Alain Juppé
Juin 2007 : Battu au deuxième tour de la législative de Bordeaux ; doit abandonner son ministère d'Etat au radical "de droite" Jean-Louis Borloo
Mai 2007 : Entendu comme témoin par la police financière ; ministre d'Etat chargé de l'écologie
Octobre 2006 : Le triomphe du condamné
Septembre 2006 : Cette fois c'est fait ...
Août 2006 : Nicolas Sarkozy se réjouit
Décembre 2005 : Le retour de "Venise" ?
Octobre 2005 : Alain Juppé dira, ultérieurement, qu'il sera bien politiquement de retour en 2007 à Bordeaux
1er décembre 2004 : Alain Juppé "réhabilité" par la justice républicaine française ...
27 octobre 2004 : Réquisition "modérée" de l'avocat général : deux ans d'inéligibilité
22 octobre 2004 : Juppé contre Roussin, et réciproquement ...
20 octobre 2004 : Alain Juppé nie, et avoue : J'étais le nègre de Jacques Chirac ...
10 juin 2004 : Le maire de Paris refuse le remboursement
30 avril 2004 : C'est confirmé officiellement par le Conseil supérieur de la magistrature : "Pas de pressions sur les juges"
16 avril 2004 : C'est officiel, les juges n'étaient pas officiellement espionnés
11 février 2004 : Les victimes médiatiques de la télévision
06 février 2004 : Les juges font de la résistance ...
03 février 2004 : L'UMP, unanime, acclame le condamné
qui décide de rester
ce qui permet à Jacques Chirac de gagner du temps
30 janvier 2004 : Inéligible. Alain Juppé fait appel
Emmanuelli compatit
Les juges menacés
17 mai 2003 : Confirmation
7 mai 2003 : Alain Juppé en correctionnelle ?
15 janvier 2003 : Un jeune retraité des finances
Fabius aussi
Décembre 2002. Alain Juppé et les autres
Le cas Juppé
Alain Juppé reconnaît sa "connerie"
Décembre 2002. Alain Juppé et les affaires
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Pourquoi l'avenir d'Alain Juppé est contrarié par les "affaires"
Mis en examen depuis 1998 dans l'enquête sur le financement du RPR, le président de l'UMP sait qu'il risque une comparution devant un tribunal d'ici à la fin de 2003. Après avoir longtemps cherché à retarder la procédure, il redoute que le calendrier judiciaire gêne ses ambitions. Un nuage obscurcit toujours l'horizon d'Alain Juppé. Porté sans encombre, le 17 novembre, à la tête de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), l'ancien premier ministre pourrait goûter aux délices de la prééminence retrouvée s'il ne restait sous la menace des "affaires". Mis en examen depuis le 21 août 1998 dans l'enquête, conduite au tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine), sur le financement du RPR, le maire de Bordeaux ne cache plus sa conviction d'avoir à affronter, dans le courant de l'année prochaine, l'épreuve d'un procès devant le tribunal correctionnel dont il serait le principal prévenu. L'Elysée, Matignon et la chancellerie, qui suivent avec vigilance le cours des dossiers judiciaires impliquant la majorité, l'ont récemment confirmé au président de l'UMP : le juge d'instruction ayant terminé son enquête au début du mois d'octobre, la prochaine échéance attendue est l'annonce de son renvoi devant le tribunal correctionnel - "au début de l'année prochaine" , lui a-t-on dit. M. Juppé n'ignore pas, de fait, que les investigations - dont la clôture officielle devrait être prononcée avant la fin de ce mois - se sont achevées sur sa première mise en cause formelle par l'ancien ministre (RPR) Michel Roussin, le 3 octobre. Poursuivi pour "abus de confiance", "recel d'abus de biens sociaux" et "prise illégale d'intérêts" , M. Juppé apparaissait, avant cela, nettement mis en cause dans la continuation - sinon dans l'instauration - d'une pratique par laquelle, des années durant, plusieurs dizaines de cadres du RPR ont été fictivement salariés par la Ville de Paris. Le tout à une époque (1988-1995) où il exerçait des fonctions dirigeantes au sein du parti gaulliste (secrétaire général, puis président) en même temps qu'il était, à la mairie de Paris, l'adjoint aux finances de Jacques Chirac. Cette situation particulière a désigné depuis longtemps M. Juppé comme le responsable d'un système utilisant les fonds publics parisiens au profit du financement d'un parti politique - partiellement au moins en dehors du champ de l'amnistie. Elle l'expose, de ce fait, à une condamnation à une peine d'emprisonnement, qui pourrait être assortie d'une période d'inéligibilité qui le priverait aussitôt de ses mandats électifs. "UNE QUESTION D'ÉTHIQUE" "Dans ce cas, j'abandonnerai la politique, déclarait l'ancien premier ministre dans Le Nouvel Observateur du 14 novembre (2002). C'est une question d'éthique personnelle." L'hebdomadaire rapportait aussi, à quelques jours de son avènement à la tête de l'UMP, cette confidence d'homme blessé : "Je l'ai dit à Jacques Chirac, les yeux dans les yeux. Je ne sais pas comment je réagirai si je suis condamné à une peine infamante." Dans la mise en scène soigneusement orchestrée de son retour au premier plan, M. Juppé a même fait de cet obstacle annoncé l'élément d'une stratégie de communication dont l'objectif n'est pas dissimulé : forger au nouveau chef du parti chiraquien une personnalité mois austère, le présenter sous un jour plus humain. "Imaginez-vous un glaive suspendu au-dessus de votre tête", lançait-il ainsi dans Paris-Match, le même 14 novembre (2002), pour évoquer ses perspectives judiciaires. Suivait cette sentence apparemment sans appel : "J'ai été le patron, pendant une période, à la mairie de Paris ; j'en assume donc les responsabilités". Le 21 septembre (2002), il déclarait déjà au Monde qu'il était "prêt à assumer [ses] responsabilités", qu'il "prendrait acte de la décision du tribunal" et qu'il "en tirerait les conséquences". Hormis l'aveu de ses inquiétudes, le discours n'a pourtant guère changé. S'exprimant sur TF1, le 25 août 1998, au lendemain de l'annonce publique de sa mise en examen, M. Juppé affirmait déjà : "J'assume mes responsabilités durant toute cette période [visée par l'enquête] et c'est dans cet esprit que je suis prêt à répondre, bien entendu, à toutes les questions du juge" (Le Monde du 27 août). C'est tout le contraire qu'il fit, le 21 octobre 1998, à l'heure de sa première convocation, devant le juge Patrick Desmure : excipant d'une violation de la procédure, il avait alors refusé de répondre, faisant renvoyer son audition à une date ultérieure. Le lendemain, ses avocats déposaient une requête en annulation visant l'intégralité de l'enquête. La tactique avait été préparée à l'Elysée, où Dominique de Villepin, alors secrétaire général, animait une sorte de cellule de veille sur les "affaires" susceptibles d'impliquer M. Juppé - et, derrière lui, le chef de l'Etat. Quelques mois plus tôt, ce petit groupe d'experts avait tenté, lors de conciliabules discrets, de trouver l'homme qui accepterait d'endosser, devant la justice, la responsabilité des infractions commises : ni Louise-Yvonne Casetta, considérée comme l'"intendante" du RPR, ni Robert Galley, ex-trésorier du parti, ni Michel Roussin, ancien directeur du cabinet de M. Chirac, n'avaient accepté de se sacrifier. La stratégie de retardement choisie par M. Juppé s'est soldée, on le sait, par un échec : la Cour de cassation a validé, le 30 juin 1999, l'essentiel de l'instruction du juge Desmure. Mais elle avait eu, entretemps, un effet doublement funeste. D'abord, elle avait prolongé dans le temps les investigations policières, permettant la découverte, dans l'intervalle, d'un document montrant la responsabilité de M. Chirac dans le "système" contesté. Or cet épisode, qui lança la controverse publique sur le statut pénal du chef de l'Etat - et fait toujours peser une menace sur M. Chirac, lorsqu'il aura quitté l'Elysée - a différé encore davantage le déroulement de la procédure. A ces lenteurs s'ajoute désormais une équation imprévue. Nommé procureur à Chartres (Eure-et-Loir), le juge Desmure a quitté le tribunal de Nanterre en septembre, laissant à Alain Philibeaux le soin de conclure le dossier qu'il avait instruit. Dans cette perspective, le parquet devrait actuellement préparer ses réquisitions sur le probable renvoi de l'affaire devant le tribunal : mais le successeur du procureur Yves Bot, récemment nommé à Paris, n'a toujours pas été désigné - ce qui pourrait, là encore, reporter d'autant l'achèvement de la procédure, au moment où M. Juppé souhaite d'évidence l'accélération du processus. Un procès à la fin 2003 lui offrirait, au mieux, la possibilité de faire appel d'une condamnation dans le courant de 2004. C'est-à-dire lorsque prendra fin son mandat à la tête de l'UMP et que s'ouvrira, au sein de la majorité, la course à la candidature présidentielle pour 2007.-------
Décembre 2002.L'UMP fait face à la rivalité Juppé/Sarkozy
