Jacques Mellick senior

Janvier 2012 : AFFAIRE CARLTON, Jacques Antonio Mellick placé en garde à vue à la PJ de Lille
Janvier 2012 : Affaire privée, Beatrix Mellick placée en garde à vue

Mars 2008 : Municipales à Béthune, battu de peu

Juin 2007 : Malgré le soutien de Ségolène Royal pour la législative de juin 2007 : 31,85% au 1er tour ; battu au deuxième tour (48,23%)

15 septembre 2002 : La revanche, le suborneur de témoins élu au premier tour, par le peuple souverain ...
Le point de vue de Marylise Lebranchu, ancien ministre socialiste de la Justice
Le point de vue d'Henri Emmanuelli, ancien ministre et président de la commission des Finances
Le point de vue d'Arnaud Montebourg, député
Septembre 2002 : Municipales, Mellick le retour ?
Juillet 2002 : Municipales, La revanche de Mellick
Mai/juin 2002 : Législatives, Jacques Mellick caution de Marie-Noëlle Lienemann
Pas de chance ... ils sont battus d'environ cinq cents voix... (donc Marie-Noëlle voudrait revenir à Athis-Mons ... mais Athis dit non.)

Février 2001 : Mellick, un revenant plein d'allant. L'ex-ministre PS tâte le terrain avant de se lancer à Béthune. *

(Le 11 mars 2001 M. Jacques Mellick, ancien membre du Grand Orient de France, ancien maire et ancien ministre socialiste, condamné par la justice pour subornation de témoin et faux témoignage, obtient 44,13% des suffrages exprimés au premier tour des municipales à Béthune, ce qui confirme une fois de plus que le peuple Souverain admire les "aventuriers" populistes comme Mellick, Tapie ou Balkany, par exemple ...
Au deuxième tour son adversaire, le maire socialiste sortant, M. Bernard Seux, n'est élu qu'avec 60 voix d'avance.
Le 19 septembre 2001 l'élection est annulée par le tribunal administratif de Lille pour altération de la sincérité du scrutin ...)

«A la cité du Mont-Liébaut, c'est encore un dieu vivant, un gourou entouré de ses adeptes.» Anne-Marie Duez, tête de liste RPR.

Il revient... et il n'est pas content ! Pour Jacques Mellick, l'heure de la vengeance a sonné. Condamné à deux ans d'inéligibilité pour subornation de témoin, puis à cinq ans de privation de ses droits civiques pour faux témoignage au profit de Bernard Tapie dans l'affaire OM-VA, il s'apprête à débouler dans le scrutin municipal de Béthune (Pas-de-Calais). Signe des temps, l'ancien ministre socialiste a délaissé son bolide d'antan pour une vieille Peugeot dans laquelle il arpente les quartiers populaires. Et multiplie, dans les librairies du centre-ville, les séances de dédicaces de son livre, Excès de vitesse. Le dernier obstacle juridique à son come-back a été levé vendredi lorsque le tribunal d'instance de Lille, confirmant l'avis de la Cour de cassation, a prononcé sa réinscription sur les listes électorales.

«Esprit rebelle».
Jacques Mellick entretient encore un faux suspense et assure que son seul souci était de récupérer ses «droits de simple citoyen». Histoire de tester la popularité de son nom, il fait courir la rumeur que son épouse, Béatrix, pourrait le suppléer. Mais finit par confier: «Si je peux être utile, pourquoi pas?» Car, s'il se force à minauder, Mellick ne tarde pas à pérorer. Il crève d'envie de repartir à l'assaut de la mairie, simple étape sur le chemin de la reconquête de son mandat de député, programmée pour l'année prochaine: «Ceux qui ont essayé de m'empêcher de me présenter m'ont donné envie de me battre, j'ai un état d'esprit rebelle! Et si j'y vais, il n'y a pas photo!»

A l'ombre du beffroi, claquemuré dans son bureau de l'hôtel de ville, le député-maire socialiste Bernard Seux masque mal son inquiétude. Il cherche son salut dans le code électoral et celui de la procédure pénale, détaille la situation judiciaire de Mellick, doublement mis en examen, et continue de déterrer les affaires de son règne. Il se rassure comme il peut: «Avant, les gens s'agglutinaient à son arrivée, maintenant, c'est lui qui est obligé d'aller vers eux...»

Bernard Seux craint d'autant plus le retour de Jacques Mellick qu'il connaît bien l'individu. Comme tout bon socialiste béthunois, c'est même une créature de l'ancien ministre. Premier adjoint de 1977 à 1993, c'est à lui que Mellick, touché par le cumul des mandats, a confié pendant quelques mois le poste de maire... sans lui céder son bureau. Une petite humiliation symbolique de leurs rapports de subordination. Autant le maître est fonceur et flamboyant, autant l'élève est terne et fragile. Un peu partout en ville, le verdict est identique: «Bernard est honnête, gentil, mais il n'a pas les épaules.» Et surtout pas celles de son prédécesseur. En quête d'émancipation, Seux ne serre plus la main de Mellick depuis 1996: «Faut garder les mains propres...» Mais n'a jamais cessé de vivre dans son ombre. «Depuis quatre ans, les conseils municipaux tournent au règlement de comptes, Seux passe son temps à faire le procès de Mellick», raconte Anne-Marie Duez, tête de liste RPR.

