Bernard Kouchner

Dieu et les hommes, avec l'abbé Pierre, un dialogue judéo-chrétien


Janvier 2017. Présidentielle, comme Attali, Minc, Bergé, Bernard Kouchner soutient Macron

Avril 2014. L'Otaniste, et ancien "conseiller" de Total, soutient encore Kagame, qui insulte la France

Décembre 2010. Bernard Kouchner refuse toute responsabilité dans le décès des enfants haïtiens non adoptés assez rapidement
Août 2010. Roms expulsés et critique de l'ONU, B.K. défend la France "caricaturée"
Février 2010. L'homme des anglo-saxons entraîne N.S. à Kigali
Août 2009. Le Grand Ingérent exige que l'Iran se déculotte pour Clotilde Reiss ; avec le soutien de l'Elysée ; le grand démocrate syrien intervient en faveur de, selon certains iraniens, l'espionne franco-israélienne
Mai 2009. En définitive le ministre des Affaires Etrangères "socialiste-d'ouverture" votera UMP aux Européennes
Février 2009. Attaqué par Péan sur ses "relations" africaines (Congo, Gabon, consultations, 4,6 millions d'euros), le ministre qui proclame son "innocence", est "défendu" par l'UMP, "interrogé" par le PS Montebourg, notamment, "respecté" par le Président de la République ; compris par la riche avocate d'affaires Hillary Clinton ; Irak, nouvelles attaques de nouveau contestées.
Août 2008. Les paras français apparemment piégés par des talibans, 10 morts, 21 blessés : la France continue ... pour les droits de l'Homme ... dit le ministre atlantiste
Juillet 2008. Sauvé de l'étouffement sarkoziste par une Ingrid Betancourt en pleine forme ... ?
Février 2008. Contre le secrétaire général de la Présidence, le préfet Claude Guéant
Décembre 2007. Libye : Séjour du colonel Kadhafi à Paris. "Propos assez déplorables". Persona non grata.
Novembre 2007. Darfour. Arche de Zoé. Mise en cause du "French doctor"
Septembre 2007. L'atlantiste "socialiste", ministre des Affaires Etrangères de Nicolas Sarkozy, veut faire la guerre à l'Iran ; le Premier ministre François Fillon confirme ; Nicolas Sarkozy, à l'ONU, infirme ... dans le flou
Août 2007. Après la rencontre "familiale" Bush-Sarkozy visite "surprise" de Bernard Kouchner à Bagdad ... ; pas de guerre religieuse en Irak, selon le président Talabani ; G.W. Bush pourrait "lâcher" le premier Ministre Nouri Al-Maliki
Juillet 2007. Les millions d'euros "évaporés" du Darfour
Juin 2007. Sur le Darfour et bises à Rice
Mai 2007. Ministre des Affaires Etrangères et des Affaires Européennes, ingérent, atlantiste, russophobe et turcophile, de Nicolas Sarkozy ; les électeurs approuvent à 66% ; un point de vue "critique" ?
Avril 2007. Le Pélerin croisé du Darfour : "Nous sommes attendus ..." ; comme Rocard pour une social-démocratie-sociale ... ;
Mars 2007. Pour une intervention ferme au Soudan, à propos du Darfour, avec BHL, Monseigneur Gaillot, le "tout Paris", et les politiques
Janvier 2007. Il "titille" Ségolène ...
Septembre 2006. Bernard Kouchner pourrait être candidat
Juillet 2005. Bernard Kouchner se souvient de Saddam ; la famine au Niger
Avril 2004. Bernard Kouchner, un héros selon Time
Décembre 2003. Bernard Kouchner, défense totale

Né à Avignon en novembre 1939, d'un père médecin, Bernard Kouchner se fait connaître pendant la guerre du Biafra (mai 1967-janvier 1970), une guerre horrible qui aurait fait entre un et deux millions de morts, et qui opposait les anglo-saxons aux français pour le contrôle des ressources pétrolières de cette province du Nigéria.

Bernard Kouchner est l'un des six médecins de la première équipe médicale constituée sur place en septembre 1968 pour être mise à la disposition de la Croix-Rouge internationale (CICR).

Ces médecins se sont engagés auprès du CICR à ne rien dire de ce qu'ils voient, à savoir que l'armée nigériane massacre totalement les populations, y compris les malades dans leur lit d'hôpital.

Mais ils ne peuvent s'empêcher de révèler au monde, par les medias, les réalités et ils s'ingèrent donc dans les affaires des Etats pour des raisons humanitaires.

C'est l'essayiste Jean-François Revel qui, en 1979, invente la formule "le droit d'ingérence", qui sous la plume de Bernard Kouchner et du professeur de droit international Mario Bettati devient en 1987 "le devoir d'ingérence".

Au Biafra Bernard Kouchner crée le Comité international contre le génocide puis le Comité médico-chirurgical d'intervention d'urgence, qui sera le noyau fondateur de Médecins sans frontières (MSF) en 1971 (qui obtient le prix Nobel de la Paix 1999). Ainsi l'ancien étudiant communiste de l'UEC (Union des Etudiants Communistes) fait de la politique réelle, la politique des "french doctors".

En 1979 il quitte son organisation pour fonder en 1980 Médecins du monde. Les missions se multiplient, en Ouganda, au Liban, au Tchad, en Erythrée, au Soudan, en Afghanistan, au Salvador, au Bangladesh ...

Tenté par la politique politicienne, parce que si l'action humanitaire oblige à réagir elle ne peut répondre à tout et ne peut donc remplacer la politique des politiques, il devient en 1988 Secrétaire d'Etat chargé de l'insertion sociale, puis Secrétaire d'Etat à l'action humanitaire (1988-1992), puis Ministre de la santé (1992-1993).

Homme politique très médiatisé, sa femme est la journaliste hight tech Christine Ockrent, il agace nombre de ses "amis", qui se gaussent lorsqu'il s'exhibe avec un sac de riz sur le dos, en Somalie, en décembre 1992.

Après l'effondrement électoral du PS en 1993 il devient député européen sur la liste PS de M. Michel Rocard (1994) puis adhère au Parti radical en 1996, dont il devient président délégué, mais échoue dès le premier tour à une élection législative partielle dans le sud-est (Gardanne).

Après la dissolution miraculeuse de 1997 il revient vers les socialistes, et c'est in extremis qu'il est nommé Secrétaire d'Etat à la santé dans le gouvernement Jospin, sous la férulle de la totale Martine Aubry ... Il étouffe.

Le 2 juillet 1999 le secrétaire général de l'ONU désigne enfin le haut commissaire chargé de l'administration civile au Kosovo. Non sans mal la France obtient le poste pour M. Bernard Kouchner, secrétaire d'Etat à la Santé, mais surtout "French Doctor", fondateur de Médecins sans frontières, promoteur du devoir d'ingérence humanitaire, personnage très médiatique et les medias nous disent qu'il fut un étudiant communiste ... La tâche sera rude.

C'est donc à soixante ans qu'il va pouvoir essayer de mettre en application ses principes dans un pays où l'épuration des "autres" est une constante historique ....

M. Bernard Kouchner quitte le Kosovo en janvier 2001, épuisé. La Grande Albanie est en construction.

Le 6 février 2001 il est nommé ministre délégué de la santé , sous l'"autorité" d'Elizabeth Guigou, ministre des affaires sociales ... un enfer.

En 2003 il est chargé par la compagnie pétrolière Total de faire un rapport sur le comportement de cette entreprise en Birmanie, rapport très critiqué.

En 2004 les américains lui décernent le titre de héros, pour avoir approuvé, comme de nombreux juifs en France, l'intervention américaine en Irak.

En 2005, à l'occasion de la famine au Niger, il souhaite que les riches occidentaux partagent davantage avec les pauvres du tiers-monde (comme lui ?)(Europe 1, 1er août 2005).

En 2007 il soutient modérément, à l'élection présidentielle, la candidature de la socialiste Ségolène Royal. Il voudrait une alliance avec le centriste François Bayrou. Il critique le candidat Nicolas Sarkozy, puis devient le ministre des Affaires Etrangères du président de la République Nicolas Sarkozy.

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Ses "souvenirs" partiels dans Dieu et les hommes, dialogues et propos (avec l'abbé Pierre [échanges critiques entre un catholique pro-palestiniens et des juifs pro-israëliens]), Avant-propos de Marek Halter, Robert Laffont, Paris 1993.

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Kouchner fait écran Total sur le travail forcé en Birmanie
Auteur d'un rapport payé par Total, l'ancien ministre blanchit le géant pétrolier.

Total, qui depuis août 2002, fait l'objet en France d'une plainte pour travail forcé en Birmanie, a appelé Bernard Kouchner, l'ex-ministre de la Santé du gouvernement socialiste et «French Doctor» fondateur de MSF, à la rescousse. En mars, le géant pétrolier a commandé un rapport à sa société, BK Conseil. «...Médecin humanitaire spécialiste des problèmes de santé publique et des situations d'urgence», écrit Total sur son site internet (http://birmanie.total.com/) où figure en bonne place ce rapport de 19 pages, «homme politique engagé connaissant personnellement Mme Aung San Suu Kyi (l'opposante birmane, prix Nobel de la paix en résidence surveillée, ndlr), Bernard Kouchner avait toute l'expérience requise pour être un observateur critique et impartial de l'action de Total en Birmanie».

Bernard Kouchner s'est donc rendu sur place pendant quelques jours, afin de voir le site du gazoduc construit par Total et achevé en 1998. Il a visité sept «villages modèles» du projet Yadana installés par le pétrolier dans cette zone dotée d'hôpitaux et d'orphelinats. Il n'en dit que du bien. «Ce programme socio-économique, note-t-il, est la meilleure publicité pour Total. Une sorte de bureau en ville, un show-room...»

Sur l'essentiel, c'est-à-dire le travail forcé des populations locales dont Total est accusé d'avoir profité vers 1995, Kouchner reprend l'argumentaire bien rodé du pétrolier : «Le chantier a employé 2 500 personnes (...). Toutes bénéficièrent d'un contrat écrit, de salaires réguliers, d'une protection sociale et de normes reconnues.» Des travaux forcés ? Il ne s'agissait que d'une confusion avec le chantier voisin d'une voie ferrée où «il est probable que des travaux forcés aient malmené les populations». «N'oublions pas, ajoute Kouchner pour ponctuer son paragraphe, que pour détestable qu'il soit, le recours au travail forcé est une coutume ancienne, qui fut même légalisée par les Anglais en 1907.» «Plus tard, au début du chantier, concède l'ancien ministre en se contredisant quelque peu, des villageois avaient été raflés par l'armée pour défricher la forêt et se livrer à d'autres besognes aux services des militaires (...). Ayant été prévenue de cette violation des droits de l'homme, la compagnie Total exigea que ces exactions cessent. Elle s'en ouvrit à Rangoon, aux dirigeants qui promirent d'intervenir et le firent. Deux décrets abolissant le travail forcé furent publiés en mai 1999 et octobre 2000.» L'auteur du rapport explique donc que Total, contrairement à ce que certains esprits «mal informés» ont pu supputer, a en réalité lutté contre le travail forcé. «Il oublie de dire, commente Farid Ghehioueche du collectif Info Birmanie, que ces décrets n'ont jamais été appliqués.» «En fait, ajoute le militant, Total a su que du travail forcé avait lieu sur son chantier, et lorsque l'entreprise s'est aperçu du danger que cela comportait en terme d'image, elle a changé de politique.»

Nombreux sont les témoignages accréditant le recours au travail forcé au profit de Total. Il y a le rapport confidentiel «L'action de Total en Birmanie», commandité par Total en juin 1996, dont Libération s'est procuré une copie. L'ancien responsable des questions de sécurité du pipe-line relate que «les unités affectées à la protection du projet Yadana ont déjà utilisé les services des local helpers (recrues locales) réquisitionnés pour le chemin de fer, pour certaines tâches à leur profit direct ou pour du défrichage au profit de Total, alors que la société ne cesse de leur expliquer qu'elle dispose de ses propres moyens pour effectuer des travaux».

La compagnie française a opéré un certain nombre de glissements sémantiques. En novembre 2002, le PDG Thierry Desmarest, affirmait que Total n'avait «jamais recouru, directement ou indirectement, au travail forcé». Mais en novembre 2003, Jean du Rusquec, chargé de mission de Total en Birmanie, déclarait à l'AFP : «Il y a eu des problèmes au démarrage du chantier. Strictement du travail forcé, vers décembre 1995, pour la construction de baraquements et pour du portage (...). Nous avons indemnisé les villageois, 400 environ. Il a fallu se bagarrer.» Malgré ce demi-aveu, la ligne de défense de Total demeure la même, précise l'avocat des plaignants birmans, William Bourdon, à savoir qu'«il n'y a jamais eu de travail forcé sur le chantier».

Total, s'il n'a pas profité sciemment de ce travail forcé, pouvait-il penser qu'il échapperait à ces pratiques ? Une étude confidentielle, commandée dès 1992 par Unocal, le partenaire américain de Total, à Control Risks Information Services, dont Libération s'est procuré une copie, avertissait le pétrolier : «Dans toute la Birmanie, le gouvernement utilise habituellement des travailleurs forcés pour construire les routes (...). Dans de telles circonstances Unocal et ses partenaires n'auront qu'une marge de manoeuvre très réduite.»

Dans son rapport, payé selon lui 25 000 euros par Total, Kouchner se prononce pour l'engagement constructif avec la dictature : «Fallait-il répondre aux appels d'offre et installer ce gazoduc en Birmanie ? Je le crois.» Et de conclure : «L'époque n'est plus à l'embargo et au boycott.» Position en totale contradiction avec ses convictions d'antan. Dans la préface de Dossier noir Birmanie (Ed. Dagorno, 1994), où il qualifiait la junte de «narcodictature», il reprenait à son compte l'idée selon laquelle «il faut imposer à la junte birmane des sanctions économiques». Ajoutant que de telles sanctions «heurtent bien souvent l'intérêt des Etats, dont la France qui, comme beaucoup d'autres, commerce avec les généraux via ses industries pétrolières». Pour justifier son revirement, Kouchner explique qu'à l'époque : «Je n'avais pas fait d'enquête. Mais un certain nombre de prix Nobel, dont mon ami Elie Wiesel, prétendaient l'avoir menée pour moi.»
Libération, Par Philippe GRANGEREAU, mercredi 10 décembre 2003, p. 9-10

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Les explications de l'ex-ministre

«Total m'a demandé un rapport sur la situation sanitaire et la façon dont ils géraient la situation dans la zone du gazoduc. J'ai reçu 25 000 euros pour deux mois de travail... Comment croyez-vous que je gagne ma vie moi ? (...) Les Birmans que j'ai vus sont absolument heureux de la présence de Total, trop à mon avis par rapport au reste de la population. Personne ne connaît les "victimes de Total", à ma connaissance (...). Je ne crois pas qu'il ait été besoin pour les gens de Total, qui sont couverts d'or et qui gagnent bien leur vie, de recourir à des travailleurs forcés.»
Libération, mercredi 10 décembre 2003, p. 9

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Time du 26 avril 2004.
Le magazine américain Time fait figurer deux français parmi, selon lui, les "100 personnalités les plus puissantes et influentes dans le monde" :
- l'entrepreneur Bernard Arnault sacré "empereur du luxe" pour avoir construit "le plus grand groupe mondial de mode et de produits de luxe" (LVMH) (Louis Vuitton Moët Hennessy ),
- et Bernard Kouchner parmi les "Héros" pour avoir "Au nom des droits de l'homme approuvé l'intervention américaine en Irak" ...

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(Juillet 2005) Famine au Niger: l'alerte de l'ONU n'a pas été entendue à temps (Kouchner)

Bernard Kouchner a déploré vendredi soir à Marseille, peu avant de s'envoler pour le Niger avec 18 tonnes d'aide alimentaire, que l'appel de l'ONU, qui avait dès la fin 2004 mis en garde contre les risques d'une famine dans ce pays, n'ait pas été entendu plus tôt.

"Personne n'a entendu l'alarme. Comme d'habitude, on pense que les Africains sont pauvres et que c'est normal que les pauvres meurent de faim. Tout ça est dans la logique et on ne fait rien", a déclaré par téléphone à l'AFP le fondateur de Médecins sans frontières, qui devait décoller dans la soirée pour Mardadi (nord-est du Niger) à bord d'un Antonov 12 affrété par son association, Réunir.
L'avion transporte 18 tonnes de denrées destinées spécifiquement aux enfants dénutris (nutriment enrichi et lait thérapeutique), qui seront distribuées en collaboration avec l'Association internationale contre la faim (AICF), dont le directeur général Benoît Miribel accompagne M. Kouchner.

Depuis le départ de Marseille d'un premier Antonov le 20 juillet, suivi de plusieurs autres rotations en provenance du Tchad, une centaine de tonnes de vivres ont pu être remises au Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, a souligné M. Kouchner.

"L'aide s'accroît, la France envoie son ministre des Affaires étrangères, c'est une grande première", s'est-il félicité, estimant que "les ONG travaillent toujours plus vite que les Etats".

Le chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy, qui doit quitter le Soudan pour se rendre au Niger, a annoncé vendredi que la France allait acheminer dès samedi plus de 35 tonnes de vivres pour 30.000 enfants nigériens menacés par la famine.

"La France dit qu'elle va aider le tiers-monde et le budget du développement diminue sans cesse", s'est cependant indigné M. Kouchner.

"C'est triste à chaque fois de voir qu'on a fait des grands concerts, le grand cirque médiatique, et qu'on ne s'est pas aperçu qu'il y avait des choses à faire pratiquement. Ce qui compte c'est l'action, pas seulement la parole", a lancé l'ancien ministre.

Classé parmi les pays les plus pauvres du monde, le Niger est en proie à la famine causée par une sécheresse persistante et une invasion de criquets pèlerins qui a détruit les récoltes de 2004.

