Jörg Haider

79-3 note 1 sur "nazisme"

En Europe il est toujours idéologiquement et politiquement positif de faire totalement la différence entre fascisme, nazisme, et marxisme-léninisme, le marxisme-léninisme étant toujours habituellement considéré comme étant une forme de démocratie ayant pour but le bonheur de l'humanité toute entière.

Ainsi, en janvier 2000, l'Union européenne, y compris la France de M. Jacques Chirac (rpr, gaulliste chiraquien) et de M. Lionel Jospin (ps, social-démocrate hard), qui connaît un gouvernement de coalition avec les communistes, un gouvernement dit de "la gauche plurielle", après le premier ministre Israëlien Ehud Barak et les organisations juives, s'inquiète d'un projet de coalition de "la droite plurielle" entre les démocrates-chrétiens autrichiens et les libéraux, qualifiés de néo-nazis, de M. Jörg Haider (décédé dans un accident de voiture le 11 octobre 2008), leader du parti autrichien de la liberté (Freiheitliche Partei Österreichs), deuxième parti autrichien après les législatives d'octobre 1999.
De fait cette coalition aurait pour effet de rejeter dans l'opposition le parti social-démocrate autrichien, associé aux chrétiens-démocrates depuis 1945 ...
Mme Nicole Fontaine, centriste démocrate-chrétienne française, présidente du Parlement européen, fait part de sa "préoccupation" : "L'Union européenne est fondée sur les valeurs de respect des droits de l'homme et de refus de l'exclusion. Il serait intolérable qu'un parti qui nie ces principes fondamentaux accède au pouvoir dans un des pays de l'Union".
Toujours plus pragmatiques les Etats-Unis gardent, tout d'abord, leur calme, puis, après le départ d'Autriche de l'ambassadeur de l'Etat d'Israël, Mrs Albright (démocrate), secrétaire d'Etat américaine des affaires étrangères, dont la famille a été victime du nazisme, soutient le point de vue de l'Union européenne.
Le gouvernement autrichien de coalition, de la "droite plurielle", entre le parti démocrate-chrétien ÖVP et le parti FPÖ de Jörg Haider étant constitué début février 2000, avec six ministres pour le FPÖ sur douze, le vice-chancelier, les ministres des finances, de la défense, de la justice, des affaires sociales et des infrastructures, et bien que le chancellier démocrate-chrétien de ce gouvernement, M. Wolfgang Schüssel, et M. Jörg Haider, aient signé un document dans lequel ils s'engagent à respecter les droits de l'homme, reconnaissent pour l'Autriche les crimes du passé et, à la demande expresse d'Israël, "le caractère unique du crime de la Shoah", Mrs Albright décide de rappeler l'ambassadeur des Etats-Unis et l'Union européenne décide de sanctionner politiquement l'Autriche en rompant toute relation bilatérale avec elle, par contre les relation multilatérales dans le cadre de l'Union européenne sont maintenues ....
M. Henri Hajdenberg, président du conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), affirme à la télévision sur France 2 que :"L'Autriche n'est pas fréquentable, il ne faut plus aller faire du tourisme en Autriche".

Cette "affaire" a été extraordinairement médiatisée, avec engagement total des intellectuels parisiens, notamment M. Jérôme Clément, vice-président de la chaîne de télévision Arte et M. Bernard-Henri Lévy, philosophe très tendance.

M. Jörg Haider déclare sur une télévision allemande qu'il souhaite que le nouveau gouvernement autrichien indemnise les anciens prisonniers de guerre autrichiens en Russie et les allemands expulsés des Sudètes par les Tchèques (trois millions) en 1945 :"Un gouvernement patriotique doit, d'une part, être prêt à tirer les conséquences du passé" en dédommageant les concitoyens juifs victimes du nazisme et "en même temps, prendre une initiative pour dédommager les Allemands des Sudètes".
Dans une interview au Sunday Telegraph M. Jörg Haider compare M. Winston Churchill et Adolf Hitler. Selon M. Haider :"Oui, avec Churchill, il y a beaucoup de mauvaises choses et beaucoup d'honneur. Il a agi bien et mal. C'est le sort de tout homme politique important". "Les mauvaises choses, cela a été par exemple la décision de détruire des villes comme celle de Dresde, où il n'y avait pas de soldats de l'armée allemande. Il n'y avait que des civils. C'est la même chose que nous reprochons à Hitler. Nous disons : pourquoi Hitler devait-il lancer des bombes sur des villes où ne vivent que des civils et des enfants ?" (Le Monde, 15 février 2000, p. 4, journal qui ajoute en commentaire :"Dresde, bondée de réfugiés, a été bombardée en février 1945 par l'aviation britannique. Il y eut des dizaines de milliers de victimes". Selon le Quid 2000, p. 681a :"on a parlé de 135 000 morts (dont 10 000 Français), chiffres revus par une commission d'historiens mandatés par la ville de Dresde (35 000 morts dont 25 000 identifiés)".

