note sur "liberté des croyances"

Cette liberté a ses limites dans l'expression des croyances.

Si l'on peut croire ce que l'on veut l'on ne peut pas exprimer certaines croyances qui seraient contraires à certains principes, par exemple l'on ne peut pas tenir de propos racistes et/ou antisémites qui relèveraient des sanctions prévues par la loi Fabius (parti socialiste) Gayssot (parti communiste) du 13 juillet 1990 (notamment provocation à la haine raciale).

Les limites apportées dans l'expression des opinions relèvent de la défense idéologique normale et normative du groupe social dirigeant, c'est ainsi que, par exemple, dans la constitution de 1936, dite constitution stalinienne, de l'Union des républiques socialistes soviétiques les libertés publiques les plus larges sont accordées aux citoyens mais dans l'intérêt de la seule défense du parti communiste soviétique exerceant "la dictature du prolétariat".
Les techniques utilisées pour "redresser" les opinions incorrectes sont bien connues : éliminations physiques directes ou indirectes (goulag), rééducation idéologique par l'enseignement, par les medias, et par la justice prolétarienne (camps de rééducation).

Selon l'académicien Français, journaliste et écrivain, Jean d'Ormesson, dans son livre Le rapport Gabriel, Gallimard, Paris, 1999, le président François Mitterrand, le 17 mai 1995, jour de l'installation à la présidence de la République de son successeur M. Jacques Chirac, lui aurait fait part de "l'influence puissante et nocive du lobby juif en France". Propos que l'on peut rapprocher de ceux du général Charles De Gaulle qui fit scandale en parlant du peuple juif comme d'"un peuple d'élite, sûr de lui et dominateur". La réponse de Mazarine Pingeot, fille adultérine du président Mitterrand, a été immédiate :"Subirai-je encore longtemps la diffamation et la haine ? ... Passent encore les attaques dont mon père fut victime dans son honneur, la douleur devient intolérable lorsqu'il est question de sa dignité"(Le Monde, 27 août 1999, p.29).
Selon l'avocat Théo Klein, ancien président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) les propos du président Mitterrand ne sont pas étonnants car "il est arrivé à François Mitterrand, de temps à autre, de se laisser aller à des propos de ce genre, un peu faciles"(Le Parisien, 27 août 1999, p. 4).
Selon certains observateurs les propos du président Mitterrand, comme ceux du général De Gaulle, ne relèvent pas de l'antisémitisme, ou plus exactement ne sont pas judéophobes car les arabes sont, eux-aussi, des sémites, mais de l'antisionisme et concernent donc l'Etat d'Israël et les groupes de pression qui soutiennent sa politique, notamment, à l'égard des palestiniens.
C'est, semble-t-il et apparemment, le point de vue de M. Jean-Christophe Mitterrand, l'un des fils légitimes de l'ancien président de la République.
La communauté juive est divisée.
Par exemple selon Nathalie Duhamel, collaboratrice du président Mitterrand pendant dix-sept ans, ce langage est utilisé entre juifs mais interdit à un non juif :"Pourtant, ce lobby existe, comme tant d'autres, chaque communauté ayant le droit de se retrouver et de défendre ses idées et ses intérêts" (Nathalie Duhamel, Devoir de mémoire, Le Monde, 5/6 sept. 1999, p. 11).
Par contre selon Nicolas Weill les propos du président Mitterrand seraient révélateurs d'une banalisation de l'"un des mythes de la judéophobie la plus traditionnelle", rappelant la fabrication par la police russe de "l'archétype des rêveries sur la prétendue domination juive : Le Protocole des sages de Sion" (Nicolas Weill, Le fantasme pervers du "lobby juif", Le Monde, 5/6 sept. 1999, p. 1-11).

Les voisins d'Israël sont évidemment antisionistes et souvent antisémites, c'est à dire judéophobes, par exemple l'éditorialiste du quotidien officiel syrien Te-chrine estime dans son édition du 31 janvier 2000 qu'Israël, ce qui est le point de vue des historiens révisionnistes, exagère l'ampleur de l'extermination (génocide) des juifs par les nazis pour s'assurer l'appui de l'Occident et tenir en échec ses ennemis :"Je crois qu'Israël et les organisations sionistes ont deux objectifs. Le premier est de recevoir plus d'argent de l'Allemagne et d'autres Etats occidentaux sous prétexte d'une indemnisation justifiée par la Shoah. Le second objectif est d'implanter le mythe de la Shoah et d'accuser d'antisémitisme quiconque s'oppose au sionisme et à sa politique expansionniste". Ce commentaire a suscité une vive réaction en Israël où le ministre chargée des affaires de la diaspora, Michaël Melchior, s'est dit "écoeuré"."Les Syriens ne connaissent pas de limite dans la provocation, aussi bien sur le plan diplomatique que moral". (AFP, Reuters) Cité par Le Monde, 2 février 2000, p. 5. Les propos syriens relèvent évidemment des interdictions de la loi Fabius/Gayssot du 13 juillet 1990.

