Février 2016. Sortie de General Electric France pour une aventure "entrepreneuriale"

Octobre 2015. Clara Gaymard ( Clara Lejeune-Gaymard), PDG de General Electric France, la nouvelle présidente du Women's Forum (le Davos féminin de Deauville), mère de neuf enfants, voudrait que dans le monde entier toutes les entreprises puissent être dirigées par des femmes.

Février 2013. Clara Gaymard répond au PDG de Titan (affaire Goodyear)

Juin 2012. Réélu aux législatives par 58,19%. Candidat, comme en 2010, pour présider le groupe UMP à l'A.N. ; encore troisième
Mars 2011. Cantonales. Réélu au bénéfice de l'âge Président du Conseil Général de Savoie le 31 mars il démissionne le 1er avril.

Hervé Gaymard
Clara Lejeune épouse Gaymard

Août 2008. Gaymard accuse "Hortefeux"
Mars 2008. Cantonales. Président du Conseil général de Savoie : son discours
Juin 2007. Législatives. Hervé Gaymard se présente. Elu au premier tour.
Juin 2006. Clara pantoufle chez les américains ...
Mai 2006. Clara au Japon ; Clara chez Poutine


Je n'ai commis aucun délit, et Paris Match maintient
Il démissionne
Un bel appartement de 600 mètres carrés légaux ;
qu'il faut quitter et qui fait mentir ...
Jean-Louis Borloo : "Il est de bonne foi"
Sarkozy, le "saigneur"
Le "fils de cordonnier" paye l'impôt sur la fortune

Gendre du professeur Lejeune ; son épouse Clara est une belle énarquienne (2005)
Un bébé Chirac
Introduit par Barnier

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Gaymard ou l'ascension sans effort d'un bébé Chirac

Par deux fois, déjà, l'Elysée s'est déplacé à Moûtiers. C'est beaucoup d'honneur pour cette ville de 5 000 habitants perdue au fond de la vallée de la Tarentaise (Savoie).
La première fois, en 2000, Jacques Chirac honore de sa présence une réunion du «comité de bassin d'emploi d'Albertville». Puis s'en va tâter le cul des vaches laitières qui pullulent dans la région.
Deux ans plus tard, entre les deux tours de la présidentielle, c'est Bernadette Chirac qui vient inaugurer un modeste foyer de handicapés. Le maire (UMP) de Moûtiers, Philippe Nivelle, exhibe fièrement les clichés du couple présidentiel. Mais il reconnaît lui-même que ces deux visites ne doivent rien au hasard.

Car Moûtiers a pour seule particularité d'être le chef-lieu du canton d'Hervé Gaymard. Né dans les montagnes savoyardes, le nouveau ministre de l'Economie, qui se plaît à jouer l'anti-Sarkozy, a toujours su mettre en valeur ce qu'un de ses proches appelle «sa proximité bien avérée avec le président de la République». En Savoie, le rôle que le chef de l'Etat a joué dans la carrière de Gaymard, 44 ans, n'est donc un secret pour personne. Même les journaux savoyards ironisent sur son destin ministériel : «Remaniement : Gaymard touche le Jacques-pote !», clamait la une de l'hebdomadaire local, la Vie nouvelle après sa nomination à Bercy.

«Belle machine». La connexion entre les deux hommes est connue : les Chirac, et notamment madame, étaient très proches du Pr Jérôme Lejeune, médecin catholique antiavortement décédé en 1994, dont Gaymard a épousé l'une des filles, Clara, avec qui il a eu huit enfants. «Hervé est un brillant sujet qui, en rencontrant Clara à l'ENA, a fait un bond dans les 200 familles», lâche un membre de la majorité du conseil général de Savoie. C'est dire la curiosité ­ et la jalousie ­ suscitée par la fulgurante ascension de ce bébé-Chirac, que tout le monde décrit comme une «belle machine intellectuelle», mais sans talent particulier pour la politique. «Chez nous, on dit que c'est un "gros bu", une grosse tête», dit un socialiste.

Gaymard ne fait pas que jouir d'un cerveau bien rempli et de relations privilégiées avec l'Elysée. Il est aussi bien né. Moins socialement (son père vendait des chaussures à Bourg-Saint-Maurice), que géographiquement. Le successeur de Nicolas Sarkozy a vu le jour au beau milieu d'une circonscription que certains disent «bénie des dieux» : les électeurs y sont de droite et vivent à 75 % de l'or blanc des stations de ski les plus réputées (Tignes, Val-d'Isère).

Mieux : Gaymard n'a eu qu'à tendre la main pour récupérer le siège de Michel Barnier, actuel ministre des Affaires étrangères, qui a longtemps régné sur la Tarentaise. Partout dans la vallée, il se murmure que c'est «sur ordre du Château» que Barnier a pris Gaymard comme suppléant aux élections législatives de 1993.
Quelques semaines plus tard, Barnier entrait dans le gouvernement Balladur. Et cédait son mandat de député au protégé de l'Elysée. «Gaymard a été élu à 33 ans sans avoir fait campagne et sans détenir aucun mandat local», rappelle un député UMP de la région. Deux ans plus tard, en 1995, Chirac le nomme secrétaire d'Etat aux Finances du gouvernement Juppé, avant de lui confier le secrétariat d'Etat à la Santé.
Même le maire (sans étiquette) de Bourg-Saint-Maurice, où Gaymard a passé son enfance, peine à expliquer ces promotions éclairs : «Hervé, c'est un gars d'une simplicité totale. Pour tout dire, on ne l'a pas bien vu monter. Il a toujours été dans l'ombre de Barnier.»

Durant la cohabitation Chirac-Jospin, Barnier va continuer à jouer les tire-fesses pour la jeune pousse chiraquienne. En 1999, Chirac nomme le balladurien Barnier au poste de commissaire européen. Ce qui lui impose de céder la présidence du conseil général de la Savoie au jeune héritier chiraquien.
Un conseiller général UDF raconte comment Barnier, juste avant son départ pour Bruxelles, «a reçu les membres de la majorité un à un pour leur expliquer qu'il fallait voter Gaymard». Un autre parle de «pressions très explicites». Le socialiste Thierry Repentin est plus clair encore : «Tout le monde savait que Gaymard était le candidat de l'Elysée.»

Plan route. Son passage au château des Ducs de Savoie, à Chambéry, n'a pas vraiment marqué les esprits. «Gaymard a fait comme Chirac en Corrèze : il a bétonné sa circonscription pour avoir les mains libres à Paris», constate un conseiller général UDF. L'éphémère patron du département (1999-2002) a donc massivement investi en Tarentaise à travers un plan «Qualité routes» de 300 millions d'euros. Ses électeurs, qui l'ont depuis largement réélu, ne l'ont pas oublié. Le suppléant de Gaymard, Vincent Rolland, poursuit le parallèle avec la Chiraquie : «Regardez l'élection de Sarkozy à la tête de l'UMP. La fédération de Savoie n'a voté qu'à 37 %. C'est la plus mauvaise participation derrière la Corrèze !» Le staff de Gaymard a beau assurer que la région ne se prêtait pas à un vote par l'Internet, et que «les adhérents étaient en train de préparer la saison de ski», la performance de Sarkozy dans le département reste franchement mauvaise. Dans l'entourage de Gaymard, certains affirment avoir voté pour Christine Boutin au nom du «christianisme social» cher à leur chef.

Au final, «le conseil général n'aura été pour lui qu'un lieu d'attente, une tribune pour ne pas sombrer dans l'anonymat avant de reprendre sa carrière parisienne», glisse un député UMP. La plupart des conseillers généraux l'ont d'ailleurs trouvé «intellectuellement absent» durant ces trois années passées à la tête du département.
A partir de 2001, Gaymard s'est surtout consacré à la rédaction du projet présidentiel de Chirac. Avant de se voir confier l'un des «domaines réservés» du chef de l'Etat : le ministère de l'Agriculture, qu'il a quitté la semaine dernière pour Bercy.
Conclusion du sénateur (PS) de la Savoie, Thierry Repentin : «Sans Chirac, Gaymard aurait quand même eu une belle carrière politique. Mais en Tarentaise.»
Par Thomas LEBEGUE, mardi 07 décembre 2004 (Liberation - 06:00), p. 14

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Femme à complies Clara Gaymard, 44 ans, conjointe idéale, mère parfaite, fonctionnaire de haut vol.
L'épouse du ministre de l'Economie s'émancipe malgré des valeurs très catholiques.

Clara Gaymard a huit enfants, un job de haut fonctionnaire qui la retient trois semaines par mois à l'étranger, un mari ministre, un roman sur le feu, et une maison de campagne. Névroses, stress, problèmes de sommeil, tabac, chocolat ? Rien de tout ça. Elle raconte une vie édifiante, collier de petits bonheurs attrapés comme des papillons. Le reste, l'intendance, est «une simple question d'organisation». Elle dit aussi : «Les gens se posent beaucoup trop de questions. Pourquoi ne pas prendre les choses comme elles viennent ?» Heureux les Gaymard, en route dans leur camion allemand à dix places, chantant Brassens à tue-tête sur les routes de Savoie. Hervé et Clara devant et la nichée blonde derrière, les Philothée, Bérénice, Thaïs, Amédée, Eulalie, Faustine, Jérôme-Aristide et Angélico...

C'est le genre première de la classe, en porcelaine incassable. Fille modèle, épouse idéale et mère parfaite, dans les canons de son éducation catholique. Elle a ses bonnes oeuvres, une fondation pour l'enfance trisomique. C'est aussi une énarque ambitieuse, qui surveille sa ligne et hisse son mètre soixante sur des talons aiguilles pour négocier des contrats au Japon. «On veut toutes être Claudia Schiffer et Einstein en même temps», dit-elle. «A la fois moderne et traditionnelle, témoigne une proche, un surprenant mélange, qui échappe à toute tentative de classification». Fondue de gadgets high-tech et de littérature classique, de bons principes et de pragmatisme. Un pied dans la France catho par son père, le vaticanesque professeur Lejeune, un autre au Danemark par sa mère, qui venait d'une famille éclatée. Et française jusqu'à être cocardière : «Ce pays, je l'ai dans les tripes, je veux le servir.» Avec une certaine idée de la gestion : «La vie de famille c'est comme une PME, on apprend la réconciliation et à mettre en valeur l'entourage. Je transpose.» Et une idée tranchée aussi de la politique, nettement à droite, au nom de «l'efficacité». «Un jour, dit la femme du ministre de l'Economie et des Finances, il faudra regarder l'ISF. C'est quand même dommage de se priver de l'argent du monde.»

