396 note sur "réciproquement"
Le doyen, toujours vert à 91 ans

Traditionnellement certains parlementaires bénéficient d'avantages matériels accordés par des amis, élus locaux, divers professionnels, avantages dont la légalité n'est pas certaine, ce qui peut poser quelques problèmes.
C'est ainsi que le maire de Nice a réclamé en octobre 1997 le remboursement de 2,350 millions de francs au doyen de l'Assemblée nationale, M. Charles Ehrmann, député UDF des Alpes-Maritimes, pour avoir bénéficié depuis 1983 de la jouissance gratuite de bureaux appartenant à la ville de Nice et dans lesquels était installée sa permanence de député.
En janvier 2002 l'affaire semblait réglée, une transaction ayant ramené la somme détournée, au détriment des contribuables, à 228 673 euros (1,5 million de francs, une "bonne affaire").

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Les fantasmes du doyen. A 91 ans le plus âgé des députés français faisait une fixette sur les jambes d'une employée
« On dit que j'ai de belles gambettes, je sais! » Isabelle J. pourrait reprendre à son compte le refrain chanté par Mistinguett, sauf que cela ne la ferait pas sourire.
En effet, c'est parce qu'elle refusait de montrer ses jambes qu'elle a été licenciée.
Pourtant, la personnalité et l'âge de son patron auraient dü la mettre à l'abri d'une telle déconvenue. Mais il faut croire que Charles Ehrmann, doyen de l'Assemblée nationale, n'a pas abdiqué, à 91 ans, toute velléité libidineuse.
C'est ce que révèle, en tout cas, un jugement du conseil des prud'hommes de Nice.
Saisis de licenciement abusif par la jeune femme, les juges du travail ont estimé que le motif invoqué par le député des Alpes-Maritimes était fallacieux. Que ce n'était pas parce qu'elle aurait consulté, de manière injustifiée, le Minitel de la permanence électorale du député qu'elle avait été renvoyée. Mais bien en raison de son peu d'empressement à céder à ses fantasmes. Dont celui de pouvoir « mater » les jambes de sa belle et jeune collaboratrice que celle-ci refusait, obstinément, de découvrir...
La parole d'Isabelle n'aurait, sans doute, pas suffi à emporter la conviction du conseil, mais l'accorte brunette a versé au dossier des pièces à conviction qui montrent que l'âge n'a rien à voir dans l'affaire. A savoir : quatre bulletins de salaire et une carte de vœux sur lesquels l'imprudent doyen des parlementaires français avait inscrit, de sa main, des mentions « sans rapport avec le statut de salarié », selon le jugement prud'homal. Du genre, « je vous embrasse» ou, s'adressant à ses parents, « elle a de jolies jambes, elle devrait les montrer ».
En conséquence, le conseil a accordé à l'employée les 8 385 euros de dommages-intérêts qu'elle réclamait.
Charles Ehrmann a fait appel. Mais il doit affronter une autre échéance. Celle qui l'oppose à la ville de Nice pour l'usage d'un local et l'emploi d'une secrétaire, indus, plusieurs années durant. Le tout au détriment du contribuable niçois. D'abord fixée à 350 632 euros, la dette a été ramenée, après transaction, à 228 673 euros.
Roger-Louis Bianchini, L'Express, 24/30 janvier 2002, p. 42

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