Jacques Essebag, dit Arthur, ancien co-dirigeant de Endemol-France ... (200 millions d'euros pour lui et 200 pour Courbit) ; sans diplômes, réussite financière en 15 ans de travail acharné dans le show-biz "parisien"
2001. Chair à vendre
Avril 2008, Arthur abandonne son top-model
Mars 2006, "J'ai toujours été un artiste"
Février 2004, Arthur se marie à un top-model
Février 2002, Arthur achète Madame de Fontenay
Mai 2001, Arthur concurrent de lui-même
Il produit à la même heure «Loft Story» sur M6 et «Exclusif» sur TF1.
Derrière Loft Story se cache «l'animateur le plus con de la télé». Non, pas Benjamin Castaldi qui présente l'émission, mais Arthur, qui s'était décerné ce titre lors de son entrée en télévision et qui produit aujourd'hui Loft Story pour M6. Aux côtés de Stéphane Courbit, son éminence grise de toujours, Arthur, qui a démarré à la télé par un échec (l'Emission impossible sur TF1), règne aujourd'hui en maître sur le divertissement cathodique.
L'histoire a commencé en 1994 quand Arthur et Courbit créent Case Productions, chargée de fournir clés en main à France 2 les Enfants de la télé. L'affaire vaudra à Arthur de se retrouver au cœur du scandale dit des «voleurs de patates» autrement appelés animateurs-producteurs. En 1999, Endemol, une société néerlandaise spécialisée dans le divertissement (du nom de ses créateurs, Joop van den Ende et John de Mol), s'associe avec les deux compères dans ASP [Arthur et Stéphane Productions] Endemol dont Case Productions (et ses émissions pour TF1 les Enfants de la télé, la Fureur, Exclusif!, etc.) devient une filiale. En 2000, ASP Endemol montre les dents, rachète Hubert Productions (le Bigdil de TF1) et s'empare de 50 % de la Société du Spectacle (Karl Zéro, Canal +), de PAF Productions (Marc-Olivier Fogiel, France 3) et encore de 2AS Productions (Sylvain Augier, France 3). Qui rejoignent, dans la musette d'ASP Endemol, Usual Productions (Moments de vérité, M6), Seca Productions (la Grosse Emission, Comédie!), In the Target (Plein les yeux, TF1) et la Boîte 2 Prod (On en rit encore, France 3). En janvier, Endemol (qui est passé entre-temps dans le giron du géant espagnol des médias Telefonica) rachète les parts d'Arthur et Courbit (le montant se chiffre en centaines de millions de francs), nomme les deux acolytes à la tête de sa nouvelle filiale et se retrouve à la tête de 110 heures de programmes par mois. Désormais, Endemol France a accès aux 300 émissions produites par sa maison mère dans le monde dont l'emblématique Big Brother adapté aujourd'hui en Loft Story.
Mais, avec Loft Story, Arthur en vient à se faire concurrence à lui-même (avec comme résultat une mémorable engueulade ces derniers jours à TF1 avec Patrick Le Lay): programmée à 18 h 20 sur M6, l'émission réduit Exclusif! (TF1) à la portion congrue. Et le 21 mai, Loft Story s'attaquera au Bigdil, une de ses productions maison les plus rentables, et une des locomotives d'audience de TF1.
RAPHAËL GARRIGOS, Libération, 12-13 mai 2001, p. 2.
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Chair à Audimat, Par JACQUES AMALRIC, Libération, Le samedi 12 et dimanche 13 mai 2001, p. 3.
D'accord, Loft Story existe et nous vivrons désormais avec (ou plutôt à côté de) cet entrepôt de l'ennui. Promis, nous condamnerons sans nuance, parce que la censure n'a jamais constitué une réponse valable, ceux qui en demanderont l'interdiction.
