Janvier 2008 : Danielle Miterrand vend des reliques

François Mitterrand (1916-1996)
Bio-express
Le "dernier Valois" d'Alain Duhamel

Agent public contractuel du maréchal Philippe Pétain, et décoré de la Francisque à ce titre, et par celui-ci en 1943, puis résistant non gaulliste, soutenu par d'éminents membres de la communauté juive de France, communauté qui espère une reconnaissance de la responsabilité de l'Etat français pour les interventions judéophobes de Vichy,

(reconnaissance qui sera faite par M. Jacques Chirac en juillet 1995, après sa difficile élection contre M. Edouard Balladur qui fut pendant longtemps très en tête dans les sondages, à la Présidence de la République, ce qui a pour conséquence l'indemnisation des victimes, le Premier ministre Alain Juppé annonçant le 25 janvier 1997 devant le Conseil représentatif des institutions juives de France, CRIF, la création d'un groupe de travail devant localiser et estimer les biens saisis pendant la deuxième guerre mondiale et "qui sont encore entre les mains des collectivités publiques françaises ou étrangères", décisions qui sont notamment appréciées par Me Robert Badinter, sénateur socialiste, ancien ministre socialiste de la Justice et président socialiste du Conseil constitutionnel sous la présidence de M. François Mitterrand)

huit fois ministre de 1944 à 1957, le député de la Nièvre est officiellement hostile jusqu'en 1981 aux institutions de la Vème République et tout particulièrement à l'élection du Président de la République au suffrage universel direct ...

Il sera candidat à cette élection en 1965 et 1974, avant d'être élu président en 1981 ... (Le coup d’Etat permanent, 1963, 10-18, documents n°296, Paris, 1993).

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Parvenu au pouvoir en 1981, gràce aux communistes et aux radicaux dits "de gauche", et gràce à l'hostilité de Jacques Chirac à l'égard de Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand essaie de collectiviser les moyens de production (Marx) en nationalisant, au frais des contribuables, les grands groupes industriels, les banques et les assurances, mais pas les banques d'affaires (loi de nationalisation du 11 février 1982 - 5 grands groupes industriels, 5 grands groupes financiers, 36 banques).
Mais, après trois dévaluations du franc, l'effondrement de l'économie, des affaires catastrophiques, qui seront, évidemment, payées par les contribuables, il faut dénationaliser, privatiser, officiellement ou "discrétement". Donc faire une politique non pas "socialiste", c'est à dire hostile à l'économie de marché (capitalisme), mais une politique social-démocrate, qui accepte le capitalisme tout en organisant une protection sociale collective, c'est à dire une politique "à la Rocard".

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Selon les observateurs avertis le Président François Mitterrand a pleinement assumé son rôle de monarque républicain, un monarque avec cour et courtisan(e)s, favoris et favorites, récompensé(e)s ou châtiés selon son bon vouloir, une cour avec ses intrigues et ses jalousies, ses jouissances, ses déprimes et ses "suicides", sans oublier les scandales, et évidemment les secrets, notamment à propos de sa santé (très affaibli par son cancer de la prostate il laisse les allemands prendre leur revanche sur les deux guerres mondiales en réalisant leur réunification et l'affaiblissement de la Russie ainsi que le démembrement avec l'aide des américains de la Yougoslavie et de la Tchécoslovaquie, leur permettant ainsi de redevenir le pivot de l'Europe), et à propos de sa fille adultérine (Erik Orsenna, Grand amour, Le Seuil, Paris, 1993 ; Laure Adler, L'année des adieux, Flammarion, Paris, 1995 ; Georges-Marc Benamou, Le dernier Mitterrand, Plon, Paris 1997).

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Le "suicide", le 1er mai 1993, de l'ancien Premier ministre Pierre Bérégovoy, fils d'un immigré russe qui fut capitaine du tsar et menchevik, ouvrier fraiseur militant syndical puis politique, demeure énigmatique,
de même que le "suicide", en 1994, d'un « ami » du Président de la République, François de Grossouvre,
de même que la mort de son ami Patrice Pelat, fils d'un ouvrier de chez Renault et d'une blanchisseuse ayant fait la guerre d'Espagne, petit industriel favorisé et bien informé.
La célèbre chanteuse Dalida, qui est sa maîtresse en 1981 lorsqu'il accède au pouvoir et qui est "répudiée" par peur d'une révélation médiatique, se suicide elle aussi le 3 mai 1987, après quelques autres blessures intimes (Jacqueline Pitchal, Tu m'appelais petite soeur, Didier Carpentier, Paris, avril 2007).