Aucune investiture.
Il faut dire que Bernard Seux se sent bien seul. La fédération PS du Pas-de-Calais ne le ménage pas depuis qu'il a conquis la mairie, en décembre 1997, contre Claude Lagache, l'homme lige de Mellick qu'elle avait investi. Interdit de séjour à la section de la rue Copernic, qui rassemble plus de 400 affidés de Mellick, il s'est réfugié à la section de la commune voisine d'Annezin-lès-Béthune. Il exhibe son statut de membre du groupe socialiste à l'Assemblée nationale et se promène avec en poche le reçu de ses cotisations à l'association de financement du PS. Et une lettre de la commission nationale des conflits du parti jugeant «inadmissible que [son] inscription au PS ne soit pas validée par la fédération». Son patron, Serge Janquin, ne veut rien entendre. Et la rue de Solférino s'en lave les mains. Le PS n'accordera son investiture ni au sortant ni au revenant, et François Hollande répète: «C'est l'affaire de la fédération du Pas-de-Calais

Or, à la fédé, Mellick fut trésorier pendant près de vingt ans. Ça crée des liens. A la tête de la Norsogepress, une société satellite du PS, il a joué les grands argentiers, démarchant les entreprises pour drainer les fonds nécessaires au fonctionnement d'une grosse machine de près de 20 000 adhérents. Il n'a quitté le secrétariat fédéral qu'en novembre. Son «porte-flingue», Daniel Boys, l'y a aussitôt remplacé. Depuis quatre ans, c'est lui qui a mené la guérilla au sein du conseil municipal de Béthune. Gardien de la mémoire de l'ère mellickienne, il n'a cessé de porter le fer contre Seux l'usurpateur. Pour défendre l'héritage d'un ami de vingt ans: «J'ai monté les marches du palais de justice à ses côtés», dit fièrement Boys. Si Mellick décidait finalement de ne pas concourir, il le remplacerait au pied levé: «Nous sommes interchangeables

«Robin des Bois».
Tous deux espèrent que les Béthunois n'ont pas la mémoire courte. Et auront la reconnaissance du ventre pour dix-huit ans de clientélisme acharné, de boîtes de chocolat pour les petites vieilles aux petits boulots pour les jeunes, en passant par les bons d'alimentation et les billets de 100 francs pour tout le monde. En mellickien, on appelle ça «rendre service». «Jacques Mellick aime les gens, c'est tout», s'insurge Boys. Jusqu'à les rappeler par écrit à leur «devoir électoral» lorsqu'il les a gratifiés d'une aide.
«Dans les quartiers populaires, c'est le retour de Robin des Bois», rigole Jean-Pierre Deruelle (UDF), qui mène une liste «apolitique» sur laquelle il est fier d'avoir récupéré un ancien adjoint de Mellick. «A la cité du Mont-Liébaut, c'est encore un dieu vivant, un gourou entouré de ses adeptes», renchérit Anne-Marie Duez. «C'est vrai, il a un fonds de commerce, des gens qu'il a couverts de cadeaux», admet Seux. Tous s'apprêtent à se désister en faveur du mieux placé au soir du premier tour. Avec l'espoir que le réflexe «TSM» («Tout sauf Mellick») résiste à l'accélération de l'homme à la Safrane supersonique
* RENAUD DELY, Libération, 12 février 2001, p. 12.

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Mellick, porte-voix de Lienemann à Béthune
Il est la caution locale de la candidate du PS parachutée.

«Souvenez-vous, quand j'étais député, j'ai toujours rendu service..» Jacques Mellick

Elle le blanchit, il l'adoube ; elle s'en sert, il l'instrumente : Marie-Noëlle Lienemann et Jacques Mellick, un couple en campagne sur fond d'échange de bons, et peut-être loyaux, services. Déjà battue en 1997 dans la septième circonscription de l'Essonne, la toujours première adjointe d'Athis-Mons et ancienne secrétaire d'Etat au Logement cherchait une terre d'asile. Jacques Mellick lui a offert la neuvième circonscription du Pas-de-Calais, celle de Béthune, le fief dont la justice l'a délogé lors de sa condamnation pour faux témoignage dans l'affaire OM-VA. En mars 2001, l'ex-ami-alibi de Bernard Tapie avait calé aux portes de l'hôtel de ville. De peu. Il n'avait échoué que de 60 voix, vaincu par un vaste front allant du PCF à la droite qui avait sauvé la mise de Bernard Seux, ex-PS rallié aux chevènementistes, qui lui a succédé à la mairie comme à l'Assemblée nationale. Cassé par le tribunal administratif, le scrutin pourrait être prochainement annulé par le Conseil d'Etat. Alors Mellick prépare sa revanche. Il s'entraîne dans le sillage de Lienemann. Elle lui a promis d'être numéro 2 de sa liste municipale s'il l'aide, d'ici là, à devenir députée. «Mellick a ridiculisé Béthune dans toute la France et ne peut plus être élu sur son propre nom, tempête le sortant Bernard Seux. Il avance masqué, ce n'est pas très courageux...»

