Jean-Claude Rocher

Docteur en philosophie, en science administrative, en droit, professe à la Faculté de droit de l'Université Paris 12.
Auteur de Fondements éthiques du Droit, Editions fac 2000, Paris (Phénoménologie, 1993 ; Ontologie, 1994 ; Anthropologie, 1995), Philosophie du Droit, Méthodologie et perspectives, Editions fac 2000, Paris 1999.

1
La personne humaine est spirituelle par nature; et c'est par rapport à cette nature spirituelle que le Droit a, à la fois, ses points d'ancrage et ses fondements dans une réalité humaine constamment sujette aux évolutions des moeurs. Une société sans règles de conduite, sans Droit, ne saurait exister. Le Droit s'impose comme au-dessus de l'individualité. D'où son caractère sacré, souverain et, en même temps, proche de tous et de chacun. La Justice porte, en elle-même, toutes les exigences de cette nature humaine, essentiellement ouverte au sacré.
Philosophie du Droit, Vers une Théologie du Droit, p. 158.

2
La théologie est un dépassement de la philosophie, dévoilant à l'intelligence éclairée l'Unité profonde des êtres et des choses de ce monde. Cette Unité sous-tend la positivité du Droit, éternellement engendrée par le Verbe, ainsi que la relativité des sociétés humaines, éternellement vivifiées par l'Esprit. Ainsi, le discours juridique se fonde-t-il dans le discours théologique, acquérant ainsi force et vigueur.
Ibidem, p.160.

3
Dans ce processus d'assimilation du divin par l'esprit, l'homme ne cesse de se heurter au problème du Mal. Sa permanence, continue et massive, ne cesse de mettre en cause le sens même de la vie individuelle et collective.

Le Mal est capable de frapper au coeur de l'être, à tout instant. A ce titre, il paraît irrationnel. Sa nature tient dans cette irrationnalité, laquelle n'est cependant pas dépourvue de signification. Il met toujours en cause un auteur dont l'identité est indispensable à l'apaisement des consciences, dans le souci de la Justice.
Ibidem, p. 166.

4
Cependant, c'est l'homme tout entier qui est appelé à se transcender à travers les impératifs catégoriques de l'Ethique, dont l'essence est d'ordre théologique. Dans cette ultime dimension de la race humaine, la création toute entière doit rester pour l'homme un lieu, et un espace, de révélation de la Transcendance et de la Beauté éternelle. Il en va de l'enjeu d'une civilisation éminemment ouverte aux conquêtes cosmiques, à l'infini.
Ibidem, p. 167.

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