Décembre 2014. Un trotsko reconverti en "sage" de la REPUBLIQUE ...
Juillet 2012. Lionel Jospin moralisateur politique, avec Roselyne Bachelot ...

Vers Jospin-enquêtes 2001-2002
Vers Jospin-Shapira
Vers Jospin Robert
Vers Jospin trotskiste
Lionel Jospin
18 octobre 2011 : Disponible pour "aider" Hollande qu'il intrônise à Toulouse le 3 mai 2012

02 avril 2008 : Contre l'envoi de nouvelles troupes en Afghanistan
17 septembre 2007 : Le battu par Le Pen en 2002 donne des leçons à Ségolène Royal ...
05 juin 2007 : Toujours prêt
17 mars 2007 : Contre Bayrou, comme Simone Veil
23 février 2007 : Lionel royaliste ?
28 septembre 2006 : Hélas ! C'est le renoncement ... pour 2007
16 septembre 2006 : L'espoir, enfin ...
26 août 2006 : Oui je suis toujours là
10 août 2006 : Bertrand vante Lionel
28 juillet 2006 : Contre Ségolène, appel solennel des "amis" de Lionel
28 juin 2006 : Tf1 20h, l'ancien premier ministre protestant trotskiste, venu "pour parler sérieusement" (et non pas de la victoire, 3-1, de la France contre l'Espagne dans le mondial de football) est toujours candidat, "pour rassembler la gauche, et la France" ...
23 avril 2006 : Son maître trotskiste se jette dans la Seine
07 avril 2006 : Crise du CPE, Lionel Jospin pour l'union des gauches comme alternative
29 mars 2006 : Disponible pour 2007, démenti officiel
07 mars 2006 : A Rome comme les autres
08 janvier 2006 : "Les Français n'ont pas oublié Mitterrand"
07 novembre 2005 : Emeutes insurrectionnelles, Lionel Jospin se pose en recours
17/21/23 octobre 2005 : Lionel soutient officiellement François ; fait une rentrée "littéraire" perturbante ... ; et François pourrait soutenir sa candidature pour la présidentielle de 2007
11 septembre 2005 : Le meilleur contre Sarkosy
19 mai 2005 : Rebonjour, Oui à François, NON à Fabius
Le retour des ennemis de 20 ans
28 avril 2005 : Lionel attaque Henri
23 avril 2005 : Non au non
16 novembre 2004 : Non à Hollande et à Fabius
22 septembre 2004 : OUI, à l'Europe libérale
28 août 2004 : Lionel ovationné, Fabius boude ...
28 mai 2004 : ... La leçon de Toulouse, Dominique Strauss-Kahn n'est pas inquiet ...
15 mai 2004 : Jospin contre le mariage gay (alors que Me Robert Badinter ne serait pas contre - Europe 1, 16 mai 2004)
14 mars 2004 ... retour spectaculaire dans le XVIIIème
1er mars 2004 ... Toujours sur le terrain
13 avril 2003 ... Le vrai faux retour chez Elkabach ; un retraité très actif
3 décembre 2002 ... Jospin le retour, d'un militant, dans Paris XVIIIème
Jospin le retour ... en Virginie (Usa)
Novembre 2002 : La première épouse parle aussi : "C'était bien une taupe"
Octobre 2002 : C'est la faute à Calvin... et aux juifs Trotski et Derrida
Les "amis" le lâchent
Septembre 2002 : Après la défaite, sa deuxième épouse parle
Jospin trotskiste : Lambert parle
Moi, Boris Fraenkel, professeur de trotskisme de Lionel Jospin
Jospin trotskiste, selon Patrick Dierich

Lionel Jospin est né le 12 juillet 1937 à Meudon, dans la banlieue parisienne.
Son père, Robert, est enseigant, militant socialiste pacifiste et conférencier national ; sa famille est une famille protestante rigoriste, des laïques intransigeants particulièrement hostiles aux catholiques. Robert Jospin divorce en 1930 pour épouser la mère de Lionel. Robert Jospin adhère à la SFIO (Section française de l'internationale ouvrière) en 1924. Favorable en 1938 aux accords de Munich il sera nommé, sous Pétain, en mai 1944, conseiller municipal de Meudon, il est donc exclu de la SFIO en 1945. Réintégré quelques années plus tard il devient secrétaire de la fédération socialiste de Seine-et-Marne.
La mère de Lionel Jospin, Mireille Dandieu, née d'un père chaudronnier quincailler, est sage-femme libérale. Catholique converti au protestantisme par son mariage, le curé catholique exigeant la convertion de sa fiancée protestante, le père de Mireille Dandieu donne à sa fille une éducation protestante rigoureuse, l'une de ses filles aura des responsabilités importantes chez les Quakers, particulièrement rigides.
Enfant turbulent et bagarreur Lionel Jospin fait des études agitées. Pour la terminale, en 1954-1955, son père l'inscrit à Paris au Lycée bourgeois Janson-de-Sailly, l'un des meilleurs de France, sinon le meilleur. Son professeur de philosophie est un marxiste convaincu et donc prosélyte (membre du parti communiste jusqu'en 1956) qui donne des cours particuliers d'idéologie, au domicile d'un militant stalinien. Lionel Jospin y assiste, notamment avec son ami Jacques Valier. Après une année d'hypokhâgne Lionel Jospin entre à Sciences-Po (Institut d'Etudes politiques de Paris). Inscrit à l'UNEF (Union nationale des étudiants de France) il manifeste contre la guerre d'Algérie. Vivement intéressé par le parti communiste, qui domine alors toute la gauche française, et "inspire" les intellectuels parisiens, Lionel Jospin serait devenu anti-communiste après l'invasion de la Hongrie et l'écrasement de la révolte nationale de Budapest en 1956 (in Gérard Leclerc et Florence Muracciole, Lionel Jospin, L'héritier rebelle, JC Lattès, Paris 1996, p. 28 - une hagiographie assez soporifique, mais révélatrice de ce que peuvent être, hélas, les jeux politiciens). En 1958 le futur Premier ministre de la Vème République manifeste, avec M. Pierre Mendès-France et M. François Mitterrand, contre le retour au pouvoir du général de Gaulle. En 1961, lors du putsch des généraux favorables à l'Algérie française, il crée, avec son ami Claude Allègre, un comité antifasciste. En novembre 1961, après un premier échec, il est admis à l'ENA (Ecole nationale d'administration) et part faire son service militaire. Nommé sous-lieutenant il devient à Trèves chef de peloton d'instruction dans les blindés.
En juin 1965 Lionel Jospin sort de l'ENA en 23ème position, les grands corps lui sont donc fermés, il opte pour les affaires étrangères. Il entre à la direction économique dans le service de la coopération et de l'aide au développement, ce qui lui permet de voyager partout dans le monde.
En mai 1968, le haut fonctionnaire Lionel Jospin est de tout coeur avec les émeutiers, parmi lesquels son ami Jacques Valier, ce qui va l'amener à quitter le Quai d'Orsay pour devenir, en 1970, professeur associé d'économie et directeur du département "gestion des entreprises et de l'administration" à l'IUT (Institut universitaire de technologie) de Sceaux. Ce poste va lui permettre de se consacrer à la politique. Il épouse sa concubine Elisabeth, qui lui donnera deux enfants, Hugo et Eva.

En 1971, Pierre Joxe (protestant, fils du ministre du général De Gaulle Louis Joxe) le fait adhérer au PS (Parti socialiste), l'héritier de la SFIO, désormais contrôlé par François Mitterrand. Selon certains cette adhésion aurait été une pénétration taupière, celle d'un militant secret du trotskisme. Lionel Jospin aurait été un membre secret de l'OCI (Organisation communiste internationaliste) de Pierre Boussel, dit Pierre Lambert, notamment candidat à l'élection présidentielle de 1988 (Parti des travailleurs (PT), 115 356 voix) infiltré au Parti socialiste.
Ce point de vue est notamment exposé par M. Charles Stobnicer dit Jacques Kirsner, principal collaborateur de M. Pierre Boussel dans les années soixante-dix sous le nom de Charles Berg, qui affirme (Libération, 8 juin 1999) "avec Lionel Jospin, nous avons durant de très longues années milité, partagé les mêmes convictions, révolutionnaires, socialistes et démocratiques".
Ce point de vue est confirmé le 4 juillet 1999 par M. Patrick Dierich, Ingénieur de recherches à l'Observatoire de Meudon, qui fut membre de l'OCI de 1968 à 1987 :"J'ai rencontré Lionel Jospin au cours de l'année 1971, vraisemblablement vers l'automne, sur une période qui a été assez courte. Je venais d'être embauché dans la fonction publique, à l'Observatoire de Paris, j'ai donc été affecté à la cellule des "clandestins", où j'ai rencontré Lionel Jospin, plutôt le "camarade Michel". Il était, lui, à ce moment là, le responsable d'une structure, le "rayon", qui était au-dessus des cellules. Il était responsable d'une quinzaine de militants. On se voyait deux fois par semaine".

Le Premier ministre Lionel Jospin nie, tout d'abord, absolument, avoir été membre de l'OCI, et a fortiori d'avoir été une taupe trotkiste au sein du PS. Selon le Premier ministre on le confond avec son frère, Olivier Jospin, qui fut réellement trotkiste jusqu'en 1988. Mais fut également trotskiste l'ami intime de M. Lionel Jospin, M. Jacques Valier, membre pendant dix ans de la Ligue communiste révolutionnaire dirigée par M. Alain Krivine. Selon ce dernier M. Lionel Jospin fut un sympathisant mais non un militant ou un membre à part entière de l'OCI (Gérard Leclerc et Florence Muracciole, Lionel Jospin, L'héritier rebelle, JC Lattès, Paris 1996, p.47-48).
Mais selon M. Patrick Dierich il ne peut y avoir de confusion avec le frère du Premier ministre "car ils ne se ressemblent pas du tout". M. Olivier Jospin est plus grand de dix centimètres que son frère et surtout a un nez parfaitement repérable (""Camus" de son blaze"). Selon M. Dierich c'est :"Vraisemblablement fin 1979 ou au début des années 80, (qu')il a pensé qu'il valait mieux rejoindre le PS", c'est-à-dire abandonner les trotskistes.

En 1972, remarqué par François Mitterrand, et toujours recommandé par Pierre Joxe, Lionel Jospin devient, à la place de ce dernier, secrétaire national à la formation. Puis en 1974 secrétaire national au tiers monde, à la place de Didier Motchane, un des chefs du CERES avec Jean-Pierre Chevènement, le CERES étant rejeté dans la minorité du PS. En 1975 il fait partie de ceux qui sont admis au "saint des saints", les petits déjeuners de la rue de Bièvre, la maison du premier secrétaire François Mitterrand, en plein Paris, dans le Vème arrondissement. En 1977 il est élu conseiller de Paris dans le XVIIIème arrondissement, une circonscription sans risque que lui donne François Mitterrand. Mais aux législatives de 1978 le PS s'effondre et il est battu. Fidèle interprète de "la pensée Mitterrand" et défenseur acharné de celui-ci face à ses adversaires internes il n'est pas étonnant qu'il soit nommé premier secrétaire du PS après l'élection de Mitterrand à la présidence de la République, en 1981.

Selon certains (notamment Serge Raffy, Secrets de famille, Fayard, Paris 2001) Lionel Jospin, alors premier secrétaire du parti socialiste, rencontre à Washington le 14 avril 1982 les responsables du syndicat américain AFL-CIO afin de les rassurer sur la présence de ministres communistes dans le gouvernement Mauroy. Celui qui a organisé la réunion est un agent de la CIA, Irving Brown, celui qui a fait fonder et financer le syndicat français Force Ouvrière pour lutter contre la CGT communiste financée par la Russie soviétique. Le sieur Irving Brown serait également celui qui aurait constamment entretenu des liens entre les trotkistes, et notamment l'OCI, et FO.

Lionel Jospin, lorsqu'il accepte de jouer l'homme de paille de Mitterrand au PS, ce qui veut dire qu'il ne pourra pas être ministre, ne pensait pas que ce serait pour la durée du septennat ... Et que le favori du Président, Laurent Fabius, pourrait ainsi prendre sur lui quelque avance ... et tisser sa toile au parti ... Ce n'est donc qu'en 1988 qu'il devient ministre dans le gouvernement Rocard, ministre d'Etat, ministre de l'Education nationale. Et il le reste sous le gouvernement Cresson jusqu'en 1992. Pendant ces années il doit faire face à des manifestations étudiantes qui sont téléguidées par les trotskistes et anciens trotskistes, notamment par Julien Dray, fondateur de "SOS racisme", et qui sont encouragées par certains conseillers de François Mitterrand, sinon par lui-même ... Ancien membre de la Ligue communiste révolutionnaire Julien Dray voulait être ministre : Michel Rocard, qui constitue son gouvernement, lui téléphone pour lui dire qu'il sera secrétaire d'Etat à la Jeunesse et aux Sports, il fête l'évènement à "La Tour d'Argent", et le lendemain il n'est pas sur la liste ... On suspecte Lionel Jospin d'y être pour quelque chose ...

En 1986, profitant d'une élection législative partielle en Haute-Garonne et sur le "conseil" du président Mitterrand, Lionel Jospin est "parachuté", se présente et est élu député. Il est réélu en 1988 et élu conseiller général de Cintegabelle (et non pas Sainte Gabelle), qui devient son "fief de la France profonde", malgré une élection de justesse aux régionales le 29 mars 1992, et un échec aux législatives de 1993. Il ne lui reste plus, alors, que Cintegabelle (et non pas Sainte Gabelle) et Sylviane.

Sylviane Agacinski, philosophe socialiste et féministe dogmatique, le rencontre pour la première fois en juillet 1983 lors du mariage de sa soeur avec le comédien Jean-Marc Thibault. Mais c'est en 1989 qu'ils concubinent, Elizabeth le quittant et le concubin de Sylviane, et père de son fils Daniel, "s'éloignant" également.
C'est politiquement sa traversée du désert, son adversaire principal, Laurent Fabius, est premier secrétaire du parti le 14 janvier 1992 ... Lionel Jospin épouse officiellement sa deuxième femme le 30 juin 1994, à la Mairie du XVIIIème arrondissement de Paris, la "fête" ayant lieu à l'Institut du Monde arabe, en présence de François Mitterrand lui-même ...

Henri Emmanuelli est premier secrétaire du parti socialiste lorsqu'à l'effarement général des dirigeants socialistes Lionel Jospin annonce sa candidature à la candidature socialiste pour l'élection présidentielle de 1995, le 4 janvier. Le maximum est fait pour l'écarter, Henri Emmanuelli étant persuadé d'être le meilleur candidat possible, et Laurent Fabius ...
A la présidentielle de 1995 Lionel Jospin arrive en tête au premier tour (23,30%) devant Jacques Chirac (20,84%), alors que pendant des mois le favori des sondages avait été Edouard Balladur (18,58%).

Mais le 21 avril 1997 c'est la divine surprise, sur les conseils de l'ancien conseiller du président Mitterrand, et de sa fille Claude, le président Chirac, élu au second tour de 1995 par 52,64% des voix, et qui dispose à l'Assemblée nationale d'une majorité massive de 484 sièges sur 577 (84%) procède à la dissolution ...
Le résultat des élections législatives, entre une gauche dite "plurielle", c'est-à-dire réaliste, et une droite divisée, est clair : le parti socialiste avec 34,51% des voix obtient 60,66% des sièges, Lionel Jospin est nommé Premier ministre et obtient un vote de confiance de l'Assemblée nationale par 297 contre 252...
Une fois de plus est confirmé le point de vue de M. Guy Mollet, l'ancien leader de la SFIO socialiste dans les années cinquante et soixante, à savoir que la France possède la droite la plus bête du monde.
Donc tous les espoirs seraient permis pour Lionel Jospin ...

Pour la présidentielle de 2002 Lionel Jospin représenterait, selon certains (adversaires ?), la "Nouvelle France", celle des minorités "dynamiques" (protestants, juifs, blacks, beurs, roms, maçons, pacsés, drogués ...), la France "black, beur, feuj, rom".

Hélas, le dimanche 21 avril 2002, M. Lionel Jospin, avec 16,18% des suffrages exprimés, est battu pour la deuxième place à la présidentielle par le candidat de la droite nationale souverainiste, M. Jean-Marie Le Pen (16,86%), et ne peut donc se présenter au deuxième tour.
Il déclare, courageusement, qu'il abandonne la carrière politique. Une décision peut-être aussi "irrémédiable" que celle de Noël Mamère de ne pas se présenter à la présidentielle ...
Les trois candidats trotskistes, Mme Arlette Laguiller de Lutte ouvrière (5,72%), M. Olivier Besancenot de la Ligue communiste révolutionnaire (4,25%), M. Daniel Gluckstein du Parti des travailleurs (ancien parti de M. Jospin)(0,47%), totalisent 10,44% des suffrages exprimés ; et M. Jean-Pierre Chevènement (5,33%), socialiste national souverainiste, ainsi que Mme Christiane Taubira (2,32%), radicale de la gauche maçonnique, 7,65% des suffrages exprimés, les abstentions étant de plus de 28%. Au total les candidats dit de gauche, avec M. Robert Hue du parti communiste, qui n'obtient que 3,37% des suffrages exprimés, totalisent donc 40,57% des voix exprimées.

Gérard Leclerc et Florence Muracciole, Lionel Jospin, L'héritier rebelle, JC Lattès, Paris 1996
Philippe Campinchi, Les Lambertistes, un courant trotskiste français, Balland, Paris 2000
Gérard Leclerc et Florence Muracciole, Jospin, l'énigme du conquérant, JC Lattès, Paris 2001
Claude Askolovitch, Lionel, Grasset, Paris 2001
Serge Raffy, Jospin, Secrets de famille, Fayard, Paris 2001
Christophe Nock, Les Trotskistes, Fayard, Paris 2002
Lionel Jospin, Alain Duhamel, Le temps de répondre, Stock, Paris 2002

-----

Campagne et défaite de Lionel Jospin, racontées par son épouse

Le silence de Lionel Jospin n'est pas rompu, mais sa femme prend la parole. Ou plutôt, elle écrit. Dans un livre à paraître vendredi 27 septembre (2002), la philosophe Sylviane Agacinski, épouse de l'ancien premier ministre et candidat défait à l'élection présidentielle, raconte "sa" campagne telle qu'elle l'a vécue : intensément et douloureusement. Chronique intime d'une course au pouvoir qui s'acheva en déroute, ce Journal interrompu, 24 janvier - 25 mai 2002 (Seuil) ne dévoile que partiellement les coulisses de la campagne de M. Jospin. Elle retrace les réflexions, réactions et émotions, écrites jour après jour dans le secret – le candidat lui-même l'ignorait, assure-t-elle –, que lui a inspirées la découverte du combat politique.

Auteur d'essais philosophiques (Le Passeur de temps, La Politique des sexes), militante féministe, Mme Agacinski relate aussi l'engagement au côté de son époux, qui semble avoir relevé, pour elle, du devoir autant que du défi. "Tout le monde (sauf Lionel, il est vrai) me le demande", écrit-elle. Elle l'assume, admet y avoir ressenti quelque plaisir, tout en ressentant "l'impression qu'on fait campagne chacun de son côté", avec cette remarque, notée le 13 mars : "Je ne comprends pas pourquoi on le fait courir de tous côtés. Il n'a plus le temps de prendre du recul ni de réfléchir un peu seul."

Durant la campagne, elle s'était rendue le 15 janvier sur le plateau d'"Arrêt sur images", sur France 5, avant d'officialiser, au mois de mars, son rôle dans le plan de communication du candidat socialiste : interview sur TFI le 20 mars, entretien au Parisien le 29, au Nouvel Observateur le 4 avril, à Elle le 8, à Gala le 11, reportage photo dans Paris-Match le 18... Elle apparut aussi dans de nombreuses manifestations publiques – pendant la Journée des femmes et, en famille, lors du meeting de Marseille. Elle-même tint un meeting à Clermont-Ferrand, le 15 avril, où elle jugeait légitime la curiosité des citoyens à l'égard de "l'épouse d'un homme qui aspire à être président de la République" . Elle prenait ainsi, à son corps défendant, une dimension politique. Dans le même temps, Bernadette Chirac ne revendiquait-elle pas, ouvertement, un rôle de premier plan dans cette bataille ? Son livre d'entretiens, Conversations (Plon), en constituait, dès l'automne 2001, un temps fort, consacrant l'irruption du privé dans la course à l'Elysée.

