Patrick Lozès

Un commentaire sur la création du Cran

16 janvier 2008 : Municipales 2008, listes "monocolores"
10 décembre 2007 : Immigration. Stats ethniques, un blocage très français (minorités invisibles contre minorités visibles ?)
23 novembre 2007 : Alex Türk : Pourquoi ?
22 novembre 2007 : L'intellectuel sénégalais Doudou Diène, vivant à Paris, accuse Nicolas Sarkozy de "légitimer le racisme".
15 novembre 2007 : Les stats ethniques rejetées par le Conseil constitutionnel
19 septembre 2007 : Avec le Mrap l'attaque de Tintin
09 avril 2007 : Deuxièmes états généraux : les statistiques ethniques
13 décembre 2006 : Affaire Sevran : le Cran va déposer plainte, et Patrick de Carolis va introduire la censure démocratique à France Télévisions, et François Bayrou aurait voulu une "forte sanction"
07 décembre 2006 : Patrick Lozès demande le licenciement immédiat de Pascal Sevran, accusé de racisme pour ses propos sur l'Afrique à propos de la "bite des noirs"
26 novembre 2005 : Lancement du Cran (Conseil représentatif des associations noires), fédération des associations noires de France (sur le modèle du Crif, en espérant avoir, un jour, autant d'influence)

PARIS (AFP) - Plus de soixante associations ont lancé samedi (26 novembre 2005) à Paris une fédération des associations noires qui a l'ambition d'établir un bilan des discriminations "ethno-raciales" en France et de "rétablir une véritable égalité".

Patrick Lozès, militant associatif et membre de l'UDF, a annoncé la création du Conseil représentatif des associations noires (Cran) dont il est devenu le président devant un parterre de militants associatifs noirs réunis à l'Assemblée Nationale.
A la tribune où siégeaient notamment Stéphane Pocrain, ancien porte-parole des Verts, le chanteur Manu Dibango et Fodé Sylla, ancien président de SOS Racisme, le nouveau président du Cran - "il va nous en falloir", a-t-il dit - a dénoncé "le décalage" qu'il y a en France "entre la réalité de la rue, où vivent plusieurs millions de Noirs, et ce qui se passe dans les institutions dirigeantes".
"On dit que les Noirs sont en retrait de la vie politique en France. C'est faux", a-t-il dit, "les associations, nombreuses, font un grand travail républicain. On veut être Noir et Français sans raser les murs".

Patrick Lozès, déjà président d'une association, le Cercle d'action pour la promotion de la diversité en France (Capdiv)), a souhaité qu'"on ne se cache plus derrière les grands principes républicains pour ne pas agir".
"Avant que les banlieues ne brûlent encore", a-t-il dit, "il faut un bilan des discriminations ethno-raciales" en France, annonçant "un congrès" sur ce sujet, au printemps.

Louis-Georges Tin, autre promoteur du Cran et universitaire, a souligné que "la rhétorique anti-communautariste, même si elle tenue par des gens sympathiques, est dangereuse car elle ne peut que nous empêcher d'agir".
Aux accusations de communautarisme, il répond d'ailleurs : "Souvent ceux qui sont contre le communautarisme sont contre les communautés". "Nous devons passer outre ce discours car ce que nous demandons c'est l'égalité et la justice sociale".

Les deux promoteurs du Cran ne cache pas leur ambition commune : "Devenir des interlocuteurs institutionnels".
La couleur politique de cette nouvelle fédération? "Aux couleurs de la France", dit Patrick Lozès, qui souligne la diversité politique de ces différentes composantes.
Stéphane Pocrain a salué "le moment de solidarité que constitue la naissance de cette fédération" avant de lancer : "Nous savons parler, alors nous allons prendre la parole. Nous sommes du côté de l'universel, et l'universel", a-t-il ajouté devant les applaudissements du public, "peut aussi avoir des seins ou/et des cheveux crépus!".

