Janvier 2012 : Fadettes du Monde. Mise en examen de Philippe Courroye, le procureur de Nanterre
Décembre 2010 : Nouvelle condamnation démocratique du ministre sarkoziste de l'Intérieur Brice HortefeuxIndépendance de la magistrature, mythe ou réalité ?
De 1959 à 1994 le secrétariat du Conseil supérieur de la magistrature, chargé officiellement de la carrière des magistrats, est exercé par un magistrat qui est "très proche" du Président de la République, qui peut être en même temps son conseiller technique pour les affaires judiciaires...
Sous la présidence de M. Georges Pompidou (1969-1974), c’est Mme Simone Veil qui est secrétaire du CSM, et qui fera par la suite une brillante carrière politique.
Sous les présidences de M. François Mitterrand (1981-1995), Mme Danièle Burguburu est secrétaire du CSM, de 1981 à décembre 1992, date à laquelle elle est nommée, au tour extérieur (promotion politique), Conseiller d'Etat en service ordinaire. Elle est remplacée jusqu’en 1995 par Mme Paule Dayan, fille de M. Georges Dayan, un ami intime du Président de la République, qui depuis 1981 était, notamment, chargée au palais de l'Elysée des affaires judiciaires ...
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Septembre 2002 : La valse des magistrats (gouvernement Raffarin, ministre de la Justice Dominique Perben)
Avec près de 2 000 promus ou mutés sur 7 000, le nouveau garde des Sceaux n'a pas chômé cet été. Coup de zoom sur les plus importantes mutations
C'est une révolution silencieuse qui a bouleversé les palais de justice et les galeries de l'instruction. Au cœur de l'été (2002), près de 2 000 magistrats, sur les 7 000 que compte la profession, ont été proposés pour être mutés ou promus à l'occasion d'un mouvement d'une ampleur inégalée. A cela, deux raisons essentielles. La modification des textes qui régissent l'avancement dans la carrière et le changement de gouvernement de juin 2002. Ce dernier a, en effet, tout loisir de nommer les magistrats de haut niveau, par exemple le procureur de Paris ou les procureurs généraux. Aujourd'hui se dessine donc un nouveau paysage judiciaire qui ramène sur le devant de l'actualité une profession mal connue des Français. C'est l'occasion de faire le point sur cette rentrée judiciaire un peu particulière.
Des magistrats de cour d'appel.
Par ailleurs, la féminisation du corps - environ 50% des effectifs - ne facilite pas les choses. Les magistrates hésitent, par exemple, à opter pour des postes de procureur, qui nécessitent une grande disponibilité. Elles paraissent préférer les postes de juge aux affaires familiales ou encore de juge d'instance. D'autant qu'en cas de déplacement tout est à organiser, en catastrophe, dans le courant du mois d'août pour entrer en fonction dès les premiers jours de septembre. Difficile, alors, de trouver un logement, de scolariser les enfants. Puis de maintenir une vie de couple lorsque les conjoints sont parfois séparés de plusieurs centaines de kilomètres. L'administration ne facilite pas forcément les choses. «J'ai appris ma nomination en Corse en consultant la liste des promotions, confie un magistrat. C'est le seul viatique que l'on m'a donné avant mon départ pour ce poste plutôt sensible.»
Qui fait quoi ?
Il existe en France deux catégories de magistrats: ceux du siège et ceux du parquet. - Les premiers, inamovibles, ont pour vocation de juger. Ils rendent des arrêts lorsqu'ils sont conseillers à la Cour de cassation ou dans une cour d'appel. Lorsqu'ils sont en fonction dans un tribunal de grande instance, les magistrats du siège rendent un jugement. - Les seconds, membres du parquet, représentent la société. A ce titre, ils décident d'engager ou non des poursuites judiciaires. Dans chaque tribunal de grande instance de France, c'est le procureur de la République, assisté de substituts, qui a la maîtrise de l'action publique. Son supérieur hiérarchique est le procureur général près la cour d'appel, qui peut, le cas échéant, lui donner des instructions de poursuites. Une fois l'information judiciaire ouverte, elle est confiée à un juge d'instruction - juge du siège, lui - qui enquête soit personnellement, soit par le jeu d'une commission rogatoire, confiée à la PJ ou à la gendarmerie. L'énumération de ces différentes difficultés montre la complexité du mouvement annuel des magistrats, particulièrement important cette année. Il suscite bien évidemment des insatisfactions.
C'est le cas de ce juge d'instruction grassois, dont les mésaventures sont suivies de très près par le monde judiciaire. Fort mécontent de ne pas avoir été retenu pour un poste à la Réunion, pour lequel il s'estime parfaitement qualifié et qui le rapprocherait de sa famille, ce magistrat a saisi, le 4 juillet dernier, le Conseil d'Etat en s'appuyant sur la Convention européenne des droits de l'homme, qui garantit le droit à une vie familiale normale.
Or - grande première - le Conseil d'Etat lui a donné raison et a enjoint le garde des Sceaux de revoir sa copie. Il lui a demandé également de réexaminer les demandes de mutation pour les deux emplois de juge à la Réunion, au tribunal d'instance de Saint-Paul et de juge des enfants au tribunal de Saint-Pierre, où deux magistrats viennent d'être nommés. Le Conseil d'Etat réclame par ailleurs à la chancellerie de faire connaître les mesures prises pour assurer l'exécution de son ordonnance. En clair, le ministère de la Justice devra donc expliquer les motifs de ses choix, dévoiler les dessous de sa «cuisine» interne, ce qui est loin d'être habituel…
La course à l'avancement
La progression dans la carrière judiciaire est incroyablement complexe. Elle se fait à travers trois grades. Le premier, appelé «second grade», regroupe les débutants dans la profession (28%). Le deuxième, nommé «premier grade» (62%), ouvre la porte vers des postes de responsabilité. Mais seul le «hors hiérarchie» (10% du corps) permet d'accéder aux postes les plus prestigieux. Pour obtenir leur promotion, les magistrats s'inscrivent à un «tableau» qui recense, chaque année, tous les juges, procureurs ou substituts techniquement susceptibles d'être promus. La liste est dressée par une commission paritaire. C'est ce que l'on appelle la «transparence», qui peut comporter plusieurs centaines de noms. Interviennent ensuite les services de la chancellerie, qui font un choix et proposent les candidats au Conseil supérieur de la magistrature. Celui-ci donne son avis sur les propositions du ministère. Au terme de ce marathon, c'est finalement le président de la République qui, par décret, nomme le magistrat dans son nouveau poste ou dans sa nouvelle fonction.