Après le retrait de la vie publique de Lionel Jospin au soir du 21 avril et le long silence qui s'est ensuivi, le livre de son épouse sonne aujourd'hui comme un écho intime, presque familial, à tous les livres consacrés à la défaite de la gauche, du PS et de son candidat.

En respectant le choix de M. Jospin, s'interdisant de citer ses mots, Mme Agacinski offre – avec l'accord de l'ancien premier ministre – une sorte de portrait de l'absent, acteur omniprésent du "drame" intime et public qu'elle a vécu, dont elle justifie le "retrait" et loue la "sérénité" , même après la défaite. La parution de son journal s'est organisée dans la plus grande confidentialité, avec l'historien Maurice Olender, éditeur et ami du couple Jospin, qui enseigne, comme elle, à l'Ecole des hautes études en sciences sociales. Celui-ci avait été l'éditeur du livre d'Olivier Schrameck, qui, déjà, lançait la campagne en comblant l'absence du candidat. Un an après, le journal de Sylviane Agacinski semble, à son tour, atténuer le turbulent silence de son époux.
Hervé Gattegno et Anne-Line Roccati, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 26.09.02, LE MONDE | 25.09.02 | 12h44, MIS A JOUR LE 25.09.02 | 13h58

------

Jospin : La faute à Calvin, Trotski et Derrida

Et si les tombeurs de Lionel Jospin ne s'appelaient pas Séguéla, Chevènement ou Mamère? C'est en tout cas le décryptage de l'écrivain Marc Lambron.

Il semble que l'échec de Lionel Jospin au premier tour de l'élection présidentielle reste pour beaucoup une énigme. Ici et là, on préconise l'analyse ou la refondation, mais les examens de conscience prennent pour l'heure l'aspect de l'attaque ad hominem - le livre de Marie-Noëlle Lienemann (1) - ou du plaidoyer pro domo - le journal de Sylviane Agacinski (2). A qui la faute? Une mauvaise campagne? Une communication ratée? Un bilan mal compris? La malveillance des journalistes? L'oubli de la France d'en bas? Lionel Jospin était-il « trop court » ? Pas assez émotionnel? A supposer qu'il faille réduire une défaite structurelle à la performance d'un candidat, sans doute faudrait-il explorer d'autres pistes. Il est indéniable qu'il existe toujours un mystère Jospin, à certains égards plus opaque que le florentinisme mitterrandien, que les Français avaient fini par décrypter. S'il est possible de déchiffrer la vie d'un homme public comme un grimoire auquel il manque des pages, si l'hypothèse peut suppléer à l'inexplicable, alors il est permis de tenter une autre lecture. Et si la défaite de Jospin était l'aboutissement d'une conspiration contre lui-même? Un bal des fantômes intimes? Et si les fauteurs de retraite ne s'appelaient pas Chevènement, Séguéla ou Mamère, mais plutôt Calvin, Trotski et Derrida? Explication.

Il n'est pas besoin d'avoir lu Max Weber pour savoir que le facteur confessionnel influe en profondeur sur l'éthique politique. Lionel Jospin est protestant. On l'a toujours crédité de l'honnêteté intempérante et des principes de vertu que l'on prête aux fidèles de la religion réformée, fussent-ils devenus agnostiques. Ces derniers temps, certains s'étonnent que Lionel Jospin, dans les ultimes semaines de la campagne, n'ait pas dissuadé Mme Taubira de se présenter, ou pas su négocier le retrait de certains petits candidats d'extrême gauche. On se souvient que François Mitterrand - de culture catholique romaine - réussissait à chaque scrutin l'unification papale de toutes les chapelles de la gauche. Pourquoi son héritier n'en a-t-il pas fait autant? Indifférence négligente? Faiblesse de caractère? Voire. Et si Lionel Jospin avait tout simplement appliqué à la chose politique un principe cardinal du protestantisme: le respect de la conscience d'autrui, qui ne répond à aucun ordre temporel, puisque le dialogue du fidèle s'engage directement avec Dieu? Traduction : on n'ira pas solliciter Mme Taubira, son libre arbitre tranchera. A cet égard, le meilleur pamphlet sur la campagne présidentielle du printemps dernier n'a pas été écrit par Mme Lienemann en 2002, mais par Bossuet en 1669. Que l'on relise les pages de 1'« Oraison funèbre d'Henriette de France », où le grand prédicateur, enragé contre la Réforme, vitupère les Eglises protestantes anglaises. « Chacun s'est fait à soi-même un tribunal où il s'est rendu l'arbitre de sa croyance ", gronde Bossuet. Faute d'un tuteur apostolique et romain, il en résulte un « mélange infini de sectes ", « un dégoût secret de tout ce qui a de l'autorité ".

Et si Jospin avait inconsciemment accompli en 2002 ce pour quoi il avait été formé ?

Sans vouloir solliciter à l'excès les parallèles théologiques; il est de fait que la période 1997-2002 - appelons-la le "jospinat" - aura vu comme l'Angleterre de Cromwell un bourgeonnement sans égal de minichapelles, de petites Eglises militantes, floraison très justement qualifiée de « gauche plu- rielle ». Antimondialistes, hérauts à bacchantes du roquefort hexagonal, zélateurs d'Arlette, Verts repeints, communistes retapés, sachems du Monde diplomatique, adeptes de la pensée Inrockuptibles, chacun pérorait, juché sur sa chaise, tels les prédicateurs dominicaux de Hyde Park Corner. Là où François Mitterrand aurait dépêché abbés de cour et petits Talleyrand épiscopaux pour ramener les anabaptistes dans les filets du dogme, Jospin encouragea pendant cinq ans ce patch-work, sans doute autant par tactique politique que par respect intérieur de la règle de libre examen. Ainsi la gauche plurielle, au moment où elle aurait dû se fédérer, continua-t-elle de vivre avec ivresse les cacophonies de sa différence. Le Vatican unifie, la Réforme dissémine. Là encore, le Bossuet de 1669 s'applique à la campagne Jospin 2002 : « Le plaisir de dogmatiser sans être repris ni contraint par aucune autorité ecclésiastique ni séculière était le charme qui possédait les esprits. » Conclusion logique: « L'ardeur de leurs disputes insensées est devenue la plus dangereuse de leurs maladies. » Mais faut-il demander à Calvin d'être pape? C'est alors qu'entre en scène Léon Trotski. On peut avancer sans ambages une hypothèse. Et si Lionel Jospin, trente-cinq ans plus tard, avait inconsciemment accompli en 2002 ce pour quoi il avait été formé à la fin des années 60, à savoir la destruction du parti social-démocrate et la mise en crise de l'Etat bourgeois? Il ne s'agit pas d'imaginer, sauf à passer pour un obsédé des romans d'espionnage, qu'un Premier ministre socialiste remplissait auprès de Jacques Chirac le rôle que la célèbre taupe communiste Anthony Blunt tint auprès de la reine d'Angleterre. Mais est-il si aventureux de penser que les années de formation d'un homme comptent encore quarante ans plus tard? Un logiciel réglé sur un programme révolutionnaire est-il si facilement déprogrammable ? Est-il possible qu'un automate social-démocrate continue, malgré lui, à battre le tambour avec des piles lambertistes ? Que la bombinette autrefois armée dans des officines de fer explose sous le sable tranquille des 35 heures? Maintien des réflexes conditionnés? Seppuku à Matignon? Sur tout cela, Jospin ne s'est jamais vraiment expliqué. Etait-ce si difficile? Après tout, il y a des raisons profondes et honorables, que d'autres ont su exposer, de corriger une analyse politique vieille de trente ans pour se ranger à de nouvelles croyances. Un ancien partisan de la révolution permanente peut devenir un gestionnaire du réformisme. Paris regorge d'anciens maoïstes qui chantent aujourd'hui la gloire du général de Gaulle et l'alléluia social-démocrate. Or Jospin est resté silencieux. Ce silence était-il crainte de l'abjuration publique (de la confession catholique)? Pudeur, fidélité à un parcours, nostalgie d'un avenir rouge que la realpolitik a délavé en rose? On serait curieux de savoir ce que Lionel Jospin aura intimement pensé d'Olivier Besancenot, le néotrotskiste de 2002, le fantôme incarné de son passé, qui a contribué, avec quelques autres « petits candidats », à son échec au premier tour. Retour du refoulé? Jospin a-t-il été politiquement assassiné par la statue du Commandeur rematérialisée en postier juvénile? Le vieux Jedi évadé dans les ors de la République a-t-il été liquidé par un Luke Skywalker de la IVe Internationale? Il n'y a pas de trotskisme réussi sans martyre final: il faut que le piolet de Ramon Mercader s'enfonce dans le crâne du patriarche sacrifié. Au soir du 21 avril, une immolation a eu lieu: peut-être les trois candidats trotskistes, en un mélange d'hommage et de vengeance, ont-ils fait de Jospin un autre Trotski. Quelle main invisible tenait le piolet?

Reste Jacques Derrida. On sait que ce penseur, dès les années 60, a entamé une critique des principes identitaires qui ont structuré la philosophie occidentale. Pour aller vite, Derrida excelle à déceler ou à introduire dans tout texte canonique un virus, un bogue qui le parasite, le ronge, le déconstruit. Il fait jouer la différence contre l'identité, le féminin contre le masculin, le minoritaire contre le majoritaire, la dissémination contre l'unité, l'autre contre le même. Derrida vient ici comme un emblème de la pensée française des années 70, dont le slogan aurait pu se résumer ainsi: « Je ne parle pas d'où je semble parler, mon identité est mobile, plurielle, ondoyante, je suis toujours différent de moi-même. » Cela pouvait s'appeler sujet clivé chez Lacan, mort de l'Homme chez Foucault, schize chez Deleuze. Traduction dans la vulgate politique de l'époque: un refus d'occuper la place symbolique du législateur, du leader, du père.

Ce n'était jamais le candidat qui parlait, mais un autre en lui, un ventriloque, un alien.

Quel rapport avec Lionel Jospin? Le brouillage des identités. Non seulement le candidat de la gauche plurielle parut, pendant les semaines cruciales, être absent de lui-même, flottant, étrangement ailleurs, mais le mode privilégié d'expression politique de cet héritier des années 70 devint la dénégation identitaire. « Ce n'est pas moi qui ai été trotskiste, c'est mon frère ", avait-il plaidé auparavant. « Mon projet n'est pas socialiste ", lança-t-il en début de campagne. Puis, pour excuser ses propos sur l'âge de Jacques Chirac: «Je ne m'y reconnais pas, ce n'est pas moi. » Ce n'était donc jamais le candidat qui parlait, mais un autre en lui, un ventriloque, un alien. Plus encore, il est frappant de constater, toutes choses égales par ailleurs, que Lionel Jospin légiférait comme Derrida fait de la philosophie: en introduisant un virus dans un principe structurant. Continuons de rendre hommage aux poilus de 1914- 1918, certes, mais honorons aussi les mutins de 1917. On ne touche pas au mariage, mais on y greffe le Pacs. On ne remet pas en cause la transmission patrilinéaire du nom, mais on peut aussi choisir de porter le seul nom de sa mère. On ne démembre pas l'unité de la République, mais on esquisse un statut de la Corse qui tend à la compromettre. Et ainsi de suite. On comprend pourquoi un Chevènement finit par prendre le large, épouvanté. A Matignon, Jospin se révéla enfant de la pensée différentialiste des années 70, agissant avec constance tel un M. Jourdain du déconstructionnisme. D'où, sans doute, le sentiment diffus, mal expliqué, qui courait les cafés du Commerce : le gouvernement Jospin était en train de mettre des monuments par terre, dans le même temps où la vox populi lui demandait au contraire de maintenir des acquis et d'inven- ter des repères face aux dérégulations modernes.

Or une campagne présidentielle française ne se gagne pas sur une déconstruction. Elle se joue probablement sur trois tickets que chaque candidat doit pouvoir poinçonner s'il veut l'emporter: le ticket hexagonal, le ticket européen, le ticket mondial. La chose est vérifiable. Giscard avait Chanonat et l'accordéon, la ligne directe avec Helmut Schmidt, le goût :les chasses en Afrique et des symposiums du FMI. Les trois tickets étaient poinçonnés. Mitterrand avait les Charentes et le Morvan, la construction européenne main dans la main avec Helmut Kohl, la tentation de Venise et d'Assouan. Il fut deux fois élu. Chirac a la Corrèze et le cul des vaches, une conviction européenne d'autant plus zélée qu'elle émane d'un converti, l'amour de l'Asie et des sumotoris. Il vient donc d'être réélu. Et Jospin? Cintegabelle, où il ne s'est pas attardé, faisait un peu grelot. Sur l'Europe, on sentait les réticences d'un ancien internationaliste devant ce machin qui, de Robert Schuman à Jacques Delors, excite d'abord les démo-chrétiens mous. Quant au monde, on ne sait trop. Jospin est-il polyglotte? Aime-t-il les Andes ou le Danube? Mystère. Aucun des trois tickets n'était vraiment poinçonné. Ce que l'opinion percevait, en revanche, c'était le basket-ball dans les gymnases de la couronne parisienne, les cellules lambertistes, l'Ena, l'appareil du PS. Des chapelles, toujours des chapelles. « Trop court », commenterait sans doute Mme Lienemann.

Au-delà des apparences, un homme aura, au printemps 2002, rencontré son destin, en pleine harmonie avec ce que son intégrité lui interdisait. Le respect protestant de la conscience de l'autre s'opposait à toute unification vaticanesque de la gauche plurielle. La promesse ancienne de voir dépérir l'Etat bourgeois inhibait le désir d'en occuper soi-même la tête. Le déconstructionnisme hérité des années 70 paralysait tout discours d'incarnation. Jospin était candidat et ne voulait pas être président. Cette défaite était une fidélité à soi. Cette élection ratée fut un acte réussi.
1. "Ma part d'inventaire" de Nöel Lienemann, (Ramsay).
2." Journal interrompu: 24 janvier- 25 mai 2002 ". de Sylviane Agacinski (Seuil).
Marc Lambron, Le Point, 04 octobre 2002, pages 36 à 38

------

Ces socialistes qui « lâchent » Jospin

ILS L'ONT TANT AIMÉ, adulé, encensé… Mais c'était lorsque tout allait bien. Six mois après la lourde défaite électorale, les ministres et lieutenants politiques de Lionel Jospin n'ont pas de mots assez durs pour critiquer le vaincu. « Il y a un côté lâchage général qui commence à devenir indécent », reconnaît un dirigeant PS. Dernier à régler ses comptes : Bernard Kouchner. Dans un livre à paraître le 11 novembre (« Le premier qui dit la vérité », Ed. Robert Laffont), l'ancien ministre délégué à la Santé affirme ne pas avoir été « très heureux » au sein du gouvernement. Sa popularité, dit-il, irritait Jospin : « En Conseil des ministres, j'intervenais parfois sur des sujets que je connais par coeur, l'Afghanistan, Massoud, les femmes victimes de l'intégrisme, les Balkans, l'Afrique… Jospin détestait ça. Il ne m'a jamais trouvé légitime. » Dans le même registre, Jean Glavany, le directeur de la campagne, a lui aussi pris ses distances. « Je n'ai pas retrouvé le Lionel que j'aime, au sens presque sportif du terme, lâchant ses coups et conquérant », écrit l'ancien ministre de l'Agriculture dans un numéro de la « Revue socialiste ».

« On n'osait rien dire »

Plus explicite encore, le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis (notedt, ancien trotskiste lambertiste comme Lionel Jospin), pourtant omniprésent au QG de la rue Saint-Martin, estime dans une note à la Fondation Jean-Jaurès que « la campagne menée par Jospin était en tout point inadaptée au contexte politique. La présidentielle ? Il ne s'y intéressait pas, pas vraiment, pas totalement ».

Jospinolâtre du premier cercle, Marylise Lebranchu enfonce le clou. L'ex-ministre de la Justice trouve normal que les jeunes n'aient pas voté Jospin le 21 avril. Et lance carrément : « A 25 ans, Jospin n'aurait pas non plus voté pour lui au premier tour. » En privé, les critiques sont tout aussi acerbes. Pierre Mauroy assure que l'inversion du calendrier voulue par Jospin (NDLR : la présidentielle avant les législatives) était « un péché d'orgueil. Une vraie bêtise ».

Penaud, Claude Bartolone, l'ancien ministre de la Ville, regrette de s'être laissé « vassalisé ». « On n'osait rien dire à Jospin parce qu'on était persuadé qu'il allait gagner. On aurait dû l'ouvrir davantage », admet a posteriori le député de Seine-Saint-Denis. Autre temps, autres déclarations. Il y a moins d'un an, les leaders socialistes s'enthousiasmaient sans la moindre retenue. Jean-Luc Mélenchon : « J'écarquille les yeux devant Jospin car c'est un maître. » Jean Glavany : « C'est un homme intègre, crédible, profondément respecté à travers la France. » Même Marie-Noëlle Lieneman, qui a ouvert les hostilités cet été avec son livre au vitriol (« Jospin était un peu court pour être président »), avait à l'époque un jugement plus nuancé… Pronostiquant la victoire du candidat PS, ne déclarait-elle pas : « Les Français sauront faire la différence entre Chirac, quelqu'un de politiquement inerte, et un véritable homme d'Etat qui se frotte à la réalité : Jospin. »
Frédéric Gerschel, Le Parisien, mercredi 30 octobre 2002, page 4

-----

Jospin est de retour... en Virginie

Lionel Jospin participait vendredi (8 novembre 2002) à une conférence de l'université de Virginie sur le thème de «l'Amérique dans le monde». Invité du Centre sur la religion et la démocratie de cette université située à Charlottesville, l'ancien premier ministre a notamment participé à une table ronde aux côtés de Samuel Huntington, théoricien du «choc des civilisations», et du journaliste Robert Kaplan. Il s'agissait de la première intervention publique de Lionel Jospin depuis son échec au premier tour de l'élection présidentielle, le 21 avril dernier.

À quoi songeait vendredi Lionel Jospin en s'envolant pour Charlottesville? Peut-être à la bizarrerie des Français? Des gens inconséquents, versatiles, qui l'ont aimé pendant cinq ans avant de le rejeter brutalement le 21 avril, avec une violence inouïe. Lui, qui surveillait avec délice sa cote de popularité depuis 1997, balayé par Jean-Marie Le Pen! Et ces Français qui se donnent au second tour à Chirac, celui qu'il n'appelait plus que par cette méprisante formule: «L'autre.»

Bizarres, ces Français, peut-être, mais les intéressés peuvent aussi lui retourner le compliment. Bizarre, ce Jospin. Depuis le soir du premier tour de la présidentielle, quand le résultat est tombé, comme un coup de tonnerre, l'incitant à annoncer, tout blême et droit, son retrait, il n'a cessé de continuer à se passionner pour la politique. Il l'a manifesté non seulement par des coups de téléphone à ses anciens fidèles mais aussi par des visites: à Daniel Vaillant, son vieux camarade du XVIIIe arrondissement, en pleine campagne législative, et, tout récemment, à l'hôpital, à Bertrand Delanoë, hospitalisé.

La veille du 15 août en Corse, Jospin annonçait, énigmatique derrière ses lunettes de soleil achetées en mai en Sicile: «Je ne serai pas toujours muet.» Au PS, on en frissonnait d'avance. Et si Lionel allait revenir régler ses comptes? Si, ulcéré par le pamphlet publié fin août par Marie-Noëlle Lienemann, son ex-ministre du Logement, Ma Part d'inventaire, il allait asséner leurs quatre vérités à Marie-Noëlle, mais aussi à ses amis présumés. Chez les gens d'en bas, ceux qui lisaient Match où l'on voyait le retraité Jospin – 65 ans le 12 juillet – se promener en grand-père débonnaire, on prévoyait son retour comme une sorte d'évidence. Sondés par l'Ifop pour le Journal du dimanche du 6 octobre, 20 % des Français ne plaçaient-ils pas l'ancien premier ministre en tête des personnalités auxquelles ils faisaient «le plus confiance pour être le leader de la gauche à l'avenir»?