Le pape Jean-Paul II, le dimanche 12 mars 2000 à la basilique Saint-Pierre de Rome, avant un voyage en Israël, a demandé très officiellement le pardon de Dieu pour tous les péchés commis au nom de l'Eglise catholique depuis sa fondation. Cet acte de repentance concernait notamment les persécutions des juifs.
Le grand rabbin ashkénaze d'Israël, M. Israël Meir Lau, s'est déclaré "profondément déçu que le sujet de la Shoah n'ait pas été traité. Certes la "solution finale" est l'oeuvre des nazis et non de l'Eglise, mais le pape Pie XII n'a pas fait le nécessaire pour la dénoncer et la combattre".
En France M. Jean Kahn, président du Consistoire central israëlite de France, a déclaré qu'il se réjouissait de cette repentance, "mais nous eussions préféré que l'antisémitisme chrétien qui a mené à la Shoah ne soit pas mis sur le même plan que les regrets concernant les croisades, l'Inquisition, la discrimination contre la femme et les pauvres".
Le cardinal Jean-Marie Aaron Lustiger, recueilli par une famille catholique pendant l'occupation nazie et converti par elle au catholicisme, nommé cardinal-archevêque de Paris par Jean-Paul II, approuve, lui, sans réserves officielles, la démarche papale.
A la veille de l'arrivée du Pape en Israël, le 20 mars 2000, l'héliport que doit utilisé celui-ci est vandalisé, avec croix gammées, par les juifs ultra-orthodoxes. Et certains catholiques fondamentalistes attendraient, alors, qu'Israël se repente pour l'extermination de certains peuples cananéens, extermination qui est relatée dans la Bible (par exemple Josué, VI, 21 :"Et ils tuèrent tout se qui s'y rencontra, depuis les hommes jusqu'aux femmes, et depuis les enfants jusqu'aux vieillards. Ils firent passer aussi au fil de l'épée les boeufs, les brebis et les ânes" (génocide ?). La Bible, Robert Laffont, Collection Bouquins, Paris 1990, p. 257).
A son arrivée à Jérusalem le pape est reçu par le maire de la ville qui tient absolument à dire que Jérusalem est la ville des juifs, et non pas la ville des trois religions du Livre, et le lendemain à Bethléem la messe est interrompue par la voix enregistrée d'un muezzin, diffusée par hauts-parleurs comme partout, ou presque, dans les pays musulmans, qui appelle à la prière. Le 23 mars 2000 le pape est au sanctuaire de Yad Vashem, mémorial de l'Holocauste, la Shoah (Catastrophe), du génocide par les nazis d'une partie de la communauté juive d'europe (depuis 1945 officiellement six millions, toute contestation de ce chiffre relève des tribunaux). Dans son discours le pape déplore la "terrible tragédie de la Shoah", ce qui est jugé très insuffisant par le grand rabbin ashkénaze M. Israël Meir Lau. Il appert que l'on voudrait que le pape reconnaisse la responsabilité du catholicisme dans l'existence de l'Holocauste. A quand le procès pour complicité de crime contre l'Humanité ? Le même jour le grand mufti de Jérusalem refuse de rencontrer le pape et conteste l'étendue de l'Holocauste.
Le 25 mars à Nazareth le pape longe l'esplanade où les islamistes vont construire, avec l'autorisation d'Israël et à cent mètres de la basilique de l'Annonciation, une mosquée. Une énorme banderole proclame : "Il n'y a de Dieu qu'Allah, Mohamed est son prophète".
Le 26 mars 2000 le pape termine son pèlerinage en visitant la mosquée El Aqsa, en célébrant une messe dans l'église du Saint-Sépulcre, et surtout en implorant une nouvelle fois, devant le mur des Lamentations, le pardon pour les péchés des catholiques. Après cette ultime repentance l'ancien grand rabbin de France M. René Samuel déclare :"Tout est dit. Le pape est allé au-delà de ce que l'on pouvait espérer. C'est un geste historique." Ce point de vue ne semble pas partagé par toute la communauté, divisée entre orthodoxes (par exemple le grand rabbin Joseph Sitruk) et libéraux (par exemple M. Jean Kahn, président du consistoire central de France).

