L'héritière du mythe : Caroline (Portrait, Le Parisien Décembre 2008)

John Fitzgerald Kennedy, Sr. (1917 - 1963)

Le "mythe Kennedy", construit de toute pièce par les medias populaires, est toujours vivant. Voir le point de vue d'un historien spécialisé, André Kaspi.

Le président John Kennedy (1917-1963) est généralement présenté comme ayant été un excellent président, un excellent époux et un excellent père ...

On sait, maintenant, que la réalité fut "légèrement" différente.
On sait que son obsession sexuelle permanente le conduisit aux pires excès et aux pires fréquentations (non seulement avec la mafia mais également avec les soviétiques, il est vrai que l'épouse de Franklin Delano Roosevelt, la fameuse Eleanor, à "voile et à vapeur", eut à l'âge "mûr" comme jeune amant un agent soviétique).
On sait, notamment, qu'il partagea l'une de ses maîtresses, Mrs Judith Campbell Exner, avec un célèbre gangster de Chicago, Mr Sam Giancana.
Et l'on sait que sa victoire à la présidentielle de 1960 sur Mr Richard Nixon fut obtenue d'extrême justesse, et gràce aux votes de Chicago ...

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Le 21 février 2001 un neveu du sénateur Robert Kennedy, Mr Michael Skakel, est inculpé pour l'assassinat d'une adolescente, il y a 25 ans, alors qu'il n'avait lui-même que 15 ans ...
Le 7 juin 2002 Mr Skakel est reconnu coupable de meurtre ... il est condamné à 20 ans de prison.

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Sur les Kennedy, notamment, le "roman" savoureux de Marc Dugain La malédiction d'Edgar, Gallimard, Paris, 2005.

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LE PORTRAIT DE LA SEMAINE Caroline Kennedy, l’héritière du clan leparisien.fr 28.12.2008, 07h00

Rattrapée par l’histoire ?
Le 15 décembre dernier, Caroline Kennedy, 51 ans, fille de John Fitzgerald, le président assassiné, a annoncé qu’elle était candidate à la succession de Hillary Clinton, future secrétaire d’Etat de Barack Obama, au poste de sénateur de l’Etat de New York. L’héritière du clan, que l’on dit d’une timidité maladive, n’affrontera pas les électeurs.

Pas tout de suite. Elle s’est bornée à demander au gouverneur (démocrate) David A. Paterson de l’appointer jusqu’à l’élection de 2010, comme le veut la procédure. Si celui- ci la désigne en janvier, elle aurait alors plus d’un an pour faire ses preuves et tenter le verdict des urnes. La nouvelle a véritablement fait l’effet d’une bombe.

Caroline Kennedy a toujours préféré l’ombre à la lumière, érigeant en préceptes sa discrétion et son effacement, se mêlant peu de cette politique à qui la dynastie Kennedy a payé un si lourd tribut. Ses proches, eux, sont moins surpris. N’a-t-elle pas publiquement, au début de l’année 2008, fait son coming out politique en déclarant à Los Angeles et écrivant dans le « New York Times » que Barack Obama serait « un président comme son père », avant de coprésider le comité chargé de lui trouver un vice-président, en l’occurrence Joe Biden ?

Mariée à un intellectuel juif d’origine modeste

Cheveux blonds encadrant un visage énergique un brin trop carré, silhouette racée, élégance raffinée, Caroline Kennedy a hérité du sourire paternel. Seuls les yeux rappellent la petite-fille que les photographes ont immortalisée jouant sur le tapis du bureau ovale à la Maison-Blanche, juchée sur son poney Macaroni, tendrement serrée contre sa mère Jackie lors des funérailles grandioses du 35e président des Etats-Unis, puis effleurant le cercueil d’une petite main gantée.

L’enfant chérie d’une Amérique en deuil devait ensuite disparaître de la scène publique, protégée par une mère attentive, laissant son frère John- John fréquenter la jet-set, affronter les paparazzi et devenir la coqueluche des médias. Les images de la fillette, puis de l’adolescente, seront assez rares : un peu boulotte le jour des noces de Jackie avec Aristote Onassis, en promenade dans Central Park à New York où sa mère croit pouvoir fuir la malédiction familiale, ou en vacances avec ses cousins. Et toujours ces clichés pris lors d’obsèques qui marquent les étapes d’un destin d’une impitoyable cruauté : celles de Bobby Kennedy, l’oncle qui avait remplacé le père, assassiné à Los Angeles en 1968 ; celles de Jackie Onassis, sa mère, emportée par un cancer foudroyant en 1994 ; celles de John enfin, son frère mort à 39 ans aux commandes d’un avion qui s’abîme dans l’océan.