A la tribune du reste, une seule femme, Eugénie Diecky, journaliste à Africa numéro 1, qui a souligné comme "il est urgent de mettre en place une représentation des Noirs en France". "Je veux", a-t-elle dit, "que ma peau soit synonyme d'espérance, de progrès".

Pour Fodé Sylla, aujourd'hui membre du Conseil économique et social, "le discours de la République est devenu plutôt suranné. "Il faut", a-t-il insisté, "laisser les gens s'exprimer, sinon il y aura en France des Farrakhan (Louis Farrakhan, leader extrémiste noir américain, ndlr). Maintenant, on en est encore à Martin Luther King" (leader noir pacifiste, ndlr).
yahoo.fr, actualités, samedi 26 novembre 2005, 18h28

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(28 novembre 2005) Les Noirs de France solidaires montent un Cran
Objectif de la nouvelle structure: lutter contre les discriminations.

Il y a plusieurs façons d'«être noir». Celle que revendique le tout nouveau président du Cran (Conseil représentatif des associations noires), Patrick Lozès, est fondée sur l'expérience commune de la discrimination. Il y aurait ainsi une communauté de vécu entre les Noirs de France, qu'ils soient antillais ou d'origine africaine, jeunes chômeurs des cités, fonctionnaires ou cadres supérieurs. Ce pharmacien, membre de l'UDF, revendiquait depuis longtemps «l'expression républicaine» de cette «spécificité» (Libération du 26-27 novembre).

Samedi, une soixantaine d'associations se sont retrouvées à l'Assemblée nationale pour la constitution de cette première fédération de mouvements représentant le plus souvent des Africains et des Antillais, avec la présence notable d'Amitié judéo-noire. L'objectif du Cran est d'exprimer «le besoin de reconnaissance et de mémoire» lié à l'histoire de l'esclavage et du colonialisme. Il est aussi de lutter contre les discriminations «ethnico-raciales». Le Cran a l'ambition de devenir l'interlocuteur des pouvoirs publics politiques et économiques. Il se veut apolitique, areligieux et dépassant les clivages d'origines nationales, «républicain», insiste Louis-Georges Tin. Cet universitaire, spécialiste des minorités, a apporté au Cran son expérience de la lutte contre l'homophobie qui s'est forgée par un travail commun entre associations.

Pour soutenir l'initiative, Patrick Lozès avait pris soin de s'entourer à la tribune de deux personnalités de «gauche», Stéphane Pocrain, ancien porte-parole des Verts, et Fodé Sylla, ancien président de SOS Racisme. La sénatrice de Guyane, Christine Taubira, avait fait part de son soutien. Il y avait aussi le chanteur Manu Dibango et le footballeur Basile Boli. «Les véritables enjeux, c'est comment trouver davantage de cohésion sociale en réintégrant dans le récit national et dans la communauté nationale des gens qui en sont aujourd'hui exclus de manière permanente parce qu'ils ont la peau noire», a expliqué Stéphane Pocrain. Avant toute chose, «il faut un bilan des discriminations ethnico-raciales. Nous organiserons un congrès sur ce thème au printemps, a posé Patrick Lozès. Il y a en France un décalage entre la réalité de la rue et ce qui se passe dans les institutions dirigeantes. On veut être noir et français, sans raser les murs», a-t-il poursuivi. Fodé Sylla a prévenu l'assemblée : «Il faut laisser les gens s'exprimer, sinon il y aura en France des Farrakhan [Louis Farrakhan, leader noir américain de la Nation de l'islam, accusé d'antisémitisme, ndlr]. Maintenant on en est encore à Martin Luther King.» Il y avait un absent de marque samedi, l'humoriste Dieudonné, qui incarne d'une façon beaucoup plus polémique le combat des Noirs de France.
libération.fr, par Blandine GROSJEAN, QUOTIDIEN : lundi 28 novembre 2005