Zizanie.
Atout de Lienemann au premier tour, Mellick deviendra-t-il son boulet au second ? C'est l'espoir d'André Flajolet, le candidat de l'UMP. Après vingt ans de défaite, il croit son tour enfin arrivé. Pas vraiment grâce à ses mérites personnels, sur lesquels il ne s'appesantit guère, mais plutôt à cause des dégâts commis par près de dix ans de zizanie dans le camp d'en face : «Les socialistes, ici, c'est comme la maison Tiberi en 2001 à Paris, c'est vermoulu de partout et ça ne demande qu'à s'écrouler !» Les bisbilles internes ont érodé l'enracinement du PS : nombre de militants ont raccroché, tandis que les «cartes alimentaires», base de la puissance de Mellick, ont fondu. «On sentait un peu le renfermé, on souffrait de consanguinité, reconnaît son ex-suppléant, Claude Galametz, Lienemann apporte du sang neuf.»

Flajolet la plaindrait presque : «Elle est l'otage d'un combat fratricide : elle perdra par naïveté, et Mellick par calcul.» Et de rêver de profiter d'un «sursaut républicain de propreté» au second tour pour barrer la route à «l'affairiste». Mais avec Marie-Noëlle Lienemann en candidate de «renouvellement», l'argumentaire perd de sa pertinence. «Cette fois-ci, ils auront du mal à crier au loup...», sourit Mellick. Défendant leurs couleurs au premier tour, Verts et communistes peineront à se liguer au second contre une prétendante étrangère aux différends de la gauche locale.

Contesté pour son inertie, Bernard Seux reste l'un des seuls à fustiger les «pratiques» de Mellick et de ses affidés, qu'il qualifie, au choix, de «mafieuses», «sectaires» ou «de voyous». Lienemann en revanche, estime qu'après avoir purgé sa peine d'inéligibilité, Mellick «a payé». Quant à son «système», alliage de populisme et de clientélisme qui a assis son autorité sur Béthune depuis vingt-cinq ans, «s'il y avait quelque chose de délictueux, les juges qu'il a eus à ses trousses l'auraient trouvé ». Et rares sont les traces du passif judiciaire de Mellick dans la campagne. Au fil de longues séances de porte-à-porte, Lienemann s'en sert donc comme d'une caution locale... Toujours un pas derrière elle, il lui apporte une indispensable touche de «proximité». Dans le bourg de La Couture, à une dizaine de kilomètres de Béthune, une vieille dame ouvre sa porte au tandem. «Vous avez dû connaître ma tante Sidonie, elle était de 1908...», glisse Mellick. Il repart les mains chargées de gaufres. Deux pavillons plus loin, un gardien de prison, lepéniste à peine honteux, brocarde «la parachutée». Le suppléant intervient : «Elle a le même tempérament que moi. Souvenez-vous, quand j'étais député, j'ai toujours rendu service...» Au bar du village, il fait l'article : «Vous me connaissez, j'suis proche des gens. Eh bien, Marie-Noëlle, c'est pas chichis-paillettes, on est du même bois !» De son côté, elle s'efforce de ranimer la flamme populaire de cette circonscription à gauche de longue date.

Secrets.
Ce mercredi soir, lors d'une réunion publique à Lillers, sa doublure fustige les «technocrates de gauche» qui, une fois ministres, «ne distribuent plus de tracts et oublient les mots simples». Lienemann retient la leçon et dégaine l'argumentaire de la Gauche socialiste pour «parler au peuple» : il est question de «défense du monde du travail» face aux assauts de «la société libérale, camp du profit et de la rente», de dénonciation des «libéraux» qui veulent «s'engraisser sur notre santé et nos retraites», ou encore du «camarade Dominique Strauss-Kahn qui nous a fait beaucoup de mal et a perdu une bonne occasion de se taire» en prônant l'ouverture du capital d'EDF. Le parachutage de Lienemann perturbe aussi les subtils équilibres internes de la fédération socialiste du Pas-de-Calais, la plus puissante de France. Président de la région Nord-Pas-de-Calais, son ex-patron mais toujours tuteur, Daniel Percheron, a rechigné à l'accueillir. Soucieux du devenir de ce bastion qui fait et défait les majorités lors des congrès socialistes, Laurent Fabius a même encouragé Mellick à se présenter lui-même. En vain. La fédération a fini par approuver la volonté du revenant de se ranger derrière Lienemann. Ici, Mellick a toujours été choyé par ses pairs : trésorier de la fédération pendant trente ans, il connaît leurs grands et petits secrets.
Libération, Par Renaud DELY, mercredi 29 mai 2002, p. 15

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Libération, 26 novembre 1999, p. 18
Le tribunal correctionnel de Béthune (Pas-de-Calais) a condamné hier le pharmacien Miguel Mellick, fils de l'ancien maire de la ville et ex-ministre PS Jacques Mellick, à quatre mois de prison avec sursis et 50 000 francs d'amende pour escroquerie à la Sécurité sociale. M. Mellick était poursuivi pour avoir acheté des médicaments en Belgique et les avoir revendus avec des vignettes françaises.

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Marie-Noëlle Lienemann de retour à Athis-Mons ?