Pour que les choses soient claires, faut-il, parce qu'un phénomène de société est massif, apparemment durable et hautement rentable, le décréter normal? Faut-il, parce que l'Audimat ne faiblit pas après deux remplacements de cobayes et l'exécution virtuelle d'un troisième, considérer que ce genre de spectacle a toute sa place sur une chaîne généraliste? Bref, faut-il, par crainte de l'accusation de ringardisme, voire de moralisme, se résigner, face à ce nouvel et douteux acquis télévisuel, à clore le débat? Osons répondre par la négative.
Concédons d'emblée que la mauvaise action de M6 ne constitue qu'un tout petit pas supplémentaire dans l'abêtissement de téléspectateurs toujours prêts à en demander plus. Mais oublions un instant leur consentement pour nous intéresser à celui des faux acteurs de la fausse vraie vie ainsi exhibée. Car c'est là qu'un dangereux grand pas a été franchi en matière de dignité humaine. Nos héros, certes, se sont déclarés volontaires et leurs parrains ne manquent pas une occasion de nous le rappeler. Mais que vaut le volontariat dans ce genre de situation? Que signifie-t-il sinon un fol espoir, une duperie, un troc aux termes imprécis, un contrat illégal? Car l'argument du volontariat rappelle étrangement celui avancé aussi bien par la Légion étrangère que par tous les proxénètes de la terre. Gageons que ce n'est sans doute pas par hasard si la première épreuve des candidats de Loft Story a consisté en un test HIV pour tous et un test de grossesse pour les filles. Qui peut dire mieux dans le PAF? On comprendra la colère de certains concurrents.
Conclusion provisoire: il est urgent et logique après ce dernier épisode de la création télévisuelle que le CSA en tire les conséquences, qu'il se fasse hara-kiri. Obsédé par le détail - il ne veut plus que les antihéros de l'entrepôt boivent un verre ou fument une cigarette -, il n'a même pas vu qu'il venait de bénir l'invention de la chair à Audimat.
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Arthur achète Madame de Fontenay
N'ya-t-ildonc rien de sacré pour les deux dirigeants d'Endemol France, Arthur et son éminence grise, Stéphane Courbit ?
D'un coup d'un seul, ils viennent de croquer l'un des derniers bastions de féerie télévisuelle : ils ont acheté Miss France ! Pour une somme tenue secrète mais qu'on imagine aisément rondelette, vu les pics d'audience atteints chaque
année par la ceremonie (l2millions de téléspectateurs lors de la dernière édition sur TFl), Endemol s'est offert la société Miss France, organisatrice et détentrice des
droits du concours.
S'il n'est plus propriétaire de 1a société, Xavier de Fontenay, fils de, sera toujours aux manettes de la soirée et entend désormais «créer un concours international organisé à partir de la France».
Mais, et c'est, dit-elle, précisé dans son contrat, Geneviève continuera de présider, pardon de chapeauter, «jusqu'à sa mort» l'élection, comme elle le fait depuis la
disparition en 1981 de Louis Poirot, monsieur de Fontenay à la ville et créateur du concours en 1947.
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Le mariage surprise d'Estelle et Arthur
SURPRISE ! Il était 11 heures, hier matin (12 février 2004), à la mairie du VIIe arrondissement de Paris quand Michel Dumont, le maire, a procédé au mariage civil d'Arthur, 38 ans le mois prochain, animateur de TF 1 et vice-président d'Endemol France, avec l'ex-mannequin Estelle Lefébure, 37 ans. Le maire était assisté de Pierre Charon, élu du XVe arrondissement de la capitale, très proche du couple. La jeune femme avait pour témoins Bernadette Sacy, son amie et partenaire de rallyes, et Ruth Malka, son agent artistique.
Arthur, de son vrai nom Jacques Essebag, avait pour témoins Françoise Doux, son attachée de presse de longue date, et Steve Haouat, un ami. L'ancienne top model, dans une robe blanche de chez Dior dessinée par John Galliano, était accompagnée des deux petites filles qu'elle a eues du chanteur David Hallyday, dont elle a divorcé en 2002. Arthur, dont c'était en revanche le premier mariage, paraissait très ému dans son costume sombre de chez Saint Laurent.