Le 14 février 2000 les quinze Etats membres de l'Union européenne ouvrent officiellement les négociations d'élargissement avec six nouveaux candidats, les trois Etats baltes, Chypre et Malte et le président allemand Johannes Rau, en visite officielle en Israël, dit, en allemand, devant la Knesset :"Je demande pardon pour ce que les Allemands ont fait, pour ceux de ma génération, pour nos enfants et les enfants de nos enfants", ajoutant, faisant allusion à l'Autriche :"Nous ne permettrons pas à la xénophobie, au racisme et au nationalisme de se réinstaller de nouveau en Europe".
Le 17 février 2000 le président Jacques Chirac a reçu à l'Elysée le prix, une menorah, un chandelier à sept branches, de l'Anti-Defamation League, l'une des plus puissantes organisations juives des Etats-Unis, pour avoir reconnu la responsabilité de la France dans la déportation des juifs sous l'Occupation nazie, mais également pour ses interventions en Bosnie et au Kosovo et contre l'autrichien Jörg Haider. Ni les interventions d'Israël au Liban et ni celles de la Russie en Tchétchénie n'ont été évoquées.
Le 19 février 20 000 militants des gauches manifestent en France, entraînés à Paris par M. Jack Lang, contre le nazisme et Haider ; entre 100 000, selon la police, et 250 000, selon les organisateurs, manifestent à Vienne, venant d'Israël, des Etats-Unis et de toute l'Europe ; la délégation Française, nombreuse, est entraînée par le philosophe parisien Bernard-Henri Lévy.
Début mars 2000 le président du Consistoire israélite de Vienne, M. Ariel Muzicant, entend prouver que M. Haider est bien antisémite, et demande une aide financière pour la communauté juive d'Autriche, qui compte actuellement environ 10 000 membres, un tiers de la communauté ayant été exterminée par les nazis (65 000 membres) alors que les deux tiers se réfugiaient à l'étranger (120 000 personnes). M. Peter Sichrovsky, descendant d'une famille juive viennoise, qualifié de "juif de cour" ou de "traître" par ses adversaires, et membre du FPÖ, affirme, lui, que M. Haider "n'est pas un néonazi", mais la commission des relations internationales de la Chambre des représentants des Etat-Unis vote une résolution qualifiant M. Haider et son parti d'"antidémocratiques, racistes et xénophobes" (Le Monde, 11 mars 2000, p.3).

La justice américaine reste très vigilante à l'égard des anciens nazis : ainsi a-t-elle déchu de la nationalité américaine et expulsé un ancien gardien SS autrichien du camp d'Auschwitz, M. Ferdinand Hammer, contre lequel n'existerait aucune preuve de culpabilité selon le centre de documentation juif Simon Wiesenthal, et qui est de retour en Autriche en mars 2000 (Libération, 15 mars 2000, p. 9).

En novembre 2000, lors d'élections autrichiennes locales, le parti de Haider est en déconfiture. Mais en septembre 2008, aux législtives, il devient le quatrième parti du pays et Jôrg Haider pourrait devenir ministre. Il décède dans un accident de voiture le 11 octobre 2008.

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Jörg Haider, leader de l'extrême droite autrichienne meurt dans un accident de voiture LE MONDE | 11.10.08 | 08h27 • Mis à jour le 11.10.08 | 09h56 Christophe Châtelot et Laurence Monnot (à Vienne)

Son retour, tonitruant, sur la scène politique autrichienne aura été de courte durée.
Le chef du parti populiste autrichien BZÖ et gouverneur de Carinthie, Jörg Haider s'est tué, samedi 11 octobre, dans un accident de la route, a annoncé la police de Klagenfurt (sud), la capitale de la Carinthie dont il était le gouverneur depuis 1999.
"Il est mort aux premières heures du jour, samedi, à Klagenfurt", a annoncé l'agence APA en citant le permanencier de la police municipale.

