Lien vers l'homosexualité et l'Islam

Janvier 2012 : Présidentielle Française, le candidat socialiste s'engage fermement en faveur des gays

Mai 2008 : Rama Yade pour la libération mondiale des homos

Décembre 2004 : Soutien de toute la gauche à une partie de la droite contre l'homophobie. Liberté d'expression républicaine.
Novembre 2004 : Le profil homophobe
Sida : l'explosion. Nécrophilie ?
Octobre 2004 : Claude Chirac et le "Tout Paris" chez les homos
Août 2004 : A Marseille c'était bidon
Mamère, le maire homophile de Bègles
Genève, avril 2004 : Alliance entre le Vatican et l'Islam

Paris, 28 juin 2003 : HOMOSEXUALITE. La Gay pride fait le spectacle ! (avec la participation remarquée du maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë, de l'ancien ministre et député socialiste Jack Lang, du député chiraquien Jean-Luc Roméro, de l'ancienne ministre verte Dominique Voynet, et même partiellement de l'ancien premier ministre socialiste Laurent Fabius ...).
Près de 700 000 personnes ont défilé hier à Paris pour la marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans. Derrière la fête, des revendications contre l'homophobie et pour une vraie intégration.

«VOUS SAVEZ jeune homme, à mon âge, plus rien ne me choque ! » Michèle, une retraitée de 68 ans, a fait le voyage « exprès » en train depuis Amiens pour assister à sa première Gay Pride. « Chaque année, je vois des images à la télévision mais ça ne dure que trois minutes au 20 Heures, explique-t-elle. Pour une fois, j'ai voulu voir de moi-même à quoi ça ressemblait. C'est un spectacle bon enfant, avec de magnifiques costumes. Comme au carnaval ».
Côté spectacle, Michèle n'a pas été déçue. Près de 700 000 personnes ont défilé hier sous ses yeux, de la place d'Italie à celle de la République à Paris, pour cette marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans (ex-Gay Pride). Comme l'année dernière, l'interminable cortège s'est étiré lentement sous les décibels de musique techno crachés par d'énormes enceintes perchées sur des semi-remorques.
Entre chaque poid-lourds, les vendeurs ambulants proposent des sifflets à roulettes (accessoire indispensables pour faire du bruit dans le défilé) et des petits drapeaux arc-en-ciel à 2 € pièce. Sophie, 32 ans, n'en perd pas une miette derrière l'objectif de son Canon. « C'est l'occasion de faire des clichés magnifiques », confie cette jeune photographe amateur. A sa demande, un travesti arborant une perruque blond platine et un drag-queen dénudé et juché sur des chaussures plate-forme de plus de dix centimètres de haut se prêtent de bonne grâce au jeu des photos.

La scène ne choque plus grand monde. Selon un sondage publié hier et réalisé par l'Ifop pour le journal « Le Monde » et le site Internet gay.com, 61 % des Français déclarent d'ailleurs qu'ils accepteraient « bien » que leur enfant soit homosexuel, contre 41 % en 1995.

En tête de cortège, l'ambiance est plus revendicative que visuelle.
« Vous voulez voir ma culotte ? »
Sans slogan mais derrière une grande banderole blanche appelant à « agir contre l'homophobie, la lesbophobie et la transphobie », quelques hommes politiques accompagnent les organisateurs : le maire de Paris Bertrand Delanoë, Jack Lang, Dominique Voynet, Jean-Paul Huchon pour la gauche et pour la première fois un l'élu de droite, Jean-Luc Romero (UMP). L'ancien premier Ministre Laurent Fabius, qui les rejoint place de la Bastille, prend même position en estimant que la société devra « évoluer sur l'homoparentalité ». Hervé, sa compagne Catherine et leurs deux enfants, du Plessis-Trévise (Val-de-Marne) assistent eux aussi au défilé. « On a participé par hasard à la Gay Pride de Montréal lors d'un voyage au Québec il y a trois ans. C'était une immense fête de rue. A Paris, c'est beaucoup plus militant et les chars sont plus revendicatifs. »
A quelques mètres de là, un homme habillée d'une mini-jupe et chaussé de talons aiguille apostrophe un photographe qui s'attarde un peu trop sur sa plastique. « Vous voulez voir ma culotte peut-être ? Cherchez la signification monsieur, plutôt que le sexe ! »
Aymeric Renou, Le Parisien, dimanche 29 juin 2003

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(Avril 2004) L'homophobie a toujours droit de cité à l'ONU
Face à un tir de barrage de pays musulmans et du Vatican, le Brésil a dû retirer son projet de résolution contre les discrimations envers les homosexuels.

Le Brésil du président Lula, qui avait pourtant le soutien de 18 pays européens et du Canada, a capitulé sous la pression des pays islamiques et du Vatican. Brasilia avait eu l'outrecuidance de présenter un texte «sur l'orientation sexuelle» à la 60e session de la commission des droits de l'homme de l'ONU à Genève. Un texte inoffensif, sans valeur autre que symbolique, qui se bornait à rappeler que les homosexuels et les lesbiennes ne doivent pas être discriminés.