Le grand secret
Bien qu'on les sache très amoureux, cette union célébrée à la veille de la Saint-Valentin a surpris l'entourage du couple. Jusqu'à la dernière minute, les futurs époux avaient tenu à garder secrète cette cérémonie à laquelle ils ont convié leurs familles proches et quelques amis du show-biz et de la télé.
Parmi la soixantaine d'invités présents à la mairie du VIIe , on apercevait ainsi Hélène Ségara et son époux Mathieu Lecat, Patrick Bruel et sa compagne Amanda, Patrick Bosso, Xavier Couture, ex-mari de Claire Chazal, Pierre Tchernia (un pilier des « Enfants de la télé »), Dany Boon (en train de tourner « Pédale dure », la suite de « Pédale douce ») et Gad Elmaleh, qui rode actuellement son spectacle en province avant l'Olympia. Sans oublier Stéphane Courbit, le fidèle associé d'Arthur au sein d'Endemol.
Juste après cette cérémonie civile, les jeunes mariés et leurs invités ont filé à la Tour d'Argent, le célèbre restaurant de la rive gauche, pour un déjeuner ouvert par une soupe de homards. En milieu d'après-midi, l'animateur s'est rendu rue Bayard (VIIIe ) pour son émission « Planète Arthur », sur Fun Radio, où il a tenu l'antenne jusqu'à 18 h 30, euphorique. Tout semble lui sourire en ce moment. Depuis début janvier, son jeu « A prendre ou à laisser », sur TF 1, réunit 5,7 millions de téléspectateurs chaque jour. Et côté coeur, sa belle histoire avec Estelle est maintenant au zénith.
Alain Grasset,
Le Parisien, vendredi 13 février 2004, p. 31
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(08 mars 2006) Arthur :"J'ai toujours été un artiste"
One-man-show. Une scène rien que pour lui, des sketchs sur mesure qui racontent sa vie : l'animateur et producteur réalise un rêve avec "Arthur en vrai", à l'affiche du Cirque d'Hiver pour six représentations.
Pas question cependant d'arrêter la télé.
A PRESQUE 40 ans (il les fètera sur scène vendredi), Arthur s'installe ce soir au Cirque d'Hiver, à Paris, avec le show humoristique qu'il rode depuis cinq
mois dans de petites salles de province.
Ecrit avec l'aide de spécialistes, mis en scène par la comédienne Isabelle Nanty, «Arthur en vrai » dévoile la face cachée de Jacques Essebag
(son vrai nom), depuis son enfanœ en banlieue jusqu'à sa vie de couple avec le top-modèle Estelle lefébure...
Dans quel état d'esprit arrivez-vous sur scène à Paris?
Arthur. Heureux! Il y a eu un ou deux moments de doute, une fois parce que j'avais 40 de fièvre, une autre, à Bruxelles, parce que j'ai été déstabilisé par une spectatrice qui se déshabillait au premier rang Mais, sur cinquante représentations, ce furent quarante-huit soirees de rêve.
"Je vais me faire plus rare à la télé"
Votre notoriété n'est pas étrangère à ce succès...
Cest évidemment un avantage par rapport aux humoristes qui démarrent. Gad Elmaleh a attendu dix ans avant qu'un journaliste se déplace.
Pour moi vous étiez tous à la première. les gens qui sont venus se répartissent entre un tiers de fans, un autre qui ont entendu parler du show,
et un dernier tiers qui arrivent avec plein de préjugés.
Je réussis à les convaincre tous que je ne suis pas ce qu'ils imaginaient Ils se marrent et, à la fin, c'est Jacques Essebag qu'ils applaudissent, pas l'Arthur de la télé.
Votre image de star de télé vous pesait tant que ça ?