Marie-Noëlle Lienemann n'a pas réussi son implantation à Béthune.
TOUT ÉTAIT programmé pour que le départ de l'Essonne de Marie-Noëlle Lienemann soit définitif.
La circonscription de Béthune (Pas-de-Calais), traditionnellement acquise à la gauche, était un choix sur mesure pour permettre à l'ex-maire (PS) d'Athis-Mons de réussir son implantation.
Mais les électeurs de Béthune en ont décidé autrement. Devancée de 500 voix par le candidat de l'UMP, l'ancienne secrétaire d'Etat au Logement du gouvernement Jospin voit son avenir politique fragilisé.
Contactée par téléphone, Marie-Noëlle Lienemann n'a pas souhaité annoncer une décision ferme et définitive sur son retour. « Je dois me donner le temps de la réflexion avec mon entourage, confie-t-elle. Une chose est claire, je suis encore maire adjointe d'Athis-Mons et présidente de la communauté de communes », qui regroupe Athis-Mons, Juvisy-sur-Orge et Paray-Vieille-Poste.
Cette réponse annonce-t-elle un retour imminent sur ses terres de l'une des leaders de la gauche socialiste ?
Echaudés une première fois en mars 2001 par le départ surprise de leur ancienne maire, qui avait opté pour un portefeuille ministériel un mois seulement après sa réélection à la mairie, puis par son parachutage nordiste, les Athégiens sont-ils prêts à l'accueillir de nouveau ?
D.C. Le Parisien, mercredi 19 juin 2002, p. III Essonne

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Juillet 2002 : La revanche de Mellick

L'ANNULATION des élections municipales de Béthune laisse envisager un nouveau duel fratricide entre Jacques Mellick et son ancien adjoint Bernard Seux (aujourd'hui Pôle républicain). En mars 2001, après la victoire du maire sortant avec à peine 60 voix d'avance, l'ex-ministre socialiste avait saisi le Conseil d'Etat. Ce dernier vient de lui donner raison, estimant que l'« exploitation médiatique » de l'agression d'un colleur d'affiches de Bernard Seux a pu tromper les électeurs. Un colistier de Mellick avait en effet été mis en cause parmi les agresseurs.

L'affaire VA-OM
Hier, Bernard Seux ne cachait pas son amertume. « J'ai fait mon travail, je n'ai rien à me reprocher. Moi je peux me regarder dans la glace. L'honnêteté ne paie pas. » Une pique à son rival Mellick. Celui-ci, élu sans interruption depuis 1977, avait dû céder son fauteuil en 1996 après sa condamnation dans l'affaire du match de football truqué Valenciennes-Olympique de Marseille. Motif : son témoignage mensonger en faveur de Bernard Tapie.
Après cinq ans d'inéligibilité, Mellick a conservé son aura dans cette ville de 28 000 habitants, malgré des accusations de « clientélisme ». Hier, au siège du PS béthunois, l'ancien ministre a été acclamé par des militants au milieu d'une fête de quartier. « C'est une reconnaissance. La démocratie a des exigences : la violence verbale et la manipulation, cela ne passe pas », lance-t-il.
L'ancienne secrétaire d'Etat au Logement, Marie-Noëlle Lienemann, qui s'était présentée à Béthune aux dernières législatives avec Jacques Mellick comme suppléant, pourrait participer à la liste socialiste que ce dernier entend mener. En juin, lassés des éternelles bisbilles Seux-Mellick, les habitants avaient préféré faire basculer la circonscription à droite, du jamais vu depuis trente ans.
Franck Antson, Le Parisien, mardi 30 juillet 2002, p. 4

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Mellick rêve d'un retour

HIER MATIN, devant une centaine de représentants des milieux économiques béthunois, Jacques Mellick, 60 ans, présente avec chaleur celui qu'il appelle toujours le ministre des Finances. S'adressant à la salle, Dominique Strauss-Kahn enchaîne avec un brin d'humour : « Une ville comme la vôtre a besoin d'un homme tel que Jacques Mellick, qui s'est consacré à sa tâche avec tellement de coeur qu'il y a trouvé une part de ses ennuis en allant au-delà du raisonnable pour la défense des emplois locaux. » Les patrons sourient à cette allusion à l'affaire OM-VA qui a valu cinq ans d'inéligibilité à l'ancien député et maire de Béthune.

« Dans l'affaire OM-VA, j'ai été nul »

Personne ne perd de vue que, dimanche, aura lieu le premier tour des municipales partielles (après l'annulation des résultats de l'an dernier par le Conseil d'Etat). Même s'il s'en défend avec véhémence, la gestion municipale de Bernard Seux (l'ex-premier adjoint PS de Mellick, devenu son rival et son successeur à la mairie), ne fait pas, en effet, l'unanimité. Veste pied-de-poule, un patron (qui n'est certainement pas de gauche), déclare carrément : « Aujourd'hui, l'élection se fait par soustraction : qui d'autre que Mellick pour repartir du bon pied ? » Plusieurs de ses collègues l'approuvent. « Strauss est un bon thermomètre : il vient de confirmer ce que nous ressentions depuis quelques jours », se réjouit Daniel Boys, second sur la liste Mellick.

