2006, septembre. Mise en examen de l'ancien PDG d'Euralair
2005, novembre. Recherches sur les abus de la présidente
2005, mai. Un mariage bien "people"
2004. Le patron des patrons sur la liste VIP d'Euralair
Idem pour madame Jacques Chirac
Un PDG bien entouré
Qui a payé le séjour du couple Chirac à Oman ?
Chronique d'une faillite annonçée
EURALAIR n'a pas seulement servi à transporter le gotha des hommes politiques « aux frais de la princesse ».
Lorsqu'il était dans une posture difficile, l'ex-RPR n'a pas hésité à faire appel aux services de cette compagnie compréhensive.
Début 1993, « le Canard enchaîné » raconte le séjour haut de gamme effectué entre Noël et le Nouvel An par le couple Chirac dans le sultanat d'Oman.
Au programme : jet privé et séjour dans un palace. Le vol est facturé par une société basée à Genève, Aero Leasing.
La note de l'hôtel se monte à 112 000 F (17 000 €), celui de l'avion à 500 000 F (76 200 €). Les fonds auraient été versés à partir de comptes en Suisse.
Trésor de guerre du RPR ? Mystérieux mécène ? L'affaire fait désordre. La mairie de Paris fait savoir qu'il s'agissait d'un « voyage de loisirs et de travail ». Mais il faut surtout effacer la trace de l'utilisation de comptes secrets helvétiques pour régler cette escapade au Proche-Orient.
Euralair entre alors en action. Selon une source suisse, la compagnie émet une facture de 800 000 F soit 122 000 € (et non 500 000 F comme évoqué à l'époque) auprès du RPR, faisant croire que les fonds ont été versés depuis Paris.
Euralair aurait ensuite affrété l'avion en Suisse, comme il lui arrive de le faire. Seul problème : jamais un centime n'a transité par les comptes d'Euralair ! L'argent de ce déplacement a bel et bien été versé depuis un compte suisse, dont l'origine n'est - à ce jour - toujours pas clairement définie.
C.D. Le Parisien, mardi 20 juillet 2004, p. 15
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COMMENT rester aux commandes d'Euralair sans apparaître dans le cockpit ? Après l'échec de son aventure industrielle à la tête d'AOM, Alexandre Couvelaire est revenu dans le giron d'Euralair par la petite porte. Malgré une bonne connaissance du paysage aérien français, son bilan n'est pas brillant : la compagnie qu'il a laissée en partant chez AOM perd de l'argent (elle a été placée sous la surveillance du tribunal de commerce de Bobigny en 1996). Pour son retour aux affaires, il se fait donc discret.
En 2000, il crée une petite société de consulting, dont l'intitulé en dit beaucoup sur la personnalité du fondateur d'Euralair : Planète ACL 329. Les initiales ACL font référence aux prénom et au nom de l'intéressé, alors que Planète 329 évoque l'astéroïde du Petit Prince. Le héros d'Antoine de Saint-Exupéry aurait-il inspiré Alexandre Couvelaire ?
Alexandre Couvelaire trouve un homme de paille
Ce « satellite » permet au pilote Couvelaire de reprendre les manettes d'Euralair sans apparaître directement dans la compagnie aérienne, baptisée Air Horizon. A la tête, il a placé l'un de ses fidèles amis, Antoine de Bizemont, sans compétence financière.
Cet ex-photographe est entouré par un vaste staff technique qui assure l'intendance, lui-même dirigé par un cabinet d'experts-comptables. Cette manie du consulting pèse lourd dans les finances d'Euralair qui est alors au bord du gouffre : les prestations de Planète ACL 329 ont coûté environ 2 millions d'euros d'honoraires depuis 2000.
Ce système permet à Couvelaire de garder la main sur le destin d'Euralair, allant jusqu'à se déplacer lui-même dans la salle du tribunal de commerce de Bobigny qui statue pour le dépôt de bilan ! Un autre homme influent joue un rôle prépondérant dans la gestion de la compagnie : l'avocat Francis Chouraqui, l'un des plus cotés de la place de Paris, accompagne les trous d'air d'Euralair depuis de nombreuses d'années.
