Maître (2008) Dominique Galouzeau de Villepin

02 mars 2017. Présidentielle, le Gars Louzeau sort de son trou doré
06 février 2017. Présidentielle, bashing-Fillon-Penelopegate : Villepin vote Juppé, qui refuse aussitôt

25 novembre 2014. Domi Galouzeau ne craint plus le boucher du croc Nagy-Bocsa
12 mars 2014. Révélation ? 100.000 euros pour une journée à Bercy, avec l'accord (???) de Laurent Fabius ministre des Affaires Etrangères

13 janvier 2013. Le maître des affaires internationales crache dans la soupe nationale

19 octobre 2012. Il choisit Copé (le plus faible ?)
11 septembre 2012. Maître Galouzeau est en garde à vue
28 avril 2012. Présidentielle. Vengeance primaire ?
16 mars 2012. Comme Jean-Marie Le Pen à la présidentielle de 1981, éliminé par les maires
16 janvier 2012. Fermement soutenu, notamment, par Azouz Begag, pour sa campagne présidentielle

11 décembre 2011. Candidat à la présidentielle 2012 (joue-t-il au "con" lui-même ?)
08 décembre 2011. Entendu dans l'affaire Karachi
06 décembre 2011. Relais et Châteaux, Dominique dément

Marie-Laure : L'Imitation de Cécilia

19 septembre 2011. Abandon de la République Solidaire pour ne plus être "prisonnier de ces cons".
14 septembre 2011. Affaire Clearstream, appel, relaxé faute de preuves
13 septembre 2011. Affaire des valises africaines, plainte en diffamation, comme Le Pen et Chirac.
16 juin 2011. Abandonné par son épouse l'incorruptible est pour le mariage homo et veut dépénaliser le cannabis ...
27 mai 2011. Affaire Clearstream, appel rendu le 14 septembre ...

25 mars 2010. Lancement non encore officiel d'un "mouvement de solidarité" pour la présidentielle de 2012

Après Alain Juppé, Hervé Gaymard, le dernier "gaulliste" à éliminer ? ...

Le cri de la Gargouille, Albin Michel, Paris, 2002 (extrait)
Les Cent-Jours ou l'esprit de sacrifice, Perrin, Paris, 2001 et 2002
Le soleil noir de la puissance, 1796-1807 (De Bonaparte à Napoléon), Perrin, Paris, 08/2007
Hôtel de l'insomnie, Plon, Paris, février 2008


(Jacques Chirac est élu en 2002 par plus de 25,5 millions de citoyens français.
L'UMP obtient aux législatives plus de 10 millions de voix,
et 309 sièges sur 577 à l'Assemblée Nationale ;
en mars/avril 2006 les manifestations anti-gouvernementales réunissent entre 500 000 et 3 000 000 - chiffres des manifestants - de personnes, dont quelques milliers de casseurs ... ... Etat de droit ou Etat soeur ?)

Maître (2008) Dominique Galouzeau de Villepin

Bio express (Février 2006)
Un portrait (2006)
La tentation du papier glacé (Octobre 2005)

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03 octobre 2010 : Le déculoté de mars/avril 2006 conseille à N.S. de se déculoter à son tour
24 août 2010 : Le G.B. de la Droite Saumon en fait énormément pour "les Roms" (???)
19 juin 2010 : La République Solidaire
16 juin 2010 : D. de V. dénonce un sabotage de N.S.
08 juin 2010 : La France "donneuse de leçons" alors que l'Allemagne pratique le redressement national
14 février 2010 : Villepin et le cochon breton
29 janvier 2010 : Total acharnement du procureur Marin ?
28 janvier 2010 : TOTALE RELAXE
14 novembre 2009 : L'acharnement d'un homme ... paie (8%)
05 octobre 2009 : Le général-espion persiste à dénoncer l'ancien Premier Ministre
24 septembre 2009 : Dominique Galouzeau assigne Nicolas de Nagy-Bocsa
28 août 2009 : Politique judiciaire : Violente attaque du procureur de Paris ; protestation des avocats
25 juillet 2009 : Dominique Galouzeau attaque violemment Nicolas de Nagy-Bocsa, qui fait un malaise
24 juin 2009 : Création d'un club politique d'opposition à Sarkozy
20 janvier 2009 : Le Sacre de l'Empereur Métis (dit "Noir"), Obamania, critiques politiciennes
24 novembre 2008 : La vengeance de Sarkozy
18 novembre 2008 : Dominique Galouzeau de Villepin renvoyé en correctionnelle ; défendu par François Bayrou ...
07 novembre 2008 : Villepin c. Sarkozy devant le Conseil d'Etat
13 octobre 2008 : J'accuse N.S.
27 août 2008 : Il faut renouer le dialogue avec la Russie, qui a reconnu l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, reconnaissance condamnée par l'Union Européenne
25 août 2008 : "Je ne suis pas un retraité de la politique" : un calendrier de retrait d'Afghanistan est à évoquer
08 juillet 2008 : Clearstream, comédie ?
06 juillet 2008 : Betancourt, pathétiques retrouvailles
07/08 juin 2008 : Le parquet essaye de résister aux pressions de N.S.
02 avril 2008 : Un avenir politique possible
21 mars 2008 : Le tombeur du CPE récompensé par le maire de Paris
20 mars 2008 : 1,2 million pour Napoléon
01 mars 2008 : Acharnement judiciaire contre l'ancien Premier Ministre
24 février 2008 : CLEARSTREAM Dominique de Villepin "veut un procès" ; Une instruction bouclée mais très contestée
15 février 2008 : Dominique Galouzeau de Villepin signe l'Appel républicain de Marianne
10 février 2008 : Leçons de gouvernance au Président de la République
04 février 2008 : Contre l'exhibitionnisme présidentiel
09 janvier 2008 : Maître Galouzeau de Villepin, avocat international
12 octobre 2007 : Affaire Clearstream, l'Etat a été irréprochable ... (Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin)
04 septembre 2007 : Confusion juridique et résistance sereine
27 août 2007 : Nécessité d'une opposition interne à droite ; pas de Cour de Justice
27 juillet 2007 : Mise en examen (vae victis ?);
05 juillet 2007 : Suite de l'affaire Clearstream : perquisition chez Dominique de Villepin, qui se défend de toute manipulation
17 mai 2007 : Le"salut" multilingue de Madame Galouzeau de Villepin
26 avril 2007 : La mort acceptée, officiellement
11 mars 2007 : The End ? Ralliement officiel à Sarkozy
22 décembre 2006 : Après Clearstream ?
12 novembre 2006 : Devant le Congres Juif Mondial : La France "se tient résolument aux côtés d'Israël"
19 octobre 2006 : Vengeance ? Michel Barnier met en cause Dominique Galouzeau de Villepin
13 septembre 2006 : PAS de service civil OBLIGATOIRE
12 juillet 2006 : Record historique, depuis 1968. Excellentes réussites au bac ... après les manifestations anti-Villepin ...
08 juillet 2006 : La France aurait pu battre l'Italie au Mondial de football 2006 ... mais Zinédine Zidane, un Homme d'Honneur, est expulsé sur un coup de tête (car lui-même, sa soeur, sa mère (?) sont gravement insultées par l'italien Marco Materazzi) ... et le remplaçant Trezeguet (fasciné par le gardien ?) loupe son coup de pied ... : l'équipe des racistes, tricheurs, et corrompus, est donc "championne du monde", CQFD ??? Zidane, qui ne joue plus, est suspendu pour trois matches ... ???, davantage "condamné" que l'insulteur ..., CQFD ???
05 juillet 2006 : Après les longues manifestations "des gauches" contre le CPE, des professeurs et élèves du secondaire, un bac "très bien réussi" ... "Ces bons résultats sont dus au savoir" selon le ministre Gilles de Robien ... (futur Premier ministre ?)
02 juillet 2006 : Les gauches, associations et partis, manifestent pour la régularisation des "sans-papiers" ; François Hollande "fier" et Arno Klarsfeld "apaisant" ...
14 juin 2006 : Education nationale : 8 500 postes de fonctionnaires non renouvelés sur 1.170.000 dont 32 000 professeurs sans élèves : les syndicats protestent vigoureusement ...
10 juin 2006 : On maintien la rigueur malgré la présidentielle
24 mai 2006 : l'ennemi n°1 : François Chérèque, un "ami" de François Bayrou ? ; et la Cour de cassation ... pour le lynchage médiatique ?
19 mai 2006 : Le corbeau de l'affaire Clearstream relance le lynchage médiatique
06 mai 2006 : Après le gouvernement de la rue, le lynchage médiatique : Jacques Chirac résiste ...

1er mai 2006 : La fête est finie. Les syndicats de nouveau séparés : les archaïques d'un côté, les réformistes de l'autre

28/29 avril 2006 : Théorie des dominos. CQFD : après le CPE, le CNE, et l'affaire Clearstream ... ; 30 avril 2006, le général Rondot dément

10 avril 2006 : France, démocratie, Etat de droit, gouvernement de la rue, victoire insurrectionnelle de la démocratie populaire sur la démocratie représentative : le CPE est "remplacé" ; les syndicats et les partis des gauches, ainsi que l'UDF de François Bayrou, se félicitent de leur victoire ; les étudiants et lycéens marxo-trotskistes et leurs idiots utiles "continuent le combat" ... contre notamment le CNE ... ; Dominique de Villepin courageux ; certains médias l'accablent ; 13 avril 2006 : des marxo-trotskistes violent l'Université et la démocratie représentative à Rennes II ; 20 avril 2006 : plus de deux millions d'euros de dégradations dans les Universités, incapables de faire maintenir l'ordre républicain, qui devront "payer" les réparations ... , formellement, donc réellement les cons-tribuables ...; 24 avril : retour des casseurs à La Sorbonne, la police intervient ; 25 avril 2006 : les camarades étudiants avec les camarades de la CGT pour "continuer le combat" ;

PREMIER AVRIL 2006 : Les syndicats socialistes maintiennent leur opposition à la loi républicaine validée par le Conseil constitutionnel (coup de force insurrectionnel ?) ; réunis chez les communistes, les partis marxistes, trotskistes, socialistes et radicaux maintiennent également leur opposition à la loi républicaine régulièrement adoptée (coup de force insurrectionnel ?) ; les étudiants marxistes pour la révolution (coup de force insurrectionnel ?) ; 4 avril : bis repetita avec le vrai chiffre pour Paris ; 7 avril : 500 agitateurs, pour la France entière, et quelques milliers d'idiots utiles s'exaspèrent et exaspèrent, par exemple à Paris ; 9 avril : le coup de pied de l'âne ? Giscard demande l'abrogation ...

31 mars 2006 : France, Etat de droit, Etat soeur : Le Conseil constitutionnel ayant validé la loi créant le CPE les gauches marxistes, trotskistes, socialistes et radicales, demandent solennellement son retrait ... le Président Chirac annonce la promulgation, mais demande à ce qu'une loi modificative soit votée concernant la durée et les motifs d'un non emploi ; les gauches maintiennent l'appel à la rue ; qui intervient ainsi que les casseurs (essentiellement bl.... et b.... , censure démocratique) ...

28 mars 2006 : Contre le CPE : 1.000.000 de manifestants selon la police, 3.000.000 de manifestants selon la CGT communiste ; des casseurs matraqués par la CGT ; des milliers de casseurs à Paris ; 787 arrestations dans toute la France (488 à Paris), 500 policiers blessés depuis le début des "évènements", la police espère une justice plus sévère ... ;

24 mars 2006 : Les syndicats socialistes maintiennent leur ultimatum contre la loi votée par les représentants du Peuple Souverain

18 mars 2006 : Contre le CPE : 500 000 manifestants selon la police, 1.500.000 manifestants (essentiellement fonctionnaires, enseignants, étudiants, lycéens, idiots utiles), selon les étudiants et syndicats de gauche, comme annoncé par eux préventivement .

Les voyous casseurs récidivent.
La rue lance un ultimatum aux élus du Peuple Souverain

16 mars 2006 : Encadrées par les socialistes (léninistes et trotskistes) et sociaux-démocrates, les manifestations étudiantes et lycéennes se terminent, à Paris, Rennes, Toulouse, Montpellier ... par du vandalisme de voyous : plus de 90 policiers blessés, plusieurs centaines d'arrestations .... la rue réclame, une nouvelle fois, le retrait d'un texte de loi voté par la représentation nationale ...

07 mars 2006 : Selon Reuters des dizaines de milliers de manifestants, étudiants et fonctionnaires essentiellement, contre le CPE (contrat de première embauche) ; un million selon la CGT et 400.000 selon la police ... de Nicolas Sarkozy, qui aurait fait demander le retrait du CPE ... ?

25 février 2006 : Menacé d'une OPA de l'Italien ENEL le groupe Suez va fusionner avec GDF ; les syndicats socialistes protestent ...

22 février 2006 : Grippe aviaire, Dominique de Villepin mange du poulet

16 février 2006 : Emploi des jeunes : les étudiants socialistes protestent toujours

14 février 2006 : Accord Franco-Russe

25 décembre 2005 : Lutte contre les faux chômeurs : les gauches protestent

01 décembre 2005 : Dominique Galouzeau de Villepin voudrait que les parents des enfants pratiquants l'absentéisme scolaire soient "responsabilisés", et entend justifier l'apprentissage à 14 ans ; protestation des gauches syndicales et associatives ...

29 novembre 2005 : Le premier ministre voudrait ne pouvoir accueillir en France que de "bons" étrangers ... les gauches associatives, SOS-racisme, protestent.

20 novembre 2005 : Un contre-Sarkosy à propos des émeutes urbaines d'octobre/novembre 2005

Octobre 2005 : Corse : Israël, les trotskystes et/ou nationalistes, sabotent
Encore des centaines de millions pour les Corses
Qui remercient à la roquette

Septembre 2005 : Problèmes d'Etat de droit avec Arthur.

31 mai 2005 : Villepin est nommé Premier ministre ; Sarkosy est son "lieutenant"

Avril 2005 : Dominique Galouzeau de Villepin se défend de vouloir la place du Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin ; (mai 2005) convoitée par Nicolas Sarkosy ?

Avril 2001 : Dominique de Villepin dirige le groupe qui élabore la défense du chef de l'Etat face aux juges *
Ceux-là commencent à bien se connaître. Depuis cinq ans, maintenant, ils se retrouvent dans le bureau du secrétaire général de l'Elysée, le plus souvent pour évoquer la progression des instructions judiciaires en cours sur le RPR ou la mairie de Paris, les effets de la confession enregistrée de Jean-Claude Méry ou la convocation comme témoin envoyée par le juge Halphen.

C'est un petit groupe soudé, dominé par la figure passionnée de Dominique de Villepin, le secrétaire général de l'Elysée. Il y a là, la plupart du temps, le directeur du cabinet du président, Bertrand Landrieu, préfet hors cadre, connaisseur des rouages visibles et moins visibles de l'Etat ; le conseiller aux affaires judiciaires de l'Elysée, Jean-Claude Antonetti, qui suit au jour le jour la progression des instructions ; Francis Szpiner, avocat d'Alain Juppé notamment. Parfois, au gré des dossiers, on consulte à l'extérieur Thierry Herzog, avocat des Tiberi et de Jacques Oudin, ancien trésorier du RPR ; Pierre Haïk, avocat de l'ancien ministre et ancien directeur du cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris, Michel Roussin ; ou, un temps, Patrick Devedjian, qui fut le conseil de M. Chirac pendant de nombreuses années. Lorsque le "tapage médiatico-judiciaire" - comme il est coutume de qualifier, à l'Elysée, les affaires touchant le chef de l'Etat - devient trop fort, Claude Chirac, qui dirige la communication présidentielle, et Agathe Samson, chef du service de presse, se joignent au groupe. Jacques Chirac, lui, ne vient qu'en dernier ressort. "Cela l'agace de devoir passer de Poutine au juge Halphen", assure un conseiller.

C'est ce petit groupe-là qui a géré, le 28 mars, en pleine nuit, les effets de la publication dans Le Parisien de la convocation envoyée par Eric Halphen, pour venir témoigner le 4 avril dans l'affaire des HLM. C'est lui qui a rédigé le communiqué de refus que le président, réveillé à 5 heures du matin, n'a plus eu qu'à avaliser avant qu'il ne soit transmis à l'AFP (Le Monde du 29 mars). Lors de la publication, dans Le Monde des 22 et 23 septembre 2000, du témoignage enregistré par Jean-Claude Méry, ce sont les mêmes qui ont organisé la défense du président, alors en voyage à Angoulême. Ce sont eux qui sont témoins des colères de M. Chirac contre les juges, contre la presse, contre d'anciens collaborateurs de la mairie de Paris trop bavards.

Le président passe par bien des hauts et des bas, depuis cinq ans que les affaires empoisonnent sa présidence. Fureur, désinvolture, exaspération devant le "complot politique", certitude que "les Français sont lassés des affaires", il aura connu tous les états d'esprit. Avec une seule conviction, maintes fois répétées à ses interlocuteurs : "On va chercher à m'abattre là-dessus. La campagne présidentielle sera terrible."

LES EXEMPLES TAPIE ET STRAUSS-KAHN
Dans les meilleurs moments, le président balaie d'un revers de main toutes les instructions judiciaires en cours. Sûr de sa popularité, il croit les Français réticents à toute atteinte à la fonction présidentielle. "Cela joue dans le désarroi de l'opinion, bien sûr, a-t-il expliqué à ses conseillers, mais, au fond, cela a beaucoup moins d'importance que ne le voudraient certains journaux." Les résultats des municipales ont d'ailleurs été analysés aussi dans ce sens, à l'Elysée. "La droite a perdu Paris, mais Tiberi n'a pas fait un si mauvais résultat. Balkany a obtenu un score de maréchal", remarquent les conseillers du président, qui soulignent aussitôt que les situations judiciaires du maire du 5e arrondissement ou du maire de Levallois n'ont, "bien sûr, rien à voir" avec celle du chef de l'Etat. En début de semaine, on citait encore, à l'Elysée, le retour de Bernard Tapie à la tête de l'Olympique de Marseille et l'élection de Dominique Strauss-Kahn à l'Assemblée nationale "malgré trois mises en examen, tout de même". En septembre, à Angoulême, le jour de la publication de la confession de Jean-Claude Méry, le président grinçait devant le sénateur Jean-Pierre Raffarin (DL), qui l'accompagnait : "Je me battrai." Six mois plus tard, il est toujours dans le combat.

Cela n'empêche pas l'inquiétude de l'emporter parfois sur le champ de bataille. D'abord, sans doute, parce que l'Elysée s'est aperçu, ces dernières années, qu'il ne pouvait plus maîtriser d'où viendrait les coups. A l'époque du gouvernement Juppé, le ministre de l'intérieur, Jean-Louis Debré, le ministre de la justice, Jacques Toubon, se tenaient très étroitement au courant de toutes les instructions touchant le RPR ou la Mairie de Paris. L'arrivée de la gauche au pouvoir a considérablement réduit les moyens d'information du président sur les affaires en cours. "Vous ne vous rendez pas compte à quel point nous sommes isolés", lâche ainsi un conseiller. Et l'organisation, au jour le jour, de la défense présidentielle accroît les risques de dérapage. Certes, à chaque nouvelle révélation, l'Elysée s'attache à souligner : "Ce n'est pas Panama, tout de même !" Mais, au fur et à mesure que l'échéance présidentielle approche, chacun craint que cet éternel ressac des affaires ne finisse par saper le chef de l'Etat dans son autorité.
* Raphaëlle Bacqué, Le Monde, 5 avril 2001, p. 6.

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(Avril 2005) Villepin s'explique

Le ministre de l'Intérieur a tenté lundi soir d'expliquer ses propos de la veille sur une inflexion gouvernementale après le référendum. Il parle d'une exigence démocratique et se défend d'en faire "une affaire d'homme". Nicolas Sarkozy estime que le ministre a perdu son "sang-froid"

Le ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin a assuré lundi soir (18 avril 2005) que ses propos de dimanche préconisant une inflexion politique après le référendum du 29 mai, ne devaient pas être interprétés comme une "affaire d'homme, mais d'exigence démocratique" face aux problèmes des Français. "Il est indispensable de ne pas mélanger les genres. Et pour ne pas mélanger les genres il faut répondre aux questions qui se posent", a déclaré M. de Villepin lors d'un débat sur l'Europe organisé par le journal Le Monde au Théâtre du Rond-Point à Paris. Pour le ministre de l'Intérieur, "la démocratie ce n'est certainement pas de faire l'impasse sur les questions (...) notamment celui du chômage, ce fléau pour notre pays". Un gouvernement doit savoir "tirer les leçons pour faire mieux demain" et "cela implique de ressentir les questions, les doutes, les angoisses pour mieux y répondre", a-t-il dit.

"Tempête dans un verre d'eau"

Dominique de Villepin avait évoqué dimanche sur Europe 1 une inflexion gouvernementale après le 29 mai, quel que soit le résultat du référendum, en précisant qu'il s'était entretenu le jour même avec le chef de l'Etat. "Il faudra mener une politique beaucoup plus volontaire, plus audacieuse, plus solidaire" pour "mieux prendre en compte les aspirations et les frustrations" des Français, avait-il dit. Selon une source proche du gouvernement, les propos de M. de Villepin ont donné lieu à "une dispute violente" avec le Premier ministre, lors d'une réunion lundi matin à Matignon. Lundi en fin de journée, l'Elysée a réagi en qualifiant ces remous de "tempête dans un verre d'eau".

"Tout cela est ni élégant ni efficace"

Parmi les réactions que suscitent les propos du ministre de l'Intérieur, celle de Nicolas Sarkozy était particulièrement attendue. Le président de l'UMP estime que son successeur au ministère de l'Intérieur a perdu son "sang-froid". "Ce qu'a dit Dominique de Villepin est particulièrement injuste envers Jean-Pierre Raffarin. Tout cela est ni élégant ni efficace" estime Nicolas Sarkozy qui porte peu de crédibilité à l'information selon laquelle Dominique de Villepin aurait agi sur ordre de l'Elysée : "Je ne pense pas que Chirac lui ait demandé cela". "Ce serait curieux (de la part du président de la République) de dire aujourd'hui le contraire de ce qu'il a dit jeudi soir", lors de son débat télévisé avec des jeunes quand il a fait la différence entre politique intérieure et campagne référendaire, a estimé Nicolas Sarkozy.
tf1.fr, Vendredi 22 avril - Mise à jour : 11h38

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Jacques Chirac appelle Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy

PARIS (Reuters) - Deux jours après le "non" des Français au référendum sur la Constitution européenne, Jacques Chirac a nommé mardi à Matignon son fidèle lieutenant Dominique de Villepin et annoncé l'entrée au gouvernement de Nicolas Sarkozy comme ministre d'Etat.
Dans une allocution radiotélévisée, le chef de l'Etat a appelé au rassemblement "autour de l'intérêt national". Il a décrété la "mobilisation nationale" pour l'emploi, priorité du nouveau gouvernement face à la "demande d'écoute, d'action et de résultats" qui s'est manifestée lors du scrutin de dimanche.
A 22 mois de la fin de son quinquennat, Jacques Chirac a instauré une cohabitation inédite pour illustrer sa volonté d'union de la majorité.

Il a placé sous l'autorité du gaulliste Dominique de Villepin le libéral Nicolas Sarkozy, qui va retrouver le ministère de l'Intérieur et pourra cumuler portefeuille ministériel et présidence de l'UMP, ce qui lui avait été interdit en juillet par le chef de l'Etat. * Nicolas Sarkozy s'est rendu dans la soirée à Matignon pour un entretien avec Dominique de Villepin. Il est resté trois quarts d'heure.
Les deux rivaux "générationnels" se sont affrontés à plusieurs reprises ces derniers mois, que ce soit sur le modèle social français, la discrimination positive ou l'introduction de quotas d'immigrés.

Dans son allocution, Jacques Chirac a souligné qu'à ses yeux Dominique de Villepin avait "l'autorité, la compétence et l'expérience nécessaires" pour mener la bataille pour l'emploi.
"Dans un esprit de rassemblement, j'ai demandé à Nicolas Sarkozy de rejoindre le gouvernement comme ministre d'Etat, ce qu'il a accepté", a souligné le chef de l'Etat.
Tentant déjà la synthèse, Jacques Chirac a souligné que le modèle social français n'était pas un modèle "de type anglo-saxon" mais "pas non plus un modèle synonyme d'immobilisme".
Il a souligné que, "quand il s'agit de la croissance, du chômage et de la précarité", il ne faut écarter aucune solution "par préjugé".

La journée de mardi a commencé avec la démission de Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre de Jacques Chirac depuis sa réélection à l'Elysée en 2002.
Dans une allocution prononcée à son retour à Matignon, ultime hommage du chef de l'Etat à la loyauté de son lieutenant, l'ex-Premier ministre a assuré que la baisse du chômage, qui dépasse les 10%, allait "caractériser la fin du quinquennat".

GOUVERNEMENT AVANT LA FIN DE LA SEMAINE

La passation de pouvoirs entre Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin s'est déroulée en milieu d'après-midi dans la cour de Matignon, en présence de tous les collaborateurs de l'ex-Premier ministre.
"En vérité, ici et maintenant, le fil de la loyauté n'est pas rompu", a dit l'ex-Premier ministre aux côtés de son successeur, qui a salué pour sa part "le dévouement exemplaire" et "l'action courageuse et déterminée" de Jean-Pierre Raffarin.

Dominique de Villepin, qui s'est entretenu durant près de trois quarts d'heure avec son prédécesseur, s'est aussitôt "plongé dans ses dossiers", selon son entourage, avec pour priorité la formation d'un gouvernement au service d'une France "rassemblée". * La composition de la nouvelle équipe gouvernementale devrait être connue d'ici la fin de la semaine. "D'ici vendredi, c'est impératif", a dit Dominique de Villepin en quittant Matignon dans la soirée.

Un conseil des ministres suivra dans la foulée, a-t-on indiqué dans l'entourage du Premier ministre.

Il devrait prononcer son discours de politique générale à l'Assemblée nationale la semaine prochaine, sans doute mardi.

Mardi midi, le nouveau Premier ministre a déjeuné avec les députés de la majorité. Il sera mercredi matin au Sénat pour une rencontre avec les élus de la majorité.

Dans l'attente de la composition du gouvernement, les rumeurs ont commencé à circuler dans les rédactions.
Dominique de Villepin s'était déjà dit partisan d'un gouvernement resserré.
De sources gouvernementales, on souligne que son équipe ne devrait comprendre qu'une vingtaine de ministres et aucun secrétaire d'Etat, contre une quarantaine de membres sous Jean-Pierre Raffarin.

Nicolas Sarkozy aurait obtenu l'entrée de plusieurs de ses proches, parmi lesquels Brice Hortefeux ou Valérie Pécresse.

Thierry Breton resterait à l'Economie et Jean-Louis Borloo à l'Emploi, avec pour mission de mener à bien l'application du plan de cohésion sociale, dont les effets sur l'emploi sont attendus d'ici la fin de l'année.

Le centriste Gilles de Robien obtiendrait le portefeuille de la Justice. Il risque de demeurer le seul ministre UDF, François Bayrou ayant annoncé que sa formation ne participerait pas au gouvernement, la nomination de Dominique de Villepin ne répondant pas à la situation "de la France déchirée" par la victoire du "non" dimanche.

La gauche a elle aussi critiqué la formation du nouveau gouvernement. Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée, a parlé d'une "ultime tentative pour sauver un pouvoir à l'agonie".
yahoo.fr, actualités, mardi 31 mai 2005, 22h05

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La bande à Villepin junior joue des poings
A Paris, le fils du Premier ministre est impliqué dans une bagarre de rue.

La belle et la bête.
Après Marie de Villepin, 19 ans, qui affiche sa plastique dans Elle, c'est au tour d'Arthur, la vingtaine, qui fait le coup de poing.
C'était samedi soir (17 septembre 2005), boulevard Emile-Augier, dans le XVIe arrondissement, un quartier pas vraiment mal famé de la capitale.
Un habitant raconte à Libération avoir vu soudain débouler «quatre voitures de police avec gyrophare et une autre banalisée». Au pied de l'immeuble, une bagarre oppose deux groupes de jeunes, dont certains visiblement éméchés.
«On ne pouvait rien faire parce que les policiers assuraient que l'un d'eux, Villepin junior, avait "encore mieux qu'une carte d'immunité"», a rapporté un garçon de 14 ans mêlé à l'échauffourée.
Un des gars de la bande à Villepin aurait même donné de l'argent à un des castagnés «pour ne pas que ça se sache». Raté.

La version policière varie quelque peu.
Arthur de Villepin faisait bien la fête avec des potes. Ils ont invectivé (ou le sont par) d'autres jeunes qui passent en scooter. On se jauge, on se charrie, on se provoque. Et pif, paf, poum !
Débarque la maréchaussée. Prenant les devants, Arthur tend son portable au brigadier. Au bout du fil, le Premier ministre. Comme par miracle, tout s'arrange... Mais le pandore se fend d'un «rapport d'intervention».
Une heure et demie plus tard, la place Beauvau est avertie. Le lendemain, selon le Canard enchaîné daté d'aujourd'hui, «des émissaires» viennent récupérer la prose du brigadier. Une célérité due à la bienveillance du rival de Villepin, Sarkozy ?

Hier soir, le ministère de l'Intérieur se faisait discret sur la disparition dudit «rapport». Sarkozy peut tout de même rappeler aux Villepin père et fils qu'il a pondu une loi pour interdire l'occupation des halls d'immeuble.
Par Didier HASSOUX et Dominique SIMONNOT, mercredi 21 septembre 2005 (Liberation - 06:00)

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SNCM: petit geste de l'Etat, "le compte n'y est pas" pour les syndicats

Le gouvernement a fait mercredi un petit pas en direction des 2.400 salariés de la Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM), en leur proposant une part de 9% dans le capital, un geste jugé insuffisant par les syndicats.

"Nous, on dit que l'Etat doit rester majoritaire" dans le capital de la compagnie maritime publique, a déclaré le secrétaire général des marins CGT de Marseille, Jean-Paul Israël, à l'issue d'une réunion de cinq heures à Marseille.
"Le compte n'y est pas, l'Etat doit revoir sa copie", a lancé M. Israël en sortant de la préfecture, que le secrétaire national des marins du Syndicat des travailleurs corses (STC), Alain Mosconi, a quittée sans faire de déclaration.

Lors d'un point de presse expéditif, le ministre de l'Economie, Thierry Breton, a détaillé le nouveau montage financier pour la SNCM, un "tour de table définitif" proposé "après concertation avec les partenaires".

Selon le ministre, "Butler Capital Partners (BCP) et Connex (Veolia) acceptent de réduire chacun d'entre eux leur participation de 2%, de façon à ce que les personnels puissent bénéficier des 4% ainsi disponibles et passer leur participation de 5% à 9%".

La répartition du capital serait la suivante: 38% pour BCP, 28% pour Veolia-Connex, 25% pour l'Etat et 9% pour les salariés.

La nouvelle société serait dirigée par un directoire présidé par un membre de Connex, ainsi que par un conseil de surveillance de 14 membres: 4 représentants de BCP, 3 de Connex, 3 du gouvernement, 2 des salariés et 2 des actionnaires salariés.

M. Breton a une nouvelle fois souligné que l'entreprise, paralysée par seize jours de grève, "s'enfonçait" un peu plus chaque jour et n'était "plus très loin du dépôt de bilan".

Aussi a-t-il appelé les salariés à "reprendre le travail dans les meilleurs délais", un "impératif pour la survie de l'entreprise".

M. Breton, accompagné à Marseille par le ministre des Transports, Dominique Perben, a demandé à ce "qu'un comité d'entreprise exceptionnel soit réuni dans les meilleurs délais pour poursuivre le dialogue".

"Rien n'est réglé mais la porte n'est pas fermée", a réagi M. Israël, exigeant toujours, comme les autres syndicats, que l'Etat garde la majorité du capital.
Interrogé sur la nouvelle répartition des sièges au conseil de surveillance proposée par le gouvernement, qui mettrait à égalité les partenaires privés et une éventuelle alliance Etat-salariés, le port-parole de la CGT-marins a ironisé: "On ne nous fera pas croire que l'Etat se rangera du côté des salariés".

"Il n'y a pas de volonté politique de sauver la compagnie. On va continuer à se battre", a renchéri Bernard Marty, secrétaire CGT du Comité d'entreprise de la SNCM.

Les modalités de la poursuite du dialogue restent floues, puisque Jean-Paul Israël a rejeté la demande de réunion d'un CE extraordinaire. "Le débat ne reviendra pas en interne avant qu'il ne soit réglé politiquement", a-t-il assuré.

Maurice Perrin, secrétaire général CFE-CGC de la SNCM, s'est voulu optimiste. "Il reste beaucoup de temps entre aujourd'hui et lundi", date d'un conseil d'administration qui pourrait se conclure par un dépôt de bilan de la société contrôlée actuellement à 100% par l'Etat, a-t-il souligné.

"Un dépôt de bilan au CA?, s'est interrogé M. Israël. Politiquement, je crois que ça leur pose un sérieux problème!".
voila.fr, actualités, 2005-10-05 23:49:35

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(Octobre 2005) Attentat à la roquette contre la préfecture de Bastia

BASTIA - Après celle d'Ajaccio, le 29 septembre dernier, la préfecture de Bastia a été la cible d'un attentat à la roquette dans la nuit de jeudi à vendredi, apprend-on auprès de la police.

Une forte déflagration a été entendue à 3h30 dans le centre-ville. Un cratère de 20 centimètres a été découvert rue de l'Annonciade, à l'arrière du bâtiment.
L'engin ne semble pas avoir explosé à l'intérieur, de sorte que les dégâts sont très légers.

On ignore pour l'instant le modus operandi des auteurs de cet attentat, qui est intervenu quelques heures après la visite éclair à Ajaccio du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy et la décision des marins de la SNCM de reprendre le travail à l'issue de trois semaines de grève.

Le ministre de l'Intérieur était venu apporter son soutien au préfet de région Pierre-René Lemas, qui a fait l'objet de menaces du FLNC-UC et travaillait dans son bureau, à une dizaine de mètres du point d'impact, lors de l'attentat du 29 septembre dernier.
vendredi 14 octobre 2005 (Reuters - 08:31)

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(Corse, SNCM) Les détails du plan [14 octobre 2005]

Le plan concocté par Bercy et le ministère des Transports prévoit deux volets.
D'abord, l'État va recapitaliser l'entreprise en y injectant 113 millions d'euros pour apurer les pertes. A court terme, l'État devrait aussi apporter une nouvelle avance de trésorerie car après trois semaines de conflit, l'entreprise est exsangue.
Deuxième étape : une fois, les compteurs remis à zéro, les repreneurs, Butler Capital Partner (BCP) et Connex vont apporter dans l'entreprise 35 millions d'euros.
Au terme de ces deux opérations, l'État conservera 25% du capital, BCP conservera 38% du capital et Connex, 28%. Une augmentation de capital permettra aux salariés d'acquérir au total 9% du capital de l'entreprise à des conditions privilégiées.

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Les Villepin ou la tentation du papier glacé
Portrait d'une famille de la haute.

Tout à l'élaboration de son image de modeste serviteur de l'Etat, le Premier ministre est débordé dans sa retenue par une épouse mondaine et des enfants jets-setteurs, mannequins et avides de lumière.

Costumes sombres dans les bureaux, paillettes et fashion dans les étages. Verbe contenu devant les micros et fiestas au fond du jardin. Depuis l'arrivée de la famille Villepin, l'hôtel Matignon vit une petite révolution. Quand le père travaille son image de modeste serviteur de l'Etat, remise smokings et saillies poétiques comme autant d'accessoires inadaptés à sa «bataille pour l'emploi», le reste de sa maisonnée envahit bruyamment les couloirs de Matignon et les pages people des magazines.

Il y a trois semaines, Marie, l'aînée de 19 ans, posait dans Elle sur six pages. Des photos prises par le photographe des stars, Gilles Bensimon, et déjà parues dans le Elle américain. Visiblement mal à l'aise pour gérer cette intrusion glamour dans la construction de l'image du Premier ministre, l'entourage de ce dernier invoque alors une embrouille médiatique. La jeune fille n'aurait jamais donné son accord pour une publication en France des clichés...
Quelques jours plus tard, son petit frère Arthur, 17 ans, a également défrayé la chronique. Pris dans une bagarre sur un trottoir du XVIe arrondissement, le blouson doré a dégainé un peu vite son identité lorsque les forces de l'ordre sont arrivées. Signe de malaise, Matignon contredit là encore la version des témoins en expliquant que, le garçon étant mineur, c'est le policier qui a pris l'initiative de téléphoner au Premier ministre pour lui demander s'il voulait porter plainte à la place de son fils.

Outre le chef du gouvernement, il y a donc chez les Villepin une modeuse jet-setteuse, un ado beau gosse et turbulent, et une épouse un tantinet mondaine. Seule Victoire, 15 ans, la cadette des trois enfants, ne fait pas parler d'elle. Sa politesse et sa discrétion sont appréciées dans les couloirs de la rue de Varenne, où l'on fusille bien volontiers cette «famille royale» arrivée sous les lambris de Matignon en juin dernier.

Les Galouzeau de Villepin appartiennent à la bonne société parisienne. Grand appartement avenue Niel, dans le XVIIe arrondissement, écoles privées pour les enfants, fréquentation des rallyes les plus chic. Comme il se doit, l'aînée, Marie, a fait son entrée dans le monde en 2001 au bal des débutantes, soirée en robe longue pour filles de bonnes familles, à particule de préférence.
Dominique et Marie-Laure se sont connus dans un bus parisien en 1981. Elle avait alors 19 ans, lui 28. Depuis, elle élève leurs enfants, et a suivi son époux dans les résidences de France à Washington et New Delhi, consacrant son temps libre à la reliure et à la dorure. Ses amis la décrivent comme «très cultivée, éprise de littérature et de peinture».
Elle organise des dîners avec des amis écrivains et philosophes, comme Jorge Semprun, Christine Orban ou Luc Ferry. Surtout pas de politiques, jugés «assommants» par son mari. «Elle sait tenir son rang», résume un de ses proches. A leur retour en France en 1992, le couple renoue rapidement avec les occupations de leur milieu : vernissages, cocktails, avant-premières. Les mondanités s'accélèrent lorsque Dominique devient ministre en 2002.
En janvier dernier, le couple pose avec Maryvonne Pinault (la femme de l'homme d'affaires François Pinault, patron du groupe PPR) à une soirée en faveur de la recherche contre le cancer. En février, ils sont photographiés dans une boîte de nuit pour la soirée de lancement de Cell-Box, l'entreprise de batteries de téléphone portable que leur fille Marie a montée avec un copain.

Bernadette Chirac appelait Villepin «le monsieur assis dans le fauteuil Louis XV»

Depuis qu'il est à Matignon, Dominique de Villepin ne sort quasiment plus. A en croire son entourage, il serait devenu un véritable moine. Du travail, du travail, rien que du travail et s'il monte dîner en famille une petite heure le soir c'est pour redescendre dans son bureau à 22 heures et se remettre à ses dossiers avec son directeur de cabinet, Pierre Mongin, et son conseiller, Bruno Le Maire.
Son épouse, en revanche, figure toujours en bonne place dans l'avant-dernière page de Paris Match, intitulée «la Vie parisienne». En juillet dernier, on la voit ainsi poser avec le mondain Henry-Jean Servat à une représentation de la Traviata au Sénat. Elle emmène ses enfants au Prix de l'Arc de triomphe, où elle retrouve son amie Betty Lagardère, ou au Racing, le très select club de sport du bois de Boulogne où un chauffeur de Matignon la conduit tous les jours pour lui permettre de faire ses longueurs de piscine.
Le personnel la voit ainsi passer, assise à l'arrière de sa voiture, les mains plongées dans les poils d'un splendide chat angora.

C'est donc tout naturellement que les deux aînés suivent les traces de leur mère. Mi-étudiante (en économie à Dauphine), mi-mannequin, mi-business woman, apprentie comédienne (un petit rôle dans la Bûche de Danièle Thomson), assurément jet-set, Marie, grande liane blonde de 1,80 m, s'affichait déjà il y a deux ans dans Paris Match vêtue d'une tenue Ungaro, un ami de sa mère.
L'année dernière, elle portait la robe de mariée du défilé Franck Sorbier. Quand elle est à Paris, elle sort au Baron, boîte hype du moment, où on la décrit plutôt comme «une gentille fille».
Elève en classe de terminale, Arthur a, lui aussi, tâté le mannequinat. Choisi par une marque de prêt-à-porter italienne, il a fait ses débuts l'année dernière sur un podium à Milan. Et a posé pour le magazine Optimum. «C'est juste pour s'amuser, ça les fait marrer de faire ça», assure un ami. «Il n'y a aucune visée familiale de mise en scène sur le plan esthétique, ajoute le même. La stratégie du papier glacé serait de toute façon une erreur.»

Le Premier ministre, qui a si bien ciselé, pour le compte de Jacques Chirac, la caricature d'Edouard Balladur en aristo juché sur sa chaise à porteurs, sait combien il serait facile, en campagne présidentielle, de stigmatiser ces Galouzeau au port altier attirés par les lumières du monde.
Dominique de Villepin lui-même, que Bernadette Chirac appelait «le monsieur assis dans le fauteuil Louis XV», doit gommer cet aspect de sa personnalité s'il veut être candidat à la présidentielle de 2007. En voyage à Rabat au Maroc il y a quinze jours, soucieux de jouer la carte de la sobriété, il a ainsi refusé de dire dans quel quartier (résidentiel) il a vécu ni quelle école (chic) il a fréquentée de crainte d'alimenter les chroniques sur son origine sociale favorisée.
«J'ai servi l'Etat pendant toute ma vie dans la discrétion la plus totale et surtout dans le bonheur de cette discrétion», a-t-il fait mine de s'emporter auprès de l'écrivain Daniel Rondeau (1) après la parution des photos de mode de sa fille. «Je suis entré dans la lumière sans l'avoir choisi», ajoutait-il jeudi dernier lors de l'émission télévisée A vous de juger sur France 2. Et de préciser, alors qu'on lui montrait des images de son footing avec son fils sur la plage de La Baule début septembre, bronzage impeccable et muscles dessinés : «Je ne me suis jamais prêté à la politique people, je n'ai jamais parlé à la presse people.»
Tout à l'élaboration de sa nouvelle image, le Premier ministre oublie un peu vite qu'il a ­ comme tous les hommes politiques de premier plan ­ posé avec sa femme pour des photos intimes dans Paris Match parues quelques jours après sa nomination. Le sujet est sensible à Matignon où l'on se contente d'un : «La famille, c'est privé.» Les proches du Premier ministre sont briefés depuis quelques années déjà : le prévenir dès qu'un journaliste les interroge et rester le plus langue de bois possible.

Dans les couloirs de Matignon, en revanche, les langues se délient. Marie et son frère Arthur, fils adoré du Premier ministre qui l'a nommé ainsi en hommage à son poète préféré, Rimbaud, y sont considérés comme des «enfants trop gâtés». Boissons (Coca Light le plus souvent) commandées au milieu de la nuit, appels aux agents en service pour changer les draps des lits pour les amis, les jeunes Villepin et leurs camarades de jeu semblent avoir tendance à se croire dans la suite d'un palace plutôt que dans une résidence gouvernementale.
Il faut dire que le 57, rue de Varenne n'a pas tellement l'habitude des ados. Fleur Raffarin avait préféré l'anonymat de Londres pour poursuivre tranquillement ses études plutôt que d'avoir à porter le statut de «fille de Premier ministre». Lionel Jospin avait gardé son appartement de la rue du Regard où son fils habitait et Alain Juppé avait seulement sa petite dernière à ses côtés.

Les chauffeurs sont priés de ne plus lire le journal dans la cour

Après la discrète Anne-Marie Raffarin, le style Marie-Laure, la mère, a également surpris. Habituée au luxe des ambassades et au service cinq étoiles, elle prend son rôle de maîtresse de maison très au sérieux à Matignon. Trop, selon certains.
Le premier acte de la femme du chef de gouvernement a été de se débarrasser au plus vite du mobilier choisi par le couple des picto-charentais Raffarin : «Ça ne plaira pas à mon mari.» A propos de deux fauteuils installés dans un vestibule, elle lâche cette phrase : «Vous n'avez qu'à les mettre chez moi.» Le possessif a heurté quelques oreilles.
Après s'être occupée des travaux pour améliorer le confort du logis, comme cela se fait à chaque changement de Premier ministre, Marie-Laure s'est mis en tête de s'occuper des dépendances. «De quoi avez-vous besoin ?» lance-t-elle un jour aux journalistes présents dans la salle de presse. Après son passage, des ouvriers viendront pour lessiver les murs. Elle a ensuite décidé de s'occuper de la courette, encombrée de morceaux de bois et qui «ne ressemblait plus à rien». Il est désormais interdit de jeter des mégots de cigarettes sur le gravillon. Les chauffeurs sont également priés de ne plus lire le journal dans la cour. Et surtout pas les magazines dans les pages desquels les aventures de la petite famille sont de plus en plus souvent relatées.
(1) Le Monde du 4 octobre.
Par Vanessa SCHNEIDER, vendredi 14 octobre 2005 (Liberation - 06:00)

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dimanche 20 novembre 2005, 10h15 Villepin et Sarkozy analysent différemment les émeutes urbaines

PARIS (Reuters) - Divisés au début des violences urbaines puis unis pour les faire cesser, Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy tirent de la crise des banlieues des enseignements différents, nouvelle illustration de l'opposition entre les deux rivaux potentiels de la présidentielle de 2007.

"A droite toute" semble être le mot d'ordre du ministre de l'Intérieur, cible de toutes les critiques au coeur de la crise mais qui a raflé la mise dans l'opinion publique, avec une progression remarquée dans un sondage Ipsos pour Le Point.

Nicolas Sarkozy, qui a vu sa popularité grandir à droite mais aussi à l'extrême droite et même à gauche, estime que les trois semaines d'"émeutes urbaines" valident sa théorie de la "rupture" en 2007.

Devant les nouveaux adhérents du parti, samedi à Paris, le président de l'UMP a donné sa vision des événements.

"La première cause du chômage, de la désespérance, de la violence dans les banlieues, ce n'est pas la crise économique, ce ne sont pas les discriminations, ce n'est pas l'échec de l'école. La première cause du désespoir dans les quartiers, c'est le trafic de drogue, la loi des bandes, la dictature de la peur et la démission de la République", a-t-il affirmé.

Le ministre de l'Intérieur, qui a proclamé que "la République est de retour" dans les quartiers difficiles, a attribué l'embrasement de ces trois dernières semaines à l'action de "démantèlement des bandes" menée depuis peu par les forces de l'ordre.

Il a une nouvelle fois employé les mots "Karcher" ou "racaille", estimant même que, "compte tenu d'un certain nombre d'individus", le vocable "racaille" était "sans doute un peu faible".

Nicolas Sarkozy a revendiqué le droit de parler de sujets comme le regroupement familial ou la mise sous tutelle des allocations familiales, confirmant la radicalisation de son discours.

Pour le président de l'UMP, "les problèmes d'intégration ont validé cette analyse: notre système est à bout de souffle".

PAS DE "CAUSE UNIQUE"

"Nous devons changer notre pays profondément, rompre avec un système politique, social, économique, qui, depuis trente ans, a produit surtout du chômage, de la dette et de l'immobilisme. C'est pour cela que je demande la rupture", a-t-il insisté dans une critique englobant les années où Jacques Chirac était à l'Elysée.

"Devant ce modèle français, que je ne cherche pas à abattre puisqu'il s'est effondré tout seul, il y a ceux qui proposent des rustines et ceux qui proposent la rupture", a souligné Nicolas Sarkozy, semblant viser la gauche mais aussi son rival désigné, Dominique de Villepin.

Le Premier ministre, qui a lui aussi enregistré un net gain dans les sondages, agit sur un tout autre terrain que le ministre de l'Intérieur.

Peu connu des Français lorsqu'il a été nommé à Matignon, Dominique de Villepin s'est employé à asseoir dans l'opinion l'image d'un gaulliste social-libéral.

Si à chaque crise, il n'a pas hésité à recourir à une extrême fermeté - envoi du GIGN sur un ferry détourné par des grévistes de la SNCM, déclenchement de l'état d'urgence dans les banlieues - le chef du gouvernement a aussi promis la croissance sociale aux syndicats et la justice aux habitants des quartiers.

Vendredi, lors d'un déplacement à Strasbourg, Dominique de Villepin a mis en garde la droite contre la tentation des extrêmes, alors que plusieurs responsables UMP ont expliqué les violences urbaines par la polygamie et le regroupement familial.

"Il faut éviter certains amalgames (...) Une majorité des populations de ces quartiers ne veut pas être stigmatisée (...) Les habitants ne veulent pas que leur quartier soit frappé du sceau de l'infamie", a-t-il affirmé, mettant en garde contre la recherche d'une "cause unique" à la colère des banlieues.

"Je crois au rassemblement, pas à la suspicion, à la recherche de responsables", a insisté le chef du gouvernement, tenant la ligne fixée par Jacques Chirac.

Et Dominique de Villepin de livrer des événements une analyse radicalement différente de celle que fera le lendemain Nicolas Sarkozy. Pour le Premier ministre, le malaise des quartiers sensibles est dû à "la crise des valeurs", au chômage, à un "urbanisme inhumain" et au recul des services publics.

Pour un élu UMP, interrogé samedi à Paris, "Sarkozy parle aux tripes et Villepin à la raison". "En campagne électorale, c'est plutôt le premier qui gagne mais les Français vont tellement mal que, si on sait trouver les mots, la raison peut l'emporter", ajoutait-il.
yahoo.fr, actualités, dimanche 20 novembre 2005, 10h15

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mardi 29 novembre 2005, 12h22 Immigration: les principales mesures adoptées

PARIS (AP) - Les principales mesures adoptées mardi par le gouvernement lors du troisième comité interministériel de contrôle de l'immigration (CICI):

REGROUPEMENT FAMILIAL

- Dominique de Villepin s'est prononcé pour l'allongement de un à deux ans de la durée du séjour en France à l'issue duquel un étranger peut faire une demande de regroupement familial
- le Premier ministre veut "vérifier le respect de la loi qui interdit la polygamie" en France
- Nicolas Sarkozy remettra des conclusions en février sur ces deux points

MARIAGES CELEBRES A L'ETRANGER

- vérification préalable par le consul de France dans le pays concerné de la légalité du mariage en France; possibilité pour le procureur de la République de s'opposer à la célébration du mariage si l'audition des conjoints par le consul a révélé des éléments de doute. Si le mariage est célébré malgré l'opposition de la justice, il ne sera pas transcrit en France; s'il est célébré sans respecter les conditions légales, le consul devra procéder à une nouvelle audition des conjoints et le procureur pourra s'opposer à la transcription du mariage
- possibilité pour l'administration de rejeter à titre provisoire un acte d'état-civil étranger considéré comme faux; la charge de la preuve sera inversée
- extension à huit mois du délai fixé à l'administration française pour transcrire les mariages célébrés à l'étranger
- allongement de deux à quatre ans du délai requis pour l'acquisition de la nationalité française pour un conjoint étranger d'un Français. Ce délai sera porté de trois à cinq ans pour les conjoints n'ayant pas résidé ensemble en France
- ces mesures feront l'objet d'un projet de loi présenté au Parlement "dans les mois qui viennent" par le garde des Sceaux Pascal Clément

ETUDIANTS ETRANGERS

- création dans les consulats français de "centres pour les études en France". Ces centres gérés par le Quai d'Orsay en partenariat avec le ministère de l'Education, les grandes écoles et les universités seront chargés de contrôler les projets d'études en France
- les visas des étudiants seront délivrés en fonction des avis de ces centres
- les étudiants passés par ces centres se verront immédiatement attribuer un titre de séjour à leur arrivée en France
- les étudiants de niveau mastère pourront obtenir à l'issue de leurs études un titre de séjour de six mois pour rechercher un travail en France

ASILE

- réduction à six mois du délai maximal pour l'examen des dossiers de demande d'asile, en incluant la procédure de recours
- ouverture en janvier 2006 d'une antenne de l'OFPRA en Guadeloupe

INTEGRATION

- les contrats d'accueil et d'intégration proposés depuis 2002 aux immigrés en situation régulière seront généralisés puis rendus obligatoires
- "contrôle plus strict" de la maîtrise de la langue française pour la délivrance de cartes de résident ou l'acquisition de la nationalité. AP
yahoo.fr, actualités, mardi 29 novembre 2005, 12h22

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mardi 29 novembre 2005, 19h04 Immigration: les associations dénoncent un "durcissement des conditions de vie" des étrangers en France

PARIS (AP) - Le renforcement du contrôle de l'immigration annoncé mardi par le Premier ministre a indigné les associations de défense des droits des étrangers, SOS-Racisme dénonçant des mesures qui vont encore "durcir les conditions d'entrée et de vie des étrangers en France".
"Tout cela s'inscrit dans une politique, qui existe maintenant depuis quelques années dans notre pays et qui consiste à durcir les conditions d'entrée et de vie des étrangers en France", a estimé sur Europe-1 Assane Fall, secrétaire général de SOS-Racisme. "C'est un processus qui nous inquiète".