Pour une hagiographie merveilleuse l'ouvrage signé par une admiratrice de Fidel Castro et des communistes kurdes, notamment : Danielle Mitterrand, En toutes libertés, Ramsay, Paris, 1996, et Michel Charasse, 55 faubourg Saint-Honoré, Grasset, Paris 1996.

Les femmes qui ont bien connu ce très remarquable polygame sont assez tendres à son égard : notamment l'historienne et journaliste française Laure Adler, L'Année des adieux, Flammarion, Paris 1995 ; la journaliste suédoise Christina Forsne, François, Seuil, Paris 1997 ; l'astrologue des élites parisiennes Elizabeth Teissier, Sous le signe de Mitterrand, sept ans d'entretiens, Edition n°1, Paris 1997 (docteur en sociologie en 2001) ...
Et sa deuxième épouse de fait, juridiquement adultère, Anne Pingeot, fait publier en 2016 le courrier intime de son amant présidentiel (Lettres à Anne 1962-1995, François Mitterrand (Auteur), Gallimard, Paris 2016).

Un "témoignage" très intéressant, intelligent, séduisant, sympathique, et "pathétique" également, la Lettre à un ami mystérieux (Grasset, Paris 2001) du beau-frère Roger Lévy dit Roger Hanin, un communiste, comédien et écrivain, millionnaire en euros.
Un inventaire très "sérieux", d'un ami et soutien fidèle : Pierre Bergé, Inventaire Mitterrand, Stock, Paris 2001.

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Mitterrand, le dernier Valois
Par Alain DUHAMEL
Libération, mercredi 02 février 2005, Rebonds, p. 37

La sortie prochaine du film de Robert Guédiguian le Promeneur du Champ-de-Mars avec Michel Bouquet dans le rôle de François Mitterrand au crépuscule de sa vie va immanquablement relancer les controverses sur la personnalité transgressive, fascinante, inquiétante, par-dessus tout labyrinthique du Président défunt. Le procès en cours des écoutes de l'Elysée posera la question : comment un homme aussi viscéralement attaché aux libertés individuelles, aussi méfiant par expérience vis-à-vis des officines, aussi sincèrement désireux d'améliorer notre imparfait Etat de droit, a-t-il pu s'abaisser jusqu'à faire espionner avocats, journalistes, écrivains ou artistes par un quarteron de pandores grisés ? Aussitôt surgira le thème simplificateur de la face grise de François Mitterrand.

On rappellera son goût pour les personnages faisandés, en omettant les amitiés enviables qu'il entretenait durant des décennies. On invoquera les libertés qu'ils prenaient avec l'argent public en oubliant de préciser que, depuis sa mort, les fortunes qu'on l'accusait à longueur de livres d'avoir dérobées et dissimulées n'ont jamais émergé, y compris lorsque sa veuve en a eu grand besoin. On soulignera son cynisme, ses ruses, ses marches et ses contre-marches, ses dissimulations et ses roueries en négligeant ses engagements éclatants en faveur des droits de l'homme, des dissidents, des minorités. On l'accusera d'opportunisme, de volte-face, on soulignera les glissements progressifs de ses choix politiques, ses changements de pied soudains, les escaliers dérobés qu'il affectionnait pour passer d'une posture à l'autre. On omettra de saluer ses grands discours clarificateurs devant le Bundestag, l'ONU ou la Knesset. On lui concédera une immense culture et même une rare érudition pour en faire la marque de ces libertins dévoyés qui gâchaient leur talent par leur amoralisme. On en fera un Casanova en occultant le doge impérieux qu'il était d'abord. On le réduira à ses défauts pour mieux dissimuler sa stature et son envergure.