Cela paraissait tout simple: puisqu'il n'avait pas choisi l'isolement total à la de Gaulle, puisqu'il semait des petits cailloux pour donner envie de le suivre et surtout de le retrouver, Jospin allait, tel Giscard en 1982, revenir. Sous la forme d'un discours à l'occasion d'une Fête de la rose ou, pourquoi pas, d'un nouveau livre. Mais non. Un livre allait bien paraître fin septembre. Mais il serait signé de la femme de «L», Sylviane J. Une véritable gifle pour les camarades socialistes, qui s'estimeront du coup déliés de tout devoir de réserve. Et même pour les électeurs, ces 84 % de Français qui n'avaient pas voté Jospin – traités carrément... d'«imbéciles» par l'agrégée de philosophie Sylviane Agacinski – lorsque, trop nostalgiques d'une société rurale, ils s'étaient égarés du côté du chasseur de palombes Jean Saint-Josse.

Bizarre.
En agissant ainsi, en se faisant défendre – et de quelle étonnante façon! – par son épouse, un an après s'être fait défendre par son directeur de cabinet Olivier Schrameck, Jospin se rendait-il compte qu'il coupait les ponts? Est-ce vraiment cela qu'il désirait? On dit que non, qu'il est très heureux, au contraire, très fier du succès littéraire de sa femme. Comme si ce fils d'éducateur et de sage-femme de Meudon, devenu énarque et prof d'IUT, avant d'être repéré par Mitterrand comme un bon «apparatchik», n'avait au fond jamais rêvé que de cela: entrer dans un petit cercle d'initiés. Trotskistes lambertistes d'abord.

Savants, écrivains, philosophes ensuite. Sous les apparences d'un grand gaillard à la démarche sportive et au front de prof austère, sous le discours prêchant la «transparence» de l'action politique et sous la volonté de «maîtrise» et d'«équilibre», ses deux mots favoris, les Français avaient vite perçu un être terriblement complexe sinon complexé. Un sanguin qui cognait son micro à l'Assemblée nationale en attendant de pouvoir faire mordre la poussière à Chirac. Mais en même temps un formaliste qui, huit jours après avoir prononcé dans un avion, en pleine campagne présidentielle, les mots «vieilli, usé...» s'excusait en ces drôles de termes: «Ça ne me ressemble pas. Ça n'est pas moi.» Un socialiste, certes. Mais le premier à proclamer: «Mon projet n'est pas socialiste!» Enfin libéré des contraintes du pouvoir, enfin sorti de ses bulles – Matignon, l'atelier de campagne–, Jospin allait-il découvrir les Français? Non.

Comme le dit sa première femme Élisabeth Danenmuller, celle qui le connut «énarque le jour, trotskiste la nuit» dans le numéro du Nouvel Observateur qu'il a peut-être lu dans l'avion, «sa volonté émouvante de paraître fort, d'offrir l'image la plus virile, masquaient des failles profondes: une séparation des actes et des sentiments, des convictions et des pratiques». Sans rancœur et même parfois avec un reste de sympathie pour ce «lonely cow-boy» parti faire sa rentrée tout là-bas, aux États-Unis, sous la forme d'une conférence rémunérée en dollars, un jour où les médias ne s'intéressent qu'à George Bush et à l'ONU, les Français, eux, se demandent, comme son ex-femme, qui est au fond cet homme avec qui ils ont partagé cinq ans de leur vie.
lefigaro.fr, Christine Clerc [09 novembre 2002]

------

Jospin retourne à la base

DU PUR Jospin. Après avoir savamment entretenu le suspense au point de laisser filtrer la rumeur de son profond agacement par rapport aux médias qui, à l'en croire, le guetteraient en permanence, l'ex-Premier ministre a surgi hier soir à Paris, au coeur du XVIII e . Il est en effet venu assister en simple militant qu'il dit être du monde à sa première réunion dans la section PS de la Chapelle-Goutte-d'Or, où il vient de réadhérer. Vers 20 h 45, une 607 Peugeot grise aux vitres fumées descend lentement la rue de Trétaigne sans s'arrêter devant le local socialiste installé au n o 7 de cette petite voie paisible, à deux pas de la mairie de l'arrondissement. La grosse limousine s'arrête au coin de la rue Duc. Vêtu d'un manteau bleu sombre, Jospin remonte alors la rue sur 50 mètres en compagnie de son ami de toujours, Daniel Vaillant.

« Je m'exprimerai le moment venu »

Souriant et détendu, ravi de respirer à nouveau l'air de ce quartier populaire dont il a été jadis le député, le candidat malheureux à la présidentielle finit par s'arrêter devant la porte en bois de la section. Pour répondre, face à une marée de caméras et de micros, à quelques questions. « Il y a trente et un ans, dit-il, que je suis membre du PS, un parti que j'ai dirigé pendant neuf ans en deux fois. Renonçant à mes mandats électifs, il était logique de revenir dans une section parisienne après avoir dit au revoir, seulement au revoir, à mes amis de Cintegabelle (Haute-Garonne). Ce qui n'est pas de la logique mais qui est dans le mouvement du coeur, c'est que je reviens dans la section parisienne qui m'est la plus chère : Chapelle-Goutte-d'Or ». Le temps de reprendre son souffle, Jospin continue, s'adressant aux médias qui se pressent : « On n'a pas besoin d'occuper une fonction pour militer ou pour s'exprimer. Le moment venu, je vous l'ai déjà dit, je le ferai. Si, ce soir, votre venue, un peu invraisemblable car il ne s'agit que d'un simple transfert de section (sous-entendu : de Cintegabelle à Paris), souligne que je reste avec les socialistes, aux côtés des socialistes, alors tant mieux... » Calme et apparemment heureux, Jospin s'engouffre dans le petit couloir d'entrée de la section qu'il connaît si bien. Vaillant, son fidèle compagnon, a juste le temps de glisser : « Je n'ai pas eu besoin de le convaincre. C'est lui qui m'a appelé. »
Heureux lui aussi, l'ancien ministre de l'Intérieur ? « Bah, oui » répond-il. « On a eu droit à une réunion un peu surréaliste, raconte un militant, encore ému. Pensez qu'on nous a présenté Lionel au début de la réunion comme un nouveau venu ! »
Philippe Martinat, Le Parisien, mercredi 04 décembre 2002

--------------

(13 avril 2003) Le vrai faux retour de Lionel Jospin

UN AN DÉJÀ, mais toujours les mêmes phrases. « L'homme libre que je suis, le Premier ministre que j'ai été pendant cinq ans... » : hier, pour sa première émission de radio depuis sa défaite du 21 avril, les Français ont retrouvé Lionel Jospin tel qu'ils l'avaient quitté au soir du premier tour de l'élection présidentielle.
Près d'une heure d'émission consacrée aux trois quarts à la politique étrangère et au conflit en Irak. Paradoxe jospiniste s'il en est, l'ancien Premier ministre est surtout venu dire qu'il n'avait pas l'intention de revenir en politique. Les sondages selon lesquels les Français, aujourd'hui, lui donneraient sa chance pour le second tour ? Il les juge « amusants ». Mais, ajoute-t-il, le 21 avril, « la décision a été prise ». « J'ai dit que j'ai quitté la vie politique et que je n'y reviendrai pas. Cela reste absolument vrai. Mais je ne me désintéresse pas de la vie politique », explique-t-il.
Donc, il ne se présentera pas aux élections, mais on peut s'attendre à l'entendre « s'exprimer dans le débat démocratique ». Il y aura donc d'autres émissions, « pour autant que l'on m'invite », prend-il soin de préciser. Mais désormais, « je préfère m'exprimer sur des sujets de fond », prévient Jospin, qui s'agace qu'on veuille le faire descendre dans l'arène du PS.
Il soutient la motion présentée par le premier secrétaire du PS François Hollande au prochain congrès de Dijon. Mais il n'ira pas à ce congrès. « Je ne veux pas être instrumentalisé par quiconque dans le débat intérieur au Parti socialiste », martèle-t-il, énervé.

« Je ne veux pas être instrumentalisé »

Tout juste s'il consent à dire, presque en s'étouffant, qu'Hollande a « bien sûr » l'étoffe pour diriger le Parti. Son attitude vis-à-vis de ses camarades : « rien qui ne les gêne et tout ce qui peut les aider ».
Sur la crise en Irak, Jospin soutient la position du président de la République dont il ne prononce pas le nom et reste plus dans le commentaire que dans la proposition. Tout juste conseille-t-il à Jacques Chirac d'assumer la position française jusqu'au bout, sans changer de pied, mais sans durcir non plus la position vis-à-vis des Etats-Unis.
Si la gauche avait été au pouvoir, elle aurait mené la même politique, dit-il, en soulignant que c'est à droite que l'on entend des critiques, pas dans les rangs du PS. Jospin fustige « une administration américaine étrange » et prédit, sans surprise, que « la reconstruction va être extraordinairement complexe et difficile ».
On ne peut pas dire non plus qu'il se montre féroce avec la politique du gouvernement. Il « doute plutôt » que la politique économique de Raffarin réussisse mais il lui laisse encore six mois de sursis avant « de juger ». Ce qui l'agace, en revanche, c'est que le Premier ministre ait accusé les socialistes d'être partis sans payer la note.
Manifestement, il a préparé sa réponse. « Quelle note puisqu'il y avait 900 000 chômeurs de moins, un taux de croissance fort, un déficit public en dessous de 3 % et un excédent de la Sécurité sociale. » Un an après sa défaite, Jospin, faute de projet, continue de défendre son bilan.
Myriam Lévy, Le Parisien, lundi 14 avril 2003, p. 6

-----------

(13 avril 2003) Un « retraité » très actif

LE SOIR DU 21 AVRIL 2002, alors qu'il vient d'être éliminé au premier tour de l'élection présidentielle, Lionel Jospin annonce qu'il quitte la vie politique. Une promesse pas vraiment tenue. Sans occuper le devant de la scène, l'ancien Premier ministre a pris soin, depuis un an, de ne pas se faire oublier.

Résumé des épisodes précédents.
Juillet 2002 : Jospin est en vacances à l'île de Ré, mais il réclame un bureau au siège du PS, rue de Solférino, où il installe sa secrétaire.
12 août : en vacances en Corse, il pose pour un photographe à une terrasse de café en compagnie de sa femme et de plusieurs amis. « Je ne serai pas toujours muet », lâche-t-il.
27 septembre : son épouse Sylviane Agacinsky publie le « Journal interrompu », chronique de la campagne présidentielle. Quelques jours plus tard, des photos montrant Lionel Jospin au Luxembourg, en famille, pouponnant son premier petit-fils, Oscar, s'étalent dans les magazines.
8 novembre : il prononce une conférence devant les étudiants de l'université américaine de Charlottesville (Virginie)
26 novembre : ayant quitté son lieu d'élection de Cintegabelle (haute-Garonne), il se réinscrit au PS dans sa section d'origine, La Chapelle - Goutte-d'Or, dans le XVIII e arrondissement de Paris.
Le 4 décembre, le militant de base Jospin, qui assiste à sa première réunion, est accueilli par une foule de journalistes. 31 janvier 2003 : après des semaines de rumeurs, Jospin publie une longue tribune dans « le Monde ». Deux pages entières intitulées « Etre utile ». 28 février : nouvelle tribune, cette fois dans « le Figaro », sur la politique étrangère de la France et la crise irakienne.
2 avril : il prend la parole dans une réunion de section qui prépare le congrès de Dijon et critique la motion Montebourg.
My.L., Le Parisien, 14 avril 2003, p. 6

--------

Il assistait à un match de foot samedi à Lens et a appelé à voter contre Raffarin.
Le retraité Jospin se cramponne au terrain

Lionel Jospin refait le match. Il est 22 h 01, samedi soir, à Lens. La neige continue de tomber en bourrasques sur le stade Bollaert. Le Racing et l'Olympique lyonnais ont partagé les points : 1-1. Avant de s'engouffrer dans les vestiaires pour saluer les joueurs, puis de dîner, «en privé», au stade, en compagnie de trente hiérarques socialistes régionaux, l'ex-Premier ministre salue d'énièmes supporters «sang et or». Et il lâche en quittant la tribune ­ forcément ­ présidentielle : «On aurait pu gagner.» Au premier ou au deuxième tour ? Lionel Jospin continue la campagne qui s'est achevée subitement le 21 avril 2002. Comme si le match présidentiel n'était pas définitivement joué. Comme s'il rêvait de prolongation. Voire d'un match retour.

«Promesse».
Bien sûr, Jospin jure le contraire. Il n'est pas venu faire campagne pour Daniel Percheron, le président PS sortant de la région qui s'affiche à ses côtés. Il est simplement là pour «honorer une promesse» faite durant la campagne élyséenne lorsque, de passage à Lens le 13 avril 2002, il avait promis de revenir, «en Président» ou en «simple citoyen», assister à un match du Racing. Jospin ne veut donc pas parler de politique à la presse. Cela ne l'empêche pas d'être attendu en gare comme le messie par une trentaine de supporters socialistes enthousiastes, de se faire photographier en compagnie des candidats locaux aux régionales, de signer des dizaines d'autographes, de saluer les messieurs, d'embrasser les dames, d'ébouriffer les enfants, etc. Et, enfin, de proférer, urbi et orbi, ses recommandations pour le scrutin à venir : «Les Français ont vu ce qui s'est passé depuis deux ans, et la politique qui est conduite. Et il n'y aura pas d'élections avant 2007, hormis les européennes. S'ils ont envie de faire passer un message, c'est maintenant.» Avec toujours en filigrane cet éternel reproche : vous n'avez pas voulu de moi, tant pis si vous vous en mordez les doigts.

La vraie fausse campagne de Jospin a évidemment ces accents de revanche. Sur les Français comme sur lui-même. Mais elle prépare aussi l'après-régionales. Les hôtes nordistes de Jospin ne sont pas dupes : ce n'est ni «le Président», ni «le simple citoyen» qu'ils accueillent, mais bien l'éternel candidat. Un proche, présent à Lens, se satisfait de ces apparitions éclairs, presque subliminales : «C'est la meilleure campagne qu'il ait jamais faite. Cette fois, il se fait vraiment désirer. Pas comme en 2002.» Un autre, inquiet : «Mais il revient vraiment ?» Et Guy Delcourt, maire PS de Lens, de pronostiquer : «Le 21 avril, pour son départ, c'est le coeur qui a parlé. Le 21 mars prochain (premier tour des régionales, ndlr), j'espère que la raison l'emportera et qu'il reviendra.» Bernard Roman, tête de liste dans le Nord et jospinien de toujours : «Tous les soirs, on le fait applaudir lors de nos réunions publiques.» Daniel Percheron, candidat à sa succession à la région : «Sa sortie, c'était du Mendès. Jospin, c'est le meilleur que nous ayons jamais eu. Et il le reste.» Peu charitable pour Fabius, DSK, Hollande et aux autres remplaçants potentiels qui s'efforcent depuis des semaines de nationaliser la campagne régionale. Et d'en solenniser les enjeux. En vain. Un signe de plus que, deux ans après, aucun d'entre eux ne s'est encore imposé en nouvel homme providentiel capable de faire gagner la gauche en 2007.

«Soutien».
Jospin, lui, n'a pas besoin de se forcer. Après Marseille et Dijon, le match de Lens est son troisième déplacement. Dans la cité phocéenne, le 16 janvier, il était juste venu apporter son «soutien politique» à la liste de Michel Vauzelle. Un mois plus tard, dans la capitale bourguignonne, il s'était fait chef de l'opposition en dénonçant la politique «étroite» et «incompréhensible» du gouvernement Raffarin. La prochaine sortie est déjà programmée à Paris, une semaine tout juste avant le premier tour. Jospin pourrait faire campagne dans son ancienne circonscription : le XVIIIe arrondissement. Il est censé se montrer en compagnie de Jean-Paul Huchon et de quelques autres sur le marché de l'Olive. Mais l'information a fuité. Mercredi, en marge de la réunion de coordination de la campagne au siège du PS, ses ex-complices de «la bande du XVIIIe», Bertrand Delanoë, Daniel Vaillant et Claude Estier, se sont interrogés : faut-il maintenir le rendez-vous ? «En tout cas, Lionel a envie de venir», dit Delanoë. Mais garder la date du 14 mars, c'est prendre le risque d'avoir «50 caméras sur le dos, s'inquiète un autre. Certes, il en faut quelques-unes, mais pas trop pour ne pas effrayer les Parisiens.» Ni Jospin, parfois en délicatesse avec la presse.

Une (mauvaise) habitude prise du temps où il était Premier ministre. Depuis, Jospin n'a pas tellement changé. Samedi, comme au temps de Matignon, il révise ses «fiches» dans le TGV qui le conduit de Paris à Lens, en compagnie de Daniel, le fils de son épouse, et de Daniel Vaillant, le fidèle. Tout y passe : les classements, la composition des équipes, leurs forces et leurs faiblesses analysées par l'Equipe.

Magic Jospin ?
Juste avant le coup d'envoi, la chaîne TPS, qui retransmet le match, lui demande un pronostic. Avec à propos, Jospin, décontracté, récite ses «fiches». Sa faveur va à Lens, «malgré Gérard Collomb», le maire PS de Lyon. Puis on parle basket. Ancien pratiquant, Jospin est au parfum : «J'ai le temps de m'y intéresser...» On ose la comparaison avec Magic Johnson, le joueur américain qui, après une mini-retraite, a réussi un come-back. «Vous oubliez que j'étais déjà parti une fois», rectifie Jospin, dans une allusion à sa mini-traversée du désert de mai 1993 à décembre 1994.

Mais l'ex-chef de gouvernement a mal lu ses fiches. Avant de prendre sa retraite définitive, le basketteur d'outre-Atlantique avait effectué deux fausses sorties. Et les siens étaient venus le chercher pour gagner de nouveau.
Libération, Par Didier HASSOUX, lundi 01 mars 2004, p. 13

-------

(14 mars 2004) Retour spectaculaire de Jospin dans le XVIIIe

Une vraie star. Le « retraité » Lionel Jospin, en coupe-vent noir sur col roulé bleu clair, a été accueilli hier matin (14 mars 2004) à Paris par une foule de... photographes et de journalistes dans le quartier de la Chapelle, où il venait soutenir Jean-Paul Huchon, le candidat PS aux régionales.

Passants bousculés, invectives entre cameramen et service d'ordre, militants UMP énervés criant « Jospin à l'île de Ré » et militants PS répliquant « Jospin président », sympathisants lui demandant de... « se renier et revenir », l'ex-candidat à l'Elysée a pu vérifier l'intérêt, voire la passion qu'il suscite en 2004. Rue de l'Olive, au coeur du XVIIIe, l'hyper-chiraquienne Nicole Guedj, qui vient d'intégrer le gouvernement Raffarin et figure en troisième position sur la liste Copé, l'attend de pied ferme.