Un nouveau procureur à Paris
Si les récentes dispositions en matière d'avancement réduisent l'écart de carrière et de salaire existant entre Paris et la province, certains postes demeurent prestigieux et très convoités. On trouve au premier rang celui de procureur de Paris, même si les chausse-trapes ne manquent pas.
Alors que l'ancien titulaire du poste, Jean-Pierre Dintilhac, a quitté ses fonctions depuis le mois de juillet pour rejoindre la Cour de cassation, il a fallu attendre septembre pour connaître le nom de son successeur. L'arrivée d'une nouvelle équipe au ministère de la Justice n'y est évidemment pas étrangère. Finalement, le garde des Sceaux, Dominique Perben, a choisi son candidat: Yves Bot, procureur de Nanterre et ex-conseiller de l'ancien ministre de la Justice Pierre Méhaignerie.
Professionnel incontesté, réputé pour son indépendance et son sens de l'organisation, Bot avait ouvert une information judiciaire dans le cadre de l'enquête sur les emplois fictifs du RPR. Investigations qui ont conduit à la mise en examen d'Alain Juppé. Un casus belli pour certains membres du clan Chirac, dont Juppé, qui ne souhaitaient pas voir le procureur de Nanterre à la tête du parquet de Paris.
Mais Yves Bot est aussi celui qui a prévenu l'Elysée - ce que l'Intérieur avait, semble-t-il, négligé de faire - de la tuerie de Nanterre, au cours de laquelle un forcené, Richard Durn, avait ouvert le feu lors d'une réunion du conseil municipal. Jacques Chirac ne l'a pas oublié. Tout comme il n'a pas oublié que le procureur de Nanterre s'était déclaré incompétent pour poursuivre le président de la République dans l'affaire des emplois fictifs du RPR, suivant, en cela, la décision du Conseil constitutionnel, le 22 janvier 1999. Le juge Patrick Desmure, qui vient d'être nommé procureur à Chartres, avait évidemment suivi les réquisitions du procureur.
Auparavant, en tant que procureur du Mans, Yves Bot, intransigeant, avait soutenu le juge d'instruction Thierry Jean-Pierre dans la fameuse affaire du prêt Bérégovoy, mettant en cause Roger-Patrice Pelat, un proche du président de la République de l'époque, François Mitterrand.
L'une des premières préoccupations d'Yves Bot, au demeurant excellent technicien du droit, sera de réorganiser le plus grand parquet de France, que certains considèrent comme fortement démobilisé et que bon nombre de parquetiers ont récemment quitté.
Le nouveau procureur de Paris devra, également, gérer de brûlants dossiers politico-financiers encore à l'instruction, comme les affaires Elf, Falcone ou encore les marchés de rénovation des lycées d'Ile-de-France. Il aura aussi à se prononcer sur l'épineuse question des «frais de bouche, de gestion et de cuisine» de la mairie de Paris, dénoncés par l'actuelle municipalité. Encore que Jacques Chirac doive être à l'abri de tout souci, les faits étant, semble-t-il, prescrits.
Par ailleurs, Yves Bot ne pourra rester insensible aux départs qui ont affecté le pôle financier. Depuis le début de l'année, deux juges emblématiques et pugnaces ont, en effet, quitté cette instance, où elles avaient beaucoup fait parler d'elles: Eva Joly est devenue conseillère du gouvernement norvégien pour les affaires de blanchiment et Laurence Vichnievsky, qui l'avait accompagnée dans les méandres de la sulfureuse affaire Elf, a rejoint le tribunal de Chartres comme présidente, où elle se frotte aux dures réalités de la gestion d'une juridiction. Françoise Desset, une nouvelle, a, depuis, rejoint le pôle financier et récupéré une partie des dossiers d'Eva Joly, tandis que Renaud Van Ruymbeke, qui s'est installé dans le bureau d'Eva, a repris la totalité de l'affaire Elf, dont l'instruction touche à sa fin. Un autre magistrat, et non des moindres, est également parti: Marc Brisset-Foucault, promu à la cour d'appel de Versailles. Ancien substitut à Créteil, Brisset-Foucault suivait l'affaire des HLM de la ville de Paris, instruite par Eric Halphen, aujourd'hui en disponibilité pour cause d'engagement politique au côté de Jean-Pierre Chevènement. Si l' «auteur Halphen» a connu un succès médiatique avec son livre Sept Ans de solitude, le «politique Halphen» a, en revanche, essuyé un échec aux législatives de juin 2002, n'obtenant pas suffisamment de voix pour être présent au second tour. Conformément au statut de la magistrature, Eric Halphen pourra soit réintégrer son corps d'origine dans maintenant deux ans, soit solliciter une nouvelle disponibilité pour trois ans supplémentaires. Au terme de ce délai, il devra définitivement choisir.
Nouvelles têtes Place Vendôme
Dans le saint des saints, au ministère de la Justice, les têtes ont également changé: Jean-Claude Marin, ex-chef du parquet financier de Paris, avocat général à la Cour de cassation, s'est vu confier la Direction des affaires criminelles et des grâces. Un poste clef. Le choix de Jean-Claude Marin n'est évidemment pas neutre. Véritable mémoire du parquet financier - il y a été nommé dès la fin de 1987 - il suivit, notamment, les affaires Pechiney et Société générale.
Le Conseil supérieur de la magistrature
Présidé par le chef de l'Etat et vice-présidé par le garde des Sceaux, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) - désigné pour quatre ans - a été entièrement renouvelé au printemps dernier. Le CSM a essentiellement deux missions: donner son feu vert pour la nomination des magistrats et exercer un pouvoir disciplinaire. Il comporte deux formations: l'une compétente pour les parquets, l'autre pour les magistrats du siège. Seules quatre personnalités extérieures au corps participent aux deux. Outre Jean Marmot - qui fut directeur de la Sécurité sociale - désigné par le président de la République, il s'agit de Jacques Ollé-Laprune - ancien secrétaire général du Sénat - désigné par le président du Sénat, de Dominique Rousseau - professeur de droit - désigné par le président de l'Assemblée nationale, et d'Alain Bacquet - conseiller d'Etat - élu par l'assemblée générale du Conseil d'Etat. Les six autres membres de chaque formation sont composés par des magistrats de Paris et de province.