Trois semaines après sa naissance officielle, l'Union pour un mouvement populaire (UMP) fait face à la rivalité entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, doublée par celle qui oppose l'ancien Premier ministre à l'UDF dans l'élection législative partielle des Yvelines. A plusieurs reprises, au cours des dernières semaines, le ministre de l'Intérieur a vertement critiqué, sans jamais le nommer, le président de l'UMP, dénonçant son "sectarisme" et sa "fermeture". "Il n'y a que les faibles qui se referment, qui se privent des compétences des autres", a lancé M. Sarkozy samedi devant les élus UMP de Paris réunis à Enghien-les-Bains (Val d'Oise). Il avait ajouté: "Aucune ambition ne sera satisfaite sur la division, sur le sectarisme et sur la fermeture". C'est le refus de M. Juppé de nommer, quelques jours plus tôt, son plus proche collaborateur, Brice Hortefeux, dans l'équipe de secrétaires généraux adjoints de l'UMP, qui avait provoqué la colère du ministre de l'Intérieur. Alain Juppé avait justifié ce refus par son souci de "ne pas créer de chapelles" à l'intérieur de l'UMP. Déjà, le jour du congrès fondateur de l'UMP, le 17 novembre, M. Sarkozy n'avait pu s'empêcher de montrer son agacement face à M. Juppé. Il n'avait pas apprécié de n'avoir pas pu s'exprimer à la tribune (mais aucun des ténors du parti n'y avait été convié). Il avait également laissé entendre devant la presse que le tout nouveau président de l'UMP avait cherché à lui gâcher son arrivée dans la salle du congrès en poussant la sono. S'il est pareillement agacé, Alain Juppé n'en laisse pour l'instant rien paraître. A plusieurs reprises, il a même affirmé qu'il appréciait beaucoup "l'efficacité" de Nicolas Sarkozy en matière de sécurité. "La confrontation" entre les deux hommes, "même si elle est inévitable", "part quand même beaucoup trop tôt", a déclaré à l'AFP François Baroin, député-maire de Troyes. Pour tenter de mettre le holà entre les deux ténors de la majorité, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin est lui-même monté au créneau. "L'union, ça se construit et, au fond, ça se mérite. Les unions qui ne sont faites que par intérêt particulier ne sont pas durables", avait déclaré, en guise de rappel à l'ordre, le chef du gouvernement à Enghien-les-Bains. Jeudi, Jean-Pierre Raffarin a dû, cette fois calmer les esprits dans la querelle suscitée par les propos d'Alain Juppé contre l'un de ses ministres, l'UDF Gilles de Robien. Mardi, Alain Juppé avait jugé "inacceptable" le soutien de M. de Robien à Christian Blanc, ancien rocardien soutenu par l'UDF, dans une élection législative partielle des Yvelines. Les propos de M. Juppé ont suscité de nombreuses réactions à l'UDF: François Bayrou, son président, a mis en garde Alain Juppé contre "la tentation du caporalisme". Gilles de Robien s'est inquiété de voir "l'UMP-Juppé" devenir "une machine à broyer". "La situation est apaisée. L'ensemble du gouvernement est sur la même longueur d'onde dans cette affaire. Il n'y a pas de problème avec Gilles de Robien", a affirmé le chef du gouvernement devant quelques journalistes. Dans l'entourage du président de la République, de la même façon, on cherche à faire retomber la pression. "Il ne faut pas donner à tout cela plus d'importance que ça n'en a". "En revanche, il faut que tout le monde se concentre sur les missions essentielles qui ont été confiées par les Français il y a six mois", ajoute-t-on, en se souvenant que c'est l'UMP, née sous l'impulsion notamment d'Alain Juppé, qui avait permis au locataire de l'Elysée de remporter un deuxième mandat.-----
09 décembre 2002.Le cas Juppé
EN PROTESTANT bruyamment contre le soutien " inacceptable " apporté à Christian Blanc, à l'occasion de l'élection partielle des Yvelines, par Gilles de Robien, ministre UDF des transports, Alain Juppé a perdu une bonne occasion de se taire. D'abord parce qu'on ne voit pas pourquoi l'UDF n'aurait pas le droit de présenter un candidat face à celui de l'UMP dans une circonscription qui, de surcroît, était détenue par une de ses élues, Anne-Marie Idrac, avant que celle-ci ne soit nommée le 18 septembre à la présidence de la RATP. Ensuite parce que le candidat de l'UMP, en faveur duquel Alain Juppé s'était activement engagé, faisant de ce scrutin un test national, a essuyé dimanche une lourde défaite. Alain Juppé a donc perdu, et doublement. Dans un premier temps, il a donné l'impression, par son intolérance à l'égard d'un parti représenté au gouvernement, que l'UMP était décidément, selon l'expression de Gilles de Robien, une " machine à broyer les partenaires ", au mépris du pluralisme de la droite. Dans un second temps, les électeurs des Yvelines lui ont fait comprendre que cette tactique était suicidaire et qu'à son attitude ils préféraient celle de Jean-Pierre Raffarin pour qui " il faut s'habituer, dans les grandes familles, à entendre des humeurs et des sensibilités s'exprimer ". Bref, un bilan catastrophique pour la toute nouvelle UMP dont la première épreuve tourne au fiasco programmé. Et un revers spectaculaire pour Alain Juppé, puni une fois de plus pour son excessive raideur. Le comportement autoritaire et maladroit de l'ancien premier ministre est d'autant plus dérangeant pour la majorité qu'il contraste avec l'habileté bonhomme dont fait preuve, non sans succès, Jean-Pierre Raffarin. Le premier ministre s'est plutôt bien sorti de l'agitation sociale de ces quinze derniers jours, désamorçant les conflits ou empêchant les protestations de prendre de l'ampleur. La manifestation des enseignants, dimanche, en retrait par rapport aux espérances de ses organisateurs, a montré que les apaisements prodigués par le chef du gouvernement pouvaient n'être pas sans effet. La comparaison souvent faite entre la méthode choisie par Jean-Pierre Raffarin pour répondre à ces diverses revendications et celle d'Alain Juppé face au mouvement social de 1995 n'a pas été à l'avantage de l'ancien premier ministre. A moins qu'il ne tire rapidement les leçons de cet échec, la question se pose désormais de savoir si Alain Juppé est l'homme capable de mener à bien la modernisation de la droite. Que l'on attribue sa rigidité à un défaut de caractère ou qu'on l'impute à son besoin de s'affirmer face à la concurrence montante de Nicolas Sarkozy, voire de Jean-Pierre Raffarin lui-même, pour le leadership de la majorité, sa volonté d'hégémonie rappelle tristement les vieilles pratiques de l'"Etat-RPR". Cette " tentation du caporalisme ", selon l'expression de François Bayrou, est contraire aux valeurs d'ouverture qu'appelle le nécessaire renouvellement des comportements politiques.------
(10 décembre 2002) Juppé reconnaît sa "connerie"
Interrogé sur la législative partielle des Yvelines de dimanche, le président de l'UMP a pour la première fois admis que ses propos sur le soutien de Gilles de Robien à Christian Blanc étaient une erreur. "J'ai dit une connerie". Alain Juppé, président de l'UMP, a reconnu mardi (10 décembre 2002) avoir fait une erreur en jugeant "inacceptable" le soutien du ministre UDF des Tranports Gilles de Robien à Christian Blanc, candidat de l'UDF à la législative partielle des Yvelines. "J'ai reconnu (devant le Bureau politique) que j'avais sans doute eu tort de m'enflammer pour notre candidat (Philippe Brillault) et que quand deux candidats qui soutiennent également le gouvernement sont en course, il est évidemment normal que des membres du gouvernement les soutiennent également" explique l'ancien Premier ministre. Le vice-président délégué de l'UMP, Jean-Claude Gaudin, indique que le bureau politique a néanmoins exprimé sa "solidarité totale autour du président". "C'est important lorsqu'on a le sentiment que quelquefois la cible est un peu trop visible". Alain Juppé a évoqué devant le BP "les turbulences que nous avons traversées au cours des derniers jours" souligne le sénateur-maire de Marseille, faisant notamment référence à la non nomination de Brice Hortefeux, proche de Nicolas Sarkozy, dans l'équipe dirigeante de l'UMP et à ses propres déclarations dans les Yvelines.-----
15 janvier 2003: Juppé, un si jeune retraité
La nouvelle fait la Une du "Canard enchaîné": Alain Juppé a demandé à être mis à la retraite au ministère de l'Economie. A 57 ans et demi, le maire de Bordeaux fait ainsi valoir son droit à la retraite. Mais l'ancien Premier ministre est aussi celui qui avait fait descendre des milliers de fonctionnaires dans la rue en demandant qu'ils travaillent jusqu'à 60 ans, comme dans le privé. Le spectre de 1995 Alain Juppé avait le statut d'inspecteur des finances au ministère de l'Economie. Selon les information du Canard Enchaîné (du mercredi 15 janvier), le maire de Bordeaux a demandé pendant les vacances de Noël à être mis à la retraite, à l'âge de 57 ans et demi. Un droit. Les fonctionnaires doivent actuellement travailler 37,5 ans pour percevoir une retraite à taux plein, contre 40 ans dans le secteur privé. Mais si l'information est reprise, c'est parce que la réforme des régimes spéciaux du secteur public voulu par Alain Juppé lorsqu'il était Premier ministre avaient provoqué les grandes grèves de l'hiver 1995. Alain Juppé n'a jamais réussi à retrouver le crédit politique perdu au moment de cette grande grève. Alain Juppé a été la semaine dernière le premier responsable politique reçu par François Fillon dans le cadre de la concertation sur la réforme des retraites. Le président de l'UMP a notamment estimé qu'"il faut maintenant agir" pour qu'une "première étape significative" soit franchie "dès les prochains mois" et que la réforme des retraites s'effectue avec "solidarité, équité et souplesse", en insistant sur "l'harmonisation progressive" des régimes du public et du privé.----
Moqueries
Une partie des fonctionnaires peut actuellement partir à 55 ans, mais ce sont ceux qu'on appelle les actifs, comme les policiers ou les roulants par exemple. Ce n'est pas le cas des inspecteurs des finances. Alors cela peut surprendre ou prêter à sourire que l'ancien Premier ministre demande à faire valoir ses droits avant 60 ans. Le président du groupe UMP à l'Assemblée, Jacques Barrot, a toutefois une explication: "Ca veut dire surtout qu'Alain Juppé se consacre entièrement à ses tâches et qu'il dit au revoir définitivement à la fonction publique. Ca n'a rien de scandaleux. Ca n'est pas en contradiction avec la volonté de donner en général à tous les Français des règles du jeu à peu près harmonisées quant à leur départ en retraite". Evidemment lorsqu'on n'a pas cotisé 37,5 ans, on ne peut pas toucher une retraite à taux plein mais Alain Juppé aurait peut-être pu s'épargner quelques moqueries en attendant un peu pour faire valoir ses droits.-----
Les petites astuces du retraite juppé
Fabius profite lui aussi du cumul pension-indemnités.
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(7 mai 2003) Le parquet souhaite que le président de l'UMP soit jugé pour "prise illégale d'intérêts", mais préconise l'abandon d'une partie des charges ; le procès pourrait avoir lieu en novembre (2003).