« Monsieur Jospin, bonjour. Alors, on revient ou pas ? » Jospin se marre : « Vous faites aussi le métier de journaliste ? Je ne peux pas vous répondre : laissez-leur leur indépendance ! » Réplique ironique de Guedj : « En tout cas, vous semblez être l'élément nouveau au PS. On est content pour vous. » Cette fois, Jospin éclate franchement de rire.
Sur la place de Torcy, un peu plus loin, l'ex-Premier ministre exprime devant micros et caméras « son émotion et sa solidarité pour le peuple espagnol », confiant avoir écrit au roi Juan Carlos, à José Maria Aznar et au leader du PS espagnol. Mais en ajoutant aussitôt : « Je ne ferai pas de commentaires politiques. Il sera temps, quand on saura la vérité, de voir les conclusions qu'il faudra tirer pour l'Europe, pour notre pays, et celles que devront tirer aussi les Espagnols. »
Jospin s'en prend alors à la politique Raffarin, et il cogne : « Je pense profondément que ce gouvernement menace la France de régression, assène-t-il. On en a des signes nombreux. La croissance s'éteint, la confiance n'est pas là, le chômage augmente, les déficits augmentent, la dette augmente. Il y a des droits sociaux et des acquis qui sont remis en cause. »
Et l'ancien Premier ministre de conclure, sans surprise : « Les Français doivent dire qu'ils n'acceptent pas cette orientation et cette politique. Or, les régionales, ça compte, et je pense qu'avec Jean-Paul Huchon, c'est possible de faire de meilleurs choix que ceux qui sont faits actuellement. »

« Je l'ai trouvé en forme » confie Jean-Paul Huchon

Pressé de dire s'il est en train d'opérer un « retour », Jospin élude dans un sourire : « On peut parler ce matin d'un retour non pas dans le XVIIIe , puisque j'y reviens régulièrement dans ma section, mais d'un retour dans... ce marché, où j'ai tracté avec Daniel Vaillant des dizaines de fois. »
Si le soutien public de Jospin à Huchon était acquis depuis longtemps, la « mise en scène » de l'opération avait fait l'objet de nombreuses discussions préalables. Il fallait en effet que ce soutien « naturel » ne heurte pas les « susceptibilités » de Delanoë et de Vaillant. Il fallait donc, forcément, que cela se passe à Paris et dans le XVIIIe , fief historique de la Jospinie.
Avant de se quitter, les quatre hommes (Huchon, Jospin, Vaillant et Delanoë) se sont attablés au Roi du café, loin des micros mais sous le regard de dizaines et de dizaines de curieux. « Il m'a dit que je faisais une bonne campagne, que la proximité, la rigueur, le souci d'être concret et pédagogue lui paraissaient la bonne formule », raconte Huchon.
Le président sortant de la région, qui n'avait jamais vu autant de journalistes autour de lui en six mois de campagne, a trouvé son « ami » Lionel « décontracté, joyeux, en forme, et pas du tout malheureux de voir autant de médias ». Interrogé par une passante (« Quelle est votre politique pour le quartier Château-Rouge ? »), l'homme du jour, égal à lui-même, a répondu sans évidemment la convaincre : « Il faut demander cela aux élus. Moi, vous savez, je ne suis qu'un militant. »
Nathalie Segaunes, Le Parisien, lundi 15 mars 2004, p. 6

--------

(15 mai 2004) Jospin contre le mariage gay
Prenant le contrepied de la direction du PS, l'ancien Premier ministre affirme dans le JDD "qu'on peut réprouver et combattre l'homophobie tout en n'étant pas favorable au mariage homosexuel".

Lionel Jospin se prononce dans une tribune paru dimanche dans le Journal du Dimanche contre le mariage homosexuel.Prenant le contrepied de la direction du Parti socialiste, l'ancien Premier ministre affirme "qu'on peut réprouver et combattre l'homophobie tout en n'étant pas favorable au mariage homosexuel, comme c'est mon cas". Lionel Jospin revendique "la liberté de débattre vraiment" et s'inquiète de voir dans les rangs de la gauche "s'esquisser une nouvelle tentation bien-pensante, voire une crainte de l'imputation homophobe, qui pourraient empêcher de mener honnêtement la discussion". "Le débat doit pouvoir se dérouler sans intimidation ni rappel à un ordre moral quel qu'il soit", poursuit-il.

L'ancien chef du gouvernement souligne son "plein respect des choix de vie amoureux et sexuels de chacun" mais il insiste en même temps sur "le sens et l'importance des institutions", et ajoute : "Je ne crois pas qu'il soit pertinent d'en dénier le sens. Le mariage est dans son principe et comme institution l'union d'un homme et d'une femme".

"Dans la discussion qui s'amorce, j'entends parler de désirs, de refus des discriminations, de droit à l'enfant - alors qu'on devrait mettre en avant le droit de l'enfant - et d'égalité des droits, comme si le principe de l'égalité des droits devait effacer toute différence", écrit-il. "Quant à l'enfant, il n'est pas un bien que peut se procurer un couple hétérosexuel ou homosexuel, il est une personne née de l'union - quelle qu'en soit la modalité - d'un homme et d'une femme". "On peut respecter la préférence amoureuse de chacun, sans automatiquement institutionnaliser les moeurs", conclut l'ancien Premier ministre.

Proposition de loi

Le bureau national du PS avait pris mardi une position opposée, en décidant de confier aux députés socialistes la préparation d'une proposition de loi "déterminant les conditions et les règles pour parvenir" au mariage des couples homosexuels. Cette initiative était survenue alors que le maire de Bègles (Gironde), Noël Mamère, a annoncé son intention de célébrer le 6 juin un mariage d'homosexuels dans un contexte où l'échéance présidentielle de 2007 aiguise les appétits médiatiques des prétendants.

Le moment et la méthode choisis par la direction du PS pour prendre ainsi position a provoqué plusieurs critiques internes, même si cette décision ne suscite guère d'oppositions sur le fond au sein de la direction du parti, selon des membres du bureau national du parti.
tf1.fr, news, Mis en ligne le 16 mai 2004

-------

(28 mai 2004) Pour son retour, M. Jospin sermonne la droite et conseille le PS

L'ancien premier ministre a prononcé, vendredi 28 mai (2004) à Toulouse, son premier discours depuis l'annonce de son retrait de la vie politique, le 21 avril 2002. Appelant au vote-sanction, il a fustigé "l'incohérence" de la politique gouvernementale et accusé M. Chirac de "se maintenir à l'abri de toute chose". Toulouse de notre envoyée spéciale

Impatient, Lionel Jospin trempe à peine les lèvres dans le verre de vin blanc qui lui a été servi au café qui jouxte la salle des fêtes de Ramonville-Saint-Agne (Haute-Garonne), une petite commune à la périphérie de Toulouse.

Il presse les autres : "Allez, on y va." Il entre. Et c'est une ovation qui l'accueille. Les quelque 2 000 militants socialistes de Haute-Garonne venus écouter, ce vendredi 28 mai, l'ancien premier ministre ont chaleureusement applaudi, debout, leur invité.

Distribuant bises et accolades, M. Jospin se fraye un chemin jusqu'à l'estrade, tandis que dans les premiers rangs certains scandent "Lionel ! Lionel !" Impassible dans son costume bleu ardoise, il écoute son ami Kader Arif, premier secrétaire de la fédération PS du département et tête de liste pour les élections européennes dans la circonscription du Sud-Ouest, évoquer cette "journée un peu particulière" - au terme de laquelle, pour la première fois depuis deux ans, Lionel Jospin a pris, durant près de quarante-cinq minutes, la parole dans un meeting.

A 19 h 50, quand il s'empare, le dernier, du micro, il paraît presque ému en confiant son "plaisir d'être là", dans une fédération qu'il connaît bien pour y avoir milité de 1986 à 2002. Face à lui, plusieurs militants de sa circonscription électorale, Cintegabelle, distante d'une quarantaine de kilomètres, avaient fait le déplacement, avec leur maire, Christian Brunet.

M. Jospin commence par justifier sa démarche. "Je suis peu intervenu depuis deux ans, déclare-t-il, j'ai fait quelques articles quand je l'ai jugé souhaitable et on m'a demandé de venir en PACA pour le symbole anti-Le Pen." C'était avant le premier tour des élections régionales du mois de mars. Depuis, l'ancien premier ministre a "été faire quelques sauts" en Bourgogne, dans le Nord-Pas-de-Calais, pour soutenir des candidats. Il continue de se déplacer pour les élections européennes, à la demande des uns et des autres. Car "dans le regard des gens", dans les "conversations" qu'il a avec eux, il perçoit, dit-il, ce message, "quelque chose comme : on respecte votre décision mais soyez avec nous, soyez avec les socialistes".

M. Jospin clôt cette introduction en exhortant son auditoire à voter pour le scrutin européen, qui ne compte qu'un seul tour. "Ne manquez pas le premier tour ! N'oubliez pas cela !" lance-t-il, déclenchant des rires. "Le résultat ne sera pas aussi évident que celui des régionales et des cantonales, enchaîne-t-il, plus grave. Ça n'aura pas la même force, ça n'aura pas le même impact, mais je ne vois pas pourquoi les Français voteraient différemment."

Pour M. Jospin, "le pouvoir n'a tiré aucune leçon du message pourtant très clair qui lui a été adressé" en mars. Il porte un premier jugement féroce sur "un premier ministre toujours là mais qui n'a plus de force politique au point de dénaturer sa fonction même" ; un deuxième sur Nicolas Sarkozy, décrit comme le "ministre qui continue de communiquer sur sa personne tout en déstabilisant tranquillement le gouvernement auquel il appartient" ; un troisième, enfin, sur "un président qui s'efforce de se maintenir à l'abri de toute chose". Sa critique sur "l'incohérence et l'injustice" du gouvernement lui a permis de citer une dernière fois M. Sarkozy. C'est, souligne-t-il, le "dernier exemple d'incohérence, quand on voit le nouveau ministre de l'économie et des finances refuser au nouveau ministre de l'intérieur le financement de mesures qu'il a lui-même lancées". Succès garanti dans la salle.

"JOURNÉE PARTICULIÈRE"

Mais M. Jospin n'en a pas fini : il accuse le gouvernement de "laisser se creuser le déficit de la Sécurité sociale et filer la dette", plaçant ainsi la France "dans l'impossibilité de jouer un rôle important" sur la scène européenne. Sur ce terrain-là, il ne manque pas de rappeler son propre bilan, récoltant de nouveaux applaudissements. "C'étaient des retrouvailles, une fête de famille", relativisait, à l'issue de la réunion, Martin Malvy, président de la région Midi-Pyrénées, fabiusien notoire.

Plus tôt dans cette "journée particulière", M. Jospin a rencontré des jeunes élèves de l'une des six écoles françaises "de la seconde chance", lancées en 1998 par un autre ancien premier ministre socialiste, Edith Cresson.

Au passage, "Lionel" a tenu à préciser que son frère, "Olivier", dirigeait lui-même un de ces établissements en Seine-Saint-Denis. Les élèves ont préféré bombarder l'ancien premier ministre de questions sur son avenir politique et son éventuelle candidature en 2007. "La question ne se pose pas, je ne me la pose pas", a-t-il éludé. Il a ensuite visité la chaîne d'assemblage de l'Airbus A380 qu'il n'avait pas vue jusqu'ici : "C'est quand même mon gouvernement qui a lancé ce programme", a-t-il souligné - une façon de prendre sa revanche sur une inauguration officielle dont il avait été écarté après le 21 avril 2002.

Après cela, ultime étape avant le meeting, M. Jospin a arpenté les rues de Toulouse. Alors qu'il se trouvait sur la grande place devant la mairie, cerné par une forêt de caméras, une élue socialiste n'a pu s'empêcher de glousser : "Là, on marche sur le Capitole."
Isabelle Mandraud, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 30.05.04, LE MONDE | 29.05.04 | 13h00, MIS A JOUR LE 29.05.04 | 17h34

-------

(30 mai 2004) La sérénité de DSK

Dominique Stauss-Kahn commente le « retour » de Lionel Jospin (28 mai 2004): « Je ne suis pas sûr que les Français veuillent revoir Lionel, dit DSK. Mais la différence entre beaucoup de socialistes que cette perspective rend très nerveux et moi, c'est que je n'ai aucune crispation. S'il revient, très bien. Je suis serein. »
Le Parisien, 31 mai 2004, p. 4

------

(28 août 2004) Jospin ovationné à La Rochelle

«J'EN AVAIS envie, disons que j'étais un peu trop près pour rester loin. Comme dit la chanson, il suffit de passer le pont... » Il est 20 h 30 lorsque Lionel Jospin, venu de son île de Ré voisine, très décontracté et un brin ému, se fraie un passage au milieu d'une foule compacte devant la salle de l'Encan, où les socialistes tiennent leur université d'été depuis vendredi.

Massés devant le hall d'entrée, les anciens ministres de 1997 (Aubry, DSK, Guigou, Kouchner...) plaisantent et se pressent pour lui dire bonjour. Ravi, l'ancien Premier ministre, jeans et pull bleu de marin, s'attarde un moment devant les micros : « Si je parle aux militants, ce sera juste une minute pour leur dire un plaisir d'amitié et d'affection », confie-t-il, en ajoutant qu'il s'exprimera « le moment venu » sur la Constitution européenne.

Dans la salle où se déroule le banquet, les militants lui réservent une chaude ovation et entonnent « l'Internationale ».

Seul Fabius, arrivé en retard, boude. « N'oubliez pas que, ce qui est important dans cette université, c'est que les socialistes se préoccupent de la montée du chômage, des délocalisations, du recul du pouvoir d'achat », lance-t-il d'un ton sérieux aux journalistes restés à la porte.

Près de trois heures plus tard, Jospin sort en compagnie de François Hollande. « Je suis très content et même ému » déclare celui qui a signé des dizaines d'autographes pendant toute la soirée ».

Complications.

Pourtant, la venue de Jospin a été laborieusement négociée. « Il m'a téléphoné pour venir, qu'est-ce que vous voulez que je fasse, je n'allais tout de même pas dire non », expliquait la veille, fataliste, un François Hollande qui aimerait bien tourner une bonne fois pour toutes la page de 2002. D'autant qu'en privé Jospin ne se gêne pas pour critiquer la direction actuelle du PS.
« Il est désolé de la manière dont tournent les choses. Il considère que la bataille des présidentiables a démarré beaucoup trop tôt et que cette confusion risque de coûter cher en 2007 », confie l'ancien président de l'Assemblée Raymond Forni, qui a gardé le contact avec Jospin. Toujours très attentif au débat politique, l'ex-locataire de Matignon n'hésite pas à distribuer bons et mauvais points. « Récemment au téléphone, il m'a fait remarquer que j'étais une des rares à le citer dans chacune de mes interventions », témoigne la fidèle Martine Aubry.
La venue de Jospin masque difficilement les tensions surgies ces dernières heures au sein du PS.

L'appétit de Hollande.

Jusqu'à ces dernières semaines, il incarnait l'unité du parti. Un fédérateur rond et sage (étroitement surveillé par Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn) dont on relevait souvent le manque de charisme. Il a suffi en cette rentrée d'une série de reportages au côté de sa compagne, Ségolène Royal, et d'une petite phrase glissée à la fin d'une interview sur ses ambitions présidentielles pour mettre le feu aux poudres.

« Hollande a mordu la ligne », s'énerve le fabiusien Claude Bartolone, qui reproche aussi au Premier secrétaire d'avoir embarqué sans concertation la direction du PS dans une campagne pour le oui à la Constitution européenne. Et fixé une échéance à la fin de l'année pour faire voter les militants.
Comme pour confirmer les craintes de ses rivaux, Hollande a donné le feu vert à ses amis pour qu'ils organisent autour de lui un courant qui ne veut pas (encore) dire son nom. Julien Dray, Michel Sapin et Anne Hidalgo, tous trois membres du secrétariat national, ont officialisé cette initiative en invitant la presse dans un restaurant de La Rochelle.
« Pourquoi François, qui a pris tous les risques au moment des élections, n'aurait-il pas le droit de penser lui aussi à la présidentielle ? » interroge Julien Dray.
Frédéric Gerschel et Philippe Martinat, Le Parisien, dimanche 29 août 2004, p. 6

-------

(Novembre 2004) Jospin tacle Fabius et Hollande
Hier soir, lors d'une AG exceptionnelle des militants du XVIIIe, l'ex-Premier ministre, lâchant ce qu'il a sur le coeur, a vivement critiqué le non de Fabius et, surprise, la décision de Hollande d'exiger un référendum sur l'Europe avant que le parti ait choisi une ligne.

DRÔLE de « réunion de famille » hier soir dans le XVIIIe arrondissement. Pour la première fois devant les militants socialistes, Lionel Jospin, à l'abri des regards des journalistes, a pris la parole, rue de Trétaigne, sur la Constitution européenne. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que tout le monde, pendant une vingtaine de minutes, en a pris pour son grade, dans la grande « famille » du PS !

François Hollande d'abord, qui, sous la pression des « minoritaires » du parti, avait demandé à Jacques Chirac l'organisation d'un référendum sur le traité.
« Je suis surpris qu'on ait demandé un référendum au président alors qu'on ne connaissait pas notre propre réponse, a attaqué Jospin, debout face à la salle. Le résultat, c'est qu'aujourd'hui ce référendum nous pose plus de problèmes qu'au président ! »

« Une responsabilité considérable »

Laurent Fabius, tenant du non, a eu droit lui aussi, de façon moins inattendue, à sa « leçon » : « L'idée de sauver l'Europe par la crise est fallacieuse », a ainsi estimé l'ancien Premier ministre. Ajoutant qu'on « ne fait pas marcher des Etats souverains à la baguette », Jospin s'en est pris à la théorie des trois cercles fréquemment utilisée par Fabius : « En Europe, on n'impose pas ses vues aux autres, on ne décide pas de la place que les autres Etats occuperont, dans un premier cercle, un deuxième cercle, etc. »

Jospin a demandé plus simplement aux militants de préférer le oui au non, « car sinon nous bloquerons l'Europe et nous nous isolerons ». Si le non l'emporte « ce sera la capitulation, c'est-à-dire la renonciation aux idées qu'on aura prétendu défendre », a-t-il ajouté. L'ancien chef du gouvernement a insisté sur ce « moment décisif » pour le PS, et sa « responsabilité considérable », car le choix de ses militants « décidera peut-être pour des millions de Français et des centaines de millions d'Européens ».
« Au oui de la conviction devra s'ajouter le oui de la responsabilité », a-t-il conclu, sous les applaudissements. Le discours, très structuré, avait été manifestement préparé. Et venait après plusieurs interventions de militants. « Il y a ce soir dans cette salle une personne qui ne devrait pas être là, avait ainsi affirmé l'un d'eux, car elle devrait être à l'Elysée ».

Arrivé vers 20 heures, souriant, en pull à col roulé noir, Jospin retrouvait là, pour un « rassemblement du oui », sans contradicteur, ses amis Daniel Vaillant, Bertrand Delanoë et Claude Estier. Un mur de la permanence, pour l'occasion, avait été abattu, histoire de gagner de la place. La salle n'était pas bondée cependant, alors que 600 militants avaient été conviés.

Les journalistes, en revanche, étaient indésirables. Comment faire, cependant, pour que la parole de Jospin soit médiatisée ? Les socialistes du XVIIIe croyaient avoir trouvé l'astuce : filmer les intervenants à l'aide d'une webcam et retransmettre les discours en direct sur Internet, sur le site www.ouisocialiste.net.
Une petite entreprise amie de l'arrondissement avait même été désignée. Las ! Dans les salles de rédaction, hier soir, l'écran est resté désespérément noir. Mieux : les plombs ont sauté vers 22 heures rue de Trétaigne, plongeant les partisans du oui dans l'obscurité !
Nathalie Segaunes, Le Parisien, mercredi 17 novembre 2004, p. 4

-------

(Avril 2005) Vif rappel à l'ordre de Lionel Jospin aux tenants du "non"

PARIS (Reuters) - Lionel Jospin appelle les socialistes français à voter "oui" au référendum du 29 mai et à respecter la "discipline" du parti, qui s'est prononcé lors d'un scrutin interne en faveur du traité européen.

Trois ans après son retrait de la vie politique, l'ancien dirigeant du PS a accentué son retour en rappellant à l'ordre les tenants du "non" qui s'affranchissent de la démocratie interne au sein du parti.

"Tenir pour rien le vote des militants et s'affranchir de nos règles communes me paraît davantage inspiré par l'individualisme et le libéralisme, stigmatisé par ailleurs, que de l'esprit collectif qui est le propre du socialisme", a-t-il déclaré lors d'un colloque pour le centenaire de la SFIO.

"Il en va du respect des militants, de la cohérence du parti et de l'idée même de la démocratie qui repose sur le respect de la majorité", a-t-il ajouté, visant sans les nommer Laurent Fabius, Henri Emanuelli ou Jean-Luc Mélenchon.

"Dans les orientations politiques, on n'invoque pas la clause de conscience", a ajouté Lionel Jospin.

L'ancien Premier ministre a estimé que les militants n'avaient pas d'autre option qu'un engagement convaincu en faveur du traité constitutionnel s'ils voulaient garder "un parti fort et fraternel, incarner la démocratie" et "mériter l'honneur d'exercer à nouveau le pouvoir, c'est à dire la responsabilité".

Le Parti socialiste fête ce week-end le centenaire de Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) dans un climat terni par les déchirements entre partisans du "oui" et du "non" au référendum européen.

Les débats se sont ouverts dans un climat apaisé mais Lionel Jospin a choisi le langage de la fermeté pour être sûr d'être entendu, au risque de susciter de vives réactions.

Depuis plusieurs semaines, la montée du "non" dans les sondages vient exclusivement de la gauche, en particulier au sein du PS. Selon une enquête MarketTools pour Metro, les électeurs socialistes sont 62% à se déclarer hostiles au traité européen.