C'est lui qui va présenter Rami Lakah, homme d'affaires franco-égyptien, repreneur d'Euralair, à Alexandre Couvelaire. Echange de bons procédés, M e Chouraqui figure comme conseiller en francophonie dans l'organigramme du groupe Lafayette Presse, qui appartient à Rami Lakah. Cette société édite la version française du magazine « Newsweek ». L'un des fils de l'avocat apparaît également au conseil d'administration de la nouvelle compagnie Air Horizon.
Alexandre Couvelaire a dirigé Euralair jusqu'en 1996. Après son départ, il garde la main sur la compagnie via une société de consulting qui aide son successeur dans la gestion des affaires. Des prestations qui coûteront cher à Euralair.
C.D. Le Parisien, mardi 20 juillet 2004, p. 15
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Le patron des patrons sur la liste VIP d'Euralair
LA LISTE des passagers transportés gracieusement par Euralair s'allonge. Cette petite compagnie d'aviation privée, qui a fait faillite fin 2003, est soupçonnée d'avoir offert de nombreux vols à des hommes politiques de droite comme de gauche et à des personnalités du monde économique.
La justice s'interroge également sur d'éventuelles irrégularités dans la gestion de l'entreprise, qui a déposé le bilan avec un passif de 40 millions d'euros.
Outre Jacques Chirac et sa famille, qui auraient bénéficié de vols gratuits jusqu'en 2002 (« le Parisien » et « Aujourd'hui en France » du 21 juin et du 6 juillet), Ernest-Antoine Seillière, président du Medef, aurait ainsi effectué plusieurs trajets sans débourser le moindre centime.
Ces vols auxquels la justice devrait s'intéresser se sont succédé dans la seule journée du 22 août 1998, alors que la société perdait déjà plusieurs millions d'euros par an. Ce jour-là, le patron des patrons, nommé en décembre 1997 président de ce qui s'appelait encore le CNPF (Conseil national du patronat français), embarque à bord d'un Cessna-Citation 5, un biréacteur d'affaires, immatriculé FGKG-L, à l'aéroport du Bourget.
Selon d'anciens pilotes, il s'envole pour Bordeaux, puis pour Metz, revient à Bordeaux et termine son périple au Bourget. Montant de la facture : 84 400 F hors taxes (12 800 €). Une note qui est restée en « attente de facturation » dans la comptabilité d'Euralair. Comme des dizaines d'autres qui n'ont jamais été réglées. Pourquoi une telle générosité pour le baron Seillière ?
Il n'a plus de fonction dans la compagnie mais « emprunte » des avions sans régler la note
L'influent président du Medef est un ami de longue date d'Alexandre Couvelaire, le fondateur d'Euralair. Seillière a, d'ailleurs, été membre du conseil d'administration d'Euralair au tout début de la société, créée en 1962. Alexandre Couvelaire a eu à sa disposition un bureau au dernier étage du luxueux hôtel particulier qui abrite la société d'Ernest-Antoine Seillière, rue Taitbout à Paris (IX e ).