Le procureur de la République de Nanterre (Hauts-de-Seine), Bernard Pagès, a requis, lundi 5 mai, le renvoi devant le tribunal correctionnel d'Alain Juppé, au terme de l'enquête sur le financement de l'ex-RPR. L'actuel président de l'UMP est poursuivi depuis 1998 dans ce dossier, qui a dévoilé l'existence d'un système de prise en charge occulte des salaires de permanents du parti gaulliste par des entreprises et par la Ville de Paris entre 1988 et 1995 - soit alors que M. Juppé était à la fois secrétaire général du RPR et adjoint de Jacques Chirac à la Mairie de Paris, chargé des finances. Si le procureur préconise la comparution de l'ancien premier ministre pour "prise illégale d'intérêts", sur les infractions commises au préjudice de la municipalité parisienne, il prône en revanche l'abandon des poursuites pour " recel d'abus de biens sociaux et d'abus de confiance", estimant que l'enquête n'a pas établi que M. Juppé ait eu connaissance du système frauduleux mis en place au profit de l'ex-RPR. Si le juge d'instruction Alain Philibeaux suit ces réquisitions, le président de l'UMP pourrait obtenir un non-lieu sur cette partie du dossier. Le magistrat doit signer dans les prochains jours l'ordonnance de renvoi qui entraînera la comparution de plusieurs anciens dirigeants gaullistes devant la justice. Le procès pourrait se tenir au mois de novembre. Après avoir longtemps misé sur l'enlisement de la procédure, M. Juppé avait changé de tactique en 2002, après la réélection de M. Chirac, et souhaité l'accélération du processus pour des motifs tenant à son calendrier politique. Un procès à la fin de l'année lui offrirait, au mieux, la possibilité de faire appel d'une condamnation dans le courant de 2004 ; c'est-à-dire lorsque prendra fin son mandat à la tête de l'UMP et que s'ouvrira, au sein de la majorité, la course à la candidature présidentielle pour 2007. M. Juppé espère en avoir fini d'ici là avec ses ennuis judiciaires. En écartant une partie des charges jusqu'ici retenues contre lui, les réquisitions du procureur de Nanterre vont à rebours de la position adoptée au long de l'enquête par son prédécesseur, Yves Bot, nommé à la tête du parquet de Paris au mois d'octobre 2002, et de celle du juge d'instruction Patrick Desmure - lui-même promu procureur de Chartres (Eure-et-Loir). Tous deux considéraient que M. Juppé, en sa qualité de secrétaire général du RPR, avait bien eu connaissance du système mis au jour. Interrogé en novembre 1999 par M. Desmure, M. Juppé avait contesté la réalité d'un tel "système", assurant avoir ignoré l'existence d'"emplois fictifs" au sein du RPR. "J'ignorais ces pratiques, disait-il. Ma tâche, au sein du RPR, était essentiellement politique. Je ne m'investissais pas dans la gestion quotidienne du mouvement". Outre celui de M. Juppé, le procureur préconise le renvoi devant le tribunal de 25 personnes, dont les anciens trésoriers du RPR Robert Galley et Jacques Boyon, poursuivis pour "recel et complicité d'abus de biens sociaux et d'abus de confiance". En revanche, il requiert un non-lieu en faveur de Rémy Chardon, ancien directeur du cabinet de M. Chirac, poursuivi pour "complicité de prise illégale d'intérêts", ainsi que pour un ancien collaborateur de M. Juppé, Pierre-Mathieu Duhamel, qui bénéficierait de la prescription. Ce dernier a récemment été nommé directeur du budget au ministère de l'économie et des finances. Autre proche de M. Juppé, Patrick Stéfanini, soupçonné d'avoir bénéficié d'un emploi fictif à l'inspection générale de la Ville de Paris dans les années 1990, serait renvoyé pour "prise illégale d'intérêts" ; mais les poursuites qui le visent pour "recel d'abus de confiance" seraient abandonnées. Ouverte en 1996, l'enquête sur le financement de l'ex-RPR avait provoqué la mise en cause directe de M. Chirac, maire de Paris et président du RPR à l'époque des faits. Le 15 avril 1999, le juge Desmure s'était déclaré "incompétent" pour instruire sur des " faits susceptibles d'être imputés à M. Chirac à titre personnel", du fait de l'immunité présidentielle. Sur la base de ce constat, le juge Philibeaux a ouvert, le 12 décembre 2002, un dossier visant expressément le chef de l'Etat. De sorte que, à l'instant où il quittera l'Elysée, il devrait être mis en examen (Le Monde du 16 décembre 2002).------
(17 mai 2003) Juppé devant les juges
L'ANCIEN Premier ministre a été renvoyé, hier, pour « prise illégale d'intérêt » dans l'affaire des emplois présumés fictifs du RPR. Le juge Alain Philibeaux, qui a pris le relais du juge Patrick Desmure, a signé hier une ordonnance de renvoi « en tout point conforme » aux réquisitions du parquet. Aux côtés d'Alain Juppé, 26 personnes sont renvoyées devant le tribunal, pour la plupart des chefs d'entreprise, mais aussi deux anciens trésoriers du RPR, Jacques Boyon et Robert Galley, et Louise-Yvonne Casetta, l'ancienne « intendante » de la rue de Lille. S'il risque, sur le papier, une peine de cinq ans d'emprisonnement, 75 000 € d'amende et une peine d'inéligibilité, le maire de Bordeaux aborde ce dernier virage judiciaire en position assez favorable.
Un procès à l'automne Le juge Philibeaux, comme le parquet de Nanterre, a décidé d'abandonner contre lui la moitié des poursuites, estimant que les sept ans d'instruction ne permettaient pas de lui imputer la mise à disposition au RPR de salariés d'entreprises privées. Le juge Philibeaux reproche néanmoins à Alain Juppé, ès qualités de patron du RPR et d'ancien directeur des finances de la Ville de Paris, d'avoir eu connaissance des mises à disposition d'employés de la Ville, ce qui constituerait une « prise illégale d'intérêt ».
L'actuel président de l'UMP devra donc s'expliquer sur une petite dizaine d'agents et non sur une trentaine de personnes travaillant au RPR et payés par des tiers. Autre motif de satisfaction pour l'ancien Premier ministre, la majorité de sa garde rapprochée échappe aux poursuites. Mis en examen, Pierre-Alain Duhamel, son ancien directeur adjoint de cabinet de la rue de Lille et actuel directeur du budget, n'est plus poursuivi. Yves Cabana, son directeur de cabinet, également mis en examen, échappe lui aussi au procès. Yves Martel, son chef de cabinet, a échappé également à l'information judiciaire et a été poursuivi, par le jeu des aiguillages judiciaires, par la chambre régionale des comptes d'Ile-de-France, qui lui réclame (solidairement avec Alain Juppé) plus d'un million de francs de salaires indûment reçus. Autre blanchi, Rémy Chardon, ex-directeur de cabinet de Jacques Chirac à l'Hôtel de Ville.
En revanche, deux ex-collaborateurs d'Alain Juppé, Patrick Stéfanini, son ancien directeur de cabinet, et Antoine Joly, directeur administratif et financier, sont renvoyés devant le tribunal correctionnel. Au total, pour ce procès qui devrait avoir lieu à l'automne ou au début de l'année prochaine, la plupart des prévenus seront des chefs d'entreprise à qui il sera reproché des « abus de biens sociaux » pour avoir mis leurs salariés à disposition du RPR.
L'enquête a également établi que Jacques Chirac, alors maire de Paris et président du parti gaulliste, avait connaissance du système de mise à disposition de personnels. Le juge Desmure avait souhaité entendre le président mais le Conseil constitutionnel puis la Cour de cassation ont gelé cette procédure jusqu'à son départ de l'Elysée.
Par ailleurs, Alain Juppé réunit demain ses anciens collaborateurs du Quai d'Orsay et de Matignon à Bordeaux pour un déjeuner « amical », avec épouses puis une dégustation dans une cave viticole.------
18 mois avec sursis et inéligibilité pour Juppé qui fait appel
Le tribunal correctionnel de Nanterre a condamné vendredi (30 janvier 2004) à 18 mois de prison avec sursis le président de l'UMP Alain Juppé qui a fait appel ce qui suspend son inéligibilité automatique entraînée par cette condamnation pour "prise illégale d'intérêt". La présidente du tribunal Catherine Pierce a clairement exclu de relever Alain Juppé d'une inscription de sa condamnation sur le casier judiciaire, ce qui aurait eu pour effet de faire tomber l'inéligibilité de 10 ans automatique. Dans son jugement écrit, au ton particulièrement sévère, le tribunal a assuré que M. Juppé a "trompé la confiance du peuple souverain" en se rendant coupable de prise illégale d'intérêt dans l'affaire des emplois fictifs du RPR. "La nature des faits commis est insupportable au corps social comme contraire à la volonté générale exprimée par la loi" et "agissant ainsi, Alain Juppé a, alors qu'il était investi d'un mandat électif public, trompé la confiance du peuple souverain", écrivent les juges. C'est l'avocat de M. Juppé, Me Francis Szpiner, qui a annoncé à la presse la décision de M. Juppé de faire appel. Cet appel doit formellement intervenir dans les dix jours. Me Szpiner a estimé que cette condamnation était "critiquable et injuste", s'en prenant à la justice qui veut se "mettre au-dessus de la politique". "Le tribunal a voulu écarter M. Juppé de la vie politique. C'est une décision de la justice qui veut se mettre au-dessus de la politique sur la base d'un dossier dont les éléments sont contestables. J'ai vu un homme qui a très dignement enregistré ce jugement", a-t-il conclu. Poursuivi à la fois comme ex-secrétaire général du RPR (1988-1995) et adjoint aux finances à la mairie de Paris (1983-1995) sous le mandat de Jacques Chirac, M. Juppé, 58 ans, s'est vu reprocher dans ce dossier d'avoir couvert la rémunération par la Ville de sept personnes qui travaillaient en réalité pour son parti. Lors du procès, en septembre et octobre 2003, au cours duquel il a comparu aux côtés de 26 autres personnes, il a constamment répété avoir totalement ignoré l'existence d'emplois fictifs au sein de son mouvement avant 1993, date à laquelle il a décidé d'y mettre fin. Le substitut du procureur René Grouman avait requis à l'encontre de M. Juppé, une peine de huit mois de prison avec sursis assortie d'une amende, tout en écartant une peine d'inéligibilité, considérée comme une mise "hors du jeu politique" qui n'est "pas du ressort du juge mais du peuple français". Un silence impressionnant s'est installé à l'énoncé de la condamnation d'Alain Juppé dans la 15e chambre du tribunal. Des bousculades se sont en revanche produites à l'extérieur de la salle, majoritairement remplie de journalistes. La présidente du tribunal avait souhaité que personne ne sorte à l'énoncé du jugement. Au premier rang, Alain Juppé, est resté flegmatique en baissant légèrement la tête. Il est sorti par l'arrière de la salle, par une porte dérobée, et est monté seul à l'arrière d'une voiture, son portable collé à l'oreille. Le tribunal a également condamné l'ancien trésorier du RPR (1984-1991) Robert Galley à 14 mois de prison avec sursis. Agé de 83 ans, cette figure du gaullisme, Compagnon de la Libération, neuf fois ministre, était poursuivi dans cette affaire pour complicité et recel à la fois d'abus de biens sociaux et de prise illégale d'intérêts. L'ancien trésorier du RPR (1991-1993) Jacques Boyon a égelement été condamné à 14 mois de prison avec sursis pour complicité et recel à la fois d'abus de biens sociaux et de prise illégale d'intérêts. L'ancienne trésorière occulte du RPR Louise-Yvonne Casetta a aussi été condamnée à 14 mois de prison avec sursis pour complicité d'abus de biens sociaux et en avoir sciemment bénéficié. Me Jacques Vergès, avocat de Louise-Yvonne Casetta, a annoncé vendredi avoir fait appel de la condamnation. L'ancien directeur de cabinet d'Alain Juppé au RPR (1992-1995) Patrick Stefanini à 12 mois de prison avec sursis. Enfin, les deux anciens responsables administratifs et financiers du RPR Jacques Rigault et Antoine Joly ont été condamnés à respectivement sept mois de prison avec sursis et onze mois avec sursis.-------
Des juges menacés et harcelés
Effractions, écoutes, menace de mort, des magistrats sous pression.