Orfèvre en matière de droit pénal financier, Marin aura pour tâche de redonner du lustre et de l'efficacité à la Direction des affaires criminelles et des grâces. C'est elle qui élabore les projets de réforme, en matière de droit et de procédure pénale, et qui, sous l'autorité du garde des Sceaux, définit, anime, coordonne l'action publique. C'est aussi cette direction qui renseigne le ministre sur l'avancée des dossiers. Bref, le rôle de Jean-Claude Marin se révèle capital, Dominique Perben ayant clairement affiché son intention d'impulser, en liaison avec les parquets de France, une nouvelle politique pénale dans laquelle la Direction des affaires criminelles et des grâces sera amenée à fournir son expertise aux magistrats confrontés à des affaires complexes. Certains ont d'ailleurs vu, dans ce nouveau dispositif, une reprise en main des procureurs, dont l'indépendance ne serait pas respectée. Face à cette polémique, le garde des Sceaux s'est borné à mettre en avant le «pragmatisme» de sa méthode.
Place Vendôme, encore, d'autres bouleversements de taille sont intervenus pour des postes à haute responsabilité (aux Etats-Unis spoil system).
En ce qui concerne les mineurs - l'un des dossiers politiques du nouveau gouvernement - la chancellerie a décidé de mettre fin aux fonctions de ... (loi Fabius-Gayssot sur la liberté d'expression républicaine française), qui s'en va à la cour d'appel de Paris comme ... (loi Fabius-Gayssot).
Elle y retrouvera l'ex-conseiller des affaires de justice de Jacques Chirac à l'Elysée, Jean-Claude Antonetti, également promu président de chambre.
Daniel Ludet, un «politique» lui aussi, qui occupait le même poste, mais auprès de Lionel Jospin, a été bien traité, puisqu'il devient avocat général à la cour d'appel de Paris.
Jean-Louis Gallet, directeur des affaires civiles et du sceau, a, à son tour, été écarté. Pour l'heure, ce haut magistrat, ancien président de chambre à la cour d'appel de Versailles, ex-président du tribunal de Créteil, serait sans affectation, ce qui est inhabituel.
Des mutations sanctions
Qu'on ne s'y trompe pas: toutes les mutations ne constituent pas des promotions. En outre, il existe des sanctions déguisées en promotion… Ainsi, Jean-Paul Laurans, ancien président de la chambre de l'instruction, qui avait suscité une violente polémique en libérant, il y a quelques mois, Jean-Claude Bonnal, dit «le Chinois», soupçonné d'être un braqueur multirécidiviste et d'avoir commis plusieurs meurtres, a été envoyé à la Cour de cassation, perdant tout espoir quant au poste de procureur général qu'il convoitait.
Jacques Cazals, substitut général près la cour d'appel de Paris, a également changé d'affectation. Pour «manquement à l'honneur». Motif: sa négligence dans l'affaire des «disparues de l'Yonne», à une époque où il occupait les fonctions de procureur de la République à Auxerre (1992-1999). Alors qu'au printemps 2002 le représentant du ministère de la Justice - sous Marylise Lebranchu - réclamait au Conseil supérieur de la magistrature sa rétrogradation, Cazals n'a finalement subi qu'une sanction légère, puisque de substitut général à Paris il est passé substitut général à Versailles. A un niveau inférieur, le doyen des juges d'instruction de Nice, Jean-Paul Renard, soupçonné d'avoir fourni des informations puisées dans les fichiers du casier judiciaire à son obédience maçonnique, a été muté au tribunal d'instance d'Antibes. Poursuivi par le procureur de Nice, Eric de Montgolfier, Jean-Paul Renard s'était vu infliger une simple réprimande avec inscription au dossier par le Conseil supérieur de la magistrature. Aujourd'hui, ce même juge aurait, peut-être, quelques raisons d'être satisfait: Eric de Montgolfier, qui ferrailla autrefois avec Bernard Tapie, pourrait quitter la promenade des Anglais pour, dit-on, un poste de procureur général à Poitiers.
Rien n'est encore décidé. Tout dépendra des conclusions du rapport d'audit diligenté, en septembre 2001, par les services de la chancellerie au tribunal de Nice. A plusieurs reprises, Montgolfier avait critiqué le fonctionnement du parquet local et prévenu que, si ledit rapport ne partageait pas son analyse, il quitterait ses fonctions. Pourtant, s'il devait changer de poste, chacun ne manquerait pas de faire de son départ une interprétation politique. Et cela d'autant plus que des élus locaux de droite ont déjà fait savoir qu'ils souhaitaient voir le dynamique procureur prendre le large… Un exemple parlant de la délicatesse des mutations dans la justice.
L'EXPRESS, par Laurent Chabrun et Gilles Gaetner, 19 septembre 2002
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La justice française compte 7 000 magistrats de l'ordre judiciaire et 981 de l'ordre administratif, un chiffre qui n'a pas varié depuis un siècle. Ils sont répartis dans 35 cours d'appel et 81 tribunaux de grande instance. Secondés par 8 499 greffiers et greffières, ils traitent, en moyenne, 13 millions d'affaires par an, dont plus de 11 millions concernant les seulesinfractions pénales. La justice, ce sont également 139 tribunaux pour enfants, 473 tribunaux d'instance, 191 tribunaux de commerce, sans compter les tribunaux paritaires des baux ruraux (431), ou encore les tribunaux des affaires de sécurité sociale (116). La justice emploie, globalement, personnel pénitentiaire compris, plus de 64 000 agents. Les mécanismes de promotion dans la magistrature s'apparentent, pour un spécialiste de la question, à «une sorte de jeu de l'oie qu'on aurait croisé avec un jeu d'échecs» (voir l'encadré plus bas). Il faut savoir que le magistrat qui souhaite grimper l'échelle et guigne les plus hautes sphères aura d'abord intérêt à changer de poste le plus souvent, c'est-à-dire tous les cinq ou sept ans au maximum. Forcément contraignante, cette lente escalade réussit, finalement, à 10% des magistrats, qui terminent leur carrière au nirvana des juges, le «hors hiérarchie». Un objectif qui peut occuper toute une vie. Et dont le résultat reste d'autant plus hasardeux que, à chaque élection, le renouvellement du personnel politique, et en particulier du garde des Sceaux, rebat les cartes et sème le trouble dans les plans de carrière. D'où le risque, à tout moment, malgré le zèle ou le travail, de finir dans une voie sans issue…
«Du coup, de nombreux juges choisissent la stabilité et privilégient leur vie familiale à l'avancement», explique ce procureur, longtemps en poste en province, «et ce d'autant plus que certains s'investissent dans la vie locale ou associative», poursuit-il. On connaît ainsi des magistrats, comme ce médiatique juge du sud de la France, qui ont développé de véritables stratégies pour ne jamais bouger en revendiquant systématiquement des postes inaccessibles.