La famine, qui touche le tiers des 11 millions d'habitants (notedt 7,5 millions en 1990), aurait pu être évitée si la communauté internationale s'était mobilisée plus tôt, selon l'ONU qui avait tiré la sonnette d'alarme dès novembre dernier.
AFP 29.07.05 | 23h27

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LE LIVRE NOIR DE SADDAM HUSSEIN, de : Chris Kutschera (sous la direction de) - Bernard Kouchner (préface)

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jeudi 7 septembre 2006, 8h24 Bernard Kouchner "ne croit pas au projet du PS"

PARIS (AP) - Bernard Kouchner déclare "ne pas croire au projet du PS" et n'exclut pas de se lancer dans la course à la présidentielle "si un minimum de démocratie sociale moderne n'est pas représenté par le candidat socialiste".

Dans une interview publiée par le quotidien gratuit "20 Minutes", l'ancien ministre de la Santé déclare attendre pour se prononcer sur le candidat socialiste que "chaque candidat réponde à des questions simples: "Je ne crois pas au projet du PS, qui n'est pas une réflexion commune mais un ramassis des pensées des uns et des autres".

Interrogé sur son éventuelle entrée dans la course à l'Elysée, Bernard Kouchner répond: "Si un minimum de démocratie sociale moderne n'est pas représenté par le candidat socialiste, je pense que j'irai avec mes propres amis, peut-être en dehors du PS. A l'intérieur, je ne peux pas, tout est verrouillé".

Et Kouchner de lancer une sévère pique aux "éléphants" du PS: "Pour les éléphants, je ne suis pas un 'vrai' politique (...) Mais il est vrai, au fond, que je n'ai fait 'que' trente ans d'humanitaire, dix ans au gouvernement et quelques missions de paix... Qui peut présenter un tel CV chez les apparatchiks?" demande-t-il. AP
Yahoo.fr, actualités, jeudi 7 septembre 2006, 8h24

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jeudi 4 janvier 2007, 9h34 Bernard Kouchner attend "beaucoup" de précisions sur le programme de Ségolène Royal

PARIS (AP) - L'ancien ministre socialiste Bernard Kouchner a souhaité jeudi que "beaucoup de choses soient précisées" dans la campagne de Ségolène Royal.

"Pour le moment, d'un côté comme de l'autre, mais singulièrement du côté de Ségolène, je voudrais que beaucoup de choses soient précisées", a déclaré Bernard Kouchner, qui a évoqué sur Europe-1 les thèmes de l'Europe, du temps de travail, des retraites, du service public ou du logement.

L'ancien ministre de la Santé, qui avait un temps envisagé d'être lui-même candidat à l'investiture socialiste, a estimé que Ségolène Royal "a un peu raison" de s'affranchir en partie du programme du PS, qu'il considère comme "de bric et de broc".

"Elle restera, et le PS la suivra, (...) novatrice à l'intérieur de la campagne", a-t-il prédit. "Je pense que ça marchera." AP
Yahoo.fr, actualités,

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Les présidentiables font des promesses en faveur du Darfour LE MONDE | 21.03.07 | 15h23 • Mis à jour le 21.03.07 | 15h23

Eh, c'est bien, tout le monde se met à signer !" Mi-ironique, mi-ravi, Bernard Kouchner salue, depuis la tribune de la Mutualité, à Paris, le dernier miracle en date de la présidentielle : François Bayrou, Dominique Voynet et Ségolène Royal font tribune commune lors du meeting organisé, mardi 20 mars, par le collectif Urgence Darfour. Ils se succèdent pour assurer de leur détermination à stopper les massacres dans cette région de l'ouest du Soudan, qui ont fait quelque 200 000 morts depuis 2003.

Nicolas Sarkozy, lui, a dépêché l'ancienne secrétaire d'Etat Nicole Guedj pour parapher en son nom, comme les trois autres candidats, l'"acte d'engagement pour le Darfour" qui appelle notamment au vote à l'ONU de résolutions coercitives contre le Soudan.

BOYCOTT DES JEUX OLYMPIQUES

Mme Voynet est venue dire "sa honte et sa colère". Le message de M. Sarkozy promet "un durcissement décisif des sanctions" contre les dirigeants de Khartoum, et des mesures "unilatérales" : gel des avoirs et refus de délivrer des visas aux responsables de massacres. Rappelant le veto opposé par la Chine aux sanctions contre Khartoum, M. Bayrou a adhéré à l'idée d'un boycott par la France des Jeux olympiques de Pékin. La salle a réservé un accueil particulièrement chaleureux à Mme Royal et à sa charge contre "la coupable immobilité de la politique africaine de la France", qu'elle s'est engagée à "changer en profondeur". Dénonçant un "silence assourdissant", elle a également promis de faire "pression" sur Pékin en "utilisant la date des Jeux olympiques".

Jacques Chirac s'est invité à sa manière, adressant au meeting un message prônant l'adoption de nouvelles sanctions à l'ONU contre le Soudan et assurant que la France "déjà y travaille", alors que le gouvernement avait jusqu'à présent manifesté son scepticisme après maintes résolutions non suivies d'effet. Hué, le ministre des affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, n'a pas craint d'affronter une salle déchaînée contre lui pour répondre à l'accusation de passivité. Aux militants qui réclament un engagement militaire immédiat, il a rétorqué qu'"une intervention armée sans accord politique serait vouée à l'échec".
Philippe Bernard, LE MONDE | 21.03.07 | 15h23 • Mis à jour le 21.03.07 | 15h23

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20 mars 2007. «Urgence Darfour» interpelle les candidats à la présidentielle augmenter la police diminuer la police imprimer

Halte à la «compassion», place à l’action. Mardi soir, en présence de Bernard-Henri Lévy et de Bernard Kouchner, le collectif «Urgence Darfour» organise un meeting à la Mutualité à Paris pour interpeller les présidentiables sur le conflit meurtrier dans cette région de l'ouest du Soudan.

«Nicolas Sarkozy (UMP) et Ségolène Royal (PS) ont évoqué brièvement le sujet sans prendre d'engagement», explique Yves Mamou, président du collectif; François Bayrou (UDF) s'est rendu il y a deux ans là-bas, mais lui non plus ne propose rien de concret pour l'instant. Le temps de la compassion est finie, il y a urgence à agir maintenant». Les associations demandent aux candidats, dont aucun n'a confirmé sa venue, «de signer un document d'engagement qui inclut plusieurs volets relatifs à l'ONU, la Cour pénale internationale, des sanctions économiques et politiques vigoureuses contre le Soudan, surtout dans une démarche européenne, la protection des réfugiés au Tchad et en Centrafrique et la mise en place de corridors humanitaires au Darfour».

L'initiative de mardi fait suite à la pétition pour une force de protection internationale au Darfour adressée aux chefs de gouvernement des Etats membres de l'Union européenne.

Au moins 200.000 morts

«Toute posture attentiste», prévient l’ancien président de Médecins du Monde, revient à laisser les victimes désespérément seules face à leurs bourreaux».

Le conflit au Darfour a éclaté début 2003 lorsque des mouvements de rébellion noire ont pris les armes pour dénoncer le désintérêt du pouvoir central pour leur région. Khartoum a par la suite armé des milices arabes, les Djandjaouids. On estime que 200.000 personnes ont péri depuis lors et que plusieurs millions d'autres ont dû fuir leurs maisons.
20Minutes.fr, éditions du 20/03/2007 - 15h06 dernière mise à jour : 20/03/2007 - 15h11

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Pèlerin.info, lundi 09 avril, Propos recueillis par Laurent Larcher,
Bernard Kouchner : "Nous sommes attendus au Darfour"

Face à la catastrophe humanitaire qui frappe cette région du nord-ouest du Soudan (plus de 300 000 morts et 2,2 millions de réfugiés en trois ans), l'ex-ministre, fondateur de Médecins sans frontières, appelle les lecteurs de Pèlerin et tous les citoyens à se mobiliser.

Que se passe-t-il aujourd'hui au Darfour ?

On y meurt ! D'abord, parce que le gouvernement soudanais dirigé par Omar el-Béchir a décidé de ne pas défendre des populations sédentaires du Darfour : des Noirs musulmans. Ces derniers ont demandé à ne plus être traités comme des citoyens de seconde zone par un régime sous l'influence d'islamistes racistes et mafieux.

Arabisants, les Soudanais du nord ont toujours méprisé les populations noires de l'ouest et du nord du pays. La tactique suivie par Khartoum est simple : envoyer des milices armées, les djandjawid, pour semer la terreur. Villages rasés, exécutions sommaires, politique de la terre brûlée, viols... sans compter les bombardements de l'aviation.

En riposte, deux principaux mouvements armés se sont constitués : le MJE (Mouvement pour la justice et l'égalité) tenu par des islamistes et le MLS (Mouvement de libération du Soudan) dirigé par des musulmans modérés qui se battent pour l'instauration d'un Etat laïc. Cette guerre, commencée en 2003, a tué 300 000 personnes et a fait 2,2 millions de réfugiés.

A cela s'ajoute la difficulté pour les ONG à venir en aide aux populations. Elles sont attaquées et rançonnées par les milices progouvernementales ou par des bandes de malfaiteurs. Rien n'est fait pour protéger sérieusement les humanitaires. Ainsi, depuis le mois de décembre, la plupart d'entre eux ont dû quitter les camps de réfugiés du Darfour, laissant des centaines de milliers de personnes livrées à elles-mêmes, sans soins, sans nourriture et sans témoins gênants pour les criminels.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté, le 31 août 2006, une résolution prévoyant d'envoyer 20 000 hommes pour sécuriser le Darfour. Or, cinq mois après, aucun casque bleu n'a foulé le sol soudanais. Pourquoi ?

Le président soudanais, Omar el-Béchir, s'est opposé à ce déploiement.
D'autre part, peu d'Etats membres ont proposé d'envoyer des soldats, car ceux-ci seraient exposés au risque d'un affrontement direct avec les milices progouvernementales. D'autant que ces dernières sont armées, et bien armées par la Chine.

Des soldats de l'Union africaine sont déjà présents au Darfour et je sais, de source sûre, qu'il y a d'autres pays qui sont prêts à engager des troupes, comme la Norvège.

Personnellement, je pense que la première urgence est d'ouvrir des corridors humanitaires en direction des victimes. Il y a des hommes, des femmes, des enfants en danger de mort. Nous avons les moyens de venir à leur secours et de sécuriser les convois humanitaires.
La France s'est honorée, en 1988 et en 1990, en faisant adopter par les Nations unies le principe du droit d'ingérence humanitaire. Le droit international permet donc le libre accès aux victimes, malgré les entraves politiques ou militaires !

D'où partiraient ces convois humanitaires ?

Du Tchad ou de Centrafrique. Si nous arrivons, par cette pétition, à créer une large mobilisation pour conduire la France à s'engager vivement auprès de l'ONU en ce qui concerne l'ouverture de ces corridors, je m'engage personnellement à convaincre le président tchadien Idriss Déby d'accepter que son pays serve de base arrière pour l'aide internationale.

Si nous n'aidons pas les populations du Darfour, le Tchad et la Centrafrique seront aussi déstabilisés par l'arrivée en masse des réfugiés. La catastrophe prendra alors une dimension complètement folle et ingérable. Cet appel est soutenu par les représentants des principales religions présentes en France.

Que pensez-vous de cette mobilisation ?

Elle est formidable.
Mais si ce n'est pas suffisant, pourquoi ne pas essayer, symboliquement, de lire notre appel dans tous les lieux de culte en France, le même jour ou la même semaine. Ce geste ne serait pas sans effet !
J'en ai discuté à la suite d'un débat télévisé avec plusieurs représentants religieux. Ils étaient tous partants pour mener une telle opération. Reste à engager les responsables hiérarchiques. Leur présence parmi les signataires montre que cela est possible.

Vous lancez votre appel en reprenant les termes utilisés par l'Abbé Pierre en 1954. Une manière de poursuivre son combat ?

Effectivement, je pense beaucoup à l'Abbé Pierre en ce moment. J'ai pleuré, nous avons été très nombreux à pleurer sa disparition, il y a deux semaines. L'hommage national, la veillée de Bercy, la messe à Notre-Dame de Paris furent de grands moments. Mais quel sens auraient donc ces belles manifestations si elles ne nous conduisaient pas à nous soucier encore plus du sort des autres ?

Je suis désemparé par notre difficulté à tirer les leçons des tragédies que nous avons connues ces dernières années. Enfin, après l'ex-Yougoslavie, après le Rwanda, comment peut-on encore rester passif devant les crimes de masse de notre temps ? Est-ce à dire que nous n'apprenons rien ? Je ne veux pas le croire.

Ensemble, nous pouvons améliorer un peu le sort de nos contemporains. Nous aurons au moins essayé de faire ce qui était en notre pouvoir, compte tenu de nos moyens, là où nous étions. Mais place à l'action. Nous sommes attendus au Darfour. Nombreuses sont les vies à sauver. L'Abbé, s'il était encore en vie, viendrait avec nous, malgré son âge. Faisons-le en sa mémoire.
Pèlerin.info,lundi 09 avril, Propos recueillis par Laurent Larcher

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Après Michel Rocard, Bernard Kouchner appelle à une alliance UDF-PS LEMONDE.FR avec Reuters | 14.04.07 | 18h46 • Mis à jour le 15.04.07 | 10h55

Après Michel Rocard, c'est au tour de Bernard Kouchner d'appeler à une alliance UDF-PS dès le premier tour de la présidentielle. L'ancien ministre de la santé de François Mitterrand rallie l'ancien premier ministre socialiste Michel Rocard dans son appel à une alliance socialo-centriste.

"Pour la première fois depuis trente ans, le parti de François Bayrou ne récuse pas la gauche réformatrice. Saisissons cette chance", déclare l'ancien ministre de la santé de Lionel Jospin dans une tribune à paraître dans Le Journal du Dimanche sous le titre : "Assez de l'esprit sectaire!"

"A l'instar de nos voisins européens, capables de réussir là où nous avons échoué, cette gauche-là ne doit pas refuser l'alliance avec un centre rénové", souligne Bernard Kouchner, qui a rejoint l'équipe de campagne de la candidate socialiste Ségolène Royal en février.

"Je ne suis pas dans une manoeuvre politicienne, je ne l'ai jamais été. Et je n'imagine pas que Michel Rocard y soit, lui qui a plus apporté à la France et aux idées que tous ses détracteurs réunis", explique-t-il. "J'ai suffisamment soutenu Ségolène Royal et travaillé avec elle pour savoir qu'elle peut orchestrer calmement cette indispensable mutation", poursuit-il.

"Je sais que les alliances ne se noueront qu'après le premier tour. Ce n'est pas ajouter à la confusion que de revenir dès aujourd'hui à l'essentiel, et de préférer aux calculs politiciens des convictions que tant d'entre nous partagent", insiste Bernard Kouchner."Les électeurs de dimanche prochain ne sont pas prisonniers des frontières du sectarisme. La France vaut mieux que nos certitudes vieillies et nos crampes partisanes", conclut-il.
LEMONDE.FR avec Reuters | 14.04.07 | 18h46 • Mis à jour le 15.04.07 | 10h55

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vendredi 18 mai 2007, 16h33 Kouchner: un style nouveau au Quai d'Orsay mais quelle marge de manoeuvre?

PARIS (AFP) - Le socialiste Bernard Kouchner, champion flamboyant du droit d'ingérence humanitaire, arrive avec un style nouveau à la tête de la diplomatie française d'un gouvernement de droite, mais sa marge de manoeuvre pourrait être réduite.

Le Darfour et le Kosovo, deux crises dans lesquelles il s'est largement impliqué, devraient lui donner très vite l'occasion de faire jouer son expérience sur la scène internationale.

Pour Dominique Moïsi, de l'Institut français de relations internationales (IFRI), avec Kouchner au Quai d'Orsay et Nicolas Sarkozy à la présidence "le discours français se durcira à l'égard de Moscou et deviendra plus ouvert à l'égard de Washington". "Mais est-ce que ce sera du fond ou est-ce que ce sera du style?"

"On aura un style différent mais je ne pense pas qu'on s'éloigne des grands fondamentaux de la politique étrangère" française, estime Pascal Boniface, directeur de l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS).

Pierre Hassner, du Centre d'études et de recherches internationales (CERI), pense lui qu'"il y aura un infléchissement, certainement un changement de ton" dans la diplomatie française.

Dès son élection, M. Sarkozy avait assuré qu'il ferait "de la défense des droits de l'Homme et de la lutte contre le changement climatique les priorités de l'action diplomatique de la France".

Toutefois, "la marge de manoeuvre est limitée et, étant réaliste, Nicolas Sarkozy en rabattra beaucoup", prévoit M. Hassner.

Le dossier de la guerre civile au Darfour (ouest du Soudan), qui a fait 200.000 morts et deux millions de déplacés depuis 2003 selon l'ONU, devrait être traité en urgence par M. Kouchner, fondateur de Médecins sans frontières (MSF).

"Il en fera l'une de ses priorités", dit un diplomate français. "Il va vouloir s'investir beaucoup personnellement" et sera "sans doute partisan de davantage de pression sur le gouvernement soudanais".

Bernard Kouchner avait dénoncé en février "l'intransigeance du président soudanais (Omar el-Béchir) qui s'oppose à toute aide humanitaire efficace".

Administrateur du Kosovo au nom de l'ONU de 1999 à 2001, M. Kouchner aura également à coeur de faciliter un règlement définitif d'une crise dans laquelle, selon lui, le droit d'ingérence s'est "imposé".

"Il connaît parfaitement les protagonistes. Il peut parler aux uns et autres et jouer un rôle dans ce sens-là", relève le même diplomate français.

En ce qui concerne la Russie, "il a eu des propos assez marqués sur la Tchétchénie" et "aura une volonté de tenir un langage plus clair sur la question des droits de l'Homme", ajoute-t-il.

