Van Creveld Martin

Martin Van Creveld. Polémologue, historien militaire, enseignant à l'Université hébraïque de Jérusalem. Auteur de Supply and War, 1977 ; Command and War, 1985 ; Technology and War, 1988 ; The Transformation of War, 1991, La transformation de la guerre, Editions du Rocher, Paris/Monaco 1998.
Référent de l'Ecole dite "du chaos", selon lequel les guerres terroristes, mafieuses et civiles deviennent la forme normale du conflit violent, et qui ont toutes les chances de se généraliser.
Par exemple Jean-Christophe Rufin, L'Empire et les nouveaux barbares, Lattès, Paris 1991, pense qu'après la guerre froide entre le capitalisme et le socialisme le système international est difficilement régulable et que les Etats occidentaux doivent se considérés comme étant assiégés de toute part.
Le point de vue "chaotique", un point de vue dit réaliste, n'est pas partagé par les idéalistes, disciples de Kant et de Rousseau, comme Maurice Bertrand, ancien haut fonctionnaire de l'Onu, ayant enseigné à l'Ecole nationale d'administration et à l'Institut des hautes études internationales de Genève, qui, dans La fin de l'ordre militaire, Presses de Sciences Po, Paris 1996, pense que la société mondiale est en émergence, que la mondialisation conduira à la régulation mondiale et donc à un monde construit et pacifié.

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De même qu'aucun citoyen romain n'échappa aux invasions barbares, de même les hommes et les femmes d'aujourd'hui ne pourront éviter les conséquences des nouvelles formes de conflits ; même dans les sociétés les plus stables, le moins qui pourra leur arriver sera d'être sans cesse arrêtés et fouillés. La nature de la guerre, ses lois, ses fins, peuvent bien changer mais la guerre, elle, est bel et bien là, comme toujours depuis l'aube des temps. Et comme toujours, les communautés qui pratiqueront la politique de l'autruche et refuseront de combattre pour exister cesseront probablement d'exister.
Martin Van Creveld, La transformation de la guerre, Editions du Rocher, Paris/Monaco 1998, p. 281.

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S'il est permis de douter de l'utilité de la guerre pour parvenir à tel ou tel objectif pratique, on ne peut douter, en revanche, de son pouvoir de distraction, d'inspiration ou de fascination. La guerre est la vie inscrite en majuscules. Dans ce bas monde, la guerre seule permet et exige tout à la fois la mise en oeuvre de toutes les facultés humaines, les plus hautes comme les plus basses. La brutalité, la dureté, le courage et la détermination, la force pure que la stratégie considère comme nécessaire à la conduite de conflits armés constituent en même temps ses causes. Littérature, art, sport et histoire l'illustre de façon éloquente. Ce n'est pas en demeurant dans leur foyer auprès de leurs femmes et de leurs familles que les hommes atteignent la liberté, le bonheur, la joie, et même le délire et l'extase. Au point que, assez souvent, ils sont trop heureux de dire adieu à leurs proches les plus chers pour partir en guerre !
Ibidem p. 286.

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