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(Déclaration à nouvelobs.com, jeudi 7 décembre)

Patrick Lozès, président du CRAN: "Ce sont des propos épouvantables qui font froid dans le dos.
Pascal Sevran réactive les stéréotypes les plus abjects.
Ce sont des propos que nous avons plus l'habitude d'entendre à l'extrême droite.
De l'autre côté de la frontière, certains sont passés aux actes.
C'est le retour d'un eugénisme racial.
Le Cran exige de Patrick de Carolis, Pdg de France Télévisions, le renvoi immédiat de Pascal Sevran pour de tels propos, incompatibles avec le service public. Ou alors, il faut nous expliquer que l'eugénisme racial est accepté sur le service public.
De notre côté nous envisageons des suites judiciaires à cette affaire."
lenouvelobs.com, | 08.12.2006 | 11:17

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13 décembre 2006. Pascal Sevran attaqué pour "incitation à la haine raciale"

Le Conseil représentatif des associations noires va porter plainte contre l'animateur et ses propos dans "Var-Matin".

Dominique Sopo, président de SOS Racisme, propose que Pascal Sevran aille faire un reportage enAfrlque sur le sous-développement et la pauvreté.

Et Patrick Lozès, président du Conseil représentatif des associations noires (Cran), veut déposer plainte contre lui pour «incitation à la haine raciale».

Les scandaleux propos de l'animateur de France 2 continuent de faire des vagues.

«Clichés éculés»

Dans un entretien à Var-Matin daté du 2 décembre, Sevran (notedt, ancien mitterrandien maintenant sarkoziste) était interrogé sur une affirmation contenue dans son dernier livre (notedt, paru le 4 janvier 2006), ainsi résumée par le journaliste:
«La bite des Noirs est responsable de la famine en Afrique
«Et alors ? C'est lavérité! avait répondu l'animateur. L'Afrique crève de tous les enfants qui y naissent sans que leurs parents aient les moyens de les nourrir. Je ne suis pas le seul à le dire. ll faudrait stériliser la moitié de la planète!»

L'entretien a provoqué des vagues.
Sevran a présenté ses «excuses» et fait l'objet d'un «sévère avertissement» de France 2.

Hier, Louis- Magloire Keumayou, président de l'Association de la presse pan-africaine,avait donc invité DominiqueSopo etPatrickLozès à commenter les propos de l'animateur.
Pour le président de SOS Racisme: «[Ces déclarations] renforcent les clichés éculés que nous avons tellement de mal à combattre au quotidien sur la sexualité et la fainéantise des Noirs.»

Louis-Georges Tin, porte-parole du Cran, s'inquiète, lui, d'une libération de la parole chez certains intellectuels, citant l'historienne Hélène Carrère d'Encausse, qui avait expliqué la crise des banlieues par la polygamie apportée des villages africains, ou le philosophe Alain Finkielkraut ironisant - avant le maire de Montpellier Georges Frêche - sur une équipe de France de foot non plus «black-blanc-beur» mais «black, black, black».

Clause éthique.

Sur la question de savoir quelle réponse apporter à ce type de propos, les avis de Sopo et de Lozès diffèrent.
Le premier plaide pour une sanction pédagogique, une logique de réparation». «Sevran a souhaité rencontrer le Cran affirme le sècond.Nous allons le rencontrer mais nos poursuites judiciaires, continueront.»
Dans cet épisode, Sopo voit «un aspect positif:-France Télévisions va introduire dans les contrats d'animateurs une clause éthique qui permettra de les rompre plus facilement en cas de propos tenus même hors antenne(c'est nous qui soulignos, notedt)».

Hier, Patrick de Carolis, PDG de France Télévisions, a confirmé avoir demandé à ses services juridiques de plancher sur une telle clause.
Soumise le 19 décembre au conseil d'ad ministration, elle «donnera à France Télévisions les moyens de faire respecter son image, son intégrité et donc ses valeurs par ses collaborateurs, et ce au-delà de nos antennes, sur tous les supports d'expression».

