Elue à l'Académie Française

Une Vie, Editions Stock, Paris le 31 octobre 2007, ISBN:978-2234058170
2007 : Simone Veil superstar
Simone Jacob épouse Veil (1927-2017), la dame de l'avortement légalisé, la femme politique préférée du sondage JDD

Bio Wipiképia

30 juin 2017. Décès : unanimité de la classe sociale dirigeante, demande de panthéonisation

Novembre 2014. Condamnation de l'avortement par le Pape François au Parlement européen de Strasbourg et Commémoration laïque de la loi Veil sur l'IVG.

Février 2008. Contre la mémorisation de la shoah par les enfants de 10 ans voulu par Nicolas Sarkozy ; Ségolène Royal change d'avis et approuve

Octobre 2007. Une Vie : pour Sarkozy et contre Royal (et pour Rachida Dati). De Gaulle contesté ; re (Israël) ; pour mai 68 ; pour Chaban-Delmas ; ministre de Giscard (IVG) ; Françoise Giroud vertement cinglée ; Raymond Barre conteste la Présidente du Parlement Européen et est fustigé grave pour antisémitisme ; Bayrou out ; re-Bayrou out ; Chirac remercié
Avril 2007. Présidentielle. 2ème tour. Pour Nicolas Sarkozy. Toujours violemment contre François Bayrou
Avril 2007. Hommage du Crif à Simone Veil
Mars 2007. Présidentielle. 1er tour. Pour Nicolas Sarkozy. Violemment contre François Bayrou

Mai 2005. Simone Veil (membre du Conseil constitutionnel- violation de l'obligation de réserve) dit non à l'entrée d'Ankara dans l'Union européenne
Seul point commun entre les europhiles et les eurosceptiques, l'opposition à une adhésion de la Turquie

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Comme Valéry Giscard d'Estaing, comme François Bayrou, Simone Veil n'est pas favorable à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.
L'ancienne présidente du Parlement européen l'a dit hier sur LCI : la Turquie n'a qu'«une très petite partie de son territoire géographique en Europe». Aussi, a-t-elle ajouté, «je n'ai jamais été favorable» à cette adhésion. En revanche, la Turquie «peut très bien avoir un traité d'association avec l'Union européenne et participer à un certain nombre d'actions de l'Europe».

Simone Veil est sur la même ligne que Valéry Giscard d'Estaing, dont elle fut autrefois le ministre. L'ancien président de la République s'est expliqué à plusieurs reprises. «95% du territoire de la Turquie et 92% de sa population sont situés en Asie, sur le plateau d'Anatolie, où le fondateur de la Turquie moderne, Kemal Atatürk, a choisi de déplacer la capitale du pays», faisait-il valoir récemment.
VGE observe aussi que la langue turque n'est pas indo-européenne et que la Turquie n'a été associée à aucun des mouvements qui fondent la culture européenne : «apport de la Grèce et de la Rome antiques, héritage religieux, élan créateur de la Renaissance, philosophie du siècle des Lumières, apport de la pensée rationnelle et scientifique».

Cette position est encore partagée par François Bayrou. Le président de l'UDF avait demandé au gouvernement, en octobre dernier, de soumettre au Parlement la recommandation de la Commission européenne sur l'ouverture des négociations avec la Turquie. Sans être suivi.

Ils ne sont pas les seuls à refuser l'entrée de la Turquie. L'UMP de Nicolas Sarkozy a pris position contre, s'opposant à Jacques Chirac. Comme les centristes, les souverainistes – Philippe de Villiers, Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Marie Le Pen – ont eux aussi l'opposition à l'adhésion turque pour cheval de bataille. Mais eux s'opposent aussi à la construction européenne, au traité constitutionnel et font campagne pour le non. Ceux-ci mis à part, les adversaires les plus farouches de cette adhésion sont donc, en même temps, les plus ardents défenseurs, depuis toujours, de la construction européenne et les plus chauds partisans du traité constitutionnel.
Il n'y a aucune contradiction et la position de ces UDF, ou anciens UDF, est cohérente. Ils militent, depuis le début, pour une Europe à vocation politique, appelée à devenir une fédération. Ils la veulent donc compacte, homogène par la culture, par l'histoire et par les aspirations, de sorte que puisse naître une identité européenne. «L'adhésion de la Turquie changerait la nature du projet européen», estime Valéry Giscard d'Estaing, selon qui «les élargissements successifs» ont déjà «accru le trouble des esprits».
Critiquant la position de Jacques Chirac, favorable à l'entrée d'Ankara, il regrette «cette fuite en avant d'une Europe non organisée». Et François Bayrou déclarait à l'Assemblée, lors du débat organisé le 14 octobre : «Nous croyons que l'Union européenne est une unité politique en construction. Or l'adhésion de la Turquie est un pas non vers l'unité de l'Europe, mais vers sa dispersion, à tous les points de vue.»
lefigaro.fr, Olivier Pognon, [12 mai 2005]

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vendredi 27 avril 2007, 23h26 "Ils ont dit" : déclarations du jour dans la campagne électorale

PARIS, 27 avr 2007 (AFP) - DEBAT ROYAL/BAYROU

- François Bayrou: "Lorsque j'ai tenu une conférence de presse mercredi, j'ai parlé de la part de Nicolas Sarkozy d'intimidation et de menace. C'est exactement là qu'on en est (...). Je n'en ai pas la preuve mais j'en ai la certitude".

- Ségolène Royal: "Je crois que le système médiatico-financier auquel est lié Nicolas Sarkozy a, comme le dit François Bayrou, essayé de faire en sorte que ce débat (avec le candidat UDF) n'existe pas".
"Il faut sortir des dogmes, des idées préconçues, et des camps qui s'affrontent l'un contre l'autre"

- Nicolas Sarkozy: Ce sont "des procès de Moscou. Franchement, si rénover la vie politique c'est faire des procès de Moscou comme ceux auxquels on assiste depuis quelques heures, ce n'est pas de la rénovation de la vie politique".
"Tout cela me permet de noter que Canal+ m'obéit, voilà une bonne nouvelle. Mon Dieu, j'aurais dû y penser plus tôt".

- François Fillon, conseiller de Nicolas Sarkozy: "C'est un coup monté par François Bayrou pour continuer à garder les projecteurs braqués sur lui alors qu'il n'est pas au second tour"

- Vincent Peillon, porte-parole de Ségolène Royal : "Il y a eu, nous le savons par des sources diverses, des pressions, des menaces, des interventions politiques (...). Quelle France nous prépare Nicolas Sarkozy ? une France triste, brutale, monochrome, réduite au silence".

- Philippe Douste-Blazy, ministre (UMP) des Affaires étrangères: "Je vois que Nicolas Sarkozy rassemble, je vois que Ségolène Royal marchande et je vois que François Bayrou pleurniche".

- Simone Veil, soutien de Nicolas Sarkozy: "Il est extraordinaire que François Bayrou dise +je n'ai pas de preuve, mais j'en ai la certitude+. Il n'a pas besoin de preuve pour être d'une grossièreté et d'une violence extraordinaires".

- Jean-Pierre Raffarin (UMP): Mme Royal "fait aujourd'hui des oeillades à François Bayrou et joue ainsi son va-tout en espérant que la +confiture ministérielle+ attirera ce dernier".
Yahoo.fr, actualités, vendredi 27 avril 2007, 23h26

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Simone Veil : Bayrou "est le pire de tous" NOUVELOBS.COM | 17.03.2007 | 10:13

Le candidat UDF est "une imposture", estime l'ancienne ministre centriste. "Tout ce qu'il a été capable de faire lorsqu'il était ministre de l'Education nationale, c'est de mettre un million de personnes dans la rue".