En Asie, où elle prospecte des investisseurs pour la France, on la surnomme «la Carlos Ghosn». Partout on s'étonne, si petite femme, tant d'enfants, lourdes responsabilités.... «Au nord, au sud, à l'ouest, je ne connais pas de pays où la femme ait autant de droits qu'ici. Si j'étais restée à la maison à m'occuper du ménage et du repassage, j'aurais rué dans les brancards.» Dans Paris, elle se déplace à vélo ou en rollers, aime flâner dans les librairies. Les amis racontent des gosses sans problème, baggy et T-shirt au-dessus du nombril, «pas du tout la famille Cyrillus». Les grands s'occupent des petits, une femme de confiance vit à demeure. L'aînée, 17 ans, est en première année de Sciences-Po, les autres dans les écoles publiques du VIIe arrondissement. Elle ne veut pas en parler. Les Gaymard ne font étalage ni de leurs croyances religieuses, ni de leur vie privée. Le nouveau ministre de l'Economie, chiraquien coeur fidèle et «patriote romantique» selon un ami, n'est pas du genre expansif. Et Clara ne supporte pas les épouses qu'on sort, attributs du pouvoir masculin, ni celles qui font carrière dans la lumière de l'autre. C'est l'antithèse de l'omniprésente Cécilia : «Je ferai tout pour aider mon mari. Mais je ne peux pas me définir en fonction de lui. J'ai besoin d'exister par moi-même, de travailler, d'être libre.» Ils ont élagué le protocole: ni dîners, ni réceptions. «Tout leur temps libre est consacré à la famille», raconte Laure Darcos, femme de ministre.

On l'a aperçue une fois, le jour de la passation de pouvoir à Bercy, puis plus rien. Ils vivent toujours au ministère de l'Agriculture, où Dominique Bussereau leur a laissé la suite presque royale. Problème d'intendance, cette fois. Les résidences ministérielles sont rarement conçues pour les familles ultranombreuses : «A Bercy, l'appartement de fonction est trop petit. Il aurait fallu en prendre deux, séparés par un étage», explique Clara Gaymard. Elle ne voulait pas non plus changer les enfants d'école en cours d'année. Et elle a appris qu'en politique, rien ne dure. «Une carrière, ça peut s'arrêter du jour au lendemain. Pour moi, ça ne changera rien.» Restera le bonheur dans les prés du Villaret, leur maison savoyarde, ancienne ferme de la famille Gaymard au-dessus de Bourg-Saint-Maurice. «On y va presque tous les week-ends avec des copains des enfants, on peut y dormir à vingt.» Les ministres ne paient pas le train. Et celui-ci tient à sa circonscription. «Son socle», dit Clara Gaymard. Il est là tous les dimanches à midi. Ils ne parlent jamais de politique. Elle s'en méfie pour elle-même, bien qu'ayant été tentée par un mandat européen, en 1999. «Trop prenant, trop dur. La tyrannie de l'électeur est terrible, il est impossible de garder une vie personnelle.»

La seule photo publique de la tribu, pour le premier mandat de député à l'assemblée, fut une erreur. Les gens se sont moqués. Des bulles de tristesse sont remontées. Clara avait 10 ans et rasait les murs parisiens, griffés de mises à mort. Ces murs parlaient de son père. Découvreur de la trisomie 21, célébré dans le monde entier, le professeur Jérôme Lejeune fut mis au ban des années 68 pour ses fervents combats contre l'avortement. Il mourut banni par ses pairs et béni par le pape. Elle en fit son premier livre, plaidoyer dégoulinant de piété filiale, intitulé Une vie de bonheur. «Lejeune était un homme d'une stature énorme, étouffante, raconte un proche. Le livre lui a permis de régler l'héritage, puis de passer à autre chose.» Il y eut d'autres livres, un essai, un roman, signés Clara Lejeune, puis Clara tout court, comme si elle effeuillait ses panoplies d'épouse et de fille. «Avant la mort de mon père, je ne me sentais pas la prétention d'écrire», dit-elle. C'était en 1994, époque prolifique. Hervé Gaymard venait de succéder à Michel Barnier en Savoie et sa femme allait accoucher du sixième. Ses employeurs, les grandes administrations, sinon un passage au cabinet de la juppette Colette Codaccioni, le savaient à peine. Clara Gaymard a toujours travaillé, même au temps où son ventre s'arrondissait chaque année. «Au sixième jour du bébé, je partais bosser, je me sentais coupable vis-à-vis de mon employeur. J'avais de drôles de réactions à l'époque.» Elle assure que son poste à l'Afii (Agence française pour les investissements internationaux), affiliée au Quai d'Orsay, ne doit rien à son ministre de mari, arrivé derrière elle au concours de l'ENA. C'est là qu'ils se sont rencontrés, et ont décidé de se marier en trois jours. Chose faite le jour de la sortie : «On était dans l'amphi le matin, à la mairie l'après-midi et à l'église le lendemain.» Treize ans plus tard, ils avaient huit enfants. «On n'avait rien programmé, on en voulait trois ou quatre. Ils sont arrivés comme ça.» Par conviction ? «Mes enfants n'ont pas une gueule de conviction ! On les a faits avec beaucoup de plaisir.» Elle rougit de sa propre audace. Parler de soi, du plaisir, dire des gros mots, ce n'est toujours pas très naturel. Elle apprend.
Libération, Par Pascale NIVELLE, jeudi 13 janvier 2005, p. 36

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Les 600m2 du couple Gaymard

HERVÉ GAYMARD, ministre de l'Economie et des Finances, loge avec son épouse et ses huit enfants dans un duplex de... 600m2 situé dans un très beau quartier de Paris. Selon « le Canard enchaîné », le loyer mensuel (payé par l'Etat) s'élèverait à 14 000 €, soit autant que le salaire du ministre.

Jusqu'au début janvier (2005), Gaymard habitait avec sa famille au ministère de l'Agriculture, son précédent poste ministériel. Nommé à Bercy, il n'avait pas souhaité emménager, dans le XIIe arrondissement, dans les appartements (qu'il juge peu pratiques) laissés vacants par son prédécesseur, Nicolas Sarkozy.
Le nouveau ministre a donc préféré, selon l'hebdomadaire, deux appartements de 300m2 chacun, situés aux quatrième et cinquième étages d'un « immeuble de prestige » du VIIIe arrondissement, tout près de l'avenue Montaigne et des Champs-Elysées. La famille Gaymard vient de s'y installer avec cinq employés de maison (un maître d'hôtel, un cuisinier, une gouvernante et deux femmes de ménage). « Le Canard enchaîné » raconte que les baux ont été négociés directement entre le ministère des Finances et le Groupement foncier français (GFF) - une filiale de la Caisse des dépôts et consignations - propriétaire des deux logements.
Les travaux d'aménagement des deux duplex auraient par ailleurs coûté environ 15 000 €.

« Conformément aux procédures en vigueur... »

Dès la publication de ces informations, les services d'Hervé Gaymard ont réagi en publiant un communiqué officiel du ministère de l'Economie et des Finances. Il y est écrit que la « décision de location a été prise conformément aux procédures en vigueur ».
Bercy rappelle que « les ministres du gouvernement qui ne disposent pas, dans des locaux de leur ministère, d'un logement domanial sont autorisés en cas de nécessité à louer sur les crédits de l'Etat ». Ce qui serait donc le cas de l'actuel grand argentier. Le cabinet d'Hervé Gaymard précise que « les appartements de fonction de Bercy sont occupés par le ministre délégué à l'Industrie (Patrick Devedjian) et le ministre délégué au Commerce extérieur (François Loos) ».
Bref, des justifications matérielles et juridiques très détaillées pour tenter de couper court à toute polémique. Le communiqué conclut que la « décision autorisant la prise de bail de cet appartement a été signée par le secrétaire général du gouvernement le 10 janvier dernier ». Si le ministre de l'Economie s'abrite derrière un parfait et rigoureux respect de la loi et des obligations faites aux membres du gouvernement en matière de logement de fonction, le montant des loyers et la taille des appartements peuvent cependant, à l'heure de l'Etat modeste, troubler l'opinion...
B.J., Le Parisien, mercredi 16 février 2005, p. 5

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(24 février 2005) Mensonges, mécomptes et mauvaise foi
Depuis une semaine, la communication du ministre n'a cessé de cafouiller.

La communication d'Hervé Gaymard sur sa situation immobilière a varié au fur et à mesure des révélations des médias. Revue des omissions, défausses et demi-mensonges depuis une semaine.

Sur le prix

Le loyer du duplex de la rue Jean-Goujon, dans le XVIe arrondissement de Paris, est de 14 000 euros par mois. Hervé Gaymard affirme qu'il n'était pas au courant. «Je vais vous dire une chose, lançait-il sur France 2 le 16 février, je ne savais pas le prix quand j'y suis rentré. Dès que je l'ai su, je me suis dit que je n'allais pas y rester.» En fait, Hervé Gaymard a visité le duplex le lendemain de la signature du bail, le 10 janvier, comme l'a révélé le Canard enchaîné. Sa confidence laisse entendre qu'il ne s'était pas renseigné non plus lors de son emménagement le 5 février, et qu'il n'aurait pris conscience de l'énormité du loyer qu'à la lecture du Canard le 15 février au soir. Sa décision de déménager n'est pas non plus spontanée : c'est bien Jean-Pierre Raffarin qui, le 15 février, lui a demandé de quitter les lieux.

Sur l'occupation du ministre

Hervé Gaymard a assuré à Libération qu'il ne s'était «pas occupé personnellement» de la recherche d'un appartement, laissant ce soin aux «services du ministère avec une agence immobilière». Et pour cause, puisque, le 17 février sur RTL, il affirmait avoir «des semaines [de travail] d'environ 120 heures». Le Canard a révélé que l'épouse du ministre, Clara Gaymard, s'est intéressée de près au choix et à l'aménagement du gigantesque duplex.

Sur l'aval du gouvernement

Dès le 15 février, Bercy publiait un communiqué arguant de l'aval du Secrétariat général du gouvernement (SGG) pour la location de son appartement à l'extérieur de Bercy. Comme Libération l'a révélé, le 17 février, le SGG avait émis des réserves sur le montant de la facture pour le contribuable. Réserves ignorées par le directeur de cabinet de Jean-Pierre Raffarin, Michel Boyon.

Sur le respect des normes

Ce même 15 février, le ministre certifiait que la circulaire sur le logement des ministres avait été «scrupuleusement respectée». Cette circulaire initiée par Lionel Jospin en 1997 et reprise par Raffarin en 2002 précise que l'appartement de fonction du ministre sera «conforme par sa localisation, sa taille et son aménagement à la simplicité qui sied aux représentants de l'Etat».

Sur la nécessité d'un nouveau logement

Le ministre de l'Economie se voyait contraint de loger à l'extérieur de Bercy puisque les deux grands appartements de fonction y sont occupés par Patrick Devedjian (ministre à l'Industrie) et François Loos (secrétaire d'Etat au Commerce extérieur). Mais Hervé Gaymard n'a pas dit qu'il était propriétaire de 200 m2 boulevard Saint-Michel, dans le VIe. Un appartement loué 2 300 euros par mois, procurant au ministre depuis deux ans un revenu supplémentaire alors qu'il est logé par l'Etat. «Impossible de déloger le locataire, puisque le bail de trois ans ne prend fin qu'en août 2005», argumente son entourage. Certes, mais jamais le ministre n'a fait savoir qu'il souhaitait revenir l'été prochain boulevard Saint-Michel.

