
2007. L'O.M. vendu pour 100 millions d'euros ? Abandon de l'offre Kachkar ; histoire secrète d'une vente avortée
2004. Abus de biens sociaux, Robert Louis-Dreyfus mis en examen
Sous contrôle judiciaire, Robert Louis-Dreyfus a versé une caution de 1 million d'euros.
LE JUGE FRANCK LANDOU a pris tout le monde à contre-pied. Il devait entendre Robert Louis-Dreyfus aujourd'hui dans son bureau du tribunal de grande instance de Marseille, mais à la demande des avocats de RLD, il a anticipé de vingt-quatre heures l'audition de l'actionnaire principal de l'OM.
Et hier matin, il a mis en examen le milliardaire franco-suisse « pour abus de biens sociaux » dans le cadre de l'enquête sur les comptes de l'OM entre 1997 et 1999.
Epinglé sur 13 dossiers de joueurs
Outre cette décision judiciaire, RLD a dû payer une caution de 1 million d'euros et il est soumis dorénavant à un contrôle judiciaire. Robert Louis-Dreyfus avait déjà été entendu une première fois le 6 avril dernier durant cinq heures comme témoin assisté, mais il faut croire que les commissions rogatoires internationales qui sont parvenues ces dernières semaines chez le juge Franck Landou ont révélé un certain nombre d'irrégularités concernant treize transferts ou prêts de joueurs entre l'OM et plusieurs clubs français ou extranationaux, des agents et des sociétés pour la plupart basées à l'étranger.
Le rapport de synthèse fourni au juge Landou par la brigade financière du SRPJ de Marseille mettrait en lumière de multiples infractions pour un montant d'une quinzaine de millions d'euros. Sur la base de l'enquête et des commissions rogatoires diligentées un peu partout en Europe et à l'étranger, le juge Landou a épinglé Robert Louis-Dreyfus sur treize dossiers de joueurs ayant transité par l'OM entre 1997 et 1999.
Ibrahima Bakayoko, l'Ivoirien, Artur Mosès, le Ghanéen, Ricardo Rojas, le Paraguayen, l'Argentin Pablo Calendria, l'Italien Fabrizio Ravanelli, mais également Christophe Dugarry, Sébastien Perez ou Laurent Blanc figurent sur la liste des mouvements soupçonnés d'avoir donné lieu à des surfacturations, des majorations de commissions pour des agents ou des versements à des sociétés dont l'objet social n'avait pas grand-chose à voir avec les activités commerciales et sportives de l'OM et des clubs concernés par ces transferts ou prêts de joueurs.
« Cette décision était logique et automatique car d'autres dirigeants avaient déjà été mis en examen. Robert était soucieux, il ne voulait pas que le fait de ne pas être mis en examen donne l'impression d'une justice à deux poids, deux mesures », a indiqué hier Christophe Bouchet, le président de l'OM, sur le site du club.
Dans cette affaire, Rolland Courbis, entraîneur de l'OM de 1997 à 1999, Jean-Michel Roussier et Yves Marchand, président délégué du club marseillais pour la période concernée ont en effet été mis en examen pour « complicité d'abus de biens sociaux » ou « abus de biens sociaux ». Dans une lettre interne aux salariés du club, Christophe Bouchet a rappelé, hier, que l'engagement de l'actionnaire principal, qui détient 90 % du capital de l'OM, ne se démentira pas malgré la décision de justice qui frappe RLD.
Jean-Louis Pacull, Le Parisien, jeudi 01 juillet 2004, p. 17
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La probabilité d'une vente rapide de l'Olympique de Marseille (L1 de football) s'est précisée un peu plus mardi, à la suite des garanties bancaires apportées par l'industriel canadien Jack Kachkar à l'actionnaire principal du club, Robert Louis-Dreyfus.
Kachkar était le seul candidat officiellement avéré au rachat du plus populaire des clubs français. Entré en contact avec "RLD" à la fin de l'été, il avait jusqu'à ce mardi pour apporter ces garanties bancaires.
