Par exemple M. Henri Emmanuelli,
après ses deux ans d'inéligibilité pour recel d'abus de biens sociaux (affaire du financement illégal du PS, Urba), a été brillamment élu le 30 janvier 2000, dans les Landes, conseiller général, avec 76,97% des exprimés, mais s'il obtient 55,80% des exprimés à la législative partielle du même jour, causée par la démission volontarisée de son suppléant, il n'obtient pas les 25% des inscrits et donc il n'est élu qu'au deuxième tour.
Cette brillante réapparition d'un politique condamné par la justice semblerait confirmer le point de vue de certains observateurs, qui pensent que les citoyens électeurs (populus) sont particulièrement indulgents pour les illégalités des politiciens, la plupart d'entre eux rêvant de pouvoir, si possible en toute impunité, jouir des mêmes pouvoirs, et privilèges.
En novembre 2000 M. Henry Emmanuelli, président de la commission des finances de l'Assemblée nationale a apporté son soutien à M. Julien Dray pour faire adopter un amendement à la loi de finances pour 2001 qui autorise le paiement en liquide, jusqu'à 3 000 francs, de l'acompte pour l'achat d'un bien de plus de 20 000 francs, amendement contre lequel s'était prononcé, au nom du gouvernement, la secrétaire d'Etat au budget, Mme Florence Parly :"Le gouvernement entend éviter les paiements en espèce d'un montant élevé, pour rendre plus difficiles les tentatives de fraude".
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Aux législatives de juin 2002, M. Emmanuelli brillamment réélu avec 60,47% des voix.
Henri Emmanuelli, l'insubmersible
DANS les Landes, les affaires n'ont entamé ni son moral ni son capital de sympathie. Au contraire.
Henri Emmanuelli, même en période de vaches maigres du PS, continue à progresser dans son fief de Saint-Sever.
Au premier tour, il a amélioré son score de 2 % par rapport à 1997 et il a raté à 47 % une élection immédiate.
Cet ancien président de l'Assemblée nationale s'est donc totalement remis en selle après deux ans d'inégibilité pour cause d'affaires de financement occulte du PS dont il a été le trésorier dans les années quatre-vingt.
Ecarté des arènes politiques de 1998 à 2000, condamné à des peines de prison avec sursis dans l'affaire Urba, Henri Emmanuelli n'a jamais abandonné.
Il reste mis en examen pour complicité et recel d'abus de biens sociaux et trafic d'influence dans l'
affaire Destrade, où il est soupçonné d'avoir participé à un éventuel financement occulte du PS via des implantations de supermarchés. Ses électeurs landais ont estimé que la « présomption d'innocence » devait s'appliquer en l'élisant hier soir avec 60,47 % des voix.
Le Parisien, lundi 17 juin 2002, p. 13.
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