Pour Jérôme Martinez, responsable de l'association Cimade en Ile-de-France, ces mesures destinées à limiter le nombre de fraudes "vont, au contraire de l'objectif, précariser l'ensemble des migrants qui ont vocation à s'installer en France".
"On ne règle pas l'immigration irrégulière en s'attaquant aux familles", a-t-il dit sur France-Inter. Il a rappelé que les étrangers qui demandent un regroupement familial n'ont déjà souvent que "des titres de séjour très précaires" et qu'ils doivent remplir "des conditions de ressources ou de logement extrêmement dures".
Pour lui, le dispositif présenté par Dominique de Villepin "vise simplement à refuser l'accueil de nouveaux migrants plutôt que de faciliter l'intégration".
Interrogé sur l'augmentation des mariages entre Français et étrangers célébrés à l'étranger, Assane Fall a lui expliqué qu'il est devenu "plus facile de se marier à l'étranger qu'en France puisque, maintenant, on fait porter une suspicion extrêmement forte sur les mariages entre des Français et des étrangers".
Depuis que les mariages entre Français et étrangers sont soumis à des contrôles renforcés, "les gens rencontrent de plus en plus de difficultés administratives ou de refus pour se marier", a-t-il expliqué, dénonçant des dispositions qui "visent surtout à durcir et à empêcher des mariages qui sont des mariages de bonne foi".

Dans un communiqué, SOS-Racisme souligne que "ces mesures, qui surviennent deux semaines après la vague de violences dans les banlieues, portent des relents de sanctions qui ont du mal à cacher la tentative toujours plus fréquente du gouvernement de stigmatiser les populations immigrées, et leur faire porter le blâme de l'insécurité et des violences".
"SOS-Racisme s'élève énergiquement contre ces mesures injustes et pointe une fois de plus du doigt la dérive xénophobe des autorités", conclut l'association.

Le secrétaire national du PS chargé des questions de société Malek Boutih a déploré sur RTL "une sorte de jeu de surenchère entre Nicolas Sarkozy et le Premier ministre depuis les événements de banlieue". "C'est à qui se montrera le plus dur face à l'opinion".
Or "les problèmes d'immigration n'ont rien à voir avec le mariage, les étudiants étrangers et le regroupement familial", a analysé l'ancien président de SOS-Racisme. C'est la "politique d'immigration" qui "n'est pas organisée".
"Que l'opinion publique veuille un peu d'ordre, mettre fin à la violence et une politique d'immigration organisée, c'est une chose", a-t-il ajouté. Mais "je ne crois pas que ces mesures soient payantes". AP
yahoo.fr, actualités, mardi 29 novembre 2005, 19h04

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Jeudi 1 Décembre 2005 BANLIEUES
Absentéisme scolaire : les parents menacés

Le Premier ministre a présenté son plan pour l'égalité des chances, qui prévoit notamment de suspendre les allocations familiales aux parents d'élèves absents.

Dominique de Villepin s'est efforcé jeudi 1er décembre d'apporter une réponse globale à la crise des banlieues, annonçant ou confirmant une série de mesures dans les domaines de l'éducation et de l'emploi et répliquant au passage aux vives attaques de Nicolas Sarkozy contre les ZEP.

"L'urgence aujourd'hui, c'est de faire de l'égalité des chances une réalité pour tous, avec deux leviers: l'emploi et l'éducation", a déclaré le Premier ministre en soulignant que "notre pays sort d'une épreuve grave".

Décrétant l'égalité des chances grande cause nationale pour 2006, il a consacré, six mois après son arrivée à Matignon, la majeure partie de sa conférence de presse mensuelle à l'éducation-formation, avec comme ligne directrice "l'accompagnement personnalisé". Face aux vives critiques des syndicats et de l'opposition contre l'apprentissage-junior, ouvert aux jeunes en difficulté scolaire dès 14 ans, Dominique de Villepin a maintenu le cap: cette mesure sera mise en place "dès la rentrée 2006".

Facultatif et réversible

Il a toutefois pris soin d'insister sur son caractère facultatif et réversible: les jeunes pourront reprendre un cursus normal s'ils le souhaitent. Il n'y aura pas de "remise en cause de l'obligation de scolarité jusqu'à 16 ans" et le contrat de travail ne débutera qu'à 15 ans, après une année de découverte des entreprises.
Refusant de s'aventurer sur le terrain politiquement sensible de la suppression des allocations familiales aux parents d'enfants qui manquent l'école, le Premier ministre a toutefois annoncé, en cas d'absentéisme, l'obligation de signer un "contrat de responsabilité parental".

Suspension des allocations familiales

Si les parents se refusent à signer ce contrat, assorti d'une aide éducative, ou ne le respectent pas, il se verront infliger une amende, une suspension ou une mise sous tutelle des allocations familiales, placées, sur décision du président du Conseil général, sur un compte bloqué.
Fait étrange, cette disposition, qui existait depuis 1966, a été supprimée en mars 2003 par le ministre délégué à la Famille de l'époque Christian Jacob. Celui-ci estimait en effet que ce dispositif s'était révélé "inefficace, brutal, mal adapté parce qu'il s'adresse aux familles qui perçoivent les allocations familiales, or il y a 1.300.000 familles qui n'ont qu'un enfant et ne perçoivent pas les allocations". Une amende pouvant aller jusqu'à 750 euros avait été mise en place pour remplacer la suspension des allocations familiales.
Dominique de Villepin a également annoncé "une concentration des moyens" sur les établissements scolaires situés en zones d'éducation prioritaire (ZEP) les plus difficiles et "une remise à plat" de la carte des ZEP.
Tout en reconnaissant un "résultat contrasté" pour ces ZEP, il n'a pas manqué de mettre en avant "des réussites et des efforts incontestables", en réponse au réquisitoire de son ministre de l'Intérieur, qui a demandé mercredi de "déposer le bilan des ZEP". Sans s'attaquer frontalement à son rival UMP, il ne s'est pas privé de souligner qu'il "tourne plusieurs fois sa langue dans sa bouche" avant de parler et prend toujours soin de tenir "des propos pour faire avancer notre pays". Une façon d'inviter Nicolas Sarkozy à faire de même.

Projet de loi

Pour lutter contre les discriminations dont sont victimes certains jeunes d'origine étrangère, Dominique de Villepin a décidé d'expérimenter le CV anonyme, de légaliser des vérifications à l'improviste ("testing"), et de permettre à la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) de prononcer des amendes allant jusqu'à 25.000 euros.

Il a en outre annoncé la reconduction de la prime de Noël versée notamment aux RMistes.
L'ensemble des mesures nécessitant un support législatif, comme la réforme de l'apprentissage, feront l'objet d'un projet de loi unique, dit d'égalité des chances, présenté en Conseil des ministres début 2006 pour une adoption par le Parlement au cours du premier trimestre 2006, selon Matignon.
nouvelobs.com, Archives / Jeudi 1 Décembre 2005

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Les syndicats et associations

La FCPE, la principale organisation de parents d'élèves: "La vacuité de la pensée gouvernementale en matière d'éducation est dramatique", a déclaré le président de la FCPE, Georges Dupon-Lahitte.
"Le Premier ministre n'a rien dit de neuf, il s'est contenté d'annoncer comme nouveau des mesures déjà mises en oeuvre. Il semble bien que sa seule et unique préoccupation soit de répondre à la surenchère de l'autre candidat à la présidentielle".
Georges Dupon-Lahitte a, par ailleurs, dénoncé "la stigmatisation réitérée de la population immigrée". Quand le Premier ministre parle d'absentéisme, il parle dans la foulée d'aider les familles à l'apprentissage du français, c'est significatif, on assimile absentéisme et immigration, c'est désolant". Quant à la politique des Zep, il s'est contenté de souligner que "si c'est à budget constant, cela ne résoudra rien".

La FSU, a dénoncé la "dureté derrière les apparences" des propos du Premier ministre. "Sur l'apprentissage, les ZEP ou l'absentéisme, on a pu voir une confirmation d'une politique répressive et discriminatoire au-delà d'inflexions du discours", a déclaré le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri.
"Sur l'apprentissage, le Premier ministre a confirmé toute la nocivité du dispositif. La réversibilité dont il parle est un leurre. Il s'agit bien d'une éviction des jeunes en grande difficulté". "Sur les ZEP aussi, tout est apparence. Contrairement à Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin semble confirmer l'existence des ZEP mais on sait bien qu'une concentration des moyens ne peut se faire qu'au détriment du plus grand nombre".
A propos de l'absentéisme, Gérard Aschieri s'est félicité qu'on veuille aider les parents tout en dénonçant "le retour de la menace de suspension, voire de suppression des allocations familiales". "Celles-ci ne sont pas des bourses au mérite. Elles constituent un droit". "D'ailleurs, il est significatif que ce gouvernement parle toujours de responsabilités individuelles pour mieux occulter les causes sociales et s'en désinteresser".

Le SNUipp-FSU, principal syndicat des enseignants du primaire, déplore le "vide sidéral" des propos du Premier ministre Dominique de Villepin sur l'école.
"C'est stupéfiant ou alors c'est un choix délibéré de ne rien dire sur une période capitale, sur le moment où tout l'avenir des jeunes se construit", a déclaré Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp.
"Le Premier ministre n'a cité le primaire que pour dénoncer la méthode globale d'apprentissage de la lecture qui est abandonnée partout depuis longtemps et pour annoncer une évaluation des capacités en lecture en CE1, évaluation qui n'aura rien de nouveau puisqu'elle est déjà engagée depuis cette année", a-t-il ajouté. Gilles Moindrot a par ailleurs émis des doutes sur "l'efficacité d'une simple multiplication d'évaluations". "Ce serait ironique si ce n'était pas si triste", a-t-il conclu. (déclaration à la presse, jeudi 1er décembre)

L'Unsa-Education, deuxième organisation d'enseignants, dénonce "flou, improvisation et habillage" dans les propos du Premier ministre. "Le Premier ministre découvre aujourd'hui l'éducation mais il semble que son propos soit plus politique qu'éducatif, destiné à une reprise en main dans son propre camp, entre l'inexistence de son ministre de l'Education nationale et l'interventionnisme du ministre de l'Intérieur à tout propos et même sur tout ce qui relève des compétences du président et du Premier ministre", a déclaré Patrick Gonthier, secrétaire général de l'Unsa-Education.
"Dans ces conditions, il s'est borné à faire du flou, de l'improvisation et de l'habillage, l'habillage portant sur l'apprentissage à 14 ans qui, quoi qu'il dise, reste une exclusion", a-t-il ajouté. (déclaration à la presse, jeudi 1er décembre)

Le Sgen-CFDT, Syndicat général de l'éducation nationale, ironise sur les propos du Premier ministre sur le système éducatif, déclarant qu'il ne propose que "des rustines".
"Quel aveu d'échec ! Le Premier ministre en arrive à proposer des rustines pour colmater les difficultés que rencontrent l'Ecole et les jeunes", a-t-il déclaré.
Le Sgen a par ailleurs rappelé son "opposition totale à l'apprentissage junior".
Sur l'absentéisme et les sanctions éventuelles aux familles, il a dénoncé "la volonté de culpabiliser les parents d'enfants en grande difficulté en oubliant que ces parents sont eux mêmes bien souvent en grande difficulté". (communiqué, jeudi 1er décembre)
nouvelobs.com, Archives / Jeudi 1 Décembre 2005

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mardi 27 décembre 2005, 8h01 Le PS accuse le gouvernement de "lutter contre les chômeurs"

PARIS (AFP) - Le Parti socialiste a estimé que le décret sur le contrôle des revenus des chômeurs "confirme que, pour le gouvernement, la lutte contre le chômage est d'abord une lutte contre les chômeurs".
"Autoriser les autorités à croiser les informations qu'elles détiennent avec les documents de l'administration fiscale revient à encourager un véritable harcèlement des demandeurs d'emploi, qui aura pour seul effet d'hypothèquer le contrat de confiance nécessaire à leur réinsertion", a souligné lundi dans un communiqué Alain Vidalies, secrétaire PS aux entreprises.
"Cette nouvelle décision, prise en catimini, en pleines vacances de Noël, et sans la moindre concertation", traduit "l'incapacité du gouvernement à redonner confiance aux Français", estime le PS.

De son côté, le Parti communiste français (PCF) a accusé le gouvernement d'"instituer une véritable chasse aux chômeurs".
Au nom du contrôle, c’est une véritable présomption de culpabilité et un climat de méfiance qui est en train d’être instauré", accuse le PCF lundi dans un communiqué, à la suite du décret paru samedi au Journal officiel permettant aux agents du ministère du Travail d'avoir accès à leurs fichiers du fisc.
Le PCF "condamne cette nouvelle dérive du gouvernement, qui consiste à stigmatiser les plus pauvres, à montrer du doigt des hommes et des femmes qui ont perdu leur emploi", alors qu'ils ont besoin d'un "accompagnement" et "d’un climat de confiance qui leur permette de retrouver un emploi stable et correctement rémunéré dans les meilleurs délais".
"Il est frappant de voir la différence de traitement avec les grandes fortunes: aucun durcissement du contrôle des personnes soumises à l’Impôt de solidarité sur la fortune n’est prévu, afin de prévenir les fraudes fiscales", souligne le PCF.
yahoo.fr, actualités, mardi 27 décembre 2005, 8h01

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L’étoffe du héros par Serge Raffy , Challenges.fr | 09.02.2006

Dominique de Villepin a le culte de ses ancêtres « morts pour la France ». Un patriotisme nourri par sa jeunesse un peu rebelle passée à l’étranger. Portrait.

Les gens qui ne l’aiment pas l’appellent Galouzeau « de » Villepin, en appuyant sur la particule. Ils croient l’agacer, le marquer au fer rouge de ses origines. Selon la rumeur, elles seraient aristocratiques. On imagine la caricature : Villepin perruqué, saupoudré, dansant le menuet aux bras d’une marquise. Un sang-bleu à Matignon. Un courtisan chez les gaullistes. Un ci-devant infiltré au cœur de la République. Villepin vilipendé.

L’image est amusante. Mais totalement fausse. Car l’homme, surprise, est un « bouseux ». Ses racines sont paysannes. Il vient d’une terre lourde et boueuse, aux confins de la Bourgogne et du Jura. Ses lointains ancêtres besognaient pour des seigneurs, dès le xiiie siècle. Une longue histoire qui raconte la lente ascension de modestes fermiers qui, au fil des siècles, deviendront des hommes d’épée ou de loi. Sous Louis XIV, ils sont capitaines généraux des Fermes du Roi.

C’est à cette époque, juste avant la Révolution de 1789, que les Galouzeau décrochent la particule. Une formalité administrative. Sans doute une récompense pour service rendu. Mais, dans le paysage, aucun château, aucun manoir, aucun fief. Pas de quoi exhiber des armoiries étincelantes. Les Villepin ne sont donc même pas des hobereaux. Aucun n’a entendu le bruit sec de la guillotine, car ils sont républicains. Déception. Ce Galouzeau est donc fréquentable. Mais qui est-il vraiment ?

Petite escapade en linguistique. L’histoire d’un nom raconte toujours quelque chose. Galouzeau, en ancien français, signifie le « Coq », ou l’oiseau-coq, l’emblème des Gaulois. Détail sans importance ? Voire. Ceux qui interrogent le locataire de Matignon sur ses ascendants sont stupéfaits par sa passion dès qu’on évoque ses aïeux. L’homme semble porter son arbre généalogique comme un talisman. Normal : tous ses ancêtres sont des héros de roman.
Son père d’abord, Xavier de Villepin, a été résistant dès l’âge de 16 ans, dans le maquis limousin.
Son grand-père, industriel de Pont-à-Mousson, a participé à la libération de la Lorraine, en 1918, où sa famille s’était installée quelques décennies plus tôt.
Un autre parent occupe le panthéon familial : un grand-oncle mort au combat, à Alep, en Syrie, en 1932, et dont les proches récupérèrent quelques gouttes de son sang, déposées dans une boule de myrrhe rouge, pour que l’esprit de bravoure soit transmis aux générations à venir.
Etoffe des héros ? Le Premier ministre est actuellement le dépositaire du sang du cavalier d’Alep.
Si vous insistez un peu, il vous racontera aussi l’histoire trépidante de deux autres de ses ancêtres, chirurgiens de Napoléon, qui participèrent à la campagne de Russie. Comment ne pas imaginer les deux hommes, amputant les grognards, sur des brancards de fortune, dans des campements figés par le froid polaire ?
« Pour comprendre Villepin, raconte un de ses plus proches collaborateurs, il faut faire une balade chez ses ascendants, dont beaucoup ont fait Saint-Cyr. Il n’a pas écrit les Cent Jours sur Napoléon par hasard. Les épreuves, les coups du sort, son attachement à la patrie, que certains jugent ringard, sont inscrits dans son patrimoine génétique. Il vient du cœur de l’histoire de France. Il est incroyablement construit. C’est ce qui inquiète et étonne chez ceux qui n’ont pas les clés du personnage. »

Mai 1968. Caracas, capitale du Venezuela. La famille Villepin, regroupée autour du poste de radio, un énorme Grundig, écoute religieusement les informations venues de Paris.
Le père, gaulliste historique, attaché au Général, est aux cent coups. Son héros, le rebelle de l’appel du 18-Juin, le condamné à mort par contumace, est en danger. Il écoute, meurtri, désemparé, effaré aussi par ce que les étudiants font subir à son grand homme.
A son côté, son fils, Dominique, tend l’oreille. Il a 14 ans et suit l’affaire comme un feuilleton, une telenovela sud-américaine. Il se passionne pour ce pays mythique qu’il ne connaît encore que par la passion que lui transmet son père. Chaque soir, tout près du poste de TSF, il entend papito dire : « Chut, je capte la France… »

Le jeune adolescent, né au Maroc, vit dans la patrie de Simon Bolivar depuis l’âge de 7 ans, parle couramment l’espagnol, avec l’accent sud-américain. Pour lui, la France est un pays magique, un territoire rêvé.
Les Villepin sont des patriotes expatriés. Ils cultivent quotidiennement, à des milliers de kilomètres de Paris, le culte des ancêtres « morts pour la patrie ». Chez les bons pères, au collège Francia, Dominique n’est pas un modèle. Il traîne dans les rues, joue au football sur les terrains vagues, un peu rudement, commence à courir les filles, passe des après-midi dans une mini-jungle sur les hauteurs de Caracas, où sommeillent quelques alligators. Il écoute de la salsa, du mérengué. Il est plus latino que les enfants de son quartier d’Altamira, zone résidentielle située tout près d’un bidonville où il se rend souvent.
Quand les pavés volent rue Gay-Lussac, par solidarité avec les étudiants parisiens, il se met en grève, seul. Un geste donquichotesque qui agace ses parents. Il ne comprend pas tout ce qui se passe de l’autre côté de l’Atlantique, mais l’épopée de Cohn-Bendit et ses amis l’excite. Il sent le piment de la révolte. Il se fait alors rabrouer par les professeurs. Ses notes sont moyennes, pour ne pas dire médiocres. Normal : son tempérament le pousse à vivre dehors, et, parfois, à faire le coup de poing au coin de la rue. Ses parents s’inquiètent et décident de l’éloigner de ce climat trop caliente.

Ils l’envoient à Toulouse, au collège jésuite du Caousou, pour le « cadrer » et calmer ses ardeurs. Là, le petit Latino découvre la rigueur et l’ordre de la Compagnie de Jésus. Dur, dur. « Pour quelqu’un qui venait d’un pays tropical, débarquer dans un dortoir de 125 lits et se retrouver dans un système quasi disciplinaire fut, au début, un enfer », se souvient Dominique de Villepin.
Mais, peu à peu, l’esprit de famille reprend le dessus. Le rebelle serre les dents. Il pense à la boule de myrrhe rouge… Ne jamais flancher. Le jeune Galouzeau s’adapte aux frimas et aux règles drastiques des jésuites, grâce au… football. En quelques semaines, il est capitaine de l’équipe du lycée, au poste de demi-centre. Il est déjà aux commandes. Sa haute stature l’aide. Il est « bon de la tête ». Il joue au tennis aussi, s’entraîne sur les courts du Stade Toulousain, où il croise l’actuel patron de la Fédération française de tennis, Christian Bîmes.
Pour les études, changement radical. Oubliées les distractions vénézuéliennes. Il se montre bûcheur et brillant. A tel point que les bons pères lui accordent le droit de passer son baccalauréat littéraire en candidat libre dès la classe de première. Il obtient une chambre particulière pour étudier davantage. Fin du syndrome de l’alligator. Il est vraiment entré en France.

L’année suivante, il part à New York rejoindre sa famille qui a quitté Caracas, et passe avec succès un second « bachot », cette fois section C. Il vit sur Park Avenue, tout près du musée Guggenheim, qu’il visite régulièrement. C’est de cette époque que naît sa passion pour l’art contemporain. Le lycée français, lui, est situé tout près de Harlem. Dominique de Villepin se laisse pousser les cheveux, écoute Santana, José Feliciano, et a un faible pour la culture hippie et la poésie de Kerouac. Il a envie de « tracer sa route ». Il a surtout la nostalgie du Venezuela.
A New York, il côtoie la communauté latino, en particulier portoricaine. Durant son année new-yorkaise, il se jette à corps perdu dans la littérature, dévore les auteurs américains, avec un faible pour Faulkner et son univers tragique et violent. Il aime la littérature du Sud, baroque et charnelle. Il plonge aussi dans la poésie, dévore René Char, le poète résistant, Rimbaud, l’exilé d’Aden, Saint John Perse, le diplomate à la rime nomade. « Il n’est pas un intellectuel ni un cérébral, mais tout le contraire, souligne un membre de son cabinet à Matignon. Il a besoin de mettre de la chair dans les idées. C’est un homme d’action et de décision. »

A 18 ans, son père le pousse à préparer HEC. Il s’exécute, par respect paternel. Mais, au bout de quelques mois d’études, il arrête. Il n’a pas l’âme d’un businessman. Ce n’est pas son chemin. Il s’inscrit en lettres à Nanterre et passe Sciences-Po. Il court les cinémas, connaît sa nouvelle vague sur le bout des doigts. Godard, Chabrol, Truffaut, Jean-Daniel Pollet. Aucun film ne lui échappe. « J’adorais aussi voir des films coréens sous-titrés en anglais dans des salles d’art et d’essai », sourit-il.

Contrairement à d’autres, l’Ena, la machine à former des hommes gris, qu’il fréquente avec François Hollande et Ségolène Royal, ne l’amollit pas. Il a l’allure d’un mousquetaire du Roi, fringant, jovial et insaisissable. Là, il est enfin au cœur de la machine France. Il continue de fréquenter les Sud-Américains de Paris, dont la famille Betancourt, le sculpteur Fernando Botero, l’écrivain Gabriel Garcia Marquez. « C’est sans doute son plus grand atout, confie un de ses proches. Son éloignement de jeunesse lui a donné un regard sur la France plus aigu, plus enthousiaste aussi.

Il ne voit pas le pays à travers la loupe d’un parti politique. Certains sont persuadés que c’est sa faiblesse. Et si, au contraire, c’était sa force ? Rappelez-vous le 2 septembre 2005. » Comment ne pas se souvenir ? Le week-end de tous les dangers. Où l’histoire peut basculer. Jacques Chirac, hospitalisé au Val-de-Grâce. Nicolas Sarkozy, au congrès de La Baule, prêt à célébrer son triomphe à la tête de l’UMP. Le temps suspendu pendant quelques heures à l’avis du corps médical. Le scénario tragique imaginé dans les arrière-salles. Dramaturgie maximale. Tension extrême. Sarkozy, le chef de parti, lunettes noires, chemise blanche, le visage des mauvais jours, attend son rendez-vous.
Et, sur la plage, un baigneur venu de nulle part, sorti du chapeau de l’histoire. Un type au look de Gregory Peck, éclairé par un soleil matinal, qui se croit encore au Venezuela, plongeant dans les rouleaux.
Il surgit des vagues comme un homme neuf. C’est ce que les médias médusés ont perçu. C’est sans doute ce jour-là que les Français ont vu en lui un présidentiable.
par Serge Raffy , Challenges.fr | 09.02.2006

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(2006) Bio express En neuf dates

1953 Naissance à Rabat.
1978 Ena.
1984 Directeur du service de l’information de l’ambassade de France aux Etats-Unis.
1985 Mariage avec Marie-Laure Le Guay.
1993 Directeur de cabinet d’Alain Juppé aux Affaires étrangères.
1995 Secrétaire général de l’Elysée.
2002 Ministre des Affaires étrangères.
2004 Ministre de l’Intérieur.
2005 Premier ministre.

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( Février 2006) A Moscou, Villepin joue l'union diplomatique franco-russe

MOSCOU - Au dernier jour de sa visite en Russie, Dominique de Villepin a tenu à souligner avec Vladimir Poutine les convergences de vues entre Paris et Moscou sur le dossier nucléaire iranien et sur la nouvelle donne palestinienne.

Dans la matinée de mardi, le Premier ministre français avait présidé avec son homologue russe Mikhaïl Fradkov le 11e séminaire intergouvernemental, qui a été l'occasion d'un engagement en faveur d'une intensification de la coopération entre les deux pays dans les secteurs économique, technologique ou encore énergétique.

"La France et la Fédération de Russie appellent l'Iran à se conformer pleinement à la résolution de février du Conseil des gouverneurs et aux demandes de l'AIEA, y compris la pleine suspension de toutes les activités liées à l'enrichissement et au recyclage", peut-on lire dans une déclaration conjointe franco-russe adoptée mardi.

Dans ce document, Paris et Moscou affirment le soutien de la communauté internationale à la proposition russe de retraiter et d'enrichir en Russie le combustible nucléaire iranien, afin de lever les doutes quant à la nature du programme nucléaire de Téhéran.

Face à la sensibilité de cette question, Dominique de Villepin a fait l'éloge d'une diplomatie de l'action en jugeant capital d'éviter deux écueils.

"Le premier, c'est celui de l'engrenage qui ne serait pas maîtrisé, c'est l'escalade. Nous en avons vu sur d'autres terrains les conséquences", a-t-il déclaré à la radio "L'écho de Moscou". "L'autre risque, c'est de ne rien faire".

"Entre ces deux options, il y a un chemin qui est celui de la volonté, de l'exigence. C'est bien celui qu'il nous faut tracer avec la Russie, avec la communauté internationale".

LE HAMAS FACE A UN "CHOIX HISTORIQUE"

Quelques heures plus tôt, dans le faste du bureau de représentation du Kremlin, entre les statues de Pierre le Grand et de Catherine II, Vladimir Poutine avait dit à Dominique de Villepin qu'il maintenait un "contact permanent" avec Jacques Chirac sur les crises iranienne et israélo-palestinienne.

Le président russe n'est cependant pas revenu publiquement sur l'invitation qu'il avait adressée de Madrid aux dirigeants du Hamas, formation qui a remporté le mois dernier les élections palestiniennes mais qui est toujours rangée sur la liste européenne des organisations terroristes.

Sans jamais prononcer ce qualificatif sur les ondes moscovites, Dominique de Villepin a pour sa part jugé qu'un "choix historique" s'offrait au Hamas. Il a appelé la formation islamiste à renoncer à la violence, à reconnaître l'Etat d'Israël et les récents traités israélo-palestiniens, en particulier les accords d'Oslo.

"Ce que je souhaite, c'est que, dans le cadre de ces rencontres, le Hamas puisse prendre conscience de ses responsabilités et de l'opportunité qui lui est donnée d'avancer dans la voie d'une reconnaissance des résolutions des Nations unies", a dit le Premier ministre.
"Il y a une chance à saisir pour le Proche-Orient", a-t-il dit.

Se voulant unis dans leur réponse diplomatique aux grandes crises régionales, la France et la Russie ont en outre cherché à donner une image de complémentarité dans plusieurs autres domaines.
Illustrant cette volonté, plusieurs accords ont été annoncés à l'issue du séminaire gouvernemental sur la coopération dans le domaine de la destruction des armes chimiques, sur la protection des droits de propriété intellectuelle dans le cadre de la coopération militaire et technique, ou encore sur la formation des cadres d'entreprise.
Libération, mardi 14 février 2006 (Reuters - 17:53), par Jacques Clément

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(Février 2006) CPE: lycéens et étudiants tentent de maintenir la pression

PARIS (AP) -- Les lycéens et les étudiants tentent de maintenir la pression sur le gouvernement malgré les vacances scolaires.
Plusieurs milliers d'entre eux ont à nouveau manifesté mardi dans une dizaine de villes de France pour exiger le retrait du contrat première embauche (CPE). Par ailleurs, la CGC, dernier syndicat encore en retrait sur ce dossier, a décidé à son tour d'appeler aux manifestations prévues le 7 mars dans toute la France, aux côté de la CGT, de la CFDT, de la CFTC, de FO, de l'UNSA, de la FSU et d'une quinzaine d'organisations de jeunesse dont les principaux syndicats lycéens et étudiants.

Mardi, la manifestation la plus importante a été observée à Rennes, où les étudiants sont fortement mobilisés depuis le début du mouvement. Ils étaient 6.000 dans les rues selon la police, 15.000 selon les organisateurs.

Le mouvement national contre le CPE se poursuit d'ailleurs de manière plus dure dans la capitale bretonne où les deux universités de Rennes I et Rennes II sont bloquées par des grèves. Mardi matin, des blocages ont également paralysé plusieurs lycées rennais.

A Grenoble, 1.200 personnes selon la police, 3.000 selon les organisateurs, ont également défilé pour exiger le retrait du CPE. Plusieurs centaines de manifestants ont aussi arpenté les rues de Tours, Vannes, Aix-en-Provence, Quimper, Brest ou encore Lille.

Une autre journée de mobilisation est prévue jeudi (23 février 2006) dans le cadre d'une "semaine d'action" entamée depuis lundi à l'appel du collectif "jeunes" qui regroupe une quinzaine de mouvements de jeunesse dont les principaux syndicats lycéens et étudiants. Le 7 février dernier, entre 220.000 et 400.000 manifestants selon les sources avaient défilé à travers toute la France contre le CPE à l'appel des organisations de jeunesse, mais également de la quasi-totalité des syndicats de salariés. AP
Nouvel Observateur - 16 févr. 16 h 04

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(22 février 2006) Dans l'Ain, Villepin a mangé du poulet Le Premier ministre n'a cependant annoncé aucune nouvelle mesure d'aide chiffrée en direction des producteurs de volailles inquiets.

Dominique de Villepin est venu sous haute escorte médiatique mercredi après-midi dans la Dombes (Ain) pour «rassurer» les éleveurs de la filière avicole face à la crise de la grippe aviaire. Et leur assurer «toute la solidarité nationale».
Après avoir visité en tenue de sécurité une exploitation où les volailles sont confinées, le Premier ministre s'est fendue d'une dégustation quelques cuisses de poulets sous l'œil des caméras.
Il n'a cependant annoncé aucune nouvelle mesure d'aide chiffrée en direction des producteurs de volailles. «Onze millions d'euros ont d'ores et déjà été débloqués (…) et nous serons amenés à prendre des mesures complémentaires à l'issue d'un travail de concertation avec les éleveurs», a-t-il simplement déclaré.

Même degré de précision concernant la possibilité de vacciner les volailles de Bresse, mesure réclamée par certains producteurs. «Nous expertisons ces demandes», a indiqué le Premier ministre. Quelques minutes auparavant, l'un des responsable de filière avicole de l'Ain avait fermement interpellé Dominique de Villepin pour réclamer des aides «concrètes», «avec indemnisation des pertes». «Face à la psychose actuelle, le gouvernement doit assumer sa part de responsabilité». «Message reçu», a répondu le Premier ministre.
• Selon plusieurs membres des services vétérinaires de l'Ain et des agents de l'Office nationale de la chasse, six cygnes morts ont été trouvés dimanche dans un étang de Villars-les-Dombes. Les résultats des tests pratiqués sur les oiseaux sont attendus en fin de semaine mais il existe une forte probabilité qu'ils aient été victimes du H5N1.
par Alice Géraud (dans la Dombes), LIBERATION.FR : mercredi 22 février 2006 - 19:04

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(25 février 2006) Dominique de Villepin a annoncé un projet de fusion entre Gaz de France et Suez

Compte tenu de l'importance stratégique de l'énergie, la fusion entre Gaz de France et Suez semble aujourd'hui la voie la plus appropriée", a déclaré samedi le premier ministre lors d'une brève allocution à Matignon. Il a déclaré que le gouvernement était favorable à ce projet et que le Parlement serait saisi pour procéder aux modifications législatives nécessaires. Les instances représentatives du personnels seront préalablement consultées, a-t-il précisé.

RENCONTRE FRANCO-ITALIENNE ANNULÉE

Cette annonce de fusion intervient alors que le groupe d'électricité italien Enel avait manifesté jeudi sa volonté de lancer une OPA sur le français Suez, qui contrôle le groupe d'électricité belge Electrabel. Sans faire référence à la menace du groupe italien sur un groupe privé français, le chef du gouvernement a indiqué que la fusion était motivée par "l'importance stratégique de l'énergie" pour la France. Récemment, le premier ministre italien, Silvio Berlusconi, avait demandé au président Jacques Chirac de rester neutre dans ce dossier. Après l'annonce du gouvernement français, le ministre de l'industrie italien, Claudio Scajola, a annoncé qu'il annulait une réunion bilatérale prévue lundi 27 février à Paris avec son homologue français, selon un communiqué officiel à Rome.

"PREMIER ACTEUR MONDIAL DU GAZ NATUREL LIQUÉFIÉ"

"Avec cette fusion, a-t-il ajouté, nous avons l'ambition de créer un des tous premiers groupes mondiaux de l'énergie, en particulier dans le secteur du gaz : cette entreprise serait en effet le premier acteur mondial du gaz naturel liquéfié". Cette fusion donnerait à la France "un deuxième grand acteur énergétique à côté d'EDF et renforcerait la vocation industrielle mondiale de notre pays", a-t-il ajouté.

"Il appartient naturellement aux deux entreprises de finaliser les discussions sur les modalités de ce projet et de les soumettre à la décision de leurs organes sociaux", a précisé le premier ministre. L'Etat détient actuellement près de 80 % du capital de GDF qu'il a mis en Bourse l'année dernière et la loi lui interdit actuellement de descendre en dessous de 70 %. Le Parlement devra ainsi réviser ce texte pour permettre à l'Etat de passer sous ce seuil dans le nouveau groupe.

L'idée d'une fusion entre Suez et Gaz de France était évoquée depuis plusieurs années. Les deux groupes ont noué quelques partenariats, notamment pour construire des centrales électriques dans le sud de la France.
Avec Reuters, AFP, LEMONDE.FR | 25.02.06 | 16h53 • Mis à jour le 26.02.06 | 08h10

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(25 février 2006) CGT et CFDT hostiles au rapprochement de Suez et GDF

PARIS - La CGT et la CFDT ont exprimé samedi leur hostilité au projet de rapprochement entre Suez et GDF, dans lequel les deux syndicats voient une "privatisation déguisée" de Gaz de France.

"Une fusion des deux entreprises ne peut aboutir qu'à diluer la propriété publique", a déclaré la CGT, qui se demande si la menace d'une OPA de l'italien Enel sur Suez n'a été utilisée que pour justifier ce projet de rapprochement.
Le syndicat ajoute qu'une fusion Suez-GDF "consacrerait la mise en concurrence de deux grandes entreprises nationales de l'électricité et du gaz", en l'occurrence EDF et GDF, pour estimer que "c'est un beau gâchis qui se prépare".
La CGT a encore demandé l'ouverture "dès lundi" d'un débat sur les enjeux économiques et financiers de l'avenir du secteur énergétique.

"La CFDT dénonce une privatisation déguisée de GDF", a indiqué de son côté Jacques Mouton, responsable du syndicat chez GDF. "Le gouvernement avait promis que l'Etat ne descendrait pas sous les 70% (du capital de GDF). On s'aperçoit que le gouvernement nous a menti", a-t-il ajouté.
yahoo.fr, actualités, samedi 25 février 2006 (Reuters - 20:14)

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mardi 7 mars 2006, 17h29 Des dizaines de milliers de manifestants contre le CPE

PARIS (Reuters) - Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé à travers la France pour exiger le retrait du contrat première embauche (CPE) défendu avec vigueur par le Premier ministre, Dominique de Villepin.
Les syndicats anti-CPE, qui ont prédit un "printemps chaud" en cas d'obstination du gouvernement, espéraient rassembler au moins 500.000 manifestants dans les rues, objectif supérieur à la précédente mobilisation nationale du 7 février.

Plus de 160 manifestations étaient prévues à Paris et en province. Certaines se sont déroulées dans la matinée et d'autres se formaient en début d'après-midi autour d'un unique mot d'ordre: "Retrait du CPE".

Ce nouveau contrat de travail réservé aux moins de 26 ans est assorti d'une période d'essai de deux ans durant laquelle l'employeur peut licencier le salarié sans justifier du motif.
A Paris, la manifestation a débuté avec retard place de la République. Un cortège imposant était emmené par des centaines de jeunes ayant pris place devant les dirigeants syndicaux.

A Marseille, plus de 100.000 personnes, selon les organisateurs, environ 12.000, d'après la police, ont défilé entre le Vieux-Port et la place Castellane.
Plusieurs milliers de lycéens ont symboliquement pris place en tête de cortège, qui s'est étiré sur 2,5 km derrière une banderole qualifiant le CPE de "contrat pour esclaves".
Les étudiants ont suivi avec une banderole marquée "CPE = chômage, précarité, exclusion". Les salariés du secteur public ont ensuite fourni le gros des forces.

A Toulon, près de 10.000 personnes, selon les organisateurs, 4.000, d'après la police, ont également manifesté.

A Rennes, entre 11.000 manifestants, selon la police, 20.000, selon les organisateurs, ont arpenté les rues de la cité bretonne sous une pluie battante.

A l'issue du défilé, plusieurs centaines d'entre eux ont envahi les voies de la gare SNCF, paralysant brièvement le trafic. Ils ont été délogés par les forces de l'ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène.

"EJECTABLES ET CORVEABLES A MERCI"

A Toulouse, plus de 20.000 personnes, selon la police, près de 50.000, selon les organisateurs, ont défilé.
En tête du cortège, une cinquantaine de collégiens brandissaient dans la bonne humeur une banderole blanche sur laquelle était écrit en grosses lettres noires: "Qui sème la misère récolte la colère".
D'autres banderoles fustigeaient le CEP avec des slogans comme "CEP = jeunes éjectables et corvéables à merci".

D'autres manifestations en région Midi-Pyrénées et Languedoc-Rousillon ont rassemblé à Albi (Tarn) 3.200 personnes, selon la police, et plus de 5.000, selon les organisateurs, et à Perpignan plus de 2.000 personnes, selon la police, et près de 3.000, selon les organisateurs.

A Bordeaux, environ 16.000 personnes, selon la police, 50.000, selon les organisateurs, ont défilé derrière une banderole "la jeunesse contre le contrat première embauche".
Là aussi, lycéens et étudiants avaient pris place en tête de cortège, scandant "à bas, à bas, à bas le CPE !", "Villepin t'es foutu, la jeunesse est dans la rue".
De nombreux salariés de la fonction publique, dont beaucoup d'enseignants, étaient présents dans la manifestation.

En Normandie, ce sont plus de 20.000 personnes qui ont participé à une vingtaine de manifestations, selon la police, dont environ 5.000 qui ont défilé à Rouen sous une pluie glaciale.

Dans l'Est, environ 3.500 personnes, dont une moitié de lycéens, ont défilé à Strasbourg contre le CPE, soit deux fois plus que la première manifestation organisée le 7 février.
Une banderole intersyndicale demandant le "retrait du CPE" ouvrait la marche.
"CPE = Contrat première emmerde", proclamait une autre banderole portée par de jeunes manifestants.
Les manifestants étaient 1.500 à Mulhouse, 3.000 à Metz et environ 4.500 à Nancy.
Yahoo.fr, actualités,

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mardi 7 mars 2006, 19h08 Plus d'un million de manifestants contre le CPE, selon la CGT

PARIS (Reuters) - Les manifestations pour le retrait du contrat première embauche (CPE) ont réuni plus d'un million de personnes en France, revendique la CGT en faisant état d'un décompte provisoire.
La direction de la police nationale a pour sa part recensé 396.000 manifestants dans 20 cortèges répartis dans toute la France.

A Paris, la préfecture de police a fait état de 46.000 manifestants. La CGT en a affiché 200.000, dont 50.000 jeunes.
Le 7 février, lors de la première journée de manifestations contre le CPE, les organisateurs avaient comptabilisé 400.000 manifestants dans toute la France. La police en avait dénombré 180.000.
Yahoo.fr, actualités, mardi 7 mars 2006, 19h08

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(9 mars 2006) Hervé de Charette demande la suspension du CPE

Même la droite commence à douter du CPE
Dans la foulée d'Hervé de Charette, un proche de Sarkozy, des interrogations s'expriment • Jusqu'au sein du gouvernement, à l'image de Jean-Louis Borloo • Tout cela alors que le CPE a été adopté jeudi (9 mars 2006) par le Parlement.

La droite serait-elle en train de vaciller ? Certes, le Parlement a définitivement adopté jeudi matin le contrat première embauche (CPE) contenu dans le projet de loi sur l'égalité des chances. Mais la majorité commence à être assaillie de doutes. Le premier à demander, mercredi, «la suspension» du CPE a été le député (UMP) du Maine-et-Loire, Hervé de Charette, proche du ministre de l'Intérieur. Ce qui lui a valu une sèche mise au point du président du groupe UMP au Sénat, Josselin de Rohan qui croit voir la main des sarkozystes dans une tentative de déstabilisation du Premier ministre.

Jeudi, Rohan a adressé une lettre à Sarkozy, pour exprimer son «indignation» face aux déclarations de Charette. Il lui a demandé «de désavouer les propos de ce parlementaire qui, même isolé, porte atteinte à la majorité et à son combat pour l'égalité des chances». Pour tenter de calmer les choses, François Fillon, conseiller politique de Nicolas Sarkozy à l'UMP, a assuré que son parti «doit se montrer solidaire du gouvernement».

Mais au-delà de ces bisbilles qui traduisent une certaine gêne, le scepticisme gagne les rangs les plus hauts, jusqu'au gouvernement. Jeudi matin, Jean-Louis Borloo lui-même, censé porter le texte «égalité des chances» a exprimé son incertitude à propos du CPE : «Dans ce genre de chose le doute n'est pas une marque, forcément, d'imbécillité», a-t-il remarqué sur RTL. Il n'a pas voulu se prononcer sur la suspension du contrat première embauche, répondant de manière sibylline : «Pour l'instant on en est d'abord à expliquer et ensuite à essayer de répondre aux interrogations complémentaires».

Le benjamin de l'Assemblée nationale, Laurent Wauquiez (UMP, Haute-Loire). Au micro de France Info, il a suggéré une expérimentation du CPE, avec «une clause de rendez-vous dans six mois». Il a aussi exprimé ses «réserves», soulignant qu'à ses yeux, il n'est pas «la solution miracle». «Il y a des députés UMP qui se disent : ”Est-ce que c'est vraiment le bon choix, est-ce que c'est ça qu'il faut faire ?” Mais en même temps, il y a quand même une mobilisation et le sentiment qu'on a envie de continuer à faire des choses, à faire avancer les choses.» La foi du charbonnier ?
par Pascal VIROT, LIBERATION.FR : jeudi 09 mars 2006 - 13:46

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jeudi 16 mars 2006, 19h22 Nouveaux incidents à proximité de place de la Sorbonne

PARIS (AP) - De nouveaux incidents ont éclaté jeudi soir (16 mars 2006) à proximité de la place de la Sorbonne à Paris, après de premières échauffourées près du métro Sèvres-Babylone en fin d'après-midi, à l'issue de la manifestation contre le Contrat première embauche (CPE).

Peu après 19h, une foule évaluée à quelque 2.000 personnes s'en est prise aux forces de l'ordre massées sur la place à l'aide de divers projectiles, avant d'être repoussée à coups de grenades lacrymogènes sur le boulevard Saint-Michel, a-t-on constaté sur place.

Les manifestants se sont regroupés sur le boulevard, où la circulation a été interrompue. AP
Yahoo.fr, actualités, jeudi 16 mars 2006, 19h22

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vendredi 17 mars 2006, 7h58 CPE: démonstration de force des manifestants, violences à Paris

PARIS (AFP) - Des centaines de milliers de lycéens et étudiants ont mené jeudi une démonstration de force contre le gouvernement en manifestant dans la plupart des grandes villes de France contre le CPE lors de défilés parfois émaillés de heurts, comme à Paris.

Dans la capitale, la situation a dégénéré pendant plus de deux heures en début de soirée. De violents affrontements ont opposé jeunes et policiers dans le Quartier latin, au coeur de Paris, près de la prestigieuse université de La Sorbonne, symbole de la révolte étudiante de mai 1968.

Des jeunes, visage masqué, ont incendié un kiosque à journaux et jeté des projectiles sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène, à Sèvres-Babylone. Des incidents ont ensuite éclaté place de La Sorbonne, où plusieurs centaines de jeunes ont bataillé avec des cocktails molotov et des fumigènes. Une librairie a été incendiée, une dizaine de voitures renversées ou détériorées et l'une a brûlé.

Les manifestants, qui descellaient des pavés pour en faire des projectiles, ont finalement reculé face aux canons à eau et à de grosses quantités de gaz lacrymogènes, et après 20H00 GMT, le calme était revenu.

Ces heurts sont intervenus à la fin de la manifestation parisienne, qui a réuni dans l'après-midi 33.000 jeunes selon la police, 120.000 selon les organisateurs. D'autres heurts ont eu lieu en banlieue parisienne, notamment à Vitry-sur-Seine et au Raincy.

Plusieurs défilés se sont conclus par des incidents, parfois violents, notamment à Rennes, où des policiers ont tiré des grenades lacrymogènes et où des dizaines de jeunes ont mis le feu à des poubelles et endommagé des véhicules, à Toulouse, Montpellier ou Chalon-sur-Saône.

Quelque 300 fauteurs de troubles présumés ont été interpellés, dont 180 à Paris, a déclaré dans la soirée le ministre français de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. La préfecture de police de Paris a indiqué que 46 membres des forces de l'ordre avaient été blessés, dont onze ont été hospitalisés.

"J'espère que tous ceux qu'on a arrêtés, la justice va les punir sévèrement", a déclaré le ministre, en imputant la responsabilité des violences à des militants "de l'extrême-gauche, de l'extrême-droite", à des "hooligans" et à des "voyous".

De Rennes à Marseille, de Bordeaux à Strasbourg, les manifestants ont exigé le retrait du contrat première embauche, accusé d'imposer la précarité aux jeunes et que rejettent aussi syndicats et partis de gauche.

La participation globale aux manifestations était nettement plus importante que deux jours plus tôt, lors des précédentes manifestations d'étudiants et de lycéens.
Au total, 247.500 personnes ont défilé selon la police, 500.000 selon les organisateurs.
Plus des deux tiers des 84 universités françaises étaient toujours touchées par le mouvement, grèves et blocages des campus. Des dizaines de lycées sont désormais en proie à la contestation.
Les opposants au CPE espèrent que la mobilisation va culminer samedi après deux mois de contestation politique, sociale et estudiantine. Les jeunes seront alors rejoints par leurs aînés, tous les grands syndicats et dix partis de gauche ayant appelé à descendre dans la rue.

Le chef du Parti socialiste, François Hollande, a mis en garde le gouvernement contre le "pari risqué" d'un "pourrissement" du conflit.
Le rejet de ce contrat s'accroît massivement dans l'opinion. 68% des Français sont favorables à son retrait, soit 13% de plus que le 8 mars, selon un sondage.
Réservé aux moins de 26 ans, le CPE permet à un employeur de licencier pendant deux ans sans avoir à se justifier.

Le Premier ministre Dominique de Villepin assure que le CPE va permettre de faire baisser le chômage qui touche 23% des jeunes, un des plus forts taux en Europe.
Malgré une cote de popularité qui dégringole, il refuse de céder à la pression de la rue. "Je suis ouvert au dialogue" pour "améliorer" le CPE, mais sans revenir sur ce dispositif, a-t-il réaffirmé jeudi, voulant "expliquer" et "convaincre jusqu'au bout".
L'issue du conflit reste difficile à prédire. L'ampleur de la mobilisation de samedi sera sans doute déterminante.
"On attend tous de savoir si dans la rue, dans l'opinion, ça monte ou pas", a expliqué un ministre au quotidien Le Monde sous couvert de l'anonymat. "Villepin ne reculera pas, il va tenir jusqu'au bout. Et s'il ne tient plus, il est mort".
Yahoo.fr, actualités, vendredi 17 mars 2006, 7h58

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samedi 18 mars 2006, 19h34 Plus de 500.000 manifestants en France contre le CPE, selon la police

PARIS (AP) - Plus de 500.000 personnes ont manifesté en France samedi contre le contrat première embauche, selon la Direction générale de la police nationale.
La DGPN a fait état de la participation de 503.600 personnes aux différents défilés organisés dans l'Hexagone, dont 80.000 à Paris. AP
Yahoo.fr, actualités, samedi 18 mars 2006, 19h34

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samedi 18 mars 2006, 19h23 CPE: 1,5 million de manifestants dans toute la France, selon les syndicats

PARIS (AP) - Les manifestations organisées samedi dans toute la France contre le contrat première embauche (CPE) ont rassemblé au total 1,5 million de personnes, dont 350.000 à Paris, ont annoncé en début de soirée les organisateurs syndicaux.

Pour sa part, la préfecture de police de Paris a fourni le chiffre de 80.000 manifestants dans la capitale, mais le ministère n'avait pas encore communiqué, en début de soirée, son estimation au plan national.

Les chiffres officiels de l'intersyndicale ont été communiqués par le service de presse de la CGT, syndicat qui était chargé du comptage des manifestants au nom de tous les syndicats organisateurs.

Pour sa part, la police n'avait toujours pas fourni ses propres estimations en début de soirée, ni pour Paris ni au plan national. AP
Yahoo.fr, actualités, samedi 18 mars 2006, 19h23

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Lutte Ouvrière n°1960 du 24 février 2006 : En 1994, Balladur retirait le "smic-jeune" : La rue peut défaire les lois votées par le Parlement

Dans les académies qui ne sont pas en vacances scolaires, les étudiants surtout mais aussi les lycéens n'attendent pas la manifestation du 7 mars (2006) pour protester contre le CPE (contrat première embauche). Des assemblées générales se tiennent dans nombre d'universités, suivies de grèves dans différents endroits.

Car même si Villepin réussit à faire passer à la hussarde l'instauration du CPE, en utilisant l'article 49-3, cela ne signifie pas pour autant qu'il est trop tard pour faire reculer le gouvernement. L'exemple du "smic-jeune", que le gouvernement Balladur avait tenté d'instaurer en 1994, est un encouragement à poursuivre et amplifier les manifestations.

Début 1994, le Parlement votait un texte de loi relatif à la création d'un "contrat d'insertion professionnelle" (CIP) qui devait paraît-il permettre aux jeunes de trouver un emploi. Deux mois et demi plus tard, Balladur annonçait son retrait. Mais entre-temps la jeunesse s'était largement mobilisée, soutenue par les organisations ouvrières.

Cette mobilisation commença en fait après le vote de la loi, au moment de la publication des décrets d'application dans le Journal Officiel, le 24 février 1994. Ce contrat permettait aux entreprises d'embaucher des jeunes de moins de 26 ans en ne les payant que 80% du smic, si elles ne leur proposaient pas de formation. Pour celles qui proposaient une formation, le salaire était encore moindre, apparenté à ce que touchent les apprentis: 30% du smic si le jeune avait moins de 18 ans, 50% entre 18 et 21 ans, et 65% au-delà.

Refusant l'instauration de ce "smic-jeune" qui s'appliquait à tous les jeunes, qu'ils soient diplômés ou sans qualification, les étudiants et les lycéens sont descendus dans la rue. Des manifestations eurent lieu les 10, 12 et 17 mars, rassemblant des dizaines de milliers de personnes dans tout le pays. Le 22 mars, le gouvernement proposait de remanier ces décrets de façon moins défavorable aux jeunes diplômés, c'est-à-dire les étudiants qui étaient à la tête de la contestation. Les titulaires d'un bac + 2 auraient perçu 80% du salaire habituel de l'entreprise, et non plus 80% du smic, et en outre ils auraient dû recevoir une formation pendant 20% de leur temps de travail.

Cela n'a pas suffi à désamorcer la colère des jeunes. Une manifestation appelée pour le 25 mars rassembla encore plus de monde. Trois jours après, le 28 mars, Balladur annonça qu'il "suspendait" l'application du CIP pendant une semaine, le temps qu'il discute avec des représentants des étudiants et des lycéens. Le 30 mars, alors qu'une autre manifestation était prévue pour le lendemain, le CIP était définitivement enterré, remplacé par une aide aux patrons qui embaucheraient des jeunes de moins de 26 ans.