L'Express, M. Dovic, 19 septembre 2002
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Perben s'impose face au Conseil de la magistrature
JUSTICE Le garde des Sceaux explique au «Figaro» qu'il a décidé de nommer quatre magistrats du Parquet malgré l'avis défavorable du CSM--------
Emplois fictifs du RPR : étrange promotion du procureur
René Grouman avait prononcé un réquisitoire peu sévère contre Juppé.
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«Perben 2» braque juges et avocats
Ils dénoncent les dérives d'un projet de loi élargissant les pouvoirs de l'accusation. Le Sénat doit en débattre aujourd'hui et demain (20 et 21 janvier 2004).
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Fallait-il une loi spécifique pour « adapter la justice aux évolutions de la criminalité » ?Robert Badinter. Notre justice pénale souffre d'une inflation législative galopante : quinze réformes en dix ans, huit en quatre ans. Résultat : exaspération des magistrats et des avocats qui voient constamment changer les règles, et multiplication des risques de nullités des procédures. Trop de lois tuent la loi.
Ce texte répond-il à l'objectif affiché : lutter contre la grande criminalité ?
Nous en sommes bien loin. Difficile de parler de grande criminalité quand le texte vise, aujourd'hui, les transporteurs qui n'ont pas la licence de taxi ! Le projet touche à 418 articles du Code de procédure pénale. C'est un fourre-tout. Mais la lutte contre la grande criminalité financière et la corruption est la grande absente du texte, hormis la centralisation des affaires à Paris et dans les grandes juridictions. Et pourtant, c'est un fléau de nos sociétés. De même, en ce qui concerne la criminalité électronique, celle qui utilise Internet, la question n'est pas traitée dans le projet.
Tout est à rejeter ?
Le débat sur la justice n'est plus celui d'il y a vingt ans. Il ne s'agit plus d'opposer sécurité et liberté. Depuis que, en octobre 1981, le gouvernement de gauche a ouvert à tous les citoyens français le droit de saisir la Cour européenne des droits de l'homme, les principes européens s'imposent à la France. Le véritable problème est de donner à l'action de la justice son efficacité et sa clarté dans ce cadre européen. Le projet, dans sa confusion et sa complexité, méconnaît cet objectif.
« Cela permettra de faire du chiffre, de la production judiciaire de masse »
Comment réagissez-vous à l'instauration d'un fichier des délinquants sexuels ?
Je suis un partisan convaincu de la police scientifique. Le fichier des empreintes génétiques, créé en 1998, est bienvenu et il faut accélérer sa mise en place. En revanche, le fichier des délinquants sexuels, introduit dans le projet au cours des discussions, est très critiquable. S'il s'agit de connaître le passé judiciaire d'un suspect, le casier judiciaire numéro un, ouvert aux magistrats, le permet parfaitement. S'il s'agit de mettre à jour les adresses des personnes figurant au casier judiciaire, il suffirait d'un simple article au projet. Mais exiger que, deux fois par an, pendant vingt ou trente ans, des hommes qui ont été condamnés pour des faits qui ne sont pas nécessairement graves, et alors même qu'ils ont été réhabilités ou graciés, viennent pointer dans un centre de police pour dire que leur adresse n'a pas changé, c'est ajouter la peine à la peine, les stigmatiser aux yeux de leurs proches et de leur entourage. Il s'agit là d'une double peine injustifiable et qui nuira grandement à la meilleure prévention de la récidive : la réinsertion sociale et familiale.
Et la procédure dite du plaider coupable ?
Plus de procès public, généralement pas de victime présente, un avocat symbole, un juge simple contrôleur, et le parquet tout-puissant : c'est la rupture avec le principe selon lequel tout se joue au cours d'une audience publique et contradictoire. Cela permettra seulement de faire du chiffre, de la production judiciaire de masse.
Nicolas Sarkozy évoque l'idée d'une peine plancher pour les récidivistes. Qu'en pensez-vous ?
Une peine automatique de prison en cas de récidive est incompatible avec le principe d'individualisation des peines, acquis essentiel de l'humanisation de la justice. Les professionnels de la justice y sont opposés.
Comment expliquez-vous que les parlementaires qui, il y a peu, soutenaient le projet Guigou sur la présomption d'innocence, soutiennent aujourd'hui majoritairement le projet Perben ?
A l'origine de la loi Guigou, votée à l'unanimité, il y a eu le rapport de la commission Truche, créée par le président Chirac pour renforcer la présomption d'innocence trop souvent malmenée en France. Ensuite, avec les élections, le vent politique a tourné : il fallait donner à l'opinion publique le sentiment qu'on durcissait les lois pour protéger sa sécurité. D'où l'avalanche de textes et la succession des effets d'annonce. La justice, elle, n'y gagne rien.
Sommes-nous, comme le disent certains, face à une vraie révolution de la procédure pénale ?
Je crois que nous assistons à la mise en place d'un système où le parquet, dépendant du ministère de la Justice, jouera un rôle essentiel au détriment des juges du siège, notamment des juges d'instruction, et, bien sûr, des droits de la défense. L'acharnement productiviste, la volonté de mettre en place des procédures sommaires soulignent ce déséquilibre.
Que faudrait-il faire ?
Construire calmement le modèle français de justice pénale au XXIe siècle qui serait notre fierté dans l'Union européenne. J'en rêve. Finalement, à qui profite ce projet ? A Nicolas Sarkozy...
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Justice Jean-Denis Bredin, académicien, historien et avocat : «Un droit d'exception qui tient les droits de l'homme à l'écart»
Jean-Denis Bredin, académicien, professeur de droit renommé, historien et avocat, sonne l'alarme sur le projet de loi Perben, qui entre dans sa phase finale d'examen au Sénat, aujourd'hui et demain. Le projet de loi engendre-t-il ce bouleversement, dénoncé par beaucoup, de nos règles pénales ?----------
(Octobre 2004) Jeu de chaises musicales dans la haute magistrature
GROS CHANGEMENTS en perspective dans la haute magistrature.
Jean-François Burgelin, l'actuel premier procureur de France, procureur auprès de la Cour de cassation, part à la retraite cette semaine. Depuis des mois, en prévision de ce poste à pourvoir, les grandes manoeuvres sont enclenchées place Vendôme.
Le Conseil des ministres doit statuer demain et devrait avaliser une série de mutations stratégiques. A priori, l'insaisissable Jean-Louis Nadal, l'actuel procureur général de Paris, devrait hériter du fauteuil de Burgelin à la Cour de cassation.
