Portrait 2009 (Libération)
Alain Juppé, l'homme "droit dans ses bottes" ... qui "a la pêche" ... à Bordeaux

15 janvier 2018 : Catastrophe nationale, l'anti-Wauquiez ne paye pas sa cotisation 2018, après le refus de 2017 ...

06 mars 2017 : Condamné à la prison en 2004, réfugié au Québec ensuite, puis maire de Bordeaux, mais battu ferme à la primaire de droite et du centre (33,5%), il RESTE A BORDEAUX mais crache sur la droite dite "radicale" du rassemblement du Trocadero
27 janvier 2017 : Fillon-bashing, Alain Juppé refuse "définitivement" d'être un recours si Fillon se retire

27 novembre 2016 : Deuxième tour de la primaire de Droite et du Centre, 33,5%
25 novembre 2016 : Après Philippot et Anne Hidalgo en 2014, à Colombey-les-Deux-Eglises, au secours mon Général !! ??
22 novembre 2016 : Divorcé, pro-sunniste, donc "moderne", contre Fillon, catho-trad, anti-islamiste, donc "réac". L'avortement est un droit fondamental ...
20 novembre 2016 : Primaire présidentielle Droite-Centre, 1er tour, battu par Fillon 44,1 à 28,6

03 janvier 2015 : Déchéance de la nationalité française, sondages (93% des français pour), donc Juppé contre (?), comme Julien Dray, l'ancien Premier ministre Jean-marc Ayraud notamment, et même Jack Lang

16 décembre 2015 : Sondage après les régionales, à la présidentielle 2017 Juppé bat Sarkozy, 2ème tour Juppé 70% Le Pen 30 ; Sarkozy 64 Le Pen 36.
02 février 2015 : Moi, maire de Bordeaux, je vote Socialiste

22 novembre 2014 : Moi "je ne me laisse pas pour ma part impressionner par des mouvements de foule", dit le maire de Bordeaux après avoir été hué par les sarkozistes
02 octobre 2014 : Moi je fais des conférences gratuites ... pas comme Lui
28 septembre 2014 : Toujours candidat pour 2017, malgré Bernadette Chirac

11 septembre 2013 : Toujours avec les sunnites ?

05 février 2012 : Syrie, les occidentaux, liés aux financiers sunnites, versus Chine et Russie
01 février 2012 : Syrie, la France préfère les sunnites aux shiites alaouites qui protègent les chrétiens
27 janvier 2012 : Présidentielle, Hollande domine Juppé sur TF1

24 octobre 2011 : La nouvelle Libye sera fondée sur la charia, la loi islamique qui pour les musulmans de l'Islamic council est bien démocratique
21 octobre 2011 : Mort de Kadhafi, fin de l'intervention de l'Otan et donc de la France, victoire de la Cyrénaïque sur la Tripolitaine
12 mars 2011 : Libye, BHL à la barre
24 février 2011 : Libye, Juppe veut le départ de Kadhafi

14 novembre 2010 : Fillon 3. Le gaulliste maire de Bordeaux enfin de retour aux affaires (Etrangères, "Vice" Premier Ministre)
19 janvier 2010 : Le maire de Bordeaux à refusé le placard doré de la Cour des Comptes, offert par N.S. pour le neutraliser politiquement

Mai 2009 : Traite négrière, Bordeaux fait-elle repentance ?.
Mars 2009 : Le re-retour d'un people ? Alain attaque le pape et sort une hagiographie.

Juin 2007 : Battu au deuxième tour de la législative de Bordeaux ; doit abandonner son ministère d'Etat au radical "de droite" Jean-Louis Borloo
Mai 2007 : Entendu comme témoin par la police financière ; ministre d'Etat chargé de l'écologie ...

Octobre 2006 : Le triomphe du condamné
Septembre 2006 : Cette fois c'est fait ...
Août 2006 : Nicolas Sarkozy se réjouit
Décembre 2005 : Le retour de "Venise" ?

Octobre 2005 : Alain Juppé dira, ultérieurement, qu'il sera bien politiquement de retour en 2007 à Bordeaux

1er décembre 2004 : Alain Juppé "réhabilité" par la justice républicaine française ...
27 octobre 2004 : Réquisition "modérée" de l'avocat général : deux ans d'inéligibilité
22 octobre 2004 : Juppé contre Roussin, et réciproquement ...
20 octobre 2004 : Alain Juppé nie, et avoue : J'étais le nègre de Jacques Chirac ...
10 juin 2004 : Le maire de Paris refuse le remboursement
30 avril 2004 : C'est confirmé officiellement par le Conseil supérieur de la magistrature : "Pas de pressions sur les juges"
16 avril 2004 : C'est officiel, les juges n'étaient pas officiellement espionnés
11 février 2004 : Les victimes médiatiques de la télévision
06 février 2004 : Les juges font de la résistance ...
03 février 2004 : L'UMP, unanime, acclame le condamné
qui décide de rester
ce qui permet à Jacques Chirac de gagner du temps
30 janvier 2004 : Inéligible. Alain Juppé fait appel
Emmanuelli compatit
Les juges menacés

17 mai 2003 : Confirmation
7 mai 2003 : Alain Juppé en correctionnelle ?
15 janvier 2003 : Un jeune retraité des finances
Fabius aussi

Décembre 2002. Alain Juppé et les autres
Le cas Juppé
Alain Juppé reconnaît sa "connerie"
Décembre 2002. Alain Juppé et les affaires

Juin 2002. Alain Juppé, le chef de parti
POURSUIVI pour complicité et recel d'abus de biens sociaux, complicité et recel d'abus de confiance, détournement de fonds publics, prise illégale d'intérêts, abus de confiance aggravé dans le cadre des emplois fictifs de la mairie de Paris, Alain Juppé vit depuis 1998 avec une batterie de mises en examen.
Son dossier est le plus emblématique des « affaires » Chirac.
Les avocats de l'ancien Premier ministre ­ Francis Szpiner en tête ­ ont tout fait pour torpiller la procédure. En vain.
La Cour de cassation a validé l'enquête et le maire de Bordeaux ne devrait pas échapper à un procès devant le tribunal de grande instance de Nanterre.
Le futur patron de l'UMP paie au prix fort son passage à la tête du RPR. Pouvait-il dans ces conditions briguer le perchoir de l'Assemblée ?
Juppé a renoncé et s'est replié avec amertume sur la direction de l'UMP.
Ses électeurs de la 1re circonscription de la Gironde ont fait durer le suspense. Réélu au premier tour l'an passé aux municipales, Juppé a dû attendre hier (16 juin 2002) pour retrouver son siège avec 55,49 % des voix.
Le Parisien, lundi 17 juin 2002, p. 13.

-----

Pourquoi l'avenir d'Alain Juppé est contrarié par les "affaires"

Mis en examen depuis 1998 dans l'enquête sur le financement du RPR, le président de l'UMP sait qu'il risque une comparution devant un tribunal d'ici à la fin de 2003. Après avoir longtemps cherché à retarder la procédure, il redoute que le calendrier judiciaire gêne ses ambitions.

Un nuage obscurcit toujours l'horizon d'Alain Juppé. Porté sans encombre, le 17 novembre, à la tête de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), l'ancien premier ministre pourrait goûter aux délices de la prééminence retrouvée s'il ne restait sous la menace des "affaires". Mis en examen depuis le 21 août 1998 dans l'enquête, conduite au tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine), sur le financement du RPR, le maire de Bordeaux ne cache plus sa conviction d'avoir à affronter, dans le courant de l'année prochaine, l'épreuve d'un procès devant le tribunal correctionnel dont il serait le principal prévenu.

L'Elysée, Matignon et la chancellerie, qui suivent avec vigilance le cours des dossiers judiciaires impliquant la majorité, l'ont récemment confirmé au président de l'UMP : le juge d'instruction ayant terminé son enquête au début du mois d'octobre, la prochaine échéance attendue est l'annonce de son renvoi devant le tribunal correctionnel - "au début de l'année prochaine" , lui a-t-on dit. M. Juppé n'ignore pas, de fait, que les investigations - dont la clôture officielle devrait être prononcée avant la fin de ce mois - se sont achevées sur sa première mise en cause formelle par l'ancien ministre (RPR) Michel Roussin, le 3 octobre.

Poursuivi pour "abus de confiance", "recel d'abus de biens sociaux" et "prise illégale d'intérêts" , M. Juppé apparaissait, avant cela, nettement mis en cause dans la continuation - sinon dans l'instauration - d'une pratique par laquelle, des années durant, plusieurs dizaines de cadres du RPR ont été fictivement salariés par la Ville de Paris. Le tout à une époque (1988-1995) où il exerçait des fonctions dirigeantes au sein du parti gaulliste (secrétaire général, puis président) en même temps qu'il était, à la mairie de Paris, l'adjoint aux finances de Jacques Chirac.

Cette situation particulière a désigné depuis longtemps M. Juppé comme le responsable d'un système utilisant les fonds publics parisiens au profit du financement d'un parti politique - partiellement au moins en dehors du champ de l'amnistie. Elle l'expose, de ce fait, à une condamnation à une peine d'emprisonnement, qui pourrait être assortie d'une période d'inéligibilité qui le priverait aussitôt de ses mandats électifs.

"UNE QUESTION D'ÉTHIQUE"

"Dans ce cas, j'abandonnerai la politique, déclarait l'ancien premier ministre dans Le Nouvel Observateur du 14 novembre (2002). C'est une question d'éthique personnelle." L'hebdomadaire rapportait aussi, à quelques jours de son avènement à la tête de l'UMP, cette confidence d'homme blessé : "Je l'ai dit à Jacques Chirac, les yeux dans les yeux. Je ne sais pas comment je réagirai si je suis condamné à une peine infamante."

Dans la mise en scène soigneusement orchestrée de son retour au premier plan, M. Juppé a même fait de cet obstacle annoncé l'élément d'une stratégie de communication dont l'objectif n'est pas dissimulé : forger au nouveau chef du parti chiraquien une personnalité mois austère, le présenter sous un jour plus humain. "Imaginez-vous un glaive suspendu au-dessus de votre tête", lançait-il ainsi dans Paris-Match, le même 14 novembre (2002), pour évoquer ses perspectives judiciaires. Suivait cette sentence apparemment sans appel : "J'ai été le patron, pendant une période, à la mairie de Paris ; j'en assume donc les responsabilités". Le 21 septembre (2002), il déclarait déjà au Monde qu'il était "prêt à assumer [ses] responsabilités", qu'il "prendrait acte de la décision du tribunal" et qu'il "en tirerait les conséquences".

Hormis l'aveu de ses inquiétudes, le discours n'a pourtant guère changé. S'exprimant sur TF1, le 25 août 1998, au lendemain de l'annonce publique de sa mise en examen, M. Juppé affirmait déjà : "J'assume mes responsabilités durant toute cette période [visée par l'enquête] et c'est dans cet esprit que je suis prêt à répondre, bien entendu, à toutes les questions du juge" (Le Monde du 27 août).

C'est tout le contraire qu'il fit, le 21 octobre 1998, à l'heure de sa première convocation, devant le juge Patrick Desmure : excipant d'une violation de la procédure, il avait alors refusé de répondre, faisant renvoyer son audition à une date ultérieure. Le lendemain, ses avocats déposaient une requête en annulation visant l'intégralité de l'enquête. La tactique avait été préparée à l'Elysée, où Dominique de Villepin, alors secrétaire général, animait une sorte de cellule de veille sur les "affaires" susceptibles d'impliquer M. Juppé - et, derrière lui, le chef de l'Etat.

Quelques mois plus tôt, ce petit groupe d'experts avait tenté, lors de conciliabules discrets, de trouver l'homme qui accepterait d'endosser, devant la justice, la responsabilité des infractions commises : ni Louise-Yvonne Casetta, considérée comme l'"intendante" du RPR, ni Robert Galley, ex-trésorier du parti, ni Michel Roussin, ancien directeur du cabinet de M. Chirac, n'avaient accepté de se sacrifier.

La stratégie de retardement choisie par M. Juppé s'est soldée, on le sait, par un échec : la Cour de cassation a validé, le 30 juin 1999, l'essentiel de l'instruction du juge Desmure. Mais elle avait eu, entretemps, un effet doublement funeste. D'abord, elle avait prolongé dans le temps les investigations policières, permettant la découverte, dans l'intervalle, d'un document montrant la responsabilité de M. Chirac dans le "système" contesté. Or cet épisode, qui lança la controverse publique sur le statut pénal du chef de l'Etat - et fait toujours peser une menace sur M. Chirac, lorsqu'il aura quitté l'Elysée - a différé encore davantage le déroulement de la procédure.

A ces lenteurs s'ajoute désormais une équation imprévue. Nommé procureur à Chartres (Eure-et-Loir), le juge Desmure a quitté le tribunal de Nanterre en septembre, laissant à Alain Philibeaux le soin de conclure le dossier qu'il avait instruit. Dans cette perspective, le parquet devrait actuellement préparer ses réquisitions sur le probable renvoi de l'affaire devant le tribunal : mais le successeur du procureur Yves Bot, récemment nommé à Paris, n'a toujours pas été désigné - ce qui pourrait, là encore, reporter d'autant l'achèvement de la procédure, au moment où M. Juppé souhaite d'évidence l'accélération du processus. Un procès à la fin 2003 lui offrirait, au mieux, la possibilité de faire appel d'une condamnation dans le courant de 2004. C'est-à-dire lorsque prendra fin son mandat à la tête de l'UMP et que s'ouvrira, au sein de la majorité, la course à la candidature présidentielle pour 2007.
Hervé Gattegno et Fabrice Lhomme, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 04.12.02, LE MONDE | 03.12.02 | 11h38 , MIS A JOUR LE 03.12.02 | 12h20

-------

Décembre 2002.L'UMP fait face à la rivalité Juppé/Sarkozy

Trois semaines après sa naissance officielle, l'Union pour un mouvement populaire (UMP) fait face à la rivalité entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, doublée par celle qui oppose l'ancien Premier ministre à l'UDF dans l'élection législative partielle des Yvelines.

A plusieurs reprises, au cours des dernières semaines, le ministre de l'Intérieur a vertement critiqué, sans jamais le nommer, le président de l'UMP, dénonçant son "sectarisme" et sa "fermeture".

"Il n'y a que les faibles qui se referment, qui se privent des compétences des autres", a lancé M. Sarkozy samedi devant les élus UMP de Paris réunis à Enghien-les-Bains (Val d'Oise). Il avait ajouté: "Aucune ambition ne sera satisfaite sur la division, sur le sectarisme et sur la fermeture".

C'est le refus de M. Juppé de nommer, quelques jours plus tôt, son plus proche collaborateur, Brice Hortefeux, dans l'équipe de secrétaires généraux adjoints de l'UMP, qui avait provoqué la colère du ministre de l'Intérieur.

Alain Juppé avait justifié ce refus par son souci de "ne pas créer de chapelles" à l'intérieur de l'UMP.

Déjà, le jour du congrès fondateur de l'UMP, le 17 novembre, M. Sarkozy n'avait pu s'empêcher de montrer son agacement face à M. Juppé. Il n'avait pas apprécié de n'avoir pas pu s'exprimer à la tribune (mais aucun des ténors du parti n'y avait été convié).

Il avait également laissé entendre devant la presse que le tout nouveau président de l'UMP avait cherché à lui gâcher son arrivée dans la salle du congrès en poussant la sono.

S'il est pareillement agacé, Alain Juppé n'en laisse pour l'instant rien paraître. A plusieurs reprises, il a même affirmé qu'il appréciait beaucoup "l'efficacité" de Nicolas Sarkozy en matière de sécurité.

"La confrontation" entre les deux hommes, "même si elle est inévitable", "part quand même beaucoup trop tôt", a déclaré à l'AFP François Baroin, député-maire de Troyes.

Pour tenter de mettre le holà entre les deux ténors de la majorité, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin est lui-même monté au créneau.

"L'union, ça se construit et, au fond, ça se mérite. Les unions qui ne sont faites que par intérêt particulier ne sont pas durables", avait déclaré, en guise de rappel à l'ordre, le chef du gouvernement à Enghien-les-Bains.

Jeudi, Jean-Pierre Raffarin a dû, cette fois calmer les esprits dans la querelle suscitée par les propos d'Alain Juppé contre l'un de ses ministres, l'UDF Gilles de Robien.

Mardi, Alain Juppé avait jugé "inacceptable" le soutien de M. de Robien à Christian Blanc, ancien rocardien soutenu par l'UDF, dans une élection législative partielle des Yvelines.

Les propos de M. Juppé ont suscité de nombreuses réactions à l'UDF: François Bayrou, son président, a mis en garde Alain Juppé contre "la tentation du caporalisme". Gilles de Robien s'est inquiété de voir "l'UMP-Juppé" devenir "une machine à broyer".

"La situation est apaisée. L'ensemble du gouvernement est sur la même longueur d'onde dans cette affaire. Il n'y a pas de problème avec Gilles de Robien", a affirmé le chef du gouvernement devant quelques journalistes.

Dans l'entourage du président de la République, de la même façon, on cherche à faire retomber la pression. "Il ne faut pas donner à tout cela plus d'importance que ça n'en a". "En revanche, il faut que tout le monde se concentre sur les missions essentielles qui ont été confiées par les Français il y a six mois", ajoute-t-on, en se souvenant que c'est l'UMP, née sous l'impulsion notamment d'Alain Juppé, qui avait permis au locataire de l'Elysée de remporter un deuxième mandat.
PARIS (AFP), 5 Décembre 2002 19h29

-----

09 décembre 2002.Le cas Juppé

EN PROTESTANT bruyamment contre le soutien " inacceptable " apporté à Christian Blanc, à l'occasion de l'élection partielle des Yvelines, par Gilles de Robien, ministre UDF des transports, Alain Juppé a perdu une bonne occasion de se taire. D'abord parce qu'on ne voit pas pourquoi l'UDF n'aurait pas le droit de présenter un candidat face à celui de l'UMP dans une circonscription qui, de surcroît, était détenue par une de ses élues, Anne-Marie Idrac, avant que celle-ci ne soit nommée le 18 septembre à la présidence de la RATP. Ensuite parce que le candidat de l'UMP, en faveur duquel Alain Juppé s'était activement engagé, faisant de ce scrutin un test national, a essuyé dimanche une lourde défaite.

Alain Juppé a donc perdu, et doublement. Dans un premier temps, il a donné l'impression, par son intolérance à l'égard d'un parti représenté au gouvernement, que l'UMP était décidément, selon l'expression de Gilles de Robien, une " machine à broyer les partenaires ", au mépris du pluralisme de la droite. Dans un second temps, les électeurs des Yvelines lui ont fait comprendre que cette tactique était suicidaire et qu'à son attitude ils préféraient celle de Jean-Pierre Raffarin pour qui " il faut s'habituer, dans les grandes familles, à entendre des humeurs et des sensibilités s'exprimer ". Bref, un bilan catastrophique pour la toute nouvelle UMP dont la première épreuve tourne au fiasco programmé. Et un revers spectaculaire pour Alain Juppé, puni une fois de plus pour son excessive raideur.

Le comportement autoritaire et maladroit de l'ancien premier ministre est d'autant plus dérangeant pour la majorité qu'il contraste avec l'habileté bonhomme dont fait preuve, non sans succès, Jean-Pierre Raffarin. Le premier ministre s'est plutôt bien sorti de l'agitation sociale de ces quinze derniers jours, désamorçant les conflits ou empêchant les protestations de prendre de l'ampleur. La manifestation des enseignants, dimanche, en retrait par rapport aux espérances de ses organisateurs, a montré que les apaisements prodigués par le chef du gouvernement pouvaient n'être pas sans effet. La comparaison souvent faite entre la méthode choisie par Jean-Pierre Raffarin pour répondre à ces diverses revendications et celle d'Alain Juppé face au mouvement social de 1995 n'a pas été à l'avantage de l'ancien premier ministre.

A moins qu'il ne tire rapidement les leçons de cet échec, la question se pose désormais de savoir si Alain Juppé est l'homme capable de mener à bien la modernisation de la droite. Que l'on attribue sa rigidité à un défaut de caractère ou qu'on l'impute à son besoin de s'affirmer face à la concurrence montante de Nicolas Sarkozy, voire de Jean-Pierre Raffarin lui-même, pour le leadership de la majorité, sa volonté d'hégémonie rappelle tristement les vieilles pratiques de l'"Etat-RPR". Cette " tentation du caporalisme ", selon l'expression de François Bayrou, est contraire aux valeurs d'ouverture qu'appelle le nécessaire renouvellement des comportements politiques.
ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 10.12.02, LE MONDE | 09.12.02 | 13h15, L'éditorial du Monde

------

(10 décembre 2002) Juppé reconnaît sa "connerie"

Interrogé sur la législative partielle des Yvelines de dimanche, le président de l'UMP a pour la première fois admis que ses propos sur le soutien de Gilles de Robien à Christian Blanc étaient une erreur.

"J'ai dit une connerie". Alain Juppé, président de l'UMP, a reconnu mardi (10 décembre 2002) avoir fait une erreur en jugeant "inacceptable" le soutien du ministre UDF des Tranports Gilles de Robien à Christian Blanc, candidat de l'UDF à la législative partielle des Yvelines. "J'ai reconnu (devant le Bureau politique) que j'avais sans doute eu tort de m'enflammer pour notre candidat (Philippe Brillault) et que quand deux candidats qui soutiennent également le gouvernement sont en course, il est évidemment normal que des membres du gouvernement les soutiennent également" explique l'ancien Premier ministre.

Le vice-président délégué de l'UMP, Jean-Claude Gaudin, indique que le bureau politique a néanmoins exprimé sa "solidarité totale autour du président". "C'est important lorsqu'on a le sentiment que quelquefois la cible est un peu trop visible". Alain Juppé a évoqué devant le BP "les turbulences que nous avons traversées au cours des derniers jours" souligne le sénateur-maire de Marseille, faisant notamment référence à la non nomination de Brice Hortefeux, proche de Nicolas Sarkozy, dans l'équipe dirigeante de l'UMP et à ses propres déclarations dans les Yvelines.
tf1.fr, news, Mis en ligne le 10 décembre 2002

-----

15 janvier 2003: Juppé, un si jeune retraité

La nouvelle fait la Une du "Canard enchaîné": Alain Juppé a demandé à être mis à la retraite au ministère de l'Economie. A 57 ans et demi, le maire de Bordeaux fait ainsi valoir son droit à la retraite. Mais l'ancien Premier ministre est aussi celui qui avait fait descendre des milliers de fonctionnaires dans la rue en demandant qu'ils travaillent jusqu'à 60 ans, comme dans le privé.

Le spectre de 1995

Alain Juppé avait le statut d'inspecteur des finances au ministère de l'Economie. Selon les information du Canard Enchaîné (du mercredi 15 janvier), le maire de Bordeaux a demandé pendant les vacances de Noël à être mis à la retraite, à l'âge de 57 ans et demi. Un droit. Les fonctionnaires doivent actuellement travailler 37,5 ans pour percevoir une retraite à taux plein, contre 40 ans dans le secteur privé. Mais si l'information est reprise, c'est parce que la réforme des régimes spéciaux du secteur public voulu par Alain Juppé lorsqu'il était Premier ministre avaient provoqué les grandes grèves de l'hiver 1995. Alain Juppé n'a jamais réussi à retrouver le crédit politique perdu au moment de cette grande grève.