Comme je donnais peu d'interviews sur ma vie personnelle, dans l'esprit des gens, j'étais un mec qui a réussi en faisant de la téléréalité et qui passe ses
vacances sur un yacht à Saint-Tropez avec Estelle. Ce cliché people et superficiel devenait désobligeant! Ajoutez à ça l'image nauséabonde véhiculée par les Guignols.
Oui, j'ai de l'argent, parce qu'il y a beaucoup d'argent à la télé. Mais pas plus que Delarue, Sébastien ou Drucker, qui en a plus que nous tous. Mon métier, aujourd'hui, c'est la scène. Et ce n'est pas l'argent qui m'intéresse. Je suis payé au minimum syndical, je crois que c'est 260 euros par représentation.
Vous vous sentez plus artiste que producteur ou animateur?
J'ai toujours été un artiste. Ma première émission de radio, c'était un one-man-show. Cela dit, on ne devient pas comique du jour au lendemain. Pour que le métier rentre, j'ai joué dans des bars, des amphis de fac, des salles des fêtes, des discothèques. J'ai fait un travail dont je n'ai pas à rougir. Tous les artistes, de Bigard à Palmade, de Gad Elmaleh à Elie Semoun, savent que j'ai joué dans des salles où ils ont démarré il y a quinze ans. Je crois qu'ils respectent cette démarche.
Vous avez suspendu vos émissions sur Europe 2. Envisagez-vous d'abandonner la télévision?
J'ai mis la radio entre parenthèses parce que, physiquement, j'étais crevé, je ne pouvais pas tout mener de front Je reprendrai sans doute en janvier 2007. Quant à la télé, je pense que, dans les cinq prochaines années, je m'y ferai plus rare. J'aimerais développer un projet en direct, lié à la scène. Une émission de divertissement où je mettrais en avant mon travail d'artiste et celui des autres.
Allez-vous continuer le jeu "A prendre ou à laisser" surTFl?
Oui. L'arrêter avec de tels chiffres j'audience, ce serait manquer de respect aux téléspectateurs. Et puis, je suis un petit soldat d'Etienne Mougeotte.Quoi qu'il arrive.Jirai au front tant qu'il le souhaitera.
Ferez-vous un autre spectacle?
Oui, il parlera des familles recomposées, du couple, de 1'éducation des enfants. Mais je vais d'abord tourner avec celui-là pendant deux ans. Et je referai une scène à Paris en octobre, novembre et décembre prochains.
PROPOS RECUEILLIS PAR HUBERT LIZÉ, Le Parisien, Les spectacles, 8 mars 2006, p. 28
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2006.
Passage à l'acte
Arthur, 40 ans, bête d'audimat à la radio puis sur TF1, mari richissime et ravi d'Estelle ex-Hallyday, il se risque sur scène en quête d'un autre type de reconnaissance.
Il y eut d'abord «l'animateur le plus con de la bande FM», potache sans diplôme et rigolard sans conséquence. Il y a toujours «Arthur, roi de la télé», divertisseur mielleux et engrangeur d'audience pour TF1. Il y a évidemment le «voleur de patates», le producteur échappé du service public, recycleur du Loft et de la StarAc, qui a vendu son bizness à Endemol et pourrait aisément vivre de ses rentes.
Mais, aujourd'hui, voici ce self-made man richissime, marié à une mannequin made in Normandie, bronzeur tropézien dans les volutes de sa «cigarette» des mers, qui se risque à monter sur scène et à exposer une intimité qu'il interdit aux paparazzis.
L'ennui, c'est que son one man show n'est pas si mal.
Cela raconte l'adolescent de Massy-Palaiseau, binoclard et grassouillet, vêtu de bermuda en jean's et portant chaussettes dans ses méduses, qui n'en revient toujours pas d'avoir séduit Estelle ex-Hallyday.