"En même temps, les Russes sont des partenaires dont on a besoin dans toute une série de sujets", souligne ce diplomate.

La Russie juge "inacceptable" le nouveau projet de résolution déposé au Conseil de sécurité, qui approuve le plan de l'ONU visant à l'octroi d'une indépendance surveillée à la province serbe du Kosovo.

C'est pourquoi, selon François Géré, de l'Institut français d'analyse stratégique (IFAS), "il serait tout à fait malvenu d'imaginer que la France cherche à se mêler directement de ce qui se passe en Tchétchénie".

M. Kouchner aura l'occasion de rencontrer son homologue russe Sergueï Lavrov fin mai, dans la cadre de la conférence des ministres des Affaires étrangères du G8.

Mais l'action du nouveau ministre pourrait pâtir d'une "présidentialisation" du régime.

"Il y a une présidentialisation du régime avec un poids lourd de la diplomatie à l'Elysée", dit Dominique Moïsi, se demandant "quel va être l'équilibre" entre M. Kouchner et Jean-David Levitte, l'ancien ambassadeur de France à Washington nommé conseiller diplomatique et "sherpa" de Nicolas Sarkozy.
vendredi 18 mai 2007, 16h33, Yahoo.fr, actualités

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66% des Français d'accord avec l'entrée de Kouchner NOUVELOBS.COM | 19.05.2007 | 09:27

Selon un sondage réalisé vendredi pour Le Parisien-Aujourd'hui en France, 66%des Français estiment que le "French Doctor" a eu raison d'accepter son ministère contre 19% qui y sont défavorables.

Pour 66% des Français, l'ancien ministre socialiste Bernard Kouchner a eu raison d'accepter d'être ministre des Affaires étrangères du gouvernement de François Fillon, selon un sondage CSA-Cisco pour Le Parisien/Aujourd'hui en France rendu public vendredi 18 mai au soir. Moins d'un sondé sur cinq (19%) est d'un avis contraire tandis que 15% ne se prononcent pas.

56% de sympathisants PS favorables

Sans surprise, les sympathisants du nouveau président sont les plus enthousiastes devant le ralliement de l'ancien ministre socialiste avec 88% d'avis favorables, devant ceux de François Bayrou et de Jean-Marie Le Pen (70%) et ceux de Ségolène Royal (56%).

- Sondage réalisé par téléphone vendredi auprès d'un échantillon national représentatif de 1.001 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. (AP)
nouvelobs.com, 19.05.2007 | 09:27

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La dernière ingérence du French doctor L'ex-socialiste à l'ego hypertrophié veut croire qu'il est indispensable. Par GARÇON José, Marc SEMO, Libération, QUOTIDIEN : samedi 19 mai 2007

Souvent assassins, les clichés ne sont pas pour autant exempts d'une certaine vérité.
Depuis des années, Bernard Kouchner en traîne un : «Un tiers mondiste, deux tiers mondain.»
Et la figure emblématique des French doctors doit désormais se débrouiller d'un qualificatif moins plaisant et tout aussi caricatural : «traître».
Traître à un parti ­ le PS ­ et à une histoire ­ la sienne ­ qui voit un ancien soixante-huitard, ex-militant aux Jeunesses communistes et ministre socialiste pendant une dizaine d'années, accepter d'être le ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy, inquisiteur de «l'héritage de Mai 68» et affichant une droite décomplexée.

Pas de bonne ou de mauvaise victime

La force et la faiblesse du nouveau chef de la diplomatie française, c'est de n'avoir cure de ces attaques ou des moqueries sur son côté «salonnard, beau parleur et léger». Comme si à 67 ans le temps presse assez pour que seule compte la possibilité de réaliser un rêve qui relève à la fois d'un ego hypertrophié et d'une (forte) tendance à «jouer perso», mais aussi d'une volonté sincère de gérer les conflits du monde, auxquels il a consacré sa vie. Souvent pour le meilleur, parfois pour le pire.

Jeune gastro-entérologue, Bernard Kouchner rencontre pour la première fois l'urgence humanitaire en 1968 au Biafra, où il se rend pour la Croix-Rouge. Guerre et famine : plus d'un million de morts. Il n'y a pas de «bonnes» et de «mauvaises» victimes, et Kouchner ne supporte pas le silence imposé aux médecins au nom de la «neutralité».
Un constat que feront partout, du Liban au Kurdistan, du Vietnam en passant par le Cambodge, l'Ouganda ou la Yougoslavie, les French doctors, ces médecins bénévoles qui, en 1971, créent Médecins sans frontières et reçoivent le prix Nobel de la paix en 1999. Pour Kouchner, l'affaire est entendue : toute violation massive des droits de l'homme doit remettre en cause la souveraineté des Etats et permettre l'intervention d'acteurs extérieurs.
Cette conviction est d'autant plus forte que la réponse de Goebbels à la plainte d'un Juif de haute Silésie hante celui dont les grands parents paternels sont morts à Auschwitz : «Charbonnier est maître chez soi.» Inventée par l'essayiste Jean-François Revel et théorisée par le juriste Mario Bettati, l'expression «droit d'ingérence» n'aura sur la scène publique qu'un seul héraut : Kouchner.

Il en tirera le début d'une popularité qui ne s'est jamais démentie et dont les excès médiatiques exaspèrent, par exemple en 1992 quand une émission télévisée le montre sur une plage de Somalie avec un sac de riz sur l'épaule (voir ci-contre). Ces coquetteries gomment l'innovation majeure qui vit la création d'une zone protégée pour les Kurdes dans le nord de l'Irak, à la fin de la guerre du Golfe, en 1991.
Un précédent dans le droit international. «C'est le vrai basculement de l'après-guerre froide sans lequel, en dépit de leurs fortunes diverses, les ingérences en Bosnie, au Kosovo ou à Timor auraient été impossibles», note un diplomate qui voit là le signe que Kouchner, «outre un agitateur d'idées, peut être aussi un politique efficace».
Sa consécration aura lieu en 1999 quand il devient de facto le gouverneur du Kosovo, région placée sous protectorat international. Le bilan sera mitigé, notamment s'agissant de la réconciliation entre Serbes et Albanais. «Mais qui pouvait faire mieux ?» demande le même diplomate.

Depuis, Kouchner n'a cessé de ronger son frein et de courir moins après le pouvoir qu'après une reconnaissance : celle du Parti socialiste, rejoint seulement en 1998, qui n'a jamais vraiment fait appel aux compétences de cet électron libre au franc-parler qui ne s'embarrasse ni de la discipline ni des credo partidaires ; celle aussi de la France, qui a proposé sa candidature à la tête de l'OMS et du HCR mais sans se battre outre mesure.
La crise irakienne le placera une fois de plus en porte-à-faux avec un pays qui mène le combat contre l'invasion américaine. D'autant qu'il ne cache pas son inclination à soutenir une opération destinée à mettre à bas une dictature sanglante. L'après-guerre sera pire encore pour un Kouchner dont la fidélité en amitié est égale à sa difficulté à travailler autrement qu'avec ceux qui lui sont proches : victime d'un attentat, son ami Sergio Vieira de Melo, le représentant de l'ONU en Irak, meurt à Bagdad en 2003 avec nombre de ses amis de la mission du Kosovo.

Darfour et Kosovo sur sa feuille de route

Principal symbole ­ façade ? ­ d'une «ouverture» à gauche, Kouchner a beau jeu d'arguer qu'il ne se renie pas, étant «sarko-compatible» avec l'atlantisme, l'engagement européen et l'intérêt pour les droits de l'homme qu'affiche le Président. Même compatibilité quant à une manière de privilégier la communication et le travail en bande.

Mais les dossiers qui attendent le désormais chef de la diplomatie française sont complexes. Si sur le Darfour comme sur le Kosovo l'homme des corridors humanitaires a une crédibilité incontestable, qu'en sera-t-il de la Méditerranée ­ et donc du Maghreb ­, dont Nicolas Sarkozy affirme qu'elle sera «une priorité» et où la raison d'Etat l'emporte sur toutes les autres considérations ? Ou bien de la Turquie, à propos de laquelle Daniel Cohn-Bendit se demandait : «Kouchner sera l'homme qui, au Conseil européen, bloquera les négociations avec Ankara ?»
Par GARÇON José, Marc SEMO, Libération, QUOTIDIEN : samedi 19 mai 2007

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DARFOUR Bernard Kouchner : "L'avenir s'est éclairci" pour le Darfour
NOUVELOBS.COM | 25.06.2007 | 19:12

La conférence internationale sur le Darfour s'est achevée à Paris. Comme prévu, les participants, dont les représentants des grandes puissances, dont la Chine, les Etats-Unis et la France, et ceux d'organisations internationales, ont réaffirmé leur soutien à l'Union africaine et à l'ONU pour le déploiement d'une force hybride.

Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a estimé lundi 25 juin que "l'avenir s'est éclairci" pour le Darfour, à la fin de la conférence de Paris. "Quelqu'un a pu dire (lors de la réunion) qu'il y avait une petite lueur au fond de ces ténèbres", a dit M. Kouchner à la fin de cette rencontre qui ne devait pas déboucher sur l'annonce de mesures spectaculaires, mais destinée à accélérer la mobilisation de la communauté internationale pour le Darfour, ravagé par la guerre civile.
Les représentants des grandes puissances, dont la Chine, les Etats-Unis et la France et ceux d'organisations internationales ont pour la première fois tenté d'unir leurs efforts en ce sens.

La conférence de Paris a donné lieu à un soutien réaffirmé de l'Union africaine et de l'ONU pour le déploiement d'une force hybride Union africaine/ONU de plus de 20.000 hommes, qui a été accepté par Khartoum le 12 juin dernier.
"C'était l'occasion de réunir tout le monde et de savoir exactement ce que nous devons faire", a déclaré pour sa part la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, dont le pays dénonce un génocide, lors d'une conférence de presse finale.

"Le silence tue"

"Le Soudan doit savoir que s'il coopère, nous l'aiderons puissamment et que s'il refuse, il faudra être ferme", a dit plus tôt dans la journée Nicolas Sarkozy, dans un discours au Palais présidentiel de l'Elysée, devant les représentants des grandes puissances.
"Je crois que la fermeté de la communauté internationale, c'est la seule façon d'amener tout le monde à la discussion", a affirmé Nicolas Sarkozy. "Nous devrons être fermes à l'égard des belligérants qui refuseraient de revenir à la table de négociations", a déclaré le président, car "le silence tue".

Khartoum, qui est sous pression de la communauté internationale, a qualifié cette réunion "d'inopportune". Paris, à l'initiative de cette rencontre, voulait coordonner tous les efforts diplomatiques en cours et "donner un nouvel élan fort à la mobilisation" internationale.

Mais l'Union africaine n'avait pas souhaité participer à la réunion, de même que l'Afrique du sud.

200.000 personnes mortes depuis février 2003

Condoleezza Rice a souligné qu'il fallait "parfois s'assurer que tout le monde a le même objectif et pousse dans la même direction", en référence apparente à la Chine, principale alliée du Soudan.

Après des mois de pressions diplomatiques, Khartoum a donc accepté le 12 juin de remplacer l'actuelle force africaine au Darfour, composée de 7.000 hommes mal équipés, par cette force hybride, associant l'Union africaine et l'ONU. Quelque 200.000 personnes sont mortes depuis février 2003 au Darfour selon l'ONU et plus de 2,1 millions d'autres ont été déplacées, chiffres contestés par Khartoum.

L’humanitaire, le politique, la reconstruction

Les participants ont abordé quatre volets : la relance du processus politique, la situation humanitaire et sécuritaire, la reconstruction des zones affectées par la crise et ses répercussions régionales.

La Russie, le Japon, les Pays-Bas, le Canada, la Grande-Bretagne, la Norvège, l'Allemagne, au titre de la présidence de l'Union européenne, l'Italie, la Suède, le Danemark et le Portugal participaient notamment à la réunion, de même que Javier Solana, Haut représentant de la politique étrangère européenne, et le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon.
NOUVELOBS.COM | 25.06.2007 | 19:12

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Des euros «évaporés» par millions au Darfour
Les soldats de l’Union africaine attendent leur solde.
Par Thomas Hofnung, Libération, QUOTIDIEN : lundi 16 juillet 2007, p. 7

Le Darfour comme nouvelle illustration des dérives bureaucratiques des opérations multilatérales de maintien de la paix ? Depuis le déploiement d’une force, en 2004, par l’Union africaine (UA) dans cette province de l’ouest du Soudan ravagée par la guerre civile, l’Union européenne a déboursé 282 millions d’euros pour financer ces opérations. Mais certains des 7 700 soldats (nigérians, sénégalais, rwandais) n’en voient jamais la couleur.

«Nous sommes dans une situation très embarrassante, a reconnu Josep Borrell, ancien président du Parlement européen, de retour d’une mission d’eurodéputés au Darfour . Depuis des mois, les soldats n’ont pas touché leur paye. Certains n’ont même jamais rien reçu.» L’eurodéputé Thierry Cornillet, qui parle d’un retard de «quatre mois» dans les versements, évoque la «démoralisation» des militaires. Les députés demandent qu’une enquête soit menée avant de débloquer d’autres fonds. Notamment pour financer l’envoi de la «force hybride» (Union africaine-ONU), appelée à se substituer, début 2008, à une force africaine impuissante à enrayer la violence.

«Nous devons rendre des comptes au contribuable européen» , dit-on à la Commission de Bruxelles, où l’on précise que deux experts ont été envoyés au siège de l’Union africaine, à Addis-Abeba (Ethiopie). Ces derniers ont déjà «audité» les comptes de 2005 concernant l’utilisation des fonds européens, avant de se plonger dans ceux de 2006. «A ce stade, ils n’ont relevé aucune trace de détournement», assure Amadeu Altafaj, le porte-parole du Commissaire au Développement et à l’Aide humanitaire, Louis Michel. «L’UA est une organisation jeune, elle manque encore d’expertise et de capacités de gestion financière, ajoute-t-il. Mais n’oublions pas que c’est la seule organisation qui, pour le moment, a pris ses responsabilités au Darfour.»

En attendant la fin de l’audit, une certitude : l’argent européen «s’évapore». Mais à quel niveau de la chaîne ? Il y a quelques années, un scénario similaire s’était produit avec la force africaine en République centrafricaine, la Fomuc, financée en grande partie par Paris. «On s’était aperçu que le général commandant l’opération prélevait un tiers de l’argent, qu’un autre tiers était capté par les officiers et qu’il ne restait plus qu’un tiers pour la troupe», raconte un diplomate. La France avait alors nommé des officiers chargés de réceptionner l’argent et de le distribuer, listings en main, aux soldats de la Fomuc.

Dans le cas du Darfour, ce sont les états-majors des contingents africains qui sont chargés de répartir les soldes. Faudra-t-il leur adjoindre des officiers européens ? Autre sanction possible, mais presque impossible à assumer : la suspension des financements. Alors que Khartoum est accusé par Washington de poursuivre ses raids meurtriers et que plus de deux millions de personnes vivent sous perfusion humanitaire au Darfour, qui osera «couper les vivres» à l’Union africaine ? Une telle décision signerait l’arrêt de mort de ses opérations. «L’UA est à court d’argent : sur 53 pays, seuls 7 paient en temps et en heure leur contribution», note-t-on à Bruxelles.

A court terme, il ne reste plus qu’à remettre au pot. Lors d’une conférence, le mois dernier, sur le Darfour, Nicolas Sarkozy a annoncé 10 millions d’euros supplémentaires pour la force de l’UA. A ce jour, la France a assumé le quart des 282 millions d’euros déboursés par les Européens.

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Kouchner en visite surprise à Bagdad
L.S. (lefigaro.fr). Publié le 19 août 2007Actualisé le 19 août 2007 : 18h32

Une visite surprise et même surprenante.

Dimanche (19 août 2007) en milieu d'après-midi, Bernard Kouchner est arrivé à Bagdad.
Cette "visite officielle", selon son ministère, n'était pourtant pas prévue à son agenda. Elle devrait durer trois jours. Le ministre réfléchissait en fait à ce projet"depuis sa prise de fonction" en mai, selon un communiqué.

Un temps de réflexion compréhensible : aucun ministre français des Affaires étrangères n'a mis les pieds dans la capitale irakienne depuis l'opposition de la France à la guerre en Irak, en 2003 (lire notre dossier sur la guerre en Irak).

Une décision qui avait à l'époque provoqué des graves tensions dans les relations franco-américaines.

Défenseur du "droit d'ingérence", Bernard Kouchner était allé à contre-courant de l'opinion dominante lors du déclenchement du conflit, regrettant que la France se soit désolidarisée des Américains. "Si nous avions continué à être à leur côté, nous aurions pu éviter la guerre", avait-il déclaré. Il avait déploré que les Français soient devenus "américanophobes".

Le ministre est en Irak "pour exprimer un message de solidarité de la France au peuple irakien et pour écouter les représentants de l'ensemble des communautés, sans exclusive", selon le texte du communiqué.

Un geste qui a également plu à Washington. "Les Etats-Unis se félicitent de la visite du ministre français des Affaires étrangères Kouchner à Bagdad", a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche pour les questions de sécurité nationale, Gordon Johndroe.

Le Quai d'Orsay ajoute que la date de l'arrivée de Bernard Kouchner en Irak correspond au quatrième anniversaire de la mort dans un attentat de Sergio Vieira de Mello, représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et d'une vingtaine de fonctionnaires des Nations unies. "M. de Mello était un ami personnel de M. Kouchner", ajoute le ministère.

Dès son arrivée sur le sol irakien, Bernard Kouchner est allé déposer une gerbe portant la mention "Aux soldats de la paix, Une France reconnaissante", sur le monument dressé à leur mémoire dans la "zone verte" ultra-sécurisée.

