 10 décembre 2003, p. 9

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Time du 26 avril 2004.
Le magazine américain Time fait figurer deux français parmi, selon lui, les "100 personnalités les plus puissantes et influentes dans le monde" :
- l'entrepreneur Bernard Arnault sacré "empereur du luxe" pour avoir construit "le plus grand groupe mondial de mode et de produits de luxe" (LVMH) (Louis Vuitton Moët Hennessy ),
- et Bernard Kouchner parmi les "Héros" pour avoir "Au nom des droits de l'homme approuvé l'intervention américaine en Irak" ...

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(Juillet 2005) Famine au Niger: l'alerte de l'ONU n'a pas été entendue à temps (Kouchner)

Bernard Kouchner a déploré vendredi soir à Marseille, peu avant de s'envoler pour le Niger avec 18 tonnes d'aide alimentaire, que l'appel de l'ONU, qui avait dès la fin 2004 mis en garde contre les risques d'une famine dans ce pays, n'ait pas été entendu plus tôt.

"Personne n'a entendu l'alarme. Comme d'habitude, on pense que les Africains sont pauvres et que c'est normal que les pauvres meurent de faim. Tout ça est dans la logique et on ne fait rien", a déclaré par téléphone à l'AFP le fondateur de Médecins sans frontières, qui devait décoller dans la soirée pour Mardadi (nord-est du Niger) à bord d'un Antonov 12 affrété par son association, Réunir.
L'avion transporte 18 tonnes de denrées destinées spécifiquement aux enfants dénutris (nutriment enrichi et lait thérapeutique), qui seront distribuées en collaboration avec l'Association internationale contre la faim (AICF), dont le directeur général Benoît Miribel accompagne M. Kouchner.

Depuis le départ de Marseille d'un premier Antonov le 20 juillet, suivi de plusieurs autres rotations en provenance du Tchad, une centaine de tonnes de vivres ont pu être remises au Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, a souligné M. Kouchner.

"L'aide s'accroît, la France envoie son ministre des Affaires étrangères, c'est une grande première", s'est-il félicité, estimant que "les ONG travaillent toujours plus vite que les Etats".

Le chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy, qui doit quitter le Soudan pour se rendre au Niger, a annoncé vendredi que la France allait acheminer dès samedi plus de 35 tonnes de vivres pour 30.000 enfants nigériens menacés par la famine.

"La France dit qu'elle va aider le tiers-monde et le budget du développement diminue sans cesse", s'est cependant indigné M. Kouchner.

"C'est triste à chaque fois de voir qu'on a fait des grands concerts, le grand cirque médiatique, et qu'on ne s'est pas aperçu qu'il y avait des choses à faire pratiquement. Ce qui compte c'est l'action, pas seulement la parole", a lancé l'ancien ministre.

Classé parmi les pays les plus pauvres du monde, le Niger est en proie à la famine causée par une sécheresse persistante et une invasion de criquets pèlerins qui a détruit les récoltes de 2004.

La famine, qui touche le tiers des 11 millions d'habitants (notedt 7,5 millions en 1990), aurait pu être évitée si la communauté internationale s'était mobilisée plus tôt, selon l'ONU qui avait tiré la sonnette d'alarme dès novembre dernier.
AFP 29.07.05 | 23h27

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LE LIVRE NOIR DE SADDAM HUSSEIN, de : Chris Kutschera (sous la direction de) - Bernard Kouchner (préface)

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jeudi 7 septembre 2006, 8h24 Bernard Kouchner "ne croit pas au projet du PS"

PARIS (AP) - Bernard Kouchner déclare "ne pas croire au projet du PS" et n'exclut pas de se lancer dans la course à la présidentielle "si un minimum de démocratie sociale moderne n'est pas représenté par le candidat socialiste".

Dans une interview publiée par le quotidien gratuit "20 Minutes", l'ancien ministre de la Santé déclare attendre pour se prononcer sur le candidat socialiste que "chaque candidat réponde à des questions simples: "Je ne crois pas au projet du PS, qui n'est pas une réflexion commune mais un ramassis des pensées des uns et des autres".

Interrogé sur son éventuelle entrée dans la course à l'Elysée, Bernard Kouchner répond: "Si un minimum de démocratie sociale moderne n'est pas représenté par le candidat socialiste, je pense que j'irai avec mes propres amis, peut-être en dehors du PS. A l'intérieur, je ne peux pas, tout est verrouillé".

Et Kouchner de lancer une sévère pique aux "éléphants" du PS: "Pour les éléphants, je ne suis pas un 'vrai' politique (...) Mais il est vrai, au fond, que je n'ai fait 'que' trente ans d'humanitaire, dix ans au gouvernement et quelques missions de paix... Qui peut présenter un tel CV chez les apparatchiks?" demande-t-il. AP
Yahoo.fr, actualités, jeudi 7 septembre 2006, 8h24

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jeudi 4 janvier 2007, 9h34 Bernard Kouchner attend "beaucoup" de précisions sur le programme de Ségolène Royal

PARIS (AP) - L'ancien ministre socialiste Bernard Kouchner a souhaité jeudi que "beaucoup de choses soient précisées" dans la campagne de Ségolène Royal.

"Pour le moment, d'un côté comme de l'autre, mais singulièrement du côté de Ségolène, je voudrais que beaucoup de choses soient précisées", a déclaré Bernard Kouchner, qui a évoqué sur Europe-1 les thèmes de l'Europe, du temps de travail, des retraites, du service public ou du logement.

L'ancien ministre de la Santé, qui avait un temps envisagé d'être lui-même candidat à l'investiture socialiste, a estimé que Ségolène Royal "a un peu raison" de s'affranchir en partie du programme du PS, qu'il considère comme "de bric et de broc".

"Elle restera, et le PS la suivra, (...) novatrice à l'intérieur de la campagne", a-t-il prédit. "Je pense que ça marchera." AP
Yahoo.fr, actualités,

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Les présidentiables font des promesses en faveur du Darfour LE MONDE | 21.03.07 | 15h23 • Mis à jour le 21.03.07 | 15h23

Eh, c'est bien, tout le monde se met à signer !" Mi-ironique, mi-ravi, Bernard Kouchner salue, depuis la tribune de la Mutualité, à Paris, le dernier miracle en date de la présidentielle : François Bayrou, Dominique Voynet et Ségolène Royal font tribune commune lors du meeting organisé, mardi 20 mars, par le collectif Urgence Darfour. Ils se succèdent pour assurer de leur détermination à stopper les massacres dans cette région de l'ouest du Soudan, qui ont fait quelque 200 000 morts depuis 2003.

Nicolas Sarkozy, lui, a dépêché l'ancienne secrétaire d'Etat Nicole Guedj pour parapher en son nom, comme les trois autres candidats, l'"acte d'engagement pour le Darfour" qui appelle notamment au vote à l'ONU de résolutions coercitives contre le Soudan.

BOYCOTT DES JEUX OLYMPIQUES

Mme Voynet est venue dire "sa honte et sa colère". Le message de M. Sarkozy promet "un durcissement décisif des sanctions" contre les dirigeants de Khartoum, et des mesures "unilatérales" : gel des avoirs et refus de délivrer des visas aux responsables de massacres. Rappelant le veto opposé par la Chine aux sanctions contre Khartoum, M. Bayrou a adhéré à l'idée d'un boycott par la France des Jeux olympiques de Pékin. La salle a réservé un accueil particulièrement chaleureux à Mme Royal et à sa charge contre "la coupable immobilité de la politique africaine de la France", qu'elle s'est engagée à "changer en profondeur". Dénonçant un "silence assourdissant", elle a également promis de faire "pression" sur Pékin en "utilisant la date des Jeux olympiques".

Jacques Chirac s'est invité à sa manière, adressant au meeting un message prônant l'adoption de nouvelles sanctions à l'ONU contre le Soudan et assurant que la France "déjà y travaille", alors que le gouvernement avait jusqu'à présent manifesté son scepticisme après maintes résolutions non suivies d'effet. Hué, le ministre des affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, n'a pas craint d'affronter une salle déchaînée contre lui pour répondre à l'accusation de passivité. Aux militants qui réclament un engagement militaire immédiat, il a rétorqué qu'"une intervention armée sans accord politique serait vouée à l'échec".
Philippe Bernard, LE MONDE | 21.03.07 | 15h23 • Mis à jour le 21.03.07 | 15h23

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20 mars 2007. «Urgence Darfour» interpelle les candidats à la présidentielle augmenter la police diminuer la police imprimer

Halte à la «compassion», place à l’action. Mardi soir, en présence de Bernard-Henri Lévy et de Bernard Kouchner, le collectif «Urgence Darfour» organise un meeting à la Mutualité à Paris pour interpeller les présidentiables sur le conflit meurtrier dans cette région de l'ouest du Soudan.

