22 décembre 2011. L'Assemblée Nationale se moque des Vendéens

Reynald Secher : Vendée, Du génocide au mémoricide, Cerf, Paris, octobre 2011

Le génocide des vendéens

Les guerres de Vendée (1793-1795) qui s'étendirent à l'Anjou et à la Bretagne firent selon la vérité symbolique un million de victimes et selon les historiens entre cent mille et trois cent cinquante mille victimes chez les blancs (royalistes) et les bleus (patriotes, républicains).

Les quatre premiers mois de 1794 les colonnes dites infernales de l'armée républicaine de l'ouest pratiquent la terre brûlée et exécutent "les briguants trouvés les armes à la main ou convaincus de les avoir prises" y compris "les filles, femmes et enfants qui seraient dans ce cas" ainsi que "les personnes seulement suspectes", selon les ordres du général Louis-Marie Turreau (1756-1816), qui sera l'ambassadeur de Napoléon Bonaparte aux Etats-Unis de 1803 à 1811, fait "baron de Linières" en 1812, qui prêtera serment à Louis XVIII en 1814, et sera fait par lui chevalier de St Louis ....

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Gracchus Babeuf (François Noël dit, 1760-1797)
Révolutionnaire français, fondateur en 1794 du journal Le Tribun du Peuple, considéré par l'historien soviétique Victor Moïsseyevitch Daline (1902-1985) comme étant "le père du communisme" et pour le socialiste français Jean Jaurès "celui qui a fondé en notre pays non seulement la doctrine socialiste, mais surtout la politique socialiste" (in Histoire socialiste, Tome I, Paris 1901-1904).
Il est guillotiné sous le Directoire pour avoir été l'inspirateur de la "conjuration des égaux", qui a pour objectif de supprimer "la propriété particulière" et "d'établir l'administration commune" (Le Tribun du Peuple n°35).

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C'est ici où j'invite le lecteur à ouvrir de grands yeux. Le moment et l'occasion sont venus de divulguer un immense secret à la France. Hélas ! que n'a-t-il pu être découvert deux ans plus tôt. Un million peut-être de ses habitants, descendus dans la tombe, vivraient encore.
Gracchus Babeuf, La guerre de la Vendée et le système de dépopulation, Paris 1794, Tallandier, Paris 1987, p.89.

2
Avec le système de dépopulation et de nouvelle disposition répartitive des richesses entre ceux qui doivent rester, on explique tout, guerre de Vendée, guerre extérieure, proscriptions, guillotinades, foudroyades, noyades, confiscations, maximum, réquisitions, préhensions, largesses à certaines portions d'individus, etc.
Ibidem p.93.

3
J'ai démontré que, dans le système de dépopulation, les gouvernants ont voulu diriger la partie d'exécution qui aurait lieu sur le théâtre de la Vendée, de manière à ce que la destruction s'opérât, d'abord sur une très grande partie de l'armée républicaine, et ensuite sur la totalité de la population vendéenne.
Ibidem p. 137.

4
Il eût fallu une grande force de caractère pour refuser d'être barbare, au commandement de la puissance... Une loi du 11 frimaire déclarait rebelle et punissable comme tel quiconque n'aurait pas concouru de tous ses moyens à l'anéantissement de tout ce qui était désigné ennemi de la République.
Ibidem p. 146.

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Loidreau Simone, historienne vendéenne des guerres de Vendée

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Dès le 1er août 1793, la Convention, en adoptant, sur la proposition de Barère, un plan de "destruction totale", conseillé par les Enragés de Saumur, porta un effroyable décret. Ce texte exterminateur ordonnait que "les bois et les taillis fussent incendiés, les repaires des rebelles rasés, les récoltes coupées, les femmes et les enfants expatriés, les biens confisqués". ...
C'est hélas un Vendéen, un dénommé Fayau, député montagnard, qui trouva la vrai formule, le 20 novembre :"On n'a point assez incendié dans la Vendée ; la première mesure à prendre est d'y envoyer une armée incendiaire ; il faut que, pendant un an, nul homme, nul animal ne trouve sa subsistance sur ce sol". Bizarre façon de mettre en valeur une région dont on est le député ! La Convention acclama pourtant cette idée.
Simone Loidreau, Les Colonnes infernales en Vendée, Les Editions du Choletais, Cholet 1994, pp. 14 et 18.

