Portrait critique (mars 2006)
Renaud Donnedieu de Vabres

Décembre 2011 : Mis en examen dans l'affaire Karachi ; aveux
Novembre 2010 : Ré-apparition dans l'affaire Karachi
Juin 2007 : Battu au deuxième tour des législatives (cause Borloo : TVA "sociale"
Décembre 2006 : Le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres a dénoncé les propos "scandaleux, inadmissibles, racistes" de Pascal Sevran: "ils me semblent passibles de la loi", a-t-il ajouté. Le chanteur-animateur, ancien ami de Mitterrand et nouvel ami de Sarkozy, aurait dit que : "La bite des Noirs est responsable de la famine en Afrique" ...
Novembre 2006 : Donnedieu avertit :"Ségolène c'est du poujadisme crade"... in L'Orient Le Jour - 21 nov. 01 h 41
Juillet 2006 : Il sanctionne le censeur de la Comédie Française : réactions
Juin 2005 : Ministre de la Culture dans le gouvernement Galouzeau de Villepin
Avril 2004 : Ministre de la culture du gouvernement Raffarin 3
Février 2004 : 15 000 euros d'amende
Octobre 2002 : Blanchiment
12 juin 2002 : La Cour de cassation a rejeté sa demande d'annulation de mise en examen
24 mai 2002 : Nouveaux soupçons sur les ventes d'armes

15 mai 2002 : Les encombrantes frégates de Donnedieu de Vabres
Il a joué un rôle-clé dans la négociation du contrat franco-saoudien en 1994.

En plus de sa mise en examen pour blanchiment, Donnedieu de Vabres traîne un boulet autrement plus lourd : les commissions versées lors de la vente par la France de deux frégates à l'Arabie Saoudite.
S'il n'avait que sa mise en examen pour blanchiment, Renaud Donnedieu de Vabres pourrait sans doute dormir tranquille. S'abriter derrière l'éternelle difficulté de financement des partis politiques. Comme ses coaccusés, il a certifié à la justice que l'argent incriminé provenait des «fonds spéciaux» du gouvernement. Ce sera sa ligne de défense le jour où il comparaîtra devant le tribunal correctionnel.
Mais le nouveau ministre délégué aux Affaires européennes, proche collaborateur de François Léotard depuis 1986, traîne un boulet autrement plus lourd : la vente par la France de deux frégates Lafayette à l'Arabie Saoudite. Un dossier d'Etat qu'il a géré personnellement lorsqu'il était chargé de mission au cabinet de Léotard, ministre de la Défense, d'avril 1993 à janvier 1995. Ce contrat signé en novembre 1994, évalué à 20 milliards de francs (28 milliards avec une troisième frégate non prévue dans le contrat d'origine), a provoqué l'indignation des hauts fonctionnaires qui ont eu à le connaître ­ tant au ministère de la Défense qu'à Bercy. Ainsi que l'a révélé Libération (1), il a conduit Jacques Chirac à remettre en cause, dès son élection en 1995, les rémunérations promises aux intermédiaires.

Commissions.
Les commissions prévues s'élevaient à 20 % du marché : plus de 5 milliards de francs. Déduction faite de la part revenant aux autorités saoudiennes (10 % en moyenne), et de la rémunération à hauteur de 2 % de l'office d'Etat chargé du marché ­ la Société française de matériels avancés, Sofresa ­, les intermédiaires devaient encaisser 8 % du montant du contrat. Soit 2,2 milliards, encaissables au fur et à mesure de l'assemblage et de la livraison. Plus de cinq fois le montant habituel. Ali ben Moussalam, homme d'affaires saoudien plutôt versé dans l'hôtellerie de luxe, et ses deux associés libanais obtiennent en prime une exclusivité de cinq ans sur les futurs contrats. Du jamais vu. Dès 1995, le gouvernement Juppé est chargé du nettoyage en concertation avec le prince-sultan Ibn Abdulaziz, ministre de la Défense saoudien. Le patron de la Sofresa est remplacé, et en juillet 1996 Chirac évoque lui-même la question avec le roi Fahd. Le contrat original des intermédiaires est détruit peu après, dans une banque suisse, par le nouveau patron de la Sofresa, Pierre Mazens. La menace d'un procès est brandie, puis abandonnée.

Dans la tourmente, l'ampleur des négociations conduites par l'équipe Léotard et Renaud Donnedieu de Vabres apparaît un peu plus au grand jour. Le ministre de la Défense a lui-même rencontré à neuf reprises les intermédiaires, quand seul l'office de l'Etat est théoriquement mandaté pour le faire. Selon plusieurs hauts fonctionnaires, Donnedieu de Vabres, simple chargé de mission au cabinet, avait «écarté le directeur des relations internationales du ministère et le directeur général de l'armement». «Il allait à Riyad seul, a témoigné l'un d'eux. Cela n'était jamais arrivé au ministère de la Défense.»

Soupçons.
Début 1995, quand Donnedieu intègre l'équipe de campagne d'Edouard Balladur, il garde le contact avec Ali ben Moussalam, qu'il rencontre en mars et en avril à l'hôtel Prince-de-Galles. Le clan Chirac soupçonne logiquement l'équipe Balladur d'avoir fait de ces intermédiaires des sponsors pour la présidentielle. Ou des sponsors tout court. Les juges, en tout cas, n'ont pas trouvé trace de ces hommes en enquêtant sur les 5 millions de francs blanchis du Fondo (lire ci-dessus).
(1) Libération du 3 août 2001 : Renaud Donnedieu de Vabres n'avait alors pas souhaité répondre à nos questions et n'avait apporté aucun commentaire après cette publication.
Libération, Par Karl LASKE, mercredi 15 mai 2002

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Nouveaux soupçons sur les ventes d'armes

Le cheikh Ali ben Mussalam a obtenu une commission de plus de un milliard de francs pour son rôle d'intermédiaire lors d'une vente de frégates françaises à l'Arabie saoudite.