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« J'ai une pensée particulière pour lui »
L'INVITÉ DU DIMANCHE : HENRI EMMANUELLI
CHAQUE SEMAINE, « le Parisien Dimanche » donne la parole à une personnalité. Aujourd'hui : Henri Emmanuelli, député PS des Landes, animateur du courant minoritaire Nouveau monde. Comme ex-trésorier du PS, il a lui-même connu, avec l'affaire Urba, les rigueurs de la justice.
Que vous inspire la lourde condamnation d'Alain Juppé ?
Henri Emmanuelli. Sur le jugement lui-même, je n'ai pas de commentaire à faire puisque la procédure se poursuit par un appel. Sur le plan humain, je ne peux pas m'empêcher d'avoir une pensée particulière pour Alain Juppé qui traverse une épreuve très difficile. Je n'ai de conseil à donner à personne, mais je sais par expérience qu'on ne trouve ni paix ni sérénité dans le renoncement.
Ce jugement risque-t-il de polluer le climat politique ?
Ce serait une erreur grave d'opposer la justice à la démocratie au prétexte que l'exercice de la première nuirait à la seconde. Le moyen le plus simple d'éviter cette contradiction, c'est évidemment de ne pas donner prise à l'erreur.
Fallait-il une loi ?
Au départ, je n'y étais pas très favorable. Je m'y suis rallié parce qu'il y a autant de bonnes raisons d'être pour que contre. Mais il est essentiel, si on veut défendre la laïcité, que cette loi n'apparaisse pas comme un instrument de ségrégation.
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(03 février 2004) Juppé : «le ciel m'est tombé sur la tête»
Alain Juppé a livré ce matin aux députés UMP ses premiers sentiments sur sa condamnation de vendredi, en déclarant: «le ciel m'est tombé sur la tête», comme l'a rapporté, les larmes aux yeux, le premier vice-président du groupe Bernard Accoyer. «Il a été accueilli d'abord par notre président Jacques Barrot qui a rappelé notre attachement à l'homme et à l'action qu'il a menée. Puis Alain Juppé a pris la parole, il y avait dans la salle une émotion profonde», a déclaré à la presse M. Accoyer, rendant compte en détail de la réunion du groupe. «Les visages de nos collègues étaient émus, il y avait des larmes. Alain Juppé avec des mots simples a rappelé l'émotion qu'il a éprouvée, le choc, les sentiments qui étaient les siens lorsqu'il a entendu les mots du jugement vendredi. Il a utilisé l'expression «j'ai le sentiment que le ciel m'est tombé sur la tête», a poursuivi M. Accoyer. Mais «immédiatement», l'ancien Premier ministre a déclaré n'avoir «pas connu le sentiment de solitude», «grâce à sa famille d'abord, grâce à ses amis politiques» et «les innombrables messages qu'il a reçus des Français». «Il a ressenti à la suite de ces messages, un sentiment qu'il dit n'avoir pas ressenti jusqu'à présent: celui qu'il y avait beaucoup de Français qui l'aimaient. Dans la salle, nos députés ont partagé en cet instant une grande émotion», a poursuivi M. Accoyer, qui est également co-président de la commission d'investiture à l'UMP. Il a confirmé que M. Juppé ne ferait part de sa décision que lors de son intervention dans le journal de 20 heures de TF1: «il a demandé que nous lui pardonnions, qu'il réserve pour ce soir sa décision. La décision d'avenir, la décision qui nous concerne tous, qui concerne notre pays». «Il a ensuite quitté la salle sous d'interminables applaudissements», a ajouté M. Accoyer. M. Barrot a également fait part de «l'émotion intense» des élus UMP. «Alain Juppé a un vrai rayonnement et pas seulement intellectuel. Evidemment qu'on est triste, évidemment que la France a besoin de gens de qualité et d'hommes d'Etat, on n'en a pas autant qu'on en aurait besoin», a-t-il déclaré. «Le Premier ministre a dit quelque chose de très juste, c'est que l'honneur d'Alain Juppé est intact dans le regard des Français. L'honneur d'Alain Juppé est, je dirais, presque renforcé par les épreuves», a souligné M. Barrot.---------
(03 février 2004) Chirac a convaincu Juppé de rester
L'ancien Premier ministre - qui est apparu sur TF 1 ému, direct et simple - a révélé hier soir son choix : il ne jette pas l'éponge tant que la cour d'appel n'aura pas tranché. Du verdict de Nanterre, il dit : « Le ciel m'est tombé sur la tête. »
HIER, en fin de matinée, après avoir ovationné Juppé de longues minutes, plusieurs parlementaires UMP avaient les larmes aux yeux. Ils étaient à cet instant convaincus que le maire de Bordeaux venait de leur faire - avec dignité - ses adieux. Raté.
Le soir, en direct sur TF 1, un Juppé encore bouleversé par ce qu'il vit depuis quatre jours annonce qu'il ne jette pas l'éponge. Il ne cherche, dit-il, à « apitoyer personne ». La loi doit s'appliquer à tous. Mais il a le sentiment que, dans son cas, comparativement à tant d'autres, la justice a été lourde : « C'est un peu trop... » Il s'en remet donc, en simple citoyen, à la sagesse de la cour d'appel.
Depuis que les juges de Nanterre l'ont cruellement condamné vendredi à dix-huit mois de prison avec sursis et dix ans d'inéligibilité dans l'affaire des « emplois fictifs » de l'ex-RPR, accompagnant le tout d'une cinglante leçon de morale (il aurait « bafoué la volonté du peuple souverain »), Juppé, déstabilisé, a imaginé tous les scénarios. Y compris la fuite à Venise.
Mais, à la fin, il n'a pas voulu « mettre la clé sous la porte » : « Ç'aurait été, suggère-t-il, la solution de facilité. » « Tout ce que j'ai fait ne mérite pas d'être rayé d'un trait de plume », s'écrie-t-il. Il n'est ni un bourgeois ni un héritier. Il n'a donc pas apprécié que les brillants diplômes conquis à l'arraché lui soient, à l'heure de l'épreuve, presque reprochés. « Mon père ne m'a pas transmis de siège... », glisse l'homme qui, hier soir, ressemblait par moments au Jospin de la campagne de 1995, celui qui avait su « fendre l'armure ».
Au terme d'un formidable psychodrame, voici, en apparence, le maire de Bordeaux remis en selle. Il a touché, en jouant le registre de l'affectivité, de la simplicité, des émotions. Pour lui, une première. On verra la suite.
Dominique de Montvalon et Bernard Mazières, Le Parisien, mercredi 04 février 2004, p. 2
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(04 février 2004) Pourquoi l'Elysée a besoin de lui
C'EST son choix. Une fois de plus, Alain Juppé n'a pas pu dire non à Jacques Chirac. En restant à la présidence de l'UMP, l'ancien Premier ministre rend un fier service aux chiraquiens qui s'inquiétaient déjà de voir Sarkozy lancer une OPA sur leur parti.
Le trio Chirac-Raffarin-Juppé, véritable colonne vertébrale de ce quinquennat, peut continuer à fonctionner.
Gagner du temps
« On ne met pas la clé sous la porte comme ça. » C'est sans doute avec ce type d'argument que Chirac a convaincu son « fils préféré ». En bon grognard, Juppé a donc décidé d'obéir et de rendre à son chef ce dernier service.
Car, depuis trois jours, un vent de panique souffle à l'Elysée. Comment se passer de cette pièce maîtresse du dispositif ? Comment le remplacer en pleine campagne électorale ? Et, au-delà, comment changer de stratège à la tête de la majorité ? Faute de réponse immédiate et de solution de rechange, Chirac préfère gagner du temps. En espérant que, d'ici à la fin de l'année ou le début de l'année prochaine, la cour d'appel « blanchira » son ami. Un rêve osé si l'on s'en tient à la sévérité dont les juges ont fait preuve en première instance.
En attendant, le chef de l'Etat a exercé une pression maximale sur celui qu'il appelle le « meilleur d'entre nous » et l'a convaincu de revenir sur sa décision.
Préparer la « relève »
Sur qui peut compter Chirac en dehors de Juppé ? A vrai dire, pas grand monde. A force d'éliminer tous ses successeurs potentiels (Séguin, Léotard, Noir voire Madelin), le vivier s'est tari. Et s'il a choisi Raffarin pour occuper Matignon, c'est seulement sur les conseils de... Juppé.
Pourtant, depuis deux ans, l'homme du Poitou ne démérite pas. Une relation de confiance s'est même installée entre eux. Mais cet ex-giscardien suscite toujours des doutes parmi les chiraquiens. Jean-Louis Debré n'a-t-il pas fustigé le « boutiquier » de Matignon ? Pourtant Raffarin aurait pu faire l'affaire à la tête de l'UMP. Interrogé il y a quelques jours, il ne l'excluait pas : « Etre Premier ministre et chef de parti, ça s'est déjà vu. » Mais voilà Juppé reste aux commandes, officiellement pour préparer la « relève ». Laquelle ? Si ce n'est pas Raffarin, on voit mal comment Fillon, Perben ou Gaymard pourront résister à une offensive de l'actuel ministre de l'Intérieur.
Sarkozy en embuscade
Le no 2 du gouvernement l'avait confié à ses proches dès vendredi : « Alain ne partira pas. Vous verrez, il fera appel. » Bien vu ! Le combat entre ces deux hommes, qui se connaissent depuis vingt-cinq ans, peut continuer.
En restant, le maire de Bordeaux sert là encore de bouclier au président exaspéré par la popularité grandissante de Sarkozy. Objectif : tout faire pour empêcher Nicolas Sarkozy de s'installer à l'Elysée en 2007. C'est pourquoi Chirac s'investit tant pour que l'UMP ne tombe pas dans le giron du ministre de l'Intérieur.
Hasard du calendrier, hier soir, alors que Juppé se justifiait à la télévision, sous les ors du Sénat, Sarkozy recevait, lui, le prix de l'Homme politique de l'année 2003. « N'y voyez pas de provocation », a-t-il lâché avant de rendre hommage à son « ami Alain ».
Bruno Jeudy, Le Parisien, mercredi 04 février 2004, p. 3
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Des victimes à France 2
Mazerolle, directeur de l'information de France 2, démissionne
David Pujadas sera remplacé pour sa part par Carole Gaessler à partir de lundi prochain jusqu'au 4 mars.
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(avril 2004) Aucune trace de «pressions» sur les juges du procès Juppé
La brigade criminelle n'a pas trouvé de preuve d'effraction, d'écoute téléphonique ou d'intrusion informatique
L'enquête portant sur «l'affaire dans l'affaire» du procès des emplois fictifs du RPR serait-elle en train d'accoucher d'une souris ? La question mérite d'être posée, tant paraissent minces les indices confirmant les «pressions» dont auraient été victimes les juges de Nanterre ayant condamné, le 30 janvier dernier (2004), Alain Juppé. Au terme de deux mois d'investigations, menées dans le cadre d'une commission rogatoire délivrée par les juges Isabelle Prévost-Desprez et Florence Vigier, la brigade criminelle a mené un travail de bénédictin afin de vérifier les soupçons d'espionnage dénoncés par les magistrats de la 15e chambre du tribunal correctionnel.