Sur le remboursement des travaux

Ils s'élèvent, selon le Groupement foncier français, l'administrateur de biens, filiale de la Caisse des dépôts et consignations, à «31 883,30 euros TTC», correspondant à l'installation d'un escalier entre les deux appartements formant le duplex. Facture à la charge du locataire. Hier, Hervé Gaymard affirmait qu'il «remboursera personnellement tous les frais liés à la rupture du bail, les loyers en cours ainsi que les travaux engagés». Correct, mais tardif.
Par Hervé NATHAN, jeudi 24 février 2005 (Liberation - 06:00), p. 3

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(25 février 2005) L'affaire Gaymard n'attriste pas Sarkosy
Le ministre de l'Economie est de plus en plus seul alors que sa « facture » immobilière s'alourdit. Son prédécesseur à Bercy le juge avec « sévérité ». Raffarin lui demande de s'expliquer. Mais, dans sa ville natale de Savoie, on le soutient encore.

CELA faisait longtemps que l'on ne l'avait pas vu si serein. Débutant hier une visite de deux jours dans les Hautes-Pyrénées, Nicolas Sarkozy est loin de la nervosité dont il a souvent fait preuve ces derniers mois. Il faut dire qu'il y a des jours où tout va bien.

Pour son deuxième déplacement en province, le président de l'UMP est particulièrement heureux d'être là. « Je suis l'un des rares responsables politiques à venir en vacances dans les Pyrénées, raconte-t-il. J'aime cette région. Elle est très préservée. »

Et puis, surtout, il y a les suites de l'affaire Gaymard. Son successeur à Bercy était un dispositif essentiel de la Chiraquie destiné à contrer son influence. Depuis sa nomination, ce « bébé » Chirac, de six ans son cadet, ne manquait pas une occasion de proclamer qu'il était son opposé. « La politique, c'est pas du cinoche », avait ainsi déclaré Hervé Gaymard, mettant en avant sa simplicité et son esprit de collégialité, critiquant le train de vie de son prédécesseur.

« C'est mauvais pour tout le monde »

Commentant les derniers ennuis du ministre de l'Economie, Sarkozy manie donc à la fois solidarité - qu'il se doit d'afficher en tant que patron du parti de la majorité - et surtout sévérité. « Confrontés à des difficultés quotidiennes, les Français peuvent juger avec une certaine sévérité ce qui se passe, affirme-t-il. Il y a une tentation de porter un jugement collectif. C'est mauvais pour tout le monde. »
Puis il ajoute : « Le ministre a reconnu des erreurs. Il en a tiré toutes les conséquences. Cela ne sert à rien de l'accabler. Il ne faut pas en faire un sujet de polémique entre majorité et opposition. »

« J'ai été moi-même l'objet d'attaques médiatiques »

Que répond-il à ceux qui le soupçonnent d'être à l'origine d'une affaire qui affaiblit tant le camp chiraquien adverse ? « Lorsque j'étais à Bercy, j'ai été moi-même l'objet d'attaques médiatiques, se défend-il, haussant les épaules et faisant allusion à l'achat d'écrans plasma lors de son installation. Cela veut dire que ceux qui renseignent sont toujours là. Moi, quand cela m'est arrivé, je n'ai pas dit que c'était Hervé Gaymard, Francis Mer ou Jacques Chirac... »

« Stupéfait » par la communication calamiteuse du poulain chiraquien, Sarkozy est heureux de constater tout au long de sa journée que personne, mis à part les journalistes, ne lui parle de cette polémique. « Faire cela, le lendemain de l'affaire Gaymard, c'est dur, confie-t-il, quelques minutes après sa promenade (triomphale) sur le marché Marcadieu, le plus grand de Tarbes. Mais les gens ne me le reprochent pas. Ils pensent que je suis différent. »
Et le patron de l'UMP ne manque pas d'y voir une confirmation. Désormais, éloigné des soucis gouvernementaux, il peut se concentrer sur sa route. Vers 2007.

Hervé Gaymard avait été nommé à Bercy pour contrer l'influence de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy.
Ludovic Vigogne, Le Parisien, vendredi 25 février 2005, p. 4-5

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Affaire Gaymard: "il n'y a pas plus maladroit que quelqu'un de bonne foi", selon Jean-Louis Borloo

PARIS (AP) - "Il n'y a pas plus maladroit que quelqu'un de bonne foi", a estimé jeudi le ministre de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo, qui estime que Hervé Gaymard a "rectifié rapidement" la "bourde" au sujet de son logement.

Evoquant la souffrance des Français en difficulté sociale, Jean-Louis Borloo a affirmé que le ministre de l'Economie Hervé Gaymard est le "premier qui ressent" le "sentiment" de malaise créé par la polémique autour de son luxueux appartement de fonction.

Jean-Louis Borloo a qualifié de "maladresse évidente" l'installation de son collègue dans un duplex de 600m2, et a observé que celui-ci avait "rectifié rapidement" sa position en annonçant qu'il quitterait son logement.

"Il a fait une bourde. Est-ce qu'il doit s'exprimer plus? Je ne crois pas. Maintenant, il faut qu'on continue à travailler", a poursuivi M. Borloo. AP
yahoo.fr, actualités, jeudi 24 février 2005, 21h35

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Nouvelles révélations de la presse dans l'affaire Gaymard

PARIS (Reuters) - La polémique du logement d'Hervé Gaymard se nourrit vendredi des affirmations du quotidien Libération, qui écrit que le ministre de l'Economie possède cinq logements et qu'il est soumis à l'ISF.

"Un appartement à Paris, une maison en Bretagne, deux appartements, des bureaux et une maison en Savoie: Gaymard, le tour du proprio", résume le quotidien sur sa Une.
En plus de l'appartement de 200 m² à Paris, écrit Libération, "le ministre possède aussi deux maisons: l'une en Savoie, l'autre en Bretagne (...) dans le Finistère".
"L'entourage du ministre ajoute qu'il est aussi propriétaire de deux F2 et d'un garage dans une maison de ville à Bourg-Saint-Maurice, donnée par ses parents en 1990, ainsi que de sa permanence parlementaire à Albertville", poursuit le journal.

"A la tête d'un tel patrimoine, les Gaymard sont logiquement redevables de l'impôt de solidarité sur la fortune."
Dix jours après les premières révélations du Canard enchaîné sur son duplex de 600 m² au loyer de 14.000 euros réglés par Bercy, la polémique autour d'Hervé Gaymard n'a cessé de rebondir.

Le ministre de l'Economie sera l'invité du journal de 20h00 de TF1 ce vendredi pour s'expliquer sur ses conditions de logement, qui font l'objet d'une vive polémique depuis huit jours, a annoncé Bercy.
Parmi les questions sur lesquelles doit s'expliquer le ministre de l'Economie, dont l'opposition réclame la démission, on cite dans l'entourage de Jean-Pierre Raffarin une déclaration à l'hebdomadaire Paris Match.
Dans cette interview réalisée avant les dernières révélations du Canard enchaîné, il affirme: "Evidemment, si je n'étais pas le fils d'un cordonnier-marchand de chaussures, si j'étais un grand bourgeois, je n'aurais pas de problème de logement. Je serais propriétaire de mon appart' et il n'y aurait pas toute cette affaire."
Or Hervé Gaymard a été amené à confirmer depuis qu'il était bien propriétaire à Paris d'un appartement de 200 m², qu'il louait à un tiers pour 2.300 euros par mois.
yahoo.fr, actualités, vendredi 25 février 2005, 8h43

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(25 février 2005) Hervé Gaymard démissionne

PARIS (Reuters) - Arrivé à Bercy en novembre dernier, Hervé Gaymard a démissionné vendredi (25 février 2005) de son poste de ministre de l'Economie et des Finances après neuf jours de polémique sur ses conditions de logement à Paris et son patrimoine.

"J'ai décidé de remettre au Premier ministre ma démission de ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie", a-t-il annoncé dans un bref communiqué peu après 15h00.
"J'ai conscience d'avoir commis des maladresses et d'abord une erreur d'appréciation sérieuse concernant les conditions de mon logement de fonction", explique-t-il.
Hervé Gaymard, 44 ans, sera l'invité du journal télévisé de 20h00 sur TF1 et devrait s'expliquer plus longuement sur sa décision.
Son prédécesseur à Bercy, le président de l'UMP Nicolas Sarkozy, a salué une "décision responsable et honnête".

La crise a éclaté la semaine dernière quand le Canard enchaîné a révélé que le ministre de l'Economie avait emménagé avec sa famille - il a huit enfants - dans un luxueux duplex de 600 m2, loué 14.000 euros par mois aux frais de l'Etat.

Dans son communiqué, le ministre démissionnaire rappelle qu'il a mis "un terme sans délai à cette situation" et promis d'en prendre en charge les conséquences financières.
"Malgré cela, ma famille reste depuis plusieurs jours soumise à un véritable harcèlement", ajoute-t-il. "Mais, au-delà, je ne veux laisser en aucun cas atteindre à travers moi les fonctions que la République m'a confiées et que je respecte au plus haut point, ainsi que l'action du gouvernement."
"Ma décision est conforme à la vision de la politique qui m'anime et qui continuera à m'animer, demain comme hier, au service de mon pays", conclut celui qui semblait être depuis quelques années l'un des poulains les plus prometteurs du président Jacques Chirac.
Hervé Gaymard était ministre de l'Agriculture depuis 2002 lorsque le chef de l'Etat l'avait nommé à Bercy le 29 novembre dernier en remplacement de Nicolas Sarkozy, élu à la présidence de l'UMP.

CAFOUILLAGES

Lors de la passation de pouvoir avec Nicolas Sarkozy, il avait expliqué qu'il ne voulait pas habiter le logement de fonction occupé par son prédécesseur à Bercy parce que ses enfants étaient scolarisés "un peu loin".
Depuis sa nomination, il n'avait eu de cesse de défendre une politique de réduction des dépenses de l'Etat et s'était prononcé ces dernières semaines pour une limitation des hausses des loyers.
Les révélations du Canard enchaîné sont apparues en flagrante contradiction avec cette politique.
Les cafouillages à répétition de la communication du ministre dans cette affaire ont amplifié la crise et lui ont finalement coûté son poste.
Il a d'abord affirmé qu'il ne s'était pas occupé personnellement de trouver son duplex, parce qu'il travaillait "120 heures par semaine". Mais mercredi dernier, le Canard enchaîné a révélé que cet appartement avait été choisi "par Clara Gaymard" elle-même et que le ministre l'avait visité.
Plus dévastateur encore, l'hebdomadaire satirique a annoncé dans la même édition qu'Hervé Gaymard était propriétaire d'un appartement de plus de 200 m2 à Paris.
Ces nouvelles révélations ont amené le ministre de l'Economie a admettre qu'il était effectivement propriétaire de cet appartement et qu'il le louait à un tiers 2.300 euros par mois.

L'hebdomadaire Paris Match a publié en même temps des déclarations d'Hervé Gaymard dans lesquels il affirmait "vivre humblement" et ne pas "avoir de fric" - "Evidemment, si je n'étais pas le fils d'un cordonnier-marchand de chaussures, si j'étais un grand bourgeois, je n'aurais pas de problème de logement. Je serais propriétaire de mon appart et il n'y aurait pas toute cette affaire !", disait-il.