Avec acuité et gourmandise, il observe les banalités du quotidien homme-femme : les yaourts au Bifidus que les filles vous envoient chercher, comment elles se nouent une serviette en chignon après le shampoing, ou leurs reptations fort peu sexy quand elles enfilent des collants. Estelle, muse et modèle, s'empressant de préciser à Libération : «Là, ça ne peut pas être moi. Vu que je porte des bas...»
Arthur parle aussi de sa jalousie, de son hypocondrie, de sa maniaquerie, et du premier baiser avec Estelle, qui l'envoya illico à l'hôpital pour un toucher rectal préappendicite. Et on se dit que quelqu'un capable de verser ainsi dans l'autodérision et le pipi-caca ne peut pas être totalement mauvais.
L'explication à tout cela est simple : la télé peut tout, la télé change tout. Il vous suffit de la conquérir et elle vous métamorphose.
Au temps de la radio, Arthur s'imaginait moche et provoquait en proportion. La télé lui a fait perdre 15 kg, lui a rendu la vue en traitant sa myopie au laser, et l'a rhabillé à l'italienne. Sa prestance toute neuve a sucré ses propos, poli ses manières. Une proche de toujours : «Il est davantage sur la réserve. Il s'impose moins. Mais, il garde ce nez qui lui permet de sentir à qui il a affaire.»
Surtout, la télé est un adjuvant financier et sexuel. Le Rastignac banlieusard est aujourd'hui «l'un des hommes les plus riches de France» (dixit un envieux). Et, grâce au Viagra hertzien, le petit moricaud né à Casa, le jeune salopiaud qui beuglait dans son micro, a conquis la femme blanche par excellence, la blonde Estelle, toute en seins et en hanches, Française au bon lait frais, qui l'élèvera comme une mère maintenant qu'il a cessé de faire l'enfant.
La revanche sur les rebuffades acnéiques est d'autant plus réussie qu'Estelle fut longtemps la fille du chef. Dans le monde du showbiz, Johnny Hallyday est un roi azimuté mais admiré. Estelle fut longtemps sa belle-fille. Et au-delà de l'étonnement toujours recommencé d'Arthur devant sa bonne fortune, il faut bien noter que le monde a changé de base, que la télé et ses bouffons font désormais la loi, quand la chanson et le ciné sont tout juste bons à se faire pirater par le premier morpion venu.
Ce qui n'empêche pas Arthur d'avoir besoin de monter sur scène pour prouver à sa belle que lui aussi peut faire vibrer les foules en vrai.
Le petit Jacques-Arthur Essebag a grandi loin de la télé mais l'oreille collée au transistor. Il dit : «Dans ma famille, on ne parlait pas beaucoup. Il y avait une pudeur terrible.» Et cela emporte loin des poncifs sur la jovialité des pieds-noirs qui engendreraient des tchatcheurs et des hâbleurs. Preuve que les chiens font des chats, et cætera...
C'est après la guerre des Six Jours que les Essebag débarquent du Maroc. En poche, très peu d'argent. Aux origines, des épiciers, des tenanciers d'hôtel, et une jeunesse en kibboutz pour sa mère, quatorzième d'une large fratrie. Son père sera expert-comptable aux biscuiteries Belin, puis aux usines Peugeot. On ne manque de rien sauf du superflu. D'où le souci qu'Arthur aura de «mettre tout le monde à l'abri, pour ne jamais revivre le retour en métropole avec 50 francs devant soi».
La famille est croyante et de gauche, pratiquante et soucieuse d'éducation.
Le soir, à Massy, on regardait des Chiffres et des lettres, à l'heure où, aujourd'hui, Arthur anime A prendre ou à laisser, strict jeu d'argent, sans prétexte culturel aucun. Le vendredi soir, Arthur fait toujours shabbat chez ses parents. «Et quand je sèche, y'a cession de rattrapage, le lendemain».
