19 février 2011 : Tunisie, après la révolution "américaine" Facebook, le maire de Paris pleure à Tunis, tandis que le jeune et dynamique ambassadeur Boillon choque les traditionnalistes tunisiens et s'excuse de parler vrai ... ; sa photo en ligne sur Copains d'avant scandalise les ultra-conservateurs (trices)
Azedine Berkane irresponsable
Bertrand Delanoë

Octobre/Novembre 2008 : Bien couillonné par Martine Aubry
1er juillet 2008 : PS, Bertrand attaque la catho Ségolène
29 juin 2008 : Le gay maire de Paris en tête de la Gay Pride
22 avril 2008 : Le maire de Paris aime le théocrate thibétain ... au précepteur SS
21 mars 2008 : Bertrand Delanoë réélu, les verts affaiblis

07 novembre 2003 : Irresponsable

08 octobre 2002 : de graves blessures
Un paranoïaque obsédé par Satan
07 octobre 2002 : L'agresseur de M. Delanoë n'aimait ni les élus, ni les homosexuels

Selon ses déclarations à la police, Azedine Berkane n'aime ni les hommes politiques, ni les homosexuels. C'est la raison pour laquelle, cet homme de 39 ans a poignardé le maire de Paris, Bertrand Delanoë, dans la nuit de samedi à dimanche dans les salons de l'Hôtel de Ville, exceptionnellement ouverts au public pour l'opération Nuit blanche. Interrogé par les policiers de la brigade criminelle chargés de l'enquête sur cette tentative d'homicide, il n'en a guère dit plus.

Ses premières déclarations écarteraient toutefois l'hypothèse d'un acte prémédité. Il ne pouvait savoir que M. Delanoë revenait à l'Hôtel de Ville à l'heure précise où lui-même y déambulait dans les salons. Il aurait indiqué aux enquêteurs, qu'il avait eu une sorte de "flash" en voyant le maire de Paris, et qu'il serait aussitôt passé à l'action, armé d'un couteau de type Opinel, doté d'une lame longue de huit centimètres.

Azedine Berkane, dont la garde à vue a été prolongée, devait être à nouveau entendu par les policiers, lundi 7 septembre, avant d'être déféré au parquet. Selon une source proche de l'enquête, la confusion mentale et les antécédents psychiatriques du suspect pourraient amener la justice à se poser la question d'un éventuel internement psychiatrique.

Une bagarre ? Un vol ? La fête battait son plein, dans les salons bondés de l'Hôtel de Ville de Paris, quand l'écho d'une course-poursuite est venu troubler l'ambiance de cette première Nuit blanche à la mairie. Il était un peu moins de 2 h 30, dans la nuit du 5 au 6 octobre, lorsque les musiciens se sont arrêtés de jouer dans l'obscurité percée de néons multicolores. La lumière s'est alors brusquement rallumée à l'extérieur de la salle des fêtes, où deux lourds rideaux ont été tirés hâtivement dans un couloir pour en barrer l'accès aux centaines de visiteurs nocturnes. Derrière la tenture, Bertrand Delanoë, est allongé par terre. Il vient de se faire poignarder.

Le maire venait de rentrer des anciennes pompes funèbres du 19e arrondissement où se déroulait une fête techno. "Il se promenait tranquillement dans les salons de l'Hôtel de Ville lorsqu'un type âgé d'une quarantaine d'années s'est jeté sur lui sans rien dire et lui a porté un coup de couteau dans le ventre", se souvient Anne-Sylvie Schneider, l'attachée de presse du maire, qui est tombée à ses côtés au moment de l'agression. Au bar, un serveur ayant reçu une formation médicale est appelé en renfort pour donner les premiers soins. "Il y avait du sang partout, raconte-t-il. J'ai fait pression sur la plaie pour arrêter l'hemorragie, en attendant que les pompiers arrivent."

Le maire, âgé de 52 ans, ne perd pas connaissance. Il parle d'un "incident" et insiste pour que la fête continue. "Il était comme quelqu'un qui a fait une chute" témoigne Christophe Girard, adjoint (Vert) à la culture, lors d'une conférence de presse qui s'est tenue à 4 heures du matin.

CEINTURÉ PAR UN MILITANT VERT

Touché à l'abdomen, M. Delanoë est soigné sur place par les pompiers qui le conduisent ensuite à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière, où il est opéré pendant plus de trois heures. "Une surveillance en unité de réanimation chirurgicale sera nécessaire pendant au moins quarante-huit heures et une hospitalisation prolongée d'au moins huit jours est à prévoir", précise-t-on à l'hôpital.

Son agresseur a été immédiatement ceinturé par Rémy Bovis, un militant Vert membre du cabinet de M. Girard qui l'a maintenu au sol en attendant l'arrivée de la police. Grand et maigre, l'agresseur "avait l'air d'un pauvre type qui commet un geste stupide de déséquilibré" raconte M. Girard.