UNE AFFAIRE, que la justice n'a pas encore explorée, embarrasse Renaud Donnedieu de Vabres, le nouveau ministre des Affaires européennes. Déjà mis en examen pour blanchiment dans un autre dossier financier, l'ancien conseiller de François Léotard au ministère de la Défense entre 1993 et 1995 a été au coeur des négociations pour un énorme contrat de vente d'armes : il s'agit de la vente de deux frégates antiaériennes à l'Arabie saoudite, pour un montant de 19 milliards de francs, ainsi que la construction sur place d'une base navale et la formation des équipages.
Baptisée Sawari 2, l'opération est une réussite de l'industrie française : 45 millions d'heures de travail garanties, soit 5 000 emplois. Mais, sur ce fabuleux contrat, se sont greffés de curieux intermédiaires, un cheikh saoudien et ses associés libanais, aux prétentions financières exorbitantes. C'est avec eux qu'ont négocié, en direct, Edouard Balladur, alors Premier ministre, et son directeur de cabinet, Nicolas Bazire, et surtout François Léotard et son conseiller Donnedieu de Vabres.
L'intermédiaire saoudien, cheikh Ali ben Mussalam, a négocié un contrat d'intermédiaire hors normes avec le patron de la Sofresa, la société représentant l'Etat et les industriels chargés de préparer la vente. La Sofresa est présidée par Jacques Douffiagues, un ami politique du ministre. Une commission de plus d'un milliard de francs est accordée au cheikh. François Léotard, qui rencontre plus de dix fois le Saoudien en quatorze mois, s'implique à fond.
Donnedieu de Vabres aussi, ainsi que Balladur et Bazire : fait rare, un intermédiaire de ventes d'armes rencontre ainsi le Premier ministre en exercice. Les administrations spécialisées sont écartées des discussions. Surtout, après la signature définitive du contrat, le 19 novembre 1994, les contacts continuent. Pendant que s'organise en parallèle la préparation de l'élection présidentielle de 1995, où les balladuriens vont affronter les chiraquiens.

Un contrat rompu par le nouveau gouvernement (Chirac-Juppé)

Arrivés au pouvoir en 1995, Jacques Chirac et le gouvernement Juppé vont remettre en cause l'intermédiaire saoudien choyé par l'équipe de Léotard.
Maintenant que la vente a eu lieu, que sont fabriquées les frégates, ordre est donné de faire le ménage et d'arrêter de payer le cheikh. Du jamais vu ! Un jour d'avril 1996, une scène surprenante se déroule dans le sous-sol d'une banque genevoise. Michel Mazens, le PDG de la Sofresa nommé par le successeur de Léotard à la Défense, se fait ouvrir un coffre. A l'intérieur, un document confidentiel défense. L'unique exemplaire original de l'« accord de consultant », liant la France au cheikh Ali ben Mussalam, est déchiré sur place.
Mais le Saoudien a eu le temps de toucher « des sommes faramineuses », selon un proche du dossier, avant que les Français décident de stopper les paiements. Quant aux sommes finalement non versées, elles vont aiguiser de nombreux appétits. De très hauts responsables libanais vont ainsi essayer de mettre la main dessus, en vain.
Un collaborateur de cheikh Ali, évincé du marché, sera à l'origine des premières informations sur l'affaire. « Débriefé » par les services, il révèle le circuit financier imaginé pour faire circuler les commissions. Une filière qui passe, grâce aux Libanais, par plusieurs paradis fiscaux.
Patron de la Sofresa entre 1993 et 1995, Jacques Douffiagues explique que le « moteur du marché, c'était le gouvernement. Il s'agit d'un contrat classé secret-défense, sur lequel seul le ministre de la Défense peut s'exprimer ». L'avocat de Renaud Donnedieu de Vabres dément formellement toute implication de son client.
Et François Léotard n'a pas donné suite à notre coup de téléphone.
Laurent Léger, Le Parisien , vendredi 24 mai 2002, p. 16

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L'argent du PR revient cher à Donnedieu
La Cour de cassation a rejeté sa demande d'annulation de mise en examen.

Donnedieu lui-même, par sa demande d'annulation de la procédure, a redonné une soudaine actualité à cette vieille affaire.
Renaud Donnedieu de Vabres est désormais face à la justice. Hier (12 juin 2002), la Cour de cassation a rejeté sa demande d'annulation des actes de procédure ayant contribué à sa mise en examen pour blanchiment, en août 1998, dans une affaire de financement du Parti républicain (PR, rebaptisé Démocratie libérale depuis sa reprise en main par Alain Madelin). Les vices de forme désormais écartés, l'actuel ministre délégué aux Affaires européennes ­ en situation instable ­ devrait être renvoyé prochainement en correctionnelle. Compte tenu de l'encombrement des tribunaux, le procès pourrait avoir lieu au premier semestre 2003.

Nommé au gouvernement sans que Matignon ni l'Elysée ne se soient inquiétés outre mesure de la procédure judiciaire le concernant, alors qu'il suffisait de lire les journaux, «RDV» est devenu malgré lui un cas d'école : peut-on à la fois être ministre et mis en examen ? Depuis Bérégovoy et Balladur, les précédents Premiers ministres avaient tranché négativement ­ et définitivement, pensait-on. Pour sa part, le gouvernement Raffarin a jusqu'ici officiellement botté en touche en insistant sur la présomption d'innocence, mais surtout en priant pour que la Cour de cassation annule la procédure. Raté. Hier, le ministre (RPR) de la Justice, Dominique Perben, a tenté de donner le change au micro de BFM : «La justice a tranché sur la forme, pas sur le fond. C'est la fin du petit jeu consistant à détruire un ministre malgré la présomption d'innocence.» C'est pourtant Donnedieu lui-même, par sa demande d'annulation de la procédure ­ il est le seul des nombreux mis en examen dans l'affaire à se défendre jusqu'au bout sur des questions de forme ­, qui a redonné une soudaine actualité à cette vieille affaire.

Financement bidon.
Renaud Donnedieu de Vabres (en ballottage plutôt favorable dans la 1re circonscription d'Indre-et-Loire, dont il est le député sortant) est mis en cause en tant que fidèle bras droit de François Léotard, au PR comme au ministère de la Défense, sous le gouvernement Balladur. Avec le retrait politique de Léotard et sa propre promotion ministérielle, il apparaît en première ligne dans l'affaire du Fondo Sociale di Cooperazione Europea (FSCE), une sulfureuse banque franco-italienne qui avait mis en place un financement bidon au profit du PR, en juin 1996 : contre la remise de 5 millions de francs en espèces, le Fondo avait débloqué un prêt bancaire du même montant. Ce genre de «prêt adossé» est typique d'une opération de blanchiment : seul le volet bancaire (d'apparence légale) est déclaré, la contrepartie (du cash d'origine douteuse) n'apparaissant jamais. En fin de parcours, soit l'emprunteur rembourse le prêt pour récupérer son dépôt en espèces, soit le banquier se rembourse sur le dépôt qui est alors blanchi.

