18 mai 2015. Réforme du Collège : coup de gràce contre Valls-Belkacem ??? (les new-frenchies ...)
1er février 2012. Comme prévu le "Che" renonce ... à sa candidature
05/09 novembre 2011. Présidentielle 2012, officiellement candidat, et toujours avec son logement social ...
16 juin 2011. Contre la dépénalisation du cannabis, comme Ségolène Royal
Jean-Pierre Chevènement

05 mai 2011. Candidat à la présidentielle de 2012 ?

20 décembre 2007. Un bel appartement social à Paris.
17 juillet 2007. Royal battue à la Présidentielle. Chevènement battu aux législatives. Retraite.

10 décembre 2006. Jean-Pierre, le tombeur de Lionel Jospin, se vend à Ségolène Royal
19 octobre 2006. Après avoir, en 2002, et avec Christiane Taubira, tuer politiquement Lionel Jospin, le gauchiste reconverti en "socialiste national" se dit candidat "probable" ...
19 OCTOBRE 2006 : Présidentielle 2007 : Chevènement candidat "probable"
"Ma candidature est probable", déclare le président du MRC qui déplore le manque de propositions du PS.

L 'ancien ministre de l'Intérieur Jean-Pierre Chevènement a déclaré jeudi 19 octobre (2006) que sa candidature à l'élection présidentielle de 2007 était "probable", en l'absence de propositions du Parti socialiste.

Le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), qui s'était présenté en 2002, a dit sur France Info qu'il n'avait pas reçu à ce jour de propositions du premier secrétaire du PS François Hollande dans la perspective des prochaines échéances.
"C'est la raison pour laquelle je vous dis que ma candidature est probable", a-t-il ajouté.

Il a admis qu'il n'avait pas encore le nombre nécessaire de parrainages de maires.
"Je n'ai pas encore le compte mais je pense que je l'obtiendrai", a-t-il dit. "Les maires, dont je suis, savent que je suis proche de leurs préoccupations (...) et j'espère qu'il me donneront, si je le décide, l'occasion de m'exprimer."

Légitime

"Je pense que ma candidature serait utile parce qu'elle élèverait le niveau du débat, qu'elle serait légitime, au moins aussi légitime (...) que celle de Mme Voynet (candidate des Verts), de la candidate communiste ou radicale", a souligné Jean-Pierre Chevènement.

Il a précisé que l'Europe serait au centre de sa campagne.
En votant "non" à la Constitution européenne le 29 mai 2005, les Français ont exprimé leur désir de "changer l'orientation de la construction européenne", a-t-il expliqué. "Depuis, il ne s'est rien passé."

"Une offre convenable"

Il a notamment estimé que le projet socialiste était "extrêmement ambigu" sur la question européenne.
"Les Français doivent se voir présenter une offre convenable aux prochaines élections présidentielles", a-t-il ajouté. "Il est clair que la question de la réorientation de l'Europe est centrale. Non pas une nouvelle constitution, dont on n'a pas besoin (...) mais un redressement économique et social, un gouvernement économique de la zone euro, une réforme des statuts de la Banque centrale européenne et des pouvoirs attribués à l'Eurogroupe (...) pour faire reculer durablement le chômage." (Reuters)
NOUVELOBS.COM | 20.10.06 | 16:55

-------

dimanche 10 décembre 2006, 18h52 Présidentielle: Chevènement retire sa candidature et rallie Royal
Par Olivier LUCAZEAU

PARIS (AFP) - Jean-Pierre Chevènement a officiellement retiré sa candidature à la présidentielle dimanche et appelé à voter Ségolène Royal après un accord pour les législatives avec le Parti socialiste, éloignant le spectre d'un nouveau 21 avril pour la gauche.

"C'est en toute conscience que j'avais pris ma décision de me porter candidat, et c'est en toute conscience que j'ai décidé de retirer ma candidature", a affirmé le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) devant la convention nationale de son parti réunie à Paris et qui venait de donner son feu vert à l'accord sur les législatives conclu avec le PS.