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Jalal Talabani, président de l'Irak "Il n'y a pas de guerre chiite-sunnite en Irak mais des divisions à l'intérieur de ces communautés"
LE MONDE | 22.08.07 | 11h46 • Mis à jour le 22.08.07 | 16h07

Que représente la visite du ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner ?

Je la résumerai d'un mot : elle est historique. Pour la première fois depuis que l'Irak a été libérée de la dictature, un ministre français se rend en Irak pour parler aux dirigeants et observer la situation sur le terrain. Je suis certain que cela contribuera à une bien meilleure compréhension entre les deux pays.

C'est un ami depuis plus de deux décennies. Nous nous étions rencontrés dans les montagnes du Kurdistan alors qu'il était en mission pour Médecins sans frontières pour aider les civils victimes de bombardements et de déportation. Nous n'avons jamais perdu contact.

En 2006, je l'avais invité, par la voie diplomatique officielle, à venir à Bagdad et au Kurdistan. Il avait accepté mais en a été empêché. Le président Sarkozy est, lui aussi, en faveur d'un rapprochement. Quand il était ministre de l'intérieur, il nous a promis qu'une fois président de la République, il nous aiderait davantage, notamment dans le domaine sécuritaire. Nous avions évoqué la possibilité pour la France d'entraîner nos forces de sécurité irakiennes et de leur fournir des armes légères pour protéger les civils.

Qu'attendez-vous de ce retour de la France sur la scène irakienne ?

L'Irak est une grande nation et un pays riche, qui peut influencer l'ensemble du Moyen-Orient. La France devrait être intéressée à promouvoir la démocratie. Les relations entre la France et l'Irak ont traditionnellement été très bonnes.

Dans le passé, le gouvernement français entretenait des liens avec une dictature qui était haïe par les peuples. Il s'agit aujourd'hui de renouer ces relations, sur une base nouvelle, axée sur l'amitié entre ces deux peuples.

Il y a de nombreux domaines de coopération possibles. La France peut aider l'Irak à développer des entreprises pour la reconstruction. Nous possédons aussi beaucoup de champs pétroliers dans lesquels les investissements français sont les bienvenus.

Que peut faire la France ? Pensez-vous à une initiative similaire à la conférence interlibanaise ?

Notre problème majeur et notre devoir sont de mettre fin à ce conflit entre Irakiens et de parvenir à la réconciliation nationale, seule capable de mettre fin au terrorisme dans ce pays. Car les terroristes, qui proviennent principalement de l'extérieur du pays, manipulent les communautés et utilisent leurs différends pour perpétrer leurs crimes.

Je ne crois pas qu'une conférence nationale soit nécessaire en Irak. Au Liban, les différentes parties ne sont pas capables de se parler ou de s'asseoir à la même table. En Irak, nous nous parlons et nous nous rencontrons tous les jours. Chaque communauté participe à ce dialogue. Nous nous en sortirons sans conférence.

M. Kouchner a comparé l'Irak au Liban, soulignant l'antagonisme entre chiites et sunnites et le risque que cela signifie pour la région…

Il n'y a pas de guerre sunnite-chiite en Irak. Il y a, c'est vrai, des différends. Mais surtout des divisions à l'intérieur même de ces communautés.

N'oubliez pas, par ailleurs, en parlant des sunnites, que les Kurdes appartiennent en majorité à cette communauté. Nous ne sommes pas dans une situation de deux fronts religieux distincts opposés.

Au contraire, il existe différentes alliances politiques rassemblant en leur sein ces deux communautés. Il y a des groupes extrémistes chiites et sunnites qui se combattent violemment. Mais la majorité des citoyens Irakiens refusent de se battre les uns contre les autres.

Nous assistons en fait à une guerre politique autour du partage du pouvoir. Il y a en outre des malentendus autour de la Constitution et de son application.

L'Irak a quand même connu l'attentat le plus meurtrier de son histoire moderne, il y a quelques jours…

C'est vrai qu'il y a des attaques terroristes, mais elles visent les civils, plus que l'armée ou la police irakiennes. Ces groupes vont dans des pauvres villages turcomans avec trois voitures piégées, ou attaquent des hameaux yazidis loin des villes, près des frontières syriennes.

Dans ces conditions, n'importe qui est capable de faire des massacres, surtout quand il reçoit la permission des pays voisins.

Le gouvernement irakien vit aussi une crise majeure après le départ de ministres, notamment sunnite…

C'est un phénomène naturel dans une démocratie. Ces départs sont liés à des raisons diverses. Les Arabes sunnites ont adressé des demandes au gouvernement, exigeant que celui-ci y réponde immédiatement.

Le premier ministre, M. Maliki, n'était pas prêt, alors ils sont partis estimant qu'ils n'étaient pas traités comme de véritables partenaires politiques.

Quant aux ministres du mouvement [chiite] de Moqtada Al-Sadr, c'est un autre problème. Le premier ministre a pris des mesures contre certains groupes sadristes qui violaient la loi. Des gangsters qui assassinaient les sunnites au nom de l'Armée du Mahdi.

Moqtada Al-Sadr a démenti, affirmant qu'il était contre ces crimes. M. Maliki a été obligé de sévir contre ces milices. Les ministres s'en sont offusqués. Ils sont partis.

Actuellement, les sadristes ont repris langue avec le premier ministre. Ils se disent prêts à réintégrer le processus politique et le Parlement et ont proposé de remplacer les ministres démissionnaires par d'autres, plus compétents.

Se profile-t-il une sortie de crise ?

Nous avons mis en place un sommet incluant des représentants de tous les principaux blocs politiques du pays qui discutent des questions litigieuses de blocage. Il n'y a pas encore d'accord, mais des progrès. Le plus important est que tous les dirigeants sont déterminés à tenter de résoudre ensemble ces problèmes.

Les Arabes sunnites ne réintégreront peut-être pas le gouvernement. Mais, même en restant à l'extérieur, il n'est pas question pour eux de rompre avec le processus politique. Leur retour dépendra de leur estimation de la situation.

Nous essayons de les persuader de revenir car, sans eux, le gouvernement perd sa dimension d'"union nationale". Ils en sont un élément important.

Mais s'ils ne reviennent pas, le gouvernement ne s'effondrera pas pour autant. Il détient toujours la majorité au Parlement. Il peut survivre.
Propos recueillis par Cécile Hennion

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George W. Bush prend ses distances vis-à-vis du premier ministre irakien
LEMONDE.FR | 22.08.07 | 14h34 • Mis à jour le 22.08.07 | 16h02

Le fait que le président américain se soit gardé de réaffirmer sa confiance à Nouri Al-Maliki, lors d'une conférence de presse, mardi 21 août, en marge du sommet de Montebello au Canada, a largement fait réagir les journaux américains.

George W. Bush était interrogé sur les propos tenus la veille par l'une des grandes figures du Congrès, le démocrate Carl Levin, qui avait estimé que le Parlement irakien devait retirer sa confiance au premier ministre. "La question fondamentale est : est-ce que le gouvernement répond aux attentes du peuple ?", a demandé le président américain. "Si le gouvernement ne répond pas aux attentes des gens, ils remplaceront le gouvernement. C'est aux Irakiens d'en décider, pas aux hommes politiques américains."

Pour le New York Times, George W.Bush "prend du recul" par rapport à M. Al-Maliki, pour le Washington Post, il "fait monter la pression" sur le premier ministre irakien. "Cela ne valait pas le vote de défiance du sénateur Carl Levin, commentent Sheryl Gay Stolberg et Jim Rutenberg dans le New York Times, (...) mais c'était une tentative marquante de la Maison Blanche de se mettre à distance du gouvernement Al-Maliki avant le mois de septembre." La version finale d'un rapport d'évaluation sur la stratégie controversée annoncée par le président Bush en janvier d'envoyer 30 000 soldats supplémentaires en Irak est en effet attendue pour septembre.

PAS DE "CHÈQUE EN BLANC" POUR NOURI AL-MALIKI

Face aux critiques des démocrates – et même de certains républicains –, George W. Bush tenterait, selon le New York Times, de faire passer un nouveau message : "Nous faisons notre travail en Irak, ne nous blâmez pas si les Irakiens ne font pas le leur". Pour le Washington Post, ces "mots durs" du président Bush suggèrent que, face aux autorités actuelles en Irak, l'administration américaine commence à perdre patience.

Les deux quotidiens remarquent que cette déclaration intervenait quelques heures après que l'ambassadeur américain en Irak, Ryan C. Crocker, a fait un commentaire similaire à Bagdad, jugeant "extrêmement décevant" les progrès politiques du gouvernement irakien qui ne parvient pas à réconcilier les communautés chiite, sunnite et kurde, condition pourtant essentielle à la stabilisation du pays. M. Crocker a insisté pour que le soutien américain à Nouri Al-Maliki n'apparaisse pas comme un "chèque en blanc".
Aline Leclerc

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M. Kouchner évoque la possibilité d'une "guerre" avec l'Iran
LE MONDE | 17.09.07 | 16h27

Le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, a estimé, dimanche 16 septembre, que le monde devait se "préparer au pire", c'est-à-dire à la possibilité d'une "guerre" avec l'Iran, tout en appelant à "négocier jusqu'au bout". Invité de l'émission radiotélévisée le Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, M. Kouchner a souligné, sur un ton particulièrement dur, qu'"il n'y a pas de plus grande crise", à l'heure actuelle, que celle du programme nucléaire iranien, suspecté de servir de paravent à des activités militaires, malgré les démentis de Téhéran.

"Nous n'accepterons pas que cette bombe soit construite", a dit le ministre. Le 27 août, le président de la République, Nicolas Sarkozy, avait déjà mis en garde contre "une alternative catastrophique : la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran".

SANCTIONS ÉCONOMIQUES

A Washington, le secrétaire à la défense, Robert Gates, a déclaré, un peu plus tôt dans la journée, sur la chaîne de télévision américaine Fox News, que "la voie diplomatique et économique reste de loin la meilleure approche, pour le moment, pour continuer de gérer la menace iranienne". Mais "toutes les options restent ouvertes", a-t-il ajouté.

Evoquant le risque d'un bombardement de l'Iran, M. Kouchner a toutefois cherché à démentir qu'une attaque soit imminente. Il a indiqué qu'"aucun signe ne nous permet de penser, en dehors des préparations militaires", qu'un bombardement américain de l'Iran soit proche. "Je ne crois pas que nous en soyons là", mais il est "normal qu'on fasse des plans", a-t-il dit.

M. Kouchner a souligné que la négociation restait l'option privilégiée pour amener Téhéran à suspendre sa production d'uranium enrichi. Mais il a aussi déclaré que Paris plaidait pour que l'Union européenne prenne des sanctions économiques en dehors du cadre des Nations unies. "Nos amis allemands l'ont proposé", a-t-il ajouté, en précisant qu'il s'agirait de "sanctions économiques à propos des circuits financiers" visant notamment "les grandes fortunes, les banques" en Iran.

Paris, a-t-il ajouté, a d'ores et déjà décidé de demander aux grandes entreprises françaises de ne plus investir en Iran, en particulier dans le secteur des hydrocarbures. Cette démarche a concerné la compagnie pétrolière Total ainsi que Gaz de France "et d'autres", a-t-il dit.

La perspective d'une nouvelle résolution du Conseil de sécurité instaurant de nouvelles sanctions contre Téhéran est au centre des visites de M. Kouchner à Moscou, lundi et mardi, puis à Washington en fin de semaine. Les six grandes puissances (France, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Chine, Russie et Allemagne) impliquées dans les discussions sur le dossier nucléaire iranien étudieront vendredi, dans la capitale américaine, un projet de résolution prévoyant de nouvelles sanctions, a annoncé le département d'Etat américain. - (AFP.)
Le Monde, Article paru dans l'édition du 18.09.07.

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Iran: François Fillon évoque "une situation de très grande tension"
AP - Lundi 17 septembre, 16h11ANGOULEME -

"Tout doit être fait pour éviter la guerre" contre l'Iran, a affirmé lundi François Fillon, réagissant à son tour aux propos de Bernard Kouchner, qui avait estimé dimanche qu'il fallait "se préparer au pire" dans cette crise. Le Premier ministre a toutefois évoqué "une situation de très grande tension" avec Téhéran au sujet de son programme nucléaire.

"Tout doit être fait pour éviter la guerre. Le rôle de la France, c'est de conduire vers une solution pacifique", a déclaré François Fillon à Angoulême, où il visitait le 1er Régiment d'infanterie de Marine (RIMA). "Une confrontation avec l'Iran, c'est la dernière extrémité que n'importe quel responsable politique peut souhaiter."

"Je pense que les Iraniens doivent comprendre que la tensions est à son extrême, et en particulier dans la région dans la relation entre l'Iran et ses voisins, dans la relation entre l'Iran et Israël", a-t-il souligné. "Nous sommes dans une situation de très grande tension."

Pour le Premier ministre, "la menace que fait peser sur le monde l'existence d'une arme nucléaire iranienne est réelle". Face à cette situation, la France est favorable à des "sanctions les plus sévères possibles à l'égard du gouvernement iranien s'il perdure dans son projet" de programme nucléaire.

"Je crois que les sanctions n'ont pas encore été jusqu'au bout de ce qu'il est possible de faire", a-t-il encore expliqué. "Je crois par ailleurs qu'il faut écouter ce que dit le peuple iranien qui n'est pas forcément unanime dans son appréciation de la politique qui est conduite par son gouvernement."

François Fillon réagissait aux propos du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, qui a déclaré dimanche soir qu'"il faut se préparer au pire", dans la crise du nucléaire iranien, c'est-à-dire à "la guerre". "On se prépare en essayant d'abord de mettre des plans au point, qui sont l'apanage des états-majors, mais ça, ce n'est pas pour demain", avait-il toutefois ajouté. AP

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Sarkozy, le passe-partout de l’onu
A New York, le Président s’est tour à tour montré humaniste en diable, distant avec Washington et flou sur la question du nucléaire iranien. Par ANTOINE GUIRAL QUOTIDIEN : mercredi 26 septembre 2007 New York envoyé spécial 16 réactions Nicolas Sarkozy en campagne aux Nations unies.

A New York, où il passait hier son premier grand oral planétaire devant près de 200 chefs d’Etat et de gouvernement, le président français a usé de sa rhétorique grandiloquente et des ficelles qui ont fait son succès dans l’Hexagone.
Soit de l’émotion, du pathos, des formules (l’appel à un «new deal» planétaire sans en préciser le contenu), du volontarisme politique et l’affirmation de se situer au-dessus des clivages traditionnels «pour faire bouger les lignes».

Pour cette opération de séduction, Nicolas Sarkozy est resté dans le registre très classique de la diplomatie française, s’adressant à la «conscience universelle», comme il l’a répété à de multiples reprises, et multipliant les emprunts à son prédécesseur Chirac, sur la nécessité du multilatéralisme pour éviter «le choc des civilisations».
Il s’est aussi attaché à ne pas s’afficher comme un pur atlantiste en marquant ses distances avec Washington: «La France est fidèle à ses amis et aux valeurs qu’elle partage avec eux.
Mais cette fidélité n’est pas une soumission, pas un enfermement». Il a ainsi prévenu que la «France restera disponible pour parler avec tout le monde, sur tous les continents», d’Hugo Chávez aux dirigeants iraniens.

Vertige.

Très attendu sur le sujet du nucléaire iranien, sur lequel la France donne le sentiment de naviguer à vue à travers des déclarations contradictoires, Nicolas Sarkozy est resté pour le moins flou. Comme il l’avait fait la veille lors d’une allocution sur le réchauffement climatique, il a affirmé que « l’Iran a droit à l’énergie nucléaire à des fins civiles».

Puis, dans le registre de la fermeté, il a assuré que si l’Iran se dotait de l’arme nucléaire, «nous ferions courir un risque inacceptable à la stabilité de la région et du monde». Sans développer davantage la stratégie française pour contraindre Téhéran à renoncer à ses projets nucléaires, il s’est contenté de phrases passe-partout pour assurer que cette «crise ne sera résolue que si la fermeté et le dialogue vont de pair».

Soucieux de ne pas trop brusquer les Iraniens dans ses déclarations publiques, Nicolas Sarkozy donne le vertige aux Américains. Est-il un vraiment un allié fiable en cas de tempête ? La presse américaine n’en finit pas de souligner les évolutions de celui qui présentait l’Iran comme un Etat hors la loi dans son livre Témoignage (tout juste sorti en librairie ici) et refuse de dire s’il suivrait Washington en cas de conflit.
Hier soir, à New York, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, devait rencontrer son homologue iranien Manouchehr Mottaki.

Les atermoiements de la France n’ont pas empêché George Bush de décerner hier à la tribune des Nations unies un satisfecit à Paris pour ses initiatives sur le Darfour. Dans la version écrite du discours de Bush était inscrit «sar-KO-zee», pour lui éviter d’écorcher le nom de son ami français.

Avec ses envolées lyriques sur «le regard de l’enfant martyrisé, de l’enfant qui a faim et voit ses parents humiliés», Nicolas Sarkozy a finalement fait mouche sur un auditoire qui l’a très longuement applaudi à la fin de son discours.

Sur un nuage.

Lors d’une rencontre avec des journalistes français, il semblait encore sur son petit nuage, toujours très content de lui. «Rendez-vous compte de ce que j’ai dit : Si on n’a pas la justice dans ce monde, on n’aura pas la paix. Ce n’est pas rien, quand même… Et pareil lorsque j’ai dit que si on n’a pas la moralisation du capitalisme, on n’aura pas la croissance… ou qu’il faut payer les matières premières au juste prix.»

Bref, Sarkozy qui se pose en défenseur des damnés de la terre et se montre de plus en plus en retrait par rapport aux Etats-Unis. Jacques Chirac va adorer.