Les destins industriels des deux hommes se sont à nouveau croisés quelques années plus tard lorsque Alexandre Couvelaire a quitté Euralair en 1996 pour prendre la présidence d'AOM. En 1999, cette compagnie est rachetée par Swissair. Un an plus tard, AOM et Air Liberté fusionnent en un seul groupe dirigé par Alexandre Couvelaire. Problème : la législation européenne interdit à une entreprise non communautaire de contrôler une compagnie européenne. Qu'importe : l'ami Seillière contribue à la mise en place d'un système complexe pour contourner les règles en vigueur. La holding Taitbout Finances, contrôlée par Ernest-Antoine Seillière, prend 50,38 % du capital d'AOM-Air Liberté, devenant ainsi le gestionnaire de fait de cette entité. Officiellement, il s'agit d'un « simple hasard » suite à une procédure d'appel d'offres. Contacté par « le Parisien » et « Aujourd'hui en France », le cabinet de M. Seillière confirme que ce dernier a été membre du conseil d'administration d'Euralair jusqu'en septembre 1996, date à laquelle il a donné sa démission, et ajoute qu'il n'a pas de commentaires à faire sur ce qui s'est passé après cette période. Pendant ce temps, Alexandre Couvelaire rêve de créer un grand pôle aérien privé pour concurrencer Air France. Il multiplie les allers-retours en Suisse, siège de Swissair. Alors qu'il n'a plus aucune fonction à Euralair, il « emprunte » ainsi l'un des avions de la compagnie pour aller à Zurich le 20 septembre 1998 (46 000 F hors taxes, soit 7 000 €). Le 23 juin de la même année, il rejoint des membres de sa belle-famille à Biarritz (54 000 F hors taxes, soit 8 200 €). On n'est jamais si bien servi que par soi-même... Alexandre Couvelaire nous a indiqué qu'il n'avait « aucun commentaire » à faire sur ce dossier. Son avocat, M e Francis Chouraqui, déplore un « acharnement médiatique ».
Ernest-Antoine Seillière
, président du Medef, a aidé son ami de longue date Alexandre Couvelaire à contourner la législation européenne lorsque ce dernier présidait AOM.
Christophe Dubois, Le Parisien, mardi 20 juillet 2004, p. 15
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(20 septembre 2004) Affaires
Les six voyages offerts par Euralair à Bernadette Chirac
DANS QUELQUES JOURS, la brigade financière aura entre les mains un document explosif. Une liste de vols - dont nous avons pu obtenir une copie - atteste que plusieurs personnalités, proches ou membres de l'ex-RPR, ont bénéficié de billets offerts par la compagnie aérienne Euralair. Pour la première fois, des pièces comptables confirment les révélations d'anciens salariés de la société entendus par les policiers depuis quelques mois.
Ces documents, barrés du mot « confidentiel » écrit en rouge, intitulés « vols en attente de facturation », mettent particulièrement en cause l'épouse du président de la République. Ces « cadeaux » sont intervenus à une période où l'entreprise était au bord du crash financier. En 1998, Euralair a été placée sous observation du tribunal de commerce de Bobigny en raison d'un passif de plus de 30 millions d'euros. Cette mise sous surveillance a été levée en 1999, mais la société a continué à perdre 7,5 millions d'euros par an jusqu'à sa faillite, fin 2003.
Une escapade à 43 300 F
La passagère B. Chirac aurait ainsi bénéficié, de juin 1998 à avril 1999, de six vols gratuits pour un total de 267 290 F hors taxe (41 121 €). Le premier vol d'une durée de 2 h 20 aller-retour s'est déroulé le 8 juillet 1998, à bord de l'un des jets privés de la compagnie, le Citation V - F GKJL, entre Le Bourget et Brive.
Les archives du quotidien « la Montagne » ont conservé une trace de ce déplacement de la première dame de France, qui est également conseillère générale en Corrèze. L'épouse du président de la République pose dans les pages locales, devant une poêle géante de trois mètres de diamètre, pour la plus grande omelette aux cèpes du monde. Un événement organisé à l'occasion du passage du Tour de France, cet été-là dans le fief du couple Chirac. Montant de l'escapade culinaire : 43 300 F hors taxe. Le soir même, elle est de retour à l'Elysée.
Le lendemain matin, elle s'affiche, cette fois-ci, en tant que présidente de l'association les Monédières-Corrèze Tour 98, en compagnie des amateurs de la randonnée Paris - Corrèze.
La présence mystérieuse de « XXX »
Vingt-quatre heures plus tard, le 10 juillet, Bernadette Chirac fonce à nouveau au Bourget pour rejoindre son canton. Elle s'active pour préparer l'arrivée de la Grande Boucle à Brive, où elle remettra, le 18 juillet, le maillot jaune au coureur O'Grady. Nouvelle facture : 43 300 F H.T.