Lionel Jospin, qui n'a pas renoncé à "être utile" et laisse planer le doute sur ses intentions depuis trois ans, doit également s'exprimer le 28 avril sur France 2 pour défendre le "oui". Il participera également à un meeting le 19 mai à Nantes.

Selon Le Monde, son entourage l'a convaincu qu'il est le seul à pouvoir décomplexer les militants du PS de voter "avec Chirac" lors du référendum du 29 mai.
yahoo.fr, actualités, samedi 23 avril 2005, 13h45

-------

28 avril 2005. France 2. Lionel Jospin attaque implicitement Henri Emmanuelli, l'ancien attaché de direction puis directeur adjoint de la Banque Edmond de Rothschild entre 1971 et 1976.

Lionel Jospin appelle la gauche à "changer l'Europe"

PARIS (Reuters) - A un mois du référendum sur la Constitution européenne, Lionel Jospin a apporté sa pierre au fragile édifice du "oui" socialiste, appelant la gauche à se rassembler pour "changer l'Europe".
"Retiré" de la vie politique depuis trois ans, l'ancien Premier ministre socialiste a précisé que son intervention dans la campagne référendaire, à l'heure où tous les sondages donnent le "non" vainqueur au soir du 29 mai, ne présageait pas d'un retour sur le devant de la scène.
Il ne jouera "aucun rôle en particulier" avant la prochaine présidentielle, en 2007, mais revendique son droit à "dire librement" ce qu'il pense être "juste" pour la France et pour l'Europe.

Au cours d'une émission d'une trentaine de minutes sur France 2, il s'est attaché à dissocier politique intérieure et Constitution européenne, qui "au delà des avancées démocratiques" contient des "avancées sur le plan social qui correspondent aux idées de la France".
A ses yeux, le "oui" peut encore gagner mais "c'est difficile dans la mesure où il y a une interférence avec la politique intérieure française".
S'il comprend qu'il y ait actuellement en France "un désir de protestation et une envie de sanction", l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac, de 1997 à 2002, a appelé les électeurs de gauche à "dissocier" leur colère contre le gouvernement et l'Europe.
"Le 29 mai à qui nous allons répondre? A nos partenaires européens pas à Jacques Chirac. Lorsqu'on se marie ou qu'on se pacse, c'est à son partenaire à son compagnon ou à sa compagne qu'on dit oui, pas au maire", a-t-il expliqué jeudi soir, faisant au passage un clin d'oeil au Pacte civil de solidarité, créé en 1999 par son gouvernement de "gauche plurielle".

"SI JE PEUX AIDER"

"Si nous avons un problème politique à régler en France, réglons-le en France et ne prenons pas l'Europe à témoin, en otage de ces discussions", a-t-il ajouté.
"Voter contre le traité constitutionnel, c'est sanctionner la France, sanctionner l'Europe, pas sanctionner le pouvoir en place", a-t-il martelé, fixant les caméras.
Si le "non" l'emporte dans quatre semaines, "politiquement, et psychologiquement c'est une Europe en panne, c'est une Europe qui s'enlise" mais surtout "c'est une France qui s'isole", a-t-il prévenu.
"On peut infliger un 'non' à des partenaires, on ne peut pas leur imposer le ralliement pur et simple à nos vues", a-t-il ajouté.

Samedi dernier, Lionel Jospin avait fustigé ceux qui, au sein du Parti socialiste, s'affranchissaient des "règles communes" adoptées après le référendum interne de décembre, qui avait débouché sur une large victoire du "oui".

Une semaine plus tard, Lionel Jospin a surtout insisté sur "l'incohérence d'un non pro-européen". "Quand on veut l'Europe, on dit 'oui' à l'Europe. On ne dit pas 'non' à l'Europe", a-t-il dit avant de lancer un appel au rassemblement de la gauche.

"Ce que je souhaite, c'est que la gauche se rassemble, qu'elle se rassemble pour changer l'Europe et non pas pour la bloquer", a-t-il déclaré. "Ce que je souhaite aussi c'est que les socialistes soient au coeur de cette gauche et si je peux contribuer à cela, je le ferais".
Jeudi matin, un sondage CSA pour Le Parisien a montré qu'une large majorité des sympathisants socialistes (62%) étaient favorables à son retour dans la vie politique contre 41% des Français dans leur ensemble.

Après son intervention télévisée, la porte-parole du PS, Annick Lepetit, a jugé "normal (que Lionel Jospin) explique un référendum de cette importance qui engage à la fois l'avenir de la gauche, de la France et de toute l'Europe".
"Lionel Jospin a toujours été présent à nos côtés (...) Son soutient nourrit et enrichit nos débats", a-t-elle ajouté dans un communiqué.
yahoo.fr, jeudi 28 avril 2005, 22h38

-------

Référendum 29 mai : Le retour des ennemis de vingt ans
Jospin et Fabius s'affrontent une fois de plus à l'occasion du débat sur le traité.

Ca va mal finir. Ça va peut-être même ne jamais finir. Jospin-Fabius, Fabius-Jospin, c'est un peu le derby permanent du socialisme français, le match qui se rejoue depuis vingt ans, sans cesse, à guichets fermés. Opposition de style, conjonction d'objectif : battre l'autre. «C'est assez simple, fait remarquer un éléphant qui a servi les deux. Lionel ne veut pas que Laurent soit élu président de la République. Et Fabius se radicalise pour empêcher le retour de Jospin.»

Tacle. La partie en cours a débuté le 28 avril dernier. Lionel Jospin est sur France 2. Pour son retour à la télévision depuis le 21 avril 2002, l'ex-Premier ministre, interrogé par Alain Duhamel, lâche : «Il n'y a pas de cohérence d'un non proeuropéen : quand on veut l'Europe, on dit oui à l'Europe, on ne dit pas non à l'Europe.» Occupé à donner des conférences outre-Atlantique, Laurent Fabius reçoit la balle en pleine poire. Et adresse de New York un retour à l'envoyeur : «Plusieurs anciens responsables politiques se sont exprimés récemment, comme Lionel Jospin, Valéry Giscard d'Estaing ou Simone Veil, c'est toujours intéressant.» Du grand Fabius : un tacle à peine appuyé mais qui fait très mal. Au même moment, depuis Paris, en stoppeur du camp fabiusien, Claude Bartolone, lui, ne ménage pas l'adversaire. Selon le député de Seine-Saint-Denis, l'Europe de Jospin se regarde «dans le rétroviseur». Encore un peu et ils pourraient être tentés de faire le coup de Mitterrand à Giscard durant la campagne de 1981, genre «Lionel, c'est le passif».

A l'époque, ils étaient tous deux enfants putatifs de François Mitterrand. Ils continuent près d'un quart de siècle plus tard de s'en disputer l'héritage. Malgré les démentis ­ très fragiles ­ des deux entourages. Chez Fabius : «Il faut arrêter avec ces vieilles histoires. Ce qui intéresse Laurent, c'est la France, pas Jospin.» Un temps. «Laurent est dans le présent. Depuis le 21 avril, Jospin, c'est fini. Même si, comme les anciennes vedettes, il nous refait tous les quatre matins le coup de "mes adieux au music-hall".» Chez Jospin : «Laurent est le cadet de ses soucis.» Un soupir, puis : «L'obsession de Lionel, c'est comment aider, comment servir le parti, la gauche. Il est dans un truc d'intérêt général. L'autre, c'est son intérêt perso qui prime.»

De ce marquage à la culotte, d'aucuns ont cru pourtant percevoir un épilogue il y a tout juste un an. Les deux hommes se retrouvent à déjeuner dans un restaurant de poissons parisien. Comme cette convivialité n'était pas habituelle, l'hypothèse d'un coup de sifflet final prend corps. C'est mal connaître les convives. Fabius fait part de son impatience à prendre les choses du parti en main. Jospin écoute... et fait une réapparition remarquée quatre mois plus tard à l'université d'été du PS, à La Rochelle. Dès lors, tout s'enchaîne. Les 9 et 12 septembre, Fabius hoquette son non sur France 2, puis sur RTL. Jospin rétorque son oui dans le Nouvel Observateur le 23, en asticotant son éternel ennemi : «Il faudrait voter non parce que les Français seraient tentés de le faire. Il faudrait les précéder pour être sûr de les suivre.» A chacune de leurs sorties respectives, le ton monte, s'envenime. En réunion de section, l'ex-Premier ministre accuse son ancien ministre de l'Economie de «vouloir changer la donne au PS». Fabius, de son côté, ironise sur la faiblesse «des propositions du candidat à la présidentielle» de 2002. Au final, des charges réciproques qui ont pour effet de légitimer Fabius en chef du non et d'installer Jospin en chef du oui. Le match continue.
Par Didier HASSOUX, vendredi 20 mai 2005 (Liberation - 06:00), p. 12

-------

Référendum 29 mai : Lionel Jospin: ce n'est qu'un rebonjour mes frères
Premier meeting depuis avril 2001 pour l'ancien Premier ministre partisan du oui.

Après les Européens, Lionel Jospin. Après le concert à voix multiples au Cirque d'hiver à Paris mercredi, c'était hier soir, à Nantes, le solo pour le oui de l'ancien Premier ministre socialiste. A dix jours du référendum sur la Constitution européenne, et alors que les sondages donnent le non gagnant, le Parti socialiste a tiré au parc des expositions de la Beaujoire une de ses plus précieuses cartouches pour tenter d'inverser la tendance : le premier vrai meeting (1) de l'ancien candidat à l'Elysée depuis le 21 avril 2002, date de son éviction, dès le premier tour, de la dernière présidentielle.

«Quand l'essentiel est en jeu, merci d'être là», a déclaré en début de soirée Jean-Marc Ayrault, le maire de Nantes. Et le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale de provoquer un charivari jospinolâtre en tressant des lauriers à son invité : «Tu grandis la politique. Tu honores les socialistes et la gauche.» Jospin lui a répondu en se disant «à l'aise», malgré la «superposition d'images, d'émotions et de souvenirs» que provoquait cette première prise de parole depuis trois ans devant 3 000 personnes. François Hollande a pour sa part, en fin de meeting, remercié Lionel Jospin d'avoir été «un Premier ministre dont chaque socialiste peut-être fier».

Prof. Le meeting d'hier était la quatrième incursion de Lionel Jospin dans la campagne référendaire. Il avait discrètement démarré le 13 avril par un laïus à la réunion de sa section du XVIIIe arrondissement de Paris. Il avait ensuite, le 23 avril, dans son discours au colloque sur le centenaire du PS à Paris, violemment stigmatisé «l'indiscipline» des militants socialistes pro-non, Laurent Fabius en tête. Et cinq jours plus tard c'est en «prof» qu'il s'était adressé aux Français lors de son entretien télévisé sur France 2. Cette intervention avait dopé le oui, plus que malmené dans les sondages.

Hier, dans le train qui l'amenait à Nantes, François Hollande fixait l'enjeu de la soirée nantaise : toucher l'électeur de gauche, socialiste en particulier, encore indécis.

Pour le convaincre, Lionel Jospin a conclu son intervention par ce message : «Le non est une impasse, le oui un levier.» Il s'est auparavant longuement attardé sur «la dramatisation» et «les supercheries» du non qui «s'affirme européen». Il visait implicitement le non de Laurent Fabius, celui d'Henri Emmanuelli, député des Landes, ou de Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l'Essonne. A ses yeux, tous ces responsables du PS colportent «des caricatures» du traité. Sans jamais les citer, Lionel Jospin s'en est pris sans nuance à ceux qui «n'ont pas lésiné sur les peurs et les contrevérités». Là encore, Fabius était dans la ligne de mire. Il les a surtout, dans une pure logique jospinienne, renvoyés à une contradiction : comment, après avoir «dressé un tableau apocalyptique» du traité, prétendre qu'«une fois le vote intervenu tout changerait» en renégociant «trois bricoles» ? Une manière de demander aux partisans du non d'«assumer» le risque d'«une crise majeure en Europe».

L'ancien Premier ministre s'est aussi adressé aux électeurs qui ne veulent pas une nouvelle fois voter avec Jacques Chirac. «Vous avez toutes les chances d'être abusés et trompés. Le non à l'Europe ne signifiera pas un changement de politique en France», leur a-t-il lancé. Surtout, Lionel Jospin a dénoncé «la diversion» que constitue à ses yeux la désignation de l'Europe comme «bouc émissaire» des difficultés en France. Pendant ce temps, selon lui, «on ne parle pas de la politique de Jacques Chirac».

«La construction européenne est fragile. Le non peut la compromettre, le oui l'encourage», a enfin déclaré Lionel Jospin. Et d'assurer, avec ce ton au-dessus de la mêlée dont il aime user : «Si le non était bon pour la France, j'aurais dit non.» Continuellement soupçonné de préparer à petits pas son éventuel retour sur le devant de la scène, l'ancien candidat à l'Elysée a précisé n'avoir «aucune autre ambition, aucune stratégie personnelle». Et, comme pour démontrer sa bonne foi, il a proclamé de manière inhabituelle son soutien au premier secrétaire du PS qui selon lui fait face «avec force, sang-froid, et intelligence» : «Le seul chef du oui que je reconnaisse, c'est François Hollande.» Une réplique là encore à la formule de Laurent Fabius qui avait fait de Jacques Chirac le «chef du oui». Lionel Jospin chef d'un soir ?
(1) Jospin avait aussi donné un coup de main à son ami Kader Arif lors des européennes.
Par Paul QUINIO, vendredi 20 mai 2005 (Liberation - 06:00), p. 12

-------

(11 septembre 2005) Jospin et Sarkozy en tête pour 2007

Selon un sondage Ifop pour Le Journal du Dimanche, Lionel Jospin représente le meilleur candidat pour les sympathisants socialistes. A droite, Nicolas Sarkozy est le plus "présidentiable".

Nicolas Sarkozy, à gauche, et Lionel Jospin (AP)

Lionel Jospin est considéré comme le meilleur candidat du PS pour la prochaine présidentielle par 34% de sympathisants socialistes, tandis que Nicolas Sarkozy caracole en tête avec 69% chez les sympathisants UMP, selon le baromètre IFOP des primaires présidentielles au PS et à l'UMP pour le Journal du Dimanche du 11 septembre. Pour les primaires au PS, deux hypothèses ont été présentées aux sympathisants socialistes: une avec Lionel Jospin et l'autre sans l'ancien Premier ministre. Dans la première, Lionel Jospin recueille 34%, devant Dominique Strauss-Kahn (20%), Jack Lang (20%), François Hollande (11%) et Laurent Fabius (9%).

Sarkozy devant Villepin

Dans la seconde, c'est Dominique Strauss-Kahn qui prend la tête du classement avec 30%, devant Jack Lang (26%), François Hollande (19%) et Laurent Fabius (17%). Chez les sympathisants de l'UMP, Nicolas Sarlozy est largement en tête avec 69%, devant Dominique de Villepin (19%) et Jacques Chirac (9%). Ce sondage a été réalisé par téléphone du 2 au 9 septembre, selon la méthode des quotas, auprès d'échantillons de 670 sympathisants du PS et 454 sympathisants de l'UMP extraits d'un échantillon de 1.963 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
NOUVELOBS.COM | 11.09.05 | 10:37

------

(17 octobre 2005) Jospin soutient la motion Hollande

PS. L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin a affirmé son soutien à la motion de François Hollande, "une orientation clairement à gauche, mais qui a l'avantage d'être réaliste".

Participant à la réunion de sa section, dans le 18° arrondissement de Paris, l'ancien Premier ministre a affirmé lundi 17 octobre au soir son soutien à la motion de François Hollande alors que le congrès du Mans débuteras le 18 novembre. La réunion, principalement consacrée à des débats sur les motions, a été l'occasion d'avertir du risque que "la droite se succède à elle-même" en 2007, date de l'élection présidentielle. Devant la presse, Lionel Jospin a déclaré : "Je dirai pourquoi je vote pour la motion de François Hollande. Je la soutiens parce que je pense qu'elle représente une orientation Pour l'ancien Premier ministre, "un parti en ordre de marche" suppose "un projet mobilisateur et susceptible d'être mis en oeuvre" et "une stratégie de rassemblement à gauche dans la logique de François Mitterrand", c'est-à-dire qui s'articule autour de sa force principale, le PS. Attaque

La motion du premier secrétaire, a-t-il jugé selon ces compte-rendus, est "aussi à gauche (que les autres), mais plus cohérente". "Sa stratégie est plus fidèle à Epinay", le congrès fondateur du PS en 1971 qui posa les bases de l'union de la gauche.

Mais, dans l'ensemble, il n'y a "pas d'analyses incompatibles" d'une motion à l'autre, a-t-il estimé. Enfin, Lionel Jospin a indiqué que s'il devait se livrer à des attaques, il les tournerait "vers la droite" et qu'on retrouverait cette préoccupation dans son livre. Les militants fabiusiens, nettement minoritaires dans cette section du 18e, étaient absents et la motion de leur leader n'y a pas été défendue lundi soir. Lionel Jospin, qui était arrivé accompagné du maire de l'arrondissement, Daniel Vaillant, a également justifié son soutien à cette motion en affirmant que "la majorité qui peut se constituer derrière elle est plus cohérente que ne l'est la coalition des minorités, notamment si on pense aux positions différentes prises dans le temps par les uns et les autres". Cette remarque visait Laurent Fabius, fréquemment accusé par la direction sortante du parti de défendre des positions en contradiction avec celles qu'il a prises dans le passé, notamment dans le gouvernement Jospin.
NOUVELOBS.COM | 18.10.05 | 08:17

------

La «rentrée littéraire» de Jospin divise les socialistes

PS. L'éventualité d'un retour en politique de Lionel Jospin, qui publie la semaine prochaine Le monde comme je le vois (Gallimard), perturbe toujours les socialistes.
«Tout ce qu'il fait vise à peser sur la ligne et sur la présidentielle», estime le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis, proche de DSK.

Hier, les partisans et les adversaires de l'ancien premier ministre ont réagi à la publication des «bonnes feuilles» de son livre (lire nos éditions d'hier).
Dans la première catégorie, il y a l'ancien ministre Roland Dumas qui «souhaite» que Jospin soit candidat si le PS le «décide». «Il a fait très habilement un retour bien calculé, à petits pas, qui ne l'a pas mis en contradiction avec son départ», a-t-il déclaré mercredi soir sur Public Sénat.
L'ancien conseiller en communication de Jospin, Manuel Valls, est lui aussi sans ambiguïté dans L'Express cette semaine : «Si Jospin revenait, je n'hésiterais pas une seconde, je le soutiendrais.»

Les «ennemis» de Jospin ont traité la rentrée littéraire de l'ancien candidat avec un peu de mépris.
Interrogé hier sur RTL, le député des Landes Henri Emmanuelli a répondu sèchement : «Moi je pense que l'événement du jour, c'est la hausse du prix du gaz.»
Dans Le Parisien, le fabiusien Michel Charzart assure que Jospin a sa place dans le «Panthéon» socialiste.
Quant aux postulants à la présidentielle, ils sont restés silencieux. François Hollande est le premier à banaliser : «On ne peut pas faire comme si Jospin revenait.» Mais il assure aussi qu'un retour de Jospin ne pourrait survenir «qu'en bonne intelligence avec moi».
lefigaro.fr, N. B., [21 octobre 2005]

------

(23 octobre 2005) Hollande n'exclut pas une candidature de Jospin en 2007

PARIS (AP) - Une candidature de Lionel Jospin à la présidentielle de 2007 n'est pas exclue, a reconnu dimanche le premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande.

"Je n'exclus rien", a répondu François Hollande, interrogé sur Radio-J à propos d'une éventuelle candidature de l'ancien Premier ministre à la prochaine présidentielle.

"Je ne me pose pas la question", a-t-il ajouté, répétant que le choix du candidat socialiste devait se faire à ses yeux en novembre 2006. A ce moment-là, "je ferai (...) le choix d'appeler ou de soutenir celui ou celle qui me paraîtra le mieux placé pour gagner". AP
dimanche 23 octobre 2005, 15h47

------

lundi 7 novembre 2005, 10h57 Banlieues: le gouvernement s'est mis en situation de "défi" et de "confrontation", déplore Lionel Jospin

PARIS (AP) - Réagissant aux violences qui agitent depuis onze jours certains quartiers sensibles, Lionel Jospin a estimé lundi que le gouvernement est "tombé dans le pire des pièges" en se mettant en situation de "défi", de "confrontation" et de "provocation". "Il faut absolument revenir au calme", a-t-il souligné, préconisant une "politique globale" alliant à la fois "fermeté" et action "sociale".