Vendredi, Libération a révélé que le ministre de l'Economie était aussi propriétaire d'une maison en Bretagne, d'une autre en Savoie, de deux appartements et d'un garage dans une maison de ville à Bourg-Saint-Maurice, ainsi que de sa permanence à Albertville.
Libération a également révélé qu'Hervé et Clara Gaymard étaient assujettis à l'impôt de solidarité sur la fortune et qu'ils avaient payé 2.106 euros à ce titre en 2004.
Toutes ces informations ont été confirmées par Bercy.
vendredi 25 février 2005, 16h34

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Gaymard maintient sa ligne de défense

PARIS (Reuters) - Quelques heures après sa démission, Hervé Gaymard a de nouveau reconnu vendredi soir sur TF1 avoir commis une "erreur" pour son logement de fonction mais il a maintenu son système de défense et dénoncé le "harcèlement" dont aurait été victime, selon lui, sa famille.
"C'est vrai, j'ai commis une erreur qui a choqué beaucoup de Français", a déclaré le ministre de l'Economie démissionnaire. "J'en ai d'ailleurs tiré toutes les conclusions."
"Si aujourd'hui j'ai décidé de présenter ma démission au Premier ministre, c'est d'abord parce que j'ai le sens de l'Etat, le respect de la fonction qui m'avait été confiée et que j'avais prise à bras le corps et avec enthousiasme", a-t-il poursuivi. "Mais compte tenu du niveau de l'intensité de la polémique (...) je ne pouvais plus l'assumer efficacement."

Il a souligné qu'il avait subi "comme tout le monde" des épreuves dans sa vie.
"Mais ce que je ne peux plus supporter, c'est le harcèlement que subit ma famille", a-t-il ajouté. "J'ai fait des erreurs, j'en ai tiré des conséquences, je payerai ce qu'il faut pour les redresser mais je crois très honnêtement que le niveau que la polémique a atteint ne correpond pas à la réalité des choses. Je n'ai pas fait de crime ni de délit."

La polémique est partie de révélations du Canard Enchaîné sur le duplex de 600 m2 dans lequel le ministre s'était installé avec sa famille et que l'Etat louait 14.000 euros par mois, alors qu'il avait fait de la nécessité de se "désintoxiquer de la dépense publique" un de ses mots d'ordre de prédilection.
Hervé Gaymard a réaffirmé qu'il avait eu tort de faire confiance aux services du ministère de l'Economie pour la recherche d'un logement de fonction.
"C'est moi le responsable, parce que par définition, quand on est ministre, on assume. Mais (...) je m'en veux vraiment de ne pas avoir moi-même, en décembre et en janvier, procédé à la recherche de cet appartement", a-t-il dit.

Il est revenu sur les déclarations que lui prête cette semaine Paris Match, qui ont contribué à amplifier la polémique.
Selon les propos cité par l'hebdomadaire, il aurait notamment fait valoir qu'il n'avait pas les moyens d'être propriétaire d'un appartement, alors que son patrimoine immobilier comprend plusieurs appartements et maisons, dont un logement de 200 m2 à Paris.
"Si j'avais voulu mentir (...) je m'y serais pris autrement", a déclaré à TF1 le ministre démissionnaire. "Il n'y a jamais eu d'interview avec questions-réponses à Paris-Match. C'est un propos attribué que je conteste, et à partir de là la machine s'est mise en route avec le niveau de polémique que l'on sait et je le regrette beaucoup."

Hervé Gaymard a admis que cette affaire constituait un "tournant" dans sa vie. Il a précisé qu'il comptait désormais se consacrer à sa famille et à la Savoie, sa région. "Et puis vous savez, la passion de la France, ça ne se perd pas comme ça", a-t-il ajouté.
yahoo.fr, actualités, vendredi 25 février 2005, 20h35

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«Paris Match» maintient

Le directeur général de la rédaction de Paris Match, Alain Genestar, porte la contradiction à Hervé Gaymard.
«Paris Match maintient intégralement les propos du ministre Hervé Gaymard tenus, le lundi 21 février vers 16 heures, lors d'un entretien téléphonique avec Laurence Masurel, et reproduits dans le magazine», a affirmé vendredi le patron de l'hebdomadaire.

Quelque temps auparavant, sur TF1, Gaymard avait assuré : «Il n'y a jamais eu d'interview avec questions-réponses à Paris Match. C'est un propos attribué, que je conteste. Et à partir de là, la machine s'est mise en route avec le niveau de polémique que l'on sait.»

Dans l'article publié, le ministre affirmait : «Je n'ai pas de fric. Evidemment, si je n'étais pas le fils d'un cordonnier-marchand de chaussures, si j'étais un grand bourgeois, je n'aurais pas de problème de logement. Je serais propriétaire de mon appart, et il n'y aurait pas toute cette affaire.»
A la suite de ces déclarations, Libération révélait vendredi que l'ancien ministre possédait non seulement un appartement à Paris mais deux maisons et deux autres appartements. Ce qui lui vaut d'être assujetti à l'impôt sur la fortune.
Par Didier HASSOUX, samedi 26 février 2005 (Liberation - 06:00)

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(22 mai 2006) Pour la France, les Russes valent beaucoup de kopecks
Les moyens colossaux des investisseurs moscovites font saliver Paris.

«Vous êtes tous les bienvenus en France», «nous n'avons plus peur que l'argent russe soit de l'argent sale», «nous offrons en France des conditions très favorables»... : Clara Gaymard, «déléguée aux investissements internationaux», a tenté de faire passer la semaine dernière à Moscou un message assez nouveau auprès des hommes d'affaires russes : «Il y a beaucoup d'argent en Russie et nous sommes très intéressés par cet argent qui peut créer des emplois en France.»

Pour un investisseur russe, qui peut escompter «60 ou 65 % de taux de rentabilité» sur son marché intérieur, placer son argent en France, où l'attend «10 ou 12 % de rentabilité au mieux», n'est pas évident à première vue, reconnaît la femme de l'ex-ministre de l'Economie. «Mais investir en France peut apporter aux Russes d'autres avantages : une envergure internationale qui pourra leur servir, en Russie même, vis-à-vis de leurs propres autorités (pour éviter par exemple de revivre le sort du groupe pétrolier Ioukos, terrassé à coups de relèvements fiscaux arbitraires, ndlr) ou des transferts de savoir-faire...», explique Clara Gaymard.

A ce jour, les investissements russes en France se font rares (48 millions d'euros en 2004, soit 0,2 % du flux global des investissements directs étrangers en France), mais des projets déjà lancés semblent annoncer un possible décollage, veut croire Clara Gaymard. En 2002, la banque d'affaires russe Nikoil a pris le contrôle des porcelaines Deshoulières (lire ci-contre). En 2004, le distillateur KiN, leader du brandy russe, a acheté un cognac français. La même année, le groupe immobilier russe Mirax a signé avec Vinci pour la construction de 50 000 mètres carrés de logements haut de gamme en Ile-de-France.

«Je ne dis pas qu'il va y avoir un flux massif d'investissements russes en France dans les six prochains mois mais, quand des projets réussissent, les investisseurs se passent le mot. Et, lors de cette visite, beaucoup d'investisseurs russes se sont montrés très intéressés par des projets, notamment dans les domaines de l'énergie, l'agroalimentaire ou les biocarburants, des domaines où la France comme la Russie sont fortes», a assuré l'ambassadrice française.
par Lorraine MILLOT, Libération, QUOTIDIEN : lundi 22 mai 2006, p. 18

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2006-04-26 16:13:27 La France veut attirer 150 nouvelles entreprises japonaises

TOKYO, 26 avril (XINHUA) -- La France veut attirer 150 nouvelles entreprises japonaises sur son territoire d'ici trois à quatre ans, a affirmé mercredi la présidente de l'Agence française pour l'investissement international (AFII), Clara Gaymard.

"Si l'on peut voir émerger 150 entreprises dans les trois à quatre ans qui viennent, ce serait formidable", a déclaré Mme Gaymard lors d'une rencontre avec la presse à Tokyo, où elle effectue une mission de trois jours destinée à promouvoir l'investissement nippon en France.

Quelque 400 entreprises japonaises sont déjà implantées en France. Elles emploient environ 60 000 personnes, un nombre que Mme Gaymard souhaitait augmenter de 10% d'ici quatre ans.

"Aujourd'hui, l'investissement japonais traditionnel comme l'automobile ou l'électronique évolue vers d'autres secteurs comme l'alimentation, la santé, les cosmétiques ou la pharmacie", a précisé la présidente.

Au Japon, l'AFII s'est fixé pour priorité d'attirer vers la France les entreprises émergeantes, notamment dans le domaine des biotechnologies, ainsi que les activités de recherche et développement et les moyennes entreprises jusqu'à présent peu internationalisées.

Selon Mme Gaymard, les investisseurs japonais ne se diraient pas particulièrement affectés par l'image écornée de la France à l'étranger, à la suite du rejet de la Constitution européenne, des émeutes dans les banlieues ou des récentes manifestations contre le contrat premier embauche (CPE).

Toutefois, la récente grève de la faim menée par le député centriste Jean Lassalle pour forcer une entreprise japonaise à investir dans sa circonscription du sud-ouest de la France plutôt que d'ouvrir une nouvelle usine 65 kilomètres plus loin a suscité des critiques au Japon.

L'entreprise en question, Toyo Aluminium, une entreprise de 700 employés, a estimé que cette affaire pourrait amener les étrangers à s'interroger avant d'investir. Fin
2006-04-26 16:13:27, XINHUA

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21/06/2006 Clara Gaymard prend la tête de General Electric France

Après vingt ans passés dans la fonction publique, Clara Gaymard, présidente de l'Agence française des investissements internationaux, va prendre la tête de la branche française de General Electric, qui compte 10.000 salariés.

Agée de 46 ans, elle remplacera Francis Bailly à partir du 1er septembre, lequel est nommé directeur général en charge des grandes entreprises au sein de GE Europe.
Clara Gaymard n'a pas souhaité divulguer le montant de son futur salaire.

Mère de huit enfants, elle est l'épouse de l'ancien ministre de l'Economie Hervé Gaymard, qui avait démissionné du gouvernement en février 2005 après une polémique sur son logement de fonction et son patrimoine.
LExpansion.com,

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Le retour de M. Gaymard après le scandale de son appartement
LE MONDE | 09.06.07 | 13h52 • Mis à jour le 11.06.07 | 10h59 LYON CORRESPONDANTE RÉGIONALE

Après deux ans de purgatoire, Hervé Gaymard, 46 ans, pourrait retrouver son siège de député de la Savoie dès dimanche 10 juin. A 46 ans, l'ancien jeune homme pressé, le "bébé Chirac", dont la carrière avait été subitement interrompue le 25 février 2005, à la suite des révélations du Canard enchaîné sur le train de vie de sa famille aux frais de la République, veut renouer avec la vie publique.

En compagnie de son suppléant, Vincent Rolland, à qui il avait laissé penser, dans un premier temps, qu'il ne se représenterait pas, Hervé Gaymard balise depuis plusieurs semaines méthodiquement la 2e circonscription de Savoie. "Cent dix réunions publiques. Nous sommes passés dans chaque commune et chaque quartier d'Alberville ou de Chambéry pour aller convaincre les 85 000 électeurs", explique le candidat UMP.