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L’embarras du ministre Kouchner
Arche de Zoé. Des humanitaires dénoncent la responsabilité de l’ex-French doctor.
CHRISTOPHE AYAD, Libération, QUOTIDIEN : jeudi 1 novembre 2007

Mais où est donc passé Bernard Kouchner? Depuis le début de l’affaire de l’Arche de Zoé, le ministre des Affaires étrangères, en tournée en Asie, n’est sorti qu’à deux reprises de son silence pour la qualifier de «triste aventure» et pour expliquer que l’action humanitaire devait respecter des «règles». Y a-t-il, dans ce silence peu habituel, une gêne, voire une volonté de faire oublier des déclarations passées, peu compatibles avec son statut actuel ?

Activistes.
C’est ce que lui reproche Rony Brauman, ex-directeur de MSF, qui a dénoncé hier et avant-hier la «responsabilité morale» de Kouchner, mais aussi de BHL et d’Urgence Darfour dans le scandale en cours. L’Arche de Zoé n’aurait, selon lui, fait que mettre en œuvre les incantations de Kouchner à l’action et à l’ingérence – étatique certes – pour mettre fin au «génocide» et à «l’horreur» au nom d’une morale universelle.

Quelques jours avant de devenir ministre des Affaires étrangères, Kouchner soutenait la mouvance des activistes sur le Darfour, principalement regroupée dans trois ONG : Urgence Darfour, SOS Darfour et Sauver le Darfour. Sans être membre d’aucune d’entre elles, il a participé à des rassemblements, comme celui du 20 mars à la Mutualité : «300 000 morts, 2 millions de déplacés… Oui c’est un génocide qui s’accomplit sous nos yeux. Un de plus. Un de trop […] Nos frères du Darfour sont en train de mourir. N’acceptons plus cela. Soyons plus forts que les obstacles», déclarait-il à la tribune, reprenant la terminologie américaine outrancière sur le «génocide» au Darfour, très contestée par les humanitaires français, à commencer par MSF. Kouchner toujours, écrivait dans le Monde du 27 décembre 2006 : «Que fait la France ? Elle hésite […] Triste tergiversation d’un pays considéré comme le défenseur des droits de l’homme, qui inventa l’ingérence humanitaire.» Dans ce même article, il livrait le chiffre de 10 000 civils tués par mois alors que l’ONU estime que l’on est tombé depuis la mi-2004 à 500, ou à 1 000 tout au plus.

Au printemps donc, Kouchner militait aux côtés de Jacky Mamou, président d’Urgence Darfour et ex-dirigeant de Médecins du Monde, qui estimait que «se taire, c’est se rendre coupable de non-assistance à personnes massacrées» et qu’il n’était «plus temps de dénoncer mais d’agir». Quant à Bernard-Henri Lévy, il préconisait «d’armer les rebelles», comme en Bosnie.

Ingérence.
Puis Kouchner est devenu ministre. Pendant ses premiers jours au Quai d’Orsay, il défend l’ingérence humanitaire, qu’il a théorisée avec Mario Bettati et testée en Irak en 1991 : il propose des «corridors humanitaires» destinés à sauver, depuis le Tchad, «les survivants des massacres» au Soudan. A sa grande colère, les humanitaires n’en veulent pas : ils sont déjà 13 000 au Darfour et craignent surtout le mélange des genres avec l’action militaire ainsi que les effets pervers d’une opération qui accélérerait paradoxalement le nettoyage ethnique souhaité par Khartoum.

Réfugiés.
Puis, c’est l’état-major qui enterre son projet de mettre en œuvre une no fly zone au-dessus du Darfour depuis le Tchad. Finalement, Kouchner, qui partage avec Sarkozy l’horreur de la passivité, réussi à arracher au président tchadien Idriss Déby le principe d’une force européenne destinée à sécuriser les réfugiés du Darfour en proie à des attaques transfrontalières dans l’est du Tchad. Mi-octobre, Kouchner soulignait devant ses partenaires européens «la mission humanitaire» de l’Eufor au Tchad, suscitant un communiqué désapprobateur de l’ONG Oxfam sur le mélange des genres.

Mais pour préserver son principal acquis, Kouchner a dû modérer son langage. Il ne parle plus depuis son entrée en fonction de «génocide au Darfour». Ces deux derniers jours, Jacky Mamou dans Libération et BHL dans le Parisien, lui ont emboîté le pas, désireux de se démarquer du fiasco de l’Arche de Zoé.

Eric Breteau, le responsable de l’Arche de Zoé, ne se voit-il pas comme un héritier de Kouchner en 1994 au Rwanda, lorsque ce dernier tentait en vain d’arracher des orphelins tutsis aux génocidaires hutus ?

Au Tchad et au Darfour aujourd’hui, on est loin de ce cas de figure. Il n’y a pas de génocide et on trouve sur place suffisamment de structures humanitaires.

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Kouchner: les propos de Kadhafi sur les droits de l'Homme "assez pitoyables" AFP - Mercredi 12 décembre, 16h00PARIS (AFP) -

Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a jugé mercredi que les propos, la veille, du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi sur les droits de l'Homme en France et en Europe étaient "assez pitoyables".

"Lorsqu'il a parlé des droits de l'Homme ici, dans notre pays et en Europe, c'était assez pitoyable, et nous le condamnons", a déclaré Bernard Kouchner devant les députés.

Lors d'un discours mardi au siège de l'Unesco, le colonel Kadhafi avait riposté sur les critiques le concernant au sujet des droits de l'Homme en attaquant les pays européens et notamment la France: "avant de parler des droits de l'Homme, il faut vérifier que les immigrés bénéficient chez vous de ces droits", avait-il lancé.

Mouammar Kadhafi, qui effectue depuis lundi une visite officielle très controversée en France, devait être reçu dans l'après-midi par le président Nicolas Sarkozy pour un second entretien.

M. Kouchner, qui n'avait pas assisté à un dîner donné lundi soir en l'honneur de M. Kadhafi au palais de l'Elysée, a justifié mercredi cette visite en affirmant que la France faisait un "pari" sur l'évolution positive du régime libyen.

"L'évolution (de la Libye) est suffisamment importante" pour permettre cette visite, a-t-il dit, en plaidant à nouveau pour une "diplomatie de la réconciliation".

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Le chef de la diplomatie libyenne s'en prend à Bernard Kouchner Le Monde 14.12.07 | 17h43

PARIS (Reuters) - La Libye n'a pas de leçon à recevoir en matière de droits de l'homme, a déclaré vendredi son ministre des Affaires étrangères, Abdel-Rahman Chalgam, qui s'en est pris vivement à Bernard Kouchner après ses critiques sur la visite de Mouammar Kadhafi en France.

"Personne ne doit donner de leçons à la Libye dans ce domaine (des droits de l'homme). C'est une question qui a plusieurs interprétations", a-t-il dit lors d'une conférence de presse organisée au terme du séjour du numéro un libyen à Paris.

"Parce que les droits de l'homme en France ou en Europe, c'est le mariage des homosexuels et, d'un autre côté, la polygamie n'est pas un droit de l'homme", a ajouté Abdel-Rahman Chalgam, qui s'exprimait en arabe et dont les propos étaient traduits en français.

Le chef de la diplomatie libyenne s'est en pris à son homologue français, Bernard Kouchner, qui a joint sa voix cette semaine au concert de critiques suscitées par la longue visite de Mouammar Kadhafi à Paris.

Mercredi, le ministre français a qualifié les propos du dirigeant libyen sur les droits de l'homme d'"assez pitoyables". Avant son arrivée, Bernard Kouchner, ministre "d'ouverture" et ancien membre d'un gouvernement socialiste, avait estimé qu'il fallait parfois savoir "manger son chapeau".

Il y a peut-être "certains responsables qui veulent profiter de cette visite pour régler des comptes politiques", a avancé le ministre libyen, qui s'est dit "étonné" de ces déclarations.

"JE NE PEUX PAS ME RETENIR DE RIGOLER"

"Comment quelqu'un qui nous rend visite, qui mange avec nous, qui discute avec nous (...) ici à Paris change tout et notamment les idées qu'il a partagées" en juillet lors de la visite du président Nicolas Sarkozy en Libye, s'est-il interrogé.

Abdel-Rahman Chalgam a expliqué que "l'attitude personnelle" et l'absence de Bernard Kouchner, qui n'a pas assisté au dîner donné lundi à l'Elysée, n'avaient eu aucun impact négatif sur la visite.

"S'il ne veut pas nous voir, nous non plus on ne désire pas le voir. C'est une personnalité gentille mais je ne peux pas me retenir de rigoler quand il parle", a ajouté le ministre. "Je l'ai souvent entendu faire des déclarations le matin et se rétracter le soir".

Abdel-Rahman Chalgam a en revanche insisté sur la chaleur et la "réussite" des rencontres entre Mouammar Kadhafi et le "raïs Sarkozy".

"C'est le début d'une nouvelle relation qui aura un impact positif sur l'espace méditerranéen (et) sur la paix en Afrique", a-t-il assuré.

La Libye a eu des problèmes avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, rompant ses relations diplomatiques, mais cela n'a pas été le cas avec la France, a-t-il expliqué. "Une des priorités de la politique étrangère de la France, c'est de toujours garder le contact".

Il a répété que la visite de Mouammar Kadhafi, la première depuis 34 ans, et la signature d'importants contrats commerciaux entre la France et la Libye n'avaient "aucune relation" avec la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien.
Laure Bretton

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Bernard Kouchner impute à "l'Elysée" le fiasco franco-syro-libanais
LE MONDE | 04.02.08 | 14h17 • Mis à jour le 04.02.08 | 14h17 NEW YORK CORRESPONDANT

La photo couvre la "une" du supplément dominical du New York Times daté dimanche 3 février : le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, y est en vedette. Sous le titre "Un homme d'Etat sans frontières", un très long portrait retraçant son passé politique et humanitaire, écrit avec empathie, mais sans complaisance, en constitue le principal dossier.

Le journaliste James Traub l'a suivi dans plusieurs de ses déplacements et a longuement conversé avec lui. Il a, en particulier, été du voyage au Liban, en octobre 2007, que M. Kouchner entreprit pour tenter de résoudre la crise institutionnelle et de réconcilier les factions. "Kouchner pensait qu'il pouvait y arriver. Il pense presque toujours que lui peut faire la différence", écrit M. Traub.

Il rapporte des propos tenus alors par le ministre en privé. Si vous élisez un nouveau président de la République avant la conférence de paix pour le Proche-Orient d'Annapolis (27 novembre 2007), explique-t-il à ses interlocuteurs, "cela changera tout". "Bien entendu, les factions libanaises ne passèrent pas de compromis et Annapolis ne généra aucune avancée décisive", note le journaliste.

Début novembre 2007, Nicolas Sarkozy avait dépêché à Damas le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, et le conseiller diplomatique de l'Elysée, Jean-David Levitte. "Kouchner, qui considère les Syriens comme des tueurs impitoyables, était révolté et humilié." Cette initiative s'est soldée par "un fiasco de la diplomatie française", juge M. Traub. En décembre, le président français annonçait la rupture des pourparlers avec Damas.

"PROBLÈME D'EXPÉRIENCE"

Le New York Times demande alors à M. Kouchner si son échec "ne démontre pas les limites de sa marque de fabrique : la diplomatie intime" ? "Désolé, c'est le contraire. Le problème consiste à ne pas jouer le jeu que les miens sont allés jouer à Damas", répond-il. Le problème, ajoute-t-il, a été "l'Elysée". Le cabinet du président ? Pas M. Levitte, précise-t-il, "il était d'accord avec moi". Le journaliste lui signale alors que ce dernier ne lui a pas donné la même version. "C'est un gars loyal, répond M. Kouchner. Mais il savait que j'avais raison."

Le ministre laisse entendre que le secrétaire général, Claude Guéant, et son entourage sont responsables du fiasco. "C'est toujours pareil avec eux, c'est un problème d'expérience." "Ceux qui sont au courant le savent", conclut le ministre, qui se montre par ailleurs fort peu diplomate en jugeant le président des Etats-Unis, George Bush, "honnête, quoiqu'embrouillé".
Sylvain Cypel Article paru dans l'édition du 05.02.08

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Bernard Kouchner promet de continuer les efforts en faveur des otages
04/07/2008-[00:52] - AFP

BOGOTA, 3 juil 2008 (AFP) - Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a assuré jeudi à Bogota les familles des otages colombiens que la France continuerait à oeuvrer en faveur des libérations.

"Je vous promets de continuer les efforts de la France en faveur de la libération de la totalité des otages", a déclaré le ministre au cours d’une conférence de presse à l’ambassade de France.

Les familles des 24 otages demeurant aux mains des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie - marxiste) sont inquiètes pour l’avenir de leur proches après la libération d’Ingrid Betancourt, l’otage la plus célèbre. Lina Maria Sanchez, une petite nièce du lieutenant Hernandez Rivas, détenu par les Farc, a imploré le ministre : "ne nous laissez pas seuls, aidez-nous à obtenir un accord, nous avons désormais peur pour nos proches".

Le ministre français a assuré qu’on pouvez essayer de progresser en recherchant un éventuel accord humanitaire par le biais du CICR (Comité international de la croix rouge). Le chef de la diplomatie française doit quitter dans la soirée Bogota accompagné de l’ex-otage franco-colombienne Ingrid Betancourt qui a été libérée mercredi par un commando militaire.

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3 juillet 2008. Ingrid Betancourt libérée par les services spéciaux colombiens Libre Prisonnière

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Afghanistan: 10 soldats français tués, les attaques se multiplient 19 août 2008 12.00

KABOUL (AFP) — Dix soldats français ont été tués lundi dans des combats à 50 kilomètres de Kaboul, alors que les insurgés multiplient les attaques d'envergure à travers l'Afghanistan, en dépit de la présence de 70.000 soldats étrangers.

Le président Nicolas Sarkozy, qui a affirmé la détermination de la France à "poursuivre la lutte contre le terrorisme", était attendu mardi soir en Afghanistan après cette attaque, la plus meurtrière pour des soldats français depuis l'attentat du Drakkar à Beyrouth en 1983.

Parallèlement, les insurgés ont lancé à deux reprises, lundi puis mardi, deux attaques meurtrières contre une base américaine dans l'est de l'Afghanistan.

L'arrivée cet été de renforts français dans l'est du pays, où les talibans sont de plus en plus présents, avait fait craindre des attaques meurtrières dans cette zone. Mais les insurgés ont frappé cette fois à moins d'une heure de route de la capitale, et Kaboul paraît de plus en plus menacée.

Les soldats français ont péri lors d'affrontements consécutifs à une embuscade des talibans, qui ont débuté lundi et se sont poursuivis tout au long de la nuit, faisant 10 morts et 21 blessés.

"Ma détermination est intacte. La France est résolue à poursuivre la lutte contre le terrorisme, pour la démocratie et la liberté. La cause est juste, c'est l'honneur de la France et de ses armées de la défendre", a affirmé Nicolas Sarkozy.

Les soldats français, une patrouille de reconnaissance, sont tombés dans une embuscade de grande ampleur, à laquelle ont participé 100 insurgés, selon la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) de l'Otan.

"La patrouille initiale a reçu les renforts d'une force de réaction rapide, d'un soutien aérien rapproché et d'équipes médicales. Un grand nombre d'insurgés a été tué au cours de l'engagement", a ajouté la force.

Il s'agit de la journée la plus meurtrière pour l'armée française depuis l'attentat contre l'immeuble le Drakkar, à Beyrouth en 1983, au cours duquel 58 parachutistes avaient été tués, selon des sources militaires françaises.

Quelque 176 soldats étrangers sont morts en Afghanistan depuis le début de l'année, selon un décompte de l'AFP basé sur les communiqués militaires.

Un porte-parole des talibans a affirmé que les insurgés avaient infligé "de lourdes pertes" aux forces de l'Otan.

"Ce matin, nous avons tendu une embuscade aux troupes de l'Otan dans le district de Saroubi, à l'aide de mines et de roquettes. Nous avons détruit cinq véhicules et infligé de lourdes pertes", a déclaré à l'AFP Zabihullah Mujahed, qui a reconnu la mort de cinq talibans.
Le porte-parole du ministère de la Défense, le général Mohammad Zahir Azimi, a affirmé, lui, que 13 insurgés, parmi lesquels un Pakistanais, avaient été tués dans les combats de Saroubi.

Dans le même temps, les combattants islamistes ne relâchent pas la pression dans leurs bastions du sud du pays, mais aussi dans l'est, frontalier des zones tribales pakistanaises.

Ainsi, des dizaines d'insurgés, dont certains portant des vestes bourrées d'explosifs, ont attaqué mardi matin la base militaire américaine Salerno, à proximité de la ville de Khost (est), à quelque 30 kilomètres de la frontière avec le Pakistan, déjà frappée lundi par un attentat suicide des talibans qui a tué 10 civils.

"Quelque 30 talibans ont tenté d'attaquer la base. Nous avons découvert les corps de six personnes portant des vestes bourrées d'explosifs", a déclaré à l'AFP le gouverneur de la province de Khost, Arsala Jamal.
"Deux enfants ont été tués et trois hommes blessés alors qu'ils se trouvaient dans une maison proche de la base. Nous ne savons pas dans quelles circonstances ils ont été atteints", a précisé le service de presse du gouverneur.
Pour sa part, l'Isaf a fait état de sept insurgés tués.

Les talibans ont lancé une insurrection meurtrière depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir fin 2001 par une coalition emmenée par les Etats-Unis. Les violences ont redoublé d'intensité depuis près de deux ans malgré la présence de 70.000 soldats étrangers.

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Kouchner : la France continue d"'assumer ses responsabilités" en Afghanistan 2008-08-19 22:36:27

PARIS, 19 août (Xinhua) - Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a déclaré mardi que la France continuerait d"'assumer ses responsabilités en faveur d'un Afghanistan démocratique et pacifié".