L'ancienne ministre centriste Simone Veil, qui a apporté son soutien à Nicolas Sarkozy pour la présidentielle, considère que "Bayrou, c'est le pire de tous" les candidats.

Selon le quotidien Le Parisien/Aujourd'hui en France du samedi 17 mars, Simone Veil, qui était invitée vendredi matin par le grand rabbin de France, Joseph Sitruck, élevé au grade de commandeur de la légion d'honneur dans les salons de l'Elysée, a qualifié la candidature de François Bayrou d'"imposture". "Tout ce qu'il a été capable de faire lorsqu'il était ministre de l'Education nationale, c'est de mettre un million de personnes dans la rue", au moment de la remise en cause de la loi Falloux sur le financement de l'école privée.

"Aucune base"

"Personne ne semble voir les conséquences que ce vote aurait sur la démocratie", poursuit l'ancienne membre du Conseil Constitutionnel. "Quand il n'y a plus de partis, on installe un système totalitaire. Son projet de cohabitation ne repose sur aucune base." Car pour Simone Veil, la situation politique française est très différente de celle d'outre-Rhin: "quand il y a une alliance en Allemagne, cela se discute longtemps à l'avance et sur un vrai projet politique."

Simone Veil est aussi revenue sur son désaccord avec la proposition de Nicolas Sarkozy, dont elle préside le comité de soutien, de créer un ministère de "l'immigration et de l'identité nationale": "J'aurai préféré de loin Immigration et Intégration. Le choix des mots, c'est important en politique", commente-t-elle. L'ancienne ministre de la Santé d'Edouard Balladur précise qu'elle n'était déjà pas d'accord avec les termes de "Karcher" et "racaille" employés par le ministre de l'Intérieur, mais affirme: "il faut choisir et j'ai choisi. Je ne suis pas socialiste et Bayrou c'est pire".
NOUVELOBS.COM | 17.03.2007 | 10:13

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Simone Veil : Nous ne sommes jamais sortis de la déportation 13/04/07

La Fondation pour la Mémoire de la Shoah a organisé le 12 avril une soirée en l’honneur de Simone Veil, Présidente d’honneur de la FMS. Cette cérémonie très émouvante a eu lieu au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme.

Après un texte de Paul Schaeffer, lu par Jean-Luc Landier, Directeur adjoint à l'administration et aux finances ; Anne-Marie Revcolevschi, directrice générale de la FMS ; David de Rothschild, Président de la FMS et Ady Steg, président de l’AIU ont rendu hommage à la fois avec sobriété et émotion à Simone Veil qui a présidé la FMS depuis sa création, de 2001 à février 2007.

L’ancienne présidente du parlement européen et ministre d’Etat, a dans un discours extrêmement touchant déclaré : « Nous ne sommes jamais sortis de la déportation ». Elle a parlé des difficultés pour les déportés de se faire entendre pendant longtemps et estimé que de toutes les hautes responsabilités qu’elle a exercées, « c’est la présidence de la FMS qui a le plus compté pour moi et à laquelle je me suis le plus donnée ».

Les participants à cette soirée ont eu le privilège de recevoir un recueil de discours prononcés par Simone Veil de 2002 à 2007 en sa qualité de présidente à la FMS et qui vient d’être édité dans la collection « Témoignages de la Shoah », édité par la FMS avec les éditions Le Manuscrit.

Le dernier des discours qui est inclus dans cet ouvrage de référence est celui qui a été prononcé par Simone Veil lors de la séance d’ouverture de la journée internationale de commémoration dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste à l’ONU, à New York le 29 janvier 2007.

Celle qui a été déportée à Auschwitz à l’âge de 17 ans avait alors déclaré : « Le temps n’y peut rien ; c’est toujours la même émotion qui m’étreint lorsque je suis amenée à prendre la parole pour parler de la Shoah. Comme tous mes camarades, je considère comme un devoir d’expliquer inlassablement aux jeunes générations, aux opinions publiques de nos pays et aux responsables politiques comment sont morts six millions de femmes et d’hommes, dont un million et demi d’enfants, simplement parce qu’ils étaient nés juifs. »

Simone Veil concluait son discours en ces termes : « Au delà des Etats et des institutions, il reste la part de responsabilité qui incombe à chacun et je tiens à vous donner un exemple qui me tient à cœur. Le 18 janvier dernier, Jacques Chirac, a rendu, au Panthéon, hommage aux Justes de France. Les « Justes » sont ces millier d’hommes et de femmes non juifs, honorés par l’Institut Yad Vashem de Jérusalem pour avoir, pendant la Seconde Guerre Mondiale, sauvé des Juifs de la déportation. En France, 76000 Juifs ont été déportés, mais les trois quarts des Juifs de France ont été sauvés. Ils le doivent à ces milliers de Français qui les ont aidés et qui ont incarné le courage, la générosité, la solidarité.

Si j’évoque les Justes, c’est parce que je suis convaincue qu’il y aura toujours des hommes et des femmes, de toutes origines, et dans tous les pays, capable du meilleur. A l’exemple des Justes, je veux croire que la force morale et la conscience individuelle peuvent l’emporter.

En conclusion, et en me réjouissant que vendredi dernier, la résolution condamnant la négation de l’Holocauste ait été aussi pleinement approuvée, je forme les vœux les plus ardents pour que cette journée décidée par les Nations unies inspire à tous les dirigeants, à tous les hommes et femmes de par le monde, le respect de l’autre, le rejet de la violence, de l’antisémitisme, du racisme et de la haine.

Je souhaite solennellement vous redire que la Shoah est « notre » mémoire et « votre » héritage. »

Lors de cette soirée, à laquelle étaient présentes de nombreuses personnalités, Roger Cukierman, le président du CRIF, retenu par une émission de télévision, était représenté par Haïm Musicant, directeur général. Etaient également présents d’autres membres du CRIF dont certains exercent ou ont exercé des responsabilités au sein de la FMS : Ariel Goldmann ; Mireille Hadas-Lebel ; Henri Hajdenberg ; Serge Klarsfeld et Richard Prasquier.
13/04/07

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Simone Veil superstar
Le Parisien, dimanche 16 décembre 2007, p. 5

C'EST LA « VEILMANIA » ! « Une vie », l'autobiographie de Simone Veil parue aux Editions Stock il y a six semaines, connait en effet un succes impressionnant Cette semaine, Ie livre de l'ancienne garde des Sceaux est numero trois des ventes tous genres confondus, selon « Livre Hebdo », la bible des editeurs.

Seuls « Chagrin d'école » de Daniel Pennac et l'autre autobiographie qui cartonne en ce moment, celle de Michel Drucker (« Mais qu'est-ce qu'on va faire de toi ? »), font mieux.

Selon Stock, « Une vie », initialement tire a 100 000 exemplaires, s' est deja ecoule a 350 000 exemplaires.
La barre des 500 000 est d' ores et deja en vue.
« II s' en vend chaque jour au minimum 10 000, assure-t-on au service de presse. Ce sera notre plus grosse vente de l'annee. »

L'annee 2007 aura decidement ete faste pour Simone Veil. Celle qui avec la fin de son mandat au Conseil constitutionnel en fevrier dernier, a retrouve toute sa liberte de parole aura ete tres a la mode depuis.

Durant la presidentielle, Nicolas Sarkozy a largement mis en avant son soutien en en faisant une arme anti­Bayrou redoutable (Veil deteste le patron du MoDem et ne le cache pas) et un agent electoral tres efficace pour capter le vote des femmes face a Segolene Royal. Cote a cote, ils auront tenu deux meetings.