Arrivé à la présidence de l'OM en décembre 96, Robert Louis-Dreyfus demandait 100 millions d'euros minimum pour le rachat de ses parts. Inconnu du milieu du football, Kachkar, patron de la PME de pharmacie Inyx, lui en a apporté la garantie.
"Cela ouvre la voie à un processus de négociations avancées, qui pourrait aboutir, d'ici 2 à 3 semaines à la cession du club", a indiqué en fin d'après-midi un porte-parole de "RLD".
Propos confirmés par le président du club Pape Diouf, lors d'une conférence de presse très suivie, où étaient apportées des précisions sur les garanties demandées par "RLD" au probable futur propriétaire du club: "une capacité d'investissement importante permettant de pérenniser le club, il est question aujourd'hui d'un plan de relance de cinq ans, et la préservation de l'ensemble du personnel du club".
En soirée, Diouf et Kachkar se sont rencontrés dans un avion sur le tarmac de l'aéroport de Marignane, afin d'évoquer en commun, pour la première fois, les projets de Kachkar.
L'extrême rapidité avec laquelle le "deal" semble s'être conclu mérite en effet de nombreuses garanties. Diplomate, Diouf a déclaré qu'il n'avait pas "d'inquiétudes particulières". "Des questions, naturellement, se posent", a-t-il cependant reconnu, précisant qu'il s'était "employé à rassurer le personnel du club, sportif et administratif".
Que vient faire en effet dans le football français Jacques Kachkar, 43 ans, homme d'affaires canadien d'origine arménienne et PDG de la société d'investissement Karver Capital Holdings, qui contrôle notamment la société pharmaceutique Inyx? Avec quels hommes, une fois passé le délai de garantie sur le maintien du personnel en place, va-t-il gérer ce club, habitué aux valses d'entraîneurs et de présidents mais qui prône depuis cette saison les vertus de la stabilité?
Il ne devrait en tout cas pas venir avec l'ex-sélectionneur suédois de l'équipe d'Angleterre, comme l'intention lui en était prêtée. "Kachkar m'a dit clairement qu'il n'y avait aucun engagement de sa part avec (Sven-Goran) Erikkson, a assuré Diouf.
"Cela fait longtemps que je souhaitais m'investir personnellement dans un grand club de football, le football me passionne et je suis tout particulièrement les performances de l'OM depuis longtemps", a expliqué Kachkar dans un communiqué préparé par une prestigieuse agence de communication parisienne. Il a aussi évoqué "un club mythique" et une région qui lui est chère. Peut-être en allusion à la forte communauté arménienne de Marseille.
Il a dit aussi son ambition de faire de nouveau de l'OM "un grand club européen". Un objectif maintes fois caressé, mais en vain, par Robert Louis-Dreyfus, qui n'a remporté aucun titre en 10 ans et 200 millions d'investissement à l'exception d'une Coupe Intertoto. Et qui s'apprête à quitter ce club, pris par ses affaires et le coeur meurtri d'avoir été condamné en juin, en première instance, à trois ans de prison avec sursis dans le procès des transferts suspects entre 1997 et 1999.