«Nicolas Sarkozy (UMP) et Ségolène Royal (PS) ont évoqué brièvement le sujet sans prendre d'engagement», explique Yves Mamou, président du collectif; François Bayrou (UDF) s'est rendu il y a deux ans là-bas, mais lui non plus ne propose rien de concret pour l'instant. Le temps de la compassion est finie, il y a urgence à agir maintenant». Les associations demandent aux candidats, dont aucun n'a confirmé sa venue, «de signer un document d'engagement qui inclut plusieurs volets relatifs à l'ONU, la Cour pénale internationale, des sanctions économiques et politiques vigoureuses contre le Soudan, surtout dans une démarche européenne, la protection des réfugiés au Tchad et en Centrafrique et la mise en place de corridors humanitaires au Darfour».

L'initiative de mardi fait suite à la pétition pour une force de protection internationale au Darfour adressée aux chefs de gouvernement des Etats membres de l'Union européenne.

Au moins 200.000 morts

«Toute posture attentiste», prévient l’ancien président de Médecins du Monde, revient à laisser les victimes désespérément seules face à leurs bourreaux».

Le conflit au Darfour a éclaté début 2003 lorsque des mouvements de rébellion noire ont pris les armes pour dénoncer le désintérêt du pouvoir central pour leur région. Khartoum a par la suite armé des milices arabes, les Djandjaouids. On estime que 200.000 personnes ont péri depuis lors et que plusieurs millions d'autres ont dû fuir leurs maisons.
20Minutes.fr, éditions du 20/03/2007 - 15h06 dernière mise à jour : 20/03/2007 - 15h11

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Pèlerin.info, lundi 09 avril, Propos recueillis par Laurent Larcher,
Bernard Kouchner : "Nous sommes attendus au Darfour"

Face à la catastrophe humanitaire qui frappe cette région du nord-ouest du Soudan (plus de 300 000 morts et 2,2 millions de réfugiés en trois ans), l'ex-ministre, fondateur de Médecins sans frontières, appelle les lecteurs de Pèlerin et tous les citoyens à se mobiliser.

Que se passe-t-il aujourd'hui au Darfour ?

On y meurt ! D'abord, parce que le gouvernement soudanais dirigé par Omar el-Béchir a décidé de ne pas défendre des populations sédentaires du Darfour : des Noirs musulmans. Ces derniers ont demandé à ne plus être traités comme des citoyens de seconde zone par un régime sous l'influence d'islamistes racistes et mafieux.

Arabisants, les Soudanais du nord ont toujours méprisé les populations noires de l'ouest et du nord du pays. La tactique suivie par Khartoum est simple : envoyer des milices armées, les djandjawid, pour semer la terreur. Villages rasés, exécutions sommaires, politique de la terre brûlée, viols... sans compter les bombardements de l'aviation.

En riposte, deux principaux mouvements armés se sont constitués : le MJE (Mouvement pour la justice et l'égalité) tenu par des islamistes et le MLS (Mouvement de libération du Soudan) dirigé par des musulmans modérés qui se battent pour l'instauration d'un Etat laïc. Cette guerre, commencée en 2003, a tué 300 000 personnes et a fait 2,2 millions de réfugiés.

A cela s'ajoute la difficulté pour les ONG à venir en aide aux populations. Elles sont attaquées et rançonnées par les milices progouvernementales ou par des bandes de malfaiteurs. Rien n'est fait pour protéger sérieusement les humanitaires. Ainsi, depuis le mois de décembre, la plupart d'entre eux ont dû quitter les camps de réfugiés du Darfour, laissant des centaines de milliers de personnes livrées à elles-mêmes, sans soins, sans nourriture et sans témoins gênants pour les criminels.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté, le 31 août 2006, une résolution prévoyant d'envoyer 20 000 hommes pour sécuriser le Darfour. Or, cinq mois après, aucun casque bleu n'a foulé le sol soudanais. Pourquoi ?

Le président soudanais, Omar el-Béchir, s'est opposé à ce déploiement.
D'autre part, peu d'Etats membres ont proposé d'envoyer des soldats, car ceux-ci seraient exposés au risque d'un affrontement direct avec les milices progouvernementales. D'autant que ces dernières sont armées, et bien armées par la Chine.

Des soldats de l'Union africaine sont déjà présents au Darfour et je sais, de source sûre, qu'il y a d'autres pays qui sont prêts à engager des troupes, comme la Norvège.

Personnellement, je pense que la première urgence est d'ouvrir des corridors humanitaires en direction des victimes. Il y a des hommes, des femmes, des enfants en danger de mort. Nous avons les moyens de venir à leur secours et de sécuriser les convois humanitaires.
La France s'est honorée, en 1988 et en 1990, en faisant adopter par les Nations unies le principe du droit d'ingérence humanitaire. Le droit international permet donc le libre accès aux victimes, malgré les entraves politiques ou militaires !

D'où partiraient ces convois humanitaires ?

Du Tchad ou de Centrafrique. Si nous arrivons, par cette pétition, à créer une large mobilisation pour conduire la France à s'engager vivement auprès de l'ONU en ce qui concerne l'ouverture de ces corridors, je m'engage personnellement à convaincre le président tchadien Idriss Déby d'accepter que son pays serve de base arrière pour l'aide internationale.

Si nous n'aidons pas les populations du Darfour, le Tchad et la Centrafrique seront aussi déstabilisés par l'arrivée en masse des réfugiés. La catastrophe prendra alors une dimension complètement folle et ingérable. Cet appel est soutenu par les représentants des principales religions présentes en France.

Que pensez-vous de cette mobilisation ?

Elle est formidable.
Mais si ce n'est pas suffisant, pourquoi ne pas essayer, symboliquement, de lire notre appel dans tous les lieux de culte en France, le même jour ou la même semaine. Ce geste ne serait pas sans effet !
J'en ai discuté à la suite d'un débat télévisé avec plusieurs représentants religieux. Ils étaient tous partants pour mener une telle opération. Reste à engager les responsables hiérarchiques. Leur présence parmi les signataires montre que cela est possible.

Vous lancez votre appel en reprenant les termes utilisés par l'Abbé Pierre en 1954. Une manière de poursuivre son combat ?

Effectivement, je pense beaucoup à l'Abbé Pierre en ce moment. J'ai pleuré, nous avons été très nombreux à pleurer sa disparition, il y a deux semaines. L'hommage national, la veillée de Bercy, la messe à Notre-Dame de Paris furent de grands moments. Mais quel sens auraient donc ces belles manifestations si elles ne nous conduisaient pas à nous soucier encore plus du sort des autres ?

Je suis désemparé par notre difficulté à tirer les leçons des tragédies que nous avons connues ces dernières années. Enfin, après l'ex-Yougoslavie, après le Rwanda, comment peut-on encore rester passif devant les crimes de masse de notre temps ? Est-ce à dire que nous n'apprenons rien ? Je ne veux pas le croire.

Ensemble, nous pouvons améliorer un peu le sort de nos contemporains. Nous aurons au moins essayé de faire ce qui était en notre pouvoir, compte tenu de nos moyens, là où nous étions. Mais place à l'action. Nous sommes attendus au Darfour. Nombreuses sont les vies à sauver. L'Abbé, s'il était encore en vie, viendrait avec nous, malgré son âge. Faisons-le en sa mémoire.
Pèlerin.info,lundi 09 avril, Propos recueillis par Laurent Larcher

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Après Michel Rocard, Bernard Kouchner appelle à une alliance UDF-PS LEMONDE.FR avec Reuters | 14.04.07 | 18h46 • Mis à jour le 15.04.07 | 10h55

Après Michel Rocard, c'est au tour de Bernard Kouchner d'appeler à une alliance UDF-PS dès le premier tour de la présidentielle. L'ancien ministre de la santé de François Mitterrand rallie l'ancien premier ministre socialiste Michel Rocard dans son appel à une alliance socialo-centriste.

"Pour la première fois depuis trente ans, le parti de François Bayrou ne récuse pas la gauche réformatrice. Saisissons cette chance", déclare l'ancien ministre de la santé de Lionel Jospin dans une tribune à paraître dans Le Journal du Dimanche sous le titre : "Assez de l'esprit sectaire!"

"A l'instar de nos voisins européens, capables de réussir là où nous avons échoué, cette gauche-là ne doit pas refuser l'alliance avec un centre rénové", souligne Bernard Kouchner, qui a rejoint l'équipe de campagne de la candidate socialiste Ségolène Royal en février.

"Je ne suis pas dans une manoeuvre politicienne, je ne l'ai jamais été. Et je n'imagine pas que Michel Rocard y soit, lui qui a plus apporté à la France et aux idées que tous ses détracteurs réunis", explique-t-il. "J'ai suffisamment soutenu Ségolène Royal et travaillé avec elle pour savoir qu'elle peut orchestrer calmement cette indispensable mutation", poursuit-il.