Azedine Berkane habite avec ses parents la cité Jean-Grémillon, à Bobigny (Seine-Saint-Denis), à proximité de l'hôpital Avicenne. Il était connu des services de police, pour une quinzaine de dossiers : une moitié concernait l'usage de stupéfiants, l'autre des vols. Il avait également effectué plusieurs séjours dans des hopitaux psychiatriques. Au pied de son immeuble, une vingtaine de jeunes adultes évoquent la personnalité de ce voisin "super calme, très réservé", de ce passionné d'informatique et d'Internet que "tout le monde connaît bien dans la cité". Les avis sont unanimes à son sujet et ne semblent pas prendre en compte le drame qui vient d'avoir lieu. "C'est quelqu'un de bien, résume Samir, 21 ans. Il est instruit, cultivé et très proche des jeunes. Il m'a donné à plusieurs reprises des cours d'informatique, comme à beaucoup de monde ici." Azedine Berkane a bien purgé sept années de prison "pour des histoires de stup", précise l'un des adolescents, mais "ça lui a servi de leçon et il avait changé". "Il aimait bien dire qu'il avait réussi par rapport à d'autres gars de la cité", précise Abdel, qui le considérait "comme un grand frère".

Daniel se souvient surtout que ce célibataire sans enfant"n'aimait pas trop les homosexuels", et qu' il "le faisait bien comprendre à son entourage". Là aussi, les avis sont unanimes : " Il était un peu comme nous, résume Abdel. Ici, on est tous homophobes, parce que c'est pas naturel", ou parce que "ça va à l'encontre de l'islam" ajoute Samir, pour qui "des musulmans pédés, ça n'existe pas".

Quant au geste fou de l'informaticien, personne ne l'excuse ni ne le comprend. "Il a dû péter les plombs", soupire Abdel. " C'est sûr, c'est pas bien, renchérit Samir. Mais ça montre à quel point les politiciens sont vulnérables. Son acte, il l'expliquera plus tard. En tout cas, ici, personne ne lui demandera des comptes."
Pascal Ceaux, Franck Colombani et Alexandre Garcia, LE MONDE | 07.10.02 | 11h44

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Une hospitalisation d'au moins huit jours

Les médecins du groupe hospitalier de la Pitié-Salpêtrière qui ont pris en charge M. Delanoë lui ont conseillé de rester hospitalisé une huitaine de jours. " Une surveillance en unité de réanimation chirurgicale sera nécessaire pendant au moins 48 heures et une hospitalisation prolongée d'au moins huit jours est à prévoir", indique-t-on à l'hôpital.

De source médicale, on indique que l'état clinique du maire de Paris est " satisfaisant" , aucune complication n'ayant été observée durant les suites opératoires. M. Delanoë avait, dès son admission, subi une intervention chirurgicale qui a permis, selon un communiqué, à"l'ensemble des lésions intra-abdominales" d'être " traitées avec succès".
ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 08.10.02

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Le maire de Paris est très sérieusement blessé

LES PARISIENS devront se passer de leur maire pendant plusieurs semaines. La blessure qui, dans un premier temps, avait été présentée comme bénigne est, en réalité, très grave. Agressé à l'arme blanche dans la nuit de samedi à dimanche dans un salon de l'Hôtel de Ville lors de l'opération Nuit blanche, Bertrand Delanoë a tout simplement frôlé la mort.
« Il n'a pris conscience de la gravité de son état qu'hier », témoigne Anne-Sylvie Schneider, sa directrice de la communication, qui l'a vu quelques minutes. « Il a compris qu'il ne retournerait pas au bureau lundi. » Il a souhaité que les Parisiens soient informés très précisément. « Il faut dire la vérité, explique sa collaboratrice. La situation a été minimisée par rapport à la nuit de l'agression. On a parlé de trois points de suture. Or, c'est plus important que cela. »
L'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, qui n'avait jusque-là donné aucune information précise sur ce patient particulier, a donc rendu public hier un communiqué dans lequel les médecins décrivent un état clinique « très satisfaisant », mais avouent que quatre organes ont été touchés.

Les coups de fil de Jospin

Alité, seul dans l'unité de réanimation de chirurgie générale et digestive, le corps perforé de tuyaux, Delanoë, malgré la morphine, « a très mal à la tête et dort beaucoup », raconte Anne-Sylvie Schneider. Si son neveu a pu l'approcher hier, aucun de ses amis politiques n'a eu accès à sa chambre. Jean-Paul Huchon, patron du conseil du régional, a dû laisser au chef de cabinet les « romans américains apportés pour lui donner un peu de rêve »…
Lionel Jospin, prévenu du drame dès l'aube, dimanche, et « très affecté » selon les proches de Delanoë, est informé régulièrement par téléphone de l'état de santé de son vieux camarade du XVIII e , qui tente de faire preuve, malgré sa faiblesse physique, de combativité. Ainsi, dès hier, par le biais de sa collaboratrice, il a souhaité « adresser un message aux Parisiens ». « Il va falloir qu'ils se passent de lui quelque temps, mais il n'y a pas de vacance du pouvoir, a transmis Anne-Sylvie Schneider en quittant l'hôpital. Une équipe soudée à la mairie de Paris continue à travailler dans l'intérêt des Parisiens. »
De son lit, Delanoë a également demandé que les bouquets de fleurs déposés devant l'hôpital à son intention soient distribués dans les services de la Salpêtrière. Bref, Delanoë veut encore diriger son monde. Et ses collaborateurs, qui tentent d'inventer « la vie sans Delanoë » à l'hôtel de ville, ne doutent pas un instant que, dans quelques jours, il piaffera d'impatience, souhaitera gérer la mairie de son lit.
Le maire, dit-on, n'a guère interrogé ses rares visiteurs sur l'identité ou le mobile de son agresseur. Ce dernier, Azedine Berkane, a été déféré hier après-midi au parquet, et, dans la soirée, il a été mis en examen pour « tentative d'assassinat » et écroué. Pour l'heure, Bertrand Delanoë, lui, a d'autres préoccupations. Plus tard, peut-être, il s'intéressera au sort de l'homme qui a gâché la fête, et lui a fait tutoyer la mort.
Nathalie Segaunes, Le Parisien, mardi 08 octobre 2002, pages 2 et 3