On voit "un gouvernement qui s'était tant vanté de son savoir-faire en matière de sécurité tomber sans doute dans le pire des pièges qui est celui d'une sorte de match, de défi lancé. Bien sûr l'autorité doit être affirmée, mais l'autorité doit être calme, je dirais presque froide", a-t-il sermonné sur France-Culture dans une flèche décochée au ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy.

Sous son gouvernement, de 1997 à 2002, "nous ne nous sommes pas mis en situation de défi, en situation de confrontation, en situation de provocation", a fait valoir l'ancien Premier ministre. "Les mots violents n'effacent pas la violence des actes, au contraire des fois ils la provoquent", a-t-il lancé, en allusion aux termes "racaille" ou "Kärcher" utilisés par Nicolas Sarkozy.

Or, pour Lionel Jospin, l'intervention dimanche soir de Jacques Chirac ne règle pas le problème. "Le Premier ministre, le président sur les marches de l'Elysée et les jeunes dans les quartiers qui répondent par la violence, le match se poursuit et ça ne peut pas être ça tout à fait l'Etat républicain", a-t-il considéré.

Face à cette situation "préoccupante" et "désastreuse", il a exhorté le gouvernement à "ramener le calme" et à mener une "politique globale". "L'ordre est nécessaire, mais la répression seule ne peut pas suffire", a-t-il fait valoir. "Il faut le retour à la sécurité et à l'ordre public" et "il faut que le gouvernement développe sa politique (...) dans toute sa dimension: sa dimension de retour au calme et à l'ordre, sa dimension répressive et aussi une forme de dialogue qui doit être mené".

A cet égard, Lionel Jospin a accusé la droite d'avoir taillé dans les crédits sociaux. "Il ne faut pas en même temps nous faire des couplets sur le libéralisme, sur la nécessité de remettre en cause les droits sociaux à cause de la compétition, et après s'étonner qu'on aie des problèmes dans un certain nombre de banlieues", a-t-il lancé. Enfin, il a regretté que la police de proximité ait été "vidée d'une partie de substance". AP
yahoo.fr, actualités, lundi 7 novembre 2005, 10h57

------

(Janvier 2006) Jospin : "Les Français n'ont pas oublié Mitterrand" NOUVELOBS.COM | 08.01.06 | 16:03

L'ancien Premier ministre socialiste, entouré de nombreuses personnalités du PS, est venu à Jarnac rendre hommage à "un homme d'action".

Venu rendre hommage à François Mitterrand à Jarnac (Charente), Lionel Jospin s'est félicité dimanche 8 janvier, que l'histoire rende aujourd'hui "justice" à l'ancien président. "Les Français non plus ne l'ont pas oublié", a-t-il constaté. "Nous sommes heureux, nous qui l'avons accompagné dans son action, que beaucoup d'hommes et de femmes en France reconnaissent ce qu'il a fait et ce qu'il a été", a-t-il observé en marge des cérémonies de commémoration du dixième anniversaire de la mort de François Mitterrand dans sa ville natale de Jarnac. "Si le temps, pour ce qui le concerne, se décante de cette façon, c'est qu'on lui rend justice et donc dans un moment un peu de confusion aujourd'hui, pour nous c'est plutôt quelque chose qui nous réjouit", a ajouté l'ancien Premier ministre socialiste.

Homme d'action

Celui qui réclama un "droit d'inventaire" des années Mitterrand en 1995 retient de son action "de très grandes réformes comme la décentralisation, les mesures sociales, l'abolition de la peine de mort, un certain rapport de respect au pouvoir, l'engagement, la ferveur.

En même temps un homme qui a essayé de garder sa liberté personnelle, ses cheminements propres, parfois ses secrets". Pour autant, "je ne pratique pas le culte", a-t-il glissé. Devant la présence de nombreux ténors du PS à Jarnac, Lionel Jospin s'est amusé que la cérémonie ait "plus un côté campagne électorale que cérémonie de recueillement". "Mais au fond, c'est une façon de lui rendre hommage qui convient bien à ce qu'il a été: un lutteur, un homme d'action, un homme de foule".
NOUVELOBS.COM | 08.01.06 | 16:03

------

(7 mars 2006) Après DSK, Fabius, Royal, l'ex-Premier ministre s'est rendu en Italie, où il a rencontré Prodi.
A Rome, Jospin cueille de nouveaux lauriers

Comme Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius et Ségolène Royal avant lui, Lionel Jospin avait lui aussi hier trouvé une bonne raison de passer par Rome : «Je suis venu présenter mon livre [Le monde comme je le vois, Gallimard] traduit en italien. On a toujours le plaisir de venir ici. Ensuite j'irai à Bologne puis à Milan», a-t-il minimisé.

Et, comme ses camarades en quête de gloire à l'étranger pour parfaire leur stature de présidentiable (lire carte), l'ex-Premier ministre en a profité pour rencontrer les responsables de la gauche italienne à un mois des législatives où l'Union de Romano Prodi est donnée gagnante.
A Rome, on n'attend plus que Jack Lang et François Hollande, inscrits sur de prochains vols pour l'Italie avant le scrutin d'avril.

Tout au long de sa journée romaine, Lionel Jospin a bien sûr évité de parler de sa propre candidature et de la présidentielle de 2007. Mais de tous les prétendants passés par Rome ces dernières semaines, il a été le plus sollicité et, parfois, le plus direct. Ainsi, à la sortie de son entrevue avec le «Professore», l'ex-locataire de Matignon n'a pas hésité à prendre l'Italie en exemple : «Romano Prodi joue un grand rôle dans l'unité, mais il y a aussi l'intelligence politique de tous les partenaires de l'Union. Il est certain que cette capacité à s'unir malgré les différences et les personnalités de chacun est une leçon que la gauche française devrait tirer.»
Et à s'engager plus avant : «A quoi servirait-il de critiquer la politique du gouvernement si l'on ne se donne pas les moyens de changer ?» Quant aux primaires à gauche qui ont permis de renforcer la candidature de Romano Prodi, Lionel Jospin n'a pas complètement exclu de les voir transposées en France : «Pourquoi pas, si c'est possible ? Ce qui est sûr, c'est que l'esprit d'union doit nous inspirer.» Façon d'exorciser une fois de plus le spectre des divisions de la gauche qui lui furent fatales le 21 avril 2002.

Mise en jambes.
Au cours de leur entretien, les deux hommes, qui «ont gouverné ensemble», a rappelé Jospin, ont fait un tour d'horizon des questions industrielles et de l'affaire Enel-Suez-GDF. «J'ai évoqué ces problèmes d'un point de vue intellectuel, a assuré Jospin, mais nous sommes d'accord pour dire que ces questions qui concernent des colosses industriels et des secteurs décisifs comme l'énergie devraient à la fois faire l'objet de discussions entre les entreprises et d'un accompagnement des pouvoirs politiques dans le cadre de l'UE.»

En somme, une petite mise en jambes avant le prétexte du déplacement, la présentation de son livre dans la soirée aux côtés du secrétaire des Démocrates de gauche (DS), Piero Fassino, dans une salle de la mairie de Rome, sur le Capitole. «Je ne représente que moi-même», a alors insisté Lionel Jospin. Malgré tout, avant de s'engouffrer dans sa voiture, il s'est enquis de la présence de la presse française : «Le Monde n'est pas là ?»

A la mairie, les médias italiens sont venus nombreux suivre l'ex-numéro un du PS dénoncer notamment «les risques d'une fusion du politique et de l'économique», et parler pêle-mêle de l'islam, du traité constitutionnel, du Royaume-Uni et, de nouveau, des gauches française et italienne : «La coalition de l'Olivier a gagné en 1996. Nous avons gagné en 1997. L'Olivier a gouverné pendant cinq ans de façon honorable avec certains résultats économiques. Nous avons gouverné pendant cinq ans avec des résultats satisfaisants en termes de déficit budgétaire, d'équilibre de la Sécurité sociale, de croissance. J'espère que ce parallélisme va se poursuivre, que vous gagnerez en 2006 et que la gauche française gagnera l'année suivante.»

Prière.
«Monsieur Jospin, je n'ai pas de question, juste une prière», a osé une auditrice sous les applaudissements : «Revenez en politique en France et en Europe.» «Comme c'est une prière, je vous demande de séparer le spirituel du temporel», a rétorqué, dans un sourire, Jospin. «Je pense qu'il veut rentrer en politique, a commenté plus sérieusement Angelo Ruggieri, son éditeur italien, son livre est un programme.» «Le retour de Lionel Jospin ne serait pas la pire des choses, a estimé pour sa part Bruno Trentin, l'ancien secrétaire général de la Cgil, la puissante confédération syndicale italienne, vu la situation, ce serait même la meilleure des choses. La situation n'est pas identique en France et en Italie. Lionel Jospin est socialiste et non centriste mais, comme Romano Prodi, il pourrait jouer un rôle de fédérateur.»

Visiblement ravi de sa tournée romaine, le Cincinnatus du PS a simplement commenté : «Que m'inspire le fait d'être à côté de la roche Tarpéienne et sur le Capitole ? Tout dépend dans quel sens on fait le trajet...»
Libération, par Eric JOZSEF, QUOTIDIEN : mercredi 08 mars 2006, p. 15

-----------

mercredi 29 mars 2006, 12h45 Jospin dit à Hollande être "disponible" pour 2007, démenti du patron du PS

PARIS (AFP) - L'ancien Premier ministre Lionel Jospin a indiqué à François Hollande qu'il était "disponible" pour l'élection présidentielle de 2007, selon une information donnée par Europe 1 que le premier secrétaire du PS a ensuite démentie.

Les deux hommes ont "déjeuné en tête à tête il y a quinze jours au restaurant La ferme Saint-Simon, dans le 7e arrondissement de Paris", et "c'est en évoquant les possibles candidatures que Lionel Jospin a fait savoir à François Hollande qu'il était disponible", a rapporté la radio.

Selon Europe 1, MM. Jospin et Hollande "sont quand même tombés d'accord sur le fait qu'il ne fallait rien précipiter, car la situation d'aujourd'hui ne sera pas celle de l'automne, c'est-à-dire au moment de la désignation du candidat socialiste" à l'Elysée.

Interrogé par l'AFP , François Hollande a fait dire par son entourage qu'il voyait "régulièrement Lionel Jospin". "Il n'est pas question de cette histoire", a-t-on ajouté de même source en forme de démenti.

M. Jospin a été très présent ces dernières semaines dans le débat politique, mettant à profit la sortie à l'automne dernier de son livre "Le monde comme je le vois" pour s'exprimer sur les sujets les plus variés. Début mars, il s'était entretenu avec le chef de file de la gauche en Italie, Romano Prodi.

Il a affirmé à la mi-février qu'il s'exprimerait à l'automne sur le choix du candidat PS à la présidentielle de 2007, ajoutant qu'il "décourage plus qu'il n'encourage" ses amis qui mènent campagne en sa faveur.
Yahoo.fr, actualités,

---------

vendredi 7 avril 2006, 14h50 Jospin appelle la gauche à se rassembler pour offrir une "alternative"

PARIS (AFP) - L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin a demandé à la majorité d'avoir la "sagesse" d'en finir avec le CPE et a appelé la gauche à se rassembler pour offrir une "alternative" à la droite, dans une tribune publiée dans Le Monde daté de samedi.

"Le CPE est un projet mal conçu, mal conduit et qui pourrait être mal conclu", écrit-il. "Le mouvement de protestation reste puissant, les jeunes confirment leur détermination, le trouble a saisi le pouvoir".
"La majorité ne doit pas finasser ni céder à l’illusion de la ruse, elle doit mettre fin au conflit" et "le pouvoir doit avoir la sagesse d’en finir franchement avec un projet sans avenir", selon lui.
"Le pouvoir a appliqué sans ménagement des projets qui n’avaient pas été véritablement arbitrés par le peuple. Efficace, cette politique aurait peut-être été supportée".
"Mais elle n’a été qu’injuste" et "s’est déployée sur un fond permanent de divergences et de rivalités de personnes qui discréditent l’autorité de l’Etat", souligne celui que ses amis, au PS, espèrent voir se lancer dans la course présidentielle.

"La gauche n’est pas responsable de la politique du pouvoir. Mais elle l’a rendue possible" et "elle serait coupable de la laisser se perpétuer", ajoute Lionel Jospin.
"Toute la gauche, celle qui veut gouverner, comme celle qui ne l’envisage pas, est face à cette question cruciale: : laissera-t-elle la droite se succéder à elle-même avec des conséquences plus dommageables encore pour le pays ?", demande l'ancien Premier ministre.

"La France a besoin d’une politique juste, d’une autorité respectée, d’un changement conduit dans le calme, de confiance et d’espoir" et "la responsabilité de la gauche est de les lui donner", affirme M.Jospin.
"A quoi servirait-il de dénoncer une politique, de soutenir les mouvements qui lui résistent, de réfléchir à des propositions différentes si la gauche ne se rassemblait pas pour offrir une alternative", conclut l'ancien Premier ministre.
Yahoo.fr, actualités, vendredi 7 avril 2006, 14h50

-------

(23 avril 2006) Mort de Fraenkel, maître en trotskisme
Né à Gdansk en 1921, longtemps apatride, il cofonda l'OCI, dont il fut exclu, et forma Jospin.

Un intellectuel sans oeuvre, un militant sans parti, un maître sans disciple.
Boris Fraenkel était tout cela, avec ce que cela suppose d'enthousiasmes et de déceptions. Figure du trotskisme européen, il a traduit des oeuvres de Léon Trotski, Herbert Marcuse et Georg Lukacs. Il avait été exclu de l'OCI (Organisation communiste internationale) par Pierre Lambert.

Il a aussi été, vers les années 1965-1966, le formateur en trotskisme d'un certain Lionel Jospin, alors tout jeune. Il s'est donné la mort le 23 avril à l'âge de 85 ans en se jetant dans la Seine depuis un pont, près de la gare de Lyon. Son corps a été retrouvé deux jours plus tard, au niveau du VIIIe arrondissement de Paris.

Longtemps, Boris Fraenkel n'a été connu que dans les cercles intellectuels.
Il a fallu l'ascension politique de son ancien élève pour qu'il soit projeté sur le devant de la scène. En 2001, en obtenant de Fraenkel une carte postale que lui avait envoyée Lionel Jospin à l'époque, avec son écriture bien reconnaissable, le Monde avait apporté la preuve que le Premier ministre socialiste avait bien été un militant trotskiste.
Un militant d'exception, même, dont son professeur était assez fier. «Nous nous entendions très bien, et, au fil des années, j'ai cru que nous étions devenus amis. Même si je continuais à le trouver trop rigide, ce Jospin-là était un bon garçon», a écrit Fraenkel un peu plus tard (1).

A l'approche de l'élection présidentielle de 2002, la révélation du passé de Jospin avait donné une illustration inattendue de l'influence trotskiste dans la gauche française.

Trotskiste, Boris Fraenkel était pour ainsi dire destiné à le devenir.
Dans ses souvenirs, il rapportait le récit d'un meeting en Russie soviétique auquel assistait l'un de ses oncles, ancien soldat de l'Armée rouge. Trotski était présent et, mis en minorité par un vote à l'issue de la réunion, il aurait déclaré, selon le témoignage de l'oncle: «Tant pis, l'histoire me donnera raison plus tard.»
Mais le premier engagement du jeune Boris fut d'abord le sionisme : né à Gdansk en 1921, dans une famille de Juifs ukrainiens mencheviks qui avaient fui la révolution, il milite dès l'adolescence chez les Habonim, le mouvement de jeunesse sioniste de gauche.
En 1938, faute de pouvoir immigrer en Palestine, il est envoyé à Nancy pour étudier l'agronomie. C'est en France que la guerre et l'occupation nazie le trouvent. Pour fuir les rafles, il émigre en Suisse.

Commence alors une vie d'une grande richesse intellectuelle, au cours de laquelle il a croisé les plus grands noms de la vie intellectuelle de l'Europe de la seconde partie du XXe siècle. Secrétaire de Sonia Delaunay, animateur de la revue Partisans, éditée par François Maspero, Fraenkel a traduit et introduit en France les oeuvres du philosophe d'origine allemande Herbert Marcuse et du psychanalyste américain Wilhem Reich ­ deux tentatives de croiser Marx et Freud.
En 1958, il est l'un des fondateurs de l'OCI, dont il est exclu en 1966 au terme d'un procès interne d'une rare violence.

Boris Fraenkel appartient à la catégorie des «intellectuels sans oeuvre» qui ont préféré la parole à l'écrit.
Quelques mois avant Mai 68, il organise à l'université de Nanterre une conférence sur la répression sociale de la sexualité, qui eut un grand retentissement et fut l'un des éléments déclencheurs du mouvement étudiant. Après les événements, il est assigné à résidence en Lozère pendant un an.
En 1986, il a fini par obtenir la nationalité française. Apatride la majeure partie de sa vie, Boris Fraenkel n'aura cessé de chercher sa place exacte, dans les institutions intellectuelles comme dans les formations politiques. Sans peut-être jamais la trouver vraiment.
(1) Profession : révolutionnaire, éditions le Bord de l'eau, 2004.
Libération, 2 mai 2006, p. 16, par Eric AESCHIMANN

--------

mercredi 28 juin 2006, 21h07 Jospin déclare que la question de sa candidature à la présidentielle est "ouverte"

PARIS (AP) - Lionel Jospin a déclaré mercredi soir que la question de sa candidature à la présidentielle de 2007 était "ouverte" et qu'il y répondrait à l'automne au moment de la désignation du candidat socialiste.

"Pour moi aujourd'hui, à quelques mois de ce moment où les décisions devront être prises, cette question est une question ouverte", a dit sur TF1 l'ancien Premier ministre, retiré de la vie politique depuis son élimination au premier tour de la présidentielle le 21 avril 2002.

"S'il apparaissait que je suis le mieux placé pour rassembler les socialistes, la gauche, le pays, assumer la charge de l'Etat, exercer la fonction présidentielle dans la situation difficile de la France d'aujourd'hui et pour proposer aux Français des orientations pour sortir de la crise dans laquelle nous sommes (...), alors je me poserai la question, bien évidemment", a expliqué Lionel Jospin.

L'ancien Premier ministre a dit avoir pris la décision de quitter la vie politique en 2002 parce qu'il avait "pensé qu'il (lui) revenait d'assumer la responsabilité de la défaite et qu'il fallait le faire par un acte symbolique fort" en renonçant à toutes ses fonctions politiques et à ses mandats.

"Depuis, la question de la candidature pour moi ne s'est pas posée", a ajouté Lionel Jospin. Mais "elle sera abordée et tranchée à l'automne par les socialistes".

L'ancien Premier ministre a reconnu que le PS comptait "des talents multiples, divers", dont celui de Ségolène Royal, favorite des sondages, la seule des présidentiables qu'il a nommée. "Les socialistes de toute façon se donneront un bon candidat pour 2007", a-t-il admis.

Pour ce qui le concerne, ce que penseront le Premier secrétaire du PS François Hollande et les principaux responsables du parti "sera un élément tout à fait important", a ajouté Lionel Jospin.

Comme la veille dans la tribune publiée dans "Le Monde", l'ancien Premier ministre s'est livré à un réquisitoire contre la politique conduite depuis 2002 par la droite. "Notre pays n'est pas en déclin, il est en crise, en crise profonde", a-t-il dit.

"La majorité a échoué dans sa politique" et "le couple de l'exécutif bat des records d'impopularité", a encore constaté M. Jospin.

Soucieux de parler des grands enjeux de l'élection présidentielle, il a insisté sur l'insécurité, "question centrale qu'il faut traiter vigoureusement".