Un gouvernement peut proposer une loi allant au-devant des désirs des patrons, les députés complaisants peuvent la voter: en définitive, n'en déplaise à ces messieurs, c'est la rue qui peut faire la loi, quand les travailleurs et les jeunes montrent leur détermination.
M. L., Lutte Ouvrière n°1960 du 24 février 2006

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samedi 18 mars 2006, 21h37 Les anti-CPE lancent un ultimatum

PARIS (Reuters) - Les syndicats de salariés et les principales organisations d'étudiants et de lycéens donnent jusqu'à lundi à Dominique de Villepin et au président Jacques Chirac pour retirer le contrat première embauche, qu'ils menacent sinon d'une mobilisation "qui ira crescendo".
Le gouvernement et le chef de l'Etat "portent l'entière responsabilité des tensions sociales", a affirmé l'intersyndicale dans une déclaration publiée samedi soir à l'issue d'une troisième journée nationale de manifestations, dont elle a souligné la "formidable ampleur".
"En cas d'obstination, le gouvernement serait responsable de tous les débordements qu'il pourrait y avoir", a souligné Nicolas Gourc au nom de l'UNL, la principale organisation lycéenne, lors d'une conférence de presse.

Si nécessaire, l'appel à une journée de grève interprofessionnelle sera à l'ordre du jour dès lundi soir, ont précisé à Reuters les délégués de la CGT et de Force ouvrière.

Officiellement, aux termes de sa déclaration, l'intersyndicale se dit "résolue à obtenir le retrait du CPE" et annonce qu'elle se réunira lundi soir "pour décider des suites à donner à ce grand mouvement unitaire".

"C'est bien évidemment un ultimatum" au gouvernement, a déclaré René Valadon, secrétaire confédéral de Force ouvrière (trotskiste), lors d'une conférence de presse.
"Le gouvernement et le président de la République ont 48 heures pour décider. la seule chose qui nous guide, c'est le retrait du CPE et rien d'autre", a-t-il ajouté.

Le mot "ultimatum" a également été prononcé par le secrétaire général de la CFTC, Jacky Dintinger, et par Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT.

"UNE COURSE DE FOND"

La CFDT a pris ses distances sur ce point. "Ce n'est pas un ultimatum, c'est le contraire", a déclaré à Reuters son secrétaire national Rémi Jouan.
"Je trouve que c'est une chance (à saisir pour le gouvernement). Plutôt que de décider d'aller encore plus loin dès ce soir, on laisse le gouvernement respirer", a-t-il ajouté.
"Il faut qu'il prenne lui-même la mesure, il faut que les préfets lui fassent remonter les chiffres (des manifestations) pour qu'il ait vraiment le temps de comprendre ce qui s'est passé."
"Si lundi soir il (le gouvernement) n'a toujours pas réagi, on sera obligé de continuer. On est déjà dans le mouvement et on continuera ce mouvement."

Certaines organisations de l'intersyndicale auraient souhaité annoncer une nouvelle date de mobilisation nationale dès samedi soir. La fédération lycéenne FIDL avait évoqué le 23 mars, jour où plusieurs syndicats du secteur de l'énergie ont prévu une journée d'action contre la fusion Suez-GDF.

Au sein de l'intersyndicale, tous s'accordaient samedi soir à estimer que l'unité du front anti-CPE tenait bon.

La plupart des responsables syndicaux, représentants de salariés comme d'étudiants, ont insisté sur le fait qu'ils n'avaient pas eu de contact avec le gouvernement au cours des dernières heures.
"Dès lundi matin, nous pensons qu'il faut qu'il y ait des débats et des assemblées dans les entreprises, les lycées, les universités pour que la poursuite du mouvement soit dans les mains de tous", a déclaré à Reuters Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT.
"Si le gouvernement ne prend pas la mesure de ce qui est en train de se passer, on va vers un grand mouvement social", a-t-elle estimé.
"C'est la première fois depuis 2002 qu'on sent un mouvement comme ça dans l'opinion, qui ira encore crescendo. Les gens se sentent concernés à double titre, en tant que salarié et en tant que parent", a-t-elle ajouté.
"Il ne faut pas non plus d'impatience quand on conduit un grand mouvement. Il faut faire très attention à ce qu'on fait", a remarqué Maryse Dumas. "Villepin a engagé une course de vitesse et nous une course de fond."
Yahoo.fr, actualités, samedi 18 mars 2006, 21h37

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dimanche 19 mars 2006, 12h59 Heurts en marge des défilés anti-CPE à Paris et en province

PARIS (Reuters) - Les incidents qui ont marqué la fin du défilé contre le contrat première embauche samedi soir à Paris ont fait 52 blessés, annonce dimanche la préfecture de police.
Ce bilan définitif fait également état de 167 interpellations parmi les jeunes qui se sont livrés à des violences à la fin de la manifestation, notamment près de la place de la Nation.

Trente-quatre membres des forces de l'ordre et 18 manifestants, dont l'un a été victime d'un malaise cardiaque, ont été blessés.

D'autres heurts ont éclaté samedi soir à Rennes, Marseille et Lille, notamment, ont rapporté des témoins et les autorités.

A Paris, une centaine de jeunes masqués ont jeté des bouteilles sur les forces de l'ordre lors de la dispersion de la manifestation, rue de Bouvines, près de la place de la Nation. Les forces de l'ordre ont répliqué par des jets de grenades lacrymogènes.

Lors de ces affrontements, trois voitures ont été incendiées et deux dégradées. En outre, les "casseurs" ont endommagé dix commerces, six abribus, un feux tricolore et un kiosque à journaux, notamment.

CASSEURS, EXTRÊME-DROITE, EXTRÊME-GAUCHE

Un responsable du Syndicat national des officiers de police (Snop) a estimé sur Europe 1 que le service d'ordre syndical qui assistait le défilé de samedi avait évité des débordements violents comme ceux survenus jeudi.
Il a affirmé que les "casseurs" présents à la fin de la manifestation étaient à nouveau des militants d'extrême-gauche et d'extrême-droite mêlés à des jeunes de banlieue.

A Marseille, une demi-douzaine de personnes ont été interpellées et un policier blessé en marge de la manifestation, a-t-on rapporté de source policière.
Les incidents ont éclaté sur le Vieux Port après la dislocation du cortège, qui a rassemblé plus de 130.000 personnes selon les organisateurs, 7.000 d'après la police.
Plusieurs dizaines de militants d'extrême-gauche se sont opposés aux forces de l'ordre et un policier a été blessé par le jet d'une bouteille.

A Rennes, des heurts entre manifestants et forces de l'ordre ont éclaté en marge de la manifestation, qui a réuni entre 15.000 et 30.000 personnes, selon les sources.
Après avoir occupé les voies ferrées et paralysé la gare SNCF pendant près d'une heure, environ 300 à 400 manifestants se sont dirigés vers la préfecture de région. Ils ont ensuite gagné la permanence locale de l'UMP, où des heurts ont éclaté, après des jets de pierres et de canettes de bière sur les forces de l'ordre.
D'importantes forces de police ont repoussé les manifestants à l'aide de grenades lacrymogènes et de flashballs. D'autres incidents ont eu lieu à Lille.
Yahoo.fr, actualités, dimanche 19 mars 2006, 12h59

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(24 mars 2006) CPE : une rencontre, la balle au centre

Les leaders syndicaux à leur sortie de Matignon. De g. à d. Jean-Claude mailly (FO), Jean-Marc Icard (CFE-CGC), Francois Chérèque (CFDT) et Bernard Thibault (CGT).(Photo: AFP)

La rencontre entre Dominique de Villepin et les représentants des syndicats de salariés n’a permis aucune avancée. Le Premier ministre a maintenu son refus de retirer le contrat première embauche (CPE). Il a simplement accepté de recevoir, dès samedi 25 mars, les représentants des étudiants et des lycéens qui n’avaient pas été conviés à cette première entrevue. Il parait maintenant probable qu’aucune négociation concrète ne pourra avoir lieu avant la journée de grève et de manifestation du 28 mars. Les leaders syndicaux ont d’ailleurs affirmé que, pour le moment, aucun autre rendez-vous n’avait été pris avec le chef du gouvernement. Dominique de Villepin a, quant à lui, déclaré que cette rencontre constituait «une première étape» et qu’il souhaitait poursuivre les discussions «dans les prochains jours».

Ensemble : les douze organisations de l’intersyndicale anti-contrat première embauche ont affirmé être toujours aussi décidées à poursuivre la mobilisation les unes avec les autres, à l’issue de leur réunion de vendredi matin. Pas question, à les entendre, de laisser Dominique de Villepin introduire une division dans un mouvement dont l’unité a assuré jusqu’ici la réussite. Et surtout, impensable du point de vue des organisations étudiantes et lycéennes d’engager des négociations à deux vitesses : d’un côté, les aînés avec le Premier ministre et de l’autre, les jeunes avec le ministre de l’Education nationale.

Les représentants des lycéens et des étudiants ont immédiatement traduit leur courroux par des actes. Ils ont annoncé qu’ils ne se rendraient pas à l’invitation de Gilles de Robien, vendredi. Une manière de protester contre le fait que le Premier ministre, qui ne les avait pas conviés en même temps que les cinq confédérations syndicales (CGT, CFDT, CGC, CFE-CGC, FO) à venir le rencontrer à Matignon, a refusé clairement vendredi matin de donner suite à la demande exprimée par les organisations de l’intersyndicale d’être reçues toutes ensembles.

Le sens des responsabilités

Tout en réaffirmant leur solidarité avec les jeunes et en confirmant que le retrait du CPE était toujours, pour eux aussi, un préalable à l’ouverture des négociations, les syndicats de salariés ne sont néanmoins pas revenus en arrière. Ils ont honoré l’engagement pris la veille de rencontrer Dominique de Villepin qu’il faut, à les croire, interpréter comme le signe de leur bonne volonté et de leur sens des responsabilités.

Paradoxalement, le chef de l’Etat a fait de Bruxelles, où il participait à un sommet européen, des déclarations susceptibles de porter atteinte au bon déroulement de l’entrevue entre le chef du gouvernement et les syndicalistes. Jacques Chirac a estimé qu’«on n’a pas à donner d’ultimatums» et que «quand une loi a été votée… elle doit être appliquée», tout en admettant que cela «n’empêche pas le gouvernement de discuter de telle ou telle modalité». Ces propos avaient de quoi fâcher d’entrée les leaders syndicaux qui refusent de se voir proposer de simples aménagements. François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, a d’ailleurs réagi en qualifiant cette déclaration de «très maladroite», avant d’entrer à Matignon.

L’intervention de Jacques Chirac était en tout état de cause révélatrice du fait que la réunion proposée aux syndicats de salariés n’était qu’une prise de contact et qu’il n’était pas question de céder dans l’immédiat aux revendications des opposants au contrat première embauche. A l’issue de la rencontre avec le Premier ministre, d’ailleurs assez brève, cette hypothèse a été confirmée par l’annonce du refus de Dominique de Villepin de retirer le CPE. Les syndicalistes ont annoncé qu’ils n’avaient pas réussi «à convaincre» le Premier ministre sur ce point mais que celui-ci avait néanmoins accepté de rencontrer directement les représentants des organisations étudiantes et lycéennes dès demain, samedi 25 mars.

Rien n’a donc été débloqué.
Mais la porte ne semble pas fermée. En tout cas, Dominique de Villepin a pris soin de marquer qu’il était plein de bonnes intentions de manière à ménager la suite des contacts. Il a affirmé qu’il fallait «trouver des solutions constructives pour répondre aux inquiétudes réelles des jeunes, notamment sur le contrat première embauche» et qu’il comptait bien revoir les représentants des confédérations syndicales la semaine prochaine. Soit après la journée d’action du 28 mars. Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, a enregistré le message et en a conclu que l’ampleur de la mobilisation jouerait «un rôle déterminant».

Des risques de dérapages violents

Dominique de Villepin attend-il un nouveau message de la rue pour engager la tête haute un rétropédalage sur le CPE et envisager d’autres bases de négociations que celle des aménagements à ce nouveau contrat pour les moins de 26 ans, refusés catégoriquement par l’intersyndicale ? C’est possible. Mais c’est risqué car la situation s’est dangereusement détériorée ces derniers jours. On a assisté à une escalade de la violence lors des dernières manifestations. Le phénomène a même pris parfois un caractère incontrôlable.

A Paris, le 23 mars, plusieurs centaines de casseurs étaient présents sur l’esplanade des Invalides, où le défilé devait prendre fin. Ils se sont livrés à des actes de vandalisme et des agressions, sur les étudiants notamment.
Un jeune homme a été grièvement blessé à la tête et a dû être opéré dans la nuit.
A Marseille, à Rennes aussi, les choses ont mal tourné.
Les forces de l’ordre ont précédé à 630 interpellations de fauteurs de troubles durant cette seule journée. Et le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, qui avait déjà mis en garde contre un nouvel embrasement des banlieues à l’occasion du mouvement anti-CPE, a estimé que les manifestations étaient «en train de changer de visage».
RFI, par Valérie Gas, Article publié le 24/03/2006 Dernière mise à jour le 24/03/2006 à 17:54 TU

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mardi 28 mars 2006, 16h47 CPE: incidents en marge de la manifestation parisienne

PARIS (AP) - Des incidents ont éclaté mardi en fin d'après-midi entre plusieurs dizaines de jeunes casseurs et le service d'ordre de la CGT, place de la République à Paris, alors que le défilé contre le contrat première embauche (CPE) arrivait à son terme.

Une cinquantaine de membres du service d'ordre de la CGT, munis de matraques souples, ont chargé vers 16h30 plusieurs dizaines de jeunes qui tentaient de soulever la grille d'un magasin de lingerie, a-t-on constaté sur place. Le service d'ordre a dispersé les jeunes, bousculant et frappant également les photographes et cameramen qui prenaient des images de la scène.

Un groupe d'une centaine de jeunes, certains masqués, a ensuite chargé le service d'ordre, qui a dispersé les fauteurs de trouble à l'aide de bombes lacrymogènes.

Le calme est revenu quelques instants plus tard, alors que la place de la République se noircissait de monde, arrivant depuis la place d'Italie. mais l'ambiance restait très tendue sur place. AP
Yahoo.fr, actualités, mardi 28 mars 2006, 16h47

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La mobilisation contre le CPE atteint une ampleur inégalée

La mobilisation contre le contrat première embauche (CPE) faisait l'effet d'un raz-de-marée, mardi 28 mars. Environ 1 055 000 manifestants ont défilé dans toute la France, selon la police, plus de trois millions selon FO et la CGT. Quelques soient les chiffres, ils sont plus de deux fois supérieurs à ceux du samedi 18 mars.

"Nous sommes plus de 3 millions aujourd'hui dans les rues, c'est historique, il est impensable que le premier ministre reste arc-bouté sur sa position", avait affirmé, un peu plus tôt, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, pour qui "il n'y a qu'une seule issue, c'est le retrait de cette réforme".

Le leader de la CGT s'exprimait en marge de la manifestation parisienne contre le CPE, partie à 14 h 30 de la place d'Italie pour rejoindre la place de la République. Les dirigeants syndicaux - Bernard Thibault (CGT), François Chérèque (CFDT), Jean-Claude Mailly (FO), Bruno Julliard (UNEF), Jacques Voisin (CFTC), Gérard Aschieri (FSU), Alain Olive (UNSA), Annick Coupé (Solidaires) - avaient pris la tête de cortège, derrière une banderole réclamant le "retrait du contrat première embauche".

Dès le départ du cortège, une centaine de casseurs ont tenté de pénétrer dans un supermarché du boulevard de l'Hôpital et brisé les vitres d'un café adjacent. D'autres heurts étaient à déplorer, vers 16 heures, à l'arrivée du cortège, place de la République. La police a estimé le nombre de manifestants dans la capitale à 92 000, la CGT à 700 000.

DES MANIFESTATIONS QUI RAPPELLENT CELLES DE MAI 2002 ET NOVEMBRE 1995

Au total, 250 manifestations ont eu lieu dans toute la France. 25 000 à 60 000 personnes ont défilé à Lille, soit plus du double que le 18 mars. Nancy a connu une mobilisation inégalée depuis les marches anti-Le Pen après le premier tour de la présidentielle de 2002, avec 23 000 à 50 000 manifestants. A Metz, 10 000 à 20 000 personnes ont participé à la plus importante manifestation depuis novembre 1995. Entre 8 500 et 15 000 personnes ont défilé à Strasbourg, une mobilisation en forte hausse par rapport à la manifestation du 18 mars, qui avait rassemblé entre 4 500 et 10 000 personnes. A Bordeaux, ils étaient 31 000 à 100 000 manifestants, et 18 000 à 50 000 à Toulouse, selon des estimations provisoires.

La mobilisation a commencé dès mardi matin. Les manifestations à Marseille (200 000 à 250 000 personnes, selon les organisateurs, contre 130 000 le 18 mars), Nantes (entre 42 000 et 60 000 personnes), Rouen (entre 18 000 et 40 000 personnes), au Mans (18 000 à 30 000 personnes) mais aussi Boulogne-sur-Mer (entre 5 000 et 7 500 personnes), Calais (1 650 à 6 000) ou encore Millau (300 à 500) ont ouvert le ban.

D'importants défilés ont également eu lieu en Bretagne : 30 000 à 50 000 personnes à Rennes, d'où est partie la contestation étudiante contre le CPE il y a plus de deux mois, 16 000 à 30 000 à Brest, ville qui a connu selon les responsables syndicaux sa manifestation "la plus importante des dix dernières années". Ont été dénombrés 12 000 à 30 000 manifestants à Saint-Brieuc, 10 000 à 25 000 à Lorient, entre 5 000 et 12 000 à Vannes.

L'ÉDUCATION NATIONALE TRÈS AFFECTÉE PAR LA GRÈVE

Des milliers d'arrêts de travail ont été déposés pour la première fois dans le privé comme dans le public, davantage qu'au plus fort du conflit des retraites en 2003, selon les syndicats. Des grèves ont commencé à perturber les chemins de fer, les transports aériens et les bus de plus de 70 villes.

La grève affecte en particulier l'éducation nationale. Selon les chiffres du ministère, elle a été suivie par 36,83 % des enseignants des lycées d'enseignement général et technologique, et 42,72 % des enseignants du premier degré, soit des chiffres nettement plus importants que pour la grève du 7 mars, mais moins que pour la grève du 20 janvier 2005 contre la loi Fillon.

Au-delà de l'éducation nationale et pour la première fois depuis le début du mouvement anti-CPE, le secteur public dans son ensemble était touché (fonction publique, ANPE, La Poste, EDF et Gaz de France) mais aussi le privé (télécoms, banques, métallurgie avec plus de 600 appels à débrayer, tabac). La plupart des quotidiens nationaux sont également absents des kiosques.
Avec AFP et Reuters, LEMONDE.FR | 27.03.06 | 21h34 • Mis à jour le 28.03.06 | 19h52

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mardi 28 mars 2006, 20h43 Paris: les incidents entre manifestants et forces de l'ordre redoublent place de la République

PARIS (AP) - Des incidents très violents se poursuivaient mardi, peu après 20h, place de la République à Paris, avec de véritables scènes d'émeute opposant plusieurs milliers de jeunes et les forces de l'ordre.

Pris sous un jet continu de bouteilles, de cailloux, de morceaux de mobilier urbain et de morceaux de bois, les forces de l'ordre ont commencé à vider la place de la république vers 20h15 en utilisant deux canons à eau et en tirant de nombreuses grenades détonantes et lacrymogènes.

Des incidents sporadiques avaient commencé à opposer les forces de l'ordre et quelques centaines de jeunes en fin d'après-midi, à l'issue de la manifestation contre le contrat première embauche (CPE) qui a rassemblé 92.000 manifestants dans la capitale selon la police, 700.000 selon les organisateurs.

Des jeunes se réclamant de mouvances anarchistes et autonomes ainsi que des jeunes casseurs venus de banlieue ont pris pour cible les CRS à l'aide de bouteilles et de cailloux lancés sur un premier barrage des forces de l'ordre. Les incidents se sont peu à peu étendus sur toute la place vers 19h, alors que des milliers de manifestants continuaient à arriver et à se disperser peu à peu.

Les forces de l'ordre ont chargé à plusieurs reprises dans la foule, la place de la République, procédant à de nombreuses interpellations musclées, avec l'aide de policiers en civil, certains masqués.

Alors que les incidents se poursuivaient, le nombre de jeunes, visiblement décidés à en découdre, augmentait.

Vers 20h, plusieurs milliers de jeunes affrontaient les forces de l'ordre, tandis que d'autres regardaient, lançant de temps en temps une bouteille ramassée par terre.
AP,

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(28 mars 2006) France/CPE: 787 interpellations mardi, selon la police

PARIS - Les forces de l'ordre ont procédé à 787 interpellations mardi dans toute la France en marge des manifestations contre le contrat première embauche. 488 arrestations ont été réalisées à Paris et 299 en province.

Depuis le début des protestations contre le CPE en France, la police a effectué au total 2500 interpellations, dont 632 dans la seule journée et soirée du jeudi 23 mars. Les forces de l'ordre ont par ailleurs comptabilisé au total près de 500 blessés dans leurs rangs, dont une dizaine mardi.

S'agissant des violences commises par les "casseurs", le directeur de la police nationale Michel Gaudin a estimé que "dans ce que nous appelons les casseurs - les délinquants qui n'ont d'autre objectif que de voler, que de piller - qui viennent dans les manifestations, il est évident qu'il y a des gens de la périphérie parisienne".

Trente-et-un véhicules ont été incendiés sur tout le territoire, a précisé M. Gaudin, en se prononçant pour "une sévérité plus grande" de la justice.

Interrogé sur une possible reprise des émeutes de novembre dans les banlieues, une éventualité avancée notamment par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, M. Gaudin a répondu: "C'est une de nos craintes, mais nous n'observons pas actuellement une montée des incidents dans les banlieues".

Les manifestations de mardi, d'une ampleur sans précédent depuis plusieurs, années ont réuni entre un million et trois millions de personnes dans le pays, selon les différentes sources. (ATS)
tsr.ch, journal en continu, 29 mars 2006 10:57

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vendredi 31 mars 2006 (Reuters - 10:06) La gauche demande solennellement à Chirac de retirer le CPE

PARIS - Partis et organisations de gauche, réunis vendredi pour s'entendre sur une position commune dans la crise du CPE, ont "solennellement" demandé au chef de l'Etat de retirer ce nouveau contrat de travail.

Dans une déclaration commune, onze formations de gauche "demandent solennellement à Jacques Chirac le retrait du CPE pour engager des négociations avec les syndicats puis revenir devant le Parlement", pour une nouvelle lecture du texte.

Le président de la République doit s'adresser aux Français vendredi (31 mars 2006) à 20h00 lors d'une allocution télévisée, 24 heures après la validation sans réserve par le Conseil constitutionnel du CPE, un contrat de travail destiné aux moins de 26 ans.

La déclaration de la gauche unie a été présentée à l'issue d'une rencontre à l'Assemblée nationale des dirigeants des dix formations politiques qui avaient participé à un sommet unitaire le 8 février dernier à la salle de la Mutualité à Paris.

La Ligue communiste révolutionnaire (LCR), absente en février, s'était cette fois-ci associée à cette opération.

Dans le texte commun, les participants reviennent sur les circonstances de l'élection de Jacques Chirac en 2002 pour un second mandat.
Le scrutin l'avait vu affronter le chef du Front national, Jean-Marie Le Pen, au second tour et recueillir 82% des suffrages exprimés, vote interprété comme un rejet de l'extrême droite.
"Sachant les conditions exceptionnelles de son élection en 2002, il porterait une grave responsabilité en promulguant la loi", dit le texte à propos du président de la République. "Ce serait un coup de force inacceptable".
"Nous appelons tous les citoyennes et les citoyens à prendre part à la journée d'action, de manifestation et de grève du 4 avril et à toutes les initiatives qui suivront", conclut la déclaration de deux pages.

Etaient présents à cette réunion François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, Yann Wehrling, secrétaire national des Verts, Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG), et George Sarre, secrétaire général du Mouvement républicain et citoyen (MCR).
Henri Emmanuelli, chargé au PS de l'organisation des états-généraux de la gauche, était également présent ainsi que les dirigeants d'Alternative citoyenne, de la Gauche républicaine, des Alternatifs, de Régions et peuples solidaires et du Mouvement pour une alternative républicaine et sociale (Mars).
liberation.fr, vendredi 31 mars 2006 (Reuters - 10:06)

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jeudi 30 mars 2006, 20h04 Le Conseil constitutionnel valide le CPE

PARIS (Reuters) - Le Conseil constitutionnel a validé jeudi soir l'essentiel de la loi sur l'égalité des chances, notamment le contrat première embauche (CPE), la plus importante disposition figurant dans ce texte, mais a censuré deux autres articles.

Le Conseil a rejeté la plupart des recours déposés le 14 mars par les groupes socialistes de l'Assemblée nationale et du Sénat sur plusieurs articles de ce texte que le Parlement avait adopté définitivement le 9 mars.
Les "neuf sages" déclarent, dans un communiqué, avoir validé l'article 8 du texte qui prévoit la création du CPE. Ils estiment que, contrairement à ce qu'avançaient les parlementaires socialistes, le texte ne porte pas atteinte au principe d'égalité devant la loi.

Le Conseil a censuré les articles 21 et 22, concernant le décompte des effectifs d'une entreprise pour les élections professionnelles, affirmant qu'ils étaient "dépourvus de tous liens" avec le projet de loi.

Les parlementaires socialistes estimaient que, sur la forme, les conditions d'examen et de vote du CPE étaient "contraires aux principes constitutionnels de clarté et de sincérité du débat parlementaire" et que, sur le fond, ce nouveau contrat de travail portait "atteinte au principe d'égalité".

Le président de la République dispose d'un délai de neuf jours pour promulguer la loi, le délai constitutionnel de quinze jours s'étant déclenché le 9 mars lors de l'adoption du texte avant d'être suspendu le 14 au moment du dépôt de la saisine.

Jacques Chirac, selon plusieurs sources politiques et parlementaires, promulguerait la loi dès vendredi avant de s'exprimer publiquement, comme l'Elysée l'a annoncé, à 20 heures sur toutes les chaînes de télévision.
Yahoo?fr, actualités, jeudi 30 mars 2006, 20h04

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vendredi 31 mars 2006, 20h16 Jacques Chirac promulgue la loi, demande des modifications

PARIS (Reuters) - Le président Jacques Chirac a dit son intention de promulguer la loi créant le contrat première embauche (CPE) et a demandé au gouvernement de préparer un nouveau texte modifiant "les points qui ont fait débat".

"J'ai entendu (...) les inquiétudes qui s'expriment, chez de nombreux jeunes et chez leurs parents. Et je veux y répondre", a-t-il déclaré lors d'une allocution radiotélévisée de neuf minutes.

"C'est pourquoi je demande au gouvernement de préparer immédiatement deux modifications de la loi sur les points qui ont fait débat. La période de deux ans sera réduite à un an. En cas de rupture du contrat, le droit du jeune salarié à en connaître les raisons sera inscrit dans la nouvelle loi", a expliqué le chef de l'Etat.

Jacques Chirac demande également au gouvernement de Dominique de Villepin de "prendre toutes les dispositions nécessaires pour qu'en pratique aucun contrat ne puisse être signé sans intégrer pleinement l'ensemble de ces modifications".

Alors que l'instauration du CPE provoque de nombreuses manifestations dans tout le pays depuis deux mois, le chef de l'Etat a dit son souhait de "dénouer la situation en étant juste et raisonnable, avec comme exigence l'intérêt national".

"En République, quand il s'agit de l'intérêt national, il ne saurait y avoir ni vainqueur, ni vaincu. Nous devons maintenant nous rassembler", a-t-il insisté.
Yahoo.fr, actualités, vendredi 31 mars 2006, 20h16

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31 mars 2006, 22h05 – Paris, Olivier Besancenot, porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), et le Mouvement des jeunes socialistes, appellent à la poursuite du mouvement contre le CPE.
lenouvelobs.com, 31 mars 2006, 22h05

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samedi 1 avril 2006, mis à jour à 09:07 Manifestation nocturne des étudiants et lycéens à Paris

Des milliers d'étudiants et lycéens ont manifesté vendredi soir (31 mars 2006) à travers Paris, à la suite de leur rassemblement place de la Bastille, pour dénoncer les propos "inacceptables" de Jacques Chirac et exiger à nouveau le retrait du contrat première embauche (CPE).

Parti de la Bastille, le cortège s'est dirigé vers le palais de l'Elysée, aux abords duquel il a été bloqué par des cordons de CRS. Les manifestants ont alors pris la direction du Quartier latin, en passant par la Concorde, mais ils n'ont pas pu atteindre la Sorbonne en raison du déploiement policier autour de l'université parisienne, symbole de la contestation anti-CPE.

Après avoir retraversé la Seine, les étudiants se dirigeaient à 01h30 vers Montmartre en empruntant le boulevard de Magenta. Vers 01h30, on ne signalait aucun incident majeur en marge de cette manifestation, au parcours apparemment improvisé.

Participant au départ en début de soirée à un simple rassemblement place de la Bastille, ces jeunes, rejoints tout au long du parcours par de nombreux manifestants, ont traversé à pas rapides une partie de la capitale jusqu'à la place de la Concorde, où ils étaient entre 4.000 et 5.000. "Ce qui est magnifique, c'est qu'on a grossi tout au long du parcours. On était 500 au départ", a dit une responsable lycéenne. Ils avaient alors l'intention de se rendre soit sur les Champs-Elysées, soit aux abords de l'Elysée. Mais plusieurs barrages policiers en ont obligé certains à traverser la Seine pour se masser aux abords de l'Assemblée nationale. Vers 23h00, tandis que des policiers prenaient position sur les marches du Palais Bourbon, d'importantes forces de l'ordre ont coupé le pont de la Concorde pour isoler l'avant-garde des manifestants. "Qui sème la misère récolte la colère", scandaient des manifestants répondant essentiellement à l'appel de syndicats étudiants et lycéens et de mouvements d'extrême-gauche.

"L'ASSEMBLÉE, ON AURAIT PU L'AVOIR"

Un millier de jeunes ont alors reflué sur le boulevard Saint-Germain pour tenter de rallier la Sorbonne. "C'est dommage, l'Assemblée, on aurait pu l'avoir, les grilles cédaient", s'est désolé un militant autonome.
Plus tard, devant l'afflux de policiers autour du Quartier latin, de nombreux jeunes criaient: "On n'est pas des casseurs, on est des électeurs. Retrait du CPE". Au cri de "Résistance", les manifestants, dont les rangs s'étaient alors clairsemés, sont repassés sur la rive droite de la Seine, ont emprunté le boulevard de Sébastopol jusqu'à la Gare de l'Est, d'où ils se sont dirigés vers la butte Montmartre.
"Grève générale, Villepin démission, Chirac en prison", scandaient certains manifestants tandis que d'autres jetaient des poubelles et des barrières derrière le cortège pour gêner la progression des véhicules de CRS.

En début de soirée, de nombreux jeunes avaient pris le micro place de la Bastille pour laisser exprimer leur indignation après l'annonce, par Jacques Chirac, de la promulgation de la loi créant le CPE. "Il souffle un drôle de vent sur la Bastille", a dit Cindy Leoni, porte-parole du syndicat lycéen FIDL. "C'est un mélange de colère et d'indignation, les jeunes veulent s'exprimer".

Bruno Julliard a confirmé la détermination des anti-CPE à obtenir le retrait pur et simple du texte.

"Nous attendions que le président de la République entende le message que fait passer la jeunesse et les salariés depuis plus de deux mois et qu'il retire le contrat première embauche", a-t-il dit sur TF1.
"Et qu'est-ce qu'il nous dit ? Il nous énumère les mêmes arguments que nous entendons depuis des semaines. On n'est pas plus convaincus ce soir". Pour Karl Stoeckel, président de l'Union nationale lycéenne, "Jacques Chirac est en train de faire un marchandage avec son contrat première embauche qui est déjà périmé et qui aujourd'hui doit être tout simplement retiré parce que l'écrasante majorité de la population comme l'ensemble de la jeunesse demande son retrait".
lexpress.fr, samedi 1 avril 2006, mis à jour à 09:07

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samedi 1 avril 2006, 12h03 Les anti-CPE plus que jamais mobilisés pour le 4 avril

PARIS (Reuters) - Syndicats de salariés, étudiants et lycéens anti-CPE sont plus que jamais déterminés samedi, à trois jours de leur cinquième journée nationale de mobilisation, à obtenir le retrait du contrat première embauche.

Au lendemain de l'intervention télévisée du président Jacques Chirac promulguant la loi sur l'égalité des chances qui intègre le CPE, ils ont réaffirmé comme préalable à toute reprise de discussion le retrait pur et simple du texte.

Samedi, le Premier ministre, Dominique de Villepin, a reçu à Matignon les responsables de la majorité, dont le président de l'UMP Nicolas Sarkozy. Une proposition de loi visant à modifier le CPE sera déposée "le plus vite possible" par les groupes UMP de l'Assemblée nationale et du Sénat, a annoncé le président du groupe UMP à l'Assemblée, Bernard Accoyer, après la réunion.

Les deux groupes souhaitent en outre "engager au préalable des discussions "approfondies" avec les syndicats et les organisations étudiantes et lycéennes, a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy a pour sa part invité "tout ceux qui veulent vraiment le dialogue" à saisir "la main du dialogue".

Pour la CGT, "il faut mettre à profit le débat qui doit s'ouvrir au Parlement pour accentuer la pression et gagner le retrait du CPE".

"Il y a (..) encore plus de raisons de conforter l'unité et d'amplifier la mobilisation", estime la syndicat pour qui c'est le chef de l'Etat qui a pris "la responsabilité de prolonger la crise".

Même rejet à la CFDT, où l'on estime que Jacques Chirac n'a laissé "aucune place au dialogue social" et qu'il a semé "la confusion". "La mobilisation du 4 avril garde toute sa pertinence", assure le syndicat.

"Il s'agit par l'ampleur de la mobilisation et le refus de tout acte violent, d'obtenir que la future loi réponde à nos exigences", ajoute-t-il.

MENACE D'OCCUPATIONS D'AEROPORTS

"Incompréhensible et inacceptable!", affirme Force ouvrière qui "réitère" son appel à la mobilisation. L'Union nationale des étudiants de France (Unef) entend relever le défi du "bras de fer" avec le gouvernement et appelle les étudiants à intensifier les actions sur le terrain.

"Nous nous sentons méprisés par l'autisme de Jacques Chirac. Alors nous allons poursuivre la mobilisation", a prévenu sur France Info son président Bruno Julliard.

Il a appelé les étudiants à des "actions ponctuelles" comme des occupations de gares, de péages d'autoroute, d'aéroports et des rassemblements "spontanés".

"La seule issue qui peut être apportée à cette crise, elle est dans les mains du gouvernement. Qu'il accepte tout simplement de dire qu'il a commis une erreur! Qu'il nous dise qu'il retire le CPE et enfin ouvrons des discussions", a-t-il dit.

Le syndicat sud Education a lui aussi appelé à "renforcer la mobilisation". "Il faut que le pays fasse entendre sa voix".

L'intersyndicale salariés-étudiants-lycéens doit se réunir mercredi au lendemain de la nouvelle journée de manifestations, de grèves et d'arrêts de travail pour décider des suites à donner au mouvement.

Samedi, les partis politiques de gauche se sont de leur côté retrouvés à Paris, au siège du PCF, pour préparer la riposte à l'intervention du chef de l'Etat.
Yahoo.fr, actualités, samedi 1 avril 2006, 12h03

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samedi 1 avril 2006, 13h51 CPE: tract commun de la gauche pour le 4 avril

PARIS (AFP) - La gauche unie a décidé samedi d'appeler aux manifestations anti-CPE du 4 avril et d'y distribuer un tract commun dans lequel elle accuse le président Jacques Chirac de "manoeuvrer pour diviser" et de "jeter de l'huile sur le feu", aggravant "dangereusement" la crise.

Réunis place du Colonel Fabien au siège du PCF, au lendemain de l'intervention radio-télévisée du président Chirac, les représentants de onze partis de gauche ont adopté une déclaration commune qui reprend le texte adopté la veille par les leaders des onze partis de gauche et y ajoute un paragraphe condamnant l'intervention du président de la République.
"Le chef de l'Etat n'a pas agi en fonction de l'intérêt général et cherche à manoeuvrer pour essayer de diviser le mouvement et continuer à appliquer sa politique", et "à tourner le dos aux aspirations de la jeunesse et de la grande majorité de la population".
"En jetant de l'huile sur le feu, il aggrave dangereusement la crise", ajoute la déclaration de la gauche.

Participaient à cette rencontre des représentants de onze partis dont PS, Verts, PCF, PRG, LCR, MRC, et de petites formations.

Les chefs de file des onze partis s'étaient déjà rencontrés vendredi matin à l'Assemblée nationale et avaient lancé un appel "solennel" au chef de l'Etat pour qu'il retire le contrat première embauche.
Les partis de gauche vont aussi faire signer une pétition commune durant la manifestation appelant au retrait du CPE et l'ouverture de négociations.
Ils ont par ailleurs décidé de se retrouver le 5 avril, au lendemain de la journée d'actions contre le CPE, pour en tirer le bilan et décider des actions futures.
"Nous sommes ensemble déterminés à dire qu'il faut obtenir le retrait du CPE", a souligné Brigitte Dionnet, membre de la direction du PCF qui participait à la rencontre.
"Le mouvement est dans sa phase ascendante" et le président "se trompe s'il pense pouvoir diviser le mouvement" car "la jeunesse sera encore plus radicalisée", a estimé le représentant de la Ligue communiste révolutionnaire, François Sabado.

Toutefois, l'idée d'une banderole commune de la gauche lors de la manifestation du 4 avril, avancée par les Verts, n'a pas été retenue. De même la proposition de la LCR d'un meeting commun a suscité la réticence du Parti socialiste, selon un participant. Favorable à un tel meeting, Brigitte Dionnet a souligné que la proposition n'a pas été rejetée et pourrait être rediscutée.
Yahoo.fr, actualités, samedi 1 avril 2006, 13h51

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(31 mars 2006) Des milliers d'anti-CPE conspuent Chirac

Aux cris de « Chirac démission » ou « Chirac, on t'emmerde, c'est la rue qui gouverne », des milliers de militants anti-CPE ont participé dans la nuit de vendredi (31 mars 2006) à samedi à des manifestations sauvages à Paris et en province contre la promulgation annoncée par le président de la loi sur ce contrat-jeunes controversé. A Paris, cent-sept personnes ont été interpellées et neuf placées en garde à vue.

Des heurts à Paris

A Paris, plusieurs milliers de personnes ont effectué un long périple passant de Bastille (4ème arrondissement), où elles avaient sifflé l'allocution du président de la République, à la place de l'Opéra, la Concorde, l'Assemblée nationale, le Quartier latin, avant de retraverser la Seine vers le boulevard Magenta et la butte Montmartre. Sur les boulevards St Germain et Raspail, une minorité de manifestants a lancé des bouteilles de verre sur les forces de l'ordre, très peu nombreuses, hormis au niveau de la place de la Concorde et devant l'Opéra et l'Assemblée.

Une vitrine a été cassée, des poubelles renversées et des manifestants ont tenté en vain de forcer une porte du Sénat, brisant une guérite en verre vers 23H45.
Vers 00H30 samedi, les manifestants sont arrivés devant la Sorbonne où quelques dizaines d'entre eux ont lancé des projectiles sur les forces de l'ordre et ont donné des coups de pieds dans les immenses grilles qui interdisent actuellement l'accès de la faculté.

« casseur, rentre chez toi »

Une heure plus tard, quelques dizaines d'individus encagoulés ont brisé les vitrines de plusieurs agences d'intérim et bars, de deux banques et d'un McDonald's, boulevard Magenta, à Paris, immédiatement conspués par la majorité des manifestants pacifiques qui criaient à leur intention « casseur, rentre chez toi » ou encore « résistance pacifique ».
Vers 03H00, la manifestation semblait prendre fin, seule une poignée de participants dansant encore sur des rythmes de percussion au pied de la butte Montmartre ou brûlant quelques chaises vers le boulevard de Rochechouart.

Cent-sept personnes ont été interpellées et neuf ont été placées en garde à vue selon un bilan communiqué par la Préfecture de police. Les gardes à vue ont été décidées après notamment des dégradations volontaires ou des violences. Par ailleurs, deux membres des forces de l'ordre, un gendarme mobile et un policier de la préfecture, ont été légèrement blessés.

Tour de France

A Strasbourg, ils étaient 300 manifestants, à Nancy, une centaine de lycéens, à Grenoble 250, à Lyon 350, à Bordeaux environ 500, à Lille une centaine, à Rennes seulement 150.

A Nantes, des affrontements se sont déroulées entre environ 300 manifestants anti-CPE et forces de l'ordre qui bloquaient l'accès du siège de l'UMP. Les manifestants ont lancé des canettes sur les forces de l'ordre qui ont riposté à coup de grenades lacrymogènes. Vers 01H00, huit interpellations avaient été recensées par le préfet de Loire-Atlantique, présent sur les lieux.

A Poitiers, environ 150 étudiants selon les manifestants, entre 50 et 100 selon la police, ont envahi le rectorat. Ils avaient auparavant lancé des poubelles contre la façade de la permanence UMP, et envahi le conseil municipal (PS) de la ville. Au Mans, environ 500 jeunes se sont rassemblés devant la préfecture, où ils ont entassé des barrières métalliques et des pavés face aux CRS.
lefigaro.fr (Avec AFP), 01 avril 2006

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dimanche 2 avril 2006, 21h31 La coordination des étudiants appelle à la grève générale

VILLENEUVE-D'ASCQ, Nord (Reuters) - La coordination nationale lycéenne et étudiante a durci le ton dimanche, appelant à une grève générale en France après le 4 avril, jour de la grande mobilisation nationale anti-CPE.
Réuni tout le week-end à Villeneuve d'Ascq dans la banlieue de Lille, le mouvement étudiant a aussi appelé à la poursuite des blocages des routes, des autoroutes et des gares pour obtenir le retrait du contrat première embauche dont le texte de loi qui l'institue a été publié dimanche au Journal officiel.
"Si le gouvernement ne veut pas retirer le CPE, il faudra que les manifestations de mardi soient le début d'un mouvement de grève générale reconductible", ont déclaré des porte-parole de la coordination.

L'intersyndicale salariés-étudiants-lycéens a appelé pour mardi à une journée nationale de grèves, d'arrêts de travail et de manifestations à travers la France.
Son objectif désormais est d'obtenir une nouvelle loi qui abroge le CPE car elle refuse les modifications demandées par le président Jacques Chirac dans le cadre d'une proposition de loi UMP.

La coordination nationale, dans un texte voté par les représentants des différentes universités présentes, "continue à exiger le retrait du CPE" et à "refuser toute négociation" avant ce retrait.
Elle a appelé à des journées d'actions ponctuelles qui devront être décidées au sein de chaque université et a annoncé la poursuite des blocages de routes, des autoroutes, des gares et des universités.
Plusieurs centaines de délégués étudiants ont participé samedi et dimanche aux débats de la coordination qui se sont tenus à l'université de Lille 3, bloquée depuis cinq semaines.
Ils représentaient une centaine d'universités et de lycées à travers la France.
Yahoo.fr, actualités, dimanche 2 avril 2006, 21h31

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vendredi 7 avril 2006, 18h26 Dix manifestants anti-CPE renversés par un automobiliste

PARIS (Reuters) - Un automobiliste a voulu passer en force lors d'une manifestation anti-CPE et a renversé dix lycéens, en blessant un légèrement, boulevard Saint-Michel à Paris, rapportent les pompiers.
Des lycéens ont alors poursuivi le véhicule et l'ont retourné sur le côté, a précisé le syndicat lycéen FIDL. Le conducteur du véhicule a été "contusionné" et "choqué".

Le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, le Parti communiste et la CGT ont estimé que cet incident témoignait de l'urgence à dénouer rapidement la crise du contrat première embauche (CPE).

Cet incident a eu lieu en début d'après-midi, au moment où près de 2.000 lycéens rassemblés pour un pique-nique anti-CPE commençaient à manifester boulevard Saint-Michel.
"La voiture est rentrée dans la foule. Dix personnes ont été bousculées, dont une qui a été transportée pour recevoir des soins. Elle est très légèrement blessée", a dit un porte-parole des pompiers.

La FIDL a mis en cause l'attitude des forces de l'ordre.
"C'est de la faute de la police qui n'a pas jugé bon de stopper le trafic alors que nous commencions à manifester. Un automobiliste a accéléré brusquement au moment où nous descendions le boulevard", a dit une porte-parole.

Selon un témoin, le blessé le plus sérieusement touché a été projeté par dessus le capot du véhicule. "Le véhicule a foncé à toute vitesse sur les lycéens".

Selon la porte-parole de la FIDL, le véhicule, qui s'éloignait à grande vitesse, a été poursuivi et rattrapé par les manifestants, avant d'être renversé sur la chaussée.
Dans un communiqué, Tristan Rouquier, président de la FIDL, s'est déclaré "atterré par l'irresponsabilité des forces de l'ordre". "Lâcher des voitures sur des lycéens qui participent à un pique-nique pacifiquement au soleil, c'est vraiment stupide et irresponsable", a-t-il déclaré.
"Ce fait aurait pu se traduire par un bilan plus lourd. Il illustre les risques de dérapages dans le cadre d'une crise durable", a déclaré Bertrand Delanoë.

Le Parti communiste a également mis "en garde contre les risques d'une prolongation de cette situation" et le CPE doit être "retiré clairement et immédiatement" afin de permettre les conditions d'une négociation.
Pour la CGT, "les tergiversations du gouvernement à faire traîner ce dossier en longueur favorisent ce genre d'incident dont les conséquences peuvent être extrêmement graves".

Peu avant cet accident, près de 2.000 lycéens et étudiants avaient participé à un pique-nique anti-CPE aux abords de la Sorbonne, à Paris.
Faute de pouvoir s'approcher du bâtiment universitaire, gardé par les forces de l'ordre, les manifestants s'étaient assis sur la chaussée, boulevard Saint-Michel.
Sous un soleil printanier, ils avaient dégusté des sandwiches et joué de la musique avant d'improviser une manifestation qui devait traverser la Seine.

La veille, les jeunes anti-CPE avaient multiplié les actions coups de poing, bloquant des routes, des gares et des ponts un peu partout en France pour démontrer leur détermination à obtenir l'abrogation du contrat première embauche.
Vendredi, seules quelques actions sporadiques ont été signalées dans diverses régions de France.

Selon le ministère de l'Education nationale, sept universités étaient fermées ou bloquées, 43 partiellement perturbées et 34 fonctionnaient tout à fait normalement.
Yahoo.fr, actualités, vendredi 7 avril 2006, 18h26

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vendredi 7 avril 2006, 20h16 CPE: pour la FIDL, "la seule synthèse" c'est "l'abrogation"

PARIS (AP) - La FIDL a appelé vendredi soir l'ensemble des lycéens à "continuer et à renforcer le mouvement" contre le contrat première embauche. Pour l'organisation lycéenne, Bernard Accoyer "n'a pas compris que la seule synthèse qui peut découler des rencontres avec les syndicats se résume en un mot: l'abrogation".

"A la place de l'abrogation, c'est une sorte de CPE bis qu'on est en train de nous préparer", estime la FIDL dans un communiqué diffusé après la déclaration des négociateurs UMP, lue par le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale Bernard Accoyer. Les négociateurs ont annoncé qu'ils allaient dégager une "synthèse" de leurs rencontres pour "élaborer dans la concertation la proposition de loi que le gouvernement nous a demandée".
"Proposer un nouveau contrat qui garderait l'esprit du CPE et qui consisterait à faire de la jeunesse de la sous-main d'oeuvre ne pourrait qu'être rejeté comme l'est le CPE", prévient la FIDL.
"Incontestablement, le gouvernement cherche à gagner du temps", conclut le syndicat lycéen. "Nous lui répondons en maintenant la mobilisation et appelons l'ensemble des lycéens à continuer et à renforcer le mouvement contre le CPE ainsi qu'à participer à la journée d'action et de manifestation du 11 avril". AP
Yahoo.fr, actualités, vendredi 7 avril 2006, 20h16

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Paru le : 05/04/2006 Le vrai chiffre : 228 000 manifestants à Paris

COMME TOUJOURS, c'est le grand écart. La manifestation parisienne contre le CPE a réuni quelque 700 000 personnes selon la CGT. Pour le ministère de l'Intérieur, le décompte définitif se situe à 84 000 personnes. « Le Parisien » et « Aujourd'hui en France » ont donc décidé de mobiliser quatre journalistes pour effectuer un comptage le plus précis possible.

Selon nos estimations, 228 000 personnes ont manifesté hier en passant par le pont d'Austerlitz. Un chiffre trois fois supérieur à celui de la police et trois fois inférieur à celui des syndicats...

Nous avons choisi le pont d'Austerlitz, le seul goulet d'étranglement du parcours, passage obligé entre la place de la République et la place d'Italie. Notre photographe posté en haut d'un immeuble surplombant le pont rive droite a réalisé hier après-midi 69 clichés englobant l'ensemble du cortège. Selon Paris-Carto (site Internet de cartographie), le pont qui enjambe la Seine mesure exactement 200 m de long et 22 m de large, hors les 10 m de trottoirs, soit 4 400 m2
Que ce soit les RG ou les syndicats, tous s'accordent pour dire qu'un manifestant en mouvement occupe 1 m2
Quand le pont est occupé dans sa totalité, il supporte donc 4 400 manifestants. En forte densité (en rangs serrés, coude contre coude), comme le démontrent douze photos prises hier après-midi, le chiffre peut doubler. Un comptage manuel, sur photo, donne donc 12 photos à environ 8 000 personnes sur le pont. Soit un premier groupe de 96 000 personnes. Un deuxième lot de 17 photos montre une densité moyenne de manifestants (environ 4 000) sur le pont d'Austerlitz. Soit un deuxième groupe de 68 000 personnes. Sur un troisième lot de photos (24 au total), le pont est occupé de façon clairsemée, à environ 2 000 personnes. Soit 48 000 manifestants supplémentaires. Enfin, sur les 16 clichés restants, le pont est occupé par à peine 1 000 personnes. Soit un dernier lot de 16 000 manifestants. La somme de ces quatre groupes donne un chiffre global de 228 000 manifestants étant passés hier par le pont d'Austerlitz.

La méthode par observation directe.
Les premiers manifestants, le carré VIP des leaders syndicaux, ont franchi le pont d'Austerlitz à 15 h 46.
Le dernier, un chariot avec la pancarte « la poésie, non ! », à 19 h 34. Soit un flux constant de quatre heures de cortège (le cortège de la CGT à lui seul a duré 57 minutes).

Grâce aux 69 photos prises hier, on obtient la longueur exacte du cortège passé hier par Austerlitz : 69 multiplié par la longueur du pont (200 m), Soit 13,800 km. Nous avons posté deux journalistes à la sortie du pont qui ont tenté de compter les rangs de manifestants passant devant eux.

L'observation du cortège des syndicats démontre que les dix premiers rangs de chaque organisation défilante sont occupés de manière dense. Puis le reste des sympathisants réunis derrière chaque bannière marche de manière clairsemée. Concrètement, nous avons fait des pointages sur une minute en comptant les manifestants.

Dans cet intervalle de 60 secondes, ils ont été hier entre 1 500 au maximum lors des passages des grosses centrales syndicales et une centaine au moment des passages à vide, avec une observation moyenne de l'ordre de 900 personnes. Petit calcul : 900 multiplié par 240 minutes de manifestation donne le chiffre des 216 000.

En clair, les deux méthodes donnent une approximation voisine, comprise entre ces 216 000 et les 228 000 précédents.
leparisien.fr, 5 avril 2006, Florian Delambily, Anne-Cécile Juillet et Karim Nedjari, p. 6

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lundi 10 avril 2006, 13h54 CPE: les réactions syndicales et dans l'opposition

PARIS (AP) - Voici les principales réactions des syndicats et des partis de l'opposition après l'annonce lundi du retrait du contrat première embauche (CPE):

- La CGT salue dans un communiqué "un authentique succès de l'action syndicale et de la mobilisation unie des étudiants, des lycéens, des salariés de toutes générations.
Cette victoire donne confiance pour trouver des solutions positives aux problèmes de la précarité, de l'emploi des jeunes et de toutes les catégories de salariés".

- Le secrétaire général de Force ouvrière Jean-Claude Mailly a déclaré à l'Associated Press: que "le CPE est mort et enterré. L'objectif est atteint et est à mettre à l'actif du mouvement syndical des salariés, des étudiants et des lycéens. Ça montre que l'unité d'action peut être efficace". "Nous sommes maintenant en sortie de crise. Le temps est aux négociations".
"Tout n'est pas réglé pour autant. Il faut une discussion de fond sur les problèmes d'insertion professionnelle des jeunes (...) Il faut aussi que le gouvernement engage des discussions avec les lycéens et les étudiants sur leurs propres revendications. Et je n'oublie pas que la question du CNE reste posée".