Avant de repartir un peu précipitamment pour Paris, DSK ne peut s'empêcher de lancer une dernière boutade : « Pardonnez-moi. Il ne faut pas que je roule trop vite pour aller à la gare » Cette fois, Mellick rit un peu jaune. « Strauss-Kahn sait aussi ce que c'est que les emmerdes », confiera-t-il un peu plus tard, en privé. Très active au côté de Mellick, Marie-Noëlle Lienemann pouffe de rire : « Remarquez que, dans la même journée, nous aurons eu à la fois DSK et un tractage à la porte de l'usine Firestone » Pour l'ancienne ministre du Logement, candidate malheureuse aux dernières législatives, à Béthune, la venue de Jack Lang (lundi), de DSK (hier), et de Claude Bartolone (aujourd'hui), vise surtout à montrer que « Mellick n'est plus, au PS, le pestiféré qu'il a été ». Laurent Fabius pourrait même venir la semaine prochaine, entre les deux tours. « Mellick a changé, il a mûri, indique le patron des socialistes du Pas-de-Calais, le député Serge Jeanquin. Et les gens le sentent. »
« Dans l'affaire OM-VA, j'ai été nul », confesse aujourd'hui l'intéressé. Les liens avec Bernard Tapie, qui ne l'a « jamais remercié » pour son faux témoignage devant la justice, se sont distendus. « On se téléphone de temps en temps. Je n'ai pas trouvé très bonne sa nouvelle émission sur TF 1. Il a perdu de son énergie. » Activement soutenu par les quelque 380 militants de la section PS de Béthune, l'ancien héros du feuilleton OM-VA fait du porte-à-porte chez les commerçants du centre. « J'ai mis sur ma liste un commerçant qui sera, si les cieux nous sont favorables, votre interlocuteur à la mairie », glisse-t-il à un parfumeur de la Grand-Place. Lienemann en profite, elle, pour acheter de… l'anti-cernes. Dimanche, les Béthunois devront choisir entre quatre listes : 1. Celle de Mellick (PS) ; 2. Celle de Seux (soutenue par les chevènementistes, le PC et… une partie de la droite, représentée par le numéro 2 de la liste, l'UDF Jean-Pierre Deruelle (suppléant du député RPR, André Flagolet) ; 3. Celle d'Anne-Marie Duez (majorité présidentielle) ; 4. Celle des Verts. Sévèrement battu aux législatives, le sortant Bernard Seux, dont la personnalité est très discutée en ville, tire ses dernières cartouches : « Vous savez, Mellick a tellement de casseroles qu'il finira bien par se prendre une gamelle. »
Philippe Martinat, Le Parisien, jeudi 12 septembre 2002, p. 5.

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Sans rancune, Béthune élit Mellick
Condamné en 1996, l'ancien maire récupère son fauteuil.

Jacques Mellick rêvait de vengeance depuis six ans. Il la tient depuis hier soir (15 septembre 2002). Les Béthunois l'ont, à l'occasion d'une élection municipale partielle, élu dès le premier tour maire de la ville. Après un retour manqué de 60 voix en mars 2001, l'ancien ministre, condamné à deux ans d'inéligibilité pour subordination de témoins et à cinq ans de privation de droits civiques pour faux témoignages dans l'affaire OM-VA, retrouve le fauteuil qu'il a occupé pendant près de vingt ans, entre 1977 et 1996. Investi par le Parti socialiste, il a obtenu 51,57 % des suffrages. Son principal adversaire, le maire sortant Bernard Seux, un ex-socialiste passé au Mouvement des citoyens (MDC), à la tête d'une liste de rassemblement anti-Mellick, n'a obtenu que 33,41 %. Anne-Marie Duez, anti-Mellick de droite, a totalisé 9,21 %. La liste des Verts 5,81 %. Mardi dernier, le candidat confiait que son meilleur allié serait l'abstention. Il avait raison : elle a atteint près de 42 %. Elle a été plus forte encore dans les quartiers du centre-ville, traditionnellement les moins favorables au «seigneur» de Béthune.

«Populisme».
C'est aux quartiers populaires périphériques que Jacques Mellick doit son élection. «A son clientélisme», ont dénoncé ses adversaires, qui ont immédiatement considéré le retour de l'ancien ministre de la Mer de Mitterrand comme la victoire «du populisme et de la démagogie de la machine Mellick». «Le Parti socialiste est déshonoré à Béthune», a regretté hier soir un ancien militant PS. Membre de l'équipe de Bernard Seux, il se disait convaincu que Mellick renouerait rapidement «avec ses errements passés».

Le «front républicain» anti-Mellick constitué autour du maire sortant et réunissant des socialistes dissidents, des radicaux de gauche, des communistes et même des représentants de l'UDF, n'a donc pas pesé assez lourd. C'est pourtant cette stratégie d'alliance «de tous les démocrates», nouée entre les deux tours des élections municipales de mars 2001, qui lui avait fait barrage il y a dix-huit mois. Reconstitué cette fois dès le premier tour, le remake «TSM» (Tout sauf Mellick) n'a pas fonctionné.

Lang et DSK.
«Nous ne sommes pas dans la même situation qu'en 2001», assurait l'ex-ministre à quelques jours de ce premier tour. En plus de l'abstention, Jacques Mellick misait sur l'usure de l'équipe sortante et sur le désarroi des militants de gauche, marris de se retrouver à voter pour une liste où figurait le suppléant du candidat UMP lors des élections législatives de juin.

Dans cette campagne ultracourte, Jacques Mellick avait aussi mis le paquet pour démontrer que le temps de la solitude était derrière lui. L'ancien «paria» avait pu s'afficher la semaine dernière aux côtés des anciens ministres Jack Lang, Dominique Strauss-Kahn et Claude Bartolone. En face, si tout le monde louait «l'honnêteté» ou «le courage» de Bernard Seux, ancien adjoint de Jacques Mellick passé en 1997 dans «la résistance», nombreux étaient ceux, y compris parmi ses plus proches, qui reconnaissaient qu'il ne faisait plus le poids.