«RDV», en charge des espèces du parti, avait lui-même déposé une valise bourrée de billets de 500 francs dans les locaux du Fondo, puis rédigé une attestation selon laquelle ces 5 millions en liquide provenaient des «liquidités du PR». Les anciens responsables du parti mis en examen pour blanchiment (Léotard, Donnedieu, Pierre-Henri de Menthon et Serge Hauchart) insistent beaucoup là-dessus : cet argent serait un reliquat de fonds secrets dont ont bénéficié différents ministres PR, et non pas le fruit de commissions versées dans le cadre d'un méga-contrat d'armement avec l'Arabie Saoudite négocié à l'époque par le ministère de la Défense. L'attestation de Donnedieu précise aussi : «Ce prêt ne donnera lieu à aucune rémunération.» En clair, il s'agit d'un prêt bidon.

«Délit primaire».
«M. Donnedieu de Vabres est déjà passé à l'étape suivante, soulignait hier son avocate, Me Claire Waquet, avec une demande de non-lieu auprès du juge d'instruction.» Si une telle issue n'est pas la plus probable, les mis en examen espèrent une relaxe à l'issue du procès. En effet, pour admettre la qualification de blanchiment, la justice doit au préalable établir un «délit primaire», source d'argent sale qu'il s'agira ensuite de blanchir. En l'occurrence, les juges chargées de l'affaire, Laurence Vichnievsky et Eva Joly, confortées sur ce point par un arrêt de la chambre de l'instruction, ont retenu pour seul délit primaire une «infraction à la législation sur le financement des partis politiques» : le PR n'aurait pas le droit de détenir des espèces non déclarées, fussent-elles issues des fonds secrets gouvernementaux. Dès lors, le tribunal devra plancher sur cette passionnante question : les fonds secrets sont-ils de l'argent sale ? Jacques Chirac, grand utilisateur pour ses dépenses personnelles, sera très intéressé.
Par Renaud LECADRE, jeudi 13 juin 2002, p. 4.

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Deux ex-ministres seront jugés en 2003 pour "blanchiment"

PARIS (Reuters) - Pour la première fois, deux anciens ministres français vont être jugés en 2003 pour "blanchiment d'argent", dans un procès où sera abordé le problème des "fonds spéciaux" en liquide dont bénéficiaient le gouvernement et l'Elysée jusqu'en 2001.

Le juge Bruno Pireyre a prononcé cette semaine le renvoi en correctionnelle de François Léotard, ex-président de l'UDF et ministre de la Défense de 1993 à 1995, et de son ancien directeur de cabinet à l'UDF, Renaud Donnedieu de Vabres.

Le premier s'est aujourd'hui retiré de la vie politique. Le second a été en mai-juin dernier l'éphémère ministre des Affaires européennes du premier gouvernement Raffarin pendant cinq semaines, avant de démissionner en raison de cette affaire. Il a été réélu député d'Indre-et-Loire.

Le tribunal correctionnel de Paris devrait juger l'affaire Léotard-Donnedieu vers l'été 2003.

Le dossier va permettre à la justice parisienne de constituer une jurisprudence sur les "fonds spéciaux". Un jugement affirmant l'illégalité de l'usage de ces sommes à des fins de financement des partis aurait des conséquences sur d'autres instructions judiciaires en cours.

Jusqu'à la suppression de cette pratique par le gouvernement Jospin en 2001, les ministres, Matignon et l'Elysée disposaient chaque mois d'une enveloppe d'argent liquide retirée à la Banque de France, non déclarée, qu'ils utilisaient sans contrôle.

L'argent était en principe destiné au fonctionnement de l'Etat et à des compléments de rémunérations des ministres et de leurs collaborateurs mais des enveloppes pourraient avoir été utilisées à des fins privées ou pour le financement de campagnes électorales.

L'affaire impliquant les deux ex-ministres concerne des manoeuvres financières menées en 1996 pour le financement occulte du Parti républicain, devenu ensuite Démocratie libérale, parti qui a été dissous le mois dernier pour fusionner avec le RPR dans l'UMP.

CINQ MILLIONS DE FRANCS EN LIQUIDE

Cinq millions de francs en liquide (762.000 euros) ont été remis en 1996 par le PR à une petite société italienne agissant comme banque, le Fondo sociale di Cooperazione Europea. Cet établissement avait ensuite reversé l'argent au PR sous forme de prêt, une opération assimilée à du blanchiment d'argent par la justice.

Renaud Donnedieu de Vabres et François Léotard ont reconnu les faits et expliqué que l'argent provenait des "fonds spéciaux" conservés après le passage de François Léotard à la Défense entre 1993 et 1995.

L'incrimination de "blanchiment", utilisé souvent pour le crime organisé, désigne l'opération, qui consiste à effacer l'origine délictuelle ou criminelle d'une somme d'argent et à la rendre faussement irréprochable.

Dans ce cas précis, le délit d'origine serait, selon l'accusation, une "infraction à la législation sur le financement des partis politiques".

Or, François Léotard et Renaud Donnedieu de Vabres estiment qu'il était légal de financer leur parti avec l'argent liquide de l'Etat.

En effet, cet usage n'avait jusqu'ici jamais fait l'objet d'aucune poursuite judiciaire. La question de la jurisprudence est importante car les fonds spéciaux sont apparus dans de nombreuses enquêtes politico-financières.

Ainsi, Jacques Chirac, menacé en 2001 par une enquête sur ses voyages payés en espèces pour 3,1 millions de francs (472.000 euros) entre 1992 et 1995, a expliqué que l'argent venait des fonds spéciaux perçus lors de son passage à Matignon entre 1986 et 1988.

Après la suppression des fonds spéciaux, le Parlement a voté l'été dernier une augmentation de 70% des traitements des ministres, censée compenser la suppression des enveloppes en argent liquide.
liberation.fr, 03 octobre 2002, 12:42:30

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(Février 2004) MM. Léotard et Donnedieu de Vabres condamnés au procès du Fondo
L'ancien patron du Parti républicain s'est vu infliger, lundi 16 février (2004), dix mois de prison avec sursis pour blanchiment et financement illicite d'un parti, en 1996.
Son ancien conseiller, actuel porte-parole de l'UMP, n'a été condamné que pour blanchiment, à 15 000 euros d'amende

LE SOULAGEMENT se lisait sur les visages, lundi 16 février, à l'annonce du jugement rendu par la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris, dans le procès du Fondo. A une exception près : celle de François Léotard, qui a écouté d'un air grave sa condamnation à dix mois d'emprisonnement avec sursis pour financement illicite d'un parti politique et blanchiment.

