note sur "République libérale"

Selon la plupart des membres de la classe politique (par exemple le président Jacques Chirac, lors de la cérémonie des voeux à la presse le 9 janvier 1997 au Palais de l'Elysée, et dont le grand père fut le vénérable de sa loge du Grand Orient de France en Corrèze, et qui selon Ghislaine Ottenheimer [avec Renaud Lecadre, Les frères invisibles, Albin Michel, Paris 2001] serait lui-même membre de la loge maçonnique suisse Alpina) la France a des "valeurs républicaines" qu'il faut défendre.

Ces valeurs sont tout d'abord les valeurs d'une démocratie libérale. Mais une démocratie libérale n'est nullement obligée d'être républicaine.
La Grande-Bretagne, l'Espagne, les Etats du nord de l'Europe sont des monarchies. Ces monarchies ont des "valeurs" démocratiques tout aussi libérales que la République Française.

Mais les valeurs républicaines font également référence à la laïcité, c'est à dire à la séparation des Eglises et de l'Etat (de fait de l'Eglise catholique et de l'Etat) par la loi du 9 décembre 1905, et donc au principe de neutralité à l'égard des religions et donc au principe de tolérance.
De fait l'irruption en France, surtout après la fin de la guerre d'Algérie en 1962, d'un grand nombre de musulmans souhaitant leurs lieux de culte a considérablement modifié le comportement des politiques, notamment des gauches. Certaines municipalités se sont "adaptées", en par exemple fournissant des terrains pour la construction de mosquées, ou en imposant la viande hallal dans les cantines scolaires, ou en ouvrant les piscines certains jours aux femmes musulmanes exclusivement ...

Ces valeurs républicaines laïques ne sont pas incompatibles avec les valeurs traditionnelles : honneur, fidélité, vérité, honnêteté... A moins que par "valeurs républicaines" l'on entende, et certains politiques le font, des valeurs laïques au sens dogmatique : athéisme militant, anticléricalisme de combat, égalitarisme primaire, intolérance jacobine conduisant à l'assimilation obligatoire ...

Il est cependant évident que les "valeurs républicaines" ne sont pas des valeurs traditionnelles mais des valeurs libérales.

Par exemple les partisans des valeurs traditionnelles font remarquer que, dans les démocraties libérales, l'abolition de la peine de mort pour les assassins permet la survie de quelques tueurs, et l'autorisation de l'avortement permet l'assassinat de centaines de milliers d'innocents (environ 250 000 en France, par an).
Pour eux, contrairement à ce que pensent les libéraux, il ne s'agit donc pas, en l'espèce, d'un progrès des valeurs morales. Ce point de vue n'est évidemment pas partagé par les défenseurs des "valeurs républicaines".

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