Que va faire Mellick de cette victoire ? Pendant la campagne, il assurait ne «pas avoir de haine». Il sait pourtant qu'il va hériter d'une ville coupée en deux, entre les pro et les anti. Il sait aussi qu'il va hériter d'une gauche passablement déboussolée par ces années de combats fratricides. «Je n'ai pas envie de me venger. Je l'ai eue. Mais plus aujourd'hui, assurait-il la semaine dernière. Je suis serein.»

«Go-between».
Aujourd'hui consultant pour une entreprise néerlandaise implantée dans les Länder de l'ex-Allemagne de l'Est, dont il refuse de donner le nom, l'ancien ministre assure «ne pas vouloir redevenir député». Armé «d'une nouvelle conception de la vie», «frère Jacques» prétend vouloir mettre en place pendant son mandat «une nouvelle génération». Marie-Noëlle Lienemann, parachutée et battue à Béthune lors des dernières législatives sur un ticket avec Mellick, se dit prête à jouer le rôle de «go-between» pour ressouder définitivement la famille socialiste béthunoise. Y'a du boulot.
Libération, Paul Quinio, lundi 16 septembre 2002, p. 13

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Marylise Lebranchu, ancien ministre (socialiste de la Justice)

«Comme Tapie à la télé»

«Jacques Mellick est une personnalité locale. Je préfère sa réélection à celle, possible, de Patrick Balkany (notedt sarkosyste) à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Cette élection municipale regarde d'abord le candidat et ses électeurs. C'est une affaire de simple démocratie. On peut avoir été condamné, payer et revenir dans le jeu électoral.
Une importante chaîne télévisée française vient bien d'embaucher Bernard Tapie. Sur le même canal, un journaliste a continué à officier au journal de 20 heures malgré des problèmes de déontologie professionnelle. Lui aussi avait menti...(notedt Patrick Poivre d'Arvor dans l'affaire Noir-Botton

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Arnaud Montebourg, député de Saône-et-Loire

«Une crise de régime»

«Ce n'est pas le fait qu'il soit réélu qui m'insupporte, c'est qu'il ait été investi par les instances dirigeantes du parti. C'est que toute la direction du PS se soit pressée à Béthune pour le soutenir. Durant les législatives, Marie-Noëlle Lienemann l'avait comme suppléant. Elle m'avait demandé d'aller les soutenir : j'avais refusé. En lui accordant leur soutien, les instances dirigeantes du parti ont montré qu'elles n'avaient pas pris la mesure de ce qui s'est passé dans le pays depuis le 21 avril dernier.
Jacques Mellick a été condamné parce qu'il a menti à la justice. Mais il n'a pas qu'un problème à régler avec lui-même. Il s'agit de crédibilité publique et de sacralité de la fonction de représentant du peuple. Lors de l'élection présidentielle, 14 millions d'électeurs se sont abstenus et 6 millions d'autres ont voté en faveur des candidats d'extrême droite.
Au total donc, 20 millions de personnes se sont exprimées contre le système politique actuel. Si on veut que la crise de régime se poursuive, il faut continuer d'investir des Jacques Mellick. A titre personnel, je n'ai rien contre lui. Mais mieux vaudrait qu'il fasse autre chose que de la politique.»

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Henri Emmanuelli, ancien ministre (et ancien président de la commission des Finances à l'Assemblée nationale)

«Les électeurs ont choisi»

«Il n'y a rien au-dessus de l'humain. Je constate que les électeurs ont choisi

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04/06/2007 13:13 la-Croix.com BETHUNE (AFP) - Le maire PS de Béthune Jacques Mellick à l'assaut de "sa" circonscription

Dix ans après ses démêlés judiciaires dans l'affaire VA-OM, le maire PS de Béthune Jacques Mellick tente de reprendre au président de l'UMP du Pas-de-Calais la 9e circonscription du département dont il a été député de 1978 à 1988, puis de 1993 à 1996.

Secrétaire d'Etat et ministre délégué entre 1988 et 1992 sous les gouvernements Rocard, Cresson et Bérégovoy, Jacques Mellick, 65 ans, avait vu son ascension stoppée par sa condamnation à cinq ans d'inéligibilité en 1997 pour un faux témoignage en faveur de Bernard Tapie dans l'affaire VA-OM.

"Quand le président de la République (actuel) a pour amis Tapie, Carignon et Balkany, je ne pense pas que mes adversaires puissent me renvoyer à cette affaire", souligne-t-il, ajoutant qu'il n'a "jamais mis les mains dans la caisse".

Réélu maire de Béthune en 2002 après avoir purgé sa peine, il avait déjà dirigé la ville de 1977 à 1996.

Homme fort de Béthune depuis près de 30 ans, Mellick et ses "méthodes", que dénonce -sans vouloir les définir, "parce que ce n'est plus de la politique"- le député UMP sortant et candidat André Flajolet, 60 ans, agacent souvent. Au point d'avoir parfois contribué lors d'élections passées à des alliances surprenantes sur le thème "Tout sauf Mellick".

"Ma démarche, que certains qualifient de +clientéliste+, voire de populiste, n'est pas nouvelle, je la sais efficace (...) Je ne suis pas un notable du fauteuil, ni du titre, mais plutôt un Robin du terrain urbain", écrivait Jacques Mellick dans "Excès de vitesse", un ouvrage publié après sa condamnation.