Hervé Gaymard aborde le scrutin avec sérénité : dans son fief, où il avait été élu dès le premier tour en 2002, Nicolas Sarkozy a recueilli le 6 mai 60 % des suffrages. Sur le terrain, assure-t-il, les Savoyards lui parlent santé, agriculture, routes, jamais du "passé". Lui aussi affirme avoir "tourné la page" et payé sa dette : 54 894 euros, correspondant aux travaux et frais effectués dans l'appartement de fonction, un luxueux 600 mètres carrés qu'il envisageait d'occuper avec ses huit enfants.

"Rien ne sert de s'abîmer dans le passé. Je préfère me projeter dans l'avenir." Pour reconstruire son avenir, le ministre démissionnaire s'était, sitôt après avoir quitté les lustres de Bercy, rapproché de sa terre natale et de son fief politique. Il avait été élu à la présidence du syndicat mixte Tarentaise Savoie et avait retrouvé le conseil général de Savoie en tant que vice-président.

Mais, surtout, ni l'Elysée ni Matignon n'avaient complètement lâché leur protégé : dès la fin 2005, Dominique de Villepin lui avait confié une mission sur la France et les pays émergents, et en parallèle, son mentor Jacques Chirac lui avait confié à la fin 2006 la préparation du sommet africain de Cannes. Lucide, le quadragénaire, qui a toujours été un virulent opposant de Nicolas Sarkozy, sait que sa carrière désormais ne sera plus placée sous la protection de l'Elysée. "Avec Nicolas Sarkozy, il y a encore beaucoup de distance."
Sophie Landrin, Le Monde, Article paru dans l'édition du 10.06.07.

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DIMANCHE 10 JUIN 2007 SAVOIE (73) -- 2ème circonscription (résultats complets)

Nombre % Inscrits
Inscrits 84 730 100,00 Abstentions 36 738 43,36 Votants 47 992 56,64 Nombre % Votants Blancs ou nuls 785 1,64 Exprimés 47 207 98,36

Voix % Exprimés
Mme Oriane CHAMPANHET Extrême gauche 1 062 2,25
M. Maurice MARTINET Extrême droite 152 0,32
M. Alain RACT Régionaliste 15 0,03
Mme Catherine BRUN Extrême gauche 238 0,50
M. Robert BONNET-LIGEON Front national 1 990 4,22
M. André VAIRETTO Socialiste 11 522 24,41
M. Hervé GAYMARD (ELU) Union pour un Mouvement Populaire 24 044 50,93
M. Jean-François GIRARD UDF-Mouvement Démocrate 2 867 6,07
M. Jérôme WALLE Ecologiste 525 1,11
Mme Sylvie TRIPIER-BERLIOZ Divers 334 0,71
M. David GROS Mouvement pour la France 428 0,91
Mme Alexandra CUSEY Les Verts 1 806 3,83
M. Gilles COINTY Communiste 1 578 3,34
Mme Marie-Thérèse BERGER Divers droite 124 0,26
M. Philippe PONCET Divers 522 1,11

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Site officiel du Conseil général de la Savoie, 20 mars 2008 : Hervé Gaymard Président du Conseil général de la Savoie
La nouvelle Assemblée départementale réunie le 20 mars au Château des Ducs de Savoie a élu Hervé Gaymard à la Présidence du Conseil général de la Savoie par 20 voix sur 37 suffrages exprimés, 16 voix à Thierry Repentin et 1 vote blanc.
Hervé Gaymard succède à Jean-Pierre Vial et retrouve la fonction qu'il avait déjà occupé de 1999 à 2002.

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Session d’installation du Conseil Général de la Savoie le 20 mars 2008 DISCOURS D’HERVE GAYMARD

Mes chers Collègues,

La Savoie nous oblige.
Et nous ne sommes que de passage.
Pour servir l’intérêt général. Pour construire le présent. Pour anticiper l’avenir.

Et peut être avant tout pour aimer. Sans l’amour du Pays, sans l’amour pour les gens qui le font vivre et l’incarnent dans leur diversité, tous et toutes autant que nous sommes, n’aurions nous sûrement pas décidé un jour de solliciter la confiance de nos concitoyens, en forçant souvent une timidité ou une réserve naturelle.
L’amour de la Savoie ne s’explique pas. Il se ressent, passionnément, que l’on soit né dans cette terre, ou que la vie nous y ait amené. Dans les brumes des souvenirs de l’enfance, peu à peu l’horizon s’élargit et la mémoire s’accommode.

Pour un enfant des hautes vallées, c’est d’abord l’alpage et la neige, le rythme des saisons qui scandent l’existence d’un mode de vie ancestral dont on connaît les derniers feux.
Puis en descendant les vallées, on découvre le rougeoiement des usines, la dureté des conditions de travail, la marque des luttes syndicales, la noblesse de l’industrie. On traverse de vieilles cités chargées d’histoire et de vie, qui pour l’une a donné naissance à une dynastie millénaire, qui pour l’autre a donné un Saint.
Arrivé dans la plaine où s’épanouissent les vergers et les vignobles, veillés de part et d’autre par des châteaux immémoriaux, on progresse vers Chambéry, cette capitale dont nous sommes si fiers.
Et puis on découvre, la Savoie des Lacs, la Savoie du Rhône et de ses peupleraies, les montagnes magiques des Bauges et des Entremonts, traits d’union avec les départements voisins.
Que l’on soit de Chambéry, d’Aix, de Chautagne, de l’Avant-Pays, de la Chartreuse, des Bauges, de la Combe de Savoie, de la Maurienne, du pays d’Albertville, d’Ugine et du Val d’Arly, du Beaufortain ou de Tarentaise, chacun d’entre nous a une relation particulière avec la Savoie.

Mais nous avons toujours défendu avec ardeur et fidélité la Savoie et ses projets, unis et solidaires, au-delà des clivages politiques et des spécificités géographiques.

Présider notre Assemblée Départementale est un honneur, et une charge dont je mesure la difficulté. Je pense bien évidemment aux miens, aux morts autant qu’aux vivants. Aux électrices et aux électeurs du canton de Moûtiers, grâce à qui je siège parmi vous aujourd’hui.
Et je voudrais, bien sûr, remercier les collègues qui m’ont accordé leur confiance, que je m’emploierai à ne pas décevoir.
Je veux dire aussi à ceux qui ont fait un autre choix que je compte bien faire vivre le climat d’écoute et de respect d’autrui que notre assemblée s’honore d’avoir construit depuis des décennies, malgré tous les ressacs de la vie publique.

Je voudrais surtout saluer respectueusement et amicalement Jean-Pierre Vial, qui pendant six ans a présidé notre Assemblée Départementale avec talent, ouverture et conviction. Ce n’est pas seulement l’amitié personnelle, et la reconnaissance émue pour son courage et sa loyauté dans les moments difficiles, qui me font dire aujourd’hui qu’il a été un Président écouté et respecté dans des années particulièrement décisives pour le Conseil Général.

Son implication personnelle a été décisive à bien des égards sur quatre grands dossiers : la prise en charge de la maladie d’Alzheimer, qui est un défi qui ne fait que commencer, et, dans le cadre de la mise en œuvre de la loi sur le handicap, la création de la maison départementale des personnes handicapées ; l’énergie solaire, domaine dans lequel la Savoie fait la course en tête, en particulier avec l’installation de l’INES, l’institut national de l’énergie solaire, qui en 6 ans est passé de l’idée à la réalité et qui restera sans doute un des plus beaux combats de Jean-Pierre Vial, qui n’a ménagé ni sa peine ni son temps, au cœur de Savoie Technolac, notre technopole dont il n’a cessé de veiller au développement ; mais aussi avec la synergie recherche-industrie, comme en témoignent Montricher et Château-Feuillet ; une négociation réussie avec l’Etat pour les transferts de compétence ; la conception et la mise en œuvre d’une politique novatrice en faisant émerger nos sept territoires départementaux, comme lieux de dialogue, de concertation et d’action.

Je suis heureux, bien évidemment, qu’il continue de participer aux toutes premières places dans notre équipe de Savoie, dans des domaines qui l’ont toujours passionné comme la recherche, l’enseignement supérieur, les filières technologiques, et le Lyon-Turin dont il est, avec Michel Bouvard et Louis Besson, un expert reconnu.

Parlant de cette place aujourd’hui, je retrouve un Conseil Général bien différent de celui dont j’ai quitté la présidence en juin 2002.

Une assemblée départementale renouvelée à hauteur du tiers, un certain rajeunissement mais bien trop timide par comparaison avec les années quatre-vingt, peu de progrès dans la féminisation, même si nous comptons désormais 7 élues, ce qui est insuffisant.

A ce moment de mon propos, je voudrais adresser mes chaleureuses félicitations aux collègues qui nous rejoignent : Christiane Brunet, pour le canton de Saint-Pierre d’Albigny, Nicole Guilhaudin pour le canton de Chambéry sud, Christiane Lehmann pour le canton d’Aiguebelle, Lionel Mithieux pour le canton de Cognin, Jean-Paul Claret pour le canton des Echelles, François Cuchet pour le canton de la Rochette, ainsi que Yves Husson pour le canton de Ruffieux.

Bienvenue au Conseil Général, qui est la maison de tous les Savoyards, qui est la vôtre. Vous réaliserez rapidement que nous formons davantage qu’une Assemblée Départementale, mais une sorte de « Parlement de Savoie » ouvert à tous les citoyens, aux forces économiques et syndicales, aux associations, pour débattre de tous les sujets qui concernent notre avenir, dans un climat de tolérance et de respect mutuel.

Je voudrais dire aussi toute notre estime pour le travail qu’ils ont fourni à nos collègues qui ne siègent plus parmi nous : Jean-Louis Boisson, Jean Bollon, Guy Dyen, François Peillex, Alain Bouvier, Jean Fressoz et Jean-Noël Parpillon.

Mais le plus grand changement tient à l’ampleur des évolutions budgétaires, liée aux compétences nouvelles, et à la montée en puissance des politiques sociales, notamment de l’ADPA. Le dernier budget que j’ai fait voter en 2002 s’élevait à 350 millions d’Euros, nous venons de voter un budget de 509 millions d’Euros.

Dans le même temps le personnel est passé de 800 agents à 2300 du fait de compétences renforcées. Je voudrais ici saluer le remarquable travail qu’ils accomplissent avec un sens aigu de l’intérêt général, et leur dire que le dialogue social ainsi qu’une gestion humaine des ressources humaines sera une de mes priorités.
Je sais que l’arrivée des agents de l’Equipement et des Collèges s’est passée dans de bonnes conditions. Il faut maintenant poursuivre le rapprochement entre les agents, quels que soient leur métiers et leurs statuts, pour qu’ils aient le même sentiment d’appartenance au Conseil Général, ce que va faciliter notre nouvelle organisation territoriale.

Mes chers collègues, une Assemblée Départementale renouvelée, un budget important, des agents dévoués et efficaces, pour quoi faire ?

Pour une Savoie plus belle.
Pour une Savoie plus active.
Pour une Savoie plus solidaire.