L'ancien président du Parti républicain et ancien ministre de la défense et de la culture, aujourd'hui retiré de la vie politique, a été reconnu coupable d'avoir fait bénéficier sa formation, en 1996, d'un don en espèces de 5 millions de francs. De tous les condamnés dans cette affaire, M. Léotard est le seul à ne pas avoir bénéficié d'une peine inférieure aux réquisitions du parquet. « C'est sciemment qu'il a transgressé la loi en acceptant de financer sa formation politique à l'aide de ce don illégal de 5 millions de francs », précise le jugement.

Le tribunal, présidé par Michel Desplan, a été moins sévère à l'égard de son ancien conseiller et actuel porte-parole de l'UMP, Renaud Donnedieu de Vabres, qui avait été contraint de démissionner du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin - qui était lui-même membre du PR à l'époque des faits - quelques semaines après sa nomination comme ministre délégué aux affaires européennes, en raison de sa mise en examen dans cette affaire.

Il l'a relaxé du chef de complicité de financement illicite, mais il a retenu sa culpabilité sur le blanchiment pour avoir lui-même déposé cette somme en espèces au siège du Fondo, ce qui lui vaut une simple peine d'amende de 15 000 euros. Conformément aux réquisitions du parquet, le tribunal n'a pas assorti cette condamnation de la peine complémentaire d'inéligibilité qui menaçait le député d'Indre-et-Loire. Le délit de blanchiment a également été retenu à l'encontre de l'homme d'affaires et ancien condisciple de M. Léotard à l'ENA, Serge Hauchart, condamné à dix mois d'emprisonnement avec sursis. L'ancien directeur administratif et financier du PR, Antoine de Menthon, a pour sa part été relaxé de l'ensemble des poursuites.

L'ARGUMENT DU SECRET-DÉFENSE

Contrairement à ce qu'espéraient les avocats de MM. Léotard et Donnedieu de Vabres, le tribunal a refusé de considérer que l'origine des 5 millions de francs - dont les deux hommes ont toujours affirmé qu'ils provenaient du reliquat de fonds spéciaux de Matignon - pouvait justifier le secret dont ils avaient été entourés. « Faire apparaître les fonds secrets aurait été un délit puisque ceux-ci sont couverts par le secret-défense », avait plaidé Me Georges Jourde, l'un des conseils de M. Léotard.

« L'origine de ces fonds est indifférente à l'appréciation juridique des faits, répond le jugement. Le fait que ces 5 millions de francs aient eu éventuellement pour origine les fonds spéciaux du gouvernement ne constitue en aucun cas un motif du non-respect de la loi qui se serait imposé à François Léotard. » Celui-ci « savait que la loi de 1988 sur la transparence de la vie financière [qui plafonne les dons aux partis politiques] était de portée générale et que le législateur n'avait pas exclu de son application certains dons, en fonction de l'origine des fonds », indique le tribunal.

La même démonstration vaut pour le délit de blanchiment. « L'usage de ces fonds, qui aurait pu parfaitement être légal avant qu'ils ne servent au financement du Parti républicain, est devenu illégal dès lors que François Léotard a accepté qu'ils participent au financement de sa formation politique, en fraude de la loi de 1988. Ces 5 millions de francs peuvent parfaitement faire l'objet d'une opération de blanchiment », conclut le tribunal.

Ces attendus relatifs au financement du Parti républicain ne constituent toutefois que l'un des volets de ce procès du Fondo, qui est avant tout une gigantesque affaire d'escroquerie à l'épargne reprochée à huit autres prévenus, au premier rang desquels l'intermédiaire Ahmed Chaker, dit « Charly » Chaker, et un ancien adjoint de Jacques Chirac à la Mairie de Paris, Guy Genesseaux.

Le tribunal les a tous deux reconnus coupables du délit d'escroquerie, auquel s'ajoute pour M. Genesseaux, ancien président du Fondo, celui d'exercice illégal de la profession de banquier. Il s'est toutefois montré moins sévère que le parquet en condamnant M. Chaker à quatre ans d'emprisonnement, dont deux avec sursis et mise à l'épreuve, assortis d'une amende de 100 000 euros et de l'obligation de rembourser les parties civiles.

Une peine de trois ans avec sursis et mise à l'épreuve, assortie d'une amende de 60 000 euros et de la même obligation de remboursement, a été prononcée contre M. Genesseaux. Le tribunal a enfin relaxé Alain Afflelou du délit de recel d'escroquerie qui lui était reproché. A l'annonce de cette décision, le plus célèbre lunetier de France a pleuré à grosses larmes.
lemonde.fr, Pascale Robert-Diard, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 18 Février 2004

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(avril 2004) M. Donnedieu de Vabres veut renouer le dialogue avec les intermittents
Ephémère ministre en 2002 et porte-parole de l'UMP, le nouveau promu déclarait au « Monde » que leur statut pouvait être « amélioré »

C'est un retour. Ministre délégué aux affaires européennes dans le premier gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, en juin 2002, Renaud Donnedieu de Vabres avait dû se résoudre à démissionner de ce poste au bout de cinq semaines en raison de sa mise en examen dans l'affaire du financement illicite du Parti républicain (PR). Il n'a tourné la page de cette affaire que le 16 février 2004, avec sa condamnation par le tribunal correctionnel de Paris à une amende de 15 000 euros pour « blanchiment ».

Sa nomination, à 50 ans, comme ministre de la culture et de la communication ramène « RDDV », comme il est surnommé, à un domaine qu'il a connu auprès de François Léotard, dont il a été un proche collaborateur au ministère de la culture, de 1986 à 1988. L'un des premiers dossiers du député (UMP) d'Indre-et-Loire sera celui des intermittents.

Dans une tribune au Monde, datée du 3 mars 2004, celui qui était aussi, jusqu'à présent, l'un des porte-parole de l'UMP a assuré, à propos de ce dossier, que « chacun devrait avoir la franchise de reconnaître que l'accord signé en 2003 a maintenu la spécificité du régime des intermittents du spectacle, que certains voulaient rejeter purement et simplement dans le droit commun des intérimaires ».

Il a toutefois ajouté : « Puisqu'il est sauvé, il est toujours possible de l'améliorer », expliquant qu'il fallait « centrer notre énergie politique sur le soutien actif à la culture, sur la défense d'un nouveau périmètre d'intervention légitime et privilégié ». « Dialoguons », concluait-il.

Licencié en sciences économiques, diplômé de l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris et énarque, M. Donnedieu est né à Neuilly (Hauts-de-Seine), au sein d'une famille de grands commis de l'Etat. Il a débuté à Tours (Indre-et-Loire), en 1978, sa carrière administrative dans la préfectorale. Il a ensuite été affecté, en 1985, au Conseil d'Etat au titre de la mobilité.