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Un paranoïaque obsédé par Satan

HIER (07 octobre 2002), dans la soirée, Azedine Berkane, 39 ans, a été mis en examen par la juge Colette Oper pour « tentative d'assassinat ». Il a ensuite été placé en détention à Fleury-Mérogis (Essonne) à l'issue de deux jours de garde de vue. Ce personnage dégingandé, s'exprimant lentement, dans un langage « relativement élaboré », a reconnu les faits, les justifiant à sa manière : « J'aime pas les élus, j'aime pas la République… Si j'en suis là, c'est à cause d'eux. Les pédés, c'est pareil. » Une haine tous azimuts qui, selon un enquêteur, « confine à la paranoïa ».
L'état mental d'Azedine Berkane, petit délinquant multirécidiviste devenu informaticien au chômage, pose divers problèmes aux autorités. La justice a choisi d'ouvrir une instruction pour « tentative d'assassinat », mais il semble établi que son geste n'était pas prémédité.

« Je ne pensais pas qu'on me laisserait entrer »

« C'est certain, il n'a pas préparé son agression comme l'avait fait, par exemple, Richard Durn, explique un magistrat. Il ne savait pas que Bertrand Delanoë devait se présenter dans les salons de l'Hôtel de Ville vers 2 heures de matin, mais on peut se demander pourquoi il avait choisi d'aller se promener avec un couteau de cette taille dans sa poche. » Interrogé à propos de cette arme ­ un couteau pliant muni d'une lame de 7 cm ­ l'agresseur est resté très évasif : « Des fois, je le prends, des fois, je le prends pas… Il faut bien se défendre. » Avant de quitter l'appartement de Bobigny, où il habite avec ses parents, Azedine Berkane a reconnu avoir pris quelques bières, et fumé plusieurs joints : des traces significatives de cannabis ont été retrouvées dans son sang. « Il est impossible de savoir s'il était sous l'emprise de la drogue, précise une source proche du dossier. Le cannabis reste longtemps dans le sang. On ne peut pas estimer la dose de stupéfiants qu'il a inhalés samedi. D'autant qu'il a admis être un consommateur assidu de cannabis. » Dimanche, peu avant 2 heures, après avoir fait la queue pendant une heure et demie, Berkane se retrouve donc dans les salons de l'Hôtel de Ville, un peu ahuri. « Je ne pensais pas qu'on me laisserait entrer », a-t-il expliqué aux policiers. Il affirme n'être pas passé sous l'un des détecteurs de métaux installés à l'entrée. Pendant une dizaine de minutes, il s'est « baladé », a « admiré l'architecture », avant de se retrouver au détour d'un couloir face au maire de Paris. Là, l'homme tente d'expliquer pourquoi il s'est jeté sur Bertrand Delanoë. « Il dit qu'il se sentait dans un environnement hostile. A l'entendre, on pourrait croire que le maire de Paris appartient à une secte satanique, confie un enquêteur. Il parle beaucoup de Satan, des religions… », l'islam, bien sûr, qu'il dit pratiquer, mais aussi les autres confessions. « J'ai aussi lu la Bible et la Torah, aurait-il déclaré. Tous ces livres sacrés condamnent l'homosexualité. »

Il était allé à Lourdes « pour se purifier »

Son mysticisme, ses obsessions, ont conduit certains policiers à s'interroger sur son état mental. Le médecin qui l'a examiné dimanche soir lors du renouvellement de sa garde à vue n'a décelé « aucun trouble psychiatrique incompatible avec la poursuite de son interrogatoire », mais Berkane a expliqué avoir été interné à deux reprises. En avril, il a demandé à être accueilli quelques jours à l'hôpital psychiatrique de Ville-Evrard (Seine-Saint-Denis). Puis, le 26 juin dernier, il est arrêté, à Lourdes (Hautes-Pyrénées), en compagnie d'un groupe de SDF. Sa mère, inquiète de son absence, l'avait fait rechercher.
Il avait expliqué alors qu'il était poursuivi par des « sectes maléfiques » et était venu à Lourdes pour se « purifier ». Epuisé et prostré, il avait été conduit aux services des urgences de l'hôpital local, puis avait regagné la banlieue parisienne. « Il était en crise depuis plusieurs mois, conclut une source proche de l'enquête. Il nourrissait ses peurs, ses rancoeurs, et il est soudainement passé à l'acte. La similitude de son parcours personnel avec celui de Richard Durn est effrayante… »
Frédéric Vézard, Le Parisien, mardi 08 octobre 2002, page 2

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L'agresseur de Bertrand Delanoë a été déclaré irresponsable

Azzedine Berkane, l'homme qui a blessé Bertrand Delanoë d'un coup de couteau en octobre 2002, a été déclaré irresponsable par des experts et ne sera sans doute jamais jugé devant une cour d'assises

PARIS - Azzedine Berkane, l'homme qui a blessé le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë d'un coup de couteau en octobre 2002, a été déclaré irresponsable par des experts et ne sera sans doute jamais jugé devant une cour d'assises, a-t-on appris de source judiciaire.