Le 31 janvier dernier (2004), la présidente Catherine Pierce, magistrate expérimentée de 54 ans, avait en effet jeté un pavé dans la mare en affirmant : «Nos bureaux, le mien et celui de mes assesseurs, ont été régulièrement visités ces derniers mois. Nous nous en sommes rendu compte assez vite (...). Nos ordinateurs professionnels ont également été fouillés. Nous pensons que nos téléphones, y compris nos téléphones personnels, ont été placés sur écoutes.(...) Beaucoup de gens voulaient savoir qu'elle serait notre décision.»
Autour du 12 janvier (2004), la serrure d'un bureau mitoyen de celui de Catherine Pierce avait notamment été retrouvée bloquée, laissant penser à une possible tentative d'effraction. De son côté, le vice-président Alain Prache avait remarqué en octobre dernier que la fermeture du caisson de son bureau ne fonctionnait plus tandis que sa collègue Fabienne Schaller constatait, un mois auparavant, que sa ligne téléphonique avait été interrompue subitement par France Télécom. «Les policiers ont fait procéder à l'examen du central téléphonique du tribunal de Nanterre sans pouvoir mettre au jour un détournement de ligne», expliquait-on hier au Quai des Orfèvres où l'on affirme qu'«une manipulation de cette nature doit normalement laisser des traces»...
Les policiers de la brigade criminelle ont aussi recueilli les témoignages d'un «certain nombre de personnes travaillant au tribunal, tant au niveau du greffe que dans le personnel de surveillance». Mais, là encore, les auditions n'ont pas permis de confirmer les soupçons. De la même manière, l'hypothèse d'un cambriolage ou d'une présence de mystérieux rôdeurs n'a pu être retenue par les policiers. En outre, les serrures suspectes ont été démontées par un expert sans qu'aucune effraction puisse être établie. «Enfin, les spécialistes de la PJ ont passé au crible les ordinateurs soi-disant piratés. Mais ils n'ont pu mettre en évidence la moindre intrusion extérieure ou un quelconque détournement de données», ajoute un enquêteur. Les seules anomalies relevées seraient liées à de simples erreurs de manipulation.
Le volumineux dossier, épais de 600 feuillets, comme l'a relaté L'Express, ne permettrait donc pas d'étayer l'extrême gravité des doutes soulevés par les magistrats. Ainsi, l'examen de la facturation détaillée d'un des juges se plaignant d'appels anonymes aurait démontré que ces derniers provenaient en fait de proches.
Ces premières conclusions judiciaires corroborent en partie celles du rapport d'enquête administrative, commandée dès le 1er janvier par Jacques Chirac et rédigée par le premier président de la Cour des comptes, François Logerot, le président de la Cour de cassation, Guy Canivet, et le président du Conseil d'Etat, Renaud Denoix de Saint-Marc. Après consultation de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS), les hauts magistrats avaient conclu que les juges de Nanterre n'avaient pas fait l'objet d'écoutes ordonnées par une autorité gouvernementale ou un service secret. Reste, note l'enquête administrative, la «possibilité d'interceptions des correspondances téléphoniques réalisées par des officines privées». Mais, pour l'heure, celles-ci n'ont pas été détectées. Pas plus que la présence de micros au tribunal.
lefigaro.fr, Christophe Cornevin [15 avril 2004]
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(30 avril 2004) Les juges de Nanterre qui ont condamné Alain Juppé n'ont pas subi de pressions, selon le rapport du CSM
La présidente du tribunal affirme n'avoir jamais accordé l'interview au "Parisien", à l'origine de cette "affaire dans l'affaire", mais seulement "confirmé les faits" dans un couloir. Les trois juges de Nanterre qui ont condamné Alain Juppé le 30 janvier n'ont pas subi de pressions. Catherine Pierce, Alain Prache et Fabienne Schaller "ont pris les précautions nécessaires pour garantir leur indépendance", affirme le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) dans un avis transmis vendredi 30 avril au président de la République.
Le 31 janvier, au lendemain du jugement qui infligeait une peine de 18 mois d'emprisonnement avec sursis et dix ans d'inéligibilité à Alain Juppé pour prise illégale d'intérêts, une nouvelle affaire avait éclaté : Le Parisien avait publié des propos attribués à Mme Pierce, la présidente du tribunal, évoquant des bureaux fouillés, des lignes téléphoniques sur écoute, des menaces. Les violentes critiques des responsables politiques contre la décision des juges s'étaient doublées d'une polémique sur sa validité. Pour éclaircir "l'affaire dans l'affaire", trois initiatives avaient été prises : une commission administrative ad hoc avait été nommée par le chef de l'Etat, qui a rendu son rapport le 8 mars. Une information judiciaire avait été ouverte, toujours en cours. Et un avis était demandé au CSM, l'organe chargé de garantir l'indépendance de la magistrature. C'est ce texte que les hauts magistrats devaient rendre public vendredi.
Le procès des emplois fictifs du RPR, "très exposé", a été "entouré de précautions", souligne le CSM. Les magistrats ont "arrêté des conditions de travail adaptées à l'importance de l'affaire et à la protection de la confidentialité de leurs travaux". Ils ont ainsi utilisé des copies conformes pour laisser l'original du dossier en sécurité. Ils ont fait surveiller leur domicile, où ils conservaient des notes, lors de leurs congés. Ils se sont interdit de parler de l'affaire dans leurs bureaux, dans la chambre du conseil de leur salle d'audience, au téléphone ou par courriel. Le jugement définitif n'a pas été immédiatement saisi sur l'informatique reliée à la chancellerie. L'enjeu "justifiait" ces mesures, affirme le Conseil : "C'est peu dire que le jugement de la 15e chambre correctionnelle du tribunal de Nanterre était très attendu puisque l'un des prévenus avait annoncé par avance qu'il "abandonnerait la politique s'il était condamné à une peine infamante"."
Que certains aient essayé, malgré tout, de connaître avant l'heure la décision des juges, ne fait pas de doute pour le CSM. Des "incidents troublants" ont émaillé le délibéré : détérioration de serrures, soupçons d'intrusion... Et surtout, le 22 octobre 2003, cinq jours après la fin du procès, la publication par Le Parisien d'une note des renseignements généraux sur l'engagement à l'extrême droite de René Grouman, le substitut qui avait requis au procès. "Quelles qu'aient été ses motivations", cette initiative a "été interprétée par les magistrats de Nanterre comme une manœuvre de déstabilisation, conduisant à craindre que des publications de même nature concernent ensuite les magistrats du siège", souligne le CSM.
Mais l'essentiel, du point de vue de ce dernier, vient après le jugement, quand prend corps la thèse d'un "procès sous pression", donc d'une décision de justice entachée de nullité. Or cette "présentation, qui ne correspond pas à la réalité, pouvait conduire à discréditer le jugement du 30 janvier 2004 et, du même coup, à peser sur les juges d'appel", explique le CSM.
"Immédiatement", sans attendre que les faits soient établis, "l'idée s'est répandue que les juges avaient subi des pressions qui avaient pu altérer leur jugement". Le chef de l'Etat décide dès le 1er février de confier une enquête administrative aux trois plus hauts magistrats des ordres administratif, judiciaire et financier. Partie de Matignon, leur lettre de mission fait explicitement référence aux "pressions" évoquées dans "une interview donnée au journal Le Parisien du 31 janvier par Mme Catherine Pierce". Or, entendue le même jour par le procureur de Nanterre, Bernard Pagès, Mme Pierce a déclaré qu'elle n'avait ni subi de pressions, ni accordé d'entretien. Abordant la juge dans un couloir alors qu'elle se rendait à une audience, le journaliste du Parisien "avait déjà connaissance des incidents relevés par les juges ; il en demandait seulement la confirmation".
C'est par l'exposé de ces "circonstances de la révélation des faits" que les trois sages désignés par Jacques Chirac avaient aussi ouvert leur rapport. Pour eux comme pour le CSM, l'emballement politique et médiatique est né de cet entretien que la juge a toujours nié avoir accordé.
Quels enseignements tirer ? Le CSM réclame un "programme pluriannuel" pour sécuriser les tribunaux. Il demande aussi que la gestion de tels "événements judiciaires" ne relève pas d'initiatives individuelles, mais d'un dispositif général. Le Conseil appelle également la hiérarchie judiciaire à ses responsabilités. "Aucune réaction officielle" n'a suivi les trois moments-clés de cette affaire selon le CSM : la publication de la fiche RG du substitut Grouman dans Le Parisien du 22 octobre 2003, celle des propos attribués à Mme Pierce le 31 janvier 2004, et celle des extraits de son audition par le procureur dans l'Est républicain le 3 février. Toutes ces informations "étaient légalement couvertes par le secret", précise l'avis. Or, "aucune enquête pénale n'a été déclenchée". Le CSM insiste sur la question des fiches établies par les RG sur les juges, suggérant une "concertation approfondie" sur le sujet. "Dès lors que les services de renseignements peuvent légalement recueillir des informations et établir des fiches sur certains magistrats, la question se pose de l'exploitation qui peut en être faite : à qui ces informations sont-elles destinées ?" Enfin, l'avis recommande aux responsables politiques "une particulière réserve dès lors qu'ils commentent une décision de justice, à plus forte raison lorsque celle-ci peut encore être examinée par une juridiction supérieure". Le dossier du financement du RPR fera l'objet d'un nouveau procès, à l'automne, devant la cour d'appel de Versailles.
Nathalie Guibert, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 02.05.04, LE MONDE | 30.04.04 | 13h06
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(10 juin 2004) Emplois fictifs: Juppé propose de rembourser, la mairie de Paris refuse
PARIS (AFP) - La mairie de Paris a indiqué jeudi avoir reçu de la part des avocats d'Alain Juppé une proposition de remboursement de 1,2 million d'euros dans l'affaire des emplois fictifs pour laquelle l'ancien adjoint aux finances de la mairie a été condamné, et l'avoir refusée.
Interrogés par l'AFP, les services de l'Hôtel de Ville ont confirmé ainsi une information du Canard Enchaîné faisant état d'une proposition d'Alain Juppé visant à rembourser à la mairie le coût des emplois fictifs de l'ex-RPR.
"Il n'est pas convenable de changer la donne entre le jugement en première instance et l'appel", a déclaré Laurent Fary, porte-parole du maire.
Invité du journal télévisé de 20H00 jeudi sur TF1, M. Juppé ne s'est pas exprimé sur le sujet.
M. Juppé avait été condamné en le 30 janvier dernier à Nanterre à dix-huit mois de prison avec sursis, pour "prise illégale d'intérêt", et à la peine - automatique - de 10 ans d'inéligibilité.
Alain Juppé a fait appel - le procès est prévu en octobre - ce qui a pour conséquence de suspendre les effets de cette condamnation.