Il s'est exprimé ainsi dans un communiqué publié après la mort de dix soldats français dans un affrontement avec des insurgés talibans.

Il a indiqué que dix soldats "viennent de donner leur vie pour la défense du peuple afghan et de ses libertés dans un combat très violent qui les a opposés aux talibans".

"Notre détermination est aujourd'hui renforcée de la mémoire de leur courage" et "la France continuera d'assumer ses responsabilités en faveur d'un Afghanistan démocratique et pacifié et dans la lutte contre le terrorisme", a souligné le chef de la diplomatie française.

La présidence française a publié mardi matin un communiqué annonçant que dix soldats français ont été tués et 21 autres blessés lundi lors d'une mission de reconnaissance conduite avec l'armée afghane dans le district de Saroubi, à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Kaboul.

Il s'agit des premières pertes françaises depuis le renforcement de la présence militaire de la France en Afghanistan annoncé par le président Sarkozy lors du sommet de l'Otan à Bucarest en avril.

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Un livre qui découpe le Docteur Kouchner au scalpel Créé le 04.02.09 à 10h51 | Mis à jour le 04.02.09 à 10h51 | 20 minutes.fr

DIPLOMATIE - Pierre Péan publie ce mercredi un livre qui jette le discrédit sur le ministre des Affaires étrangères...

Saignant.

«Le Monde selon K.», que Pierre Péan publie ce mercredi chez Fayard risque de faire beaucoup de mal à l'un des hommes politiques préférés des Français, figure de la gauche, et aujourd'hui ministre des Affaires étrangères du gouvernement de François Fillon. Le journaliste, auteur d'Une jeunesse française, François Mitterrand, qui révéla en 1994 que l'ancien président avait été décoré par le gouvernement de Vichy, dénonce cette fois le mélange peu orthodoxe pratiqué par Bernard Kouchner ministre et Bernard Kouchner conseiller free-lance.

Entre 2002 et son entrée au gouvernement en 2007, l'ancien «french doctor» aurait effectué, via sa société BK Consultants et trois entreprises Danomex, Africa Steps et Imeda International Medical Alliance, gérées par Jacques Baudouin et Eric Danon, qui le rejoindront au Quai d'Orsay, des études facturées à prix d'or* auprès de chefs d'Etat africains, parmi les plus fiers représentants de la Françafrique, Omar Bongo ou Denis Sassou Nguesso.

Une facture en souffrance de 81.7000 euros

Son créneau? Le conseil en systèmes de santé. Problème, selon Péan, depuis 2002, Kouchner est aussi président du groupement d'intérêt public Esther, qui a pour vocation la mise en place de réseaux nord-sud de santé publique. Le mélange n'est pas du meilleur goût. Mais là où tout cela devient vraiment gênant, c'est lorsque Kouchner ministre, selon Péan qui n'en apporte néanmoins pas la preuve, réclame son dû à Omar Bongo, qui lui aurait commandé un audit en 2004, lorsque celui vient rendre visite au président Sarkozy le 25 mai 2007. Ou lorsque le 7 septembre, Eric Danon, nommé Ambassadeur de France à Monaco, envoie une lettre de relance à Libbreville pour une facture en souffrance de 81.7000 euros, au nom d'Africa Steps/Imeda, dont le site Bakchich.info s'est procuré le fac-similé.

D'après Péan, ce sont les petites affaires du docteur Kouchner qui coûteront à Jean-Marie Bockel son secrétariat d'Etat. Ce dernier avait eu la mauvaise idée de se faire le fossoyeur de la Françafrique. Une analyse que corrobore ce spécialiste du continent, qui requiert l'anonymat, arguant qu'en achetant les services de Kouchner Omar Bongo aura surtout voulu s'attacher «ceux d'un homme d'influence».

* Au Gabon, le montant des contrats facturés par Imeda et Africa Steps serait, selon Péan, de 2.646.388 euros

Défense Dans un communiqué officiel, Bernard Kouchner affirme n'avoir été que consultant de la société Imeda et n'avoir jamais eu aucune raison de se préoccuper du règlement des factures de celle-ci. Pour son biographe Michel-Antoine Burnier, auteur de «Les 7 vies du Dr Kouchner» (Ed. XO), les accusations portées par Péan à l'encontre de Kouchner sont «nauséabondes».

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Kouchner : "Je n'ai jamais signé un contrat avec un Etat africain" LEMONDE.FR avec AFP | 04.02.09 | 09h49 • Mis à jour le 04.02.09 | 11h10

Dans son livre Le Monde selon K. (Fayard) qui paraît mercredi 4 février, le journaliste-écrivain Pierre Péan accuse l'actuel ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, d'avoir mélangé les genres entre activités publiques et privées en Afrique. Le ministre des affaires étrangères a été sommé, mardi, par des responsables politiques de s'expliquer.

Ce dernier riposte mercredi dans un entretien sur le site du Nouvel Observateur. Il déclare notamment : "Je n'ai jamais signé un seul contrat avec un Etat africain. Jamais. J'ai été un des consultants d'une entreprise française – Imeda – dans un domaine que je connais : celui de la médecine et de la santé publique."
"Y a-t-il quelque chose de choquant qu'un ancien ministre de la santé, qui a fait pendant des dizaines d'années des missions humanitaires pour Médecins sans Frontière - Prix Nobel de la Paix je le rappelle -, Médecins du Monde et bien d'autres sans toucher un centime, rédige des rapports permettant à des pays africains d'améliorer leur système de santé ?", souligne Bernard Kouchner.

Activités de consultant et conflits d'intérêts

Dans Le Monde selon K., Pierre Péan met en cause Bernard Kouchner, accusé d'avoir mené de lucratives activités de consultant dans le secteur de la santé en Afrique entre 2002 et 2007. Selon le journaliste, deux sociétés privées, Africa Steps et Imeda, gérées par deux proches de M. Kouchner, ont vendu pour près de 4,6 millions d'euros de contrats de conseil sur la réforme des systèmes de santé au Gabon du président Omar Bongo Odimba et au Congo de Denis Sassou Nguesso.

Parallèlement, M. Kouchner était à la tête du groupement d'intérêt public Esther, un réseau international œuvrant pour l'amélioration des services de santé dans les pays du Sud et à même d'octroyer des subventions. Il avait été nommé à cette haute fonction à caractère public par Jean-Pierre Raffarin.

Le journaliste souligne que les activités de M. Kouchner au Congo et au Gabon se sont télescopées également avec le bon fonctionnement de la diplomatie française. Au moment où, selon lui, ces deux pays payaient leurs dettes aux deux sociétés, le secrétaire d'Etat français à la coopération Jean-Marie Bockel, placé sous son autorité, disait le 15 janvier 2008 vouloir signer l'acte de décès de la "Françafrique", la relation privilégiée mais opaque entre la France et ses ex-colonies. "Ils [le Gabon et le Congo] en veulent beaucoup à Kouchner d'avoir laissé son secrétaire d'Etat tenir des propos qu'ils considèrent comme désobligeants", écrit Pierre Péan. Jean-Marie Bockel sera remplacé en mars 2008.

Pierre Péan affirme qu'une partie de ces sommes n'ont pu être recouvrées par les sociétés qu'après l'entrée en fonctions de M. Kouchner au Quai d'Orsay. Le livre précise que le président Sarkozy ignorait, au moment de la nomination de Bernard Kouchner, l'existence de telles prestations et de telles factures en souffrance.

Outre ces accusations, l'ouvrage est principalement une attaque en règle de la politique de Bernard Kouchner, sur fond de désaccord idéologique majeur exprimé par l'écrivain, en particulier sur le génocide rwandais.

Réactions des politiques

Xavier Bertrand a pris, mercredi, la défense de Bernard Kouchner. "Je n'ai pas pas lu ce livre" mais "ce que j'en retiens, ce que je sais, c'est que c'est un livre à charge, très critique", a déclaré le secrétairé général de l'UMP sur LCI. "Ce que je vois surtout, c'est que des socialistes ont décidé de régler leurs comptes avec Bernard Kouchner", ministre d'ouverture, et qu'"il y a chez eux beaucoup d'esprit de revanche à l'égard de Bernard Kouchner, le socialiste le plus populaire".

La secrétaire du PS, Martine Aubry, a déclaré mardi à la presse : "Je ne dirai pas un mot de désagréable sur [Bernard Kouchner], sur cette affaire, dont je ne connais rien, et que je préfère ne pas croire, parce que je ne la crois pas." "Vous n'entendrez pas un mot de ma part sur ce livre," a insisté la maire de Lille.

"Quand on aura vraiment lu le livre, on posera une question de façon vraiment pertinente, assure Jean-Marc Ayrault, le président du groupe socialiste à l'Assemblée. On ne laissera pas passer cette affaire." L'opposition socialiste envisage d'interpeller le gouvernement à l'Assemblée.

Plus sévère, le député PS Arnaud Montebourg a déclaré dans un entretien sur le site Marianne2 : "Ça me paraît problématique qu'un ministre ait reçu de l'argent de chefs d'Etat africains dont la réputation est contestable sur le plan des droits de l'homme. (...) Si Bernard Kouchner a encore un honneur, il doit enfin s'expliquer sérieusement."

Pour Pierre Moscovici, c'est "le ministre qui a le devoir de s'expliquer".

Le député UMP Claude Goasguen a déclaré être "tombé des nues" en découvrant le contenu du livre de Pierre Péan, estimant que le ministre des affaires étrangères devait "s'expliquer" sur les accusations de conflit d'intérêts portées à son encontre.

Le député Vert de Paris Yves Cochet a souhaité que Bernard Kouchner s'explique devant la commission des affaires étrangères de l'Assemblée.

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Livre de Pierre Péan: la majorité serre les rangs derrière Bernard Kouchner AP | 04.02.2009 | 11:01

Les ministres et élus de la majorité serrent les rangs derrière Bernard Kouchner, tandis que le livre polémique de Pierre Péan, "Le Monde selon K.", qui lance des soupçons de conflit d'intérêt à l'encontre du ministre des Affaires étrangères, paraît ce mercredi.

Bernard Accoyer a d'abord appelé au calme. "Attendons, prenons un peu de recul. J'ai l'impression qu'on entre dans une de ces polémiques où la surenchère a souvent sa place et la politique n'y gagne pas beaucoup", a déclaré le président de l'Assemblée nationale sur Canal+. "Bien sûr qu'il ne faut pas qu'il y ait de confusion dans les fonctions, dans les rôles, dans les différentes missions que l'on a pu effectuer", a-t-il ajouté.
Et de conclure: "Tout va dépendre des réponses qui seront faites par Bernard Kouchner, et puis c'est à partir de là que l'on pourra dire s'il s'agit d'un dossier qui justifie telle ou telle réponse, telle ou telle attitude. Mais enfin laissons quand même (...) le décor se planter".

Le ministre de l'Immigration Eric Besson, lui aussi transfuge du Parti socialiste, a déclaré sur Europe-1: "Je ne connais rien sur le fond à cette affaire, mais je connais Bernard Kouchner, ça n'est pas un homme d'argent. S'il l'avait été il aurait mené une autre carrière". "C'est un homme de causes et de missions, et mon préjugé, mon présupposé, c'est que c'est un honnête homme", a-t-il ajouté.

Pour Valérie Pécresse, "il ne faut pas que l'honneur d'un homme soit jugé par l'opinion publique sur des rumeurs". "Bernard Kouchner dit que toutes ses activités sont totalement transparentes et connues, moi j'ai plutôt tendance à croire Bernard Kouchner que le Parti socialiste dans cette affaire", a déclaré la ministre de l'Enseignement supérieur, sur I-télé.

Jean-François Copé a estimé de son côté que "s'il apparaissait (...) que tout cela était parfaitement conforme à la légalité, je le répète on aura une nouvelle fois jeté en pâture l'honneur d'un homme", sur France-Info. "On vit dans une société où on jette très facilement les responsables publics aux piranhas, sur la base d'un certain nombre d'allégations, d'affirmations", a poursuivi le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale. "Je crois que c'est bien que Bernard Kouchner puisse répondre à tout ça et puis dire ainsi ce qu'il en est", a-t-il conclu.

Xavier Bertrand s'est montré quant à lui particulièrement virulent vis-à-vis de l'opposition. "Des socialistes ont décidé de régler leurs comptes avec Bernard Kouchner", a-t-il affirmé sur LCI, dénonçant un "esprit de revanche" et des "attaques personnelles (...) déplacées". "Je trouve que ça commence à bien faire, la chasse à l'homme politique", a lancé le secrétaire général de l'UMP, ajoutant qu'il y avait "besoin de mettre un terme à cette chasse à l'homme en permanence".

Le livre de Pierre Péan sur Bernard Kouchner, "Le Monde selon K.", paraît mercredi aux éditions Fayard. Dans cet ouvrage, dont des extraits sont parus dans "Marianne" et "Le Journal du Dimanche", il accuse l'actuel ministre des Affaires étrangères, symbole de l'ouverture à gauche, d'avoir bénéficié de contrats avec des Etats africains, en particulier le Gabon, en tant que consultant pour deux sociétés privées entre 2002 et 2007. Il affirme que des sommes d'argent auraient continué à être versées après l'entrée en fonction de M. Kouchner au Quai d'Orsay. AP

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Livre de Pierre Péan: Arnaud Montebourg demande à Bernard Kouchner de "s'expliquer" AP | 03.02.2009 | 22:53 nouvelobs;com

A la veille de la publication d'un livre de Pierre Péan intitulé "Le Monde selon K.", le député socialiste Arnaud Montebourg a demandé mardi à Bernard Kouchner de "s'expliquer" sur des allégations de conflit d'intérêt contenues dans l'ouvrage.

"Qu'un ministre des Affaires étrangères d'une grande nation comme la France reçoive de l'argent et presque des millions si j'ose dire, apparemment, de dictateurs africains, pose le problème de la morale en politique", s'est emporté M. Montebourg. "Est-ce que notre diplomatie doit être dirigée par un homme qui a reçu des émoluments de la part de ceux auxquels il est censé dire une parole libre, indépendante, sincère, désintéressée qui est celle de la France?"

"C'est donc une infraction pour le moins grave à la morale publique sur laquelle le ministre des Affaires étrangères doit s'expliquer", a-t-il poursuivi. "Dans n'importe quel autre pays, il y aurait déjà eu des explications précises, argumentées, documentées pour savoir si les informations qui ont été délivrées par la presse sont aussi graves qu'elles le paraissent", a-t-il insisté.

De son côté, la Première secrétaire du PS Martine Aubry a déclaré aux journalistes refuser "de rentrer dans cette polémique", mardi en marge d'une visite au planning familial à Paris. "Je pense que Bernard Kouchner est un homme honnête. Je pense qu'il aura sans doute à s'expliquer et je pense qu'il le fera", a-t-elle ajouté.

Le livre de Pierre Péan sur Bernard Kouchner, "Le Monde selon K.", doit paraître mercredi aux éditions Fayard. Dans cet ouvrage, dont des extraits sont parus dans "Marianne" et "Le Journal du Dimanche", il accuse l'actuel ministre des Affaires étrangères, symbole de l'ouverture à gauche, d'avoir bénéficié de contrats avec des Etats africains, en particulier le Gabon, en tant que consultant pour deux sociétés privées entre 2002 et 2007. Il affirme que des sommes d'argent auraient continué à être versées après l'entrée en fonction de M. Kouchner au Quai d'Orsay. AP

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Publié le 06/02/2009 à 07:55 - Modifié le 06/02/2009 à 08:08 Le Point.fr Nicolas Sarkozy : "Je maintiens ma confiance à Bernard Kouchner" lepoint.fr (avec agence)

Nicolas Sarkozy a assuré jeudi soir qu'il maintenait sa "totale confiance" à Bernard Kouchner, éclaboussé par le livre de Pierre Péan "Le Monde selon K." qui l'accuse de conflit d'intérêts

Nicolas Sarkozy a affirmé jeudi soir qu'il maintenait sa "totale confiance" en Bernard Kouchner, éclaboussé par le livre de Pierre Péan Le Monde selon K . qui l'accuse de conflit d'intérêts . "Il me dit qu'il n'y a aucun conflit d'intérêts, je le crois et je lui maintiens ma confiance", a déclaré le chef de l'État lors de son intervention télévisée consacrée à la crise . "Monsieur Kouchner a-t-il des ennuis avec la police ? Monsieur Kouchner a-t-il des ennuis avec la justice ? Non", a appuyé Nicolas Sarkozy.

"Un monsieur fait un livre, il ne m'appartient pas de juger de la qualité de ce livre. Dans ce livre, ce monsieur dit que Bernard Kouchner n'a rien fait d'illégal, et le petit système médiatique s'emballe et accuse monsieur Kouchner", a lancé le Président. "Je devrais dire, moi, au ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner qui a eu le courage d'apporter son talent, et il est grand, au service de la politique étrangère de la France, que je le lâche parce qu'il y a un livre qui a été fait ?", s'est-il exclamé.

Péan accuse Kouchner de mélange des genres

L'ouvrage de Pierre Péan dresse une critique sévère des positions de politique étrangère de Bernard Kouchner, en particulier sur le Rwanda, et l'accuse de mélange des genres entre activités publiques et privées. La principale accusation concerne des activités de consultant de Bernard Kouchner dans le secteur de la santé en Afrique, entre 2002 et 2007. D'après le journaliste, il aurait mené ces activités pour deux sociétés privées, Africa Steps et Iméda, gérées par deux proches, alors qu'il présidait en même temps un groupement d'intérêt public, Esther, consacré à la coopération internationale hospitalière. Pierre Péan affirme que ces sociétés ont vendu pour près de 4,6 millions d'euros de contrats de conseil sur la réforme des systèmes de santé au Gabon du président Omar Bongo Odimba et au Congo de Denis Sassou Nguesso. Selon lui, une partie de ces sommes n'aurait été recouvrée par les sociétés qu'après l'entrée en fonction de Bernard Kouchner au Quai d'Orsay, le 18 mai 2007.