Piqûre.
Cela n'aurait dû être qu'une piqûre de rappel du principe d'égalité entre les êtres humains. Mais, emmenée par le Pakistan et l'Egypte, l'Organisation de la Conférence islamique (OCI) s'est mobilisée, appuyée plus discrètement par le Vatican pour empêcher le vote même de cette résolution. Et ils y sont parvenus. L'année dernière, les mêmes protagonistes avaient déjà fait barrage au vote de cette résolution à l'ONU.

L'OCI a expliqué que l'homosexualité «contredit directement les principes de l'islam et des autres religions». Un amendement présenté par six pays musulmans voulait supprimer le terme «d'orientation sexuelle» pour dire à la place que les droits de l'homme «s'appliquent à tous». Cette formule si vague aurait vidé de son contenu le texte brésilien, pourtant modeste. L'Egypte et le Pakistan insistaient pour ajouter au projet de résolution le fait que «la famille est l'unité naturelle et fondamentale de la société et a droit à la protection de la société et de l'Etat». Cette levée de boucliers des pays arabo-islamiques s'est traduite par une offensive diplomatique de grande envergure. Ils ont purement et simplement menacé le Brésil de bouder le sommet qui doit se tenir en septembre à Brasilia entre les pays d'Amérique latine et arabes.

«Regrettable».
Résultat : vendredi dernier, la mission diplomatique reconnaissait sa défaite. Elle faisait savoir qu'elle retirait son projet de résolution, sans même le soumettre au vote : «Depuis novembre, nous avons mené des consultations avec de nombreux pays, mais nous ne sommes arrivés à aucune position commune. Notre initiative ne visait qu'à renforcer la protection et la promotion des droits de l'homme, pas à condamner quiconque», expliquait-elle dans un communiqué de presse. Les organisations de défense des droits de l'homme ont évidemment déploré les pressions faites par les pays islamiques et le Vatican. «C'est regrettable, explique Lubna Freih, de Human Rights Watch. Le Brésil s'était engagé courageusement. Il avait le soutien de tous les pays européens et, en dépit des pressions du Vatican, tous les pays d'Amérique latine. L'Afrique du Sud aurait suivi, alors que les Etats-Unis se seraient abstenus. Nous pensions que le texte aurait pu passer avec une voix de majorité...»

La déception est très forte chez les associations homosexuelles. Dans une déclaration publique, John Fisher, de l'organisation canadienne ARC, a déclaré : «Les lesbiennes, les gays, les bisexuels, les transsexuels, proviennent de toutes les religions, de tous les pays, de toutes les cultures. Leurs droits sont violés tous les jours dans beaucoup de pays. Les experts de l'ONU ont constaté à maintes reprises qu'ils ont été victimes d'assassinats, de thérapie par électrochoc, de torture, de viols multiples... Une résolution est nécessaire pour réaffirmer avec force que les lesbiennes, les gays, les bisexuels et les transsexuels sont aussi des êtres humains et que leurs droits ne peuvent être violés dans l'impunité.»
Libération, Par Pierre HAZAN, samedi 10 avril 2004, p. 10

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(Août 2004) A Marseille, agression, émotion... et tout est bidon

Un mois après la fausse attaque antisémite dans le RER D, un jeune homosexuel affirme avoir été l'objet de violences homophobes. Retour sur un début d'emballement.

Vendredi 30 juillet.
Un collectif «contre l'homophobie et le sexisme» prévient Libération d'une violente agression homophobe à Marseille, dans le quartier du Panier. Une conférence de presse se tiendra le lundi suivant. Le lendemain, la Provence dévoile l'histoire, en titrant «L'inquiétante agression homophobe du Panier»
Homophobe ? Très vite, le doute s'installe. Retour sur une histoire «pas aussi simple qu'il n'y paraît», selon les mots d'une source policière.

Coups.
Samedi 24 juillet, vers 21 heures. «Je me trouvais avec des amis, dont quatre filles.» C'est ainsi que commence l'e-mail signé Rémi, que le collectif diffuse. Rémi a 24 ans, il vient de finir de dîner tranquillement chez lui avec des amis et se prépare à sortir. Il est parti prendre une douche. Sa voisine Angélique, accompagnée de son compagnon, Thierry, entre chez lui en fracturant la porte. Thierry s'en prend à Christian, 56 ans, un ami de Rémi. Il lui donne deux gifles. Il dit : «Vieille pédale, va te faire enculer, c'est pas toi que je veux, c'est l'autre pédé.»

Rémi sort de sa douche à ce moment-là. Lui, il est frappé au visage. Descend les quatre étages «à coups de pied dans le ventre et à coups de poing». En même temps, Thierry lui donne des «sale tapette, t'es bon qu'à te faire enculer», «face de pamplemousse». Plus tard, une vingtaine de gens de l'immeuble et du voisinage, rassemblés «autour de [ses] agresseurs», se déchaînent. Ils crient, vocifèrent : «Les pédés à Dachau ! Tes parents sont des parents indignes, on fait leur boulot en te massacrant. Si j'étais à leur place je t'aurais crevé comme un chien», etc.