Trois mois plus tard, les allers-retours Paris - Corrèze reprennent. Le 28 octobre 1998, le jet Citation V emmène M m e B. Chirac à Limoges. Le 30 octobre 1998, « la Montagne » (page locale de Tulle) montre l'épouse du chef de l'Etat, qui fait chevalier dans l'ordre national du Mérite, le maire de Bar, Pierre Chèze. Coût du voyage : 38 200 F. Les avions d'Euralair sont ainsi utilisés comme des taxis, qui permettent à la locataire du « château » de vaquer discrètement à ses activités de conseillère générale. La comptabilité d'Euralair mentionne deux autres vols les 13 décembre 1998 et 1er mars 1999, entre Le Bourget et Brive, dont l'objet n'a pas laissé de traces dans la presse locale. Le samedi 17 avril 1999, faute d'avions disponibles au sein d'Euralair, la compagnie affrète, cette fois-ci, un Falcon de la compagnie Dassault Service. « Le top du top de l'aviation d'affaires », souligne un pilote.
Bernadette Chirac n'est pas seule à bénéficier des services haut de gamme à bord. La comptabilité relève la présence mystérieuse de Mme Chirac + XXX, ainsi que l'embarquement de M. et Mme J.-L. Debré. En effet, le président de l'Assemblée nationale a fait le déplacement jusqu'à Brive pour remplacer au pied levé Philippe Séguin, qui avait annoncé, la veille, sa démission de la présidence du RPR. A Brive, M. Debré est assis aux côtés de Bernadette Chirac à un meeting de soutien à la liste RPR-DL pour les élections européennes. Montant de la balade entre amis : 56 040 F.
Combien de déplacements de même nature ont-ils été effectués ? « Beaucoup, soupire un ancien pilote. Mais de nombreuses archives ont été détruites. » Au-delà de la comptabilité d'Euralair, les traces de ces vols figurent dans les carnets de route des avions. Les noms des passagers sont, eux, consignés dans les archives de la police de l'air et des frontières. Contacté à plusieurs reprises, le secrétariat particulier de Bernadette Chirac n'a pas donné suite à nos demandes de réponse.
CORREZE, LE 18 JUILLET 1998. Bernadette Chirac remet un cadeau à Jan Ullrich (à gauche) en présence de Bernard Hinault (au centre) lors du passage du Tour de France. Le 10 juillet, la conseillère générale était partie du Bourget à bord d'un avion affré.
Christophe Dubois, Le Parisie, lundi 20 septembre 2004, p. 16
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Chronique d'une faillite annoncée
AU-DELÀ DES VOLS non facturés, l'enquête préliminaire sur Euralair porte sur des soupçons d'irrégularités de gestion. « Dès 1996, nous étions en situation de faillite », souligne un ex-cadre. Fondée en 1962 par Alexandre Couvelaire, la compagnie aérienne profite d'un contrat, signé en 1981, qui assure de confortables marges jusqu'en 1995 : la desserte des vols Air Charter.
Un petit coup de pouce émanant d'un ministre de gauche, Charles Fitterman, alors qu'Alexandre Couvelaire est marqué à droite.
« Sa femme jouait au golf avec François Mitterrand », glisse un proche. Mais les dirigeants de la compagnie aérienne multiplient les acrobaties financières.
En 1985, Alexandre Couvelaire rachète l'usine Mooney (Etats-Unis). Il se déplace chaque semaine en Concorde. L'opération se solde par plus de 30 millions d'euros de pertes. En 1990, Euralair se lance sur le vol régulier Paris-Madrid, sans faire d'étude de rentabilité. « Certains allers-retours s'effectuaient à vide », se souvient un ex-pilote. Perte sèche : 10 millions d'euros par an (jusqu'en 1995). Au passage, Alexandre Couvelaire, pilote chevronné, s'offre trois petits bimoteurs sur les fonds de la société.
Coup de bluff
En 1995, le contrat Air Charter s'arrête, les ennuis commencent. Euralair commande deux Boeing 777 de nouvelle génération et choisit de les faire équiper de moteurs General Electric. Les Américains versent une avance sur commission de 10 millions de dollars. Euralair ne prendra jamais les avions, ni les moteurs, et « oubliera » de restituer la commission. L'affaire se terminera devant les tribunaux.