"Je sais que les alliances ne se noueront qu'après le premier tour. Ce n'est pas ajouter à la confusion que de revenir dès aujourd'hui à l'essentiel, et de préférer aux calculs politiciens des convictions que tant d'entre nous partagent", insiste Bernard Kouchner."Les électeurs de dimanche prochain ne sont pas prisonniers des frontières du sectarisme. La France vaut mieux que nos certitudes vieillies et nos crampes partisanes", conclut-il.
LEMONDE.FR avec Reuters | 14.04.07 | 18h46 • Mis à jour le 15.04.07 | 10h55

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vendredi 18 mai 2007, 16h33 Kouchner: un style nouveau au Quai d'Orsay mais quelle marge de manoeuvre?

PARIS (AFP) - Le socialiste Bernard Kouchner, champion flamboyant du droit d'ingérence humanitaire, arrive avec un style nouveau à la tête de la diplomatie française d'un gouvernement de droite, mais sa marge de manoeuvre pourrait être réduite.

Le Darfour et le Kosovo, deux crises dans lesquelles il s'est largement impliqué, devraient lui donner très vite l'occasion de faire jouer son expérience sur la scène internationale.

Pour Dominique Moïsi, de l'Institut français de relations internationales (IFRI), avec Kouchner au Quai d'Orsay et Nicolas Sarkozy à la présidence "le discours français se durcira à l'égard de Moscou et deviendra plus ouvert à l'égard de Washington". "Mais est-ce que ce sera du fond ou est-ce que ce sera du style?"

"On aura un style différent mais je ne pense pas qu'on s'éloigne des grands fondamentaux de la politique étrangère" française, estime Pascal Boniface, directeur de l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS).

Pierre Hassner, du Centre d'études et de recherches internationales (CERI), pense lui qu'"il y aura un infléchissement, certainement un changement de ton" dans la diplomatie française.

Dès son élection, M. Sarkozy avait assuré qu'il ferait "de la défense des droits de l'Homme et de la lutte contre le changement climatique les priorités de l'action diplomatique de la France".

Toutefois, "la marge de manoeuvre est limitée et, étant réaliste, Nicolas Sarkozy en rabattra beaucoup", prévoit M. Hassner.

Le dossier de la guerre civile au Darfour (ouest du Soudan), qui a fait 200.000 morts et deux millions de déplacés depuis 2003 selon l'ONU, devrait être traité en urgence par M. Kouchner, fondateur de Médecins sans frontières (MSF).

"Il en fera l'une de ses priorités", dit un diplomate français. "Il va vouloir s'investir beaucoup personnellement" et sera "sans doute partisan de davantage de pression sur le gouvernement soudanais".

Bernard Kouchner avait dénoncé en février "l'intransigeance du président soudanais (Omar el-Béchir) qui s'oppose à toute aide humanitaire efficace".

Administrateur du Kosovo au nom de l'ONU de 1999 à 2001, M. Kouchner aura également à coeur de faciliter un règlement définitif d'une crise dans laquelle, selon lui, le droit d'ingérence s'est "imposé".

"Il connaît parfaitement les protagonistes. Il peut parler aux uns et autres et jouer un rôle dans ce sens-là", relève le même diplomate français.

En ce qui concerne la Russie, "il a eu des propos assez marqués sur la Tchétchénie" et "aura une volonté de tenir un langage plus clair sur la question des droits de l'Homme", ajoute-t-il.

"En même temps, les Russes sont des partenaires dont on a besoin dans toute une série de sujets", souligne ce diplomate.

La Russie juge "inacceptable" le nouveau projet de résolution déposé au Conseil de sécurité, qui approuve le plan de l'ONU visant à l'octroi d'une indépendance surveillée à la province serbe du Kosovo.

C'est pourquoi, selon François Géré, de l'Institut français d'analyse stratégique (IFAS), "il serait tout à fait malvenu d'imaginer que la France cherche à se mêler directement de ce qui se passe en Tchétchénie".

M. Kouchner aura l'occasion de rencontrer son homologue russe Sergueï Lavrov fin mai, dans la cadre de la conférence des ministres des Affaires étrangères du G8.

Mais l'action du nouveau ministre pourrait pâtir d'une "présidentialisation" du régime.

"Il y a une présidentialisation du régime avec un poids lourd de la diplomatie à l'Elysée", dit Dominique Moïsi, se demandant "quel va être l'équilibre" entre M. Kouchner et Jean-David Levitte, l'ancien ambassadeur de France à Washington nommé conseiller diplomatique et "sherpa" de Nicolas Sarkozy.
vendredi 18 mai 2007, 16h33, Yahoo.fr, actualités

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66% des Français d'accord avec l'entrée de Kouchner NOUVELOBS.COM | 19.05.2007 | 09:27

Selon un sondage réalisé vendredi pour Le Parisien-Aujourd'hui en France, 66%des Français estiment que le "French Doctor" a eu raison d'accepter son ministère contre 19% qui y sont défavorables.

Pour 66% des Français, l'ancien ministre socialiste Bernard Kouchner a eu raison d'accepter d'être ministre des Affaires étrangères du gouvernement de François Fillon, selon un sondage CSA-Cisco pour Le Parisien/Aujourd'hui en France rendu public vendredi 18 mai au soir. Moins d'un sondé sur cinq (19%) est d'un avis contraire tandis que 15% ne se prononcent pas.

56% de sympathisants PS favorables

Sans surprise, les sympathisants du nouveau président sont les plus enthousiastes devant le ralliement de l'ancien ministre socialiste avec 88% d'avis favorables, devant ceux de François Bayrou et de Jean-Marie Le Pen (70%) et ceux de Ségolène Royal (56%).

- Sondage réalisé par téléphone vendredi auprès d'un échantillon national représentatif de 1.001 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. (AP)
nouvelobs.com, 19.05.2007 | 09:27

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La dernière ingérence du French doctor L'ex-socialiste à l'ego hypertrophié veut croire qu'il est indispensable. Par GARÇON José, Marc SEMO, Libération, QUOTIDIEN : samedi 19 mai 2007

Souvent assassins, les clichés ne sont pas pour autant exempts d'une certaine vérité.
Depuis des années, Bernard Kouchner en traîne un : «Un tiers mondiste, deux tiers mondain.»
Et la figure emblématique des French doctors doit désormais se débrouiller d'un qualificatif moins plaisant et tout aussi caricatural : «traître».
Traître à un parti ­ le PS ­ et à une histoire ­ la sienne ­ qui voit un ancien soixante-huitard, ex-militant aux Jeunesses communistes et ministre socialiste pendant une dizaine d'années, accepter d'être le ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy, inquisiteur de «l'héritage de Mai 68» et affichant une droite décomplexée.

Pas de bonne ou de mauvaise victime

La force et la faiblesse du nouveau chef de la diplomatie française, c'est de n'avoir cure de ces attaques ou des moqueries sur son côté «salonnard, beau parleur et léger». Comme si à 67 ans le temps presse assez pour que seule compte la possibilité de réaliser un rêve qui relève à la fois d'un ego hypertrophié et d'une (forte) tendance à «jouer perso», mais aussi d'une volonté sincère de gérer les conflits du monde, auxquels il a consacré sa vie. Souvent pour le meilleur, parfois pour le pire.

Jeune gastro-entérologue, Bernard Kouchner rencontre pour la première fois l'urgence humanitaire en 1968 au Biafra, où il se rend pour la Croix-Rouge. Guerre et famine : plus d'un million de morts. Il n'y a pas de «bonnes» et de «mauvaises» victimes, et Kouchner ne supporte pas le silence imposé aux médecins au nom de la «neutralité».
Un constat que feront partout, du Liban au Kurdistan, du Vietnam en passant par le Cambodge, l'Ouganda ou la Yougoslavie, les French doctors, ces médecins bénévoles qui, en 1971, créent Médecins sans frontières et reçoivent le prix Nobel de la paix en 1999. Pour Kouchner, l'affaire est entendue : toute violation massive des droits de l'homme doit remettre en cause la souveraineté des Etats et permettre l'intervention d'acteurs extérieurs.
Cette conviction est d'autant plus forte que la réponse de Goebbels à la plainte d'un Juif de haute Silésie hante celui dont les grands parents paternels sont morts à Auschwitz : «Charbonnier est maître chez soi.» Inventée par l'essayiste Jean-François Revel et théorisée par le juriste Mario Bettati, l'expression «droit d'ingérence» n'aura sur la scène publique qu'un seul héraut : Kouchner.