Alain Juppé a été la semaine dernière le premier responsable politique reçu par François Fillon dans le cadre de la concertation sur la réforme des retraites. Le président de l'UMP a notamment estimé qu'"il faut maintenant agir" pour qu'une "première étape significative" soit franchie "dès les prochains mois" et que la réforme des retraites s'effectue avec "solidarité, équité et souplesse", en insistant sur "l'harmonisation progressive" des régimes du public et du privé.
F.P., rtl.fr

----

Moqueries

Une partie des fonctionnaires peut actuellement partir à 55 ans, mais ce sont ceux qu'on appelle les actifs, comme les policiers ou les roulants par exemple. Ce n'est pas le cas des inspecteurs des finances. Alors cela peut surprendre ou prêter à sourire que l'ancien Premier ministre demande à faire valoir ses droits avant 60 ans.

Le président du groupe UMP à l'Assemblée, Jacques Barrot, a toutefois une explication: "Ca veut dire surtout qu'Alain Juppé se consacre entièrement à ses tâches et qu'il dit au revoir définitivement à la fonction publique. Ca n'a rien de scandaleux. Ca n'est pas en contradiction avec la volonté de donner en général à tous les Français des règles du jeu à peu près harmonisées quant à leur départ en retraite".

Evidemment lorsqu'on n'a pas cotisé 37,5 ans, on ne peut pas toucher une retraite à taux plein mais Alain Juppé aurait peut-être pu s'épargner quelques moqueries en attendant un peu pour faire valoir ses droits.
rtl.fr, Marie-Bénédicte Allaire,

-----

Les petites astuces du retraite juppé
Fabius profite lui aussi du cumul pension-indemnités.

A 57 ans et demi, Alain Juppé est l'un des premiers politiques, enfant du baby-boom, à prendre sa retraite. Mais pas le tout premier. Avant lui, un autre énarque normalien avait fait encore plus fort : Laurent Fabius a pris sa retraite du Conseil d'Etat en 2001, à l'âge de 55 ans, alors qu'il était encore ministre de l'Economie et des Finances du gouvernement Jospin. Comme l'a révélé le Canard enchaîné la semaine dernière, le président de l'UMP, qui n'a pas beaucoup fréquenté son corps d'origine de l'Inspection des finances, a décidé de quitter la fonction publique et de faire valoir ses droits à la retraite.

«Assez sain».
«A la fin de l'année dernière, il se trouve que j'avais cotisé 38 ans et 3 mois, a-t-il expliqué dimanche soir sur France 3. Comme je n'avais pas le projet de revenir dans la fonction publique, il est naturel que ma mise à la retraite soit prononcée, je dirais même que c'est assez sain.» Le maire de Bordeaux avait même tout intérêt à se dépêcher : si l'actuelle durée de cotisation est fixée, dans la fonction publique, à trente-sept ans et demi, la réforme des retraites annoncée pourrait contraindre les fonctionnaires à cotiser plus longtemps, jusqu'à 40 ans au moins, pour se caler sur le secteur privé. Comme le reconnaît un responsable de l'UMP, «il y a eu un malheureux concours de calendrier».

D'autant que Juppé a lui-même admis qu'il lui était possible de cotiser jusqu'à 65 ans : «J'aurais pu être nommé inspecteur général des finances, j'aurais eu une bien meilleure retraite.» Certes, mais en cotisant sept années supplémentaires, il aurait aussi coûté moins cher à l'Etat. Alors, pourquoi Alain Juppé et Laurent Fabius ont-ils choisi de prendre leur retraite si tôt, quitte à tirer un trait sur une pension plus lointaine mais plus confortable ? Tout simplement parce qu'ils peuvent ainsi cumuler dès maintenant leur pension avec leurs indemnités d'élu. Il s'agit donc d'une belle affaire financière. Selon l'UMP, la pension que Juppé s'apprête à toucher s'élève à 3 654 euros par mois. A quoi il faut ajouter le montant de ses différentes indemnités d'élu (député, maire de Bordeaux, président de la communauté urbaine) qui sont, elles, plafonnées à environ 7 800 euros. Tout compte fait, le patron de l'UMP voit donc ses revenus s'accroître pour atteindre près de 11 454 euros par mois.

En tant qu'inspecteur des finances, Juppé dépendait du ministère de l'Economie. C'est donc Francis Mer qui a signé le 13 novembre 2002 l'arrêté de sa mise à la retraite publié sept jours plus tard au Journal officiel. Interrogé le 16 janvier, Francis Mer a estimé qu'«Alain Juppé applique un règlement qui correspond à l'ensemble des députés et des sénateurs». Et l'ex-patron d'Usinor de conclure : «ça fait partie des nombreux régimes spéciaux que nous avons.» Manière implicite pour ce dirigeant issu du privé de rappeler que le gouvernement a promis une vaste remise à plat des systèmes de retraite des fonctionnaires.

Ironiser.
Les syndicats n'accablent pas le nouveau retraité. Damien Leroux, de la CFDT-finances, estime que la décision de Juppé «n'a pas été prise au moment opportun», même si «elle n'est pas choquante. C'est son affaire personnelle, c'est aux électeurs de M. Juppé d'en tirer les conséquences». Tout juste rappelle-t-il qu'en 1995 Juppé, alors Premier ministre, n'avait pas laissé un bon souvenir à ses collègues fonctionnaires en suggérant d'aligner leur durée de cotisation sur celle du privé... «Il part au bon moment, ironise Jacky Lesueur, secrétaire général de FO-finances, juste avant que le gouvernement n'aggrave les conditions de départ en retraite !» L'intéressé a testé sa défense dimanche soir sur France 3 : «Je ne pense pas que la réforme des retraites se fasse à l'aune d'une situation individuelle.» En effet.
Libération, Par Thomas LEBEGUE, mardi 21 janvier 2003

-----

(7 mai 2003) Le parquet souhaite que le président de l'UMP soit jugé pour "prise illégale d'intérêts", mais préconise l'abandon d'une partie des charges ; le procès pourrait avoir lieu en novembre (2003).

Le procureur de la République de Nanterre (Hauts-de-Seine), Bernard Pagès, a requis, lundi 5 mai, le renvoi devant le tribunal correctionnel d'Alain Juppé, au terme de l'enquête sur le financement de l'ex-RPR. L'actuel président de l'UMP est poursuivi depuis 1998 dans ce dossier, qui a dévoilé l'existence d'un système de prise en charge occulte des salaires de permanents du parti gaulliste par des entreprises et par la Ville de Paris entre 1988 et 1995 - soit alors que M. Juppé était à la fois secrétaire général du RPR et adjoint de Jacques Chirac à la Mairie de Paris, chargé des finances.

Si le procureur préconise la comparution de l'ancien premier ministre pour "prise illégale d'intérêts", sur les infractions commises au préjudice de la municipalité parisienne, il prône en revanche l'abandon des poursuites pour " recel d'abus de biens sociaux et d'abus de confiance", estimant que l'enquête n'a pas établi que M. Juppé ait eu connaissance du système frauduleux mis en place au profit de l'ex-RPR. Si le juge d'instruction Alain Philibeaux suit ces réquisitions, le président de l'UMP pourrait obtenir un non-lieu sur cette partie du dossier. Le magistrat doit signer dans les prochains jours l'ordonnance de renvoi qui entraînera la comparution de plusieurs anciens dirigeants gaullistes devant la justice. Le procès pourrait se tenir au mois de novembre.

Après avoir longtemps misé sur l'enlisement de la procédure, M. Juppé avait changé de tactique en 2002, après la réélection de M. Chirac, et souhaité l'accélération du processus pour des motifs tenant à son calendrier politique. Un procès à la fin de l'année lui offrirait, au mieux, la possibilité de faire appel d'une condamnation dans le courant de 2004 ; c'est-à-dire lorsque prendra fin son mandat à la tête de l'UMP et que s'ouvrira, au sein de la majorité, la course à la candidature présidentielle pour 2007. M. Juppé espère en avoir fini d'ici là avec ses ennuis judiciaires.

En écartant une partie des charges jusqu'ici retenues contre lui, les réquisitions du procureur de Nanterre vont à rebours de la position adoptée au long de l'enquête par son prédécesseur, Yves Bot, nommé à la tête du parquet de Paris au mois d'octobre 2002, et de celle du juge d'instruction Patrick Desmure - lui-même promu procureur de Chartres (Eure-et-Loir). Tous deux considéraient que M. Juppé, en sa qualité de secrétaire général du RPR, avait bien eu connaissance du système mis au jour.

Interrogé en novembre 1999 par M. Desmure, M. Juppé avait contesté la réalité d'un tel "système", assurant avoir ignoré l'existence d'"emplois fictifs" au sein du RPR. "J'ignorais ces pratiques, disait-il. Ma tâche, au sein du RPR, était essentiellement politique. Je ne m'investissais pas dans la gestion quotidienne du mouvement".

Outre celui de M. Juppé, le procureur préconise le renvoi devant le tribunal de 25 personnes, dont les anciens trésoriers du RPR Robert Galley et Jacques Boyon, poursuivis pour "recel et complicité d'abus de biens sociaux et d'abus de confiance". En revanche, il requiert un non-lieu en faveur de Rémy Chardon, ancien directeur du cabinet de M. Chirac, poursuivi pour "complicité de prise illégale d'intérêts", ainsi que pour un ancien collaborateur de M. Juppé, Pierre-Mathieu Duhamel, qui bénéficierait de la prescription. Ce dernier a récemment été nommé directeur du budget au ministère de l'économie et des finances.

Autre proche de M. Juppé, Patrick Stéfanini, soupçonné d'avoir bénéficié d'un emploi fictif à l'inspection générale de la Ville de Paris dans les années 1990, serait renvoyé pour "prise illégale d'intérêts" ; mais les poursuites qui le visent pour "recel d'abus de confiance" seraient abandonnées.

Ouverte en 1996, l'enquête sur le financement de l'ex-RPR avait provoqué la mise en cause directe de M. Chirac, maire de Paris et président du RPR à l'époque des faits. Le 15 avril 1999, le juge Desmure s'était déclaré "incompétent" pour instruire sur des " faits susceptibles d'être imputés à M. Chirac à titre personnel", du fait de l'immunité présidentielle. Sur la base de ce constat, le juge Philibeaux a ouvert, le 12 décembre 2002, un dossier visant expressément le chef de l'Etat. De sorte que, à l'instant où il quittera l'Elysée, il devrait être mis en examen (Le Monde du 16 décembre 2002).
Hervé Gattegno et Fabrice Lhomme, lemonde.com, Mercredi 7 mai 2003

------

(17 mai 2003) Juppé devant les juges

L'ANCIEN Premier ministre a été renvoyé, hier, pour « prise illégale d'intérêt » dans l'affaire des emplois présumés fictifs du RPR. Le juge Alain Philibeaux, qui a pris le relais du juge Patrick Desmure, a signé hier une ordonnance de renvoi « en tout point conforme » aux réquisitions du parquet. Aux côtés d'Alain Juppé, 26 personnes sont renvoyées devant le tribunal, pour la plupart des chefs d'entreprise, mais aussi deux anciens trésoriers du RPR, Jacques Boyon et Robert Galley, et Louise-Yvonne Casetta, l'ancienne « intendante » de la rue de Lille. S'il risque, sur le papier, une peine de cinq ans d'emprisonnement, 75 000 € d'amende et une peine d'inéligibilité, le maire de Bordeaux aborde ce dernier virage judiciaire en position assez favorable.

Un procès à l'automne Le juge Philibeaux, comme le parquet de Nanterre, a décidé d'abandonner contre lui la moitié des poursuites, estimant que les sept ans d'instruction ne permettaient pas de lui imputer la mise à disposition au RPR de salariés d'entreprises privées. Le juge Philibeaux reproche néanmoins à Alain Juppé, ès qualités de patron du RPR et d'ancien directeur des finances de la Ville de Paris, d'avoir eu connaissance des mises à disposition d'employés de la Ville, ce qui constituerait une « prise illégale d'intérêt ».

L'actuel président de l'UMP devra donc s'expliquer sur une petite dizaine d'agents et non sur une trentaine de personnes travaillant au RPR et payés par des tiers. Autre motif de satisfaction pour l'ancien Premier ministre, la majorité de sa garde rapprochée échappe aux poursuites. Mis en examen, Pierre-Alain Duhamel, son ancien directeur adjoint de cabinet de la rue de Lille et actuel directeur du budget, n'est plus poursuivi. Yves Cabana, son directeur de cabinet, également mis en examen, échappe lui aussi au procès. Yves Martel, son chef de cabinet, a échappé également à l'information judiciaire et a été poursuivi, par le jeu des aiguillages judiciaires, par la chambre régionale des comptes d'Ile-de-France, qui lui réclame (solidairement avec Alain Juppé) plus d'un million de francs de salaires indûment reçus. Autre blanchi, Rémy Chardon, ex-directeur de cabinet de Jacques Chirac à l'Hôtel de Ville.
En revanche, deux ex-collaborateurs d'Alain Juppé, Patrick Stéfanini, son ancien directeur de cabinet, et Antoine Joly, directeur administratif et financier, sont renvoyés devant le tribunal correctionnel. Au total, pour ce procès qui devrait avoir lieu à l'automne ou au début de l'année prochaine, la plupart des prévenus seront des chefs d'entreprise à qui il sera reproché des « abus de biens sociaux » pour avoir mis leurs salariés à disposition du RPR.

L'enquête a également établi que Jacques Chirac, alors maire de Paris et président du parti gaulliste, avait connaissance du système de mise à disposition de personnels. Le juge Desmure avait souhaité entendre le président mais le Conseil constitutionnel puis la Cour de cassation ont gelé cette procédure jusqu'à son départ de l'Elysée.

Par ailleurs, Alain Juppé réunit demain ses anciens collaborateurs du Quai d'Orsay et de Matignon à Bordeaux pour un déjeuner « amical », avec épouses puis une dégustation dans une cave viticole.
Laurent Valdiguié, Le Parisien, samedi 17 mai 2003, p. 6

------

18 mois avec sursis et inéligibilité pour Juppé qui fait appel

Le tribunal correctionnel de Nanterre a condamné vendredi (30 janvier 2004) à 18 mois de prison avec sursis le président de l'UMP Alain Juppé qui a fait appel ce qui suspend son inéligibilité automatique entraînée par cette condamnation pour "prise illégale d'intérêt".

La présidente du tribunal Catherine Pierce a clairement exclu de relever Alain Juppé d'une inscription de sa condamnation sur le casier judiciaire, ce qui aurait eu pour effet de faire tomber l'inéligibilité de 10 ans automatique.

Dans son jugement écrit, au ton particulièrement sévère, le tribunal a assuré que M. Juppé a "trompé la confiance du peuple souverain" en se rendant coupable de prise illégale d'intérêt dans l'affaire des emplois fictifs du RPR.

"La nature des faits commis est insupportable au corps social comme contraire à la volonté générale exprimée par la loi" et "agissant ainsi, Alain Juppé a, alors qu'il était investi d'un mandat électif public, trompé la confiance du peuple souverain", écrivent les juges.

C'est l'avocat de M. Juppé, Me Francis Szpiner, qui a annoncé à la presse la décision de M. Juppé de faire appel. Cet appel doit formellement intervenir dans les dix jours. Me Szpiner a estimé que cette condamnation était "critiquable et injuste", s'en prenant à la justice qui veut se "mettre au-dessus de la politique".

"Le tribunal a voulu écarter M. Juppé de la vie politique. C'est une décision de la justice qui veut se mettre au-dessus de la politique sur la base d'un dossier dont les éléments sont contestables. J'ai vu un homme qui a très dignement enregistré ce jugement", a-t-il conclu.

Poursuivi à la fois comme ex-secrétaire général du RPR (1988-1995) et adjoint aux finances à la mairie de Paris (1983-1995) sous le mandat de Jacques Chirac, M. Juppé, 58 ans, s'est vu reprocher dans ce dossier d'avoir couvert la rémunération par la Ville de sept personnes qui travaillaient en réalité pour son parti.

Lors du procès, en septembre et octobre 2003, au cours duquel il a comparu aux côtés de 26 autres personnes, il a constamment répété avoir totalement ignoré l'existence d'emplois fictifs au sein de son mouvement avant 1993, date à laquelle il a décidé d'y mettre fin.

Le substitut du procureur René Grouman avait requis à l'encontre de M. Juppé, une peine de huit mois de prison avec sursis assortie d'une amende, tout en écartant une peine d'inéligibilité, considérée comme une mise "hors du jeu politique" qui n'est "pas du ressort du juge mais du peuple français".

Un silence impressionnant s'est installé à l'énoncé de la condamnation d'Alain Juppé dans la 15e chambre du tribunal. Des bousculades se sont en revanche produites à l'extérieur de la salle, majoritairement remplie de journalistes. La présidente du tribunal avait souhaité que personne ne sorte à l'énoncé du jugement.

Au premier rang, Alain Juppé, est resté flegmatique en baissant légèrement la tête. Il est sorti par l'arrière de la salle, par une porte dérobée, et est monté seul à l'arrière d'une voiture, son portable collé à l'oreille.

Le tribunal a également condamné l'ancien trésorier du RPR (1984-1991) Robert Galley à 14 mois de prison avec sursis. Agé de 83 ans, cette figure du gaullisme, Compagnon de la Libération, neuf fois ministre, était poursuivi dans cette affaire pour complicité et recel à la fois d'abus de biens sociaux et de prise illégale d'intérêts. L'ancien trésorier du RPR (1991-1993) Jacques Boyon a égelement été condamné à 14 mois de prison avec sursis pour complicité et recel à la fois d'abus de biens sociaux et de prise illégale d'intérêts.

L'ancienne trésorière occulte du RPR Louise-Yvonne Casetta a aussi été condamnée à 14 mois de prison avec sursis pour complicité d'abus de biens sociaux et en avoir sciemment bénéficié. Me Jacques Vergès, avocat de Louise-Yvonne Casetta, a annoncé vendredi avoir fait appel de la condamnation.

L'ancien directeur de cabinet d'Alain Juppé au RPR (1992-1995) Patrick Stefanini à 12 mois de prison avec sursis. Enfin, les deux anciens responsables administratifs et financiers du RPR Jacques Rigault et Antoine Joly ont été condamnés à respectivement sept mois de prison avec sursis et onze mois avec sursis.
tf1.fr, le 30-01-2004

-------

Des juges menacés et harcelés
Effractions, écoutes, menace de mort, des magistrats sous pression.

En apparence ce n'était que quelques mots. Alors qu'elle entame la lecture du jugement, vendredi, la présidente Catherine Pierce glisse une précision plutôt inhabituelle. Les avocats n'auront une copie complète de la décision que dans quelques jours, car, dit la magistrate, «l'outil informatique du tribunal ne garantit pas la confidentialité». Jusqu'au dernier instant, le jugement a été conservé hors du système informatique interne, d'où ce retard pour les prévenus. Depuis des semaines, Catherine Pierce a, en compagnie de ses assesseurs Alain Prache et Fabienne Schaller, vécu sous une pression qui fait froid dans le dos : bureaux fouillés, écoutes téléphoniques, menaces de mort...

Bruit.
Il y a deux semaines, Catherine Pierce se trouve dans son bureau, au premier étage du tribunal. Il est 19 h 30, elle achève sa journée de travail. Il y a du bruit dans le bureau contigu au sien. Le magistrat voisin s'acharne sur sa porte qu'il ne parvient plus à ouvrir. Catherine Pierce ne s'en préoccupe pas davantage et s'en va. Le lendemain matin, stupeur : les dalles qui composent le plafond de son bureau ont bougé, la pièce a été fouillée. Alain Prache, son assesseur ­ un ancien juge d'instruction ­ contacte la société de maintenance sous contrat avec le tribunal. L'entreprise lui répond qu'elle n'a pas pratiqué d'intervention officielle dans la nuit. Alertée, la présidente du tribunal, Marie-Françoise Petit ­ qui a soutenu les trois magistrats ­ demande alors l'intervention du procureur Bernard Pagès. Ce dernier saisit la sûreté publique des Hauts-de-Seine, qui enquête. Après quelques jours, la version officielle donnée aux magistrats est que, afin d'atteindre la pièce contiguë, qui ne s'ouvrait plus, des agents de maintenance sont rentrés dans le bureau de Catherine Pierce, ont déplacé les faux plafonds, escaladé la cloison... pour ouvrir la porte voisine ! Un haut magistrat de Nanterre a confirmé hier à Libération qu'un incident s'était produit autour du bureau de la magistrate, mais que l'enquête officielle n'avait pas conclu à une tentative de vol avec effraction. Les bureaux des juges ont été abondamment fouillés pendant toute cette affaire. Même pendant le procès, un magistrat a retrouvé la serrure d'une armoire métallique brisée. Au printemps aussi, le bureau du substitut René Grouman a été fracturé, les visiteurs ayant maladroitement tenté d'en copier la serrure.

«Intervention».
L'impact de ces pressions a été d'autant plus fort que les magistrats ont achevé leur jugement il y a seulement dix jours. D'ultimes relectures ont même eu lieu le week-end dernier. Depuis des semaines, les magistrats ont abandonné l'outil informatique du tribunal, qu'ils ont jugé peu protecteur. Toutes leurs lignes téléphoniques ­ au tribunal, au domicile ou les portables ­ semblent avoir été placées sur écoute. Un des magistrats, ne parvenant plus à joindre l'international depuis sa ligne personnelle, s'est vu répondre par l'opérateur que c'était normal puisqu'une «intervention» avait été effectuée sur la ligne. Un autre ne parvenait à parler à son interlocuteur qu'au bout de longues secondes. Parfois une voix étrangère répondait alors qu'un numéro d'appelant connu s'affichait. Un soi-disant agent de France Télécom s'est encore présenté au domicile d'un des magistrats. Il apprend que seule une concierge peut, à cette heure du jour, ouvrir la porte. Il n'est jamais revenu. Enfin, Catherine Pierce a récemment reçu une lettre la menaçant de mort. Pour la deuxième fois, le procureur de la République a saisi la police judiciaire des Hauts-de-Seine, qui enquête.

Ces intimidations sont restées vaines. Jusqu'au dernier moment, contrairement à ce qui circulait dans certains médias, le secret du délibéré a été conservé. Même le procureur ignorait le coup de tonnerre qui se préparait. Jeudi, les tirages papier du jugement ont été achevés à 20 h 30. Tous les exemplaires ont été placés dans un coffre au tribunal, et un des trois juges a conservé toute la nuit l'unique trousseau de clés.
Libération, Par Fabrice TASSEL, samedi 31 janvier 2004, p. 3

--------

« J'ai une pensée particulière pour lui »
L'INVITÉ DU DIMANCHE : HENRI EMMANUELLI

CHAQUE SEMAINE, « le Parisien Dimanche » donne la parole à une personnalité. Aujourd'hui : Henri Emmanuelli, député PS des Landes, animateur du courant minoritaire Nouveau monde. Comme ex-trésorier du PS, il a lui-même connu, avec l'affaire Urba, les rigueurs de la justice.

Que vous inspire la lourde condamnation d'Alain Juppé ?
Henri Emmanuelli. Sur le jugement lui-même, je n'ai pas de commentaire à faire puisque la procédure se poursuit par un appel. Sur le plan humain, je ne peux pas m'empêcher d'avoir une pensée particulière pour Alain Juppé qui traverse une épreuve très difficile. Je n'ai de conseil à donner à personne, mais je sais par expérience qu'on ne trouve ni paix ni sérénité dans le renoncement.