En 1986, il est entré en politique, décrochant son premier mandat et rejoignant M. Léotard, dont il a été directeur de cabinet au secrétariat général du PR, puis chargé de mission au ministère de la culture et de la communication (1987-1988), avant de le retrouver, en 1993, au ministère de la défense. Il a également été le directeur de cabinet de M. Léotard à la présidence de l'UDF, de 1996 à 1998.

C'est à Tours que M. Donnedieu de Vabres a décroché son premier mandat de député, en 1997, sous l'étiquette UDF, en pleine vague rose. Il a toutefois échoué aux municipales de 2001 dans sa conquête de la mairie de Tours. En 1998, leader de la droite au conseil régional du Centre, il s'est opposé à toute alliance avec le Front national.

M. Donnedieu de Vabres a soutenu Edouard Balladur lors de la campagne présidentielle de 1995. Membre du bureau politique de l'UDF de 1998 à 2002, il s'est fait l'avocat de l'union de la droite, en étant l'un des principaux acteurs du rapprochement entre l'UDF et le RPR pour former l'UMP, dont il est aujourd'hui secrétaire général adjoint, chargé de l'organisation du débat interne et de l'animation.
lemonde.fr, Philippe Le Coeur, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 2 Avril 2004

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(Mars 2006) Renaud Donnedieu de Vabres, 52 ans, ministre de la Culture et de la Communication, a encaissé, impassible, la colère des intermittents et la fronde parlementaire sur le téléchargement.
Net sur lui

C'est le genre de personne qui vous annonce d'emblée : «J'ai trois principes dans la vie.» Pour plus de commodité, le tiercé sera donné ici dans le désordre.

Principe n° 3 : «Ne pas être une cicatrice en bandoulière.»
Traduction de l'intéressé : savoir digérer les épreuves. De ce point de vue, le ministre de la Culture est un modèle. 21 heures sonnent dans son grand bureau de la rue de Valois, et RDDV en est encore à dresser l'inventaire des blessures infligées à son épiderme, qu'il dit épais : «Ma famille est originaire des Cévennes, une terre de durs à cuire.» Mais il est né à Neuilly-sur-Seine.

La dernière épreuve en date a été de voir son étoile ministérielle pâlir subitement : fronde parlementaire à l'occasion de sa loi sur les droits d'auteur, regain contestataire d'intermittents qui ont l'impression de s'être fait mener en bateau depuis des mois. Lui qui s'était fait une réputation de démineur... Donnedieu est carbonisé, ont annoncé les commentateurs. Lui veut croire que non. Il se voit toujours un destin national qui pourrait passer par le Quai d'Orsay, la mairie de Tours et, pourquoi pas, un club de réflexion bien à lui. Voir Principe n° 1.

Aujourd'hui, c'est plutôt retour à la case départ, celle du printemps 2004. Donnedieu venait d'être condamné pour blanchiment : il fut naguère porteur de valises de cash pour François Léotard et le PR. 15 000 euros d'amende, mais pas d'inéligibilité. Une «épreuve difficile, mais je l'ai gérée», lâche RDDV en saint Sébastien criblé de flèches. «Un jour», il dira sa «vérité». Il parle d'un livre.

Donnedieu et son air lisse, son centrisme confortable, son dandysme inaltérable. Son impassibilité aussi, lorsqu'il lui faut revenir une énième fois sur cet article des Inrocks qui l'accusait de s'être joint, en 1999, à une manif anti-Pacs aux slogans homophobes : «Je n'y ai pas participé, j'étais là pour accueillir une délégation.» Rien de plus à dire sur le sujet, d'ailleurs : «Ma vie privée ne regarde que moi.»
Blessure moins apparente mais certainement plus profonde : le portrait ravageur que l'académicien Jean-Marie Rouart a tiré de lui dans les colonnes de Match, lors de son arrivée Rue de Valois en mai 2004. Donnedieu, «prototype du bon jeune homme passé au moule de l'énarchie, sans rien qui défrise», un «directeur de cabinet plus qu'un ministre». RDDV dit s'être «vengé». Comment ? En daubant sur le compte de Rouart lors d'un dîner avec quelques amis politiques...

Principe n° 1 : «Faire d'un grain de sable un continent.»
Sous-titre : on peut bâtir à partir de peu de chose. Mais bâtir quoi ? Le «bon jeune homme» tient un discours extrêmement général : «Nous vivons une période poujadiste et néopopuliste, il faut créer une alternative.» Laquelle ? «Nous devons rapprocher les points de vue, rechercher des équilibres.» Comment ? «En mobilisant les esprits», etc. Sur son site Web, RDDV décline ses «engagements pour la France» sous la forme d'un interminable abécédaire, d'«Abstention» à «Zones de non-droit», plus proche de la marée d'eau tiède que du programme révolutionnaire.

A la rubrique «Ordinateur», il raconte sa découverte de l'Internet en 2002. Emballé, il propose illico la création d'auto-écoles du réseau dans chaque commune, afin que tous puissent dompter «cet outil étrange». En 2002 ! Aujourd'hui, il semble regretter de ne pas en avoir suivi les cours : «J'ai sous-estimé l'importance de l'information véhiculée sur l'Internet» est la leçon qu'il tire de l'embrouille parlementaire sur le P2P.

L'énarque de la flamboyante promotion Voltaire (1980) ­ celle de Villepin et de son dir'cab Pierre Mongin, celle de François Hollande et de Ségolène Royal ­ aime à donner l'image d'un homme qui s'est construit lui-même, s'est fabriqué ses propres racines en Touraine, son fief électoral (député, conseiller régional, conseiller municipal de Tours). Une région dont il fait la connaissance en 1978 lors de son premier stage de l'ENA, et où, le soir, il aimait fréquenter les conseils municipaux des petites communes «pour voir comment fonctionne la démocratie locale». Bref, il découvrait la province.
Aujourd'hui, il y accueille ses amis, se mettant parfois derrière les fourneaux : il a un faible pour le feuilleté de coquilles Saint-Jacques. Dans ce groupe d'une dizaine de proches, il y a Claire Chazal, qui le connaît depuis vingt ans et le considère «comme un frère». «Il n'aime pas se dévoiler, il est cuirassé, témoigne-t-elle. Mais quand il dit les choses, ça tombe comme une lame de couteau.»

Car derrière l'affable Renaud, il y a Donnedieu l'exigeant, l'inflexible. «Le méchant», vont jusqu'à dire ceux qui ont vu parfois passer dans son regard de singuliers éclairs. A l'annonce de sa nomination Rue de Valois en 2004, les «milieux culturels» ont ricané : après Aillagon, voilà qu'on nous envoie un repris de justice ! Donnedieu est pourtant parvenu à dépatouiller le dossier des intermittents, avec un réel courage physique. «Quand ça chahutait, il n'hésitait pas à aller au-devant des manifestants», se souvient Marc Slyper, négociateur pour la CGT.