Il en tirera le début d'une popularité qui ne s'est jamais démentie et dont les excès médiatiques exaspèrent, par exemple en 1992 quand une émission télévisée le montre sur une plage de Somalie avec un sac de riz sur l'épaule (voir ci-contre). Ces coquetteries gomment l'innovation majeure qui vit la création d'une zone protégée pour les Kurdes dans le nord de l'Irak, à la fin de la guerre du Golfe, en 1991.
Un précédent dans le droit international. «C'est le vrai basculement de l'après-guerre froide sans lequel, en dépit de leurs fortunes diverses, les ingérences en Bosnie, au Kosovo ou à Timor auraient été impossibles», note un diplomate qui voit là le signe que Kouchner, «outre un agitateur d'idées, peut être aussi un politique efficace».
Sa consécration aura lieu en 1999 quand il devient de facto le gouverneur du Kosovo, région placée sous protectorat international. Le bilan sera mitigé, notamment s'agissant de la réconciliation entre Serbes et Albanais. «Mais qui pouvait faire mieux ?» demande le même diplomate.

Depuis, Kouchner n'a cessé de ronger son frein et de courir moins après le pouvoir qu'après une reconnaissance : celle du Parti socialiste, rejoint seulement en 1998, qui n'a jamais vraiment fait appel aux compétences de cet électron libre au franc-parler qui ne s'embarrasse ni de la discipline ni des credo partidaires ; celle aussi de la France, qui a proposé sa candidature à la tête de l'OMS et du HCR mais sans se battre outre mesure.
La crise irakienne le placera une fois de plus en porte-à-faux avec un pays qui mène le combat contre l'invasion américaine. D'autant qu'il ne cache pas son inclination à soutenir une opération destinée à mettre à bas une dictature sanglante. L'après-guerre sera pire encore pour un Kouchner dont la fidélité en amitié est égale à sa difficulté à travailler autrement qu'avec ceux qui lui sont proches : victime d'un attentat, son ami Sergio Vieira de Melo, le représentant de l'ONU en Irak, meurt à Bagdad en 2003 avec nombre de ses amis de la mission du Kosovo.

Darfour et Kosovo sur sa feuille de route

Principal symbole ­ façade ? ­ d'une «ouverture» à gauche, Kouchner a beau jeu d'arguer qu'il ne se renie pas, étant «sarko-compatible» avec l'atlantisme, l'engagement européen et l'intérêt pour les droits de l'homme qu'affiche le Président. Même compatibilité quant à une manière de privilégier la communication et le travail en bande.

Mais les dossiers qui attendent le désormais chef de la diplomatie française sont complexes. Si sur le Darfour comme sur le Kosovo l'homme des corridors humanitaires a une crédibilité incontestable, qu'en sera-t-il de la Méditerranée ­ et donc du Maghreb ­, dont Nicolas Sarkozy affirme qu'elle sera «une priorité» et où la raison d'Etat l'emporte sur toutes les autres considérations ? Ou bien de la Turquie, à propos de laquelle Daniel Cohn-Bendit se demandait : «Kouchner sera l'homme qui, au Conseil européen, bloquera les négociations avec Ankara ?»
Par GARÇON José, Marc SEMO, Libération, QUOTIDIEN : samedi 19 mai 2007

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DARFOUR Bernard Kouchner : "L'avenir s'est éclairci" pour le Darfour
NOUVELOBS.COM | 25.06.2007 | 19:12

La conférence internationale sur le Darfour s'est achevée à Paris. Comme prévu, les participants, dont les représentants des grandes puissances, dont la Chine, les Etats-Unis et la France, et ceux d'organisations internationales, ont réaffirmé leur soutien à l'Union africaine et à l'ONU pour le déploiement d'une force hybride.

Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a estimé lundi 25 juin que "l'avenir s'est éclairci" pour le Darfour, à la fin de la conférence de Paris. "Quelqu'un a pu dire (lors de la réunion) qu'il y avait une petite lueur au fond de ces ténèbres", a dit M. Kouchner à la fin de cette rencontre qui ne devait pas déboucher sur l'annonce de mesures spectaculaires, mais destinée à accélérer la mobilisation de la communauté internationale pour le Darfour, ravagé par la guerre civile.
Les représentants des grandes puissances, dont la Chine, les Etats-Unis et la France et ceux d'organisations internationales ont pour la première fois tenté d'unir leurs efforts en ce sens.

La conférence de Paris a donné lieu à un soutien réaffirmé de l'Union africaine et de l'ONU pour le déploiement d'une force hybride Union africaine/ONU de plus de 20.000 hommes, qui a été accepté par Khartoum le 12 juin dernier.
"C'était l'occasion de réunir tout le monde et de savoir exactement ce que nous devons faire", a déclaré pour sa part la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, dont le pays dénonce un génocide, lors d'une conférence de presse finale.

"Le silence tue"

"Le Soudan doit savoir que s'il coopère, nous l'aiderons puissamment et que s'il refuse, il faudra être ferme", a dit plus tôt dans la journée Nicolas Sarkozy, dans un discours au Palais présidentiel de l'Elysée, devant les représentants des grandes puissances.
"Je crois que la fermeté de la communauté internationale, c'est la seule façon d'amener tout le monde à la discussion", a affirmé Nicolas Sarkozy. "Nous devrons être fermes à l'égard des belligérants qui refuseraient de revenir à la table de négociations", a déclaré le président, car "le silence tue".

Khartoum, qui est sous pression de la communauté internationale, a qualifié cette réunion "d'inopportune". Paris, à l'initiative de cette rencontre, voulait coordonner tous les efforts diplomatiques en cours et "donner un nouvel élan fort à la mobilisation" internationale.

Mais l'Union africaine n'avait pas souhaité participer à la réunion, de même que l'Afrique du sud.

200.000 personnes mortes depuis février 2003

Condoleezza Rice a souligné qu'il fallait "parfois s'assurer que tout le monde a le même objectif et pousse dans la même direction", en référence apparente à la Chine, principale alliée du Soudan.

Après des mois de pressions diplomatiques, Khartoum a donc accepté le 12 juin de remplacer l'actuelle force africaine au Darfour, composée de 7.000 hommes mal équipés, par cette force hybride, associant l'Union africaine et l'ONU. Quelque 200.000 personnes sont mortes depuis février 2003 au Darfour selon l'ONU et plus de 2,1 millions d'autres ont été déplacées, chiffres contestés par Khartoum.

L’humanitaire, le politique, la reconstruction

Les participants ont abordé quatre volets : la relance du processus politique, la situation humanitaire et sécuritaire, la reconstruction des zones affectées par la crise et ses répercussions régionales.

La Russie, le Japon, les Pays-Bas, le Canada, la Grande-Bretagne, la Norvège, l'Allemagne, au titre de la présidence de l'Union européenne, l'Italie, la Suède, le Danemark et le Portugal participaient notamment à la réunion, de même que Javier Solana, Haut représentant de la politique étrangère européenne, et le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon.
NOUVELOBS.COM | 25.06.2007 | 19:12

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Des euros «évaporés» par millions au Darfour
Les soldats de l’Union africaine attendent leur solde.
Par Thomas Hofnung, Libération, QUOTIDIEN : lundi 16 juillet 2007, p. 7

Le Darfour comme nouvelle illustration des dérives bureaucratiques des opérations multilatérales de maintien de la paix ? Depuis le déploiement d’une force, en 2004, par l’Union africaine (UA) dans cette province de l’ouest du Soudan ravagée par la guerre civile, l’Union européenne a déboursé 282 millions d’euros pour financer ces opérations. Mais certains des 7 700 soldats (nigérians, sénégalais, rwandais) n’en voient jamais la couleur.

«Nous sommes dans une situation très embarrassante, a reconnu Josep Borrell, ancien président du Parlement européen, de retour d’une mission d’eurodéputés au Darfour . Depuis des mois, les soldats n’ont pas touché leur paye. Certains n’ont même jamais rien reçu.» L’eurodéputé Thierry Cornillet, qui parle d’un retard de «quatre mois» dans les versements, évoque la «démoralisation» des militaires. Les députés demandent qu’une enquête soit menée avant de débloquer d’autres fonds. Notamment pour financer l’envoi de la «force hybride» (Union africaine-ONU), appelée à se substituer, début 2008, à une force africaine impuissante à enrayer la violence.

«Nous devons rendre des comptes au contribuable européen» , dit-on à la Commission de Bruxelles, où l’on précise que deux experts ont été envoyés au siège de l’Union africaine, à Addis-Abeba (Ethiopie). Ces derniers ont déjà «audité» les comptes de 2005 concernant l’utilisation des fonds européens, avant de se plonger dans ceux de 2006. «A ce stade, ils n’ont relevé aucune trace de détournement», assure Amadeu Altafaj, le porte-parole du Commissaire au Développement et à l’Aide humanitaire, Louis Michel. «L’UA est une organisation jeune, elle manque encore d’expertise et de capacités de gestion financière, ajoute-t-il. Mais n’oublions pas que c’est la seule organisation qui, pour le moment, a pris ses responsabilités au Darfour.»