Selon cette expertise récemment remise à la justice après deux premiers rapports contradictoires, le discernement d'Azzedine Berkane était "totalement aboli" au moment des faits.

La justice pourrait donc être amenée à rendre un non-lieu.

La partie civile pourra cependant encore argumenter.

Bertrand Delanoë a toujours déclaré qu'il souhaitait un procès mais qu'il s'en remettrait à la décision de la justice.

Azzedine Berkane, un chômeur de 39 ans actuellement écroué et mis en examen pour "tentative d'assassinat", s'en était pris au maire à l'hôtel de ville lors des animations de la "nuit blanche" de Paris, dans la nuit du 5 au 6 octobre 2002.

Il avait expliqué à la police avoir agi par animosité envers les hommes politiques et les homosexuels, et avait dit regretter son geste.

En décembre 2002, un premier collège d'experts avait conclu que le discernement du suspect était totalement aboli au moment des faits. En mai dernier, les docteurs Michel Dubec et Daniel Zagury avaient toutefois estimé dans un second rapport que l'homme souffrait simplement d'un "trouble psychique ayant altéré son discernement ou entravé le contrôle de ses actes", ce qui permettait, selon eux, un procès.

Cette contradiction avait amené la justice à demander une troisième expertise.

Avant les faits, Azzedine Berkane avait été hospitalisé au moins deux fois en psychiatrie en raison d'un délire de persécution.

La dernière hospitalisation faisait suite à une escapade à Lourdes où il s'était dit "persécuté par des sectes sataniques".

Informaticien de formation, il vivait au moment de l'agression chez ses parents dans une cité de Bobigny (Seine-Saint-Denis).

Son casier judiciaire porte une dizaine de condamnations pour vols et infraction à la législation sur les stupéfiants. Il avait déjà été incarcéré avant les faits au moins une fois.

Hospitalisé après l'agression, Bertrand Delanoë avait frôlé la mort. Il a depuis accepté une protection rapprochée.
liberation.fr, 07 novembre 12:29:22

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21 mars 2008. Paris. Municipales. Résultats.

Les élections municipales françaises des 9 et 16 mars 2008 ont vu s'opposer à Paris : notamment une liste d'union de la gauche menée par le maire sortant Bertrand Delanoë, une liste UMP menée par Françoise de Panafieu, une liste Mouvement Démocrate menée par Marielle de Sarnez, une liste Verts menée par Denis Baupin, une liste Front national menée par Martial Bild.

Paris: Delanoë réélu maire, Baupin perd les transports
Betrand Delanoë aura 36 adjoints au lieu de 33. Anne Hidalgo reste première adjointe. Les Verts passent de 7 à 4 adjoints.
LIBERATION.FR : vendredi 21 mars 2008

Le socialiste Bertrand Delanoë a été réélu ce matin maire de Paris et disposera pour sa nouvelle mandature de 36 adjoints au lieu de 33, au terme d'un vote du conseil municipal.
Anne Hidalgo reste première adjointe. Elle est chargée également de l'urbanisme et de l'architecture, fonction qu'occupait le nouveau président du groupe PS Jean-Pierre Caffet.

L'équipe de Bertrand Delanoë est constituée de 18 hommes et 18 femmes parmi lesquelles 23 nouvelles adjointes, comme Seybah Dagoma, d'origine tchadienne, qui s'occupera de l'économie sociale et solidaire ou la réalisatrice Yamina Benguigui (apparentée PS), chargée des droits de l'homme et de la lutte contre les discriminations.

Julliard à la jeunesse, Sarre à la sécurité, Baupin au développement durable

Il y a 4 adjoints Verts au lieu de 7, 3 PCF au lieu de 4, 2 MRC (idem), 1 PRG (idem), 26 PS ou apparentés (contre 19). «C'est une équipe diverse, rajeunie, avec plusieurs personnes de moins de 30 ans», déclare le maire.

Le candidat des Verts pour ces municipales, Denis Baupin, passe au développement durable, à l'environnement et au plan climat. Il est remplacé pour les transports par Annick Lepetit (PS), tandis qu'Yves Contassot (Verts), qui était chargé de l'environnement, n'est plus adjoint. Bernard Gaudillère (PS), ancien directeur du cabinet de Bertrand Delanoë, est chargé du budget, des finances et du suivi des sociétés, en remplacement de Christian Sautter (PS), qui passe à l'emploi.

Pierre Mansat (PCF) reste chargé de «Paris métropole» et des relations avec les collectivités territoriales d'Ile-de-France. L'ancien président de l'Unef Bruno Julliard (apparenté PS), 26 ans, est chargé de la jeunesse. L'ancien maire MRC du 11e arrondissement Georges Sarre est chargé de la sécurité et de la prévention.

Parmi les nouveaux adjoints, figure le député PS strauss-kahnien Jean-Marie Le Guen, chargé de la santé publique et de l'Assistance publique des hôpitaux de Paris ou encore le sociologue Jean-Louis Missika, chargé de l'innovation, de la recherche et des universités. Jean-Yves Mano (PS) reste chargé du logement et Lyne Cohen-Solal (PS) du commerce et de l'artisanat.

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Citoyen (ou bras) d’honneur Jacques Camus La République du Centre Publié le 22 avril 2008 - 09:20

Voici donc la dalaï lama élevé au rang de « citoyen d’honneur » de la Ville de Paris à l’unanimité... des votants. Accessoirement, c’est également un « bras d’honneur » que Bertrand Delanoë a spectaculairement adressé aux autorités chinoises en pleine crise des relations diplomatiques entre Paris et Pékin.