Les femmes ministres du gouvemement Filion. - surtout celles de la nouvelle generation - ne jurent que par elle.
Rachida Dati, dont elle est tres proche, l'invite tres regulierement place Vendome, et l'ancienne presidente du Parlement europeen n'hesite jamais a dire tout le bien qu' elle pense de la garde des SceauX. Vendredi, elles ont encore dejeune ensemble.

Rama Yade (notedt, voir déclarations du 10 décembre 2007) lui voue aussi une vraie admiration.
La secretaire d'Etat aux Droits de l'homme lui a demande de l'accompagner prochainement a Auschwitz ...

Et 2008 pourrait etre un millesime similaire pour Simone Veil : celle-ci pourrait faire son entree sous la coupole de l'Academie française.
LUDOVIC VIGOGNE

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Extrait. Une Vie. pp. 276-277
C'est dans ce même gouvernement (Balladur, 1993-1995) que j'ai fait la connaissance d'un homme aussi vif qu'intelligent, infatigable travailleur, exceptionnellement au fait de ses dossiers: Nicolas Sarkozy.
Je me souviendrai toujours de la discussion que j'ai eue avec lui à propos de mon budget. Jeune ministre, a priori inexpérimenté, il connaissait nos chiffres mieux que la directrice du budget elle-même!

Depuis lors, ce jeune homme a fait parler de lui. Depuis lors, et sans faille, je lui ai conservé amitié et confiance. Nicolas Sarkozy aime se battre. Il n'est à l'aise que lorsqu'il défend ses convictions face à un adversaire de poids.

À cet égard, on ne peut pas dire que les dernières élections présidentielles lui auront offert la possibilité d'un combat d'égal à égal. Je suis convaincue qu'il aurait préféré se retrouver face à Dominique Strauss-Kahn, homme d'expérience et de compétence, plutôt que face à Ségolène Royal, plus inconsistante, plus floue dans ses jugements bien que plus entêtée jusque dans l'erreur.

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Extrait. Une Vie, pp. 268-269
J'ai hésité pendant quelques instants à lui demander (note : 1993, gouvernement Balladur)le ministère de la Justice. Je pense qu'il aurait pu me donner son accord, mais je me suis aussitôt ravisée. Malgré le vif intérêt que j'aurais trouvé à diriger une maison que je connaissais bien et que j'avais beaucoup aimée, je savais que, sans assise politique forte, la tâche qui m'y attendait serait difficile, sinon impossible.

Lorsqu'il s'agit de prendre des décisions lourdes de conséquences, par exemple de donner le feu vert à des poursuites d'hommes politiques ou d'acteurs économiques de premier plan, il est impossible d'y parvenir sans un solide soutien. C'est un point souvent ignoré de l'opinion, autant que des hommes politiques les plus aguerris.

Je me souviens d'avoir tenté d'ouvrir les yeux de Maurice Faure, pourtant vieux routier des cabinets de la IVe République, qui ayant refusé les Affaires étrangères, par crainte de surmenage, me disait combien il était heureux que François Mitterrand lui ait proposé le portefeuille «plus calme» de la Justice. «Détrompez­vous, lui avais-je répondu, il vous faudra subir des pressions plus fortes que dans n'importe quel autre ministère.»

Quelques semaines plus tard, j'avais à nouveau recueilli ses confidences, qui ne m'avaient nullement surprise. «Vous aviez raison, c'est infernal. Je jette l'éponge.»

Une telle conviction me venait du temps où, ministre de la Santé, j'avais vu mon collègue de la justice se débattre dans les problèmes de la chancellerie. Je m'étais alors souvent dit : « Si un jour je devais être garde des Sceaux, je crois que je préfèrerais me suicider plutôt que vivre ce qu'il vit. »

Et puis, les expériences que j'avais jadis vécues au cabinet de René Pleven ne s'étaient pas déroulées sans difficulté. Malgré le prestige dont il jouissait et l'expérience politique qui lui permettait de résister aux pressions, je l'avais vu peu à peu usé par la fonction.
La chancellerie avait d'ailleurs mis un terme à sa brillante carrière politique, ce qui l'avait attristé.
J'osais donc à peine imaginer ce que serait mon propre quotidien place Vendôme, alors que je ne possédais ni son expérience, ni son adossement politique.

Au moment d'écrire ces lignes, dans un contexte qui ne s'est pas réformé, je ne peux m'empêcher de penser à Rachida Dati, dont la lucidité et le courage font mon admiration.

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Extrait. Une Vie, pp. 124-125 En dépit de ces turbulences, et contrairement à beaucoup de nos concitoyens, je confesse que le départ de de Gaulle en janvier 1946 ne m'était pas apparu comme une catastrophe nationale.
Il avait tellement voulu jouer la réconciliation entre les Français qu'à mes yeux les comptes de l'Occupation n'étaient pas soldés. Au procès de Laval, comme à celui de Pétain, il n'y avait pas eu un mot sur la déportation.
La question juive était complètement occultée. Du haut au bas de l'État, on constatait donc la même attitude : personne ne se sentait concerné par ce que les Juifs avaient subi.
On peut imaginer ce que cela avait de choquant pour tous ceux dont la Shoah avait bouleversé l'existence.

Plus tard, j'ai réalisé que la volonté politique du Général allait au-delà de cet « oubli». Il souhaitait mettre en veilleuse, non pas seulement la question juive, mais tout ce qui était de nature à diviser les Français, l'opposition feutrée entre les Français « libres » et les résistants de l'ombre, les querelles entre les formations politiques, sans lesquelles il n'y a pourtant pas de vie démocratique.
Tout cela lui rappelait une République qu'il n'avait pas aimée. Sa capacité de méfiance et de rejet était donc étendue. Même avec des fidèles comme René Pleven, qui l'avait rejoint à Londres dès juin 1940, mais poursuivait un parcours politique sans allégeance, ou Raymond Aron, dont la liberté d'esprit était entière, de Gaulle entretenait des rapports parfois difficiles. Il avait besoin de rassembler autour de lui.
La vie parlementaire était à ses yeux une liturgie inévitable, mais qu'il convenait de tenir en lisière.

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Extrait. Une Vie, pp. 164-166
C'est pourquoi,
face aux drames humains qui présidaient à la naissance d'Israël, et après que les Anglais eurent reconnu leurs torts envers les réfugiés, la soudaineté du conflit entre Israéliens et Arabes m'a surprise.
Sans doute naïvement, j'avais imaginé que de part et d'autre, le découpage effectué par l'ONU serait accepté. Je vécus donc avec beaucoup d'inquiétude la première guerre, qui éclata dès 1948.
Ensuite, lors de la crise de Suez, en 1956, j'ai pris la mesure du nationalisme arabe. Une évidence éclata alors au grand jour : l'Egypte représentait pour Israël la menace principale. A cette époque les Palestiniens n'avaient pas la capacité d'entreprendre le combat, et seuls les Égyptiens paraissaient capables de vaincre l'État juif.

Beaucoup plus tard, alors que j'en étais la présidente, Sadate a rendu visite au Parlement européen. Nous avons alors eu de longues discussions, et j'ai compris que les relations entre l'Égypte et Israël avaient profondément changé.
A ses yeux, les accords de Camp David, signés deux ans plus tôt, n'avaient rien d'un chiffon de papier.
Hélas, il devait être assassiné quelques semaines plus tard, et les événe­ments n'ont pas répondu aux espoirs de paix que nous caressions alors.

Ces événements dramatiques étaient encore à venir lorsque je me suis rendue en Israël. À cette époque, chacun conservait en tête les propos atterrants de de Gaulle sur le peuple juif, d'autant plus injustes que l'offensive d'Israël en 1967 relevait d'une sorte de légitime défense (note, De Gaulle : "Le peuple Juif, un peuple d'élite, sûr de lui et dominateur").