"Le bien commun pour nous est très clair, il s'appelle aujourd'hui le vote pour Ségolène Royal", a insisté l'ancien ministre, pour qui il serait impossible "d'hésiter une seconde": "Le grand capital mondialisé a son candidat, et ce candidat c'est Nicolas Sarkozy, qui nous propose une thérapie de choc libérale".

M. Chevènement a annoncé son désistement après une "résolution claire et sans ambiguïté" de la convention nationale du MRC. Résolution dans laquelle les délégués du parti se sont prononcés à 84% pour un ralliement à la candidate du PS.

Dans le même temps, les délégués du MRC ont validé "un accord politique" avec le PS, qui réserve dix circonscriptions à leur parti pour les législatives, dont l'ancienne circonscription de M. Chevènement dans le Territoire de Belfort, passée au PS en 2002.

Ce "bon accord", selon M. Chevènement, permet au PS d'éloigner encore un peu plus le spectre d'un nouveau 21 avril 2002, quand Lionel Jospin avait été éliminé au premier tour de la présidentielle, alors que le chef du MRC avait récolté 5,3% des suffrages.

Le PS avait déjà conclu en octobre un accord semblable avec le Parti des radicaux de gauche (PRG), dont la candidate, Christiane Taubira, avait obtenu 2,3% en 2002. Le PS a réservé 36 circonscriptions au PRG.

Prenant la parole après M. Chevènement, Ségolène Royal a qualifié ce pacte avec le MRC de "moment très important pour l'histoire de la gauche", marquant "la réconciliation entre la gauche du oui et la gauche du non" (au référendum européen de 2005).

Soulignant "la joie" qui avait été la sienne de travailler avec M. Chevènement dans le gouvernement Jospin, Mme Royal a insisté longuement sur sa proximité intellectuelle avec lui: "Nous étions en phase, nous n'avons jamais cessé de l'être".

Légèrement sifflée pour son "chers amis" d'introduction, quelques militants lui lançant aussitôt un "camarades" sonore, la candidate du PS a par contre vite obtenu des applaudissements en affirmant par exemple que "l'unilatéralisme américain, c'est fini", ou que l'Irak sera "un nouveau Vietnam pour les Etats-Unis".

Mêmes applaudissements quand elle affirme avoir entendu "les demandes désespérées des classes populaires (...) qui ont majoritairement voté non" à la constitution européenne.

Une minorité du MRC a toutefois rejeté ce pacte avec le PS. Il s'agit d'un "baiser de la mort", a ainsi affirmé Patrick Trannoy, secrétaire national aux élections du parti, selon qui les circonscriptions lâchées par le PS sont "pour une très large majorité pas gagnables".
Yahoo.fr, actualités, dimanche 10 décembre 2006, 18h52

-------

Article publié le 17 Juillet 2007 Par Sylvia Zappi Source : LE MONDE Taille de l'article : 524 mots

Extrait : JEAN-PIERRE Chevènement est sorti de la séquence électorale à terre.
L'ancien conseiller de Ségolène Royal a été éliminé aux législatives où il se présentait dans le Territoire de Belfort.
Il a ensuite annoncé qu'il ne se représentait pas aux municipales en 2008.
Et a depuis démissionné de son mandat de maire de Belfort au profit de son adjoint Etienne Butzbach. « J'espère que mon retrait servira de choc à la gauche pour conserver cette ville », explique-t-il.
Retrait, le mot est lâché. Sur son blog, il rassure ses troupes sur son sort. Il annonce la relance de sa fondation Res publica et l'organisation de cinq colloques au dernier trimestre.