Ce jugement risque-t-il de polluer le climat politique ?
Ce serait une erreur grave d'opposer la justice à la démocratie au prétexte que l'exercice de la première nuirait à la seconde. Le moyen le plus simple d'éviter cette contradiction, c'est évidemment de ne pas donner prise à l'erreur.

Redoutez-vous que la controverse sur le voile ne fasse flamber le score du Front national ?
Je m'interroge sur les intentions réelles du gouvernement. Ou bien c'est de la maladresse, ou bien c'est du machiavélisme. Jacques Chirac a peut-être cru qu'il serait bon de brouiller les cartes avec la gauche. Il n'a pas vu qu'en réalité, cela profiterait au FN.

Comment sortir de ce débat ?
Il faut appeler un chat un chat : la difficulté que nous éprouvons tous, c'est de réaffirmer les principes de la laïcité sans donner le sentiment de tomber dans l'islamophobie. Cela est d'autant plus délicat que nous avons laissé se développer le communautarisme.

Fallait-il une loi ?
Au départ, je n'y étais pas très favorable. Je m'y suis rallié parce qu'il y a autant de bonnes raisons d'être pour que contre. Mais il est essentiel, si on veut défendre la laïcité, que cette loi n'apparaisse pas comme un instrument de ségrégation.

Les socialistes voteront-ils la loi ?
Cela dépendra beaucoup de l'attitude du gouvernement pendant le débat parlementaire : soit il veut une loi consensuelle, parce qu'il s'agit de principes qui engagent la République tout entière, et il intègre nos amendements pour que nous puissions la voter ; soit il a d'autres objectifs et d'autres arrière-pensées, et nous aviserons. Jacques Chirac n'en a-t-il pas trop fait lors de la visite de Hu Jintao ? Ceux qui sont le plus à plaindre sont les Parisiens qui ont subi des interdictions de circuler, lesquelles n'avaient d'autre objectif que d'éviter que le président chinois rencontre des manifestants hostiles. Pour le reste, que le chef de l'Etat essaie de développer les relations franco-chinoises me paraît souhaitable. La Chine, c'est plus d'un milliard et demi d'hommes et de femmes et il y a entre nous la volonté de s'opposer à un monde unipolaire. Jean-Louis Debré reproche à Jean-Pierre Raffarin de gérer le pays comme un boutiquier... Je n'aurais pas choisi ce mot-là. Ce gouvernement défend, en réalité, des principes libéraux avec constance et virulence. Il est très cohérent lorsqu'il se met en tête de détruire la législation du travail, de précariser les salariés ou de démanteler les services publics. Sauf si l'on identifie thatchérisme et boutique, la qualification n'est pas appropriée. Quel message les électeurs voudront-ils faire passer le 21 mars ? Je crois qu'ils vont sanctionner. Mais lorsqu'on dit cela, on ne fait qu'une demi-réponse. Car, qui va être bénéficiaire de cette volonté de sanction ? L'abstention, le Front national, le PS, l'extrême gauche ou l'UDF, qui joue cyniquement les opposants, tout en soutenant infailliblement la politique du gouvernement ? Bref, la bataille n'est pas gagnée et c'est à nous de convaincre ceux qui subissent cette politique que nous pourrions mieux répondre à leurs souhaits et à leurs attentes.

« L'éventuel retour de Jospin n'est pas réjouissant pour tous »

Patrick Devedjian a déclaré la semaine dernière qu'il croyait au retour de Lionel Jospin...
Par principe, je n'exclus rien, car je ne suis pas Madame Soleil. Mais je sais aussi qu'en disant cela, M. Devedjian espère accroître le trouble à l'intérieur du PS. Tout ça ne vole pas très haut...

Le PS serait-il troublé ?
Moi, ça ne me dérange pas. Mais pour ceux qui se préparent à la présidentielle, l'éventuel retour de Jospin n'est sans doute pas une perspective très réjouissante. Je veux bien que l'on nous entretienne de cette histoire pendant encore trois ans, et peut-être même encore davantage après 2007. Mais très franchement, mieux vaudrait commenter la réalité plutôt que la virtualité !

Ressentez-vous un frémissement de l'électorat en faveur du PS ?
Il y a effectivement, depuis peu, un frémissement. Il n'y a plus d'agressivité à notre égard, on est plutôt bien reçus, et on revient vers nous. Je pense que, peu à peu, les attentes se tournent à nouveau vers nous.

Vous n'iriez pas jusqu'à dire que le vote PS est un vote révolutionnaire ?
Non, ce serait faire peur à mes camarades qui se considèrent comme présidentiables (rires) .
Propos recueillis par Philippe Martinat, Le Parisien, dimanche 01 février 2004, p. 5

--------

(03 février 2004) Juppé : «le ciel m'est tombé sur la tête»

Alain Juppé a livré ce matin aux députés UMP ses premiers sentiments sur sa condamnation de vendredi, en déclarant: «le ciel m'est tombé sur la tête», comme l'a rapporté, les larmes aux yeux, le premier vice-président du groupe Bernard Accoyer.

«Il a été accueilli d'abord par notre président Jacques Barrot qui a rappelé notre attachement à l'homme et à l'action qu'il a menée. Puis Alain Juppé a pris la parole, il y avait dans la salle une émotion profonde», a déclaré à la presse M. Accoyer, rendant compte en détail de la réunion du groupe.

«Les visages de nos collègues étaient émus, il y avait des larmes. Alain Juppé avec des mots simples a rappelé l'émotion qu'il a éprouvée, le choc, les sentiments qui étaient les siens lorsqu'il a entendu les mots du jugement vendredi. Il a utilisé l'expression «j'ai le sentiment que le ciel m'est tombé sur la tête», a poursuivi M. Accoyer.

Mais «immédiatement», l'ancien Premier ministre a déclaré n'avoir «pas connu le sentiment de solitude», «grâce à sa famille d'abord, grâce à ses amis politiques» et «les innombrables messages qu'il a reçus des Français».

«Il a ressenti à la suite de ces messages, un sentiment qu'il dit n'avoir pas ressenti jusqu'à présent: celui qu'il y avait beaucoup de Français qui l'aimaient. Dans la salle, nos députés ont partagé en cet instant une grande émotion», a poursuivi M. Accoyer, qui est également co-président de la commission d'investiture à l'UMP.

Il a confirmé que M. Juppé ne ferait part de sa décision que lors de son intervention dans le journal de 20 heures de TF1: «il a demandé que nous lui pardonnions, qu'il réserve pour ce soir sa décision. La décision d'avenir, la décision qui nous concerne tous, qui concerne notre pays». «Il a ensuite quitté la salle sous d'interminables applaudissements», a ajouté M. Accoyer.

M. Barrot a également fait part de «l'émotion intense» des élus UMP. «Alain Juppé a un vrai rayonnement et pas seulement intellectuel. Evidemment qu'on est triste, évidemment que la France a besoin de gens de qualité et d'hommes d'Etat, on n'en a pas autant qu'on en aurait besoin», a-t-il déclaré.

«Le Premier ministre a dit quelque chose de très juste, c'est que l'honneur d'Alain Juppé est intact dans le regard des Français. L'honneur d'Alain Juppé est, je dirais, presque renforcé par les épreuves», a souligné M. Barrot.
lefigaro.fr, [03 février 2004]

---------

(03 février 2004) Chirac a convaincu Juppé de rester
L'ancien Premier ministre - qui est apparu sur TF 1 ému, direct et simple - a révélé hier soir son choix : il ne jette pas l'éponge tant que la cour d'appel n'aura pas tranché. Du verdict de Nanterre, il dit : « Le ciel m'est tombé sur la tête. »

HIER, en fin de matinée, après avoir ovationné Juppé de longues minutes, plusieurs parlementaires UMP avaient les larmes aux yeux. Ils étaient à cet instant convaincus que le maire de Bordeaux venait de leur faire - avec dignité - ses adieux. Raté.

Le soir, en direct sur TF 1, un Juppé encore bouleversé par ce qu'il vit depuis quatre jours annonce qu'il ne jette pas l'éponge. Il ne cherche, dit-il, à « apitoyer personne ». La loi doit s'appliquer à tous. Mais il a le sentiment que, dans son cas, comparativement à tant d'autres, la justice a été lourde : « C'est un peu trop... » Il s'en remet donc, en simple citoyen, à la sagesse de la cour d'appel.

Depuis que les juges de Nanterre l'ont cruellement condamné vendredi à dix-huit mois de prison avec sursis et dix ans d'inéligibilité dans l'affaire des « emplois fictifs » de l'ex-RPR, accompagnant le tout d'une cinglante leçon de morale (il aurait « bafoué la volonté du peuple souverain »), Juppé, déstabilisé, a imaginé tous les scénarios. Y compris la fuite à Venise.
Mais, à la fin, il n'a pas voulu « mettre la clé sous la porte » : « Ç'aurait été, suggère-t-il, la solution de facilité. » « Tout ce que j'ai fait ne mérite pas d'être rayé d'un trait de plume », s'écrie-t-il. Il n'est ni un bourgeois ni un héritier. Il n'a donc pas apprécié que les brillants diplômes conquis à l'arraché lui soient, à l'heure de l'épreuve, presque reprochés. « Mon père ne m'a pas transmis de siège... », glisse l'homme qui, hier soir, ressemblait par moments au Jospin de la campagne de 1995, celui qui avait su « fendre l'armure ».

Le forcing de l'Elysée

« Le ciel m'est tombé sur la tête. » C'est ainsi que Juppé se décrit à l'heure du verdict de Nanterre. A ce moment-là, il perd presque pied. Sa confidence, hier soir : « C'est toute une vie qui bascule. » Qu'est-ce qui l'a alors amené finalement à se ressaisir ? D'abord, lui qui souffrait tant de n'être pas « aimé », « l'énorme courant de sympathie » qui aura regroupé des anonymes de toutes tendances, la majeure partie des élus de droite et les ténors de la Chiraquie, de Raffarin à Villepin et Debré. Certains messages bouleversent même Juppé.
Un sondage Ifop-« Paris Match » indique au même moment que, pour 57 % des sondés, le jugement de Nanterre est « sévère » (ce qui n'empêche pas 58 % de souhaiter, dans la même enquête, qu'il ne joue plus de rôle politique). Selon une autre étude Ifop, commandée celle-là par l'UMP, réalisée les 1 e r et 2 février et tenue jusqu'ici secrète, 72 % des sondés (dont 87 % des UMP) estiment que Juppé a eu raison de faire appel.
Bien sûr, le rôle d'un Chirac - la gorge nouée lundi à Marseille lorsqu'il évoque son ami Juppé - aura été déterminant. Triple thème : Alain, tu mérites mieux, on a besoin de toi, il ne faut jamais abandonner, et moins encore quand Sarkozy est en embuscade. Juppé, qui a consacré toute sa vie à la chose publique, résiste mal à pareils arguments. Mais il refuse qu'on le présente comme instrumentalisé : « J'ai pris ma décision seul... »

Au terme d'un formidable psychodrame, voici, en apparence, le maire de Bordeaux remis en selle. Il a touché, en jouant le registre de l'affectivité, de la simplicité, des émotions. Pour lui, une première. On verra la suite.
Dominique de Montvalon et Bernard Mazières, Le Parisien, mercredi 04 février 2004, p. 2

--------

(04 février 2004) Pourquoi l'Elysée a besoin de lui
C'EST son choix. Une fois de plus, Alain Juppé n'a pas pu dire non à Jacques Chirac. En restant à la présidence de l'UMP, l'ancien Premier ministre rend un fier service aux chiraquiens qui s'inquiétaient déjà de voir Sarkozy lancer une OPA sur leur parti.
Le trio Chirac-Raffarin-Juppé, véritable colonne vertébrale de ce quinquennat, peut continuer à fonctionner.

Gagner du temps

« On ne met pas la clé sous la porte comme ça. » C'est sans doute avec ce type d'argument que Chirac a convaincu son « fils préféré ». En bon grognard, Juppé a donc décidé d'obéir et de rendre à son chef ce dernier service.
Car, depuis trois jours, un vent de panique souffle à l'Elysée. Comment se passer de cette pièce maîtresse du dispositif ? Comment le remplacer en pleine campagne électorale ? Et, au-delà, comment changer de stratège à la tête de la majorité ? Faute de réponse immédiate et de solution de rechange, Chirac préfère gagner du temps. En espérant que, d'ici à la fin de l'année ou le début de l'année prochaine, la cour d'appel « blanchira » son ami. Un rêve osé si l'on s'en tient à la sévérité dont les juges ont fait preuve en première instance.

En attendant, le chef de l'Etat a exercé une pression maximale sur celui qu'il appelle le « meilleur d'entre nous » et l'a convaincu de revenir sur sa décision.

Préparer la « relève »

Sur qui peut compter Chirac en dehors de Juppé ? A vrai dire, pas grand monde. A force d'éliminer tous ses successeurs potentiels (Séguin, Léotard, Noir voire Madelin), le vivier s'est tari. Et s'il a choisi Raffarin pour occuper Matignon, c'est seulement sur les conseils de... Juppé.
Pourtant, depuis deux ans, l'homme du Poitou ne démérite pas. Une relation de confiance s'est même installée entre eux. Mais cet ex-giscardien suscite toujours des doutes parmi les chiraquiens. Jean-Louis Debré n'a-t-il pas fustigé le « boutiquier » de Matignon ? Pourtant Raffarin aurait pu faire l'affaire à la tête de l'UMP. Interrogé il y a quelques jours, il ne l'excluait pas : « Etre Premier ministre et chef de parti, ça s'est déjà vu. » Mais voilà Juppé reste aux commandes, officiellement pour préparer la « relève ». Laquelle ? Si ce n'est pas Raffarin, on voit mal comment Fillon, Perben ou Gaymard pourront résister à une offensive de l'actuel ministre de l'Intérieur.

Sarkozy en embuscade

Le no 2 du gouvernement l'avait confié à ses proches dès vendredi : « Alain ne partira pas. Vous verrez, il fera appel. » Bien vu ! Le combat entre ces deux hommes, qui se connaissent depuis vingt-cinq ans, peut continuer.
En restant, le maire de Bordeaux sert là encore de bouclier au président exaspéré par la popularité grandissante de Sarkozy. Objectif : tout faire pour empêcher Nicolas Sarkozy de s'installer à l'Elysée en 2007. C'est pourquoi Chirac s'investit tant pour que l'UMP ne tombe pas dans le giron du ministre de l'Intérieur.
Hasard du calendrier, hier soir, alors que Juppé se justifiait à la télévision, sous les ors du Sénat, Sarkozy recevait, lui, le prix de l'Homme politique de l'année 2003. « N'y voyez pas de provocation », a-t-il lâché avant de rendre hommage à son « ami Alain ».
Bruno Jeudy, Le Parisien, mercredi 04 février 2004, p. 3

--------

Des victimes à France 2
Mazerolle, directeur de l'information de France 2, démissionne
David Pujadas sera remplacé pour sa part par Carole Gaessler à partir de lundi prochain jusqu'au 4 mars.

PARIS (Reuters) - Le directeur de l'information de France 2, Olivier Mazerolle, a démissionné de ses fonctions et le présentateur du journal de 20 heures, David Pujadas, a été suspendu mercredi pour deux semaines à la suite de "l'affaire Juppé", qui a suscité une crise au sein de la rédaction.

Les journalistes de France 2 avaient voté massivement mardi (10 février 2004) deux motions de défiance à l'encontre d'Olivier Mazerolle(67,4%) d'une part, et de David Pujadas et de l'équipe du 20 heures d'autre part (69,63%), estimant que la rédaction ne pouvait "plus travailler sereinement avec une direction et une équipe qui ont perdu toute sa confiance".

Cette initiative exceptionnelle faisait suite à l'annonce erronée du retrait d'Alain Juppé de la vie politique par David Pujadas lors du journal télévisé de 20 heures du 3 février.

Alors que le président de l'UMP, condamné à 18 mois de prison avec sursis et dix ans d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, annonçait sur TF1 qu'il conservait ses mandats, le présentateur de France 2 faisait état du retrait du député-maire de Bordeaux.

Olivier Mazerolle et David Pujadas avaient ensuite reconnu "une erreur" - "une faute" pour le ministre de la Culture et de la Communication, Jean-Jacques Aillagon.

"L'erreur commise dans le journal de 20 heures du 3 février n'en est que plus douloureuse pour l'ensemble de la rédaction comme pour tous les personnels de la chaîne. Elle doit nous conduire, dans un souci d'exigence et de rigueur, à revoir nos procédures dans nos journaux comme dans nos reportages", déclare Marc Tessier, P-DG de France Télévisions, dans un communiqué diffusé mercredi.

Précisant avoir accepté la démission d'Olivier Mazerolle - qui a annoncé sa décision mercredi matin devant la rédaction -, Marc Tessier a demandé à ce dernier d'assumer ses fonctions "le temps nécessaire en tenant compte de l'échéance desélections régionales" des 21 et 28 mars. Olivier Mazerolle continuera à animer les émissions politiques "100 minutes pourconvaincre" et "Question ouverte".

"Il faut qu'à l'intérieur de la société France Télévisions, à l'intérieur de la société France 2, toute disposition soitprise pour que ce genre de faute ne se reproduise plus", a déclaré Jean-Jacques Aillagon à l'issue du conseil des ministres.

"Les Français sont attachés à la qualité de l'information que leur donnent les radios, les télévisions - privées etpubliques. Ils sont en droit d'attendre une information fiable", a-t-il souligné.

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) devait recevoir mercredi Marc Tessier et Christopher Baldelli, directeurgénéral de France 2, pour les entendre sur "le traitement de l'information lors du journal de 20 heures de France 2 dumardi 3 février". /SL

--------------

(avril 2004) Aucune trace de «pressions» sur les juges du procès Juppé
La brigade criminelle n'a pas trouvé de preuve d'effraction, d'écoute téléphonique ou d'intrusion informatique

L'enquête portant sur «l'affaire dans l'affaire» du procès des emplois fictifs du RPR serait-elle en train d'accoucher d'une souris ? La question mérite d'être posée, tant paraissent minces les indices confirmant les «pressions» dont auraient été victimes les juges de Nanterre ayant condamné, le 30 janvier dernier (2004), Alain Juppé. Au terme de deux mois d'investigations, menées dans le cadre d'une commission rogatoire délivrée par les juges Isabelle Prévost-Desprez et Florence Vigier, la brigade criminelle a mené un travail de bénédictin afin de vérifier les soupçons d'espionnage dénoncés par les magistrats de la 15e chambre du tribunal correctionnel.

Le 31 janvier dernier (2004), la présidente Catherine Pierce, magistrate expérimentée de 54 ans, avait en effet jeté un pavé dans la mare en affirmant : «Nos bureaux, le mien et celui de mes assesseurs, ont été régulièrement visités ces derniers mois. Nous nous en sommes rendu compte assez vite (...). Nos ordinateurs professionnels ont également été fouillés. Nous pensons que nos téléphones, y compris nos téléphones personnels, ont été placés sur écoutes.(...) Beaucoup de gens voulaient savoir qu'elle serait notre décision.»

Autour du 12 janvier (2004), la serrure d'un bureau mitoyen de celui de Catherine Pierce avait notamment été retrouvée bloquée, laissant penser à une possible tentative d'effraction. De son côté, le vice-président Alain Prache avait remarqué en octobre dernier que la fermeture du caisson de son bureau ne fonctionnait plus tandis que sa collègue Fabienne Schaller constatait, un mois auparavant, que sa ligne téléphonique avait été interrompue subitement par France Télécom. «Les policiers ont fait procéder à l'examen du central téléphonique du tribunal de Nanterre sans pouvoir mettre au jour un détournement de ligne», expliquait-on hier au Quai des Orfèvres où l'on affirme qu'«une manipulation de cette nature doit normalement laisser des traces»...

Les policiers de la brigade criminelle ont aussi recueilli les témoignages d'un «certain nombre de personnes travaillant au tribunal, tant au niveau du greffe que dans le personnel de surveillance». Mais, là encore, les auditions n'ont pas permis de confirmer les soupçons. De la même manière, l'hypothèse d'un cambriolage ou d'une présence de mystérieux rôdeurs n'a pu être retenue par les policiers. En outre, les serrures suspectes ont été démontées par un expert sans qu'aucune effraction puisse être établie. «Enfin, les spécialistes de la PJ ont passé au crible les ordinateurs soi-disant piratés. Mais ils n'ont pu mettre en évidence la moindre intrusion extérieure ou un quelconque détournement de données», ajoute un enquêteur. Les seules anomalies relevées seraient liées à de simples erreurs de manipulation.

Le volumineux dossier, épais de 600 feuillets, comme l'a relaté L'Express, ne permettrait donc pas d'étayer l'extrême gravité des doutes soulevés par les magistrats. Ainsi, l'examen de la facturation détaillée d'un des juges se plaignant d'appels anonymes aurait démontré que ces derniers provenaient en fait de proches.

Ces premières conclusions judiciaires corroborent en partie celles du rapport d'enquête administrative, commandée dès le 1er janvier par Jacques Chirac et rédigée par le premier président de la Cour des comptes, François Logerot, le président de la Cour de cassation, Guy Canivet, et le président du Conseil d'Etat, Renaud Denoix de Saint-Marc. Après consultation de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS), les hauts magistrats avaient conclu que les juges de Nanterre n'avaient pas fait l'objet d'écoutes ordonnées par une autorité gouvernementale ou un service secret. Reste, note l'enquête administrative, la «possibilité d'interceptions des correspondances téléphoniques réalisées par des officines privées». Mais, pour l'heure, celles-ci n'ont pas été détectées. Pas plus que la présence de micros au tribunal.
lefigaro.fr, Christophe Cornevin [15 avril 2004]

--------

(30 avril 2004) Les juges de Nanterre qui ont condamné Alain Juppé n'ont pas subi de pressions, selon le rapport du CSM

La présidente du tribunal affirme n'avoir jamais accordé l'interview au "Parisien", à l'origine de cette "affaire dans l'affaire", mais seulement "confirmé les faits" dans un couloir. Les trois juges de Nanterre qui ont condamné Alain Juppé le 30 janvier n'ont pas subi de pressions. Catherine Pierce, Alain Prache et Fabienne Schaller "ont pris les précautions nécessaires pour garantir leur indépendance", affirme le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) dans un avis transmis vendredi 30 avril au président de la République.

Le 31 janvier, au lendemain du jugement qui infligeait une peine de 18 mois d'emprisonnement avec sursis et dix ans d'inéligibilité à Alain Juppé pour prise illégale d'intérêts, une nouvelle affaire avait éclaté : Le Parisien avait publié des propos attribués à Mme Pierce, la présidente du tribunal, évoquant des bureaux fouillés, des lignes téléphoniques sur écoute, des menaces. Les violentes critiques des responsables politiques contre la décision des juges s'étaient doublées d'une polémique sur sa validité. Pour éclaircir "l'affaire dans l'affaire", trois initiatives avaient été prises : une commission administrative ad hoc avait été nommée par le chef de l'Etat, qui a rendu son rapport le 8 mars. Une information judiciaire avait été ouverte, toujours en cours. Et un avis était demandé au CSM, l'organe chargé de garantir l'indépendance de la magistrature. C'est ce texte que les hauts magistrats devaient rendre public vendredi.