Selon l'hebdomadaire satirique, M. Juppé demandait à l'Hôtel de Ville, en échange de ce remboursement, de se désister de sa constitution de partie civile.
Déjà en février, le ministre de la Justice Dominique Perben avait démenti une affirmation du Monde selon laquelle un remboursement des sommes dues à la Ville de Paris était à l'étude à la Chancellerie, un tel remboursement pouvant permettre à Alain Juppé d'être dispensé de peine et donc d'inéligibilité.
"Dominique Perben, garde des Sceaux, ministre de la Justice, dément formellement les affirmations selon lesquelles une étude serait en cours à la Chancellerie concernant un remboursement des sommes dans le cadre de l'affaire ayant abouti à la condamnation récente de Monsieur Alain Juppé", avait réagi le Garde des Sceaux dans un communiqué.
Poursuivi à la fois comme ex-secrétaire général du RPR (1988-1995) et adjoint aux finances à la mairie de Paris (1983-1995) sous la mandature de Jacques Chirac, Alain Juppé a été reconnu coupable d'avoir couvert la rémunération par la Ville de sept personnes qui travaillaient en réalité pour son parti.
Les attendus écrits du jugement avaient été particulièrement sévères à son endroit: "La nature des faits commis est insupportable au corps social comme contraire à la volonté générale exprimée par la loi" et, "agissant ainsi, Alain Juppé a, alors qu'il était investi d'un mandat électif public, trompé la confiance du peuple souverain".
Parmi les autres principaux prévenus, Louise-Yvonne Casetta, ex-trésorière occulte du RPR, a été condamnée à 14 mois de prison avec sursis, ainsi que Jacques Boyon et Robert Galley, tous deux anciens trésoriers officiels du parti. Enfin Patrick Stefanini, bras droit d'Alain Juppé, a écopé de 12 mois avec sursis.
Six personnes, dont Alain Juppé, ont fait appel de leur condamnation et seront rejugées devant la cour d'appel de Versailles du 13 au 29 octobre.
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Juppé se décrispe et cite Chirac
ALAIN JUPPÉ CAMPE sur ses positions. Moins crispé, presque détaché, l'ancien Premier ministre répète sur tous les tons à la cour d'appel qu'il n'a joué aucun rôle dans la mise à disposition d'agents de la Ville de Paris - dont il était l'adjoint chargé des finances - au RPR - dont il était le secrétaire général.
« Acceptez-vous une responsabilité pénale ? » questionne Me Mignard, l'avocat de l'actuelle municipalité socialiste, endossant le rôle du parquet général, totalement absent des débats.
« Je suis prêt à prendre sur moi tous les péchés d'Israël, mais pas cette responsabilité pénale », réplique Alain Juppé en direction de l'avocat.
Se tournant vers les juges, le maire de Bordeaux ajoute, presque zen : « Si je me suis trompé, sanctionnez-moi. » Une phrase tout droit sortie d'un roman de chevalerie.
« Le nègre » du président
Autre signe évident de la décrispation, l'ex-Premier ministre, lui qui jusque-là rechignait à citer le nom du président de la République dans une instance judiciaire, n'hésite plus aujourd'hui à prononcer le nom de Jacques Chirac.
Hier soir, en fin d'audience, presque sur le ton de la plaisanterie, Juppé a lancé à la cour qu'il avait été « le nègre de Jacques Chirac de 1976 à 1986, et peut-être même au-delà ! Je lui ai rédigé des dizaines de discours, et pourtant je n'en ai pas gardé la moindre trace ! » raconte-t-il, voulant montrer que le travail de « nègre », laissant peu de « preuves », pouvait passer pour un emploi fictif.
« C'est une très bonne audience, nous avançons », assure son avocat, le rond et massif Me Jean-René Farthouat.
Autre signe de détente, lors de la pause, son autre défenseur, Me Francis Szpiner s'est livré à une de ses imitations favorite, celle... de Jacques Chirac. Le « écoutéééz » prononcé par Szpiner a même fait sourire Alain Juppé. L'ambiance s'efforce donc d'être plus sereine dans la défense de l'ancien patron de l'UMP. Mais les charges ont-elles reculé pour autant ? Pas si sûr.
Une « tradition » qui laisse la magistrate perplexe
Le cas de deux des sept emplois présumés fictifs de la Ville de Paris mis à disposition du RPR a été évoqué hier.
D'abord celui d'Antoine Joly, ex-secrétaire national du parti en charge de la direction administrative et financière, payé par la Ville de Paris. Un emploi fictif estime l'accusation. Pour la plupart des membres du RPR entendus lors de l'enquête, Joly était « tous les jours au siège du parti ». « Tout dépend de ce que l'on entend par tous les jours », s'emberlificote cet ancien énarque. Pour sa défense, il a fait citer sa propre secrétaire au RPR, qui vient murmurer à la barre, gênée en diable, qu'elle ne recevait « aucun travail de lui ». « Antoine Joly n'a donc rien fait au RPR ? » s'étonne la présidente Ract-Madoux, interloquée. « Non, il n'a rien fait », patauge la malheureuse témoin, provoquant les rires de la salle.
Alain Juppé vient à la rescousse, estimant que le travail de son secrétaire national aux finances, « d'une heure par semaine au RPR », n'était pas incompatible avec ses fonctions à la Ville. « Peut-être que je me trompe, répète le maire de Bordeaux, mais j'ai toujours considéré que le fait de militer dans un parti politique, en plus de ses activités professionnelles, n'était pas constitutif d'un délit ! »
Plus difficile, le cas de Patrick Stéfanini, directeur de cabinet d'Alain Juppé au RPR et lui aussi agent de Paris. Stéfanini, au raisonnement d'énarque, toujours en trois points, s'escrime à expliquer qu'en plus de ses fonctions au RPR pour Alain Juppé, il travaillait réellement pour Jacques Chirac à la Ville de Paris. « Je lui faisais des fiches et des discours », affirme-t-il, sans en avoir gardé la moindre trace lui non plus. Ses textes auraient été détruits, selon une « tradition » qui semble laisser perplexe la présidente.
« Tout le monde savait à la mairie de Paris, insiste Alain Juppé, reprenant une formule célèbre de cette audience, que Patrick Stéfanini était un collaborateur important du maire de Paris. »
Dommage, décidément, que Jacques Chirac ne puisse pas s'expliquer dans ce dossier. En tout cas tant qu'il est président.
Laurent Valdiguié, Le Parisien, jeudi 21 octobre 2004, p. 18
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Dans une lettre à la cour, M. Roussin accuse M. Juppé de "se défausser sur des tiers"
Mis en cause par Alain Juppé au cours de l'audience de jeudi, Michel Roussin n'a pas réagi publiquement, mais il l'a fait par écrit. Juste avant l'ouverture des débats, vendredi 22 octobre devant la cour d'appel de Versailles, l'ancien directeur du cabinet de Jacques chirac à la mairie de Paris (1989-1993) a fait porter une lettre à la présidente, Martine Ract-Madoux, dans laquelle il exprime sa "stupéfaction" et répond sèchement aux propos de M. Juppé.
"Je constate que la nouveauté de son système de défense consiste en réalité à se défausser sur des tiers qui - exonérés de toute responsabilité pénale dans cette affaire - ne sont plus présents pour lui répondre contradictoirement, écrit M. Roussin. Je déplore que M. Juppé ait choisi, bien tardivement, de compromettre entre autres l'ancien directeur de cabinet du maire de Paris." Initialement poursuivi, dès 1998, dans l'enquête sur le financement du RPR, M. Roussin a, de fait, été mis hors de cause en 2002, de sorte qu'il ne figurait pas sur le banc des prévenus lors du procès tenu en première instance à Nanterre (Hauts-de-Seine), et qu'il ne participe pas davantage au procès en appel.
Aussi est-ce effectivement en son absence que M. Juppé a invoqué sa responsabilité dans la "gestion du personnel" de la Ville de Paris et notamment des employés du cabinet du maire soupçonnés d'avoir en réalité travaillé pour le RPR. Interrogé sur la connaissance qu'il pouvait avoir de la situation de ces employés, l'ancien premier ministre avait assuré que leur "surveillance" - au sens juridique du terme - incombait "au directeur de cabinet et -à- l'adjoint chargé de l'administration générale". Confronté aux démentis catégoriques avancés par M. Roussin durant l'instruction, l'ancien premier ministre avait ajouté : "Je conteste formellement qu'un directeur de cabinet ne soit pas responsable du contrôle des activités du personnel placé sous sa responsabilité" (Le Monde du 23 octobre).
Dans sa lettre - dont Mme Ract-Radoux n'a pas donné lecture à l'audience -, M. Roussin rappelle sa "position constante" sur ce point, "la responsabilité de l'affectation et du travail des chargés de mission -du maire- incombait à la seule autorité au service de laquelle le chargé de mission était affecté", et souligne que cette argumentation, jusqu'alors "jamais contredite par M. Juppé", a été "longuement vérifiée par l'information et entérinée tant par le parquet que par le magistrat instructeur".
Mesurée dans sa forme mais ferme sur le fond, la réaction de M. Roussin confirme le choix d'une défense solitaire et indépendante. Exonéré de toute poursuite dans cette affaire, ayant obtenu un non-lieu dans l'enquête du juge Halphen sur les HLM de Paris, l'ancien ministre reste mis en examen dans l'enquête sur les "chargés de mission" de M. Chirac et comparaîtra devant le tribunal correctionnel au mois de mars 2005 dans le dossier des marchés d'Ile-de-France, où il apparaît comme le principal prévenu, soupçonné d'avoir organisé la répartition de fonds occultes entre les partis politiques.
Considéré comme le détenteur de certains des plus lourds secrets de la chiraquie, M. Roussin s'est toujours refusé à mettre en cause M. Chirac, dont il fut aussi le collaborateur à Matignon (1986-1988). Ayant quitté la politique, devenu vice-président du groupe Bolloré, il a démissionné au mois de mai du Conseil d'Etat, où M. Chirac l'avait nommé en "service extraordinaire". Cette décision a suscité d'autant plus d'inquiétude à l'Elysée qu'au même moment, M. Roussin a aussi refusé une place en position éligible sur la liste de l'UMP dans le Nord aux élections européennes, écartant "toute forme de protection".
Hervé Gattegno, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 24.10.04, LE MONDE | 23.10.04 | 12h43
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Deux ans d'inéligibilité requis contre Alain Juppé
IL FAUT TOUJOURS se méfier de l'eau qui dort. Lors des audiences de ces deux dernières semaines devant la cour d'appel, l'avocat général Alain Renaut n'était guère intervenu dans les débats.
Mais ce magistrat rond, un barbu avec de fines lunettes, ne perdait pas une miette de l'affaire des emplois fictifs du RPR.
Il a prouvé hier sa parfaite connaissance du dossier en se livrant à un réquisitoire implacable de plus de deux heures. A la clé, ce magistrat du parquet demande à la cour d'appel de confirmer pour l'essentiel le premier jugement de Nanterre. Pierre après pierre, il met par terre toute la défense d'Alain Juppé et réclame à son encontre une condamnation de dix-huit mois de prison avec sursis, assortie d'une peine de deux ans d'inéligibilité.