Selon les premières indications, Jörg Haider, âgé de 58 ans, circulait seul à bord de sa voiture de service sur une route nationale au sud de la capitale de la Carinthie lorsque son véhicule a quitté la voie pour une raison encore inconnue.
Peu avant l'accident, il venait de doubler un autre véhicule dont la conductrice a alerté la police. Sa voiture a effectué plusieurs tonneaux après avoir quitté la chaussée. Grièvement blessé à la tête et au thorax, il est décédé peu après des suites de ses blessures.

"Pour nous c'est la fin du monde", a commenté Stefan Petzner, le porte-parole et vice-président du Mouvement pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ) de Jörg Haider. A moins que cela ne sonne, plus humblement, le glas de cette formation qui ne vivait que grâce à la personnalité de son chef charismatique, véritable animal politique présent sur la scène politique depuis des décennies.

Les débuts de Jörg Haider remontent en effet à 1970. Il dirige alors les jeunes du Parti libéral (FPÖ), un conglomérat de deux grands courants, l'un de droite nationaliste, l'autre de droite nationaliste dont le seul point commun était de ne pas supporter la mainmise des grands partis. En 1979, Jörg Haider entre au parlement.
Mais c'est en 1986 qu'il déboule véritablement sur la scène politique autrichienne. Avec l'aide du courant National-allemand, il fait alors main basse sur le FPÖ en éliminant l'aile libérale. Le FPÖ vire radicalement à droite.

Trentenaire dynamique, Jörg Haider se taille alors un franc succès en dénonçant la dérive des partis traditionnels, notamment les socialistes empêtrés dans une suite de scandales financiers et d'abus clientélistes. Il profite également de la vague nationaliste qui a porté l'ancien secrétaire général de l'ONU Kurt Waldheim – qui sera ensuite rattrapé par son passé d'officier dans la Wehrmacht – à la présidence de l'Autriche en faisant du "respect pour la génération des soldats", c'est-à-dire les combattants des armées nazies, un cheval de bataille.

Trois ans plus tard, en 1989, il arrache la Carinthie aux sociaux-démocrates et en devient gouverneur grâce à une alliance avec le Parti conservateur. Poste auquel il doit renoncer temporairement, en 1991, à la suite de ses déclarations complaisantes à l'égard de la politique pour l'emploi du IIIe Reich. Il reconquiert Klagenfurt en 1999 pour en faire son fief.

Les législatives de 1999 sonnent comme une déroute pour les deux grands partis autrichiens submergés par la vague FPÖ. Ce parti recueille alors 29,6% des suffrages et devance le parti conservateur. La participation de ministres FPÖ au gouvernement du conservateur Schüssel déclenche les sanctions européennes.
En 2000, Jörg Haider surprend tout le monde et les Autrichiens en premier lieu en abandonnant la tête du parti qu'il continue cependant de gérer de Klagenfurt. De plus en plus contesté par l'appareil, il provoque la scission du FPÖ en 2005 et fonde le Mouvement pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ).

DEUXIÈME FORCE POLITIQUE DU PAYS

En attendant, une grande partie de la classe politique saluait, samedi, à l'instar du président de la République, Heinz Fischer, "un homme politique de grand talent capable de soulever l'enthousiasme même s'il a suscité beaucoup de critiques". Son rival à l'extrême droite et successeur à la tête du FPÖ après la scission de 2005, Heinz-Christian Strache, a, quant à lui, honoré la mémoire de "l'une des personnalités politiques les plus marquantes de la deuxième République".
Il y a quelques jours encore, les deux hommes s'étaient rencontrés pour évaluer les possibilités d'une réunification de leurs partis. La disparition de Jörg pourrait hâter le mouvement, sous la bannière Sa disparition ouvre probablement la voie à une réunification de l'extrême droite sous la bannière de Heinz-Christian Strache.

Avec 29% des voix aux élections législatives du 28 septembre, la droite populiste s'était à nouveau imposée comme la deuxième force politique du pays. Et l'Autriche se retrouve dans une situation quasiment identique à celle qui prévalait en 1999. C'était la période dorée de Jörg Haider, dont le parti avait alors formé une coalition avec les conservateurs. Il y a quelque jours, Jörg Haider évoquait d'ailleurs une possible participation à un gouvernement avec les conservateurs.

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