Interrogé sur une information du Nouvel Observateur selon laquelle soit dans son entourage soit des gens proches de l'Élysée auraient alimenté le livre de Pierre Péan contre Bernard Kouchner, Nicolas Sarkozy a ironisé sur la "crédibilité" qu'il accordait à l'hebdomadaire. "Le Nouvel Observateur , c'était ce journal qui était sûr que j'avais envoyé un SMS. Vous voyez la crédibilité que je lui fais", a lâché laconiquement le chef de l'État.

Par ailleurs, après sa rencontre jeudi à Washington avec Hillary Clinton, Bernard Kouchner a assuré avoir reçu le soutien de son homologue américaine Hillary Clinton. Il a évoqué la question avec elle, laquelle lui a répondu en notant avoir elle-même été l'objet de beaucoup de livres critiques à son égard.

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Nouvelles accusations contre Bernard Kouchner Par LEXPRESS.fr, publié le 09/02/2009 14:45 - mis à jour le 09/02/2009 15:34

Le site Bakchich affirme que le ministre des Affaires Etrangères"a fait conclure au Quai d'Orsay un très gros contrat de santé publique au Kurdistan irakien au profit de ses proches amis". Une information immédiatement démentie par le Ministère.

Le ministère français des Affaires étrangères a dénoncé dimanche des "propos malveillants", à la suite de nouvelles accusations publiées par le site Bakchich visant le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner.

Dans un article, Bakchich.info affirme que Bernard Kouchner "a fait conclure au Quai d'Orsay un très gros contrat de santé publique au Kurdistan irakien au profit de ses proches amis". Le montant de ce contrat se monterait à 275 466 euros, selon ce site.

"Le ministère des Affaires étrangères et européennes dément les propos malveillants sur la mise en place d'un projet de coopération médicale au Kurdistan d'Irak", a déclaré le quai d'Orsay dans un communiqué.

"Le Gouvernement régional du Kurdistan d'Irak a conclu un contrat de consultance avec l'opérateur du ministère des Affaires étrangères et européennes, France Coopération internationale (FCI), chargé de promouvoir l'expertise française à l'étranger dans un grand nombre de pays. Ce contrat a été rédigé selon les termes habituellement agréés, après consultation de deux comités indépendants, l'un français, l'autre irakien", ajoute ce texte.

"Campagne de dénigrement"

Le site Bakchich indique lui aussi que le contrat a été passé par France Coopération internationale, mais il affirme que son objet est vague, son montant "hors norme" et que l'étude est pilotée par un proche du ministre, comme lui un ancien dirigeant de l'organisation humanitaire "Médecins du Monde".

"Le projet a pour but de répondre aux priorités de santé publique du Kurdistan d'Irak" et "fait suite aux conclusions d'une conférence tenue sous l'égide de la Banque mondiale et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS)", affirme de son côté le ministère des Affaires étrangères qui condamne une "campagne de dénigrement" contre ses actions de coopération et ses collaborateurs.

Bernard Kouchner a déjà fait l'objet, dans le livre de Pierre Péan, Le Monde selon K., paru mercredi dernier, d'accusations de conflit d'intérêt dans la gestion de contrats de conseil en santé publique passés au Gabon et au Congo par des sociétés gérées par des proches.

Le ministre a affirmé avoir toujours agi "en toute transparence et en toute légalité", et a reçu le soutien du président Nicolas Sarkozy.

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Hésitant, Kouchner votera finalement UMP le 7 juin Samuel Potier (lefigaro.fr) 11/05/2009 | Mise à jour : 15:22 |

Le ministre des Affaires étrangères avait d'abord avoué samedi ne pas savoir quelle liste soutenir aux européennes. Alors que le PS se moquait d'«un concessionnaire qui hésiterait à vous accompagner dans la voiture qu'il vous vend», Kouchner a tranché lundi : il votera pour Michel Barnier.

Bernard Kouchner veut clore la polémique. Domicilié en Ile-de-France, il votera pour la tête de liste UMP de cette circonscription aux élections européennes du 7 juin. Le patron de la diplomatie française a annoncé son choix de soutenir Michel Barnier et Rachida Dati dans un communiqué lundi, alors qu'il se trouve à New York pour une session ministérielle du Conseil de sécurité sur le Proche-Orient, avant un déplacement à Washington pour des entretiens sur l'Afghanistan et le Pakistan.

Ses oreilles avaient dû siffler dans l'avion, la polémique ayant enflé en France après qu'il a avoué ne pas savoir pour quelle liste il votera au scrutin européen du 7 juin. «J'attends de voir les programmes !», avait en effet répondu l'intéressé dans Le Parisien de samedi.

Elus de droite et de gauche n'avaient eux pas attendu pour soutenir ou brocarder Bernard Kouchner. Ce sont d'abord les ex-camarades socialistes du ministre des Affaires étrangères qui ironisent sur «un concessionnaire qui hésiterait à vous accompagner dans la voiture qu'il vous vend». Selon l'eurodéputé Harlem Désir, tête de liste PS en Ile-de-France aux Européennes , le «doute» qu'il exprime est «un cinglant désaveu pour la politique européenne de Nicolas Sarkozy et de l'UMP». «C'est assez emblématique de voir que le ministre des Affaires étrangères, qui doit avoir quand même un droit de regard sur la politique européenne, n'a pas même envie de voter pour le programme de M. Barnier et de Mme Dati», a renchéri lundi le porte-parole du PS Benoît Hamon.

Lefebvre : «Les doutes de Kouchner, un cinglant désaveu du PS»

Réplique ferme et immédiate de son homologue de l'UMP, Frédéric Lefebvre : «Les doutes de Bernard Kouchner sont au contraire un cinglant désaveu du Parti socialiste de la part d'un homme qui n'a voté Sarkozy ni au premier ni au deuxième tour de l'élection présidentielle». Pour le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, l'ancien socialiste, symbole de l'ouverture sarkozienne, «n'hésitera certainement pas» à accorder sa voix au parti majoritaire. Chose faite ce lundi donc.

«Je ne crois pas que le cœur de Bernard Kouchner balance», avait assuré quant à lui Michel Barnier, «puisqu'il a choisi depuis deux ans». «Je lui ai fait porter il y a près de trois jours le projet de la majorité présidentielle. Il retrouve beaucoup d'idées qui sont les siennes», a-t-il affirmé lundi sur Europe 1. «Je m'étonne qu'on s'étonne sur l'effet d'ouverture, c'est bien pour avoir des personnes qui pensent par elles-mêmes et qui ne sont pas des béni-oui-oui», a enfin ajouté Xavier Darcos sur RTL. «On ne leur a pas demandé de se renier complètement».

A l'UMP, certains élus avaient mis en garde le patron du Quai d'Orsay. Alain Juppé avait par exemple estimé dimanche au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI que le ministre des Affaires étrangères devait voter UMP le 7 juin, compte tenu du «principe fondamental» de «solidarité gouvernementale» qui incombe, selon lui, à chaque membre du gouvernement.

Soutien à Nicolas Sarkozy depuis deux ans

En route pour les Etats-Unis, Bernard Kouchner avait également publié lundi un premier communiqué dans lequel il affiche son soutien à Nicolas Sarkozy depuis maintenant plus de deux ans, répondant ainsi indirectement à l'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit. Ce dernier juge que Bernard Kouchner est «pris au piège» et «dit n'importe quoi sur ce genre de choses», rappelant qu'en 1994, le ministre avait voté pour la liste PRG de Bernard Tapie alors qu'il figurait sur celle de Rocard.

Le ministre des Affaires étrangères affirmait au contraire que «les propositions» du gouvernement «naturellement (l')inspireront». Samedi il s'en était pris à ses «amis de la gauche» en regrettant «qu'ils n'aient pas de réflexe d'unité nationale et qu'ils profitent de chaque occasion pour affirmer qu'avec eux, ce serait obligatoirement mieux. C'est le jeu politique réduit à l'élémentaire, presque enfantin et cela me navre».

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Iran: Bernard Kouchner demande la libération de Clotilde Reiss, qui n'est "coupable de rien du tout" De ASSOCIATED PRESS (CP) – 9 août 2009 13.00

PARIS — Bernard Kouchner a demandé de nouveau dimanche la libération de Clotilde Reiss, qui "n'est coupable de rien du tout". Il a assuré que la jeune Française détenue en Iran n'avait pas envoyé de "rapport" sur les manifestations qui ont suivi la présidentielle du 12 juin mais une "note très brève" au directeur de l'Institut français de recherches iraniennes.

Au lendemain de la comparution de la jeune Française et d'une employée locale de l'ambassade de France, Nazak Afshar, devant un tribunal de Téhéran, le ministre français des Affaires étrangères a répété que "Clotilde Reiss n'est coupable de rien du tout". "Je veux m'adresser avec force aux autorités iraniennes: ces allégation ne tiennent pas", a-t-il lancé sur LCI.

Les aveux de la jeune femme devant le tribunal "sont des aveux qui ont été comment, dirais-je, travaillés", "imposés", a déclaré le chef de la diplomatie française.

"Cette jeune femme était enseignante à Ispahan, vous le savez. Elle n'a rien fait d'autre que de marcher pendant une heure une fois et une heure et demie une autre fois avec les manifestants", a rappelé le ministre. "Elle n'a pas envoyé de 'rapport', mais une note très brève au directeur de l'Institut français de recherches iraniennes, qui est un institut culturel, comme nous en avons 27 autres dans le monde", a-t-il ajouté.

"Nous voulons, nous exigeons, nous souhaitons même, en plus, au plus vite sa libération", a-t-il répété.

La jeune femme a comparu samedi avec Nazak Afshar, employée à l'ambassade de France. Le Quai d'Orsay avait dénoncé samedi les charges "inexistantes" retenues contre elle, disant avoir appris son arrestation et réclamant sa libération immédiate. "Il ne s'agit pas simplement de deux Françaises, mais il s'agit de deux citoyennes européennes et la démarche est collective", a souligné dimanche Bernard Kouchner.

Clotilde Reiss, 24 ans, lectrice de français à l'université d'Ispahan pendant cinq mois, a été interpellée le 1er juillet en Iran alors qu'elle s'apprêtait à rentrer en France. La jeune Française est accusée d'espionnage pour avoir transmis sur Internet des photos des manifestations, d'après les autorités françaises. On lui reproche aussi d'avoir transmis des informations à l'attaché scientifique de l'ambassade de France à Téhéran, selon l'acte d'accusation cité par l'agence de presse semi-officielle Fars.

Samedi, devant le tribunal, elle a reconnu avoir fait l'"erreur" de se rendre à des manifestations après la présidentielle du 12 juin, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle IRNA.

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Nicolas Sarkozy se mobilise pour la libération de Clotilde Reiss Par Reuters, publié le 10/08/2009 à 14:51 lExpress.fr

PARIS/TEHERAN - Nicolas Sarkozy "multiplie les interventions" pour obtenir une libération rapide de la jeune Française jugée en Iran Clotilde Reiss, annonce l'Elysée.

Selon l'Elysée, Nicolas Sarkozy multiplie les interventions auprès de tous ceux qui peuvent exercer une influence pour obtenir une libération rapide de Clotilde Reiss, jeune universitaire française jugée en Iran. Sa remise en liberté est l'objectif prioritaire du chef de l'Etat dans cette affaire, précise-t-on. (Reuters/Fars News/Ali Rafiei)

Selon l'Elysée, Nicolas Sarkozy "multiplie les interventions auprès de tous ceux qui peuvent exercer une influence" pour obtenir une libération rapide de Clotilde Reiss, jeune universitaire française jugée en Iran. Sa remise en liberté est "l'objectif prioritaire" du chef de l'Etat dans cette affaire, précise-t-on. (Reuters/Fars News/Ali Rafiei)

La libération de l'universitaire française, emprisonnée pour espionnage depuis début juillet après les troubles qui avaient suivi la réélection de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence de la République islamique, est "l'objectif prioritaire" du chef de l'Etat dans cette affaire, a indiqué la présidence.

"Il multiplie les interventions auprès de tous ceux qui peuvent exercer une influence en vue d'un règlement rapide et de sa libération", a déclaré l'Elysée sans autre précision.

L'Elysée avait déjà réclamé la libération de Clotilde Reiss début juillet en dénonçant comme "hautement fantaisistes" les accusations portées à son encontre.

Le Quai d'Orsay a réitéré cette demande après la comparution ce week-end de Clotilde Reiss et de deux employés des ambassades de France et de Grande-Bretagne à Téhéran devant un tribunal qui jugeait aussi des dizaines de personnes en liaison avec les manifestations de la fin juin.

A Téhéran, le ministère des Affaires étrangères a qualifié lundi d'"illégaux, illogiques et surprenants" les propos tenus durant leur procès par Clotidle Reiss ainsi que par la Franco-Iranienne et le ressortissant iranien travaillant respectivement aux ambassades de France et de Grande-Bretagne.

"LAISSER TRANQUILLE NOTRE PAYS"

Pour le porte-parole du ministère, Hassan Qashaqavi, ces propos démontrent l'existence d'une ingérence étrangère.

"Cette Française affirme enseigner le français à Ispahan (...), et elle participe à des manifestations, prend des photos et des films. Cela n'a rien à voir avec l'enseignement de la langue française", a-t-il fait valoir lors de son point de presse hebdomadaire.

Pour lui, les confessions de Hossein Rassam, employé à l'ambassade de Grande-Bretagne et accusé d'espionnage, "n'ont pas été extorqués sous la pression".

Plus largement, le porte-parole iranien a accusé les Occidentaux de s'immiscer dans les affaires publiques de son pays en critiquant les procès en cours de réformateurs inculpés de trahison et en tentant de renverser le régime islamique après l'élection présidentielle du 12 juin.

"Est-ce que nous nous ingérons dans les affaires de pays tiers ?", s'est-il interrogé. "Pourquoi devraient-ils (les Occidentaux) alors s'immiscer dans les nôtres ? L'Iran résistera avec la dernière énergie à semblables ingérences".

Il a poursuivi: "Mais pourquoi donc ne peuvent-ils pas laisser tranquilles notre pays et son peuple ?".

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Clothilde Reiss consacre le retour en grâce de la Syrie Street Reporters 18 août 2009 14.53

Effet inattendu de la condamnation de Clotilde Reiss par un tribunal iranien pour avoir assisté à une manifestation contestant l’élection de Mahmoud Ahmadinejad : la Syrie qui a participé aux tractations pour sa remise en liberté (surveillée) voit son retour en grâce définitivement acquis à Paris.

Damas a toujours aimé ce statut de «régime incontournable au Proche-Orient » et il faut bien constater que ça fonctionne. Avec une patience digne de son père Hafez, Bachar el Assad a su attendre son heure et les négociations en vue d’obtenir la libération de Clotilde Reiss lui ont offert la consécration qu’il recherchait.

Très tôt, l'Élysée a remercié «les pays de l'Union européenne et d'autres pays amis, comme la Syrie», reprenant mot pour mot le communiqué émis à l'occasion de la remise en liberté, le 11 août, de Nazak Afshar, employée franco-iranienne de l'ambassade de France à Téhéran.
Selon le Quai d’Orsay, Nicolas Sarkozy a tenu à remercier personnellement son homologue syrien, par téléphone.

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La France reconnaît ses "graves erreurs" au Rwanda LE MONDE | 26.02.10 | 14h14 Kigali Envoyé spécial

Ni trop ni trop peu. La nouvelle amitié entre la France et le Rwanda, scellée jeudi 25 février par la poignée de main ferme mais distante entre les présidents Nicolas Sarkozy et Paul Kagamé après trois années de rupture, est calculée au millimètre près. Le président français a fait escale à Kigali mais quelques heures seulement. Chaque carrefour de la ville était pavoisé de drapeaux français, situation inédite depuis plus de quinze ans. Mais, à sa descente d'avion, M. Sarkozy a été accueilli par une simple petite fille en robe blanche portant un bouquet de roses, puis par le premier ministre.

Chacun guettait les mots qu'allait choisir le chef de l'Etat français pour évoquer le rôle de la France dans le génocide de 1994. Une radio avait pratiqué un "radio trottoir" : le peuple réclamait des "excuses" de la France.

M. Sarkozy n'a pas été jusque-là au cours de la conférence de presse tenue en commun avec M. Kagamé sur une terrasse du palais présidentiel, après un entretien avec son homologue rwandais. Le président français, en évoquant de "graves erreurs d'appréciation, une forme d'aveuglement quand nous n'avons pas vu la dimension génocidaire du gouvernement du président qui a été assassiné, des erreurs dans une "opération Turquoise" engagée trop tardivement et sans doute trop peu", a été plus loin que lorsqu'en 2007, à Lisbonne, il avait parlé des "faiblesses ou (des) erreurs" de la communauté internationale, "France comprise."

"Un nouveau partenariat"

Evoquant un peu plus tard des "erreurs politiques" ayant eu "des conséquences absolument dramatiques", M. Sarkozy n'a, en revanche, pas suivi Bernard Kouchner qui, en 2008 à Kigali, avait admis une "faute politique de la France", déclenchant l'ire des responsables de l'époque, Edouard Balladur et Alain Juppé en tête.

Interrogé sur le point de savoir pourquoi, à la différence du président américain Bill Clinton ou du premier ministre belge Guy Verhofstadt, il ne demandait pas pardon, Nicolas Sarkozy a évoqué la colonisation belge du Rwanda et le fait que "chaque pays a son histoire particulière".

La modération - le souci de procéder "étape par étape" selon l'expression de M. Sarkozy - était également présente chez M. Kagamé. Alors que le président rwandais avait multiplié récemment les accusations contre la France, il les a totalement écartées jeudi, maniant l'euphémisme et magnifiant la concorde.