Sur leur banc, les avocats de l'ancien Premier ministre sont livides. Alain Juppé est cireux. Entouré de ses défenseurs, il restera enfermé de longues minutes dans la salle d'audience, en conciliabule. Seule satisfaction pour la défense Juppé, l'avocat général propose à la cour d'appel de ne pas enclencher la peine automatique de dix ans d'inéligibilité prononcée lors du premier procès. Mais que fera la cour devant des réquisitions aussi lourdes ? Le visage de l'ancien bras droit de Jacques Chirac trahissait hier soir une grande inquiétude. « C'est toute une défense qui fait naufrage », admet un autre avocat de l'affaire.
« Il n'est pas concevable qu'il ait pu ignorer cette embauche »
D'entrée de jeu, Alain Renaut décide de cogner fort. Avec une voix un peu aiguë à la façon des speakers de radio des années 1950, le magistrat décortique le dossier cas par cas.
Premiers visés, les deux anciens trésoriers du RPR, Robert Galley et Jacques Boyon : « Ils ne peuvent sérieusement soutenir qu'ils ignoraient la prise en charge de permanents du RPR par des entreprises privées. » Selon l'avocat général, ces deux trésoriers ont « continué les pratiques illégales ».
Même constat pour Antoine Joly, ancien secrétaire national du RPR, en charge de l'administration. Lui aussi « connaissait le système » et « aurait dû proposer une régularisation ou se démettre de ses fonctions ».
Les trois anciens élus, qui ont toujours prétendu avoir été tenus à l'écart, écoutent sans broncher.
Puis l'avocat général se livre à une entreprise de démolition de toute la défense d'Alain Juppé. D'abord, il démontre que les sept agents de la Ville de Paris mis à la disposition du RPR étaient bel et bien des emplois fictifs.
« Alain Juppé savait qu'une éventuelle activité à la Ville de Paris de ses collaborateurs directs ne pouvait être, dans certains cas, qu'inexistante, dans d'autres cas accessoire, ou au mieux partielle », assène le magistrat.
Patrick Stefanini, par exemple, le propre directeur de cabinet d'Alain Juppé, rue de Lille, qui prétend avoir été « bénévole », mais à plein temps à la mairie de Paris, est renvoyé dans ses buts. Sa défense n'est « pas sérieuse », conclut le magistrat.
Même constat pour Philippe Martel, le directeur de cabinet de Juppé au RPR : « Leurs activités principales s'exerçaient au RPR. »
Concernant Nourredine Cherkaoui, ancien secrétaire national du parti gaulliste à la jeunesse, lui aussi chargé de mission à la Ville de Paris, le magistrat poursuit : « Il n'est pas concevable qu'Alain Juppé ait pu ignorer cette embauche. »
« En ce qui concerne ces sept personnes, M. Juppé, secrétaire général du RPR, savait, de par sa position à la tête du mouvement, de par son expérience, la charge de travail que représentait l'exercice de leurs fonctions au sein du RPR. Non seulement il savait la disponibilité qu'il leur demandait, mais il comptait bien sur cette implication. Alain Juppé, justement, avait besoin de collaborateurs actifs et qui s'impliquaient sous son autorité. »
« Le système signifiait des pressions inacceptables sur les entreprises »
C'est toute la ligne Maginot construite par le maire de Bordeaux, répétant qu'il ignorait tout du système, qui vole en éclats. Fort de ce constat, le magistrat du parquet demande des sanctions « significatives ». « Le système, détaille-t-il, signifiait des pressions inacceptables sur les entreprises et créait une situation propice à des pratiques de corruption et de favoritisme. »
Il réclame donc dix-huit mois avec sursis contre Alain Juppé, principal auteur. Puis des peines de dix mois à dix-huit mois contre les trésoriers, Antoine Joly et Patrick Stefanini. Il suggère à la cour une peine moindre contre Louise-Yvonne Cassetta, « simple exécutante » qui, elle, voit toute sa défense validée.
L'avocat général réclame aussi « une sanction civique » à l'encontre des prévenus, c'est-à-dire des peines « d'interdiction de vote et d'inéligibilité ». Technique, il suggère cependant d'effacer une partie du premier jugement en ne déclenchant pas la peine de dix ans automatique à l'encontre d'Alain Juppé qui serait, selon lui, « singulièrement excessive ».
Les avocats du maire de Bordeaux plaideront la relaxe vendredi. Plus que jamais dos au mur.
Laurent Valdiguié, Le Parisien, jeudi 28 octobre 2004, p. 16
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1er décembre 2004. Alain Juppé condamné à 14 mois avec sursis et un an d'inéligibilité
PARIS (AFP), le 01-12-2004
L'ancien Premier ministre Alain Juppé a été condamné mercredi (1er décembre 2004) à 14 mois de prison avec sursis et une peine complémentaire d'un an d'inéligibilité par la cour d'appel de Versailles, qui l'a reconnu coupable de "prise illégale d'intérêt".
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(Octobre 2005) Cacophonie autour de l'annonce du retour d'Alain Juppé en politique en 2007
Le retour en politique d'Alain Juppé à l'occasion des élections législatives de 2007 a été annoncé samedi par une responsable de l'UMP mais l'ancien Premier ministre a aussitôt affirmé que «le moment» n'était «pas venu» pour une telle annonce.
«Faut-il préciser que je n'ai - ni à Paris ni à Bordeaux - aucun porte-parole dont les déclarations pourraient m'engager?», a écrit sur son blog M. Juppé, 60 ans, qui enseigne depuis la rentrée à l'Ecole nationale d'administration publique du Québec (ENAP).
«J'annoncerai moi-même mes intentions le moment venu. Et, dans mon esprit, ce moment n'est pas venu», ajoute l'ex-chef de gouvernement, condamné le 1er décembre 2004 par la cour d'appel de Versailles, à un an d'inégibilité et 14 mois d'emprisonnement avec sursis pour «prise illégale d'intérêt».
«Je ne ressens aucune impatience. Seulement un grand besoin de calme après la tempête qui, au fond de mon coeur, n'est pas encore tout à fait apaisée. Ce qui, bien sûr, ne m'empêche pas et ne m'empêchera pas de continuer à m'intéresser à la France, à ses problèmes et à son avenir», a-t-il conclu.
Quelques heures plus tôt, Marie-Hélène Des Esgaulx, secrétaire nationale de l'UMP aux élections et députée de Gironde avait annoncé sur France 3 Aquitaine que M. Juppé serait «candidat dans la deuxième circonscription de la Gironde» aux élections législatives de 2007.
Cette candidature avait été annoncée au moment même où le président de l'UMP Nicolas Sarkozy tenait une réunion politique à Bordeaux et avait pris de court de nombreux dirigeants locaux du parti, dont le député-maire de Bordeaux Hugues Martin (UMP).
Alain Juppé a démissionné de tous ses mandats, abandonnant la présidence de l'UMP, son siège de député de la Gironde et son poste de maire de Bordeaux. Son dauphin désigné, Hugues Martin, a été élu à la mairie de Bordeaux le 13 décembre 2004 et dans la deuxième circonscription le 21 novembre 2004.
«J'ai eu Alain Juppé par courrier électronique et par téléphone (...) j'ai enregistré sa candidature sur la deuxième circonscription de la Gironde», avait précisé à la presse Mme Des Esgaulx, interrogée en marge d'une réunion publique UMP à laquelle participait M. Sarkozy.
«Je prépare toutes les candidatures de Gironde avec sur la deuxième circonscription un seul nom: Alain Juppé», avait-elle ajouté, précisant qu'elle avait des contacts, par courrier électronique ou téléphone, «presque quotidiens» avec l'ancien chef de gouvernement.
Devant les militants et sympathisants de l'UMP, M. Sarkozy n'avait toutefois pas évoqué dans son discours le retour en politique de l'ancien Premier ministre même s'il a affirmé que sa «famille politique avait besoin de lui».
«J'ai eu Alain Juppé au téléphone avant de venir. Je lui ai dit qu'il nous manquait et que notre famille politique avait besoin de lui. Je respecte Alain Juppé, je le respecte pour ses capacités, son intelligence et pour sa droiture», avait-il ajouté.
Interrogé par la presse après la réunion, M. Sarkozy avait déclaré: «S'il (M. Juppé) décidait de revenir, c'est à lui de l'annoncer et j'en serai le premier heureux et ravi. Incontestablement, nous en avons besoin et il nous manque».
Le retour de M. Juppé est «un secret de polichinelle», avait pour sa part souligné son successeur à la mairie et dans la deuxième circonscription, M. Martin, regrettant toutefois «sur la forme cette annonce qui n'est pas opportune».
«Ou on donne la liste de tous les candidats de l'UMP en France et on la sort et il y a Alain Juppé dans la deuxième (circonscription). Ou on fait un coup politique, qui sert à qui, à son auteur?», avait-il indiqué à l'AFP.
lefigaro.fr, [23 octobre 2005]
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mardi 20 décembre 2005, 17h13 Alain Juppé est "disponible" mais "pas impatient" de revenir
BORDEAUX (Reuters) - L'ancien Premier ministre Alain Juppé, qui vit actuellement au Canada, n'est pas "impatient" de revenir en politique en France mais se dit "disponible" pour sa ville de Bordeaux.
"Je suis disponible. Bordeaux me manque. Quant à savoir quand et comment, c'est à mes amis d'y réfléchir", a-t-il déclaré mardi après un déjeuner à la mairie avec les élus de la majorité municipale conduite par son successeur, Hugues Martin.
"Nous en parlerons, Hugues Martin et moi-même, et nous nous mettrons d'accord sur le bon moment et la bonne façon de procéder. Je suis motivé mais je ne suis pas impatient", a ajouté l'ancien député-maire devant la presse.
Condamné en décembre 2004 à un an d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de la Paris, l'ancien adjoint de Jacques Chirac à l'Hôtel de Ville s'est exilé au Canada. Il donne des cours sur la mondialisation à l'Ecole nationale d'administration publique de Montréal.
Alain Juppé s'est d'ores et déjà inscrit sur les listes électorales à Bordeaux, dans la mesure où "un Français résidant à l'étranger" peut s'inscrire "dans une commune où il a des attaches familiales", a-t-il expliqué.
Il a précisé que, s'il revenait en politique, ce serait "exclusivement par le suffrage universel".
"IL Y A DES SOUFFRANCES QU'ON N'OUBLIE JAMAIS"
L'ancien Premier ministre (1995-1997) a dit son intention de rester au Québec avec sa famille "jusqu'à la fin de l'année universitaire et scolaire, c'est-à-dire jusqu'à l'été prochain, et ensuite nous aviserons".
Depuis son installation à Montréal, Alain Juppé, qui était présenté comme "le fils préféré" de Jacques Chirac, s'est abstenu de tout commentaire sur la vie politique hexagonale.
