Jean-Marie Burguburu

2014. Affaires Herzog-Sarkozy, défense professionnelle
2005. Portrait d'un bâtonnier
2002. Elu dauphin

29 novembre 2002. Election : Jean-Marie Burguburu dauphin du bâtonnier
IL SERA le prochain bâtonnier du barreau de Paris. Jean-Marie Burguburu a en effet été élu dauphin mardi soir, avec 2 581 voix, au terme de deux jours d'élections professionnelles qui ont vu une mobilisation record des 17 500 avocats parisiens.
Le bâtonnier représente ses confrères avocats et veille au respect des règles professionnelles.

Né en 1945 à Paris, Me Jean-Marie Burguburu a prêté serment en 1966, avant d'intégrer un prestigieux cabinet de droit des affaires parisien. Le nouveau dauphin, qui succédera à l'actuel bâtonnier Paul-Albert Iweins dans un an, a promis qu'il s'attacherait à veiller au développement économique de tous les cabinets d'avocats, dont certains, contrairement à ce que croit souvent l'opinion publique, peinent à survivre.
leparisien.com, Paru le : 29/11/2002

------

(Mai 2005) Jean-Marie Burguburu, l'avocat des avocats

C'EST UN des cinq plus beaux bureaux de Paris. Un bureau d'angle, tapissé de boiseries, de livres et de tableaux anciens, avec vue sur la Seine. Et puis dans un coin, cet objet qui fait la fierté de tous les bâtonniers : l'éventail de Marie-Antoinette, cadeau de la reine à son avocat avant de monter sur l'échafaud.
Me Jean-Marie Burguburu, bâtonnier de Paris, en est l'actuel dépositaire. Est-ce l'évocation de l'épouse de Louis XVI qui lui donne un profil de Bourbon? Cheveux blancs coiffés en arrière impeccablement, air d'éternel jeune homme malgré ses 59 ans, sourire affable, Me Burguburu a un côté aristocrate distingué du XVIIIème qui ne dépareille pas avec les portraits de son bureau.
Son nom «la tête du village» en basque ne le prédisposait-il pas au commandement? Elu en 2004 à la tête du barreau de Paris, Burgu, comme l'appellent les avocats, représente pour deux ans les 19 000 professionnels de la capitale.
Paradoxe de la situation, lui qui aimerait plutôt une mer « calme à peu agitée » se retrouve à la tête d'un navire en pleine tempête. « C'est vrai,je ne suis pas un méchant », admet ce passionné de chant, d'opérette et de « la Belle Hélène ». Mais ce baryton va devoir donner de la voix sur une scène qui ne l'attire pas : le terrain politique. En ligne de mire : Dominique Perben, le ministre de la Justice.

« Il a enfin montré les dents »

Depuis quelques semaines, la loi Perben 2 provoque une levée de boucliers sans précédent chez des avocats au bord de la grève.« Je ne pense pas que ce soit le rôle de l'ordre de déclarer une grève, prévient le bâtonnier de Paris. Je préfère laisser ce rôle aux syndicats. La grève se retournerait contre les usagers, les gens que l'on défend, dont la liberté est en jeu. Cela serait irréaliste de demander l'abrogation totale de la loi Perben, ajoute-t-il. Il faut rester raisonnable, et obtenir des aménagements.»
Résultat, Burgu passe pour un «mou» auprès des durs du mouvement, qui sont légion chez les pénalistes. « Il préfère la conciliation à l'affrontement», raille un pénaliste du Conseil de l'ordre, qui, exœptionnellement, refuse d'être cité.
N'empêche,jeudi dernier (19 mai 2005), le bâtonnier de Paris n'a pas hésité à convoquer une assemblée générale publique, et sa prise de parole a fait taire les récalcitrants. « Il a enfin montré les dents », analyse un avocat Court-il pour autant le risque de passer pour «boutefeu» auprès des plus modérés, dans la grande famille des «avocats d'affaires», proches des chefS d'entreprise et des politiques, dont il est issu? «Je ne chen:he pas à être réélu, le bâtonnier n'est pas rééligible. J'agis en totale liberté », résume-t-il.

Pour cela aussi il était prédisposé. Enfant de la libération, Jean-Marie Burguburu est né en 1945 à Paris, « d'un père basque, avocat, et d'une mère alsacienne, fille de notaire ".
A son tour, il prête serment d'avocat à 21 ans, et épouse en 1969 une avocate, Danièle Combaldieu, fille d'un président de la chambre criminelle de la Cour de cassation, qui deviendra magistrate.
Ils auront deux filles, Marie, qui est avocate, et Julie, qui est magis1rate. Forcément

Depuis 1975, la famille habite rue de Bièvre, deux numéros avant les Mitterrand « Ma femme a connu la famille Mitterrrand à Hossegor. Dans les années 1970, on allait les voir dans les Landes, et on participait souvent aux diners du dimanche soir, rue de Bièvre, chez François Mitterrand.
A l'époque, il était bien le seul à imaginer qu'il serait président un jour.

En 1981, nommée par l'ami d'Hossegor, Danièle Burguburu se retrouve à la tête du CSM, le Conseil supérieur de la magistrature. Elle va y rester onze ans. « On m'a suggéré à l'époque de quitter le cabinet Gide-Loyrette-Nouel pour monter ma propre affaire. Mais je suis quelqu'un de fidèle. Je suis resté ", raconte le bâtonnier, qui traverse les années Mitterrand comme « mari de la secrétaire générale du CSM ». « Il y a eu des moments désagréables, notamment avec l'affaire d'espionnage dont ma femme était victime, se souvient-il. Elle a toujours fait son travail, à l'époque, le CSM n'était pas aux mains des syndicats."

« L'avenir de la profession passe par le travail en équipe»

De son côté, Jean-Marie Burguburu cultive sa clientèle d'affaires. Son plus bœu dossier? « La succession Amamy, répond-il, pour laquelle j'ai travaillé huit ans d'arrache-pied et j'ai gagné avec Philippe (NDLR. l'actuel président du groupe Amaury, propriétaire du Parisien », Aujourd'hui en France» et de l'Equipe ») qui m'a confié un poste d'administrateur de son groupe. J'ai appris avec cette affaire qu'il fallait travailler en groupe.
Dix ans plus tard, le sujet reste un de ses chevaux de bataille: « n y a encore trop de petits cabi- nets d'avocats isolés, analyse-t-il. L'avenir de la profession passe par le travail en équipe. L'avenir passe aussi par un rapprochement avec les magistrats. « Il y a des juges qui gardent les avocats en lisière, il y a une trop grande défianœ en ce moment », décode le bâtonnier Burguburu. Il lui reste sept mois pour améliorer le dialogue.
Ensuite, comme tous les bâtonniers, il rejoindra son cabinet. Pas sans avoir raconté une dernière fois, à son sucœsseur, la petite histoire de l'éventail de Marie-Antoinette.
LAURENT VALDIGUIÉ, Le Parisien, dimanche 22 mai 2005, portrait, p. 10

-------

Le 10 mars à 12h25

Pour Jean-Marie Burguburu, président du Conseil national des barreaux, la mise sur écoute de Nicolas Sarkozy est un "détournement de procédure". Il apporte sa "solidarité" à Thierry Herzog, l'avocat de l'ancien président dont les conversations ont été écoutées et qui auraient révélé les infractions de violation du secret de l'instruction et de trafic d'influence. Source vidéo : Affaire Sarkozy/Herzog : "C'est un détournement de procédure"

------------

Retour Première page