Avec le temps, ce croyant pas pratiquant intensifie un respect des traditions qui fut longtemps assez négligent. Il mange kasher depuis qu'à la naissance son fils faillit mourir. Mais la mère de ce dernier est goy. Et Estelle, aussi, avec laquelle il est marié civilement et qui l'a initié au tofu et au lait de soja.
Au-delà de ces allers-retours, c'est dès qu'on touche à la communauté juive qu'Arthur montre les dents.
Il poursuit de sa vindicte Cauet, qui dérapa bêtement sur la Shoah et s'est depuis confondu en excuses, sans jamais désarmer la violence de son rival. Ainsi, notre chevalier blanc refuse de faire radio commune avec le Picard, quand, en capitaine d'industrie soucieux de ses intérêts, il le côtoie sans haut-le-coeur sur TF1.
Si Arthur reconnaît que Dieudonné fut un participant de talent à ses émissions, il lui applique, depuis ses dérives, la loi du bannissement maximal. Faut dire que le barbu black l'a accusé de financer l'armée israélienne...
Arthur a défilé l'autre dimanche «pour Ilan». Et il a regretté «l'absence de Djamel, de Joey Starr et autre donneurs de leçons civiques». Surtout, il constate qu'il est loin le temps de l'antiracisme innocent et uni. Quand, désormais, l'assignation à origine renvoie chacun à ses peurs et à ses haines.
Arthur ne partage pas avec Bruel le goût irrépressible de la chose politique.
Il s'est fait sans. Il est de cette génération qui deale avec le pouvoir de l'argent, qui n'a aucun compte à rendre à celui issu des urnes. Il est de ce temps où, en guise de berceuse, ne viennent à la bouche que des rengaines publicitaires.
Pour autant, Arthur s'intéresse aux affaires du monde même si cet amuseur se garde bien de dire son mot sur tout. Il a «sauté de joie pour Mitterrand en 81». Mais, aujourd'hui, ce «déçu de la gauche» trouve que «Sarko est plutôt un mec bien, qu'il va au charbon, qu'il dit les choses».
Une dernière histoire qui fera ricaner les dépositaires du capital culturel et qui attendrira ceux qui croient à la formation continue des ambitieux.
Un soir, Arthur, qui commence à être reçu par patrons et intellos, se fait prendre en flagrant délit d'inculture. Honte bue, viennent les bonnes résolutions. Il engage trois copains à le briefer sur la géopolitique, les Etats-Unis, et l'art.
C'est tous les vendredis, il fait des fiches. En peinture, il a commencé par Hartung et Poliakoff. Depuis, il en pince pour Basquiat, Harring, Warhol.
Du contemporain, mais accessible et qui atteint de très grosses cotes. Arrivera-t-il à se refaire jamais ?
Libération, par VAILLANT Luc LE QUOTIDIEN : mardi 14 mars 2006, p. 36
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Dates : Arthur en 8 dates
10 mars 1966,
Naissance à Casablanca de Jacques Essebag, dit Arthur.
1994,
Début de l'émission les Enfants de la télé (F2).
1997,
Passe sur TF1.
1998,
Rejoint le groupe Endemol.
2001,
Producteur du Loft sur M6.
Janvier 2004,
Présentation du jeu A prendre ou à laisser. (TF1).
12 février 2004,
Mariage avec Estelle Lefébure, ex-Hallyday.
8-19 mars 2006,
One man show Arthur en vrai!, à Paris.
28 septembre 2006, Telefonica-Endemol. Départ : 200 millions d'euros en complément de prix
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Le Point, 28/09/06 - N°1776 - Page 42 Emmanuel Berretta
Gros chèques
Arthur et Stéphane Courbit, les codirigeants d'Endemol, ont obtenu 200 millions d'euros chacun de la part de leur actionnaire Telefonica au titre d'un « complément de prix ». Cette somme très importante est tout de même moindre que leurs exigences premières : 350 millions d'euros chacun.
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Le mercredi 16 avril 2008
L’animateur Arthur se sépare de sa conjointe Estelle
Associated Press
Paris
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