Son parcours en politique trahit une farouche volonté d'arriver. Séduit à 20 ans par la «Nouvelle société» de Chaban, dont il fera la campagne, il se ralliera ensuite, et successivement, à Giscard, Léotard (qui le formera), Balladur, Chirac. Et demain, Sarko, ou Villepin ? «J'y réfléchirai cet été.»

Principe n° 2 : «Aider les gens à vous aider.»
Corollaire : savoir se regarder à travers les yeux des autres. Hélas ! Ceux de son père, mort il y a vingt ans, ne sont plus là pour le voir en ministre. «Son regard ironique me manque.» Mais sans doute ce père protestant, conseiller d'Etat reconverti dans l'industrie, est-il toujours là à ses côtés pour attiser son exigence, son ambition. «La figure du père est très importante chez Renaud», confirme Claire Chazal. De sa mère, catholique et normande, il parle moins. Lui se dit chrétien non pratiquant.

Etre un Donnedieu de Vabres est une charge héréditaire : le grand-père (Henri), magistrat, juge au procès de Nuremberg ; l'oncle (Jean), secrétaire général du gouvernement ; le père (Jacques), qui, le jour de l'admission de son fils à l'ENA, le félicite en ces termes : «Alors, fonctionnaire ?» Et ce fut tout. «On ne s'est jamais beaucoup parlé», regrette le fils.

Jean-Marie Rouart a écrit cette autre vacherie : «En allant voir un homme qui a éprouvé la grande révélation de sa vie en lisant le bloc-notes de François Léotard, on ne s'attend pas à trouver un Raymond Aron ou un Elie Faure.» RDDV confie avoir plus de goût pour le spectacle vivant que pour la littérature. Mais point trop n'en faut : au Théâtre de la Ville, à la première du débridé The Crying Body, de Jan Fabre, où les danseurs urinent sur scène, le ministre s'abstient d'applaudir : geste spectaculaire de la part d'un ministre de la Culture.
Toutefois, «pour essayer de comprendre», il appellera Fabre peu après le spectacle. Voilà sans doute le trait le plus singulier de Donnedieu : une fascination-répulsion face à la violence du monde. Ne pas l'esquiver, tenter de la désamorcer. Comme si là était l'ultime point de rencontre avec le réel. Lui-même n'a pas toujours été le fleuve tranquille que laisse accroire sa placidité : «J'ai fait des progrès. Je ne suis pas d'une nature zen.»
Son film préféré est Violence et Passion, le testament amer de Visconti : un drame de la solitude et de l'incompréhension.
par Edouard LAUNET, Libération, QUOTIDIEN : mercredi 29 mars 2006, p. 39

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26.07.06 | 17h34 • Mis à jour le 26.07.06 | 17h34 Réactions diverses à la Comédie-Française

QUE SE PASSE-T-IL à la Comédie-Française ? La décision du ministre de la culture, Renaud Donnedieu de Vabres, le 19 juillet, de ne pas renouveler le mandat de l'administrateur général, le comédien Marcel Bozonnet, une fois passé l'effet de surprise, provoque des réactions.

Marcel Bozonnet, 62 ans, souhaitait poursuivre le travail qu'il avait entrepris. Il quittera son poste le 3 août et sera remplacé par une sociétaire de la maison, Muriel Mayette, comédienne, metteuse en scène et professeur au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris. La décision devrait être entérinée au conseil des ministres, mercredi 2 août.

M. Bozonnet avait provoqué une polémique, en mai, lorsqu'il avait décidé de retirer de la programmation du Vieux-Colombier, une des trois salles de l'institution, une pièce de Peter Handke, Voyage au pays sonore, ou l'Art de la question, en raison du soutien apporté par l'auteur autrichien à l'ex-dirigeant serbe, Slobodan Milosevic.

Le ministre, qui s'était alors publiquement démarqué des positions de Marcel Bozonnet, a cependant réfuté tout lien entre sa décision de ne pas renouveler le mandat de l'administrateur et l'"affaire Handke" (Le Monde du 21 juillet). Il a ajouté qu'il pensait qu'il fallait "renouveler les équipes".

UNE LETTRE À JACQUES CHIRAC

Dans un entretien au Monde, le lendemain, M. Bozonnet avait déclaré ne pas savoir ce qui avait pu motiver la décision du ministre et déploré "l'absence de visibilité". Il revient sur ce point dans une lettre adressée le 24 juillet au président de la République, Jacques Chirac, dans laquelle il affirme accepter la décision qui le concerne, mais regrette "les graves conséquences pour notre maison d'une décision précipitée, effectuée qui plus est sans appel à candidatures préalable et public".

Il suggère de "surseoir" à la décision du ministre de la culture et propose que l'intérim soit assuré par la doyenne des comédiens-français, Catherine Samie, puisque les projets de la saison 2006-2007 sont déjà bien avancés. Une telle situation s'est déjà produite, mais uniquement après le décès d'un administrateur - par exemple, en 1988, à la mort de Jean Le Poulain, remplacé par Claude Winter, avant la nomination d'Antoine Vitez, puis, en 1990, à la mort de ce dernier, remplacé par Catherine Samie avant la nomination de Jacques Lassalle.

L'un des sociétaires, Eric Genovese, va plus loin. Pour lui, "il s'agit d'une histoire sordide qu'il convient de dénoncer". Il se dit convaincu que "certaines personnes ont voulu faire justice" après que des sociétaires sont devenus sociétaires honoraires en janvier (mis à la retraite tout en faisant toujours partie de la troupe), et il ajoute : "Qu'un ministre rentre dans ces considérations, c'est catastrophique !" Il se dit indigné de "cette façon de procéder, quinze jours avant la fin du mandat", et opposé à "une nomination interne dans un lieu qui fonctionne en autarcie".
Il regrette encore que la nomination de Muriel Mayette ait été faite "de façon cachée, alors que le ministre dit lui-même avoir consulté certains membres de la troupe. La sagesse serait de geler et de procéder de façon démocratique. Si on interroge la troupe, il faut interroger toute la troupe". Le comédien a d'ailleurs été "convoqué en février", mais a refusé alors de rencontrer M. Donnedieu de Vabres. "D'autres comprennent mon inquiétude et la partagent, assure-t-il, mais à chacun de décider s'il veut ou non se protéger."