Ce mardi, François Bayrou, candidat (UDF) à la présidentielle, a estimé pour sa part que l' «avertissement» de la directionde France 2 à Sevran était «le minimum du minimorum de ce qu'on pouvait faire».
Pour lui, ces propos «méritaient une sanction très forte, un peu plus qu'un avertissement».
Libération, 13 décembre 2006, p. 15, CATHERINE COROLLER

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Bulles et crayons contre les préjugés Article publié le 23 Mai 2006 Par Mustapha Kessous Source : LE MONDE

Extrait : Brèves de comptoir politiques. C'était pendant la révolte des banlieues. Le 15 et le 16 novembre 2005, le ministre délégué à l'emploi, Gérard Larcher, et le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, affirmaient que la polygamie constituait « certainement l'une des causes » des violences urbaines. Tout comme Hélène Carrère d'Encausse, de l'Académie française : « Tout le monde s'étonne : pourquoi les enfants africains sont-ils dans la rue et pas à l'école ? C'est clair : beaucoup de ces Africains, je vous le dis, sont polygames. »

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Deuxièmes états généraux de l'instance représentative des Noirs. Les statistiques ethniques au menu du Cran Par Catherine COROLLER, Libération, QUOTIDIEN : lundi 9 avril 2007, p. 12

Public clairsemé, absence des candidats à l'élection présidentielle, sauf Dominique Voynet.
Et pourtant, les deuxièmes états généraux du Conseil représentatif des associations noires (Cran), samedi à Paris, auraient pu mobiliser les foules. Il y a eu le meurtre d'Ibrahim Sylla, étudiant guinéen, battu à mort à Marseille le 1er avril. Et un peu plus tôt, l'arrestation, le 27 mars, gare du Nord, d'Angelo H., resquilleur de nationalité congolaise, et la mini-émeute qui s'en est suivie.
Puis l' «exploitation politicienne», selon l'expression d'un militant du Cran, faite de ces événements par François Baroin. Le nouveau ministre de l'Intérieur avait alors affirmé que cet homme était un «multirécidiviste, rentré illégalement sur le territoire, avec 22 dossiers de violences volontaires», alors que, selon son avocat, il compterait sept condamnations et serait entré régulièrement en France à 10 ans, grâce au regroupement familial.

Plus largement, Patrick Lozès a mis en cause, lors de l'ouverture de ces états généraux, «l'instrumentalisation» de la question de l'immigration pendant la campagne électorale : «Cela crée un cocktail dangereusement explosif, comme nous l'avons vu lors des incidents de la gare du Nord.» Ce climat aurait pu provoquer samedi une mobilisation des Noirs. Selon les organisateurs, le week-end de Pâques et le début des vacances scolaires auraient joué contre ces velléités protestataires...

«Cocktail explosif».

Depuis sa création, en novembre 2005, le Cran avait réussi à faire parler de lui. En janvier dernier, ses dirigeants ont ainsi commandé à la Sofres un sondage présenté comme un premier pas vers «un baromètre annuel des discriminations à l'encontre des populations noires» ( Libération du 1er février). Avec cette opération, le Cran relance la querelle sur les statistiques ethniques, outil auquel certains chercheurs et hommes politiques, notamment de gauche, sont fermement opposés, au motif que de telles enquêtes mettraient en danger la cohésion nationale en permettant aux minorités de se compter.

En janvier, toujours, le Cran a soumis un questionnaire aux principaux candidats à la présidentielle, à l'exception de Jean-Marie Le Pen, en raison de ses propos sur «l'inégalité des races». Tous y ont répondu. Mais aucun, à l'exception de Dominique Voynet, n'a fait le déplacement samedi. «La quasi totalité des candidats sont allés plancher devant les chasseurs, mais pas là, aujourd'hui, devant les populations noires», a ironisé la candidate des Verts.