- La CFDT juge que "l'hypothèque du CPE est levée". Pour elle, "il faut maintenant répondre efficacement à la question de l'insertion des jeunes dans l'emploi. La CFDT sera particulièrement vigilante sur le contenu des dispositifs de la proposition de loi favorisant l'accès à l'emploi des jeunes les plus en difficulté".
La centrale dirigée par François Chérèque "demande depuis juin dernier que s'engage une réflexion de fond sur la sécurisation des parcours professionnels, la précarité et l'insertion des jeunes. Elle participera donc activement aux discussions qui doivent s'ouvrir maintenant sur ces thèmes. Les organisations syndicales d'étudiants doivent y être associées".

- Gérard Aschieri, secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU, premier syndicat de l'Education et de la Fonction publique d'Etat), a salué à l'Associated Press "un succès indéniable pour le mouvement social", mais "regrette qu'il ait fallu tout ce temps pour en arriver là et qu'on nous annonce la mise en place d'un dispositif de remplacement qui n'a pas été négocié".
Et puis il reste toute la politique économique et sociale du gouvernement que nous contestons. Il va falloir réfléchir aux suites, à une autre phase de la mobilisation".

- La CFTC "se réjouit de la disparition du CPE", mais "regrette le temps qui a été nécessaire au pouvoir pour entendre le sentiment des Français et des organisations intermédiaires". Elle "attend des prochaines discussions sur la sécurisation des parcours professionnels qu'elles permettent non de précariser la situation des salariés, mais de mettre en place les instruments nécessaires pour assurer la continuité des prestations (revenu décent, prestations sociales, formations) à travers les aléas de la vie professionnelle".

- Le secrétaire général de l'UNSA Alain Olive salue dans un communiqué "une grande victoire" intervenant "après plus de deux mois de mobilisation intense". "De fait, le CPE, contrat dérogatoire au code du Travail, n'existe plus (...) Au-delà du refus du CPE, le syndicalisme doit désormais imposer ses réflexions et travailler à des propositions de réforme visant à transformer notre modèle social. Plus ces propositions seront communes, plus elles seront fortes et crédibles".

- Le président de la CGC Bernard Van Craeynest note que "la proposition de loi déposée ce jour sur le bureau de l'Assemblée nationale remplacera l'article 8 de la loi Egalité des chances. C'est là l'essentiel. Le dispositif prévu, centré sur l'insertion professionnelle des jeunes en difficulté, devra être clarifié". "C'est toujours dans un esprit constructif que la CFE-CGC dialoguera avec les pouvoirs exécutifs, législatifs et entre partenaires sociaux pour vaincre le chômage dans notre pays".

- Le président de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF) Bruno Julliard a déclaré à Associated Press Television News que "c'est évidemment aujourd'hui une première victoire extrêmement importante.
Cependant, nous souhaitons rester vigilants tout au long de la semaine jusqu'au vote par le Parlement de la suppression du CPE (...) D'autres thèmes, d'autres revendications sont apparues pendant cette mobilisation.
Je pense à la suppression du contrat nouvelle embauche, je pense à d'autres aspects de la loi sur l'égalite des chances. Nous n'avons pas obtenu satisfaction sur ces éléments-là, et les questions restent entières sur ces revendications.
Nous souhaitons envisager avec les salariés les conditions d'une poursuite de la mobilisation sur ces revendications-là".

- La présidente de la Confédération étudiante (Cé) Julie Coudry a salué sur LCI "une victoire collective". "Il faut aussi que les étudiants puissent réussir cette fois les examens, donc lever les blocages dans les universités".

- Le président de l'Union nationale lycéenne (UNL) Karl Stoeckel a estimé à l'Associated Press que "l'objectif principal du mouvement anti-CPE est atteint. Le CPE est mort. Il y a eu un désaveu de la politique du gouvernement d'abord sur le fond, c'est-à-dire sur cette volonté de précariser les jeunes, et sur la forme puisque le gouvernement a voulu imposer à tout le monde le CPE, et a méprisé tout le monde pendant deux mois et demi en disant qu'on était marginaux, minoritaires.
Il va falloir maintenant parler du CNE (contrat nouvelles embauches, NDLR) puisque du désaveu du CPE découle un désaveu de la politique économique et sociale du gouvernement comme le CNE".

- Le président de la FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne) Tristan Rouquier a dit à l'Associated Press être "très satisfait". "Maintenant, on attend avec méfiance le dispositif de remplacement. On ne veut pas de CPE bis, mais d'un projet sur l'emploi des jeunes qui soit fait avec la jeunesse.
Donc, on appelle les lycéens à poursuivre la mobilisation et à décider des suites en assemblées générales tant que nous n'aurons pas eu le détail du dispositif de remplacement".

- Le premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande, dans une déclaration du siège du PS, s'est exclamé: "Enfin! Enfin le CPE est retiré! Et, au-delà des mots, c'est bien d'abrogation qu'il s'agit. C'est un recul du pouvoir. Un succès pour la jeunesse, une victoire de l'unité syndicale (...) Nous restons vigilants par rapport à la nouvelle proposition de loi, afin que les dispositions abrogées ne soient pas réintroduites de quelque manière que ce soit".
"La triste aventure du CPE est également -et je veux le dire avec gravité- un immense gâchis pour notre pays dont Jacques Chirac, Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy portent ensemble l'entière responsabilité".

- Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, regrette dans un communiqué "lenteur, la confusion et les intrigues qui ont régné au sommet de l'Etat avant d'aboutir à cette décision. Elles traduisent le délitement d'un pouvoir chiraquien qui a plongé les institutions dans une crise de régime". Avec le succès de la mobilisation anti-CPE, il y voit "pour 2007 la promesse d'une rénovation en profondeur du contrat social dans notre pays avec des partenaires sociaux forts et respectés qui peuvent nouer des compromis ambitieux avec l'exécutif sur les réformes à mener".

- La secrétaire nationale du Parti communiste Marie-George Buffet a estimé sur France-Info que cette décision "nous encourage à poursuivre tous ensemble contre toutes formes de précarité (...) Il faudra continuer à se mobiliser, se battre pour l'emploi stable".

- Le porte-parole des Verts Sergio Coronado juge dans un communiqué que "le gouvernement a plié (...) Le chômage, et en particulier celui des jeunes, mérite mieux que le mépris des partenaires sociaux, d'affrontements d'egos au sommet de l'Etat, de surdité aux mobilisations sociales".

- Le Mouvement des entreprises de France (MEDEF, principale organisation patronale) a dit souhaiter dans un communiqué "que le dépôt de la proposition de loi qui modifiera l'article 8 de la loi sur l'égalité des chances marque la fin d'une crise qui a entamé la crédibilité de notre pays".
Il "estime que les réformes nécessaires à la modernisation de notre pays sont possibles" et annonce qu'il "prendra toute sa part dans les réflexions qu'il convient d'engager sur les relations entre éducation, formation et emploi, et sur les dysfonctionnements du marché du travail".

- La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), prenant acte du retrait, dit dans un communiqué qu'elle ne peut "que regretter une occasion manquée pour les entreprises comme pour les jeunes" et qu'elle considère que "l'urgence doit être le retour à l'ordre".
Tout en se déclarant "toujours prête à dialoguer sur les sujets touchant à l'emploi", l'organisation patronale juge que "la meilleure façon de créer de l'emploi est de favoriser la croissance des TPE/PME" et que "la diminution des charges financières et l'allégement des contraintes administratives doivent rester la priorité". AP
Yahoo.fr, actualités, lundi 10 avril 2006, 13h54

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lundi 10 avril 2006, 12h55 Le retrait du CPE consacre "l'échec" du gouvernement et de l'UMP, selon l'UDF

PARIS (AP) - Le porte-parole de l'UDF François Sauvadet a estimé lundi que le retrait du contrat première embauche consacrait "l'échec" du gouvernement et de l'UMP.

"La responsabilité de Dominique de Villepin dans cette affaire est lourde. Ce qu'il faut, c'est refermer très vite cette coûteuse crise qui restera l'échec d'une méthode et du gouvernement. Mais aussi l'échec du parti unique et de la vision imposée d'en haut", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Pour M. Sauvadet, "on aurait pu éviter deux mois de crise si le Premier ministre ne s'était pas entêté comme il l'a fait et si le dialogue avait eu lieu préalablement sur l'emploi des jeunes". "On ressort enfin de cette crise, mais à quel prix, avec des institutions affaiblies, des jeunes dans la rue et une activité économique malmenée", a souligné le porte-parole de l'UDF. AP
Yahoo.fr, actualités, lundi 10 avril 2006, 12h55

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(10 avril 2006) Cinq universités toujours bloquées ou occupées, 27 perturbées

PARIS (Reuters) - Cinq universités étaient toujours fermées ou occupées et le fonctionnement de 27 autres était perturbé lundi à la mi-journée, après l'annonce du remplacement du CPE.

Les cinq établissements totalement bloqués étaient Grenoble II et III, Montpellier III, Rennes II et Toulouse II. Dans les 27 établissement perturbés, les cours ont cependant lieu, a précisé le ministère de l'Education, dans un bilan arrêté à 13h00.

Les trente autres universités n'étant pas en vacances fonctionnaient "tout-à-fait normalement", a assuré le cabinet du ministre de l'Education, Gilles de Robien
Yahoo.fr, actualités, lundi 10 avril 2006, 13h25

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(10 avril 2006) Dominique de Villepin n'a pas l'intention de "baisser les bras" malgré "l'épreuve" du CPE

Interrogé sur TF1, lundi 10 avril au soir, après l'annonce du retrait du CPE dans la matinée, Dominique de Villepin a répété sa détermination à combattre le chômage des jeunes, tout en veillant à tourner la page de la crise du CPE. "Nous avons fait un constat : que nous sommes dans une situation de blocage. Notre responsabilité était de trouver les moyens d'en sortir", a expliqué le premier ministre pour justifier le remplacement de l'article 8 de la loi sur l'égalité des chances.

Dominique de Villepin n'a pas hésité à comparer la crise du CPE au référendum sur la Constitution européenne. "Les inquiétudes ont été plus fortes que la proposition que nous avions faite. Nous avons connu la même chose dans le débat sur la Constitution européenne. La Constitution européenne était un moyen de nous apporter des réponses face à la mondialisation, face à l'évolution économique et, tout à coup, nombre de nos compatriotes ont eu le sentiment que la France allait se trouver fragilisée." De même, le CPE "est devenu le symbole de la précarisation alors qu'il allait donner des dizaines de milliers d'emplois", a-t-il estimé.

"UNE ÉPREUVE"

"Nous n'avons pas l'intention de baisser les bras face à la situation très difficile des jeunes dans notre pays", a déclaré le premier ministre. "Cette situation ne se réglera pas d'un coup de baguette magique", a-t-il dit, pour justifier la nécessité de réformes. "Faire preuve d'action, c'est la mission qui nous a été confiée", a-t-il souligné, tout en reconnaissant des erreurs de méthode. Il a d'ailleurs rappelé que la loi sur l'égalité des chances allait s'appliquer "pour l'essentiel".

Surtout, le premier ministre a du répondre aux interrogations sur la santé politique du gouvernement après la crise du CPE et sur son avenir personnel. Il a reconnu avoir traversé "une épreuve, (...) un temps extrêmement difficile", mais s'est persuadé d'en retirer "la perspective de se battre, d'en tirer de l'expérience". Il s'est également félicité de l'"unité de la majorité" – qu'il assure avoir constatée –, a assuré avoir travaillé "en totale confiance avec le président de la République", et s'est félicité de l'action de Nicolas Sarkozy pendant cette période.

Enfin, interrogé sur d'éventuelles prétentions élyséennes pour 2007, M. de Villepin a affirmé n'avoir "pas d'ambition présidentielle". "Ma seule mission", c'est de "servir comme chef du gouvernement pour apporter des réponses concrètes à nos compatriotes", a-t-il soutenu.
Avec AFP, LEMONDE.FR | 10.04.06 | 21h17 • Mis à jour le 11.04.06 | 09h48

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Après l'échec : L'éditorial de Nicolas Beytout Le Figaro 11 avril 2006, (Rubrique Opinions)

«Tout ça pour ça !»
A l'heure du bilan des trois mois de conflit que vient de traverser la France, c'est évidemment la première réaction qui vient à l'esprit. «Tout ça», c'est-à-dire la crise profonde dans laquelle s'est enfoncée notre société, les manifestations plus unies et nombreuses que jamais, et les violences toujours plus préoccupantes. «Tout ça», c'est la renaissance de la gauche, sa vigueur nouvelle et cette divine surprise d'une popularité retrouvée sans qu'elle ait eu le moindre besoin de faire la plus petite proposition. «Tout ça», c'est le front commun des syndicats, l'unité reconstituée sur une ligne dure avec des réformistes devenus jusqu'au-boutistes. «Tout ça», c'est la coupure avec une partie de la jeunesse, c'est le désappointement de l'électorat de droite, partagé entre l'envie de tenir et le besoin d'en sortir. «Tout ça», c'est le grand bond en arrière que vient de faire l'idée même de réforme, de flexibilité et d'adaptation de notre pays à la réalité du reste du monde. «Tout ça», c'est enfin un curieux imbroglio institutionnel, et un rude coup porté à l'image de la France à l'étranger. «Tout ça pour ça», pour en arriver d'abord à une suspension qui ne dit pas son nom, puis à une abrogation qui bien sûr tait le sien.

Triste bilan ?
Oui. Mais véritable expérience aussi, dont la majorité peut encore espérer tirer quelque profit.

D'abord sur la méthode : on sait désormais avec certitude que les réformes (les vraies) ne se font pas en allant seul à la bataille. Qu'il est indispensable d'avoir des alliés pour faire bouger la société. Que rien ne sert de gagner du temps sur la concertation si c'est pour tout perdre dans la contestation. Ensuite sur les objectifs de la réforme : pour être acceptée, elle doit être vécue comme juste ou, au minimum, être comprise comme nécessaire ; et même lorsqu'elle est douloureuse, elle doit donner des motifs d'espérer. Sur l'ampleur de la réforme : mal gérés, les petits sujets peuvent provoquer de grandes secousses ; autant, donc, éviter de multiplier les réformes partielles. Enfin sur le moment de la réforme : plus on se rapproche d'une échéance électorale, plus la mèche de la confrontation se consume vite ; à l'inverse, plus on profite de l'élan d'une victoire électorale, meilleures sont les chances de réussite.

La majorité a quelques petits mois devant elle pour digérer l'échec du CPE et assimiler, vaille que vaille, cette réalité. Il y a certes beaucoup à reconquérir, mais tout dans cette aventure n'aura pas été négatif : même touché par la crise, Jacques Chirac a retrouvé pleinement la fonction d'arbitre qui sied au président de la République. Quant à Nicolas Sarkozy, le président de l'UMP et probable futur candidat à l'élection présidentielle, il peut revendiquer d'avoir vu le premier l'impasse dans laquelle le gouvernement s'engouffrait, et d'avoir trouvé le chemin de la sortie de crise. Cela ne signifie pas que la fin de l'histoire est écrite, ni que la concurrence à droite ne repartira pas de plus belle, mais au moins la situation politique est-elle aujourd'hui plus claire.
lefigaro.fr, 11 avril 2006

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Mardi 11 avril 2006 Nouvelle journée d'actions des jeunes contre le CPE

Etudiants et lycéens tentent d'occuper encore le terrain de la contestation mardi, journée d'actions nationale pour manifester leur "vigilance" sur le CPE, alors que l'examen du texte le remplaçant commence au Parlement à 21H30, et pour élargir leurs revendications.
Au lendemain de l'annonce de l'abandon du CPE, l'importance de la mobilisation sera une indication déterminante quant à la capacité des jeunes à poursuivre le mouvement sur d'autres terrains comme la loi sur l'Egalité des chances ou le CNE (contrat nouvelles embauches).
Mais il s'agit aussi pour les syndicats étudiants et lycéens (Unef, UNL et Fidl) d'afficher leur "vigilance" jusqu'au vote du texte remplaçant le contrat honni par un nouveau dispositif pour l'emploi des peu qualifiés. Ce nouveau texte a d'ailleurs été adopté en commission dès mardi matin à l'Assemblée nationale.

Alors que les commentaires politiques sur la nouvelle fragilité du duo exécutif Chirac-Villepin allaient bon train, de petites manifestations ont réuni dans la matinée quelques centaines de jeunes à Marseille (600), Saint-Etienne (entre 600 et 1.000), Roanne (800 à 1.000) ou encore à Rennes (500) ou Caen (1.100).
Les cortèges réclamaient soit l'abrogation de la loi sur l'Egalité des chances, soit celle du CNE, soit les deux. D'autres défilés sont prévus dans l'après-midi, notamment à Toulouse, Lyon, Dijon, Nancy et Paris.
C'est sur le terrain des actions coup-de-poing que les jeunes mobilisés ont été les plus présents dès potron-minet. A Nantes par exemple, 150 manifestants ont brièvement envahi dès 07H15 le tarmac de l'aéroport de la ville, pendant que d'autres bloquaient l'entrée d'un dépôt de camion-poubelle, occupé par environ 200 salariés. Peu avant 05H30, deux groupes d'une centaine d'étudiants toulousains ont empêché la sortie des bus dans deux dépôts.

Dans le Nord, des manifestants ont distribué des tracts sur la zone industrielle de Seclin, provoquant jusqu'à 3 km de bouchons sur l'A1, tandis qu'ils étaient plusieurs dizaines sur les voies ferrées à Coudekerque-Branche, près de Dunkerque, entraînant des retards pour 14 TER et 2 TGV. Un barrage filtrant a également été organisé à l'entrée ouest de Rouen.

Parallèlement à ces actions, les déblocages d'université, par lesquels la mobilisation a commencé, restent le principal critère d'un éventuel affaiblissement du mouvement. De ce point de vue, la reprise des cours à Rennes II, première à entamer le 7 février un mouvement de blocage qui l'a depuis totalement paralysée, apparaît emblématique d'un tournant.

Malgré l'abandon du CPE, les assemblées générales ont en effet été très tendues lundi et mardi et le résultat des votes parfois très serré. Deux catégories d'étudiants s'opposent clairement: les partisans d'utiliser un rapport de force favorable pour obtenir plus du gouvernement, et ceux qui, estimant leur mission remplie, souhaitent se concentrer désormais sur des examens de plus en plus proches.

Au final, la moitié des universités qui fonctionnent (62 ne sont pas en vacances), connaissent encore des perturbations mardi, selon le ministère de l'Education nationale. Les actions de blocage ont notamment été reconduites à Nancy II, au Havre (jusqu'au 2 mai), à Tours, ou encore à Toulouse II, Limoges, Rouen ou Lille I. D'autres universités comme Aix-Marseille II et III, Lyon II ou Saint-Etienne, mais aussi Angers ou Rennes I ne sont en revanche plus bloquées.
Du côté des lycées, la situation redevenait presque normale, quelques établissements seulement restant ponctuellement bloqués ou fermés.
wanadoo.fr, actualité, Mardi 11 avril 2006

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jeudi 13 avril 2006, 13h17 Blocage et tensions sur le campus de Rennes II

RENNES (Reuters) - Le président de l'université Rennes II, Marc Gontard, a décidé de fermer jusqu'à mardi prochain le campus de Villejean, bastion anti-CPE, où s'opposent étudiants grévistes et partisans de la reprise des cours.

"Le conflit menaçant entre les deux groupes (...) m'a fait prendre conscience qu'on allait vers un affrontement qui pouvait être extrêmement violent et donc j'ai décidé de fermer l'université pour qu'on vide le campus", a déclaré Marc Gontard sur Europe 1.
Sans totalement l'exclure, il "n'envisage pas encore" un recours aux forces de l'ordre pour faire débloquer les salles.

Il a annoncé son intention de rencontrer les manifestants dans la journée "pour tirer les conséquences de ce qui s'est passé ce matin et leur demander de décider eux-mêmes que la reprise des cours ait lieu mardi prochain".

"Je vais voir s'il y a un espace de discussion", a-t-il souligné.

Après l'annonce lundi du remplacement du contrat première embauche par un dispositif centré sur les jeunes les plus en difficulté, les étudiants de Rennes II avaient voté (à bulletins secrets) en faveur du déblocage de l'université, occupée depuis début février.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des étudiants grévistes se sont introduits par effraction dans les locaux pour en bloquer les accès.
Il y aurait entre 200 et 300 personnes à l'intérieur des bâtiments où des portes ont été arrachées et des salles saccagées, a dit Marc Gontard.

Une assemblée générale s'est tenue mercredi sur le campus afin que les 7.000 étudiants se prononcent à nouveau sur le blocage à main levée.

Selon le comité de grève, une majorité se serait dégagée en faveur d'une reprise du blocage mais pour le président de l'université l'assemblée générale était "un scandale pur et simple".

Des éléments extérieurs à l'université y ont participé dans la confusion la plus totale, ce qui a conduit à un "vote illégitime", a-t-il dénoncé sur Europe 1.

Selon le bilan du ministère de l'Education nationale, seules deux universités étaient toujours bloquées mercredi, Montpellier III et Toulouse II. Quatorze campus - sur les 62 qui ne sont pas en vacances actuellement - étaient partiellement perturbés.
Yahoo.fr, actualités,

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(20 avril 2006) L'ensemble des dégradations s'élèverait à plus de deux millions d'euros (notedt : sans compter la Sorbonne)..
L'Etat somme les universités de payer

Comment payer les dégâts occasionnés par plusieurs semaines d'occupation par les étudiants hostiles au contrat première embauche (CPE) ?
La question se pose avec de plus en plus d'acuité pour les présidents d'université qui sont confrontés au désengagement de l'Etat. «Je pense que les universités peuvent vraiment supporter ce coût-là et nous, continuer notre programme de formation des jeunes», a affirmé hier le ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien.

Pourtant la note est lourde.
Plus de deux millions d'euros, selon Yannick Vallée, premier vice-président de la Conférence des présidents d'université (CPU), «sans compter la Sorbonne qui, à elle seule, devrait totaliser un coût de réparation et de nettoyage de 500 000 à un million d'euros».

Plus d'une quinzaine d'universités ont été gravement touchées.
A Grenoble, les réparations pourraient s'élever à 300 000 euros après des dégradations sur du matériel vidéo. A Rennes-II, «l'estimation grossière» est au minimum de 100 000 euros , selon Philippe Guy, le secrétaire général, dont 60 000 euros seront imputables au budget de l'université.
L'université du Mirail à Toulouse, où les occupants ont laissé des amphis repeints à coups de tags, des toilettes dévastées et «des salissures un peu partout», selon son président Rémy Pech, le devis oscille entre 100 000 et 200 000 euros. «J'invite Thierry Breton (ministre des Finances) à examiner les budgets des universités françaises qui sont de plus en plus tendus», a lancé Yannick Vallée.
Choqué par l'aspect «punition» des déclarations gouvernementales, il a rappelé que «les universités, dans le CPE, n'y pouvaient pas grand-chose». Même constatation du côté de Richard Lioger, président de l'université de Metz, qui déplore près de 100 000 euros de dégâts : «La position du gouvernement est un peu injuste. Après une lutte aussi importante, il est important que l'Etat se montre, au moins symboliquement, solidaire.»

Si l'Etat déclare forfait, les universités devront trouver des réponses au financement des coûts. Seule la Sorbonne, assurée, se fera rembourser les réparations. D'autres, comme à Toulouse, envisagent de lancer des emprunts. Mais toutes se préparent à se serrer la ceinture.
Libération, par Prune PERROMAT, QUOTIDIEN : jeudi 20 avril 2006, p. 14

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lundi 24 avril 2006, 22h22 Les étudiants anti-CPE évacués par la police de la Sorbonne

PARIS (Reuters) - Les forces de l'ordre ont évacué lundi soir, dans le calme, une centaine d'étudiants anti-CPE qui occupaient depuis plusieurs heures des locaux de l'université de la Sorbonne, apprend-on auprès de la préfecture.
En fin d'après-midi, deux cents étudiants avaient envahi un amphithéâtre et la cour d'honneur de l'université où les cours avaient repris normalement dans la matinée.

La préfecture de police de Paris a fait état de "dégradations dans les étages" au niveau du mobilier et du matériel informatique après leur évacuation.
Aucune interpellation n'a eu lieu, a-t-on ajouté.
Yahoo.fr, actualités, lundi 24 avril 2006, 22h22

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Dépêches de l'Education du Mardi 25 avril 2006 Congrès CGT: les leaders étudiants appellent à poursuivre le combat commun

Les leaders des syndicats lycéens et étudiants, vedettes de la deuxième journée du 48e congrès de la CGT à Lille, ont appelé mardi à poursuivre le combat commun sur de nouvelles revendications après la victoire sur le CPE.

"Le syndicalisme sort renforcé" de la victoire sur le CPE, mais "tout reste à faire", a déclaré à la tribune le président de l'Unef Bruno Julliard, appelant les syndicats de salariés à "ouvrir leurs portes" et "faire de la place aux jeunes".
Les leaders des organisations lycéennes, Karl Stoeckel (UNL) et Tristan Rouquier (Fidl), invités à revenir sur les douze semaines de lutte contre le contrat première embauche (CPE) ont, comme Bruno Julliard, été longuement ovationnés par les congressistes, debout, aux cris de "Tous ensemble, tous ensemble !".

Les trois jeunes présidents ont rendu un hommage appuyé au soutien apporté sur le terrain par la CGT lors du conflit. "Sans votre aide dans tous les départements, la mobilisation n'aurait pas eu la même force", a souligné M. Stoeckel.
Le conflit a "mis en lumière l'intérêt de tous à parvenir à l'unité" et "c'est cette unité intergénérationnelle qui a permis de faire plier le gouvernement", a déclaré M. Rouquier.
"Je souhaite que cette proximité persiste", a souhaité M. Julliard, tout sourire. Il a proposé la création d'une "force de proposition commune", estimant que syndicats et jeunes pouvaient "défendre ensemble des revendications communes". "Ensemble, continuons les autres batailles !", a-t-il lancé.
"Le CPE n'est pas une fin en soi, mais le point de départ vers d'autres victoires", car "l'aventure du CPE" doit se poursuivre, a renchéri M. Stoeckel, appelant, sous les vivats, à poursuivre la lutte pour obtenir "l'abrogation pure et simple" du contrat nouvelles embauches (CNE).

Les trois leaders ont conclu leur intervention en saluant les congressistes, main dans la main avec le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault et la secrétaire confédérale en charge du CPE, Maryse Dumas.
Dépêches de l'Education du Mardi 25 avril 2006

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vendredi 28 avril 2006 (Reuters - 18:54) Un contrat en CNE jugé contraire au droit international

PARIS - Le conseil des prud'hommes de Longjumeau (Essonne) a jugé un "contrat nouvelles embauches" (CNE) contraire au droit international et l'a requalifié en contrat à durée indéterminée.
La décision, rendue publique vendredi par la CGT, constitue une première car elle concerne la nature même du CNE. Elle pourrait faire tache d'huile, plusieurs dizaines d'ex-salariés en CNE ayant saisi les prud'hommes pour des licenciements qu'ils estiment abusifs.

La centrale syndicale considère qu'il s'agit d'un "point d'appui très important" pour l'action qu'elle va mener afin d'obtenir le retrait du CNE, qui servit de modèle au contrat première embauche (CPE) retiré le 10 avril sous la pression de la rue.

Cette affaire "confirme ce que nous disons depuis le début, le CNE est en infraction à l'une des conventions internationales du droit du travail", a commenté le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, qui clôturait le 48e congrès de la confédération, à Lille.
Il a espéré que ce cas ferait jurisprudence et que d'autres conseils des prud'hommes s'en inspireraient.

Selon la CGT, le dossier de Longjumeau concernait une secrétaire embauchée pour six mois en contrat à durée déterminée en juillet 2005 puis, à l'issue de ce CDD, embauchée en CNE en janvier 2006 avant d'être licenciée au bout d'un mois.

Les prud'hommes ont estimé que l'ordonnance gouvernementale d'août 2005 instituant le CNE était "contraire à la Convention 158 de l'OIT" (Organisation internationale du travail).
Cette convention stipule qu'un salarié ne peut être licencié "sans qu'il existe un motif valable de licenciement" et "avant qu'on lui ait offert la possibilité de se défendre". Elle prévoit des dérogations pour les salariés en période d'essai mais à la condition que celle-ci soit d'une durée "raisonnable".

Les prud'hommes de Longjumeau ont estimé que la période d'essai de deux ans des CNE était, "quel que soit le poste occupé, déraisonnable au regard du droit et des traditions".

La décision des prud'hommes de Longjumeau contredit celle du Conseil d'Etat qui, le 19 octobre, avait notamment estimé "raisonnable" la période d'essai de deux ans.

Le CNE permet aux entreprises de moins de 20 salariés de licencier sans motiver leur décision pendant une période de deux ans, avec un préavis et une indemnité moindres que pour des CDD.
Yahoo.fr, actualités, vendredi 28 avril 2006 (Reuters - 18:54)

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samedi 29 avril 2006, 14h28 Clearstream: la question de la démission de Villepin est posée

PARIS (Reuters) - La question de la démission de Dominique de Villepin est posée samedi en raison de l'affaire Clearstream, tandis que les proches du Premier ministre mettent en avant une tentative de déstabilisation.

L'audition de Dominique de Villepin par les juges d'instruction chargés du dossier paraît inévitable, écrit samedi Le Monde, en affirmant que "sa défense (...) comporte plusieurs points faibles".
"Compte tenu des nombreuses contradictions apparues entre les affirmations du Premier ministre et la déposition du général Rondot, l'audition de M. de Villepin par les juges (Jean-Marie) d'Huy et (Henri) Pons paraît inéluctable", ajoute le quotidien.

Le Parisien, citant des sources judiciaires, ajoute même que le parquet de Paris a envisagé "la possibilité par les deux magistrats d'une perquisition à Matignon, dans le bureau de Dominique de Villepin".

"Le scénario du départ forcé n'est donc plus du tout exclu par Matignon. Même si M. de Villepin, qui dénonce une manipulation à son encontre, a choisi de n'exclure aucune arme pour sa défense", selon Le Monde.
"Villepin doit se démettre pour éviter à la France le ridicule d'une République bananière", affirme pour sa part Libération.

Dans ce contexte, le député socialiste Henri Emmanuelli en a appelé a Jacques Chirac, lui demandant "d'agir très rapidement".
"Le chef de l'Etat, s'il a d'autres solutions, qu'il les utilise", a déclaré le député des Landes, sur France Info, en faisant allusion au départ de Dominique de Villepin.
"Mais, moi, je crois qu'en tout cas mardi ce sera très difficile" pour le Premier ministre face aux députés lors de la séance des questions d'actualité à l'Assemblée nationale.

Dans une interview au Figaro, le Premier ministre se borne à déclarer qu'il ne voit pas la "nécessité" d'un remaniement gouvernemental, estimant que chercher des "boucs émissaires" n'est pas "une bonne solution".

ENQUÊTE PARLEMENTAIRE

Proche de Dominique de Villepin, le député UMP Georges Tron, s'est quant à lui efforcé de contre-attaquer en faisant valoir que l'affaire Clearstream n'était pas une affaire d'Etat mais une tentative de déstabilisation du chef du gouvernement.
"On est dans une affaire dont les interlocuteurs sont des gens qui, effectivement, sont en responsabilité de l'Etat. Reste qu'il y a une imbrication évidente entre ce qui relève de la défense des intérêts de l'Etat et ce qui relève de l'exploitation politique, pour ne pas dire politicienne, que certains essayent d'en faire", a affirmé le député de l'Essonne sur France Info.
"Je crois que tous ceux qui, aujourd'hui, cherchent d'une façon ou d'une autre à affaiblir le Premier ministre y ont intérêt", a-t-il ajouté.
"Je le dis sans aucune forme d'ambiguïté, la position de Dominique de Villepin est une position d'autant plus exposée qu'après la crise du CPE certains se disent que c'est peut-être le moment ou jamais de tenter de pousser un avantage", a remarqué Georges Tron.

L'opposition a l'intention, à la reprise des travaux au Palais-Bourbon, mardi, de demander une commission d'enquête parlementaire sur des "dysfonctionnements" de l'Etat et sur l'utilisation des services secrets.
"Il faut faire la lumière parce que ce climat délétère, je ne vois pas comment il pourrait durer jusqu'à l'élection présidentielle", a commenté le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault.
"Si une commission d'enquête parlementaire ne peut être formée sur des faits donnant lieu à une information judiciaire, elle peut être créée sur les dysfonctionnements de ces services et sur leur utilisation, voire leur instrumentalisation, à des fins partisanes", a renchéri le député Roger-Gérard Schwartzenberg, président d'honneur du Parti radical de gauche.
Le Premier ministre, a-t-il ajouté dans un communiqué, "serait bien inspiré" de demander au conseil des ministres, mercredi prochain, de l'autoriser à être entendu par les magistrats qui instruisent l'affaire Clearstream.
"Personne ne comprendrait que le Premier ministre reste inerte alors qu'il est soupçonné - à tort ou à raison - d'avoir utilisé les services de renseignement de l'Etat dans un but personnel lié à la préparation de l'élection présidentielle de 2007", a fait valoir le député du Val-de-Marne.
Yahoo.fr, actualités, samedi 29 avril 2006, 14h28

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(30 avril 2006) France/Clearstream: le général Rondot dément avoir mis en cause Dominique de Villepin XINHUA 2006-04-30 09:35:17

PARIS, 29 avril (XINHUA) -- Philippe Rondot, ancien conseiller pour les affaires de renseignement au ministère français de la Défense, a démenti samedi les affirmation du journal Le Monde selon lesquelles il aurait reçu l'ordre de l'actuel Premier ministre Dominique de Villepin d'enquêter sur Nicolas Sarcozy, aujourd'hui ministre de l'Intérieur, dans l'affaire Clearstream.

Le général à la retraite s'est déclaré au quotidien Le Figaro " scandalisé" par "l'utilisation biaisée" d'éléments tirés de la procédure judiciaire.

"Je suis instrumentalisé dans cette affaire (...) Jamais Dominique de Villepin ne m'a ordonné de prendre pour cible Nicolas Sarkozy", a transmis son entourage à France 3.

Un "corbeau" avait accusé des personnalités politiques françaises, dont Nicolas Sarkozy, d'avoir des comptes occultes à l'étranger via la société financière luxembourgeoise Clearstream. Une enquête de la DST a prouvé qu'il s'agissait d'une manipulation, selon des reportages. Une enquête judiciaire a par ailleurs été ouverte pour "dénonciation calomnieuse" à l'encontre du corbeau mystérieux.

L'affaire Cleastream a rebondi vendredi avec un reportage du Monde qui affirme, faisant référence à un procès-verbal lors d'une audition du général Rondot par des juges le 28 mars, que le général aurait indiqué aux juges avoir été "convoqué" le 9 janvier 2004 au quai d'Orsay par Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, pour enquêter sur cette affaire, et que "le nom de M. Sarkozy a été évoqué" lors de la réunion.

Dans un communiqué publié vendredi, Dominique de Villepin a affirmé avoir demandé "le 9 janvier 2004" au général Rondot de " tenter de vérifier la crédibilité des rumeurs relatives à l'existence de réseaux mafieux internationaux et d'intermédiaires pouvant nuire à notre sécurité nationale ou à nos intérêts".

"Il ne s'agissait en aucun cas de s'intéresser à des personnes mais bien à des réseaux et à des intermédiaires. Nous n'avons jamais parlé de Nicolas Sarkozy comme possible bénéficiaire de compte bancaire à l'étranger: je suis formel sur ce point", a assuré le Premier ministre. Fin
http://www.french.xinhuanet.com/french/2006-04/30/content_247645.htm

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lundi 1 mai 2006, 16h33 Mobilisation modeste pour le 1er mai, avec précarité et CNE en ligne de mire

PARIS (AFP) - Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté lundi en France pour un 1er mai sans éclat, centré sur la dénonciation de la précarité et du CNE, mais dans une dispersion des forces syndicales, moins d'un mois après leur victoire commune contre le CPE.

Environ 60.000 personnes selon les organisateurs, 35.000 selon la police avaient manifesté à 15H00 dans une centaine de villes de province.

L'année dernière, les manifestations avaient rassemblé au total entre 50.000 et 100.000 personnes.

Plusieurs facteurs semblent expliquer cette petite cuvée du 1er mai 2006: l'absence d'appel national commun des grandes confédérations, un problème de calendrier - vacances scolaires dans plusieurs régions et week-end prolongé -, le mauvais temps au nord et surtout, selon les syndicats, un besoin de souffler après deux mois de manifestations anti-CPE.

A Paris, plusieurs milliers de manifestants ont commencé à 15H00 à défiler entre la place de la République et la Nation, à l'appel de sept syndicats: CGT, Unsa, Solidaires, FSU, Unef (étudiants), Fidl et UNL (lycéens), derrière une banderole proclamant: "pouvoir d'achat, salaires, emploi. Sécurisons vraiment les parcours professionnels".

Toujours dans la capitale, FO avait organisé un rassemblement d'une centaine de militants au Mur des fédérés, dans le cimetière du Père Lachaise.

"Des 1er mai unitaires, il y en a eu très rarement dans l'histoire", a souligné sur France Inter Jean-Claude Mailly qui a manifesté à Rennes.

La CFTC a défilé de son côté lundi matin à Paris entre République et Anvers, au pied de Montmartre, un cortège réunissant environ 4.000 personnes.

Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, qui a participé dimanche à une fête du travail en Franche-Comté, a déclaré "ne pas vouloir rentrer dans une béatitude de l'unité syndicale", alors qu'il a choisi de ne participer à aucun défilé.

Bernard Thibault pour la CGT a parlé d'une "mobilisation à géométrie variable comme chaque année", tandis que Gérard Aschieri (FSU) a admis que les cortèges étaient constitués "essentiellement de militants".

Alain Olive (Unsa) a fait part de sa "déception" de voir que l'unité syndicale n'était pas au rendez-vous, déplorant le retour des "postures traditionnelles d'appareil".

Dans la plupart des villes de province pourtant, les cortèges ont été unitaires, souvent, il est vrai, sans FO, regroupant entre 4.200 à 8.000 personnes à Marseille, 2 à 3.000 à Toulouse, 2 à 4.500 à Bordeaux, 3 à 5.000 à Lyon.

Dans les cortèges, de nombreux manifestants ont célébré la victoire, encore fraîche, contre le CPE, réclamant le retrait de son "grand frère", le CNE.

"C'est aussi la fête de la victoire du CPE et c'est l'occasion de mener de nouvelles batailles: le retrait du CNE doit être une priorité pour le mouvement social", a ainsi estimé le leader de l'Unef, Bruno Julliard.

Karl Stoeckel, président de l'UNL (lycéens) a également demandé "la suppression du CNE et le refus de la logique de précarisation de tous les jeunes".

"Je suis persuadé qu'on aura la peau, à terme, du CNE", a lancé M. Mailly, reprenant les termes utilisés par M. Thibault qui a appelé dans la manifestation à "continuer le combat contre le CNE".

En marge des défilés syndicaux, les précaires (stagiaires, chômeurs, sans-papiers, intermittents, etc.) ont été appelés à leur propre manifestation, à 18H00 à Paris (place Blanche-République), par le collectif "Euromayday".

A Limoges, ce collectif a mobilisé 2.000 personnes pour une "précaire pride", qui s'est jointe ensuite à la manifestation syndicale.
Yahoo.fr, actualités, lundi 1 mai 2006, 16h33

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samedi 6 mai 2006, 15h41 Jacques Chirac garde confiance en Dominique de Villepin

PARIS (Reuters) - Jacques Chirac fait une confiance "pleine et entière" au Premier ministre et il n'est "pas question" de le remplacer, a déclaré samedi l'entourage du chef de l'Etat français en réponse aux rumeurs de remaniement sur fond d'affaire Clearstream.

"Il n'est pas question de remaniement. Pour le président, les choses sont claires : il fait une confiance pleine et entière à Dominique de Villepin et à son gouvernement pour conduire la mission qu'il lui a confiée au service des Françaises et des Français", a déclaré un proche du président de la République interrogé par Reuters.

Dans son édition parue samedi, le journal Le Monde, citant "un chiraquien", écrit que Jacques Chirac a évoqué avec Nicolas Sarkozy la possibilité de le nommer à Matignon et lui aurait demandé d'y "réfléchir".
Selon le quotidien, les deux hommes en ont parlé lors de leur entretien de vendredi au palais de l'Elysée, officiellement qualifié de "rendez-vous hebdomadaire du chef de l'Etat avec le ministre de l'Intérieur".

Samedi matin, Dominique de Villepin a lui aussi reçu Nicolas Sarkozy pendant plus d'une heure à Matignon. "Tous les sujets ont été évoqués", ont rapporté les services du Premier ministre, laissant entendre que le dossier Clearstream avait été abordé.

L'affaire des faux listings de la compagnie luxembourgeoise Clearstream et les soupçons sur une éventuelle participation de Dominique de Villepin à une manipulation dont Nicolas Sarkozy aurait été l'objet a attisé la rivalité entre le chef du gouvernement et son ministre de l'Intérieur.

"ON NE L'ENTEND PAS"

Sarkozy, qui se dit victime d'une machination visant à nuire à sa probable candidature à l'élection présidentielle de 2007, s'est porté partie civile le 31 janvier pour "dénonciation calomnieuse".

La ministre de la Défense s'estime également visée. Michèle Alliot-Marie a déclaré jeudi soir sur France 2 avoir été la "cible" de l'affaire Clearstream à travers son conjoint, le député UMP Patrick Ollier, qui entend se porter partie civile.

Nicolas Sarkozy pourrait être entendu la semaine prochaine par le juge Jean-Marie d'Huy.

Selon une source judiciaire, le parquet de Paris s'attend à l'audition d'autres protagonistes du dossier dont, le cas échéant, celle de Dominique de Villepin, qui s'est dit disposé à "apporter son concours" à la justice.

Toute la semaine, le Premier ministre s'est longuement et fermement défendu de toute manipulation de sa part.

Alors que le Parti socialiste réclame le départ pur et simple de l'ensemble du gouvernement, de nombreuses voix se sont élevées, y compris à droite, pour demander à Jacques Chirac de s'exprimer.

"On ne l'entend pas", a déploré le député UMP du Maine-et-Loire Hervé de Charette, tandis que le député UMP de l'Essonne Nicolas Dupont-Aignan fustigeait un chef de l'Etat "sourd et aveugle" et "soumis à l'esprit de cour".

Dénonçant des "feuilletons médiatiques" qui "ne sauraient rythmer l'action gouvernementale", l'Elysée a publié à deux reprises, les 28 mars et 3 mai, des communiqués dans lesquels le chef de l'Etat dément catégoriquement avoir demandé la moindre enquête visant des personnalités politiques.

Lors de sa conférence de presse mensuelle jeudi, Dominique de Villepin a affirmé que Jacques Chirac n'avait eu "à aucun moment à donner d'instruction s'agissant de l'enquête menée par le général Philippe Rondot.

La publication, le 4 mai dans Le Monde, de longs extraits de la déposition de ce général devant les juges le 28 mars est à l'origine de la montée en puissance de l'affaire.

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mercredi 24 mai 2006, 11h11 Client de la Sogerma, l'Etat a délocalisé la maintenance de ses avions au Portugal, dénonce François Chérèque

PARIS (AP) - "Le Premier ministre (Dominique de Villepin) a oublié de présenter les responsabilités qui sont les siennes" dans la situation de la Sogerma, a accusé mercredi le secrétaire général de la CFDT François Chérèque: ancien client, la France s'est "désengagée" et a confié la maintenance de ses avions militaires à une entreprise portugaise, a-t-il affirmé.

"L'Etat s'est désengagé en tant que client", a affirmé François Chérèque sur Europe-1. Pour lui, "l'Etat vient d'organiser une délocalisation réelle qui supprime 1.000 emplois (...) et maintenant l'Etat va devoir investir dans la réindustrialisation du site et ça va coûter au final plus cher que cette délocalisation".

"Pourquoi le gouvernement français a décidé de faire la maintenance de ses avions militaires au Portugal?", s'est interrogé le syndicaliste, pour qui il existe "une responsabilité sociale de l'Etat en particulier vis-à-vis de ses clients".

François Chérèque a par ailleurs dénoncé le gouvernement qui "était au courant" du projet de fermeture de l'usine Sogerma en tant qu'actionnaire d'EADS et qui "fait comme si il découvrait le problème". Sur ce point "le Premier ministre nous ment", a-t-il dénoncé.

EADS a décidé de fermer sa filiale Sogerma à Mérignac (Gironde) et ne devrait conserver que 300 des quelque 1.000 emplois du site. Au-delà de ces suppressions de postes, "ce sont 4.000 à 5.000 emplois qui sont en jeu" chez les sous-traitants de l'entreprise, a alerté François Chérèque. AP
Yahoo.fr, actualités, mercredi 24 mai 2006, 11h11

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mercredi 24 mai 2006, 18h26 Cour de cassation : Clearstream: le transfert de l'enquête sur la presse rejetée

PARIS (Reuters) - La Cour de cassation a refusé de transférer à une autre juridiction l'information judiciaire pour "violation du secret de l'instruction" ouverte à Paris le 12 mai en marge de l'affaire Clearstream.
La plus haute juridiction française a ainsi rejeté une demande du procureur général de Paris Yves Bot, qui invoquait des motifs de "bonne administration de la justice".

Les juges initialement désignés, Françoise Desset et Thomas Casuto, ont leur bureau au pôle financier du tribunal de Paris, comme les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, chargés du dossier Clearstream.
Pour le procureur, cette proximité posait problème.

Cette procédure contre "X", ouverte sur instructions du ministre de la Justice, Pascal Clément, vise 18 articles de presse parus entre le 14 avril et le 12 mai, principalement dans le journal Le Monde.

Le directeur du Monde, Jean-Marie Colombani, a protesté en "une" du journal le 14 mai en dénonçant ce qui constitue à ses yeux une tentative "d'intimider" ses journalistes dans leurs enquêtes sur l'affaire Clearstream.

En publiant de nombreux documents issus de la procédure sur Clearstream (procès-verbaux d'interrogatoires et notes du général Philippe Rondot, notamment), les organes de presse ont relancé le débat sur le secret de l'instruction.

Les journalistes ne sont pas tenus à ce secret qui ne lie que les parties qui "concourent à la procédure", c'est-à-dire juges, greffiers et enquêteurs.
La presse ne peut se voir reprocher qu'un "recel de violation du secret", si sa source peut être identifiée.
Yahoo.fr, actualités, mercredi 24 mai 2006, 18h26

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dimanche 11 juin 2006, 13h24 Rigueur affichée pour le dernier budget du quinquennat

PARIS (Reuters) - Le gouvernement dévoile cette semaine les grandes lignes du projet de budget 2007 et devrait confirmer la rigueur affichée par le Premier ministre Dominique de Villepin, malgré l'élection présidentielle au printemps.

Les lettres plafonds fixant les dépenses des ministères devraient partir ce lundi après un week-end d'ultimes ajustements et avant la présentation, mardi, à la commission des finances de l'Assemblée nationale, du rapport qui servira de base au débat d'orientation budgétaire prévu le 22 juin devant les députés.

Elles confirmeront l'objectif fixé par Dominique de Villepin d'une baisse des dépenses de l'Etat d'un point en volume, soit une progression inférieure d'un point à l'inflation.

"La question est de savoir comment on arrivera à respecter une progression limitée à 0,8%", commente le président UMP de la commission des finances de l'Assemblée, Pierre Méhaignerie.

Le ministre délégué au Budget, Jean-François Copé, mise essentiellement sur les gains de productivité dégagés grâce à la centaine d'audits lancés depuis l'automne dans les ministères.

Cela se traduira notamment par des suppressions de postes par non renouvellement de départs à la retraite - "10.000 et peut-être un peu plus, si les choses se passent bien", dit-on dans l'entourage du ministre de l'Economie Thierry Breton.

"Le gouvernement s'était fixé un objectif d'environ 10.000" suppressions de postes dans la fonction publique d'Etat en 2007 - deux fois plus qu'en 2006 - confirme Pierre Méhaignerie, pour qui ce doit cependant être un minimum.

Il estime que ce chiffre devrait se situer entre 10.000 et 15.000 et plaide pour que les effectifs de l'Etat et des collectivités territoriales soient pris en compte globalement.

"Il faudrait au moins une stabilisation des effectifs globaux", a-t-il dit à Reuters. "Or, cette année, il y a 25.000 à 30.000 créations d'emplois dans les collectivités."

En période pré-électorale, le sujet est délicat et des parlementaires UMP invitent le Premier ministre à la prudence.

"Le chiffre de 10.000 permet de montrer que la réforme de l'Etat n'est pas du baratin, sans brusquer les choses", souligne pour sa part le député UMP Hervé Mariton.

ENTRE VOLONTARISME ET PRUDENCE

En matière de déficit public, Matignon et Bercy entendent rester "dans la logique du programme de stabilité" notifié en début d'année à la Commission européenne et "il n'est pas question de relâcher l'effort", précise-t-on à Bercy.

Avec l'hypothèse d'une croissance de 2,25% du PIB, qui devrait être le scénario retenu, le gouvernement prévoyait dans ce programme triennal de ramener le déficit public à 2,6% du PIB en 2007, après 3% en 2005 et 2,9% en 2006.

Compte tenu de résultats meilleurs en 2005 (déficit public à 2,9% du PIB au lieu de 3%), d'un objectif également révisé de 0,1 point pour 2006 (2,8%) et de rentrées fiscales dynamiques (un à trois milliards d'euros de mieux que prévu cette année, selon Jean-François Copé), le gouvernement pourrait cependant afficher une cible un peu plus ambitieuse pour 2007.

Là encore, Matignon a dû arbitrer entre le volontarisme et la prudence recommandée par des parlementaires de la majorité.

Pour ces derniers, sans la soulte versée en 2005 par les industries électriques et gazières en contrepartie de la prise en charge de leur régime de retraites et avec les ponctions supplémentaires déjà programmées sur les recettes, il serait plus raisonnable d'envisager une stabilisation à 2,8% du PIB.

Mais, "à 2,8%, la dette publique continue d'augmenter", répond-on à Bercy. "Il faut absolument arriver le plus vite possible au solde stabilisateur, c'est-à-dire 2,5% avec une croissance du PIB de 2,25%."

D'autant que le Premier ministre doit annoncer le 22 juin à l'Assemblée un "objectif national" de désendettement compatible avec celui d'un retour de la dette publique sous 60% du PIB en 2010, au lieu de 66,6% fin 2005 (voir ).

Reste à savoir le sort de ce dernier budget du quinquennat, dont le sénateur UMP Alain Lambert estime "qu'il a assez peu de chances d'être exécuté", alors que le député socialiste Didier Migaud affirme s'attendre à "un budget virtuel".

Lors de sa dernière conférence de presse mensuelle, le 1er juin, Dominique de Villepin s'est attaché à démentir par avance ces pronostics. "Les socialistes, s'ils arrivaient au pouvoir en 2007, auraient l'immense satisfaction de trouver (...) une gestion financière extrêmement rigoureuse", a-t-il dit.
Yahoo.fr, actualités, dimanche 11 juin 2006, 13h24

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Paru le : 14/06/2006 Tollé syndical contre les réductions de postes

La suppression de 8 500 postes de fonctionnaires annoncée par Matignon a provoqué, hier, la colère des syndicats. Soutenus par la gauche, ils promettent une rentrée musclée. Le gouvernement s'explique.

«SAIGNÉE », « massacre », « démolition de l'école publique »... L'annonce, avant-hier par Matignon, de supprimer 15 000 postes dans la fonction publique, dont la moitié à l'Education nationale (8 500 exactement), a déclenché l'ire des syndicats.

Ces réductions d'effectifs vont avoir des « conséquences dramatiques », a averti Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, premier syndicat d'enseignants, pour qui « l'avenir des jeunes est sacrifié. » De son côté, FO fait valoir que « c'est le contraire de ce dont la jeunesse a besoin ». Même son de cloche à la Sgen-CFDT. Celle-ci condamne l'irresponsabilité du gouvernement et du ministère de l'Education, qui après ça, « ont l'outrecuidance de parler de priorité de l'éducation, de vouloir tout mettre en oeuvre pour lutter contre l'échec scolaire ».

Une riposte

Le gouvernement, lui, joue la carte de la pédagogie. « Il n'y a pas eu de passe-droit, pas de privilégiés, expliquait encore, hier, Jean-François Copé, ministre du Budget. Tous les ministères ont contribué à l'effort. » Sous-entendu, l'enseignement aussi. Ce que Gilles de Robien, ministre de l'Education, a tenté d'expliquer à son petit monde.

En vain, les syndicats, d'ores et déjà, affirmant réfléchir à une éventuelle riposte à la rentrée, Coupe du monde et proximité des vacances obligent. Ce qui promet. On s'en souvient, jusqu'ici, seul Claude Allègre a osé se frotter ainsi au « mammouth ». C'était en 2000. Et ce sont les fédérations d'enseignants qui eurent le dernier mot, obtenant la peau d'Allègre.

A moins d'un an de l'élection présidentielle, les ténors de gauche n'ont pas manqué de monter au créneau, s'érigeant en grands défenseurs du service public. A l'image de Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée, tous se demandent en quoi ces réductions d'effectifs régleront « le problème de la dette publique ».