Sa victoire sur les trois fronts avait permis aux Juifs de desserrer l'étau et de conquérir de nouveaux territoires. J'ai alors pensé qu'Israël devait faire le maximum pour trouver une solution vivable pour les uns et pour les autres.

Malheureusement, l'occasion n'a pas été saisie. Par la suite, les uns et les autres ont raté bien des chances de paix. L'exiguïté de l'espace ne facilite pas les compromis territoriaux. Il y a là trop d'histoire pour pas assez de géographie.
Ajoutons qu'en Israël, seule démocratie véritable de la région, la proportionnelle intégrale, là comme ailleurs, ne favorise pas la stabilité du pouvoir.

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Extrait. Une Vie, pp. 153-154
J'ai pourtant passé là cinq années fécondes et variées (note, à la Direction des Affaires civiles du Ministère de la Justice). J'avais le sentiment d'être en prise directe avec le pouls de la société, de mieux en comprendre les attentes et de participer à la mise en place de réformes nécessaires, importantes, mais également tardives, ce qui me donnait l'impression qu'il fallait galoper plus vite pour rattraper les retards accumulés par le droit sur le mouvement de la société.

C'est la raison pour laquelle les événements de mai 1968 m'ont plus passionnée que surprise. Ils représentaient une remise en cause des hiérarchies, d'ailleurs moins celles des intelligences et des talents que celles des fonctions. Contrairement à d'autres, je n'estimais pas que les jeunes se trompaient : nous vivions bel et bien dans une société figée.

Mai 68 fut très largement la contestation des patrons d'universités, des pontes de la médecine, des ministres, des chefs d'entreprise, de tous les mandarins qui croyaient détenir leurs pouvoirs d'une sorte de droit divin. Ce mouvement exprima d'abord un vaste besoin de s'affirmer, de prendre la parole, à la Sorbonne, à l'Odéon ou ailleurs.

Contrairement à ce que répétaient les ténors de la droite, tout ne se résumait donc pas à des délires gauchistes; une réelle envie de faire bouger les choses se faisait jour au sein de la jeunesse.

À l'époque, nous habitions à l'angle de la rue Danton et de la place Saint-André-des-Arts, dans un appartement dont le balcon courait autour de l'immeuble. Il faisait la joie de nos enfants et de leurs amis, qui venaient là comme au spectacle, quand ils n'étaient pas dans la rue à conspuer les CRS, qui ne le méritaient généralement pas : arrachés vingt­quatre heures plus tôt à leur province, ils faisaient en réalité ce qu'ils pouvaient pour contenir les débordements de ce qui s'apparentait encore à un gigantesque monôme.

Par la suite, de nos trois enfants, c'est toujours Nicolas qui se sentit le plus concerné, manifestant sans cesse, contestant les « mandarins », partant en expédition aux usines de Flins, et se faisant ramasser par la police.

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Extrait. Une Vie, pp. 171-172
Fin mars 1974, visitant
le Népal en coup de vent avec Jacqueline Auriol, ayant toujours au cœur la nostalgie de la pénitentiaire, comment aurais-je pu imaginer que, moins de deux mois plus tard, je serais membre du gouvernement Chirac formé après l'élection de Valéry Giscard d'Estaing ?

Chacun savait que l'état de santé du Président Pompidou laissait à désirer. La cortisone empâtait ses traits et sa silhouette. Néanmoins, nous sous­estimions la gravité de son état, sur lequel il était lui-même d'une absolue discrétion, même si l'on devinait les souffrances qu'il endurait. De retour du Népal, éblouie des paysages découverts, un peu déçue de n'avoir pu apercevoir les sommets himalayens noyés dans la brume, la nouvelle du décès du Président me fut un choc.

Sans préavis, la campagne présidentielle démarra aussitôt, sur les chapeaux de roues, trop vite en ce qui concerne Jacques Chaban-Delmas qui, avec sa candidature instantanée fit alors un premier faux pas.
Pourtant, mon mari et moi avons apporté sans hésitation notre soutien au père de la « nouvelle société ». Parmi les trois concurrents en lice, il nous apparaissait comme le seul authentique réformateur.

Valéry Giscard d'Estaing représentait à nos yeux une droite d'allure sans doute moderne, mais foncièrement conservatrice dans ses assises aussi bien idéologiques que sociologiques, tandis que le virage à gauche toute de François Mitterrand ne nous inspirait aucune confiance.
Le partisan du réformisme social, de la vie démocratique et du dialogue entre Français, le fin connaisseur du monde parlementaire, l'homme politique capable de débarrasser le gaullisme de ses ultimes chimères, était à n'en pas douter le séduisant maire de Bordeaux.

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Extrait. Une Vie, pp. 178-179
Parmi les personnalités
qui composaient le gouvernement, la seule que je connaissais auparavant était Françoise Giroud, croisée chez Marcel Bleustein­Blanchet. Comme elle se retrouvait en charge du nouveau département de la Condition féminine, il me semblait normal de travailler avec elle.
Dès les premiers jours de nos prises de fonctions, je l'ai donc appelée pour lui proposer des opérations communes. Elle pourrait recueillir les demandes des femmes, nous en parlerions ensemble, et mon ministère lui apporterait son soutien financier, puisque le budget du sien était famélique.
Françoise m'a écoutée poliment, mais, quelques jours après, j'ai eu la surprise de découvrir un écho assez ironique et désagréable dans L'Express.
J'en ai conclu qu'il ne servait à rien de soumettre une quelconque idée à une femme qui faisait profession d'en produire à longueur d'articles.

La cause des femmes l'intéressait-elle vraiment d'ailleurs ? Je n'en suis pas convaincue. Elle avait, avec une plume remarquable, une personnalité brillante, savait parfaitement jouer des formules assassines - on se rappelle sa phrase terrible à propos de la campagne présidentielle de Chaban : « On ne tire pas sur une ambulance » -, mais son militantisme et ses engagements réels au profit de la cause des femmes étaient sans doute moins forts que son sens médiatique hors pair ne le laissait croire.

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Extrait. Une Vie, pp. 186-188
Depuis des années j'étais sensibilisée à ce problème de l'avortement; pas seulement en tant que femme, mais en tant que magistrat. Comme la plupart de mes collègues, j'étais effarée des drames dont je pouvais avoir connaissance.
Et puis, l'attitude particulièrement réactionnaire de certains juges me choquait. Sévissait à l'époque un juge d'instruction, spécialisé dans les affaires médicales, qui s'acharnait à poursuivre les médecins ayant pratiqué des avortements afin de leur interdire à vie l'exercice de la médecine.
Il se comportait comme un fou furieux, mais la loi le lui permettait.

Nous étions donc un certain nombre à la chancellerie qui militions en faveur d'un nouveau texte. Ainsi, à la Direction des affaires criminelles se trouvait un magistrat, Christian Pierre, en charge de ces affaires. A chaque changement de gouvernement, il adressait au nouveau ministre une note visant à le sensibiliser à l'urgence de ce problème. Mais les gardes des Sceaux se succédaient, et aucune loi n'apparaissait.

C'est alors que Michel Poniatowski a compris que la question devait être tranchée par son ministère, celui de la Santé, et non par celui de la Justice. Un temps, il avait envisagé de me confier la présidence d'une commission sur ces questions, car il savait que je m'y intéressais. Mais avec la mort de Georges Pompidou, les événements s'étaient précipités, et voilà que je me retrouvais en charge de ce dossier explosif. J'en connaissais l'urgence, mais aussi les écueils, et je n'avais garde de sous-estimer les oppositions qu'il me faudrait combattre, à la fois dans l'opinion et au Parlement.
Giscard n'ayant pas dissous l'Assemblée, je savais que bientôt se dresseraient face à moi ces mêmes députés qui, un an plus tôt, avaient refusé de voter un texte pourtant bien plus timide que celui qui allait leur être soumis.