Américains.

Présents, en revanche, les dirigeants de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), spécialement venus des Etats-Unis. Les contacts entre l'ami américain et le Cran sont étroits. Forte de ses presque cent ans d'existence, la première conseille les seconds. «Ils nous ont dit : "Laissez tomber tous vos combats et ne gardez que les statistiques ethniques, autrement vous n'aurez jamais de progrès mesurables"», rapporte Louis-Georges Tin, porte-parole du Cran.

Samedi, l'instance représentative noire a rendu publiques ses soixante «propositions pour le futur président». En tête : la «mise en place de statistiques de la diversité, sur une base anonyme, déclarative et facultative, pour les minorités visibles». Pour l'heure, Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Marie-George Buffet et Dominique Voynet se sont déclarés pour, Ségolène Royal ne s'est pas expressément exprimée mais serait plutôt contre.
Samedi, Dominique Strauss-Kahn, invité en tant qu'ancien ministre et maire de Sarcelles, a déclaré que la mise en oeuvre de statistiques ethniques était «une bonne chose» : «Il faut nommer la réalité des problèmes si on veut agir contre les discriminations.»

Dans son discours de clôture, Patrick Lozès n'a pas donné de consignes de vote, lançant à la salle : «Quel que soit le candidat, demandez-vous d'abord s'il servira la cause des Noirs.»

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Après la Grande-Bretagne et la Belgique, la France s'en prend à 'Tintin au Congo' RTL Info.be EUROPE mer 19 sep

Le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) juge "offensant" la bande dessinée d'Hergé Tintin au Congo et a contacté les éditions Casterman pour lui demander de retirer cet ouvrage, a annoncé mercredi Patrick Lozès, le président du Conseil.

"C'est un livre offensant pour les Noirs qui a sa place au musée, pas dans les bibliothèques ou les vitrines des librairies", a déclaré devant la presse le président du Cran.

"Dans cette BD, les stéréotypes à l'égard des Noirs sont particulièrement nombreux. Les Noirs s'y expriment comme des imbéciles et même les chiens y parlent un meilleur français", a ajouté Patrick Lozès. Il a souligné que, de son vivant, "Hergé lui-même avait reconnu avoir écrit la BD, sous influence, au temps des colonies, quand certains pensaient que les Noirs étaient de grands enfants".

Se défendant d'être pour la censure, Patrick Lozès a dit avoir contacté les éditions Casterman et avoir trouvé auprès de sa direction de "la compréhension". "Un point devrait être fait à la fin du mois avec la direction", a dit M. Lozès qui décidera alors si l'action doit être poursuivie.

"Tintin au Congo" avait été publié en 1930-31 alors que la Belgique colonisait le Congo.

En Belgique, un étudiant congolais a porté plainte fin juillet devant la justice belge pour dénoncer le caractère "raciste" de cet album et demandé qu'il soit retiré de la vente.

Aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, les librairies du groupe américain Borders ont déplacé leurs exemplaires de l'album "Tintin au Congo" des rayons enfants à la section des BD pour adultes, après la dénonciation par une association britannique de son caractère "raciste".

En septembre 2006, le Cran et le Mrap avaient demandé le retrait du mot "colonisation" du Petit Robert, à cause de la définition qu'en donnait le dictionnaire. A ce mot, on lisait "mise en valeur, exploitation de pays devenus colonies".

L'édition 2008 du dictionnaire présente dorénavant le mot colonisation avec une citation du poète et homme politique Aimé Césaire l'assimilant à une "chosification", un ajout dont s'est réjoui le Cran.

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«Sarkozy s’inscrit dans la dynamique de légitimation du racisme par les élites»
Doudou Diène, rapporteur sur la discrimination raciale auprès de l’ONU .
Recueilli à New York par Isabelle Duriez, Libération, QUOTIDIEN : jeudi 22 novembre 2007, p. 12

Doudou Diène, rapporteur spécial de l’ONU sur le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie, et intellectuel sénégalais vivant à Paris, a accusé, devant les Nations unies, le président Sarkozy de «légitimer le racisme».