-------

Un adjoint au maire de Paris invite Jean-Pierre Chevènement à quitter son appartement parisien LEMONDE.FR avec AFP | 22.12.07 | 16h41

Après Jean-Paul Bolufer, l'ex-directeur de cabinet démissionnaire de Christine Boutin, la polémique sur le logement des hommes politiques a rebondi, samedi 22 décembre, avec la mise en cause de Jean-Pierre Chevènement. Dans une interview au Parisien du samedi 22 décembre, Jean-Yves Mano, adjoint PS en charge du logement à la mairie de Paris, a en effet jugé "regrettable" que M. Chevènement "ne quitte pas" l'appartement qu'il occupe dans le 5e arrondissement. L'ex-ministre est locataire "d'un logement social déconventionné, à loyer libre", a-t-il précisé, ajoutant que la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP) n'avait "aucun moyen" de réclamer son départ.

"POLÉMIQUES DE CANIVEAU"

M. Chevènement a vivement réagi samedi dans un communiqué en soulignant être "locataire de la RIVP depuis 1971 et acquitter un loyer qui correspond à la prestation fournie". "Je consacre 25 % de mes revenus au paiement de mes loyers. Je suis dans une situation parfaitement légale", a poursuivi le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) qui y voit une manœuvre électorale.

"Je n'entends pas servir d'otage à travers des polémiques de caniveau aux négociations pour les élections municipales à Paris", a-t-il dénoncé, faisant référence aux litiges qui opposent la municipalité socialiste de Paris au MRC dans la capitale avant les prochaines élections. Ce litige se cristallise notamment autour du 11e arrondissement, où le PS présente un candidat contre Georges Sarre, maire sortant d'arrondissement et dirigeant du MRC.

--------

2012 Chevènement est-il toujours un danger pour le PS? Par Marianne Simon, publié le 05/05/2011 à 18:43 lexpress.fr

Le leader du Mouvement Républicain et Citoyen entre dans la course pour l'Elysée. De quoi provoquer un nouveau 21-avril?

Et revoici Jean-Pierre Chevènement. Neuf ans après la déroute socialiste de 2002, l'ancien ministre est à nouveau candidat à l'élection présidentielle. Il l'a annoncé mardi au micro d'Europe 1, déclarant: "Je serai candidat pour faire bouger les lignes."

Aujourd'hui, les socialistes continuent de le tenir -en partie- pour responsable de leur élimination dès le premier tour de la présidentielle. L'intéressé répond qu'il ne fera pas le jeu du FN. Mais, dans les faits, Jean-Pierre Chevènement représente-t-il toujours un danger pour le PS?

Le spectre du 21 avril

Oui, à en croire une étude réalisée par l'Ifop pour le Mouvement républicain et citoyen (MRC), parti du "Che". 16% des personnes interrogées, dont 21% de sympathisants de gauche, jugent "tout à fait probable" ou "plutôt probable" le fait de voter pour Jean-Pierre Chevènement. Un risque de 21 avril bis?

Avec des candidats au coude-à-coude dans tous les sondages, le score du MRC pourrait être fatal au candidat socialiste qui pourrait se retrouver privé de second tour, à l'instar de Lionel Jospin en 2002. A l'heure actuelle, seul DSK bénéficierait d'une réserve de voix assez conséquente pour échapper à ce risque.

Pour autant, dix ans se sont écoulés depuis le 21 avril 2002. Jean-Pierre Chevènement traîne derrière lui une image vieillissante et surtout de celle du "responsable" de l'éviction de la gauche au second tour. "Il est sorti du paysage politique actuel", assure ainsi Gaël Sliman, directeur général adjoint de l'institut BVA.

Pierre Moscovici assure, lui, que Jean-Pierre Chevènement "n'aura pas la même force en 2012 qu'en 2002".

Une faiblesse, qui se manifeste dans le tissu local. 29 élus l'ont été sous l'étiquette MRC. C'est peu et cela peut handicaper le parti de la collecte des 500 signatures. Président du Mouvement, Jean-Luc Laurent assure lui que les premières remontées du terrain sont bonnes et reste confiant quant à la collecte de ces soutiens.