En fait, on ne comprend rien à François Mitterrand si on le juge selon les critères ordinaires. Cet agnostique déclaré était aussi presque un spiritualiste ? Et pourquoi pas ? Ce bourgeois avait la haine de l'argent dont il savourait les fruits ? Est-ce si contradictoire ? Il avait reçu une culture de droite et acquis une idéologie de gauche ? Cela valait bien le cheminement inverse. La gauche l'avait élu et il gouvernait en monarque sophistiqué ? Assurément. Si le général de Gaulle reste comme le premier des Français ­ ce qui faisait enrager puérilement François Mitterrand ­, l'homme de Latché demeurera comme le premier des politiques depuis la Libération, ce qui n'est pas si mal. Il avait été un maréchaliste ambitieux avant de devenir un résistant intrépide ? Fort peu, parmi ses critiques, ont démontré le même courage. Il venait de la droite la plus traditionaliste (donc de l'extrême droite patriote à l'époque du Front populaire) avant de muer peu à peu vers la gauche par les chemins étroits d'une décolonisation malheureuse, puis d'une alliance inévitable avec un parti communiste qu'il voulait étouffer et qu'il a asphyxié ? Cela prouve surtout qu'il était meilleur stratège que les autres. Il a certes passé les bornes lorsqu'il a, avec son éloquence unique, prêché pour une rupture brutale avec une société qu'il savait bien ne pouvoir, au mieux, qu'améliorer. En confidence, il expliquait sans états d'âme que les Français devaient mesurer concrètement l'impossible pour évoluer vers le souhaitable. C'était assez cruel mais bien vu. Cela lui ressemblait.

François Mitterrand aura, en réalité, été un Valois élu. Il aimait les Français qu'il comprenait mieux que quiconque et il aimait la France qu'il situait invariablement dans une perspective historique. Il se dispensait souverainement, pontificalement, des contraintes et des normes qu'il imposait aux autres. C'était un monarque-né, un souverain éclairé sincèrement désireux du bien de son peuple mais se situant lui-même dans un autre univers. C'était un prince de la Renaissance au profil à la Clouet. Il en avait la culture et l'autorité, la vision et les moeurs. Il aimait sa famille, profondément, mais aussi ses favorites et leurs descendances, sincèrement. Il voyait loin et souvent juste avant son déclin des dernières années, qu'il s'agisse des relations internationales ou des métamorphoses de la société. Cela ne l'empêchait pas d'avancer en spirale. Il instrumentalisait les uns, il séduisait les autres, il combattait ses adversaires de front et ses alliés de revers. Il voulait, en souverain éclairé, démocratiser les institutions mais il n'envisageait pas de s'appliquer à lui-même ce qu'il préparait pour les autres. Il se considérait comme le dernier monarque français, comme le premier souverain franco-européen.

Il croyait fermement en quelques principes ­ la force de la loi, l'Europe, le progrès social, les droits de l'homme ­ qu'il se réservait le privilège de transgresser. Il y a le roi et il y a la loi : la loi pour le peuple, la couronne pour le roi. François Mitterrand était ainsi le dernier Valois, après lui régneront les branches cadettes des Bonaparte. En attendant qu'un jour la Ve République devienne une véritable démocratie avec séparation des pouvoirs et contrôle de l'exécutif : un rêve qu'il caressait ardemment et ironiquement. Un jour, pour les autres.

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Mitterrand en 22 dates

Comme de Gaulle, Mitterrand avait son idée de la France. Mais c'est la construction européenne qui restera à ses yeux la grande tâche historique de sa génération

26 octobre 1916. Naissance à Jarnac (Charente).
1935. Adhésion aux Volontaires nationaux du colonel de La Rocque.
14 juin 1940. Blessé près de Verdun, il est prisonnier dans un camp de Thuringe.
15 décembre 1941. Evasion à la troisième tentative ; il rejoint quelques mois plus tard, à Vichy, le Commissariat au Reclassement des Prisonniers.
15 novembre 1943. Tout juste décoré de la francisque, il s'envole pour Londres.
Juin 1944. Commissaire (provisoire) aux Prisonniers de guerre.
28 octobre 1944. Il épouse Danielle Gouze, avec qui il aura trois fils, dont l'un meurt en bas âge.
10 novembre 1946. Député UDSR de la Nièvre.
Janvier 1947. Ministre des Anciens Combattants dans le gouvernement Ramadier ; il sera huit fois ministre sous la IVe République, notamment à l'Intérieur (gouvernement Mendès France, 1954) et à la Justice (gouvernement Mollet, 1956).