*

Nous n’avons pas attendu le Grenelle de l’environnement pour mettre le développement durable au cœur de nos politiques, puisque c’est Michel Barnier qui a impulsé ce mouvement dès 1990 avec « la Savoie signe Nature ». Ces dernières années, nous avons renforcé nos politiques environnementales sous l’impulsion de Franck Lombard en particulier concernant les énergies avec le solaire ou le bois énergie, les déchets, l’eau, l’air ou encore la gestion de l’espace. Mais il faut aller plus loin. Faisons de la Savoie un département de Haute Qualité Environnementale.

Cela veut d’abord dire que dans ses compétences propres, le Conseil Général doit encore mieux montrer l’exemple : construction et restructuration de collèges, politique routière, poursuite de l’effort en matière de pistes et bandes cyclables. Mais c’est un engagement collectif de tous qu’il faut mettre en œuvre, par des Pactes Territoriaux de Développement Durables, dont le Département serait non seulement un des acteurs, mais l’aiguillon, particulièrement dans quatre domaines :

Tout d’abord, une politique globale de l’eau, par la mise en œuvre de contrats de bassin versants, comme les collectivités réunies par le Lac du Bourget ont su l’inventer de manière pionnière, et comme le fait en ce moment le Pays de Tarentaise Vanoise.

Ensuite, une politique de gestion de l’espace plus active, dans nos agglomérations, nos vallées et nos montagnes. Je voudrais ici tirer la sonnette d’alarme quand je vois sournoisement ou plus visiblement progresser le mitage de notre territoire, ou que l’on tarde à réinventer un nouveau modèle de développement pour nos stations de montagne.
Nous ne sommes plus en 1965. Nous ne fonderons pas leur développement durable dans les prochaines années sur la construction non maîtrisée, et encore davantage dans un contexte de changement climatique. Un outil, peut-être imparfait, existe : le Schéma de Cohérence Territoriale. Elaborons les dans la concertation avec tous les citoyens et les acteurs, et mettons les en œuvre sans tarder. Il y a urgence.

Par ailleurs, notre politique de transports, qui ne relève pas de notre compétence quand il s’agit des transports ferroviaires et urbains, doit favoriser le développement des transports en commun et des modes de déplacement doux. Pour ne citer qu’un exemple, Jean-Pierre Vial a fait des propositions concrètes pour l’organisation des déplacements entre Albens, Aix-les-Bains, Chambéry et Montmélian. N’attendons pas davantage pour apporter des réponses.

Enfin, s’agissant des économies d’énergie, dossier majeur à multiples facettes, il est un sujet sur lequel nous devons et pouvons aller très vite : faire le diagnostic thermique des bâtiments relevant de notre patrimoine public, dans le souci de donner l’exemple, mais aussi des logements sociaux, notamment les plus anciens, et réaliser rapidement les travaux nécessaires. Cela aurait également le mérite d’alléger la facture de chauffage de ménages modestes. De même, dans le cadre des appels à projets, il sera indispensable de procéder à des expérimentations sur des bâtiments et des éco-quartiers, afin de pouvoir anticiper et programmer nos futures politiques.

Pour la Beauté de la Savoie, n’oublions pas non plus les Chartes Architecturales et Paysagères, car notre regard est trop souvent écorché par des outrages que l’on aurait pu éviter, et qu’il convient de réparer, et pas seulement dans nos entrées ou sorties de villes.

J’ai parlé de la beauté extérieure de notre Savoie. Il faut prendre garde de ne pas oublier la beauté intérieure, sans laquelle, jamais rien de grand ne se fait jamais. Cette beauté intérieure qui permet de s’élever, de surmonter ou de relativiser les tourments de la vie. Qui apprend à admirer et à oublier son pauvre ego, dans une société médiatique où le dénigrement et la vulgarité deviennent la mesure de toute chose.
Vous avez compris que je veux parler de la culture, domaine dans lequel au-delà de la lecture publique qui figure au nombre de nos compétences obligatoires, nous avons su au fil des années, innover, soutenir et transmettre. Bien sûr, dans notre Assemblée, cela suscite parfois des débats, des incompréhensions, des postures. Tout ne doit pas être figé. Mais n’oublions jamais que le patrimoine, ainsi que toutes les formes de culture vivante nous supposent et dépassent à la fois. Et nous aident à vivre aussi.

* * *

Le développement durable ne signifie pas le mépris de l’économie, et encore moins la « décroissance » comme on le lit parfois. C’est d’ailleurs l’écologie qui sera désormais un des principaux moteurs de la croissance.
Sans création de richesses, pas de développement durable, pas de financement de la solidarité pour tous les âges de la vie. Ne l’oublions jamais. C’est d’ailleurs cette conviction qui nous a conduit, dans le cadre de la démarche Savoie 2020 à décider la rédaction d’un livre blanc pour un véritable plan climat.

C’est pourquoi notre Conseil Général doit toujours être en première ligne pour une Savoie plus active, pour les activités économiques, pour le logement, et pour faciliter les déplacements.

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Ce n’est certes pas une collectivité publique qui crée l’activité. Mais notre rôle est d’être des interlocuteurs, des facilitateurs, des soutiens de toutes les forces économiques et syndicales du département. Par une politique générale de soutien aux entreprises, dans le cadre des limites strictes que la loi assigne à nos interventions, comme le fait l’Agence Economique. Et par une politique pragmatique de soutien aux différents secteurs d’activité.

L’avenir de notre agriculture, dans le contexte européen et mondial, a fait l’objet de remarquables assises, organisées par les professionnels en décembre dernier. Et nous aurons à décider, avant la fin de l’année, de la mise en œuvre de nouveaux outils. Et nous pouvons compter sur le ministre et les parlementaires savoyards pour défendre l’agriculture de montagne dans le cadre des évolutions futures de la politique agricole européenne.

Notre industrie, dont nous nous refusons à parler au passé, a connu d’intenses restructurations entre 1975 et 1995. Depuis quinze ans, malgré la fermeture de certains sites, l’emploi industriel s’est maintenu, avec même une légère augmentation, ce qui est une performance à l’ère de la mondialisation.
Mais le fait majeur a été évidemment la dislocation du groupe Pechiney, multipliant les interlocuteurs, qui est le résultat de vingt années d’erreurs collectives, et sa vente à Alcan, puis Rio Tinto en attendant le suivant… Avec Michel Bouvard, Jean-Pierre Vial, Vincent Rolland Pierre-Marie Charvoz, et Franck Lombard, nous avons été évidemment extrêmement vigilants à toutes les étapes de ce dossier, qui est encore en évolution, notamment pour ce qui concerne Saint-Jean de Maurienne.

Nous savons qu’il faut nous battre tous ensemble sur plusieurs fronts. La formation de la main d’œuvre, qui est notre premier atout. Le maintien de la Recherche-Développement, enjeu majeur notamment pour Saint-Jean, pour Montricher et Château-Feuillet avec le silicium, Cascade à La Rochette.
D’autres projets pourraient voir le jour et donner une consistance à la filière solaire industrielle de la Savoie. Le maintien de tarifs d’électricité adaptés à l’industrie par des contrats à long terme, sujet majeur sur lequel nous nous sommes mobilisés, au Parlement avec Michel Bouvard et Vincent Rolland, ainsi qu’au gouvernement.

Mais il nous manque un outil, que les Allemands ont développé depuis plus d’un demi-siècle, un Fonds d’Investissement dans les Entreprises Régionales. Nous savons que nous pouvons compter sur le Président de la Commission de Surveillance de la Caisse des Dépôts pour activer les outils existants et efficaces, pour qu’au capital de nos grandes entreprises - pas seulement industrielles d’ailleurs, mais également touristiques et chacun sait que je pense à la Compagnie des Alpes-, il y ait des actionnaires intéressés par l’investissement durable, et pas par la rentabilité financière à court terme.
Il faut sensibiliser les acteurs bancaires et financiers pour mobiliser l’épargne locale au profit du développement des entreprises régionales. Le monde de la globalisation financière nous laisse dans un sentiment d’impuissance. Mais pour certaines de nos entreprises ou industries, il existe des outils pour agir concrètement. Il est impératif de les activer rapidement. Voila un beau défi à relever.

Pour ce qui concerne le Tourisme, qui représente la moitié de l’activité économique de notre département, et une proportion majeure de nos recettes fiscales, Savoie Mont-Blanc, notre Agence bi-départementale, pilotée par Vincent Rolland et Denis Bouchet, a vocation à mettre en œuvre une communication globale et active.

Pour répondre aux attentes nouvelles de la clientèle, et ce pour toutes les saisons, le Conseil Général a mis en œuvre en 2007 un ambitieux Plan Tourisme dont les actions concrètes commencent à prendre forme. Il faut poursuivre cet effort, et le réorienter le cas échéant, dans un dialogue constant avec les élus et les professionnels.
C’est ce que nous ferons aussi en faveur du Thermalisme, qui doit se renouveler et se moderniser dans un contexte d’érosion du thermalisme médical.

Nos montagnes enfin doivent continuer de faire l’objet de nos soins les plus jaloux, en développant l’institut de la montagne, pour lequel notre collègue Rozenn Hars dépense beaucoup de son temps et de son énergie. L’institut devra s’attacher à rassembler les forces vives, les acteurs de la montagne, ses élus, ses professionnels et ses partenaires, en s’appuyant sur son pilier qu’est l’université.
Il sera à la montagne ce que l’INES est au solaire, en mettant à disposition et en partage des connaissances aujourd’hui nombreuses mais éparpillées, et en proposant une vision prospective et une aide à la décision, dans les domaines par exemple de la recherche ou des risques naturels.

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Comme pour beaucoup de Français, le logement est le souci principal de beaucoup de Savoyards. Depuis vingt ans, le Conseil Général s’est engagé, avec l’OPAC, aux côtés des communes, alors que le logement ne figure pas dans nos compétences obligatoires.
Aujourd’hui, avec un objectif de 12 millions d’Euros par an soit un doublement en 5 ans, nous menons une politique active. Mais il faut aller plus loin, que ce soit dans les agglomérations ou dans l’habitat plus diffus. Un poste de vice-président exclusivement chargé de ce dossier témoigne de notre volonté d’innovation et d’engagement.

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Pour les 400 000 Savoyards qui vivent et travaillent, comme pour les entreprises qui se développent, ou les touristes qui nous visitent, la sécurité et la rapidité des déplacements sont des préoccupations essentielles. C’est à la fois un enjeu de qualité de vie, de développement durable, et un enjeu économique majeur. Comme je l’ai déjà indiqué le Département a toujours été présent et le sera encore davantage sur les grands dossiers structurants, pour lesquels nous ne sommes pas le décisionnaire principal. Je pense à l’organisation des déplacements dans la grande agglomération Montmélian-Chambéry-Aix les Bains. Je pense bien sûr au dossier Lyon-Turin, qui va nous mobiliser toujours et encore. Je pense aussi à l’amélioration de la combinaison des modes de transports, problématique majeure qui émerge seulement dans un certain nombre de nos territoires.