Le procès des emplois fictifs du RPR, "très exposé", a été "entouré de précautions", souligne le CSM. Les magistrats ont "arrêté des conditions de travail adaptées à l'importance de l'affaire et à la protection de la confidentialité de leurs travaux". Ils ont ainsi utilisé des copies conformes pour laisser l'original du dossier en sécurité. Ils ont fait surveiller leur domicile, où ils conservaient des notes, lors de leurs congés. Ils se sont interdit de parler de l'affaire dans leurs bureaux, dans la chambre du conseil de leur salle d'audience, au téléphone ou par courriel. Le jugement définitif n'a pas été immédiatement saisi sur l'informatique reliée à la chancellerie. L'enjeu "justifiait" ces mesures, affirme le Conseil : "C'est peu dire que le jugement de la 15e chambre correctionnelle du tribunal de Nanterre était très attendu puisque l'un des prévenus avait annoncé par avance qu'il "abandonnerait la politique s'il était condamné à une peine infamante"."

Que certains aient essayé, malgré tout, de connaître avant l'heure la décision des juges, ne fait pas de doute pour le CSM. Des "incidents troublants" ont émaillé le délibéré : détérioration de serrures, soupçons d'intrusion... Et surtout, le 22 octobre 2003, cinq jours après la fin du procès, la publication par Le Parisien d'une note des renseignements généraux sur l'engagement à l'extrême droite de René Grouman, le substitut qui avait requis au procès. "Quelles qu'aient été ses motivations", cette initiative a "été interprétée par les magistrats de Nanterre comme une manœuvre de déstabilisation, conduisant à craindre que des publications de même nature concernent ensuite les magistrats du siège", souligne le CSM.

Mais l'essentiel, du point de vue de ce dernier, vient après le jugement, quand prend corps la thèse d'un "procès sous pression", donc d'une décision de justice entachée de nullité. Or cette "présentation, qui ne correspond pas à la réalité, pouvait conduire à discréditer le jugement du 30 janvier 2004 et, du même coup, à peser sur les juges d'appel", explique le CSM.

"Immédiatement", sans attendre que les faits soient établis, "l'idée s'est répandue que les juges avaient subi des pressions qui avaient pu altérer leur jugement". Le chef de l'Etat décide dès le 1er février de confier une enquête administrative aux trois plus hauts magistrats des ordres administratif, judiciaire et financier. Partie de Matignon, leur lettre de mission fait explicitement référence aux "pressions" évoquées dans "une interview donnée au journal Le Parisien du 31 janvier par Mme Catherine Pierce". Or, entendue le même jour par le procureur de Nanterre, Bernard Pagès, Mme Pierce a déclaré qu'elle n'avait ni subi de pressions, ni accordé d'entretien. Abordant la juge dans un couloir alors qu'elle se rendait à une audience, le journaliste du Parisien "avait déjà connaissance des incidents relevés par les juges ; il en demandait seulement la confirmation".

C'est par l'exposé de ces "circonstances de la révélation des faits" que les trois sages désignés par Jacques Chirac avaient aussi ouvert leur rapport. Pour eux comme pour le CSM, l'emballement politique et médiatique est né de cet entretien que la juge a toujours nié avoir accordé.

Quels enseignements tirer ? Le CSM réclame un "programme pluriannuel" pour sécuriser les tribunaux. Il demande aussi que la gestion de tels "événements judiciaires" ne relève pas d'initiatives individuelles, mais d'un dispositif général. Le Conseil appelle également la hiérarchie judiciaire à ses responsabilités. "Aucune réaction officielle" n'a suivi les trois moments-clés de cette affaire selon le CSM : la publication de la fiche RG du substitut Grouman dans Le Parisien du 22 octobre 2003, celle des propos attribués à Mme Pierce le 31 janvier 2004, et celle des extraits de son audition par le procureur dans l'Est républicain le 3 février. Toutes ces informations "étaient légalement couvertes par le secret", précise l'avis. Or, "aucune enquête pénale n'a été déclenchée". Le CSM insiste sur la question des fiches établies par les RG sur les juges, suggérant une "concertation approfondie" sur le sujet. "Dès lors que les services de renseignements peuvent légalement recueillir des informations et établir des fiches sur certains magistrats, la question se pose de l'exploitation qui peut en être faite : à qui ces informations sont-elles destinées ?" Enfin, l'avis recommande aux responsables politiques "une particulière réserve dès lors qu'ils commentent une décision de justice, à plus forte raison lorsque celle-ci peut encore être examinée par une juridiction supérieure". Le dossier du financement du RPR fera l'objet d'un nouveau procès, à l'automne, devant la cour d'appel de Versailles.
Nathalie Guibert, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 02.05.04, LE MONDE | 30.04.04 | 13h06

-------

(10 juin 2004) Emplois fictifs: Juppé propose de rembourser, la mairie de Paris refuse

PARIS (AFP) - La mairie de Paris a indiqué jeudi avoir reçu de la part des avocats d'Alain Juppé une proposition de remboursement de 1,2 million d'euros dans l'affaire des emplois fictifs pour laquelle l'ancien adjoint aux finances de la mairie a été condamné, et l'avoir refusée.

Interrogés par l'AFP, les services de l'Hôtel de Ville ont confirmé ainsi une information du Canard Enchaîné faisant état d'une proposition d'Alain Juppé visant à rembourser à la mairie le coût des emplois fictifs de l'ex-RPR.

"Il n'est pas convenable de changer la donne entre le jugement en première instance et l'appel", a déclaré Laurent Fary, porte-parole du maire.

Invité du journal télévisé de 20H00 jeudi sur TF1, M. Juppé ne s'est pas exprimé sur le sujet.

M. Juppé avait été condamné en le 30 janvier dernier à Nanterre à dix-huit mois de prison avec sursis, pour "prise illégale d'intérêt", et à la peine - automatique - de 10 ans d'inéligibilité.

Alain Juppé a fait appel - le procès est prévu en octobre - ce qui a pour conséquence de suspendre les effets de cette condamnation.

Selon l'hebdomadaire satirique, M. Juppé demandait à l'Hôtel de Ville, en échange de ce remboursement, de se désister de sa constitution de partie civile.

Déjà en février, le ministre de la Justice Dominique Perben avait démenti une affirmation du Monde selon laquelle un remboursement des sommes dues à la Ville de Paris était à l'étude à la Chancellerie, un tel remboursement pouvant permettre à Alain Juppé d'être dispensé de peine et donc d'inéligibilité.

"Dominique Perben, garde des Sceaux, ministre de la Justice, dément formellement les affirmations selon lesquelles une étude serait en cours à la Chancellerie concernant un remboursement des sommes dans le cadre de l'affaire ayant abouti à la condamnation récente de Monsieur Alain Juppé", avait réagi le Garde des Sceaux dans un communiqué.

Poursuivi à la fois comme ex-secrétaire général du RPR (1988-1995) et adjoint aux finances à la mairie de Paris (1983-1995) sous la mandature de Jacques Chirac, Alain Juppé a été reconnu coupable d'avoir couvert la rémunération par la Ville de sept personnes qui travaillaient en réalité pour son parti.

Les attendus écrits du jugement avaient été particulièrement sévères à son endroit: "La nature des faits commis est insupportable au corps social comme contraire à la volonté générale exprimée par la loi" et, "agissant ainsi, Alain Juppé a, alors qu'il était investi d'un mandat électif public, trompé la confiance du peuple souverain".

Parmi les autres principaux prévenus, Louise-Yvonne Casetta, ex-trésorière occulte du RPR, a été condamnée à 14 mois de prison avec sursis, ainsi que Jacques Boyon et Robert Galley, tous deux anciens trésoriers officiels du parti. Enfin Patrick Stefanini, bras droit d'Alain Juppé, a écopé de 12 mois avec sursis.

Six personnes, dont Alain Juppé, ont fait appel de leur condamnation et seront rejugées devant la cour d'appel de Versailles du 13 au 29 octobre.

-------

Juppé se décrispe et cite Chirac

ALAIN JUPPÉ CAMPE sur ses positions. Moins crispé, presque détaché, l'ancien Premier ministre répète sur tous les tons à la cour d'appel qu'il n'a joué aucun rôle dans la mise à disposition d'agents de la Ville de Paris - dont il était l'adjoint chargé des finances - au RPR - dont il était le secrétaire général.

« Acceptez-vous une responsabilité pénale ? » questionne Me Mignard, l'avocat de l'actuelle municipalité socialiste, endossant le rôle du parquet général, totalement absent des débats.
« Je suis prêt à prendre sur moi tous les péchés d'Israël, mais pas cette responsabilité pénale », réplique Alain Juppé en direction de l'avocat.
Se tournant vers les juges, le maire de Bordeaux ajoute, presque zen : « Si je me suis trompé, sanctionnez-moi. » Une phrase tout droit sortie d'un roman de chevalerie.

« Le nègre » du président

Autre signe évident de la décrispation, l'ex-Premier ministre, lui qui jusque-là rechignait à citer le nom du président de la République dans une instance judiciaire, n'hésite plus aujourd'hui à prononcer le nom de Jacques Chirac.
Hier soir, en fin d'audience, presque sur le ton de la plaisanterie, Juppé a lancé à la cour qu'il avait été « le nègre de Jacques Chirac de 1976 à 1986, et peut-être même au-delà ! Je lui ai rédigé des dizaines de discours, et pourtant je n'en ai pas gardé la moindre trace ! » raconte-t-il, voulant montrer que le travail de « nègre », laissant peu de « preuves », pouvait passer pour un emploi fictif.
« C'est une très bonne audience, nous avançons », assure son avocat, le rond et massif Me Jean-René Farthouat.
Autre signe de détente, lors de la pause, son autre défenseur, Me Francis Szpiner s'est livré à une de ses imitations favorite, celle... de Jacques Chirac. Le « écoutéééz » prononcé par Szpiner a même fait sourire Alain Juppé. L'ambiance s'efforce donc d'être plus sereine dans la défense de l'ancien patron de l'UMP. Mais les charges ont-elles reculé pour autant ? Pas si sûr.

Une « tradition » qui laisse la magistrate perplexe

Le cas de deux des sept emplois présumés fictifs de la Ville de Paris mis à disposition du RPR a été évoqué hier.
D'abord celui d'Antoine Joly, ex-secrétaire national du parti en charge de la direction administrative et financière, payé par la Ville de Paris. Un emploi fictif estime l'accusation. Pour la plupart des membres du RPR entendus lors de l'enquête, Joly était « tous les jours au siège du parti ». « Tout dépend de ce que l'on entend par tous les jours », s'emberlificote cet ancien énarque. Pour sa défense, il a fait citer sa propre secrétaire au RPR, qui vient murmurer à la barre, gênée en diable, qu'elle ne recevait « aucun travail de lui ». « Antoine Joly n'a donc rien fait au RPR ? » s'étonne la présidente Ract-Madoux, interloquée. « Non, il n'a rien fait », patauge la malheureuse témoin, provoquant les rires de la salle.
Alain Juppé vient à la rescousse, estimant que le travail de son secrétaire national aux finances, « d'une heure par semaine au RPR », n'était pas incompatible avec ses fonctions à la Ville. « Peut-être que je me trompe, répète le maire de Bordeaux, mais j'ai toujours considéré que le fait de militer dans un parti politique, en plus de ses activités professionnelles, n'était pas constitutif d'un délit ! »
Plus difficile, le cas de Patrick Stéfanini, directeur de cabinet d'Alain Juppé au RPR et lui aussi agent de Paris. Stéfanini, au raisonnement d'énarque, toujours en trois points, s'escrime à expliquer qu'en plus de ses fonctions au RPR pour Alain Juppé, il travaillait réellement pour Jacques Chirac à la Ville de Paris. « Je lui faisais des fiches et des discours », affirme-t-il, sans en avoir gardé la moindre trace lui non plus. Ses textes auraient été détruits, selon une « tradition » qui semble laisser perplexe la présidente.
« Tout le monde savait à la mairie de Paris, insiste Alain Juppé, reprenant une formule célèbre de cette audience, que Patrick Stéfanini était un collaborateur important du maire de Paris. »
Dommage, décidément, que Jacques Chirac ne puisse pas s'expliquer dans ce dossier. En tout cas tant qu'il est président.
Laurent Valdiguié, Le Parisien, jeudi 21 octobre 2004, p. 18

-------

Dans une lettre à la cour, M. Roussin accuse M. Juppé de "se défausser sur des tiers"

Mis en cause par Alain Juppé au cours de l'audience de jeudi, Michel Roussin n'a pas réagi publiquement, mais il l'a fait par écrit. Juste avant l'ouverture des débats, vendredi 22 octobre devant la cour d'appel de Versailles, l'ancien directeur du cabinet de Jacques chirac à la mairie de Paris (1989-1993) a fait porter une lettre à la présidente, Martine Ract-Madoux, dans laquelle il exprime sa "stupéfaction" et répond sèchement aux propos de M. Juppé.

"Je constate que la nouveauté de son système de défense consiste en réalité à se défausser sur des tiers qui - exonérés de toute responsabilité pénale dans cette affaire - ne sont plus présents pour lui répondre contradictoirement, écrit M. Roussin. Je déplore que M. Juppé ait choisi, bien tardivement, de compromettre entre autres l'ancien directeur de cabinet du maire de Paris." Initialement poursuivi, dès 1998, dans l'enquête sur le financement du RPR, M. Roussin a, de fait, été mis hors de cause en 2002, de sorte qu'il ne figurait pas sur le banc des prévenus lors du procès tenu en première instance à Nanterre (Hauts-de-Seine), et qu'il ne participe pas davantage au procès en appel.

Aussi est-ce effectivement en son absence que M. Juppé a invoqué sa responsabilité dans la "gestion du personnel" de la Ville de Paris et notamment des employés du cabinet du maire soupçonnés d'avoir en réalité travaillé pour le RPR. Interrogé sur la connaissance qu'il pouvait avoir de la situation de ces employés, l'ancien premier ministre avait assuré que leur "surveillance" - au sens juridique du terme - incombait "au directeur de cabinet et -à- l'adjoint chargé de l'administration générale". Confronté aux démentis catégoriques avancés par M. Roussin durant l'instruction, l'ancien premier ministre avait ajouté : "Je conteste formellement qu'un directeur de cabinet ne soit pas responsable du contrôle des activités du personnel placé sous sa responsabilité" (Le Monde du 23 octobre).

Dans sa lettre - dont Mme Ract-Radoux n'a pas donné lecture à l'audience -, M. Roussin rappelle sa "position constante" sur ce point, "la responsabilité de l'affectation et du travail des chargés de mission -du maire- incombait à la seule autorité au service de laquelle le chargé de mission était affecté", et souligne que cette argumentation, jusqu'alors "jamais contredite par M. Juppé", a été "longuement vérifiée par l'information et entérinée tant par le parquet que par le magistrat instructeur".

Mesurée dans sa forme mais ferme sur le fond, la réaction de M. Roussin confirme le choix d'une défense solitaire et indépendante. Exonéré de toute poursuite dans cette affaire, ayant obtenu un non-lieu dans l'enquête du juge Halphen sur les HLM de Paris, l'ancien ministre reste mis en examen dans l'enquête sur les "chargés de mission" de M. Chirac et comparaîtra devant le tribunal correctionnel au mois de mars 2005 dans le dossier des marchés d'Ile-de-France, où il apparaît comme le principal prévenu, soupçonné d'avoir organisé la répartition de fonds occultes entre les partis politiques.

Considéré comme le détenteur de certains des plus lourds secrets de la chiraquie, M. Roussin s'est toujours refusé à mettre en cause M. Chirac, dont il fut aussi le collaborateur à Matignon (1986-1988). Ayant quitté la politique, devenu vice-président du groupe Bolloré, il a démissionné au mois de mai du Conseil d'Etat, où M. Chirac l'avait nommé en "service extraordinaire". Cette décision a suscité d'autant plus d'inquiétude à l'Elysée qu'au même moment, M. Roussin a aussi refusé une place en position éligible sur la liste de l'UMP dans le Nord aux élections européennes, écartant "toute forme de protection".
Hervé Gattegno, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 24.10.04, LE MONDE | 23.10.04 | 12h43

-------

Deux ans d'inéligibilité requis contre Alain Juppé

IL FAUT TOUJOURS se méfier de l'eau qui dort. Lors des audiences de ces deux dernières semaines devant la cour d'appel, l'avocat général Alain Renaut n'était guère intervenu dans les débats.
Mais ce magistrat rond, un barbu avec de fines lunettes, ne perdait pas une miette de l'affaire des emplois fictifs du RPR. Il a prouvé hier sa parfaite connaissance du dossier en se livrant à un réquisitoire implacable de plus de deux heures. A la clé, ce magistrat du parquet demande à la cour d'appel de confirmer pour l'essentiel le premier jugement de Nanterre. Pierre après pierre, il met par terre toute la défense d'Alain Juppé et réclame à son encontre une condamnation de dix-huit mois de prison avec sursis, assortie d'une peine de deux ans d'inéligibilité.

Sur leur banc, les avocats de l'ancien Premier ministre sont livides. Alain Juppé est cireux. Entouré de ses défenseurs, il restera enfermé de longues minutes dans la salle d'audience, en conciliabule. Seule satisfaction pour la défense Juppé, l'avocat général propose à la cour d'appel de ne pas enclencher la peine automatique de dix ans d'inéligibilité prononcée lors du premier procès. Mais que fera la cour devant des réquisitions aussi lourdes ? Le visage de l'ancien bras droit de Jacques Chirac trahissait hier soir une grande inquiétude. « C'est toute une défense qui fait naufrage », admet un autre avocat de l'affaire.

« Il n'est pas concevable qu'il ait pu ignorer cette embauche »

D'entrée de jeu, Alain Renaut décide de cogner fort. Avec une voix un peu aiguë à la façon des speakers de radio des années 1950, le magistrat décortique le dossier cas par cas.
Premiers visés, les deux anciens trésoriers du RPR, Robert Galley et Jacques Boyon : « Ils ne peuvent sérieusement soutenir qu'ils ignoraient la prise en charge de permanents du RPR par des entreprises privées. » Selon l'avocat général, ces deux trésoriers ont « continué les pratiques illégales ».
Même constat pour Antoine Joly, ancien secrétaire national du RPR, en charge de l'administration. Lui aussi « connaissait le système » et « aurait dû proposer une régularisation ou se démettre de ses fonctions ».
Les trois anciens élus, qui ont toujours prétendu avoir été tenus à l'écart, écoutent sans broncher.

Puis l'avocat général se livre à une entreprise de démolition de toute la défense d'Alain Juppé. D'abord, il démontre que les sept agents de la Ville de Paris mis à la disposition du RPR étaient bel et bien des emplois fictifs.
« Alain Juppé savait qu'une éventuelle activité à la Ville de Paris de ses collaborateurs directs ne pouvait être, dans certains cas, qu'inexistante, dans d'autres cas accessoire, ou au mieux partielle », assène le magistrat.
Patrick Stefanini, par exemple, le propre directeur de cabinet d'Alain Juppé, rue de Lille, qui prétend avoir été « bénévole », mais à plein temps à la mairie de Paris, est renvoyé dans ses buts. Sa défense n'est « pas sérieuse », conclut le magistrat.
Même constat pour Philippe Martel, le directeur de cabinet de Juppé au RPR : « Leurs activités principales s'exerçaient au RPR. »
Concernant Nourredine Cherkaoui, ancien secrétaire national du parti gaulliste à la jeunesse, lui aussi chargé de mission à la Ville de Paris, le magistrat poursuit : « Il n'est pas concevable qu'Alain Juppé ait pu ignorer cette embauche. »
« En ce qui concerne ces sept personnes, M. Juppé, secrétaire général du RPR, savait, de par sa position à la tête du mouvement, de par son expérience, la charge de travail que représentait l'exercice de leurs fonctions au sein du RPR. Non seulement il savait la disponibilité qu'il leur demandait, mais il comptait bien sur cette implication. Alain Juppé, justement, avait besoin de collaborateurs actifs et qui s'impliquaient sous son autorité. »

« Le système signifiait des pressions inacceptables sur les entreprises »

C'est toute la ligne Maginot construite par le maire de Bordeaux, répétant qu'il ignorait tout du système, qui vole en éclats. Fort de ce constat, le magistrat du parquet demande des sanctions « significatives ». « Le système, détaille-t-il, signifiait des pressions inacceptables sur les entreprises et créait une situation propice à des pratiques de corruption et de favoritisme. »

Il réclame donc dix-huit mois avec sursis contre Alain Juppé, principal auteur. Puis des peines de dix mois à dix-huit mois contre les trésoriers, Antoine Joly et Patrick Stefanini. Il suggère à la cour une peine moindre contre Louise-Yvonne Cassetta, « simple exécutante » qui, elle, voit toute sa défense validée.
L'avocat général réclame aussi « une sanction civique » à l'encontre des prévenus, c'est-à-dire des peines « d'interdiction de vote et d'inéligibilité ». Technique, il suggère cependant d'effacer une partie du premier jugement en ne déclenchant pas la peine de dix ans automatique à l'encontre d'Alain Juppé qui serait, selon lui, « singulièrement excessive ».
Les avocats du maire de Bordeaux plaideront la relaxe vendredi. Plus que jamais dos au mur.
Laurent Valdiguié, Le Parisien, jeudi 28 octobre 2004, p. 16

-------

1er décembre 2004. Alain Juppé condamné à 14 mois avec sursis et un an d'inéligibilité

PARIS (AFP), le 01-12-2004
L'ancien Premier ministre Alain Juppé a été condamné mercredi (1er décembre 2004) à 14 mois de prison avec sursis et une peine complémentaire d'un an d'inéligibilité par la cour d'appel de Versailles, qui l'a reconnu coupable de "prise illégale d'intérêt".

La peine d'inéligibilité contraint M. Juppé à démissionner de son mandat de maire de Bordeaux et de président de sa Communauté urbaine. Le fait qu'il ne soit condamné qu'à un an d'inéligibilité peut remettre en course l'ancien président de l'UMP pour la présidentielle de 2007.

Me Francis Szpiner a indiqué que son client "ne fera pas de pourvoi en cassation et réservera ses explications aux Bordelais sur ce qu'il fera à la suite de ce jugement". Sauf si M. Juppé changeait d'avis et décidait de se pourvoir, la peine est donc définitive.

Alain Juppé, 59 ans, a été reconnu coupable d'avoir, en tant qu'ex-secrétaire général du RPR (1988-1995) et adjoint aux finances à la mairie de Paris (1983-1995), couvert la rémunération par la Ville de six personnes qui travaillaient en réalité pour le parti gaulliste.

Les cinq autres prévenus rejugés avec M. Juppé ont été condamnés à des peines allant de 9 à 12 mois avec sursis, plus légères que le jugement de première instance:

- Robert Galley, ancien trésorier du RPR (1984-1990) à 9 mois de prison avec sursis contre 14 mois avec sursis en première instance
- Jacques Boyon, ancien trésorier du RPR ( 1991-1993) à 12 mois de prison avec sursis contre 14 mois avec sursis en première instance
- Antoine Joly, ancien directeur administratif et financier du RPR à 9 mois avec sursis contre 12 mois avec sursis infligés par le tribunal correctionnel de Nanterre en janvier dernier
- Patrick Stéfanini, ex-directeur du cabinet d'Alain Juppé (1993-1995) à dix mois de prison avec sursis et la non-inscription au bulletin n°2 du casier judiciaire contre 12 mois avec sursis en première instance.
- Louis-Yvonne Casetta à 10 mois de prison avec sursis contre 14 mois avec sursis en première instance.