En 1996, Alexandre Couvelaire prend la tête d'AOM et nomme à la direction d'Euralair un ami, Alexandre de Bizemont, qui n'a aucune compétence dans le domaine aérien. Pour se renflouer, la compagnie cède une partie de son fonds de commerce qui correspond à 10 % du capital d'Air Liberté, notamment 5 000 créneaux horaires sur Orly. Nouvelle tuile ! Air Liberté est mis en redressement judiciaire. Euralair tente de récupérer ces créneaux, qu'elle fait estimer à plus de 30 millions d'euros. Ce coup de bluff lui permet de sauver la face, notamment devant le tribunal de commerce. Même si Alexandre Couvelaire, devenu entre-temps PDG d'AOM-Air Liberté, demande d'arrêter les poursuites engagées par Euralair...
En 1998, la compagnie, qui exploite trois Boeing 737-500, n'arrive plus à amortir les loyers. Les appareils sont alors loués à AOM, qui n'en a pas franchement besoin. Le dossier, clos par un non-lieu en janvier 2002, pourrait être rouvert. En 1999, AOM est racheté par Swissair, qui pousse Couvelaire dans un placard au conseil de surveillance. En 2000, le « corsaire du ciel français » revient par la petite porte à Euralair, où il crée une société de consulting. Ce retour discret n'empêchera pas le crash de la compagnie à la fin de l'année 2003.
C.D., Le Parisien, lundi 20 septembre 2004, p. 16
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2005. Un mariage bien "people"
Senlis (Oise), hier après-midi (21 mai 2005).
Bernadette Chirac, épouse de chef de l'Etat, deux anciens Premiers ministres, Edouard Balladur et Michel Rocard, le marquis et la marquise de Quinsonas-Oudinot, la duchesse de Reggio et beaucoup d'autres personnalités ...
Le baron Ernest-Antoine Seillière de Laborde, président du Medef, a fait les choses en grand à l'occasion du mariage de sa fille Noémie avec Charles de Yturbe, fils de Philippe de Yturbe, propriétaire du célèbre château d'Anet.
A l'issue de la cérémonie à la cathédrale Notre-Dame de Senlis (Oise) devant près de 700 invités, les festivités se sont poursuivies à quelques kilomètres de là, au château d'Ognon, propriété du baron.
Dès 17 heures, près de 2 000 convives étaient accueillis pour une garden-party.
Le Parisien, Arnaud Dumontier, dimanche 22 mai 2005, p. 7
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jeudi 24 novembre 2005, 18h26 Investigations sur Bernadette Chirac dans le dossier Euralair
PARIS (Reuters) - Des investigations policières ont été menées la semaine dernière en Corrèze dans l'enquête sur des vols gratuits dont aurait bénéficié Bernadette Chirac grâce à la compagnie aérienne Euralair, en 1998 et 1999, déclare-t-on au parquet de Paris.
Les policiers de la brigade financière avaient été mandatés pour se rendre au conseil général de Corrèze, dans des services de police locaux, sur un aérodrome et au siège du journal local La Montagne, a-t-on ajouté, confirmant des informations du journal Le Monde.
La Montagne a démenti dans un communiqué avoir reçu la visite de policiers.
Les investigations ont été effectuées dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte en janvier 2004 à Bobigny (Seine-Saint-Denis), poursuivie à Paris et prolongée en juillet dernier par le procureur Jean-Claude Marin.
Cette procédure concerne la faillite en 2003 d'Euralair, dirigée par Alexandre Couvelaire, proche du président Jacques Chirac.
Les policiers détiennent des documents laissant penser que six vols ont été offerts par la compagnie à Bernadette Chirac, conseillère générale de Corrèze, de juin 1998 à avril 1999, pour une valeur d'environ 40.000 euros.
Bernadette Chirac serait notamment allée en Corrèze en juillet 1998 pour la présentation de la plus grande omelette aux cèpes du monde, puis aurait eu recours à Euralair pour assister à une étape du Tour de France et à une réunion politique.