On peut évidemment s’interroger sur la nécessité de ce geste symbolique au moment où Nicolas Sarkozy cherchait à jouer l’apaisement avec la Chine. Au final, c’est la France qui, après avoir voulu donner des leçons, offre le spectacle désolant de ses divisions à un pays autrement rompu à cacher ses turpitudes.

Le maire de Paris, nous l’avons dit, a d’ailleurs été loin de rallier l’ensemble du Conseil à son initiative. C’est qu’au-delà de l’aspect éventuellement inopportun de la démarche, beaucoup ont estimé que Bertrand Delanoë se faisait plus boudhiste que le dalaï lama lui-même.

Le chef spirituel en exil, n’en demandait sans doute pas tant. Et l’on s’inquiète alors de savoir si Bertrand Delanoë n’a pas cédé, lui aussi, à cette surenchère émotionnelle qui semble actuellement animer les leaders socialistes en quête de positionnement.

C’est à qui, au PS, en fera le plus dans la vénération et l’exaltation des grandes causes pour se singulariser. Après Ségolène Royal qui, sans attendre, voulait arracher Aimé Césaire à sa terre et le faire entrer au Panthéon, Bertrand Delanoë n’a pas voulu être en reste. Sous les nobles mobiles de façade, se dissimulent parfois des ambitions moins avouables. Jacques Camus

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Le dalaï-lama et l’honneur nazi
laurent dispot rédacteur à la Règle du jeu. Libératon QUOTIDIEN : vendredi 25 avril 2008

En juillet 1938 (anniversaire en 2008), un SS champion d’alpinisme est vainqueur de la face nord de l’Eiger, en Suisse : une «première».
Il s’appelle Heinrich Harrer. Le récit de son exploit, et sa photo avec Hitler, sont aussitôt diffusés massivement en Europe et dans le monde par la machine de propagande de Goebbels.

Il s’est inscrit à la SA en 1933, à la prise de pouvoir par Hitler (trois quarts de siècle en 2008). Passé à la SS, il est un favori du Reichsführer Heinrich Himmler.

Quelques mois après, autre «première» : ses camarades SS et lui-même sont vainqueurs des synagogues brûlées et des familles juives terrorisées, sur tout le territoire de l’Allemagne, lors de ce qu’ils nomment par dérision «la nuit de Cristal», le 9 novembre 1938.

Pendant que les Juifs passent à la nuit et au brouillard, Harrer est investi d’une mission par Hitler et Himmler en personnes : s’infiltrer au Tibet, en accord avec les ministres régents du dalaï-lama enfant, pour devenir précepteur de celui-ci. En pleine guerre d’agression contre la Chine de l'allié japonais des Nazis, il s’agit de conquérir Lhassa comme nœud stratégique sur l’axe Berlin-Tokyo.

2008 est l’anniversaire de la «reconnaissance» par Hitler en 1938 de la stratégie de morcellement de la Chine menée par le Japon. Autrement dit la Mandchourie occupée par l’envahisseur fasciste.

Heinrich Harrer a accompli sa mission de confiance hitlérienne, malgré la défaite militaire de1945, en la transformant en un logiciel pseudo «spirituel» installé dans des têtes affamées de servitude.

Son rapport de mission, Sept ans au Tibet, était bourré de mensonges grossiers et de fascination pour le «Führerprinzip» impitoyable du théocratisme lamaïque.
Il a été transformé en film de propagande mondiale, en 1997, par le cinéaste français Jean-Jacques Annaud. Sept ans au Tibet, produit à Hollywood n’était qu’un «Bienvenue au nazi chez les Tibétains» avec dans le rôle du «gentil SS» un Brad Pitt aux cheveux très blonds, aux yeux très bleus, assorti de tout plein de beaux drapeaux à croix gammée.

A la mort de Harrer en 2006, et encore ces jours-ci, le dalaï-lama a diffusé de ce SS une apologie sans réserves : c’est-à-dire sans les mots «nuit de Cristal», «Himmler», «Hitler», «Juifs». Où qu’un SS ait été en mission, il était à Auschwitz. Il n’y a pas de «voie médiane» entre les Juifs martyrs dès 1938 et le champion nazi de 1938 encensé par le dalaï-lama en 2008.

L’«Océan de Sagesse» ne doit pas servir à noyer le poisson de la mémoire et de l’histoire : à relancer en contrebande le «Hitler connais pas» et «la Shoah détail de la Seconde Guerre mondiale». Le négationnisme n’est pas soluble dans les neiges éternelles.

Le maître (spirituel) a eu ce maître (d’école). Il lui reste fidèle. Il y met son honneur. Sur le ceinturon des SS figurait la devise : «notre honneur est notre fidélité». Le dalaï-lama met, depuis soixante ans, son point d’honneur à ne pas parler de la mission au Tibet confiée en 1938 à son précepteur par Hitler et Himmler, ni des motifs mystiques, racistes et stratégiques de cette mission.

Il pourrait invoquer son enfance, regretter d’avoir été manipulé par un plan des nazis et de leurs alliés japonais : ceux qui violaient Paris, Oradour, Tulle ; ceux qui violaient Nankin. Au lieu de cela, il traite la destruction des Juifs d’Europe de rétribution, forcément juste, de fautes antérieures : il jette la Shoah à la poubelle du «karma». Et il ne cesse de ressasser son remerciement à un SS d’avoir été son «initiateur à l’Occident et la modernité» .
En acceptant ce discours, des Occidentaux et des modernes se font citoyens du déshonneur.