Nombreux sont ceux qui guettent ses éventuelles réactions dans la guerre qui oppose l'actuel président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, à Dominique de Villepin, qui fut son directeur de cabinet au Quai d'Orsay.
Interrogé sur sa condamnation, Alain Juppé a répondu qu'il y a "des souffrances qu'on n'oublie jamais, des pages qu'on ne tourne jamais, mais la vie continue".
L'ancien Premier ministre, qui est âgé de 60 ans, avait abandonné ses mandats de député et de maire de Bordeaux ainsi que la présidence de l'UMP après sa condamnation à 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité pour "prise illégale d'intérêts" dans le dossier des emplois fictifs du RPR.
Le 14 décembre dernier, la Cour de cassation a rejeté le recours de huit électeurs bordelais qui estimaient qu'une peine automatique d'inéligibilité de cinq ans aurait dû lui être infligée.
Fin octobre, une députée de Gironde avait annoncé son retour en 2007 lors des élections législatives dans la deuxième circonscription du département. Sans vraiment démentir, Alain Juppé avait vivement réagi sur son site internet personnel.
"Combien de milliers de kilomètres faudra-t-il donc que je mette entre le microcosme politique français et moi pour qu'il me laisse en paix ? Faut-il préciser que je n'ai - ni à Paris ni à Bordeaux - aucun porte-parole dont les déclarations pourraient m'engager ? J'annoncerai moi-même mes intentions le moment venu", avait-il écrit.
yahoo.fr, actualités, mardi 20 décembre 2005, 17h13
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jeudi 3 aout 2006, 21h46 UMP: le retour d'Alain Juppé "réjouit" Nicolas Sarkozy
ARCACHON (AFP) - Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a indiqué jeudi que le retour en France de l'ancien Premier ministre Alain Juppé (UMP) est "une nouvelle qui me réjouit".
"Le retour d'Alain Juppé est une nouvelle qui me réjouit. Je le rencontrerai mais on ne communiquera pas", a déclaré M. Sarkozy, en marge d'une séance de dédicace, en présence de son épouse Cécilia, de son livre "Témoignage" dans une librairie d'Arcachon (Gironde), sur le bassin où il passe ses vacances.
Alain Juppé avait annoncé son retour en France au terme de l'année universitaire qu'il a passée à enseigner au Canada. "Nous avons décidé de rentrer au pays dès la fin de l'année scolaire, à Bordeaux, chez nous, tout simplement", avait-il écrit sur son blog le 7 mai.
Il précisait : "Je n'ai aucune intention de reprendre des responsabilités politiques nationales", estimant "qu'il y a bien d'autres manières de servir le bien public".
En mars, l'ancien Premier ministre, qui fut maire de Bordeaux de 1995 à 2004, avait confirmé qu'il se présenterait aux élections législatives en 2007 dans la deuxième circonscription de Bordeaux.
M. Juppé a enseigné depuis l'été 2005 à l'Ecole nationale d'administration publique (ENAP) de Montréal après avoir été condamné le 1er décembre 2004 en appel à 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs du RPR. Il avait alors abandonné tous ses mandats.
Yahoo.fr, actualités, jeudi 3 aout 2006, 21h46
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(28 août 2006) De retour d'exil, Juppé s'attaque à Bordeaux
Alain Juppé n'aura jamais été aussi près de son retour en politique. Ce matin, Hugues Martin, l'actuel maire (UMP) de Bordeaux réunit la majorité municipale. Sous couvert de « questions d'actualité », il s'agit bien de débattre du retour d'Alain Juppé à la tête de la ville après vingt mois d'absence. A l'origine de son exil au Québec : sa condamnation à quatorze mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs du RPR.
Selon Sud-Ouest, le scénario est d'ores et déjà établi. Aujourd'hui, l'ensemble de la majorité devrait s'entendre pour démissionner, décision qui sera validée en conseil municipal le 25 septembre. Les élections municipales anticipées ne devraient pas avoir lieu avant le 8 octobre, pour laisser le temps aux candidats de faire campagne. En somme, fin octobre, le « nouveau » maire sera installé.
Cette chronique d'un retour annoncé exaspère l'opposition locale qui, une fois de plus, doit subir le « fait du prince », selon les termes de plusieurs élus socialistes. « Je ne comprends pas, en dehors d'une ambition personnelle – ce qui ne va pas avec le personnage – et d'une tactique nationale, pourquoi il impose cette démission », estime Philippe Dorthe, élu municipal de l'opposition de 1995 à 2001. S'il devait s'agir d'une stratégie de reconquête de la droite, elle reste encore floue. L'ancien Premier ministre restera-t-il fidèle au clan chiraquien, se rapprochera-t-il de Nicolas Sarkozy ou roulera-t-il pour lui et lui seul ?
A Bordeaux, Orianne Dupont (avec S. C.), 20 Minutes | édition du 28.08.06
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Lundi 9 octobre 2006 - 06:00 Juppé reprend Bordeaux du premier coup
A l'hôtel de ville de Bordeaux, des applaudissements furieux ont accueilli l'annonce du résultat : 56,26 % pour Alain Juppé.
L'assistance a scandé le nom de l'ex-Premier ministre, monté sur une estrade pour déclarer : «C'est une belle victoire, le taux de participation pour une élection partielle, dans les conditions où elle s'est déroulée, est inespéré. C'est un score net et pour moi un formidable encouragement.»
Ce score est le meilleur obtenu par Alain Juppé : en 1995, il avait obtenu 50,96 % des voix et 50,28 % en 2001, également au premier tour.
Participation.
Pour fêter ce triomphe attendu, les Bordelais s'étaient rassemblés hier dès 20 heures à la mairie, portant dans un équilibre précaire des assiettes de taboulé et de charcuterie. Navette compliquée entre les écrans géants et les jardins du Palais Rohan. Une effervescence sans grand suspens. Les premiers chiffres de la participation à la sortie des urnes sont déterminants. 44,82 % : l'équipe de communication juge le score «très satisfaisant». Surtout au regard de ce beau dimanche d'automne qui invitait plus aux sorties plage ou champignons.
Sans surprise, ce sont majoritairement les quartiers huppés qui se sont déplacés pour voter. 49,18 % du côté des hôtels particuliers de David Johnston. Mais seulement 29,78 % dans la cité des Aubiers.
Un peu plus tôt, à la permanence d'Alain Juppé, les jeunes militants affichaient une confiance réservée. «Les autres sont tellement loin qu'il n'y a pas de raison, pronostiquait Coralie, 20 ans. Reste la question de la légitimité en fonction de la participation.» Une inconnue qui aura taraudé tous les esprits. Damien, ingénieur, militant UMP, a bien tenté de convaincre autour de lui, mais constate que beaucoup de ses connaissances ont jugé l'affaire gagnée d'avance et ne sont pas allées voter.
«Juppé a mené une campagne de proximité, il s'est tellement défoncé que ce serait une juste récompense de ses efforts qu'il retrouve une belle légitimité, estime Marie-Hélène. Et puis ça lui ferait tellement plaisir...» Mission accomplie.
PS en progression.
Autre ambiance dans les locaux de campagne du candidat PS-PC Jacques Respaud. Pas de copieux buffet, mais quelques bols de cacahuètes, et seul le directeur de campagne s'agite au téléphone. «Chez nous les militants sont affectés au dépouillement !» lance-t-il pour expliquer le manque d'affluence.
Implicitement, cependant, la gauche sait bien que l'abstention est en train de jouer en sa défaveur. Ils ont obtenu 25,20 % des suffrages, soit 7 sièges. Nette progression par rapport à 2001 : la liste conduite alors par le député européen Gilles Savary avait obtenu 19,99 %. La liste des Verts totalise 10,30 %, le FN 6,15 %, et la LCR 2,10 %.
Libération, 9 octobre 2006, p. 12, Par Laure ESPIEU
QUOTIDIEN : Lundi 9 octobre 2006 - 06:00
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mardi 15 mai 2007, 20h03 Alain Juppé entendu comme témoin par la police financière
PARIS (Reuters) - L'ancien Premier ministre Alain Juppé était entendu comme témoin mardi soir par la police financière à Nanterre (Hauts-de-Seine) dans une enquête visant des emplois présumés fictifs à la mairie de Paris dans les années 1980 et 1990, a-t-on appris de sources judiciaire et policière. L'audition, commencée vers 18h30 à la Division nationale des investigations financières (DNIF), se poursuivait en début de soirée. Alain Juppé est entendu en qualité d'ancien adjoint aux Finances de Jacques Chirac à la mairie de Paris, et d'ancien secrétaire général du RPR, sur commission rogatoire de la juge d'instruction de Paris Xavière Simeoni. Le maire de Bordeaux est pressenti pour devenir le n°2 du gouvernement Sarkozy où il prendrait la tête d'un nouveau ministère de l'Environnement élargi. Il est par ailleurs, pour l'instant, candidat investi pour l'UMP pour les législatives à Bordeaux. Le dossier de la juge Simeoni, instruit depuis une dizaine d'années, vise une quarantaine d'emplois présumés fictifs accordés à des personnalités RPR ou à leurs proches, au sein même du cabinet du maire de Paris Jacques Chirac, dans les années 80 et 90. Cette affaire est susceptible de conduire à une audition de Jacques Chirac à partir du 16 juin, quand il perdra définitivement l'immunité dont il a bénéficié durant ses douze années à l'Elysée. Quatre directeurs de cabinet successifs de Jacques Chirac à l'Hôtel de Ville de Paris entre 1983 et 1995 - Robert Pandraud, Daniel Naftalski, Michel Roussin et Rémy Chardon - sont déjà mis en examen dans le dossier pour "détournement de fonds publics". Sont aussi poursuivis comme bénéficiaires présumés d'emplois fictifs, notamment, le député UMP Jean de Gaulle, petit-fils du général, un frère du président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré, François Debré, l'ancien secrétaire général du syndicat Force ouvrière, Marc Blondel, ou encore Michèle de Charette, épouse de l'ex-ministre des Affaires étrangères Hervé de Charette. Alain Juppé a déjà été condamné en appel dans une autre affaire concernant des emplois fictifs à la mairie de Paris à 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité, en décembre 2004 à Versailles. Il a repris son mandat de maire de Bordeaux en octobre 2006 et la vie politique l'année dernière après un an d'exil au Québec où il a enseigné à l'université. En 1996, alors qu'il était à Matignon, il avait aussi été inquiété par la justice en raison de conditions favorables dont il avait personnellement bénéficié, ainsi que des membres de sa famille pour l'occupation de logements municipaux. Le procureur de l'époque avait considéré que le délit était établi mais classé sans suite le dossier à condition qu'il déménage du logement litigieux.--------
RESULTATS DES ELECTIONS LEGISLATIVES DIMANCHE 17 JUIN 2007 GIRONDE (33) -- 2ème circonscription (résultats officiels)
Nombre % Inscrits--------