En attendant la fin de l’audit, une certitude : l’argent européen «s’évapore». Mais à quel niveau de la chaîne ? Il y a quelques années, un scénario similaire s’était produit avec la force africaine en République centrafricaine, la Fomuc, financée en grande partie par Paris. «On s’était aperçu que le général commandant l’opération prélevait un tiers de l’argent, qu’un autre tiers était capté par les officiers et qu’il ne restait plus qu’un tiers pour la troupe», raconte un diplomate. La France avait alors nommé des officiers chargés de réceptionner l’argent et de le distribuer, listings en main, aux soldats de la Fomuc.

Dans le cas du Darfour, ce sont les états-majors des contingents africains qui sont chargés de répartir les soldes. Faudra-t-il leur adjoindre des officiers européens ? Autre sanction possible, mais presque impossible à assumer : la suspension des financements. Alors que Khartoum est accusé par Washington de poursuivre ses raids meurtriers et que plus de deux millions de personnes vivent sous perfusion humanitaire au Darfour, qui osera «couper les vivres» à l’Union africaine ? Une telle décision signerait l’arrêt de mort de ses opérations. «L’UA est à court d’argent : sur 53 pays, seuls 7 paient en temps et en heure leur contribution», note-t-on à Bruxelles.

A court terme, il ne reste plus qu’à remettre au pot. Lors d’une conférence, le mois dernier, sur le Darfour, Nicolas Sarkozy a annoncé 10 millions d’euros supplémentaires pour la force de l’UA. A ce jour, la France a assumé le quart des 282 millions d’euros déboursés par les Européens.

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Kouchner en visite surprise à Bagdad
L.S. (lefigaro.fr). Publié le 19 août 2007Actualisé le 19 août 2007 : 18h32

Une visite surprise et même surprenante.

Dimanche (19 août 2007) en milieu d'après-midi, Bernard Kouchner est arrivé à Bagdad.
Cette "visite officielle", selon son ministère, n'était pourtant pas prévue à son agenda. Elle devrait durer trois jours. Le ministre réfléchissait en fait à ce projet"depuis sa prise de fonction" en mai, selon un communiqué.

Un temps de réflexion compréhensible : aucun ministre français des Affaires étrangères n'a mis les pieds dans la capitale irakienne depuis l'opposition de la France à la guerre en Irak, en 2003 (lire notre dossier sur la guerre en Irak).

Une décision qui avait à l'époque provoqué des graves tensions dans les relations franco-américaines.

Défenseur du "droit d'ingérence", Bernard Kouchner était allé à contre-courant de l'opinion dominante lors du déclenchement du conflit, regrettant que la France se soit désolidarisée des Américains. "Si nous avions continué à être à leur côté, nous aurions pu éviter la guerre", avait-il déclaré. Il avait déploré que les Français soient devenus "américanophobes".

Le ministre est en Irak "pour exprimer un message de solidarité de la France au peuple irakien et pour écouter les représentants de l'ensemble des communautés, sans exclusive", selon le texte du communiqué.

Un geste qui a également plu à Washington. "Les Etats-Unis se félicitent de la visite du ministre français des Affaires étrangères Kouchner à Bagdad", a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche pour les questions de sécurité nationale, Gordon Johndroe.

Le Quai d'Orsay ajoute que la date de l'arrivée de Bernard Kouchner en Irak correspond au quatrième anniversaire de la mort dans un attentat de Sergio Vieira de Mello, représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et d'une vingtaine de fonctionnaires des Nations unies. "M. de Mello était un ami personnel de M. Kouchner", ajoute le ministère.

Dès son arrivée sur le sol irakien, Bernard Kouchner est allé déposer une gerbe portant la mention "Aux soldats de la paix, Une France reconnaissante", sur le monument dressé à leur mémoire dans la "zone verte" ultra-sécurisée.

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Jalal Talabani, président de l'Irak "Il n'y a pas de guerre chiite-sunnite en Irak mais des divisions à l'intérieur de ces communautés"
LE MONDE | 22.08.07 | 11h46 • Mis à jour le 22.08.07 | 16h07

Que représente la visite du ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner ?

Je la résumerai d'un mot : elle est historique. Pour la première fois depuis que l'Irak a été libérée de la dictature, un ministre français se rend en Irak pour parler aux dirigeants et observer la situation sur le terrain. Je suis certain que cela contribuera à une bien meilleure compréhension entre les deux pays.

C'est un ami depuis plus de deux décennies. Nous nous étions rencontrés dans les montagnes du Kurdistan alors qu'il était en mission pour Médecins sans frontières pour aider les civils victimes de bombardements et de déportation. Nous n'avons jamais perdu contact.

En 2006, je l'avais invité, par la voie diplomatique officielle, à venir à Bagdad et au Kurdistan. Il avait accepté mais en a été empêché. Le président Sarkozy est, lui aussi, en faveur d'un rapprochement. Quand il était ministre de l'intérieur, il nous a promis qu'une fois président de la République, il nous aiderait davantage, notamment dans le domaine sécuritaire. Nous avions évoqué la possibilité pour la France d'entraîner nos forces de sécurité irakiennes et de leur fournir des armes légères pour protéger les civils.

Qu'attendez-vous de ce retour de la France sur la scène irakienne ?

L'Irak est une grande nation et un pays riche, qui peut influencer l'ensemble du Moyen-Orient. La France devrait être intéressée à promouvoir la démocratie. Les relations entre la France et l'Irak ont traditionnellement été très bonnes.

Dans le passé, le gouvernement français entretenait des liens avec une dictature qui était haïe par les peuples. Il s'agit aujourd'hui de renouer ces relations, sur une base nouvelle, axée sur l'amitié entre ces deux peuples.

Il y a de nombreux domaines de coopération possibles. La France peut aider l'Irak à développer des entreprises pour la reconstruction. Nous possédons aussi beaucoup de champs pétroliers dans lesquels les investissements français sont les bienvenus.

Que peut faire la France ? Pensez-vous à une initiative similaire à la conférence interlibanaise ?

Notre problème majeur et notre devoir sont de mettre fin à ce conflit entre Irakiens et de parvenir à la réconciliation nationale, seule capable de mettre fin au terrorisme dans ce pays. Car les terroristes, qui proviennent principalement de l'extérieur du pays, manipulent les communautés et utilisent leurs différends pour perpétrer leurs crimes.

Je ne crois pas qu'une conférence nationale soit nécessaire en Irak. Au Liban, les différentes parties ne sont pas capables de se parler ou de s'asseoir à la même table. En Irak, nous nous parlons et nous nous rencontrons tous les jours. Chaque communauté participe à ce dialogue. Nous nous en sortirons sans conférence.

M. Kouchner a comparé l'Irak au Liban, soulignant l'antagonisme entre chiites et sunnites et le risque que cela signifie pour la région…

Il n'y a pas de guerre sunnite-chiite en Irak. Il y a, c'est vrai, des différends. Mais surtout des divisions à l'intérieur même de ces communautés.

N'oubliez pas, par ailleurs, en parlant des sunnites, que les Kurdes appartiennent en majorité à cette communauté. Nous ne sommes pas dans une situation de deux fronts religieux distincts opposés.

Au contraire, il existe différentes alliances politiques rassemblant en leur sein ces deux communautés. Il y a des groupes extrémistes chiites et sunnites qui se combattent violemment. Mais la majorité des citoyens Irakiens refusent de se battre les uns contre les autres.

Nous assistons en fait à une guerre politique autour du partage du pouvoir. Il y a en outre des malentendus autour de la Constitution et de son application.

L'Irak a quand même connu l'attentat le plus meurtrier de son histoire moderne, il y a quelques jours…

C'est vrai qu'il y a des attaques terroristes, mais elles visent les civils, plus que l'armée ou la police irakiennes. Ces groupes vont dans des pauvres villages turcomans avec trois voitures piégées, ou attaquent des hameaux yazidis loin des villes, près des frontières syriennes.

Dans ces conditions, n'importe qui est capable de faire des massacres, surtout quand il reçoit la permission des pays voisins.

Le gouvernement irakien vit aussi une crise majeure après le départ de ministres, notamment sunnite…

C'est un phénomène naturel dans une démocratie. Ces départs sont liés à des raisons diverses. Les Arabes sunnites ont adressé des demandes au gouvernement, exigeant que celui-ci y réponde immédiatement.

Le premier ministre, M. Maliki, n'était pas prêt, alors ils sont partis estimant qu'ils n'étaient pas traités comme de véritables partenaires politiques.

Quant aux ministres du mouvement [chiite] de Moqtada Al-Sadr, c'est un autre problème. Le premier ministre a pris des mesures contre certains groupes sadristes qui violaient la loi. Des gangsters qui assassinaient les sunnites au nom de l'Armée du Mahdi.

Moqtada Al-Sadr a démenti, affirmant qu'il était contre ces crimes. M. Maliki a été obligé de sévir contre ces milices. Les ministres s'en sont offusqués. Ils sont partis.