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500 à 700.000 participants à la Gay Pride à Paris NOUVELOBS.COM | 29.06.2008 | 08:34

La 7ème Marche des fiertés s'est tenue samedi avec pour mot d'ordre la lutte contre les discriminations à l'école. Politiques, associations et religions étaient largement représentés.

Ouverte par des dizaines de motards du Gai moto-club, la longue chenille musicale et colorée de la Marche des fiertés (ex-Gay Pride) a parcouru samedi 28 juin après-midi les rues de Paris, avec pour mot d'ordre la lutte contre toutes les formes de discriminations dont sont victimes les jeunes dans les établissements scolaires, qu'elles soient "racistes, sexistes, xénophobes, lesbophobes, transphobes ou homophobes".

En tête de cortège, organisateurs et personnalités se prêtaient au jeu des questions-réponses avec la presse, venue nombreuse couvrir la plus importante manifestation revendicative en France de par le nombre de ses participants, estimés à plusieurs centaines de milliers de personnes. Selon les organisateurs, elle a attiré 700.000 personnes, alors que la préfecture de police faisait état de 500.000 personnes, dont la moitié de badauds.

Nombreuses personnalités politiques

Dans le "carré de tête", autour de Christophe Lefevre, président de l'Inter-LGBT, et de son porte-parole Alain Piriou, figuraient entre autres le maire de Paris Bertrand Delanoë, sa première adjointe Anne Hidalgo, le président PS de la Région Ile-de-France Jean-Paul Huchon, Jean-Luc Roméro ou encore l'ancien ministre de la Culture et député PS du Pas-de-Calais, Jack Lang, qui a confié à l'Associated Press n'avoir "jamais raté une marche en 17 ans".

Toutes ces personnalités ont été "autorisées" par les organisateurs à tenir devant caméras, micros et photographes la banderole portant le mot d'ordre de cette édition: "Pour une école sans aucune discrimination!" parce qu'ils "soutiennent sans condition les termes de cette revendication".

Derrière la banderole, en bon ordre de marche, défilaient les quelque 74 chars, semi-remorques ou simples véhicules décorés aux couleurs des associations, toutes fédérées par l'Interassociative lesbienne, gaie, bi et transgenre (Inter-LGBT). Le mot d'ordre de la manifestation était décliné sous toutes les formes visuelles, mais aussi sous tous les airs de musique, de la chorale au disco, en passant par l'électro ou l'accordéon.

Multiples associations

Une Marche des fiertés plus politique que jamais, avec cette année une sur-représentation des partis politiques avec le PCF (qui assurait de surcroît le service d'ordre), le PS, le Mouvement de jeunes socialistes (MJS) et, venus en force et juchés sur des chars, les jeunes militants de l'UMP (POPulaires) ou du MoDem. Très présents également, les syndicats, dont la CGT, la CFDT Ile-de-France, mais aussi la FSU et toutes ses composantes.

La lutte contre les discriminations étant également un combat mené au sein des entreprises par l'Inter-LGBT, plusieurs d'entre elles avaient dépêché leurs militants associatifs. Il en était ainsi avec Personn'Ailes (Air France), Homobus (RATP), Gare! (SNCF), Rainbopital (AP-HP), Energay (EDF et Gaz de France), mais aussi Flag! qui représente les policier(ères) homosexuel(les) en tenue.

"L'homophobie est particulièrement virulente dans le sport et le football en particulier", dénonçait-on sur la char du Paris Foot Gay, dont le parrain n'est autre que l'ancien joueur du PSG, marié et père de famille, Vikash Dhorasoo, et la marraine, la styliste de renom Agnès b.

Les religions aussi

La manifestation a également pris cette année un tournant plus communautaire. Les jeunes juifs homosexuels du Beit Haverim (la maison des amis en hébreu, NDRL) précédaient le Long Yang Club, qui réunit les Asiatiques gays et leurs amis, suivis par Helem (rêve en arabe, NDLR), association qui tisse des liens entre homosexuels de la diaspora libanaise de par le monde, alors que les chrétiens gays étaient représentés par l'association David & Jonathan. Quant aux militants du char de l'association Tjenbé Rèd, ils dénonçaient de leur côté "la diabolisation de l'homosexualité, particulièrement mal acceptée dans les Antilles françaises".

Marcher et danser donnant immanquablement soif, c'est le char Eau de Paris, un immense camion citerne de 20 tonnes qui avait en charge de désaltérer dans des gobelets de carton 100% recyclables les plus assoiffés des manifestants de la parade.

Le cortège, qui a quitté la place Denfert-Rochereau vers 14h, a rejoint en fin d'après-midi la place de la Bastille, où étaient attendus plus de 400.000 personnes pour un dance-floor géant prévu jusqu'à 21h, heure à laquelle la manifestation s'est officiellement dispersé. (avec AP)

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Delanoë cultive sa différence avec Royal
Nicolas Barotte et François-Xavier Bourmaud Le Figaro 01/07/2008 | Mise à jour : 11:00 |

Entre Bertrand Delanoë et Ségolène Royal, la bataille du PS se jouera surtout sur la conception du parti et son mode de direction.