S'en prenant au bilan de Nicolas Sarkozy, il a estimé que Ségolène Royal avait eu raison d'insister elle aussi sur cette question. "Si elle peut contribuer à convaincre après moi une partie de la gauche que ces questions de sécurité sont essentielles, ce n'est pas moi que cela va chagriner, bien au contraire", a déclaré Lionel Jospin. AP
Yahoo.fr, actualités, mercredi 28 juin 2006, 21h07

-------

28/07/2006 - 12h07 Appel de personnalités du PS à la candidature de Lionel Jospin

PARIS (Reuters) - Dix personnalités du Parti socialiste proches de Lionel Jospin signent dans Le Monde un appel pour que l'ancien Premier ministre soit candidat à l'Elysée l'an prochain.
Elles estiment que Lionel Jospin, qui n'avait pu accéder au deuxième tour en 2002, a les meilleurs atouts pour représenter les socialistes dans la course à la présidence - une "stature incontestée d'homme d'Etat", une "expérience reconnue", notamment sur le plan international, et une "vision lucide" de la situation en France.

Les signataires de cet appel sont les secrétaires nationaux du PS Kader Arif, Eric Besson, Harlem Désir, Anne Hidalgo, Annick Lepetit, André Vallini et Clotilde Valter, Bernard Poignant et Manuel Valls, membres du bureau national, et Francis Chouat, responsable national du parti.
Ils estiment que si les sondages - actuellement favorables à Ségolène Royal - fournissent toujours des indications utiles, il y aurait un "risque majeur" de "passer à côté des vrais enjeux" si l'on croit "qu'ils expriment, dans la durée, une adhésion majoritaire à tel ou telle candidat ou candidate".

La droite demeure forte, l'extrême droite est toujours aussi haute, la gauche de gouvernement n'est guère au-dessus de son score du 21 avril 2002, premier tour de la présidentielle, "la percée de l'éventuelle candidate socialiste ne s'appuie pas sur une reconquête de l'électorat de gauche" et le niveau d'abstention reste élevé, constatent les amis de Lionel Jospin.

"REVALORISER LA FORCE DE LA POLITIQUE"

Il s'agit, dans l'optique de 2007, "de choisir le type de présidence de la République que nous proposerons: celui qui revalorisera la force de la politique ou celui qui consacrera son effacement", écrivent-ils.
"Lionel Jospin a fait part de sa disponibilité pour le rendez-vous du printemps 2007. C'est une bonne nouvelle et c'est au Parti socialiste d'en débattre", ajoutent-ils.
"Sa stature incontestée d'homme d'Etat, son expérience reconnue des affaires nationales comme internationales et sa vision lucide de la crise que traverse notre pays et des défis auxquels il doit faire face le mettent en situation de redonner du sens et de la dignité à la fonction présidentielle, de rassembler la gauche et de convaincre les Français."
"Il revient aux socialistes de bien y réfléchir avant de faire le choix qui devra leur permettre de réussir le rendez-vous majeur de 2007", concluent-ils.

Le 28 juin, invité du journal de TF1, Lionel Jospin n'a pas exclu d'être candidat à l'élection présidentielle, précisant qu'il trancherait à l'automne, quand viendra le temps pour le PS de désigner son champion.
"S'il apparaissait que je suis le mieux placé pour rassembler les socialistes, pour rassembler la gauche, pour rassembler le pays (...), pour exercer la fonction présidentielle dans la situation difficile de la France d'aujourd'hui, et pour proposer des orientations pour sortir de la crise dans laquelle nous sommes (...), alors je me poserais la question", avait-il expliqué.
boursier.com, 28/07/2006 - 12h07

---------

jeudi 10 aout 2006, 15h45 Delanoë vante l'expérience et la rigueur de Lionel Jospin

PARIS (AFP) - Le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë a vanté jeudi l'expérience et la rigueur de l'ancien Premier ministre Lionel Jospin, qui représentent "une garantie pour la France de demain".

Evoquant la multiplication des candidatures à l'investiture socialiste pour la présidentielle de 2007, M. Delanoë a jugé sur France Inter que "parmi toutes ces personnes, Lionel Jospin est l'homme d'expérience, l'homme d'envergure morale".

"Sa rigueur, que parfois l'on gausse, son austérité, c'est une garantie pour la France de demain, du sérieux, du rassemblement et du fait que toutes les énergies, toutes les intelligences et toutes les convictions à gauche sont indispensables pour qu'on tente de servir la France pendant cinq ans", a plaidé M. Delanoë.

Le maire de Paris, qui s'était dit le mois dernier "agacé" par "le culte de la personnalité" des différents candidats à l'investiture socialiste pour l'élection présidentielle de 2007, avait indiqué en janvier dernier qu'il soutiendrait la candidature de M. Jospin, si celui-ci était candidat à l'Elysée.
Yahoo.fr, actualités, jeudi 10 aout 2006, 15h45

--------

samedi 26 aout 2006, 17h51 Lionel Jospin nie avoir "abandonné" les socialistes en 2002

LA ROCHELLE (Reuters) - La voix brisée par l'émotion, Lionel Jospin a nié avoir abandonné les socialistes au soir du 21 avril 2002 après son échec au premier tour de l'élection présidentielle, quand il a annoncé son retrait de la vie politique.

"Je ne vous ai pas abandonnés (...) J'ai pensé que si je prenais sur moi finalement, symboliquement, physiquement et tristement le choc de cette défaite, alors peut-être vos chances en étaient augmentées pour la bataille législative (qui suivait) et pas affaiblies", a déclaré l'ancien Premier ministre à La Rochelle, à l'université d'été du PS.

Il s'adressait à plusieurs de militants des jeunesses socialistes. C'est la première fois qu'il s'exprimait dans un tel cadre depuis son échec de 2002.

Un énorme lapsus a montré son émotion. Après le 21 avril, "je ne vous ai pas accompagnés", avait-il commencé par dire avant de se reprendre.

"Je suis resté avec vous et pas simplement dans la section (du PS) de La Chapelle-Goutte d'or (à Paris). Je reste avec vous", a-t-il ajouté sans en dire plus sur une éventuelle candidature à l'investiture socialiste pour la présidentielle de 2007.

Revenant sur l'élection de 2002, où il avait été éliminé au premier tour par le candidat d'extrême-droite Jean-Marie Le Pen, l'ex-chef de la gauche plurielle a affirmé qu'il s'était senti "malheureusement un peu trop souvent en pilotage automatique", c'est-à-dire pas aux commandes de la campagne.

"Il y a eu un certain nombre d'erreurs de ma part indiscutablement", a-t-il reconnu. Il a mentionné la déclaration où il proclamait que son programme n'était "pas socialiste".
"Mais j'ai été choqué : pendant cinq ans, vous créez des choses formidables et c'est sur un mot, une phrase qu'on vous juge ?", a-t-il dit.

Au début de son face-à-face avec les jeunes socialistes, il avait défendu bec et ongles le bilan de son gouvernement et recommandé au PS de s'en servir comme "socle" pour 2007.

En 1995, après les deux septennats de François Mitterrand, Lionel Jospin savait "pour quoi" il faisait campagne, a-t-il dit, défendre l'honneur des socialistes et "des présidents avant moi", "pour faire taire les calomnies".

En 2002, la dislocation de la gauche plurielle après cinq ans de gouvernement avait fait perdre sa "logique politique" à sa candidature, ce qui explique en partie sa défaite, selon son analyse.

"Réfléchissez! Quand vous avez fondé votre action politique sur la majorité plurielle, qu'elle a bien travaillé, gouverné (puis) se disloque, se défait, se déchire, vous sentez bien que vous perdez le sens même de ce qui pourrait vous conduire à diriger" le pays, a-t-il expliqué.

Dernier lapsus avant de conclure, Lionel Jospin a enjoint "ceux à qui le bonheur échouera" de se présenter à la présidentielle de tirer les "leçons" de cette analyse.
Son intervention de deux heures a été saluée par une "standing-ovation" d'une grande partie de la salle.
Yahoo.fr, actualités, samedi 26 aout 2006, 17h51

-----

dimanche 17 septembre 2006, 20h51 Présidentiables socialistes: Jospin et Fabius en première ligne face à Royal

PARIS (AFP) - Ségolène Royal sort confortée du "grand oral" des présidentiables socialistes samedi à Lens mais devra compter avec Lionel Jospin et Laurent Fabius qui, autant applaudis, ont nettement marqué leur différence avec la favorite des sondages.

Un ton au-dessus des autres postulants à l'investiture PS pour 2007 (Dominique Strauss-Kahn et Jack Lang notamment), les deux anciens Premiers ministres sont sortis du lot dans le Pas-de-Calais.

Ils ne sont pas toutefois dans la même situation: M. Fabius a exclu de s'effacer devant M. Jospin, tandis que l'ex-leader de la gauche plurielle doit, pour "y aller", convaincre MM. Strauss-Kahn et Lang de se retirer à son profit.

La presse française a relevé dans sa majorité que Ségolène Royal a acquis une légitimité lors de ce grand oral.

Un sondage LH2 réalisé au soir de Lens a montré que Strauss-Kahn, Jospin et Fabius avaient gagné du terrain auprès des sympathisants de gauche, mais que Royal restait de loin la "meilleure candidate" socialiste à leurs yeux.

Selon le député Gaëtan Gorce, qui anime le Conseil politique de la présidente de Poitou-Charentes, Lens "n'a pas changé la donne". "Elle a franchi l'épreuve sans démagogie, sans changer de répertoire ni d'orientations", montrant qu'elle n'avait "pas peur du débat", ajoute un secrétaire national engagé avec Mme Royal.

La compagne de François Hollande continue de "poser des jalons pour préparer la suite", son investiture et la campagne contre la droite: après Rome et Bruxelles, elle était ce week-end à Madrid.

Selon des cadres du parti, Ségolène Royal recueillerait autour de 55% des voix des militants si la désignation avait lieu aujourd'hui.

Mais les partisans de Jospin et Fabius voient dans le rendez-vous lensois la preuve que "dès lors qu'il y a débat, les données du choix changent", selon Harlem Désir, proche de M. Jospin.

Ce que M. Jospin résume d'une formule: aucun des présidentiables PS "n'est assuré de la victoire, mais tous peuvent gagner" en 2007.

Au vu des réactions de la salle, "il a été démontré que les militants ont beaucoup moins fait leur choix que ne le disent les sondages", renchérit Claude Bartolone, "lieutenant" de Fabius, en réclamant des débats "dans toutes les fédérations".

Les deux anciens hôtes de Matignon se sont positionnés en alternatives à la candidature Royal.

Lionel Jospin, dans un style magistral ("notre candidat ne devra pas se plier devant l'opinion, mais proposer une vraie politique de gauche"), s'est présenté en gardien du temple socialiste.

"Il est de plus en plus candidat, la question de sa candidature est installée", selon Harlem Désir, qui oppose "deux statures d'homme d'Etat", Jospin et Fabius, à la "fragilité" de Royal.

A l'inverse, un proche de la députée des Deux-Sèvres a trouvé M. Jospin "sans conviction sur sa propre candidature".

Laurent Fabius a, lui, prononcé "un discours de congrès", selon un responsable socialiste: registre de tribun, touche finale d'humanité qui a emporté l'adhésion du public.
Il a assumé franchement ses désaccords avec Ségolène Royal, pour tenter de montrer qu'elle et lui "incarnent deux stratégies, deux lignes idéologiques", selon M. Bartolone.
Mais M. Fabius accuse un retard considérable dans les enquêtes d'opinion.

Parce qu'à Lens les clivages politiques ont pris le dessus sur les querelles de personnes, la confrontation a été "de bonne qualité", note un partisan de Mme Royal, rasséréné par l'événement: "la personne qui sera désignée sera soutenue par tout le monde".
Yahoo.fr, actualités, dimanche 17 septembre 2006, 20h51, Par Thierry MASURE

----

jeudi 28 septembre 2006, 8h32 Lionel Jospin renonce à 2007 au nom de l'unité du PS

PARIS (Reuters) - Lionel Jospin a confirmé jeudi qu'il ne prendrait pas part à la course à l'investiture présidentielle socialiste, dominée par Ségolène Royal, mais qu'il serait "pleinement présent" sur le "terrain des idées" dans les mois à venir.

"La décision que j'ai prise est la suivante: faute de pouvoir rassembler, je ne veux pas diviser et donc je ne serai pas candidat à la candidature (...) Je ne veux pas diviser, je ne veux pas fractionner. La campagne sera difficile, ce que je souhaite c'est que nous gagnions", a déclaré l'ancien Premier ministre sur RTL.

Prié de dire s'il envisageait de soutenir l'un des autres présidentiables, Lionel Jospin a souligné qu'il ne se rangerait pas derrière la candidature de la présidente de Poitou-Charentes mais qu'il "écouterait" ce que les autres présidentiables disent pendant la campagne interne pour faire son choix.

"Je crois que vous avez deviné, autour de la façon d'aborder la politique, du rapport aux citoyens, de la façon de considérer le Parti socialiste, qu'il y a un choix que je ne ferai pas en faveur d'un - ou d'une, pour être plus précis - des candidats", a-t-il expliqué.

"Je suis moins que jamais à la retraite et moins que jamais en retrait", a-t-il prévenu avant de citer les raisons qui l'incitent à vouloir rester sur le devant de la scène politique socialiste: toutes liées implicitement à Ségolène Royal, qu'il n'a cependant pas citée.

"Sur le devenir de la démocratie en France, de la vie politique de mon pays, de la place des grandes formations politiques mais aussi d'autres corps intermédiaires, syndicats, associations qui disparaissent sans doute dans l'analyse de certains, sur toutes ces questions essentielles, je serai pleinement présent", a-t-il promis.

LA DÉCISION "LA PLUS SAGE"

Ségolène Royal explique régulièrement qu'elle entend s'adresser directement aux Français, au-delà des militants socialistes, pendant la campagne interne pour l'investiture.

Deux fois candidat à la présidentielle, en 1995 et en 2002, Lionel Jospin a expliqué qu'il n'était "pas triste" de sa décision qu'il avait "beaucoup hésité" à prendre.
"Je ne le regrette pas. J'ai pris la décision la plus sage", a-t-il déclaré.

En revanche, il s'est dit inquiet du "climat" qui prévaut selon lui à l'orée de la campagne officielle pour l'investiture socialiste et il a appelé "certains" à retrouver "leur sang-froid".

Lionel Jospin, qui s'était retiré de la vie politique au lendemain de sa défaite à la présidentielle de 2002, avait laissé entendre fin juin qu'il pourrait briguer l'investiture si sa candidature était "utile" au PS, ajoutant qu'il voulait être une "solution et non un problème" pour les socialistes.
Depuis, les sondages le classaient comme le principal adversaire de Ségolène Royal, même si la présidente de Poitou-Charentes disposait d'une avance considérable.
Après cette interview, l'ancien Premier ministre écrira aux militants du PS pour leur expliquer sa décision.

Les candidatures à l'investiture socialiste doivent être déposées entre samedi et mardi prochains. Un premier tour de scrutin aura lieu le 16 novembre et un second tour, le cas échéant, une semaine plus tard.
Yahoo.fr, actualités, jeudi 28 septembre 2006, 8h32

------

vendredi 23 février 2007, 9h00 Jospin rejoint l'équipe de campagne de Ségolène Royal

PARIS (AFP) - Ségolène Royal a battu jeudi le rappel des troupes socialistes en rassemblant autour d'elle tous les "éléphants" du parti, de Dominique Strauss-Kahn à Laurent Fabius - et plus surprenant encore Lionel Jospin - pour relancer une campagne marquée par des difficultés.

A deux mois de l'élection présidentielle, la candidate socialiste a annoncé la nomination d'une "l'équipe du pacte présidentiel", dont font partie ses deux anciens rivaux dans la primaire socialiste, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, mais également l'ancien Premier ministre Lionel Jospin, qui se cantonnait jusque-là dans un soutien réservé à la candidate.

Cette "équipe du pacte présidentiel" comporte treize personnes: il s'agit, outre les trois premiers nommés, de Pierre Mauroy, Henri Emmanuelli, Bertrand Delanoë, Martine Aubry, Bernard Kouchner, Gérard Collomb (maire de Lyon), Yvette Roudy (ancien ministre), les présidents des groupes parlementaires Jean-Marc Ayrault et Jean-Pierre Bel, et le premier secrétaire du PS François Hollande, a précisé Mme Royal, en donnant la liste dans cet ordre.

"Tout le monde est rassemblé dans cette phase décisive de la campagne", a ajouté la députée des Deux Sèvres. Ce "groupe des 13" est chargé d'"animer et de tenir des réunions de campagne à travers le pays", a indiqué Mme Royal en précisant que ses membres pourront se réunir "à leur convenance". Cette annonce survient alors que les 28 sondages réalisés depuis le 15 janvier, au lendemain du congrès de l'UMP ayant investi Nicolas Sarkozy, tablent sur une victoire du ministre de l'Intérieur contre Mme Royal.

Mais après être allé jusqu'à 10 points (55% contre 45%), l'écart entre le ministre et la députée PS s'est amenuisé, revenant à deux points dans le dernier sondage CSA (51-49) ou à quatre dans le dernier BVA (52-48). Mme Royal, dont la campagne a été marquée par une série de couacs et de fausses notes - polémique à propos du Hezbollah libanais, propos sur le nucléaire iranien ou la justice en Chine, et la démission récente du secrétaire national à l'économie du PS Eric Besson- est parvenue ces derniers jours à refaire une partie du chemin perdu dans les sondages, notamment grâce à sa prestation réussie sur TF1. Lundi à la télévision, elle a réussi a faire apparaître "une ligne de cohérence", estime ainsi Jean-Daniel Lévy, de l'institut CSA.

La présence de Lionel Jospin dans ce pack créé autour de Ségolène Royal constitue la principale surprise. L'ancien Premier ministre avait sévèrement combattu la candidature de la députée des Deux-Sèvres lors de la primaire interne au PS, avaient de lui manifester son soutien. En revanche, la présence dans cette équipe de Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn était attendue. Tout comme celle du chef du PS, par ailleurs le compagnon de Mme Royal, François Hollande.

Lionel Jospin, qui était absent de Villepinte lorsque Mme Royal avait présenté les 100 propositions de son "pacte présidentiel", le 11 février, avait cependant indiqué trois jours plus tôt qu'il interviendrait "dans la campagne de façon positive, à sa façon", "de temps en temps", un soutien du bout des lèvres qui n'augurait pas de son entrée dans cette équipe rapprochée. Le groupe des 13 ainsi constitué est finalement la solution qu'a retenue Mme Royal, plutôt que la formation d'un "conseil stratégique", qu'avaient laissé prévoir ses proches mercredi. "Ce rôle appartient au Bureau national" du PS, a-t-elle expliqué.

En réaction, le premier secrétaire du PS François Hollande a exprimé "sa gratitude" à l'égard de Lionel Jospin jeudi soir à Gerzat (Puy-de-Dôme), pour son ralliement à l'équipe de campagne de Ségolène Royal. "Lionel Jospin peut apporter son expérience, sa force, le souvenir des campagnes qu'il a menées et notamment montrer ce qu'il ne faut plus refaire: la dispersion et la perte des repères", a déclaré M. Hollande en marge d'un "couscous républicain" avec des militants auvergnats.

"Oui, Lionel Jospin a accepté de venir dans cette bataille avec nous", a ensuite lancé le Premier secrétaire aux 600 militants auvergnats, qui ont chaleureusement applaudi cette annonce. "Nous allons monter que nous sommes une force capable de nous unir pour la conquête du pouvoir", a-t-il poursuivi. "Ségolène Royal est consciente de la nécessité d'emmener toute sa famille politique", a-t-il ajouté, tout en soutenant qu'elle allait "préserver sa liberté, sa singularité, son indépendance d'esprit".

Selon lui "le pack du pacte" est nécessaire parce que les socialistes "entrent dans une nouvelle phase de la campagne, celle de la conviction". "La campagne va être rude, âpre, nous avons besoin de la mobilisation de toutes les forces, de toutes les générations, de tous les talents autour de Ségolène", a encore dit M. Hollande.
Yahoo.fr, actualités, vendredi 23 février 2007, 9h00

--------

samedi 17 mars 2007, 19h27 Jospin conforte Royal en exhortant à repousser la tentation Bayrou à gauche Par Thierry MASURE

LENS (AFP) - Lionel Jospin a apporté un clair soutien à Ségolène Royal pour l'élection présidentielle, samedi à Lens, avertissant les électeurs de gauche tentés par François Bayrou que l'élection du candidat centriste "provoquerait une vraie crise politique".