Au téléphone, Rémi se dit «choqué». Il vit depuis un an et demi dans la Panier, il a toujours eu de bons rapports de voisinage avec ses voisins, ne fait pas de bruit. «Je ne comprends pas», dit-il «c'est parce que je suis homo qu'ils ne me supportent pas dans le quartier». Il ne veut pas donner son nom pour rester «discret par rapport à [sa] famille». Et puis il glisse qu'«une élue a pris part à cela».
Après, il décrit le Panier. Sa «loi du silence», son «esprit mafia». Rémi a reçu des menaces de mort. «Si on est asiatique doublé d'un homo c'est la tare», conclut le jeune homme. Son ami Christian précise que les parents de Rémi ont eu «beaucoup de mal» à accepter l'homosexualité de leur fils : son père a déjà voulu «lui mettre une branlée». C'est Sandra, une convive de Rémi, qui décide de prévenir le collectif. Les victimes ont déposé une plainte au commissariat du IIe arrondissement.

Le commissariat ne «peut» rien dire. Pour ses voisins, Rémi est «bruyant», «remue souvent les meubles». Le soir de l'agression, une dame a bien entendu «quelques cris et puis plus rien». C'est tout. Personne ne confirme ni l'agression ni le rassemblement. Une voisine connaît Angélique, «l'élue» de droite. Elle a plutôt «mauvaise réputation». C'est une «grande gueule». Elle a déjà eu des problèmes de voisinage. Lundi 26 juillet, au commissariat de Marseille, une source proche de l'enquête prévient : «Je n'ai pas l'autorisation de communiquer, mais on me demande d'être prudente. L'affaire n'est pas si simple que cela.»

Plaintes.
Mardi, le parquet embraye : «Homophobe. Peut-être... Le motif de l'agression n'est pas forcément celui-là. Il y aurait eu des actes d'exhibition de femmes à la fenêtre. Il faut que cela décante.» Et ajoute : «Les enquêtes de voisinage ne plaident pas en faveur de la victime.» Mardi soir, Angélique est furax : «Tout ce qui a été écrit, ce sont des mensonges. Cette histoire est allée trop loin. Ça a bousillé mes vacances. Je ne dirai plus rien, voyez mon avocat.» Elle a porté plainte pour exhibition sexuelle.

Sur le site web du mensuel Têtu, on parle aussi de «l'agression homophobe de Marseille». La mairie du IIe reçoit les victimes. Elle fait preuve de «compassion». Eric, le responsable du collectif, explique : «Là, il n'y a personne et c'est difficile de bouger les gens. Mais à la rentrée, on va reprendre et cela va faire autant de bruit que l'affaire de Sébastien Nouchet [le jeune homme grièvement brûlé à la suite d'une agression homophobe, dans le Pas-de-Calais].»

Mardi 27, la confrontation a lieu entre les deux parties. Mercredi, le ministère de l'Intérieur parle d'un «simple différend de voisinage à cause d'un transistor trop bruyant». Au parquet de Marseille, on tombe de l'armoire : «Lors de la confrontation, le principal plaignant a dit avoir un "très grand respect" pour celui qui l'a frappé. Du jamais vu. En plus, l'agresseur assure la sécurité de la Gay Pride à Marseille. L'acolyte de la victime paraît en rajouter des tonnes. Nous allons maintenant entendre le père du plaignant, principal témoin du fameux rassemblement, pour voir s'il a vraiment eu lieu. A l'issue, on s'oriente vers une médiation.»

Pour le parquet, tout a été «maximisé». D'abord, les «violences». Elles ne sont que «légères». Ensuite, le verrou «un peu enfoncé» ­ et non une «porte défoncée». Puis les auditions des victimes. Elles évoluent. S'enrichissent de détails au fur et à mesure des dépositions. Le rassemblement et la descente des escaliers quatre à quatre ne figurent pas dans la plainte initiale. Pour le parquet, les «agresseurs» sont entrés dans l'appartement pour demander le numéro de téléphone des parents de Rémi, qu'ils connaissent depuis des années, pour lui dire de se calmer. Le ton est monté, ils en sont venus aux mains, et aux gifles.

Alors pourquoi cette surenchère ?
Les victimes ont été «dépassées par ce qui s'est passé», selon le parquet. Entraînées par le collectif. Compte tenu de sa situation personnelle, Rémi a-t-il vu une opportunité de dire son homosexualité à tout le monde ? Le responsable du collectif n'en démord pas : il n'est pas étonné que le parquet ne retienne pas le «caractère homophobe» de l'agression, vu «l'absence de cadre juridique». Mais lorsqu'on évoque la dernière version de Rémi, il s'étrangle : «Alors là, vous m'en apprenez une.»

Le 5 août, l'audition du père du jeune homme a finalement lieu. Le rassemblement ? Quatre personnes dehors, pas de propos homophobe. Ni de référence à Dachau. L'explication finale de Rémi ? Il ne répond plus. Son portable passe une musique avec des choeurs et ce message : «Vous n'êtes pas chez les fous...»
Par Didier ARNAUD, vendredi 13 août 2004 (Liberation - 06:00)

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PARIS (XVIème ), HIER SOIR (25 octobre 2004). Muriel Robin, Line Renaud et Claude Chirac (de gauche à droite) entourent le président de Pink TV, Pascal Houzelot. La soirée de lancement de la première chaîne gay française a rassemblé de nombreuses célébrités. (LP/FREDERIC DUGIT.)