Pensez-vous vraiment que Nicolas Sarkozy soit raciste ?

Non, je n’ai jamais dit qu’il était raciste. S’il l’était, il n’aurait pas nommé Rama Yade ou Rachida Dati au gouvernement.
Mais, par son discours à Dakar [prononcé le 26 juillet, ndlr], il s’inscrit dans ce que je dénonce, dans mon rapport à l’ONU, comme une dynamique de légitimation scientifique et intellectuelle du racisme par les élites.
Je cite en particulier le prix Nobel James Watson, qui a affirmé que les Noirs sont moins intelligents que les Blancs.
Le discours de Dakar relève expressis verbis des discours racistes des XVIIIe, XIXe et XXe siècles. A l’époque, une abondance de textes légitimaient la colonisation en la présentant comme une entreprise de civilisation pour apporter les lumières à l’homme africain. Sarkozy reprend presque les mêmes arguments.
Certes, il dénonce la colonisation en tant qu’entreprise d’exploitation économique. Mais cela n’a pas de sens si c’est pour reprendre son argument fondateur : l’infériorité intellectuelle des Africains. Ce discours a profondément blessé en Afrique. Je crois que ceux qui l’ont écrit et lu n’ont pas assez réfléchi à sa portée.

A quoi faites-vous référence quand vous dénoncez le racisme des élites françaises ?

Je peux vous citer plusieurs exemples récents.
Pascal Sevran, qui a justifié le sous-développement du continent africain par la sexualité de l’homme africain.
George Frêche, un homme de gauche, pour qui il y a trop de Noirs dans l’équipe française de football.
Hélène Carrère d’Encausse, qui a expliqué les émeutes des banlieues par la polygamie des Africains.
Il y a un courant profond chez ces intellectuels qui se lâchent littéralement et banalisent des concepts racistes. Ces déclarations ont été condamnées du bout des lèvres par des murmures réprobateurs. Quand on ne condamne pas, il y a connivence, et c’est cela qui est grave. Le discours xénophobe et raciste de l’extrême droite finit par s’infiltrer dans celui des partis démocratiques.
Simone Veil, qui est une femme remarquable, le sait très bien : parce qu’elle est juive et qu’elle a la mémoire de la construction intellectuelle de l’antisémitisme, elle s’est immédiatement dissociée des tests ADN pour le regroupement familial.

Comment expliquez-vous cette dynamique ?

L’Occident connaît une crise identitaire grave parce que les identités nationales, constituées pour justifier les Etats nations, ne sont plus conformes aux réalités multiethniques de ces sociétés. Or, les intellectuels se pensent comme étant, en quelque sorte, les gardiens de ces identités nationales.

Ce clash entre identités constitutrices et réalité multiethnique déclenche ces éructations. Ces élites ont peur du multiculturalisme. Paradoxalement, il y a une bonne nouvelle derrière le fait que ces intellectuels se lâchent comme ça : la preuve que le multiculturalisme fait des progrès.

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Sur les statistiques ethniques, «nous n’avons pas été compris»
Alex Türk, . président de la Commission nationale de l’informatique et des libertés : Recueilli par CATHERINE COROLLER, Libération, QUOTIDIEN : vendredi 23 novembre 2007

Alex Türk, sénateur du Nord, est le président de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Il redoute que la décision du Conseil constitutionnel du 15 novembre, déclarant contraire à la Constitution l’article 63 – relatif aux statistiques ethniques – de la loi sur la maîtrise de l’immigration de Brice Hortefeux, n’interdise désormais toute étude comportant des questions sur l’origine ethnique.

Comment lisez-vous la décision du Conseil constitutionnel ?