Pas une seule fois, M. Kagamé n'a prononcé le mot de "génocide", évoquant seulement "le passé difficile" de la France et du Rwanda. Jamais il n'a fait référence à l'enquête du juge français Bruguière sur l'attentat de 1994, exigeant seulement "la gestion correcte de la vérité". Le président rwandais a préféré souligner la similitude des démarches : le refus commun d'"être les otages du passé", la volonté de "regarder vers l'avenir" et l'urgence de "mettre sur pied (...) un nouveau partenariat" pour le développement.

Au-delà de l'aspect fortement symbolique de la rencontre et des aigreurs qu'elle suscite dans les deux pays, les deux présidents devraient chacun en récolter des bénéfices. Pour M. Kagamé, l'événement et la reprise de la coopération qu'elle annonce valent reconnaissance après les mises en cause dont il a été l'objet dans l'exportation de la guerre dans la région minière stratégique du Kivu, à l'est de la République démocratique du Congo (RDC), frontalière du Rwanda, où sont réfugiés depuis 1994 d'anciens génocidaires.

M. Sarkozy, lui, peut se targuer d'avoir commencé d'apaiser un contentieux pesant qui entravait sa volonté d'exercer de l'influence sur la résolution des conflits du Kivu, inconcevable sans le Rwanda. A Kigali, jeudi, Paul Kagamé a accepté de participer au sommet Afrique-France prévu à Nice à la fin mai, y compris à la conférence sur les projets de développement qui, dans le même cadre, doit réunir les chefs d'Etat de la région des grands lacs (RDC, Ouganda, Rwanda, Burundi, Tanzanie).

En visitant l'impressionnant et très sobre mémorial du génocide, le président français a accompli le geste qu'attendait Kigali. Mais, face aux accusations formulées en France de reddition devant un régime hostile, M. Sarkozy s'est contenté du service minimum. Accompagné de Bernard Kouchner, il s'est incliné rapidement devant l'une des 14 dalles où reposent 258 000 êtres humains et a déposé une gerbe tricolore. Sans parole ni émotion visible. Puis, visitant le musée souterrain attenant, il a ignoré le commentaire du guide mettant en cause devant lui le rôle de l'armée française, pressant le pas devant la photo d'une jeep française roulant à côté de miliciens hutus armés de machettes.

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Roms : Kouchner réfute les «caricatures» de l'ONU Par Alain Barluet lefigaro.fr 27/08/2010 | Mise à jour : 23:37

«Je vous mentirais et je renierais mon engagement de toute une vie si je vous disais que cet éclat autour des Roms m'a fait plaisir», a concédé Bernard Kouchner.

Le ministre des Affaires étrangères a défendu vendredi la politique du président Nicolas Sarkozy envers les Roms.

«Oui à la critique, non à la caricature et à l'amalgame» : Bernard Kouchner a répliqué vendredi aux mises en cause, formulées le jour même par l'ONU concernant le traitement des Roms par la France. Devant les ambassadeurs, dont il a sollicité le concours «pour dissiper les incompréhensions», le chef de la diplomatie a déclaré que «jamais le président de la République n'a stigmatisé une minorité en fonction de son origine». «Non, a ajouté Bernard Kouchner, jamais nous n'accepterons que les personnes soient sanctionnées pour ce qu'elles sont.»

Vendredi matin, le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale de l'ONU (Cerd), qui s'était déjà montré très virulent à l'encontre de Paris sur cette question à la mi-août, s'est dit préoccupé par «la tenue de discours politiques de nature discriminatoire en France».

Dans leurs recommandations qu'ils ont rendues publiques, les 18 experts de ce comité s'inquiètent plus particulièrement du sort des Roms, victimes d'une «montée des violences à caractère raciste». Ils dénoncent les derniers renvois de Roms en Bulgarie et en Roumanie, sans «leur consentement libre et éclairé» et demandent expressément à la France «d'éviter en particulier les rapatriements collectifs». Reconnaissant toutefois que «le problème des Roms n'est pas seulement français mais européen», le Cerd a indiqué qu'il allait alerter, dès vendredi par courrier, les instances européennes.

Évaluations minimisées

Paris «respecte scrupuleusement» les lois internationales concernant les Roms, a souligné le Quai d'Orsay. En privé, certains diplomates incitaient à minimiser les évaluations du Cerd, dont les travaux sont notoirement sévères, notamment concernant les démocraties. Ces «recommandations ne reflètent pas les échanges ayant eu lieu avec la délégation française», a relevé Bernard Kouchner. Son secrétaire d'État aux Affaires européennes a rappelé pour sa part devant les diplomates qu'il se rendrait bientôt en Roumanie (où il a déjà fait deux voyages) avec Éric Besson, ainsi qu'à Bruxelles, la semaine prochaine.

«Je vous mentirais et je renierais mon engagement de toute une vie si je vous disais que cet éclat autour des Roms m'a fait plaisir», a dit Bernard Kouchner sans pousser plus loin l'explicitation de son propos. Certes, «je sais les enjeux électoraux et la tentation des excès» mais, a-t-il poursuivi, «les mots employés» par le président de la République ont été d'après lui irréprochables.

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19/12/2010 à 12h19 (mise à jour à 15h59) liberation.fr Le collectif SOS Haïti enfants adoptés s'en prend à Kouchner

Au lendemain de l'annonce de l'envoi d'avions pour évacuer des enfants en Haïti, la présidente du collectif a vivement déploré que l'ex-chef de la diplomatie n'ait pas pris cette initiative. Kouchner a déploré une «polémique désastreuse»

Des enfants haïtiens dans un orphelinat, le 18 janvier à Port-au-Prince.

La présidente du collectif SOS Haïti enfants adoptés, Emmanuelle Guerry, a fustigé, ce dimanche sur Europe 1, la gestion de l'ancien ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, l'accusant d'avoir négligé la «sécurité» des enfants haïtiens.

Au lendemain de l'annonce par le Quai d'Orsay de l'envoi d'avions pour évacuer des enfants en Haïti, l’associative a vivement déploré que l'ex-chef de la diplomatie n'ait pas pris cette initiative. «Cette évacuation, on la demandait depuis le lendemain du séisme» qui a frappé l'île en janvier, a-t-elle rappelé.

L’actuelle ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, a annoncé samedi que la France avait affrété deux avions pour ramener des enfants haïtiens en cours d'adoption par des familles françaises. «M. Kouchner a préféré, au moment du séisme, arguer de la sécurité juridique des enfants, plutôt que de leur sécurité tout court. Avec l'arrivée de Mme Alliot-Marie, il en a été tout à fait autrement, on la salue, on la remercie», a poursuivi la présidente du collectif SOS Haïti enfants adoptés. Le collectif s'en est pris à plusieurs reprises à la politique de Kouchner.

«Nous avons fait tout ce que nous avons pu»

Interrogé par l’AFP sur cette accusation, Bernard Kouchner a refusé d'entrer dans une «polémique désastreuse» et souligné avoir agi dans le respect des procédures. «Franchement, ouvrir une polémique là-dessus, je m'y refuse. Nous avons fait tout ce que nous avons pu», s’est-il défendu, rappelant que depuis le séisme, 700 enfants adoptés étaient arrivés en France. «Il faut respecter les procédures internationales, c'est ce que nous avons essayé de faire, pour le meilleur bénéfice des enfants», a-t-il invoqué.

L'ex-ministre avait ainsi mis en garde contre les trafics d'enfants et justifié son approche prudente par la nécessité d'un statut juridique clair pour les enfants visés par une adoption en France. «Il était possible de ramener très vite ces enfants, puisqu'au moment du séisme l'ensemble des autres pays qui avaient des enfants en cours d'adoption ont trouvé un accord avec Haïti et ont ramené dans le mois et demi qui suivait des enfants», lui a opposé Emmanuelle Guerry.

«La France a choisi de faire les choses autrement, la décision politique de M. Kouchner a laissé six enfants morts en Haïti, donc oui je suis sévère», a-t-elle ajouté. «Je ne sais pas de quoi elle parle», a réagi Kouchner, soulignant que «dans des conditions épouvantables il y a beaucoup d'enfants qui meurent».

Depuis son apparition à la mi-octobre, l'épidémie de choléra a fait plus de 2.000 morts en Haïti, déjà ravagé par le séisme du 12 janvier (plus de 250.000 morts). Les résultats contestés de la présidentielle du 28 novembre ont provoqué ensuite des manifestations violentes dans le pays. (Source AFP)

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Génocide rwandais : Kouchner reconnaît le "consentement implicite" de la France Par Marion Dubreuil | Publié le 06/04/2014 à 15h21

Bernard Kouchner regrette la décision de la France de ne pas se rendre aux commémorations du génocide rwandais, lundi 7 avril.

L'ex-chef de la diplomatie française, Bernard kouchner, se trouve en ce moment à Kigali au Rwanda, et il désapprouve formellement la décision de la France de boycotter les commémorations du génocide rwandais.

Et contrairement à Paul Quilès, qui rejetait toute responsabilité de l'armée française au micro de RTL, l'artisan du rapprochement entre Paris et Kigali en 2010, qui était au Rwanda en 1994, s'interroge sur le rôle de la France dans le génocide.

Bernard Kouchner est indigné par la décision française

"Nous étions sur un large chemin de réconciliation, les choses commençaient à être dites de part et d'autre, et nous retournons en arrière, ce qui est déplorable", regrette Bernard Kouchner.

"Pourquoi ne pas faire comme tout le monde ? s'interroge l'ancien ministre des Affaires étrangères. Pourquoi les Français se croient différents des autres ? Mais vous vous rendez compte, les autres ont fait ça beaucoup plus vite, s'emporte-t-il. Les Belges ont eu un vrai débat parlementaire avec une commission d'enquête avec des juges, nous nous avons fait une commission d'information, où par ailleurs comme j'étais le seul Français présent pendant le génocide, je n'ai pas pu parler".

Les Belges ont eu vrai débat parlementaire (...) nous nous avons fait une commission d'informationBernard Kouchner

Bernard Kouchner réclame un "débat public" avec "des historiens de chaque côté". "Il faut prendre le temps que ça se dissipe, mais pas la guéguerre", regrette-t-il.

"Consentement illicite, implicite" de la France

Bernard Kouchner soutient des positions diamétralement opposée à celle tenues par Paul Quilès, le président de la commission parlementaire sur le génocide du Rwanda au micro de RTL.

"Est-ce que les troupes françaises ont elles mêmes assassiné à la main quelques tutsis, je ne le crois pas du tout, affirme Bernard Kouchner. Mais que tout a été préparé soit avec leur consentement illicite, implicite... c'est sûr."

"Depuis 1991, des diplomates Français ou des militaires en poste au Rwanda disaient : "'n génocide se prépare', rappelle le cofondateur de Médecins sans frontières. Nous n'en avons pas beaucoup tenu compte".

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Commémorations au Rwanda : Kagame attaque la France AFP 7 avril 2014 à 10:16 (Mis à jour : 7 avril 2014 à 16:55)

La tension entre Kigali et Paris à l'occasion du 20e anniversaire du génocide, marque un coup d’arrêt à la normalisation des relations entre les deux pays. Par le biais d'un communiqué, l'Elysée tente d'apaiser les tensions.

Les commémorations du 20e anniversaire du génocide rwandais ont débuté à Kigali lundi, alors que la France et le Rwanda sont en froid depuis quelques jours. La cérémonie officielle s'est ouverte sur une intervention du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Les Nations-Unies ressentent toujours, vingt ans après, la «honte» de n’avoir pas pu empêcher le génocide de 1994 au Rwanda, a-t-il indiqué. Relevant le «courage remarquable» de membres de l’ONU au Rwanda à l’époque, il a ajouté : «Nous aurions pu faire beaucoup plus. Nous aurions dû faire beaucoup plus. Les Casques bleus ont été retirés du Rwanda au moment où l’on en avait le plus besoin (...) En l’espace d’une génération, la honte ne s’est pas effacée».

Pendant ces cérémonies, le président rwandais Paul Kagame s’en est pris de façon à peine voilée à la France sur son rôle toujours controversé durant les massacres.«Aucun pays n’est assez puissant, même s’il pense l’être, pour changer les faits», a-t-il déclaré en anglais avant de lancer, en français, «après tout, les faits sont têtus», déclenchant les acclamations des 30 000 spectateurs rassemblés au Stade Amaharo de la capitale rwandaise.

De son côté, la France a tenté l'apaisement en déclarant s’associer «au peuple rwandais pour honorer la mémoire de toutes les victimes du génocide». «Le 7 avril 1994 s’ouvrait l’une des pages les plus sombres de l’Histoire internationale», souligne l’Elysée, qui rappelle qu'«au Rwanda, en quelques mois, près d’un million d’innocents étaient massacrés parce qu’ils étaient Tutsi ou parce qu’ils s’opposaient à la folie meurtrière d’une idéologie et d’un système politique».

«Le génocide rwandais a été une des pires atrocités de notre temps», ajoute la présidence française, «il a été commis alors que le monde savait et n’a pas pu l’empêcher» et «a marqué notre humanité et nos consciences». «Nous avons le devoir de tout mettre en oeuvre pour qu’un tel drame ne se reproduise plus», écrit encore l’Elysée qui insiste : «La prévention des génocides est devenue un élément central de l’action extérieure de la France» et «inspire à la fois nos interventions en Afrique, et notre action au Conseil de sécurité des Nations unies pour limiter l’usage du droit de veto en cas de crimes de masse».

Kagame célèbre le «renouveau» du Rwanda

Dans son intervention, Paul Kagame a également voulu célébrer le «renouveau» de son pays. «Il y a 20 ans le Rwanda n’avait pas d’avenir, seulement un passé», a souligné Kagame, rappelant que la moitié de la population rwandaise était née après le génocide. «Si le génocide révèle cette faculté choquante de l’être humain à la cruauté, les choix du Rwanda illustrent sa capacité au renouveau», a-t-il ajouté au cours de cérémonies empreintes d’émotion au Stade Amahoro («paix») de Kigali, en présence de huit chefs d’Etat africains et d’une trentaine de délégations étrangères.

En dehors des reproches faits à la France, Kagame a également mis en cause plus largement les détracteurs du Rwanda qui, après avoir longtemps bénéficié sur le plan diplomatique du sentiment de culpabilité de la communauté internationale, a été la cible récemment de sévères critiques, y compris de ses proches alliés, Etats-Unis en tête.

Il n’existe «aucune justification à établir des parallèles soi-disant moraux, le temps écoulé ne doit pas occulter les faits, amoindrir les responsabilités ou transformer les victimes en méchants», a lancé Kagame, dont le pays est accusé de déstabiliser l’est de la République démocratique du Congo et d’être impliqué dans les meurtres de dissidents rwandais réfugiés en Afrique du Sud. Répondant apparemment aux accusations d’autoritarisme dont son gouvernement a aussi été récemment la cible, Kagame a affirmé que «ceux qui pensent que le Rwanda ou l’Afrique ont encore besoin de leur approbation pour être gouvernés comme il se doit (...) par les dirigeants que leur peuples ont choisis, vivent dans un passé révolu».

L'ambassadeur français interdit de commémoration

Les autorités rwandaises avaient, plus tôt dans la journée, retiré l’accréditation de l’ambassadeur de France à Kigali aux cérémonies de commémoration, l’empêchant d’y représenter Paris. Michel Flesch n'a donc pas pu se rendre comme prévu, à la cérémonie officielle en remplacement de la garde des Sceaux française, Christiane Taubira, qui devait initialement conduire la délégation française à Kigali.

Le déplacement de la ministre française et de sa délégation avait été annulé après des propos du président rwandais Paul Kagame, accusant la France d’avoir joué un «rôle direct dans la préparation du génocide» et d’avoir participé «à son exécution même».

«Hier à 22h30, le ministère des Affaires étrangères rwandais m’a téléphoné pour m’informer que je n’étais plus accrédité pour les cérémonies», a expliqué Michel Flesch, indiquant qu’il ne se rendrait donc pas au Stade Amahoro - le plus grand stade de la capitale rwandaise - où le président Kagame doit lancer dans la matinée les commémorations officielles. Par ailleurs, «à la question de savoir si je pouvais me rendre dans l’après-midi au mémorial (du génocide) de Gisozi, pour y déposer une gerbe, il m’a été répondu "non"», a-t-il ajouté.

La France, alliée en 1994 du régime extrémiste hutu à l’origine du génocide et dont le rôle dans les massacres reste controversé, avait initialement décidé samedi d’annuler sa participation aux cérémonies, après les propos de Paul Kagame, avant d’annoncer dimanche soir qu’elle serait représentée par son ambassadeur.

Balladur dément toute implication de la France

L’ancien Premier ministre Edouard Balladur (1993-95), qui était à Matignon au moment du génocide au Rwanda a qualifié de «mensonge intéressé» les accusations de Paul Kagame impliquant Paris dans cette tragédie. Sur Europe 1, il a regretté qu’il ait été envisagé d’envoyer un ministre à Kigali pour les commémorations du massacre, car «les incidents qui se produisent étaient prévisibles compte tenu de ce qu’est M. Kagame et sa pratique constante». «Il cherche sans cesse à mettre en cause la France alors que lui-même n’a pas réussi, au bout de vingt ans, à rassembler le peuple rwandais», a poursuivi le responsable UMP.

Selon lui, «la France n’est en rien complice du génocide, au contraire elle est de tous les pays du monde le seul qui ait pris l’initiative d’organiser une opération humanitaire pour éviter un massacre généralisé». «Le gouvernement que je dirigeais a, dès qu’il a été installé, mis fin à toute livraison d’armes au Rwanda et retiré les troupes françaises», a-t-il poursuivi. «Il fallait surtout que la France ne soit pas prise en tenaille dans une guerre civile qui se développait et qu’on ne pouvait pas arrêter», a-t-il encore fait valoir.

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