Le Tout-Paris a accueilli Pink TV Hier soir

THEATRE National de Chaillot, place du Trocadéro, 20 heures hier soir (25 octobre 2004). L'entrée des invités de la soirée d'inauguration de Pink TV, la première chaîne gay du câble, a commencé depuis seulement un quart d'heure, mais le théâtre est déjà comble. Agglutinés devant les grilles, de nombreux invités munis de cartons, de simples badauds, mais aussi des célébrités.

Pas plus que les autres, elles n'arrivent à convaincre les gardiens de les laisser passer.
Daniela Lumbroso vient d'arriver. « C'est pas la peine, on n'y arrivera jamais », lance l'animatrice à l'un de ses amis.
Pascal Nègre, patron tout-puissant d'Universal, n'est pas habitué à un tel traitement.
Plus loin, Bernard Montiel grimace aussi...

A l'intérieur, tout est rose, même les coupes de champagne. La fête n'a pas encore officiellement commencé.
Pascal Houzelot est sur TF 1 pour le journal de Thomas Hugues ; le Tout-Paris attend.
Bertrand Delanoë, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn, Jean-François Copé, Renaud Donnedieu de Vabres pour le monde de la politique.
Laura Smet, Garou, Jean-Louis Aubert, Laurent Boyer, Etienne Daho, Elodie et Michal de la « Star Ac » 3 parmi d'autres pour le monde du show-biz.

20 h 30, le spectacle commence enfin. Deux couples de danseurs improvisent un pas de deux puis l'artiste lyrique Julia Migenes Johnson, accompagnée de Florent Pagny, interprète « la Vie en rose », chaudement applaudie par 2 500 invités.
Daniela Lumbroso est enfin parvenue à rentrer. « Oh ma chérie, tu étais où ? » lui demande Bertrand Delanoë en l'embrassant.

« On espère que cette chaîne sera génératrice d'une nouvelle énergie créatrice »

A 21 heures, Pascal Houzelot arrive enfin. Après un bref discours sur les droits de l'homme et quelques remerciements, il appelle une dizaine de célébrités, dont Zazie et Garou, à le rejoindre sur scène.
Compte à rebours... et la chaîne est officiellement lancée par une pluie de confettis.

La fête peut vraiment commencer, sono à fond. Les célébrités, elles, se sont éclipsés dans le coin VIP.
Garou discute avec Elodie Fregé. « Je trouve super qu'il y ait autant de monde à cette soirée, se réjouit le Québécois. Cela veut dire que les homosexuels sont enfin acceptés. »
Le producteur Orlando, frère de Dalida, cherche ses amis.
Jean-Louis Aubert boit une coupe avec Dani. « C'est très superficiel tout ça, conclut le chanteur. Mais c'est quand même important. Beaucoup de gens sont venus. Je crois que tout le monde espère que cette chaîne sera génératrice d'une nouvelle énergie créatrice. Un peu comme avec Canal +. »
Alexandra Echkenazi, Le Parisien, mardi 26 octobre 2004, p. 33

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A quoi pensent les «casseurs de pédés»?
Le profil homophobe demeure assez obscur, entre refoulement tu et crapulerie affichée.

D'abord une photo. Insoutenable. Celle d'un visage tuméfié, difficile à regarder de face. David, 26 ans, a été agressé à Marseille en août, par sept adolescents ­ dont six mineurs ­ qui lui ont dit : «On va te casser la gueule, sale pédé.» Ils ont frappé sans retenue. Pourquoi ? Devant les policiers, les mots sont rares. «On voulait leur faire peur», a dit l'un. Un autre : «J'ai déjà vu des homos faire l'amour devant chez moi. On a décidé d'en attraper un.» Celui-ci en a assez d'en voir «en bas» de l'immeuble où il habite. Alors, «on a décidé d'y aller pour plus qu'ils reviennent». La version «Barrez-vous !» est déclinée sur tous les tons. Celui-ci : «C'était pour leur dire de partir car il y a des capotes qui traînent partout.» Celui-là : «J'avais déjà jeté des pierres sur les voitures des homos qui passent.» P., 20 ans, le seul majeur du groupe, explique : «Je ne sais pas lequel a décidé de faire la chasse aux pédés. Ça se pratique dans le quartier mais jamais de façon aussi grave.» Un seul a exprimé des regrets : «Je suis désolé d'avoir fait cela à un mec et de lui avoir fait aussi mal.» Ils n'ont pas encore été jugés. En 2004, plusieurs agressions violentes ont remis l'homophobie sur le devant de la scène. En janvier, Sébastien Nouchet, brûlé vif, est devenu un symbole, en particulier après le courrier adressé par Jacques Chirac au compagnon de la victime dans lequel le chef de l'Etat exprimait son «indignation». On a beaucoup dit et écrit sur les victimes. En revanche le profil des auteurs est mal connu.