Actuellement, les sadristes ont repris langue avec le premier ministre. Ils se disent prêts à réintégrer le processus politique et le Parlement et ont proposé de remplacer les ministres démissionnaires par d'autres, plus compétents.

Se profile-t-il une sortie de crise ?

Nous avons mis en place un sommet incluant des représentants de tous les principaux blocs politiques du pays qui discutent des questions litigieuses de blocage. Il n'y a pas encore d'accord, mais des progrès. Le plus important est que tous les dirigeants sont déterminés à tenter de résoudre ensemble ces problèmes.

Les Arabes sunnites ne réintégreront peut-être pas le gouvernement. Mais, même en restant à l'extérieur, il n'est pas question pour eux de rompre avec le processus politique. Leur retour dépendra de leur estimation de la situation.

Nous essayons de les persuader de revenir car, sans eux, le gouvernement perd sa dimension d'"union nationale". Ils en sont un élément important.

Mais s'ils ne reviennent pas, le gouvernement ne s'effondrera pas pour autant. Il détient toujours la majorité au Parlement. Il peut survivre.
Propos recueillis par Cécile Hennion

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George W. Bush prend ses distances vis-à-vis du premier ministre irakien
LEMONDE.FR | 22.08.07 | 14h34 • Mis à jour le 22.08.07 | 16h02

Le fait que le président américain se soit gardé de réaffirmer sa confiance à Nouri Al-Maliki, lors d'une conférence de presse, mardi 21 août, en marge du sommet de Montebello au Canada, a largement fait réagir les journaux américains.

George W. Bush était interrogé sur les propos tenus la veille par l'une des grandes figures du Congrès, le démocrate Carl Levin, qui avait estimé que le Parlement irakien devait retirer sa confiance au premier ministre. "La question fondamentale est : est-ce que le gouvernement répond aux attentes du peuple ?", a demandé le président américain. "Si le gouvernement ne répond pas aux attentes des gens, ils remplaceront le gouvernement. C'est aux Irakiens d'en décider, pas aux hommes politiques américains."

Pour le New York Times, George W.Bush "prend du recul" par rapport à M. Al-Maliki, pour le Washington Post, il "fait monter la pression" sur le premier ministre irakien. "Cela ne valait pas le vote de défiance du sénateur Carl Levin, commentent Sheryl Gay Stolberg et Jim Rutenberg dans le New York Times, (...) mais c'était une tentative marquante de la Maison Blanche de se mettre à distance du gouvernement Al-Maliki avant le mois de septembre." La version finale d'un rapport d'évaluation sur la stratégie controversée annoncée par le président Bush en janvier d'envoyer 30 000 soldats supplémentaires en Irak est en effet attendue pour septembre.

PAS DE "CHÈQUE EN BLANC" POUR NOURI AL-MALIKI

Face aux critiques des démocrates – et même de certains républicains –, George W. Bush tenterait, selon le New York Times, de faire passer un nouveau message : "Nous faisons notre travail en Irak, ne nous blâmez pas si les Irakiens ne font pas le leur". Pour le Washington Post, ces "mots durs" du président Bush suggèrent que, face aux autorités actuelles en Irak, l'administration américaine commence à perdre patience.

Les deux quotidiens remarquent que cette déclaration intervenait quelques heures après que l'ambassadeur américain en Irak, Ryan C. Crocker, a fait un commentaire similaire à Bagdad, jugeant "extrêmement décevant" les progrès politiques du gouvernement irakien qui ne parvient pas à réconcilier les communautés chiite, sunnite et kurde, condition pourtant essentielle à la stabilisation du pays. M. Crocker a insisté pour que le soutien américain à Nouri Al-Maliki n'apparaisse pas comme un "chèque en blanc".
Aline Leclerc

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M. Kouchner évoque la possibilité d'une "guerre" avec l'Iran
LE MONDE | 17.09.07 | 16h27

Le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, a estimé, dimanche 16 septembre, que le monde devait se "préparer au pire", c'est-à-dire à la possibilité d'une "guerre" avec l'Iran, tout en appelant à "négocier jusqu'au bout". Invité de l'émission radiotélévisée le Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, M. Kouchner a souligné, sur un ton particulièrement dur, qu'"il n'y a pas de plus grande crise", à l'heure actuelle, que celle du programme nucléaire iranien, suspecté de servir de paravent à des activités militaires, malgré les démentis de Téhéran.

"Nous n'accepterons pas que cette bombe soit construite", a dit le ministre. Le 27 août, le président de la République, Nicolas Sarkozy, avait déjà mis en garde contre "une alternative catastrophique : la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran".

SANCTIONS ÉCONOMIQUES

A Washington, le secrétaire à la défense, Robert Gates, a déclaré, un peu plus tôt dans la journée, sur la chaîne de télévision américaine Fox News, que "la voie diplomatique et économique reste de loin la meilleure approche, pour le moment, pour continuer de gérer la menace iranienne". Mais "toutes les options restent ouvertes", a-t-il ajouté.

Evoquant le risque d'un bombardement de l'Iran, M. Kouchner a toutefois cherché à démentir qu'une attaque soit imminente. Il a indiqué qu'"aucun signe ne nous permet de penser, en dehors des préparations militaires", qu'un bombardement américain de l'Iran soit proche. "Je ne crois pas que nous en soyons là", mais il est "normal qu'on fasse des plans", a-t-il dit.

M. Kouchner a souligné que la négociation restait l'option privilégiée pour amener Téhéran à suspendre sa production d'uranium enrichi. Mais il a aussi déclaré que Paris plaidait pour que l'Union européenne prenne des sanctions économiques en dehors du cadre des Nations unies. "Nos amis allemands l'ont proposé", a-t-il ajouté, en précisant qu'il s'agirait de "sanctions économiques à propos des circuits financiers" visant notamment "les grandes fortunes, les banques" en Iran.

Paris, a-t-il ajouté, a d'ores et déjà décidé de demander aux grandes entreprises françaises de ne plus investir en Iran, en particulier dans le secteur des hydrocarbures. Cette démarche a concerné la compagnie pétrolière Total ainsi que Gaz de France "et d'autres", a-t-il dit.

La perspective d'une nouvelle résolution du Conseil de sécurité instaurant de nouvelles sanctions contre Téhéran est au centre des visites de M. Kouchner à Moscou, lundi et mardi, puis à Washington en fin de semaine. Les six grandes puissances (France, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Chine, Russie et Allemagne) impliquées dans les discussions sur le dossier nucléaire iranien étudieront vendredi, dans la capitale américaine, un projet de résolution prévoyant de nouvelles sanctions, a annoncé le département d'Etat américain. - (AFP.)
Le Monde, Article paru dans l'édition du 18.09.07.

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Iran: François Fillon évoque "une situation de très grande tension"
AP - Lundi 17 septembre, 16h11ANGOULEME -

"Tout doit être fait pour éviter la guerre" contre l'Iran, a affirmé lundi François Fillon, réagissant à son tour aux propos de Bernard Kouchner, qui avait estimé dimanche qu'il fallait "se préparer au pire" dans cette crise. Le Premier ministre a toutefois évoqué "une situation de très grande tension" avec Téhéran au sujet de son programme nucléaire.

"Tout doit être fait pour éviter la guerre. Le rôle de la France, c'est de conduire vers une solution pacifique", a déclaré François Fillon à Angoulême, où il visitait le 1er Régiment d'infanterie de Marine (RIMA). "Une confrontation avec l'Iran, c'est la dernière extrémité que n'importe quel responsable politique peut souhaiter."

"Je pense que les Iraniens doivent comprendre que la tensions est à son extrême, et en particulier dans la région dans la relation entre l'Iran et ses voisins, dans la relation entre l'Iran et Israël", a-t-il souligné. "Nous sommes dans une situation de très grande tension."

Pour le Premier ministre, "la menace que fait peser sur le monde l'existence d'une arme nucléaire iranienne est réelle". Face à cette situation, la France est favorable à des "sanctions les plus sévères possibles à l'égard du gouvernement iranien s'il perdure dans son projet" de programme nucléaire.

"Je crois que les sanctions n'ont pas encore été jusqu'au bout de ce qu'il est possible de faire", a-t-il encore expliqué. "Je crois par ailleurs qu'il faut écouter ce que dit le peuple iranien qui n'est pas forcément unanime dans son appréciation de la politique qui est conduite par son gouvernement."

François Fillon réagissait aux propos du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, qui a déclaré dimanche soir qu'"il faut se préparer au pire", dans la crise du nucléaire iranien, c'est-à-dire à "la guerre". "On se prépare en essayant d'abord de mettre des plans au point, qui sont l'apanage des états-majors, mais ça, ce n'est pas pour demain", avait-il toutefois ajouté. AP

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Sarkozy, le passe-partout de l’onu
A New York, le Président s’est tour à tour montré humaniste en diable, distant avec Washington et flou sur la question du nucléaire iranien. Par ANTOINE GUIRAL QUOTIDIEN : mercredi 26 septembre 2007 New York envoyé spécial 16 réactions Nicolas Sarkozy en campagne aux Nations unies.