Le poste vacant de Nadal devrait ensuite revenir à Yves Bot, procureur de Paris depuis deux ans seulement.
En bout de chaîne, Jean-Claude Marin, actuellement en poste au ministère de la Justice, est pressenti pour hériter de cette « tour de contrôle » des affaires judiciaires.
C'est du billard à trois bandes, analyse un magistrat parisien.
Il fallait écarter Yves Bot, réputé proche de Sarkozy et pas assez fiable pour l'Elysée, pour mettre à sa place un homme réputé sûr en prévision des échéances à venir. »
Dans les mois qui viennent, le nouveau procureur de Paris va devoir gérer plusieurs procès ultrasensibles : ceux des faux électeurs de Paris, puis le procès des HLM de Paris et celui de Michel Roussin, l'ancien bras droit de Jacques Chirac.
La nomination de Jean-Claude Marin est-elle le signe d'une reprise en main ? « Seul l'avenir jugera », réagit un juge parisien. A la veille de son départ, Jean-François Burgelin nous livre son témoignage. Il milite pour une totale indépendance du parquet...
L.V., Le Parisien, 12 octobre 2004, p. 16
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Dominique Barella, ex-magistrat et conseiller de Royal, critique la toute-puissance de l'exécutif : «Sarkozy a pris la tête de la justice» Par Jacqueline COIGNARD, Libération, QUOTIDIEN : samedi 27 janvier 2007
Dominique Barella, ex-président de l'Union syndicale des magistrats (USM), actuellement en détachement, fait partie de l'équipe de conseillers de Ségolène Royal. Dans OPA sur la justice (1), il décrit un pouvoir exécutif ministre de l'Intérieur en tête cherchant à asservir le «troisième pouvoir» en jouant sur toute une palette de moyens : attaques directes, pressions, gestion des carrières, distribution de médailles... Quelle charge ! Vous aviez besoin de vous défouler ? Pendant mes six années à l'USM, j'ai eu l'occasion de réaliser à quel point la Ve République, par son caractère bonapartiste, fait tout dépendre du chef de l'Etat. Il préside le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), nomme tous les magistrats par décret, etc. L'onction du suffrage universel tient tellement du sacre que personne ne s'étonne plus de telles particularités. C'est un système qui organise la toute-puissance de l'exécutif au détriment du Parlement et de la justice notamment. Il n'y a pas de neutralité et d'indépendance possibles pour la justice. Certes, ce n'est pas nouveau. Mais, depuis quatre ans, l'instrumentalisation de la justice atteint des sommets. Comment se manifeste cette instrumentalisation ? Le jeu des nominations a été très instructif. Prenons le cas d'Yves Bot, proche de Nicolas Sarkozy, nommé à la tête du parquet de Paris en 2002. Il s'est empressé de changer la quasi-totalité des chefs de service et d'assécher le pôle financier en traitant les affaires sous forme d'enquêtes préliminaires dont il gardait la maîtrise. Depuis quatre ans, nous avons aussi des gardes des Sceaux qui revendiquent leur pouvoir d'intervention dans des dossiers individuels, qui se flattent de ne pas suivre les avis du CSM en matière de nomination des magistrats. Enfin, cette législature finissante se distingue par l'omniprésence d'un ministre de l'Intérieur lancé depuis des mois dans la course à l'Elysée. C'est un homme qui a pris la direction de la justice en initiant des réformes de procédure pénale qui ont échoué sur Outreau, qui n'hésite pas à multiplier les pressions publiques sur les juges, qui s'est servi de la justice dans l'affaire Clearstream pour lutter contre le Premier ministre. Sarkozy est le principal raider de cette «OPA sur la justice» ? Et pour quel résultat ! C'est quand même lui qui a fini par déclencher un état d'urgence, une première depuis la guerre d'Algérie... Il a tout joué sur les effets d'annonce à court terme. Mais tous les gens arrêtés ne sont pas forcément coupables. Et il y a grand danger à mesurer, comme il le fait, l'efficacité de la police au nombre de gardes à vue réalisées. Comme ça ne marche pas, il cherche des boucs émissaires : les juges sont laxistes, il faut des peines automatiques, etc. Sur le plan doctrinal, il a une conception automatiste de la sanction. Or les mineurs dont il parle ont soixante ans de vie ou même plus devant eux. Il faudrait peut-être penser à les réinsérer. Le corps judiciaire ne s'accommode-t-il pas de ces pratiques ? C'est un système qui joue sur les faiblesses humaines et le besoin de reconnaissance. On ne devient pas un parangon d'indépendance et de courage juste en enfilant une robe de magistrat. Pas plus qu'en se voyant octroyer une carte de presse, d'ailleurs. Les magistrats ne sont pas aidés par ce système de distribution de médailles et de gestion des carrières. L'interdiction de recevoir des médailles qui frappe les députés et sénateurs au motif de la séparation des pouvoirs devrait être étendue aux magistrats. L'USM l'avait proposé. Sans grand succès. Pourquoi avez-vous choisi de vous engager politiquement ? J'ai envie de me battre pour corriger les dérives que je constate et que je décris dans ce livre. Arrive un moment où il faut prendre son courage à deux mains et aller jusqu'au bout de sa logique. Quand on voit l'affaire des HLM de la ville de Paris où un juge a subi toutes les manoeuvres de déstabilisation possibles, ou Clearstream où la justice a été instrumentalisée avec un listing bidon, on ne peut pas rester bras ballants. Dans n'importe quel pays européen ou aux Etats-Unis, le gouvernement aurait sauté. Au moins, en matière d'interventionnisme et de verrouillage des postes clés, la gauche a moins péché dans sa période récente. Ségolène Royal écoute les citoyens «sachant» dans leur domaine. Je fais des propositions. Ça se tente. Quelles propositions faites-vous à Royal ? Je suggère d'associer le plus possible les citoyens aux décisions de justice, comme dans les tribunaux pour enfants où la composition du tribunal est mixte. Il s'agit de rétablir un lien de confiance qui n'existe plus. Autre axe prioritaire : la défense des libertés publiques. Il faut absolument faire baisser les détentions provisoires, par le biais de l'assignation à résidence avec contrôle policier, par exemple. Enfin, je prône un réaménagement de la carte judiciaire. Dans les tribunaux d'instance, il faudrait regrouper la justice «ambulatoire», celle qui touche tout le monde et qui doit être proche géographiquement : divorces, tutelles, tribunaux pour enfants, accidents de la route. A l'inverse, les opérations judiciaires lourdes comme les affaires criminelles devraient être centralisées à un échelon départemental, voire régional.--------