"Favoriser le vote utile"

Il y a dix ans, la collecte s'était bien passée. Et il ya dix ans, le candidat avait même surpris tout le monde. A quelques semaines du scrutin, il était crédité de 15% d'intentions de vote. Mais aujourd'hui, "la configuration politique actuelle, avec la percée du Front national, pourrait changer la donne, favoriser le vote utile" et minorer le poids du président d'honneur du MRC, explique Frédéric Dabi de l'institut Ifop.

Reste qu'avec si peu d'écart entre Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen et le candidat du PS -à l'exception de DSK-, Jean-Pierre Chevènement pourrait gêner le PS, mais aussi d'autres candidats, vu la nature transpartisane des idées du "Che".

Ce que pointe Gaël Sliman de BVA. Car sur les questions économiques, l'électorat de Jean-Luc Mélenchon peut tout à fait s'y retrouver. Comme électorat de droite, voire celui de Dominique de Villepin, peut être séduit par un discours ferme sur la sécurité.

Même en queue de peloton, les principaux candidats ont tout intérêt à bien regarder derrière eux.

--------

05/11 | 20:35 Chevènement annonce qu'il est candidat à l'élection présidentielle AFP - Jeff Pachoud lesechos.fr

L'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a officialisé samedi soir au journal télévisé de France 2 sa candidature à l'élection présidentielle de 2012.

"J'ai beaucoup réfléchi et j'ai décidé de me porter candidat pour faire bouger les lignes, comme je l'avais dit, c'est-à-dire pour mettre la gauche et la France à la hauteur des défis qui sont devant nous", a déclaré l'ancien ministre (ex-PS) de François Mitterrand, qui avait déjà été candidat à l'Elysée en 2002 (5,3%).

--------

Chevènement s'accroche à son logement social Par Jim Jarrassé Mis à jour le 09/11/2011 à 15:59 | publié le 09/11/2011 à 13:17 lefigaro.fr

La Ville de Paris demande depuis 2008 au candidat à l'élection présidentielle de quitter les 120m2 qu'il occupe dans le Ve arrondissement de la capitale.

Indélogeable.

Malgré les demandes répétées de la Ville de Paris, Jean-Pierre Chevènement refuse de quitter le logement social qu'il occupe depuis 1983, rue Descartes, dans le Ve arrondissement de la capitale, à deux pas du Panthéon. Quelque 120m2 de surface pour un loyer de 1519 euros, soit moins de la moitié du prix du marché.

En 2008, la municipalité, qui venait de prendre le contrôle de la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP), avait envoyé un premier avertissement au président du Mouvement républicain et citoyen (MRC). Sous la pression de l'opposition locale, Jean-Pierre Chevènement venait alors de quitter un autre logement social qu'il occupait depuis 1998 dans sa circonscription, à Belfort, pour un loyer de 750 euros. Mais l'ancien ministre de l'Intérieur a toujours refusé de déménager de son appartement de la rue Descartes.

«Une question de justice sociale»

La mairie de Paris n'a eu pourtant eu de cesse de le relancer. En juillet dernier, à la suite d'un rapport accablant de la Chambre régionale des comptes d'Ile de France, le président de la RIVP, le maire PS du IIIe arrondissement Pierre Aidenbaum, s'est fendu d'un courrier lapidaire. «Comme je vous l'ai indiqué en septembre 2009, je renouvelle le souhait qu'à un horizon raisonnable, vous preniez l'initiative de résilier votre bail afin que le logement que vous habitez depuis de très nombreuses années puisse être utilisé pour assurer le logement d'une famille qui en ait véritablement besoin», écrit alors l'élu parisien, qui note que «l'acuité de la demande de logement social, renforcée par la crise, reste particulièrement forte».