Le gouvernement compte pourtant bien sur ce levier pour parvenir à maîtriser les dépenses publiques. A elles seules, les réductions d'effectifs permettront d'économiser entre 500 et 600 millions d'économies. A ce titre, le choix de l'Education nationale, plus gros budget de l'Etat, n'est pas innocent.

Le « mammouth » emploie en effet plus de 1,1 million de fonctionnaires. Ses effectifs, ces dernières années, ont augmenté, alors que le nombre d'élèves était, lui, en baisse. Et tous les postes ne répondent pas à un besoin impérissable, loin s'en faut.

En avril dernier, l'un des audits lancés par Bercy concluait qu'on pouvait supprimer, à terme, 10 000 emplois grâce à une réorganisation des décharges de service des enseignants du second degré.

La Cour des comptes, en 2005, s'est également penchée sur la drôle de gestion du personnel enseignant (lire ci-dessous), estimant à 32 000 le nombre d'emplois temps plein non utilisés.
Comme quoi, les 8 700 suppressions de postes prévues en 2007 n'ont probablement pas le caractère scandaleux que les syndicats leur prêtent.
Le Parisien, 14 juin 2006, p. 10, Olivier Baccuzat

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Paru le : 14/06/2006 32 000 professeurs sans élève

32 000 professeurs sans élèves.

C'est ce que révélait, en février 2005, la Cour des comptes. Ce rapport concernant 2003-2004, estimait à 32 000 « équivalents temps plein » le nombre d'enseignants du premier et du second degré, qui étaient « sans classe et sans activité pédagogique ».

Parmi eux, 1 900 surnombres disciplinaires sont payés à rester chez eux.

D'après les calculs de la Cour, 97 000 occupaient une activité non pédagogique.

Les décharges syndicales représentent l'équivalent de 1 400 emplois.

Ces heures d'enseignement payées et non dispensées devant des élèves représentaient une charge financière d'environ 1,5 milliard d'euros.

Par ailleurs, 21 000 enseignants sont hors du système éducatif, soit détachés auprès d'autres administrations ou mis en disponibilité.

Un budget de 76,7 milliards d'euros.

C'est le montant de l'enveloppe qui est consacrée, cette année, à l'Education nationale, l'enseignement supérieur et la recherche, soit 5,5 % de plus qu'en 2005.

Au total, le système éducatif français est le premier budget de l'Etat. Autrement dit, c'est pour lui que les contribuables français font le plus d'efforts.

Il faut savoir que, parmi les grands pays industriels, c'est la France qui dépense le plus d'argent.

1,17 million de fonctionnaires.

En 2003-2004, les effectifs de l'Education nationale s'élevaient à près de 1,17 million d'agents (enseignants, personnel administratif, technique, d'éducation, d'encadrement et de surveillance) postés en métropole et dans les DOM.
Parmi les gros contingents : les professeurs des écoles (338 860 personnes), les enseignants des lycées et collèges (399 470) et ceux de l'enseignement supérieur (86 986).

A noter que, sur une longue période, la population enseignante progresse alors que celle des élèves régresse.
O.B. , Le Parisien, 14 juin 2006, p. 14

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02.07.06 | 14:29 Les sans-papiers largement soutenus

50.000 personnes pour les organisateurs, 7.200 pour la police ont défilé à Paris pour dire "non aux expulsions".

L e gouvernement a subi un coup de pression samedi 1er juillet (2006).
Plusieurs milliers de personnes ont défilé à Paris et dans toute la France, à l'appel des associations et de la gauche, en faveur d'une régularisation des parents sans-papiers d'enfants scolarisés.

Une manifestation, à l'appel du Réseau Education Sans Frontières (RESF) et du Collectif Uni(e)s contre une immigration jetable, a rassemblé plusieurs milliers de personnes à Paris - 50.000 selon les organisateurs, 7.200 selon la police - pour dire "non aux expulsions" de sans papiers et demander l'abrogation de la loi Sarkozy sur l'immigration.

Plusieurs personnalités de gauche et d'extrême-gauche avaient pris place en tête du cortège: Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn (PS), Olivier Besancenot (LCR) et Arlette Laguiller (Lutte ouvrière). Martine Aubry (PS) était également présente dans le cortège.

10.000 personnes concernées

Collectifs de sans-papiers comme comités du Réseau Education Sans Frontières ont défilé, aux rythmes des percussions, pour demander des titres de séjour pour tous les parents sans-papiers d'enfants scolarisés.

Selon les associations, quelque 4.000 familles seraient concernées, soit un peu moins de 10.000 personnes.

Mais de très nombreux manifestants demandaient plus généralement la régularisation de tous les sans-papiers.
Ceux-ci seraient entre 200.000 et 400.000, selon des estimations gouvermentales.

La journaliste (de Libération) Florence Aubenas, ex-otage en Irak et l'écrivain Marie Desplechin ont déclaré conjointement: "Quand la police vient chercher vos voisins pour les amener là où ils ne veulent pas aller, il est temps de désobéir. S'ils sont hors-la-loi, nous le sommes aussi", ont-elles proclamé.

En fin de semaine, plusieurs personnalités s'étaient jointes à la campagne menée depuis fin avril par RESF pour soutenir, voire parrainer les familles d'enfants menacées d'expulsion.

Hollande "Fier"

Parmi elles, François Hollande, premier secrétaire du PS, a déclaré samedi, devant la convention nationale du PS: "Je suis fier de cette France qui se mobilise pour soutenir les enfants et les familles qui sont aujourd'hui menacées".

A Marseille, plusieurs centaines de personnes étaient venues manifester, en fin d'après-midi, leur solidarité aux familles sans-papiers: 800 à 1.000 personnes pour les organisateurs et 500 pour la police.

Ailleurs en province, les parrainages d'enfants et de leurs familles ont continué. Ainsi à Nantes, 64 enfants ont été parrainés par des responsables politiques de gauche, ainsi que par des personnalités comme l'acteur Charles Berling, le professeur Albert Jacquard, l'ancien évêque d'Evreux Mgr Gaillot ou l'ancien ambassadeur de France à l'ONU Stéphane Hessel.

Message d'apaisement

A Rennes également, une quarantaine d'enfants ont été parrainés.
Par ailleurs, la préfecture de police de Paris a indiqué que 1.900 rendez-vous avaient déjà été fixés à des familles sans-papiers d'enfants scolarisés afin d'étudier leur éventuelle régularisation.
D'autres rendez-vous continueront à être pris jusqu'à la mi-août, au fur et à mesure que les familles se déclareront dans les quatre centres de réception des étrangers (CRE) ouverts à Paris.

Arno Klarsfeld, nommé médiateur dans cette affaire par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, s'est voulu, pour sa part, porteur d'un "message d'apaisement à l'adresse des familles".

Les critères définissant dans la circulaire du 13 juin les conditions requises pour rester sur le territoire français, sont "souples, larges et généreux", a-t-il ainsi déclaré en soulignant que "primait l'intérêt de l'enfant".
NOUVELOBS.COM | 02.07.06 | 14:29

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05.07.06 | 18h56 Taux exceptionnel de réussite du premier coup au bac général

Trois candidats sur quatre (73,9 %) au bac général ont décroché leur bac du premier coup, contre 68,8 % en moyenne en 2005, alors qu'ils ont été des milliers à manquer de nombreuses semaines de cours, emportés par le mouvement anti-CPE.

"Ces bons résultats sont dus au savoir", a affirmé mercredi 4 juillet à la presse, sourire aux lèvres, Gilles de Robien, le ministre de l'éducation nationale.
Interrogé sur l'opportunité de mettre en avant de si bons résultats au sortir d'une crise longue au cours de laquelle on a vu des centaines de milliers de personnes dans les rues, des dizaines d'universités et des centaines de lycées bloqués, il a refusé d'établir le moindre lien.
"Dans la majorité des lycées, le travail s'est poursuivi malgré les troubles, surtout en terminale, et les élèves qui ont participé aux manifestations ont aussi participé massivement aux séances de rattrapage", a-t-il commenté.

En effet, dans le millier d'établissements bloqués plusieurs semaines, la règle implicite de ceux qui s'opposaient au CPE était de laisser entrer les élèves de première et de terminale pour ne pas les pénaliser. De même, au sortir des trois mois de crise, la résistance s'est organisée partout, à coup de cours de rattrapages, polycopiés, et veilles tardives et studieuses.

MAUVAISE IMAGE DU GOUVERNEMENT ?

Résultat : 79,8 % de réussite du premier coup au bac S, réputé le plus difficile mais dont les énoncés de mathématiques et physique ont été modifiés depuis 2004 (un problème a été remplacé par une série de questions à choix multiples), contre 71,2 % en 2005.
Pour la filière littéraire (L), on est passé de 64,7 % d'admis du premier coup à 66,6 % cette année, et en filière économique et sociale (ES) de 67,5 % en 2005 à 68,8 %. En revanche, les candidats au bac technologique ont eu moins de fortune avec 57,5 % de reçus du premier coup, soit 0,2 point de plus qu'en 2005.

"A partir du moment où il y a des problèmes de manifestations et de cours supprimés, il est évident, naturel et quasiment normal que les organisateurs du bac – ministère, rectorats, etc. – demandent aux correcteurs de mettre la pédale douce c'est-à-dire simplement d'être un tout petit peu plus sympas", a analysé René Silvestre, président-fondateur du groupe l'Etudiant.
Selon lui, de mauvais résultats auraient entaché l'image d'un gouvernement, aussitôt accusé d'avoir tardé à retirer le CPE.
Arguments que le ministère de l'éducation, comme les enseignants et les parents, nient en bloc.

En 2005, après trois mois de mobilisation lycéenne contre la loi Fillon sur l'école, ou en 2003 lorsque les enseignants se sont mis en grève plusieurs semaines durant, des taux de réussite records avaient déjà surpris.
"Nous n'avons été saisis d'aucune remarque sur des exercices plus faciles que les autres années", a ainsi certifié Bernard Boisseau, secrétaire général du SNES-FSU, principal syndicat du secondaire, rappelant que "les enseignants n'aiment pas du tout donner le sentiment qu'on brade les examens".

Quoi qu'il en soit, rappelle René Silvestre, "on a besoin dans l'enseignement supérieur d'avoir un nombre suffisant d'étudiants chaque année, soit 80 % des élèves de terminale : le bac est devenu une formalité".
Les résultats définitifs du bac 2006 seront connus la semaine prochaine, après les sessions d'oraux de rattrapage.
Avec AFP, LEMONDE.FR | 05.07.06 | 18h56 • Mis à jour le 05.07.06 | 20h32

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dimanche 9 juillet 2006, 23h35 Mondial: Zinedine Zidane s'en va dans les larmes Zinedine Sidane vient d'assener un coup de tête au défenseur italien Marco Materazzi le 9 juillet 2006 à Berlin en finale du Mondial-2006

BERLIN (Reuters) - Zinedine Zidane a tiré sa révérence au football, s'en allant, seul dans les larmes et les regrets, au terme de la finale de la Coupe du monde remportée par l'Italie aux tirs au but.

Non seulement "Zizou" n'a pas réussi son pari de décrocher une deuxième étoile huit ans après celle de 1998 mais il a terminé l'aventure seul, loin des siens, aux vestiaires.

Le capitaine des Bleus a été expulsé lors de la seconde mi-temps de la prolongation pour une agression sur Marco Materazzi, hors de toute action de jeu.

Le temps qu'il se rende compte de l'énormité de son geste, il était certainement trop tard, il ne lui restait plus qu'à tourner le dos à un match qui n'était finalement pas le sien.

Sans doute restera-t-il le plus grand joueur français de ces 20 dernières années mais son dernier geste en tant que footballeur jette un voile terne sur la fin de son histoire avec les Bleus.

Zizou était revenu, il y a moins d'un an, pour ne pas achever sa carrière internationale sur la déception frustrante d'une élimination en quart de finale du championnat d'Europe.

Lui que l'on disait vieillissant, physiquement à des lustres du talent montré en 1998 et 2000, a fait mentir tous ses exégètes.

Bien qu'il n'ait pas eu l'honneur de soulever une deuxième fois le trophée, privilège réservé à une poignée de joueurs, Zidane a certainement réussi la plus belle de ses six phases finales.

Face au Brésil en quart de finale, le capitaine tricolore a livré la plus grande performance de ses 12 années sous le maillot bleu.

Contre l'Espagne et le Portugal, il fut aussi magnifique et déterminant.

Il inscrivit un but remarquable dans les arrêts de jeu pour sceller l'humiliation des hommes de Luis Aragones (3-1) et transforma sans trembler le penalty pour écarter de son chemin les protégés de Luiz Felipe Scolari (1-0) en demi.

Dimanche soir à Berlin, dans un stade chargé d'histoire, son talent n'a pas suffi pour empêcher l'inévitable victoire de l'Italie, meilleure équipe du monde à l'évidence.

Le soir de sa première sélection en août 1994 à Bordeaux, le gamin des quartiers nord de Marseille avait sauvé la France.

Entré en seconde mi-temps, il avait inscrit deux buts de génie en l'espace de cinq minutes et obtenu un heureux match nul (2-2) face à des Tchèques qui ont rarement réussi aux Français.

Sous la férule d'Aimé Jacquet, qui nourrissait pour lui une admiration presque sans borne, "Zizou" avait incarné l'espoir d'un renouveau du football hexagonal.

Il avait été accueilli comme celui qui était capable de mettre fin aux années de disette après le départ d'un autre numéro 10 d'exception, Michel Platini.

LA PLUS BELLE ET LA PLUS FASCINANTE

Avec Zidane, la France a tout gagné, la Coupe du monde en 1998 et le championnat d'Europe 2000 qui restera à jamais le chef d'oeuvre du maître à jouer français.

Avec Zidane, la France s'est imposée pendant deux courtes années comme la plus belle et la plus fascinante équipe du monde.

L'Euro en Belgique et aux Pays-Bas fut l'apogée de cette génération.

C'est à peu près cette époque-là que Zidane quitta la Juventus de Turin pour rejoindre le Real de Madrid au terme du plus gros transfert jamais réalisé: 75 millions d'euros.

Ce record n'a jamais été égalé depuis et Zidane reste le joueur le plus cher de l'histoire du football.

Paradoxalement, ce fut à partir de cette époque que le déclin du maestro se fit perceptible, en même temps que celui de la France se faisait évident.

Sa blessure à la veille du Mondial 2002 fut un terrible coup du sort, le privant des deux premières rencontres et l'obligeant à jouer la troisième à peine rétabli d'une déchirure à la cuisse.

Malgré son courage, il ne put éviter un fiasco qui était largement prévisible: le manque de préparation, l'excès de confiance et la "prime" donnée aux Mondialistes de 1998 aboutirent à une infamante élimination au premier tour.

Deux ans plus tard, les Français connaissaient à nouveau une déconvenue lors du championnat d'Europe au Portugal.

Divisés, incapables de jouer ensemble malgré un système de jeu pourtant simple imposé par Jacques Santini, ils perdaient le dernier titre qui leur restait: défaite 1-0 face à la Grèce en quart de finale.

GROSSE FATIGUE

Cela en était trop pour Zidane qui, voyant d'un mauvais oeil l'arrivée de Raymond Domenech à la tête de la sélection, décidait de se consacrer uniquement à son club.

Mais là non plus, les choses n'étaient pas celles qu'il espérait car le Real se montrait incapable de remporter le moindre trophée tandis que son rival de toujours, Barcelone, mettait la Primera Liga et l'Europe sous sa tutelle.

Malgré tous ces signes de déclin du maître, la France ne pouvait encore se résoudre à se passer de lui et elle le rappelait en août 2005.

Parce que la patrie était en danger et qu'une non qualification pour la Coupe du monde l'aurait ramenée une décennie en arrière.

A cause de son passé récent et des enjeux financiers qu'il avait engendrés, la France ne pouvait pas se permettre d'être absente en Allemagne.

Alors Zidane revint et aida les siens à se qualifier pour un tournoi dans lequel il était presque évident qu'ils ne pourraient pas briller malgré un tirage au sort relativement favorable.

Avant le Mondial 2006, Zidane avait été honnête.

Il était fatigué. Il admettait ne pas être satisfait de la manière dont il jouait depuis deux ou trois ans mais il s'avouait prêt à disputer encore quelques matches.

La prolongation de dimanche fut l'épreuve de trop pour ce joueur complexe et timide dont la violence a sans cesse accompagné le génie.

Il s'en va donc.

Dans moins de deux mois, débutent les qualifications pour l'Euro2008, comme pour rappeler que les aventures ne disparaissent pas avec les hommes, aussi grands soient-ils.
Yahoo.fr, actualités,

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Mercredi 12 juillet 2006 - 06:00 Mention très bien pour le bac option CPE
Un nouveau système de notation en maths a favorisé les filières scientifiques.

Le bac 2006 s'annonce comme un millésime exceptionnel.
Près de trois candidats sur quatre, en section générale, ont été reçus dès le premier tour. Et ce taux frôle les 80 % dans la filière S.
Les résultats globaux, qui commençaient à tomber hier à l'issue du repêchage, confirment une année record.

Les académies de Grenoble et de Rennes (notedt, très "actives" contre le CPE) dépassent les 90 % de reçus au bac général, celle de Versailles, la plus étendue de France, annonce 87 % et Paris, 86,8 %. L'an dernier le taux de réussite au niveau national était de 84,1 %.
Certains dénoncent déjà un bac bradé alors que deux facteurs semblent expliquer, au moins en partie, ce bond dans les résultats : la nouvelle notation de l'épreuve de maths et, bizarrement, la crise du CPE (contrat première embauche).

Bachoter.

«Cela peut sembler paradoxal, mais les lycéens, notamment en général, ont été à certains égards mieux préparés au bac, explique Jacques Moisan, doyen en maths à l'Inspection générale.
Les enseignants se sont beaucoup mobilisés pour rattraper les cours perdus, ils ont fait des heures supplémentaires, ont distribué des polycopiés, etc.» Les élèves eux-mêmes auraient bachoté plus que d'habitude pour combler le retard. Dans la plupart des lycées bloqués, les grévistes laissaient en outre souvent passer les terminales.

Selon certaines rumeurs, le ministère aurait donné des consignes d'indulgence aux correcteurs.

Des résultats désastreux auraient en effet entaché le bilan du ministre Gilles de Robien, qui n'a guère brillé lors de la crise du CPE.
Mais, «s'il y avait eu bienveillance, cela se serait su car les collègues sont bavards», assure Gérard Aschieri, le patron de la FSU. On ne peut toutefois écarter l'hypothèse que, plus ou moins consciemment, des correcteurs aient tenu compte d'un deuxième trimestre très perturbé.

Les novations introduites dans les épreuves en maths, et dans une moindre mesure en physique où les exercices sont apparus plus faciles, ont, elles, certainement pesé lourd dans le bond spectaculaire des reçus en S. Près de la moitié des candidats au bac général concouraient dans cette filière. Pour la première fois cette année, l'exercice de QCM (question à choix multiples) ne pouvait en effet faire perdre de points au candidat. Jusqu'ici, une réponse fausse lui coûtait un demi-point. Désormais, elle ne coûte plus rien. Ce qui n'a pu que relever la moyenne de l'épreuve.

Protestation.

«Le QCM faisait peur, explique Jacques Moisan, les élèves français sont ceux qui hésitent le plus à répondre à une question lorsqu'ils ne sont pas sûrs de la réponse. Le but était de leur donner confiance.» Le QCM «n'a pas pour autant été donné à tous», assure-t-il, mais la moyenne a tout de même été de quatre sur cinq...
«Tout est question d'équilibre, il y avait aussi un exercice difficile», plaide le doyen qui avoue n'avoir reçu qu'une lettre de protestation, celle d'un chercheur du CNRS surpris de la difficulté de l'exercice numéro trois.
Libération, Par Véronique SOULE, QUOTIDIEN : Mercredi 12 juillet 2006 - 06:00

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(12 juillet 2006) Le choix cornélien de Zinédine

En se faisant exclure à la fin de ce match ultime qui devait «couronner» sa carrière, Zidane a montré qu'il n'y avait pas que le football, dans la vie.

Qu'il n'y a pas que la Coupe du Monde, dans une tête. Que la dignité est plus grande que le sport, la gloire et la télé.
La dignité, ou l'honneur, comme on voudra, est plus forte qu'une photo dans les journaux.

On ne se laisse pas insulter, voilà tout. On n'avale pas l'amère couleuvre de l'injure pour avoir la honteuse satisfaction de sortir du stade sous les applaudissements.

Zidane en héros cornélien ? Exactement. A cette différence près qu'il n'y aura pas eu «dilemme», ni «débat». Le stade n'est pas une scène. Pas question de tirade en alexandrins, ni même d'un seul mot prononcé.

Un coup de bélier dans la poitrine, un coup de bélier proprement assené, droit, net comme une belle tête dans la lucarne. Que vaut le reste ?

Le droit de se regarder dans la glace n'a pas de prix. Zidane n'a pas remporté la Coupe du Monde, qui d'ailleurs se gagne ou se perd sur un coup de dés : il l'a largement dépassée.

Honneur à Zinédine, honneur à celui qui n'a pas plié devant elle, qui n'en aura été «ni le vainqueur ni l'esclave» (« Horace », I, 3).
Jacques Drillon, Le Nouvel Observateur, p. 44, Semaine du jeudi 13 juillet 2006 - n°2175 - France

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mercredi 12 juillet 2006, 20h43 Mondial: Materazzi a insulté la mère et la soeur de Zidane

PARIS (Reuters) - Zinedine Zidane a justifié son coup de tête contre Marco Materazzi en finale de la Coupe du monde par des insultes proférées par le défenseur italien à l'encontre de sa mère et de sa soeur.

Le capitaine de l'équipe de France a tenu à s'excuser auprès des enfants et de ses supporteurs pour ce geste inconsidéré mais il a affirmé qu'il ne pouvait pas le regretter
"Je lui ai dit d'arrêter de tirer mon maillot et que s'il le voulait, on pourrait faire l'échange à la fin du match", a raconté Zidane sur Canal Plus.

"Il a alors dit des mots très durs, des mots qui me touchaient au plus profond de moi. C'était très grave et très personnel. Cela concernait ma mère et ma soeur.
"Au début, j'ai essayé de ne pas l'écouter et de partir mais il a continué à répéter ça deux ou trois fois et les choses se sont passées très vite."

Le numéro 10 français s'est alors retourné et a donné un coup de tête dans la poitrine du joueur italien, écopant d'un carton rouge lors de la seconde période de la prolongation.
Zidane a laissé ses partenaires terminer la finale à 10 ainsi que la séance de tirs au but, conclue par la victoire de l'Italie (5-3).

Ce geste a été vu par près de deux milliards de téléspectateur et Zidane a tenu à s'excuser auprès d'eux.
"J'aurais préféré me prendre une droite dans la gueule", a poursuivi Zidane. "Je sais que ce n'est pas un geste à faire. Je tiens à le dire haut et fort.
"Parce que cela a été vu par deux milliards de téléspectateurs et par des millions d'enfants et je m'en excuse auprès d'eux", a-t-il ajouté.
"Je suis conscient que cela se passait à 10 minutes de la fin de ma carrière dans une finale de la Coupe du monde et qu'il ne fallait pas le faire.
"Mais je ne peux pas regretter ce geste car sinon cela voudrait dire que Materazzi a eu raison de dire ce qu'il a dit", a-t-il poursuivi.

Materazzi avait admis avoir insulté son adversaire mais il avait vivement démenti l'avoir qualifié de terroriste islamiste comme l'estimait l'association SOS-Racisme.

La FIFA a, de son côté, décidé d'ouvrir une enquête pour faire la lumière sur les circonstances de l'incident et le président Sepp Blatter a laissé entendre que Zidane risquait de perdre sa distinction de meilleur joueur de la Coupe du monde.

"Il faut punir les provocateurs. Il faut regarder les images et voir ce qu'il m'a dit", a souhaité Zidane. "J'ai été provoqué. J'ai fait quelque chose qui n'était pas bien et j'ai été puni.

"Je ne veux attaquer personne mais je veux me défendre. On punit toujours la réaction et jamais la provocation", a-t-il déploré.
Yahoo.fr, actualités, mercredi 12 juillet 2006, 20h43

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Football: les sanctions dans le procès des matches truqués italiens

ROME (AP) -- Voici la liste des sanctions annoncées vendredi par le tribunal du sport de Rome à l'issue du procès des matches truqués dans le championnat italien. Les clubs et personnes condamnées ont cinq jours pour faire appel.

Clubs: - Juventus de Turin: reléguée en Serie B, avec une pénalité de 30 points, privée de ses deux derniers titres de championne d'Italie. Amende de 80.000 euros. - Fiorentina: reléguée en Serie B, avec une pénalité de 12 points. Amende de 40.000 euros. - Lazio de Rome: reléguée en Serie B, avec une pénalité de sept points. Amende de 40.000 euros. - Milan AC: maintien en Serie A, avec une pénalité de 15 points. Retrait de 44 points sur son total de la dernière saison, ce qui le prive de Coupes d'Europe pour la saison à venir. Amende de 30.000 euros.

Dirigeants et arbitres: - Luciano Moggi, ancien directeur général de la Juventus: interdiction d'exercer dans le football pendant cinq ans. Le tribunal a requis auprès de la Fédération italienne de football une interdiction à vie. Amende de 50.000 euros. - Antonio Giraudo, ancien directeur exécutif de la Juventus: même sentence. Amende de 20.000 euros. - Franco Carraro, ancien président de la fédération italienne: interdiction d'exercer dans le football pendant quatre ans et demi. - Innocenzo Mazzini, ancien vice-président de la fédération: interdiction de quatre ans. - Diego Della Valle, propriétaire de la Fiorentina: interdiction de quatre ans. Amende de 30.000 euros. - Andre Della Valle, président de la Fiorentina: interdiction de trois ans et demi. Amende de 20.000 euros. - Sandro Mecucci, vice président de la Fiorentina: interdiction de trois ans et demi. Amende de 10.000 euros. - Adriano Galliani, vice-président du Milan AC et ancien président de la Ligue italienne de football: interdiction d'un an. - Leonardo Meani, responsable de l'équipe du Milan AC: interdiction de trois ans et demi. - Claudio Lotito, président de la Lazio de Rome: interdiction de trois ans et demi. Amende de 10.000 euros. - Tullio Lanese, ancien président de l'Association des arbitres italiens: interdiction de deux ans et demi. - Pierluigi Pairetto, responsable de la désignation d'arbitres: interdiction de deux ans et demi. - Gennaro Mazzei, responsable de la désignation des arbitres assistants: interdiction d'un an. - Pietro Ingargiola, responsable de l'arbitrage: blâme. - Massimo De Santis, arbitre: interdiction de quatre ans et demi. - Paolo Dondarini, arbitre: interdiction de trois ans et demi. - Fabrizio Babini, arbitre assistant: interdiction d'un an. - Gianluca Paparesta, arbitre: interdiction de trois mois. - Claudio Puglisi, arbitre assistant: interdiction d'un an. - Paolo Bergamo, responsable de la désignation d'arbitres: interdiction à vie sans poursuite car il a démissionné avant d'être inculpé. - Cosimo Maria Ferri, responsable à la fédération italienne: même sentence. - Gianluca Rocchi, arbitre: acquitté. - Domenico Messina, arbitre: acquitté. - Pasquale Rodomonti, arbitre: acquitté. - Paolo Tagliavento, arbitre: acquitté. - Paolo Bertini, arbitre: acquitté.
AP, Mardi 18 juillet 2006, le nouvelobs.com

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20.07.06 | 15:41 Zidane suspendu pour trois matches

La commission de discipline de la Fifa a infligé jeudi après-midi trois matches de suspension à l'auteur du coup de tête sur l'Italien Materazzi qui, lui, est suspendu pour deux matches.

La réunion de la commission de discipline de la Fédération internationale de football (FIFA) a statué sur le coup de tête de Zinédine Zidane au défenseur italien Marco Materazzi en finale de la Coupe du monde.

La sanction est tombée jeudi 20 juillet en début d'après-midi: trois matches de suspension et 7.500 francs suisses (4.800 euros) d'amende.

Marco Materazzi écope, quant à lui, de deux matches de suspension et de 5.000 francs suisses (3.200 euros) d'amende.

Zinédine Zidane s'est, par ailleurs, engagé à effectuer un stage.
"Sachant que Zidane met un terme à sa carrière, la commission a pris note que Zinédine Zidane s'engageait, au-delà des sanctions prononcées à son encontre, à se rendre disponible auprès de la Fifa pour des activités humanitaires menées par l'instance dirigeante du football mondial en faveur des enfants et des adolescents", a déclaré le porte-parole de la Fifa Andreas Herren.

Une suspension symbolique

L'audition de l'ancien capitaine de l'équipe de France, aujourd'hui à la retraite, avait débuté en milieu de matinée, a indiqué Andreas Herren. Zinédine Zidane était accompagné par Jean-Pierre Escalettes, président de la Fédération française de football (FFF),et du directeur général adjoint de la FFF chargé des affaires juridiques, Jean Lapeyre.

Cette suspension est néanmoins assez symbolique (???) pour l'ex-capitaine des Bleus puisqu'il a pris sa retraite après la coupe du monde.

L'hypothèse d'un retrait du trophée de meilleur joueur du Mondial allemand que lui ont décerné les journalistes accrédités pour la compétition n'a pas été évoquée.

Pas de propos racistes de Materazzi

La Fifa s'est également prononcée sur la nature des propos de Marco Materazzi, propos qui, selon elle, n'étaient "pas de nature raciste".

"Les deux joueurs ont unanimement admis que les propos de Materazzi constituaient une atteinte à l'honneur mais qu'ils n'étaient pas de nature raciste", a précisé la commission de discipline de la Fifa, sans toutefois détailler exactement les propos de l'Italien.

Le vice-champion du monde avait expliqué, le 12 juillet, dans deux entretiens accordés à Canal+ et TF1, avoir réagi à "des mots très durs" de l'Italien visant "sa mère et sa soeur".

Il avait surtout réclamé des sanctions contre "le vrai coupable". "Et le vrai coupable, c'est celui qui provoque", avait-il affirmé. Le lendemain, la Fifa convoquait Marco Materazzi.

L'Italien avait, depuis la finale, reconnu avoir "insulté" Zidane mais nié avoir proféré des propos racistes et des paroles déplacées concernant la mère du joueur.
"Je ne lui ai rien dit qui concernerait le racisme, la religion ou la politique, avait-il ainsi indiqué au quotidien sportif La Gazetta dello Sport. Je n'ai pas parlé non plus de la mère."
NOUVELOBS.COM | 20.07.06 | 15:41

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20.07.06 | 11:48 COUPE DU MONDE "Je vais te défoncer le cul"

L'hebdomadaire Paris-Match publie une nouvelle version des propos échangés entre Marco Materazzi et Zinédine Zidane pendant la finale du Mondial de football, le 9 juillet dernier.

Une nouvelle version de lecture labiale ("sur les lèvres") des propos échangés entre Marco Materazzi et Zinédine Zidane, le soir de la coupe du monde de football, dimanche 9 juillet à Berlin, est publiée jeudi 20 juillet par l'hebdomadaire Paris-Match.

Le magazine a fait appel à un spécialiste du genre, à la disposition duquel il a mis un document de la chaîne brésilienne Tv Globo, "la seule vidéo qui permet de voir le joueur de la Squadra de face et permet de 'voir' tout ce qu'il dit à Zidane pendant quelques secondes", écrit Paris-Match.

Voici la transcription: 107' : Materazzi tire le maillot de Zidane 107'2 : Zidane : "Si tu veux mon maillot, je te le donnerai après…" 107'4 : Materazzi : "Oh ! Levati Finocchio" (Oh! Casse-toi pédé !) 107'5 : Materazzi : "Con ta tua puttana di tua sorella" (Avec ta pute de sœur) 107'6 : Materazzi : "Merda" 107'7 : Materazzi : "Si, puttana di tua sorella" (Oui, ta pute de sœur) 107'8 : Materazzi : "Azzi" (Et même mieux") 107'9 : Materazzi : "Ti spacco il culo" (Je vais te défoncer le cul) 104'11 : Zidane donne son coup de tête

Les autres versions
Selon d'autres spécialistes de lecture labiale interrogés pas des journaux anglais -The Guardian et le Daily Mirror,- le dialogue entre les deux hommes juste avant l'incident aurait été le suivant:

En anglais (site du Daily Mirror) Zidane: (in Italian) Stop pulling my shirt. Materrazi: Shut up f****r, you only get what you deserve. Zidane: Yeah, sure... Materrazi: All of you deserve that, f*****g Muslims, terrorist b******s.

En français Zidane : "Arrête de me tirer le maillot !" Materazzi : "Tais-toi enc..., tu ne reçois que ce que tu mérites..." Zidane répond : "Oui, bien sûr…" Zidane s'éloigne. Materrazzi reprend : "Vous méritez tous ça, enc... de musulmans, fils de pute terroriste".
C'est à ce moment que le capitaine de l'équipe de France a asséné le coup de tête à l'Italien.

"Va te faire enculer"
The Times a fait, lui, appel à Jessica Rees, l'experte la plus reconnue en la matière au Royaume-Uni, avec 36 ans de travail auprès de la justice et de la police.

Première étudiante totalement sourde à avoir été acceptée à l'université d'Oxford, Jessica Rees a décrypté les propos de Marco Materazzi en italien grâce aux images des télévisions. Puis ceux-ci ont été traduits en anglais par des interprètes.

Et pour elle, comme pour les experts recrutés par le Sun et le Daily Mail, ces propos sont clairs. Alors que Zidane s'éloignait, le joueur italien lui aurait dit:
"On sait tous que tu es le fils d'une pute terroriste".
Puis, histoire de conclure, il aurait conseillé à Zidane, toujours en italien, "d'aller se faire enculer".

Zidane "super arrogant"
Zidane a été "super arrogant" et "je l'ai insulté", a reconnu le joueur italien Marco Materazzi qui a provoqué le Français, ce dernier lui donnant un coup de tête qui lui a valu l'exclusion en finale du Mondial de football, selon le quotidien sportif italien La Gazzetta dello Sport de mardi 11 juillet.

"J'ai tenu son maillot pendant quelques secondes seulement, il s'est tourné vers moi, il m'a parlé en raillant, il m'a regardé avec super arrogance, de haut en bas: 'si vraiment tu veux mon maillot, je te le donnerai après'.
Je lui ai répondu avec une insulte, c'est vrai", a raconté Materazzi, selon La Gazzetta dello Sport.

Interrogé si l'insulte visait la sœur du joueur français, comme l'ont affirmé certains médias, Marco Materazzi a précisé: "Une insulte de celles qu'on s'entend dire des dizaines de fois et qui nous échappent souvent sur le terrain".
"Ce qui est sûr c'est que je ne l'ai pas traité de terroriste: je ne suis pas cultivé et je ne sais même pas ce que c'est un terroriste islamiste et ma seule terroriste c'est elle...", a dit la veille Materazzi au journaliste en se tournant vers sa fille de 10 mois, dormant à ses côtés dans l'avion qui a ramené l'équipe italienne à la maison.

"Je n'ai certainement pas mis en cause non plus la maman de Zidane, pour moi, la maman est sacrée", a ajouté le joueur de l'Inter Milan.
Le Corriere della Sera rappelle dans un article consacré à cet échange de propos entre les deux joueurs que Marco Materazzi a perdu sa mère à l'âge de 14 ans et qu'il n'aurait certainement jamais insulté celle de Zidane.
NOUVELOBS.COM | 20.07.06 | 11:48

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13.09.06 | 19:19 Villepin critique le service civil obligatoire --par Emmanuel Georges-Picot--

MONTLHERY, Essonne (AP) -- Dominique de Villepin a profité mercredi d'un déplacement destiné à vanter le service civil obligatoire mis en place par le gouvernement pour exprimer son scepticisme face à la proposition, faite par plusieurs candidats dont Nicolas Sarkozy, de le généraliser.

"J'ai une conviction: tout ce qui repose sur l'engagement est plus fort que ce qui repose sur la contrainte", a déclaré le chef du gouvernement lors de sa visite du centre "défense deuxième chance" de Montlhéry (Essonne). Ce centre ouvert il y a un an va s'intégrer dans le dispositif du service civil volontaire annoncé par Jacques Chirac pendant la crise des banlieues et créé par la loi du 30 mars 2006 sur l'égalité des chances.

Dominique de Villepin a fait valoir qu'un service civil obligatoire pour les 800.000 jeunes d'une classe d'âge "supposerait un dispositif administratif extrêmement complexe" et "des moyens financiers considérables", dix ans après la suppression du service militaire. Il en a évalué le coût à "entre trois et cinq milliards d'euros pour un service d'une durée de six mois", sans compter les infrastructures à construire.

Surtout, le Premier ministre s'est dit "pas certain qu'un service obligatoire corresponde aux aspirations des jeunes d'aujourd'hui", qui "veulent s'engager" mais "à leur rythme, selon leur propre calendrier et en cohérence avec leurs choix professionnels". "C'est pour cela que je crois davantage à un service volontaire", a-t-il souligné.

Dans cet esprit, le Premier ministre, flanqué des ministres Michèle Alliot-Marie (Défense), Catherine Vautrin (Cohésion sociale) et Azouz Begag (Egalité des chances), a fait la promotion du service volontaire, qui devrait concerner 10.000 jeunes à la fin de l'année et 50.000 fin 2007 et dont les modalités ont été présentées mercredi en conseil des ministres.

Ce service volontaire sera ouvert aux jeunes âgés de 16 à 25 ans quel que soit leur niveau de formation. Il fédèrera les dispositifs de volontariat existants comme "défense deuxième chance" du ministère de la Défense et les "cadets de la République" du ministère de l'Intérieur.

Les jeunes volontaires s'engageront de manière continue pendant six, neuf ou 12 mois pour une mission d'intérêt général dans une association ou une collectivité locale, en France ou à l'étranger. La durée hebdomadaire de travail devra être au moins égale à 26 heures.

Les structures qui accueilleront les jeunes devront recevoir l'agrément de l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances (ANCSEC), créée par la loi du 30 mars 2006. Elles devront offrir les garanties suffisantes en matière d'encadrement, de formation et d'accompagnement vers l'emploi des jeunes.

En contrepartie de l'agrément, les structures d'accueil pourront recevoir un financement provenant de l'agence, qui sera plafonné à 900 euros par mois et par jeune. Cette subvention prendra en compte la rétribution du jeune et les frais d'encadrement et de structure. L'ANCSEC sera dotée d'un budget de 500 millions d'euros en 2007.

Lors du conseil des ministres, Jacques Chirac a demandé au gouvernement et à l'ANCSEC "de se mobiliser pour que tous les jeunes qui le souhaitent puissent s'engager rapidement". "Le service civil, c'est d'abord une expérience très enrichissante pour les jeunes. Mais c'est aussi une initiative essentielle pour faire vivre les valeurs civiques et pour renforcer la cohésion sociale", a déclaré le chef de l'Etat. Alors que ce service volontaire va se mettre en place, plusieurs candidats à l'élection présidentielle de 2007 se sont d'ores et déjà prononcés pour sa généralisation, comme Nicolas Sarkozy (UMP) et François Bayrou (UDF).

Le président de l'UMP a proposé le 3 septembre la création d'un "service civique" pour les jeunes de 18 à 30 ans, qui serait rendu obligatoire après une expérimentation à grande échelle. L'instauration d'un service civique de six mois pour tous les jeunes de 18 à 21 ans figure aussi dans le projet du PS. AP
lenouvelobs.com, AP | 13.09.06 | 19:19

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Paru le : 20/10/2006 Clearstream Barnier met en cause Villepin

L'AFFAIRE Clearstream se rapproche dangereusement de Dominique de Villepin.

Hier Jean-Pierre Raffarin, l'ancien Premier ministre, a été entendu comme témoin pendant près de six heures. Il a réaffirmé n'avoir pas été tenu informé par son ministre des Affaires étrangères des investigations lancées en janvier 2004 à partir des comptes Clearstream falsifiés.

Rentré par une porte dérobée, le sénateur de la Vienne est reparti du pôle financier sans faire de déclaration. Les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons tentent de comprendre dans quel cadre Dominique de Villepin, alors patron de la diplomatie française, a missionné le général Rondot, théoriquement sous les ordres du ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, pour qu'il enquête sur les faux comptes Clearstream livrés par Jean-Louis Gergorin.

« Continuité de l'Etat »

Lundi, les deux magistrats ont longuement entendu comme témoin Michel Barnier qui, en avril 2004, a succédé à Dominique de Villepin à la tête du Quai d'Orsay. Barnier, aujourd'hui proche de Nicolas Sarkozy, s'est livré à une attaque en règle de son prédécesseur.

« A aucun moment », il n'a « été informé » de l'existence de l'enquête Clearstream. « Au cours de l'entretien que j'ai eu avec mon prédécesseur lors de la passation des pouvoirs, il n'a jamais été question de ce dossier », précise Barnier sur procès-verbal. « Ce dossier n'était pas traité par les services du ministère, ni par le cabinet du ministre... Ce dossier ne relevait pas des attributions du ministère des Affaires étrangères, sinon il aurait fait l'objet d'une transmission au nouveau ministre », insiste-t-il.

La charge est rude. Le successeur de Villepin accuse ce dernier de s'être livré à une sorte d'enquête parallèle. « Si ce dossier avait relevé, sur l'un ou l'autre de ses aspects, de l'action extérieure de la France, auriez-vous dû en être informé lors de la prise de fonction ? », interrogent les deux magistrats. « Oui, répond sans hésiter Michel Barnier... C'est ce qu'on appelle la continuité de l'Etat. » « M. De Villepin ne m'a pas parlé de ce dossier d'aucune manière et à aucun moment il ne m'a parlé d'éventuelles instructions du président de la République sur ce sujet », insiste-t-il.

Interrogé également sur le rôle du général Rondot, Michel Barnier précise aux deux juges que ce dernier ne devait pas recevoir d'instructions d'un autre ministre que celui de la Défense : « Théoriquement, cela n'est pas possible d'un point de vue du fonctionnement du gouvernement », indique-t-il.

« Dans un dossier qui intéresserait le ministère des Affaires étrangères, et qui présenterait un caractère de haute confidentialité, qui devrait en être informé en dehors du ministre, au sein du ministère ? », questionnent ensuite les juges. « Ma conception du fonctionnement d'un ministère et mon expérience me conduisent à dire que dans un tel cas le directeur de cabinet du ministre doit être informé. Rien de ce que connaît le ministre ne doit être ignoré de son directeur de cabinet et réciproquement. En tout cas, telle est ma conception et ma pratique », répond Michel Barnier.

Apparemment, telle n'était pas celle de son prédécesseur, puisque Pierre Vimont, son directeur de cabinet, entendu également cette semaine comme témoin, n'aurait jamais été tenu informé de l'enquête Clearstream.

Villepin a-t-il mandaté le général Rondot irrégulièrement et en « solo » ? Hier en interrogeant Raffarin, puis en questionnant la semaine prochaine Michèle Alliot-Marie c'est la question que se posent les deux juges. De leur réponse dépendra le sort judiciaire de l'actuel Premier ministre.
Laurent Valdiguié, Paru le : 20/10/2006, Le Parisien, p. 18

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12.11.06 | 21:12 La France "se tient résolument aux côtés d'Israël", assure Villepin

PARIS (AP) -- La France "se tient résolument aux côtés d'Israël" face au risque de nouvelle flambée de violence au Proche-Orient et "ne transigera pas sur sa sécurité, qui passe par le règlement du conflit israélo-palestinien", a déclaré dimanche Dominique de Villepin devant le Congrès juif mondial.
"C'est tout le sens de l'engagement de la France et de l'Europe au Proche-Orient, aux côtés des peuples de la région", a ajouté le Premier ministre français lors du dîner de gala au Sénat pour l'assemblée générale du CJM.

Dominique de Villepin a rappelé la mobilisation de la France et de l'Union européenne en faveur d'une "solution juste et durable" au Proche-Orient. "Notre objectif est celui de deux Etats vivant côte à côte en paix et en sécurité. Seule la paix, fondée sur une solution politique et un règlement négocié, pourra assurer de manière durable la sécurité et l'avenir d'Israël et des peuples de la région", a-t-il rappelé, réitérant la proposition faite par Jacques Chirac d'une conférence internationale sur le Proche-Orient.

Le Premier ministre français a estimé que la libération par les Palestiniens du soldat israélien Shalit, enlevé au début de l'été, et "l'arrêt de toutes les violences sont indispensables".

Répondant à une autre inquiétude de la communauté juive, le Premier ministre a assuré que la lutte contre l'antisémitisme était "une priorité absolue" pour le gouvernement.

Il a précisé que les chiffres disponibles pour 2006 confirmaient "la tendance à la baisse" observée en 2005 (-47%). "Mais notre vigilance doit rester intacte, car ce combat, nous le gagnerons dans la durée", a souligné le Premier ministre.

L'assemblée générale du Congrès juif mondial se tenait pour la première fois ce week-end à Paris. Les dirigeants du CJM seront reçus lundi par le président Jacques Chirac. AP
Yahoo.fr, actualités, AP | 12.11.06 | 21:12

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vendredi 22 décembre 2006, 13h25 Dominique de Villepin tourne une page, joue l'expectative

PARIS (Reuters) - L'épreuve Clearstream théoriquement derrière lui, Dominique de Villepin, entre incertitude et résignation, limite désormais ses ambitions à mener "jusqu'au bout" sa mission à Matignon face à un Nicolas Sarkozy dont la stature de futur candidat se renforce.

Inédite dans les annales judiciaires françaises, l'audition-marathon du Premier ministre - 17 heures - par les juges d'instruction Jean-Marie d'Huy et Henri Pons marque un tournant psychologique pour un homme qui s'avouait "blessé" et victime du "mensonge" et de "la calomnie" dans l'enquête sur les faux listings de la société luxembourgeoise Clearstream.

L'épée de Damoclès pesait sur le chef du gouvernement depuis le printemps - une hypothèque de plus sur la voie de la présidentielle de 2007 après le fiasco du CPE.

Dominique de Villepin, qui espère en avoir fini avec cette affaire, tourne donc une page avec "soulagement", aux dires de son entourage, avant une rare parenthèse de repos à la faveur des fêtes de fin d'année.

La portée politique de l'événement reste à définir : fin de partie ou prélude à un nouvel élan?

Les indices distillés ces derniers temps par un Premier ministre semble-t-il plus lointain invitent à considérer la première option.

S'imaginant tour à tour "professeur d'université" ou "baby-sitter" après les échéances électorales de 2007, Dominique de Villepin, qui officiellement ne nourrit pas d'ambition présidentielle, a souligné avec humour le glissement qui s'est fait jour ces dernières semaines dans son "mode opératoire".

"LES REGLES DE MA FAMILLE"

Disparues les piques contre Nicolas Sarkozy, oublié l'appel à plusieurs candidatures pour l'investiture présidentielle à l'UMP : le Premier ministre saluait le 7 décembre les "qualités d'homme d'Etat" de Nicolas Sarkozy, qui s'est porté partie civile dans le dossier Clearstream, et plaidait pour une candidature unique de l'UMP.

"J'accepte les règles de ma famille", avait-il dit sur Canal+, rompant avec le cavalier seul, la tactique de l'imprévisible dénoncés par la majorité des députés UMP, prompts à la fronde au bénéfice de Nicolas Sarkozy.

Et de fait, l'horizon du 14 janvier, date de l'investiture du candidat UMP pour l'élection présidentielle, s'éclaircit plus que jamais pour le ministre de l'Intérieur.

La coïncidence, jeudi, entre l'audition de Dominique de Villepin et la dernier forum pré-électoral de l'UMP, au cours duquel Nicolas Sarkozy a engrangé de nouveaux ralliements, a conforté l'impression d'isolement du chef du gouvernement.

Après Philippe Douste-Blazy, l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin s'est rangé derrière le président de l'UMP, ainsi que Rachid Kaci, candidat à la candidature UMP.

Même le chiraquien Alain Juppé a paru épouser la cause de Nicolas Sarkozy en déclarant lors du forum de Bordeaux que "parfois, des ruptures sont nécessaires".

"Chacun à sa place, chacun dans son rôle", confiait le Premier ministre à des journalistes lors de son récent déplacement en Afrique.

"Très au-delà des enjeux, des querelles, des batailles, le Premier ministre est au service de l'intérêt général des Français, en dehors et au-delà des clivages", disait-il.

Le rôle de Dominique de Villepin semble définitivement arrêté jusqu'à avril 2007. Reste à écrire la suite du scénario.
Yahoo.fr, actualités, vendredi 22 décembre 2006, 13h25

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lundi 12 mars 2007, 11h29 Villepin apporte son soutien à Sarkozy

PARIS (AP) - Dominique de Villepin ne reste pas sur l'Aventin. Le Premier ministre a apporté lundi son soutien à Nicolas Sarkozy au lendemain de l'annonce de la décision de Jacques Chirac de ne pas briguer un troisième mandat.

"Je suis aujourd'hui avec Nicolas Sarkozy pour défendre les idéaux de notre famille politique et pour que le choix des Français soit le plus éclairé possible", a déclaré le Premier ministre sur Europe-1.

"Nous avons été ensemble au gouvernement, nous serons ensemble dans cette bataille", a ajouté le Premier ministre.

Dominique de Villepin, longtemps présenté comme un possible rival de Nicolas Sarkozy pour cette élection, a estimé que le candidat UMP, "façonné" par "l'action", "l'expérience" et la "réflexion" sur ses échecs, était désormais en position "d'habiter" la fonction présidentielle.

Nicolas Sarkozy est "dans cette sérénité, il est dans cette volonté d'assumer cette part de solitude qui fait partie d'une campagne électorale et qui permet la métamorphose d'un candidat en un président de la République", a estimé le Premier ministre.

Interrogé au même moment sur France-Inter, Nicolas Sarkozy s'est dit "très sensible" au soutien que lui a apporté Dominique de Villepin. "Il a conduit les deux campagnes victorieuses de Jacques Chirac en 1995 et 2002, il a une grande expérience. C'est pour moi quelque chose d'important", a déclaré le candidat UMP. Il a précisé avoir "vu longuement" le Premier ministre dimanche.

Le soutien explicite apporté par le Premier ministre clôt, au moins provisoirement, une rivalité qui s'était développée depuis le début de leur cohabitation au gouvernement au lendemain du référendum du 29 mai 2005.

Nommé à Matignon alors que M. Sarkozy convoitait le poste, Dominique de Villepin s'est longtemps positionné comme un rival du président de l'UMP pour la présidentielle, avant de renoncer à la suite de son échec sur le contrat première embauche (CPE) et de l'affaire Clearstream au printemps 2006. Il était l'un des derniers membres de l'UMP à ne pas avoir rallié M. Sarkozy.

Son ralliement au candidat UMP n'est pas une surprise. Il avait laissé entendre qu'il se prononcerait quand Jacques Chirac aurait fait connaître ses intentions. L'annonce de son soutien intervient toutefois alors que le chef de l'Etat n'a pas fait encore connaître son choix parmi les candidats.

Depuis l'intronisation le 14 janvier de M. Sarkozy par l'UMP, le Premier ministre avait fait plusieurs pas en sa direction. Dans un entretien publié vendredi dernier par "Le Parisien/Aujourd'hui en France", il avait salué la "vision pragmatique" du candidat et assuré qu'il prendrait explicitement position le moment venu. "Personne n'imagine que je sois homme à me retirer sur un quelconque Aventin", avait dit le Premier ministre.

Reste à savoir quel rôle M. De Villepin pourrait jouer dans la campagne de Nicolas Sarkozy. Le Premier ministre, qui entend gouverner "jusqu'au dernier jour", poursuit dans l'indifférence générale son travail. Jeudi et vendredi, il s'envolera pour New York et Boston, loin de la France en campagne.

Ira-t-il jusqu'à participer à des réunions publiques avec Nicolas Sarkozy? "C'est en cours de réflexion", selon un proche du Premier ministre. Le sujet a été évoqué lors de la rencontre dimanche entre les deux hommes.

Pour le villepiniste Hervé Mariton, il s'agit avant tout pour le Premier ministre d'apporter une "sensibilité supplémentaire, un esprit de rassemblement" à la campagne du candidat UMP. "On entre dans une deuxième étape dans laquelle nous pouvons apporter notre valeur ajoutée", a estimé le député de la Drôme. AP
Yahoo.fr, actualités, lundi 12 mars 2007, 11h29

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La mue sarkozyste de Dominique de Villepin 26.04.07 | 10h06 lemonde.fr

PARIS (Reuters) - Dominique de Villepin, qui participera au meeting de Nicolas Sarkozy à Bercy, s'est livré à un panégyrique inédit du candidat de l'UMP à la présidentielle, saluant l'homme qui permettra à la France "d'aller plus vite et plus loin".

Interrogé sur France Info, le Premier ministre a confirmé sa présence dimanche au palais omnisports de Bercy, à Paris, aux côtés de Nicolas Sarkozy, mais n'a pas précisé s'il s'exprimerait à la tribune.

