Selon M. Stéphane Courtois, directeur de recherches au CNRS, Staline est avec Hitler un des plus grands criminels du XXème siècle car si « Hitler a tenu douze ans et a mis en oeuvre un racisme visant à l’extermination des juifs. Staline a tenu plus de trente-cinq ans et entrepris l’extermination de quiconque s’opposait au projet marxiste-léniniste : ouvriers, paysans ou intellectuels, Russes, allogènes ou étrangers, « nationalistes » ou « cosmopolites ». Avec le génocide juif, le communisme a été la tragédie majeure de ce siècle, responsable de l’assassinat de dizaines de millions de personnes, de la Russie à la Chine, du Cambodge à l’Ethiopie » (Le Monde, Horizons-entretien, 26 décembre 1995, p.9).
M. Stéphane Courtois, par ailleurs, partage l’analyse de M. Thierry Wolton (Le grand recrutement, Grasset, 1993) selon laquelle l’ancien ministre de l’Air lors du Front populaire, M. Pierre Cot (1895-1977), prix Staline en 1953, dont l’un des membres du cabinet était M. Jean Moulin (1899-1943), était bien un agent de renseignement de Staline... Ce point de vue est violemment contesté par les communistes, notamment résistants. Certains communistes font également valoir que si le chiffre de 85 millions de morts victimes du communisme annonçé par certains historiens (Stéphane Courtois et autres, Le Livre noir du communisme, Laffont, Paris 1997) est contestable il est aussi à comparer avec l'évolution de la population mondiale, un milliard six cent trente quatre millions de personnes en 1900 pour six milliards à la fin du siécle...
Selon le colonel Vassili Mitrokhine, ancien responsable des archives du KGB, le service de renseignement de la Russie soviétique, une cinquantaine d'agents français travaillaient pour Moscou, dont le philosophe Alexandre Kojève et le journaliste André Ulmann (1912-1970), qui fut, sous l'occupation allemande, avec M. François Mitterrand, l'un des fondateurs du Mouvement national des prisonniers de guerre. C'est M. André Ulmann qui aurait écrit en 1947, sous le nom de Sim Thomas, l'article calomniateur des Lettres françaises qui accusait le transfuge soviétique Victor Kravchenko, auteur de "J'ai choisi la liberté"(Editions Self, Paris 1947), d'être un espion américain. M.Claude Estier, ancien député socialiste et proche de M. François Mitterrand, est également mis en cause, celui-ci qualifie ces accusations de "tissu d'inepties" (Le Monde, Le KGB avait tissé un vaste réseau d'influence en France, 16 sept. 1999, p. 14). Vassili Mitrokhine, The Mitrokhine Archives, 996 pages, London 1999.