La définition de l'antisémitisme peut être large. Par exemple M. Jean-Marie Cavada, président-directeur-général de Radio-France, et Mme Laure Adler, directrice de France-Culture, ont fait retirer de la vente un ouvrage des Editions Fayard dont l'auteur, M. Renaud Camus, à propos d'une émission journalistique de France-Culture, avait écrit le passage suivant :"Il m'agace et m'attriste de voir et d'entendre cette expérience [française], cette culture et cette civilisation avoir pour principaux porte-parole et organes d'expression, dans de très nombreux cas, une majorité de juifs, Français de première ou de seconde génération bien souvent qui ne participent pas directement de cette expérience". Selon Mme Laure Adler ces propos "incitent à la haine raciale".

M. Stéphane Zagdanski, dans son ouvrage "Pauvre de Gaulle !", publié chez Pauvert en mars 2000, attaque violemment la France et les français, la question est posée par certains de savoir si une telle attaque contre Israël et les israéliens serait de l'antisémitisme, et/ou si critiquer cet auteur relève de l'antisémitisme ...

Une affaire "antisémite" (?) fait un certain bruit en Russie, membre du Conseil de l'Europe, et en France notamment, après l'élection à la présidence de la République de M. Vladimir Poutine. Le magnat de la presse russe, M. Vladimir Goussinski, la plus puissance personnalité de la communauté juive de Russie, président du Congrès juif de Russie, l'équivalent médiatique de Rupert Murdoch en Occident, a été incarcéré (trois jours) et inculpé pour "escroquerie". Les médias contrôlés par M. Vladimir Goussinski, comme la plupart des médias en France, critiquent vigoureusement M. Vladimir Poutine ainsi que la politique de la Russie à l'égard des musulmans Tchétchénes. Une procédure de suspension de la Russie a été introduite par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe pour violation des droits de l'homme.

Le 15 juin 2000 Mme Brigitte Bardot a été condamnée, à la demande de la Ligue des droits de l'homme et du Mrap, à 30 000 francs d'amende et 20 000 francs de dommages et intérêts, pour provocation à la haine raciale, pour avoir écrit dans son livre "Le carré de Pluton" (Grasset et Fasquelle, Paris 1999) une "Lettre ouverte à ma France perdue" dans laquelle elle critique le nombre des musulmans et le nombre des mosquées en France "pendant que nos clochers d'églises se taisent faute de curés", et fustige les pratiques d'égorgement des moutons lors de la fête musulmane de l'Aïd-el-Kébir.

Le 21 juin 2000 la cour d'appel de Lyon a confirmé la peine de six mois de prison avec sursis et l'interdiction d'éditer pendant trois ans, peines infligées en première instance, à l'éditeur d'une revue négationniste, M. Jean Plantin, revue ayant publiée des articles mettant en doute l'existence des chambres à gaz dans les camps de concentration nazis de la deuxième guerre mondiale.

Le 20 novembre 2000, à la demande de l'Union des Etudiants juifs de France, du Mrap et de la Licra, le juge des référés du TGI de Paris, M. Jean-Jacques Gomez, a demandé au portail américain Yahoo d'interdire dans les trois mois l'accès des internautes français aux sites américains qui vendent aux enchères des objets nazis, faute de quoi la société américaine serait soumise à une astreinte de 100 000 francs par jour de retard. Aussitôt la décision du juge français connue à New York l'action de Yahoo chutait de 5,8% sur le Nasdaq.
Le 3 janvier 2001 Yahoo décide de retirer de ses enchères toute référence au nazisme ..., et le 10 janvier 2001 annonce des résultats inférieurs aux prévisions.

La Cour européenne des Droits de L'Homme du Conseil de l'Europe a jugé que la condamnation par la cour d'appel de Paris le 26 janvier 1990 des sieurs Lehideux et Isorni, pour "apologie des crimes de guerre ou de crimes ou délits de collaboration", à la suite de la parution le 13 juillet 1983 dans le journal "Le Monde" d'un encart publicitaire présentant comme salutaires certaines actions du maréchal Philippe Pétain, était une ingérence dans l'exercice par les requérants de leur droit à la liberté d'expression (23 sept. 1998, affaire Lehideux et Isorni c. France).
La Cour européenne des droits de l'homme a de nouveau condamné la France pour violation de l'article 10 de la Convention européenne, qui affirme la liberté d'expression, le 21 janvier 1999 dans l'affaire Fressoz et Roire c. France, la Cour d'appel de Paris ayant condamné en 1993 deux journalistes de l'hebdomadaire satirique "Le Canard Enchaîné" qui avait publié en 1989 trois avis d'imposition de M. Jacques Calvet, président directeur général de PSA (Peugeot-Citröen), qui attestaient que M. Calvet s'était en deux ans accordé une augmentation de salaire de 45,9% alors qu'il refusait une augmentation de 1,5% à ses salariés.

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