mardi 5 juin 2007, 12h24 Un magistrat grièvement blessé à coups de couteau dans son cabinet à Metz
METZ (AFP) - Un magistrat a été grièvement blessé mardi à coups de couteau par la mère d'un enfant dont il venait de prolonger le placement en foyer, lors d'une audience dans son bureau au tribunal de grande instance (TGI) de Metz, a-t-on indiqué de sources concordantes. Le magistrat, Jacques Noris, âgé d'une soixantaine d'années, vice-président du TGI chargé du tribunal pour enfants, a reçu trois coups de couteau au ventre et a été évacué par le Samu à l'hôpital Bon-Secours de Metz, a indiqué un médecin du Centre d'appels d'urgence (le 15). Le juge a été poignardé vers 10H30 par la mère, une femme de 36 ans, avec un couteau dont la lame mesurait une vingtaine de centimètres, a-t-on précisé de source préfectorale. Aucun organe vital n'a été atteint, selon la préfecture. Toutefois, selon Guerric Hénon, conseiller à la cour d'appel de Metz et délégué régional de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), "M. Noris a perdu connaissance" et serait "entre la vie et la mort". "Le diagnostic des médecins est réservé", a ajouté M. Hénon, Ancien juge d'instruction et magistrat confirmé, M. Noris venait de prolonger le placement de l'enfant de cette jeune mère chez ses grands-parents paternels en raison, semble-t-il, de "carences éducatives" constatées chez les parents, a précisé une source judiciaire sous le couvert de l'anonymat. Une manifestation aura lieu à 14H00 sur les marches du palais de justice de Metz pour "dénoncer les conditions de sécurité inadmissibles dans lesquelles travaillent les magistrats", a indiqué M. Hénon. "Un justiciable a pu introduire une arme non seulement dans l'enceinte du tribunal mais dans le cabinet d'un juge", a observé le délégué de l'USM. Selon lui, ces "conditions de sécurité déplorables" ne seraient pas propres au tribunal de Metz. La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a fait part de sa "vive émotion", adressant au magistrat "ses voeux de prompt rétablissement" et l'assurant "ainsi que l'ensemble des magistrats et des fonctionnaires de son soutien dans l'exercice souvent difficile de leurs missions". Mme Alliot-Marie "rappelle que la sûreté des juridictions est une priorité qui doit faire l'objet de réponses pragmatiques et diversifiées reposant notamment sur le développement de moyens de contrôle, de surveillance et de prévention".-----
jeudi 7 juin 2007, 18h51
Paris Hilton libérée pour raison de santé, va purger sa peine à domicile
Yahoo.fr, actualités,
Par Tangi QUEMENER
Enquête interne sur un possible favoritisme envers Paris Hilton en prison
Yahoo.fr, actualités,
AFP - Vendredi 13 juillet, 21h09LOS ANGELES (AFP)
- Le bureau du shérif de Los Angeles a ouvert une enquête interne destinée à déterminer si l'héritière Paris Hilton a bénéficié d'un traitement de faveur lors de son séjour en prison le mois dernier, a-t-on appris vendredi de source policière.
Le porte-parole du bureau du shérif, Steve Whitmore, a confirmé à l'AFP le lancement de cette enquête, sans donner plus de détails.
Selon le Los Angeles Times, des policiers se sont plaints de voir la jeune femme, incarcérée pour conduite sans permis en violation d'une mise à l'épreuve, être autorisée à utiliser un téléphone portable au lieu des téléphones publics de la prison. La jeune femme, qui a passé 23 jours en prison au total, a reçu des visites quotidiennes de la hiérarchie du personnel pénitentiaire qui lui remettait son courrier, selon le journal. La princesse de la jet-set aurait aussi obtenu un uniforme neuf, ce qui n'est pas la norme. Le LA times cite comme source deux responsables du bureau du shérif, sous couvert de l'anonymat. Cette administration gère la prison pour femmes de Lynwood (sud de Los Angeles) où Paris Hilton, 26 ans, a passé la majorité de son séjour sous les verrous. Le bureau du shérif avait déjà essuyé de fortes critiques après la libération de Paris Hilton au bout de trois jours. Le parquet avait alors réclamé, et obtenu, que la jeune femme purge la totalité de sa peine de 45 jours, en fait 23 jours en tenant compte des remises de peine pour bonne conduite.-------
«La peur de la sanction n’empêche pas la récidive»
Hélène Franco, vice-présidente du Syndicat de la magistrature, s’élève contre le projet de loi sur les peines planchers voté hier à l’Assemblée
Par ONDINE MILLOT, Libération,
QUOTIDIEN : jeudi 19 juillet 2007
Pensez-vous que les peines planchers permettront de lutter contre la récidive des «délinquants endurcis», comme le dit le gouvernement? Non, et c’est là toute l’absurdité de cette loi : on nous dit qu’elle veut lutter contre la grande délinquance, mais elle va aboutir au contraire à remplir les prisons de petits délinquants. L’ironie, c’est que c’est une étude faite par le rapporteur de la loi au Sénat qui le prouve.
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La justice tord le droit pour sauver un avocat
La cour d’appel d’Aix et la Cour de cassation sont revenues sur une décision sanctionnant fortement Me Lombard.
Par Renaud Lecadre, Libération,
QUOTIDIEN : mardi 18 septembre 2007, p. 13
Une boulette d’avocat empoisonne la justice française depuis un quart de siècle.
Commise par M e Paul Lombard, elle pèse plusieurs millions d’euros.
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Les magistrats de Strasbourg critiquent Rachida Dati
lemonde.fr 18.09.07 | 14h08
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Par AFP LIBERATION.FR : jeudi 4 octobre 2007 Le premier président de la cour d'appel d'Agen a saisi le Conseil supérieur de la magistrature du cas du procureur général d'Agen à qui la garde des Sceaux a demandé de quitter son poste.
Le premier président de la cour d'appel d'Agen René Salomon a indiqué jeudi qu'il avait saisi le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) du cas du procureur général d'Agen à qui la garde des Sceaux Rachida Dati a demandé de quitter son poste.