Jean-Pierre Chevènement finira alors par accepter - «non sans difficulté de négociation», note Pierre Aidenbaum - une réévaluation d'un loyer «manifestement sous-évalué», qui est passé de 1271€ à 1519€. Mais pas question de quitter l'appartement et de céder face à la Ville de Paris, qui cherche selon lui à «porter atteinte à (sa) réputation d'honnêteté». Jean-Pierre Chevènement le soutient mordicus : il ne commet rien d'illégal en occupant un logement social.
«Ce n'est pas une question de légalité, c'est une question de justice sociale», rétorque Pierre Aidenbaum, joint par L'Express.fr. Le maire socialiste note qu'avec son indemnité parlementaire de 5700 euros et sa retraite d'ancien ministre, le candidat à la présidentielle, assujetti à l'impôt sur la fortune selon ses opposants belfortains, a «largement les moyens de se loger ailleurs dans Paris».

La rupture semble définitivement consommée entre les deux parties et la situation risque de perdurer. Car la RIVP ne dispose d'aucun moyen juridique pour forcer Jean-Pierre Chevènement à quitter son logement. Son seul moyen de pression reste l'augmentation annuelle du loyer, qui devrait atteindre 1942€ en 2015.

-------

1er février 2012 à 8h56 (Mis à jour à 09:35) liberation.fr

Chevènement annonce le retrait de sa candidature à la présidentielle Le président d'honneur du MRC reconnaît n'avoir «plus les moyens» de poursuivre la campagne.

Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC, a annoncé mercredi à l'AFP qu'il se retirait de la course présidentielle dans laquelle il s'était engagé le 5 novembre, ajoutant qu'il indiquerait «le moment venu» à qui il apporterait son soutien.

«Ayant pu exercer, autant que je le pouvais, le rôle pédagogique que je m'étais assigné, et n'ayant plus aujourd'hui les moyens de continuer ma campagne, je décide de retirer ma candidature à l'élection présidentielle. Je continuerai cependant, demain comme hier, à faire entendre ma voix pour servir la République», a précisé l'ancien ministre, 72 ans, dans un communiqué.

«Dans les temps difficiles qui sont devant nous, rien n'est plus important que de maintenir un recours républicain. J'indiquerai bien sûr, le moment venu, le candidat à l'élection présidentielle auquel, les yeux ouverts, j'apporterai mon soutien», ajoute le fondateur du Mouvement Républicain et Citoyen.

En se déclarant candidat à l'Elysée, M. Chevènement - qui avait obtenu 5,3% des suffrages à la présidentielle de 2002 - avait dit vouloir «faire bouger les lignes».

Dans son communiqué, il rappelle les quatre «enjeux majeurs» pour la période qui s'ouvre : «monnaie moins chère que l'euro actuel» pour réindustrialiser le pays, organiser la croissance en Europe, souveraineté budgétaire et fiscale restant entre les mains du parlement français, «redresser l'Europe à partir des nations». (AFP)

--------

Collège : quand Chevènement achève la réforme de Valls et Vallaud-Belkacem Publié le 18-05-2015 à 14h21 Bruno Roger-Petit Mis à jour à 14h24
Une nouvelle grande voix de la gauche, celle de Jean-Pierre Chevènement, accuse la réforme du collège de porter un "égalitarisme niveleur". Manuel Valls et Najat Vallaud-Belkacem pourront-ils tenir encore longtemps ? http://www.challenges.fr/politique/20150518.CHA5902/college-quand-chevenement-acheve-la-reforme-de-valls-et-vallaud-belkacem.html

Le coup de grâce est donné par Jean-Pierre Chevènement.

Selon l'ancien ministre, la réforme du Collège prônée par Najat Vallaud-Belkacem et Manuel Valls procède d’un « Egalitarisme niveleur ». La formule, émise ce lundi sur France Inter, pourrait bien être de celles qui achèveront la réforme aux yeux de l’opinion.

