Jacques Attali
épinglé par un juge russe. Par Laurent Valdiguié, Le Parisien, 6 mars 2004, p. 15
Jacques Attali mis en examen dans l'affaire Falcone. L'ex-conseiller de Mitterrand aurait reçu des virements.
Par ARMELLE THORAVAL, Libération 09 mars 2001, p. 22.
On connaît ses talents. Une certaine capacité de toucher à tout et de survoler beaucoup. En résumé, de passer du rôle d'éminent conseiller de François Mitterrand et d'en tirer quelques ouvrages (en l'occurrence trois, sous forme de Verbatim), à celui de président de la Berd, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, tout en brodant sur le changement du monde et le développement du nomadisme moderne (à travers les portables de tout genre), ou encore sur l'enseignement supérieur et le Web. Hier, l'entretien qu'a eu Jacques Attali était fort éloigné de toutes ces considérations. Convoqué par le juge Courroye, il a dû s'expliquer sur les honoraires qui ont été payés à son agence de conseils par Pierre Falcone, dans le cadre de l'instruction ouverte sur l'affaire de la vente d'armes à l'Angola et diverses opérations présumées de blanchiment.
Une convocation qui s'est soldée par une mise en examen pour «recel d'abus de biens sociaux et trafic d'influence». L'influence en l'espèce aurait porté sur l'obtention d'un aménagement du redressement fiscal infligé à Falcone via ses sociétés, indiquait-on hier soir de source judiciaire.
«Le Syrien».
Dans le pot-pourri qu'est l'affaire Falcone, qui mêle affaires immobilières, vente d'armes et des rémunérations diverses, Jacques Attali apparaît d'abord aux yeux des enquêteurs de la brigade financière sous la rubrique «Jacques A». A l'automne dernier, les policiers sont alors en train d'éplucher l'ensemble des versements et virements effectués par la société de Falcone, Brenco France. Un certain nombre de virements sont codés sous les noms de Panurge, Galilée, «le Syrien», ou encore plus sobrement PLS (pour Paul-Loup Sulitzer). «Jacques A.», c'est moins mystérieux. Lorsqu'Isabelle D., secrétaire de Pierre Falcone, est entendue sur une série de versements, elle est interrogée sur ce Jacques A., qui s'avère être Attali. L'affaire - qui porte notamment sur les armes vendues à l'Angola par Falcone et son allié, Arcadi Gaydamak, pour 510 millions de dollars en 1993 et 1994 - est pleine de surprises: les policiers le savent. Elle mêle la droite dure, le RPR et les socialistes, avec la présence de Jean-Christophe Mitterrand, de Gérard Peybernès, l'ancien responsable de l'association de financement du PS, qui a tenté de s'investir dans une opération de vente de camions militaires au Congo. Alors, pourquoi pas Attali...
Qui était-il pour Falcone? «Une relation», «qui appelait souvent», expliquera Isabelle Delubac. Pas beaucoup plus diserte, la secrétaire de Pierre Falcone ne saura pas expliquer les annotations retrouvées par les enquêteurs: «Jacques A. 50.000 US de BAI», ou encore «BAIACA, 200.000 $», en juillet 1998. Depuis, juges et policiers ont trouvé une première explication à ces rémunérations de plus d'un million de francs (c'est d'ailleurs le montant de la caution que lui ont infligé les juges): Attali faisait étonnamment partie du cercle rapproché de Falcone, fort éclectique dans le choix et la diversité de ceux auxquels il versait des honoraires. Puis ils ont eu une explication officielle: l'économiste-essayiste, lui aussi investi dans le soutien du régime d'Eduardo Dos Santos, aurait reçu cette rémunération à l'occasion d'une contribution destinée aux Angolais sur le fonctionnement des microcrédits. Elle s'inspire en substance de minisystèmes bancaires dites banques des pauvres, une vieille idée régulièrement recyclée, notamment en Afrique.
Voyage à Luanda.