"Je suis un Premier ministre heureux de voir que sa famille politique est en tête. (...) Je serai ravi d'être à cette occasion avec l'ensemble de ma famille politique rassemblée", a-t-il dit.

Après un déjeuner de réconciliation à Matignon soigneusement mis en scène mardi, la rivalité entre les deux hommes appartient officiellement au passé.

Fort discret durant la campagne du premier tour, Dominique de Villepin, qui ne dédaignait pas quelques piques à l'adresse de l'ancien ministre de l'Intérieur, se range désormais avec un enthousiasme inusité derrière Nicolas Sarkozy, dont il n'hésite plus à répéter le nom. Jusqu'à épouser son concept de "rupture".

"Pour faire passer un message politique qui est en l'occurrence celui de la nécessité du changement dont tout le monde convient, il faut parfois emprunter des chemins surprenants", a justifié le chef du gouvernement.

"Le mot rupture, qui était pour moi difficilement acceptable il y a quelques mois, aujourd'hui qu'est-ce qu'il veut dire? Il veut dire qu'il faut tout simplement aller plus loin dans la voie de changement et qu'il faut faire différemment sur un certain nombre de sujets. Moi je m'y retrouve tout à fait", a-t-il affirmé.

"Je passe le témoin à quelqu'un qui aujourd'hui peut permettre à notre pays d'aller plus vite et plus loin, Nicolas Sarkozy, j'en suis très heureux. Je fais tout pour que ce passage de témoin puisse se passer dans les meilleures conditions", a-t-il assuré en "Premier ministre heureux".

"UN TEMPS D'AVANCE"

Pour Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy a "un temps d'avance" sur la candidate socialiste Ségolène Royal, dont il n'a jamais cité le nom.

Il est "celui qui offre la réponse la plus mûrie, la plus réfléchie, et donc la plus crédible". "En politique, il n'y a pas de mystère : l'expérience, cela pèse, cela compte. Le fait de connaître les dossiers, le fait d'être aux affaires, le fait d'avoir l'expérience internationale, nationale (...), cela peut faire la différence".

Le Premier ministre a insisté sur le "rassemblement" de la droite, critiquant en creux l'éclatement de la gauche, qui dispose d'un réservoir naturel de voix inférieur à 37% pour le second tour de la présidentielle.

"Le fait de bénéficier d'une logique de rassemblement de l'ensemble d'une famille, d'un grand mouvement populaire (..), c'est aussi un atout. Cela permet de se sortir de la gangue politicienne", a-t-il jugé.

"Quand je regarde la gauche, qu'est-ce que je vois? Je vois beaucoup d'impréparation. Je me dis que décidément pendant cinq ans, la gauche ne s'est pas mobilisée autour de la réponse aux préoccupations des Français. De ce point de vue, Nicolas Sarkozy a un temps d'avance", a-t-il poursuivi.

Dominique de Villepin a loué "la vision" du candidat de l'UMP - "elle s'appuie sur des valeurs, sur une volonté de changement" -, sa "volonté d'une action équilibrée" : "quand il insiste sur ce triptyque croissance-travail-investissement, il montre bien que sur chacun de ces domaines, il faut avancer et avoir une crédibilité".

Nicolas Sarkozy "a indiqué sa volonté d'engager une négociation sociale avec les partenaires sociaux sur des sujets aussi importants que l'égalité salariale, la flexi-sécurité les conditions de travail. On voit bien à quel point le travail est au coeur de son projet", a poursuivi le Premier ministre. "Il propose un calendrier : C'est très important d'être capable de dire aux Français quand on fera les choses et comment".

Bref, Dominique de Villepin est dans "un état d'esprit merveilleusement serein, soucieux de maximiser toutes les chances qui sont celles de ma famille et de Nicolas Sarkozy".

"Pour moi, c'est l'achèvement le plus important. Que ma famille politique, que Nicolas Sarkozy puisse l'emporter au deuxième tour", a-t-il lancé.
lemonde.fr, 26.04.07 | 10h06 lemonde.fr

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jeudi 17 mai 2007, 13h17 Dominique de Villepin a quitté Matignon

PARIS (AP) - Dominique de Villepin a quitté jeudi l'hôtel Matignon après avoir transmis ses pouvoirs de Premier ministre à son successeur François Fillon.

Dominique de Villepin, accompagné de son épouse Marie-Laure qui portait une veste blanche sur laquelle étaient imprimés en bleu les mots "Bye-bye", "Adios", "Ciao Ciao" et "Salut", a quitté Matignon en voiture sous les applaudissements d'une partie du personnel, rassemblé selon la tradition malgré une pluie fine.

"Je ne connais pas de plus grand bonheur que celui de servir la France", a déclaré le Premier ministre sortant, visiblement ému, qui a remercié le personnel de Matignon. Il a souhaité "bonne chance" à son successeur et a jugé que ce dernier "a tous les atouts pour réussir au service de la France".

Avant de quitter définitivement son bureau, le Premier ministre sortant avait reçu son successeur pour lui remettre un document de "transmission républicaine" d'une centaine de pages qui fait le point sur l'action du gouvernement sortant et sur les dossiers en instances.

Selon son entourage, Dominique de Villepin avait prévu de passer la journée en famille. AP
jeudi 17 mai 2007, 13h17, Yahoo;fr, actualités

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05 juillet 2007 Clearstream: perquisition chez Villepin, qui se défend de toute manipulation Yahoo.fr, actualités AP - Une perquisition était en cours jeudi après-midi au domicile parisien de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin dans le cadre de l'affaire Clearstream, a-t-on appris de source judiciaire.

Cette perquisition intervient au lendemain de l'audition comme témoin assisté du général Philippe Rondot par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons. Le militaire a été interrogé sur des fichiers retrouvés au terme d'une expertise informatique de son ordinateur portable.

Dans l'une de ces notes, le militaire écrit que Jean-Louis Gergorin, corbeau présumé de l'affaire, lui a confié, le 4 mai 2004, avoir reçu des instructions de Dominique de Villepin de rencontrer le juge Renaud van Ruymbeke. Dans une note ultérieure, Rondot écrit que selon Imad Lahoud, alors informaticien à EADS, M. Gergorin aurait reçu instruction de Dominique de Villepin, elle-même formulée par le président Jacques Chirac, de "balancer Nicolas Sarkozy".

Longuement entendu mercredi, M. Rondot a confirmé l'authenticité des fichiers, précisant toutefois que les notes n'étaient que des retranscriptions de propos rapportés par Jean-Louis Gergorin ou Imad Lahoud, l'informaticien soupçonné d'avoir falsifié les listings Clearstream.

Entendu pendant 17 heures le 22 décembre par les juges D'Huy et Pons, M. De Villepin avait indiqué être étranger à toute manipulation dans l'affaire Clearstream. Il avait expliqué aux juges avoir demandé deux enquêtes: l'une en tant que ministre des Affaires étrangères, confiée au général Rondot, après que M. Gergorin lui eut montré les listings en décembre 2004 et l'autre à la DST, six mois plus tard, lors de son passage place Beauvau. Tout a été fait, avait-il assuré, dans le cadre de ses fonctions ministérielles.

Sur l'une des notes, datée de juin 2004, Rondot écrit que, selon Lahoud, Gergorin aurait reçu instruction de Dominique de Villepin, elle-même formulée par le président de la République, de "balancer Nicolas Sarkozy".

Jeudi matin, dans un communiqué, M. De Villepin s'est défendu d'avoir cherché à compromettre "aucune personnalité politique dans l'affaire Clearstream", en l'occurrence Nicolas Sarkozy, et a demandé à bénéficier du statut de témoin assisté. AP
Yahoo.fr, actualités, 05 juillet 2007

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Villepin : "Je me battrai"
L'ex-Premier ministre a été mis en examen vendredi dans l'affaire Clearstream notamment pour "complicité de dénonciation calomnieuse".
Il dément une nouvelle fois avoir participé à une manoeuvre politique et indique qu'il répondra aux questions des juges.
LCI.fr - le 27/07/2007 - 12h03

La déclaration de Dominique de Villepin

Sa dernière audition avait duré 17 heures. Cette fois-ci, les événements se sont précipités pour Dominique de Villepin : son nouveau passage dans le bureau des juges chargés de l'affaire Clearstream aura duré moins d'une heure.

Convoqué ce vendredi matin à 10 heures, l'ex-Premier ministre faisait son entrée une vingtaine de minutes avant l'horaire prévu, apparemment détendu et souriant aux journalistes. Pour apprendre quelques minutes plus tard de la bouche des juges leur intention de le mettre en examen.

Jean-Marie d'Huy et Henri Pons se retiraient alors brièvement pour en délibérer, et au bout d'une vingtaine de minute venait l'annonce officielle : Dominique de Villepin devra répondre de "complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol, recel d'abus de confiance et complicité d'usage de faux" dans l'affaire Clearstream.

Dès lors, deux options se présentaient à lui : accepter de répondre aux juges... ou faire appel de sa mise en examen. Il soutenait en effet jusqu'à présent n'avoir "à aucun moment demandé à qui que ce soit d'enquêter sur des personnalités politiques, encore moins de les compromettre" et avoir "agi strictement dans le cadre de (ses) fonctions de ministre des Affaires étrangères et de ministre de l'Intérieur".
Cette position est d'importance car seule la Cour de justice de la République peut juger les anciens ministres pour des faits commis dans le cadre de leurs fonctions.

"Je répondrai naturellement à toutes les questions"

Mais plutôt que de gagner du temps en contestant sa mise en examen, l'ex-Premier ministre semble avoir choisi de répondre aux juges. C'est ce qu'il déclarait peu avant 11 heures aux journalistes, avant de repartir du pôle financier du tribunal de grande instance de Paris : s'il a réaffirmé devant la presse qu'à "aucun moment", il n'avait "participé à une quelconque manoeuvre politique", il a ajouté aussitôt : "Je répondrai naturellement à l'ensemble des questions qui me seront posées".

Mais s'il répondra aux juges, Dominique de Villepin n'en a pas moins affirmé son intention de se battre "pour faire éclater la vérité dans le cadre de l'instruction", dénonçant une mise en cause pénible aussi bien pour lui que pour ses proches, et réaffirmant : "J'ai agi pour faire face à des menaces internationales, j'ai agi pour faire face à des menaces contre nos intérêts économiques ; c'est strictement dans ce cadre que j'ai agi, c'était mon devoir comme ministre".

C'était la deuxième audition de Dominique de Villepin dans le cadre de ce dossier. Et entre celle de décembre et aujourd'hui, beaucoup d'eau et surtout de déclarations, ont coulé sous les ponts. Ces dernières semaines, les événements se sont accumulés : la découverte de notes inédites de Rondot impliquant clairement Dominique de Villepin (qui aurait agi à la demande de Jacques Chirac), les perquisitions des juges d'Huy et Pons au domicile de l'ancien ministre et au Quai d'Orsay : de plus en plus d'éléments ont mis en cause l'ancien Premier ministre.

La semaine dernière, l'audition de Jean-Louis Gergorin a porté un nouveau coup à la défense de Dominique de Villepin : l'ex vice-président de EADS a en effet affirmé avoir rencontré le juge Van Ruymbecke à la demande de l'ancien Premier ministre.

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Clearstream : la nouvelle stratégie de Villepin
lefigaro.fr, ANNE-CHARLOTTE DE LANGHE. Publié le 29 août 2007 Actualisé le 29 août 2007 : 07h57

« Je n'ai rien à cacher », a déclaré Dominique de Villepin.

SES PROPOS ont sonné à la fois comme une promesse, un changement d'humeur, et un revirement tactique.
Interviewé lundi soir sur TF1, Dominique de Villepin a annoncé qu'il ne « saisirait pas la Cour de justice de la République » (CJR) mais se comporterait face aux juges de l'affaire Clearstream « comme n'importe quel citoyen, comme un citoyen ordinaire ».
Un engagement à travers lequel l'ancien premier ministre laisse également deviner les grandes lignes de sa stratégie de défense.

Bien qu'il ait « agi dans le cadre de [ses] fonctions » (ministre des Affaires étrangères puis de l'Intérieur), l'ancien premier ministre a ajouté n'avoir demandé que de simples « vérifications » en donnant instructions à Jean-Louis Gergorin de transmettre les faux listings de Clearstream au juge Van Ruymbeke.
« À aucun moment je n'ai demandé quelque chose d'autre », a-t-il déclaré à l'antenne. Ne livrant pas d'explications sur les notes du général Rondot consignant les nombreux rendez-vous qui se seraient tenus au plus haut niveau sur ce dossier courant 2004.

« On me fait un procès d'intention politique, à partir d'éléments que l'on suppose que j'ai connus, que l'on suppose que j'ai eus en main et que je n'ai pas eus en main », a-t-il ajouté, les magistrats instructeurs le soupçonnant d'avoir pris part à une opération de déstabilisation visant Nicolas Sarkozy.

Le choix de la simplicité

Mis en examen le 27 juillet dernier pour « complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol et d'abus de confiance, complicité d'usage de faux », l'ancien premier ministre avait refusé ce jour-là de s'expliquer face aux juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, écourtant de facto un interrogatoire attendu de longue date.

Le positionnement de Dominique de Villepin laissait alors penser qu'il entendait contester la compétence des juges, préférant se tourner vers la CJR, seule habilitée à juger les crimes et délits d'un ministre dans l'exercice de ses fonctions.

Au final, M. de Villepin semble avoir fait le choix de la simplicité, en acceptant de « répondre à toutes les questions » qui lui seront posées. Rendez-vous a donc été pris le 13 septembre prochain avec les magistrats du pôle financier, contre lesquels le bras de fer n'aura pas lieu. « Je n'ai rien à cacher, a-t-il déclaré avant-hier soir. Mais je veux surtout que la justice puisse agir rapidement. »

De fait, en renonçant à demander devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris la saisine de la CJR, l'ancien premier ministre fait clairement l'économie d'une procédure susceptible de traîner en longueur et lourde d'un point de vue symbolique.

Par ailleurs, Dominique de Villepin veut croire que le mode de fonctionnement du circuit judiciaire « traditionnel » peut multiplier ses chances de gagner, la dénonciation calomnieuse figurant parmi l'un des délits les plus délicats à qualifier juridiquement.

Une occasion supplémentaire pour lui d'en finir avec l'affaire Clearstream, dont il espère pouvoir sortir blanchi, pourquoi pas grâce à un non-lieu.

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Villepin remis à sa place par l'UMP
Lundi soir, l'ancien Premier ministre a appelé la majorité à «des résultats». Réponse de l'UMP : «Nous, on a les mains dans le cambouis, d'autres ont les mains dans les poches.»
Par Liberation.fr avec AFP LIBERATION.FR : mardi 28 août 2007

En quelques petites phrases, les porte-paroles de l'UMP ont fait savoir à Dominique de Villepin que la majorité se passerait bien de ses conseils.

Invité lundi soir sur TF1, l'ancien Premier ministre avait appelé la majorité présidentielle à «ne pas s'endormir sur ses lauriers» ni sur «un état de grâce qui est aujourd'hui présent mais qui ne s'appuie pas encore sur des résultats».

La réponse de l'UMP ne s'est pas fait attendre : «Les conseilleurs ne sont pas les payeurs», a ironisé mardi le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez sur France 2, sans se priver de rappeler que «ce n'est pas (Dominique de Villepin) qui est Premier ministre».

Nadine Morano, également porte-parole de l'UMP, a enfoncé le clou ce mardi lors du point presse de rentrée du parti : «Nous, on a les mains dans le cambouis et dans le charbon, d'autres ont les mains dans les poches».

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Villepin, englué dans le dossier Clearstream, charge Sarkozy
Visé par le Président, partie civile dans l’affaire, l’ex-Premier ministreen appelle au respect de la séparation des pouvoirs. Par Renaud Lecadre, Libération, QUOTIDIEN : mardi 4 septembre 2007, p. 13

Il a fini par lâcher le fond de sa pensée.
Multipliant les déclarations publiques à l’occasion de la publication d’un livre sur Napoléon, mais surtout obsédé par sa prochaine convocation par les juges en charge de l’affaire Clearstream, Dominique de Villepin, hier matin sur Europe 1, a ouvertement mis en cause la posture de Nicolas Sarkozy : «Comment peut-on être partie civile alors qu’on est président de la République et qu’on peut donner des instructions à la chancellerie et au parquet ?»
L’ex-Premier ministre mis en examen s’en remet aux «principes de l’Etat de droit», à commencer par la séparation des pouvoirs.

Casquette.

L’incongruité n’est pas nouvelle, elle remonte à la plainte pour dénonciation calomnieuse déposée au printemps 2006 par Sarkozy.
Il était alors simple ministre de l’Intérieur, ce qui est déjà beaucoup, et visait indirectement, sous l’intitulé d’une plainte contre X, Villepin, son supérieur à Matignon, et Jacques Chirac, locataire de l’Elysée.
Mais la situation devient franchement intenable depuis son élection à la présidence.

Comme toutes les parties civiles au dossier Clearstream, faussement affublées d’un compte bancaire à l’étranger, Nicolas Sarkozy - le plus tardif des plaignants - a déjà été entendu par les juges. Il aurait naturellement vocation à l’être de nouveau en fin d’enquête, ne serait-ce que pour réclamer, comme en a le droit toute partie civile, des investigations complémentaires.

Un président de la République dans le cabinet d’un juge !
La perspective fait frémir les constitutionnalistes, qui n’ont jamais qu’envisagé la mise en cause du chef de l’Etat. Mais quid d’un président plaignant, «victime», pour reprendre le leitmotiv sarkozien ?

Dans le doute, François Mitterrand et Jacques Chirac s’étaient toujours abstenus de porter plainte (notamment pour diffamation, occasion la plus fréquente) durant leurs mandats - seul Valéry Giscard d’Estaing s’y était essayé.

Si Nicolas Sarkozy persiste, il faudra s’habituer à l’idée de sa prochaine présence à la barre d’un tribunal correctionnel.

La confusion des genres s’aggrave un peu plus avec cette troisième casquette : Sarkozy préside le Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Cette instance est concernée par un sous-chapitre de la saga Clearstream : elle va devoir prononcer - ou pas - des sanctions disciplinaires contre le juge Renaud Van Ruymbeke, en charge de l’affaires des frégates de Taïwan, qui avait accepté de recevoir les listings Clearstream par voie anonyme.

«Tort».

Peu respectueux des procédures judiciaires, Sarkozy tranchait en début d’année le cas Van Ruymbeke : «Il a tort, vraiment tort. Ses propres pairs l’ont jugé.» Il s’appuyait sur un rapport d’enquête administrative, diligentée par le garde des Sceaux, son collègue Pascal Clément, qui n’a pas valeur de jugement dans un Etat de droit.
Van Ruymbeke a répliqué en qualifiant son renvoi devant le CSM de «décision politique», liée à la «surmédiatisation encouragée par M. Sarkozy».

Pour couper court à ces interférences, Villepin aurait pu recourir à la Cour de justice de la République, composée majoritairement de parlementaires - les politiques se jugeant entre eux.
Il dit y avoir renoncé en tant que citoyen ordinaire qui ne «revendique aucun privilège».

Sauf que ce choix lui échappe, relevant de l’appréciation souveraine de la cour d’appel de Paris. Où officie comme procureur général Laurent Le Mesle, ancien conseiller justice de Jacques Chirac, qui aurait eu du bien mal à afficher un point de vue indépendant sur un ex-collègue élyséen.

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Selon Dominique de Villepin, le dossier Clearstream a été géré de façon "irréprochable" par l'Etat
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 12.10.07 | 06h53 • Mis à jour le 12.10.07 | 06h59

L'ex-premier ministre Dominique de Villepin a été entendu, jeudi 11 octobre, pendant onze heures, par les juges de l'affaire Clearstream, un dossier dans lequel il conteste son implication. Il a affirmé, à l'occasion d'une pause en début de soirée, avoir "expliqué aux magistrats la façon dont l'Etat a été amené à gérer cette affaire à partir du mois de juillet [2004]", quand l'affaire a été révélée dans la presse.

"J'ai indiqué que cette action avait été à mon sens irréprochable et qu'on ne saurait à aucun moment m'impliquer dans une affaire de dénonciation calomnieuse", a-t-il déclaré, ajoutant à l'issue de son audition, peu après 23 heures, avoir "souhaité répondre à l'ensemble des questions des juges".

A son arrivée au pôle financier du tribunal de Paris en milieu de matinée, il avait déclaré aux journalistes son intention d'expliquer aux magistrats qu'il n'avait commis aucune faute dans cette affaire, tout en y impliquant pour la première fois l'ex-président Jacques Chirac. "J'expliquerai lors de cette audition que dès lors que cette affaire a eu des développements médiatiques, la réponse qui a été celle du gouvernement et de la présidence de la République a été la meilleure réponse possible"."Je crois que la réaction, la réponse de l'Etat, a été irréprochable, c'est ce que je vais expliquer aux magistrats", avait-il alors déjà affirmé.

Dans une note envoyée aux magistrats mercredi et publiée sur le site internet du Nouvel observateur, Dominique de Villepin répète que, selon lui, l'affaire a été utilisée contre lui par Nicolas Sarkozy. "Quand on désigne du doigt un faux coupable et qu'on se désigne soi-même comme une victime politique, on enclenche, dans un pays comme le nôtre, une véritable chasse à l'homme où tous les moyens sont bons", écrit-il.

Il explique aussi qu'à ses yeux, l'actuel procureur général de Paris Laurent Le Mesle, conseiller à l'Elysée au moment des faits, est en position de conflit d'intérêt, puisqu'il contribue à traiter judiciairement un dossier dont il aurait été un des acteurs, par ses conseils. Ce point pourrait servir d'argument à Dominique de Villepin pour soutenir ultérieurement l'annulation de la procédure.

CHIRAC IMPLIQUÉ ?

Entendu d'abord comme témoin en décembre 2006, l'ancien chef du gouvernement avait été mis en examen le 27 juillet par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons pour "complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol, recel d'abus de confiance et complicité d'usage de faux". Il est soupçonné d'avoir suscité la remise à un juge anti-corruption, Renaud Van Ruymbeke, en 2004, de fausses listes de comptes bancaires de Clearstream, qui semblaient compromettre, parmi plusieurs centaines de personnalités, Nicolas Sarkozy.

Entendu une première fois en tant que suspect le 13 septembre, Dominique de Villepin avait clamé son innocence, estimant que l'affaire des faux listings s'expliquait par des rivalités industrielles internes à EADS.

Pour la première fois, dans sa note envoyée aux juges, il suggère aussi une implication de Jean-Pierre Raffarin, alors premier ministre, et de Jacques Chirac dans les démarches d'enquête concernant les listings qui lui sont reprochées. Il a expliqué mercredi avoir informé ces deux personnes lorsque, étant ministre de l'intérieur, il a demandé à la DST, en juillet 2004, d'enquêter sur les listings. "J'ai rendu compte et au premier ministre et au président de la République de l'évolution des vérifications administratives qui étaient engagées", a-t-il dit mercredi lors de l'émission "Questions d'info", sur France Info et LCP.

Si cette affirmation s'avérait exacte, le rôle des deux hommes serait sujet à caution. Alors que la DST a conclu que les listings étaient faux, le juge Van Ruymbeke n'en a pas été informé et a dû attendre fin 2005 pour parvenir aux mêmes conclusions après enquête sur Nicolas Sarkozy.

Jean-Pierre Raffarin, entendu comme témoin l'année dernière par les juges, a déclaré avoir été tenu à l'écart de ce dossier. Jacques Chirac a dit qu'il refuserait de répondre à une convocation des juges, invoquant la Constitution.

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L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a prêté serment comme avocat
AFP - Mercredi 9 janvier, 16h53PARIS (AFP) -

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin est devenu mercredi avocat en prêtant serment devant les magistrats de la cour d'appel de Paris, a constaté un journaliste de l'AFP.

Vêtu d'une robe noire et d'un noeud papillon blanc, comme une cinquantaine d'autres impétrants, M. de Villepin a répondu "Je le jure" à l'injonction d'exercer ses futures fonctions avec "dignité, conscience, indépendance, probité et humanité", selon le texte du serment d'avocat.

Diplomate de carrière, M. de Villepin a accédé à la profession d'avocat sur titre, en vertu de ses diplômes - une licence en droit et le diplôme de l'Ecole nationale d'administration - et "après une carrière juridique dans l'administration", a expliqué le bâtonnier de Paris, Me Christian Charrière-Bournazel.

Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, ainsi que l'ex-candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal sont devenus avocats par le même biais, a-t-il ajouté, précisant que cette pratique était "courante".

L'ancien Premier ministre, mis en examen depuis juillet 2007 dans l'affaire Clearstream, notamment pour "dénonciation calomnieuse", doit ouvrir son propre cabinet et s'occuper d'affaires à cara ctère international, selon son entourage.

"C'est une grande fierté pour moi de revêtir aujourd'hui cette robe. Ca fait partie des rêves que j'avais quand j'étais enfant, vous voyez: il y a des rêves qui se réalisent", a déclaré Dominique de Villepin à la presse, avant de s'éclipser quand on l'interrogeait sur l'affaire Clearstream.

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Villepin: sous Sarkozy, la présidence "a perdu en concentration sur l'essentiel"
lun 04 fév, 20h45 Yahoo.fr, actualités

PARIS (AP) - L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a jugé lundi que, depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, la présidence "a perdu en concentration sur l'essentiel, c'est-à-dire le service de la France et le service des Français", et que la présence médiatique des conseillers du chef de l'Etat était "un problème".

"Je crois qu'elle a perdu en concentration sur l'essentiel, c'est-à-dire le service de la France et le service des Français et qu'il faut revenir à cet essentiel", a déclaré l'ancien chef du gouvernement lors de l'émission "Le Franc-Parler" sur France-Inter et itélé.

"Je pense qu'il est bon que la France mette ce qu'elle a toujours été, c'est-à-dire une ambition, au-delà de tout. Les hommes passent, la France reste".

Interrogé sur la "peoplisation" de la vie politique, Dominique de Villepin s'est prononcé "pour moins de personnalisation, davantage de défense du bien public, davantage de défense des intérêts de la France, davantage de défense des projets et de la vision de la France"

Il a également estimé que la prise de parole fréquente des conseillers de Nicolas Sarkozy était "un problème". "Dans la Constitution de la Ve République, c'est vrai que les conseillers n'ont pas vocation à s'exprimer publiquement. Nous avons là un changement par rapport à cette conception traditionnelle de la Ve", a-t-il expliqué.

"C'est un changement, à mon avis, qui est source de dérives". Selon lui, que la présence médiatique des conseillers "soit l'expression de différences, et donc, que cela conduise à des arbitrages et que cela puisse placer le président de la République ou tel et tel responsable politique dans une situation difficile" constitue "un problème".
"Nous sommes évidemment devant un problème. Il appartient au président de la République de trancher cette question", a-t-il jugé. AP

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Le Parisien Dimanche, 10 février 2008, L'Invité du Dimanche, p. 5
"On ne peut se contenter d'agir au coup par coup" : Dominique de Villepin

L'ANCIEN Premier ministre publie « Hôtel de l'insomnie » (195 pages, Ed Plon, 19 €), un récit insolite, fruit de ses nuits blanches à Matignon. 11 y évoque les écrivains et les artistes qui lui sont chers et qui, dit-il, l'aident à vivre.

L'insomnie est-elle bonne ou mauvaise conseillère?

• Dominique de Villepin. L'insomnie, c'est d'abord la marque d'une inquiétude. Une inquiétude qui nous tient en état de veille, un formidable stimulant.
Mais c'est aussi un moyen d'approfondir sa recherche intérieure. La vie politique soumet à de constantes sollicitations : il est important d'avoir un fil à tirer chaque jour, de maintenir sa conscience en éveil ...

Vous déplorez la « fascination de l'éphémère et du superficiel » et parlez d'un « journal- de résistance ». Résistance à quoi?

Résistance aux pressions de l'urgence, du friable, de la mode ou de la rumeur, pour essayer de se retrouver sur l'essentiel.
Il y a toujours le risque de se replier sur soi, de se rétrécir, de s'ankyloser.

Beaucoup de Français ont, aujourd'hui, peur de l'avenir ...

Nous sommes dans des temps où il faut accepter de vivre sans avoir forcément de territoire fixe. Tout est mouvant.
Ma conviction, c'est que nous sommes à un rendez-vous stratégique de notre histoire. La France doit accomplir un certain nombre de réformes. Elle ne peut plus les différer. Je souhaite que le président de la République et le Premier ministre aillent au bout de ces réformes. Des choses ont été lancées. 11 faut saisir cette chance.

Un Premier ministre beaucoup plus haut dans les sondages que le chef de l'Etat, est-ce tenable ?

Ce qui me semble important, c'est que la répartition des tâches et des responsabilités entre eux soit clairement définie. Rien ne serait pire qu'une suspicion au sein de l'exécutif Le président de la République a une responsabilité d'impulsion.
La responsabilité du Premier ministre, c'est d'assurer la coordination et la cohérence de l'action gouvernementale.

Quand les taxis crient victoire et que Jacques Attali est désavoué, est-ce une reculade devant les corporatismes?

Il y a un temps pour tout. Un temps pour la réflexion, c'est ce qu'a fait Jacques Attali. Et il y a un temps pour la décision et l'action qui doit associer étroitement le gouvernement, les élus et les partenaires sociaux.
C'est un gage de démocratie et d'efficacité. Il serait dommage que le gouvernement se détermine au coup par coup en fonction du nombre des mécontents ou d'impérati1S politiciens.
Plutôt que d'isoler telle ou telle mesure ou de rentrer dans des intérêts catégoriels, il faut avoir une approche globale, s'appuyer sur des principes, une vision, avec un mode d'emploi clair.

Les députés UMP sont très critiques envers les interventions médiatiques des conseillers de l'Elysée. Leur donnez-vous raison, vous qui avez été secrétaire général de l'Elysée ?

Je suis personnellement réservé sur de telles interventions. Mais c'est un choix qui appartient au président de la République. En tout état de cause, les conseillers devraient se limiter à l'explication de la politique engagée, pour éviter tout risque d'intenérences ou d'in­cohérences.

" Pourquoi rouvrir aujourd'hui la question de la laïcité ? "

Comment expliquez-vous que Nicolas Sarkozy soit aujourd'hui à ce point en difficulté ?

Les attentes des Français se traduisent par une certaine impatience et les réformes engagées peuvent susciter des mécontentements.
Il y a le sentiment de ne pas savoir toujours où on va. Il y a peut-être aussi des incompréhensions vis-à-vis de la stratégie politique, et notamment de la stratégie d'ouverture, qui doit se traduire par un véritable apport sur le fond.
Enfin, sur un plan plus personnel, les images des derniers mois ont pu donner le sentiment d'une perte de concentration sur l'essentiel .. .

Rama Vade dénonce une « chasse à l'homme» contre Nicolas Sarkozy et s'en prend aux cc charognards » •••

Je n'ai pas à porter de jugement sur la vie privée du chef de l'Etat. Elle doit être respectée.
Cela dit, il faut faire en sorte en permanence que l'action soit lisible et tout entière consacrée au service des Français.
Il a pu y avoir des malentendus, des difficultés, des incohérences. L'important, c'est que chacun, très vite, en tire les conséquences.

Souhaitez-vous que la Société générale cherche une alliance avec une grande banque française?

Ce qui me paraît prioritaire, c'est de rechercher des solutions dans un cadre amical. Ce serait bien de valoriser les atouts nationaux ou d'intégrer une vision européenne tout en défendant nos intérêts stratégiques.

Est-ce le rôle de l'Etat d'aider une entreprise privée, comme Nicolas Sarkozy l'a annoncé à Gandrange pour Arcelor Mittal ?

J'appuie pleinement le président de la République dans sa volonté de réformer, de moderniser, d'adapter notre pays.
Je suis un fervent soutien de tous ceux qui font preuve de dynamisme, d'énergie, d'imagination.
Mais, l'action doit être conduite dans la cohérence et dans la durée. Chacun doit exercer ses responsabilités, l'Etat comme les entrepriSes.
Il n'appartient pas à l'Etat de se substituer aux entreprises.
Il lui appartient en revanche d'anticiper et d'accompagner les évolutions à partir d'une stratégie économique et industrielle qui est à définir tant au plan national qu'européen. En tout état de cause, l'Etat doit se situer du côté des solutions d'avenir.

Face à l'ampleur des défis, on ne peut pas se contenter d'agir au coup par coup.

Etes-vous optimiste?

Oui, si l'on se situe résolument du côté de l'action.
Dans un temps de grands changements, il y a un double devoir: un devoir de vigilance républicaine et un devoir d'adaptation.
Pour cela, il faut rassembler les Français sur l'essentiel : le respect de nos valeurs et de nos institutions, la défense de l'indépendance nationale, la réforme économique et sociale.
Tout ce qui divise inutilement doit être laissé de côté : pourquoi rouvrir aujourd'hui la question de la laïcité ou poser celle d'un retour dans l'Otan ? Restons fidèles à nos priorités.
Donnons plus de sens à l'action entreprise. Agissons, au total, avec ambition, pragmatisme et humilité.
PROPOS RECUEILLIS PAR DIDIER MICOINE : ET DOMINIQUE DE MONTVALONj

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L'Appel républicain de Marianne Vendredi 15 Février 2008 - 15:59 Marianne

Nous reproduisons ci-dessous un appel, publié dans Marianne, signé par dix-sept personnalités de la droite, du centre, de l'écologie et de la gauche républicaine. A situation exceptionnelle, rassemblement inédit...

© Baya Kanane Il se passe de drôles de choses dans notre République. L'actuel Président avait bien promis la rupture. Rupture il y a, mais pas seulement telle qu'elle avait été annoncée.
Un gouvernement marginalisé, dont le travail s'avère pré-mâché par les conseillers du Prince. Rupture.
Un Président qui semble déserter la fonction, parlant tour à tour comme croyant ou comme laïc. Rupture.
Un Président qui veut mettre la politique en chiffres, comme s'il s'agissait de vendre des petits pois. Rupture.
Un Président qui entend diriger ses équipes comme un manager d'hypermarché, distribuant bons et mauvais points, primes ou sanctions. Rupture.
Un Président qui reste chef de parti et dont le domaine réservé est davantage la Mairie de Neuilly que la politique de défense. Rupture.
Un Président qui prétend substituer au débat contradictoire traditionnel entre majorité et opposition la mise en scène des divergences entre ses courtisans et ses ministres. Rupture.
Un Président qui affirme devoir être heureux pour gouverner le pays. Rupture.
Un Président qui annule ses rendez vous du soir et du matin pour vivre pleinement son couple. Rupture.

La liste est longue des stupéfiantes innovations, que, volontairement ou involontairement, Nicolas Sarkozy a introduit dans la politique présidentielle. Ce nouveau cours suscite donc des inquiétudes, une anxiété même.
C'est cette anxiété, qui risque bien de s'amplifier dans les semaines et les mois à venir, que traduit l'appel républicain de dix-sept hommes et femmes politiques que nous reproduisons ci-dessous.

On ne doit pas se tromper sur sa signification : si des personnalités politiques de premier plan qui ont l'habitude de s'affronter sur la scène publique depuis des années, prennent le risque de s'afficher au bas d'un même texte à quelques jours d'un scrutin dont le président lui a annoncé qu'il serait politique, si cet appel a recueilli la signature de plusieurs hommes et femmes politiques de la droite républicaine, c'est bien que le contexte politique créé par huit mois de sarkozysme est totalement inédit.
A lire. A méditer. Avant d'agir ?

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Pour une vigilance républicaine

Les soussignés se réclament de sensibilités très diverses, et ils ont sur un certain nombre de sujets importants des positions très différentes, mais ils ont malgré tout en commun un certain nombre de convictions et de valeurs qu'ils entendent réaffirmer.

- Leur attachement au principe républicain et, en conséquence, leur refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective.

- Leur attachement aux fondamentaux d'une laïcité ferme et tolérante, gage de la paix civile.

- Leur attachement à l'indépendance de la presse et au pluralisme de l'information.

- Leur attachement aux grandes options qui ont guidé, depuis cinquante ans, au-delà des clivages partisans, une politique étrangère digne, attachée à la défense du droit des peuples et soucieuse de préserver l'indépendance nationale et de construire une Europe propre à relever les défis du XXI° siècle.

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Au-delà de leurs divergences, les soussignés tiennent à rappeler leur engagement à défendre, séparément ou ensemble, ces impératifs, comme toujours cela fut fait au cours de l'Histoire de la République.
Pierre Lefranc, ancien chef de cabinet du Général de Gaulle
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre
Ségolène Royal, ancien ministre, Présidente de la région Poitou-Charentes
François Bayrou, ancien ministre, député des Pyrénées-Atmantiques
Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre
Corinne Lepage, ancien ministre
Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne
Bertrand Delanoë, maire de Paris
Maurice Leroy, député de Loir-et-Cher
Nöel Mamère, député de la Gironde
Jean-Christophe Lagarde, député de la Seine-Saint-Denis
Marielle de Sarnez, conseillère de Paris
André Gérin, député du Rhône
Arnaud Montebourg, député de la Saône-et-Loire
Jacqueline Gourault, sénatrice du Loir-et-Cher
Jean-Pierre Brard, député de la Seine-Saint-Denis
Jean-Paul Bled, président des Cercles universitaires d'études et de recherches gauliennes

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CLEARSTREAM Dominique de Villepin "veut un procès"
NOUVELOBS.COM | 24.02.2008 | 17:30

L'ancien Premier ministre estime avoir "été sali" et a mis en cause "l'instruction qui a été faite par la rumeur" dans l'affaire où il est soupçonné de tentative de déstabilisation de Nicolas Sarkozy en 2004.

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, qui affirme avoir été "sali" dans l'affaire Clearstream où il est mis en examen, a déclaré, dimanche 24 février sur Canal+ : "Je veux un procès, pour la vérité et pour la justice. J'apporterai la vérité des choses, l'ensemble des victimes y ont droit" et "c'est un combat que je veux mener", a-t-il affirmé.

Dominique de Villepin a estimé avoir "été sali" et a mis en cause "l'instruction qui a été faite par la rumeur". Il a notamment cité "un DVD crypté" trouvé lors d'une perquisition à son domicile sur lequel "au terme d'une enquête extrêmement longue et coûteuse" on a trouvé "mes discours diplomatiques".

Il a également cité la découverte d'un ordinateur "dans les sables à Beyrouth". "Cet ordinateur devait m'accabler, il ne contient rien qui me concerne", a-t-il affirmé.

Dénonciation calomnieuse

"Je veux savoir deux choses dans cette affaire, qui a falsifié les listings et pourquoi ? Et je veux savoir aussi qui a instrumentalisé le dossier, qui a fait pression sur ce dossier", a-t-il lancé. "Ce n'est pas une affaire politique, c'est une affaire financière et industrielle" a-t-il assuré.

Les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons ont notifié vendredi la fin de leur enquête sur l'affaire de dénonciation calomnieuse Clearstream, dans laquelle l'ancien Premier ministre est mis en examen. Ils le soupçonnent d'avoir participé à une tentative de déstabilisation en 2004 de l'actuel chef de l'État, Nicolas Sarkozy, partie civile dans le dossier.

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Clearstream : une instruction bouclée mais très contestée
RENAUD LECADRE Libération QUOTIDIEN : lundi 25 février 2008 p. 16

L’affaire Clearstream est bouclée, du moins en apparence. Les juges Jean-Marie d’Huy et Henri Pons viennent de notifier la fin de leur instruction tentaculaire, ouvrant la voie aux différents acteurs (personnes poursuivies et parties civiles), qui disposent d’un délai de trois mois pour réclamer une enquête complémentaire. El les ne s’en priveront pas, plusieurs protagonistes se disant estomaqués par la conduite de l’enquête, focalisée sur la rivalité entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy, pour le plus grand bénéfice du président de la République.

Plusieurs centaines de personnalités du monde des affaires, de la politique et des médias se sont vues faussement affublées d’un compte bancaire à l’étranger. Dans ces faux listings Clearstream, le nom de Nicolas Sarkozy n’est apparu que dans la dernière ligne droite. Me Jean-Marc Fedida, avocat d’Alain Madelin, dont le nom a figuré sur des listings dès novembre 2003 (six mois avant Sarkozy), ironise : «L’attention des magistrats s’est focalisée sur le patronyme Nagy-Bocsa, aucun moyen n’étant déployé pour savoir comment d’autres personnes se sont retrouvées sur des faux listings, comme si leurs noms étaient secondaires.»

Electron libre.

Ils étaient pourtant de plus en plus abondants. Un véritable «arbre de Noël», selon un fin connaisseur : il y en a pour tous les goûts. Sont apparues successivement des personnalités aéronautiques et mafieuses, pour appâter Jean-Louis Gergorin (vice-président d’EADS qui transmettra les listings par voie anonyme) ; des membres de la DST ou de la DGSE, pour appâter le général Rondot (électron libre du renseignement, fidèle à Jacques Chirac) ; des politiques de tous bords puis finalement sarkozistes, pour appâter Dominique de Villepin (suspecté d’animer le «cabinet noir» de la chiraquie).

Cette chronologie, retenue par les juges, se concentre autour du fameux rendez-vous du 9 janvier 2004 au Quai d’Orsay, Villepin faisant le point de la situation avec Rondot et Gergorin, tous supposés être obsédés par le seul Sarkozy. Sauf que l’affaire Clearstream pourrait avoir démarré trois ans plus tôt, à l’ombre des renseignements généraux.

Gribouillis.

C’est une mention figurant sur les carnets d’Yves Bertrand, directeur des RG de 1992 à 2004. Datée de mai 2001 : «Imad Lahoud […]. Pourrait Wer c L.J.» Traduction : pourrait travailler contre Lionel Jospin à l’approche de la présidentielle. Lahoud, financier et mathématicien, est alors visé par une enquête pénale sur la faillite de son fonds d’investissement (Volter).

Il cherche des appuis en haut lieu, propose ses services, ses tuyaux dans le monde arabo-financier. A-t-il été recruté, «tamponné» en jargon des services, pour informer les RG ? En juin 2002, un autre gribouillis d’Yves Bertrand mentionne les relations entre Jacques Chirac et le Premier ministre libanais Rafic Hariri, en référence à de mystérieux «comptes Saoudi Bank» ; un an plus tard, une note du général Rondot mentionnera la même rumeur, sourcée Imad Lahoud… En juillet 2002, Imad Lahoud est incarcéré dans l’affaire Volter.

Un enquêteur a eu la curiosité de consulter le registre des visites à la prison de la Santé : contrairement à tous les usages, il a disparu. Quand Lahoud est remis en liberté, en décembre 2002, il est illico repris en main par les services, la DGSE puis le général Rondot. Les carnets d’Yves Bertrand, retrouvés à son domicile, s’arrêtent prudemment à juin 2003, quand commencent à circuler les premiers faux listings.

Deux autres parties civiles (car il n’y a pas que Sarkozy dans la vie) ont évoqué le rôle supposé des RG. Dominique Ambiel, ancien conseiller de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, a dit son sentiment d’avoir été suivi dans sa vie privée : c’est sa seule explication rationnelle au vu de son inscription sur un faux listing dès novembre 2003 (toujours six mois avant Sarkozy).

Alain Guilloux, avocat fiscaliste renvoyé en correctionnelle dans l’affaire Angolagate, est encore plus explicite. Les principaux protagonistes de ce marché d’armes entre la Russie et l’Angola via la France, souvent d’obédience pasquaïenne, ont été estampillés Clearstream (encore six mois avant Sarkozy). Interrogé par Libération, M e Guilloux y voit la patte des RG : «Je ne connais pas Lahoud, il ne me connaît pas. C’est donc qu’on lui a susurré mon nom, à une époque ou l’Angolagate partait en brioche ; il fallait remettre une couche. Clearstream est la répétition de l’Angolagate : même gens, même méthode, même manipulation. Sauf qu’au lieu de tomber sur Courroye [ndlr: juge d’instruction proche de Sarkozy, qui l’a promu procureur de Nanterre après avoir traqué la galaxie Pasqua], ils sont tombés sur Van Ruymbeke [ndlr: bête noire de Sarkozy, en charge des frégates de Taïwan, visant la galaxie Balladur] qui a démonté la manip.»

«Circulez !»

L’audition de Guilloux, en décembre 2007, a contraint les juges à perquisitionner l’ancien directeur des RG. Pour ensuite clôturer leur enquête au plus vite, suscitant l’indignation de nombreux avocats : «On a entrouvert la porte pour aussitôt la fermer» ; «Circulez, y a rien à voir !» Brigitte Henri, commissaire des RG, a pourtant confirmé ses contacts fréquents avec Imad Lahoud, à propos du Moyen-Orient, dit-elle, affirmant en rendre compte à Yves Bertrand. Ce dernier dément mais n’exclue pas qu’un autre membre des RG aujourd’hui décédé aurait pu rendre compte à son successeur, le très sarkophile Bernard Squarcini. L’instruction est «instrumentalisée» au profit d’un seul, a répété hier Villepin sur Canal +.

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Clearstream: Villepin dénonce partis pris et procès d'intention
Reuters - Samedi 1 mars, 14h11PARIS (Reuters) -

L'ancien Premier ministre français Dominique de Villepin, mis en examen dans le cadre de l'affaire Clearstream, fustige samedi les conclusions de l'enquête de police.

"Les éléments rassemblés à la clôture de l'instruction font ressortir clairement que les accusations portées contre moi ne reposent que sur des partis pris et des procès d'intention", dit-il dans un communiqué.

Selon le rapport remis aux juges d'instruction la semaine dernière, dont des extraits ont été publiés par le site internet Mediapart, les policiers estiment que Dominique de Villepin a voulu "empêcher Nicolas Sarkozy d'accéder à la présidence de l'UMP en misant sur les délais qu'il faudra(it) à la justice pour démontrer que la mise en cause de Nicolas Sarkozy à travers les listings Clearstream n'était pas fondée".

"Le rapport de synthèse de la police judiciaire reflète l'inanité des accusations portées contre moi", déclare Dominique de Villepin.

Il souligne notamment "l'incohérence qu'il y a à m'accuser d'avoir voulu empêcher Nicolas Sarkozy de devenir président de l'UMP alors qu'on n'a cessé de me reprocher de me désintéresser des affaires de l'UMP" et ajoute que "Nicolas Sarkozy a été élu à la présidence de l'UMP sans opposition des chiraquiens".

"Entre le grand spectacle auquel a donné lieu l'affaire Clearstream et la réalité des faits, il y a au bout du compte un fossé considérable", poursuit Dominique de Villepin.

"Je ne crains pas un procès. Tout au contraire, s'il devait avoir lieu, il permettrait de rétablir la vérité des faits et la vérité du droit", répète-t-il.

L'enquête sur les faux listings sur lesquels figurait le nom de Nicolas Sarkozy s'est achevée le 22 février après trois ans et demi d'investigations mais le procès semble encore loin.
Jean-Baptiste Vey

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L'"effet Villepin" profite à Napoléon
LE MONDE | 20.03.08 | 16h34 • Mis à jour le 20.03.08 | 16h35

Dominique de Villepin a vendu sa collection privée sur Napoléon, le 19 mars 2008, à Paris : soient plus de 350 livres et manucrits.

Il y a eu un "effet Villepin" à Drouot, mercredi 19 mars. La vente aux enchères de la bibliothèque impériale de l'ancien premier ministre a totalisé 1,2 million d'euros (avec les frais), soit plus du double de l'estimation initiale (entre 400 000 et 500 000 euros).

Plus de 300 documents historiques, de la fin de l'Ancien Régime jusqu'à l'Empire et l'exil de Napoléon à Sainte-Hélène, ont trouvé preneur : livres, almanachs, lettres de l'Empereur à Cambacérès, correspondances de Chateaubriand, Murat, Talleyrand, etc. "Bibliothèque de lecture avant tout, la collection de Dominique de Villepin est aussi celle d'un bibliophile privilégiant les premières éditions, les tirages sur grand papier. (...) Elle témoigne d'un goût marqué pour les exemplaires de choix, le plus souvent en reliure du temps", résume la maison Pierre Bergé et associés, organisatrice de la vente.

Dans la préface du catalogue, M. de Villepin explique qu'il se sépare "sans nostalgie" de sa collection. L'auteur des Cent jours ou l'esprit du sacrifice (éd. Perrin, 2001) et du Soleil noir de la puissance (2007) vient de terminer deux autres tomes. "La publication prochaine de deux volumes sur la fin de l'Empire et Sainte-Hélène achève mon exploration politique de la période napoléonienne", ajoute M. de Villepin, aujourd'hui avocat, qui souhaite se consacrer au tournant des XVe et XVIe siècles.

Maroquins bleu nuit, rouge pourpre, flamme ont défilé sous les yeux du public entassé dans une petite salle : des collectionneurs, des curieux, des fonctionnaires venus pour "observer ou acheter si l'occasion se présente", etc. Assis dans un coin de la salle, un monsieur moustachu, cigare au bec, note attentivement tous les prix. Jacques Benelli, expert près la cour d'appel de Paris en livres anciens et modernes, lève la tête et assène son verdict : "C'est bien au-dessus des sommes habituelles. S'il n'y avait pas le nom de Villepin, sans doute les prix ne monteraient pas autant."

Une "rare édition originale" du pamphlet de l'abbé Sieyès, Qu'est-ce que le Tiers-Etat ?, a été vendue 3 000 euros (estimé entre 1 500 et 2 000 euros). Et 5 200 euros pour L'Ancien Régime et la Révolution de Tocqueville, avec autographe signé de l'auteur. Les Lettres de Napoléon à Joséphine, de 1796 à 1813, s'envolent à 2 400 euros, quatre à six fois plus que l'estimation. Le sommet a été atteint par un Mémorial de Sainte-Hélène de Las Cases, enrichi de lettres manuscrites de Napoléon ou de Wellington : 32 000 euros.

Quelques pièces ont été préemptées par des institutions : le Musée Napoléon de Fontainebleau s'est porté acquéreur d'un almanach royal, avec reliure aux armes d'Eugène de Beauharnais, vice-roi d'Italie et fils de Joséphine (11 000 euros), et d'un essai contre Napoléon. La Bibliothèque nationale de France a acheté une édition rare de trois nouvelles de Joseph Fiévée, conseiller de Bonaparte puis préfet de la Nièvre. La direction des Archives de France n'a pas laissé filer le décret manuscrit de Napoléon, portant élévation au titre de comte et de baron, signé par Napoléon (28 000 euros). Après la vente, la maison Bergé a indiqué que Dominique de Villepin lui en faisait don.
Clarisse Fabre

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Villepin n'exclut pas de se présenter à une élection
Jérôme Bouin (lefigaro.fr) Avec AFP et La Tribune de Genève 02/04/2008 | Mise à jour : 11:24 |

«Les hommes devraient moins avoir le regard porté sur les baromètres de la communication. Dans un entretien à La Tribune de Genève, l'ancien premier ministre déplore «l'absence de leadership national et international».

Jamais élu, méprisant les élus du peuple : voilà le portrait que les adversaires de Dominique de Villepin dessinent souvent. Un portrait que le principal intéressé pourrait s'employer à démentir dans les prochaines années. C'est du moins ce qu'il assure dans un entretien au quotidien suisse La Tribune de Genève, publié mercredi. «Je suis au départ un serviteur de l'Etat (...) Que dans d'autres circonstances de la vie, l'élection s'impose à moi, bien sûr: je n'ai jamais rejeté l'élection», explique l'ancien premier ministre qui avait jusqu'à présent refusé toutes les propositions qui lui avaient été faites de se présenter aux législatives, notamment l'année dernière.

Dans cette interview, l'ancien locataire de Matignon ne se prive pas d'égratigner Nicolas Sarkozy, sans le nommer. Interrogé par le quotidien suisse sur le fait de savoir s'il connaissait un homme d'Etat pouvant être comparé à Napoléon, qu'il admire, il répond: «le drame d'aujourd'hui, c'est peut-être l'absence de leadership national et international». Avant d'ajouter : «Les hommes devraient moins avoir le regard porté sur les baromètres de la communication. C'est en s'allégeant de ses propres intérêts personnels que l'on peut le mieux servir son pays et le monde».

D'ailleurs, Dominique de Villepin revient sur «L'appel à la vigilance républicaine», qu'il a cosigné en février dernier en compagnie d'une dizaine de responsables politiques de gauche comme de droite parmi lesquelles Ségolène Royal, François Bayrou ou Bertrand Delanoë. Il n'éprouve visiblement aucun regret d'avoir apposé sa signature à ce texte même s'il reconnaît que la démarche a pu être «brutale ou maladroite». «Que des actions, des positions aient pu être corrigées, c'est tout l'intérêt d'une démocratie», estime Villepin, jugeant que «le message a été entendu».

«Gréviste en Mai 68»

Alors que Nicolas Sarkozy vient de décider de l'envoi d'une mission humanitaire en Colombie afin de retrouver et soigner Ingrid Betancourt, Dominique de Villepin revient sur l'opération de sauvetage, avortée, qu'il avait initiée en juillet 2003 pour la libérer. «C'est la famille, informée par le président Uribe, qui nous l'avait demandé, ce qui n'a pas été assez rappelé dans la polémique qui s'est ensuite nouée», raconte-t-il au quotidien suisse. «Nous avons, dans les conditions les plus discrètes envoyé un avion, non sans hésiter sur le lieu d'atterrissage» (le Brésil, ndlr). «Puis l'affaire a été révélée, ce qui a provoqué une polémique regrettable. Il n'y avait dans notre démarche qu'une préoccupation humanitaire».