la-Croix.com, 16/01/2007 23:36
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jeudi 29 mars 2007, 12h20 Vente de l'OM: Louis-Dreyfus a mis un terme "définitif" aux discussions avec Kachkar
MARSEILLE (AFP) - Le propriétaire du club de football de l'Olympique de Marseille (L1) Robert Louis-Dreyfus a mis un "terme définitif aux discussions avec Jack Kachkar relatives à la reprise de l'OM", a annoncé jeudi à l'AFP le porte-parole de M. Louis-Dreyfus. "Robert Louis-Dreyfus confirme avoir mis un terme définitif aux discussions avec Jack Kachkar relatives à la reprise de l'Olympique de Marseille", a indiqué son porte-parole. De source proche du dossier, on précise cependant que "Robert Louis-Dreyfus est toujours déterminé à quitter l'OM" et que "s'il y a d'autres offres, il les étudiera". Les discussions sur la vente pour 115 millions d'euros du club marseillais à l'homme d'affaires canadien avaient débuté il y a six mois. Le refus le 22 mars de RLD d'accorder un nouveau délai de paiement au candidat repreneur avait sonné comme un échec presque certain de la vente.--------
Valeurs Actuelles n° 3690 paru le 17 Août 2007 France OM, l’histoire secrète d’une vente avortée Sports : ombre sur le football, de Marseille à Turin… Par Jean-Michel Verne
Le sport de haut niveau est-il malade ? La question se pose crûment à l’heure où le Tour de France sort une fois de plus déshonoré de son édition 2007 et où les crampons des footballeurs foulent, depuis l’autre week-end, les pelouses du championnat de Ligue 1. Sans oublier, la semaine dernière, les propos du sélectionneur français, Raymond Domenech, sur de possibles matchs arrangés au niveau international… En tête du hit-parade des affaires, on trouve le propriétaire de l’Olympique de Marseille, Robert Louis-Dreyfus. Il est dans l’attente du délibéré que rendra le 17 octobre la cour d’appel d’Aix-en-Provence dans le dossier Courbis, du nom de l’entraîneur à l’origine de la “fuite” de 28 millions d’euros à l’occasion de transferts de joueurs dans les années 1997-1999. “RLD” caresse l’espoir de voir infléchir la peine de trois ans de prison avec sursis assortie d’une lourde amende infligée en première instance. Mais le parquet aixois n’est pas de cet avis. Il a estimé lors du procès qui s’est tenu en juin que la responsabilité du “boss” dans les malversations était pleine et entière. S’ajoutent, par ailleurs, bien des énigmes autour du rocambolesque vrai-faux rachat du club cet hiver par le prétendu “roi de la pharmacie” canadien, Jack Kachkar. Valeurs actuelles (du 16 février) s’était largement fait l’écho des doutes qui entouraient un homme d’affaires aux contours obscurs. Et voilà que le gendarme de la Bourse américaine, la Sec (Security Exchange Commission), vient confirmer nos craintes en ouvrant à la fin juin une enquête à la suite d’un signalement émanant de l’une des principales banques du groupe Inyx Inc. La Western Puerto Rico Bank aurait en effet relevé des anomalies lors de mouvements financiers opérés entre la maison mère d’Inyx et ses filiales à l’étranger. Elle aurait alors bloqué les transferts de fonds. En réponse, Kachkar a placé ses sociétés sous la protection de la loi américaine sur la faillite. Cela nous renvoie à ce jour de janvier qui vit ce Canadien d’origine hongroise débouler avec tambours et trompettes dans le centre d’entraînement marseillais de la Commanderie en affirmant : « L’affaire est conclue. » Il venait, selon lui, de trouver un accord avec RLD pour racheter l’OM. En fait, à cet instant, il n’a rien racheté du tout : contrairement aux apparences, à son jet privé frappé de ses initiales et à son langage de raider, il n’a pas un sou vaillant. Dans le monde des affaires, on appelle cela du “LBO” : acheter en empruntant et en présentant des lettres de garantie bancaire. Six mois plus tard, les dégâts sont immenses : la virée du Canadien a tourné au cauchemar pour Robert Louis-Dreyfus. Ses avocats ont, depuis, déposé une plainte pénale auprès du doyen des juges d’instruction du tribunal de Paris. Ils ont relevé notamment des faits “d’escroquerie, de faux et d’usage de faux”. Ces éléments ont conduit le parquet à ouvrir une information judiciaire. Le dossier est désormais confié au juge Renaud Van Ruymbeke, déjà chargé de l’affaire du PSG. Selon les