Lieu de drague. François a été battu à mort par des skinheads à Reims en 2002, puis jeté à l'eau. En octobre, le procès à huis clos (un des agresseurs était mineur au moment des faits), n'a pas permis de les entendre. Ils ont été condamnés à des peines de quinze à vingt ans de réclusion criminelle. Les avocats expliquent aujourd'hui : «Ils n'avaient pas plus de haine contre des homosexuels que contre des personnes différentes d'eux.» Pas plus ? Un des skinheads explique quand même que «l'homosexualité [est] contre nature, dégoûtant, [et qu'en faisant cela] ils voulaient [lui] apprendre ce que c'était que la vie.»

Reste à décrypter ces propos. Car, comme le relève Me Philippe Reullet, avocat à Marmande, «le fond des motivations est rarement exprimé devant un juge d'instruction». Me Reullet a défendu en mai dernier un couple d'agresseurs «hétéros». Lui s'en était pris (coups de poing, crachats, insultes) à un homosexuel sur un lieu de drague de la ville. Pendant «l'équipée», sa copine attendait «cachée dans les buissons». Elle sortait comme un diable de sa boîte alors que les tentatives d'approche de son copain avaient été bien entamées. Après coup, l'auteur des faits avait reconnu que pour lui, les «homos sont des gens normaux». Parce qu'il avait intégré l'idée qu'il n'était pas «politiquement correct» de penser autrement. Aujourd'hui, il suit une thérapie et sera jugé prochainement

Réputation. Souvent, les défenseurs glissent du motif homophobe vers une autre motivation plus «crapuleuse». En 1999, deux jeunes hommes donnent rendez-vous à leur victime via une messagerie vocale. Ils se rendent chez lui, le bâillonnent, l'étranglent. Il mourra étouffé. «Ils choisissaient des hommes seuls, homosexuels, qu'ils savaient peu enclins à déposer plainte», dira l'avocat de la défense de l'un d'eux. Toujours la même antienne. Les homos sont une «proie» facile. Ils éprouvent des difficultés à aller déposer plainte. Ils ont peur des railleries. Craignent de dévoiler leur vie privée. Ils sont parfois pères de famille, notables aussi. Ils ne veulent pas que cela se sache par crainte de subir un préjudice dans leur milieu professionnel. Plus encore, lorsque l'agression a lieu sur un lieu de rencontre, ils éprouvent ce sentiment de «culpabilité» d'avoir provoqué ­ à tort ­ l'attaque.

Le hic dans la motivation «crapuleuse», c'est que «l'attaque» dérape souvent. C'est là que les victimes ne semblent pas vraiment choisies au hasard. «Les agresseurs draguent, ligotent et volent», avance le psychiatre Michel Dubec, expert auprès des tribunaux. C'est, selon lui, la forme la plus courante. Souvent l'agression se commet à plusieurs ce qui souligne l'idée de «compétition» entre les auteurs. Parfois, ils prennent prétexte d'un combat idéologique pour «laisser aller leur haine. Ils trouvent un prétexte pour en faire plus». Selon lui, ce qui est à l'oeuvre, c'est qu'ils considèrent qu'il n'est «pas grave» de voler un homosexuel. «En prélude à tout acte, on dégrade la [future] victime, ce qui permet ensuite de s'en prendre à elle.» Résultat : «On constate que les auteurs sont plus violents que nécessaire. Nombre d'affaires se terminent par la mort de la victime.» Le psychiatre l'a constaté : les victimes sont choisies de manière préférentielle parmi «des homosexuels plus âgés parce que plus fortunés. L'image de l'homosexuel supporte mal le vieillissement. Elle entraîne encore une répulsion plus grande [pour les agresseurs]».

Tueur en série. Pour terminer, un cas qui ne ressemble à aucun autre. Celui d'un des premiers tueurs en série d'homos. En juin 1996, Rémi Roye était jugé à Créteil pour le meurtre de trois homosexuels rencontrés ­ et piégés ­ via une messagerie. Il les a tués avec un marteau, une pierre de quinze kilos. Il a été condamné à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de dix-huit ans. Pendant sa détention, Roye a déclaré aux psychiatres une «aversion profonde et terrible à l'égard des homosexuels». Il n'a pas supporté le «déguisement» d'une de ses victimes vêtue d'une cagoule en cuir, et nue. «J'ai vu rouge. C'est monté d'un seul coup. J'ai pris le marteau, tapé, tapé. Je ne voulais plus qu'il me touche.» A l'époque, le psychiatre avait diagnostiqué des «tendances homosexuelles sadomasochistes enfouies, profondes, de l'ordre de la perversion et, à côté de ces attirances une défense éperdue farouche, quasi-panique contre l'homosexualité».
Par Didier ARNAUD, mardi 30 novembre 2004 (Liberation - 06:00), p. 16

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Novembre 2004. Sida: l'épidémie s'emballe chez les gays
Les chiffres montrent une explosion des contaminations par le VIH consécutives à des pratiques à risque chez les homos français.

«C'est grave», juge Caroline Semaille, responsable de la cellule sida à l'Institut national de veille sanitaire (IVS). «Une catastrophe», ajoute Christian Saout, président de Aides. Quant au ministre de la Santé, Philippe Douste Blazy, vendredi soir devant les états généraux des malades du sida, réunis à l'occasion des vingt ans de l'association Aides, il a pu affirmer : «Le spectre des années noires réapparaît, l'épidémie est de nouveau incontrôlée chez les homosexuels.»