Celui qui demeure, aux yeux de bien des Français, le dernier grand ministre de l’Education de ces quarante dernières années, a balayé d’un trait les dernières digues à base d’éléments de langage dressées par le tandem formé par le Premier ministre et la ministre de l’Education nationale.

Chevènement occupe en effet une place particulière dans l’imaginaire politique national. Il est et demeure le ministre qui, sous l’autorité de François Mitterrand, permit à la gauche de tourner la page de la guerre scolaire entre école publique et privée.

Il est celui qui, en quelques mois et quelques formules, réconcilia la gauche avec l’idéal d’une école publique encore et toujours bâtie sur les fondations posées par Ferry et Jaurès. Sur le sujet de l’école, il est une référence. Une voix. Une conscience.

En 1984, personne ne s’offusquait, à gauche, d’entendre un ministre de l’Education nationale décréter qu’il fallait "apprendre pour entreprendre", ou défendre la notion "d’élitisme républicain" appliquée à l’école du mérite.

Double péché d'orgueil

C’était un temps où un responsable socialiste n’aurait jamais confondu l’élitisme avec l’excellence pour l’opposer à l’égalité, confusion à laquelle s’abandonne Manuel Valls dans sa dernière contribution au débat intellectuel publiée par Libération.

Que penserait Jaurès, découvrant que son lointain successeur socialiste use du verbe "mériter", appliqué à l’école de la République, en l’encadrant de guillemets dédaigneux ?

En brandissant la menace d’un "égalitarisme niveleur", Jean-Pierre Chevènement fait écho à ce que ressentent les 60% de Français désormais opposés à cette réforme du collège, désormais perçue comme un affaiblissement supplémentaire infligé à la maison France. Une majorité de l’opinion a le sentiment que le collège 2016 sera guidé par un seul mot d’ordre : "Nous sommes nuls, restons groupés !"

En s’entêtant, Manuel Valls et Najat Vallaud-Belkacem commettent ainsi un double péché d’orgueil.

On ne peut pas mener une bataille culturelle et politique autour de l’école, lieu symbolique de concentration de toutes les passions françaises depuis deux siècles quand on est minoritaire dans l’opinion sur la question. Valls a beau brandir, comme il s’y essaie dans Libération, les grands mots de la gauche, "Egalité", "mouvement", "bien commun", "intérêt des enfants", il ne peut plus être entendu, ni écouté. Les rapports de force sont cristallisés.

Sur fond de panique culturelle, le fait d’annoncer que l’enseignement de l’histoire réduirait les Lumières et la civilisation chrétienne médiévale à l’état de connaissances facultatives ne pouvait qu’engendrer le rejet.

De même que la suppression des classes d’excellence "bi-langues", réputées et reconnues partout en France, ou la mise à mort du latin et du grec, contenue implicitement dans le projet présenté par le Conseil supérieur des programmes.

"Culpabilité nationale"

Destruction de symboles de filières perçues comme reflet de l’excellence de l’école. Mise à l’index identitaire sur fond de communautarisme lobbyiste et culpabilité nationale. Ces deux éléments, à eux seuls, expliquent tout à la fois pourquoi cette réforme est devenue un objet de débat national et pourquoi elle est rejetée.

De ce point de vue, les aspects de la réforme touchant à l’enseignement de l’histoire sont en grande partie initiateurs du mouvement de rejet de la réforme.

Là encore, Jean-Pierre Chevènement voit juste : "Prenons l'exemple des programmes d'histoire également. M. Lussault, président du Conseil National des Programmes, confond ce qu'il appelle le roman national avec le récit national. Je défends le récit national, qui doit être objectif. La France est une personne, qui évolue d'âge en âge : il faut apprendre son histoire, parce qu'autrement comment donner aux jeunes issus de l'immigration l'envie de s'intégrer à un pays qui passe son temps à se débiner tous les jours ?"