plaignants, Jack Kachkar aurait présenté lors des négociations une fausse lettre de garantie datée du 10 janvier 2007. Elle était censée émaner de la Countrywide Bank, la caisse d’épargne américaine. En mai dernier, l’hebdomadaire le Point révèle que le branch manager de ladite banque, Ramon Duran, dont le nom apparaît sur le document, a certifié sous serment qu’il n’a jamais signé la fameuse lettre présentée aux avocats de Robert Louis-Dreyfus… Il s’agirait donc d’un faux grossier ! Des interrogations entourent, en outre, la matérialité d’un ordre de transfert de fonds de plus de 10 millions de dollars censé avoir été émis par la Mellon United National Bank au profit des avocats anglais de Kachkar. Ce virement a été fourni à l’appui d’une clause de dédit signée par Kachkar dans laquelle il s’engageait à dédommager Louis-Dreyfus de 8 millions d’euros en cas d’échec de la transaction. Mais RLD n’a jamais vu la couleur de l’argent ! Des liens potentiels avec des oligarques russes. A-t-il eu affaire à un simple escroc ? L’affaire est plus complexe qu’elle y paraît. Nous avions révélé dans nos investigations les liens potentiels de Kachkar avec les oligarques russes du ballon rond, notamment Roman Abramovitch, le patron du club londonien de Chelsea, via une mystérieuse société dénommée MSI. Kachkar, prête-nom des Russes ? C’était à l’époque la thèse que nous avancions pour décrire la tentative de pénétration de réseaux financiers mal identifiés sur le sol français. Des confrères, notamment France Football, confirmeront plus tard les russophiles amitiés de Kachkar et le projet du repreneur de transférer à l’OM l’un des poulains de MSI, le talentueux joueur argentin Carlos Tévez, alors en poste dans l’équipe anglaise de Westham. Cinq jours après la parution de notre article, le Figaro enfonçait le clou en affirmant que Kachkar donnerait lieu à « des investigations approfondies de la part des autorités de contrôles des flux financiers ». Le lendemain, le Parisien titre : « Les services secrets s’intéressent au rachat de l’OM ». De fait, Kachkar est aux abois, les banques lui ferment leurs portes… Serge Delwasse a été témoin de ces événements. Débusqué à Paris par la chaîne marseillaise LCM, il a accepté de répondre à nos questions. Ce conseiller financier réclame plusieurs dizaines de milliers d’euros à Jack Kachkar. Embauché pour prendre un rôle actif à la direction générale du club, ce spécialiste du redressement d’entreprises a travaillé près de deux mois à Marseille sans toucher le moindre salaire, ni le remboursement de ses frais. C’est du moins ce qu’il affirme. Il n’a donc aucune raison d’épargner Kachkar. Mais le témoin ne considère pas pour autant qu’il est le cheval de Troie de quelques troubles intérêts financiers : « Je pense qu’intellectuellement c’est probablement un escroc, mais je ne crois pas qu’il représente d’autres intérêts que les siens. Cela étant, il a été manifestement formé aux méthodes des hommes d’affaires russes. Le rachat de l’OM, c’est simple, il tombe sur une très bonne affaire et il se jette dessus. » Delwasse révèle par ailleurs que Kachkar, déjà lâché par les banques, aurait tenté en vain une manœuvre désespérée : revendre l’OM avant de l’avoir payée et ce, avec profit, à plusieurs sociétés. Parmi les cibles, la firme Sportfive, l’ancienne société de Jean-Claude Darmon, le grand argentier du foot français. Kachkar serait donc une sorte de petit Tapie à la sauce canadienne. Un petit Tapie passionné de foot comme son prédécesseur. Les deux hommes auraient d’ailleurs déjeuné à deux reprises ensemble dans la semaine précédant l’arrivée de Kachkar. De quoi courroucer et inquiéter le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, qui aurait tiré la sonnette d’alarme à Paris. D’où, pense-t-on, les fameuses “enquêtes” par lesquelles le scandale est arrivé. Pour l’heure, Jack Kachkar a d’autres soucis que l’Olympique de Marseille. Très bavard au début de cette histoire, il a choisi aujourd’hui la stratégie du silence, occupé qu’il est d’intenter une action aux États-Unis contre la Western Puerto Rico Bank, qui vient de lui couper les vivres. Quant à Robert Louis-Dreyfus, il a désormais confié à une grande banque suisse le soin de négocier l’hypothétique vente de l’OM. C’est manifestement plus sûr.---------