Lassitude. Pour la première fois, un ensemble de données et d'enquêtes concourt pour décrire une situation inquiétante dans la communauté gay en France, vis-à-vis du sida. «C'est d'autant plus grave, poursuit Caroline Semaille, que les homos ont été historiquement les porteurs les plus dynamiques du discours de prévention.» D'abord les données brutes : elles sont inédites, issues pour la première fois du nouveau système de déclaration obligatoire de l'infection à VIH, en France. Un système qui permet de comptabiliser le nombre de nouvelles infections déclarées, mais aussi de déterminer si la contamination est récente ou pas avec un test génétique (plus ou moins 6 mois). Selon l'IVS, «l'épidémie ne recule pas en France, en particulier chez les homosexuels et les femmes d'Afrique subsaharienne. Elle touche toujours l'Ile-de-France et les territoires d'outre-mer».

Il y a autour de 6 000 nouvelles contaminations par an. Et l'IVS ajoute : «Les données épidémiologiques et les enquêtes comportementales indiquent que l'épidémie reste active chez les homosexuels masculins : ils représentent ainsi 22 % des nouveaux diagnostics en 2003-2004, dont la moitié s'est contaminée dans les six derniers mois.» «Ce dernier chiffre est impressionnant, analyse le Dr Semaille, cela montre qu'une bonne partie des contaminations est récente, ce que l'on ne savait pas.»

A ces données brutes, viennent se juxtaposer une série d'études de comportements. Qui confirment le relâchement des pratiques de prévention, mais surtout la multiplication des comportements à risques. On le savait et certains s'en alarmaient depuis quelques années. Avec le temps ­ et l'arrivée des traitements ­, on a assisté à un relâchement. Comme une lassitude, devenue manifeste dès 2000. Les premières études (Baromètre Gay 2001) montraient «une baisse de la prévention, significative avec les partenaires occasionnels, en particulier dans la région parisienne (...) Il n'y a pas à proprement parler passage du non- risque au risque, mais plutôt une banalisation des prises de risque observées chez certains gays». Sida Info Service confirmait : «De plus en plus de gays rejettent le tout capote. Il leur arrive de prendre un risque, ils ne se ruent plus pour faire un test, ils choisissent de ne pas paniquer en se jurant qu'ils ne recommenceront pas.» Les gays auraient en somme adopté des stratégies personnelles par rapport à la prévention.

L'enquête réalisée dans les lieux de rencontre gay en France, pour le Baromètre Gay 2002 (rendue publique cette année), «a souligné la persistance du relâchement de la prévention». 53 % des répondants indiquent avoir eu plus de dix partenaires lors des douze derniers mois. «Avec les partenaires occasionnels, les pratiques à risque concernaient plus de la moitié des répondants pour la fellation avec exposition au sperme. Parmi eux, 92 % ont pratiqué un rapport anal non protégé ; un sur trois ne connaissait pas son statut sérologique.»

«Inhabituel». Aujourd'hui, les épidémiologistes ont le sentiment que le relâchement s'est banalisé. Phénomène d'autant plus lourd de conséquences qu'avec le progrès des traitements, le nombre de séropositifs vivant en France augmente : plus de 100 000. «Ce qui nous inquiète, ce sont des données récentes que l'on a avec d'autres MST (maladies sexuellement transmissibles, ndlr), qui vont toutes dans le même sens», explique l'IVS. «La transmission de la syphilis continue malgré les campagnes d'information. La lymphogranulomatose vénérienne rectale, méconnue en France, est apparue en 2003. Des cas inhabituels de transmission de l'hépatite C ont été observés et les infections à gonocoque ont augmenté en 2003 après deux ans de baisse. Ces indicateurs confirment la reprise des pratiques à risque, insiste le Dr Semaille. Qui ajoute : Les séropositifs prennent plus de risques. Ils ont 2,6 fois plus de risques d'avoir des pénétrations anales que les séronégatifs. Comment ne pas être inquiet ?»
Par Eric FAVEREAU, mercredi 01 décembre 2004 (Liberation - 06:00), p. 6

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Volontaires pour la contamination
Le documentaire «The Gift» se penche sur les conduites à risque chez les gays américains.

Cela se passait le mois dernier au Centre culturel suisse de Paris. Didier Lestrade, fondateur d'Act Up Paris, avait fait venir une jeune Américaine, Louise Hogarth, auteur de The Gift (le Cadeau) un documentaire qui, depuis deux ans, est massivement diffusé dans tous les festivals gays et lesbiens du monde... sauf en France.