Clotilde de Bayser se dit elle aussi surprise. Pour elle, "la reconduction allait de soi". Mais il lui semble difficile de surseoir à présent, même si elle regrette "cette manière précipitée" qui a "créé un climat d'affolement" et " des conditions qui ne sont pas agréables pour Muriel Mayette".
Surprise, encore, Cécile Brune, qui assure que Muriel Mayette "connaît le fonctionnement de la troupe et sera excellente pour diriger un groupe d'acteurs", mais se trouve "partagée" : "Si on ne pense pas à de grands noms avec un rayonnement international, on peut craindre des restrictions budgétaires, d'autant que l'on nous annonce des productions légères".
Catherine Salviat, sociétaire honoraire depuis janvier, pense, elle, qu'il "faut accepter avec panache les décisions. Cela n'a pas été très élégant, mais c'est la loi des choses. Bozonnet était très bien, Muriel Mayette est formidable".

Signe des temps, l'écrivaine et académicienne Florence Delay a fait part au ministre de sa décision, "dans ces circonstances", de démissionner du comité de lecture de la Comédie-Française.
Martine Silber, Article paru dans l'édition du 27.07.06, LE MONDE | 26.07.06 | 17h34 • Mis à jour le 26.07.06 | 17h34

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vendredi 8 décembre 2006, 20h24 Appels à l'exclusion de Pascal Sevran de France-Télévision

PARIS (AP) - Le MRAP et le Parti socialiste ont appelé vendredi à l'exclusion du présentateur Pascal Sevran de France-Télévision après les propos qu'il a tenus récemment sur les Africains dans "Var matin".

Interrogé sur le sujet vendredi sur RTL, le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres a dénoncé les propos "scandaleux, inadmissibles, racistes" de Pascal Sevran: "ils me semblent passibles de la loi", a-t-il ajouté.

Lui même n'a "ni le pouvoir, ni la volonté" d'interdire Pascal Sevran de télévision publique: "ce n'est pas moi qui ait la charge du contenu de l'information des radios et télévisions (...) A charge pour ceux qui ont la direction et la responsabilité des entreprises dans lesquelles il travaille de s'exprimer également".

Dans un communiqué, le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) s'est indigné vendredi que Pascal Sevran ait déclaré dans "Var matin" mercredi: "l'Afrique crève de tous les enfants qui y naissent sans que leurs parents aient les moyens de les nourrir. Je ne suis pas le seul à le dire. Il faudrait stériliser la moitié de la planète".

Le MRAP dénonce des "propos révulsants" qui "révèlent l'analphabétisme qui caractérise Pascal Sevran en matière de connaissance des causes réelles de la pauvreté en Afrique". Il "véhicule les stéréotypes et clichés racistes les plus éculés à l'endroit des populations noires".

"Devant ces propos graves qui déshonorent le service public, le MRAP attend de France-Télévision la réaction qui s'impose, à savoir l'exclusion de Pascal Sevran de l'espace audiovisuel public".

Faouzi Lamdaoui, secrétaire national chargé de l'égalité des chances au Parti socialiste, a également jugé Pascal Sevran "indigne de la mémoire de -l'ancien président- François Mitterrand dont il revendique l'amitié et l'héritage".

Ses propos "sont une déclaration politique d'un homme politique prônant l'eugénisme, le racisme et la xénophobie", a-t-il déclaré à l'AP, en dénonçant le "silence assourdissant" du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, "dont Pascal Sevran est un ami personnel et l'un des soutiens les plus actifs".

M. Lamdaoui a donc demandé "son exclusion pure et simple du service public de l'audiovisuel": "je demande (au PDG de France-Télévision) Patrick de Carolis de prendre les mesures qui s'imposent". AP
Yahoo.fr, actualités, vendredi 8 décembre 2006, 20h24

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RESULTATS DES ELECTIONS LEGISLATIVES DIMANCHE 17 JUIN 2007 INDRE ET LOIRE (37) -- 1ère circonscription (résultats officiels)

Nombre % Inscrits
Inscrits 54 537 100,00
Abstentions 22 712 41,65
Votants 31 825 58,35

Nombre % Votants
Blancs ou nuls 839 2,64
Exprimés 30 986 97,36

Nuance Voix % Exprimés
M. Renaud DONNEDIEU DE VABRES Union pour un Mouvement Populaire 15 160 48,93
M. Jean-Patrick GILLE (ELU) Socialiste 15 826 51,07

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RAPPEL DES RESULTATS 1er tour DIMANCHE 10 JUIN 2007

Nombre % Inscrits
Inscrits 54 537 100,00
Abstentions 22 338 40,96
Votants 32 199 59,04

Nombre % Votants
Blancs ou nuls 301 0,93
Exprimés 31 898 99,07

Nuance Voix % Exprimés
M. Renaud DONNEDIEU DE VABRES Union pour un Mouvement Populaire 12 163 38,13
M. Etienne CHERBLANC Extrême gauche 206 0,65
M. Guillaume PELTIER Mouvement pour la France 1 888 5,92
Mme Brigitte MOREAU Front national 842 2,64
Mme Charlotte LECHAT Divers 0 0,00
M. Bernard BRESTEAU Divers 364 1,14
M. Pierre TEXIER Communiste 745 2,34
Mme Colette GIRARD UDF-Mouvement Démocrate 3 070 9,62
M. Jean-Patrick GILLE Socialiste 10 171 31,89
M. Abderrahmane MARZOUKI Les Verts 1 150 3,61
Mme Fanny PUEL Extrême gauche 1 020 3,20
M. Abd-El-Kader AIT MOHAMED Extrême gauche 279 0,87

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Karachi : un ancien membre du cabinet Léotard accuse Donnedieu de Vabres n | 27.11.2010, 15h01 | Mise à jour : 16h39 leparisien.fr

Nouvelles révélations dans le feuilleton de l'attentat de Karachi (Pakistan) en 2002. Patrice Molle, ancien chef du cabinet civil du ministre de la Défense François Léotard, accuse Renaud Donnedieu de Vabres, alors conseiller spécial du ministre, de s'être occupé des intermédiaires libanais dans le contrat d'armement lié au dossier de Karachi, évoquant des «rétrocommissions», dans un entretien au journal Le Monde.

L'arrêt de ces rétrocommissions en 1995 pourraient être à l'origine de l'attentat de Karachi, qui a provoqué la mort de 11 Français en 2002, selon les familles des victimes.

«Tout Paris sait qui a imposé les intermédiaires libanais dans le dossier Agosta, Renaud Donnedieu de Vabres traitait tout cela directement, il référait en personne au ministre. Les rétrocommissions, ça ne passe pas par le cabinet officiel, ça s'est joué dans les circuits parallèles», affirme-t-il.