Le maire de Paris a dévoilé lundi sa contribution pour le congrès de Reims. Sans esbroufe. Lundi, Bertrand Delanoë a discrètement dévoilé sa contribution pour le congrès de Reims : un simple mail envoyé aux rédactions, avant de mettre le texte en ligne sur son site mardi. Après le meeting de Ségolène Royal, samedi, à la gloire de l'ancienne candidate à la présidentielle, «qu'est-ce qu'il pouvait faire ?», s'amuse celle-ci. Mais contrairement à la présidente de Poitou-Charentes, qui prend l'avion mardi pour le Québec, le maire de Paris sera présent mercredi au conseil national du PS. C'est à ce moment que seront enregistrées officiellement les contributions. Bertrand Delanoë y prendra la parole pour défendre son texte, intitulé «Clarté, courage, créativité : choisir maintenant pour agir demain».

Comme ses camarades et rivaux, il se livre dans ce texte à une dénonciation du sarkozysme, «ce bonapartisme saugrenu au conservatisme agressif». Puis, il décline son projet pour les socialistes. «C'est la première fois, depuis le congrès d'Épinay, qu'ils auront à définir, d'un même mouvement, une orientation, un projet, une stratégie politique d'alliances en particulier une direction et un leadership», écrit le plus populaire des socialistes.

Comme Ségolène Royal, le maire de Paris soutient que le PS a besoin d'un premier secrétaire fort pour «préparer» le parti aux échéances à venir. «Plutôt qu'une direction de neutralisation, d'attente, d'arrangement, nous préférons proposer aux adhérents le choix clair, logique, cohérent, d'un collectif qui organise le travail d'opposition jusqu'en 2012», écrivent Bertrand Delanoë et ses partisans. Entre elle et lui, la bataille du PS se jouera surtout sur la conception du parti et son mode de direction.

«Le centre n'est pas à gauche»

Pour le reste, les deux rivaux, qui ont fait partie des mêmes majorités au sein du PS depuis des années, se révèlent plutôt proches. D'accord pour fusionner l'impôt sur le revenu et la CSG. Proches sur la conception de l'État, «préventif» pour l'une, «prévoyant» pour l'autre.

Les nuances, parce qu'il y en a quand même quelques-unes, sont à chercher ailleurs. La stratégie d'alliances que défend Bertrand Delanoë se démarque de celle employée vis-à-vis du centre par la candidate lors de la présidentielle : «Constatons lucidement que le centre n'est pas à gauche… En l'état actuel des choses, le MoDem et son leader ont les yeux rivés sur 2012, misant sur l'échec de Nicolas Sarkozy et sur le nôtre.» Toutefois, pour ne pas se fâcher avec Martine Aubry, qui s'est alliée avec les centristes à Lille, le texte reconnaît l'existence de «circonstances électorales locales» même si «elles ne font pas une stratégie d'ensemble».

Sur d'autres points, Bertrand Delanoë essaie de se distinguer en affirmant des positions claires. Dans la droite ligne de son livre, De l'audace ! il reprend le thème du «libéralisme politique» pour défendre «l'homoparentalité», le «droit de vote des étrangers» aux élections locales ou le «droit à mourir dans la dignité». Dans le chapitre qu'il consacre à l'identité «sociale et écologique» du PS, il se prononce clairement «contre la sortie du nucléaire», même s'il défend les énergies renouvelables. Enfin, le maire de Paris consacre un long chapitre à la place de la culture. «Ségolène Royal n'en parle pas», fait remarquer un proche de Bertrand Delanoë.

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En Tunisie, les larmes de Delanoë REPORTAGE . De retour dans son pays natal après la révolution de Jasmin, le maire socialiste de Paris ne cache pas son émotion. Le Parisien, 20 février 2011, page 05

Un silence ému flotte dans la librairie Clairefontaine. Le visage masqué par ses mains jointes, Bertrand Delanoë tente de contenir son émotion. Son regard se voile. Le maire de Paris se détourne. Les larmes perlent au coin de ses yeux. Le silence s’étire douloureusement en cette fin de matinée.

A deux pas de l’avenue Bourguiba, principale artère de la capitale tunisienne, plusieurs dizaines de personnes patientent dans la petite librairie francophone à l’occasion de la parution des Mémoires de Mohamed Charfi, un intellectuel engagé qui a milité contre le durcissement du régime de Ben Ali au milieu des années 1990. L’ouvrage, interdit en Tunisie du temps du règne du président déchu, était paru en France en 2009, un an après la mort de son auteur, en 2008, accompagné d’une préface du maire de Paris, ami de longue date de l’homme politique.

Visiblement submergé par le chagrin, Bertrand Delanoë cherche ses mots. Faouzia, veuve de Mohamed Charfi, vole alors à son secours.

« Excusez-nous », susurre l’actuelle secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, bouleversée elle aussi. Le maire de Paris parvient à reprendre ses esprits avant de rendre hommage à l’audace et au courage de « ce grand Maghrébin » qui n’aura pas eu le temps de vivre la chute de Ben Ali.

Au lendemain de son arrivée en Tunisie, Bertrand Delanoë, 60 ans, semble savourer la liberté nouvelle de ceux qu’il appelle ses « frères tunisiens ». Depuis la fin dumouvement populaire qui a contraint à l’exil Zine Ben Ali le 14 janvier, c’est la première fois que le natif de Tunis revenait en Tunisie. Un pays où il a passé les quatorze premières années de sa vie et où il séjourne, chaque année, dans sa villa de Bizerte, au bord de la Méditerranée.