"Nous sommes inquiets et indignés", a indiqué M. Salomon au cours d'une conférence de presse souhaitant que la garde des Sceaux "revienne sur cette décision" et précisant qu'il avait "saisi le Conseil supérieur de la magistrature".-------
Le syndicat de la magistrature se dit victime de discrimination Libération.fr avec source AFP LIBERATION.FR : mardi 20 novembre 2007
La présidente du syndicat a saisi la Halde après avoir été écartée, selon elle, d'une formation à l'école nationale de la magistrature. Les relations entre les magistrats et le ministère de la Justice ne risquent pas de s’améliorer. La Haute autorité de lutte contre les discriminations a été saisie par la présidente et un membre du Syndicat de la magistrature (SM, gauche) pour discrimination à l’Ecole nationale de la magistrature (ENM), a-t-on appris mardi auprès du SM et de la Halde. La présidente du SM, Emmanuelle Perreux, estime avoir été victime en 2006 de discrimination de la part du cabinet du ministre de la Justice d’alors, Pascal Clément. Cette juge d’application des peines (JAP), qui avait déjà fait des interventions devant les futurs magistrats, avait déposé sa candidature pour être chargée de formation sur l’application des peines à l’ENM. Auditionnée par la commission de recrutement de l’ENM en avril 2006, Emmanuelle Perreux a reçu un avis favorable, qui a été suivi par le directeur de l’école, Michel Dobkine. Ce dernier, qui sera par la suite brièvement directeur de cabinet de Rachida Dati de mai à juillet 2007, avait annoncé à l’intéressée que sa candidature était retenue et qu’elle devait commencer les cours dès que possible. La magistrate a débuté ses enseignements en mai 2006. Mais la procédure prévoit une validation par le garde des Sceaux du choix fait par le directeur de l’ENM. Inquiète de ne pas avoir de nouvelle de la Chancellerie, Emmanuelle Perreux a fini par être informée en juin 2006 que sa candidature n’avait finalement pas été retenue et qu’une autre candidate aurait le poste. «Je prétends qu’il s’agit d’une discrimination syndicale de la part du cabinet de Pascal Clément», a déclaré à l’AFP Emmanuelle Perreux, qui cite le cas d’une autre collègue du SM dont les multiples candidatures à des postes d’enseignement à l’ENM n’ont jamais été retenues. Ces deux dossiers ont été adressés à l’été 2006 à la Halde, qui doit les examiner en décembre, a-t-on appris mardi auprès de la Haute autorité. Emmanuelle Perreux a parallèlement déposé un recours devant le Conseil d’Etat, qui est en cours d’instruction. Un autre dossier devrait être prochainement déposé auprès de la Halde sur une discrimination présumée auprès d’une autre magistrate du SM, refusée en août 2007 par Rachida Dati alors qu’elle avait fait l’objet d’un avis favorable de la commission de recrutement de l’ENM, a-t-on appris auprès du syndicat.--------
Code de la route
Justice clémente pour un fils Fillon?
Par LEXPRESS.fr, publié le 28/09/2009 18:28 - mis à jour le 28/09/2009 18:46
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Enquête sur la magistrate d'un procès lié à Nicolas Sarkozy Par Reuters, publié le 15/12/2009 à 18:56 lexpress.fr
PARIS - Une enquête interne a été lancée sur une magistrate de Nanterre (Hauts-de-Seine) qui a débouté Nicolas Sarkozy d'une demande de réparation financière après une spoliation de son compte bancaire, a-t-on appris de source judiciaire. Isabelle Prévost-Desprez, présidente de chambre au tribunal correctionnel, a été auditionnée mardi par la présidente du tribunal, Chantal Arens, a-t-on appris de source judiciaire. Il s'agissait d'examiner les griefs soulevés par le procureur de Nanterre, Philippe Courroye. L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) parle dans un communiqué "d'atteinte à l'indépendance de l'autorité judiciaire" et a exprimé son soutien à Isabelle Prévost-Desprez. Philippe Courroye, qui a fait état par le passé de relations amicales avec Nicolas Sarkozy, reproche à la magistrate la communication à la presse du jugement concernant le chef de l'Etat, non conforme à ses réquisitions. Le tribunal avait jugé le 8 juillet qu'il n'était pas possible juridiquement de statuer avant la fin du mandat présidentiel de Nicolas Sarkozy sur la demande de réparation d'un vol de 176 euros sur son compte bancaire. La juridiction présidée par Isabelle Prévost-Desprez (appliquant le droit européen, notedt) avait conclu que l'immunité pénale du chef de l'Etat introduisait une atteinte au principe d'égalité des armes avec les prévenus. Le tribunal concluait aussi que, du fait de l'autorité dont dispose le président sur les magistrats du parquet, il était possible que les justiciables s'estiment victimes d'un procès irrégulier. Ce jugement, dont Nicolas Sarkozy a fait appel, met le chef de l'Etat en difficulté dans l'affaire des faux listings Clearstream, où son rival Dominique de Villepin soulève des arguments similaires. Le jugement sera rendu le 28 janvier.--------
09/01/2010 à 00h00 AFP Par SONYA FAURE et KARL LASKE Pas de glissements au parquet
Courroye, ami de Sarkozy, devait remplacer, à Paris, le procureur Marin, appelé à être promu. Tout est gelé.La valse des procureurs a tourné court. Jean-Claude Marin, le procureur de la République de Paris, qui s’attendait à être nommé procureur général de Paris, ne bougera pas. Et Philippe Courroye, l’actuel procureur de Nanterre, qui comptait le remplacer, reste à son poste. Le gel, momentané, des ambitions par la chancellerie a conforté les syndicats de magistrats qui voyaient d’un mauvais œil l’arrivée de Courroye à Paris.