Mais en la matière, c’est évidemment sur notre réseau routier départemental que nous sommes en première ligne. Et seuls à le financer, à l’exception du Plan Qualité Route en cours d’achèvement, pour lequel certaines communes et les sociétés de remontées mécaniques de Tarentaise auront apporté une contribution importante.
Aujourd’hui, dans notre département, toutes les routes sont départementales, à l’exception de la Voie Rapide Urbaine qui traverse Chambéry, et la section de la RN 90 de la sortie du péage de Sainte-Hélène sur Isère jusqu’à l’entrée de Bourg-Saint-Maurice. C’est 3 152 km (dont 328 km transférés du réseau routier national), de nombreux ponts et ouvrages d’art qu’il nous faut entretenir. Ce sont 510 agents transférés qui s’ajoutent aux agents de la Direction des Routes Départementales, dont je tiens à saluer la valeur et l’ardeur au travail dans des conditions souvent difficiles.

Ces dernières années, nous avons beaucoup investi. Quand on se déplace dans les autres départements, on n’a pas à rougir du travail accompli, grâce à la vigilance d’Auguste Picollet et d’Alexandre Dalla Mutta. Maintenant que nous disposons d’une nouvelle organisation territoriale avec les Territoires de Développement Local, il faut que nous procédions à un audit complet des points noirs de notre réseau, et que nous programmions nos investissements, en donnant la priorité aux aménagements de sécurité, en cohérence avec le Programme Pluriannuel d’Investissement, sous le regard justement vigilant de Michel Bouvard. Bien évidemment, en ce début de mandat, les Maires seront consultés pour la définition de ces priorités.

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Plus belle et plus active, notre Savoie doit être également plus solidaire, je dirais même « mieux » solidaire. Nous sommes fiers d’accompagner les Savoyards à tous les âges de leur vie, quand ils en ont besoin. Et tous les élus qui ont travaillé dans ce secteur y sont légitimement attachés, car la relation à l’autre est au cœur de notre mission. Dans ce domaine, notre département est très engagé avec 30 % de son budget. Avec des collègues impliqués, comme Pierre-Marie Charvoz, et avant lui Albert Gibello et Jean Fressoz.
Nous avons toujours essayé d’être inventifs et pragmatiques, car les hommes sont plus important que les procédures, ce qui n’est pas toujours facile, du fait de l’enchevêtrement des compétences et des missions entre l’Etat, la Sécurité Sociale, et les Collectivités locales. Ce ne serait rien si ce n’était seulement une question d’organisation administrative. Le problème c’est que ce sont les citoyens dans le besoin qui souffrent de ce parcours du combattant administratif, comme j’ai pu le constater récemment encore en rendant visite à une personne handicapée à son domicile.

Dans ce domaine essentiel de nos compétences, nos priorités sont affichées de manière évidente. Et notre partenariat clairement défini avec les associations qui jouent un rôle majeur dans la mise en œuvre de ces politiques.

Améliorer notre service social de proximité, notamment en faveur de l’enfance et de la famille, compte tenu des évolutions de la société et des difficultés de plus en plus grandes, et de plus en plus complexes à résoudre que nous rencontrons sur le terrain.

Développer la solidarité, c’est également la poursuite de l’action sociale auprès de ceux qui sont en souffrance ou dans le besoin par la prise en charge et l’attribution du RMI avec un véritable enjeu de retour à l’emploi rendu possible grâce à la mobilisation des entreprises de notre département.

Renforcer nos actions en faveur de la jeunesse en assurant l’investissement et le bon fonctionnement des 46 collèges publics et privés de notre Savoie, sans oublier le financement du transport des 25 000 enfants scolarisés. Animer la politique jeunesse du département en accompagnant le renouvellement des contrats cantonaux. Favoriser l’accès des savoyards au sport en finançant la réalisation d’équipements et en soutenant les événements, les clubs et les associations.

Relever le défi du vieillissement, conjointement avec l’Etat et la Sécurité Sociale, en améliorant le maintien à domicile, garant d’une meilleure qualité de vie, et en poursuivant la création de lits supplémentaires pour l’hébergement dans les structures médicalisées, en prenant toute la mesure des défis posés par la Maladie d’Alzheimer ainsi que les initiatives qui ont été prises en matière de formation spécifique des personnels.

Pour les personnes handicapées, la création de la Maison Départementale du Handicap est un réel progrès, mais qu’il faut approfondir car il y a encore des pesanteurs dans le traitement des dossiers. Nous manquons de places pour certaines structures spécialisées et nous devons d’accompagner plus particulièrement la prise en charge du handicap psychique.

Je terminerai sur ce chapitre pour dire, sur un sujet qui n’est pas de notre compétence, que nous serons particulièrement vigilants sur l’organisation de la permanence des soins dans notre département, du point de vue de l’offre hospitalière bien sûr, avec les gros dossiers de Chambéry et d’Albertville-Moûtiers, mais également pour ce qui concerne le maillage de l’offre libérale, médicale et paramédicale.

* * * Mes chers collègues,

Avant de terminer, je voudrais vous faire part de deux réflexions, qui me semblent importantes pour l’avenir de notre collectivité départementale.

La première concerne notre gestion financière. Sur les recommandations éclairées de Michel Bouvard et de Guy Dyen, nous avons poursuivi ces dernières années une politique fiscale modérée, avec un endettement maîtrisé. Pour autant, le Département a continué à mener une politique volontariste, que permet notre situation économique qui élargit notre base fiscale.
Il faut poursuivre inlassablement cette stratégie, en renforçant nos efforts en matière de maîtrise des dépenses et de contrôle de notre gestion. Chacun sait le nécessaire assainissement financier de notre pays, qui concerne l’Etat, la Sécurité Sociale, les collectivités locales. Nous devons prendre toute notre part à cet effort.

Et concernant les dépenses, nous devons passer du dépenser plus au dépenser mieux. Un budget en augmentation ne signifie rien. Il est irresponsable de s’en vanter. Ce qui compte, c’est ce que l’on fait avec. Nous devons toujours nous poser la question de l’utilité de la dépense. Pour nos dépenses de fonctionnement et de structure, surtout avec la nouvelle organisation territoriale que nous venons de mettre en place.
Et s’agissant des dépenses d’investissement, la montée en puissance de l’intercommunalité devrait nous permettre d’être plus rationnels et plus judicieux dans le choix des équipements publics. Nous sommes déjà, globalement, un département bien équipé. Et il y a derrière chaque décision le citoyen-contribuable-électeur dont nous sommes les mandants.

La deuxième réflexion est toute personnelle, et n’engage donc pas mes collègues, qui par leur confiance, me permettent de parler de cette place. Elle concerne l’avenir de l’institution départementale, souvent critiquée, et récemment encore dans un rapport fameux.

Il est vrai que nous avons, dans notre pays, trop d’échelons administratifs. Pour autant la suppression des départements au profit des régions, surtout quand elles sont immenses comme l’est la région Rhône-Alpes, serait un recul du service et de la décision de proximité. Je pense depuis longtemps, et c’est pourquoi j’ai co-signé une proposition de loi qui va dans ce sens à l’Assemblée Nationale, que la bonne solution est que l’on substitue aux conseillers généraux et régionaux actuels, des conseillers territoriaux, élus dans des cantons plus grands, qui siégeraient à la fois au conseil général et au conseil régional.
Cette fusion des élus impliquerait un redécoupage des compétences pour éviter les redondances et les conflits. Par exemple, il serait logique que les collèges dépendent de la région, qui aurait ainsi un pole de compétence clair éducation-formation-emploi-recherche, et que les subventions aux collectivités dépendent du département. Quand on a vécu l’élaboration des CDRA et des CTS, je pense qu’on ne peut qu’être d’accord. Un tel système aurait le mérite de plus de simplicité, d’efficacité, et de substantielles économies budgétaires.

Ceci étant, il faut tenir compte de notre spécificité savoyarde. Depuis vingt-cinq ans, les deux départements savoyards travaillent ensemble, et davantage encore depuis la création de l’Assemblée des Pays de Savoie, créée en 2001, suite à la proposition que nous avions faite avec Ernest Nycollin, que je veux saluer alors qu’il a décidé de ne pas se représenter.
Chacun sait que dans certains domaines nous avons su créer une dynamique (Université, Tourisme, Agriculture, Culture), mais que parfois, dans certaines réunions, nous avons pu ressentir un sentiment de frustration. C’est pourquoi je pense qu’il faudrait franchir une étape supplémentaire, en créant un Conseil des Pays de Savoie, regroupant les deux conseils généraux, qui outre leurs compétences propres, exerceraient des compétences supplémentaires par délégation de la région et de l’Etat, comme le permet la révision constitutionnelle de 2004 dans le cadre des expérimentations. C’est ce que je proposerai au nouveau Président du Conseil Général de Haute-Savoie.

Je sais que le chemin sera difficile, semé d’embûches et de résistances au changement. Je ne suis pas naïf. Mais je pense qu’on ne peut pas rester dans cette situation stratifiée, et que notre rôle est de porter des projets d’avenir, même quand ils dérangent. Surtout quand ils dérangent.

* * *

Mes chers Collègues,

Au cours du mandat qui vient de s’achever, 99 % des délibérations ont été prises à l’unanimité.
Cela ne veut pas dire que quiconque ait renoncé à ses convictions, ou à exercer son regard critique.
Cela signifie simplement le climat d’écoute, de travail en commun, de respect d’autrui, montre le chemin du progrès partagé pour tous les Savoyards.
J’estime qu’il est de ma responsabilité de créer les conditions de ce climat. Nous avons tant de choses à faire ensemble pour la Savoie !

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Gaymard accuse Hortefeux L'Express Par Feltin Michel, mis à jour le 27/08/2008 à 12:30 - publié le 27/08/2008 p. 16

Hervé Gaymard en est persuadé : "C'est Brice Hortefeux qui était à la manoeuvre pour ce que l'on a appelé l'affaire de mon appartement."

L'ancien espoir de la droite, redevenu aujourd'hui député UMP et président du conseil général de Savoie, sait que sa carrière nationale s'est (provisoirement ?) brisée en février 2005, lorsque Le Canard enchaîné a révélé que le ministre de l'Economie de l'époque était logé avec son épouse et leurs huit enfants dans un duplex de 600 mètres carrés payé par l'Etat.

Il sait aussi à qui le crime a profité : "Quelque temps avant, Nicolas Sarkozy m'avait demandé si j'étais avec lui. Je lui avais rappelé ma fidélité à Jacques Chirac. Il m'avait répondu que, puisque je n'étais pas avec lui, c'est que j'étais contre lui, et qu'il en tirerait les conséquences.

Peu après, Le Canard sortait l'affaire, je démissionnais du gouvernement et Brice Hortefeux se vantait lors d'un dîner d'avoir organisé l'opération."

Une version vivement démentie par l'actuel ministre de l'Immigration : "Ni de près ni de loin je n'ai suivi cette affaire, indique-t-il à L'Express. Je n'avais aucun élément d'information ni aucun motif de m'en prendre à Hervé Gaymard."

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Démission d'Hervé GAYMARD de la présidence du CG 73 01/04/2011 à 10h13 | lepost.com www.tvnetcitoyenne.com

Coup de théâtre au Conseil Général de la Savoie, dans un communiqué daté du Vendredi 1 avril à 9 h30, Hervé Gaymard déclare “Ayant été élu, sans majorité, hier, et après discussion avec Thierry Repentin, je remets ma démission à l’assemblée départementale ce jour.»