En conclusion de l'entretien, l'ancien premier ministre rappelle qu'il a participé au mouvement de Mai 68, confiant avoir été «le seul gréviste» du lycée français de Caracas, au Venezuela, où il était alors scolarisé. «J'apercevais un tournant dans les relations entre le pouvoir et la société, l'affirmation d'une jeunesse, d'un autre regard porté sur le monde, d'un idéal à défendre», déclare-t-il.

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Pour ne pas avoir à disculper Villepin, le parquet joue la montre
Libération RENAUD LECADRE QUOTIDIEN : samedi 7 juin 2008 p. 14

Courage, bottons en touche. Faute d’oser requérir un non-lieu en faveur de Dominique de Villepin, le parquet vient de demander la réouverture de l’enquête pénale sur Clearstream. Les juges d’instruction en charge de l’affaire sont libres de passer outre et de le renvoyer illico en correctionnelle. Mais oseront-ils ?

Pour mémoire, l’ancien Premier ministre est poursuivi pour dénonciation calomnieuse. Et Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d’EADS, pour avoir fait circuler des listings bancaires attribuant faussement des comptes offshore à des personnalités politiques, de l’industrie, de la finance et de la police.

Observé.
C’est un principe général du droit : pas de délit sans intention délictuelle. En matière de dénonciation calomnieuse, le code pénal est explicite : «Il appartient de rechercher si, au moment de la dénonciation, le prévenu connaissait ou non la fausseté des faits dénoncés.»
Appliqué à l’affaire Clearstream, il faudrait démontrer que Villepin savait que les listings avaient été bidonnés au moment de leur envoi anonyme au juge Van Ruymbeke -- et peu importe qu’il ait donné, ou pas, instruction à Gergorin de le faire.
Or il lui est plutôt reproché d’avoir cru trop longtemps à leur véracité. Une faute politique, peut-être ; une manœuvre contre Nicolas Sarkozy, sûrement ; un délit pénal, certainement pas.

Dans son réquisitoire, communiqué jeudi aux parties, le parquet évoque une «lumière trouble sur ses motivations exactes» , mais il constate que «l’information n’apporte pas les éléments qui permettraient de lever le doute sur la connaissance exacte qu’avait Dominique de Villepin du caractère fallacieux» des listings.
Le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, soupçonné d’étouffer certaines affaires, est aussi un fin juriste qui sent bien que la dénonciation calomnieuse ne tient pas la route. Se sachant très observé à l’Elysée (lire ci-contre), son parquet avait laissé entendre, auprès de différents avocats, qu’il envisagerait de requérir un non-lieu. Cette fuite organisée a permis d’éviter le pire - un ordre de Sarkozy visant à renvoyer Villepin en correctionnelle - et de ménager la chèvre et le chou : de l’art de donner du temps au temps.

Sur 136 pages, le réquisitoire se donne beaucoup de mal à tenter de nourrir l’accusation. Il soutient, à de multiples reprises, que les vérifications du général Rondot, chargé d’établir la crédibilité des listings, auraient été «toutes négatives» depuis le début. Sauf que ce dernier a longtemps entretenu ses doutes : «Mes recherches n’ont pas encore permis de valider la thèse de Gergorin, laquelle est cependant étayée par des documents bancaires troublants, s’ils sont vrais.»
De même, Alain Juillet, responsable de l’intelligence économique au gouvernement, censé tout savoir sur tout, reconnaît avoir été «abusé» : «Je m’en rends compte aujourd’hui.»

Le parquet se penche longuement sur la «psychologie spécifique» de Jean-Louis Gergorin, «ses obsessions anciennes», «ses scénarios délirants» , son goût du complot… Son ancien employeur, Arnaud Lagardère, en sourirait presque : «C’est un personnage très créatif, mais avec un côté paranoïaque qui a pu parfois s’avérer utile au groupe Lagardère.»

Des cadres d’EADS évoquent mêmes ses «gergorinades». Le parquet croit pouvoir en conclure abruptement que Gergorin «n’a pas pu croire sincèrement à la réalité des faits dénoncés, qu’il avait même une connaissance certaine de leur fausseté». Alors que toute sa psyché hurle le contraire.

Grand-Duché.
Le réquisitoire s’achève par une balle tirée dans le pied. S’en prenant au livre du journaliste Denis Robert consacré deux ans plus tôt à Clearstream (Révélation$), présenté comme une lessiveuse d’argent sale, le parquet affirme ainsi que «des recherches sommaires menées à la suite de sa parution» ont permis de constater «l’inanité des accusations contenues dans l’ouvrage». Bref, toute personne sensée aurait pigé très vite que tout est bidon.

Sauf que le parquet de Paris a mené sa propre enquête, pendant plus d’un an, sur les listings du corbeau ; écrivant au parquet du Grand-Duché, qui, lui, enquêtait sur le livre de Denis Robert : «Les éléments livrés par courrier anonyme au juge Van Ruymbeke apportent-ils des informations complémentaires substantielles aux autorités judiciaires luxembourgeoises ?» On ne sent pas ici poindre l’ombre d’un doute…

Pour confondre Villepin, les enquêteurs en sont réduits à tenter de le coincer dans la dernière ligne droite. Irréprochable pénalement lors des premiers envois anonymes, en mai et juin 2004, il ne le serait plus lors du dernier, en octobre, le bidonnage devenant alors plus évident.
A défaut d’avoir orchestré la manipulation, il pourrait lui être reproché de ne pas l’avoir interrompue.

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06 juillet 2008 - 18h07 Google Retrouvailles émouvantes entre Betancourt et Villepin

L'ex-otage a déjeuné dimanche avec l'ex-Premier ministre, son professeur à Sciences-Po devenu son "ami".

La joie de cette libération, "si je voulais la partager avec quelqu'un, c'était évidemment avec lui", a expliqué Ingrid Betancourt.

Aux journalistes qui lui demandaient ce qu'il ressentait, Dominique de Villepin a répondu : "Il n'y a pas de mots".

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Villepin, deux questions et puis s’en vont
RENAUD LECADRE Libération QUOTIDIEN : mardi 8 juillet 2008

Mascarade judiciaire, suite et pas fin.
Les juges d’instruction en charge de l’affaire Clearstream, Jean-Marie d’Huy et Henri Pons, viennent à nouveau de notifier la clôture de leur enquête.

Ils l’avaient déjà fait en février, suscitant l’indignation de nombreuses parties civiles, soupçonnées à tort de détenir des comptes bancaires à l’étranger. L’information judiciaire, obnubilée par la rivalité Villepin-Sarkozy, a laissé de côté une centaine de dignitaires industriels, policiers ou politiques, n’ayant rien à voir avec les règlements de compte au sein de la chiraquie finissante.

Faute morale.
Toutes les demandes d’actes supplémentaires des parties civiles avaient été retoquées par les deux magistrats, adoubés par le président de la chambre de l’instruction, peu curieux de comprendre pourquoi Madelin, Chevènement et Strauss-Kahn se seraient retrouvés dans les faux listings six mois avant Sarkozy (Libération du 23 avril).
«Tout le monde s’en fout», s’indigne l’une d’entre elles. Seul le parquet de Paris avait obtenu, début juin, un supplément d’information. Et encore, pour un motif microcosmique.

Pour le procureur de la République, Jean-Claude Marin, comme pour la plupart des avocats du dossier, rien ne saurait, à ce stade, être pénalement reproché à Dominique de Villepin : poursuivi pour dénonciation calomnieuse, il faudrait démontrer qu’il était au courant de la fausseté des listings avant d’encourager leur mise en circulation, via Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d’EADS.
Or, adeptes du complot, De Villepin et Gergorin croyaient dur comme fer à la véracité des listings. Une faute morale, peut-être, mais pas un délit pénal.

Faute d’avoir le courage de demander un non-lieu en faveur de Villepin, le parquet s’était contenté, après intervention du conseiller justice de l’Elysée, Patrick Ouart, de requérir un supplément d’enquête pour vérifier à partir de quand tout ministre normalement informé aurait du se douter de la fausseté des listings.

Renseignements généraux.
Les juges d’Huy et Pons ont fait mine d’obtempérer. Ils se sont contentés de reconvoquer Villepin la semaine dernière, pour une audition express (34 minutes) alors qu’il avait déjà été entendu 54 heures. Pour deux pseudo questions-réponses. En substance : «Étiez-vous au courant des antécédents judiciaires d’Imad Lahoud [le présumé faussaire des listings, ndlr] ? - Je n’avais jamais lu son nom dans la presse. - Pourquoi n’avez-vous pas ensuite alerté la justice de la fausseté des listings ? - Elle s’en est aperçue très vite.»

Dans la foulée, les deux juges ont de nouveau signifié la clôture de leur instruction. Une sorte de bras d’honneur adressé à la terre entière (le parquet, les prévenus, les plaignants), sauf à… Sarkozy : en dépit de ses mamours publics adressés à Villepin, il veut toujours le pendre à un «croc de boucher».

Cet ultime imbroglio ouvre un nouveau délai de trois mois aux autres protagonistes de l’affaire Clearstream, en vue de réclamer un supplément d’enquête. Alain Guilloux, avocat mis en cause dans «l’Angolagate» puis affublé d’un faux compte Clearstream, voit dans ces faux listings la patte des Renseignements généraux, trois ans avant l’intervention de Villepin (Libération du 18 juin).
Dans un courrier aux juges, son avocat, Me Daniel Vaconsin, ironise : «Mon client se voit mal en l’état demander des comptes devant un tribunal correctionnel aux deux personnes actuellement susceptibles d’y être renvoyées, Imad lahoud et Jean-Louis Gergorin, lesquelles sont totalement étrangères à l’insertion de son nom dans les listings. Mais il ne saurait pour autant renoncer à connaître le nom des véritables auteurs, alors que la manifestation de la vérité est à notre portée.»

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Villepin : « Je ne suis pas un retraité de la politique » Le Parisien 25 août 2008 p. 8

L'ANCIEN Premier ministre Dominique de Villepin a fàit une rentrée politique tonique, hier soir, à l'émission « le Grand Jury RIL-LCI­le Figaro ».

Nicolas Sarkozy et Clearstream.
« Cest vrai que nous nous conmlissons depuis longtemps,nous avons fait beaucoup de choses ensemble, nous avons travaillé dans le même gouvernement (...) Nous avons de l'estime l'un pour l'autre.
Nous avons connu des péripéties, l'affaire Clearstream notamment; qui n'est pas une affaire simple. (...) J'estime, pour ma part, avoir tout dit. Je crois qu'il apparaît clairement que je n'ai pas de rôle dans cette affaire mais je laisse à la justice le soin de dire cela".

Son avenir politique.
« Je ne suis certainement pas un retraité de la politique. (...) Je ne brigue aucun poste. Il a été indiqué que je pourrais postuler pour les élections européennes. Mon état d'esprit aujourd'hui, c'est beaucoup plus une contribution à la réflexion et la stratégie à définir pour permettre à notre pays de sortir de la crise. »

Rwanda.
« Il s'est produit un drame, un génocide. Le seul pays au monde qui a pris le risque d'une intervention, (...) c'est la France. Quand les autorités rwandaises, parce qu'elles craignent une mise en cause judiciaire de la part de la justice française, prennent cette occasion pour faire un rapport et remettre les compteurs à zéro, je crois qu'elles jouent avec l'histoire, cela n'est pas conforme à la vérité historique. »

Géorgie.
« il faut sortir de cette logique où chacun met de l'huile sur le feu. Quand les Etats-Unis déploient le bouclier entimissile en Pologne, cela est vécu comme une provocation par la Russie".

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dimanche 24 août 2008, mis à jour à 22:46 Reuters Gérard Bon
Un calendrier de retrait d'Afghanistan à évoquer, dit Villepin

Dominique de Villepin exclut un retrait immédiat des troupes françaises d'Afghanistan tout en jugeant que la question des priorités et de la durée de la présence française doit être posée.

Invité du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, l'ex-Premier ministre a estimé que retirer les forces françaises après l'opération qui a coûté la vie à dix soldats "serait le pire message que nous pourrions adresser aux terroristes".

"Néanmoins, il faut se poser les questions essentielles, en particulier la question des priorités de notre action en Afghanistan et de la durée de notre présence là-bas", a-t-il ajouté.

La question de la présence française en Afghanistan sera débattue au Parlement le 22 septembre.

Les ministres de la Défense et des Affaires étrangères seront entendus mardi par les députés des commissions concernées, huit jours après l'embuscade meurtrière.

Dominique de Villepin a expliqué avoir eu la conviction avec l'ancien président Jacques Chirac qu'il fallait "inscrire toute opération extérieure dans un calendrier", raison pour laquelle le retrait des forces spéciales avait été décidé en 2007.

"Au moment même ou on intervient dans un pays, il faut se poser la question du retrait, ne serait-ce que pour définir les bonnes stratégies qui, le moment venu, vont permettre ce retrait", a-t-il avancé.

"Ce calendrier n'a pas à être public mais il est nécessaire de se fixer des étapes, des objectifs."

Soulignant que la lutte contre le terrorisme n'impliquait pas uniquement la guerre, l'ancien ministre des Affaires étrangères a estimé que la stratégie politique face à la crise afghane avait été "insuffisante".

"Trouvons les moyens et les clés d'une solution politique qui nous permette d'agir de façon plus indirecte, d'établir ce calendrier de retrait de façon à ne pas nous enliser dans une guerre que nous ne pouvons pas gagner sur le terrain", a-t-il dit.

"Je crois qu'on l'on ne doit pas demander à des militaires de se battre alors qu'ils ne disposent pas eux-mêmes de toutes les armes pour véritablement gagner."

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L'UE devrait relancer un "véritable dialogue" avec Moscou (Villepin) RIA Novosti 18:30 | 27/ 08/ 2008

PARIS, 27 août - RIA Novosti. L'ex-premier ministre français Dominique de Villepin a appelé mercredi à reprendre "un véritable dialogue" avec la Russie, soulignant qu'elle était "un partenaire à plein" pour l'Europe.

"La situation actuelle n'est pas acceptable, mais elle était prévisible", a déclaré M. de Villepin, commentant sur France 2 la reconnaissance par la Russie de l'indépendance abkhaze et sud-ossète.

"Dans la volonté russe, il y a à la fois le précédent du Kosovo mais aussi la volonté de mettre un coup d'arrêt à la multiplication de ces révolutions de couleur à leurs frontières", a-t-il expliqué.

La Russie souhaite aussi "mettre un coup d'arrêt à cette mobilisation de l'OTAN qui est perçue comme très agressive, à travers le bouclier antimissile et les nouvelles adhésions en perspective de l'Ukraine et de la Géorgie", a-t-il poursuivi.

Selon l'ancien chef du gouvernement, qui fut également ministre des Affaires étrangères, "il faut prendre en compte cette psychologie à la fois de revanche et en même temps d'encerclement de la Russie".

La Russie a "un vrai intérêt" à normaliser ses relations avec l'Union européenne, notamment sur le plan économique et énergétique", a constaté M. de Villepin.

"La Russie n'est pas un partenaire secondaire, c'est un partenaire à plein, et il faut donc de ce point de vue s'ouvrir à un véritable dialogue renouvelé avec la Russie", a-t-il insisté.

Dans le même temps, l'ex-premier ministre français a appelé à "se battre sur un principe fort qui est celui de l'intégrité territoriale, même si le Kosovo fragilise un peu cette position".

Le président russe Dmitri Medvedev a signé mardi des décrets reconnaissant l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. La France, qui assume la présidence tournante de l'UE, a "vivement condamné" cette décision. Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a notamment accusé Moscou de "violation du droit international".

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Clearstream: Villepin évoque de "possibles" pressions sur le parquet AFP 13 octobre 2008

PARIS (AFP) — L'ex-Premier ministre Dominique de Villepin a évoqué dimanche de "possibles" pression de l'exécutif sur le parquet de Paris, qui a requis son renvoi en correctionnelle pour "complicité par abstention de dénonciation calomnieuse" dans l'affaire Clearstream.

A la question "est-ce qu'on peut faire pression sur le parquet?", il a répondu sur Radio J: "malheureusement, cela fait partie des choses qui sont possibles. En tout cas, intervenir sur le parquet, cela fait partie des choses possibles".

"Le parquet est sous les ordres de la chancellerie, la garde des Sceaux est nommée par le président de la République... ce dossier est politique", a-t-il ajouté tout en soulignant qu'il ne voulait "faire de procès d'intention à personne".

"Je suis en colère car je considère que rien ne vient justifier aujourd'hui une telle décision" du parquet, a poursuivi M. de Villepin en parlant de "construction politique et médiatique".

"Nicolas Sarkozy connaissait parfaitement l'ensemble des éléments du dossier et peut-être beaucoup mieux que moi à bien des égards à cette période" quand M. de Villepin était ministre de l'Intérieur, a-t-il encore lâché.

Le procès en correctionnelle, "ce sera l'occasion de dire la vérité", selon lui.

Interrogé sur les récentes rumeurs de remaniement ministériel -qui évoquaient notamment son arrivée au gouvernement- M. de Villepin les a balayées d'un revers de la main, indiquant avoir été très clair sur le sujet lors de sa dernière rencontre avec le chef de l'Etat, le 5 septembre.

"Nicolas Sarkozy sait bien qu'à la question +est-ce que vous souhaitez, mon cher Dominique, quelque chose ?+, ma réponse a toujours été, invariablement, la même: +rien+. Il a eu l'occasion de me demander très gentiment, ce que je souhaitais faire, s'il y avait des perspectives qui pouvaient m'intéresser en France ou en Europe, ma réponse a toujours été: +non+", a-t-il affirmé.

"Est-ce que vous croyez vraiment qu'un maroquin ministériel fait partie des fantasmes sur lesquels je peux vivre ? Non !", a poursuivi M. de Villepin.

Ses ennuis judiciaires ne compromettent toutefois pas, selon lui, un éventuel retour dans le jeu politique.

"Jamais je ne me suis senti aussi libre de mon engagement, aussi déterminé à agir dans le sens de l'intérêt public. Si l'occasion se présente", "je franchirai le pas", a-t-il prévenu en refusant de faire une "distinction entre les élections", législatives ou présidentielle.

"Je suis prêt à servir mon pays et je le ferai en toute circonstance", a-t-il dit.

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Dominique de Villepin renvoyé en correctionnelle dans l'affaire Clearstream La Tribune.fr - 19/11/2008 à 10:31

Dominique de Villepin, ancien Premier ministre de Jacques Chirac, sera jugé au cours de l'année 2009. La justice lui reproche de ne pas avoir dénoncé, alors qu'il était au courant, le piratage des faux listings Clearstream, avec notamment l'insertion du nom de Nicolas Sarkozy.

Dominique de Villepin sera renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris, notamment pour "complicité de dénonciation calomnieuse", dans l'affaire Clearstream. Les juges, Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, ont signé mardi soir 18 novembre une ordonnance de renvoi de l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac devant le tribunal. Celui-ci devra juger, au cours de l'année 2009, si oui ou non il est coupable d'avoir participé à une manipulation devenue une affaire d'Etat.

L'affaire a débutée par le piratage de fichiers informatiques de clients de l'institut de compensation Clearstream, l'insertion dans ces listes de clients de comptes occultes de noms d'industriels, de responsables de services de renseignement et d'hommes politiques, leur transmission au juge Van Ruymbeke, fin 2004, pour mouiller certains de ces responsables dans l'enquête sur l'affaire des énormes commissions versées en marge de la vente des frégates de Thomson (devenu Thalès) à Taiwan.

Pour les juges, Dominique de Villepin a eu connaissance, dès le 9 janvier 2004, de l'affaire. Il aurait pu alors dénoncer les faits à la justice, ce qu'il n'a pas fait, se rendant ainsi "par son inaction" coupable de "complicité de dénonciation calomnieuse". Le 9 janvier, alors ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin avait demandé au général Rondot une enquête sur les listings, en présence de Jean-Louis Gergorin. Or, parmi les noms de personnalités citées dans les fichiers, figurait celui de Nicolas Sarkozy.

L'affaire s'est alors très vite focalisée sur la violente rivalité entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin en prévision de l'élection présidentielle de 2007. Villepin a très vite été accusé d'avoir instrumentalisé cette affaire, dont il ne semble pas être à l'origine, pour déstabiliser Sarkozy, qui s'est porté partie civile dans cette affaire.

La réaction de Dominique de Villepin montre qu'il maintient cette analyse. Dans un communiqué, il indique que "rien ne justifie cette décision de renvoi" et que "tout au long de l'instruction, la vérité des faits et du droit a été détournée au profit d'une seule partie civile qui est en même temps aujourd'hui président de la République".

Quatre autres protagonistes de l'affaire sont également renvoyés en correctionnelle. Il s'agit de l'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin, qui a reconnu avoir adressé les faux listings à la justice, d'un informaticien, Imad Lahoud, soupçonné de les avoir confectionnés, d'un ancien auditeur de la société Arthur-Andersen, Florian Bourges, et d'un journaliste, Denis Robert, soupçonnés d'avoir été en possession des listings à l'origine de la falsification.

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Bayrou prend la défense de Villepin Source : AFP 19/11/2008 | Mise à jour : 11:25 | lefigaro.fr

Le président du Mouvement Démocrate (MoDem) François Bayrou a estimé mercredi qu'il y avait "un lourd parfum de règlement de comptes" dans le renvoi en correctionnelle de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin dans l'affaire Clearstream.

"Il y a dans cette affaire un lourd parfum de règlement de comptes", a déclaré M. Bayrou sur LCI.

L'affaire Clearstream, dans laquelle M. de Villepin est poursuivi notamment pour "complicité de dénonciation calomnieuse", traduit "ce qu'ont été les moeurs de la République pendant des décennies", a-t-il ajouté, dénonçant "une perpétuelle influence du pouvoir politique sur le monde judiciaire".

Il faut "une séparation étanche entre le pouvoir politique et le monde de la justice", a plaidé le leader centriste. "Tant qu'on n'aura pas cette séparation, on aura des conduites qui ne sont pas acceptables", a-t-il dit.

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« Sarkozy le considère toujours comme un rival » UN DÉPUTÉ VILLEPINISTE Le Parisien 25 novembre 2008 p. 15 FRÉDÉRIC GERSCHEL

IL Y A quelques semaines, Dominique de Vilepin a cru apercevoir le bout du tunnel judiciaire.
Reçu par Nicolas Sarkozy « pour parler de tout et de rien » - et surtout de la situation internationale - à deux reprises dans son bureau de l'Elysée, il se voyait revenir en grâce, persuadé qu'il obtiendrait un non-lieu dans l'affaire Clearstream.

Certains de ses soutiens évoquaient même une entrée au gouvernement à un poste prestigieux lors du prochain remaniement.
Il n'en est évidemment plus question.

"Roulé dans la farine"

Et les proches de l'ex-Premier ministre, devenu avocat international, ne sont pas loin de penser que celui-ci s'est fait « rouler dans la farine » par le président de la République.
« Sarkozy le considère toujours comme un rival politique, le seul dont il se méfie vraiment assène un député villepiniste. Il y a de l'acharnement de sa part et sans doute une grosse pression mise sur les juges. Au final, on verra que, dans cette affaire, Dominique n'a pas grnnd-chose à se reprocher. En attendant, il est encore plombé pour de longs mois. »

En privé, le chef de l'Etat ne loupe pas une occasion de dire tout le mal qu'il pense de son ancien concurrent et de ses méthodes. Jeudi dernier, devant son G 7, le groupe de ses sept ministres préférés, qu'il réunit régulièrement à l'Elysée, pour une discussion à bâtons rompus, il en a remis une louche:
« Moi,je suis un mec franc! Je suis capable de dire à un type qui se comporte mal : Casse-toi, pauvre con! Mais jamais je n'aurais fait des coups tordus dans le dos des gens. On a voulu me salir, me détruire. » FRÉDÉRIC GERSCHEL

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Villepin à Sarkozy : «il ne faut pas tomber dans la jalousie» Samuel Laurent (lefigaro.fr) 20/01/2009 | Mise à jour : 17:51 | L'ancien premier ministre était l'invité du Talk Orange-Le Figaro mardi.

Première question inévitable à l'ex-premier ministre : Barack Obama fera-t-il émerger un nouveau monde ? «Le monde a besoin d'un nouveau leadership, je veux souhaiter qu'il puisse être au rendez-vous»,car «il y a une attente phénoménale au niveau de la planète». Mais Barack Obama est une figure qui pourra «réconcilier le sud et le nord», estime Dominique de Villepin.

Mais Obama mettra-t-il en place un monde multipolaire ? «Il défendra surtout les intérêts américains, mais il faut espérer qu'il ne pratiquera pas l'unilatéralisme de Bush», répond l'ex-premier ministre, qui espère qu'on inventera «un nouvel ordre mondial, politique, financier, social». Dans ce cadre, Obama a «un avantage, c'est son pragmatisme», estime Dominique de Villepin.

Doit-on tout rejeter de l'ère Bush ? «Sur certains dossiers, notamment africains, il a su faire preuve d'une certaine clémence, d'une certaine lucidité, même si sa vision du monde était conservatrice et à rebours de notre monde», répond Dominique de Villepin.

Retour à Barack Obama et à la crise économique , sur laquelle il est très attendu. «Sortir de la récession, redonner confiance aux américains, il a des atouts» pour cela, estime l'ex-premier ministre, qui rappelle toutefois que «la crise n'est pas terminée aux USA».

Quant à l'international, les priorités d'Obama sont «l'Irak et l'engagement supplémentaire en Afghanistan», mais aussi le conflit israélo-palestinien, une «occasion pour Obama de montrer qu'il n'est pas George Bush» et qui a une occasion «de montrer que le nouveau concept de la diplomatie américaine n'est pas la force mais la justice». Quant à l'Afghanistan, Dominique de Villepin estime qu'on «n'impose pas la démocratie par la force».

En France, les plans d'aide aux banques sont-ils utiles ? «Quand on met de l'argent sur la table, il faut un système financier capable de tolérer et recevoir ces aides. Or notre système est percé, délabré, pour ne pas dire plus», estime Dominique de Villepin, qui plaide pour «un plan de modernisation et des aides ciblées» car «la relance aux banques tous azimuts, les aides tous azimuts, c'est sympathique mais je crains que ce soit stérile».

Que pense Dominique de Villepin de l'allusion de Nicolas Sarkozy aux «rois fainéants» ? «Il faut éviter de tomber dans la jalousie et de s'en prendre à des précesseurs», estime-t-il, ajoutant que «la culture du résultat c'est bien, mais on ne les voit pas aujourd'hui». Il estime par ailleurs qu'on «distille beaucoup d'énergie pour s'occuper de l'UMP» alors qu'il vaudrait mieux «s'occuper des Français» et savoir «écouter les voix discordantes dans la crise». Par exemple celle «de la SNCF, qui a des choses à dire, y compris chez Sud Rail».

Obama éclipsera-t-il Sarkozy ? «Il occupera toute sa place, je souhaite que Nicolas Sarkozy occupe la sienne, mais on occupe pas une place contre quelqu'un». Et de conclure : «pensons à notre objectif, ne pensons pas à notre image».

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Publié le 24/06/2009 à 14:52 - Modifié le 24/06/2009 à 19:08 Le Point.fr OPPOSITION INTRA-UMP Dominique de Villepin lance son club politique AFP

L'ancien Premier ministre se prépare à déposer les statuts d'une association loi 1901

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a annoncé mercredi le lancement de son propre club politique, qui s'appellera Villepin.fr et sera présidé par l'ancienne ministre chiraquienne Brigitte Girardin.

"Nous sommes en train de créer quelque chose dans les prochaines semaines", a-t-il annoncé à quelques journalistes en marge d'une rencontre avec l'Association des journalistes parlementaires.

A ses côtés, les députés UMP Jacques Le Guen et Jean-Pierre Grand, fervents villepinistes, ont précisé que les statuts de cette association loi 1901, baptisée Villepin.fr, seraient déposés "dans les tout prochains jours" à la préfecture de Paris.

Ce nouveau club sera présidé par l'ancienne ministre (2002-2007) de l'Outre-mer puis de la Coopération, Brigitte Girardin.

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Villepin s'en prend aux réformes de Sarkozy Bastien Hugues (lefigaro.fr) 26/07/2009 | Mise à jour : 13:26 |

Dans une interview au Parisien, l'ancien premier ministre Dominique de Villepin renouvelle ses attaques contre la politique du chef de l'Etat et du gouvernement, et se place comme «alternative» en 2012. Morceaux choisis.

Jamais avare d'une pique à destination de Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin repart à l'assaut. Profitant d'un entretien publié dimanche dans Le Parisien - Aujourd'hui en France, l'ancien premier ministre revient sur la politique du gouvernement, la multiplication des réformes, la radicalisation des conflits sociaux, le grand emprunt national… Et parle de son ambition personnelle pour 2012. Sans oublier le procès Clearstream, dans lequel il est amené à comparaître en septembre.

La politique de réformes de Sarkozy. «Il convient de saluer un certain nombre d'initiatives : la fusion ANPE-Unedic ou le RSA. Mais encore faut-il que ces réformes aboutissent. Or, soit parce qu'elles sont faites à contretemps (heures supplémentaires), ou qu'il s'agit de demi-réformes (travail le dimanche, formation professionnelle, ANPE-Unedic), ou encore de réformes à un coût exorbitant (régimes spéciaux), les résultats ne sont pas au rendez-vous. […] Les Français pourraient devenir allergiques à l'idée même de réforme si elle était perçue comme un simple refrain politicien. L'objectif doit être de rassembler et de servir les Français avec des résultats visibles.»

La radicalisation des conflits sociaux. «Il y a une exaspération, une colère, et rien ne sert de le nier. Quand j'évoque un climat prérévolutionnaire, je ne parle pas d'une révolution politique, mais d'initiatives qui peuvent prendre des formes diverses, des mouvements de désespoir. Cela nous impose beaucoup de vigilance, mais aussi une forte mobilisation.»

«Le grand emprunt n'est pas un remède miracle !»

Le grand emprunt national. «Le grand emprunt n'est pas un remède miracle ! Cela peut même être un piège. Et puis cet emprunt risque d'envoyer un mauvais message à ceux qui ont entre leurs mains les cordons de la bourse. On dit qu'il y a de l'argent sur la table, autrement dit, dépensez ! C'est comme mettre une nouvelle bouteille sur la table d'un alcoolique.»

Ses propositions. «Je ne cesse de poser une exigence de justice sociale. Je plaide pour des réponses fortes, comme le gel du bouclier fiscal ou une contribution plus importante de la tranche la plus élevée de l'impôt sur le revenu. […] Il faut agir à tous les niveaux. Nous devons nous organiser pour plus de gouvernance au niveau européen, en matière d'harmonisation sociale et fiscale, par exemple, comme au niveau mondial, au plan de l'environnement ou de la régulation financière.»

«La gauche souffre d'une crise de leadership et des idées»

La crise au Parti socialiste. «C'est à la fois une crise du leadership et des idées au sein de la gauche. Mais je ne me réjouis pas des difficultés des socialistes. On ne construit pas une politique avec le vide autour de soi. Nous avons besoin d'une opposition forte.»

Le procès Clearstream en septembre. «J'attends cette échéance avec impatience. J'attends que la justice aille jusqu'au bout et que l'on sorte des rumeurs et des mensonges.»

Les régionales 2010 et la présidentielle 2012. «[Sur sa candidature aux régionales], je me prononcerai le moment venu. Mais je veux dès maintenant rassembler autour de moi des sensibilités et des opinions très diverses. [Sur 2012], c'est l'échéance centrale de notre vie politique. Les Français ont besoin d'alternatives.

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Sarkozy victime d'un «malaise vagal» leparisien.fr 26.07.2009, 18h21 | Mise à jour : 18h23

Le président a été hospitalisé dimanche à Paris à l'hôpital du Val-de-Grâce après avoir été victime d'un «malaise vagal considéré comme mineur», selon son entourage.

Le malaise vagal (ou syncope vagale) est une brève perte de connaissance due à la suractivité du nerf vague, nerf dont le rôle est de ralentir le rythme cardiaque, selon des sources médicales.

Les syncopes vagales sont particulièrement spectaculaires, mais ne présentent pas de danger pour le patient et ne nécessitent pas de traitement spécifique, selon ces sources.

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Clearstream: Villepin "bénéficiaire" lefigaro.fr AP 28/08/2009 | Mise à jour : 10:54 |

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin est "un des bénéficiaires collatéraux" de l'affaire Clearstream, a déclaré vendredi matin le procureur de la République de Paris Jean-Claude Marin, à trois semaines de l'ouverture du procès.

"Il y a le rôle de M. de Villepin dont les juges (d'instruction) disent qu'il est l'instigateur premier de l'ensemble du système (...) je dis qu'il est un des bénéficiaires collatéraux mais parfaitement conscient", a déclaré le procureur sur Europe-1.

"Je pense qu'il y a, par-delà un effet d'aubaine dans un combat politique que l'on connaît, il y a une utilisation frauduleuse d'une information que l'on savait fausse par un corbeau que l'on connaissait", a ajouté Jean-Claude Marin en désignant comme corbeau l'ancien haut responsable d'EADS Jean-Louis Gergorin.

Il a dit détenir des éléments "concrets, écrits" pour le prouver, "notamment les verbatims du général (Philippe) Rondot". "Je ne pense pas que j'aurai tort", a confié le procureur. Le procès Clearstream doit se dérouler du 21 septembre au 21 octobre au tribunal correctionnel de Paris. L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin sera jugé pour "complicité de dénonciation calomnieuse", "complicité d'usage de faux", "recel de vol" et "recel d'abus de confiance". Il est soupçonné d'avoir mis en place une manipulation politique pour discréditer Nicolas Sarkozy.

De faux listings de comptes et fichiers de transaction de la société luxembourgeoise Clearstream imputaient à un certain nombre de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, des fonds provenant d'opérations illicites.

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Procès Clearstream : les avocats de Dominique de Villepin protestent France Info - 28 août 2009, 20:17

Des déclarations "insolites et incongrues" : c’est ainsi que les avocats de Dominique de Villepin qualifient les propos du procureur de la République de Paris, tenus ce matin, à 3 semaines de l’ouverture du procès Clearstream.

Jean-Claude Marin a affirmé ce matin sur Europe 1 que l’ancien Premier ministre a été selon lui "un des bénéficiaires collatéraux, mais parfaitement conscient" de l’affaire Clearstream. "Je pense, continue le procureur de la République de Paris, qu’il y a, par delà un effet d’aubaine dans un combat politique que l’on connaît, une utilisation frauduleuse d’une information que l’on savait fausse par un corbeau que l’on connaissait".

Des propos très sévères, donc, pour Dominique de Villepin, et ce alors que le procès de cette ténébreuse affaire commence dans trois semaines, le 21 septembre, devant le tribunal correctionnel de Paris.

Les avocats de l’ancien Premier ministre ont réagi ce soir, et notamment Maître Olivier Metzner, qui vient de rejoindre la défense de Dominique de Villepin, et qui a accordé sa première interview à France Info.

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05/10/2009 18:04 lacroix.fr Solenn DE ROYER Clearstream : le général Rondot persiste et signe

Auditionné lundi 5 octobre comme témoin, le « maître espion » a réaffirmé que Dominique de Villepin avait fait état d’instructions du président de la République en lui demandant d’enquêter sur l’affaire

La voix frêle, chevrotante, s’élève dans le prétoire. C’est le général Rondot qui parle dans un épais silence. Échaudé, « peiné » par les développements de l’affaire Clearstream, il veut donner sa version des faits, enfin. Vêtu d’un costume vert bouteille impeccable, l’officier de renseignement qui fêtait lundi ses 73 ans se tient droit à la barre. Il parle longuement, lentement, gravement. En pesant chaque mot.

Philippe Rondot revient sur la réunion du 9 janvier 2004, dans le bureau de Dominique de Villepin. Ce jour-là, il sort un calepin et prend des notes. Personne ne lui dit de ne pas le faire, précise-t-il.
Jean Louis Gergorin fait un long exposé, « un déluge en partie incompréhensible », au ministre des affaires étrangères. Celui-ci, sans cesse dérangé, écoute. Le nom de Nicolas Sarkozy est évoqué sous la forme d’un « compte couplé », avec un certain Stéphane Boksa (NDLR : au lieu de Bocsa). «Je note sans comprendre, assure le général Rondot. D’où la faute d’orthographe.
Cette évocation n’est pas en lien avec une quelconque liste. Gergorin brandit une liasse de documents, que personne ne consulte.» "Je suis un militaire. Mais quand même ! Je n’ai pas un QI de pétoncle !"

Comme le redoutait la défense de Dominique de Villepin, le général Rondot a répété lundi que le ministre des affaires étrangères avait fait état d’« instruction du président de la République » ce jour-là. Et qu’il lui avait demandé de ne pas informer Michèle Alliot-Marie de ces investigations parallèles, son compagnon Patrick Ollier étant « lié à des milieux d’affaires », d’où un risque de fuite.
Il confirme aussi que l’ancien premier ministre l’a appelé en mars 2004, pour faire libérer Imad Lahoud, alors placé en garde à vue dans une affaire d’escroquerie. Il dit enfin que Gergorin lui a indiqué, tout au long de l’année 2004, qu’il informait Villepin des avancées du dossier. Autant d’éléments que Dominique de Villepin nie obstinément.

Lundi, il s’agissait autant pour le général Rondot d’aider le tribunal à approcher la vérité que de rétablir son honneur. À l’issue de son témoignage, une heure et demie sans être interrompu une seule fois, il lâche, vibrant : « Je suis un militaire. Je sais que les militaires, en France, ne jouissent pas d’une réputation extraordinaire. Leurs QI ne seraient pas au niveau des autres. Mais quand même ! Je n’ai pas un QI de pétoncle ! J’ai agi comme un officier de renseignement. Je ne suis pas un électron libre. J’ai mon caractère, je ne suis pas facile. Je suis un esprit indépendant. Mes méthodes peuvent contrarier certains. J’ai connu des échecs. Mais je n’admets pas que soit mise en cause mon honnêteté. »

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Villepin crédité de 8 % des voix à la présidentielle [ 05/11/09 ] Les Echos

La menace Dominique de Villepin se précise pour Nicolas Sarkozy.

L'ancien Premier ministre, de plus en plus enclin à se présenter à l'élection présidentielle de 2012 face au chef de l'Etat, pourrait obtenir 8 % des voix au premier tour de scrutin, selon un sondage Ifop pour l'hebdomadaire « Valeurs actuelles » à paraître aujourd'hui. Un score plus important que celui que lui attribuent habituellement les responsables de l'UMP.

Elément rassurant toutefois pour les partisans de Nicolas Sarkozy : l'hôte de l'Elysée est encore crédité de 28 % d'intentions de vote dans cette enquête. Un résultat proche de celui qu'il avait obtenu au premier tour de la présidentielle en 2007 (31,18 %), alors qu'il était le seul candidat issu de l'UMP.

Et Nicolas Sarkozy arriverait très largement en tête devant Martine Aubry (20 %), François Bayrou (14 %) et Marine Le Pen (11 %). Autre enseignement inattendu de ce sondage, à gauche cette fois : avec 9 % d'intentions de vote, le leader du NPA, Olivier Besancenot, distance largement la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot (5 %), et encore plus nettement celle du PCF, Marie-George Buffet (3 %).

Signe inquiétant supplémentaire pour le chef de l'Etat, la cote d'approbation de son action est en chute de 6 points, à 39 %, en novembre par rapport au mois précédent, dans une autre enquête de l'Ifop pour « Paris Match » à paraître aujourd'hui, cette fois. Il s'agit de « son plus mauvais résultat depuis son élection », car « jamais » il n'était « descendu au-dessous de 41 % d'approbation », souligne l'institut.

Près des deux tiers des personnes interrogées (63 %) se disent mécontentes de l'action présidentielle à mi-mandat, contre 37 %. Et 60 % des sondés estiment que Nicolas Sarkozy n'a pas tenu les engagements pris durant sa campagne, contre 39 %. Mais, maigre lot de consolation, pour 67 % des Français, l'opposition ne ferait pas mieux que le gouvernement actuel si elle était au pouvoir.

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28.01.2010 | 12:31 Challenges.fr Clearstream : Dominique de Villepin relaxé

L'ancien Premier ministre a été blanchi de tous les chefs d'accusation par le tribunal correctionnel de Paris.
Imad Lahoud, Jean-Louis Gergorin et Florian Bourges ont été reconnus coupables, alors que Denis Robert a été relaxé.

Commentaire "Clearstream : Villepin pourrait juste être 'rappelé à l'ordre'", par Airy Routier (Challenges)

C'est probablement le délibéré le plus attendu de l'année... La 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris rend depuis 10h30, ce jeudi 28 janvier, son jugement dans l'affaire Clearstream. Le président Dominique Pauthe a commencé à l'heure prévue la lecture des principaux points du jugement d'une longueur totale de 326 pages, élaboré avec ses deux assesseuses, Cécile Louis-Doyant et Virginie Tilmont

Il a validé la constitution de partie civile de Nicolas Sarkozy, question qui avait été soulevée par les avocats de Dominique de Villepin au début du procès puis avait été renvoyée au jugement au fond. "Si le chef de l'Etat tient de l'article 13 de la Constitution le pouvoir de nomination des magistrats, un tel pouvoir ne saurait priver tout citoyen qui s'estime victime d'un délit d'en demander réparation et de se porter en justice", estime le jugement, selon qui le déroulement des débats a "montré que le principe de l'égalité des armes a été respecté".

Cinq prévenus

Le tribunal a ensuite abordé le cas des cinq prévenus. Le moins connu d'entre eux, Florian Bourges, contre qui le parquet avait requis quatre mois de prison avec sursis, a été reconnu coupable d'abus de confiance, mais pas de vol, cette deuxième imputation ayant été requalifiée. Le tribunal a considéré que Florian Bourges, qui avait remis des listings Clearstream à Imad Lahoud, "contrairement à ce qu'il prétend, ne pouvait ignorer le caractère confidentiel des documents extraits des serveurs".

Le journaliste Denis Robert, contre qui avaient été retenues les qualifications de recel de vol et recel d'abus de confiance, a lui été relaxé, conformément aux souhaits du parquet. Le tribunal a considéré que "les poursuites apparaissent incompatibles avec l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'Homme" sur la liberté d'expression et que le journaliste "espérait de bonne foi de l'aide" d'Imad Lahoud, falsificateur présumé des listings bancaires.

L'ancien dirigeant d'EADS Jean-Louis Gergorin, qui avait transmis les listings au juge Van Ruymbeke, a lui été reconnu coupable. Le tribunal l'a jugé "de mauvaise foi" et "pas crédible" dans l'affaire, et a retenu contre lui les qualifications de dénonciation calomnieuse, usage de faux et recel d'abus de confiance, mais pas de faux. Selon le jugement, le dirigeant, animé par une "volonté de manipulation", ne pouvait "être sincèrement convaincu de l'exactitude des éléments transmis à la justice".

Imad Lahoud a lui aussi été reconnu coupable par le tribunal, mais en l'espèce seulement de complicité de dénonciation calomnieuse, en tant qu'auteur matériel de la dénonciation. Le tribunal a estimé qu'il "a fourni à Jean-Louis Gergorin une aide déterminante dans la commission du délit" et "a sciemment facilité la préparation et la consommation des délits de dénonciation calomnieuse".

Cinq semaines de débats avaient eu lieu, du 21 septembre au 23 octobre dernier, dans cette vaste histoire de manipulation dans laquelle des listings bancaires ont été falsifiés et transmis à la justice afin de faire croire que plusieurs personnalités, dont Nicolas Sarkozy, détenaient des comptes occultes à l'étranger.

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Publié le 29/01/2010 à 13:02 Le Point.fr PORTRAIT Clearstream : le procureur Marin, fin juriste et habile stratège AFP

Le procureur de Paris Jean-Claude Marin, qui a annoncé faire appel de la relaxe de Dominique de Villepin dans l'affaire Clearstream, est un fin juriste, expert des affaires financières, qui incarne un pouvoir accru et parfois contesté du parquet dans la procédure pénale.

Jean-Claude Marin avait porté en personne l'accusation contre l'ancien Premier ministre lors du procès, requérant contre lui 18 mois de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende. Accusé par Dominique de Villepin de traduire la volonté de Nicolas Sarkozy en décidant de faire appel, le procureur a affirmé ne pas avoir besoin de "recevoir instruction de quiconque". Lors du procès, Jean-Claude Marin n'avait pas hésité à se montrer très offensif à l'encontre de Dominique de Villepin, voire agressif, afin de déstabiliser le prévenu. Des attaques souvent teintées d'ironie, qui le 30 septembre avaient fini par exaspérer Dominique de Villepin. Fusillant du regard le magistrat juché sur son estrade, il était alors sorti de ses gonds, criant au procureur : "Trop, c'est trop !"

Habile politique

Décrit comme un homme affable et à l'écoute, Jean-Claude Marin est un passionné de droit, aimant enseigner, comme c'est encore le cas, à l'université Dauphine. "C'est un fin juriste et fin stratège. Il analyse parfaitement les procédures et sait anticiper leur évolution", témoigne l'ancienne juge d'instruction Edith Boizette, qui l'a longtemps côtoyé quand il était aux commandes du pôle financier de Paris.

Classé à droite et jugé habile politique, le procureur de Paris a entamé sa carrière au parquet du tribunal de Pontoise, dans le Val-d'Oise, en 1977. Il rejoint le parquet de Paris en 1988 dont il devient quelques mois plus tard chef de la section financière, avant d'être nommé en janvier 1995 procureur adjoint de Paris. Il s'implique fortement dans la création du pôle financier en 1998, qui regroupe alors une cinquantaine de magistrats (parquet et instruction), rue des Italiens dans le 9e arrondissement de Paris, à l'écart du Palais de justice, et traite les grandes affaires politico-financières de l'époque (Elf, Crédit lyonnais, Mnef...). En 2002, il prend le poste stratégique de directeur des affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice. À ce titre, il suit les affaires les plus sensibles et est également associé à la genèse des lois Perben, notamment Perben II, qui renforcent le rôle du Parquet.

Innovations procédurales

Fin 2004, il prend le poste de procureur de Paris. Depuis, il incarne un parquet multipliant les enquêtes préliminaires qu'il pilote complètement, au détriment des informations judiciaires confiées aux juges d'instruction. Renvoi de Jacques Chirac en correctionnelle, enquête sur les comptes de Julien Dray : Jean-Claude Marin a été un acteur-clé des récentes affaires sensibles, se voyant parfois reprocher ses hésitations et ses innovations procédurales. Le renvoi par un juge d'instruction de l'ancien président devant un tribunal, à l'encontre des réquisitions de non-lieu prises par Jean-Claude Marin, a ainsi été interprété par les milieux judiciaires comme une marque d'indépendance des juges d'instruction, promis à la disparition. Dans l'affaire Julien Dray, Jean-Claude Marin a innové en communiquant aux avocats des parties le contenu de l'enquête préliminaire, ce que ne prévoit pas la loi, et en sollicitant leurs observations. L'enquête s'est achevée par un rappel à la loi pour Julien Dray.

Jean-Claude Marin, homme réservé à l'humour distancié, est marié et père de trois enfants.

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Publié le 16/02/2010 à 14:08 Le Point.fr CAMPAGNE Dominique de Villepin, la voyance et le porcelet lepoint.fr (avec AFP)

Quoi de mieux que l'air frais et pur de la campagne pour se refaire une santé politique ?

Rien, juge Dominique de Villepin, qui a sillonné le Finistère lundi, suivi d'une cinquantaine de journalistes.

"Au programme du jour, la Bretagne, l'agriculture, les tomates, les cochons et l'apprentissage", résume-t-il, omettant d'ajouter de multiples pics à son ennemi juré Nicolas Sarkozy.

Chez un producteur de tomates, donc, il lance d'emblée : "C'est toujours au plus haut niveau de l'État que se donne l'impulsion. Bruno Le Maire (ministre de l'Agriculture, qui fut son directeur de cabinet à Matignon, ndlr) se donne du mal, mais rien ne remplace l'engagement personnel du chef de l'État, comme l'avait fait Jacques Chirac."

Villepin s'empresse ensuite de relayer les inquiétudes des producteurs en qualifiant la taxe carbone, chère au chef de l'État, de "taxe sur la ruralité".

Quelque temps plus tard, au marché de Lesneven, le relaxé du procès Clearstream joue la proximité, serre des mains, pose pour les photographes, avale quelques saucisses chaudes et un verre de Bordeaux.

Surtout, il rétorque à un vieux monsieur qui le voit "président de la République" : "Vous avez des dons de voyance."

Mais la scène du jour se déroule sans conteste dans une porcherie en fin d'après-midi. Dans une vidéo publiée par Le Télégramme de Brest, on voit l'ex-Premier ministre, charlotte sur la tête et combinaison bleue de rigueur, un porcelet dans les bras.

"Il vous rappelle quelqu'un, hein ? Moi aussi", lâche-t-il dans un grand sourire.
Villepin est décidément en campagne.

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Villepin se lance dans la bataille leparisien.fr NATHALIE SEGAUNES | 26.03.2010, 07h00

L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac a annoncé hier la création de son parti, se plaçant en orbite pour 2012. Sa cible numéro un : Nicolas Sarkozy.

Un lancement... planétaire !

Hier matin, la conférence de presse de Dominique de Villepin annonçant la création de son parti a pris des allures d’événement international. Quelque 200 journalistes du monde entier se pressent dans un grand hôtel parisien pour écouter l’homme qui a dit non à la guerre en Irak en 2003, et qui est devenu l’adversaire acharné de Nicolas Sarkozy depuis l’affaire Clearstream.

Les chaînes américaines, japonaises, espagnoles, portugaises ou la télé du monde arabe Al-Jazira retransmettent en direct la conférence. S’exprimant debout, seul à la tribune du Press Club, l’ancien Premier ministre, théâtral, entame son discours par une phrase volontairement solennelle : « J’ai entendu le message des Français », attaque-t-il, quatre jours après le revers cinglant de la majorité aux élections régionales, comme s’il était en charge de la politique de la nation.

Le procureur Villepin dresse un réquisitoire implacable de la politique de Sarkozy, « une politique de dispersion, de réformes tous azimuts, incapable de choisir ses cibles ». Le résultat du 21 mars signe « l’échec d’une stratégie et l’échec d’une politique », assène-t-il. « Les Français souffrent, observe-t-il. On ne peut pas accepter de vivre dans un pays où des situations d’inégalité et d’injustice atteignent un tel niveau, et c’est pour cela que je suis mal à l’aise dans la politique qui est menée par la majorité. » « Ce ne sont pas des conciliabules dans les palais nationaux, des aménagements techniques, des changements de personnes qui sont attendus », cingle-t-il. Un « changement de politique » est à ses yeux désormais indispensable.

Il parle de « République solidaire », de justice sociale, préconise la suspension du bouclier fiscal, propose une « charte des salaires » pour réduire l’écart entre les revenus. Il ironise sur le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux « en politique, il faut être capable de faire des analyses nuancées » , vitupère le travail le dimanche.
« Je souffre beaucoup, dit-il, de voir à quel point tout devient division, polémique, clivage : on appuie sur burqa ou sécurité, et hop ! on voit les sondages monter ! Mais aucun parti politique ne peut gagner si la France perd. »

L’ancien ministre de Jacques Chirac a donc décidé « de créer un mouvement politique, un mouvement libre et indépendant, ouvert à tous, au-dessus des clivages partisans, qui pourra rassembler toutes les bonnes volontés ».
« Nous le porterons sur les fonts baptismaux le 19 juin », annonce-t-il.
Privé par Sarkozy du député Georges Tron, nommé lundi secrétaire d’Etat, Villepin tente de maîtriser son agacement. « Georges Tron a fait un choix personnel, commente-t-il sèchement. Ce choix personnel n’est pas le mien. »

L’opération a suscité des réactions contrastées dans la classe politique. « Du rien dans un bas de soie », juge Marine Le Pen, paraphrasant Napoléon I er à propos de Talleyrand (« De la merde dans un bas de soie »).
Tandis que Laurent Fabius, se voulant fair-play, souhaite « bonne chance » à son ex-homologue de droite.
Pour Ségolène Royal, Villepin représente une droite « républicaine » qui « ne se reconnaît pas dans le sarkozysme ».
« C’est bien que cette droite s’exprime », estime-t-elle.

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Villepin: la France "donneuse de leçons" AFP 08/06/2010 | Mise à jour : 12:08

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a estimé aujourd'hui que l'Allemagne, qui a lancé un plan de réduction drastique de ses déficits, "ne fait pas confiance à la France" qui "donne des leçons" et "ne s'applique pas les règles élémentaires de bonne gestion".

La chancelière allemande "Angela Merkel voit une France qui donne des leçons et qui ne s'applique pas les règles élémentaires aujourd'hui de bonne gestion", a affirmé M. de Villepin sur Europe 1. Résultat, "l'Allemagne ne fait pas confiance à la France", a-t-il ajouté.