Arrivé au palais de justice avec son épouse Isabelle et ses avocats peu avant 14H00, M. Juppé, vêtu d'une veste pied-de-poule sur une chemise bleue et une cravate rose, n'a fait aucune déclaration à l'issue de l'énoncé de l'arrêt.

L'accusation avait requis une peine de 18 mois de prison avec sursis et 2 ans d'inéligibilité contre lui. L'avocat général Daniel Renaut avait basé toute son argumentation sur cette conviction acquise au fil de l'audience : Alain Juppé "ne pouvait ignorer" que son parti, entre 1990 et 1995, avait recours à des emplois fictifs.

La peine requise était cependant inférieure à celle prononcée par le tribunal correctionnel de Nanterre le 30 janvier dernier, à savoir 18 mois avec sursis et 10 ans d'inéligibilité.

"Bouleversé" par cette sanction, mais aussi par les motivations "terribles" du jugement qui stipulait qu'il avait "trahi la confiance du peuple français", Alain Juppé a depuis démissionné de la présidence de l'UMP et de son siège de député, ne conservant que la mairie de Bordeaux et la présidence de la communauté urbaine.

Tout au long du procès en appel, qui a démarré le 13 octobre, il avait martelé, comme il l'avait fait à Nanterre, que les employés retenus par l'accusation travaillaient "effectivement" pour la ville, n'exerçant pour le RPR que des activités "bénévoles" et "militantes".

De son côté, l'accusation avait estimé que "M. Juppé savait que l'exercice par ces collaborateurs-là d'une éventuelle activité pour la ville de Paris qui les rémunérait ne pouvait être qu'inexistante, accessoire, ou au mieux partielle".
Tiscali.fr, Mercredi 01 Décembre 2004

----------

(Octobre 2005) Cacophonie autour de l'annonce du retour d'Alain Juppé en politique en 2007

Le retour en politique d'Alain Juppé à l'occasion des élections législatives de 2007 a été annoncé samedi par une responsable de l'UMP mais l'ancien Premier ministre a aussitôt affirmé que «le moment» n'était «pas venu» pour une telle annonce.

«Faut-il préciser que je n'ai - ni à Paris ni à Bordeaux - aucun porte-parole dont les déclarations pourraient m'engager?», a écrit sur son blog M. Juppé, 60 ans, qui enseigne depuis la rentrée à l'Ecole nationale d'administration publique du Québec (ENAP).

«J'annoncerai moi-même mes intentions le moment venu. Et, dans mon esprit, ce moment n'est pas venu», ajoute l'ex-chef de gouvernement, condamné le 1er décembre 2004 par la cour d'appel de Versailles, à un an d'inégibilité et 14 mois d'emprisonnement avec sursis pour «prise illégale d'intérêt».

«Je ne ressens aucune impatience. Seulement un grand besoin de calme après la tempête qui, au fond de mon coeur, n'est pas encore tout à fait apaisée. Ce qui, bien sûr, ne m'empêche pas et ne m'empêchera pas de continuer à m'intéresser à la France, à ses problèmes et à son avenir», a-t-il conclu.

Quelques heures plus tôt, Marie-Hélène Des Esgaulx, secrétaire nationale de l'UMP aux élections et députée de Gironde avait annoncé sur France 3 Aquitaine que M. Juppé serait «candidat dans la deuxième circonscription de la Gironde» aux élections législatives de 2007.

Cette candidature avait été annoncée au moment même où le président de l'UMP Nicolas Sarkozy tenait une réunion politique à Bordeaux et avait pris de court de nombreux dirigeants locaux du parti, dont le député-maire de Bordeaux Hugues Martin (UMP).

Alain Juppé a démissionné de tous ses mandats, abandonnant la présidence de l'UMP, son siège de député de la Gironde et son poste de maire de Bordeaux. Son dauphin désigné, Hugues Martin, a été élu à la mairie de Bordeaux le 13 décembre 2004 et dans la deuxième circonscription le 21 novembre 2004.

«J'ai eu Alain Juppé par courrier électronique et par téléphone (...) j'ai enregistré sa candidature sur la deuxième circonscription de la Gironde», avait précisé à la presse Mme Des Esgaulx, interrogée en marge d'une réunion publique UMP à laquelle participait M. Sarkozy.

«Je prépare toutes les candidatures de Gironde avec sur la deuxième circonscription un seul nom: Alain Juppé», avait-elle ajouté, précisant qu'elle avait des contacts, par courrier électronique ou téléphone, «presque quotidiens» avec l'ancien chef de gouvernement.

Devant les militants et sympathisants de l'UMP, M. Sarkozy n'avait toutefois pas évoqué dans son discours le retour en politique de l'ancien Premier ministre même s'il a affirmé que sa «famille politique avait besoin de lui».

«J'ai eu Alain Juppé au téléphone avant de venir. Je lui ai dit qu'il nous manquait et que notre famille politique avait besoin de lui. Je respecte Alain Juppé, je le respecte pour ses capacités, son intelligence et pour sa droiture», avait-il ajouté.

Interrogé par la presse après la réunion, M. Sarkozy avait déclaré: «S'il (M. Juppé) décidait de revenir, c'est à lui de l'annoncer et j'en serai le premier heureux et ravi. Incontestablement, nous en avons besoin et il nous manque».

Le retour de M. Juppé est «un secret de polichinelle», avait pour sa part souligné son successeur à la mairie et dans la deuxième circonscription, M. Martin, regrettant toutefois «sur la forme cette annonce qui n'est pas opportune».

«Ou on donne la liste de tous les candidats de l'UMP en France et on la sort et il y a Alain Juppé dans la deuxième (circonscription). Ou on fait un coup politique, qui sert à qui, à son auteur?», avait-il indiqué à l'AFP.
lefigaro.fr, [23 octobre 2005]

-------

mardi 20 décembre 2005, 17h13 Alain Juppé est "disponible" mais "pas impatient" de revenir

BORDEAUX (Reuters) - L'ancien Premier ministre Alain Juppé, qui vit actuellement au Canada, n'est pas "impatient" de revenir en politique en France mais se dit "disponible" pour sa ville de Bordeaux.
"Je suis disponible. Bordeaux me manque. Quant à savoir quand et comment, c'est à mes amis d'y réfléchir", a-t-il déclaré mardi après un déjeuner à la mairie avec les élus de la majorité municipale conduite par son successeur, Hugues Martin.
"Nous en parlerons, Hugues Martin et moi-même, et nous nous mettrons d'accord sur le bon moment et la bonne façon de procéder. Je suis motivé mais je ne suis pas impatient", a ajouté l'ancien député-maire devant la presse.

Condamné en décembre 2004 à un an d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de la Paris, l'ancien adjoint de Jacques Chirac à l'Hôtel de Ville s'est exilé au Canada. Il donne des cours sur la mondialisation à l'Ecole nationale d'administration publique de Montréal.
Alain Juppé s'est d'ores et déjà inscrit sur les listes électorales à Bordeaux, dans la mesure où "un Français résidant à l'étranger" peut s'inscrire "dans une commune où il a des attaches familiales", a-t-il expliqué.
Il a précisé que, s'il revenait en politique, ce serait "exclusivement par le suffrage universel".

"IL Y A DES SOUFFRANCES QU'ON N'OUBLIE JAMAIS"

L'ancien Premier ministre (1995-1997) a dit son intention de rester au Québec avec sa famille "jusqu'à la fin de l'année universitaire et scolaire, c'est-à-dire jusqu'à l'été prochain, et ensuite nous aviserons".
Depuis son installation à Montréal, Alain Juppé, qui était présenté comme "le fils préféré" de Jacques Chirac, s'est abstenu de tout commentaire sur la vie politique hexagonale.
Nombreux sont ceux qui guettent ses éventuelles réactions dans la guerre qui oppose l'actuel président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, à Dominique de Villepin, qui fut son directeur de cabinet au Quai d'Orsay.

Interrogé sur sa condamnation, Alain Juppé a répondu qu'il y a "des souffrances qu'on n'oublie jamais, des pages qu'on ne tourne jamais, mais la vie continue".
L'ancien Premier ministre, qui est âgé de 60 ans, avait abandonné ses mandats de député et de maire de Bordeaux ainsi que la présidence de l'UMP après sa condamnation à 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité pour "prise illégale d'intérêts" dans le dossier des emplois fictifs du RPR.
Le 14 décembre dernier, la Cour de cassation a rejeté le recours de huit électeurs bordelais qui estimaient qu'une peine automatique d'inéligibilité de cinq ans aurait dû lui être infligée.

Fin octobre, une députée de Gironde avait annoncé son retour en 2007 lors des élections législatives dans la deuxième circonscription du département. Sans vraiment démentir, Alain Juppé avait vivement réagi sur son site internet personnel.
"Combien de milliers de kilomètres faudra-t-il donc que je mette entre le microcosme politique français et moi pour qu'il me laisse en paix ? Faut-il préciser que je n'ai - ni à Paris ni à Bordeaux - aucun porte-parole dont les déclarations pourraient m'engager ? J'annoncerai moi-même mes intentions le moment venu", avait-il écrit.
yahoo.fr, actualités, mardi 20 décembre 2005, 17h13

------

jeudi 3 aout 2006, 21h46 UMP: le retour d'Alain Juppé "réjouit" Nicolas Sarkozy

ARCACHON (AFP) - Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a indiqué jeudi que le retour en France de l'ancien Premier ministre Alain Juppé (UMP) est "une nouvelle qui me réjouit".

"Le retour d'Alain Juppé est une nouvelle qui me réjouit. Je le rencontrerai mais on ne communiquera pas", a déclaré M. Sarkozy, en marge d'une séance de dédicace, en présence de son épouse Cécilia, de son livre "Témoignage" dans une librairie d'Arcachon (Gironde), sur le bassin où il passe ses vacances.

Alain Juppé avait annoncé son retour en France au terme de l'année universitaire qu'il a passée à enseigner au Canada. "Nous avons décidé de rentrer au pays dès la fin de l'année scolaire, à Bordeaux, chez nous, tout simplement", avait-il écrit sur son blog le 7 mai.
Il précisait : "Je n'ai aucune intention de reprendre des responsabilités politiques nationales", estimant "qu'il y a bien d'autres manières de servir le bien public".

En mars, l'ancien Premier ministre, qui fut maire de Bordeaux de 1995 à 2004, avait confirmé qu'il se présenterait aux élections législatives en 2007 dans la deuxième circonscription de Bordeaux.

M. Juppé a enseigné depuis l'été 2005 à l'Ecole nationale d'administration publique (ENAP) de Montréal après avoir été condamné le 1er décembre 2004 en appel à 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs du RPR. Il avait alors abandonné tous ses mandats.
Yahoo.fr, actualités, jeudi 3 aout 2006, 21h46

------

(28 août 2006) De retour d'exil, Juppé s'attaque à Bordeaux

Alain Juppé n'aura jamais été aussi près de son retour en politique. Ce matin, Hugues Martin, l'actuel maire (UMP) de Bordeaux réunit la majorité municipale. Sous couvert de « questions d'actualité », il s'agit bien de débattre du retour d'Alain Juppé à la tête de la ville après vingt mois d'absence. A l'origine de son exil au Québec : sa condamnation à quatorze mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs du RPR.

Selon Sud-Ouest, le scénario est d'ores et déjà établi. Aujourd'hui, l'ensemble de la majorité devrait s'entendre pour démissionner, décision qui sera validée en conseil municipal le 25 septembre. Les élections municipales anticipées ne devraient pas avoir lieu avant le 8 octobre, pour laisser le temps aux candidats de faire campagne. En somme, fin octobre, le « nouveau » maire sera installé.

Cette chronique d'un retour annoncé exaspère l'opposition locale qui, une fois de plus, doit subir le « fait du prince », selon les termes de plusieurs élus socialistes. « Je ne comprends pas, en dehors d'une ambition personnelle – ce qui ne va pas avec le personnage – et d'une tactique nationale, pourquoi il impose cette démission », estime Philippe Dorthe, élu municipal de l'opposition de 1995 à 2001. S'il devait s'agir d'une stratégie de reconquête de la droite, elle reste encore floue. L'ancien Premier ministre restera-t-il fidèle au clan chiraquien, se rapprochera-t-il de Nicolas Sarkozy ou roulera-t-il pour lui et lui seul ?
A Bordeaux, Orianne Dupont (avec S. C.), 20 Minutes | édition du 28.08.06

--------

Lundi 9 octobre 2006 - 06:00 Juppé reprend Bordeaux du premier coup

Il avait été condamné en 2004 dans l'affaire des emplois fictifs du RPR et avait abandonné ses mandats. Il a été réélu hier à 56,26 %.

A l'hôtel de ville de Bordeaux, des applaudissements furieux ont accueilli l'annonce du résultat : 56,26 % pour Alain Juppé.
L'assistance a scandé le nom de l'ex-Premier ministre, monté sur une estrade pour déclarer : «C'est une belle victoire, le taux de participation pour une élection partielle, dans les conditions où elle s'est déroulée, est inespéré. C'est un score net et pour moi un formidable encouragement.»
Ce score est le meilleur obtenu par Alain Juppé : en 1995, il avait obtenu 50,96 % des voix et 50,28 % en 2001, également au premier tour.

Participation.

Pour fêter ce triomphe attendu, les Bordelais s'étaient rassemblés hier dès 20 heures à la mairie, portant dans un équilibre précaire des assiettes de taboulé et de charcuterie. Navette compliquée entre les écrans géants et les jardins du Palais Rohan. Une effervescence sans grand suspens. Les premiers chiffres de la participation à la sortie des urnes sont déterminants. 44,82 % : l'équipe de communication juge le score «très satisfaisant». Surtout au regard de ce beau dimanche d'automne qui invitait plus aux sorties plage ou champignons.
Sans surprise, ce sont majoritairement les quartiers huppés qui se sont déplacés pour voter. 49,18 % du côté des hôtels particuliers de David Johnston. Mais seulement 29,78 % dans la cité des Aubiers.

Un peu plus tôt, à la permanence d'Alain Juppé, les jeunes militants affichaient une confiance réservée. «Les autres sont tellement loin qu'il n'y a pas de raison, pronostiquait Coralie, 20 ans. Reste la question de la légitimité en fonction de la participation.» Une inconnue qui aura taraudé tous les esprits. Damien, ingénieur, militant UMP, a bien tenté de convaincre autour de lui, mais constate que beaucoup de ses connaissances ont jugé l'affaire gagnée d'avance et ne sont pas allées voter.
«Juppé a mené une campagne de proximité, il s'est tellement défoncé que ce serait une juste récompense de ses efforts qu'il retrouve une belle légitimité, estime Marie-Hélène. Et puis ça lui ferait tellement plaisir...» Mission accomplie.

PS en progression.

Autre ambiance dans les locaux de campagne du candidat PS-PC Jacques Respaud. Pas de copieux buffet, mais quelques bols de cacahuètes, et seul le directeur de campagne s'agite au téléphone. «Chez nous les militants sont affectés au dépouillement !» lance-t-il pour expliquer le manque d'affluence.
Implicitement, cependant, la gauche sait bien que l'abstention est en train de jouer en sa défaveur. Ils ont obtenu 25,20 % des suffrages, soit 7 sièges. Nette progression par rapport à 2001 : la liste conduite alors par le député européen Gilles Savary avait obtenu 19,99 %. La liste des Verts totalise 10,30 %, le FN 6,15 %, et la LCR 2,10 %.
Libération, 9 octobre 2006, p. 12, Par Laure ESPIEU QUOTIDIEN : Lundi 9 octobre 2006 - 06:00

--------

mardi 15 mai 2007, 20h03 Alain Juppé entendu comme témoin par la police financière

PARIS (Reuters) - L'ancien Premier ministre Alain Juppé était entendu comme témoin mardi soir par la police financière à Nanterre (Hauts-de-Seine) dans une enquête visant des emplois présumés fictifs à la mairie de Paris dans les années 1980 et 1990, a-t-on appris de sources judiciaire et policière.

L'audition, commencée vers 18h30 à la Division nationale des investigations financières (DNIF), se poursuivait en début de soirée.

Alain Juppé est entendu en qualité d'ancien adjoint aux Finances de Jacques Chirac à la mairie de Paris, et d'ancien secrétaire général du RPR, sur commission rogatoire de la juge d'instruction de Paris Xavière Simeoni.

Le maire de Bordeaux est pressenti pour devenir le n°2 du gouvernement Sarkozy où il prendrait la tête d'un nouveau ministère de l'Environnement élargi. Il est par ailleurs, pour l'instant, candidat investi pour l'UMP pour les législatives à Bordeaux.

Le dossier de la juge Simeoni, instruit depuis une dizaine d'années, vise une quarantaine d'emplois présumés fictifs accordés à des personnalités RPR ou à leurs proches, au sein même du cabinet du maire de Paris Jacques Chirac, dans les années 80 et 90.

Cette affaire est susceptible de conduire à une audition de Jacques Chirac à partir du 16 juin, quand il perdra définitivement l'immunité dont il a bénéficié durant ses douze années à l'Elysée.

Quatre directeurs de cabinet successifs de Jacques Chirac à l'Hôtel de Ville de Paris entre 1983 et 1995 - Robert Pandraud, Daniel Naftalski, Michel Roussin et Rémy Chardon - sont déjà mis en examen dans le dossier pour "détournement de fonds publics".

Sont aussi poursuivis comme bénéficiaires présumés d'emplois fictifs, notamment, le député UMP Jean de Gaulle, petit-fils du général, un frère du président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré, François Debré, l'ancien secrétaire général du syndicat Force ouvrière, Marc Blondel, ou encore Michèle de Charette, épouse de l'ex-ministre des Affaires étrangères Hervé de Charette.

Alain Juppé a déjà été condamné en appel dans une autre affaire concernant des emplois fictifs à la mairie de Paris à 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité, en décembre 2004 à Versailles.

Il a repris son mandat de maire de Bordeaux en octobre 2006 et la vie politique l'année dernière après un an d'exil au Québec où il a enseigné à l'université.

En 1996, alors qu'il était à Matignon, il avait aussi été inquiété par la justice en raison de conditions favorables dont il avait personnellement bénéficié, ainsi que des membres de sa famille pour l'occupation de logements municipaux.

Le procureur de l'époque avait considéré que le délit était établi mais classé sans suite le dossier à condition qu'il déménage du logement litigieux.

--------

RESULTATS DES ELECTIONS LEGISLATIVES DIMANCHE 17 JUIN 2007 GIRONDE (33) -- 2ème circonscription (résultats officiels)

Nombre % Inscrits
Inscrits 60 328 100,00
Abstentions 23 488 38,93
Votants 36 840 61,07

Nombre % Votants
Blancs ou nuls 746 2,02
Exprimés 36 094 97,98

Nuance Voix % Exprimés
Mme Michèle DELAUNAY (ELUE) Socialiste 18 382 50,93
M. Alain JUPPE Union pour un Mouvement Populaire 17 712 49,07

RAPPEL DES RESULTATS 1er tour DIMANCHE 10 JUIN 2007 Nombre % Inscrits
Inscrits 60 329 100,00
Abstentions 23 857 39,54
Votants 36 472 60,46

Nombre % Votants
Blancs ou nuls 294 0,81
Exprimés 36 178 99,19

Nuance Voix % Exprimés
Mme Michèle DELAUNAY Socialiste 11 346 31,36
Mme Véronique VILMONT Communiste 694 1,92
M. Pierre HURMIC Les Verts 2 471 6,83
M. Alain JUPPE Union pour un Mouvement Populaire 15 822 43,73
Mme Rose-Marie LOZANO Divers gauche 104 0,29
M. Guy DUPONT Extrême gauche 178 0,49
M. Ludovic GUINARD UDF-Mouvement Démocrate 3 006 8,31
M. Jacques COLOMBIER Front national 1 036 2,86
M. Emmanuel BICHINDARITZ Extrême gauche 1 012 2,80
Mme Valérie DOREY Divers 1 0,00
M. Christophe BUGEAU Mouvement pour la France 75 0,21
M. Jacques LACUBE Divers 221 0,61
M. Bruno ALFANDARI UDF-Mouvement Démocrate 212 0,59

--------

Le maire de Bordeaux déchante devant Benoît XVI Gala.fr J.B Mercredi 18 mars 2009

«Je ne mangerai plus de cerises en hiver...», nous prévient Alain Juppé dans son livre éponyme. Mais il n’y a pas que ça. Les propos papaux sur le condom ne passent pas. L'ancien Premier ministre Alain Juppé n’a pas digéré la position du Saint-Père (UMP) sur le préservatif et il l’a fait savoir au micro de France Culture… Cantique décanté.

Ni gai rossignol, ni merle chanteur, Alain Juppé n’est pas du genre à ergoter. Si l’élu bordelais se décide à piquer de son bec affûté Le Saint-Père, c’est que la coupe (sacrée) est pleine.

De religion catholique «parce que né dedans» et «attaché aux valeurs chrétiennes», le maire de Bordeaux ne met pas d’eau dans son vin: «ce pape commence à poser un vrai problème», a-t-il assuré.
Remonté contre Sa Sainteté, Alain Juppé a mentionné la réintégration d'évêques «dont l'un est l'apôtre - si j'ose dire - du négationnisme», l'excommunication au Brésil et les capotes africaines. Au Brésil, «qu'une gamine de neuf ans qui a été violée, dont la vie est en danger, soit - sinon elle-même - du moins ses parents et le médecin qui l'a aidée à avorter excommuniée, c'est une absence de charité chrétienne extraordinaire», a poursuivi l'ancien chef de gouvernement.

«Aller dire en Afrique que le préservatif aggrave le danger du sida, c'est d'abord une contre-vérité et c'est inacceptable pour les populations africaines et pour tout le monde», a sermonné le placide Juppé. «Il y a un vrai problème», «je sens autour de moi un malaise profond», a conclu le ministre de l’Environnement du premier gouvernement Fillon, qui a «l'impression» que le pape «vit dans une situation d'autisme total». S’il fut un temps grenouille de bénitier, Alain Juppé n’a aujourd’hui plus peur de se mouiller… J.B. Mercredi 18 mars 2009

-------

Assouplir, le cuir. Libération, 23 mars 2009, p. 36, Laure Espieu.

Le maire UMP de Bordeaux fatigue de sa caricature d’élu «droit dans ses bottes». Mais difficile de contrarier une réserve naturelle.

Il n’en revient pas : le photographe lui a demandé d’éviter de sourire. Alain Juppé voulait pourtant être agréable. Lui qui déteste l’exercice a accepté de prendre la pose. Il misait sur une attitude positive, et on sent que la restriction l’énerve vaguement. Après coup, il reste ce fond de suspicion : ne chercherait-on pas une fois de plus à le réduire à sa caricature ? Il déteste cette image «tellement fabriquée, celle de l’homme qui ne sourit pas» . Elle ravive son horreur des idées toutes faites, son aversion de la facilité. Exigeant avec les autres, comme avec lui-même, il attend des journalistes, qu’il n’a pourtant pas en haute estime, un peu plus d’originalité.