Un rapport imposant, figure au dossier d'instruction attestant de ce travail. Interrogé le 1er décembre, Attali avait d'ailleurs admis ses relations avec Falcone, racontant par le menu un voyage effectué en sa compagnie à Luanda - «J'ai eu l'impression que monsieur Falcone disposait de la totale confiance du président angolais et de ses collaborateurs» - ou narrant une rencontre avec le gouverneur de la banque centrale.
Le retournement de situation a eu lieu ces derniers jours. Car les juges sont persuadés que les virements effectués par Falcone ont concerné non pas une étude sur l'Angola, mais un rôle d'intermédiaire dans la négociation de Falcone avec le fisc, qui lui avait infligé de lourds redressements. Une hypothèse de travail que l'avocat de Pierre Falcone, Alain Toucas, se refusait à commenter hier: «L'interlocuteur naturel de l'avocat est le magistrat et non la presse.».
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Détournement de fonds
Jacques Attali épinglé par un juge russe
JACQUES ATTALI, l'ancien conseiller de François Mitterrand, est dans le collimateur de la justice russe. Un magistrat de Moscou le soupçonne d'avoir participé à une opération de financement occulte de la municipalité de Saint-Pétersbourg. Interrogé dans les locaux de la brigade financière, comme simple témoin, en avril dernier (2004), en présence d'un policier et d'un magistrat russe, Jacques Attali a démenti une à une toutes les accusations le visant.
« Il s'est longuement expliqué, nous n'avons aucune nouvelle de cette enquête », nous indique son avocat. Cependant, cette audition n'a semble-t-il pas suffi. Après d'autres investigations, une note de synthèse rédigée par la police française, dont devrait être destinataire M. Matvienko, le magistrat russe, affirme que « M. Attali aurait prêté son concours à un détournement de fonds organisé par et pour l'entourage de M. Yakovlev », l'ancien maire de Saint-Pétersbourg, autrefois proche de Vladimir Poutine. Deux millions de dollars sont en jeu.
Une mission payée cash
En 1997, une Française mariée à un Russe, Irène Commeau, ancienne collaboratrice de Jacques Attali à la Banque européenne de reconstruction et de développement (Bred), crée le premier contact avec Serguei Davitaia, un proche du maire de Saint-Pétersbourg. Jacques Attali, consultant international à son compte, signe un contrat d'assistance visant à redonner à la ville russe « un prestige international ».
Ecrivain à succès, Jacques Attali propose d'apporter son concours à la création d'une « Bred eurasienne », et d'une « Ligue de la paix », réunissant plusieurs ports de la Baltique. Durée de sa mission : deux ans. Rémunération prévue, 2 millions de dollars.
Première curiosité, au lieu d'échelonner les versements, les fonds, via la banque Inkombank, parviennent à ACA, la société d'Attali, en une seule fois. Cinq « consultants » sont aussitôt rémunérés. M. Davitaia perçoit 200 000 dollars. Irène Commeau, comme « apporteur d'affaires » et consultante, touchera au total 25 % du contrat, soit 500 000 dollars. Trois Russes percevront également des fonds : Andreï Gratchev (280 000 dollars), Sergueï Koulaghine (200 000 dollars) et sa secrétaire (97 500 dollars).
Mais dans leur note, les enquêteurs semblent douter que de réelles missions aient été effectuées par les Russes. En perquisitionnant chez ACA, ils n'ont découvert que des notes, « très brèves, rédigées en français », censées émaner de ces consultants. « Ces notes pourraient avoir pour objectif... de justifier le versement des honoraires versés », écrivent les enquêteurs.
Les policiers : « C'est un artifice »
Plusieurs documents en russe ont aussi été découverts. « L'un d'eux expose des méthodes de relaxation et de respiration sans aucun rapport avec la mission », souligne les policiers. Dans les pièces saisies, les enquêteurs ont également mis la main sur une note manuscrite, antérieure de quelques jours à la signature du contrat : « Il y a une cuisine, il faudra reverser 850 000 dollars à l'équipe russe pour ses frais », mentionne ce document. Enfin, l'enquête a établi que les consultants russes avaient été payés sur des comptes bancaires ouverts aux Etats-Unis.