Du moins pouvais-je compter sur l'appui inconditionnel du Président. Son Premier ministre, en revanche, se montrait plus réservé. Aux yeux de Jacques Chirac, le pays se trouvait confronté à des problèmes autrement plus urgents que l'IVG.
Pourquoi Giscard s'acharnait-il donc à vouloir résoudre celui-là en premier? « Les femmes se sont toujours débrouillées. Elles continueront à se débrouiller », tranchait Chirac avec le solide aplomb qu'on lui connaît.
Toutefois, la fidélité du personnage est ainsi faite qu'à partir du moment où le président de la République eut réaffirmé avec force qu'il voulait ce texte, Jacques Chirac n'a pas ménagé son soutien à mon égard et tout mis en œuvre pour que la loi soit votée.
Dans le camp gouvernemental, tout le monde se préparait donc à la bataille, le Président, le Premier ministre, le ministre d'État Michel Poniatowski, moi-même ... Tout le monde, ou presque.

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Extrait. Une Vie, pp. 216-218
De ma première année de présidence, je conserve un bon souvenir, entaché cependant d'un incident budgétaire désagréable.

Il faut savoir que le vote du budget de la Communauté constituait alors l'unique prérogative du Parlement européen. Certes, la Commission devait lui soumettre ses projets de directives, mais elle n'était pas liée par les avis du Parlement, dont les pouvoirs ont été heureusement élargis depuis lors.

Pour ce qui touche au budget, notre seul pouvoir réel portait à l'époque sur les dépenses non obligatoires. Or, cette première année, pour la préparation du budget de 1980, la délégation d'élus que je présidais s'était appliquée une nuit entière à chercher un accord avec le Conseil des ministres des finances sur ces dépenses non obligatoires.

Le Parlement souhaitait en effet qu'un effort particulier fut consacré à lutter contre la faim dans le monde. La situation en Afrique était si dramatique que nous jugions de notre devoir d'apporter à ce continent une aide financière supplémentaire : cinq ans plus tôt, la convention de Lomé avait systématisé un certain nombre d'engagements vis-à-vis des pays d'Afrique et des Caraïbes. Les parlementaires européens estimaient se situer dans cette ligne en augmentant l'aide à ces pays en grande difficulté.

Sans doute notre ambition humanitaire parut-elle excessive aux yeux de la France. Toujours est-il que son Premier ministre fit rapidement connaître l'opposition du gouvernement français à ce très léger dépassement. Bien que les autres pays membres ne se soient pas associés à ce rejet, la France s'entêta. En dépit du caractère finalement marginal des sommes en cause, un accord ne put donc être trouvé, mais comme il revenait en dernier ressort au président du Parlement de trancher, il était facile de prévoir ma décision.

Raymond Barre tenta de l'infléchir. J'eus beau lui répéter que je devais fidélité aux décisions de l'assemblée qui m'avait élue, il ne voulut pas en démordre.
Il fit même plus en dépêchant le secrétaire général du gouvernement, afin de tenter de me faire céder.
Peine perdue. Celui-ci eut beau téléphoner vingt fois pendant notre conversation, alerter les journalistes sur ma « trahison » à l'égard de la France, élever le ton pour me rappeler à mes « devoirs envers mon pays », rien n'y fit.

J'ai fait savoir à M. Barre que mon rôle était d'assumer la décision des eurodéputés, et ce malgré les risques de conflits éventuels avec tel ou tel gouvernement.

Ma position n'était pas la plus confortable qui se puisse imaginer. En revanche, elle me valut un supplément de crédibilité au Parlement européen.

L'affaire n'en resta pas là. Dès le vote du budget, le gouvernement français forma un recours devant la Cour de justice européenne, nous contraignant à fonctionner jusqu'à l'été à coups de douzièmes provisoires. Finalement, la Cour de justice proposa un compromis et les choses s'arrangèrent.

L'épisode demeura néanmoins significatif des tensions qui existaient alors entre États membres et eurodéputés. Au­delà de la somme en jeu, et malgré une situation humanitaire en Afrique que tout le monde s'accordait à juger dramatique, une question de principe était posée.

La thèse de Raymond Barre, juridiquement fondée, était que le Parlement ne pouvait pas outrepasser, si peu que ce fût, la marge budgétaire dont il était en droit de disposer.
On imagine combien la position des eurodéputés était différente. J'estime qu'ils étaient dans le vrai, sinon juridiquement, du moins politiquement.

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Extrait. Une Vie, pp. 241-244
Ce n'était pas la première fois que les réactions de celui qui avait été mon Premier ministre me surprenaient.
Dès 1978, un dérapage verbal en Conseil des ministres avait bien failli mettre le feu aux poudres.
Raymond Barre avait évoqué le « lobby juif » dans des termes que j'avais jugé déplacés. Après le Conseil, j'avais déclaré au Président qu'en cas de nouvelle sortie de son Premier ministre sur le prétendu « lobby juif », je quitterais aussitôt le gouvernement en disant pourquoi.

Giscard était intervenu, et Barre avait ensuite doctement expliqué ce qu'il avait voulu dire; à l'entendre, j'avais mal interprété ses propos.

Deux ans plus tard, après l'attentat de la synagogue de la rue Copernic, sa langue avait à nouveau fourché. Alors que son ministre de l'Intérieur Christian Bonnet évoquait l'hypothèse d'un coup monté et que le président de la République s'abstenait de toute déclaration, Raymond Barre avait déploré la mort, à côté de Juifs, de « Français innocents ».
J'avais participé à la manifestation qui dénonçait de tels propos.

Plus tard, j'ai encore constaté sa tendance à tenir l'action d'autrui pour quantité négligeable. Aux élections présidentielles de 1988, sa candidature, que j'avais vigoureusement soutenue, recueillit seize pour cent des suffrages, le plaçant loin derrière Mitterrand et Chirac.
Face à son équipe de campagne, réunie au grand complet à la Maison de l'Amérique latine, il s'en prit aux centristes, responsables selon lui d'avoir fait échouer sa campagne. Seuls les gens de ses réseaux avaient travaillé; les autres n'avaient rien fait.
Jean François-Poncet, mon voisin, me susurra : « Mieux vaut en rire. Une autre fois, on le laissera seul avec des proches aussi efficaces! »

On ne peut pas dire qu'avant de disparaître il ait cherché à corriger son image en vantant les mérites de Bruno Gollnisch ou en se lançant dans un éloge posthume de Maurice Papon. Il n'empêche, tout atypique qu'il était, sa disparition a privé l'échiquier politique d'un homme d'Etat courageux.

Sur ce thème de l'antisémitisme, qui va souvent de pair avec la xénophobie, l'émergence et la montée du Front national m'ont très tôt inquiétée. Non que j'aie jamais pensé que, dans ce pays qui est le nôtre, l'extrême droite avait à jamais disparu.
Même minoritaire, elle existait encore, comme nous l'avaient rap­pelé les événements d'Algérie et la montée de l'OAS. Du moins se montrait-elle discrète.

Or, tout à coup, en place d'un Poujade simplement populiste, l'extrême droite se découvrit un leader charismatique et sulfureux en la personne de Jean-Marie Le Pen. Quelles qu'aient été dans sa démarche la part de la conviction et celle de la posture, le cocktail convenait à un certain nombre de gens qui, venus d'horizons divers, se retrouvaient sur sa liste: catholiques intégristes, militaires en rupture de rang, ennemis jurés du communisme, tous fédérés par la même haine portée à une présidence de gauche qu'ils détestaient.