On est assez décontenancés. La semaine dernière, notre directeur juridique s’était rendu au Conseil constitutionnel pour rencontrer le secrétaire général et lui expliquer ce que l’on visait exactement à travers cet article. Nous n’avons pas été compris. La première conséquence très concrète de la décision du Conseil constitutionnel est que nous devions examiner [hier, ndlr] une enquête sur la question des flux migratoires entre le Sénégal et la France, une espèce d’avant-garde de la grande étude «Trajectoire et origines» (1), et que j’ai décidé de la faire sauter de l’ordre du jour. On se sent un peu coincés. Le pire serait que cette décision remette en cause, par ricochet, les enquêtes médicales. En matière dermatologique, par exemple, c’est important de savoir si la personne est noire ou blanche, tout le monde sait que les peaux ne réagissent pas de la même manière…

Que disait explicitement l’article retoqué par le Conseil constitutionnel ?

Il essayait de border les choses afin que toutes les études comportant des données ethno-raciales soient soumises à la Cnil. La situation juridique est la suivante : lorsque l’enquête comporte des données sensibles [portant sur les origines ethniques], ses auteurs doivent recueillir le consentement de la personne et ne sont astreints ensuite qu’à une simple déclaration à la Cnil, ce qui ne nous donne pas de véritable pouvoir de contrôle. Or nous considérons que si l’étude concerne les salariés d’une entreprise privée, ce consentement n’est pas forcément libre et éclairé. La seule solution serait de soumettre la totalité des études comportant des données sensibles à l’autorisation de la Cnil : c’est ce que nous avons voulu faire avec cet amendement. En l’annulant, le Conseil nous met dans une position intenable.

Le Conseil constitutionnel a aussi retoqué cet amendement parce qu’il s’agit d’un «cavalier» législatif n’ayant aucun lien avec le reste du texte.

Il s’agit effectivement d’un cavalier, mais il y avait urgence. Nous avons cette enquête, qui devait être examinée [hier], et une autre étude importante, «Trajectoires et origines», en janvier (1).

SOS Racisme a mené campagne contre cet amendement et contre l’enquête «Trajectoires» ; qu’en pensez-vous ?

Alain Blum, France Guérin-Pace et Hervé Le Bras [directeurs de recherche à l’Institut national des études démographiques (Ined)] nous ont accusés de ne pas être des républicains (2), cela m’est insupportable. L’enquête «Trajectoires et origines» essaie de déterminer si le fait d’être noir a une incidence néfaste sur le développement d’un cursus, c’est extrêmement important pour le gestionnaire d’un établissement. Il s’agit là d’étudier une trajectoire, pas de constituer un fichier de gestion des salariés selon leur couleur de peau. Un chef d’entreprise qui constitue un tel fichier, on l’envoie au pénal, on ne confond pas les deux.

Comment voyez-vous l’avenir ?

On ne sait pas. Pour l’instant, on prend des contacts tous azimuts pour essayer de voir comment on peut interpréter tout ça.
(1) Pilotée par l’Insee et l’Ined, cette étude sera menée auprès de 24 000 personnes et débutera en 2008. Elle comprend des questions sur l’origine, la couleur de peau, la religion… (2) Le Monde du 10 novembre.

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Immigration. Statistiques ethniques : un blocage très français
Libération, 10 décembre 2007, p. 16, Emmanuelle Langlois

Le Conseil constitutionnel a retoqué le 15 novembre (2007) l'article 63 de la loi sur la maitrise de l'immigration de Brice Hortefeux, article qui voulait autoriser la collecte des statistiques ethniques.
Une décision qui a nourri la polémique, les partisans des statistiques ethniques s'appuyant sur les exemples de pays étrangers pour justifier la nécessité de lutter contre les discriminations.
Une conférence internationale sur le sujet vient de se dérouler à Montréal.
Tour d'horizon.