Il reçoit à la mairie de Bordeaux, avec cravate et boutons de manchettes, dans son bureau donnant sur les jardins. Le mobilier est sobre et fonctionnel, quelques oeuvres d’art contemporain sur les murs, un bouquet printanier. Une pièce claire, dédiée au travail, pas grand-chose de personnel, rien d’ostentatoire ni de superflu. Pas de quoi, en tout cas, battre en brèche les a priori d’austérité. S’il accepte de se livrer – un peu –, c’est qu’Alain Juppé vient de sortir un septième bouquin, intitulé Je ne mangerai plus de cerises en hiver… Le titre, assez énigmatique, fait référence aux thématiques environnementales. Mais le livre est surtout une tentative d’introspection qui balaye ses ennuis judiciaires et ses déboires politiques.

Alain Juppé rappelle qu’il a souffert. Il montre ces plaies qu’il a longtemps léchées en secret. Il revendique même carrément d’ «ouvrir son coeur» , en abordant quelques événements d’ordre privé, comme le décès de ses parents. Et du coup, il supporte encore plus mal ce rappel incessant de sa rigidité supposée, de cette réputation de pisse-vinaigre. Dernier sujet de son ire : le portrait de triste sire brossé en sa présence par un chroniqueur de RTL. «Ensuite, on m’a demandé : “Comment prenez-vous ça ?” J’ai dit : “Avec le sourire.” Gros mensonge. J’avais envie de lui dire : “Comment pouvezvous porter des jugements sur mon moi profond alors que c’est la première fois qu’on se rencontre?” » A la décharge du journaliste, certaines petites phrases sont à ce point restées gravées qu’elles ont fini par se substituer au personnage. Du «meilleur d’entre nous» de Chirac à l’homme «droit dans ses bottes », la fantaisie n’a pas vraiment trouvé sa place.

Dans l’intimité, l’homme est pourtant réputé pour son sens de l’humour. «C’est quelqu’un de chaleureux et de très drôle. Il est décontracté et à l’aise dès que les médias ne sont plus là» , raconte François Baroin, l’un de ses proches, qui le compare volontiers à Chirac. Toujours, cependant, avec cette réserve, cette «part de secret» que pointe l’ancien collaborateur, faite de beaucoup de pudeur et d’une sensibilité très privée. Depuis son retour du Québec, Juppé a souhaité arrondir les angles. Evoquant sa fameuse posture bottée, il confie volontiers avoir fait l’acquisition outre-Atlantique d’une paire de santiags.

Mais il conserve avec cette formule l’ambiguïté de celui qui en situe les effets à un niveau de «dévastation nucléaire» tout en avouant ne pas vraiment la regretter. Sûr de lui, de son intelligence et du bon droit qu’elle lui confère, le maire de Bordeaux a peu de goût pour la repentance. Il vit avec ce paradoxe : un désir profond d’être aimé, et une répugnance manifeste à en jouer le jeu. «Il reste convaincu que faire est plus important que dire, pointe sa femme Isabelle. C’est dans son ADN. Il a du mal à concevoir que la nécessité de faire savoir prime de plus en plus.»

L’homme s’estime piètre calculateur. Par excès d’orgueil : «Parfois je fais plus confiance à mes qualités personnelles qu’à ma capacité à détruire les autres.» L’ENA l’a d’ailleurs ennuyé. Trop d’obsession du classement, une scolarité intellectuellement décevante. Sa vraie formation, c’est celle du lettré, du gamin de Mont-de-Marsan féru de culture grecque, débarqué à 16 ans pour entrer en hypokhâgne à Louis-le-Grand, mûri par Normale Sup et l’agrégation.

Ce jeune homme habité de littérature qui connaîtra son premier coup de foudre au pied de l’Acropole et l’épousera dans la foulée, avant que les «papillonnages» de la quarantaine ne viennent distendre les liens. Sa mère l’avait rêvé médecin. Elle y voyait le seul chemin de promotion sociale. Issue de la petite bourgeoisie landaise, divorcée puis remariée au père, fils de cheminot, elle le dote de quelques terres, le faisant exploitant agricole. Les méthodes éducatives sont rudes, rythmées par les tempêtes maternelles. Femme possessive, excessive, au caractère houleux, elle décrète le jeune Alain doué pour les études et exige que «ça rende» . Ça paiera. Sur le perron de Matignon, le fils les sait «immensément satisfaits» . Et plus tard, il vivra comme un soulagement qu’ils n’aient pas à connaître les affres du procès, quand lui subit le poids de «l’humiliation» .

C’est à ses enfants, les deux aînés, nés du premier lit, et la jeune Clara, fruit des noces avec Isabelle, ex-journaliste à La Croix, qu’il promet qu’ils n’auront «pas à rougir» . Sur les rives de la Garonne, ce travailleur impénitent a imposé sa marque à coups de grands travaux. Il a su faire sienne une ville affectée de la même réputation de froideur. Il a rêvé pour elle une nouvelle séduction. Et les Bordelais ont la reconnaissance du ventre. L’estime est grande, mais la distance ne s’est jamais totalement résorbée avec ce maire dont le regard est fixé tellement plus haut.

A trois petites heures de Paris, Juppé s’offre un retrait qui libère sa parole. Il sait que Sarkozy l’a toujours à l’oeil, et il s’en délecte. Petit plaisir de glisser qu’après ses vives critiques sur le retour dans l’Otan, le Président aurait pris la peine de lui adresser trois pages de courrier explicatif. 2012 le titille toujours. Il ne se ferme aucune porte. Il évalue habituellement ses chances à 1 %. Mais comme le soleil pointe par la fenêtre ouverte, il les porte ce jour-là à 1,5. «Le créneau est étroit. Si Sarko réussi, il sera réélu.

S’il échoue, la gauche aura toutes ses chances. Tout dépendra de la sortie de crise.» Quoi qu’il en soit, Juppé reste attentif et ne s’estime pas encore au placard. Le «besoin d’action » le démange. Lui qui conserve toujours un volume de Montaigne sur sa table de chevet et s’astreint à vingt minutes de gym quotidienne ne se voit pas arrivé au bout du chemin. La retraite dans la maison familiale d’Hossegor n’est pas au programme. L’océan, la poésie lyrique, les jeux dans les vagues, les balades sur la plage ne resteront que des plaisirs de vacances.

Devenu militant fervent de la cause environnementale, Alain Juppé suit désormais le rythme des saisons. Lui qui provoquait la perplexité de son père en grignotant des fruits rouges à Noël se veut revenu à des pratiques assainies. Mais il n’a pas renoncé à la gourmandise. Un des rares péchés qu’il revendique. Comme une pincée de sucre pour équilibrer les contraires. Laure Espieu

--------

Esclavage : Bordeaux se penche sur son histoire Eric Biétry-Rivierre 09/05/2009 | Mise à jour : 18:13 | lefigaro.fr

Michèle Alliot-Marie, Christine Albanel et Yves Jégo inaugurent dimanche avec Alain Juppé un espace permanent consacré à la traite négrière au Musée d'Aquitaine.

Les navires s'appelaient le Liberté, l'Heureux, le Confiance ou encore Conduite de Dieu. Il n'y avait aucune ironie dans leur nom : aux XVIIe et XVIIIe siècles, la traite des Noirs allait de soi, à Bordeaux comme dans tous les ports d'Europe de l'Ouest. Depuis une dizaine d'années, la Ville ausculte ce passé et dimanche, pour la troisième Journée annuelle de la commémoration nationale de l'abolition de l'esclavage, le 10 mai, un espace permanent consacré à la traite négrière sera inauguré au Musée d'Aquitaine. Ce sera le deuxième en France après celui de Nantes.

Quatre sections, riches d'un fonds de gravures mais aussi d'éléments d'architecture monumentale, d'objets issus des civilisations précolombiennes ou d'Afrique, de maquettes, de cartes et de films structurent ce parcours de 750 m². Priorité y est donnée à l'exposé rigoureux des faits. On rappelle qu'entre la fin du XVe et celle du XIXe, environ 50 millions d'Africains, hommes, femmes et enfants, furent enlevés de leur village et que 12,5 millions vécurent suffisamment longtemps pour entamer la traversée de l'Atlantique, dans des navires armés par des Européens.

Repentance ?

Alain Juppé parle de «politique de la juste mémoire». L'exposition entend simplement aider à comprendre. En récusant tout anachronisme culpabilisateur.

Entrons. Un morceau du piédestal de la monumentale statue équestre de Louis XV, érigée en 1743 à Bordeaux et détruite à la Révolution, s'impose au visiteur. On y remarque l'évocation du Nouveau Monde par la représentation d'une coiffe de plumes et d'un carquois d'Indien. Les «Sauvages» sont ici honorés comme des vaincus classiques, comme Vercingétorix pour César.

Achetés déjà privés de leur liberté, principalement sur les côtes du centre-ouest du continent noir, les Africains vont remplacer dans les champs et les mines d'Amérique les Précolombiens, disparus à 95 %. S'ils ont survécu à six mois de cale, durée moyenne d'un voyage du sud vers le nord puis de l'est vers l'ouest.

Domestiques ou nourrices

Les très rares chanceux (4 000 au XVIIIe) que l'on débarque à Bordeaux servent de domestiques ou de nourrices aux familles riches. Ils sont portraitisés aux côtés de leurs maîtres, parfois encore avec leur collier de servitude alors que l'esclavage est en principe interdit en France depuis Louis X le Hutin et son édit de 1315. Non loin du buste en marbre de Montesquieu, ces tableaux soulignent le manque de portée de l'ironie anti-esclavagiste présente dans De l'Esprit des lois.

Toutefois, les Lumières gagnent vite du terrain et les abolitionnistes abondent en Gironde. Bordeaux ne sera jamais la capitale du commerce triangulaire, contrairement à Nantes. Mieux : au XVIIIe, la traite ne représentera que 4,4 % de son activité commerciale. Mais elle devra amplement sa prospérité à la production des colonies, et donc indirectement à l'exploitation forcée de l'homme par l'homme.

-------

Publié le 18/01/2010 à 21:36 - Modifié le 19/01/2010 à 08:32 AFP Juppé a refusé la Cour des Comptes pour ne pas renoncer à Bordeaux

Alain Juppé (UMP) affirme, dans une interview aux Echos à paraître mardi, avoir refusé la présidence de la Cour des Comptes proposée par le président Nicolas Sarkozy après la mort de Philippe Séguin, pour ne pas renoncer à son mandat de maire de Bordeaux.

"Si j'avais accepté, cela aurait impliqué que je renonce à mon mandat de maire de Bordeaux. Je ne ferai pas ça aux Bordelaises et aux Bordelais. L'idée que je pourrais m'ennuyer à Bordeaux est une idée qu'il faut se sortir de la tête", déclare l'ancien Premier ministre.

Interrogé sur l'éventualité de son retour au gouvernement, où il a été un éphémère premier ministre de l'Ecologie en 2007, M. Juppé répond: "la question ne se pose pas aujourd'hui. Il y a bien des manières de servir son pays".

-------

Publié le 14/11/2010 à 20:48 - Modifié le 15/11/2010 à 10:31 Le Point.fr 21 PORTRAIT REMANIEMENT - Alain Juppé, un poids lourd pour le Quai d'Orsay Par Jean Guisnel

Avec la nomination d'Alain Juppé au poste de ministre de la Défense, Nicolas Sarkozy retrouve une tradition gaullienne : celle consistant à nommer à ce poste exposé et prestigieux des hommes politiques de premier plan.

Ceux qui furent, sous la Ve république, ministre de la Défense et Premier ministre n'étaient que deux jusque-là ; deux piliers du gaullisme : Pierre Messmer qui, de 1960 à 1969, occupa ce poste avant de s'installer à Matignon de 1972 à 1974, et Michel Debré, son successeur à l'hôtel de Brienne de 1969 à 1973, après avoir été Premier ministre.

Avec ce remaniement, Alain Juppé, locataire de Matignon de 1995 à 1997, occupe le second rang protocolaire du gouvernement, et avec cela, le nouveau ministre de la Défense gagne neuf places, devient ministre d'État et guérira le petit complexe qu'avaient nourri les militaires avec son prédécesseur Hervé Morin sur ce point.

Ministre poids lourd, le maire de Bordeaux devra surtout faire comme tous les autres : montrer qu'il est capable de défendre... son budget ! C'est à ce tournant-là qu'il est attendu, tout comme il devra asseoir son autorité - dans les jours et les semaines qui viennent - sur des chefs militaires qui n'aiment rien tant que faire comprendre à leurs ministres qu'ils ne prennent leurs ordres qu'à l'Élysée.

Le nouveau titulaire de la Défense devra également gérer des dossiers industriels complexes, la situation afghane, les questions relatives à l'Europe de la défense et à l'Otan. Tout en sachant que c'est à l'Élysée que les décisions sont prises par le chef des armées. Qui a choisi son nouveau ministre en toute connaissance de cause...

Désarmement nucléaire

Voici un an, Alain Juppé avait signé avec Michel Rocard, Alain Richard et le général Bernard Norlain, un appel au désarmement nucléaire, qu'on nomme également "l'option zéro". De la part d'anciens Premiers ministres, il ne fallait pas s'attendre à un brûlot antinucléaire, et le texte est conforme pour l'essentiel à des propositions si bien connues aux États-Unis qu'elles ont été reprises par le président Barack Obama.
S'agissant de la France où la dissuasion nucléaire est un dogme quasi religieux, la proposition d'Alain Juppé a choqué.

Et pourtant ! Ceux qui lui contestent le droit de s'exprimer sur ce point ont en réalité quelque mal à percevoir que la dissuasion nucléaire mourra de sa belle mort si elle ne fait l'objet dans l'opinion publique d'aucun débat ni d'aucune discussion sur ses fondements politiques et sa pertinence stratégique.
Le message vaut autant pour des militaires devenus de chauds partisans de cette arme après l'avoir tant combattue que pour une classe politique dont l'intelligence est calcifiée, sur ce sujet, depuis des décennies. Tous ceux-là verront dans l'arrivée d'Alain Juppé un problème ennuyeux, mais commettront une erreur d'analyse.

Lien transatlantique

Il est vrai qu'il a réfléchi sur cette question de l'arme nucléaire et qu'il possède un avis. En 1995, il avait proposé sans succès à l'Allemagne de bénéficier du parapluie nucléaire français, ce qu'il appelait la "dissuasion concertée". Et dans ce même discours, il ajoutait : "Je crois qu'à l'heure où nous nous fixons comme objectif de parvenir à une politique de défense commune avec nos partenaires européens, dont la Grande-Bretagne, tout en parvenant à la rénovation du lien transatlantique, nous devons apprendre à introduire la dimension collective comme un facteur constitutif de notre doctrine."

Quinze ans plus tard, à l'heure où la France et le Royaume-Uni entrent dans une démarche de rapprochement nucléaire, constatons que ce n'était pas si mal vu... Il ajoutait alors : "On ne construit pas une politique de défense sur de bonnes intentions ou sur des émotions. Tant que d'autres pays posséderont des armes nucléaires, la France, bien évidemment, en conservera. Cette position est inspirée par la prudence, la sagesse et l'expérience."
L'an dernier avec Michel Rocard, il ne demandait pas l'abandon unilatéral de la bombe par la France, mais appelait à l'engagement d'un processus en constatant que "la pertinence stratégique de la dissuasion connaît des angles morts de plus en plus larges."

On notera aussi pour la petite histoire que dans le couple Juppé, ce n'est pas le ministre qui a fréquenté le plus longtemps l'hôtel de Brienne. Avant de devenir son épouse, Isabelle Legrand-Bodin a longtemps suivi les affaires de défense pour les quotidiens Le Matin de Paris, puis La Croix, et était accréditée au ministère. Elle pourra le lui faire visiter sans trop de difficultés...

-------

Juppé souhaite la chute de Kadhafi Avec Reuters Mis à jour le 24/02/2011 à 08:39 | publié le 24/02/2011 à 08:39 lefigaro.fr

Le ministre français de la Défense, Alain Juppé, a dit souhaiter aujourd'hui que Mouammar Kadhafi "vive ses derniers moment de chef d'Etat en Libye".

Sur France Inter, l'ancien premier ministre a réclamé un durcissement des sanctions "de tous ordres" contre le régime libyen, n'excluant pas une fermeture de l'espace aérien voire l'arrêt des achats de pétrole.

"La France a pris une position extrêmement claire. Je souhaite de tout coeur que Kadhafi vive ses derniers moments de chef d'Etat", a déclaré Alain Juppé. "Ce qu'il a décidé de faire, c'est-à-dire tirer à l'arme lourde sur sa population, est naturellement inacceptable. On parle parfois de non ingérence (...) mais il y a un autre devoir adopté par les Nations Unies, c'est la responsabilité de protéger", a-t-il ajouté.

-------

11 Mars 2011 | Mise à jour le 12 Mars 2011 lejdd.fr Libye: BHL à la barre

La séquence fait grincer des dents. A la veille d'un conseil européen consacré vendredi à la Libye, Nicolas Sarkozy a arrêté sa propre stratégie contre le régime de Mouammar Kadhafi. Déjà dans la capitale belge, son ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, n'a pas participé à une réunion tenue jeudi à l'Elysée. Au contraire du philosophe Bernard-Henri Lévy, dont la présence au "Château" n'est pas passée inaperçue…

"Je me disais que j'aurais du mal à travailler avec Nicolas Sarkozy, mais au bout de trois mois, je me suis rendu compte que c'était possible." Ainsi parlait Alain Juppé au moment de prendre les rênes du ministère des Affaires étrangères. C'était il y a moins de deux semaines, mais, à la vue de la stratégie arrêtée par l'Elysée au sujet de la crise libyenne, les propos du "revenant" Juppé au gouvernement - d'abord passé par la case Défense avant de rallier le quai d'Orsay - prennent une résonance un peu particulière. Dès jeudi soir, prenant de vitesse, au passage, l'ensemble de ses partenaires de l'UE qu'il a rencontré vendredi à Bruxelles, le président français a en effet légitimé le conseil national de transition libyen (CNT), tout en validant le principe de "frappes aériennes ciblées" contre des intérêts du dictateur Kadhafi. Le tout à l'issue d'une réunion tenue à l'Elysée sans Alain Juppé, déjà dans la capitale belge avec ses homologues européens, mais en présence de l'intellectuel Bernard-Henri Lévy. Ce qui n'est pas passé inaperçu... Exemple parmi d'autres, Nicolas Demorand, le nouveau directeur de Libération , a parlé vendredi matin d'une séquence diplomatique "jouée par l’Elysée en solo" et qui a "manifestement sidéré Alain Juppé".

Quand BHL "murmure" à l'oreille des présidents

La semaine dernière, BHL narrait dans le JDD son voyage en Libye, à la rencontre des opposants au régime de Kadhafi. Mais se retrouver quelques jours plus tard à l'Elysée en compagnie des représentants du CNT face au président français en a étonné plus d'un. Jeudi soir, le principal intéressé s'en est expliqué au micro d'Europe 1. Le philosophe a ainsi indiqué avoir "suggéré" cette rencontre à Nicolas Sarkozy, qui l'a immédiatement acceptée. CQFD pour l'intellectuel à la chemise blanche, habitué à "murmurer" à l'oreille des présidents. Ce fut par exemple le cas en 1992 lors du conflit en ex-Yougoslavie où il réussit à convaincre François Mitterrand de s'entretenir avec le président bosniaque Alija Izetbegovic, ou dix ans plus tard quand Jacques Chirac l'envoya en mission officielle en Afghanistan.

BHL sur Europe 1

Et comme pour mieux marquer l'instant, vendredi matin, la Règle du jeu - la revue qu'il dirige – a publié sur son site internet le déroulé exhaustif de ses récentes pérégrinations, de la ville de Benghazi libérée à l'Elysée. "Mon rôle a été modeste ", certifie BHL en introduction d'un (très) long texte intitulé Bernard-Henri Lévy, Sarkozy et la Libye . Texte dans lequel le nom d'Alain Juppé n'apparait jamais, au contraire de ceux de Jean-David Levitte, conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, ou d'Henri Guaino, conseiller politique et "plume" du Président, également présents à cette fameuse réunion de jeudi. Contactée par leJDD.fr, une source du quai d'Orsay balaie les polémiques en expliquant que l'ex-locataire de Matignon a largement contribué, en amont, à la définition de la stratégie diplomatique française. "Il considérait d'ores et déjà le CNT comme un interlocuteur, gardant évidemment les précautions d'usage de la diplomatie", indique-t-elle. Et d'ajouter: "Tous les ministres concernés, c'est-à-dire Alain Juppé, Gérard Longuet et Laurent Wauquiez, sont sur la même ligne que la présidence."

Toutefois, des réserves existent. "Si Alain Juppé a accepté le quai d'Orsay, c'est qu'il pensait avoir les coudées franches par rapport à l'Elysée", rappelle, un brin désolé, un proche de l'ancien Premier ministre interrogé par leJDD.fr. Après une sortie réussie de ce dernier en Egypte le week-end passé, le dossier libyen pourrait-il créer des crispations entre lui et le chef de l'Etat? "On va bien voir à l'usage", poursuit notre interlocuteur, dans un soupir...

--------

Juppé: l'opération de l'OTAN "est achevée" en Libye avec la mort de Kadhafi Créé le 21-10-2011 à 10h40 - Mis à jour à 11h30 lenouvelobs.com

PARIS (AP) — Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a estimé vendredi matin que "l'opération militaire" de l'OTAN en Libye "est terminée" avec la mort de l'ancien homme fort de Libye Moammar Kadhafi.

"Je pense qu'on peut dire que l'opération militaire est terminée, que l'ensemble du territoire libyen est sous le contrôle du Conseil national de transition (CNT) et que, sous réserve de quelques mesures transitoires dans la semaine qui vient, l'opération de l'OTAN est arrivée à son terme", a déclaré Alain Juppé sur Europe-1, depuis l'Inde.

Elle prendra fin "dans les quelques jours qui viennent, ce n'est pas une question de mois", a souligné le chef de la diplomatie française. "L'opération doit aujourd'hui s'achever car l'objectif qui était le nôtre, c'est-à-dire accompagner les forces du CNT dans la libération de leur territoire, est maintenant atteint".

Quant aux circonstances de la mort de l'ancien dirigeant libyen, Alain Juppé a noté que "pour l'instant, les informations restent encore floues". "Il y a eu une intervention de l'OTAN pour stopper une colonne de blindés qui quittait Syrte, est-ce que c'est cette opération qui a abouti à la mort de Kadhafi? Il semble que non, il a été ensuite capturé par les forces du CNT".

"Notre but n'était pas de tuer Kadhafi, nous je parle de la coalition, la France au sein de l'OTAN", a précisé M. Juppé. "Notre but était de le forcer à abandonner le pouvoir et il appartenait au CNT de le capturer et de le juger".
Et de lancer qu'"on ne va pas verser des larmes sur Kadhafi". AP

--------

Libye/charia: la FIDH inquiète AFP Publié le 24/10/2011 à 16:35 lefigaro.fr
La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) s'inquiète des "menaces de régression" en Libye après l'annonce de la réintroduction de la charia dans ce pays et appelle les Libyens à faire preuve de "vigilance", a déclaré sa présidente à l'AFP.

"Incontestablement cela m'inspire une inquiétude à l'égard de ce qu'il faut appeler clairement des menaces de régression (...). Les Libyens et les Libyennes doivent faire preuve de vigilance. Il n'y a pas eu des milliers de morts pour qu'aujourd'hui il y ait un retour en arrière à l'iranienne", a déclaré Souhayr Belhassen.