L'élection de Dreux, en septembre 1983, marqua à cet égard un tournant. J'ai saisi la menace qu'elle faisait peser sur notre vie politique. Il faut se rappeler la violence des propos que tenait alors Jean-Marie Le Pen, ses attaques constantes de la démocratie, sa négation arrogante de la Shoah.

Alors que nous étions quelques-uns à juger qu'on ne pouvait pas laisser passer de telles déclarations, voilà qu'au seuil du second tour des élections municipales de Dreux, la liste RPR/UDF incorpora quatre représentants du Front national, en places éligibles, dont Jean-Pierre Stirbois, secrétaire général du parti.

Il y eut plus cho­quant encore. Unanimes ou quasi, les leaders de droite approuvaient cette stratégie, dont l'objectif claironné était de faire barrage à la gauche. Raymond Aron lui-même, dans L'Express, tint des propos dérangeants : «La seule Internationale de style fasciste dans les années 1980, elle est rouge et non pas brune.»

Seul Bernard Stasi, le courageux maire d'Épernay, et moi-même élevâmes de vives protestations.

Raymond Barre dénonça mon attitude, tandis que Jacques Chirac, qu'on devait connaître mieux inspiré par la suite, affirma que « quatre pèlerins du FN à Dreux » n'étaient rien face « aux quatre communistes au Conseil des ministres ». La suite de la montée en puissance du Front national a malheureusement donné raison à l'attitude d'alerte que nous avions adoptée, Bernard Stasi et moi. Le parti de Jean-Marie Le Pen n'en resterait là, ni dans ses provocations outrancières, ni dans ses victoires électorales.
Jacques Chirac reconnut vite son erreur d'appréciation et modifia radicalement son attitude.

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Extrait. Une Vie, pp. 249-251
Tout au long de la législature (note : législature européenne 1984-1989), nous nous opposâmes maintes fois aux gaullistes, ce qui me conforta dans l'idée que, malgré ses charmes, on ne pouvait pas vouloir l'unité à n'importe quel prix.
Cinq ans plus tard, lors de la troisième édition de ces mêmes élections européennes, la situation politique avait à nouveau changé. Valéry Giscard d'Estaing, remis de sa défaite de 1981, souhaitait revenir sur le devant de la scène.
Se saisissant de l'opportunité que représentaient les élections européennes, il voulut présenter une liste avec le RPR, comme nous l'avions fait cinq ans plus tôt.

Cette hypothèse me déplaisait. Pas plus que je n'avais conservé un bon souvenir de la liste de 1984, je n'avais été convaincue par le mandat écoulé.
Et puis, j'étais lasse de voir les enjeux européens devenir de simples instruments au service des leaders politiques français. Jacques Chirac, qui pourtant avait largement contribué en 1981 à la défaite de Giscard, était devenu pour lui un allié incontournable.
J'ai donc décidé de partir à l'aventure, avec mes amis centristes du CDS.

La campagne a été rude. Le RPR a mobilisé tous ses réseaux et militants pour occuper le terrain, et par moments j'ai eu la pénible impression que nous représentions à leurs yeux un ennemi plus redoutable que le Parti socialiste.
Éclatée en plusieurs tendances, l'UDF peinait à faire entendre sa voix. J'ai alors perçu la difficulté d'appartenir à un parti qui n'en est pas vraiment un; à force de vouloir être tout, il finit par ne plus rien être. Et puis, les circonstances nous divisaient.

Je ne suis pas prête d'oublier une visite calamiteuse que, sur les conseils de François Bayrou, mon directeur de campagne, j'ai rendue à Jean Lecanuet en son fief normand.
Je ne me doutais de rien, connaissant Lecanuet depuis le MRP des années 1950, et me souvenant de sa volonté farouche, cinq années seulement plus tôt, de présenter une liste purement centriste.

J'arrivais donc à Rouen, où m'attendait une conférence de presse réunie dans son bureau, à la mairie. Ce fut pour entendre Jean Lecanuet déclarer aux journalistes : « Je suis heureux d'accueillir Mme Veil. Simplement, nous ne figurerons pas sur la même liste. Je participerai quant à moi à la liste Giscard. »

Je n'invente rien. François Bayrou, que je connaissais alors à peine et auquel je faisais confiance, tant il m'était apparu intelligent et dynamique, venait de me donner la vraie mesure de son caractère, capable en quelques jours d'énoncer avec la même assurance une chose et son contraire, uniquement préoccupé de son propre avenir qui, depuis sa jeunesse, ne porte qu'un nom: l'Élysée.

Le personnage demeure incompréhensible si l'on ne tient pas compte de cette donnée essentielle: il est convaincu qu'il a été touché par le doigt de Dieu pour devenir président.
C'est une idée fixe, une obsession à laquelle il est capable de sacrifier principes, alliés, amis.
Comme tous ceux qui sont atteints de ce mal, il se figure les autres à son image : intrigants et opportunistes. Il a donc pu inventer cette chimère que je risquais de lui faire de l'ombre dans sa propre trajectoIre, puisqu'en toutes circonstances il s'imagine que les autres ne peuvent que le gêner.

De là découlèrent durant cette campagne certaines manœuvres où j'ai rapidement perçu la volonté de torpiller notre liste. En réalité, une telle attitude nuit plus à celui qui la pratique qu'à ceux qui la subissent.
Les calculs de François Bayrou me laissèrent donc indifférente. Je n'ai jamais eu envie de concourir pour une campagne présidentielle. J'ai cependant regretté le maigre score que nous avons remporté (note, moins que le FN et les Verts), car certaines personnes de qualité qui figuraient sur cette liste auraient amplement mérité de siéger au Parlement européen.

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Résultats des élections européennes de 1989
RPR/UDF Valéry Giscard d'Estaing 28,88 % 26 élus
PS/MRG Laurent Fabius 23,61 % 22 élus
FN Jean-Marie Le Pen 11,73 % 10 élus
Les Verts Antoine Waechter 10,59 % 9 élus
UDF dissident Simone Veil 8,43 % 7 élus
PCF Philippe Herzog 7,72 % 7

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Extrait. Une Vie, pp. 287-288
Au demeurant, mon militantisme fut de si courte durée que la question ne se posa même pas.
En novembre 1997 était organisée une journée de réflexion au cours de laquelle j'espérais que nous discuterions enfin de thèmes généraux intéressant la société française.
En l'absence de François Léotard, retenu à un colloque sur le Front national, la séance était présidée par François Bayrou.

Un certain nombre de sujets furent abordés, notamment celui de la parité entre hommes et femmes, à laquelle François Léotard avait fait savoir qu'il était favorable.
Ensuite, l'échange de vues s'étendit au Front national et aux problèmes d'immigration. Je fis part des travaux du Haut Conseil à l'Intégration, en insistant sur l'urgence de positions claires sur les questions concernant les étrangers.

Le débat s'engagea. Je me suis un peu enflammée, rappelant qu'il fallait avancer sans crainte sur toutes ces questions de société. Je trouvais que l'UDF demeurait trop timide, trop soucieuse de ne pas heurter la droite, et que le temps était venu pour elle de se définir clairement.

Quelle ne fut pas alors ma surprise d'entendre François Bayrou m'en faire le reproche. « Avec de telles idées gauchistes, vous allez faire fuir notre électorat ! » m'a­t-il soudain lancé. Je ne me le suis pas fait dire deux fois. La réunion devait se poursuivre l'après-midi. Je n'y suis pas retournée.