Loin des scandales et des frasques émaillant l’existence dissipée des Kennedy de la deuxième génération, Caroline, qui a passé son enfance flanquée d’agents du Secret Service, a préféré se fondre dans une vie presque normale, celle des jeunes femmes très fortunées. Etudes brillantes à Radcliffe, le collège pour jeunes filles chics de l’université de Harvard, diplôme de droit obtenu tout aussi brillamment à la Columbia Law School. Elle travaille un temps comme documentariste à l’Office du film et de la télévision du Metropolitan Museumof Art, y devient productrice, rejoint en tant qu’avocate un cabinet juridique sérieux, édite des livres.

Quand elle tombe amoureuse, ce n’est pas d’un flamboyant play-boy, mais de l’intellectuel et artiste Edwin Arthur Schlossberg, de douze ans son aîné. Le mariage avec ce juif d’origine modeste fait bien grincer quelques dents dans la très catholique famille Kennedy ; Caroline jure d’élever ses enfants dans la foi de ses ancêtres irlandais. Et c’est un Edward Kennedy radieux qui, en 1986, mène à l’autel sa nièce préférée, éblouissante dans une robe d’organza brodée. Des milliers de badauds attendent alors à la sortie de l’église, pour applaudir le jeune couple, qui s’installe à New York dans un vaste appartement situé sur Park Avenue.

Trois enfants naîtront de cette union, Rose, Tatiana et John, âgés aujourd’hui de 20, 18 et 15 ans. L’existence de Caroline reste tout aussi effacée et dorée qu’avant, mondaine par devoir plus que par goût. La bonne société comprendrait mal que la jeune femme, dont la fortune est estimée à plus de 100 millions de dollars, n’assiste pas à quelques bals de charité, n’ait son couvert à autant de dîners philanthropiques. Si elle a refusé les offres de l’oncle Ted qui la voulait près de lui au Sénat, Caroline a conservé son nom de jeune fille, assume parfaitement son lourd héritage et ne refuse pas de prendre part à la célébration du mythe.

Présidente de la bibliothèque dédiée à son père à Boston, elle a réédité le livre paternel (?,notedt)« Profiles in Courage » (« le Courage en politique »), qui valut le Pulitzer 1957 à son auteur, et créé un prix qui porte ce nom.

Un soutien providentiel à Barack Obama

Est-ce en 2000 que la tente le démon de la politique ?Veut-elle assumer la succession de son frère, John, promis avant sa disparition à un brillant avenir politique ? A la convention démocrate, toute de blanc vêtue, elle apparaît aux côtés d’Al Gore, qui perdra de si peu la Maison-Blanche face à George W. Bush. Elle sera beaucoup plus active, huit ans plus tard, lors de la campagne d’Obama. Il se murmure même qu’en janvier dernier elle a sauvé la mise au sénateur de l’Illinois, alors en baisse dans les sondages. Le soutien providentiel de Caroline, très vite suivie par celui d’Edward Kennedy, aurait fait pencher la balance.

« Chassez le naturel, il revient au galop », assure le proverbe. Caroline, affirment rumeurs et journaux, « veut » devenir sénatrice de l’Etat de New York. Bien qu’elle n’ait pas voté lors de tous les scrutins dans la ville où elle habite depuis plus de vingt ans, elle a occupé, de 2002 à 2004 pour un salaire d’un dollar, le poste d’ambassadeur auprès du chancelier à l’Education de New York. Sa mission était alors de recueillir des fonds pour les écoles publiques, système que sa progéniture n’a jamais fréquenté !

Son nom, sésame magique, aurait fait s’ouvrir bien des portefeuilles. La dernière des Kennedy aurait récolté des millions de dollars. Ces derniers jours, la timide femme du monde s’est même lancée dans la campagne. Elle sillonne les routes verglacées, participe à des réunions, tente de convaincre. En dépit de l’opposition des fidèles de Hillary Clinton qui ne soutiennent guère celle qu’ils jugent n’être qu’une héritière oisive. Elle réfute, furieuse, et s’obstine. Ted Kennedy, 78 ans, le patriarche, est atteint d’une tumeur au cerveau, incurable. Pas question pour Caroline de laisser s’éteindre le flambeau de la dynastie. Même si les Américains se sont lassés de ces familles accros à la politique. Quand on s’appelle Kennedy, peut-on refuser son destin ? Le Parisien

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Susannah