Lors de la cérémonie de proclamation de la "libération" de la Libye hier, le président du Conseil national de transition (CNT) Moustapha Abdeljalil a répété dans son discours que la législation du pays serait fondée sur la charia (loi islamique).
Il a notamment cité en exemple la loi sur le divorce et le mariage qui, sous le régime de Mouammar Kadhafi, interdisait la polygamie.
"Cette loi est contraire à la charia et elle n'est plus en vigueur", a-t-il dit.

"Je fais part de mon inquiétude par rapport à des révolutions qui ont eu lieu avec des slogans de liberté, de dignité et de démocratie", a poursuivi Mme Belhassen. Ces déclarations ne vont pas "dans le sens du slogan que nous avons entendu dans les rues libyennes".
"Les (personnes) qui vont être mis à la tête de l'Etat (libyen) devraient veiller à mettre en application les désirs exprimés par les révolutionnaires et les martyrs qui sont morts pour cela", a-t-elle insisté.

Paris, fer de lance de l'opération internationale en Libye, et l'Union européenne (UE) ont appelé ce matin au respect des droits de l'Homme dans la nouvelle Libye. M. Abdeljalil a tenu à assurer à la communauté internationale que les Libyens étaient des "musulmans modérés" et qu'il n'avait pas voulu signifier la veille "l'amendement ou l'abrogation d'une quelconque loi". Mais il a répété que "la charia, à l'appui d'un verset du Coran, autorise la polygamie".

--------

Syrie. Juppé : "6.000 morts depuis le début de la répression" 1 février 2012 à 15h18 - letelegramme.fr

Les puissances occidentales et la Ligue arabe se heurtent à l'intransigeance de la Russie et de la Chine pour adopter une résolution à l'ONU pour mettre fin aux violences en Syrie. La Russie affirme qu'aucun vote n'aura lieu dans les jours qui viennent alors que la répression de la révolte et combats entre armée et déserteurs redoublent d'intensité en Syrie. Une répression qui aurait déjà fait 6.000 morts, selon le ministre français des Affaires étrangères. Alain Juppé a aussi évoqué une "attitude moins négative" de la Russie.

Lors d'une réunion du Conseil de sécurité ce mardi, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont plaidé pour faire passer, sous forme de projet de résolution, un plan arabe appelant au départ du président Bachar al-Assad et à des élections libres.

La Russie bloque les négociations

Mais en dépit de la recrudescence des violences qui ont fait au moins 400 morts en une semaine et les pressions qui s'intensifient sur Damas, le régime syrien, et son allié russe, restent sourds aux appels.

"On entreprend actuellement des efforts pour trouver un texte acceptable pour tout le monde, qui contribuerait à un règlement politique en Syrie. C'est pourquoi il n'y aura aucun vote dans les jours qui viennent", a déclaré M. Gatilov cité par l'agence Interfax. "Les experts continuent de discuter de deux projets: le russe et le marocain", a-t-il ajouté.

"Le projet marocain n'est pas acceptable pour nous parce qu'il contient toujours des dispositions qui prévoient des sanctions contre la Syrie ainsi que d'autres qui pourraient être interprétées comme autorisant un recours à la force", a poursuivi M. Gatilov.

La répression de plus en plus violente

D'après les militants, la campagne de répression est la plus violente depuis le début de la révolte en mars 2011. Mardi, les violences ont fait au moins 28 morts en Syrie, essentiellement dans des opérations menées par les forces du régime, tandis que des combats entre armée et dissidents faisaient rage dans les provinces d'Idleb, Homs et Damas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

A l'ONU, l'Américaine Hillary Clinton, le Français Alain Juppé et le Britannique William Hague ont tour à tour dénoncé la répression et appelé à une transition démocratique à Damas.

"Aujourd'hui, nous nous réunissons pour que cesse le silence scandaleux de ce Conseil", a lancé Alain Juppé. "Il est de son devoir, a-t-il jugé, de se prononcer sur des cas aussi graves que la Syrie (..) en adoptant rapidement, et avec un large soutien, le projet de résolution". Il a évoqué un bilan de 6.000 morts et "l'attitude moins négative" de la Russie sur cette question.

Mais la Russie et la Chine s'y opposent pour l'instant, estimant que la communauté internationale ne devait pas s'immiscer dans les affaires syriennes. L'ambassadeur russe à l'ONU Vitali Tchourkine a cependant dit que la dernière mouture du projet de résolution contenait "certains éléments (...) qui donnent l'espoir" d'un compromis. La rédaction avec l'AFP.

---------

La chronique de Jacques Pilet Le puzzle arabe tremble Par Jacques Pilet - Mis en ligne le 18.01.2012 à 13:33 hebdo.ch

Le cynisme du pouvoir de Damas est sans bornes. L’horrible embrouille de Homs que raconte l’envoyé spécial de L’Hebdo, Patrick Vallélian, rescapé de l’attentat, en témoigne (lire en page 12 de l'édition papier).

L’indignation est légitime. Elle ne saurait pourtant dispenser de l’analyse froide d’un méli-mélo géostratégique lourd de conséquences. Pour les opinions occidentales, la région est secouée par deux conflits: les démocrates contre les autocrates, les musulmans contre les autres religions. En y regardant de plus près, c’est un peu plus compliqué.

Les révoltés de Syrie réclament-ils une démocratie telle que nous l’entendons avec la pluralité des partis et le respect des minorités? C’est ce que veulent certains d’entre eux: une minorité. Mais foin d’angélisme: la vague de fond part des mouvances islamiques, plus précisément sunnites, dont le projet n’est pas précisément la liberté à l’occidentale.
Elles se dressent contre un régime qui les a réprimées avec violence. Un clan basé sur la minorité alaouite (branche du chiisme) qui par ailleurs a protégé les chrétiens, dont beaucoup sont partis mais dont beaucoup sont arrivés en fuyant l’Irak… et même les quelques centaines de juifs qui n’ont pas émigré en Israël. A ces populations s’ajoutent des laïcs, des femmes modernes, les bénéficiaires du pouvoir, les flics innombrables, les commerçants aspirant d’abord au calme, les dirigeants des entreprises associées à l’Etat: cela fait du monde.
Au moins la moitié des 23 millions de Syriens, si elle ne soutient pas activement Assad, ne souhaite pas sa chute. Par peur de ce qu’il adviendra ensuite. Or, tout indique que tôt ou tard, le régime tombera… et que les Frères musulmans sortiront gagnants du bain de sang.

Tout indique que tôt ou tard, le régime tombera… et que les Frères musulmans sortiront gagnants du bain de sang.

L’appui aux révoltés qu’apportent les pays du Golfe, du Qatar notamment avec la télévision Al Jazeera, n’est pas sans arrière-pensée. Tels catholiques et protestants d’autrefois, les sunnites détestent les chiites (15% des musulmans dans le monde dont 90% en Iran). La montée en force de Téhéran les effraie. Du coup, les dirigeants arabes voient dans la lutte contre la dictature syrienne un moyen d’affaiblir le rival perse associé à elle. Dans une alliance de fait avec les Etats-Unis qui ne cachent pas leur désir d’en finir avec les mollahs iraniens.

Mais en déplaçant les pièces du puzzle, c’est tout le paysage de la région que l’on fait trembler. Le Hezbollah d’obédience chiite qui dirige le Liban avec une fraction chrétienne a du souci à se faire. Un signe minuscule du désarroi. Des bombes ont éclaté à Tyr (Sud-Liban) dans des commerces vendant de l’alcool. La TV a donné aussitôt la parole aux victimes et plaidé pour la tolérance. Suggérant que ce ne sont pas des chiites qui ont fait le coup mais des sunnites, peut-être sous le label d’al-Qaida. Le pays des cèdres, au carrefour de tous ces courants, redoute autant ou même plus le séisme d’une guerre entre musulmans qu’une nouvelle agression israélienne.

Mais au-delà de ces déchirements fratricides, une perspective se dégage. Le monde musulman, de l’Atlantique jusqu’au bout de l’Asie, se détache de l’ère postcoloniale, des modèles occidentaux. Même si une large frange de ses sociétés surfe sur l’internet, espère voyager, étudier, et consommer à notre manière.

Les Arabes attribuent l’origine de leurs maux aux tutelles anciennes (ottomane, européenne, américaine), aux déboires du «nationalisme arabe» à l’époque de la rivalité Est-Ouest, au conflit israélo-palestinien. Avec l’émergence de régimes islamiques – plus ou moins modérés, là n’est pas la question – ce pan du monde est placé devant un défi historique: comment entrera-t-il dans la modernité et laquelle? Comment les pouvoirs d’inspiration religieuse répondront-ils aux attentes concrètes des peuples? Choisiront-ils la voie des affrontements ou des maturations lentes?

Pour nous, Européens, démocrates, rien ne sert de pousser des hauts cris ou, pire, de concocter des plans belliqueux avec les faucons américains et israéliens. Nous ne modèlerons plus le Moyen-Orient comme autrefois. C’est l’appétit matériel et culturel des générations montantes qui contraindra les dirigeants de ces pays – Syrie de demain comprise – à dépasser les archaïsmes. A trouver leur place dans le monde autrement qu’en brandissant le Coran

-------

Election présidentielle 2012 | 27 janvier 2012 lejdd.fr Hollande a dominé Juppé "L’arrogance est un mauvais argument"

INTERVIEW - Au lendemain de l’émission Des paroles et des actes consacrée à François Hollande, la presse et les observateurs tentent de décrypter la prestation du candidat socialiste à l’Elysée, notamment lors de son duel avec Alain Juppé. Pour le linguiste Jean Véronis, interrogé par leJDD.fr, il a su éviter les pièges et a rendu une copie presque parfaite.

Comment avez-vous jugé la prestation de François Hollande jeudi soir? Sur la forme, elle était très réussie. J’ai eu dû mal à lui trouver des failles durant cette émission. Il y a pourtant eu de nombreux pièges. Notamment sur son changement de look, un thème sur lequel il a été beaucoup cuisiné. Mais il s’en est plutôt bien sorti, en affirmant qu’il s’imposait une "rigueur à lui-même".

Quels autres pièges a-t-il déjoué, selon vous?

Le piège numéro un s’appelait Alain Juppé! Je ne sais pas si on doit désigner un vainqueur pour ce débat mais François Hollande a en tout cas réussi son pari. Le piège portait sur sa "mollesse" présumée. Là, il a montré qu’il était tout à fait pugnace.

«La droite a sans doute fait un cadeau François Hollande »Qu’est-ce qui illustre cette pugnacité?

Il a occupé le terrain de la parole tout le temps, même en dehors du débat. Les journalistes et Alain Juppé - qui ne sont pourtant pas des amateurs - n’ont jamais réussi à l’interrompre. C’est une technique à la Mitterrand. Cela montre une certaine détermination et c’est bien joué de sa part. A de nombreuses reprises, il a pris le dessus sur Alain Juppé. Ce dernier a même fait une autre erreur : il s’est retrouvé à devoir défendre son bilan de Premier ministre alors qu’il était censé attaquer son adversaire.

A-t-il fait preuve d’arrogance comme a affirmé Alain Juppé, repris par de nombreuses personnalités de droite?

En tout cas, la préparation était mauvaise du côté de la droite. Alain Juppé a visiblement sorti un élément de langage que d’autres avaient déjà utilisé dans la journée.

Certaines des déclarations de Hollande laissaient tout de même penser qu’il s’apprête déjà à être le prochain président… Il s’est visiblement mis dans la peau du successeur de Nicolas Sarkozy. Mais est-ce vraiment de l’arrogance? Ce terme est utilisé à contre-emploi. Je pense que c’est un mauvais argument. La preuve, Alain Juppé est lui-même tombé dans ce piège en lui disant "quand vous serez président". La droite a sans doute fait un cadeau à François Hollande sans le vouloir. Face à lui, ils ont mis "le meilleur d’entre eux" et le socialiste a réussi à le dominer. Alain Juppé a probablement servi de tremplin pour montrer que François Hollande a une étoffe de chef d’Etat.

«Il aurait pu le tester sur les questions internationales »Le débat entre les deux hommes était-il trop technique?

Il me semble que ce déballage de chiffres a également servi François Hollande. On l’attendait sur des précisions concernant son programme. Il a su répondre du tac au tac à Alain Juppé. Il a montré qu’il maitrise - ou du moins semble maitriser - son argumentaire. Son adversaire l’a attaqué sur l’économie, un domaine dans lequel Hollande semble au point. Mais en tant que ministre des Affaires étrangères, il aurait par exemple pu le tester sur les questions internationales…

François Hollande a-t-il raison de ne pas nommer explicitement le président de la République?

On peut le lui reprocher mais sa stratégie est de tourner la page de la présidence actuelle. Après qu’Alain Juppé a voulu lui faire prononcer son nom, il a changé néanmoins d’approche. Il était attendu sur ce refus absolu de parler de Nicolas Sarkozy et il l’a par la suite cité directement. Là encore, il a été malin. La prise n’a pas pris et il a donné le sentiment d’être insaisissable.

-------

Syrie : "La France ne se résigne pas" après le veto sino-russe à l'Onu Créé le 05-02-2012 à 09h19 - Mis à jour à 14h45 Par Le Nouvel Observateur avec AFP

"Elle se concerte avec ses partenaires européens et arabes afin de créer un 'Groupe des Amis du peuple syrien'", a déclaré Nicolas Sarkozy dans un communiqué.

Le président Nicolas Sarkozy a "déploré vivement" samedi 4 février au soir le double véto chinois et russe à une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu sur la Syrie et jugé que cela "encourage le régime syrien à persévérer", tout en annonçant que "la France ne se résigne pas".

"Le président de la République déplore vivement qu'en raison du vote de deux membres permanents et malgré le soutien des 13 autres membres, le Conseil de sécurité n'ait pu, pour la seconde fois, s'exprimer sur la situation en Syrie", a déclaré la présidence dans un communiqué.

Selon l'Elysée, "depuis mars 2011 le régime de Damas n'a répondu à l'aspiration légitime du peuple syrien à la liberté et à la démocratie que par une répression féroce et des promesses sans lendemain".

"La tragédie syrienne doit cesser", a ajouté le Président de la République.

Il a aussi estimé que "les États qui empêchent le Conseil de sécurité de condamner ces actes encouragent le régime syrien à persévérer dans sa politique cruelle et sans issue".

"L'usage massif de la force armée contre des civils, le recours généralisé à la torture, les violences exercées contre des centaines d'enfants sont révoltants", et "ceux qui ordonnent, commettent ou laissent commettre de tels crimes contre l'humanité devront en répondre", selon Nicolas Sarkozy.

Un "Groupe des Amis du peuple syrien"

"La France ne se résigne pas", a-t-il ensuite prévenu car "elle se concerte avec ses partenaires européens et arabes afin de créer un 'Groupe des Amis du peuple syrien' qui aura pour objectif d'apporter tout l'appui de la communauté internationale à la mise en oeuvre de l'initiative de la Ligue Arabe".

Nicolas Sarkozy a rappelé que "la Ligue des États arabes a adopté le 22 janvier un plan qui pourrait permettre de mettre fin aux violences, de donner la parole au peuple syrien à travers des élections et au président Bachar Al-Assad de s'effacer tout en préservant les structures de l'État afin d'éviter au pays de sombrer dans la guerre civile".

"C'est ce plan raisonnable que treize des quinze membres du Conseil de sécurité souhaitaient soutenir", a-t-il ajouté.

Moscou et Pékin, en opposant leur veto à un projet de résolution au Conseil de sécurité de l'Onu condamnant la Syrie, "portent une terrible responsabilité", a déclaré de son côté le chef de la diplomatie française Alain Juppé.

Le ministre a souligné que treize membres sur quinze avaient voté en faveur du projet de résolution. "Deux membres du Conseil de Sécurité ont fait un autre choix. En opposant leur veto, ils empêchent l'expression de la communauté internationale et la mobilisation du Conseil de Sécurité pour un règlement pacifique de cette tragédie. Ces deux pays portent une terrible responsabilité aux yeux du monde et du peuple syrien", a affirmé Alain Juppé dans une déclaration écrite.

"La France ne restera pas les bras croisés face au martyr du peuple syrien, a-t-il poursuivi. Elle va redoubler d'efforts et prendre de nouvelles initiatives pour appuyer les Syriens dans leur juste combat pour la liberté et la démocratie".

-------

Par Europe1.fr Publié le 11 septembre 2013 à 08h28Mis à jour le 11 septembre 2013 à 08h28

"Il faut des garanties et des procédures de contrôle effectives", sur les armes chimiques en Syrie, a estimé, mercredi matin sur Europe 1, Alain Juppé, maire UMP de Bordeaux. L'élu s'est dit favorable au projet de résolution de l'ONU présenté par la France "car il est clair qu'il ne faut pas se satisfaire du simple contrôle des armes chimiques", a-t-il précisé.

Syrie : une course de vitesse diplomatique.

"Il faut donc voir dans quelles conditions une initiative politique nouvelle peut relancer la discussion", entre le régime de Bachar al-Assad et la France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. "Mais en attendant, il ne faut pas baisser la garde", a-t-il prévenu, ajoutant que "si on peut éviter la guerre, il faut l'éviter".

--------

Juppé tacle Sarkozy : "Je fais des conférences sans demander d'argent" "C'est une question d'éthique personnelle", ajoute l'ancien Premier ministre. Le Nouvel Observateur Publié le 03-10-2014 à 08h54 Mis à jour à 09h02 http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20141003.OBS1052/juppe-tacle-sarkozy-je-fais-des-conferences-sans-demander-d-argent.html

Cela fait deux ans que l'ancien chef de l'Etat donne des conférences payées dans le monde entier. Dans une enquête, publié le 24 septembre, le "Nouvel Obs" écrivait que depuis octobre 2012, Nicolas Sarkozy avait effectué plus d'une vingtaine de conférences à l'étranger. Le 18 septembre, veille de sa déclaration de candidature à la présidence de l'UMP, il était en Suède. Des banques, des fonds d'investissement, des think tanks et des universités ont versé, au minimum, 100.000 euros chacun pour l'entendre dispenser ses précieux avis sur l'économie ou le monde politique.

Selon nos estimations, Nicolas Sarkozy aurait ainsi gagné plus de 3 millions d'euros en deux ans.

--------

Meeting de Nicolas Sarkozy à Bordeaux : Alain Juppé sifflé sur la "primaire ouverte" Publié le 22/11/2014 à 16h28 , modifié le 22/11/2014 à 20h47 par SudOuest.fr, avec AFP

Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de l'UMP, a tenu meeting ce samedi à Bordeaux devant 4000 personnes, en présence d'Alain Juppé, le maire de la cité girondine.

Le Hangar 14, situé sur les quais de la Garonne à Bordeaux, a fait le plein, puisque de nombreux bus de militants UMP ont afflué de la région et de la France entière.

A la tribune, Nicolas Sarkozy a semblé faire un appel du pied à Alain Juppé qui fait figure de concurrent en vue de la présidentielle de 2017. Il s'est aussi prononcé sur une réduction des compétences de l'Europe et une abrogation de la réforme des rythmes scolaires.

Mais auparavant, la salle a réservé un accueil contrasté au maire de Bordeaux. "Je suis convaincu qu'il faut un large rassemblement de la droite et du centre si nous voulons battre la gauche", en 2017, a lancé Alain Juppé. Aussitôt, des "hou hou" ont fusé, couvrant la voix du maire de Bordeaux, tandis que la foule scandait "Nicolas, Nicolas".

"Je répète: l'UMP a été constituée sur la base de la droite et du centre. Je continuerai à le dire", a poursuivi Alain Juppé, bravant les huées, qui ont redoublé lorsqu'il a ajouté qu'il fallait "préparer une primaire ouverte" en 2016. "Nicolas, Nicolas", a de nouveau scandé la foule. "Vous me connaissez, et je ne me laisse pas pour ma part impressionner par des mouvements de foule", a-t-il lancé face aux sifflets.

---------

Juppé hué à Bordeaux : le service après-vente des sarkozystes Home LE SCAN Les verbatims Par Ivan Valerio Mis à jour le 23/11/2014 à 17:03 Publié le 23/11/2014 à 16:42 http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2014/11/23/25002-20141123ARTFIG00123-juppe-hue-a-bordeaux-le-service-apres-vente-des-sarkozystes.php

A une semaine du vote interne pour la présidence de l'UMP, le match entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy pour 2017 a commencé. Présent au meeting bordelais de Nicolas Sarkozy, le maire de la ville est monté à la tribune pour faire un court discours. Mais parmi les 4000 personnes venues de toute la région pour assister à ce rendez-vous, certains ont hué l'ancien premier ministre lorsque ce dernier a notamment évoqué son souhait de rassembler la droite et le centre pour battre la gauche en 2017.

Au lendemain de ce moment déjà marquant de l'affrontement entre les deux hommes, les proches de Nicolas Sarkozy essaient de l'expliquer. Et ils refusent d'y voir un quelconque piège de la part de l'équipe de l'ancien président de la République. «Comment peut-on penser qu'il y a un piège lorsque l'on s'adresse aux adhérents, aux sympathisants, aux militants de sa propre région et de sa propre commune?», s'est interrogé Brice Hortefeux, invité d'Europe 1.

Et le député européen, très proche de Nicolas Sarkozy, souligne que les priorités d'Alain Juppé sont à 2017, comme pour expliquer cette réaction du public. «Alain Juppé a annoncé que sa préoccupation était toute entière tournée vers l'échéance de 2017. Cela est parfaitement et strictement son droit. Nicolas Sarkozy s'inscrit dans une autre démarche: celle qui consiste à relever le défi collectif de la reconstruction de l'opposition», glisse-t-il.

Autre fervent sarkozyste, Laurent Wauquiez considère qu'Alain Juppé «s‘est confronté à la réalité du terrain». Une manière de dire que le maire de Bordeaux est en partie responsable de ce qui s'est passé. Et malgré de bons chiffres de popularité, il s'est retrouvé face à une salle pas entièrement acquise à sa cause.

Dans Le Parisien, un proche de Nicolas Sarkozy estime de son côté qu'«on a tout fait pour l'accommoder, le choix de la salle, de la date, de l'horaire. C'est lui qui a choisi de parler des primaires et de l'ouverture au centre. Pas nous! Parler de traquenard n'a aucun sens!»

De fait, à l'origine, le déplacement de l'ancien chef de l'Etat devait avoir lieu le vendredi 21. Alain Juppé indisponible, Nicolas Sarkozy a fait repousser de 24 heures ce rendez-vous pour que le maire de Bordeaux puisse y assister et ainsi afficher une image de rassembleur.

Les centristes de l'UMP s'indignent

Alain Juppé a été sifflé lorsqu'il vantait les mérites d'une alliance de la droite et du centre. Ce pourquoi l'UMP a été créé en 2002. Les responsables du mouvement les plus aux centres ont vivement réagi à ces événements. «La vocation de l'UMP c'est de rassembler, d'abord la droite et le centre. Sinon, le projet UMP perdra son centre et son sens», a estimé Jean-Pierre Raffarin.
Du côté du radical UMP Jean Leonetti, on parle d'«inquiétude après les sifflets contre Alain Juppé, triomphalement élu à Bordeaux.» «Les élections ne se gagnent pas à droite mais au peuple», poursuit le député.
Soutien de Bruno Le Maire, la députée Laure de la Raudière trouve «bizarre que les soutiens de Sarko sur un projet de nouveau parti droite et centre, huent Juppé qui veut aussi rassembler droite et centre.» «Ces militants UMP n'ont pas compris le projet de Nicolas Sarkozy pour l'UMP. C'est embêtant à moins d'une semaine de l'élection», ironise-t-elle.