Très détendu, aimable avec les journalistes, celui qui a rejoint fin février "l'équipe du pacte présidentiel" de la candidate socialiste a mis en garde contre "la supercherie" Bayrou, et éreinté Nicolas Sarkozy, en parlant 50 minutes devant 3 à 400 personnes.

"La solution, c'est le vote socialiste, c'est le vote Ségolène Royal", "voter Bayrou, c'est éliminer la gauche", a affirmé l'ancien Premier ministre pour sa première intervention dans la campagne.

Il a invité l'électorat de gauche à "donner (à Mme Royal) le score le plus élevé possible au 1er tour", car "aucune ou aucun candidat n'est en mesure aujourd'hui de gagner l'élection présidentielle", sauf celle du PS.

Très applaudi dans cette cité très jospiniste, il en a appelé, dans le style didactique qui lui est familier, à "la cohérence".

"Ce que propose M. Bayrou provoquerait une vraie crise politique dans notre pays", a-t-il dit. "Le pire (...), c'est une présidence impuissante face à une Assemblée nationale disloquée où l'on s'efforcerait, en vain d'ailleurs, de bricoler une force politique, inévitablement minoritaire".

La "proposition politique" de M. Bayrou "est mort-née, et c'est pourquoi cette prétention sera rejetée dès le premier tour", a asséné le battu de la présidentielle de 2002, affirmant aussi que François Bayrou "a toujours été à droite".

Alors que la stratégie pour combattre la poussée du candidat UDF dans les sondages a fait débat au PS, M. Jospin a appelé les socialistes à "montrer pourquoi il faut l'écarter dès le 1er tour".

Il a invité la gauche à "relativiser ses inquiétudes", rappelant l'ampleur inattendue des succès PS aux élections régionales et européennes de 2004.

L'ex-chef du gouvernement s'en est pris à Nicolas Sarkozy, "un vrai danger pour un fonctionnement normal de la République", car il pratique "l'accaparement des pouvoirs".

Le candidat de l'UMP, a-t-il dit, est "l'incarnation même du pouvoir sortant, (...), un Chirac plus jeune, aussi cynique, aussi porté aux bonnes paroles mais moins mesuré, plus fébrile, et de ce fait plus inquiétant".

Devant la presse, Lionel Jospin a précisé qu'il n'était "pas prévu" de meeting commun de campagne avec la candidate.

Alors qu'il s'était montré très critique vis-à-vis de Ségolène Royal lors des primaires socialistes, il s'est refusé au "moindre commentaire" sur sa campagne, sachant "pertinemment qu'une campagne est difficile".

Il s'est distancié de deux de ses proches, Claude Allègre et Eric Besson, qui ont fait savoir qu'ils ne voteraient pas Royal le 22 avril. "Il n'est pas juste d'accoler nos deux noms", a-t-il dit à propos du premier, son ex-ministre de l'Education.

Chez les socialistes du Pas-de-Calais, quelques interrogations perçaient avant ce plaidoyer pro-Royal de M. Jospin.

Députée européenne, l'ancien ministre Marie-Noëlle Lienemann a relevé un "flottement" dans la campagne, critiquant la prise de distance de la candidate à l'égard du PS, revenant selon elle à assimiler le parti à un "boulet".

"Elle a aussi besoin du socle (le parti, NDLR). On va le lui donner, même si elle n'en veut pas", a renchéri Serge Janquin, patron de la fédération du Pas-de-Calais, la deuxième derrière Paris.
Yahoo.fr, actualités, samedi 17 mars 2007, 19h27

-----

En campagne, l'ex-Premier ministre entend faire profiter le PS de son «recul». Lionel Jospin, un ancien qui leur veut du bien
Par Matthieu ECOIFFIER, Paul QUINIO, Libération, QUOTIDIEN : mardi 5 juin 2007, p. 14

Ce soir, il sera dans les Hauts-de-Seine, où il était déjà hier soir. Samedi, il était dans les Pyrénées-Orientales. La veille, dans le Lot-et-Garonne. Et avant dans le Finistère ou encore à Paris. Lionel Jospin est en campagne... pour les autres. Un vrai agenda de candidat, comparé aux pages blanches de son emploi du temps pendant la campagne de Ségolène Royal. «Il répond à des invitations», explique un de ses proches. L'échec de Royal aidant, «il est perçu comme le seul, avec Mitterrand, a avoir fait gagner la gauche depuis cinquante ans», souligne de son côté Jérôme Cahuzac, candidat dans le Lot-et-Garonne. Qui précise : «Il ne s'agit pas pour Jospin de mener une campagne interne. Ce n'est pas lui qui dirige le PS, pas lui qui est en situation de l'être.» Un autre proche rappelle que le double candidat à la présidentielle, en 1995 et 2002, «va avoir 70 ans cette année. Et qu'il a quand même de la lucidité».

«Esprit vigoureux».

Autrement dit, il sait que 2012 ne sera pas pour lui. Mais cet ami précise illico que Lionel Jospin «a l'esprit vigoureux». Et entend bien «participer» le moment venu au travail de refondation de la gauche. «Il sera partie prenante. Car les nouveaux bâtisseurs auront besoin des anciens», confie Bernard Poignant, «choqué» par les sifflets qui ont accueilli le message de Jospin lu à la tribune du Zénith à Paris le 29 mai. «Ce n'est pas mal d'avoir du recul par rapport à des leaders socialistes qui ont participé à la bataille interne et qui pour certains ne l'ont pas digérée. Jospin peut nous être utile pour garder le cap de réflexion et d'analyse», plaide aussi Annick Lepetit, candidate à sa propre succession à Paris.

«Si j'ai un conseil désintéressé à donner à mes camarades, c'est de réfléchir sans précipitation aux transformations à apporter au PS, pour reconstruire une force d'alternance et d'alternative», a déclaré l'intéressé dans les Pyrénées-Orientales. Jospin, venu soutenir Olivier Ferrand, un de ses anciens collaborateurs à Matignon, précisait, prudent : «Je ne m'exprimerai que si cela en vaut la peine, dans un débat source d'une vraie rénovation.» Comme lors de la présidentielle, il ne fera rien d'ici le 17 juin qui puisse affaiblir son camp.

Leadership.

Mais après ? Comme «la présidentielle s'est passée comme il l'imaginait», confie un proche, Jospin pourrait contribuer «à une analyse complète» de la défaite de Royal. Ira-t-il jusqu'à peser dans la bagarre de leadership qui s'annonce ? Très proche de l'omniprésent Delanoë, Jospin a renoué avec François Hollande. Pas (encore ?) avec Dominique Strauss-Kahn. Un député résume : «Il faut d'abord faire le bilan de ce qui s'est passé, sinon, on se trompe et on ne peut pas rebondir.» Comme après 2002 ?

--------

Avec "L'Impasse", Lionel Jospin sort un nouveau pamphlet anti-Royal
LEMONDE.FR avec AFP | 17.09.07 | 08h19 • Mis à jour le 17.09.07 | 10h42

L'ex-premier ministre socialiste Lionel Jospin lance de vives critiques contre l'ex-candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal, dans un livre intitulé L'Impasse, dont Libération publie, lundi 17 septembre, de larges extraits.

Dans ce nouveau pamphlet anti-Royal, à paraître le 24 septembre chez Flammarion, Lionel Jospin affirme que la présidente de la région Poitou-Charentes représentait "une candidate qui était la moins capable de gagner" et, surtout, "une illusion".

Exclusivité... Le livre de Lionel Jospin ne doit sortir en librairie que la semaine prochaine, mais il a été accidentellement mis en place dans une ville de province. Une personne qui a constaté sa présence en rayon l'a fait parvenir à Libération. – (Le Monde.fr)

Pour l'ex-candidat socialiste à l'élection présidentielle de 2002, Ségolène Royal n'était pas en mesure de l'emporter "non pas parce qu'elle était une femme, mais parce que j'avais pu me faire une idée assez exacte de ses qualités, notoires, et de ses insuffisances, réelles".

Il va encore plus loin, affirmant que Ségolène Royal est "une personnalité [qui] n'a pas les qualités humaines ni les capacités politiques" nécessaires pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche, et "espérer gagner la prochaine présidentielle". Pour lui, la personnalité de son ancienne ministre, son style de campagne et ses choix politiques sont les raisons de l'échec à la dernière présidentielle.

Lionel Jospin affirme enfin qu'elle est "une figure seconde de la vie publique", qui n'est "pas taillée pour le rôle" de secrétaire nationale du PS. "Avoir commis une erreur [en la désignant] ne justifie pas qu'on la réitère", affirme-t-il.

-------

Afghanistan: Lionel Jospin opposé à un envoi de troupes supplémentaires
AP - Mercredi 2 avril, 09h06PARIS -

Lionel Jospin s'est déclaré mercredi opposé à l'envoi de "nouvelles troupes en Afghanistan", et a rappelé qu'il n'y avait pas eu de vote à l'Assemblée nationale en 2001, parce qu'il n'avait pas voulu provoquer un "conflit d'interprétation sur la Constitution" avec le président Jacques Chirac.

"En "octobre et novembre 2001, c'est à ma demande instante auprès du président de la République qu'un débat a eu lieu à l'Assemblée Nationale (...) mais le Président n'a pas voulu un vote", a rappelé l'ancien Premier ministre socialiste sur RTL.

"Au moment où nous engagions des hommes sur le terrain, je n'allais pas, moi, provoquer un conflit d'interprétation sur la Constitution (avec le président Chirac, NDLR)", a justifié Lionel Jospin faisant référence à "l'article 35" de la Constitution, qui traite de la "déclaration de guerre" mais pas des engagements dans le cadre d'un maintien de la paix.

Le socialiste a rappelé que le même cas de figure s'était produit en 1999 pour l'engagement de la France au Kosovo.

"Si j'avais été un président ou un Premier ministre libre de sa décision, j'aurais demandé un vote au Parlement", a-t-il assuré, reprochant à François Fillon de l'avoir traité "incorrectement" en prétendant qu'il aurait eu "une position différente".

Lionel Jospin a estimé qu'il n'était pas "sage" d'envoyer de nouvelles troupes en Afghanistan, car la situation était "différente", "sept ans après" l'engagement de "solidarité" auprès des Etats-Unis opéré à la suite des attaques du 11 septembre 2001.

"Envoyer des troupes supplémentaires (...) serait signer l'enlisement dans un conflit, qui signe l'échec des Etats-Unis dans leur politique régionale", a-t-il affirmé, estimant que la France devait au contraire "réfléchir à la façon de consolider vraiment le régime de M. Karzaï, (...) aider à son développement (...) préparer un calendrier de transfert des forces et des capacités d'agir à l'armée afghane" et de "retrait progressif de nos troupes".

La décision de Nicolas Sarkozy pourrait être, selon lui, "un gage donné aux Américains au moment on s'apprêterait à rejoindre l'organisation intégrée de l'OTAN". "Nous ne devons pas renoncer à notre autonomie de décision en matière militaire", a-t-il martelé.

A propos de l'intervention de François Fillon, mardi, Lionel Jospin a ironisé sur le fait que "le Premier ministre n'ait pas une argumentation suffisamment forte pour se priver de la référence à (son) autorité". AP

------

Jospin «disponible» pour aider Hollande Aujourd'hui 18 octobre 2011 à 9h49 liberation.fr

L'ancien Premier ministre a voté Hollande aux deux tours de la primaire, même en étant convaincu que lui comme Martine Aubry «avaient la capacité de diriger l’Etat».

Il ne voulait pas, avant le second tour de la primaire, rouler pour l'un ou l'autre des deux finalistes. Lionel Jospin a confié, lundi sur Canal+, qu’il avait voté François Hollande aux deux tours, même en étant convaincu que lui comme Martine Aubry «avaient la capacité de diriger l’Etat».

«Mon soutien plein à François Hollande est assuré, est acquis, je ne demande rien mais je suis disponible pour l’accompagner et être présent dans sa campagne. Mais c’est lui qui va décider de toutes ces choses», développe l'ancien Premier ministre.

«Si j’ai préféré François Hollande, je pense que c’est celui qui a le plus de talent politique», «il peut peut-être mieux rassembler» et aussi parce que ses «chances de gagner me paraissaient un peu plus grandes», argumente Jospin, qui avait rencontré Aubry, Hollande et Ségolène Royal, au pot de la fédération PS de Charente-maritime avant l'ouverture de l'université d'été de la Rochelle. «Martine Aubry avait une réelle expérience et si elle avait gagné, cela m’aurait convenu», a-t-il ajouté.

«Celui qui a connu l’ensemble de la sphère d’actions d’un gouvernement (pendant le gouvernement Jospin, 1997-2002, ndlr), c’est François Hollande», rappelle Jospin tandis qu'il a été souvent reproché au député de Corrèze de n'avoir pas d'expérience ministérielle.

«Certains des mots qui ont été utilisés» dans la campagne par Martine Aubry «n’auraient pas dû l’être, à mon sens. Et d’ailleurs ça a pu être un élément de ma détermination, encore que m’étant exprimé pour François Hollande au premier tour, je n’avais pas de vraies raisons de changer au deuxième», a-t-il dit.

«Ils n’auraient pas dû être, mais je pense que ces mots ne pèseront pas dans le débat qui va venir. En tout cas, si la droite devait essayer de se faire des slogans de ces moments de passion, de tensions, sa réaction serait assez pauvre et ses chances n’en seraient pas grandies», a poursuivi l’ex-Premier ministre.

Par ailleurs, il a estimé que la «légitimité de Martine Aubry», qui est redevenue première secrétaire du PS dimanche soir, n’était «pas mise en cause».(Source AFP)

--------

Elysée: Le retour de Lionel Jospin http://www.20minutes.fr/politique/972003-elysee-retour-lionel-jospin Créé le 16/07/2012 à 11h18 -- Mis à jour le 16/07/2012 à 11h18 Matthieu Goar

POLITIQUE - L'ancien Premier ministre présidera une commission «chargée de la rénovation et de la déontologie de la vie publique»...

François Hollande n’a pas oublié Lionel Jospin. L’ancien Premier ministre vient d’être nommé par l’Elysée à la tête d’une commission «chargée de la rénovation et de la déontologie de la vie publique».

«Cette commission aura notamment pour mission de définir les conditions d’un meilleur déroulement de l’élection présidentielle et s’interrogera sur le statut juridictionnel du président élu», explique un communiqué de la présidence de la République.

L’ancien candidat à la présidentielle sera entouré de treize autres personnalités (notamment Olivier Schrameck, son ancien directeur de cabinet à Matignon, ou encore Roselyne Bachelot, ancienne ministre UMP) pour réfléchir à des questions institutionnelles comme le non-cumul des mandats ou une rénovation des élections législatives.

Deux hommes liés

La veille du second tour des élections législatives, François Hollande avait confié à quelques journalistes qu’il envisageait d’engager une réflexion sur ces sujets. C’est donc Jospin qui dirigera les débats.

Devenu Premier ministre en 1997, Jospin avait laissé les rênes du PS à Hollande. Ce dernier n’a plus quitté la direction de Solferino pendant onze ans. Jospin a toujours affirmé avoir associé Hollande aux discussions du gouvernement.
Une expérience qu’a toujours mise en avant l’actuel président de la République, notamment pendant la campagne lorsque l’UMP dénonçait le fait qu’il n’avait jamais été ministre. Jospin avait alors pris sa défense lors d’un meeting à Toulouse. — Matthieu Goar

--------

Lionel Jospin remplace Jacques Barrot au Conseil constitutionnel Le Point - Publié le 09/12/2014 à 13:04 - Modifié le 09/12/2014 à 14:44 http://www.lepoint.fr/politique/lionel-jospin-remplace-jacques-barrot-au-conseil-constitutionnel-09-12-2014-1888181_20.php
L'ancien Premier ministre, défait à la présidentielle de 2002, a été nommé par Claude Bartolone pour remplacer Jacques Barrot décédé le 3 décembre.

L'ancien Premier ministre socialiste, Lionel Jospin, une des figures les plus éminentes de la gauche française, va faire son entrée au Conseil constitutionnel, institution clé de la Ve République.
À 77 ans, il a été choisi par le président PS de l'Assemblée nationale Claude Bartolone pour remplacer le centriste Jacques Barrot, décédé brutalement le 3 décembre dans le métro parisien.
M. Jospin est nommé "pour cinq ans, pour finir le mandat de Jacques Barrot", a-t-on précisé à la présidence de l'Assemblée nationale. Grand démocrate-chrétien et grand Européen, ce dernier avait été nommé en 2010 par Bernard Accoyer, prédécesseur UMP de "Barto" au perchoir, pour siéger au sein de l'institution présidée par Jean-Louis Debré.

Pour empêcher son arrivée au Palais-Royal, il faudrait une opposition des trois cinquièmes de la commission ad hoc de l'Assemblée. Ce qui ne devrait pas arriver : les premières réactions à cette nomination sont favorables y compris dans l'opposition où on évoquait la légitimité de l'ancien chef de gouvernement (Christian Jacob, UMP), sa "droiture reconnue" (Philippe Vigier, UDI). Manuel Valls, qui fut un collaborateur très proche de Jospin à Matignon, a marqué sa satisfaction. En déplacement à Prague, le Premier ministre a lancé : "Lionel Jospin s'est retiré de la vie politique, mais ses réflexions, sa vision de la France, de la démocratie, des libertés, des droits, sont très importantes et sa voix sera, je n'en doute pas, utile, au Conseil constitutionnel, en toute indépendance bien sûr." "C'est une grande personnalité de la vie politique et je trouve que c'est un beau parcours qu'il continue à faire et je remercie le président de l'Assemblée nationale d'avoir fait ce choix", a-t-il insisté.

Enarque féru d'histoire et passé par le trotskisme, Lionel Jospin a un cursus impressionnant : ancien député, ancien ministre de l'Éducation, ancien chef de gouvernement, ancien premier secrétaire du PS. Une grande ombre au tableau : il a échoué deux fois aux portes de l'Élysée. Défaite glorieuse en 1995 quand il arrive en tête du premier tour alors que les socialistes avaient touché le fond aux législatives deux ans plus tôt. En 1997, il remporte les législatives anticipées par une dissolution catastrophique pour la droite, et vit une cohabitation combative avec son vainqueur de l'Élysée, Jacques Chirac. Défaite humiliante en 2002 quand il est évincé du second tour par le dirigeant du FN, Jean-Marie Le Pen, en dépit d'un quinquennat à Matignon jugé plutôt réussi.

"Confiance absolue en sa réussite'

Dans son ouvrage Je ne me tairai plus, Bartolone évoque cette page noire du socialisme français : "Malgré les résultats, malgré la qualité de la gestion de l'équipe et du Premier ministre, nous n'avions pas de narration du pays et de la construction de l'avenir." Il relève que Jospin avait alors "une confiance absolue en sa réussite". Marié à une intellectuelle de renom, Sylviane Agacinski, le socialiste aime lui aussi la réflexion, l'écriture (il vient de publier Le Mal napoléonien). C'est à lui que dès juillet 2012, François Hollande, fraîchement élu président, confie une commission sur la rénovation de la vie publique. Mais la mise en oeuvre de nombre de ses propositions se fait attendre : "parrainage citoyen" des candidats à la présidentielle, 10 % de députés élus à la proportionnelle, meilleure représentativité du Sénat (qualifié par lui le 21 avril 1998 d'"anomalie démocratique").

Lionel Jospin est un fils spirituel de François Mitterrand - même si la place de fils préféré lui avait été ravie par Laurent Fabius. Il retrouvera au Haut Conseil un fervent mitterrandien, Michel Charasse, qui n'était pas d'accord avec sa volonté d'"inventaire". Le Conseil constitutionnel est composé de trois membres nommés par le chef de l'État, trois par le président de l'Assemblée, trois par celui du Sénat. Y siègent de droit les anciens présidents de la République, mais seul Valéry Giscard d'Estaing figure sur le site du Conseil, puisque Jacques Chirac s'est éloigné de la vie publique en raison de son état de santé et que Nicolas Sarkozy s'est mis en retrait après le rejet de ses comptes de campagne. Jospin sera donc le seul ex-Premier ministre à y siéger.

--------

Retour première page

Eugène Pottier (paroles, français, 1816-1887) et Pierre Degeyter (musique, belge, 1848-1932) : L'Internationale (juin 1871)