30 novembre 1958. Partisan du non à la Constitution de la Ve République, il est battu aux élections législatives ; il est élu, six mois plus tard, maire de Château-Chinon et sénateur de la Nièvre.
15 octobre 1959. Mis en cause dans le vrai-faux attentat de l'Observatoire.
19 décembre 1965. Candidat unique de la gauche à l'élection présidentielle, il met en ballottage le général de Gaulle et recueille 45% des voix au second tour.
19 mars 1967. Redevient député FGDS de la Nièvre, dont il préside le conseil général.
13 juin 1971. Il sort vainqueur du congrès d'unification des socialistes à Epinay et devient premier secrétaire du PS.
26 juin 1972. Signe, au nom du PS, le Programme commun de gouvernement avec le PC puis les radicaux de gauche.
19 mai 1974. Candidat unique de la gauche à l'élection présidentielle, il est battu de peu (49,2%) par Valéry Giscard d'Estaing.
18 décembre 1974. Naissance de Mazarine Pingeot.
8 avril 1979. Malgré la défaite de la gauche aux élections législatives de 1978, il repousse l'offensive de Rocard et Mauroy au congrès du PS à Metz.
10 mai 1981. Elu président de la République avec 52% des voix face à Valéry Giscard d'Estaing.
16 mars 1986. Défaite de la gauche aux élections législatives ; il nomme Jacques Chirac Premier ministre pour la première expérience de cohabitation de la Ve République.
8 mai 1988. Réélu président de la République avec 54% des voix au second tour face à Jacques Chirac.
8 janvier 1996. Mort à Paris, il est enterré à Jarnac.
lenouvelobs.com, Semaine du jeudi 5 janvier 2006 - n°2148 - Dossier

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La garde-robe de Tonton aux enchères
AFP La garde-robe personnelle de François Mitterrand va être vendue à la fin du mois, au profit de l'association France-Libertés de Danielle Mitterrand. LIBERATION.FR AVEC SOURCE AFP LIBERATION.FR : jeudi 17 janvier 2008

Avis aux tontonophiles, la garde-robe personnelle de François Mitterrand sera mise aux enchères le 29 janvier prochain. Des costumes de laine, une robe d’avocat, des chaussures, un feutre, des objets décoratifs ou des cadeaux présidentiels, en tout 368 vêtements et objets ayant appartenu à François Mitterrand, seront vendus aux enchères par la maison Tajan à Drouot.

La vente de la garde-robe personnelle de l’ancien président de la République (de 1981 à 1995), à laquelle s’ajoutent quelques pièces de sa veuve Danielle Mitterrand, est organisée au profit de l’association France-Libertés, que préside Danielle Mitterrand, annonce Tajan.

Les pièces sont estimées chacune entre 20 et 4.000 euros, pour une estimation globale allant de 60.000 et 90.000 euros.

Une partie de la vente est consacrée à des vêtements ayant appartenu et ayant été portés par le président lors de cérémonies officielles ou privées. Sont vendus, entre autres, des costumes portant l’insigne de Grand Croix de la Légion d’Honneur, une paire de pantoufles noires rebrodées d’une rose rouge, une robe de chambre, des écharpes, des cravates, des chaussures, etc.

Une seconde partie propose des souvenirs et cadeaux que le couple présidentiel a reçus durant les deux mandats, venant de Fidel Castro, Barbara Bush, des Philippines, Bangladesh, Oman, Russie, Mexique (parure de lit, une nappe brésilienne, des vases, assiettes, valises etc.).

Danielle Mitterrand a «choisi de vendre des objets emblématiques, conservant des objets plus personnels», a indiqué l’expert de la vente, Bénédicte Blondeau-Wattel, qui a ouvert les placards de la rue de Bièvre, où habitait l’ancien président.

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Blow wind, blow