"On m'aime ou on me déteste, je ne suis pas inodore, incolore et sans saveur", avance aujourd'hui celui que le PS est allé rechercher pour reconquérir la circonscription.

Une de ses adjointes à la mairie devait initialement se présenter sous la bannière PS. "Mais elle était un peu jeune dans le paysage", avance Serge Janquin, premier secrétaire du PS du Pas-de-Calais.

Et des sondages montraient, d'après lui, que seul Mellick semblait en position de reprendre cette circonscription gagnée de 522 voix en 2002 par André Flajolet face à Marie-Noëlle Lienemann et son suppléant... Jacques Mellick, finalement investi au dernier moment cette fois-ci par le PS.

"Ségolène Royal faisant 54,5% dans cette circonscription, il y a possibilité au moins de la reconquérir, et on en aura bien besoin au niveau national", explique-t-il, soulignant avoir songé à laisser la place à la nouvelle génération en cas de victoire de Ségolène Royal ou, au contraire, de déroute.

Des arguments que balaie André Flajolet: "quand des gens ont un appétit de pouvoir, ils ne peuvent pas ne pas être sur la scène", avance-t-il.

Pourtant, Jacques Mellick confie avoir hésité avant d'accepter. "J'en avais fait le tour, et je me passionne pour ma ville...", glisse-t-il.

"Sa" ville, en tout cas, pas question pour le moment de la quitter. En 2008, il sera à nouveau candidat aux municipales. "Je connais la date à laquelle je m'arrêterai, elle est dans ma tête", sourit-il sans en dire plus.

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RESULTATS DES ELECTIONS LEGISLATIVES DIMANCHE 10 JUIN 2007 PAS DE CALAIS (62) -- 9ème circonscription (résultats officiels)

Nombre % Inscrits 80 924 100,00 Abstentions 29 425 36,36 Votants 51 499 63,64
Nombre % Votants Blancs ou nuls 1 366 2,65 Exprimés 50 133 97,35

Nuance Voix % Exprimés
M. Didier CHAPPE Chasse Pêche Nature Traditions 1 379 2,75
M. Jean-Paul WALLARD Extrême gauche 575 1,15
Mme Evelyne GERONNEZ Front national 2 201 4,39
Mme Véronique PEAN Extrême droite 258 0,51
M. Michel HECQUET Ecologiste 530 1,06
M. Lucien ANDRIES Communiste 4 589 9,15
M. Michel BERTIN Extrême gauche 315 0,63
Mme Nathalie AUDEGOND Divers gauche 415 0,83
Mme Anne ECUYER Les Verts 1 496 2,98
M. André FLAJOLET Union pour un Mouvement Populaire 19 307 38,51
M. Philippe MUSSAT Extrême gauche 1 064 2,12
M. Jacques MELLICK Socialiste 15 961 31,84
M. Marcel TROLLE Divers 1 856 3,70
M. François DROUVIN Divers 187 0,37

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Libération, 17 mars 2008, p. 15 HAYDÉE SABÉRAN Mellick battu de peu à Béthune •

Jacques Mellick battu à Béthune (Pas-de-Calais), à une centaine de voix près par Stéphane Saint-André (50,66% des voix), divers gauche, son ancien directeur de cabinet. C'étaient les résultats, provisoires, vers 21 h30, hier.

Ça avait pourtant l'air bien parti pour le maire socialiste. au soir du premier tour. Mais sa confortable avance 41 % des voix avec quatre listes, n'a pas suffi, car les trois listes qui pouvaient se maintenir en face de lui se sont unies.

Le divers gauche Stéphane Saint-An­dré, avait pris la tête de liste derrière Bernard Seux, ancien adjoint de Jac­ques Mellick et maire intérimaire de la ville, et le Modern Olivier Gacquerre.

Une alliance de circonstance pour battre le sortant.

Reste à savoir si ces trois-là réussiront à faire une vraie équipe. Deuxième inconnue: le perdant a annoncé qu'il déposerait un recours.

Jacques Mellick avait été déclaré inéligible pendant cinq ans pour son faux témoignage dans l'affaire OM-VA en mai 1993.

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Publié le 26/01/2012 | 21:27 france3.fr La femme de Jacques Mellick en garde à vue Par AFP

La femme de l'ex député-maire de Béthune a été placée en garde à vue mercredi après une violente dispute avec son mari.

La femme de Jacques Mellick, ancien député-maire de Béthune (Pas-de-Calais) et ministre sous François Mitterrand, a été placée en garde à vue mercredi après une violente dispute avec son mari, a-t-on appris de source proche de l'enquête et par la presse locale.

Beatrix Mellick, 70 ans, a été placée en garde à vue pour violation de domicile et agression mercredi soir au commissariat d'Arras, a-t-on appris de source proche de l'enquête. Cette garde à vue faisait suite à l'intervention de la police, appelée par la maîtresse de M. Mellick pour mettre fin à une dispute entre les époux, selon le site internet de l'Avenir de l'Artois.

Mme Mellick aurait agressé son mari, le griffant à plusieurs reprises au visage, au domicile de cette maîtresse. Elle aurait ensuite tourné sa fureur vers elle, proférant notamment des injures, selon l'hebdomadaire. Contacté par l'AFP, M. Mellick n'était pas joignable dans l'immédiat. Son épouse a été remise en liberté dans la soirée. Le Parquet n'a pas indiqué quelles suites allaient être données à cette affaire "privée".