Le reportage dure une heure. Puis silence dans l'assemblée. Stupeur. Le film aborde la question des contaminations volontaires au sida dans la communauté gay américaine. Et raconte comment l'industrie du sexe a récupéré ses attitudes, par le biais de l'Internet et d'immenses partouzes payantes. «Mon point de départ, explique la réalisatrice, était de savoir pourquoi et comment des gays qui se sont protégés pendant des années arrêtaient de le faire.» Elle a enquêté et, peu à peu, découvert ces nouvelles pratiques. Des rencontres à risques, selon le principe «don't ask, don't tell» : les participants ne disent rien et on ne leur demande rien. Pas de préservatif. Et on baise, sans souci du statut sérologique de la personne. Cela peut aller plus loin encore, comme le montre le documentaire. Avec ce jeune qui n'en peut plus d'être séronégatif et qui, par le biais de petites annonces, cherche quelqu'un pour le contaminer. Il y a des réseaux entiers sur l'Internet qui favorisent ce genre de rencontres, avec tout un vocabulaire : «bug chaser» pour les séronégatifs qui cherchent à être contaminés, et «gift giver» désignant les séropositifs qui «donnent le cadeau de l'infection».

Didier Lestrade écoute. Depuis des années, il se bat contre l'indifférence devant ces «comportements». Fondateur d'Act Up, il a rompu, récemment, avec ses anciens amis, les estimant trop timorés sur ces questions. «Pourquoi ne parle-t-on, jamais de cela ? Pourquoi les associations de lutte contre le sida ne font-elles rien contre ces pratiques, se réfugiant derrière des principes de coresponsabilité. Pourquoi ce film n'a-t-il jamais été diffusé en France ?» Comme beaucoup de militants de la lutte contre le sida, il sait qu'il y a mille raisons qui peuvent expliquer ce relâchement des pratiques : la lassitude du préservatif, la pauvreté des moyens de prévention, la croyance qu'avec les trithérapies tout est plus facile, la nouvelle indifférence de la société. Mais il en ajoute une autre : «Je crois que nous, militants, trop centrés sur notre séropositivité, nous ne nous sommes pas assez préoccupés des séronégatifs...» Aujourd'hui, Didier Lestrade dit sa colère : «Qu'est-ce qu'on fait quand on sait qu'il y a des boîtes gays qui font des soirées où tout le monde s'est donné le mot : pas de préservatif ? On laisse faire en disant "c'est le choix de chacun" ?»
Par Eric FAVEREAU, mercredi 01 décembre 2004 (Liberation - 06:00), p. 6

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(08 décembre 2004) L'Assemblée vote les amendements pénalisant certains propos antigays et sexistes. Homophobie: la droite aboie, le texte passe

C'était une promesse présidentielle. Mais pas de celles, brandies haut et fort, comme la proposition fétiche de Jacques Chirac d'adosser une charte de l'environnement à la Constitution.
La loi pénalisant les propos homophobes et sexistes (elle rend passibles les délits de diffamation et d'injure d'une peine de prison) n'a pas été portée avec le même élan.
Elle devait prouver qu'on ne pourrait plus entendre dans les rangs de la majorité des «Stérilisez-les !» (Pierre Lellouche, UMP, lors du débat sur le Pacs).

Malgré la déclaration de Chirac dans Têtu en avril 2002 ­ «L'homophobie est aussi condamnable que le sexisme ou le racisme. A l'instar du dispositif mis en place pour d'autres phénomènes de rejet, il faut à l'évidence une condamnation de l'homophobie» ­, ce projet est passé aux oubliettes.
Puis il a été remis sur le tapis (après l'agression de Sébastien Nouchet) et présenté en conseil des ministres... trois jours avant la gay pride. Il devait être examiné à l'Assemblée avant la fin de l'année parlementaire. Pourtant, au lendemain de la marche des fiertés, en juin, surprise : il ne figurait pas dans le décret annonçant l'ordre du jour de la session extraordinaire.
Les associations n'ont pas décoléré. A droite, Jean-Luc Roméro, «blessé», a démissionné de son poste de secrétaire national de l'UMP.

A la rentrée, nouveaux rebondissements. La commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) émet un avis hostile en s'inquiétant de la liberté d'expression et de l'atteinte à l'universalité des droits de l'homme. Les opposants UMP se frottent les mains. Le gouvernement retire le texte. Et préfère le transposer dans trois amendements, proposés à 20 heures la veille de l'examen du projet de loi sur la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité, au Sénat. Pour faire passer la pilule, le gouvernement dit qu'il a pris en compte l'avis de la CNCDH. En réalité, l'essence du texte est préservée. Au final, cela ressemble à une loi honteuse. Même lors du vote, mardi. Après de vifs échanges, les députés ont adopté un texte pas vraiment désiré. Retour sur les figures qui ont marqué le débat.

Garraud, l'homme de la fronde

Il avait déjà fait parler de lui, il y a un an, en proposant un amendement créant le délit d'interruption involontaire de grossesse. Depuis quelques mois, le député de la Gironde a pris la tête des élus hostiles à la pénalisation des propos homophobes. Boosté par l'avis défavorable de la CNCDH, il a demandé le retrait de ce texte «inutile et dangereux». En commission des lois la semaine dernière, il a réussi à faire adopter un amendement contre l'avis du rapporteur, Pascal Clément, qui prévoyait de limiter aux associations reconnues d'utilité publique la possibilité de saisir la justice dans les procès pour sexisme ou homophobie. Mardi, en séance, il est resté modéré : «Il n'y a pas d'un côté les homophobes et de l'autre les donneurs de leçons.»