Puis citant André Malraux , il continue « On ne fait pas de politique avec de la morale, mais on n'en fait pas davantage sans. Dans la situation sans précédent que traverse notre pays, la montée de l’abstention et du vote extremiste jusque dans notre département, il m’apparaît que les français semblent s’être résignés face à de telles évolutions.

Résignés à l’idée que nos valeurs républicaines ne se trouvent plus au cœur de notre politique. Résignés à l’idée que rien ne pourra véritablement empêcher ce mouvement inexorable. La dispersion des politiques conduites a contribué à aggraver ce sentiment. Tout au plus, espérait-on, ici ou là, pouvoir retarder cette évolution.

Dans ce climat, il m’est apparu, qu’il fallait, oser une autre approche de la politique, un sursaut républicain et démocratique pour demain. Aussi je proposerai, en accord avec le sénateur Thierry REPENTIN, à la prochaine session de l’assemblée départementale une présidence tournante, avec lui...." Et c'est ainsi qu'Allah est grand!"*

Une rapide analyse du texte du communiqué, montre, que bien plus qu’un coup de théâtre, Hervé Gaymard semble se positionner dans une course présidentielle pour 2012, comme un éventuel recours...suffit simplement de ne pas se tromper de date 2012 ? 2017 ?

*Dans le contexte que nous connaissons actuellement, la formules est plutôt surprenante. Mais elle est d’Alexandre Vialatte, qui terminait toujours ces chroniques dans le journal La Montagne par cette formule. Rappelons qu’Hervé Gaymard est un admirateur sans borne de Vialatte.

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Le Point.fr - Publié le 31/03/2011 à 14:11 Source Reuters La droite conserve donc de justesse la présidence du conseil général.

La droite a conservé jeudi la présidence du conseil général de la Savoie, que la gauche espérait faire basculer en sa faveur.
Le président sortant, l'ancien ministre Hervé Gaymard, a été reconduit dans ses fonctions au bénéfice de l'âge.
Au troisième tour de scrutin, le député UMP et son adversaire de gauche, le sénateur socialiste Thierry Repentin, étaient toujours ex aequo, avec 18 voix chacun.

La loi prévoit dans ce cas que le candidat le plus âgé des deux l'emporte. Hervé Gaymard a 51 ans. Thierry Repentin aura 48 ans la semaine prochaine. Au soir du deuxième tour des cantonales dimanche, la gauche avait remporté trois cantons supplémentaires en Savoie, passant de 15 à 18 élus, mais le sort de la présidence dépendait d'une poignée d'élus centristes ou sans étiquette.

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dimanche 17.06.2012, 19:37 L'Essor savoyard Législatives (2e circonscription 73) : Hervé Gaymard réélu

Avec 58,19% des voix, l'ancien ministre et président du Conseil général Hervé Gaymard conserve son siège à l'Assemblée nationale.

Dimanche dernier, il avait obtenu 45,88%.Son adversaire socialiste François Rieu est donc crédité aujourd'hui de 41,81%. A noter que le taux d'absention dans cette deuxième circonscription a été de 50,16%.

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InfoChretiente Info Mardi 19 juin » Mise à jour : 8h14 Hervé Gaymard veut prendre la tête du groupe UMP à l'Assemblée

Hervé Gaymard a annoncé sa candidature à la présidence du groupe UMP à l’Assemblée nationale. Le député de Savoie, déjà candidat malheureux en 2010 face à Christian Jacob, estime que le président du groupe devra être « un pôle de stabilité, un pôle d’opposition et un pôle de reconstruction« .

De son côté, Christian Jacob, président sortant et candidat à sa succession, est proche du secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé.

L’élection du président du groupe UMP à l’Assemblée est programmée mercredi matin. Jean Leonetti et Xavier Bertrand pourraient aussi être candidats.

Hervé Gaymard a obtenu la mention Insuffisant pour la dernière législature (comme les députés Leonetti et Bertrand), tandis que Christian Jacob était Passable.

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Hervé Gaymard ne présidera pas le groupe UMP à l’Assemblée nationale par E.V. le 20/06/2012 à 18:10 http://www.ledauphine.com/savoie/2012/06/20/herve-gaymard-ne-presidera-pas-le-groupe-ump-a-l-assemblee-nationale

Le président du conseil général de Savoie et député Hervé Gaymard briguait mercredi matin la présidence du groupe UMP à l’assemblée nationale. Comme en novembre 2010, il a terminé en troisième position avec 17 voix, derrière Christian Jacob, élu au premier tour avec 117 voix, et Xavier Bertrand 63 voix.

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« Si les Français n’étaient pas à la hauteur, ça se saurait ! » Clara Gaymard, présidente de General Electric France Erwan Benezet | Publié le 21 févr. 2013, 07h00 http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/si-les-francais-n-etaient-pas-a-la-hauteur-ca-se-saurait-21-02-2013-2585193.php

Clara Gaymard est présidente de General Electric (GE) France, vice-présidente de GE International et présidente de la chambre de commerce américaine en France (Amcham).

Que pensez-vous du contenu de la lettre du patron de Titan ?
CLARA GAYMARD. Le ton de cette lettre est inacceptable et outrancier. Elle a certainement été écrite sous le coup de la colère et n'engage que son auteur. Qui peut croire que des salariés français ne travaillent que trois heures par jour ? Cette polémique m'attriste également car elle démontre que le dialogue a été rompu et que des emplois sont en danger. Est-il besoin de rappeler que plus de 4 OO0 entreprises américaines, qui emploient plus de 500 O0O salariés, sont présentes sur le sol français ? Ce ne sont pas des bas salaires que les Américains viennent chercher, mais donc bien une expertise, un savoir-faire, une ingénierie et une main-d'oeuvre de qualité. Nos sites fabriquent des turbines à gaz, basées sur une technologie française, que nous exportons partout dans le monde. Celui de Belfort est même le plus efficace au monde. Si les Français n'étaient pas à la hauteur, ça se saurait !

L'image de la France n'est-elle pas parfois écornée ?
Elle est en effet très contrastee. Certes, tout n'est pas parfait. Les35heures, ou plus récemment la taxe à 75%, ont été différemment appréhendées selon les pays. Il faut encore apporter une solution à l'instabilité juridique, améliorer le dialogue social, la compétitivité ou encore les capacités d'adaptation dans un monde en plein mouvement. Mais tout ça peut s'améliorer et n'a rien à voir avec les propos tenus dans cette lettre. General Electric emploie 11 000 salariés en France, dont 8 500 sur ses sites industriels. 98 % d'entre eux sont français.

Comment expliquer ce contraste ?
L'expérience du terrain. Dès qu'une entreprise étrangère s'implante en France et n'observe plus le pays par le seul prisme de médias étrangers mais de l'intérieur, le regard est très différent. Tous les points de vue se rejoignent sur l'excellence française. Je citerai un seul exemple : notre ioint-venture avec une entreprise française, Safran en l'occurrence, nous a permis de devenir le premier motoriste mondial dans l'aviation. Notre tout nouveau moteur, qui équipera notamment l'A-320 NEO, s'est déjà vendu à 2 5OO exemplaires alors que le tout premier ne sortira des chaînes de production que fin 2016. Une telle success story n'aurait jamais pu se faire sans les salariés français.

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http://www.boursorama.com/actualites/clara-gaymard-en-france-les-femmes-n-ont-pas-le-poste-de-decision-8ef3065380fbce18745f611d6b77f10a Clara Gaymard : en France, "les femmes n'ont pas le poste de décision" France 24 le 16/10/2015 à 16:41

Clara Gaymard, PDG de General Electric France, est la nouvelle présidente du Women's Forum. Ce "Davos féminin", qui se tient chaque année à Deauville, est l'occasion de donner un coup de projecteur sur la place des femmes dans le monde de l'entreprise et, plus largement, dans la société.

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Clara Lejeune-Gaymard

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Clara Gaymard quitte General Electric pour une aventure "entrepreneuriale" Par Vincent Beaufils Publié le 31-01-2016 à 13h29 Mis à jour le 01-02-2016 à 07h52 http://www.challenges.fr/entreprise/energie/20160131.CHA4550/clara-gaymard-quitte-general-electric-pour-une-aventure-entrepreneuriale.html

Clara Gaymard, qui était depuis neuf ans à la tête de sa filiale française, a annoncé dimanche à Challenges qu'elle allait quitter GE France. Elle est remplacée par Mark Hutchinson, actuel patron de GE Europe, précise GE lundi.

«Le closing avec Alstom vient de se terminer, c'était un bon moment pour moi de préparer une nouvelle étape de ma vie professionnelle, commente Clara Gaymard à Challenges J'ai 56 ans, et je voulais connaître une nouvelle aventure. Elle sera dans le monde entrepreneurial.» Le rachat des activités énergie d'Alstom par l'américain GE, feuilleton industriel qui aura mobilisé le gouvernement et l'Elysée durant de nombreux mois, s'est achevé en novembre dernier.

Désormais, la presque ex-patronne de GE France peut envisager de nouveaux horizons. Elle est également présidente de la fondation RAISE, un projet développé avec Gonzague de Blignières, pour favoriser la croissance des entreprises moyennes. Mais le projet de Clara Gaymard ira au-delà de la seule fondation.

«Je me suis posée la question de poursuivre avec GE, mais nous sommes convenus d'un commun accord que c'était un bon moment pour se séparer », précise celle qui a accompagné Jeff Immelt, le CEO de GE dans toutes ses négociations à Paris - il était encore au bord de la Seine avec elle vendredi dernier. Connaissant parfaitement la France et GE, Clara Gaymard aurait pu postuler pour le poste d'administrateur que le patron de General Electric a promis à un Français dans le board de l'entreprise américaine.«Cela ne m'intéressait pas, confie Clara Gaymard. Soit je partais soit je ne partais pas. J'avais envie de quitter un environnement Corporate, ainsi je gagne ma liberté.» Il semble de toute façon que General Electric recherche pour ce poste très convoité quelqu'un d'extérieur à l'entourage de l'entreprise américaine. Les noms de Jean-Paul Herteman, l'ancien PDG de Safran, ou même de Patrick Kron, le PDG qui a quitté Alstom jeudi dernier, ont donc été à tort mentionnés. L'heureux élu, un grand chef d'entreprise en activité, devrait être connu en avril prochain.

Quant à Clara Gaymard, elle peut quitter GE avec le sentiment du devoir accompli. La transaction initiée par Patrick Kron pour vendre les deux tiers d'Alstom est allé au bout, en dépit des embûches mise par l'ex- ministre de l'industrie Arnaud Montebourg. Et sa connaissance du monde des affaires et de l'administration française a été effectivement d'une grande utilité au groupe américain.

Après neuf années à la tête de GE France, "Clara Gaymard quitte l'entreprise au 1er février pour se consacrer à une nouvelle opportunité professionnelle. Mark Hutchinson assurera le rôle de PDG de GE France", a indiqué GE, lundi 1er février, dans un communiqué.

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