2
Des détachements regagnèrent Legé - la colonne Crouzat et des éléments Martincourt - Charette sur leurs talons. D'autres s'éparpillèrent en direction de Montaigu ; l'un d'eux s'enfuit vers la Sauzale, la Malnaie, et passa par le Petit Luc. Doit-on croire les survivants qui assurèrent que lorsque s'engagea le combat de la Vivantière, les soldats crièrent aux femmes et aux enfants de partir et d'aller prier la Sainte Vierge en l'église du Petit Luc ? Les bleus déployés ont-ils rabattu les habitants affolés vers cette église ? Les deux sont possible... Tout le monde connaît la pitoyable histoire : le curé Voyneau s'avançant pour demander leur grâce aux bourreaux - on lui arracha la langue et le coeur ; le massacre général à coups de sabre et de baïonnettes ; puis l'incendie de l'église.
"Aujourd'hui, déclare un de ces "valeureux" combattants, un dénommé Chapelain, journée fatiguante mais fructueuse. Pas de résistance. Nous avons pu décalotter à peu de frais toute une nichée de calotins qui brandissaient leurs insignes du fanatisme".
Rien ne peut dépasser en infamie ce meurtre dû uniquement à la vengeance, à la lâcheté, à l'abjection :"une nichée de calotins" : il s'agit de 564 victimes, dont 459 dont l'identité nous a été conservée, et parmi lesquelles se trouvent 110 enfants de moins de 7 ans ...
Ibidem p. 59.

3
Combien y eut-il de morts ? Il est impossible de chiffrer avec certitude. Nous possédons pour la majorité des paroisses les recensements faits en 1789, et ceux de 1800, et on peut ainsi calculer, à peu près, mais ce n'est qu'approximatif, le chiffre total des victimes.
Cette guerre fit perdre à la Vendée Militaire environ 350 000 habitants. Je pense donc personnellement - et je suis probablement en dessous de la vérité - que le génocide fut d'un peu plus de 180 000 personnes, chiffre d'ailleurs confirmé par des écrivains républicains sérieux, qui estiment tous que le quart de la population fut massacré par les colonnes infernales.
Ibidem p. 111.

4
Les Vendéens, c'est vrai, se livrèrent parfois à des actes de cruauté, à des règlements de compte, à des exécutions sommaires. Mais ce n'est en rien comparable avec ceux de leurs ennemis. Ni en quantité, ni en motivation. Chez les Vendéens, il s'agit d'un sursaut, d'une indignation qui, en s'exaspérant, a pu devenir criminelle. Chez leurs adversaires, il s'agit d'un génocide, volontairement perpétré, calculé, soigneusement mis au point, une volonté totale et permanente d'extermination, des actes atroces, gratuits, sacrilèges. Comme le fait remarquer Tony Catta dans son remarquable livre "La Vendée, la Foi, la Patrie", le "crime collectif", celui que couvrent les ordres non seulement des chefs militaires mais des pouvoirs établis, a fait irruption dans notre Histoire avec la révolution. Près de 200 ans ont passé. La Vendée a pardonné, elle le devait. Mais elle ne doit pas oublier.
Ibidem p. 180.

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A notre connaissance l'Etat français n'a jamais reconnu le génocide des vendéens, fait acte de repentance, et verser des dommages et intérêts aux ayants droits des victimes ... Mais elle a, tardivement, reconnu le génocide des arméniens perpétrée par les Turcs en 1915 et fait acte de repentance pour le comportement de l'Etat français à l'égard des juifs pendant l'occupation allemande de la Deuxième guerre mondiale.
La France n'a pas encore reconnu officiellement de responsabilité, même indirecte, dans le génocide des tutsis par les hutus (et ensuite réciproquement) au Rwanda.

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Débat sur le génocide vendéen AFP Publié le 22/12/2011 à 14:05 lefigaro.fr

Le porte-parole du Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers, Dominique Souchet, a souhaité aujourd'hui lors du débat à l'Assemblée sur la proposition de loi UMP sur la négation des génocides, que le texte reconnaisse aussi le "génocide vendéen de 1793-1794".

Affirmant que "la Vendée doit une bonne part de son identité à la volonté exterminatrice dont elle a été l'objet" et évoquant les "conséquences profondes et durables qu'entraîne, par delà le temps du génocide, la persistance de son déni", Dominique Souchet, député de Vendée, a estimé que "la reconnaissance officielle de ce génocide originel, ordonné par la Convention, reste encore à finaliser".

L'amendement de Jacques Remiler retiré

Dominique Souchet défendait un amendement du député UMP de l'Isère Jacques Remiller qui proposait d'inscrire que "la République française reconnaît le génocide vendéen de 1793-1794". Mais à la demande du ministre des Relations avec le Parlement, Patrick Ollier, qui lui reprochait d'être hors du sujet de la proposition de loi, Jacques Remiller a finalement retiré son amendement.

Dominique Souchet a par ailleurs défendu l'ensemble de la proposition de loi. "Nous nous trouvons dans une situation tout à fait singulière. Nous faisons face à un négationnisme d'Etat, jusqu'ici inébranlable. Un négationnisme qui n'est nullement platonique, mais qui inspire directement la politique actuelle de la Turquie", a-t-il déclaré.

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