----------

Juppé choisit le vote PS et s'engage «à fond» pour faire barrage au FN Alain AUFFRAY 3 février 2015 à 07:14 http://www.liberation.fr/politiques/2015/02/03/juppe-appelle-a-voter-ps-et-s-engage-a-fond-pour-faire-barrage-au-fn_1194420

A la veille du bureau politique de l'UMP qui devrait enterrer la vieille doctrine du Front républicain, le maire de Bordeaux complique la tâche du président du parti, Nicolas Sarkozy

Alain Juppé a «pris le temps de réfléchir» au deuxième tour de l'élection de l'élection législative partielle dans le Doubs. Et sa conclusion est sans ambiguïtés : «Il faut donc faire barrage au FN. Je m’engagerai à fond dans ce combat en essayant d’ouvrir les yeux des électeurs de bonne foi qui se laissent abuser par des dirigeants prêts à tout, y compris à faire alliance avec l’extrême gauche grecque ou à faire de la surenchère sur le PS en promettant par exemple le retour de la retraite à 60 ans!»

Comme souvent, le maire de Bordeaux a annoncé cette importante décision sur son blog, dans un court texte mis en ligne lundi, en fin de soirée. Quelques heures plus tôt, il avait eu au téléphone le président de l’UMP Nicolas Sarkozy qui l’avait invité à attendre le bureau politique de mardi soir avant de faire connaître sa décision. Dans l’entourage de l’ancien chef de l’Etat on avait bon espoir que Juppé se plierait, avec Fillon à la ligne commune : rejet du front républicain avec les socialistes et liberté laissée aux électeurs qui n’ont pas besoin de consigne pour savoir ce qu’ils ont à faire.

Juppé confirme sur son blog qu’il n’a pas du tout l’intention «de s’engager dans un Front républicain qui scellerait une alliance avec le PS». Il veut «réussir l’alternance, c’est-à-dire rompre avec la politique conduite depuis 2012 et qui a plongé notre pays dans le marasme». Il reconnaît bien volontiers, en outre, ne pas être sûr «que les citoyens d’aujourd’hui attendent les consignes d’un parti avant d’aller voter». A chacun, par conséquent de choisir «en son âme et conscience»

Pour ce qui le concerne, Juppé s’applique à lui-même la liberté de choix qu’il entend laisser aux électeurs. Il le fait très clairement, en son âme et conscience. Partant du «constat partagé» que le FN est devenu son «principal adversaire politique», que son arrivée au pouvoir est devenue possible et qu’elle serait «une catastrophe pour l’image de la France», il proclame que s’il était électeur de la 4e circonscription du Doubs, il voterait pour le candidat du PS dont la victoire permettrait de «barrer la route à une candidate FN qui croit, entre autres choses, "en l’évidente inégalité des races"».

La tâche de Nicolas Sarkozy se complique singulièrement. Tant qu’il se limitait à Nathalie Kosciusko-Morizet et à Dominique Bussereau, il pouvait espérer que l’appel au vote PS resterait marginal au bureau politique de l’UMP de ce mardi. L’engagement de Juppé rend la recherche d’une position consensuelle infiniment plus compliquée Alain AUFFRAY

----------

Sondage 2017 : Juppé plus fort que Sarkozy face à Le Pen le 15 décembre 2015 à 17h48 , mis à jour le 15 décembre 2015 à 18h02. http://lci.tf1.fr/politique/sondage-2017-juppe-plus-fort-que-sarkozy-face-a-le-pen-8696184.html

Selon une enquête TNS-Sofres/OnePoint réalisée pour LCI, Le Figaro et RTL, la patronne du FN recueillerait 26% des voix, contre 24% à l'ancien chef de l'Etat. Elle arriverait toutefois en deuxième position si Alain Juppé était le candidat de la droite. Dans les deux cas de figure, elle serait ensuite largement battue au second tour.

Au lendemain des élections régionales qui ont montré un FN en pleine dynamique, un sondage sur les intentions de vote pour la présidentielle de 2017 vient confirmer cette tendance. Selon l'enquête TNS-Sofres/OnePoint réalisée pour LCI, Le Figaro et RTL, Marine Le Pen arriverait en tête si l'élection avait lieu aujourd'hui avec 26% des suffrages, devant le candidat de la droite Nicolas Sarkozy (24%).

Toujours à droite, Nicolas Dupont-Aignan recueillerait 4,5% des suffrages. Le président de la République François Hollande arriverait en 3ème position avec 19% des voix. Il serait concurrencé à sa droite par François Bayrou (10,5% des voix) et à sa gauche par Jean-Luc Mélenchon (10,5% des voix). Cécile Duflot obtiendrait, elle, 3%.

Dans cette configuration, Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy se retrouveraient donc en duel au 2nd tour. L'ancien président de la République l'emporterait avec 64% des voix contre 36%.

---------

85 % des Français seraient favorables à la déchéance de nationalité Le Monde.fr | 30.12.2015 à 22h13 • Mis à jour le 31.12.2015 à 05h47 http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/12/30/selon-un-sondage-85-des-francais-sont-favorables-a-la-decheance-de-nationalite_4839945_1653578.html

Un sondage OpinionWay pour Le Figaro laisse entrevoir un soutien massif des Français à la mesure, controversée à gauche, de déchéance de nationalité pour les binationaux nés en France et condamnés pour acte de terrorisme – une mesure intégrée au projet de réforme constitutionnelle en vue de lutter contre le terrorisme.

Selon ce sondage, réalisé les 28 et 29 décembre sur un échantillon de 1 172 personnes représentatif de la population française majeure, 85 % des personnes interrogées se disent favorables à cette mesure, dont 62 % « tout à fait favorables ».
Plus en détail, ce sont 80 % des sympathisants socialistes qui se disent pour, 64 % des sympathisants de la « gauche radicale », et également 64 % des sympathisants d’Europe Ecologie-Les Verts.
Du côté des personnes se disant proches du parti Les Républicains, 93 % y sont favorables tandis que 96 % des sympathisants FN sont pour.
Seules 5 % des personnes interrogées y sont « tout à fait opposées » – et 1 % seulement des 18-24 ans, qui se prononcent massivement en faveur de cette mesure.

-----------

Dominique de Montvalon et Christine Ollivier - Le Journal du Dimanche samedi 02 janvier 2016

Alain Juppé au JDD : "La réforme de la déchéance de nationalité n’est pas utile" EXCLUSIF - Candidat à la primaire de novembre, Alain Juppé publie le 6 janvier son deuxième livre-programme : Pour un État fort. Pour le JDD, il détaille ses propositions.

Vous souhaitez un État fort. Est-ce à dire que l’État serait faible?
Oui, et c’est ce qui motive les critiques que je porte à la politique actuelle, et les propositions que je fais pour changer de cap. Je prends un seul exemple : en matière pénale, l’État est faible. Je n’ai jamais attaqué la personne de Mme Taubira et je ne le ferai pas, mais j’attaque vigoureusement sa politique pénale : puisqu’il n’y a plus de place dans les prisons, ne mettons plus les délinquants en prison. C’est un signal de faiblesse qui est mal ressenti par les policiers, par les gendarmes, par les magistrats, et surtout par les Français. Un État fort, c’est un État qui assume avec autorité ses missions régaliennes de sécurité et de justice, ce n’est pas un État tatillon et procédurier qui prétend régenter la vie quotidienne des entreprises et des citoyens. Les Français ont parfois l’impression que l’État est absent lorsqu’il devrait être présent, et présent lorsqu’il devrait être absent. Revenons à l’essentiel.

Faut-il prolonger l’état d’urgence?

S’il faut aller au-delà de février, je n’y suis pas hostile par principe : nous verrons. La première des libertés, c’est de continuer à vivre, et pas de se faire massacrer au Bataclan. Mais cela pose un problème de constitutionnalité. Tous ceux qui se sont précipités en disant "niet" à la réforme de la Constitution sont peut-être allés un peu vite. Une modification de l’article 36 de la Constitution qui traite de l’état de siège pour donner une base constitutionnelle plus solide au renouvellement de l’état d’urgence ne me paraît pas à exclure.

"La déchéance, c’est un coup politique de François Hollande pour semer de la confusion dans le débat"

Le débat politique est devenu très vif sur la déchéance de nationalité pour les binationaux nés Français… Ce n’est pas une réforme utile(c'est nous qui soulignons, notedt). Son efficacité sera faible, voire nulle. Elle ne permettra pas de prévenir de nouveaux actes terroristes, elle ne dissuadera aucun djihadiste de se faire sauter. C’est un coup politique de François Hollande pour semer de la confusion dans le débat. De ce point de vue, c’est plutôt réussi! Mais dans un moment où notre pays a besoin d’unité et d’apaisement, c’est un acte de mauvais gouvernement.

Vous plaidez pour un "patriotisme authentique" fondement d’une "identité heureuse"…

Je persiste et je signe sur "l’identité heureuse". Ceux qui me critiquent font mine de ne pas comprendre : ce n’est pas un constat, c’est un objectif! Oui, je crois que nous devons retrouver l’art de vivre ensemble en se respectant les uns les autres. Sinon, que proposons-nous? D’être malheureux? Ce n’est pas mon projet. Je ne vis pas au pays des Bisounours. Je vois bien les grandes difficultés à résoudre pour y parvenir : le chômage, l’insécurité… Mais c’est mon objectif. Parce qu’il n’y a tout simplement pas d’autre solution que le dialogue, autour d’un sentiment national commun. Nous sommes divers, c’est un fait. Ce dont je ne veux pas, c’est d’une France communautariste où chaque groupe se replierait sur lui-même et entendrait appliquer ses propres règles. Notre diversité n’est vivable que s’il y a unité autour des valeurs et du sentiment national, incarné par le drapeau et l’hymne national, La Marseillaise. L’identité heureuse, c’est ma définition d’un patriotisme moderne.

----------

Déchéance de nationalité : Jean-Marc Ayrault demande à Manuel Valls de ne pas diviser la France Publié à 15h43, le 27 décembre 2015 , Modifié à 10h19, le 28 décembre 2015 http://lelab.europe1.fr/decheance-de-nationalite-jean-marc-ayrault-demande-a-manuel-valls-de-ne-pas-diviser-la-france-2641545

On imaginait bien que Jean-Marc Ayrault n'était pas très favorable à la déchéance de nationalité pour les binationaux nés en France et condamnés pour terrorisme. Comme d'autres qui, depuis Noël, font entendre leur voix, l'ancien Premier ministre s'oppose à cette mesure présentée en conseil des ministres, mercredi 23 décembre. Ce qui le place à l'opposé de son successeur à Matignon : Manuel Valls.

L'ancien Premier ministre a lu l'avertissement de Manuel Valls à la gauche dans le JDD ce dimanche 27 décembre. Dans l'hebdo, le chef du gouvernement s'en prend à ceux qui, dans son camp, ne font rien qu'à le critiquer. Il dénonce cette "partie de la gauche [qui] s’égare au nom de grandes valeurs en oubliant le contexte". Et le Premier ministre de citer l'historien Pierre Nora : "La France est en péril de paix".

Voilà qui fait réagir Jean-Marc Ayrault. Sur Twitter, l'ex-Premier ministre écrit : Si la France est "en péril de paix", alors ne la divisons pas davantage !

Le tout accompagné de hashtags pour le moins équivoques et reprenant les arguments de ceux qui, comme lui, s'opposent à la déchéance de nationalité.

Dans le JDD, le député PS des Yvelines Benoît Hamon estime ainsi que l'exécutif fait le jeu des extrémistes, et notamment des terroristes de Daech. "En introduisant cette distinction, la République n'est plus indivisible. Cette décision remettrait en cause le droit du sol. Le symbole choisi, et quel symbole, envoie à des millions de nos compatriotes le message suivant : vous êtes des Français de seconde catégorie", dit-il.

En 2010, Jean-Marc Ayrault, alors président du groupe PS à l'Assemblée nationale, s'était déjà opposé à la déchéance de nationalité proposée par Nicolas Sarkozy lors de son *célèbre* discours de Grenoble. "La déchéance de nationalité est absurde et inefficace. Un crime est un crime. Un criminel est un criminel. Un Français est un Français", avait-il estimé

Martine Aubry elle aussi a décidé de s'inviter dans le débat. Dimanche après-midi, la maire PS de Lille a affirmé sur Twitter qu'elle était "fière" de défendre "des valeurs républicaines et de gauche" : Je défends des valeurs républicaines et de gauche: c'est le propre de la politique et j'en suis fière ! 16:03 - 27 Déc 2015

----------

Alain Juppé demande à François Fillon de "clarifier sa position" sur l'avortement http://www.huffingtonpost.fr/2016/11/22/alain-juppe-demande-a-francois-fillon-de-clarifier-sa-position-avortement/ A l'antenne d'Europe 1, le maire de Bordeaux a estimé que la position de son rival était floue. 22/11/2016 09:09

Il ne reste que quelques jours à Alain Juppé et François Fillon pour se départager avant le second tour de la primaire de la droite. Et le maire de Bordeaux, arrivé second au premier tour, mise clairement sur les questions sociales pour décrédibiliser son adversaire. A l'antenne d'Europe 1 ce mardi 23 novembre, il a appelé François Fillon à "clarifier sa position" sur l'avortement.

"Il y a des points sur lesquels j'aimerais bien que François Fillon clarifie sa position, par exemple sur l'avortement et l'interruption volontaire de grossesse. Il a commencé par dire dans son livre que c'était un droit fondamental de la femme, puis il est revenu sur cette déclaration dans un débat qu'il a eu devant un certain nombre de ses supporters. Quelle est sa position?" a interpellé le maire de Bordeaux.

La veille déjà, Alain Juppé avait dénoncé la vision "extrêmement traditionaliste" de son adversaire à la primaire de la droite, se disant "plus proche de la parole de Pape François" que de la "Manif pour tous".

"Conviction religieuses" contre "intérêt général"

Le 22 juin à Aubergenville dans les Yvelines lors d'une réunion publique, François Fillon déclarait : "J'ai écrit, dans mon livre, que l'avortement était un droit fondamental. Ce n'est pas ce que je voulais dire. Ce que je voulais dire, c'est que c'est un droit sur lequel personne ne reviendra. Philosophiquement et compte tenu de ma foi personnelle, je ne peux pas approuver l'avortement."

Le 20 octobre sur France 2, interrogé sur le sujet, il répondait: "Je n'ai pas à m'expliquer sur mes convictions religieuses. Je suis capable de faire une différence entre ces convictions et l'intérêt général (...). Bien sûr que non" il n'est pas favorable à une interdiction de l'avortement.

Toutefois, pour Alain Juppé interrogé sur Europe 1, "c'est une différence entre nous, je considère que c'est un droit fondamental, il l'a écrit, il est revenu sur cette position, moi je n'ai pas changé d'avis".

Le maire de Bordeaux, longtemps favori dans les sondages pour cette primaire et qui tente désormais de rattraper son retard d'ici au second tour dimanche, a aussi soutenu qu'il était "plus engagé sur la question absolument centrale" de l'égalité hommes-femmes que François Fillon.

Alain Juppé a souligné le soutien apporté par Sens commun, émanation de la Manif pour tous au sein des Républicains, à François Fillon: "Ils ont des positions extrêmement conservatrices et traditionnalistes."

Juppé critique un programme économique "trop dur"

Le candidat au second tour de la primaire n'a toutefois "pas l'intention de faire une campagne d'affrontement personnel" face à François Fillon, qu'il retrouvera dans un débat de second tour jeudi et pour qui il a "de l'amitié et de l'estime".

Le maire de Bordeaux a estimé que son score relativement faible par rapport à François Fillon au premier tour s'expliquait par "la volonté chez certains électeurs d'éliminer Nicolas Sarkozy en se disant peut-être que moi j'étais qualifié à tous les coups".

Il a critiqué à nouveau le programme économique "trop dur", "pas réaliste", "excessif" de son adversaire là où le sien serait "ambitieux mais réaliste et crédible". Le projet Fillon "ne se fera pas (...) dans les délais qui sont annoncés", a-t-il accusé, citant les hausses de TVA supérieures aux siennes ou l'augmentation du temps de travail plus rapide des fonctionnaires que souhaite son adversaire.

Sur les relations internationales, Alain Juppé a également estimé qu'il ne fallait pas "se déculotter". "Il faut faire baisser la pression (avec la Russie) mais il y a des points où je suis en désaccord" a-t-il précisé.

Alors que son soutien François Bayrou laisse entendre au Figaro mardi qu'il pourrait être candidat face à François Fillon si Alain Juppé perdait dimanche, le maire de Bordeaux s'est montré ferme. "C'est (son) problème. Il me soutient mais nous n'avons pas conclu de pacte".

----------

Florian Philippot rend hommage au général de Gaulle à Colombey-les-Deux-Églises, pas l'UMP Publié à 16h56, le 09 novembre 2014 , Modifié à 19h24, le 09 novembre 2014

Cela fait 44 ans que le général de Gaulle est décédé. L'ombre du premier président de la 5ème République plane pourtant toujours au-dessus de la vie politique française, comme en témoigne le discours de Nicolas Sarkozy, vendredi 7 novembre, porte de Versailles. Celui qui ambitionne de succéder à Jean-François Copé à la tête de l'UMP n'a eu de cesse d'évoquer le général.

Pourtant, aucun cadre de l'UMP n'a fait le déplacement, ce dimanche 9 novembre, à Colombey-les-Deux-Églises, pour rendre hommage à l'ancien président, décédé le 9 novembre 1970. Florian Philippot était lui bien présent.

Le vice-président du FN n'a jamais caché son admiration pour le général de Gaulle. Il l'a redit ce dimanche 9 novembre : "Le général est un exemple pour moi, une référence absolue pour mon engagement politique. Il figure la Résistance et incarne l'indépendance nationale, la grandeur de la France et le rassemblement des Français. […] Le message du général de Gaulle est un message très moderne avec une éthique très forte. Alors que le système politique UMPS se perd dans les boules puantes et le marigot politicien, il y a chez nous au FN une volonté de faire vivre le France dans sa grandeur et sa souveraineté".

Une visite qui, comme à chaque fois, n'a pas manqué de susciter quelques interrogations. Historiquement, le rapport au général de Gaulle a toujours été compliqué au Front national. Fondé en 1972, notamment par des partisans de l'Algérie française qui haïssaient le général de Gaulle, le parti a eu dans ses rangs des membres de l'OAS, comme Pierre Sergent, député FN entre 1986 et 1988.

Invitée de France 3, ce dimanche 9 novembre, Marine Le Pen a donc pris soin de souligner que la présence de Florian Philippot à Colombey-les-Deux-Églises était "un geste personnel". "Moi, je suis plutôt gaullienne. J'accorde au général de Gaulle d'avoir été probablement le dernier véritable chef d'État, avec une vision d'une France libre de sa destinée, a expliqué la présidente du FN. […] Entre le général de Gaulle et moi, il y a la guerre d'Algérie. J'ai beaucoup de considération et je partage la souffrance des pieds-noirs, des harkis, qui ont eu le sentiment d'être trahis."

Anne Hidalgo était également présente à Colombey-les-Deux-Églises ce dimanche 9 novembre, Paris étant l'une des communes compagnon de la Libération.

--------

A Colombey-les-Deux-Eglises, Alain Juppé a "retrouvé ses racines gaullistes" 25/11/2016 à 17h38

Alain Juppé s'est rendu ce vendredi à Colombey-les-Deux-Eglises.

Le candidat à la primaire à droite Alain Juppé a "voulu se ressourcer" en se rendant vendredi à Colombey-les-Deux-Eglises, avant d'attaquer la dernière ligne droite avant le second tour de la primaire à droite. Le maire de Bordeaux sera vendredi soir en meeting à Nancy.

"En ce moment un peu trouble, c'est toujours bien de se ressourcer, de retrouver ses racines politiques, et les miennes sont gaullistes" a-t-il déclaré.

Venu déposer une gerbe de fleurs sur la tombe du Général de Gaulle, Alain Juppé a rendu hommage à l'ancien chef de l'Etat, dont "certains messages restent d'actualité": "son amour intransigeant de la France et de sa grandeur, son patriotisme mais aussi son souci de la dignité de la personne humaine".

"Il m'est arrivé, souvent, de définir le gaullisme comme une rencontre entre un profond patriotisme et un profond humanisme, et je pense que c'est utile pour notre temps", a lancé Alain Juppé.

----------

Juppé refuse "définitivement" d'être un recours si Fillon se retire Source AFP Le Point Modifié le 27/01/2017 à 12:09 - Publié le 27/01/2017 à 11:47 | Le Point.fr

Interrogé sur ses intentions en cas de retrait du candidat de la droite, le maire de Bordeaux a exclu catégoriquement de remplacer François Fillon.

La décision d'Alain Juppé est sans appel : si l'actuel candidat de la droite venait à se retirer, il ne prendrait pas les rênes dans la course à la présidence. Le maire LR de Bordeaux a exclu vendredi « clairement et définitivement » d'être un recours dans l'éventualité d'un retrait de François Fillon, qui l'a battu lors de la primaire.
Pressé de dire s'il serait un recours dans le cas où François Fillon était mis en examen et se retirait de la campagne, comme il l'a indiqué jeudi soir sur TF1, Alain Juppé a répondu : « Non, clairement et définitivement. Parce que la primaire a eu lieu et que les électeurs se sont prononcés. »
Alain Juppé, interrogé en marge d'une réunion de Bordeaux Métropole, a ajouté qu'il n'avait « pas du tout l'intention de [se] lancer dans une opération de repêchage ». Mais il a souligné qu'« à l'instant T, la question ne se pose pas, c'est François Fillon notre candidat ».

« C'est évidemment préoccupant »

François Fillon avait assuré jeudi soir : « La seule chose qui m'empêcherait d'être candidat, c'est si mon honneur était atteint, si j'étais mis en examen », après avoir fermement démenti que son épouse Penelope avait bénéficié d'emplois fictifs. « Nous n'en sommes pas là, François Fillon a apporté des éléments qui sont convaincants, je suis persuadé qu'il pourra poursuivre sa campagne », a déclaré Alain Juppé aux journalistes, reconnaissant toutefois que la tournure que prend la campagne, « c'est évidemment préoccupant, je ne peux pas dire le contraire ».

La justice a ouvert mercredi une enquête, notamment pour « détournement de fonds publics » et « abus de biens sociaux », après des informations du Canard enchaîné sur des soupçons d'emplois fictifs visant Penelope Fillon en tant qu'attachée parlementaire de son époux et collaboratrice de la Revue des deux mondes dont le propriétaire, Marc Ladreit de Lacharrière, est un proche de François Fillon. Interrogé vendredi matin sur la pratique d'une partie des parlementaires consistant à rémunérer des membres de leur famille, Alain Juppé a estimé qu'« il faut probablement changer la loi ». « Il faut sans doute s'inspirer de ce qui existe au Parlement européen, qui là-dessus a fixé des règles beaucoup plus claires et beaucoup plus strictes », a-t-il dit. « Ça vaudra pour l'avenir évidemment. [...] Les lois ne sont pas rétroactives », a conclu Alain Juppé.

----------

Retour Première Page