La pratique au Canada ou en Australie

Dévoiler son origine lors d'un recensement national est une pratique courante au Canada ou en Australie.
Au Canada, l'intérêt pour de telles données est d'ailleurs croissant et justifie l'utilisation de fonds publics. La raison: la plupart des sociétés sont devenues, de façon plus évidente, multiculturelles. Situation qui justifie de mettre sur pied des politiques destinées à combattre les inégalités, notamment grâce à la collecte de données ethniques.

«Collecter des données sur l'ethnicité ne va pas diviser un pays, mais va au contraire dire qu'il existe des différences, justifie le démographe et sociologue Victor Piché, de l'université de Montréal. Un avis que partage Danièle Bélanger, directrice du centre de recherche en population de l'université de Western Ontario :
«On ne peut nier que les diversités ethniques vont augmenter; pas plus qu'on ne peut nier qu'il y a des discriminatjons. S'il est vrai que les données ethniques peuvent renforcer cer tains stéréotypes, il est indéniable que leur incidence est plus positive que négative.
En l'absence de tels renseignements, on ne peut pas prouver scientifiquement les inégalités qu'elles portent sur la couleur de peau ou l'origine ethnique­et par conséquent on ne peut pas les faire reculer.»

De façon plus générale, l'Amérique du Nord, comme l'Australie et l'Afrique du Sud ont une grande expérience dans la collecte de données ethniques et raciales. Si de tels renseignements ont longteinps servi à contrôler et à exclure certains individus, depuis le début des années 60, ils seraient le gage d'une meilleure intégration et d'une lutte active contre les ségrégations.

En Europe et en Afrique

La plupart des pays européens refusent de poser des questions sur l'origine ethnique dans leurs recensements, au nom de la construction d'une sacro-sainte identité nationale. Une approche que prônent également de nombreux pays africains.

«On peut expliquer ce choix par des faits historiques, que ce soit la Seconde Guerre mondiale ou encore le passé de colonisé ou de colonisateur», analyse la Canadienne Danièle Bélanger.

On le sait, la France y est opposée. Selon Victor Piché, «le débat français est en réalité très politique et il complique la possibl1ité pour certains groupes discriminés de pouvoir démontrer qu'ils le sont.»
Mais pour Patrick Simon, socio-démographe à l'Institut national d'études démographiques (Ined), la société française apparaît toutefois moins bloquée qu'auparavant "Il semble y avoir une prise de conscience collective du fait que l'absence de données a essentieUement pour effet de masquer les discriminations auxquelles sont confrontées les nombreuses minorités du pays, quoi qu'en disent certaines organisations antiracistes.»

En Amérique latine et en Asie

Dans les pays d'Amérique latine, la mixité raciale est reconnue et considérée comme positive. Sans toutefois que la question ethnique ne devienne un enjeu.
La plupart de ces pays ne cherchent donc pas à obtenir de données ethniques officielles.

Une situation qui se rapproche de celle des pays asiatiques.
«En Asie, malgré l'absence de réticence politique à la cueillette de tels renseignements, de nombreux pays n'en voient pas l'utUité, précise Danièle Bélanger. Certains d'entre eux, qui ne se considèrent pas comme des terres d'immigration mais qui sont confrontés à des mouvements migratoires, comme le Japon, Taiwan ou la Corée du Sud, commencent toutefois à vouloir mieux cerner l'ensemble de la population.»
EMMANUELLE LANGLOIS (à Montréal. intérim)

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Le Cran lance une campagne contre les listes « monocolores »
Par Afrik.com Afrik - Mercredi 16 janvier, 14h30

Le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) a lancé une campagne pour que les listes électorales en France reflètent « la diversité de la société française », relate Libération.

Selon le CRAN, les 36 000 communes de France métropolitaine ne compteraient « pas un seul maire noir ou issu de la diversité ».
Afin de « rompre avec cette logique antirépublicaine », les associations noires encouragent les représentants des minorités visibles à se présenter aux élections municipales et cantonales de mars.

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