J'ai ainsi quitté l'UDF, sans regrets.
Je devrais plutôt savoir gré à François Bayrou de m'avoir pratiquement mise à la porte. Tout bien pesé, je n'étais pas faite pour de telles pratiques. Je manque de la souplesse nécessaire et, de surfroît, je suis incapable de travestir mes convictions. A partir de ce moment, je n'ai plus fréquenté aucune formation politique, UDF ou autre, et je ne m'en suis pas plus mal portée. Qu'aurais-je pu y apprendre, qu'aurais-je pu y faire? Rien.
Je n'ai jamais eu le désir de faire carrière et entends rester fidèle aux principes qui sont les miens. La politique me passionne, mais dès qu'elle devient politicienne, elle cesse de m'intéresser.

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Extrait. Une Vie, pp. 317-320
Il y a quelques années, alors que nous nous approchions de la fin du siècle de l'Holocauste, la France a fait un effort de vérité que l'on n'osait plus espérer.

Le 16 juillet 1995, par la bouche du président de la République, le pays a donné acte de la complicité de l'État dans les crimes contre les Juifs vivant en France pendant la Seconde Guerre mondiale, et affirmé l'imprescriptibilité de la dette contractée de ce fait.

Il s'agissait d'un acte courageux. Jamais, par le passé, l'État n'avait admis sa part de responsabilité dans de tels faits. Longtemps, j'avais souhaité qu'un homme d'État prononce les mots, sincères, profonds, que Jacques Chirac a trouvés. Jusque-là, nos présidents s'étaient succédés, et aucun n'avait énoncé le propos que beaucoup attendaient.

On se rappelle même la très sèche fin de non-recevoir que François Mitterrand avait opposée aux demandes formulées en ce sens.

Désormais, grâce à Jacques Chirac, notre pays peut regarder sa propre histoire les yeux dans les yeux.

En même temps, la décision a été prise de créer une commission chargée d'étudier les spoliations dont avaient été victimes les Juifs, et de proposer des actions réparatrices. Cette commission a été présidée par Jean Mattéoli, président du Conseil économique et social, ancien déporté de la Résistance.

Outre cette éminente personnalité, la commission comptait sept membres, dont le professeur Adolphe Steg, grand médecin estimé de tous et président de l'Alliance israélite universelle.
Entamant aussitôt ses travaux, elle découvrit l'ampleur et les difficultés de la tâche qui lui était confiée plus d'un demi-siècle après les événements auxquels il lui fallait se référer.

La commission Mattéoli a rendu son rapport en mai 2000. L'ampleur des spoliations frappa alors l'opinion. Le groupe avait examiné avec le plus grand soin les conséquences de l' « aryanisation » de quelque cinquante mille entreprises juives, la situation des quatre-vingt-dix mille comptes bancaires juifs bloqués, les contrats d'assurances jamais honorés, les trente-huit mille appartements vidés de leur mobilier, les biens des Juifs internés versés à la Caisse des dépôts et consignations, sans oublier les droits d'auteurs-compositeurs juifs bloqués à la Sacem.

Ainsi ses travaux touchaient-ils tous les secteurs de l'économie, industrie, commerce, services, création artistique, et de la fonction publique.

Tout ce qui pouvait être restitué aux familles juives le fut, mais la commission ne se borna pas à cette prescription de saine justice.
Elle mit en avant le devoir pour la France de perpétuer le souvenir et l'enseignement de l'histoire de la Shoah.

Dans cet esprit, elle demanda que les fonds publics et privés des spoliations qui ne seraient pas réclamés par leurs détenteurs ou leurs ayants droit décédés soient versés à une fondation consacrée à la mémoire de la Shoah. Celle-ci a aussitôt été mise en place, et le Premier ministre Lionel Jospin m'a demandé d'en accepter la présidence. J'en ai été profondément honorée.

Il me créditait des qualités requises pour veiller au sort de cette fondation : je ne participais à aucune instance juive, ce qui à ses yeux constituait un gage d'indépendance, mais j'étais une ancienne déportée et j'entretenais de bonnes relations avec l'Etat.

C'est le propos de Jacques Chirac qui, je pense, a conduit les membres de la commission Mattéoli à une vision aussi large du rôle de la fondation. Ses statuts ne mentionnent pas seulement le sort fait à la population juive, mais celui qu'ont subi les Tziganes. Sa vocation n'est pas uniquement sociale, mais s'étend au domaine culturel.
Elle peut d'autant plus inscrire ses diverses missions dans le long terme qu'elle dispose de fonds importants, dont les intérêts ont jusqu'à présent suffi à financer les projets.
Une pan du budget est consacrée au musée du mémorial, qui abrite à la fois le mur des déportés et le mur des Justes, et où sont rassemblés les souvenirs et photos qui attestent de la souffrance des Juifs dans les camps français où ils furent internés.

Je n'oublierai jamais l'intense émotion qui m'a étreinte lorsqu'un employé m'a montré un petit carnet semblable à ceux qu'utilisaient jadis les commerçants, avec souches et reçus, et sur lequel était consignée la somme de sept cents francs prise à ma mère lors de notre arrivée à Drancy.
Papier dérisoire, preuve accablante, s'il en était encore besoin, du mélange de rigueur paperassière et d'aveuglement moral de l'administration. Alors que semaine après semaine, les convois de déportés partaient pour Auschwitz, de zélés fonctionnaires remplissaient des carnets à souche et remettaient des reçus aux Juifs.

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Mémoire de la Shoah : Simone Veil juge "insoutenable" la proposition de Nicolas Sarkozy LEMONDE.FR avec AFP | 15.02.08 | 16h59 • Mis à jour le 15.02.08

"A la seconde, mon sang s'est glacé."

Simone Veil, présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et ancienne déportée, était présente mercredi 13 février, au dîner du CRIF, quand Nicolas Sarkozy a proposé d'associer chaque élève de CM2 à un enfant victime des persécutions nazies.

Interrogée par L'Express.fr, elle juge, vendredi 15 février, que cette proposition est"inimaginable, insoutenable, dramatique et surtout, injuste".

"On ne peut pas infliger ça à des petits de 10 ans, on ne peut pas demander à un enfant de s'identifier à un enfant mort, souligne-t-elle, cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter."

La suggestion de M. Sarkozy risque d'attiser les antagonismes religieux, dit-elle encore : "Comment réagira une famille très catholique ou musulmane quand on demandera à leur fils ou à leur fille d'incarner le souvenir d'un petit juif ?"

Déportée à l'âge de 16 ans, elle témoigne : "Nous mêmes, anciens déportés, avons eu beaucoup de difficultés, après la guerre, à parler de ce que nous avions vécu, même avec nos proches. Et, aujourd'hui encore, nous essayons d'épargner nos enfants et nos petits-enfants."

UNE DÉMARCHE "NÉCESSAIRE", POUR M. SARKOZY

Un peu plus tôt, en déplacement à Périgueux pour annoncer un plan de réforme de l'école primaire, Nicolas Sarkozy avait défendu à nouveau sa proposition très critiquée : "On ne traumatise pas les enfants en leur faisant ce cadeau de la mémoire d'un pays, pour leur dire un jour, c'est vous qui écrirez l'histoire de ce pays. Nous, nous en sommes la mémoire, ne refaites pas les mêmes erreurs que les autres."

Et le chef de l'Etat de poursuivre : "Il s'agit d'une démarche contre tous les racismes, contre toutes les discriminations, contre toutes les barbaries, à partir de ce qui touche les enfants, c'est-à-dire une histoire d'enfants qui avaient leur âge." "C'est d'autant plus nécessaire que les survivants de cette époque tragique de notre histoire vont disparaître (...), ce sont nos propres enfants qui, de génération en génération, se transmettront ce souvenir", avait-il déclaré.