Deux hommes d'affaires libanais, Ziad Takieddine et Abdulrahman El Assir, auraient été imposés par le pouvoir politique, notamment le cabinet de François Léotard, peu avant la conclusion du contrat de vente de sous-marins Agosta conclu entre le France et la Pakistan le 21 septembre 1994, selon des témoignages versés au dossier.

«Des soupçons de rétrocommissions» selon Villepin

Devant le juge Renaud Van Ruymbeke, qui enquête sur un volet financier de l'affaire, Renaud Donnedieu de Vabres a reconnu avoir rencontré les deux hommes au ministère de la Défense mais a affirmé ne pas avoir participé à la négociation du contrat, selon le compte-rendu de son audition consulté par l'AFP.

A son arrivée à l'Elysée en 1995, Jacques Chirac avait ordonné la révision des contrats d'armement ayant pu donner lieu à des rétrocommissions. Interrogé sur les soupçons de corruption qu'avaient fait naître ces vérifications, Dominique de Villepin a déclaré jeudi au juge que «le suivi des commissions, tel qu'il avait été opéré par la DGSE, faisait ressortir de forts soupçons de rétrocommissions», selon des extraits de son audition publiés par Lemonde.fr et Médiapart.

Sur les décisions prises après la présidentielle, Renaud Donnedieu de Vabres a dit au juge: «on avait le sentiment, avec François Léotard, d'une guerre politique», précisant n'avoir «aucune idée» du lien entre cette «guerre» et les commissions. Leparisien.fr

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Karachi : Renaud Donnedieu de Vabres mis en examen Créé le 15-12-2011 à 13h17 - Mis à jour à 13h27 Par Le Nouvel Observateur

Les juges enquêtent sur des rétrocommissions qui auraient financé illégalement la campagne de Balladur en 1995.

Renaud Donnedieu de Vabres (UMP), ancien ministre de la Culture sous
Jacques Chirac, a été mis en examen dans l'affaire Karachi, ont indiqué les familles des victimes, jeudi 15 décembre. Il avait passé la nuit de mardi à mercredi en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur le volet financier de ce scandale lié à des ventes d'armes françaises.

Renaud Donnedieu de Vabres était le conseiller spécial de François Léotard, ministre de la Défense de 1993 à 1995. Les juges veulent savoir si des commissions, versées légalement en marge de contrats d'armement conclus en 1994 avec le Pakistan (sous-marins Agosta) et l'Arabie saoudite (frégates Sawari II), ont donné lieu à des rétrocommissions qui auraient financé illégalement la campagne présidentielle de l'ex-Premier ministre Edouard Balladur en 1995.

Les rétrocommissions pakistanaises pourraient être liées à un attentat en mai 2002 à Karachi, dans lequel 15 personnes dont 11 Français ont été tuées.

Des versements en espèces sur le compte de Balladur

Entendu comme témoin en novembre 2010, Renaud Donnedieu de Vabres avait réfuté tout lien dans la négociation du contrat de ventes de sous-marins au Pakistan avec le financement de la campagne Balladur en 1995.
L'enquête a mis au jour le versement d'importantes sommes en espèces sur le compte de campagne d'Edouard Balladur, d'un total 20 millions de francs (3 millions euros) dont 10 millions en une seule fois au lendemain du 1er tour.

Selon des témoignages versés au dossier, deux intermédiaires, dont le Franco-libanais Ziad Takieddine inculpé dans ce dossier, auraient été imposés par le pouvoir politique, notamment par Renaud Donnedieu de Vabres, peu avant la conclusion du contrat Agosta conclu le 21 septembre 1994.

Ce dernier avait reconnu devant le juge avoir rencontré les deux intermédiaires au ministère de la Défense.

Dans cette affaire, deux proches du président Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert et Nicolas Bazire ont été inculpés. Nicolas Sarkozy était ministre du Budget et porte-parole de la présidentielle de 1995.

Lors d'une séance houleuse à l'Assemblée, mercredi, les députés socialistes ont mis directement en cause le président de la République. "Qui peut imaginer qu'un système aussi complexe (...) ait pu être monté sans que Nicolas Sarkozy, compte tenu de ses fonctions ministérielles et de ses fonctions au sein de la campagne de Balladur, n'ait pas été mis au courant?", a demandé le socialiste Claude Bartolone. Le Nouvel Observateur

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Politique - le 31 Décembre 2011 humanite.fr

Karachi : Renaud Donnedieu de Vabres a admis avoir imposé des informateurs Mots clés : pakistan, karachi, arabie saoudite, balladur, ziad takieddine, renaud van ruymbeke, renaud donnedieu de vabres, françois léotard, ali ben moussalem,

L’ex-ministre, mis en examen dans l’affaire Karachi, a admis avoir imposé des informateurs, dont le Franco-Libanais Ziad Takieddine, dans la négociation de contrats d’armement avec le Pakistan et l'Arabie saoudite en 1994, selon un PV consulté samedi par l'AFP.

Interrogé par les enquêteurs de la Division nationale d’investigations financières (Dnif) lors de sa garde à vue les 13 et 14 décembre, pour savoir s'il avait imposé des intermédiaires, Renaud Donnedieu de Vabres leur a répondu: "Comme intermédiaire bénéficiant de contrat, non. Comme personne utile par leurs informations, c'est tout à fait possible", selon le procès-verbal d'audition que l'AFP a pu consulter.

Plusieurs témoins ont affirmé que Donnedieu de Vabres, alors conseiller de François Léotard au ministère de la Défense, avait imposé en 1994 à la branche internationale de la Direction des constructions navales (DCNI) les intermédiaires Ziad Takieddine, Abdulrahmane Al-Assir et Ali Ben Moussalem, identifiés sous le nom de "réseau K", alors que les négociations du contrat Agosta étaient déjà bien avancées.

L'ancien ministre a été mis en examen le 15 décembre pour complicité d'abus de biens sociaux par les juges d'instruction Roger Le Loire et Renaud Van Ruymbeke. Les deux juges tentent de déterminer si des rétrocommissions provenant des contrats Agosta et Sawari II, respectivement signés fin 1994 avec le Pakistan et l’Arabie saoudite, auraient pu contribuer à un éventuel financement illicite de la campagne présidentielle de 1995 d’Edouard Balladur.

Le 13 décembre, le juge Van Ruymbeke avait également mis en examen pour abus de biens sociaux l’ancien PDG de la DCN, Dominique Castellan. Devant le juge, ce dernier a réaffirmé que le réseau de M. Takieddine avait été imposé "courant 1994" par M. Donnedieu de Vabres.

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