A New York, où il passait hier son premier grand oral planétaire devant près de 200 chefs d’Etat et de gouvernement, le président français a usé de sa rhétorique grandiloquente et des ficelles qui ont fait son succès dans l’Hexagone.
Soit de l’émotion, du pathos, des formules (l’appel à un «new deal» planétaire sans en préciser le contenu), du volontarisme politique et l’affirmation de se situer au-dessus des clivages traditionnels «pour faire bouger les lignes».

Pour cette opération de séduction, Nicolas Sarkozy est resté dans le registre très classique de la diplomatie française, s’adressant à la «conscience universelle», comme il l’a répété à de multiples reprises, et multipliant les emprunts à son prédécesseur Chirac, sur la nécessité du multilatéralisme pour éviter «le choc des civilisations».
Il s’est aussi attaché à ne pas s’afficher comme un pur atlantiste en marquant ses distances avec Washington: «La France est fidèle à ses amis et aux valeurs qu’elle partage avec eux.
Mais cette fidélité n’est pas une soumission, pas un enfermement». Il a ainsi prévenu que la «France restera disponible pour parler avec tout le monde, sur tous les continents», d’Hugo Chávez aux dirigeants iraniens.

Vertige.

Très attendu sur le sujet du nucléaire iranien, sur lequel la France donne le sentiment de naviguer à vue à travers des déclarations contradictoires, Nicolas Sarkozy est resté pour le moins flou. Comme il l’avait fait la veille lors d’une allocution sur le réchauffement climatique, il a affirmé que « l’Iran a droit à l’énergie nucléaire à des fins civiles».

Puis, dans le registre de la fermeté, il a assuré que si l’Iran se dotait de l’arme nucléaire, «nous ferions courir un risque inacceptable à la stabilité de la région et du monde». Sans développer davantage la stratégie française pour contraindre Téhéran à renoncer à ses projets nucléaires, il s’est contenté de phrases passe-partout pour assurer que cette «crise ne sera résolue que si la fermeté et le dialogue vont de pair».

Soucieux de ne pas trop brusquer les Iraniens dans ses déclarations publiques, Nicolas Sarkozy donne le vertige aux Américains. Est-il un vraiment un allié fiable en cas de tempête ? La presse américaine n’en finit pas de souligner les évolutions de celui qui présentait l’Iran comme un Etat hors la loi dans son livre Témoignage (tout juste sorti en librairie ici) et refuse de dire s’il suivrait Washington en cas de conflit.
Hier soir, à New York, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, devait rencontrer son homologue iranien Manouchehr Mottaki.

Les atermoiements de la France n’ont pas empêché George Bush de décerner hier à la tribune des Nations unies un satisfecit à Paris pour ses initiatives sur le Darfour. Dans la version écrite du discours de Bush était inscrit «sar-KO-zee», pour lui éviter d’écorcher le nom de son ami français.

Avec ses envolées lyriques sur «le regard de l’enfant martyrisé, de l’enfant qui a faim et voit ses parents humiliés», Nicolas Sarkozy a finalement fait mouche sur un auditoire qui l’a très longuement applaudi à la fin de son discours.

Sur un nuage.

Lors d’une rencontre avec des journalistes français, il semblait encore sur son petit nuage, toujours très content de lui. «Rendez-vous compte de ce que j’ai dit : Si on n’a pas la justice dans ce monde, on n’aura pas la paix. Ce n’est pas rien, quand même… Et pareil lorsque j’ai dit que si on n’a pas la moralisation du capitalisme, on n’aura pas la croissance… ou qu’il faut payer les matières premières au juste prix.»

Bref, Sarkozy qui se pose en défenseur des damnés de la terre et se montre de plus en plus en retrait par rapport aux Etats-Unis. Jacques Chirac va adorer.

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L’embarras du ministre Kouchner
Arche de Zoé. Des humanitaires dénoncent la responsabilité de l’ex-French doctor.
CHRISTOPHE AYAD, Libération, QUOTIDIEN : jeudi 1 novembre 2007

Mais où est donc passé Bernard Kouchner? Depuis le début de l’affaire de l’Arche de Zoé, le ministre des Affaires étrangères, en tournée en Asie, n’est sorti qu’à deux reprises de son silence pour la qualifier de «triste aventure» et pour expliquer que l’action humanitaire devait respecter des «règles». Y a-t-il, dans ce silence peu habituel, une gêne, voire une volonté de faire oublier des déclarations passées, peu compatibles avec son statut actuel ?

Activistes.
C’est ce que lui reproche Rony Brauman, ex-directeur de MSF, qui a dénoncé hier et avant-hier la «responsabilité morale» de Kouchner, mais aussi de BHL et d’Urgence Darfour dans le scandale en cours. L’Arche de Zoé n’aurait, selon lui, fait que mettre en œuvre les incantations de Kouchner à l’action et à l’ingérence – étatique certes – pour mettre fin au «génocide» et à «l’horreur» au nom d’une morale universelle.

Quelques jours avant de devenir ministre des Affaires étrangères, Kouchner soutenait la mouvance des activistes sur le Darfour, principalement regroupée dans trois ONG : Urgence Darfour, SOS Darfour et Sauver le Darfour. Sans être membre d’aucune d’entre elles, il a participé à des rassemblements, comme celui du 20 mars à la Mutualité : «300 000 morts, 2 millions de déplacés… Oui c’est un génocide qui s’accomplit sous nos yeux. Un de plus. Un de trop […] Nos frères du Darfour sont en train de mourir. N’acceptons plus cela. Soyons plus forts que les obstacles», déclarait-il à la tribune, reprenant la terminologie américaine outrancière sur le «génocide» au Darfour, très contestée par les humanitaires français, à commencer par MSF. Kouchner toujours, écrivait dans le Monde du 27 décembre 2006 : «Que fait la France ? Elle hésite […] Triste tergiversation d’un pays considéré comme le défenseur des droits de l’homme, qui inventa l’ingérence humanitaire.» Dans ce même article, il livrait le chiffre de 10 000 civils tués par mois alors que l’ONU estime que l’on est tombé depuis la mi-2004 à 500, ou à 1 000 tout au plus.

Au printemps donc, Kouchner militait aux côtés de Jacky Mamou, président d’Urgence Darfour et ex-dirigeant de Médecins du Monde, qui estimait que «se taire, c’est se rendre coupable de non-assistance à personnes massacrées» et qu’il n’était «plus temps de dénoncer mais d’agir». Quant à Bernard-Henri Lévy, il préconisait «d’armer les rebelles», comme en Bosnie.

Ingérence.
Puis Kouchner est devenu ministre. Pendant ses premiers jours au Quai d’Orsay, il défend l’ingérence humanitaire, qu’il a théorisée avec Mario Bettati et testée en Irak en 1991 : il propose des «corridors humanitaires» destinés à sauver, depuis le Tchad, «les survivants des massacres» au Soudan. A sa grande colère, les humanitaires n’en veulent pas : ils sont déjà 13 000 au Darfour et craignent surtout le mélange des genres avec l’action militaire ainsi que les effets pervers d’une opération qui accélérerait paradoxalement le nettoyage ethnique souhaité par Khartoum.

Réfugiés.
Puis, c’est l’état-major qui enterre son projet de mettre en œuvre une no fly zone au-dessus du Darfour depuis le Tchad. Finalement, Kouchner, qui partage avec Sarkozy l’horreur de la passivité, réussi à arracher au président tchadien Idriss Déby le principe d’une force européenne destinée à sécuriser les réfugiés du Darfour en proie à des attaques transfrontalières dans l’est du Tchad. Mi-octobre, Kouchner soulignait devant ses partenaires européens «la mission humanitaire» de l’Eufor au Tchad, suscitant un communiqué désapprobateur de l’ONG Oxfam sur le mélange des genres.

Mais pour préserver son principal acquis, Kouchner a dû modérer son langage. Il ne parle plus depuis son entrée en fonction de «génocide au Darfour». Ces deux derniers jours, Jacky Mamou dans Libération et BHL dans le Parisien, lui ont emboîté le pas, désireux de se démarquer du fiasco de l’Arche de Zoé.

Eric Breteau, le responsable de l’Arche de Zoé, ne se voit-il pas comme un héritier de Kouchner en 1994 au Rwanda, lorsque ce dernier tentait en vain d’arracher des orphelins tutsis aux génocidaires hutus ?

Au Tchad et au Darfour aujourd’hui, on est loin de ce cas de figure. Il n’y a pas de génocide et on trouve sur place suffisamment de structures humanitaires.