« C'est sciemment que M. Attali se serait prêté à la manoeuvre organisée par les autorités de Saint-Pétersbourg, en recrutant, au prix fort, des consultants qu'il ne connaissait pas, qui ne présentaient pas le profil professionnel et de compétences utiles », concluent les policiers, évoquant « un artifice destiné à prélever des fonds ».
Sollicité hier (5 mars 2004), Jacques Attali n'a pas souhaité réagir.
Laurent Valdiguié, Le Parisien, samedi 06 mars 2004, p. 15
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Jacques Attali en mission pour Nicolas Sarkozy 16/05/2007 Le Point, Rubrique coordonnée par Irène Inchauspé
L’ex-conseiller de François Mitterrand, président de PlanetFinance, a rencontré le nouveau Président de la République, un ami de longue date.Ce dernier lui a confié une mission sur le micro-crédit qui pourrait ensuite être élargie.
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Challenges
Jeudi 26/07/2007 - 20h25
Attali rassure sur sa mission confiée par Matignon
Jacques Attali, qui a accepté une mission du gouvernement Fillon, agira en “intellectuel libre“, a-t-il fait assuré mercredi 25 juillet.
Matignon a annoncé mardi que l'ancien conseiller du président François Mitterrand présiderait la commission sur les freins à la croissance, une proposition faite par le Premier ministre.------
RAPPORT ATTALI
"Déverrouiller notre système économique"
NOUVELOBS.COM | 12.10.2007 | 18:21
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Quand Jacques Attali dézingue tous azimuts
Au lendemain de la remise de son rapport à Nicolas Sarkozy, Jacques Attali, visiblement remonté, a tapé très fort. A droite comme à gauche. Florilège.
F. Me. avec source AFP
LIBERATION.FR : jeudi 24 janvier 2008
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Economie Rapport Attali: "le verre est aux deux-tiers plein" AP | 04.07.2008 | 13:23
"Le verre est aux deux tiers plein", s'est félicité vendredi le président de la commission de la libération de la croissance, Jacques Attali, venu faire le point à l'Elysée de la mise en application du rapport rendu public le 23 janvier. "Sur les 316 décisions du rapport, 213 ont été mises en oeuvre", a-t-il affirmé à l'issue d'un entretien avec le président Nicolas Sarkozy. "Cela veut dire à peu près les deux tiers" et c'est la "marque de ce que le travail a été pris au sérieux". Le rapport préconisait notamment le transfert des cotisations sociales sur la CSG et la TVA, la mise sous condition de ressources des allocations familiales, le recours accru à l'immigration, l'ouverture totale des professions réglementées (taxis, notaires, pharmaciens, etc.) et de la grande distribution ou la suppression des départements d'ici dix ans. "Le tiers qui n'est pas fait va être fait", "à deux ou trois choses près", a affirmé M. Attali. Ainsi, "le basculement sur la TVA des charges sociales est plus difficile en période d'inflation", a constaté l'ancien conseiller de François Mitterrand. "Alors que beaucoup de Français croient que le rapport a été mis à la poubelle après la manifestation des taxis", c'est "la preuve que la réforme est en marche", a-t-il ajouté. D'ailleurs, la réforme de la profession d'artisan-taxi présentée récemment par la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie correspond "exactement à ce qui était dans notre rapport". Les artisans-taxis s'étaient aussitôt mobilisés après la publication du rapport, qui prônait la déréglementation de leur profession. "Cela a donné le sentiment que ce rapport était uniquement consacré aux taxis alors que c'était une demi-page sur 300", a regretté M. Attali. "Le président a souhaité nous revoir en septembre" pour faire un nouveau point, a-t-il précisé. AP-------