Depuis vendredi, le maire de Paris se livre à un marathon de rendezvous dans la capitale tunisienne avec les acteurs de la nouvelle vie politique du pays. « C’est normal que je vienne après la révolution. Je suis tunisien », glisse-t-il. Et à ceux qui s’aventureraient à railler l’opportunité de son séjour, Delanoë rappelle une anecdote. « En 2004, lors de ma dernière visite officielle, j’avais rendez-vous avec le président Ben Ali. Il m’a fait savoir qu’il y avait deux personnes qu’il ne voulait pas que je voie. Mohamed Charfi et mon ami Mokhtar Trifi (NDLR : président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme). Je les ai vus. Le président a annulé notre entrevue », raconte-t-il.

Dans les rues de la capitale, les passants se contentent de se presser autour de lui. « Bienvenue chez vous », lance un homme en attrapant ses mains. « Labes (« Ça va ») ? » interroge le socialiste. « Ici, ce n’est plus pareil. On peut bavarder normalement. On a même le droit de penser différemment ! C’est formidable, sourit-il. Ce sont les mêmes gens mais ce n’est pas le même pays. » AVA DJAMSHIDI

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Tunisie: tout juste arrivé, le nouvel ambassadeur de France présente ses "excuses" (AFP) – 19 février 2011 22.00

TUNIS — Le nouvel ambassadeur de France à Tunis, Boris Boillon, a présenté samedi ses "excuses" aux Tunisiens à la télévision nationale après avoir répondu à la presse d'une manière jugée "agressive" par des Tunisiens dont plusieurs centaines ont manifesté pour réclamer son départ.

"Je m'excuse auprès des journalistes et de tous les Tunisiens", a déclaré en arabe le nouvel ambassadeur, qui avait présenté mercredi ses lettres de créance.

"S'ils ont pris mes réponses comme une manière de répondre de façon hautaine, je le regrette et je suis vraiment désolé et je présente toutes mes excuses à tout le peuple tunisien", a-t-il ajouté.

Les journalistes tunisiens ont été choqués par une première rencontre à Tunis du diplomate français avec la presse qu'il avait invitée jeudi à déjeuner.

Elle avait commencé de manière chaleureuse, M. Boillon disant en arabe qu'il était là "pour un nouveau départ, un nouvel avenir". Puis il avait refusé de répondre à des questions de certains journalistes ou les avait qualifiées de "débiles" ou de "n'importe quoi".

Une journaliste a demandé de préciser ses propos à l'ambassadeur qui venait de déclarer que selon lui "la France est mal placée pour donner des leçons dans le domaine de l'état de droit et dans le domaine de la démocratie".

"Non, je ne peux pas expliciter, je dis ce que j'ai à dire et n'essayez pas de me coincer avec des trucs à la con. Voilà, la France n'a pas de leçons à donner, il y a un peuple tunisien qui a montré de manière exceptionnelle, de manière pionnière au 21e siècle ce que c'est que la e-révolution", a-t-il répondu.

"Moi, je ne suis pas là pour faire de la polémique, je ne suis pas là pour créer des problèmes, je suis là, mais pour créer des solutions, donc n'essayez pas de me faire tomber sur des trucs débiles. Franchement, vous croyez que j'ai ce niveau-là, vous croyez que je suis dans la petite phrase débile ?", a-t-il ajouté.

Des extraits de cette rencontre ont été diffusés à la télévision tunisienne ainsi que sur Facebook, qui a joué un rôle moteur dans la révolution.

Une page Facebook a été ouverte sous le titre: "Boris Boillon, dégage!".

Et samedi, environ 500 Tunisiens ont manifesté devant l'ambassade de France pour réclamer son départ, dénonçant "son manque de diplomatie" et "son agressivité" lors de cette rencontre avec la presse, a constaté une journaliste de l'AFP.

"M. Boillon, vous occupez un poste diplomatique et vous n'avez rien d'un diplomate", "Dégagez, petit Sarko!", "Boris dégage!" pouvait-on lire sur des banderoles.

"Je suis très choquée, c'est la première apparition de l'ambassadeur, il a paru très agressif pour un diplomate. C'est dommage, on espérait une nouvelle coopération sur des nouvelles bases mais cette personne a créé une tension avec la presse", a déclaré une manifestante Houria, 50 ans.

Dans la soirée, Boris Boillon apparaissait à la télévision pour s'excuser. "J'ai une énergie et une volonté bien déterminée de promouvoir des relations bilatérales. J'ai été spontané plus que je n'aurais dû l'être. Dorénavant, je dois parler de manière plus polie", a-t-il dit.

"Le dynamisme de M. Boillon est un gage de résultat dans cette période cruciale où nos relations sont en train d'aborder une nouvelle étape, de prendre un nouvel élan, en s'appuyant sur une nouvelle ambition partagée", avait déclaré auparavant à Paris le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero, en réponse à une question de l'AFP.

La France a été très critiquée pour son incapacité à anticiper le changement, avoir tardé à soutenir la révolution, sur les liens entre des politiques français avec les dirigeants tunisiens et sur des vacances controversées de la chef de la diplomatie Michèle Alliot-Marie fin décembre, en pleine révolution.

M. Boillon, 41 ans, qui occupait précédemment le poste très sensible de Bagdad, remplace Pierre Ménat, 60 ans, qui a fait les frais des erreurs d'appréciation de la diplomatie française lors de la révolution tunisienne.

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