En décembre, le procureur de Nanterre a été sous le feu des critiques après avoir demandé, par écrit, des sanctions disciplinaires contre Isabelle Prévost-Desprez, présidente de chambre correctionnelle, accusée d’avoir tenu «des réflexions orientées à l’audience». Une «mise en cause invraisemblable» selon l’Union syndicale des magistrats (USM). «Qu’un procureur, et pas n’importe lequel, se soit cru autorisé à demander la tête d’un juge, c’est sans précédent, explique Christophe Régnard, président de l’USM. Les collègues étaient stupéfaits.» Les griefs formulés par Philippe Courroye concernaient justement trois dossiers sensibles qui avaient été directement gérés par le parquet sous la forme d’enquêtes préliminaires : le piratage des comptes bancaires de Nicolas Sarkozy, le trafic d’influence impliquant l’équipe de Manuel Aeschlimann, ancien maire UMP d’Asnières, et enfin l’abus de faiblesse au préjudice de Liliane Bettencourt. Méfiance. «On s’est toujours dit que nommer Jean-Claude Marin procureur général pour faire la place à Philippe Courroye était difficilement explicable à l’opinion publique, alors que le président de la République nous dit qu’il est l’ami personnel de M. Courroye, poursuit Christophe Régnard. Par ailleurs, à l’Élysée on continue de se méfier de M. Marin, qui était chiraquien.» «Si je bouge, je bouge, si je ne bouge pas, je ne bouge pas, expliquait le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, jeudi, à Libération. Je suis bien ici, c’est le plus beau poste du ministère public.» Véritable vigie des affaires sensibles, le haut magistrat, longtemps patron du parquet financier, nommé procureur à Paris en 2004 sous Chirac, a lui aussi essuyé les critiques. Fervent partisan de la suppression du juge d’instruction, il a récemment requis le maintien d’un contrôle judiciaire strict pour les mis en examen de Tarnac, un non-lieu pour Jacques Chirac dans l’affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris, et a conclu l’enquête préliminaire visant Julien Dray par un simple rappel à la loi. «Fil blanc». «Dans l’affaire Dray, Jean-Claude Marin a fait le bon élève en étant magnanime, explique Mathieu Bonduelle, secrétaire général du Syndicat de la magistrature (SM). Lui donner accès au dossier d’enquête préliminaire alors que personne n’a accès à ce type de dossier et lui adresser un simple rappel à la loi, qui signifie que les faits sont constitués, c’est cousu de fil blanc. Dans des affaires moins graves, on a des renvois devant le tribunal.» «Marin a violé le code de procédure pénale en communiquant le dossier», dit Christophe Régnard. Le procureur défend le caractère «novateur» du traitement rapide du dossier Dray. Et signale qu’il a transmis le dossier à la Cour des comptes pour qu’elle se penche sur les irrégularités de gestion des associations de la nébuleuse SOS Racisme. Dans l’affaire Clearstream, en revanche, Jean-Claude Marin n’aurait pas été suffisamment «bon élève». En octobre, il a requis dix-huit mois de prison avec sursis et 45 000 euros d’amende à l’encontre de Dominique de Villepin. La sévérité de la peine a été dénoncée par la défense, mais ses attendus ont fortement déplu aux avocats de la partie civile Nicolas Sarkozy. Qualifiant l’ancien Premier ministre de «complice par abstention», le procureur de la République n’a pas suivi les juges d’instruction de l’affaire qui voyaient en lui «l’instigateur, le commanditaire de la dénonciation calomnieuse». «Le parquet a eu avec les juges d’instruction des positions parfois opposées», se défend le procureur, déplorant que dans cette affaire, l’accusation soit tenue par les juges. «Livreur de personne». Au procès, la chaise du procureur est vide lors de la plaidoirie de Me Thierry Herzog, l’avocat de Sarkozy. Elle l’est aussi pour les autres parties civiles, mais l’Élysée enregistre. «Le président qui m’importe, c’est celui du tribunal et ses deux assesseurs, assure Marin. Je ne suis le livreur de personne. Le parquet a considéré que la mise en examen et la condamnation de Dominique de Villepin comme instigateur ne tenait pas.» Le tribunal tranchera le 28 janvier, mais quel que soit son jugement, Jean-Claude Marin ne tiendra pas l’accusation comme procureur général en cas d’appel.---------
17/12/10 17:19 Brice Hortefeux condamné pour atteinte à la présomption d'innocence
PARIS (AP) — Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a été condamné vendredi à un euro de dommages et intérêts pour atteinte à la présomption d'innocence d'un ancien conseiller de l'ex-ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie. L'avocat de M. Hortefeux, Me Philippe Blanchetier, a dit à la presse qu'il allait faire appel de cette décision. Invité du "Grand Jury" RTL-"Le Figaro"-LCI le 17 octobre, Brice Hortefeux avait été interrogé sur les sources du quotidien "Le Monde" dans l'affaire Bettencourt. Il avait alors évoqué, sans le nommer, David Sénat, conseiller de Michèle Alliot-Marie au ministère de la Justice. La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) avait mené une enquête à la fin de l'été et désigné M. Sénat comme la source du quotidien. "Quand vous avez quelqu'un qui a accès à des documents qui sont confidentiels dans un cabinet ministériel, je pense qu'elle (la DCRI) est fondée à agir", avait déclaré M. Hortefeux pour justifier l'intervention de la Direction centrale du renseignement intérieur. En répétant à plusieurs reprises que les informations de la DCRI concernant la mise en cause de M. Sénat avaient été "vérifiées" et ne laissaient aucune place au doute, M. Hortefeux a porté atteinte à la présomption d'innocence de l'ancien conseiller de la ministre, a considéré le tribunal. Le ministre de l'Intérieur a été condamné à un euro de dommages et intérêts et devra verser en outre 3.000 euros au titre des frais de justice. Le même tribunal a débouté vendredi M. Sénat dans une autre affaire l'opposant au quotidien "Le Figaro". Toutefois, les juges ont noté qu'un conseiller ministériel "peut légitimement être appelé à fournir des informations, le cas échéant 'sensibles', à des journalistes" sans que cela ne constitue pour autant une violation d'un secret professionnel. M. Sénat a été placé en garde à vue mercredi avant d'être remis en liberté jeudi dans l'enquête sur les fuites au quotidien "Le Monde" d'éléments de procédure de l'affaire Bettencourt. Le ministère de l'Intérieur s'est refusé au nom du secret-défense à communiquer au parquet les éléments de l'enquête de la DCRI ayant permis d'identifier M. Sénat comme l'informateur du quotidien du soir. Le journal a porté plainte pour "violation du secret des sources". Ce n'est pas la première condamnation pour le ministre de l'Intérieur. M. Hortefeux a été condamné le 4 juin dernier à 750 euros d'amende pour ses propos à caractère raciste prononcés lors de l'université d'été de l'UMP en septembre 2009 à Seignosse (Landes). Le tribunal avait requalifié les faits en injures non publiques à caractère racial, une simple contravention de 4ème classe punie de 750 euros d'amende, et débouté les trois associations qui s'étaient jointes à l'action du MRAP. Le ministre a fait appel. La cour examinera le 5 janvier la recevabilité des associations qui ont poursuivi M. Hortefeux. Le fond du dossier sera examiné à une date ultérieure. AP--------
C'est un nouveau casse-tête pour le garde des sceaux. Que va faire Michel Mercier après la mise en examen, mardi 17 janvier, de Philippe Courroye, le procureur de Nanterre? Seul le ministre, "informé de faits paraissant de nature à entraîner des poursuites disciplinaires contre un magistrat du parquet", peut suspendre le magistrat, après avis du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) et des chefs de juridiction.
Il n'en fera probablement rien, pour trois raisons. Philippe Courroye, d'abord, est un proche du chef de l'Etat, et toutes les décisions ne se prennent pas à la chancellerie.--------