Michel Berson

2005 (Essonne, conseil général, présidence) Les frais de bouche du conseil général épinglés ; contre-attaque : Schoettl mis en cause pour "abus de confiance"

APRÈS la très controversée voiture de fonction de Jean-Luc Mélenchon, ex-conseiller général de l'Essonne et actuel sénateur PS, voici les frais de bouche de l'assemblée départementale.

C'est le deuxième chiffon rouge agité par Christian Schoettl, l'incontrôlable conseiller général non inscrit et maire de Janvry, sous les yeux de Michel Berson, président (PS) de l'Essonne. Mercredi dernier, l'élu local du pays de Limours, pas très satisfait d'une réponse de Michel Berson, lui a réclamé de nouvelles précisions.

Christian Schoettl attaque le montant des notes de restaurant du conseil général, mais il réclame surtout les noms des convives. « Vous me répondez être incapable de savoir le nom des bénéficiaires des notes de restaurants réglées par le conseil général, je ne peux considérer votre réponse comme sérieuse, écrit Christian Schoettl. Il s'agit de fonds publics et il est de droit, voire de devoir d'identifier les bénéficiaires des dépenses financées par les contribuables. »

Le maire de Janvry s'intéresse aux « restaurants conventionnés » de l'Essonne et de Paris, où les élus et les cadres du conseil général signent la note à la fin du repas sans bourse délier. Les commerçants envoient directement la facture à l'hôtel du département. La liste n'est pas secrète. Michel Berson a envoyé le tableau récapitulatif à l'élu local. La facture se monte à 34 274,95 au 4 novembre 2004, dépensées à des tables prestigieuses comme les Armes de France (11 202,82 ) ou la Terrasse des Donjons à Soisy-sur-Seine (5 546 ) ou plus simplement au Mercure d'Evry (4 297,88 ).

Michel Berson excédé par le « harcèlement » de Christian Schoettl

« Quand on rencontre des directeurs de grandes sociétés ou de grandes écoles, on ne les invite pas au Flunch ou au McDo », répond un Michel Berson excédé par le « harcèlement » de Christian Schoettl.

« A chaque fois qu'il nous demande un renseignement, nous lui fournissons les documents dans les trente jours !, souligne Michel Berson. Deux collaborateurs de cabinet et 5 à 6 fonctionnaires sont mobilisés par ses requêtes. Le 14 juin, nous lui avons fourni les photocopies de la moindre facture qu'il aurait pu venir consulter dans le bureau du chef de cabinet. Alors oui, il y a les noms des convives pour les additions les plus chères mais pas sur celles du directeur de cabinet qui va déjeuner avec un collaborateur et une secrétaire... »

« On ne peut pas être nonchalant avec les dépenses publiques, la rigueur doit s'appliquer à tous les niveaux », martèle Chrisitian Schoettl. « Cela fait deux à trois ans que je visse les frais, soupire le président socialiste. J'ai demandé à ce que l'on réduise la voilure sur le téléphone, les photocopies, les restaurants. En 2006, le budget de mon cabinet, par exemple, sera réduit de 12 %. Je continue de gérer selon mes objectifs de transparence, probité et rigueur. »
leparisien.com, Olivier Bossut, Paru le : 29/10/2005

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Paru le : 05/12/2005 Janvry Christian Schoettl suspecté d'abus de confiance

LA JUSTICE sera peut-être amenée à éclairer cette affaire.
Le conseiller général (non inscrit) Christian Schoettl se voit mis en cause pour « abus de confiance ». Une plainte vient d'être adressée au procureur de la République d'Evry par l'association les Mains vertes du district.

L'organisme, sous tutelle du conseil général, gère un établissement pour personnes handicapées à Janvry. Objet du litige : les travaux d'aménagement réalisés pour un montant de 21 000 euros, voilà quinze mois, dans leurs nouveaux locaux, à la ferme de la Brosse, propriété de Christian Schoettl.
« Le devis ne correspond pas au descriptif des travaux, dénonce l'association. Ces modifications avaient été exigées par le président de l'association. » Président qui n'était autre que le maire de Janvry, Christian Schoettl.
Ce dernier a été révoqué par le conseil d'administration le 8 novembre.

Une vengeance ou un règlement de compte ?

« Nous n'étions au courant de rien, martèle son remplaçant et ancien vice-président, William Lekien. Nous n'avions aucune raison de ne pas lui faire confiance. Il a profité des Mains vertes pour faire une plus-value sur sa propriété. Le ravalement de façade n'était pas prévu. Le directeur a émis des réserves mais que pouvait-il faire face à son président ? »

Le mélange des fonctions a, il est vrai, de quoi laisser perplexe. « Je me suis posé la question de démissionner de la présidence, se défend Christian Schoettl. J'ai couru le risque par conviction pour ce projet. J'étais plutôt un président facilitateur. A aucun moment, je ne suis intervenu. C'est le directeur qui gérait tout. » Et l'élu de reconnaître simplement avoir imposé le pavage en grès « pour préserver l'architecture remarquable de la ferme ». Rien d'autre.

Est-ce une vengeance ?

Difficile de ne pas y songer pour le maire de Janvry. « J'ai alerté le département sur des dysfonctionnements de la direction, confie-t-il. Ils ont contre-attaqué. »
Pire, un règlement de comptes orchestré ? Après tout, Christian Schoettl a bâti sa réputation sur son « intégrité ». Lui le chantre de la transparence juché sur son cheval blanc a mis au jour différentes affaires (lire ci-contre). « J'ai mis en difficulté le président et le vice-président du conseil général, ironise l'élu départemental. Ça fait des années qu'ils cherchent à me faire tomber. Alors... »

« Cette confusion des genres est moralement douteuse »

Au conseil général, on se défend de toute manipulation.

« L'association nous a alertés de faits qui peuvent être qualifiés pénalement, justifie le vice-président PS en charge des solidarités, Jérôme Guedj. Nous avons saisi le procureur. Il n'est pas sain quand on est président d'association de faire des affaires avec cette même association. Cette confusion des genres est moralement douteuse. » Et le socialiste de poursuivre : « Je préfère le faire chuter politiquement que sur de telles histoires ».

Vendredi soir, Christian Schoettl semblait affecté. « Je ne dors plus, avoue-t-il. C'est abject de faire croire que je me fais de l'argent sur le dos des handicapés. C'est l'honneur de ma famille qui est en jeu. Mon honneur d'homme public. » Le dossier est en cours d'examen au parquet d'Evry.
leparisien.com, Agnès Vives, Paru le : 05/12/2005, Essonne p. II

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