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Kouchner: les propos de Kadhafi sur les droits de l'Homme "assez pitoyables" AFP - Mercredi 12 décembre, 16h00PARIS (AFP) -

Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a jugé mercredi que les propos, la veille, du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi sur les droits de l'Homme en France et en Europe étaient "assez pitoyables".

"Lorsqu'il a parlé des droits de l'Homme ici, dans notre pays et en Europe, c'était assez pitoyable, et nous le condamnons", a déclaré Bernard Kouchner devant les députés.

Lors d'un discours mardi au siège de l'Unesco, le colonel Kadhafi avait riposté sur les critiques le concernant au sujet des droits de l'Homme en attaquant les pays européens et notamment la France: "avant de parler des droits de l'Homme, il faut vérifier que les immigrés bénéficient chez vous de ces droits", avait-il lancé.

Mouammar Kadhafi, qui effectue depuis lundi une visite officielle très controversée en France, devait être reçu dans l'après-midi par le président Nicolas Sarkozy pour un second entretien.

M. Kouchner, qui n'avait pas assisté à un dîner donné lundi soir en l'honneur de M. Kadhafi au palais de l'Elysée, a justifié mercredi cette visite en affirmant que la France faisait un "pari" sur l'évolution positive du régime libyen.

"L'évolution (de la Libye) est suffisamment importante" pour permettre cette visite, a-t-il dit, en plaidant à nouveau pour une "diplomatie de la réconciliation".

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Le chef de la diplomatie libyenne s'en prend à Bernard Kouchner Le Monde 14.12.07 | 17h43

PARIS (Reuters) - La Libye n'a pas de leçon à recevoir en matière de droits de l'homme, a déclaré vendredi son ministre des Affaires étrangères, Abdel-Rahman Chalgam, qui s'en est pris vivement à Bernard Kouchner après ses critiques sur la visite de Mouammar Kadhafi en France.

"Personne ne doit donner de leçons à la Libye dans ce domaine (des droits de l'homme). C'est une question qui a plusieurs interprétations", a-t-il dit lors d'une conférence de presse organisée au terme du séjour du numéro un libyen à Paris.

"Parce que les droits de l'homme en France ou en Europe, c'est le mariage des homosexuels et, d'un autre côté, la polygamie n'est pas un droit de l'homme", a ajouté Abdel-Rahman Chalgam, qui s'exprimait en arabe et dont les propos étaient traduits en français.

Le chef de la diplomatie libyenne s'est en pris à son homologue français, Bernard Kouchner, qui a joint sa voix cette semaine au concert de critiques suscitées par la longue visite de Mouammar Kadhafi à Paris.

Mercredi, le ministre français a qualifié les propos du dirigeant libyen sur les droits de l'homme d'"assez pitoyables". Avant son arrivée, Bernard Kouchner, ministre "d'ouverture" et ancien membre d'un gouvernement socialiste, avait estimé qu'il fallait parfois savoir "manger son chapeau".

Il y a peut-être "certains responsables qui veulent profiter de cette visite pour régler des comptes politiques", a avancé le ministre libyen, qui s'est dit "étonné" de ces déclarations.

"JE NE PEUX PAS ME RETENIR DE RIGOLER"

"Comment quelqu'un qui nous rend visite, qui mange avec nous, qui discute avec nous (...) ici à Paris change tout et notamment les idées qu'il a partagées" en juillet lors de la visite du président Nicolas Sarkozy en Libye, s'est-il interrogé.

Abdel-Rahman Chalgam a expliqué que "l'attitude personnelle" et l'absence de Bernard Kouchner, qui n'a pas assisté au dîner donné lundi à l'Elysée, n'avaient eu aucun impact négatif sur la visite.

"S'il ne veut pas nous voir, nous non plus on ne désire pas le voir. C'est une personnalité gentille mais je ne peux pas me retenir de rigoler quand il parle", a ajouté le ministre. "Je l'ai souvent entendu faire des déclarations le matin et se rétracter le soir".

Abdel-Rahman Chalgam a en revanche insisté sur la chaleur et la "réussite" des rencontres entre Mouammar Kadhafi et le "raïs Sarkozy".

"C'est le début d'une nouvelle relation qui aura un impact positif sur l'espace méditerranéen (et) sur la paix en Afrique", a-t-il assuré.

La Libye a eu des problèmes avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, rompant ses relations diplomatiques, mais cela n'a pas été le cas avec la France, a-t-il expliqué. "Une des priorités de la politique étrangère de la France, c'est de toujours garder le contact".

Il a répété que la visite de Mouammar Kadhafi, la première depuis 34 ans, et la signature d'importants contrats commerciaux entre la France et la Libye n'avaient "aucune relation" avec la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien.
Laure Bretton

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Bernard Kouchner impute à "l'Elysée" le fiasco franco-syro-libanais
LE MONDE | 04.02.08 | 14h17 • Mis à jour le 04.02.08 | 14h17 NEW YORK CORRESPONDANT

La photo couvre la "une" du supplément dominical du New York Times daté dimanche 3 février : le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, y est en vedette. Sous le titre "Un homme d'Etat sans frontières", un très long portrait retraçant son passé politique et humanitaire, écrit avec empathie, mais sans complaisance, en constitue le principal dossier.

Le journaliste James Traub l'a suivi dans plusieurs de ses déplacements et a longuement conversé avec lui. Il a, en particulier, été du voyage au Liban, en octobre 2007, que M. Kouchner entreprit pour tenter de résoudre la crise institutionnelle et de réconcilier les factions. "Kouchner pensait qu'il pouvait y arriver. Il pense presque toujours que lui peut faire la différence", écrit M. Traub.

Il rapporte des propos tenus alors par le ministre en privé. Si vous élisez un nouveau président de la République avant la conférence de paix pour le Proche-Orient d'Annapolis (27 novembre 2007), explique-t-il à ses interlocuteurs, "cela changera tout". "Bien entendu, les factions libanaises ne passèrent pas de compromis et Annapolis ne généra aucune avancée décisive", note le journaliste.

Début novembre 2007, Nicolas Sarkozy avait dépêché à Damas le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, et le conseiller diplomatique de l'Elysée, Jean-David Levitte. "Kouchner, qui considère les Syriens comme des tueurs impitoyables, était révolté et humilié." Cette initiative s'est soldée par "un fiasco de la diplomatie française", juge M. Traub. En décembre, le président français annonçait la rupture des pourparlers avec Damas.

"PROBLÈME D'EXPÉRIENCE"

Le New York Times demande alors à M. Kouchner si son échec "ne démontre pas les limites de sa marque de fabrique : la diplomatie intime" ? "Désolé, c'est le contraire. Le problème consiste à ne pas jouer le jeu que les miens sont allés jouer à Damas", répond-il. Le problème, ajoute-t-il, a été "l'Elysée". Le cabinet du président ? Pas M. Levitte, précise-t-il, "il était d'accord avec moi". Le journaliste lui signale alors que ce dernier ne lui a pas donné la même version. "C'est un gars loyal, répond M. Kouchner. Mais il savait que j'avais raison."

Le ministre laisse entendre que le secrétaire général, Claude Guéant, et son entourage sont responsables du fiasco. "C'est toujours pareil avec eux, c'est un problème d'expérience." "Ceux qui sont au courant le savent", conclut le ministre, qui se montre par ailleurs fort peu diplomate en jugeant le président des Etats-Unis, George Bush, "honnête, quoiqu'embrouillé".
Sylvain Cypel Article paru dans l'édition du 05.02.08

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Bernard Kouchner promet de continuer les efforts en faveur des otages
04/07/2008-[00:52] - AFP

BOGOTA, 3 juil 2008 (AFP) - Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a assuré jeudi à Bogota les familles des otages colombiens que la France continuerait à oeuvrer en faveur des libérations.

"Je vous promets de continuer les efforts de la France en faveur de la libération de la totalité des otages", a déclaré le ministre au cours d’une conférence de presse à l’ambassade de France.

Les familles des 24 otages demeurant aux mains des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie - marxiste) sont inquiètes pour l’avenir de leur proches après la libération d’Ingrid Betancourt, l’otage la plus célèbre. Lina Maria Sanchez, une petite nièce du lieutenant Hernandez Rivas, détenu par les Farc, a imploré le ministre : "ne nous laissez pas seuls, aidez-nous à obtenir un accord, nous avons désormais peur pour nos proches".

Le ministre français a assuré qu’on pouvez essayer de progresser en recherchant un éventuel accord humanitaire par le biais du CICR (Comité international de la croix rouge). Le chef de la diplomatie française doit quitter dans la soirée Bogota accompagné de l’ex-otage franco-colombienne Ingrid Betancourt qui a été libérée mercredi par un commando militaire.

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3 juillet 2008. Ingrid Betancourt libérée par les services spéciaux colombiens Libre Prisonnière

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