Jean-Pierre Chevènement tire droit au but. Parce qu’ils donnent le sentiment de céder à des lobbies communautaristes désireux d’imposer au collège une révision de l’histoire conçu comme un récit national, fédérateur et unificateur, Manuel Valls et Najat Vallaud-Belkacem sont inaudibles, et pire encore, en décalage complet avec l’état de l’opinion française.

Les ministres en mode "complotiste"

Au premier péché d’orgueil par méconnaissance de l’opinion, Najat Vallaud-Belkacem et Manuel Valls ajoutent celui d’arrogance. Depuis une semaine, les deux socialistes refusent d’entendre les critiques de la droite (ce qui peut se comprendre, en partie) et de la gauche (ce qui est incompréhensible). A tous, ils opposent des éléments de langage en mode complotiste.

Dans Libé, le Premier ministre brandit le spectre du mensonge permanent : "Beaucoup de contre-vérités ont été ­dites sur cette réforme. Beaucoup de phantasmes, de peurs ont été ent­re­tenus. Les conservatismes, les immobilismes ont joué de surenchères et de ­démagogie ». Sur Europe 1, la ministre de l’Education nationale avait déjà entonné, ce dimanche, le même couplet, dénonçant le rejet de sa réforme pour cause de "matraquage fait de désinformation, de contre-vérités, de malhonnêteté intellectuelle depuis quinze jours".

Les voilà tous deux loin de Mendès France, qui disait: "en démocratie, il faut d’abord convaincre". Ce n’est pas la désinformation ou la malhonnêtété intellectuelle qui sont causes des difficultés du gouvernement à imposer sa réforme dans les collèges dans les esprits, mais sa faculté à produire des symboles désintégrateurs d’une certaine idée de l’école et son refus de prendre en considération les peurs, les frustrations, les attentes et les espoirs que des pans entiers de l’opinion placent encore dans l’école.

Ce n’est pas en sautant comme un cabri dans les colonnes de Libération ou au micro d’Europe 1 en criant "L’égalité ! L’égalité ! L’égalité !" tout en accusant la France entière d’être manipulée par des malfaisants que l’on se montre convaincant.

Bien au contraire, puisqu’au mépris explicite envers les critiques, on ajoute le mépris implicite envers les Français, envisagés comme une masse aveugle et manipulable à volonté par un Bruno Le Maire, par exemple.

Leçon de modestie

Le mépris des autres et de tous, c’est aussi le piège que se tendent à eux mêmes Manuel Valls et Najat Vallaud-Belkacem. Un mépris flirtant entre conscience et inconscience, mais dont les conséquences risquent d’être lourdes.

La leçon de modestie qu’adresse Jean-Pierre Chevènement au gouvernement devrait inciter ce dernier à retirer en totalité l’actuel projet et à en dessaisir Michel Lussault, l’actuel patron du Conseil des programmes.

Faute de retrait franc et massif, la machine à générer la Guerre scolaire continuera de causer des dégâts de plus en plus visibles au sein même de la gauche.

Pour en mesurer l’étendue, il suffisait de lire, ce dimanche, dans les colonnes du JDD, ces paroles de professeurs, troupes d’élite de l’électorat socialiste depuis un siècle et demi, taillant en pièces la réforme du collège, et surtout la conclusion qu’en tirait l’un d’entre eux, un certain Tanguy Simon, professeur dans les Yvelines : "Je n'ai jamais perçu autant d'amertume en salle des profs… Quand la ministre de l'Éducation passe son temps à répéter que les élèves s'ennuient au collège, c'est forcément blessant… Je suis prof de français, plus jamais je ne voterai PS."

Vite, très vite, Manuel Valls doit méditer l’avertissement de Chevènement, invitation à considérer l’école sur un temps long, et non au gré des pressions communautaristes ou pédagogistes : "l'école est un sanctuaire, il faut éviter que la société y pénètre trop, et aujourd'hui nous souffrons que la société veut s'ingérer dans l'école à tout moment".

------------