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lexpress.fr Publié le 20/11/2008 à 16:59, mis à jour à 17:32 Gérard Bon, édité par Gilles Trequesser Simone Veil, 81 ans, a été élue jeudi à l'Académie française à la place de Pierre Messmer, mort en août 2007.
L'ancienne ministre a été élue au premier tour de scrutin avec 22 voix sur 29 votants, dit l'institution dans un communiqué. Il y a eu cinq bulletins blancs et deux blancs marqués d'une croix.

L'élection de Simone Veil, qui a légalisé l'avortement en France en 1975, a scandalisé l'association pro-vie, "Laissez-les-Vivre", dont plusieurs dizaines de membres ont manifesté dans l'après-midi à quelques centaines de mètres du quai Conti.

Le président Nicolas Sarkozy a dit avoir appris cette élection "avec une très grande joie" et a rendu hommage à la "femme d'État toujours au service de la France, et à son perpétuel courage dans ses combats pour la liberté des femmes, pour l'Europe ou pour la mémoire de la Shoah."

Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, a salué pour sa part "une femme politique exceptionnelle" dont le "combat de toute une vie pour les droits des femmes" est ainsi "justement reconnu" par l'Académie française.

Face à trois candidats relativement peu connus, Simone Veil a facilement obtenu l'un des sièges dits "politiques", car elle a peu publié. L'Académie française compte des écrivains, mais aussi des scientifiques et des hommes d'Etat.

Son autobiographie, "Une Vie", publiée l'an dernier et dans laquelle elle raconte sa jeunesse marquée par la déportation, a été un succès de librairie.

Elle reste l'une des personnalités les plus aimées des Français. Dans le Top 50 de l'Ifop de juillet dernier, elle occupe la première place des politiques, devant Nicolas Sarkozy et Olivier Besancenot.

Son élection parmi les "immortels" marque la reconnaissance d'un long parcours militant puisé dans les souffrances d'une enfant juive de 16 ans déportée à Auschwitz.

Entrée en politique en 1974 comme ministre de la Santé, elle s'est surtout engagée au centre aux côtés de l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing, qui lui a permis de faire voter un an plus tard la loi dépénalisant l'avortement.

Première présidente du Parlement européen, de 1979 à 1982, Simone Veil a été ministre des Affaires sociales dans le gouvernement d'Edouard Balladur de 1993 à 1995. Elle a ensuite intégré le Conseil constitutionnel de 1998 à 2007.

Pour "Laissez-les-Vivre", l'Académie française "se déshonore" en l'acceptant sous la Coupole. "Il nous paraît impossible de ne pas crier publiquement notre indignation face au symbole inégalable de la culture de mort depuis 34 ans", a déclaré un porte-parole de l'association.

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Écrit par Aurélie BEAU Dimanche, 14 Août 2011 13:46 lyon.france.websin.com

Le journal du dimanche a publié son traditionnel sondage sur les personnalités préférées des français : pour la septième année consécutive, c'est Yannick Noah qui arrive en tête.
Il est loin devant ses concurrents. Une reconversion réussie pour le meilleur tennisman français des années 90.

On est habitué. Yannick Noah est la personnalité préférée des français pour la septième fois de suite. Il devance l'ancien champion du monde de football Zinedine Zidane et l'actrice et humoriste Mimie Mathy.

Le classement du journal du dimanche existe depuis 1988. Il a longtemps été dominé par le commandant Cousteau et l'Abbé Pierre. Depuis les années 2000, le top 3 ne change pas vraiment. Yannick Noah est en tête depuis 2004.

Surprise en quatrième position, c'est la politicienne Simone Veil qui bondit de 17 places par rapport à l'an dernier.

A noter aussi la belle progression du chanteur Francis Cabrel qui pointe à la cinquième place du classement.

Du côté des flops, on notera celui de Nicolas Hulot. Il tombe de la 18e à la 36e place. Le classement de cette année 2011 est très tourné vers la politique.

Deux personnalités féminines font leur entrée : Christine Lagarde fraîchement nommée à la tête du FMI est 49e. Martine Aubry en course pour les primaires socialistes débarque à la 45e place.

On retrouve aussi encore cette année, Jacques Chirac, 39e, Nicolas Sarkozy, 51e, François Hollande, 52e, Jean Louis Borloo, 54e et Ségolène Royal 55e. On attend avec impatience le classement de 2012, l'année des élections présidentielles.

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Discours du pape François au Parlement européen Diffusé le 25/11/2014 / Durée 85 mn Mardi 25 novembre 2014, le Pape François est à Strasbourg, à la rencontre de l'Europe. Visite et discours au Parlement européen. Video Kto

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Le droit à l'avortement en France a 40 ans Le Monde.fr avec AFP | 26.11.2014 à 06h36 • Mis à jour le 26.11.2014 à 08h29 http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/11/26/le-droit-a-l-avortement-a-40-ans_4529308_3224.html

Quarante ans après l'ouverture des débats qui ont conduit à l'ouverture du droit à l'avortement en France, les députés français doivent adopter une résolution réaffirmant le droit à l'interruption volontaire de grossesse (IVG), mercredi 26 novembre.

Avant le vote, le président de l'Assemblée, Claude Bartolone rendra hommage à Simone Veil, qui avait défendu cette loi en 1974, lors d'un déjeuner autour de « grands témoins de ce combat » dont des signataires du Manifeste des « 343 Salopes », des ministres (Marisol Touraine, Najat Vallaud-Belkacem, Pascale Boistard), la maire de Paris Anne Hidalgo, des députés et personnalités engagés pour l'égalité hommes-femmes.

UNE PROPOSITION « SENSIBLE » POUR L'UMP RETIRÉE

Préparée par la présidente de la délégation aux droits des Femmes Catherine Coutelle (PS), la proposition de résolution « rappelle que le droit universel des femmes à disposer librement de leur corps est une condition indispensable pour la construction de l'égalité réelle entre les femmes et les hommes, et d'une société de progrès ». Il affirme « la nécessité de garantir l'accès des femmes à une information de qualité, à une contraception adaptée, et à l'avortement sûr et légal ».

Cet hommage est une manière de montrer que « ces combats ne sont jamais terminés », d'autant que « le droit à l'IVG reste contesté, empêché par l'action de groupes intégristes ou le manque de services spécialisés », a souligné la porte-parole des députés PS, Annick Lepetit.

L'Assemblée nationale devrait adopter le texte, non contraignant, de façon consensuelle, après le retrait d'un « point sensible » pour l'UMP : le principe de garantir « l'accès des femmes aux droits sexuels et reproductifs, parce que s'engager sur ce terrain voulait dire qu'on ouvrait la porte pour la PMA en dehors des cas de stérilité médicaux et à la GPA » (mères porteuses), a indiqué Chrisitian Jacob, président du groupe UMP.

Interrogée sur la mention retirée à la demande de l'UMP, Mme Lepetit a répondu:

« Nous tendons la main à l'opposition (...) si cet hommage est partagé et unanime, nous sommes beaucoup plus forts collectivement. Nous ne sommes pas obligés de tomber systématiquement dans le piège où veulent nous entraîner certains à droite, mais plutôt dépasser cela, montrer à quel point la France peut être en avant sur ces questions ».

Pour les écologistes, a expliqué leur coprésidente Barbara Pompili, cette résolution est « plus que jamais nécessaire » pour « rappeler le droit fondamental des femmes à disposer de leur corps », alors que « des enquêtes montrent que les femmes en France ont toujours des difficultés d'accès à l'IVG ».

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