Les associations en colère

L'amendement Garraud les a rendues furieuses. Et pour cause : aucune des associations homos et féministes n'est reconnue d'utilité publique (selon Pascal Clément, c'est le cas de 2000 sur 700 000). Quelques heures avant la discussion parlementaire, elles montent au créneau. Inquiètes. Lasses de «se faire promener» par le gouvernement. A leurs côtés, des représentants de tous les bords politiques se serrent les coudes. Vers 19 heures, Alain Piriou, porte-parole de l'inter-LGBT (lesbienne gaie bi et trans) s'alarme : il a l'impression que, à l'applaudimètre, Boutin remporte plus de succès que les pâles défenseurs du texte dans la majorité. Lundi midi, Sarkozy lui avait téléphoné «pour assurer qu'il était déterminé à faire chuter l'amendement», mais mardi, sa conseillère a dit que ce ne serait «pas si simple».

Une gauche qui fait bloc

Face à la scène que Noël Mamère appelle «les conservateurs font de la résistance», la gauche fait bloc.
Patrick Bloche, député PS, corapporteur du Pacs, souhaite que ce texte passe. Il y a un an, lors d'une niche parlementaire, il avait lui-même déposé une proposition similaire, sanctionnant les propos discriminatoires en raison du sexe et de l'orientation sexuelle. «Que de temps perdu !», lâche-t-il en séance.
Le PS votera le texte, à une condition : que l'amendement «malheureux et mesquin» de Garraud tombe. Dans la discussion, Patrick Bloche tente en vain d'élargir la protection aux trans. Et assiste, consterné, à des échanges «honteux» sur l'homosexualité, réminiscences du débat sur le Pacs.

Christine Boutin, avec l'aide de Dieu

Cette fois, elle avait laissé sa Bible dans son tiroir.
Mais la députée des Yvelines a appelé le Vatican à la rescousse, en citant les dangers de «l'idéologie du gender», qui «dénonce les normes hétérosexistes de la société pour reconnaître toutes les autres formes de couple et de parenté».
Dans sa charge, elle est épaulée par d'autres députés UMP. Christian Vanneste (Nord) pour qui l'homosexualité est «une menace pour la survie de l'humanité». Jean-Marc Nesme (Saône-et-Loire) : «Dans notre société, ce ne sont pas les homosexuels qui sont le plus en danger, ce sont les enfants.»
Christine Boutin réussit à faire adopter un amendement, élargissant la protection aux handicapés. Le président de la commission des lois, Pascal Clément, avait pourtant mis en garde : «Le but de ce texte n'est pas d'énumérer toutes les personnes qui souffrent.» «Evidemment, les handicapés ne sont pas organisés en lobby !», a répondu Christine Boutin.
Au final, les députés UMP se sont déchirés, encouragés par la liberté de vote octroyée officiellement par le président du groupe Accoyer. Sous la pression, Garraud a retiré son amendement sur les associations, le plus critiqué. Le lendemain, GayLib se félicitait de la «détermination» du gouvernement. L'inter-LGBT soufflait, mais parlait d'une victoire au «goût amer».
Par Charlotte ROTMAN, jeudi 09 décembre 2004 (Liberation - 06:00), p. 15

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DROITS DE L'HOMME La France plaide pour une "dépénalisation universelle de l'homosexualité"
NOUVELOBS.COM | 17.05.2008 | 18:34

Selon Rama Yade , la France compte demander aux Nations unies d'agir pour dépénaliser l'homosexualité dans le monde. La secrétaire d'Etat a par ailleurs annoncé que le gouvernement français reconnaissait désormais officiellement la "Journée internationale contre l'homophobie", célébrée aujourd'hui.

La France compte demander aux Nations unies d'agir pour une "dépénalisation universelle de l'homosexualité", a déclaré samedi 17 mai la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade, à l'occasion de la journée internationale contre l'homophobie.
Rama Yade, qui recevait des associations luttant contre les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle, a déclaré qu'elle avait présenté "le principe d'une initiative européenne appelant à la dépénalisation universelle de l'homosexualité, qui serait portée devant l'Assemblée Générale des Nations unies" durant la présidence française de l'UE, au second semestre 2008.

Le gouvernement reconnait la journée contre l'homophobie

La secrétaire d'Etat "a annoncé aux associations que le gouvernement français reconnaissait désormais officiellement cette Journée internationale contre l'homophobie".
Elle s'est également "engagée à évoquer les cas d'homophobie constatés lors de ses déplacements à l'étranger", selon un communiqué de ses services.
Les organisations homosexuelles et de défense des droits de l'Homme se sont mobilisées à de nombreuses reprises pour que les demandeurs d'asile homosexuels iraniens ne soient pas renvoyés dans leur pays, en faisant valoir qu'ils risquaient d'y être persécutés, voire exécutés.

Les présidents polonais et ougandais en tête

L'organisation Human Rights Watch (HRW) a par ailleurs placés vendredi les présidents polonais et ougandais en tête de son palmarès des responsables mondiaux coupables de discrimination envers les homosexuels.
Le président polonais Lech Kaczynski s'est prononcé publiquement contre la reconnaissance des unions homosexuelles et son homologue ougandais Yoweri Museveni incite ouvertement à la discrimination envers les homosexuels, a souligné l'organisation basée à New York.

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