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AFFAIRE CARLTON Jacques Antonio Mellick placé en garde à vue à la PJ de Lille Publié le mardi 31 janvier 2012 à 06h00 - BRUNO RENOUL bruno.renoul@nordeclair.fr

Jacques Antonio Mellick en compagnie de Dominique Strauss-Kahn dans son bureau au FMI, à Washington, en janvier 2010. Jacques Mellick fils a été placé en garde à vue hier à la PJ de Lille dans le dossier du Carlton. Le fils de l'ancien maire de Béthune a participé à deux des trois voyages organisés vers Washington.

« Je ne suis impliqué ni de près, ni de loin avec l'affaire du Carlton », écrivait en octobre Jacques Antonio Mellick, le fils de l'ancien maire de Béthune. Les juges d'instruction en charge de ce dossier de proxénétisme en bande organisée ont tout de même estimé utile de l'interroger : sur commission rogatoire, les policiers de la PJ de Lille l'ont convoqué et placé en garde à vue hier vers 11 h.
Le pharmacien de Noyelles-Godault, âgé de 51 ans, a été entendu par la brigade financière, puis par la brigade de lutte contre le proxénétisme. Il est ressorti libre et sans poursuite vers 18 h 30.

« Il a tout payé de sa poche »

Jacques Antonio Mellick est a minima un témoin intéressant pour les enquêteurs, puisqu'il a pris l'avion pour Washington à deux reprises pour aller voir Dominique Strauss-Kahn, en janvier 2010 et mai 2011, en compagnie d'une de ses proches, une femme qui a également été entendue hier par les policiers. Or, il se trouve que ces voyages sont justement dans le collimateur de la justice dans l'affaire dite du Carlton, et que Mellick s'est déplacé en compagnie de plusieurs personnes mises en examen dans ce dossier.

Il y avait là Fabrice Paszkowski, le gérant-associé d'une société lensoise de matériel médical, une vieille connaissance de la famille Mellick. C'est en compagnie de Jacques Antonio Mellick que Paszkowski a fait connaissance de DSK, lorsque ce dernier est venu soutenir Jacques Mellick père lors de sa campagne municipale de 2002. Et c'est avec lui que Jacques Antonio a lancé en 2004, dans le Pas-de-Calais, l'antenne départementale du club de soutien à DSK « À gauche en Europe ».

Lors de ces voyages, il y avait aussi le commissaire lillois Jean-Christophe Lagarde et pour celui de mai 2011, David Roquet, le patron d'une filiale d'Eiffage. Des escorts présentées comme des « secrétaires d'Eiffage » complétaient le casting.

D'après l'avocat de Jacques Mellick fils, Me Didier Cattoir, les enquêteurs souhaitaient notamment vérifier s'il a pu bénéficier d'un possible abus de biens sociaux, et s'il avait connaissance des soirées libertines.
« Il a répondu qu'il avait tout payé de sa poche, les voyages comme les frais d'hôtel ou de restaurant », précise Me Cattoir, qui indique que son client n'a « pas participé à des parties fines ».
Et si une des escorts présentes lors de ces virées a affirmé que Jacques Mellick connaissait la véritable raison de sa présence à Washington, Didier Cattoir maintient qu'il « ignorait que les femmes qu'il a vues là-bas étaient rémunérées ».

L'avocat confirme par ailleurs ce que Jacques Antonio Mellick avait déjà dit publiquement : « Il était à Washington pour des raisons politiques. Pour ce qui est du voyage de mai 2011, il a vu DSK pour préparer son retour politique en France, car à l'époque, sa décision de se présenter à la présidentielle était prise. » La décision des juges, elle, n'est pas connue. Souhaitent-ils maintenant entendre Dominique Strauss-Kahn ? C'est en tout cas le voeu répété à maintes reprises par l'ancien patron du FMI.

David Roquet remis en liberté, Fabrice Paszkowski interrogé ce matin

David Roquet, patron d'une filiale d'Eiffage, a été remis en liberté vendredi dernier après son interrogatoire de mercredi. Encore incarcéré, Fabrice Paszkowski revient ce matin devant les juges d'instruction. Il a déjà été entendu le 19 décembre.

Après David Roquet, libéré vendredi, Fabrice Paszkowski peut-il lui aussi espérer être remis en liberté à l'issue de son interrogatoire ? Sa défense préfère rester prudente, mais demandera sa libération au terme de cette audition. L'entrepreneur du Pas-de-Calais est désormais le dernier protagoniste encore incarcéré dans l'affaire du Carlton.Il s'agira aujourd'hui de sa deuxième rencontre avec les juges, après l'interrogatoire du 19 décembre.

Tout comme Roquet, Paszkowski, ami de Dominique Strauss-Kahn, est soupçonné d'avoir rémunéré des femmes pour participer à des soirées libertines en compagnie de l'ancien patron du FMI. Il est également suspecté d'abus de biens sociaux, une partie des frais de déplacements des escorts ayant été réglée aux frais de sa société de matériel médical et de la filiale d'Eiffage dirigée par David Roquet.
Selon certaines sources, les juges pourraient vouloir garder Fabrice Paszkowski en détention le temps que DSK soit auditionné, pour éviter les risques de concertation. Réponse dans quelques jours. B.R.

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