S'ils étaient avérés, ces faits sont susceptibles de constituer un "abus de biens sociaux".
Pour poursuivre, la justice devra cependant prouver que Bernadette Chirac a commis le délit en connaissance de cause. Le montant des voyages litigieux semble par ailleurs marginal si on le rapporte au passif global d'Euralair.
Le procureur Jean-Claude Marin, qui conduit l'enquête préliminaire, devra décider, au vu des résultats, s'il ouvre une information judiciaire ou s'il classe le dossier.
yahoo.fr, actualités, jeudi 24 novembre 2005, 18h26
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jeudi 21 septembre 2006, 18h59
Euralair: information judiciaire ouverte, Alexandre Couvelaire mis en examen
PARIS (AFP) - L'ancien PDG de la compagnie aérienne Euralair, Alexandre Couvelaire, a été mis en examen pour malversations présumées dont aurait notamment bénéficé Bernadette Chirac, a-t-on appris jeudi de sources proches du dossier.
Une information judiciaire a été ouverte mercredi pour tenter d'éclaircir la réalité de ces malversations supposées qui se seraient notamment traduites par l'octroi de billets d'avion gratuits à l'épouse du chef de l'Etat, selon les mêmes sources.
L'enquête a été confiée aux juges financiers parisiens Philippe Courroye et Xavière Simeoni.
M. Couvelaire, considéré comme proche de Jacques Chirac, a été présenté au juge Courroye mercredi soir après quarante-huit heures de garde à vue. Le magistrat l'a mis en examen pour une douzaine de chefs dont "abus de biens sociaux, présentation de faux bilan, banqueroute par détournements d'actifs, trafic d'influence" pour la période 1995-2003.
Il a été placé sous contrôle judiciaire et devra s'acquitter d'une caution de 200.000 euros.
La société Euralair a cessé son activité en 2003 et a été vendue à l'homme d'affaire franco-égyptien Raymond Lakah. Elle a été liquidée en décembre 2005.
Selon Me Georges Kiejman, l'un des avocats de M. Couvelaire, "toutes les procédures de cessation d'activité ont fait l'objet d'enquêtes sérieuses au tribunal de commerce de Bobigny sous le contrôle du parquet et il paraît artificiel de lui reprocher des abus de biens sociaux".
Contacté par l'AFP, M. Couvelaire n'a souhaité faire "aucun commentaire".
Le parquet de Paris a ouvert cette information judiciaire après environ trois années d'une enquête préliminaire lancée à la suite de la plainte d'un ancien salarié de la compagnie, Dominique Pouteau, déposée fin 2003 à Bobigny (Seine-Saint-Denis).
Le parquet de Paris avait repris en octobre 2004 la procédure en raison de la complexité du dossier.
La plainte visait notamment M. Couvelaire, mais aussi Antoine de Bizemont, président d'Euralair Horizons, principale filiale du groupe et d'autres cadres dirigeants.
Par ailleurs, un document mentionne six billets d'avions gratuits dont aurait bénéficié Mme Chirac, de juin 1998 à avril 1999, pour une valeur d'environ 40.000 euros.
Sous la houlette du parquet, les policiers ont mené plusieurs perquisitions, notamment au domicile de M. Couvelaire ou encore au siège de la compagnie au Bourget (Seine-Saint-Denis) en septembre 2005. Les policiers ont même effectué en novembre 2005 des "vérifications" en Corrèze, département où est élue Mme Chirac.
D'autres noms de bénéficiaires présumés de largesses d'Euralair ont été cités dans la presse au cours de l'enquête préliminaire dont celui d'Ernest-Antoine Seillière, ancien président du patronat français.
D'anciens salariés de la compagnie aérienne envisagent de se constituer partie civile. "Une information judiciaire a été ouverte in extremis sur des faits notoirement connus et après une enquête préliminaire qui était en train de battre un record de longévité", a commenté leur avocat Me Jean-Paul Baduel.
Yahoo.fr, actualités, Par Emmanuel PARISSE et Benjamin SPORTOUCH
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