"L'Europe ne pourra repartir que si la confiance entre la France et l'Allemagne est au rendez-vous et si nous coordonnons ensemble nos programmes et nos projets économiques" or "la relance du couple franco-allemand, c'est cela la marche que nous avons ratée avec Mme Merkel", a-t-il déploré.

Fait rarissime, une rencontre bilatérale entre Nicolas Sarkozy et Mme Merkel qui devait avoir lieu hier soir a été repoussée in extremis au 14 juin, au moment où Mme Merkel présentait le budget allemand 2011 d'une extrême rigueur.

Pour M. de Villepin, il faut d'abord "une reprise en main sur le plan national" car "si nous relançons la dynamique européenne sans avoir mis de l'ordre dans nos affaires, nous allons nous retrouver entraînés dans des politiques que nous n'aurons pas souhaitées".

"Le point de départ de tout c'est le redressement national, c'est-à-dire le rassemblement et la justice sociale" or "cette opération vérité, le gouvernement ne l'a pas encore engagée dans notre pays", a regretté l'ancien premier ministre.

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Angela Merkel veut reprendre l'initiative par la voie budgétaire 07/06/10 à 12:51 - REUTERS

BERLIN, 7 juin (Reuters) - La chancelière Angela Merkel espère renforcer à la fois l'euro et sa propre autorité en annonçant lundi des économies budgétaires qui pourraient atteindre dix milliards d'euros par an et en détaillant son programme jusqu'en 2014.

De l'avis de certains commentateurs, cette économie annuelle, couplée avec une augmentation limitée de la fiscalité, sera le programme d'austérité le plus important appliqué en Allemagne depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les ministres du gouvernement Merkel ont repris leurs discussions, après avoir travaillé tard dans la nuit de dimanche, et Angela Merkel devrait annoncer le résultat de leurs cogitations, tant pour le projet de budget 2011 que pour la planification jusqu'en 2014, en début d'après-midi.

La chancelière veut donner l'exemple de la rigueur budgétaire pour tenter de redonner confiance en un euro ébranlé par une crise budgétaire qui touche la Grèce et contamine d'autres Etats de la zone euro.

Mais il lui faut éviter d'avoir la main trop lourde, de crainte d'étouffer une reprise fragile dans la première économique européenne.

Il est probable que le déficit budgétaire de l'Allemagne dépassera 5% du PIB cette année, alors que le maximum autorisé par le Pacte de stabilité et de croissance de l'Union européenne est 3%.

Angela Merkel veut en outre asseoir une autorité politique mise à mal par une chute de la popularité des conservateurs et par les critiques qui s'exercent sur la manière dont elle a géré la crise de la zone euro.

GAUCK CONTRE WULFF

"Ce conseil des ministres donne une direction importante à l'Allemagne dans les années à venir, des années qui seront déterminantes", a-t-elle déclaré à la presse dimanche, juste avant le début des discussions ministérielles. "Nous ne pouvons dépenser que ce que nous rapportons."

Elle a promis de sanctuariser l'éducation et les retraites mais voit des possibilités d'économies du côté de la sécurité sociale et de l'indemnisation du chômage, économies qui pourraient atteindre dans les 400 millions d'euros.

De surcroît, 10.000 emplois vont disparaître dans la fonction publique, rapportent les médias. Enfin, des coupes de l'ordre de 600 millions d'euros affecteront le budget de la défense en 2011 et elles atteindront 1,1 milliard d'euros en 2012.

Berlin pourrait également dégager 2,3 milliards d'euros d'économies annuelles, rapportent les médias, en taxant l'usage des barres de combustible par des entreprises bénéficiant d'une probable extension de la durée de vie de certaines centrales nucléaires.

Ce qui aura été décidé en conseil des ministres devra être approuvé par le Bundestag et le Bundesrat et ce n'est pas acquis. Une élection régionale calamiteuse en mai a fait perdre la majorité à la coalition au pouvoir au Bundesrat.

Même la désignation du prochain président, après la démission brutale de Horst Köhler le 31 mai, est source de souci pour Angela Merkel, quand bien même la fonction est essentiellement honorifique.

L'opposition sociale démocrate et les Verts mettent en avant Joachim Gauck, un pasteur ex-militant des droits de l'homme et ardent opposant au communisme contre lequel il s'est battu du temps de l'Allemagne de l'Est, pour barrer la route au conservateur Christian Wulff, le choix de la chancelière.

Christian Wulff est le Premier ministre du Land de Basse-Saxe. L'élection présidentielle aura lieu le 30 juin. (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Dominique Rodriguez)

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Villepin dénonce "les pressions" pour empêcher la naissance de son mouvement (AFP, 16 juin) – Le Parisien 17 juin 2010 p. 11

PARIS — Dominique de Villepin a dénoncé mardi des "pressions" et "manoeuvres" pour empêcher la naissance du mouvement politique qu'il lance le 19 juin à Paris.

"A l'heure où se multiplient les entraves, les pressions et les manoeuvres pour empêcher la naissance de notre mouvement, notre rendez-vous du 19 juin prend une importance politique encore plus grande", écrit l'ancien Premier ministre dans un courrier manuscrit adressé mardi aux 15.000 adhérents revendiqués par son club.

Interrogé par l'AFP sur ces "manoeuvres", l'entourage de l'ancien ministre évoque "des pressions sur les gens qui souhaitaient participer à la manifestation ou à l'animation du meeting".

"Tout est fait pour faire en sorte que cela ne soit pas une réussite", dit une responsable du club Villepin, parlant "de petites mesquineries et des coups bas".

"Notre réseau social a été attaqué il y a une semaine et 150 noms ont été effacés. On a dû l'interrompre pour stopper cette destruction et des militants qui tractent pour le 19 mai ont subi des contrôles d'identité", a-t-on expliqué.

On s'étonne que les responsables de la halle Freyssinet où doit se dérouler samedi la manifestation (XIIIe arrondissement de Paris) aient reçu une visite de l'inspection du travail.

Plusieurs proches de Dominique de Villepin ont été récemment reçus par Nicolas Sarkozy à l'Elysée, dont les députés François Goulard, Marie-Anne Montchamp, Guy Geoffroy et Hervé Mariton.

Ce dernier a annoncé qu'il ne suivrait pas son mentor dans son futur parti, considérant "plus utile de continuer à porter un regard exigeant et libre au sein de l'UMP".

"Le président m'a demandé si je souhaitais le voir et j'ai répondu favorablement", a dit à l'AFP François Goulard. "Mais ce n'est pas une proposition de rendez-vous qui change quoi que ce soit à mes convictions".

Et puis, "il y a eu aujourd'hui le déjeuner entre Sarkozy et Chirac", ajoute un membre du club Villepin. "Nous, on aime trop Chirac pour l'instrumentaliser.

Autre accusation de villepinistes: un membre de l'entourage du président ferait pression pour faire annuler des contrats signé par Villepin avec le Qatar en qualité d'avocat.

"On a prévu un groupe électrogène pour samedi, car on pourrait nous couper l'électricité", affirme une proche de Dominique de Villepin.

"En même temps, tout cela est rassurant, car cela prouve que l'on nous prend au sérieux, que notre mouvement pèse, suscite un engouement".

"Votre présence personnelle samedi prochain sera la marque d'un engagement fort, de la fidélité à nos valeurs, de notre détermination à défendre nos idées et nos propositions pour la France", déclare M. de Villepin dans sa lettre aux adhérents de son club. "L'enjeu est essentiel puisqu'il s'agit d'offrir une alternative".

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Publié le 19/06/2010 à 16:54 Reuters Elizabeth Pineau, édité par Clément Guillou Villepin lance son mouvement, "République solidaire"

PARIS (Reuters) - Dominique de Villepin a lancé samedi à Paris son mouvement politique, "République solidaire", destiné à porter ses ambitions vers une éventuelle candidature à l'élection présidentielle de 2012.

Devant plusieurs milliers de personnes - plus de 6.000 selon les organisateurs - venues de toute la France, dont beaucoup avaient revêtu un T-shirt "Tous solidaires" barré de la lettre "V", l'ancien Premier ministre a invité la France à reprendre le "flambeau de la fidélité républicaine".

"Merci d'être là. Merci d'être venus si nombreux. Quel formidable engagement pour fonder tous ensemble notre mouvement : République solidaire", a-t-il déclaré à la tribune. "Dans la longue histoire de notre pays, c'est toujours du rassemblement qu'est né le changement".

"Quelque chose se lève à nouveau en France. Quelque chose qui ne cessera au fil des mois de grandir", a-t-il ajouté d'une voix grave et d'un ton solennel.

Dominique de Villepin s'est adressé aux "citoyens rassemblés, de toutes origines, de toutes conditions, pour dire une seule chose : nous voulons vivre ensemble, rebâtir une nation et incarner une certaine idée de la France".

"Nous pensons qu'une alternative est possible, qu'une autre voie est possible. Grâce à vous !", a-t-il ajouté sous les applaudissements et les "Villepin, Villepin !" du public.

Lors de la tournée des régions qu'il a effectuée ces derniers mois, l'ancien Premier ministre a dit avoir vu des Français "déboussolés, fatigués, exaspérés".

"Si nous n'y prenons pas garde, l'impatience deviendra colère et la colère violence", a-t-il prévenu.

Désignant l'équipe au pouvoir emmenée par le président Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin a dénoncé "un écart toujours plus grand entre le discours et les actes, entre ce que vivent les Français et ce que vivent leurs dirigeants".

"Que penser d'une politique qui semble nier l'évidence que les Français vivent au quotidien, entre précarité, chômage et fins de mois difficiles", s'est-il interrogé.

Arrivé à la tribune au terme d'un long bain de foule sur l'air des tubes "Relax" et "I got a feeling", Dominique de Villepin a reçu le soutien, manifesté par leur présence, de l'ancien ministre Azouz Begag et des députés François Goulard et Jean-Pierre Grand, notamment.

L'ancienne ministre chiraquienne Brigitte Girardin a été désignée secrétaire générale de "République solidaire" dont la députée Marie-Anne Montchamp est la nouvelle porte-parole.

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Sécurité: Villepin renouvelle ses attaques, le gouvernement réplique leparisien.fr24.08.2010, 09h04

Dominique de Villepin a renouvelé mardi ses attaques contre la politique sécuritaire du gouvernement en faisant état d'un "malaise" de plusieurs ministres, préfets ou ambassadeurs face à Nicolas Sarkozy, ce qui a suscité une importante contre-offensive de l'exécutif.

Après avoir évoqué la veille "une tache de honte sur notre drapeau", l'ancien Premier ministre, surfant sur l'embarras d'une partie de la majorité, a assuré que cette politique n'était pas celle "de la droite" et que "les gaullistes", "les démocrates-chrétiens", "les catholiques sociaux" la rejetaient.

"Je rencontre un certain nombre de ministres qui sont malheureux et mal à l'aise" avec cette offensive sécuritaire visant notamment les Roms, a encore fait valoir le président de République solidaire (RS), estimant que c'était également le cas de nombreux "préfets et ambassadeurs".

Face à cette voix discordante, qui s'ajoute aux nombreuses critiques formulées depuis le discours musclé de Nicolas Sarkozy le 30 juillet à Grenoble, trois membres du gouvernement s'en sont pris à l'ex-Premier ministre de Jacques Chirac (2005-2007), toujours membre de l'UMP.

"On voit bien qu'il instrumentalise une fois de plus le drapeau français, tout simplement pour nourrir une vieille petite haine recuite", a attaqué le ministre de l'Industrie Christian Estrosi, un proche du chef de l'Etat.

"La politique que mène le gouvernement en matière d'immigration (...) c'est une politique qui trouve sa base sur le droit, sur des textes législatifs dont certains ont été votés en 2006 quand Dominique de Villepin était Premier ministre", a rappelé le porte-parole du gouvernement Luc Chatel. "La rancoeur ne doit pas effacer la mémoire", a-t-il ajouté.

Interrogé par l'AFP, le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu a lui réfuté tout "malaise" au sein du gouvernement.
"Je ne sais pas sur quoi" Dominique de Villepin se fonde mais "je peux lui dire que l'ensemble du gouvernement est très heureux et très à l'aise avec cette politique", a-t-il assuré.
"Quand il parle du malaise des ministres, il traduit son propre état psychologique: +zut, zut, zut, je ne suis plus aux affaires+", a encore ironisé Benoist Apparu.

La virulence des propos tenus par Dominique de Villepin, silencieux jusque là, a surpris dans les rangs de la droite.

"Ce sont des propos tellement excessifs qu'ils en sont troublants", avance un ancien ministre, qui juge "qu'il y a des mots qu'on ne peut pas employer en restant dans le même parti".
Pied de nez du calendrier, Dominique de Villepin a renouvelé son adhésion à l'UMP durant l'été le jour même du discours de Grenoble marquant un nouveau virage à droite de l'exécutif. "Ca en dit long sur l'incohérence" du personnage, tacle encore le même ex-ministre.

Jean-Pierre Raffarin a lui aussi jugé "excessifs" les propos de M. de Villepin, estimant pour sa part que Nicolas Sarkozy avait été "à la hauteur de sa fonction" dans le débat.
L'ex-Premier ministre a toutefois dénoncé la surenchère en oeuvre à l'UMP, "une dérive droitière qu'il convient de corriger". Il a également exhorté François Fillon à sortir de son silence sur ces questions pour "expliquer les valeurs d'équilibre" de la majorité.

Dans la polémique, Dominique de Villepin a aussi pu compter sur le soutien d'un proche, le député François Goulard, qui a estimé que le président Sarkozy s'était "pris les pieds dans le tapi" en espérant "rameuter la droite, voire l'extrême droite".

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Retraites: Villepin redoute que la majorité paie "extrêmement cher" en 2012 (AFP) – 03 octobre 2010 20.00

PARIS — L'ex-Premier ministre Dominique de Villepin a exhorté Nicolas Sarkozy à ne pas céder à la tentation de "passer en force" sur la réforme des retraites, redoutant que la majorité "ne le paie extrêmement cher en 2012" lors de l'élection présidentielle.

"Il est tentant pour un président de la République de se dire +je vais forcer le passage, je vais m'installer dans la vie politique française comme le capitaine courage de la réforme+ (...) je crains, et je le dis, que la majorité ne le paie extrêmement cher en 2012", a estimé M. de Villepin interrogé sur I-Télé/France Inter/Le Monde/Daily Motion.

"Ce sera à mon sens une victoire à la Pyrrhus, d'autant que les Français se rendront compte très vite que le régime par répartition n'est pas pour autant sauvé et qu'il faudra de toute façon une nouvelle réforme à partir de 2018 et trouver de nouvelles sources de financements à partir de 2014-2015", a ajouté le président de République solidaire.

"Un petit effort, préférons une réforme avec de forts soutiens à travers un compromis bien choisi qui permettra à notre pays d'avancer tous ensemble", a-t-il poursuivi, estimant que "les aménagements qui sont prévus ne permettront pas de répondre à l'inquiétude et l'angoisse des salariés".

L'ancien locataire de Matignon a ainsi suggéré de maintenir à 65 ans l'âge de départ à la retraite sans décote, qui doit passer à 67 ans dans le projet du gouvernement, et de "solliciter les plus aisés" pour financer le manque à gagner qui résulterait de cette mesure.

"Je propose que nous nous adressions aux Français les plus favorisés pour trouver les moyens d'une nouvelle répartition de l'effort", a indiqué M. de Villepin, jugeant que ceux-ci étaient "très peu sollicités par la réforme".

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AFP - Martin Bureau L'ex Premier ministre Dominique de Villepin s'est déclaré partisan du mariage entre personnes du même sexe Publié le 16/06/2011 | 22:14

"Je crois que nous devons aujourd'hui évoluer et reconnaître que le mariage, institution civile, contrat civil entre deux personnes, peut être à la fois noué entre deux personnes de sexes différents ou deux personnes de même sexe", a-t-il dit, indiquant avoir "évolué sur le sujet".

En revanche, il a fait part de ses doutes au sujet de l'adoption.

"Cette reconnaissance doit-elle aller jusqu'à celle de l'adoption au sein d'un couple homosexuel ?, s'est interrogé M. de Villepin lors de l'émission Elections 2012 diffusée sur internet jeudi.

"Je ne suis pas sûr, a-t-il répondu, que tout le monde y soit prêt. Néanmoins pour prendre en compte l'aspiration, la souffrance ... de beaucoup d'homosexuels, je crois qu'il faut avancer sur cet terrain et je proposerais plutôt qu'il y ait une reconnaissance du statut de beau parent qui permettrait de ne pas laisser le conjoint homosexuel dans la solitude, dans la difficulté en cas de décès, de lui reconnaître une responsabilité. On aurait là un équilibre".

Le président de République Solidaire plaide plutôt "une reconnaissance du statut de coparent qui permette de ne pas laisser le conjoint homosexuel dans la solitude", dans "la difficulté en cas de décès" et propose de "lui reconnaître une responsabilité particulière".

Ces prises de position interviennent alors que les députés UMP ont rejeté massivement cette semaine, une proposition loi PS visant à reconnaître le mariage homosexuel.

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Villepin favorable à la dépénalisation du cannabis LEMONDE.FR avec AFP | 16.06.11 | 16h29 • Mis à jour le 16.06.11 | 16h59

L'ancien premier ministre Dominique de Villepin s'est prononcé pour la dépénalisation de l'usage du cannabis, qu'il souhaiterait voir sanctionner d'une simple contravention, lors de l'émission "Elections 2012" (YouTube - CFJ - AFP), diffusée jeudi 16 juin.

"Je suis contre la pénalisation et pour la dépénalisation, je propose qu'en contrepartie on choisisse la voie de la contravention", déclare M. Villepin. L'ancien ministre de l'intérieur souligne également que cette mesure permettrait d'alléger la charge des services de police et de justice.

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La justice va interroger Robert Bourgi Créé le 14/09/2011 à 10h52 -- Mis à jour le 14/09/2011 à 10h52

Fonds occultes. L'avocat assure que différents politiques ont reçu de l'argent de dirigeants africains

Après avoir affirmé que plusieurs responsables politiques avaient touché de l'argent de la part de dirigeants africains, Robert Bourgi va devoir s'expliquer ailleurs que dans les médias. 20 Minutes fait le point sur les suites possibles à ces diférentes procédures.

Une enquête judiciaire.

La première étape a été enclenchée hier. Le parquet de Paris a ouvert en début de soirée une enquête préliminaire après les accusations de l'avocat contre Jacques Chirac et Dominique de Villepin. La police financière sera chargée de son interrogatoire, « C'est en ouvrant une enquête qu'on verra si les faits dévoilés par Robert Bourgi sont prescrits ou pas », explique l'avocat William Bourdon. Après ces auditions, la justice décidera ou non d'aller plus loin.

Une enquête déontologique.

Elle est déjà en cours. L'ordre des avocats du barreau de Paris a nommé, lundi, deux enquêteurs pour « vérifier la véracité des déclarations que Robert Bourgi a faites dans la presse. » En tant qu'avocat, et si les pratiques sont jugées illégales, il risque une sanction du blâme à la radiation. L'enquête va durer entre quinze jours et trois semaines.

Des plaintes en diffamation.Dominique de Villepin et Jacques Chirac ont été les premiers à annoncer qu'ils allaient porter plainte. Hier, Karim Wade, fils du président sénégalais, a aussi annoncé qu'il portait plainte en diffamation jugeant l'affaire « hallucinante ».

Une enquête parlementaire. C'est peu probable.

Hier, le groupe socialiste a demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire. « Nous votons les lois de financement des partis et nous avons le droit de savoir ce qu'il s'est passé », déclare le député (PS) Alain Vidalies. Problème, les socialistes ont déjà utilisé leurs deux droits de tirage qui leur permettent d'imposer une enquête. Pour en obtenir une autre, il faudrait faire voter une résolution à l'Assemblée. Cela semble très difficile avec une majorité UMP. Matthieu Goar et Vincent Vantighem

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Un ex-conseiller de Le Pen confirme les accusations de Bourgi Publié le 13-09-11 à 22:35 Modifié à 22:43 par Le Nouvel Observateur

"Ce que dit Bourgi est fondé sur une réalité", assure Lorrain de Saint-Affrique, exclu du FN en 1994.

Un ancien conseiller en communication de Jean-Marie Le Pen, Lorrain de Saint-Affrique, a confirmé mardi 13 septembre sur le site internet de Marianne les propos de Robert Bourgi sur des fonds occultes remis par l'ancien président gabonais Omar Bongo à Jean-Marie Le Pen, s'attirant un démenti immédiat.

"Ce que dit Bourgi est fondé sur une réalité. J'en ai été le témoin en 1988. Il y a d’ailleurs beaucoup de témoins de tout cela. Trop de gens sont concernés pour que l’affaire soit étouffée maintenant que Rober Bourgi vient de la faire éclater", a déclaré Lorrain de Saint-Affrique sur Marianne2.fr.

"Dire du mal de moi, c'est un état pathologique"

"Moi-même je suis au courant de beaucoup de choses dont je ne peux parler aujourd’hui parce que je ne veux pas prendre le risque d’être poursuivi en diffamation. Mais si je suis un jour cité en justice et que je suis appelé à témoigner, alors je parlerai", ajoute-t-il.

Comme il l'a dit à Marianne, Jean-Marie Le Pen a jugé cette version totalement improbable : "il a été viré du Front national une première fois en 1987, avant d’y revenir quelques années plus tard". "Dire du mal de moi, c'est un état pathologique chez lui", a ajouté Jean-Marie Le Pen. "Le Pen dit n'importe quoi", a répondu à son tour Lorrain de Saint-Affrique. "En 1988, qu'il s'agisse de l'élection présidentielle ou des législatives, j'étais dans le dispositif, mais je n'apparaissais pas dans l'organigramme", a-t-il indiqué.

Des accusations "téléguidées" par Nicolas Sarkozy

Selon lui, il avait effectivement été évincé de son poste d'assistant parlementaire à la demande de Jean-Pierre Stirbois, fin 1987, mais avait immédiatement retrouvé un rôle auprès du patron du FN : "il m'avait installé à domicile, j'avais un bureau accessible quotidiennement à Saint-Cloud", là où résidait la famille Le Pen.

Lorrain de Saint-Affrique avait été définitivement exclu du FN en 1994, après avoir accusé le numéro 2 du parti de l'époque, Bruno Mégret, de "protéger" au sein du parti "des nazis et des admirateurs de l'Allemagne hitlérienne".

Après avoir mis en cause Jacques Chirac et Dominique de Villepin, l'avocat Robert Bourgi, qui a été conseiller officieux pour l'Afrique de Nicolas Sarkozy, a accusé lundi Jean-Marie Le Pen d'avoir fait financer "sa campagne électorale" en 1988. Des accusations "ridicules" et "téléguidées" par Nicolas Sarkozy, selon Jean-Marie Le Pen. Le Nouvel observateur - AFP

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Dominique de Villepin se "libère" de République solidaire | 20.09.11 | 07h40 • Mis à jour le 20.09.11 | 11h31 Patrick Roger Article paru dans l'édition du 21.09.11 lemonde.fr

République solidaire (RS) vient de perdre son président fondateur.

Dominique de Villepin a annoncé, lundi 19 septembre, son départ de la présidence du mouvement qu'il a créé il y a quinze mois, le 19 juin 2010, pour, disait-il, "rassembler les orphelins de la République". Il se promettait d'aller "à la rencontre des Français"; RS allait devenir le creuset "des énergies et des talents". C'était le temps de l'exaltation et des grandes ambitions. Voici venu celui du fiasco.

"Aujourd'hui, nous entrons dans une nouvelle étape", a déclaré l'ancien premier ministre après la réunion du bureau politique, au cours de laquelle il a fait part de sa volonté de "se placer en dehors de toute responsabilité partisane". "Je veux rencontrer les Français en toute liberté", a-t-il précisé, pour leur "offrir la perspective d'une politique de rassemblement national". "Je veux que ma démarche ne soit entravée par aucune forme de structure partisane", insiste-t-il.

"NOUVEAU DÉPART"

Le "je" est toujours martelé avec la même conviction, mais il sonne tragiquement solitaire. Autour de M.de Villepin, ses derniers dévots veulent croire à "un nouveau départ". "Dominique de Villepin est plus que République solidaire. Il ne veut plus rester enfermé dans ce carcan", assure Marc Bernier, député de la Mayenne, qui assumera le secrétariat général du mouvement en remplacement de Brigitte Girardin. "Dominique de Villepin a demandé à Brigitte Girardin de le rejoindre pour constituer une équipe", indique un communiqué.

Constat d'une hémorragie, d'un mouvement qui se délite, à peine agité par les soubresauts des querelles internes, visant notamment Mme Girardin. "Des petits mesquins", balaie Jean-Pierre Grand, député de l'Hérault, appelé à prendre la présidence de ce qui reste de RS. "La vie des partis politiques est faite de dissensions et de jalousies", philosophe M. de Villepin.

Définitivement relaxé dans l'affaire Clearstream, puisque le parquet a fait savoir, lundi, qu'il ne se pourvoira pas en cassation, l'ancien premier ministre entend "aller au-devant des Français". Traduction prosaïque : il va proposer aux protagonistes de l'élection présidentielle les "cinq points de [son] pacte de redressement national" avant de déterminer son choix pour 2012.

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Relais et châteaux: Villepin dément lefigaro.fr Publié le 06/12/2011 à 12:44

Dominique de Villepin a affirmé au Monde n'avoir " strictement rien à [se] reprocher " dans l'affaire Relais et Châteaux. Le quotidien du soir affirme que le juge d'instruction strasbourgeois Jean-Baptiste Poli souhaiterait le convoquer comme témoin.

Le magistrat s'interrogerait, selon Le Monde, sur l'intervention de l'ex-locataire de Matignon. Le nom de l'ancien premier ministre est apparu en marge d'une affaire de surfacturations impliquant Régis Bulot, 64 ans, président jusqu'en janvier 2006 de la prestigieuse association Relais & Châteaux.Des coutes téléphoniques intrigantes, jetteraient des doutes sur le train de vie du cabinet d'avocats fondé par l'ancien premier ministre, et sur le financement de ses activités politiques. Marie-Laure de Villepin, son épouse, aurait été interrogée vendredi.

"Essayer de m'impliquer dans une histoire dans laquelle je n'ai rien à voir est insupportable", a déploré Dominique de Villlepin au Monde. "Je vois très bien pourquoi on veut mêler mon nom à cette affaire à quelques jours" du jour -mardi prochain- où il doit annoncer s'il sera candidat ou non à l'élection présidentielle. S'agissant du déjeuner du 12 janvier 2010 au cours duquel il aurait, selon des écoutes téléphoniques, tenté de faire pression sur les nouveaux dirigeants de Relais & Châteaux, M. de Villepin affirme n'avoir " en aucun cas tenté d'influer sur un dossier judiciaire dont je ne savais rien. J'ai simplement accepté de rencontrer ces responsables, à leur demande. Je savais qu'il y avait un contentieux entre eux et mon ami Régis Bulot, mais j'ignorais tout du fond de l'affaire ".

L'ancien premier ministre nie avoir "bénéficié d'éventuelles largesses de M. Bulot. J'ai séjourné plusieurs fois dans des établissements Relais & Châteaux, et j'ai toujours payé, ce qui n'est pas forcément le cas de certains hommes politiques".

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08/12 | 11:55 lesechos.fr Karachi: Dominique de Villepin convoqué comme témoin en janvier

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin est convoqué en janvier comme témoin dans le volet financier de l'affaire Karachi, a indiqué jeudi une source proche de l'enquête, confirmant une information de Libération.

Les juges Renaud van Ruymbeke et Roger Le Loire enquêtent sur un éventuel financement occulte de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995 via le détournement de commissions sur des contrats d'armement avec l'Arabie Saoudite et le Pakistan signés fin 1994.

Les juges ont obtenu récemment une extension de leurs investigations à une éventuelle corruption liée à des contrats d'armement après 1995, sous la présidence de Jacques Chirac, dont Dominique de Villepin était le secrétaire général à l'Elysée.

M. de Villepin va toutefois être entendu "sur les faits initiaux et l'arrêt des commissions et non sur ces faits nouveaux", a dit à l'AFP son avocat, Me Olivier Metzner, contestant ce qu'écrit Libération.

Dominique de Villepin affirme que les commissions sur les deux contrats d'armement de 1994 ont été interrompues en raison de soupçons de rétrocommissions. Il a déjà été entendu à ce sujet par le juge van Ruymbeke le 25 novembre 2010.

C'est l'intermédiaire en armement Ziad Takkiedine qui a mis les juges sur la piste de commissions qui auraient perduré, selon lui, après la victoire de Jacques Chirac à la présidentielle de 1995.

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Villepin candidat à la présidentielle Publié le 11-12-11 à 20:32 Modifié à 21:36 par Le Nouvel Observateur avec AFP

Dominique de Villepin a créé la surprise dimanche sur TF1 en annonçant qu'il se présentait à l'élection présidentielle de 2012, alors que la candidature de l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac semblait avoir du plomb dans l'aile.

"J'ai décidé d'être candidat à l'élection présidentielle de 2012", a déclaré l'ex-Premier ministre, anticipant son annonce deux jours avant une conférence de presse programmée pour mardi.

Il entend donc aller jusqu'au bout du chemin sur lequel il s'était engagé en juin 2010, en lançant devant plus de 3.000 sympathisants son propre mouvement politique, baptisé "République solidaire" (RS), pour donner une assise à ses ambitions.

1% d'intentions de vote

Ce faisant, Dominique de Villepin, qui ne s'est jamais présenté à une élection, reste fidèle à son image d'homme de panache, prenant de gros risques puisqu'il plafonne à 1% dans les sondages d'intentions de vote, alors qu'il était monté jusqu'à 10%.

"DDV" a tenu à affirmer qu'il ne se présentait pas par rancune à l'égard de son ennemi intime Nicolas Sarkozy, qui avait dit vouloir le "pendre à un croc de boucher" au moment de l'affaire Clearstream, dont il est finalement sorti blanchi.

"Je me suis battu pour que les relations entre Nicolas Sarkozy et moi-même redeviennent des relations républicaines et apaisées. C'est chose faite", a-t-il dit dimanche soir. Sa candidature ne peut cependant que gêner le chef de l'Etat comme d'ailleurs François Bayrou, qui se positionne aussi sur le créneau du rassemblement des Français.

"Notre souveraineté nous échappe"

L'ex-ministre des Affaires étrangères, symbole du refus français de la guerre en Irak en 2003, entend "défendre une certaine idée de la France" car "notre souveraineté nous échappe en grande partie".

Pour "DDV", "plus que jamais, l'union nationale s'impose à nous tous". Il a appelé à ce que "les Français se réveillent" et n'a pas manqué non plus de stigmatiser "la République des partis" symbolisée à ses yeux par l'accord PS-EELV.

Autant de signes que Dominique de Villepin se positionne comme l'héritier du gaullisme.

"J'ai une conviction: le rendez-vous de 2012 sera le rendez-vous de la vérité, du courage et de la volonté", a affirmé celui qui fut l'un des plus proches collaborateurs de Jacques Chirac.

Candidature à risques

Il s'est déclaré "inquiet" de voir "la France humiliée par la loi des marchés qui impose de plus en plus d'austérité".

Plusieurs hypothèques handicapent sa candidature: il lui faudra réunir les 500 parrainages nécessaires, trouver des moyens financiers pour faire campagne.

Sans compter qu'il n'en a pas fini avec les affaires, son nom étant cité dans plusieurs dossiers, Karachi, et plus récemment dans celui dit "des Relais et Châteaux", même si l'ancien Premier ministre a contesté toute implication.

Abandonné par ses soutiens

L'ex-chef du gouvernement semblait pourtant s'être rapproché de Nicolas Sarkozy, qu'il avait rencontré le 29 octobre à la Lanterne, résidence versaillaise du président. Il avait toutefois assuré "ne pas avoir dealé" avec son rival.

Dominique de Villepin a été abandonné au fil des mois par presque tous ses soutiens parlementaires, dont certains ont rejoint Nicolas Sarkozy, comme le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire et, villepiniste entre toutes, Marie-Anne Montchamp, entrée en novembre 2010 dans le gouvernement de François Fillon.

Pour beaucoup de responsables de la majorité, l'affaire semblait pliée. "Ma conviction, c'est qu'il n'ira pas", disait l'ex-député villepiniste Jacques Le Guen. "Parce que faire 2%, c'est ridicule, il mérite mieux que cela". Dominique de Villepin veut faire mentir ces pronostics. Le Nouvel Observateur - AFP

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Actualité > Présidentielle 2012 > Les personnalités > Dominique de Villepin La drôle d’équipe de Villepin Nathalie Segaunes | Publié le 17.01.2012, 16h37 leparisien.fr

Parce qu’il y a malgré tout quelques passages obligés dans une campagne présidentielle, Dominique de Villepin a sacrifié aux usages hier matin en dévoilant les éléments tangibles de sa candidature à l’Elysée : son QG (« PC de campagne », dans le langage martial du candidat), rue du Cherche-Midi à Paris VIe, son logo (le V de Villepin, tel les ailes stylisées d’un oiseau, prend son envol…), son slogan (« Aimons la France ») et surtout son organigramme.
Un mélange de simples adhérents de République solidaire, son mouvement, et de noms plus illustres, manifestement piochés dans le carnet d’adresses de l’ancien Premier ministre.

Des écrivains et des avocats

Ainsi, l’écrivain Jean-Claude Carrière, 80 ans, ami de vingt ans de Villepin, se retrouve-t-il propulsé « coordonnateur pour le projet ». L’auteur de « Milou en mai » n’exclut toutefois pas, confie-t-il, de « voter Hollande » le 22 avril! L’ancien ministre Azouz Begag, élu régional sous l’étiquette MoDem, mais fidèle à Villepin, est l’un de ses « conseillers politiques ».

Olivier Orban, ami et éditeur du poète candidat, est enrôlé comme « conseiller stratégie ». Luc Brossolet, l’un des avocats qui ont évité au prévenu Villepin le « croc de boucher » dans le procès Clearstream, est bombardé porte-parole. Marin de Viry, critique littéraire, prof à Sciences-po Paris et consultant en stratégie, sera son « conseiller communication ». Plus attendu, l’ancienne ministre Brigitte Girardin, ex-secrétaire générale contestée de République solidaire, devient directrice de campagne.

La seule surprise était en fait dans le public. Outre la présence du couturier Emmanuel Ungaro, l’arrivée de l’ancien « avocat du milieu » Karim Achoui a fait sensation. Radié du barreau après une affaire de faux, ce personnage sulfureux affirmait être venu en simple « observateur » et avoir « comme point commun avec Dominique de Villepin d’avoir connu les arcanes de la justice ». Villepin, lui, a assuré « ne pas le connaître ».Le Parisien

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Article publié le : jeudi 15 mars 2012 - Dernière modification le : vendredi 16 mars 2012

Présidentielle 2012 : Dominique de Villepin jette l’éponge

L’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin ne sera pas candidat à la prochaine élection présidentielle. Par Valérie Gas

Dominique de Villepin a annoncé, ce jeudi 15 mars 2012, au journal de 20 heures de France 2, qu'’il n'aurait pas les cinq cents parrainages nécessaires pour se présenter à l'élection présidentielle française. L'ancien Premier ministre n'a pas pour autant voulu dire s'il se rallierait à l'un des candidats en lice.

Même s'il a fait mine de croire qu'un « miracle républicain » pouvait encore se produire, Dominique de Villepin a décidé d'annoncer, vingt-quatre heures avant la date butoir, qu'il ne serait pas candidat à l'élection présidentielle. Il n'a pas réussi à réunir les cinq cents parrainages nécessaires.

La fin de l’aventure

C'est donc la fin d'une aventure, il est vrai, bien mal engagée. Sa campagne n'a jamais décollé : il plafonnait depuis des semaines à 2% des intentions de vote. Il était de plus en plus isolé : plusieurs cadres de son mouvement « République solidaire », l'avaient quitté. L'ancien Premier ministre a donc fini par jeter l'éponge comme d'autres avant lui dans la majorité : Jean-Louis Borloo, Christine Boutin ou Hervé Morin.

Dominique de Villepin n'est plus dans la course mais il refuse de dire pour le moment s'il apportera son soutien à un autre candidat, répétant une phrase dont il a presque fait un slogan : « Le ralliement ne fait pas partie de mon tempérament ». Posture ou conviction ? Les prochaines semaines permettront de le savoir.

Travailler au rassemblement

Dominique de Villepin affirme pour le moment qu'il n'a qu'un objectif travailler à l'union, au rassemblement des Français. Reste à savoir avec qui : avec Nicolas Sarkozy, avec François Bayrou, ou seul ? En tout cas, malgré cet échec qu'il a mis sur le compte d'un système dominé par « les réseaux partisans », Dominique de Villepin l'a dit, il n'a pas l'intention d'abandonner la politique.

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27/04/2012 à 13:04 actu-orange.fr Villepin, "effrayé" par les "gages à l'extrémisme", se prononce contre Sarkozy

"Effrayé" par la campagne du président-candidat de l'UMP et ses "gages à l'extrémisme", l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, sans aller jusqu'à donner de consigne de vote, s'est prononcé clairement vendredi contre Nicolas Sarkozy

"Halte au feu ! (...) Mon rôle n'est pas de dire pour qui voter, car chacun doit prendre ses responsabilités" mais "le 6 mai, que chacun vote en pensant à la France et à ce qu'elle a toujours porté de meilleur, à ses valeurs de respect, de dignité et d'humanisme, parce que, en conscience, il faut bien choisir", déclare-t-il dans une tribune au vitriol contre M. Sarkozy, intitulée "La droite m'effraie, la gauche m'inquiète", publiée vendredi sur LeMonde.fr.

Après une campagne de premier tour "indigente", celle du second "devient indigne", aux yeux de celui qui n'a pu concourir à la présidentielle faute d'avoir recueilli les 500 parrainages d'élus requis.

Et de dénoncer, sans jamais citer son nom, la stratégie à droite toute assumée par le chef de l'Etat: "instrumentalisation de faits divers", "improvisation de bien des propositions" du Front national, "débauchage sans vergogne de voix extrémistes". "Les lignes rouges républicaines sont franchies une à une", affirme l'ex-président de République solidaire.

Sans troupes mais jouissant toujours d'une vraie aura, notamment dans les banlieues, depuis son discours à l'Onu contre la guerre en Irak en février 2003, M. de Villepin refuse de "cautionner cette dérive" de son ancien ennemi juré, qui avait promis de le "pendre à un croc de boucher" pendant l'affaire Clearstream, acmé de leur rivalité.

"Ne nous abîmons pas", met-il en garde, au nom de son "héritage gaulliste" et de son "devoir vis-à-vis des électeurs de la majorité", pour souligner le "poison mortel qui menace la droite", à savoir le "reniement de ses valeurs" et "le sacrifice de ce qui fait notre identité".

Multiplier les signes en direction de Marine Le Pen (FN) et de ses électeurs est "une route sans retour", souligne Dominique de Villepin. "La dérive électoraliste qui s'est engagée est un processus incontrôlable et sans fin. Une concession en entraînera toujours une autre. Un gage à l'extrémisme toujours un plus grand encore. Une digue rompue en fera céder une autre".

"Je ne supporte pas l'hystérie générale qui s'est emparée de l'élection dans laquelle le peuple français est pris en otage par 6 millions d'électeurs en colère. Aujourd'hui, tout se passe comme s'il n'y avait en France que des électeurs du Front national", déplore-t-il encore.

Il va jusqu'à établir un parallèle entre Nicolas Sarkozy et l'ancien président américain George W. Bush: "c'est la même spirale qui a entraîné la guerre en Irak et qui nourrit l'islamisme au nom du choc des civilisations". Et de citer en contre-exemple l'ex-président Jacques Chirac qui avait, lui, "tracé des limites claires entre la droite républicaine et l'extrême droite".

Pour autant, M. de Villepin ne donne pas un blanc-seing au candidat PS François Hollande, dont il a été le condisciple à l'Ena. "Le 6 mai, quoi qu'il arrive, sera la victoire d'un homme, mais pas la victoire de la France. Tout sera à faire. Tout sera à réinventer. Nous aurons une tâche formidable devant nous: la réconciliation des Français", insiste-t-il.

A ses yeux, les réponses à apporter aux "grands défis à venir" ne seront pas trouvées "dans l'idéologie". "Le 7 mai, tout restera à faire, il faudra se rassembler pour agir", ajoute Dominique de Villepin.

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Dominique de Villepin est en garde à vue Créé le 11-09-2012 à 10h32 - Mis à jour à 11h14 Par Le Nouvel Observateur

L'ex-Premier ministre est interrogé sur son intervention présumée dans l'affaire Relais et Châteaux.

Dominique de Villepin a été placé en garde à vue, mardi 11 septembre au matin, dans une caserne de la gendarmerie de Paris, boulevard Exelmans (16e arrondissement) selon une information du quotidien "Le Monde". L'ancien Premier ministre était entendu par les gendarmes en charge du dossier Relais & Châteaux, pour une affaire d'escroquerie présumée, a indiqué une source proche de l'enquête.

Cette audition "était prévue et est en cours", a expliqué cette source, se refusant à préciser qu'il était entendu dans le cadre d'une garde à vue.

Vieille connaissance

Dominique de Villepin connaît bien l'ancien président de Relais et Châteaux Régis Bulot, 64 ans, mis en examen par des juges de Strasbourg pour abus de confiance, escroquerie en bande organisée et blanchiment. Une proximité racontée dans le détail dans une enquête du Nouvel Observateur.

Régis Bulot est notamment soupçonné d'avoir, entre 2002 et 2008, détourné 1,6 million d'euros, reversés en liquide par des fournisseurs à qui des prestations avaient été surfacturées.

Selon des retranscriptions d'écoutes consultées fin 2011, Dominique de Villepin aurait tenté de dissuader le nouveau président de l'association Jaume Tàpies, qui devait se porter partie civile, d'ébruiter une affaire judiciaire concernant son prédécesseur.

Après avoir déjeuné en janvier 2010 avec Jaume Tàpies, Dominique de Villepin s'est vanté par téléphone auprès de Régis Bulot d'avoir "fait (à ses interlocuteurs) une trouille dix fois au-dessus de ce qu'ils imaginaient".

Il y a une chose que je leur ai fait comprendre... c'est que s'il y avait un intérêt commun à la maison Relais et Châteaux, c'est que rien de tout ce qu'ils m'ont dit ne sorte jamais, ce dont ils sont convaincus", a encore dit celui qui ambitionnait alors encore de se présenter à la présidentielle.

Le matin même, Régis Bulot avait en prévision de ce déjeuner "remerci(é)" son ami "d'être ferme".

Régis Bulot a reconnu ce système de surfacturations mais nie en revanche avoir mis en place un système de nuitées gratuites au bénéfice d'hommes politiques ou tout financement politique.

Selon les déclarations de Régis Bulot, Dominique de Villepin n'a en revanche pas bénéficié de détournements, que ce soit sous la forme de versements en liquide ou de séjours gratuits. Dominique de Villepin et son épouse ont notamment séjourné en 2005 dans un Relais et Châteaux en Martinique.

Ecroué après sa mise en examen, Régis Bulot avait été remis en liberté en juin 2012 après sept mois de détention provisoire.

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UMP : Villepin soutient Copé, "une perle rare" Le Monde.fr | 19.10.2012 à 10h26• Mis à jour le 19.10.2012 à 11h55

Dominique de Villepin, qui a quitté l'UMP en 2011, a apporté son soutien à Jean-François Copé, opposé à François Fillon dans la campagne pour la présidence du parti. L'ancien premier ministre a vanté vendredi 19 octobre sur RMC - BFM TV les "qualités exceptionnelles" de l'actuel secrétaire général de l'UMP.

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Dominique de Villepin contre l'intervention au Mali Le Monde.fr avec AFP | 13.01.2013 à 09h32 • Mis à jour le 14.01.2013 à 08h04

Dominique de Villepin, l'ancien premier ministre de Jacques Chirac estime dans une tribune au Journal du dimanche qu'"aucune des conditions de la réussite n'est réunie" au Mali, où la France intervient militairement depuis vendredi contre des groupes islamistes armés.

Dans ce texte intitulé "Non, la guerre ce n'est pas la France", où jamais il ne cite le nom du président François Hollande, M. de Villepin s'interroge : "Comment le virus néoconservateur a-t-il pu gagner ainsi tous les esprits ?" "L'unanimisme des va-t-en-guerre, la précipitation apparente, le déjà-vu des arguments de la "guerre contre le terrorisme" m'inquiètent", écrit l'ancien ministre des affaires étrangères, qui avait porté en février 2003 à l'ONU le "non" de la France à la guerre en Irak.

Pour lui, "au Mali, aucune des conditions de la réussite n'est réunie". "Nous nous battrons à l'aveuglette, faute de but de guerre. Arrêter la progression des djihadistes vers le sud, reconquérir le nord du pays, éradiquer les bases d'AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique) sont autant de guerres différentes", ajoute-t-il. "Nous nous battrons seuls faute de partenaire malien solide", développe-t-il. "Eviction du président en mars et du premier ministre en décembre, effondrement d'une armée malienne divisée, défaillance générale de l'Etat, sur qui nous appuierons-nous ?"

Enfin, "nous nous battrons dans le vide, faute d'appui régional solide. La Communauté des Etats de l'Afrique Occidentale reste en arrière de la main et l'Algérie a marqué ses réticences", dit encore celui qui se targue de n'avoir "jamais cessé" depuis 2003 et l'Irak de "(s') engager pour la résolution politique des crises et contre le cercle vicieux de la force". Depuis vendredi les réactions dans la classe politique à l'intervention au Mali ont traduit, pour l'essentiel, une approbation de la décision de François Hollande, qui s'est félicité samedi de ce "consensus politique". Du côté des voix critiques vendredi, le député écologiste Noël Mamère a dit "s'étonner que le président de la République reproduise les mêmes méthodes que son prédécesseur en ne saisissant le Parlement qu'une fois les opérations lancées". Pour le co-président du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, "l'intérêt d'une intervention militaire extérieure pour régler le problème posé au nord du Mali est discutable" et "en décider seul, sans en saisir préalablement ni le gouvernement ni le Parlement, est condamnable".

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Une journée à 100 000 euros pour Dominique de Villepin AFP 12 mars 2014 à 09:56 (Mis à jour : 12 mars 2014 à 11:32) http://www.liberation.fr/politiques/2014/03/12/une-journee-a-100-000-euros-pour-de-villepin_986408

Retour au Quai d'Orsay pour l'ancien Premier ministre et chef de la diplomatie française. Il y a effectué une journée de travail afin de percevoir un bonus de retraite à six chiffres.

Après 10 ans d’absence au ministère des Affaires étrangères, l’ancien Premier ministre de droite et chef de la diplomatie française, Dominique de Villepin, y a effectué une journée de travail afin de percevoir un bonus de retraite de 100 000 euros, a affirmé mardi un quotidien britannique.

Selon le site internet du quotidien conservateur Daily Telegraph, qui cite des sources non identifiées au ministère des Affaires étrangères, Dominique de Villepin a effectué en septembre une journée de travail au Quai d’Orsay afin de toucher cette somme à six chiffres.

Dominique De Villepin, 60 ans, a débuté sa carrière en 1980 comme diplomate au ministère français des Affaires étrangères. Il y est resté jusqu’en 1993, avec des affectations notamment dans les ambassades françaises à Washington ou New Delhi. Il était revenu au Quai d’Orsay comme ministre entre 2002 et 2004.

Selon le quotidien britannique, sa journée de travail de septembre dernier lui a permis de faire valoir des droits à la retraite prévoyant le versement d’un bonus de 100 000 euros. Ce versement aurait été autorisé par le gouvernement socialiste au pouvoir en France, affirme le Daily Telegraph.

«Rien d'exceptionnel»

Interrogé mercredi matin, le Quai d’Orsay a souligné que l’ancien ministre avait bénéficié d’un «dispositif de fin d’activité anticipé» et que «cela n’avait rien d’exceptionnel». Le ministère n’a toutefois pas confirmé le montant évoqué par le journal ni la journée de travail effectuée en septembre.

Selon le quotidien britannique, la raison et les détails de ce droit à une prime de retraite ne sont pas clairs, et le journal précise que ses tentatives pour obtenir des éclaircissements auprès du ministère français sont restées vaines.

Ces sources ministérielles ont précisé que l’accord du ministre des Affaires étrangères, le socialiste Laurent Fabius, est «probablement» nécessaire afin d’autoriser un tel versement, qui n’aurait toutefois rien d’illégal.

Selon un porte-parole de Dominique de Villepin, cité par le Telegraph, il y aurait eu «une erreur administrative que M. de Villepin a déjà demandé de rectifier auprès des autorités compétentes dès qu’il en a été fait état», sans préciser de quelle erreur il s’agissait, ou si l’argent avait été remboursé.

Un porte-parole du ministère, également cité par le journal, a ajouté qu’il n’y avait «pas eu de traitement discrétionnaire ou préférentiel» à l’égard de celui qui occupa le poste de Premier ministre de 2005 à 2007, sous la présidence de Jacques Chirac. AFP

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Villepin, la prise de guerre de Sarkozy Publié à 08h48, le 25 novembre 2014, Modifié à 14h46, le 25 novembre 2014 Par Caroline Roux et Louis Hausalter http://www.europe1.fr/politique/villepin-la-prise-de-guerre-de-sarkozy-2299037

Une fois élu à la tête de l'UMP, l'ancien président compte faire venir son ancien adversaire à ses côtés.

Dernière ligne droite pour les candidats à la présidence de l'UMP : les militants voteront samedi. Mais le futur probable président du parti, Nicolas Sarkozy, pense déjà à l'après. Et va faire revenir à ses côtés un certain… Dominique de Villepin. Son plus grand ennemi pendant de longues années, mais qui lui a pourtant apporté son soutien ces derniers mois.

Un conseil des sages. Dominique de Villepin ne va pas intégrer l’état-major opérationnel du parti, mais une structure à part, une sorte de haut conseil qui regroupera les anciens Premiers ministres. Cela lui donnera surtout l’occasion de s’exprimer sur les questions internationales.

"Le symbole du rassemblement". Une chose est sûre : Villepin est un personnage du récit que veut écrire Nicolas Sarkozy, celui d’une famille politique qui se retrouve autour du chef. Depuis plusieurs mois, les deux hommes se parlent régulièrement. "Dominique de Villepin, c’est le symbole du rassemblement : un ancien adversaire qui retrouve le chemin de l’unité", veut croire l'un des proches de Nicolas Sarkozy. Le message est limpide : si celui que Nicolas Sarkozy a longtemps voulu pendre "à un croc de boucher" accepte de jouer le jeu de l'union, tout est possible.

Proche de Le Maire et Juppé. Le retour de Villepin, c'est aussi un petit message adressé par l'ex-président à Bruno Le Maire, son rival pour la présidence de l'UMP. En effet, Bruno Le Maire a été directeur de cabinet de l'ancien ministre des Affaires étrangères. Mais ce n'est pas tout : Villepin a lui-même été le directeur de cabinet… d'Alain Juppé, lorsque celui-ci est passé une première fois au Quai d'Orsay, au début des années 1990.

Un rôle de "facilitateur". Dans le contexte actuel, le ralliement de Villepin ressemble donc à une belle prise de guerre. Mais à terme, l'ancien locataire de Matignon pourrait devenir une sorte de "passerelle" entre Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et Bruno Le Maire. Un "facilitateur" sur lequel compte Nicolas Sarkozy pour calmer les esprits, dans un parti qui en a bien besoin.

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Affaire Fillon: "Non, c'est non", Juppé ne veut pas être le plan B
Actualité Politique Elections Presidentielle 2017 Par LEXPRESS.fr , publié le 06/02/2017 à 08:37 , mis à jour à 09:06

Battu lors de la primaire à droite, Alain Juppé réitère son refus de remplacer François Fillon en cas de renoncement du député de Paris. Même sous conditions.

Selon Le Figaro, Alain Juppé, finaliste malheureux de la primaire à droite, n'exclurait plus de prendre la relève de François Fillon, en cas d'abandon du député de Paris, en grande difficulté depuis le début de l'affaire du Penelopegate.

LIRE AUSSI >> Penelopegate: Juppé refuse d'être le recours en cas de retrait de Fillon

Un retour du maire de Bordeaux auquel le principal intéressé a posé une condition claire: c'est à François Fillon de prendre l'initiative. Alors que les partisans du grand perdant de la primaire à droite s'organisent, Dominique de Villepin a estimé ce lundi matin sur Europe 1, qu'Alain Juppé est désormais le mieux placé pour l'élection présidentielle.

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Dominique de Villepin: «Les plaies de la France sont à vif» Home FIGARO Vox Politique Par Dominique de Villepin Publié le 02/03/2017 à 16:52 lefigaro.fr/vox/politique/2017/03/02

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Veillons au salut de l'Empire, paroles d'Adrien-Simon Boy (1791), musique de Renan d'Ast (1787), Hymne National du Premier Empire de Napoleone di Buonaparte

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